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Ce projet de fin d'études analyse l'impact des réglementations financières de Bâle III sur les crédits, le ratio de solvabilité et le ratio de liquidité des banques ATB et BT, suite à la crise de 2008. Le document présente également les missions effectuées au sein de ces institutions et leur adaptation aux nouvelles exigences réglementaires. L'étude vise à comprendre les évolutions du système financier tunisien et les efforts pour assurer sa stabilité.

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Ministère de l’enseignement supérieur et de recherche scientifique

Université de Tunis
---------****---------
École supérieur des sciences économiques et commerciales de Tunis
PROJET DE FIN D’ETUDES DANS LE CADRE D’OBTENTION DE LA
LICENCE NATIONALE EN SCIENCES ECONOMIQUES
Spécialité
Ingénierie économiques et financières
Monnaie Finance Banque Assurance

L’impact des réglementations financières de Bâle 3


suite de la crise de 2008 au niveau des Crédits , ratio
de solvabilité et ratio de liquidité sur ATB et BT

Elaboré par: Encadrée par :


-Chahed Guesmi Zahida Ayari Zaalani
-Neder Ben Mekki

Année universitaire 2025/2026


.
L’ESSECT n’entend donner aucune approbation ni improbation

aux Opinions émises dans ce rapport de [Link] opinions

doivent être considérées comme propres à leurs auteur


Dédicace

Je dédie ce travail à ma chère famille,


À mon père Youssef, pour son soutien, ses conseils et sa présence constante.
À ma mère Chahida, pour son amour, sa patience et ses encouragements inépuisables.
À mes frères Khalil et Nidhal, pour leur soutien et leur esprit de fraternité.

À mes amis, Sarah, khalil, Ghassen, Amen, Ahmed, Achref, Asma et Zeineb
Pour leur présence, leur aide et les moments agréables partagés tout au long de ce
parcours.

À ma binôme Chahed
Pour sa collaboration, sa motivation et les efforts que nous avons fournis ensemble
pour mener à bien ce projet.

À mes enseignants et encadrants,


Pour leur accompagnement, leurs conseils avisés et leur disponibilité tout au long de
la réalisation de ce travail.

Aux peuple de Club Africain, qui fait vibrer les tribunes et incarne la véritable passion

À tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l’aboutissement de ce projet,


Je vous exprime ma profonde gratitude.
Dédicace
Je dédie ce travail à ma chère famille, qui a toujours été un pilier de soutien, d’amour
et d’encouragement tout au long de mon parcours.
À la mémoire de ma mère bien-aimée, Rim.
Même si elle n’est plus là, son amour et sa tendresse continuent de m’accompagner
chaque jour. Elle a été pour moi une source infinie de courage et d’inspiration. Son
souvenir reste vivant dans mon cœur et me guide à chaque étape de ma vie.
Maman, j’aurais tant voulu que tu sois là pour partager ce moment de joie et de fierté.
Ce travail est aussi le tien, car sans ton affection et tes prières, je ne serais jamais
arrivé jusqu’ici.
À mon père, Hrayez, pour sa patience, sa force et tous les sacrifices qu’il a faits pour
me soutenir. Sa confiance en moi a toujours été un moteur pré[Link] me félicite
pour ma persévérance et ma détermination tout au long de ce parcours.
Chaque défi relevé m’a fait grandir et m’a rapproché de mes objectifs.
Je tiens à remercier mes chère grands-péres , Habibaet Abedlaziz, pour tout ses
amours, ses sagesses et ses souties inconditionnel.
J’adresse mes sincères remerciements à mon frère Dhia pour son soutien indéfectible,
sa présence constante et ses encouragements tout au long de mon parcours.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à mes oncles Aymen et Mohamed Aliet à
ma tante Amal pour leurs soutien constant, leur bienveillances et leurs précieux
conseils tout au long de mon parcours.
Je tiens à adresser mes remerciements à mon binôme Neder ben Mekki, pour son
engagement sa rigueur et sa coopération tout au long de ce projet.
Et mes amis Rayen ben Issa, Chaima Hleli,Sinda guesmi,Roua melki,Firas
guesmi
Remerciement

Au terme de ce Projet de Fin d’Études, nous tenons à exprimer notre profonde


gratitude à
Ceux qui nous ont soutenus et accompagnés.
Nos remerciements les plus sincères s'adressent en premier lieu à notre encadrante,
Madame Zahida Ayari . Son expertise, ses conseils avisés, sa disponibilité constante
et
sa direction éclairée ont été déterminants pour l'orientation et la réussite de ce travail.
Nous la remercions également pour la confiance qu'elle nous a accordée.
Nous souhaitons aussi remercier chaleureusement nos familles. Leur soutien
indéfectible,
leur patience infinie et leurs encouragements constants ont été notre principale source
de
motivation tout au long de ce parcours.
Enfin, notre gratitude va à nos amis et collègues pour leur soutien moral, leurs
échanges
stimulants et leur aide précieuse durant ces années d’études
SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE ................................................................................ 1

Chapitre 1 : présentation de l’entreprise d’accueil et missions effectuées ............. 3

Section 1 : présentation de la banque de Tunisie « BT » ........................................... 3

Section 2 : Présentation de la banque ATB : .............................................................. 9

Chapitre 2 :L’impact des règlementations Financières sur ATB et BT ............... 16

Section 1 : Les Régulations Financières et l’impact de la crise 2008 sur l’économie


tunisienne : ................................................................................................................ 16

Section 2. L’impact de la crise financière 2008 sur l’économie tunisienne : ........... 22

Conclusion générale ..................................................................................................... 36


Listes de figures

Figure 1: Organigramme de la BT banque ............................................................... 6


Figure 3:organigramme de l’ATB ............................................................................ 11
Figure 4:Organigramme de l’ATB Nabeul (Source : Site officiel ATB)............... 12
Figure 5:Évolution des crédits nets(en millions):ATB vs BT................................. 26
Figure 6:Evolution des ratio de liquidité :ATB vs BT ............................................ 32
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Fiche d’identité de BT banque ............................................................................................... 5

Tableau 2 :Fiche d’identité de ATB ...................................................................................................... 10

Tableau 3 :Comparison d’évolution des crédits entre ATB et BT .......................................................... 27

Tableau 4 :Ratio de solvabilité:ATB vs BT............................................................................................ 29

Tableau 5 :Comparison d’évolution des crédits entre ATB et BT .......................................................... 30

Tableau 6 :comparaison du ratio de liquidité entre ATB et BT .............................................................. 33

Tableau 7 :Analyse comparative des effets de la crise de 2008 sur l’ATB et la Banque de Tunisie ...... 35
INTRODUCTION GENERALE

Au cours des dernières décennies, le paysage financier international a connu de


profondes mutations, marquées par l’ouverture progressive des marchés,
l’intensification des flux de capitaux et l’interconnexion croissante des institutions
bancaires. Si cette évolution a favorisé une expansion économique à l’échelle mondiale,
elle a également accentué la vulnérabilité des économies face aux chocs externes. Dans
ce contexte, la crise financière mondiale de 2007-2008 constitue un tournant majeur,
ayant mis en évidence les limites des dispositifs de régulation ainsi que les fragilités du
système financier international.

À la suite de cette crise, d’importantes réformes ont été mises en œuvre afin de
renforcer la résilience du système financier. Les Accords de Bâle III s’inscrivent dans
cette dynamique, en instaurant des exigences accrues en matière de fonds propres, de
liquidité et de gestion des risques. Ces mesures visent principalement à assurer une
meilleure stabilité financière et à prévenir l’émergence de crises systémiques.

Bien que la Tunisie n’ait pas été à l’origine de cette crise, elle en a subi les effets
indirects en raison de son intégration à l’économie mondiale. Le ralentissement de la
demande extérieure, la diminution des investissements directs étrangers ainsi que la
contraction des flux financiers ont impacté plusieurs secteurs clés de l’économie
nationale. Face à cette situation, la Banque Centrale de Tunisie a entrepris diverses
réformes visant à moderniser le cadre réglementaire et à aligner le système bancaire
tunisien sur les standards internationaux.

Dans ce contexte, les institutions financières tunisiennes ont été amenées à adapter leurs
pratiques, notamment en renforçant leurs mécanismes de gestion des risques, en
améliorant leur gouvernance et en se conformant aux nouvelles exigences
réglementaires. Bien que ces transformations aient représenté des défis importants, elles
ont contribué à consolider la solidité et la crédibilité du secteur bancaire.

1
Dès lors, la problématique centrale de ce travail s’articule autour de la question suivante : Quelles
sont Les impact des réglementations financières de Bâle 3 suite de la crise de 2008
au niveau des Crédits , ratio de solvabilité et ratio de liquidité
Afin de répondre à cette problématique, notre travail est structuré en deux chapitres.
Dans un premier chapitre, nous présenterons les différentes missions réalisées au cours
de notre stage au sein de l’ATB et de la BT, permettant ainsi de mieux comprendre le
fonctionnement interne de ces institutions. Dans un second chapitre, nous analyserons
l’impact des réglementations financières sur l’économie tunisienne, en mettant l’accent
sur leurs effets spécifiques sur les deux banques étudiées, à savoir l’ATB et la BT.

Ainsi, cette étude vise à mieux appréhender les évolutions du système financier national,
tout en mettant en lumière les efforts déployés pour assurer sa stabilité et sa résilience
face aux chocs économiques futurs.

2
Chapitre 1 : présentation de l’entreprise d’accueil et missions
effectuées

Ce chapitre vise a présenter les organismes d’accueil de nos stages, notamment la


Banque de Tunisie(BT) et l’Arabe Tunisian Bank (ATB) à travers l'analyse de nos
expériences respectives, nous mettrons en lumière les défis et les opportunités que nous
avons observés. La section une est préservée à la présentation de la banque de Tunisie
« BT ». La seconde est consacrée à la présentation de l’Arabe Tunisian Bank (ATB).

Section 1 : présentation de la banque de Tunisie « BT »

1. Présentation de l’établissement bancaire:


La Banque de Tunisie (BT) est une institution bancaire commerciale privée opérant en
Tunisie. Elle figure parmi les établissements financiers les plus anciens du pays ainsi
que du continent africain. Grâce à son ancienneté et à son expérience accumulée au fil
des décennies, la banque s’est progressivement imposée comme un acteur important du
système bancaire tunisien.
Fondée en 1884, la Banque de Tunisie bénéficie d’une expérience de plus de 130 ans
dans le secteur bancaire, ce qui lui a permis de développer un savoir-faire solide et une
expertise reconnue dans les domaines de la finance et d’intermédiation bancaire. Au
cours de son évolution, la banque a su s’adapter aux différentes mutations économiques
et financières, consolidant ainsi sa position sur le marché bancaire national et régional.
La Banque de Tunisie joue un rôle essentiel dans le financement de l’économie
tunisienne. En effet, elle contribue activement au développement économique en
accordant des crédits aux entreprises, aux investisseurs et aux particuliers, tout en
participant au financement de nombreux projets dans divers secteurs d’activité. Par
ailleurs, la banque veille à améliorer continuellement la qualité de ses services et à
renforcer la relation de confiance avec sa clientèle.

3
En matière de gouvernance et de gestion des risques, la Banque de Tunisie applique
strictement les normes prudentielles et réglementaires établies par la Banque Centrale
de Tunisie (BCT). Cette rigueur dans la gestion et le contrôle des activités bancaires
contribue à assurer la solidité financière de l’institution ainsi que la stabilité de ses
opérations.

1.1 Historique de la Banque de Tunisie « BT »:


L’évolution de la Banque de Tunisie s’inscrit dans une longue trajectoire marquée par
plusieurs étapes importantes qui ont contribué à renforcer sa position dans le secteur
bancaire tunisien.
 1884 : Création de la Banque de Tunisie (BT), considérée comme la plus
ancienne banque de Tunisie et l’une des plus anciennes institutions bancaires
en Afrique.
 1948 : La Banque de Tunisie procède à l’absorption de la Banque italo-
française de crédit, ce qui permet de consolider ses activités et d’élargir son
champ d’intervention.
 1951 : La banque participe à la liquidation de la Banca Italiano de Credito et
reprend une grande partie de ses agences après l’indépendance de la Tunisie,
renforçant ainsi son réseau bancaire.
 1963 : Dans une stratégie d’ouverture et de développement, la banque décide
d’élargir son capital en s’associant à plusieurs institutions financières
internationales, notamment la Société Générale, Crédit Suisse et la Banca
Nazionale del Lavoro.
 1968 : L’acquisition des agences tunisiennes de la Compagnie Française de
Crédit et de Banque permet à la Banque de Tunisie de renforcer davantage
sa présence sur le territoire national.
 1998 : La Société Générale cède sa participation dans le capital de la banque.
Une grande partie des actions est reprise par des investisseurs tunisiens, tandis
qu’un pourcentage de 2 % est détenu par une filiale de l’Agence Française
de Développement (AFD).

4
 2006 : La structure du capital de la banque se compose de 73,03 %
d’actionnaires tunisiens et de 22,78 % d’investisseurs étrangers, parmi
lesquels figurent notamment la Banque Fédérative du Crédit Mutuel et la
Banca Nazionale del Lavoro.
 2011 : À la suite de la révolution tunisienne, les 13 % du capital appartenant à
Belhassen Trabelsi sont confisqués puis rachetés par la Banque Fédérative
du Crédit Mutuel, qui détient alors 33 % du capital de la Banque de Tunisie.
 2013 : La Banque Fédérative du Crédit Mutuel devient l’actionnaire principal
de la Banque de Tunisie avec 34,44 % du capital.

Tableau 1: Fiche d’identité de BT banque

source :[Link]

5
1.2. Organigramme de la BT banque :

Figure 1: Organigramme de la BT banque

Source : [Link]

1.3. Activités de la Banque de Tunisie « BT »:


La Banque de Tunisie, constituée sous forme de société anonyme, exerce ses activités à
travers plusieurs pôles stratégiques qui lui permettent de proposer une large gamme de
services financiers adaptés aux besoins des particuliers, des entreprises ainsi que des
investisseurs institutionnels. Ces activités s’articulent principalement autour de cinq
domaines essentiels.
 La banque de détail :
Ce pôle regroupe l’ensemble des services bancaires destinés à la clientèle de particuliers
et de petites et moyennes entreprises. Il comprend notamment l’ouverture et la gestion
des comptes bancaires, la mise à disposition de moyens de paiement ainsi que
l’émission et la gestion des cartes bancaires.

6
 Les assurances :
Dans le cadre de la diversification de ses services, la Banque de Tunisie propose
également des produits d’assurance visant à répondre aux besoins de protection,
d’épargne et de prévoyance de sa clientèle.
 La gestion de portefeuille de valeurs mobilières :
La banque offre des services spécialisés en gestion d’actifs financiers, permettant aux
particuliers et aux institutions de bénéficier d’un accompagnement dans la gestion et
l’optimisation de leurs portefeuilles d’investissement.
 L’intermédiation en bourse :
La Banque de Tunisie agit en tant qu’intermédiaire financier sur les marchés boursiers
en facilitant l’exécution des opérations d’achat et de vente de titres pour le compte de
ses clients.
 L’investissement et le financement de projets :
Ce pôle concerne le financement de projets d’envergure et l’accompagnement des
entreprises dans la réalisation de leurs investissements. La banque propose également
des services de conseil financier et de structuration d’opérations financières complexes.
Cette diversité d’activités permet à la Banque de Tunisie de renforcer sa position sur le
marché financier et de contribuer activement au financement et au développement de
l’économie nationale.

1.4:Les différentes filiales de la banque BT:


En tant que banque universelle, la Banque de Tunisie (BT) s’appuie sur des filiales
spécialisées pour diversifier et renforcer ses activités financières. Ces entités, opérant
dans les domaines du leasing, de l’investissement et de l’intermédiation boursière,
participent à l’élargissement de l’offre de services et à une meilleure couverture des
besoins de la clientèle, consolidant ainsi la position de la banque sur le marché financier
tunisien.
Activité Bancaire :

BANQUE DE TUNISIE

Assurance :

7
ASTREE Assurance
Gestion de portefeuille de valeurs mobilières :
GENERALE DE PARTICIPATIONS DE TUNISIE GPT SICAF
PLACEMENTS DE TUNISIE SICAF :
SICAV RENDEMENT
FCP CEA BANQUE DE TUNISIE
Intermédiation en bourse :
SOCIETE DE BOURSE DE TUNISIE SBT
Investissement et financement de projets – SICAR :
BT SICAR
SOCIETE DE PARTICIPATION ET DE PROMOTION DES INVESTISSEMENTS
SPPI SICAR
Promotion Touristique :
SPFT CARTHAGO
SOCIETE CLUB ACQUARUS NABEUL SCAN
Acquisition, construction et réaménagement d'immeubles :
GENERALE IMMOBILIERE DE TUNISIE GIT SA
Location de terrains et d'immeubles
LA FONCIERE LES OLIVIERS
SOCIETE DU POLE DE COMPETITIVITE DE BIZERTE SPCB
Logistique et transport de fonds :
TRANSPORT DE FONDS DE TUNISIE TFT

Ce sont les filiales principales liées directement impliquées aux activités financières et
d’investissement du groupe BT.

2.1 Les Tâches effectuées au sein de la BT :

.Vérification et traitement des dossiers des clients décédés, ainsi que l’étude de la
procédure de répartition des fonds entre les héritiers conformément à la règlementation
en vigueur

8
.Analyse des dossiers juridiques liés aux clients (personnes physiques et
morales).

.Participation à l’étude des risques juridiques liés aux opérations bancaires.


.Classement et archivage des dossiers juridiques (physiques et numériques).
.Consultation des textes législatifs et réglementaires relatifs au secteur

bancaire

Section 2 : Présentation de la banque ATB :


L’ATB, créée le 30 juin 1982, est une banque commerciale tunisienne, dont le groupe
Arab Bank est l’actionnaire principal, et elle figure parmi les banques les plus connues
dans le paysage bancaire national. La banque offre des produits et des services
financiers à ses clients (particuliers professionnels et entreprises) et contribue à la
croissance économique du pays. L’ATB dispose actuellement d’un réseau de plus de
100 agences et d’un personnel dépassant les 1390 employés. Dans le cadre de sa
stabilité financière, la banque a porté son capital social à hauteur de 150 millions de
dinars tunisiens après son augmentation en 2025.

1.1 La Banque ATB : Historique


L’Arab Tunisian Bank (ATB) est une banque commerciale de droit tunisien créée en
1982, dans le cadre d’un partenariat avec le groupe Arab Bank. Elle fait partie des
banques privées de premier plan en Tunisie, grâce à la diversité de ses prestations en
matière de services financiers et à son engagement à financer l’économie nationale.
Banque universelle, elle propose des solutions aux personnes physiques, aux Tunisiens
de l’étranger, aux professions libérales, aux PME ainsi qu’aux grandes entreprises et
aux institutionnels, et organise ses activités autour de plusieurs pôles qui lui permettent
de mettre au service de sa clientèle, une offre diversifiée et complémentaire. Disposant
d’un réseau de plus de 100 agences sur tout le territoire national, l’ATB accorde une
attention particulière à la proximité, à la qualité de son service et à l’innovation pour
accompagner ses clients et concourir au développement économique du pays.

9
1.2 La Banque ATB : Fiche d’identité de la ATB :
Tableau 2:Fiche d’identité de l’ATB

Informations Details

Dénomination sociale Arab Tunisian Bank (ATB)

Date de création 30 juin 1982.

Forme juridique Société Anonyme (SA).

Directeur général M. Riadh Hajjej (nommé officiellement en


juillet 2024)

Secteur d'activité Secteur bancaire et financier

Agences Plus de 100 agences

Nombre de salariés environ 1 398 – 1 409 employés

Capital social environ 150 millions de dinars tunisiens

Téléphone +216 71 351 155

Fax +216 71 342 852 / 71 349 278

E-mail atbbank@[Link]

Siège social 9, Rue Hédi Nouira, 1001 Tunis – Tunisie

Site Web [Link]

Source : auteur

10
1.3 L’organigramme de l’ATB :
Figure 2:organigramme de l’ATB

1.4. La banque ATB: Les différentes filiales de la banque ATB :


L’Arab Tunisian Bank (ATB) est une banque universelle qui s’appuie sur plusieurs
filiales spécialisées pour diversifier ses activités financières. Ces filiales, actives dans le
leasing, l’investissement et d’intermédiation boursière, permettent à la banque d’élargir
ses services et de mieux répondre aux besoins des particuliers et des entreprises. Ainsi,
l’ATB renforce sa présence sur le marché financier tunisien.
Arab Financial Consultants (AFC)
Société d’intermédiation en bourse (marché financier).
Arab Tunisian Development – ATD SICAR
Société d’investissement à capital-risque pour financer les projets et entreprises.
Arab Tunisian Invest – ATI SICAF
Société d’investissement à capital fixe spécialisée dans la gestion de portefeuille de
valeurs mobilières.
Arab Tunisian Lease (ATL)
Société de leasing pour financer équipements professionnels, industriel commerciaux.

11
Ce sont les filiales principales liées directement aux activités financières et
d’investissement du groupe ATB.

2.1 Présentation Agence ATB Nabeul


Mon stage à l’agence de l’ATB Nabeul a été une expérience enrichissante .Depuis sa
création, cette institution financière est devenue un pilier d'excellence reconnu pour son
service exceptionnel. Située , l'agence se distingue par son ambiance chaleureuse et
professionnelle. Située à 43 AV. [Link] 8000. Sous la direction de MR Atef , j’ai
pu constater l’importance accordée à la satisfaction de la clientèle et à la qualité du
service rendu. Cette expérience m’a permis de développer mes compétences
professionnelles tout en renforçant ma compréhension du rôle essentiel de la relation
client dans le secteur financier.

2.2 L’organigramme de l’agence ATB Nabeul:


Figure 3:Organigramme de l’ATB Nabeul (Source : Site officiel ATB)

 Le directeur de l’agence :
Le chef de l’agence de l’ATB est en charge de la gestion de l’agence dans sa globalité,
conduisant des missions commerciales, managériales et opérationnelles, dans le cadre
d’un développement du portefeuille clients avec le souci de leur satisfaction dans une
gestion de l’équipe mobilisée et motivée, et du suivi du pilotage des opérations
exécutées en garantissant le respect des procédures de sécurisation des transactions, tout
en suivant les indicateurs de performance permettant de proposer des actions
d’amélioration des résultats de l’agence.

12
 Le chargé clientèle:
Le chargé de clientèle à l’ATB s’occupe de la gestion, du suivi et de la coordination
d’un portefeuille de la clientèle, tant individuelle que sociétaire. Il conseille ces clients
sur les produits et services bancaires correspondant au mieux à leurs besoins ; il propose
ainsi des solutions de type épargne, crédits ou investissements, tout en s’assurant de leur
satisfaction. Il suit également les dossiers, analyse la situation financière de la clientèle
et participe au développement commercial de l’agence, à la fidélisation de sa clientèle et
à l’attraction de nouveaux clients.
 Guichetier payeur :
Assurer l’accueil, la prise en charge et le traitement des opérations de guichet et de
caisse de la clientèle, conformément aux exigences en matière de qualité, de procédures
et de règles en vigueur .

3.1 Les Tâches effectuées au sein de l’ATB :


Durant mon stage, j’ai eu l’opportunité d’occuper différents postes au sein de l’agence,
ce qui m’a permis de développer de nombreuses compétences en réalisant diverses
missions.
 Les retraits :
La demande de retrait de chèques engage la vérification stricte de l’ensemble des
informations requises, au premier chef, la signature en tête, la date de l’effet et le
montant à l’ordre figuré. Le client devra remplir le formulaire approprié caractérisant
l’état civil et l’adresse. En application des normes de sécurité bancaire, le montant est
systématiquement contrôlé à deux reprises avant la dernière validation de l’opération.
 Les versements en espèces :
Les dépôts d’espèces sont traités en sauvegardant le montant perçu, puis en le saisissant
au niveau du système d’information de la banque. Un reçu est produit et le remis au
client, avec demande de récépissé. Cela permet d’assurer la transparence et traçabilité
de chaque opération.

13
 Les virements :
Le traitement des virements requiert le contrôle des pièces justificatives à savoir RIB et
bordereau dûment signé. Après contrôle de ces documents, la transaction est enregistrée
au sein du système et un reçu est remis au client à partir des trois exemplaires générés.
 Les Retraites de Chèques ou Traites
Les opérations de retrait effectuées par chèques ou bien traites amènent le besoin de
vérifier l’identité du client bénéficiaire et, par voie de conséquence la concordance des
données de cette opération avec les données disponibles, en particulier l’authenticité de
la signature de ce bénéficiaire pour assurer la légitimité de cette opération.
 La Gestion des Chéquiers :
Ce traduit par que toute demande d’un client (premier chéquier ou renouvellement) est
enregistrée. L’identité de la personne du client qui vient retirer son chéquier est
vérifiée, un accusé de réception est signé et un suivi est assuré d’une manière
intégralement enregistrée dans le système bancaire.
 Les ouvertures des comptes
Celle-ci nécessite un accord entre le client et la banque. Dans un premier temps la
banque doit vérifier que le client qui se présente à l’écriture d’un compte ne soit pas
frappé d’une incapacité (mineur, incapable…). À l’issue de cette démarche le client est
tenu de se présenter en personne à l’agence, personne ne peut le représenter pour ouvrir
un compte à son nom,

 Formalités d’ouverture : photocopie CIN / Carte de séjour ou passeport pour les


étrangers résidents en Tunisie / Demande d’ouverture de compte / Versement d’un
montant au moins égal à 20dt à l’ouverture.
Conclusion:
Dans ce chapitre, nous avons présenté les deux établissements bancaires étudiés, à
savoir la BT et la ATB, en mettant en lumière leur structure organisationnelle, leurs
services ainsi que leurs missions respectives. Nous avons également décrit les
principales opérations réalisées lors de notre passage en agence, telles que les opérations
de caisse, les virements, les retraits, les dépôts, le traitement des chèques et la
vérification des données relatives à la clientèle. Cette analyse nous a permis de mieux

14
appréhender le fonctionnement quotidien d’une banque et de comprendre l’importance
du rôle assuré par chaque service. Elle prépare ainsi le terrain pour le chapitre suivant,
consacré à l’étude des nouvelles réglementations financières et de leur impact sur la
Banque de Tunisie et l’Arab Tunisian

15
Chapitre 2 :L’impact des règlementations Financières sur
ATB et BT

Dans un contexte économique mondial en constante évolution la réglementation


financière joue un rôle central pour assurer la stabilité des systèmes bancaires. Face
aux crises financières successives, les autorités nationales et internationales ont
renforcé les mécanismes de contrôle et de supervision des institutions financières. En
Tunisie, cette règlementation a eu un impact significatif sur les banques, notamment
la BH et l’ATB.
Ce chapitre vise à explorer les effets de la crise 2008 sur les deux grandes banques
tunisiennes et les règlementations financières pour surmonter la crise. Il s'articule
autour d'une première section consacrée au cadre règlementaire, suivie d'une seconde
section analysant comparativement entre les deux banques. Cette analyse permettra de
mieux comprendre les défis de conformité et d'adaptation auxquels sont confrontées
les banques tunisiennes aujourd'hui.
Section 1 : Les Régulations Financières et l’impact de la crise 2008 sur
l’économie tunisienne :
La régulation financière désigne l’ensemble des règles et mécanismes mis en place
pour encadrer les activités des institutions financières et assurer la stabilité du système
économique. Elle vise principalement à prévenir les crises, limiter les risques et
protéger les agents économiques, tout en renforçant la transparence et la confiance
dans le système financier.
Dans ce cadre, la banque centrale joue un rôle essentiel. Elle supervise le secteur
bancaire, met en œuvre la politique monétaire et intervient en tant que prêteur en
dernier ressort en cas de crise. Elle contribue ainsi à maintenir la stabilité financière et
à réduire les risques systémiques.
Ainsi, cette section présente les fondements de la régulation financière, ses principaux
objectifs ainsi que le rôle central de la banque centrale.

16
Définition et Objectifs de la Régulation Financière :

1.1. Définition :

Nous ne pouvons pas limiter la définition de la régulation financière à une seule


définition ; il existe plutôt plusieurs critères que nous pouvons considérer pour
parvenir à une définition exhaustive de la régulation financière.
Selon Goodhart (1998), la régulation financière se définit avant tout comme un
ensemble de mécanismes de contrôle et de supervision mis en œuvre par les autorités
compétentes, telles que les banques centrales et les autorités de régulation, afin
d’assurer une surveillance continue des institutions financières. Cette supervision vise
à garantir le respect des normes prudentielles, notamment en matière de fonds propres,
de liquidité et de gouvernance, tout en permettant de détecter de manière précoce les
signes de fragilité financière susceptibles de menacer la stabilité des établissements.
Dans cette perspective, le Comité de Bâle (2010) enrichit cette approche en mettant
l’accent sur la gestion des risques, qui constitue un pilier fondamental de la régulation
financière. Il souligne l’importance de dispositifs visant à identifier, mesurer et limiter
les différents risques bancaires, tels que le risque de crédit, le risque de marché ou
encore le risque de liquidité. Cette approche repose à la fois sur une dimension micro
prudentielle, centrée sur la solidité individuelle des institutions, et une dimension
macro-prudentielle, orientée vers la prévention des risques systémiques. Elle inclut
également la mise en place d’outils tels que les systèmes de contrôle interne, le
reporting règlementaire et les tests de résistance.
Enfin, Mishkin (2016) élargit cette conception en considérant que l’objectif ultime de
la régulation financière est d’assurer la stabilité du système financier dans son
ensemble. Cela implique la capacité du système bancaire à résister aux chocs
économiques et financiers, à éviter les phénomènes de contagion et à continuer
d’assurer ses fonctions essentielles, notamment le financement de l’économie et la
gestion des paiements. Ainsi, la régulation financière contribue non seulement à
renforcer la solidité des institutions individuelles, mais également à préserver la

17
confiance des agents économiques et à garantir le bon fonctionnement du système
financier.
1.2 Objectifs de la Régulation Financière :
La régulation financière poursuit plusieurs objectifs visant à assurer la stabilité et
la transparence du système financier. Ces objectifs peuvent être classés en deux
catégories complémentaires : ceux relevant des réglementations locales, mises en
place par les autorités nationales pour encadrer le système bancaire interne, et
ceux issus des règlementations internationales, destinées à renforcer la
coopération entre pays et à prévenir les risques systémiques à l’échelle mondiale.
1.2.1 Objectifs de la Régulation Financière locale :
 Garantir la stabilité financière
 Veiller à ce que les institutions financières soient correctement
capitalisées (fonds propres et liquidité)
 Restaurer la confiance dans le secteur bancaire
 Garantir la sécurité des dépôts bancaires
 Prévenir les faillites bancaires prématurées ou brutales
 Renforcer les droits des clients (transparence et gouvernance)
 Imposer des obligations de transparence aux institutions financières
 Lutter contre les conflits d’intérêts et les manipulations de marché
 Réglementer l’allocation du crédit pour limiter les pratiques risquées
 Exiger la déclaration des transactions suspectes
 Améliorer l’identification des clients (KYC)
1.2.2 Objectifs de la Régulation Financière international :
 ·Prévenir les crises financières systémiques (ex : crise de 2008)
 ·Mettre en œuvre les recommandations du Groupe d’action financière
(GAFI)
 ·Assurer un niveau commun de coordination règlementaire entre les
systèmes bancaires
 ·Promouvoir l’échange d’informations financières entre les pays (ex :
FATCA)

18
1.3.1Rôlede la banque centrale dans la régulation financière
selon :(Mishkin 2016 , Goodhart 1998 , Comité de Bâle 2010 , FMI 2013 et Llewellyn
1999):
La Banque Centrale joue un rôle central dans la régulation et la supervision du
système financier, agissant comme gardienne de la stabilité financière et garantissant
que les institutions respectent les règles prudentielles tout en maintenant un
fonctionnement sûr et efficace du système bancaire. Elle contribue à la stabilité
monétaire en surveillant les prix et la confiance dans la monnaie nationale, en
régulant les taux d’intérêt, en gérant la masse monétaire et en supervisant la liquidité
des banques afin de prévenir les crises et limiter les risques systémiques (Goodhart,
1998). Par ailleurs, la Banque Centrale assure la supervision et le contrôle prudentiel
des institutions financières en imposant des normes de fonds propres et de liquidité
conformément aux standards nationaux et internationaux, comme les accords de Bâle,
et en réalisant des inspections et analyses régulières des bilans bancaires pour
garantir leur solvabilité et leur résilience (Comité de Bâle, 2010). Elle joue
également un rôle crucial dans la gestion des risques et la prévention des crises, en
identifiant et évaluant les risques financiers à la fois au niveau micro-prudentiel et
macro-prudentielle, et en mettant en œuvre des mécanismes de prévention tels que
les stress tests et les limites d’exposition afin de protéger les déposants et réduire la
contagion des crises (FMI, 2013). En tant que garant de la confiance et de la
protection des déposants, elle veille à sécuriser les dépôts bancaires et à limiter les
abus, les conflits d’intérêts et les pratiques spéculatives excessives (Llewellyn, 1999).
Enfin, la Banque Centrale assure la coordination nationale et internationale de la
régulation financière en collaborant avec d’autres autorités et en appliquant les
recommandations d’organismes internationaux tels que le FMI, le GAFI et le Comité
de Bâle, afin d’harmoniser les pratiques et renforcer la stabilité du système financier
mondial (FMI, 2013).

19
1.3.2 La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorise :
La Tunisie a engagé des réformes conformément aux recommandations du GAFI en
matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Les banques et autres institutions financières sont désormais tenues de mettre en
œuvre des mesures telles que :
 Procédures KYC : les institutions financières doivent identifier leurs
clients et
comprendre la nature de leurs activités, un sujet de débat en tant que mesure de
prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme.
 Surveiller les Transactions : les banques sont également tenues de
surveiller les transactions potentiellement suspectes et de signaler aux
autorités compétentes les transactions pouvant sembler stratifiées (activités
à risque).
Ces règlementations visent à garantir le bon fonctionnement du système
financier tunisien conformément aux normes internationales.
1.4. Régulations internationales et leurs implications :
Les accords de Bâle constituent le cadre clé de la régulation bancaire internationale.
Après Bâle I, qui fixait des normes minimales de fonds propres, et Bâle II, qui
introduisait la gestion des risques opérationnels, Bâle III renforce les exigences en
matière de fonds propres, de liquidité et de résilience face aux crises systémiques.
Parallèlement, le FATCA oblige les banques à déclarer les comptes détenus par des
contribuables américains, promouvant la transparence et la coopération internationale.
Bâle III et FATCA représentent aujourd’hui les instruments clés de la régulation
internationale, non seulement pour assurer la stabilité et la résilience des banques,
mais aussi pour renforcer la transparence et la confiance dans le système financier
mondial.

20
 Bâle III
Bâle III est un ensemble de normes internationales visant à renforcer la solidité du
secteur bancaire mondial. Il privilégie les exigences fondamentales suivantes :
Fonds Propres : Les banques doivent disposer d'un niveau minimum de fonds
propres de premier rang, mesuré par le ratio de fonds propres de base de catégorie 1.
Ratio de Levier : Ce ratio limite le ratio d'endettement par rapport aux fonds propres
et contribue à atténuer le risque d'endettement excessif des banques.
Ratio de couverture des liquidités : Les banques doivent disposer d'actifs liquides
de haute qualité pour couvrir les sorties nettes de liquidité sur une période de 30 jours
dans le cadre d'un test de résistance de liquidité en cas de crise financière.
C’est dans cet esprit que la BCT a déterminé les normes Bâle III comme un
fondement important de la régulation bancaire locale, contribuant à la solidité et à la
résilience du système bancaire tunisien.
 FATCA
La loi américaine dénommée FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) ou «
Acte de conformité fiscale des comptes étrangers » impose aux institutions financières
étrangères de déclarer à l’administration fiscale américaine les comptes de leurs
clients, s’ils sont américains ou si ce sont des entités américaines. Elle exige en outre
de retirer les dispositions sur la déclaration de comptes aux administrations fiscales
américaines effectuées par les clients eux-mêmes, le traitement approprié des comptes
clients déclarables pouvant être effectué par les différentes institutions financières
tunisiennes. Au regard de l’exigence de conformité demandée par les banques
tunisiennes, les institutions concernées devront s’engager énergiquement en matière
de conformité à renforcer leurs dispositifs de fiabilité sur l’identification et la
résidence fiscale de leurs clients, informations à fournir aux administrations fiscales
américaines, à défaut de 30 % de taxe sur les paiements émis depuis les États-Unis.
En somme, la crise de 2008 a révélé des vulnérabilités qui ont impacté l’économie
tunisienne et, plus particulièrement, ses banques. En réponse, les règlementations
financières, qu’elles soient internationales ou nationales, ont été renforcées pour
stabiliser et sécuriser le secteur. Ainsi, cette évolution règlementaire constitue un
21
levier essentiel pour la résilience des banques tunisiennes face aux crises futures et
pour garantir un développement économique plus stable.

Section 2. L’impact de la crise financière 2008 sur l’économie

tunisienne :
Dans cette section, nous allons présenter dans un premier temps l’historique de la
crise financière de 2008 afin de comprendre ses origines et sa propagation à l’échelle
internationale. Ensuite, nous analyserons son impact sur l’économie tunisienne à
travers ses principaux canaux de transmission. Enfin, nous étudierons les effets de
cette crise sur les banques tunisiennes, en particulier l’ATB et la BT, en nous
appuyant sur une analyse comparative de leurs indicateurs financiers sur la période
2005-2024.
1. Historique de la crise financière 2008 :
La Crise financière mondiale de 2008 trouve son origine dans l’expansion excessive
du crédit immobilier aux États-Unis au début des années 2000. Durant cette période,
les institutions financières ont accordé massivement des prêts hypothécaires à risque,
connus sous le nom de subprimes, à des emprunteurs présentant une faible capacité de
remboursement. Ces crédits ont ensuite été titrisés et intégrés dans des produits
financiers complexes, largement diffusés sur les marchés internationaux. Lorsque les
taux d’intérêt ont augmenté et que les prix de l’immobilier ont commencé à chuter, un
grand nombre d’emprunteurs s’est retrouvé dans l’incapacité de rembourser leurs
prêts, ce qui a entraîné une augmentation rapide des défauts de paiement et des pertes
considérables pour les banques et les investisseurs. La situation s’est aggravée avec la
faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers 1 en septembre 2008,
évènement qui a provoqué une crise de confiance généralisée dans le système
financier mondial. Face à l’ampleur de cette crise et aux risques systémiques qu’elle a
révélés, les autorités financières internationales ont entrepris de renforcer la régulation
bancaire afin d’améliorer la solidité des institutions financières et de prévenir de

1Lehman Brothers était une banque d'investissement multinationale créée en 1850, proposant des services
financiers diversifiés qui a fait faillite le 15 septembre 2008, sa chute précipitant la crise économique mondiale de
2008.

22
futures crises. Dans ce contexte, le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire a introduit
de nouvelles normes prudentielles plus strictes, notamment à travers l’accord Bâle III,
qui vise à renforcer les exigences en matière de fonds propres, de liquidité et de
gestion des risques au sein des banques.
2. L’impact de la crise 2008 sur l’économie tunisienne :
La crise financière de 2008, née du krach des subprimes aux États-Unis, a rapidement
pris une dimension mondiale en provoquant une récession dans les principales
économies, notamment en Europe, partenaire commercial et financier majeur de la
Tunisie. La contraction de l’activité économique européenne a entraîné une baisse des
exportations tunisiennes, particulièrement dans les secteurs du textile, de
l’agroalimentaire et du tourisme, qui dépendent fortement des marchés européens.
Parallèlement, la crise a réduit les flux d’investissements directs étrangers et freiné
l’accès au financement pour les entreprises tunisiennes, du fait de la restriction du
crédit en Europe, ce qui a amplifié les tensions sur la liquidité et la rentabilité des
banques locales. La baisse de la demande extérieure a également provoqué une
réduction des recettes en devises, accentuant la pression sur la balance commerciale et
les réserves de change.
Ainsi, la crise de 2008 illustre comment une perturbation financière dans une
économie avancée peut se propager à des économies émergentes comme la Tunisie,
en perturbant les échanges commerciaux, les flux d’investissements et la stabilité
financière nationale. Elle a mis en évidence la vulnérabilité de la Tunisie face aux
chocs externes et la nécessité de renforcer ses mécanismes de régulation et de
résilience économique.
2.1. Ralentissement de la croissance :
Le ralentissement de la croissance économique en Tunisie constitue l’un des
principaux effets de la crise des subprimes de 2008. Avant la crise, l’économie
tunisienne enregistrait un rythme de croissance soutenu, avoisinant les 5 %.
Cependant, à partir de 2008, cette dynamique a été freinée, avec un taux de croissance
qui a reculé autour de 3 % à 4 %. Ce ralentissement s’explique principalement par la
diminution de la demande extérieure, notamment en provenance de l’Union
23
européenne, principal partenaire commercial de la Tunisie. La baisse des exportations,
en particulier dans les secteurs industrielles et textiles, a réduit l’activité économique
globale. Ainsi, même en l’absence d’une crise financière interne, la Tunisie a subi un
ralentissement de sa croissance à travers la contraction de ses échanges extérieurs et le
recul de l’activité dans plusieurs secteurs clés.
2.2. Impact sur le tourisme :
La crise des subprimes de 2008 a eu un impact notable sur le secteur du tourisme en
Tunisie, en raison de la forte dépendance du pays à la clientèle européenne. En effet,
la récession économique qui a touché les principaux pays émetteurs de touristes, tels
que la France, l’Italie et l’Allemagne, a conduit à une réduction des dépenses des
ménages, notamment en matière de voyages et de loisirs. Cette situation s’est traduite
par une baisse du nombre de touristes ainsi que des recettes touristiques. Or, le
tourisme constitue un secteur clé de l’économie tunisienne, contribuant
significativement au PIB, à l’emploi et aux entrées de devises. Par conséquent, cette
diminution a eu un impact direct sur la croissance économique du pays, en ralentissant
l’activité globale et en affectant plusieurs secteurs liés, tels que le transport,
l’hôtellerie et les services.
2.3 Baisse des investissements étrangers (IDE)
La crise des subprimes de 2008 a également entraîné une baisse des investissements
directs étrangers (IDE) en Tunisie, en raison du climat d’incertitude économique
mondiale. Face à la crise, les investisseurs étrangers ont adopté une attitude plus
prudente, privilégiant la sécurisation de leurs capitaux et réduisant leurs engagements
dans les marchés émergents. Cette situation s’est traduite par une diminution des flux
d’IDE vers la Tunisie, ce qui a eu des conséquences directes sur l’économie nationale.
En effet, la baisse des investissements a conduit à un recul du nombre de projets
industriels et à un ralentissement de la dynamique entrepreneuriale. Par conséquent,
les opportunités de création d’emplois ont été limitées, ce qui a contribué à accentuer
les difficultés économiques du pays durant cette période.

24
2.4 Réduction des transferts des migrants :
La crise des subprimes de 2008 a également entraîné une réduction des transferts des
Tunisiens résidant à l’étranger, en particulier en Europe, où la situation économique
s’est fortement dégradée. En effet, la hausse du chômage et la baisse des revenus dans
ces pays ont limité la capacité des migrants à envoyer de l’argent à leurs familles en
Tunisie. Cette diminution des transferts a eu des répercussions directes sur l’économie
nationale, notamment en réduisant le pouvoir d’achat et la consommation des
ménages qui dépendent de ces revenus. Par ailleurs, elle a contribué à la baisse des
entrées de devises, ce qui a pu exercer une pression sur la balance des paiements et les
réserves en devises du pays. Ainsi, même de manière indirecte, ce canal a participé au
ralentissement de l’activité économique en Tunisie

3.L’impact de la crise financière 2008 sur les banques tunisiennes :

ATB et BT :

3.1 Ralentissement du crédit:


La crise financière mondiale de 2008 a profondément affecté les économies
internationales, entraînant un ralentissement de l’activité bancaire en Tunisie,
notamment à travers une contraction du rythme de croissance des crédits accordés par
les banques ATB et BT.
Les crédits bancaires : représentent l’ensemble des financements accordés par une
banque à ses clients (entreprises, particuliers, État) sous forme de prêts à court, moyen
ou long terme. Ils constituent l’une des principales activités des banques
commerciales et une source majeure de revenus à travers les intérêts perç[Link]
crédits bancaires sont strictement encadrés par les règles prudentielles du Comité de
Bâle sur le contrôle bancaire et par les circulaires de la Banque Centrale de Tunisie.
Crédits nets =Encours total des crédits − Provisions pour créances douteuses
 Encours total des crédits correspond à l’ensemble des prêts accordés par la
banque à sa clientèle, qu’il s’agisse d’entreprises ou de particuliers
 Provisions pour créances douteuses représentent les montants réservés pour
couvrir les prêts susceptibles de ne pas être remboursés.

25
Figure 4:Évolution des crédits nets(en millions):ATB vs BT

L’évolution des crédits nets illustre à la fois les dynamiques économiques et les effets
indirects de la réglementation prudentielle. Avant la crise (2005–2008), les deux
banques connaissent une croissance soutenue : ATB passe de 1 050 000 à 1 520 000,
tandis que BT évolue de 1 200 000 à 1 730 000, ce qui reflète un environnement
favorable caractérisé par une forte demande de financement et une régulation moins
contraignante. Cette phase est marquée par une expansion classique du crédit, moteur
de la rentabilité bancaire. Après la crise (2009–2014), la croissance s’accélère
nettement, surtout pour ATB, dont les crédits passent de 1 665 316 en 2009 à 3 116
562 en 2014, soit quasiment un doublement en cinq ans. Cette évolution traduit un
positionnement plus agressif dans le financement de l’économie, probablement
encouragé par les politiques de relance et une volonté de compenser le ralentissement
économique. BT affiche également une progression continue, de 2 148 211 à 3 195
652, mais à un rythme plus modéré, ce qui confirme une stratégie plus prudente et
mieux alignée avec les contraintes réglementaires. Entre 2015 et 2019, la croissance
se poursuit mais devient plus maîtrisée. ATB passe de 3 331 679 à 4 822 505, avec
26
une progression irrégulière, tandis que BT évolue de 3 412 300 à 4 453 974, montrant
une trajectoire plus stable. Cette phase correspond à l’application progressive des
normes de Bâle III, qui imposent une meilleure gestion des risques et limitent les
expansions excessives du crédit.
Durant la période COVID-19 et post-COVID (2020–2024), les dynamiques divergent.
ATB montre un ralentissement relatif, passant de 5 121 128 en 2020 à 5 405 362 en
2024, avec même une légère baisse en 2023, ce qui reflète l’impact de l’incertitude
économique et des contraintes prudentielles accrues. En revanche, BT poursuit une
croissance régulière, de 4 827 549 à 6 067 260, indiquant une meilleure capacité à
maintenir l’activité de crédit malgré les chocs. Ainsi, la réglementation n’a pas freiné
la croissance du crédit, mais elle l’a rendue plus sélective et dépendante de la solidité
financière des banques.
Tableau 3: Comparaison d’évolution des crédits entre ATB et BT
Période ATB BT Comparaison

2005– Croissanc Croissan BT > ATB


2008 e modérée ce plus
forte
2009– Forte Très BT > ATB
2014 croissance forte
croissan
ce
2015– Croissanc Croissan BT > ATB
2019 e continue ce plus
élevée
2020– Stabilisati Croissan BT > ATB
2024 on ce
(~5,4M) élevée
(~6M)
Sur l’ensemble de la période, les deux banques enregistrent une croissance, mais la
BT présente un volume de crédits nettement supérieur. Dès 2005, elle dépasse l’ATB,
et cet écart se creuse progressivement.
Entre 2009 et 2014, période post-crise, la croissance des crédits est forte dans les deux
cas, mais la BT finance davantage l’économie, ce qui témoigne d’une base financière
plus solide.

27
À partir de 2015, l’ATB continue de croître mais à un rythme plus modéré, atteignant
environ 5,4 millions en 2024, contre plus de 6 millions pour la BT.
De plus, la BT montre une évolution plus régulière et moins fluctuante, ce qui traduit
une meilleure stabilité financière. L’ATB, en revanche, présente des phases de
ralentissement.
3.2 Couverture du risque de crédit
La crise financière de 2008 a influencé la gestion du risque de crédit dans les banques
tunisiennes, notamment l’ATB et la BT, en renforçant les exigences de solvabilité afin
d’améliorer la couverture des risques et de préserver la stabilité financière face à un
environnement économique plus incertain.
Ratio de solvabilité : est un indicateur prudentiel qui mesure la capacité d’une banque
à couvrir les risques liés à ses activités (crédit, marché, opérationnel) par ses fonds
propres. Il permet d’évaluer la solidité financière d’un établissement bancaire et sa
capacité à absorber d’éventuelles pertes.
Le ratio de solvabilité se calcule comme suit :
= (FONDS PROPRES REGLEMENTAIRES / Actifs pondérés par les risques
(APR) ) *100
 Fonds propres réglementaires : capital, réserves, résultats, Tier 1 et
Tier 2.
 Actifs pondérés par les risques (APR) : crédits et autres actifs ajustés selon
leur niveau de risque.
 selon leur niveau de risque.

28
Tableau 4:Ratio de solvabilité:ATB vs BT

Le ratio de solvabilité met clairement en évidence l’impact des cycles économiques et


du durcissement progressif de la réglementation bancaire. Durant la période pré-crise
(2005–2008), ATB enregistre une baisse continue de 12,10% en 2005 à 9,62% en
2007, avant un léger redressement à 10,84% en 2008, ce qui traduit une expansion du
crédit plus rapide que le renforcement des fonds propres, donc une prise de risque
accrue dans un contexte de régulation encore relativement souple. En revanche, BT
affiche des niveaux nettement plus élevés et stables, passant de 18,20% à 16,80% puis
18,10%, ce qui confirme une stratégie plus prudente et une meilleure couverture des
risques avant la crise.
Après la crise financière (2009–2014), on observe un ajustement significatif. ATB
améliore fortement son ratio à 14,29% en 2009, puis se stabilise autour de 14%
jusqu’en 2012, avant de redescendre à 13,08% en 2013 et 13,11% en 2014. Cette
hausse reflète directement le renforcement des exigences réglementaires (Bâle II
renforcé et transition vers Bâle III), obligeant les banques à recapitaliser et à mieux

29
maîtriser leurs risques. BT suit une trajectoire similaire mais plus marquée, atteignant
un pic de 20,74% en 2012, avant de rester autour de 20% en 2013–2014, ce qui
montre une capacité supérieure d’adaptation aux contraintes réglementaires et une
accumulation plus importante de capital.
Durant la phase 2015–2019, une dégradation progressive apparaît. ATB passe de
12,83% en 2015 à 10,23% en 2018, avec un léger rebond à 10,49% en 2019, ce qui
indique une pression croissante liée à l’augmentation des actifs pondérés par le risque
et à une croissance du crédit non accompagnée d’un renforcement équivalent des
fonds propres. BT connaît également une baisse, de 16,40% en 2015 à 13,86% en
2018, mais remonte à 16,76% en 2019, ce qui montre une meilleure capacité
d’ajustement et de gestion du capital.
Enfin, pendant et après la crise du COVID-19 (2020–2024), ATB enregistre un
rebond à 12,46% en 2020, puis une baisse progressive à 10,49% en 2024, traduisant
l’effet temporaire des mesures d’assouplissement réglementaire suivi d’un retour aux
contraintes normales. BT, en revanche, maintient une relative stabilité avec des ratios
compris entre 15,84% et 17,12%, confirmant une résilience structurelle. Ainsi,
l’analyse montre que la réglementation a renforcé la solvabilité globale du système,
mais que son impact reste différencié selon les banques, ATB étant plus vulnérable
aux cycles que BT
Tableau 5:Comparison d’évolution des crédits entre ATB et BT
Période ATB BT Comparaison

2005– Faible Élevé BT > ATB


2008 (9%– (16%–
12%) 18%)

2009– Moyen Très BT > ATB


2014 (13%– élevé
14%) (18%–
20%)

2015– Baisse Moyen BT > ATB


2019 (10%– (14%–

30
12%) 16%)

2020– Faible Stable BT > ATB


2024 à élevé
moyen (16%–
(10%– 17%)
12%)
Sur toute la période 2005–2024, la BT affiche systématiquement des niveaux plus
élevés que l’ATB. Avant la crise de 2008, la BT maintient un ratio autour de 16% à
18%, contre 9% à 12% pour l’ATB, ce qui traduit une meilleure couverture des
risques dès le départ.
Après la crise, les deux banques améliorent leur solvabilité, mais la BT conserve un
avantage structurel avec des niveaux atteignant parfois 20%, tandis que l’ATB reste
limitée autour de 14%. À partir de 2015, on observe une baisse chez les deux banques,
mais elle est plus marquée chez l’ATB, qui descend proche de 10%, seuil
relativement sensible.
Sur la période récente (2020–2024), la BT stabilise son ratio autour de 16%–17%,
alors que l’ATB reste plus faible (≈10%–12%).
La BT assure une meilleure couverture du risque et une plus grande solidité face aux
chocs financiers.
2.3 Renforcement des règles prudentielles :
La crise financière de 2008 a conduit à un renforcement significatif des règles
prudentielles au sein des banques tunisiennes, notamment l’ATB et la BT, où le ratio
de liquidité est devenu un indicateur clé pour garantir la capacité des banques à faire
face à leurs engagements à court terme dans un contexte de prudence accrue et de
gestion plus rigoureuse des risques.
Le ratio de liquidité est un indicateur financier essentiel utilisé pour mesurer la
capacité d’une banque à faire face à ses engagements financiers à court terme, c’est-à-
dire à honorer ses sorties de trésorerie immédiates (retraits des clients, remboursement
des dettes, paiements divers) à partir de ses actifs liquides disponibles.

31
Plus précisément, il compare les actifs liquides (cash, dépôts auprès de la banque
centrale, titres facilement négociables) aux passifs exigibles à court terme (dépôts des
clients, dettes à court terme, engagements immédiats).
Formule générale :
Ratio de liquidité = Actifs liquides / Passifs à court terme × 100
Interprétation :
 Si le ratio est supérieur à 100%, cela signifie que la banque dispose de
suffisamment de liquidités pour couvrir ses engagements à court terme.
 S’il est inférieur à 100%, cela indique un risque potentiel de tension de
liquidité.
 Un ratio trop élevé peut aussi signifier une sous-utilisation des ressources
(excès de liquidité non investée)

Figure 5:Evolution des ratio de liquidité :ATB vs BT

Le ratio de liquidité est l’indicateur le plus volatil et celui qui reflète le plus
directement les effets des chocs économiques et des interventions réglementaires.
32
Avant la crise (2005–2008), ATB présente des niveaux très élevés, oscillant entre
175,90% et 192%, tandis que BT se situe entre 108% et 116%, ce qui suggère que
ATB privilégie une forte réserve de liquidité, potentiellement au détriment de la
rentabilité, alors que BT adopte une gestion plus optimisée.
Avec la crise et ses suites (2009–2014), ATB subit une chute brutale de sa liquidité,
passant de 185,68% en 2009 à 103,51% en 2012, avant une légère remontée à 110%
en 2014. Cette évolution traduit les tensions sur les ressources et l’ajustement aux
nouvelles exigences réglementaires en matière de liquidité. BT, en revanche, montre
une meilleure stabilité, malgré des fluctuations entre 103% et 149%, ce qui reflète une
gestion plus efficace des ressources à court terme.
Entre 2015 et 2019, ATB atteint un point bas à 80,26% en 2015, puis remonte
progressivement à 100,30% en 2019, indiquant une phase d’ajustement et de
reconstitution de la liquidité. BT présente une volatilité extrême, avec un pic
exceptionnel à 510,90% en 2019, probablement lié à un excès ponctuel de liquidité ou
à des opérations spécifiques, ce qui montre une gestion active mais irrégulière.
Enfin, durant la période COVID-19 et post-COVID (2020–2024), les deux banques
connaissent une forte hausse de leur liquidité. ATB passe de 108,21% en 2020 à
408,62% en 2024, tandis que BT atteint 299,90% en 2024, après des niveaux déjà
élevés en 2021 (262,10%). Cette explosion s’explique par les injections massives de
liquidité par les autorités monétaires, la baisse de la demande de crédit et les mesures
de soutien économique. Ainsi, la réglementation, notamment à travers les normes de
liquidité, a conduit à une transformation profonde du système bancaire, aboutissant
récemment à une situation de sur-liquidité qui pose des enjeux en termes d’efficacité
et de rentabilité.
Tableau 6:comparaison du ratio de liquidité entre ATB et BT

Période ATB BT Comparaison

2005– Très élevé Moyen ATB > BT


2008 (160%– (108%–

33
190%) 116%)

2009– Baisse et Stable BT > ATB


2014 instabilité (110%–
150%)
2015– Faible Variable BT > ATB
2019 (80%– mais
100%) maîtrisée
2020– Très volatil Élevé mais BT > ATB
2024 (jusqu’à plus stable
408%)

Avant 2008, l’ATB affiche une liquidité très élevée (jusqu’à 190%), largement
supérieure à celle de la BT (≈110%). Cela montre une situation confortable, mais
potentiellement une sous-utilisation des ressources.
Après la crise, avec le renforcement des règles prudentielles, la situation change :
 La BT améliore et stabilise sa liquidité dans une fourchette raisonnable
(110%–150%)
 L’ATB connaît une forte volatilité, avec une baisse jusqu’à 80%, puis des
hausses extrêmes (jusqu’à 408% en 2024)
Cette volatilité montre que l’ATB a eu plus de difficultés à s’adapter de manière
stable aux exigences réglementaires, contrairement à la BT qui maintient une gestion
plus cohérente.
La BT respecte mieux les règles prudentielles, avec une liquidité plus stable et
maîtrisée.
Tableau comparatif globale des indicateurs de réglementations financières ATB
vs BT :
Sur tous les niveaux (ralentissement du crédit, risque de crédit, rentabilité, et ratios
prudentiels) :
La banque la plus affectée par la crise de 2008 est l’ATB, principalement en raison de
sa forte exposition aux entreprises exportatrices et à l’économie internationale. La BT,

34
avec une clientèle plus diversifiée et moins dépendante de l’export, a mieux résisté et
a été moins touchée par les effets indirects de la crise.

Tableau 7:Analyse comparative des effets de la crise de 2008 sur l’ATB et la


Banque de Tunisie
Indicateurs ATB (Arab BT (Banque de Commentaires /
Tunisian Bank) Tunisie) Niveau d’impact
Ralentissement Forte réduction des Ralentissement ATB plus affectée à
du crédit crédits, surtout aux modéré, clientèle cause de l’exposition
entreprises plus diversifiée aux exportations
exportatrices

Risque de crédit Hausse notable des Augmentation Les clients


/ créances créances douteuses limitée exportateurs de
douteuses l’ATB ont été plus
touchés

Rentabilité Forte pression sur Pression modérée ATB plus impactée


le résultat net, sur le résultat net par la combinaison
hausse des du risque et du
provisions et baisse ralentissement du
des revenus crédit
d’intérêts

Renforcement Solvabilité et Solvabilité et ATB a dû mobiliser


des ratios liquidité fortement liquidité plus de fonds propres
prudentiels renforcées, effort renforcées, moins pour respecter les
contraignant contraignant exigences BCT

Impact global de Élevé Modéré ATB la plus affectée,


la crise BT relativement
résiliente grâce à sa
diversification

35
Conclusion générale

Ce travail a permis d’analyser l’impact des réglementations financières sur


l’économie tunisienne, à travers une étude comparative entre L’Arab Tunisian Bank
(ATB) et la Banque de Tunisie (BT). Après avoir présenté les fondements théoriques
des réglementations financières et leurs objectifs, l’analyse empirique s’est concentrée
sur les effets de la crise financière de 2008 en s’appuyant sur plusieurs indicateurs
clés, notamment les crédits, le risque de crédit, les créances douteuses, ainsi que les
ratios de solvabilité et de liquidité.
Les résultats montrent que les réglementations prudentielles, notamment celles issues
de Bâle III, ont eu un impact globalement positif sur le système bancaire tunisien en
renforçant sa stabilité et sa résilience. Cet impact se traduit par une amélioration des
ratios de solvabilité et de liquidité pour les deux banques, témoignant d’un
renforcement des fonds propres et d’une meilleure gestion des risques. Toutefois, cet
effet positif reste plus marqué et plus stable pour la BT, qui présente une meilleure
conformité aux exigences réglementaires grâce à une gestion plus prudente et une
structure financière plus solide.
En revanche, l’ATB a connu une adaptation plus progressive aux nouvelles
contraintes réglementaires. Bien que ses indicateurs se soient globalement améliorés,
ils demeurent plus volatils, traduisant une sensibilité plus importante aux pressions
économiques et aux exigences prudentielles. Concernant l’activité de crédit, les
résultats montrent que les deux banques ont continué à financer l’économie, ce qui
indique que les réglementations n’ont pas freiné le crédit de manière significative,
mais ont plutôt instauré une dynamique de croissance plus prudente et mieux encadrée.
Ainsi, les réglementations financières ont permis de renforcer la solidité du secteur
bancaire tout en améliorant la gestion des risques, sans pour autant bloquer le
financement de l’économie. Néanmoins, leur impact varie selon les caractéristiques
propres à chaque banque, la BT apparaissant plus résiliente, tandis que l’ATB
présente une adaptation plus progressive aux exigences réglementaires.

36
En définitive, la mise en œuvre des accords de Bâle III en Tunisie souligne
l’importance de trouver un équilibre entre la stabilité financière et le soutien à
l’activité économique, qui demeure un enjeu majeur pour les autorités de régulation.
, mais Dans quelle mesure la diversification des portefeuilles bancaires peut-elle
réduire l’impact des crises financières sur les banques tunisiennes ?

37
Bibliographie

 [Link]
 [Link]
 Rapport annuel de atb (2005-2024)
 Raport annuel de BT (2005-2024)
 Goodhart, C. (1998)/[Link]
The Regulatory Response to Financial Crises
Article académique qui explique le rôle de la régulation dans la stabilité
financière.
 La comité de Bale [Link]

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Table des matières
INTRODUCTION GENERALE ................................................................................ 1

Chapitre 1 : présentation de l’entreprise d’accueil et missions effectuées ............. 3

Section 1 : présentation de la banque de Tunisie « BT » ........................................... 3

1. Présentation de l’établissement bancaire: ............................................................... 3

1.1 Historique de la Banque de Tunisie « BT »: ........................................................ 4

1.2. Organigramme de la BT banque :........................................................................ 6

1.3. Activités de la Banque de Tunisie « BT »: .......................................................... 6

1.4:Les différentes filiales de la banque BT: .............................................................. 7

Section 2 : Présentation de la banque ATB : .............................................................. 9

1.1 La Banque ATB : Historique ................................................................................ 9

1.2 La Banque ATB : Fiche d’identité de la ATB : .................................................. 10

1.3 L’organigramme de l’ATB : ............................................................................... 11

1.4. La banque ATB: Les différentes filiales de la banque ATB : ........................... 11

2.1 Présentation Agence ATB Nabeul ...................................................................... 12

2.2 L’organigramme de l’agence ATB Nabeul: ....................................................... 12

3.1 Les Tâches effectuées au sein de l’ATB : .......................................................... 13

Chapitre 2 :L’impact des règlementations Financières sur ATB et BT ............... 16

Section 1 : Les Régulations Financières et l’impact de la crise 2008 sur l’économie


tunisienne : ................................................................................................................ 16

1.1. Définition : ..................................................................................................... 17

1.2 Objectifs de la Régulation Financière : ........................................................... 18

1.2.1 Objectifs de la Régulation Financière locale : ............................................. 18

1.2.2 Objectifs de la Régulation Financière international : ................................... 18

39
1.3.1Rôlede la banque centrale dans la régulation financière ............................... 19

1.3.2 La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorise :


............................................................................................................................... 20

1.4. Régulations internationales et leurs implications : .................................... 20

Section 2. L’impact de la crise financière 2008 sur l’économie tunisienne : ........... 22

1. Historique de la crise financière 2008 : ............................................................. 22

2. L’impact de la crise 2008 sur l’économie tunisienne :...................................... 23

2.1. Ralentissement de la croissance : ................................................................... 23

2.2. Impact sur le tourisme : .................................................................................. 24

2.3 Baisse des investissements étrangers (IDE) .................................................... 24

2.4 Réduction des transferts des migrants : ........................................................... 25

3.L’impact de la crise financière 2008 sur les banques tunisiennes : ATB et BT : .. 25

3.1 Ralentissement du crédit: ................................................................................ 25

2.3 Renforcement des règles prudentielles :.......................................................... 31

Conclusion générale ..................................................................................................... 36

Bibliographie................................................................................................................ 38

Table des matières...............................................................Erreur ! Signet non défini.

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