Cours 3
Cours 3
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La transcription correspond au mécanisme par lequel une séquence d’ADN est copiée en ARN.
Dans les cellules hormis lors de la réplication de génomes viraux à ARN, la synthèse de l’ARN est
réalisée par des ARN polymérases ADN dépendantes.
I-A-Expression génique et
régulation :
Expression génique désigne l'ensemble
des processus biochimiques par lesquels
l'information héréditaire stockée dans un
gène est lue pour aboutir à la fabrication de
molécules qui auront un rôle actif dans le
fonctionnement cellulaire, comme les
protéines ou les ARN. Cela inclut donc la
traduction et de la maturation des protéines.
Il existe deux différences fondamentales entre les génomes des Procaryotes et ceux des
Eucaryotes, l’une est liée à la compartimentation de la cellule et l’autre (qui en découle
indirectement) est associée à l’organisation des gènes. Il en résulte donc que l’expression génique,
chez ces deux groupes repose sur des mécanismes, en partie, différents.
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I-A-1-Chez les Procaryotes :
Chez les Procaryotes et dans les organites (Les organites parfois nommés organelles par
anglicisme : mitochondries et chloroplastes), transcription et traduction se font à la suite l’une de
l’autre sans étape
intermédiaire =
transcription et
traduction in situ (cf.
Figure ci-contre). Le
gène subit plusieurs
transcriptions
simultanées ou plutôt
consécutives. Du fait de
l’absence de membrane nucléaire, la traduction commence
même sur l’ARNm en cours de transcription comme l’illustre, en
partie car il s’agit d’ARNr, la figure ci-contre (structure dite en
arbre de Noël, tronc = ADN, branches = ARNm, boules = ribosomes
et les guirlandes = protéines (pas représentées sur schéma) à
imaginer dans l'espace (penser à l’hélice) et non dans un plan). De
plus, des gènes sont assez souvent organisés en opéron
(phénomène rarissime chez les Eucaryotes). Cette barrière qu’est
la membrane nucléaire séparent nettement (physiquement) a
permis des potentialités nouvelles*. Par exemple, les ARNm
peuvent subir des modifications nombreuses et spécifiques, un
même gène pourra donner des ARNm différents suivant par exemple, le tissu. Alors que dans le
monde bactérien un même gène donne toujours, à quelque chose près, le même type d’ARNm.
*Concernant les nouvelles potentialités cf. principalement le chapitre sur l'épissage alternatif. Il y a
aussi des récepteurs à la surface de la membrane nucléaire qui peuvent, par exemple, en relayant des
signaux extracellulaires moduler la transcription de certains gènes, mais ces mécanismes ne sont pas
au programme.
Chez les procaryotes, les transcrits d’ARNm servent de matrice à la traduction bien avant que la
transcription ne soit terminée, certainement car la transcription n’est pas compartimentée dans le
noyau. Par conséquent les ARNm procaryotes subissent pas ou peu de modifications post-
transcriptionnelles. Alors que les ARNr et ARNt primaires sont beaucoup plus longs que la molécule
finale. Ils nécessitent donc une transformation avant d’être fonctionnelle. C'est moins gênant car un
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éventuel pré-ARNm serait lu en donnant un message aberrant alors que les pré-ARNt ou r ne sont le
plus souvent pas fonctionnels.
I-B-La transcription :
Il faudrait une convention "universellement" acceptée pour nommer les brins d'ADN.
Notion de brin + ou positif :
Vous verrez dans la littérature diverses appellations pour chacun des deux brins d’une double
hélice d’ADN (codant/non codant, sens/antisens ou non-sens, transcrit/non transcrit, matrice, etc…).
Dans ce cours, nous considèrerons qu’il y a un brin d’ADN+ (ou positif ce qui correspond au
« codant ») et son complémentaire nommé « – » (ou négatif correspondant au brin « matrice »). La
référence étant l’ARNm qui par définition sera noté +, le brin d’ADN utilisé comme matrice pour la
transcription de cet ARNm et lui étant complémentaire, sera donc le brin -. A contrario, le brin d’ADN
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complémentaire du brin -, sera noté +, ce brin contient une information équivalente à celle de l’ARN
(excepté que U est remplacé par T et les différences au niveau des sucres (ribose/désoxyribose)).
Donc, il est possible de lire directement l’information en (équivalent) codon sur l’ADN +, c’est
d’ailleurs ce que nous faisons le plus souvent lors du séquençage. Toutefois, cette façon de nommer
les gènes, comme les autres, n’est pas parfaite (par exemple, si les deux brins d’ADN sont codants
comme chez certains virus).
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doit commencer la transcription. La transcription est donc initiée au niveau d’un site spécifique
nommé promoteur (région permettant de promouvoir la transcription), l’ARN polymérase se lie à
l’ADN au niveau de ce site. Le promoteur correspond à une région généralement non transcrite de
l'ADN, située le plus souvent juste en amont du début de la région transcrite. C’est sur cette région
que se positionneront les ARN polymérases.
L’élongation : l’ARN polymérase (ADN dépendante) se déplace le long de la molécule d’ADN en
séparant les deux brins et en synthétisant le brin complémentaire de l’ADN – (= l’ARN) et la
polymérisation est effectuée de 5' en 3'.
La terminaison : la transcription s’arrête au niveau d’un signal spécifique ou séquence de
terminaison (ou terminateur) signifiant l’arrêt de la transcription. Il est important que l’arrêt se fasse
au bon endroit. Un arrêt précoce, entraine souvent une instabilité de l’ARN qui sera rapidement
détruit. De plus, au cas où il s’agirait d’un ARNm, la protéine peut être trop courte donc non
fonctionnelle. Un arrêt tardif, c’est une étape anormalement longue et de plus, coûteuse en
molécules d’ATP donc désavantageuse lorsque la pression de sélection est importante comme chez
les unicellulaires. De plus, un ARNm anormalement long sera le plus souvent instable et donc lui aussi
rapidement détruit.
Les modalités de transcription sont différentes chez les Procaryotes et les Eucaryotes.
La transcription a lieu dans le cytoplasme bactérien puisque c'est là que se trouve l'ADN
(chromosomique ou plasmidique). La transcription de l'ADN en ARN est catalysée par les ARN
polymérases ADN dépendantes. Chez les bactéries, il semblerait qu’un seul type d’ARN polymérase
soit à l’origine de la synthèse de presque tous les ARNm et de tous les ARNt et ARNr. L’ARN pol. d’E.
coli a une masse moléculaire d’environ 465 kD et est constituée de 6 sous-unités (2 alpha, beta, beta',
sigma et oméga (ω)). La sous-unité oméga de très petite taille ne sera plus mentionnée dans ce cours
car si les cinq autres s'associent de manière stœchiométrique (pour 100 molécules, 200 alpha, 100
beta, 100 beta' et 100 sigma et << à 100 w) : α2ββ'σ70 pour constituer l'holoenzyme, concernant ω il y
a globalement moins d'un exemplaire par molécule d'enzyme (cette sous-unité ne sera dorénavant
plus mentionnée).
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Nous allons donc considérer que la forme complète contient α2ββ’σ70 et est appelée holoenzyme.
Le facteur sigma peut être détaché des autres sous-unités qui forment le noyau de l’enzyme.
Le core enzyme peut synthétiser l'ARN à partir d'une matrice ADN, mais seule l'holoenzyme est
capable d'initier la transcription. En effet, le facteur sigma est indispensable à la reconnaissance du
promoteur et assure la fixation stable de l’ARN pol. au niveau de ce site.
N.B. les masses des diverses sous-unités ne sont pas à connaître.
RNAP = ARN pol.
C
O
R
E
Les 2α ont un rôle dans l’initiation et la régulation, β forme une partie du site actif. Elle est
impliquée dans l'initiation et l'élongation. β’ a un rôle dans l’interaction avec l’ADN, σ70 joue un rôle
primordial dans l'initiation de la transcription en dirigeant l'enzyme vers le promoteur.
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I-B-1-a-L’initiation de la transcription chez les Procaryotes :
Chez les bactéries, lors de l'étape d'initiation, l'holoenzyme recouvre une zone d'ADN précise de
75 à 80 pb. Cette zone renferme des régions (motifs) reconnues par les facteurs sigma. Ces motifs ne
sont pas forcément identiques, on définit donc des séquences consensus correspondant à une
séquence pour laquelle l’homologie est maximale lorsqu’on aligne toutes les séquences connues
(cf. % dans la page suivante).
Le noyau de l’enzyme a une affinité pour l'ADN au travers d'interactions électrostatiques non
spécifiques et c'est l'association du noyau de l’enzyme avec un facteur sigma qui lui confère sa
spécificité pour le promoteur. Néanmoins, les mêmes motifs dans des contextes différents peuvent
donner des fréquences d'initiation très différentes. Cette variation peut avoir une justification
biologique. En effet, il n'est pas nécessaire d'avoir tous les gènes transcrits avec la même fréquence. Il
est donc difficile de prédire l'efficacité d'un promoteur juste par l'analyse des motifs.
Chaque cellule bactérienne peut contenir plusieurs types d’éléments σ. Il y a 4 facteurs sigma ( )
majeurs chez E. coli impliqués dans l'initiation de la transcription de gènes dont les produits
participent à des grandes voies métaboliques. Les régions reconnues par ses facteurs sont différentes
en termes de séquences et d'espacement des boîtes :
Sigma factor MW (Da) fonction -35 Espace entre la -10
-35 et la -10
Sigma 70 = 70 = sigma A 70 000 housekeeping TTGACA 15-21 bp TATAAT
Sigma 32 (H) 32 000 heat shock CNCTTGA 13-15 bp CCCCATNT
GC%=50 GC%=50
Sigma 54 (N) 54 000 nitrogen CTGGNA 6 bp TTGCA
Sigma 28 (F) 28 000 chemotaxis TAAA 15 bp GCCCGAAA
Le facteur 70 permet la transcription des gènes de « ménage » (ou housekeeping genes) qui sont
des gènes dont l’expression est supposée constante dans tous les types cellulaires (si pluricellulaires
donc eucaryotes) et conditions physiologiques. Dorénavant, on ne citera quasiment plus que ce
facteur, même lorsque de coefficient de sédimentation « 70 » ne sera pas indiqué.
Les promoteurs ont une taille d’environ 40pb (toute la région est couverte par l’enzyme et un peu
au-delà). Quatre éléments sont conservés au niveau des promoteurs 70 procaryotes, on les
positionne par rapport au point d’origine de la transcription où s’effectue l’incorporation du premier
NTP (les consensus sont donnés pour le facteur 70) :
L’Origine de la transcription O (C’est la lettre O et non un zéro), qui dans plus de 90% des cas est
une purine et est souvent la base centrale du triplet CAT (1er élément), à savoir l’adénine (entourée
de pyrimidines). O est noté +1, en amont cela commence directement à la base -1, il n’y a pas de zéro.
Le motif CAT est considéré par certains auteurs comme une séquence consensus. Des auteurs
considèrent que le +1 serait un des éléments et le CAT, un deuxième mais comme le CAT contient le +1,
c'est peu pertinent.
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La séquence –35 (nommée aussi boite - 35) dont la séquence consensus est TTGACA. Le motif -35
serait responsable de la reconnaissance initiale du promoteur par le facteur sigma. -35 signifie que le
début de la séquence (en 5’) est le plus souvent positionné en -35 par rapport au +1 de transcription.
La séquence –10 (nommée TATA box (en anglais) ou boite TATA bien que cette dénomination ne
devrait être réservée qu’aux eucaryotes pour certains auteurs, aussi nommée boite de Pribnow) dont
la séquence consensus est TATAAT. Le motif -10 serait impliqué dans la transition du complexe
fermé vers le complexe ouvert. Le GC% au niveau de cette séquence comme celui du promoteur en
général est faible, ce qui facilite le passage de la forme double brin à celle simple brin. Il est ici de 0%
donc le AT% est de 100%. Cette richesse en AT facilite la dissociation des deux brins d’ADN.
La distance en nucléotides entre les sites –35 et –10 varie de 15 à 21 pb. La séquence dans cet
espace n’a pas, semble-t-il, d’importance, ce qui compte c’est sa longueur qui permet de maintenir
l’enzyme dans une conformation optimale. Il y a donc aussi un consensus de distance.
Le 4e élément, c'est le consensus de distance qui n'est pas à connaître.
Ces deux séquences (-35 et -10) sont données pour le brin +. Exemple :
région -35------- ≈15 à 21 bases -------- région -10 ≈ 6 bases +1 de transcription
5'-CGGTGTTGACATAAATACCCACTGGCGGTTATAATGAATGCACATCAGCAGG-3'
Source : [Link]
7RelStructFonction/2Biochimie/1SyntheseProteines/[Link]
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Résumé concernant les promoteurs reconnus par le facteur 70 chez les Procaryotes
La région reconnue par l’ARN
polymérase est juste en amont du site
d'initiation de la transcription.
Elle comprend trois éléments : les 2
régions consensus [-35 (TTGACA) vers -
35, la région TATA (TATAAT) vers -10] et
le site d'initiation de la transcription.
Avant que ne débute l’élongation,
la chronologie des événements est la
suivante :
Formation d’un complexe binaire
fermé ("closed") : Interaction de
l’holoenzyme avec l’ADN au niveau du
promoteur. L’holoenzyme se fixe au
niveau de la région -35 grâce au facteur
70. L’enzyme recouvre environ 80 pb
d’ADN. Le complexe binaire
(holoenzyme-ADN) est dit fermé car
l’ADN reste sous forme de duplex. Cette étape est réversible.
Transition du complexe binaire fermé en complexe binaire ouvert ("open") par séparation des
deux brins de l'ADN sur quelques pb. Cela se produit lorsque l’enzyme (par le facteur 70) se lie à une
courte région de l’ADN conduisant à son ouverture dans une région riche en A-T, c’est la région –10
(il est plus aisé de casser des doublets de liaison hydrogène (entre A et T) que des triplets). Cette étape
est irréversible.
Formation d’un complexe ternaire (car 3 partenaires: ADN, ARN pol. et l’ARNm constitué des
premiers nucléotides. Il y a donc initiation de la polymérisation de la chaîne d’ARN. Des nucléotides
supplémentaires peuvent être rajoutés sans que l’enzyme ne bouge, conduisant à la formation d’un
ARNm ayant jusqu’à une dizaine de bases. Si le facteur sigma n’est pas libéré, l’enzyme recommence
la transcription au niveau de la première base. Il peut y avoir de nombreux débuts d’initiation qui
avortent.
Formation d’un complexe ternaire d’élongation ("promoter clearance"), Lorsque le facteur
sigma est relâché, le noyau de l’enzyme se détache alors du promoteur et se déplace le long de la
matrice ADN et la transcription du brin néosynthétisé d’ARNm se poursuit au-delà de la dizaine de
bases.
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I-B-1-b-L’élongation :
Le complexe enzymatique synthétise alors le brin
d'ARN complémentaire du brin matrice. L'élongation de
la transcription se fait par déplacement du complexe le
long de l'ADN. Ce déplacement implique un
déroulement de la double hélice d'ADN en aval et un
ré-appariement en amont de la région servant de
matrice. Des pauses dans l'élongation peuvent se
produire dans certaines régions riches en G+C ou
pouvant former des structures secondaires stables. Environ 40 nucléotides sont polymérisés par
seconde chez les bactéries = 2400 nt/[Link] : [Link]
I-B-1-c-La terminaison :
La terminaison de la transcription se fait au niveau du terminateur, situé au niveau des gènes
codant les protéines après la séquence codante.
La réaction de terminaison de transcription comprend 4 étapes :
- reconnaissance de sites spécifiques ou terminateurs,
- l'arrêt de l'élongation donc de la synthèse d’ARN,
- la libération du transcrit par rupture des liaisons hydrogène et ainsi le duplex ADN peut se
reformer lorsque l’étape suivante se produit,
- la dissociation du noyau de la polymérase de la matrice ADN.
Dans la majorité des cas, la terminaison dépend de la formation d’une structure secondaire en
épingle à cheveux au niveau de l’ARN donc pas directement de l’ADN. La transcription est régulée par
la configuration du transcrit et ne dépend donc qu’indirectement de la séquence du brin matrice.
Deux types de sites sont bien connus, dans un cas la polymérase nécessite un ou des facteurs
protéiques pour réaliser la terminaison (terminateurs Rho-dépendants), dans l’autre non
(terminateurs intrinsèques (= ne faisant intervenir aucun facteur supplémentaire)).
Il existe aussi des structures ressemblant à des terminateurs en aval. Certaines de ces structures,
appelées atténuateurs, ont des rôles physiologiques dans l'arrêt prématuré de la transcription.
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I-B-1-c-1-Terminaison Rho indépendante (terminateurs intrinsèques) :
La terminaison résulte de la combinaison de deux événements. La structure en épingle à cheveux
présente au niveau de l’ARNm provoque un ralentissement voire l’arrêt de l’ARN pol. Cette épingle à
cheveux peut se former
car il y a une région
inversée répétée riche en
appariement G:C et
partiellement
palindromique. Juste
après cette région, une
série de 4 à 8 résidus U est
présente ce qui implique
une région poly A au
niveau de l’ADN matrice
qui à une taille de 6 à 10
bases ce qui permet de
former des appariements
A-U entre la séquence
d’ADN et la séquence
d’ARNm. Si l’épingle à cheveux était
seule présente, l’ARN pol. pourrait
reprendre son activité. Ce sont les
appariements A-U qui faibles en
énergie se dissocient permettant ainsi
la libération de l’ARNm.
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I-B-1-c-2-Terminaison Rho dépendante :
Lorsque la séquence poly U n’est pas présente après la structure en épingle à cheveux, un autre
mécanisme intervient dans la terminaison. Il nécessite la présence d’un facteur protéique nommé
Rho. Le facteur Rho, composé de plusieurs sous-unités protéiques, interagit avec l'ARNm sur 12 à 14
nucléotides et s'agrège sous la forme d'hexamères. L'affinité de Rho ne dépendrait pas de motifs
particuliers au niveau de l'ARNm mais
nécessiterait la présence d'une région non-
structurée suffisamment longue
(polyribonucléotide d’au moins 50 bases). Ce type
de terminaison ne se produirait donc pas sur des
ARNm en cours de traduction, les ribosomes
pouvant protéger l'ARNm. La terminaison Rho
dépendante pourrait toutefois se produire en cas
d'une absence ou d'une insuffisance de
traduction d'un ARNm. La présence du facteur
Rho a donc pour conséquence la libération du
transcrit.
En résumé, dans les deux modes de
terminaison il y a une séquence inversée répétée
au niveau de l’ARN qui peut former une structure
secondaire en épingle à cheveux très stable
thermodynamiquement. Mais ce n’est pas
suffisant pour que le transcrit se décroche de la
matrice. Pour cela, il faut un deuxième élément,
soit la présence d’une queue poly U, en aval de la
structure en épingle à cheveux (dans le cas du
système Rho indépendant) ou la présence du
facteur Rho en amont de l’épingle à cheveux (dans le cas du système Rho dépendant).
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I-B-2-La transcription chez les Eucaryotes :
Les mécanismes sont analogues à ceux observés chez les Procaryotes, toutefois, de nombreuses
différences existent par rapport à la transcription chez les procaryotes :
Si l’on exclue les organites, la transcription se déroule dans le noyau cellulaire. La chromatine doit
au préalable avoir été décompactée (euchromatine) pour permettre à la machinerie protéique
d'accéder à l'ADN.
Trois types d'ARN polymérase différentes sont présentes au lieu de l'unique pour les procaryotes.
Il s’agit de grosses protéines formées de 8 à 14 sous-unités réalisant chacune un certain type de
transcription.
ARN polymérase I ou A (Pol I) synthétise le précurseur donnant les ARNr 28S, 18S et 5,8S (c’est la
variété d’enzyme la plus utilisée dans une cellule),
ARN polymérase II ou B (Pol II) synthétise les pré-ARNm et certains des ARNsn (= ARN small
nuclear, présents uniquement dans le noyau et participant à la régulation post-transcriptionnelle),
ARN polymérase III ou C (Pol III) synthétise des petits ARN (ARNr 5S, tous les ARNt, la majorité des
ARNsn et d’autres petits ARN)
Il est possible de différentier ces types par leur sensibilité à l’α-amanitine (= toxine du champignon
amanite phalloïde)
Classe de l’enzyme Sensibilité à l’α-amanitine Principaux types d’ARN transcrit
I (A) Insensible ARNr
II (B) Sensible à faible concentration ARNm (précurseur)
III (C) Sensible à concentration élevée ARNt
Des différences portent sur la complexité de l’initiation. Alors que chez les procaryotes un seul
facteur d’initiation additionnel (Sigma), chez les eucaryotes la présence sur le promoteur de plusieurs
facteurs d’initiation est indispensable. Sans ces facteurs, les polymérases ne peuvent pas reconnaître
les promoteurs. Ces facteurs de transcription sont composés le plus souvent de plusieurs sous-unités.
Parmi ces facteurs, l’un d’eux contient généralement une sous-unité nommée TBP (pour « TATA-
binding-protein ») qui se fixe au promoteur au niveau de la Tata box présente chez presque tous les
promoteurs eucaryotes et qui est très proche de la séquence –10 des procaryotes. Chaque
promoteur présente donc de courtes séquences conservées reconnues par les facteurs de
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transcription formant avec la polymérase des complexes de transcription. Cet assemblage fournit
différentes possibilités de régulation de l'initiation de la transcription.
Le plus souvent, on peut noter l’absence d’une terminaison aussi bien définie que chez les
procaryotes.
Contrairement aux procaryotes, l'ARNm produit par la transcription n'est pas directement
utilisable par les ribosomes et devra subir plusieurs étapes de maturation post-(ou plutôt co-
)transcriptionnelle.
De plus, les mécanismes d’initiation de la transcription sont différents pour les 3 types d’ARN pol.
Dans le cadre de ce cours, nous n’allons étudier que le mécanisme de base de la transcription par
l’ARN pol. II.
Source :
Watson,
2008,
p.313
Outre les séquences présentent sur le promoteur minimal, ils s’en trouvent d’autres plus éloignées
du +1 de transcription nommées éléments proximaux, par exemple :
- la "boîte CAAT" (nommée CAT box le plus souvent) située entre la position –75 et –120 qui
permet d’augmenter l’efficacité du promoteur,
-une séquence riche en guanine et cytosine, GGGCGG ou GC box ou "boîte GC" située
généralement aux environs de la position –90 qui agit également sur la régulation de la transcription.
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séquences activatrices « enhancers » ou répressives (extinctrices) « silencers » qui lient des
protéines régulatrices (activatrices ou répressives) qui elles-mêmes aident ou empêchent la
transcription au niveau du promoteur minimal. Lorsque des protéines sont fixées sur ces régions, elles
peuvent interagir suite à des repliements de l’ADN avec des protéines positionnement au niveau du
promoteur minimum et ainsi exercer leur activité de contrôle (cf. figure ci-contre). Les éléments
régulateurs hormonaux, certains métaux, des chocs thermiques ou encore certaines toxines agissent
comme tel.
Donc, en résumé et en simplifiant trois types de facteurs jouant un rôle dans la transcription sont
associés à l’ARN pol. II :
- Des facteurs généraux nécessaires à l’élongation (nommés TFII et interagissant au niveau du
promoteur minimal). Ils sont nommés « généraux » car ils s'assemblent sur quasiment tous les
promoteurs utilisés par l'ARNpol. II.
- Des facteurs en amont, se fixant en amont du site d’initiation (par exemple ceux se fixant sur
les éléments proximaux) : CAAT box et GC box par exemple. Leur activité n’est pas régulée.
- Des facteurs inductibles (/constitutif), il s’agit de protéines régulatrices activatrices ou
répressives. Ils se fixent sur les séquences régulatrices (distales).
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L’initiation
Le point d’origine de l’initiation O (nommé O
et non zéro) qui est la position +1, est souvent
une Adénine encadrée par des pyrimidines
(PyAPy), cela nous rappelle le triplet CAT observé
chez les procaryotes.
L’ensemble des facteurs généraux de
transcription remplit les fonctions prises en
charge par le facteur sigma lors de la
transcription bactérienne et certains facteurs
partagent des régions de faible homologie avec
différentes régions de la protéine bactérienne.
Ainsi ces facteurs généraux de transcription
aident la polymérase à se fixer au promoteur et à
séparer les brins de l’ADN comme lors de la
transition du complexe fermé au complexe ouvert.
Ils aident aussi la polymérase à se détacher du
promoteur et à s’engager dans la phase
d’élongation. Le complexe de préinitiation
comprend les facteurs généraux de transcription
et la polymérase, tous liés au promoteur.
La première étape de l’initiation de la
transcription est la formation d’un complexe au
niveau de la TATA box du promoteur du facteur
TFIID. Une fois ce facteur fixé, d’autres facteurs
indispensables à l’initiation s’associent au
complexe dans un ordre déterminé. Le facteur
TFIID est un complexe multiprotéique dont
l'élément de liaison à la TATA box porte le nom de
TBP pour "TATA Box Binding Protein").
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I-B-2-a-2-Phase d’élongation catalysée par l’ARN pol. II :
Les facteurs de transcription sont remplacés par des facteurs d’élongation.
Figures : La phase d'élongation de la transcription. L'ARN polymérase lit le brin - (matrice) depuis
son extrémité 3' vers son extrémité 5'. Le brin d'ARN néosynthétisé est donc identique au brin d'ADN +,
aux uraciles et riboses près.
[Link]
56
I-B-2-b-2-Clivage puis addition d’une queue poly A
[Link]
Source : [Link]
57
Par la suite cette queue polyA sera raccourcie dans le cytoplasme, elle se réduit au fur et à
mesure que l’ARNm est traduit. La queue poly(A) est essentielle à la stabilité de l'ARN. La queue
poly(A) intervient dans le déplacement des ARNm (passage dans le cytoplasme), protège les
messagers des dégradations par les 3’ exonucléases, elle contribue aussi à l’initiation de la traduction
des ARNm.
À noter : Après la coupure, l’ARN polymérase II continue la transcription un certain temps après le
clivage du pré-ARNm puis la transcription s’arrête et sous l'action de divers facteurs, le petit fragment
d’ARN qui ne contient ni la coiffe ni la queue polyA est libéré, puis dégradé dans le noyau par les
exonucléases. Cet ARN n’a ni queue ni tête (ou plutôt ni coiffe ni queue).
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Synthèse d’ADNc : Une autre application de la queue poly-A est qu’elle peut servir de site de
fixation d’amorces pour la transcriptase inverse après hybridation permettant ainsi la synthèse d’un
brin d’ADN complémentaire (ADNc). Source :[Link]
59
I-B-2-b-3-L'excision/épissage/
[Link]
[Link]
En résumé : L’épissage permet d’éliminer les introns et de mettre bout à bout les exons. Il
dépend de la présence de sites spécifiques sur le pré-ARNm. La machinerie responsable de l’excision-
épissage est indépendante de la transcription. En général, le processus de maturation s’accomplit
grâce à de grosses particules ribonucléoprotéiques appelées spliceosomes. Ce complexe est constitué
de divers petits ARN nucléaires (snARN = small nuclear ARN) associés à des facteurs protéiques.
L'épissage permet en outre d'obtenir différentes protéines à partir d'un même gène en sélectionnant
quels exons seront conservés : c'est l'épissage alternatif.
L’épissage alternatif :
En résumé : L’épissage alternatif (ou différentiel) correspond à l'existence de plusieurs schémas
d'épissage d'un transcrit primaire d'ARN, aboutissant à la formation de différents ARN-messagers et
pouvant donner lieu, même si c’est très rare, à la synthèse de plusieurs protéines différentes.
L'épissage n'est donc pas seulement constitutif : il existe également des épissages alternatifs,
dans lesquels l'élimination des introns (ou des portions d'exons) peut faire se lier entre eux des exons
différents. C'est ce mécanisme qui démultiplie les capacités codantes d'un gène (voir un exemple
d'épissage alternatif dans la figure de la page suivante). L’épissage alternatif des pré-ARNm contribue
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à réguler l’expression des gènes en produisant à partir d’un même gène des ARNm matures différents,
c’est une régulation qualitative.
L’épissage peut se faire différemment à partir du même transcrit primaire, donc un même gène
peut coder plusieurs protéines différentes. Ce phénomène nommé épissage différentiel est
omniprésent chez tous les eucaryotes pluricellulaires, permet de générer des protéines partiellement
voire même totalement différentes. Il est souvent écrit que l’épissage alternatif d’exons est un
mécanisme permettant de produire des ARNm différents à partir d’un même pré-ARNm, mais
comme nous avons vu que l’épissage intervient lors de la synthèse du pré-ARNm, c’est incorrect. Le
splicéosome reconnaît des signaux d'épissage, mais ces signaux d'épissage peuvent être plus ou
moins forts et plus ou moins masqués ce qui implique que le spliceosome les reconnaît plus ou moins
efficacement. Les signaux faibles sont appelés « signaux d'épissage alternatif », par opposition les
signaux forts sont appelés « signaux constitutifs ». L’épissage alternatif permet donc à un gène de
coder plusieurs ARNm différents. Les analyses avec des puces à ADN suggèrent que l’ordre de 40%
des gènes de drosophile et de 75 % des gènes humains seraient épissés de manière alternative pour
produire plus d’un variant protéique. D’autres travaux suggèrent que chez l’homme 92 à 98% des
gènes seraient épissés de manière différentielle, toutefois, un transcrit majoritaire est le plus
souvent présent dans un tissu donné. Ces mécanismes permettent de comprendre comment à partir
des quelques 23 000 gènes protéiques identifiés par le récent décryptage de la séquence de l’ADN
humain, la cellule peut produire les 90 000 protéines nécessaires à son fonctionnement voire
beaucoup plus.
Le nombre de variantes d’une protéine ou de produits alternatifs nommés isoformes codées par
un gène varie de deux à plusieurs centaines, voire des milliers. Par exemple, le gène slo du rat, qui
code un canal à potassium des neurones, à la capacité de produire 500 versions alternatives et un
gène de drosophile (dscam) peut coder jusqu’à 38 000 produits différents par épissage alternatif.
Le nombre d'introns par gène chez l'homme est en moyenne de 8. En théorie et en ne tenant pas
compte de la force des sites d’épissage, le nombre total de protéines différentes chez l’homme serait
de l’ordre du milliard. Nombre de protéine /gène : 8x7x6… etc = 40320 donc x 23000 = 927 360 000
soit près d’un milliard d’isoformes. Des travaux sur l’étude des produits d’expression lors de cancers
de la vessie et de la prostate suggèrent que chez l’homme de l’ordre de 8 millions de protéines
différentes seraient produites. Certaines isoformes sont qualifiées de « normales », par exemple, tissu-
spécifiques tandis que d’autres seraient principalement produites lors d’un fonctionnement anormal
d’une cellule comme lors d’un cancer. Certaines de ces isoformes peuvent donc être recherchées en
tant que marqueur d'oncogenèse voire testées pour être utilisées comme protéines vaccinales.
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Prenons l’exemple de la troponine T, une protéine musculaire impliquée dans la structure des
myofibrilles, dont le gène est constitué de 5 exons. À partir du même pré-ARNm théorique peuvent
être obtenus deux ARNm matures différents constitués chacun de 4 exons dont 1 est unique et 3 sont
commun. Les deux ARNm vont donc coder deux isoformes de la troponine.
Chez l’homme, l’ARNm codant le récepteur à la sérotonine est édité à de nombreux endroits ce qui
produit douze isoformes de la protéine.
Figure récapitulative de la maturation des ARNm animaux
([Link] :
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