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Université de Tunis
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École supérieur des sciences économiques et commerciales de Tunis
PROJET DE FIN D’ETUDES DANS LE CADRE D’OBTENTION DE LA
LICENCE NATIONALE EN SCIENCES ECONOMIQUES
Spécialité
Ingénierie économiques et financières
Monnaie Finance Banque Assurance
À mes amis, Sarah, khalil, Ghassen, Amen, Ahmed, Achref, Asma et Zeineb
Pour leur présence, leur aide et les moments agréables partagés tout au long de ce
parcours.
À ma binôme Chahed
Pour sa collaboration, sa motivation et les efforts que nous avons fournis ensemble
pour mener à bien ce projet.
Aux peuple de Club Africain, qui fait vibrer les tribunes et incarne la véritable passion
Tableau 7 :Analyse comparative des effets de la crise de 2008 sur l’ATB et la Banque de Tunisie ...... 35
INTRODUCTION GENERALE
À la suite de cette crise, d’importantes réformes ont été mises en œuvre afin de
renforcer la résilience du système financier. Les Accords de Bâle III s’inscrivent dans
cette dynamique, en instaurant des exigences accrues en matière de fonds propres, de
liquidité et de gestion des risques. Ces mesures visent principalement à assurer une
meilleure stabilité financière et à prévenir l’émergence de crises systémiques.
Bien que la Tunisie n’ait pas été à l’origine de cette crise, elle en a subi les effets
indirects en raison de son intégration à l’économie mondiale. Le ralentissement de la
demande extérieure, la diminution des investissements directs étrangers ainsi que la
contraction des flux financiers ont impacté plusieurs secteurs clés de l’économie
nationale. Face à cette situation, la Banque Centrale de Tunisie a entrepris diverses
réformes visant à moderniser le cadre réglementaire et à aligner le système bancaire
tunisien sur les standards internationaux.
Dans ce contexte, les institutions financières tunisiennes ont été amenées à adapter leurs
pratiques, notamment en renforçant leurs mécanismes de gestion des risques, en
améliorant leur gouvernance et en se conformant aux nouvelles exigences
réglementaires. Bien que ces transformations aient représenté des défis importants, elles
ont contribué à consolider la solidité et la crédibilité du secteur bancaire.
1
Dès lors, la problématique centrale de ce travail s’articule autour de la question suivante : Quelles
sont Les impact des réglementations financières de Bâle 3 suite de la crise de 2008
au niveau des Crédits , ratio de solvabilité et ratio de liquidité
Afin de répondre à cette problématique, notre travail est structuré en deux chapitres.
Dans un premier chapitre, nous présenterons les différentes missions réalisées au cours
de notre stage au sein de l’ATB et de la BT, permettant ainsi de mieux comprendre le
fonctionnement interne de ces institutions. Dans un second chapitre, nous analyserons
l’impact des réglementations financières sur l’économie tunisienne, en mettant l’accent
sur leurs effets spécifiques sur les deux banques étudiées, à savoir l’ATB et la BT.
Ainsi, cette étude vise à mieux appréhender les évolutions du système financier national,
tout en mettant en lumière les efforts déployés pour assurer sa stabilité et sa résilience
face aux chocs économiques futurs.
2
Chapitre 1 : présentation de l’entreprise d’accueil et missions
effectuées
3
En matière de gouvernance et de gestion des risques, la Banque de Tunisie applique
strictement les normes prudentielles et réglementaires établies par la Banque Centrale
de Tunisie (BCT). Cette rigueur dans la gestion et le contrôle des activités bancaires
contribue à assurer la solidité financière de l’institution ainsi que la stabilité de ses
opérations.
4
2006 : La structure du capital de la banque se compose de 73,03 %
d’actionnaires tunisiens et de 22,78 % d’investisseurs étrangers, parmi
lesquels figurent notamment la Banque Fédérative du Crédit Mutuel et la
Banca Nazionale del Lavoro.
2011 : À la suite de la révolution tunisienne, les 13 % du capital appartenant à
Belhassen Trabelsi sont confisqués puis rachetés par la Banque Fédérative
du Crédit Mutuel, qui détient alors 33 % du capital de la Banque de Tunisie.
2013 : La Banque Fédérative du Crédit Mutuel devient l’actionnaire principal
de la Banque de Tunisie avec 34,44 % du capital.
source :[Link]
5
1.2. Organigramme de la BT banque :
Source : [Link]
6
Les assurances :
Dans le cadre de la diversification de ses services, la Banque de Tunisie propose
également des produits d’assurance visant à répondre aux besoins de protection,
d’épargne et de prévoyance de sa clientèle.
La gestion de portefeuille de valeurs mobilières :
La banque offre des services spécialisés en gestion d’actifs financiers, permettant aux
particuliers et aux institutions de bénéficier d’un accompagnement dans la gestion et
l’optimisation de leurs portefeuilles d’investissement.
L’intermédiation en bourse :
La Banque de Tunisie agit en tant qu’intermédiaire financier sur les marchés boursiers
en facilitant l’exécution des opérations d’achat et de vente de titres pour le compte de
ses clients.
L’investissement et le financement de projets :
Ce pôle concerne le financement de projets d’envergure et l’accompagnement des
entreprises dans la réalisation de leurs investissements. La banque propose également
des services de conseil financier et de structuration d’opérations financières complexes.
Cette diversité d’activités permet à la Banque de Tunisie de renforcer sa position sur le
marché financier et de contribuer activement au financement et au développement de
l’économie nationale.
BANQUE DE TUNISIE
Assurance :
7
ASTREE Assurance
Gestion de portefeuille de valeurs mobilières :
GENERALE DE PARTICIPATIONS DE TUNISIE GPT SICAF
PLACEMENTS DE TUNISIE SICAF :
SICAV RENDEMENT
FCP CEA BANQUE DE TUNISIE
Intermédiation en bourse :
SOCIETE DE BOURSE DE TUNISIE SBT
Investissement et financement de projets – SICAR :
BT SICAR
SOCIETE DE PARTICIPATION ET DE PROMOTION DES INVESTISSEMENTS
SPPI SICAR
Promotion Touristique :
SPFT CARTHAGO
SOCIETE CLUB ACQUARUS NABEUL SCAN
Acquisition, construction et réaménagement d'immeubles :
GENERALE IMMOBILIERE DE TUNISIE GIT SA
Location de terrains et d'immeubles
LA FONCIERE LES OLIVIERS
SOCIETE DU POLE DE COMPETITIVITE DE BIZERTE SPCB
Logistique et transport de fonds :
TRANSPORT DE FONDS DE TUNISIE TFT
Ce sont les filiales principales liées directement impliquées aux activités financières et
d’investissement du groupe BT.
.Vérification et traitement des dossiers des clients décédés, ainsi que l’étude de la
procédure de répartition des fonds entre les héritiers conformément à la règlementation
en vigueur
8
.Analyse des dossiers juridiques liés aux clients (personnes physiques et
morales).
bancaire
9
1.2 La Banque ATB : Fiche d’identité de la ATB :
Tableau 2:Fiche d’identité de l’ATB
Informations Details
E-mail atbbank@[Link]
Source : auteur
10
1.3 L’organigramme de l’ATB :
Figure 2:organigramme de l’ATB
11
Ce sont les filiales principales liées directement aux activités financières et
d’investissement du groupe ATB.
Le directeur de l’agence :
Le chef de l’agence de l’ATB est en charge de la gestion de l’agence dans sa globalité,
conduisant des missions commerciales, managériales et opérationnelles, dans le cadre
d’un développement du portefeuille clients avec le souci de leur satisfaction dans une
gestion de l’équipe mobilisée et motivée, et du suivi du pilotage des opérations
exécutées en garantissant le respect des procédures de sécurisation des transactions, tout
en suivant les indicateurs de performance permettant de proposer des actions
d’amélioration des résultats de l’agence.
12
Le chargé clientèle:
Le chargé de clientèle à l’ATB s’occupe de la gestion, du suivi et de la coordination
d’un portefeuille de la clientèle, tant individuelle que sociétaire. Il conseille ces clients
sur les produits et services bancaires correspondant au mieux à leurs besoins ; il propose
ainsi des solutions de type épargne, crédits ou investissements, tout en s’assurant de leur
satisfaction. Il suit également les dossiers, analyse la situation financière de la clientèle
et participe au développement commercial de l’agence, à la fidélisation de sa clientèle et
à l’attraction de nouveaux clients.
Guichetier payeur :
Assurer l’accueil, la prise en charge et le traitement des opérations de guichet et de
caisse de la clientèle, conformément aux exigences en matière de qualité, de procédures
et de règles en vigueur .
13
Les virements :
Le traitement des virements requiert le contrôle des pièces justificatives à savoir RIB et
bordereau dûment signé. Après contrôle de ces documents, la transaction est enregistrée
au sein du système et un reçu est remis au client à partir des trois exemplaires générés.
Les Retraites de Chèques ou Traites
Les opérations de retrait effectuées par chèques ou bien traites amènent le besoin de
vérifier l’identité du client bénéficiaire et, par voie de conséquence la concordance des
données de cette opération avec les données disponibles, en particulier l’authenticité de
la signature de ce bénéficiaire pour assurer la légitimité de cette opération.
La Gestion des Chéquiers :
Ce traduit par que toute demande d’un client (premier chéquier ou renouvellement) est
enregistrée. L’identité de la personne du client qui vient retirer son chéquier est
vérifiée, un accusé de réception est signé et un suivi est assuré d’une manière
intégralement enregistrée dans le système bancaire.
Les ouvertures des comptes
Celle-ci nécessite un accord entre le client et la banque. Dans un premier temps la
banque doit vérifier que le client qui se présente à l’écriture d’un compte ne soit pas
frappé d’une incapacité (mineur, incapable…). À l’issue de cette démarche le client est
tenu de se présenter en personne à l’agence, personne ne peut le représenter pour ouvrir
un compte à son nom,
14
appréhender le fonctionnement quotidien d’une banque et de comprendre l’importance
du rôle assuré par chaque service. Elle prépare ainsi le terrain pour le chapitre suivant,
consacré à l’étude des nouvelles réglementations financières et de leur impact sur la
Banque de Tunisie et l’Arab Tunisian
15
Chapitre 2 :L’impact des règlementations Financières sur
ATB et BT
16
Définition et Objectifs de la Régulation Financière :
1.1. Définition :
17
confiance des agents économiques et à garantir le bon fonctionnement du système
financier.
1.2 Objectifs de la Régulation Financière :
La régulation financière poursuit plusieurs objectifs visant à assurer la stabilité et
la transparence du système financier. Ces objectifs peuvent être classés en deux
catégories complémentaires : ceux relevant des réglementations locales, mises en
place par les autorités nationales pour encadrer le système bancaire interne, et
ceux issus des règlementations internationales, destinées à renforcer la
coopération entre pays et à prévenir les risques systémiques à l’échelle mondiale.
1.2.1 Objectifs de la Régulation Financière locale :
Garantir la stabilité financière
Veiller à ce que les institutions financières soient correctement
capitalisées (fonds propres et liquidité)
Restaurer la confiance dans le secteur bancaire
Garantir la sécurité des dépôts bancaires
Prévenir les faillites bancaires prématurées ou brutales
Renforcer les droits des clients (transparence et gouvernance)
Imposer des obligations de transparence aux institutions financières
Lutter contre les conflits d’intérêts et les manipulations de marché
Réglementer l’allocation du crédit pour limiter les pratiques risquées
Exiger la déclaration des transactions suspectes
Améliorer l’identification des clients (KYC)
1.2.2 Objectifs de la Régulation Financière international :
·Prévenir les crises financières systémiques (ex : crise de 2008)
·Mettre en œuvre les recommandations du Groupe d’action financière
(GAFI)
·Assurer un niveau commun de coordination règlementaire entre les
systèmes bancaires
·Promouvoir l’échange d’informations financières entre les pays (ex :
FATCA)
18
1.3.1Rôlede la banque centrale dans la régulation financière
selon :(Mishkin 2016 , Goodhart 1998 , Comité de Bâle 2010 , FMI 2013 et Llewellyn
1999):
La Banque Centrale joue un rôle central dans la régulation et la supervision du
système financier, agissant comme gardienne de la stabilité financière et garantissant
que les institutions respectent les règles prudentielles tout en maintenant un
fonctionnement sûr et efficace du système bancaire. Elle contribue à la stabilité
monétaire en surveillant les prix et la confiance dans la monnaie nationale, en
régulant les taux d’intérêt, en gérant la masse monétaire et en supervisant la liquidité
des banques afin de prévenir les crises et limiter les risques systémiques (Goodhart,
1998). Par ailleurs, la Banque Centrale assure la supervision et le contrôle prudentiel
des institutions financières en imposant des normes de fonds propres et de liquidité
conformément aux standards nationaux et internationaux, comme les accords de Bâle,
et en réalisant des inspections et analyses régulières des bilans bancaires pour
garantir leur solvabilité et leur résilience (Comité de Bâle, 2010). Elle joue
également un rôle crucial dans la gestion des risques et la prévention des crises, en
identifiant et évaluant les risques financiers à la fois au niveau micro-prudentiel et
macro-prudentielle, et en mettant en œuvre des mécanismes de prévention tels que
les stress tests et les limites d’exposition afin de protéger les déposants et réduire la
contagion des crises (FMI, 2013). En tant que garant de la confiance et de la
protection des déposants, elle veille à sécuriser les dépôts bancaires et à limiter les
abus, les conflits d’intérêts et les pratiques spéculatives excessives (Llewellyn, 1999).
Enfin, la Banque Centrale assure la coordination nationale et internationale de la
régulation financière en collaborant avec d’autres autorités et en appliquant les
recommandations d’organismes internationaux tels que le FMI, le GAFI et le Comité
de Bâle, afin d’harmoniser les pratiques et renforcer la stabilité du système financier
mondial (FMI, 2013).
19
1.3.2 La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorise :
La Tunisie a engagé des réformes conformément aux recommandations du GAFI en
matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Les banques et autres institutions financières sont désormais tenues de mettre en
œuvre des mesures telles que :
Procédures KYC : les institutions financières doivent identifier leurs
clients et
comprendre la nature de leurs activités, un sujet de débat en tant que mesure de
prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme.
Surveiller les Transactions : les banques sont également tenues de
surveiller les transactions potentiellement suspectes et de signaler aux
autorités compétentes les transactions pouvant sembler stratifiées (activités
à risque).
Ces règlementations visent à garantir le bon fonctionnement du système
financier tunisien conformément aux normes internationales.
1.4. Régulations internationales et leurs implications :
Les accords de Bâle constituent le cadre clé de la régulation bancaire internationale.
Après Bâle I, qui fixait des normes minimales de fonds propres, et Bâle II, qui
introduisait la gestion des risques opérationnels, Bâle III renforce les exigences en
matière de fonds propres, de liquidité et de résilience face aux crises systémiques.
Parallèlement, le FATCA oblige les banques à déclarer les comptes détenus par des
contribuables américains, promouvant la transparence et la coopération internationale.
Bâle III et FATCA représentent aujourd’hui les instruments clés de la régulation
internationale, non seulement pour assurer la stabilité et la résilience des banques,
mais aussi pour renforcer la transparence et la confiance dans le système financier
mondial.
20
Bâle III
Bâle III est un ensemble de normes internationales visant à renforcer la solidité du
secteur bancaire mondial. Il privilégie les exigences fondamentales suivantes :
Fonds Propres : Les banques doivent disposer d'un niveau minimum de fonds
propres de premier rang, mesuré par le ratio de fonds propres de base de catégorie 1.
Ratio de Levier : Ce ratio limite le ratio d'endettement par rapport aux fonds propres
et contribue à atténuer le risque d'endettement excessif des banques.
Ratio de couverture des liquidités : Les banques doivent disposer d'actifs liquides
de haute qualité pour couvrir les sorties nettes de liquidité sur une période de 30 jours
dans le cadre d'un test de résistance de liquidité en cas de crise financière.
C’est dans cet esprit que la BCT a déterminé les normes Bâle III comme un
fondement important de la régulation bancaire locale, contribuant à la solidité et à la
résilience du système bancaire tunisien.
FATCA
La loi américaine dénommée FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) ou «
Acte de conformité fiscale des comptes étrangers » impose aux institutions financières
étrangères de déclarer à l’administration fiscale américaine les comptes de leurs
clients, s’ils sont américains ou si ce sont des entités américaines. Elle exige en outre
de retirer les dispositions sur la déclaration de comptes aux administrations fiscales
américaines effectuées par les clients eux-mêmes, le traitement approprié des comptes
clients déclarables pouvant être effectué par les différentes institutions financières
tunisiennes. Au regard de l’exigence de conformité demandée par les banques
tunisiennes, les institutions concernées devront s’engager énergiquement en matière
de conformité à renforcer leurs dispositifs de fiabilité sur l’identification et la
résidence fiscale de leurs clients, informations à fournir aux administrations fiscales
américaines, à défaut de 30 % de taxe sur les paiements émis depuis les États-Unis.
En somme, la crise de 2008 a révélé des vulnérabilités qui ont impacté l’économie
tunisienne et, plus particulièrement, ses banques. En réponse, les règlementations
financières, qu’elles soient internationales ou nationales, ont été renforcées pour
stabiliser et sécuriser le secteur. Ainsi, cette évolution règlementaire constitue un
21
levier essentiel pour la résilience des banques tunisiennes face aux crises futures et
pour garantir un développement économique plus stable.
tunisienne :
Dans cette section, nous allons présenter dans un premier temps l’historique de la
crise financière de 2008 afin de comprendre ses origines et sa propagation à l’échelle
internationale. Ensuite, nous analyserons son impact sur l’économie tunisienne à
travers ses principaux canaux de transmission. Enfin, nous étudierons les effets de
cette crise sur les banques tunisiennes, en particulier l’ATB et la BT, en nous
appuyant sur une analyse comparative de leurs indicateurs financiers sur la période
2005-2024.
1. Historique de la crise financière 2008 :
La Crise financière mondiale de 2008 trouve son origine dans l’expansion excessive
du crédit immobilier aux États-Unis au début des années 2000. Durant cette période,
les institutions financières ont accordé massivement des prêts hypothécaires à risque,
connus sous le nom de subprimes, à des emprunteurs présentant une faible capacité de
remboursement. Ces crédits ont ensuite été titrisés et intégrés dans des produits
financiers complexes, largement diffusés sur les marchés internationaux. Lorsque les
taux d’intérêt ont augmenté et que les prix de l’immobilier ont commencé à chuter, un
grand nombre d’emprunteurs s’est retrouvé dans l’incapacité de rembourser leurs
prêts, ce qui a entraîné une augmentation rapide des défauts de paiement et des pertes
considérables pour les banques et les investisseurs. La situation s’est aggravée avec la
faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers 1 en septembre 2008,
évènement qui a provoqué une crise de confiance généralisée dans le système
financier mondial. Face à l’ampleur de cette crise et aux risques systémiques qu’elle a
révélés, les autorités financières internationales ont entrepris de renforcer la régulation
bancaire afin d’améliorer la solidité des institutions financières et de prévenir de
1Lehman Brothers était une banque d'investissement multinationale créée en 1850, proposant des services
financiers diversifiés qui a fait faillite le 15 septembre 2008, sa chute précipitant la crise économique mondiale de
2008.
22
futures crises. Dans ce contexte, le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire a introduit
de nouvelles normes prudentielles plus strictes, notamment à travers l’accord Bâle III,
qui vise à renforcer les exigences en matière de fonds propres, de liquidité et de
gestion des risques au sein des banques.
2. L’impact de la crise 2008 sur l’économie tunisienne :
La crise financière de 2008, née du krach des subprimes aux États-Unis, a rapidement
pris une dimension mondiale en provoquant une récession dans les principales
économies, notamment en Europe, partenaire commercial et financier majeur de la
Tunisie. La contraction de l’activité économique européenne a entraîné une baisse des
exportations tunisiennes, particulièrement dans les secteurs du textile, de
l’agroalimentaire et du tourisme, qui dépendent fortement des marchés européens.
Parallèlement, la crise a réduit les flux d’investissements directs étrangers et freiné
l’accès au financement pour les entreprises tunisiennes, du fait de la restriction du
crédit en Europe, ce qui a amplifié les tensions sur la liquidité et la rentabilité des
banques locales. La baisse de la demande extérieure a également provoqué une
réduction des recettes en devises, accentuant la pression sur la balance commerciale et
les réserves de change.
Ainsi, la crise de 2008 illustre comment une perturbation financière dans une
économie avancée peut se propager à des économies émergentes comme la Tunisie,
en perturbant les échanges commerciaux, les flux d’investissements et la stabilité
financière nationale. Elle a mis en évidence la vulnérabilité de la Tunisie face aux
chocs externes et la nécessité de renforcer ses mécanismes de régulation et de
résilience économique.
2.1. Ralentissement de la croissance :
Le ralentissement de la croissance économique en Tunisie constitue l’un des
principaux effets de la crise des subprimes de 2008. Avant la crise, l’économie
tunisienne enregistrait un rythme de croissance soutenu, avoisinant les 5 %.
Cependant, à partir de 2008, cette dynamique a été freinée, avec un taux de croissance
qui a reculé autour de 3 % à 4 %. Ce ralentissement s’explique principalement par la
diminution de la demande extérieure, notamment en provenance de l’Union
23
européenne, principal partenaire commercial de la Tunisie. La baisse des exportations,
en particulier dans les secteurs industrielles et textiles, a réduit l’activité économique
globale. Ainsi, même en l’absence d’une crise financière interne, la Tunisie a subi un
ralentissement de sa croissance à travers la contraction de ses échanges extérieurs et le
recul de l’activité dans plusieurs secteurs clés.
2.2. Impact sur le tourisme :
La crise des subprimes de 2008 a eu un impact notable sur le secteur du tourisme en
Tunisie, en raison de la forte dépendance du pays à la clientèle européenne. En effet,
la récession économique qui a touché les principaux pays émetteurs de touristes, tels
que la France, l’Italie et l’Allemagne, a conduit à une réduction des dépenses des
ménages, notamment en matière de voyages et de loisirs. Cette situation s’est traduite
par une baisse du nombre de touristes ainsi que des recettes touristiques. Or, le
tourisme constitue un secteur clé de l’économie tunisienne, contribuant
significativement au PIB, à l’emploi et aux entrées de devises. Par conséquent, cette
diminution a eu un impact direct sur la croissance économique du pays, en ralentissant
l’activité globale et en affectant plusieurs secteurs liés, tels que le transport,
l’hôtellerie et les services.
2.3 Baisse des investissements étrangers (IDE)
La crise des subprimes de 2008 a également entraîné une baisse des investissements
directs étrangers (IDE) en Tunisie, en raison du climat d’incertitude économique
mondiale. Face à la crise, les investisseurs étrangers ont adopté une attitude plus
prudente, privilégiant la sécurisation de leurs capitaux et réduisant leurs engagements
dans les marchés émergents. Cette situation s’est traduite par une diminution des flux
d’IDE vers la Tunisie, ce qui a eu des conséquences directes sur l’économie nationale.
En effet, la baisse des investissements a conduit à un recul du nombre de projets
industriels et à un ralentissement de la dynamique entrepreneuriale. Par conséquent,
les opportunités de création d’emplois ont été limitées, ce qui a contribué à accentuer
les difficultés économiques du pays durant cette période.
24
2.4 Réduction des transferts des migrants :
La crise des subprimes de 2008 a également entraîné une réduction des transferts des
Tunisiens résidant à l’étranger, en particulier en Europe, où la situation économique
s’est fortement dégradée. En effet, la hausse du chômage et la baisse des revenus dans
ces pays ont limité la capacité des migrants à envoyer de l’argent à leurs familles en
Tunisie. Cette diminution des transferts a eu des répercussions directes sur l’économie
nationale, notamment en réduisant le pouvoir d’achat et la consommation des
ménages qui dépendent de ces revenus. Par ailleurs, elle a contribué à la baisse des
entrées de devises, ce qui a pu exercer une pression sur la balance des paiements et les
réserves en devises du pays. Ainsi, même de manière indirecte, ce canal a participé au
ralentissement de l’activité économique en Tunisie
ATB et BT :
25
Figure 4:Évolution des crédits nets(en millions):ATB vs BT
L’évolution des crédits nets illustre à la fois les dynamiques économiques et les effets
indirects de la réglementation prudentielle. Avant la crise (2005–2008), les deux
banques connaissent une croissance soutenue : ATB passe de 1 050 000 à 1 520 000,
tandis que BT évolue de 1 200 000 à 1 730 000, ce qui reflète un environnement
favorable caractérisé par une forte demande de financement et une régulation moins
contraignante. Cette phase est marquée par une expansion classique du crédit, moteur
de la rentabilité bancaire. Après la crise (2009–2014), la croissance s’accélère
nettement, surtout pour ATB, dont les crédits passent de 1 665 316 en 2009 à 3 116
562 en 2014, soit quasiment un doublement en cinq ans. Cette évolution traduit un
positionnement plus agressif dans le financement de l’économie, probablement
encouragé par les politiques de relance et une volonté de compenser le ralentissement
économique. BT affiche également une progression continue, de 2 148 211 à 3 195
652, mais à un rythme plus modéré, ce qui confirme une stratégie plus prudente et
mieux alignée avec les contraintes réglementaires. Entre 2015 et 2019, la croissance
se poursuit mais devient plus maîtrisée. ATB passe de 3 331 679 à 4 822 505, avec
26
une progression irrégulière, tandis que BT évolue de 3 412 300 à 4 453 974, montrant
une trajectoire plus stable. Cette phase correspond à l’application progressive des
normes de Bâle III, qui imposent une meilleure gestion des risques et limitent les
expansions excessives du crédit.
Durant la période COVID-19 et post-COVID (2020–2024), les dynamiques divergent.
ATB montre un ralentissement relatif, passant de 5 121 128 en 2020 à 5 405 362 en
2024, avec même une légère baisse en 2023, ce qui reflète l’impact de l’incertitude
économique et des contraintes prudentielles accrues. En revanche, BT poursuit une
croissance régulière, de 4 827 549 à 6 067 260, indiquant une meilleure capacité à
maintenir l’activité de crédit malgré les chocs. Ainsi, la réglementation n’a pas freiné
la croissance du crédit, mais elle l’a rendue plus sélective et dépendante de la solidité
financière des banques.
Tableau 3: Comparaison d’évolution des crédits entre ATB et BT
Période ATB BT Comparaison
27
À partir de 2015, l’ATB continue de croître mais à un rythme plus modéré, atteignant
environ 5,4 millions en 2024, contre plus de 6 millions pour la BT.
De plus, la BT montre une évolution plus régulière et moins fluctuante, ce qui traduit
une meilleure stabilité financière. L’ATB, en revanche, présente des phases de
ralentissement.
3.2 Couverture du risque de crédit
La crise financière de 2008 a influencé la gestion du risque de crédit dans les banques
tunisiennes, notamment l’ATB et la BT, en renforçant les exigences de solvabilité afin
d’améliorer la couverture des risques et de préserver la stabilité financière face à un
environnement économique plus incertain.
Ratio de solvabilité : est un indicateur prudentiel qui mesure la capacité d’une banque
à couvrir les risques liés à ses activités (crédit, marché, opérationnel) par ses fonds
propres. Il permet d’évaluer la solidité financière d’un établissement bancaire et sa
capacité à absorber d’éventuelles pertes.
Le ratio de solvabilité se calcule comme suit :
= (FONDS PROPRES REGLEMENTAIRES / Actifs pondérés par les risques
(APR) ) *100
Fonds propres réglementaires : capital, réserves, résultats, Tier 1 et
Tier 2.
Actifs pondérés par les risques (APR) : crédits et autres actifs ajustés selon
leur niveau de risque.
selon leur niveau de risque.
28
Tableau 4:Ratio de solvabilité:ATB vs BT
29
maîtriser leurs risques. BT suit une trajectoire similaire mais plus marquée, atteignant
un pic de 20,74% en 2012, avant de rester autour de 20% en 2013–2014, ce qui
montre une capacité supérieure d’adaptation aux contraintes réglementaires et une
accumulation plus importante de capital.
Durant la phase 2015–2019, une dégradation progressive apparaît. ATB passe de
12,83% en 2015 à 10,23% en 2018, avec un léger rebond à 10,49% en 2019, ce qui
indique une pression croissante liée à l’augmentation des actifs pondérés par le risque
et à une croissance du crédit non accompagnée d’un renforcement équivalent des
fonds propres. BT connaît également une baisse, de 16,40% en 2015 à 13,86% en
2018, mais remonte à 16,76% en 2019, ce qui montre une meilleure capacité
d’ajustement et de gestion du capital.
Enfin, pendant et après la crise du COVID-19 (2020–2024), ATB enregistre un
rebond à 12,46% en 2020, puis une baisse progressive à 10,49% en 2024, traduisant
l’effet temporaire des mesures d’assouplissement réglementaire suivi d’un retour aux
contraintes normales. BT, en revanche, maintient une relative stabilité avec des ratios
compris entre 15,84% et 17,12%, confirmant une résilience structurelle. Ainsi,
l’analyse montre que la réglementation a renforcé la solvabilité globale du système,
mais que son impact reste différencié selon les banques, ATB étant plus vulnérable
aux cycles que BT
Tableau 5:Comparison d’évolution des crédits entre ATB et BT
Période ATB BT Comparaison
30
12%) 16%)
31
Plus précisément, il compare les actifs liquides (cash, dépôts auprès de la banque
centrale, titres facilement négociables) aux passifs exigibles à court terme (dépôts des
clients, dettes à court terme, engagements immédiats).
Formule générale :
Ratio de liquidité = Actifs liquides / Passifs à court terme × 100
Interprétation :
Si le ratio est supérieur à 100%, cela signifie que la banque dispose de
suffisamment de liquidités pour couvrir ses engagements à court terme.
S’il est inférieur à 100%, cela indique un risque potentiel de tension de
liquidité.
Un ratio trop élevé peut aussi signifier une sous-utilisation des ressources
(excès de liquidité non investée)
Le ratio de liquidité est l’indicateur le plus volatil et celui qui reflète le plus
directement les effets des chocs économiques et des interventions réglementaires.
32
Avant la crise (2005–2008), ATB présente des niveaux très élevés, oscillant entre
175,90% et 192%, tandis que BT se situe entre 108% et 116%, ce qui suggère que
ATB privilégie une forte réserve de liquidité, potentiellement au détriment de la
rentabilité, alors que BT adopte une gestion plus optimisée.
Avec la crise et ses suites (2009–2014), ATB subit une chute brutale de sa liquidité,
passant de 185,68% en 2009 à 103,51% en 2012, avant une légère remontée à 110%
en 2014. Cette évolution traduit les tensions sur les ressources et l’ajustement aux
nouvelles exigences réglementaires en matière de liquidité. BT, en revanche, montre
une meilleure stabilité, malgré des fluctuations entre 103% et 149%, ce qui reflète une
gestion plus efficace des ressources à court terme.
Entre 2015 et 2019, ATB atteint un point bas à 80,26% en 2015, puis remonte
progressivement à 100,30% en 2019, indiquant une phase d’ajustement et de
reconstitution de la liquidité. BT présente une volatilité extrême, avec un pic
exceptionnel à 510,90% en 2019, probablement lié à un excès ponctuel de liquidité ou
à des opérations spécifiques, ce qui montre une gestion active mais irrégulière.
Enfin, durant la période COVID-19 et post-COVID (2020–2024), les deux banques
connaissent une forte hausse de leur liquidité. ATB passe de 108,21% en 2020 à
408,62% en 2024, tandis que BT atteint 299,90% en 2024, après des niveaux déjà
élevés en 2021 (262,10%). Cette explosion s’explique par les injections massives de
liquidité par les autorités monétaires, la baisse de la demande de crédit et les mesures
de soutien économique. Ainsi, la réglementation, notamment à travers les normes de
liquidité, a conduit à une transformation profonde du système bancaire, aboutissant
récemment à une situation de sur-liquidité qui pose des enjeux en termes d’efficacité
et de rentabilité.
Tableau 6:comparaison du ratio de liquidité entre ATB et BT
33
190%) 116%)
Avant 2008, l’ATB affiche une liquidité très élevée (jusqu’à 190%), largement
supérieure à celle de la BT (≈110%). Cela montre une situation confortable, mais
potentiellement une sous-utilisation des ressources.
Après la crise, avec le renforcement des règles prudentielles, la situation change :
La BT améliore et stabilise sa liquidité dans une fourchette raisonnable
(110%–150%)
L’ATB connaît une forte volatilité, avec une baisse jusqu’à 80%, puis des
hausses extrêmes (jusqu’à 408% en 2024)
Cette volatilité montre que l’ATB a eu plus de difficultés à s’adapter de manière
stable aux exigences réglementaires, contrairement à la BT qui maintient une gestion
plus cohérente.
La BT respecte mieux les règles prudentielles, avec une liquidité plus stable et
maîtrisée.
Tableau comparatif globale des indicateurs de réglementations financières ATB
vs BT :
Sur tous les niveaux (ralentissement du crédit, risque de crédit, rentabilité, et ratios
prudentiels) :
La banque la plus affectée par la crise de 2008 est l’ATB, principalement en raison de
sa forte exposition aux entreprises exportatrices et à l’économie internationale. La BT,
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avec une clientèle plus diversifiée et moins dépendante de l’export, a mieux résisté et
a été moins touchée par les effets indirects de la crise.
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Conclusion générale
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En définitive, la mise en œuvre des accords de Bâle III en Tunisie souligne
l’importance de trouver un équilibre entre la stabilité financière et le soutien à
l’activité économique, qui demeure un enjeu majeur pour les autorités de régulation.
, mais Dans quelle mesure la diversification des portefeuilles bancaires peut-elle
réduire l’impact des crises financières sur les banques tunisiennes ?
37
Bibliographie
[Link]
[Link]
Rapport annuel de atb (2005-2024)
Raport annuel de BT (2005-2024)
Goodhart, C. (1998)/[Link]
The Regulatory Response to Financial Crises
Article académique qui explique le rôle de la régulation dans la stabilité
financière.
La comité de Bale [Link]
38
Table des matières
INTRODUCTION GENERALE ................................................................................ 1
39
1.3.1Rôlede la banque centrale dans la régulation financière ............................... 19
Bibliographie................................................................................................................ 38
40
41