INPHB(ESTP)
Fascicule de télédétection
Initiation à la télédétection
DIABATE Kramoko
Année scolaire 2013-2014
[Ce document est inspiré d´un cours du centre de télédétection du Canada]
Initiation à la télédétection
Sommaire
1 Introduction .......................................................................................................................................... 3
1.1 Qu'est-ce que la télédétection ? ..................................................................................................... 3
1.2 Le rayonnement électromagnétique............................................................................................... 4
1.3 Le spectre électromagnétique ........................................................................................................ 6
1.4 Interactions avec l'atmosphère .................................................................................................... 10
1.5 Interactions rayonnement-cible ................................................................................................... 14
1.6 Détection passive et active ........................................................................................................... 18
1.7 Caractéristiques des images ......................................................................................................... 19
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1 Introduction
1.1 Qu'est-ce que la télédétection ?
Pour les besoins de ce cours, nous définirons la télédétection comme suit :
« La télédétection est la technique qui, par l'acquisition d'images, permet d'obtenir de
l'information sur la surface de la Terre sans contact direct avec celle-ci. La télédétection
englobe tout le processus qui consiste à capter et à enregistrer l'énergie d'un
rayonnement électromagnétique émis ou réfléchi, à traiter et à analyser l'information,
pour ensuite mettre en application cette information. »
Dans la plupart des cas, la télédétection implique une interaction entre l'énergie
incidente et les cibles. Le processus de la télédétection au moyen de systèmes
imageurs comporte les sept étapes que nous élaborons ci-après. Notons cependant que
la télédétection peut également impliquer l'énergie émise et utiliser des capteurs non-
imageurs.
1. Source d'énergie ou d'illumination (A) -
À l'origine de tout processus de télédétection se trouve nécessairement une source
d'énergie pour illuminer la cible.
2. Rayonnement et atmosphère (B) –
Durant son parcours entre la source d'énergie et la cible, le rayonnement interagit avec
l'atmosphère. Une seconde interaction se produit lors du trajet entre la cible et le
capteur.
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3. Interaction avec la cible (C) - Une fois parvenue à la cible, l'énergie interagit avec la
surface de celle-ci. La nature de cette interaction dépend des caractéristiques du
rayonnement et des propriétés de la surface.
4. Enregistrement de l'énergie par le capteur (D) - Une fois l'énergie diffusée ou
émise par la cible, elle doit être captée à distance (par un capteur qui n'est pas en
contact avec la cible) pour être enfin enregistrée.
5. Transmission, réception et traitement (E) - L'énergie enregistrée par le capteur est
transmise, souvent par des moyens électroniques, à une station de réception où
l'information est transformée en images (numériques ou photographiques).
6. Interprétation et analyse (F) - Une interprétation visuelle et/ou numérique de l'image
traitée est ensuite nécessaire pour extraire l'information que l'on désire obtenir sur la
cible.
7. Application (G) - La dernière étape du processus consiste à utiliser l'information
extraite de l'image pour mieux comprendre la cible, pour nous en faire découvrir de
nouveaux aspects ou pour aider à résoudre un problème particulier.
Ces sept étapes couvrent le processus de la télédétection, du début à la fin. C'est dans
cet ordre que tout au long de ce cours, nous vous invitons à construire, étape par étape,
votre connaissance de la télédétection. Bon voyage !
1.2 Le rayonnement électromagnétique
Premièrement, une source d'énergie sous forme de rayonnement électromagnétique
est nécessaire pour illuminer la cible, à moins que la cible ne produise elle-même cette
énergie.
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Selon la théorie des ondes, tout rayonnement électromagnétique possède des
propriétés fondamentales et se comporte de façon prévisible. Le rayonnement
électromagnétique est composé d'un champ électrique (E) et d'un champ magnétique
(M).
Le champ électrique varie en grandeur et est orienté de façon perpendiculaire à la
direction de propagation du rayonnement. Le champ magnétique est orienté de façon
perpendiculaire au champ électrique. Les deux champs se déplacent à la vitesse de la
lumière (c).
Pour comprendre la télédétection, il est indispensable de saisir les deux composantes
du rayonnement électromagnétique que sont la longueur d'onde et la fréquence.
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La longueur d'onde équivaut à la longueur d'un cycle d'une onde, ce qui correspond à la
distance entre deux crêtes successives d'une onde. La longueur d'onde est représentée
habituellement par la lettre grecque lambda (λ), et est mesurée en mètres ou en l'un de
ces sous-multiples tels que les nanomètres (nm, 10-9 mètre), micromètres (µm, 10-6
mètre) ou centimètres (cm, 10-2 mètre). La fréquence représente le nombre
d'oscillations par unité de temps. La fréquence est normalement mesurée en Hertz (Hz)
(c.-à-d. en oscillations par seconde) ou en multiples d’Hertz. La formule suivante illustre
la relation entre la longueur d'onde et la fréquence :
La longueur d'onde et la fréquence sont donc inversement proportionnelles, c'est-à-dire
que plus la longueur d'onde est petite, plus la fréquence est élevée, et plus la longueur
d'onde est grande, plus la fréquence est basse. Afin de comprendre l'information tirée
des données de télédétection, il est essentiel de bien saisir les caractéristiques du
rayonnement électromagnétique. Nous examinerons maintenant la classification du
rayonnement électromagnétique.
1.3 Le spectre électromagnétique
Le spectre électromagnétique s'étend des courtes longueurs d'onde (dont font partie
les rayons gamma et les rayons X) aux grandes longueurs d'onde (micro-ondes et
ondes radio).
La télédétection utilise plusieurs régions du spectre électromagnétique.
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Les plus petites longueurs d'onde utilisées pour la télédétection se situent dans
l'ultraviolet. Ce rayonnement se situe au-delà du violet de la partie du spectre visible.
Certains matériaux de la surface terrestre, surtout des roches et minéraux, entrent en
fluorescence ou émettent de la lumière visible quand ils sont illuminés par un
rayonnement ultraviolet.
La lumière que nos yeux (nos tout premiers "capteurs de télédétection") peuvent déceler
se trouve dans ce qui s'appelle le "spectre visible". Il est important de constater que le
spectre visible représente une bien petite partie de l'ensemble du spectre. Une grande
partie du rayonnement électromagnétique qui nous entoure est invisible à l'œil nu, mais
il peut cependant être capté par d'autres dispositifs de télédétection. Les longueurs
d'onde visibles s'étendent de 0,4 à 0,7 mm.
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La couleur qui possède la plus grande longueur d'onde est le rouge, alors que le violet a
la plus courte. Les longueurs d'onde du spectre visible que nous percevons comme des
couleurs communes sont énumérées ci-dessous. Il est important de noter que c'est la
seule portion du spectre que nous pouvons associer à la notion de couleurs.
• Violet : 0.4 - 0.446 µm
• Bleu : 0.446 - 0.500 µm
• Vert : 0.500 - 0.578 µm
• Jaune : 0.578 - 0.592 µm
• Orange : 0.592 - 0.620 µm
• Rouge : 0.620 - 0.7 µm
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Le bleu, le vert et le rouge sont les couleurs (ou les longueurs d'onde) primaires du
spectre visible. Une couleur primaire ne peut être créée par deux autres couleurs, mais
toutes les autres couleurs peuvent être créées en combinant les couleurs primaires.
Même si nous voyons la lumière du Soleil comme ayant une couleur uniforme ou
homogène, en réalité, elle est composée d'une variété de longueurs d'onde dans les
parties de l'ultraviolet, du visible, et de l'infrarouge du spectre. La portion visible de ce
rayonnement se décompose en ses couleurs composantes lorsqu'elle traverse un
prisme. Le prisme réfracte la lumière de façon différente en fonction de la longueur
d'onde.
Examinons maintenant la partie de l'infrarouge (IR) du spectre. L'infrarouge s'étend
approximativement de 0,7 à 100 µm, ce qui est un intervalle environ 100 fois plus large
que le spectre visible. L'infrarouge se divise en deux catégories: IR réfléchi et IR émis
ou thermique. Le rayonnement dans la région de l'infrarouge réfléchi est utilisé en
télédétection de la même façon que le rayonnement visible. L'infrarouge réfléchi s'étend
approximativement de 0,7 à 3 µm.
L'infrarouge thermique est très différent du spectre visible et de l'infrarouge réfléchi.
Cette énergie est essentiellement le rayonnement qui est émis sous forme de chaleur
par la surface de la Terre et s'étend approximativement de 3 à 100 µm.
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Depuis quelques temps, la région des hyperfréquences suscite beaucoup d'intérêt en
télédétection. Cette région comprend les plus grandes longueurs d'onde utilisées en
télédétection et s'étend approximativement de 1 mm à 1 m. Les longueurs d'onde les
plus courtes possèdent des propriétés semblables à celles de l'infrarouge thermique,
tandis que les longueurs d'onde les plus grandes ressemblent aux ondes radio. La
nature particulière des hyperfréquences et l'importance qu'elles revêtent pour la
télédétection au Canada, nous ont incités à leur consacrer un chapitre entier du présent
cours.
1.4 Interactions avec l'atmosphère
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Avant que le rayonnement utilisé pour la télédétection n'atteigne la surface de la Terre,
celui-ci doit traverser une certaine épaisseur d'atmosphère. Les particules et les gaz
dans l'atmosphère peuvent dévier ou bloquer le rayonnement incident. Ces effets sont
causés par les mécanismes de diffusion et d'absorption. La diffusion se produit lors de
l'interaction entre le rayonnement incident et les particules ou les grosses molécules de
gaz présentes dans l'atmosphère. Les particules dévient le rayonnement de sa
trajectoire initiale. Le niveau de diffusion dépend de plusieurs facteurs comme la
longueur d'onde, la densité de particules et de molécules, et l'épaisseur de l'atmosphère
que le rayonnement doit franchir. Il existe trois types de diffusion :
• la diffusion de Rayleigh
• la diffusion de Mie
• la diffusion non-sélective.
La diffusion de Rayleigh se produit lorsque la taille des particules est inférieure à la
longueur d'onde du rayonnement. Celles-ci peuvent être soit des particules de poussière
ou des molécules d'azote ou d'oxygène. La diffusion de Rayleigh disperse et dévie de
façon plus importante les courtes longueurs d'onde que les grandes longueurs d'onde.
Cette forme de diffusion est prédominante dans les couches supérieures de
l'atmosphère.
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Ce phénomène explique pourquoi nous percevons un ciel bleu durant la journée.
Comme la lumière du Soleil traverse l'atmosphère, les courtes longueurs d'onde
(correspondant au bleu) du spectre visible sont dispersées et déviées de façon plus
importante que les grandes longueurs d'onde. Au coucher et au lever du Soleil, le
rayonnement doit parcourir une plus grande distance à travers l'atmosphère qu'au milieu
de la journée. La diffusion des courtes longueurs d'onde est plus importante. Ce
phénomène permet à une plus grande proportion de grandes longueurs d'onde de
pénétrer l'atmosphère.
On parle de diffusion de Mie lorsque les particules sont presque aussi grandes que la
longueur d'onde du rayonnement. Ce type de diffusion est souvent produit par la
poussière, le pollen, la fumée et l'eau. Ce genre de diffusion affecte les plus grandes
longueurs d'onde et se produit surtout dans les couches inférieures de l'atmosphère où
les grosses particules sont plus abondantes. Ce processus domine quand le ciel est
ennuagé.
Le troisième type de diffusion est celui de la diffusion non-sélective. Ce genre de
diffusion se produit lorsque les particules (les gouttes d'eau et les grosses particules de
poussière) sont beaucoup plus grosses que la longueur d'onde du rayonnement. Nous
appelons ce genre de diffusion "non-sélective", car toutes les longueurs d'onde sont
dispersées. Les gouttes d'eau de l'atmosphère dispersent le bleu, le vert, et le rouge de
façon presque égale, ce qui produit un rayonnement blanc (lumière bleue + verte +
rouge = lumière blanche). C'est pourquoi le brouillard et les nuages nous paraissent
blancs.
Un autre phénomène entre en jeu lorsque le rayonnement électromagnétique interagit
avec l'atmosphère : c'est l'absorption. L'absorption survient lorsque les grosses
molécules de l'atmosphère (ozone, dioxyde de carbone et vapeur d'eau) absorbent
l'énergie de diverses longueurs d'onde.
L'ozone absorbe les rayons ultraviolets qui sont néfastes aux êtres vivants. Sans cette
couche de protection dans l'atmosphère, notre peau brûlerait lorsqu'elle est exposée au
Soleil.
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Vous avez peut-être entendu dire que le dioxyde de carbone est un gaz qui contribue à
l'effet de serre. Ce gaz absorbe beaucoup de rayonnement dans la portion infrarouge
thermique du spectre et emprisonne la chaleur dans l'atmosphère.
La vapeur d'eau dans l'atmosphère absorbe une bonne partie du rayonnement
infrarouge de grandes longueurs d'onde et des hyperfréquences de petites longueurs
d'onde qui entrent dans l'atmosphère (entre 22µm et 1m). La présence d'eau dans la
partie inférieure de l'atmosphère varie grandement d'un endroit à l'autre et d'un moment
à l'autre de l'année. Par exemple, une masse d'air au-dessus d'un désert contient très
peu de vapeur d'eau pouvant absorber de l'énergie, tandis qu'une masse d'air au-
dessus des tropiques contient une forte concentration de vapeur d'eau.
Parce que ces gaz et ces particules absorbent l'énergie électromagnétique dans des
régions spécifiques du spectre, ils influencent le choix de longueurs d'onde utilisées en
télédétection.
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Les régions du spectre qui ne sont pas influencées de façon importante par l'absorption
atmosphérique, et qui sont donc utiles pour la télédétection, sont appelées les fenêtres
atmosphériques. En comparant les caractéristiques des deux sources d'énergie les plus
communes (le Soleil et la Terre) avec les fenêtres atmosphériques disponibles, nous
pouvons identifier les longueurs d'onde les plus utiles pour la télédétection. La
portion visible du spectre correspond à une fenêtre et au niveau maximal d'énergie
solaire. Notez aussi que l'énergie thermique émise par la Terre correspond à une
fenêtre située à près de 10 mm dans la partie de l'infrarouge thermique du spectre.
Dans la partie des hyperfréquences, il existe une grande fenêtre qui correspond aux
longueurs d'onde de plus de 1 mm.
Maintenant que nous comprenons comment l'énergie électromagnétique se rend de sa
source à la surface de la Terre (et nous pouvons constater que c'est un voyage difficile),
nous allons examiner ce qu'il advient du rayonnement une fois qu'il atteint la surface.
1.5 Interactions rayonnement-cible
Le rayonnement qui n'est pas absorbé ou diffusé dans l'atmosphère peut atteindre et
interagir avec la surface de la Terre. Lorsque l'énergie atteint la cible, la surface peut
absorber (A) l'énergie, la transmettre (T) ou réfléchir (R) l'énergie incidente. L'énergie
incidente totale interagira avec la surface selon l'une ou l'autre de ces trois modes
d'interaction ou selon leur combinaison. La proportion de chaque interaction dépendra
de la longueur d'onde de l'énergie, ainsi que de la nature et des conditions de la surface.
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L'absorption (A) se produit lorsque l'énergie du rayonnement est absorbée par la cible,
la transmission (B) lorsque l'énergie du rayonnement passe à travers la cible et la
réflexion (C) lorsque la cible redirige l'énergie du rayonnement.
En télédétection, nous mesurons le rayonnement réfléchi par une cible. La réflexion
spéculaire et la réflexion diffuse représentent deux modes limites de réflexion de
l'énergie.
Une surface lisse produit une réflexion spéculaire, c'est-à-dire que toute l'énergie est
redirigée dans une même direction (comme c'est le cas d'un miroir). La réflexion diffuse
se produit quand la surface est rugueuse, ce qui redirige l'énergie uniformément dans
toutes les directions. La plupart des objets de la surface terrestre se situent entre ces
deux extrêmes. La façon dont une cible réfléchit le rayonnement dépend de l'amplitude
de la rugosité de la surface par rapport à la longueur d'onde du rayonnement incident. Si
la longueur d'onde du rayonnement est beaucoup plus petite que la rugosité de la
surface ou que la grosseur des particules qui composent la surface, la réflexion diffuse
domine. Par exemple, un sable fin paraît uniforme aux rayonnements à grandes
longueurs d'onde, mais rugueux aux longueurs d'onde visibles.
Examinons quelques exemples de cibles de la surface de la Terre et voyons comment
l'énergie aux longueurs d'onde visible et infrarouge interagit avec celles-ci.
Les feuilles : la chlorophylle, une molécule que nous retrouvons à l'intérieur des
feuilles, absorbe fortement le rayonnement aux longueurs d'onde du rouge et du bleu,
mais réfléchit le vert.
Les feuilles, qui contiennent un maximum de chlorophylle en été, sont donc plus vertes
pendant cette saison.
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En automne, les feuilles qui contiennent alors moins de chlorophylle, absorbent moins
de rouge, et paraissent donc rouges ou jaunes (le jaune est une combinaison des
longueurs d'onde du vert et du rouge). La structure interne des feuilles en santé agit
comme un excellent réflecteur diffus pour les longueurs d'onde de l'infrarouge. Si nos
yeux pouvaient percevoir l'infrarouge, les feuilles paraîtraient très éclatantes sous ces
longueurs d'onde. Les scientifiques utilisent d'ailleurs l'infrarouge pour déterminer l'état
de santé de la végétation.
L'eau : l'eau absorbe davantage les grandes longueurs d'onde du rayonnement visible
et du proche infrarouge. Ainsi, l'eau paraît généralement bleue ou bleu-vert car elle
réfléchit davantage les petites longueurs d'onde, elle paraît encore plus foncée si elle
est observée sous les longueurs d'onde du rouge ou du proche infrarouge.
Lorsque les couches supérieures de l'eau contiennent des sédiments en suspension, la
transmission diminue, la réflexion augmente et l'eau paraît plus brillante. La couleur de
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l'eau se déplacera légèrement vers les plus grandes longueurs d'onde. Nous
confondons parfois l'eau qui contient des sédiments en suspension avec l'eau peu
profonde et claire, car ces deux phénomènes paraissent très semblables. La
chlorophylle dans les algues absorbe plus de bleu et réfléchit plus de vert.
L'eau paraît donc plus verte quand elle contient des algues. L'état de la surface de l'eau
(rugueuse, lisse, vagues, débris flottants, etc.) peut aussi susciter des problèmes dans
l'interprétation à cause de la réflexion spéculaire et des autres influences sur la couleur
et la brillance.
Ces exemples démontrent que nous observons des réponses très différentes aux
mécanismes d'absorption, de transmission et de réflexion selon la composition de la
cible et la longueur d'onde du rayonnement qui lui est propre. En mesurant l'énergie
réfléchie ou émise par la cible avec une variété de longueurs d'onde, nous pouvons
construire la signature spectrale pour un objet. En comparant les signatures de
différents objets, nous pouvons les distinguer les uns des autres, alors que nous ne
pourrions peut-être pas les distinguer si nous les comparions seulement avec une
longueur d'onde.
Par exemple, l'eau et la végétation peuvent avoir une signature spectrale similaire aux
longueurs d'onde visibles, mais sont presque toujours différenciables dans l'infrarouge.
Les signatures spectrales peuvent être très variables pour la même sorte de cible et
peuvent aussi varier dans le temps et dans l'espace. Pour interpréter correctement
l'interaction du rayonnement électromagnétique avec la surface, il est important de
savoir où regarder dans le spectre et de comprendre les facteurs qui influencent la
signature spectrale de la cible.
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1.6 Détection passive et active
Jusqu'à maintenant, dans ce chapitre, nous avons vu que le Soleil est une source
d'énergie ou de rayonnement pratique pour la télédétection. L'énergie du Soleil est soit
réfléchie (la portion visible) ou absorbée et retransmise (infrarouge thermique) par la
cible.
Les dispositifs de télédétection qui mesurent l'énergie disponible naturellement sont des
capteurs passifs. Le capteur passif peut seulement percevoir l'énergie réfléchie lorsque
le Soleil illumine la Terre. Il n'y a donc pas d'énergie solaire réfléchie le soir, tandis que
l'énergie dégagée naturellement (l'infrarouge thermique) peut être perçue le jour ou la
nuit.
Un capteur actif produit sa propre énergie pour illuminer la cible : il dégage un
rayonnement électromagnétique qui est dirigé vers la cible. Le rayonnement réfléchi par
la cible est alors perçu et mesuré par le capteur. Le capteur actif a l'avantage de pouvoir
prendre des mesures à n'importe quel moment de la journée ou de la saison. Les
capteurs actifs utilisent les longueurs d'onde qui ne sont pas produites en quantité
suffisante par le Soleil telles que les hyperfréquences ou pour mieux contrôler la façon
dont une cible est illuminée. Par contre, les capteurs actifs doivent produire une énorme
quantité d'énergie pour bien illuminer une cible. Le laser fluoromètre et le radar à
synthèse d'ouverture (RSO) sont des exemples de capteurs actifs.
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1.7 Caractéristiques des images
Avant de passer au prochain chapitre qui traite des capteurs et de leurs caractéristiques,
nous devons définir et expliquer quelques termes et concepts fondamentaux associés
aux images de télédétection.
L'énergie électromagnétique peut être perçue de façon photographique ou de façon
électronique. Le processus photographique utilise une réaction chimique sur une
surface sensible à la lumière pour capter et enregistrer les variations d'énergie. Il est
important, en télédétection, de distinguer les termes "image" et "photographie". Une
image est une représentation graphique, quels que soit la longueur d'onde ou le
dispositif de télédétection qui a été utilisés pour capter et enregistrer l'énergie
électromagnétique. Une photographie désigne spécifiquement toute image captée et
enregistrée sur une pellicule photographique. La photo noir et blanc, ci-dessous,
représentant une partie de la ville d'Ottawa au Canada, a été obtenue grâce à la partie
visible du spectre.
Les photographies enregistrent habituellement les longueurs d'onde entre 0,3 et 0,9 mm
(les portions visible et infrarouge réfléchi). Avec ces définitions, nous constatons que
toute photographie est une image, mais que les images ne sont pas toutes des
photographies. À moins de parler d'images enregistrées par un procédé
photographique, nous utilisons donc le terme image.
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Une photographie peut être présentée et affichée en format numérique en divisant
l'image en petits morceaux de taille et de forme égale, que nous nommons pixels. La
luminosité de chaque pixel est représentée par une valeur numérique
C'est exactement ce qui a été fait à la photographie ci-dessus. En effet, en appliquant
les définitions présentées plus haut, nous déduisons que l'image est vraiment une
image numérique de la photographie originale ! Cette photographie a été numérisée et
subdivisée en pixels.
Chaque pixel a été doté d'une valeur représentant les différents niveaux de luminosité.
L'ordinateur affiche chaque valeur numérique comme un niveau de luminosité. Les
capteurs enregistrent alors électroniquement l'énergie en format numérique (en rangées
de chiffres).
Ces deux différentes façons de représenter et d'afficher les données de télédétection,
par des moyens photographiques ou numériques, sont interchangeables car elles
représentent la même information (mais chaque conversion peut engendrer une perte
de précision).
Dans la section précédente, nous avons décrit la portion visible du spectre et le concept
de couleur. Nous percevons les couleurs parce que nos yeux captent la gamme entière
des longueurs d'onde visibles et notre cerveau transforme cette information en couleurs
distinctes.
Imaginez le monde si nous ne pouvions percevoir qu'une seule bande étroite de
longueurs d'onde ou de couleur ! De nombreux capteurs fonctionnent de cette façon.
L'information d'une gamme étroite de longueur d'onde est captée et emmagasinée sous
forme numérique dans un fichier représentant la bande de longueurs d'onde. Il est
ensuite possible de combiner et d'afficher de ces bandes d'information numérique en
utilisant les trois couleurs primaires (rouge, vert, bleu).
Les données de chaque bande sont représentées comme une couleur primaire et, selon
la luminosité relative (c.-à-d. valeur numérique) de chaque pixel dans chaque bande, les
couleurs se combineront en proportions différentes pour produire des couleurs
distinctes.
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Lorsque nous utilisons cette méthode pour afficher une seule bande ou gamme de
longueurs d'onde, nous affichons réellement cette bande avec les trois couleurs
primaires. Parce que la luminosité de chaque pixel est la même pour chaque couleur
primaire, les couleurs se combinent et produisent une image en noir et blanc. L'image
est donc affichée avec ses différentes teintes de gris, de noir à blanc. Lorsque nous
affichons plus d'une bande, chaque bande ayant une couleur primaire différente, le
niveau de luminosité peut être différent pour chaque combinaison de bandes ou de
couleurs primaires, et les couleurs se combinent pour former un composé couleurs.
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