« La prévalence des l’hépatite B
en Mauritanie et leur impact sur
le système de santé »
PLAN
I. Introduction générale
II. Modes de transmission
III. Conséquences cliniques et complications
IV. Impact sur le système de santé
V. Mesures de prévention
VI. Défis et recommandations
I. Introduction
L’hépatite est un problème de santé publique majeur en Mauritanie,
caractérisé par une inflammation du foie causée par une infection
virale, principalement l’hépatite B et C. Selon l’Organisation
mondiale de la santé (OMS), environ 254 millions de personnes
vivent avec l’hépatite B dans le monde, et 50 millions avec
l’hépatite C. En Mauritanie, on estime que 10% à 20% de la
population est infectée par l’hépatite B, ce qui représente environ
500 000 personnes.
La transmission se fait principalement de la mère à l’enfant, ainsi
que par les rapports sexuels non protégés et l’utilisation de matériel
médical non stérile. Le gouvernement mauritanien a pris des
mesures pour lutter contre l’hépatite, notamment en intégrant le
vaccin contre l’hépatite B dans le programme élargi de vaccination
(PEV) en 2013. L’OMS vise à réduire l’incidence de l’hépatite B à
moins de 1% chez les enfants de moins de 5 ans d’ici 2030 et à
fournir un traitement à 80% des personnes infectées.
II. Modes de transmission
Les modes de transmission de l’hépatite B sont les suivants :
1. *Transmission sanguine* :
- Transfusion de sang ou de produits sanguins contaminés
- Partage de seringues ou d’aiguilles contaminées
- Tatouages, piercings ou acupuncture avec des instruments non stérilisés
2. *Transmission sexuelle* :
- Relations sexuelles non protégées avec une personne infectée
3. *Transmission mère-enfant* :
- Transmission de la mère à l’enfant pendant la grossesse ou l’accouchement
4. *Transmission par contact direct* :
- Contact avec du sang ou des sécrétions corporelles d’une personne infectée
- Partage de rasoirs, de brosses à dents ou d’autres objets personnels
5. *Transmission nosocomiale* :
- Transmission en milieu hospitalier ou clinique par des instruments ou des
surfaces contaminés
6. *Transmission par piqûre d’aiguille* :
- Piqûre d’aiguille contaminée, notamment chez les professionnels de la santé
Il est important de noter que l’hépatite B n’est pas transmise par :
- L’eau ou les aliments
- Les contacts sociaux normaux (poignée de main, câlins, etc.)
- Les insectes ou les animaux
III. Conséquences cliniques et complications
Les signes cliniques de l’hépatite B (HBV)
L’hépatite B peut se présenter sous deux formes : aiguë et chronique, avec des manifestations cliniques différentes selon la
phase.
A. Forme aiguë
Souvent asymptomatique chez l’adulte. Lorsque les symptômes apparaissent, on observe généralement :
•Asthénie marquée et malaise général
•Anorexie, nausées, vomissements
•Douleur de l’hypochondre droit liée à l’inflammation hépatique
•Fièvre modérée
•Ictère : coloration jaune de la peau et des conjonctives
•Urines foncées (cholurie) et selles décolorées (hypocholie)
•Hépatomégalie à l’examen clinique
•Prurit dans les formes cholestatiques
•Parfois : arthralgies et éruptions cutanées liées à des phénomènes immunologiques
Note : La majorité des adultes éliminent spontanément l’infection aiguë, tandis que les nouveau-nés évoluent très souvent
vers une infection chronique
B. Forme chronique
La plupart des patients sont asymptomatiques ou présentent des signes
discrets. Les symptômes, lorsqu’ils existent, sont liés à l’inflammation
hépatique prolongée :
•Fatigue chronique
•Douleurs abdominales diffuses
•Troubles digestifs modérés
•Anomalies biologiques persistantes (transaminases élevées)
•Apparition progressive de signes de cirrhose dans les stades avancés
(œdèmes, ascite, varices œsophagiennes)
2) Les complications de l’hépatite B
A. Complications hépatiques
1. Cirrhose hépatique
•Survient après plusieurs années d’inflammation chronique non traitée
•Peut entraîner : ascite, ictère, insuffisance hépatique, varices œsophagiennes, encéphalopathie
hépatique
•Représente l’une des complications les plus fréquentes de l’hépatite B chronique
2. Carcinome hépatocellulaire (CHC/HCC)
•Le virus de l’hépatite B possède un potentiel oncogène direct
•Le cancer peut apparaître même en l’absence de cirrhose
•Nécessite un dépistage semestriel (échographie ± alpha-foetoprotéine)
3. Insuffisance hépatique aiguë (hépatite fulminante)
Rare mais d’évolution dramatique
•Peut survenir lors d’une primo-infection sévère ou d’une réactivation du HBV
•Peut nécessiter une transplantation hépatique en urgence
IV. Impact sur le système de santé
L’hépatite B exerce un impact significatif sur le système de santé,
car elle touche à la fois les patients et les professionnels de santé.
Les hôpitaux et les laboratoires doivent gérer un flux important de
patients nécessitant un suivi régulier, des analyses et parfois des
hospitalisations pour prévenir ou traiter les complications. Cette
charge mobilise des ressources humaines et matérielles, ce qui
peut limiter la capacité à prendre en charge d’autres pathologies.
En même temps, les professionnels de santé — médecins,
infirmiers, techniciens et personnels de laboratoire — sont exposés
quotidiennement au virus à travers le contact avec le sang et les
procédures médicales. Cette exposition permanente oblige le
système de santé à renforcer les mesures de sécurité et les
protocoles d’hygiène, à former continuellement le personnel et à
prévoir des ressources supplémentaires pour la protection et le
suivi des professionnels exposés.
Ainsi, l’hépatite B crée un double défi pour le système : gérer la
prise en charge des patients tout en protégeant les professionnels
de santé, ce qui demande organisation, ressources et vigilance
constante. Le virus devient ainsi non seulement un problème de
santé individuelle, mais aussi un facteur qui pèse sur la capacité
opérationnelle et la qualité globale des services de santé.
V. Mesures de traitement et de prévention
Le traitement de l’hépatite B dépend de la gravité de l’infection et de la présence de
complications. Les objectifs du traitement sont de :
- Réduire la charge virale
- Prévenir les complications
- Améliorer la qualité de vie
- *Traitement antiviral* :
- Médicaments antiviraux tels que l’entécavir, le ténofovir, la lamivudine
- Durée du traitement : généralement 1 à 2 ans, mais peut être plus longue
- *Traitement de soutien* :
- Repos
- Alimentation équilibrée
- Éviter l’alcool et les médicaments hépatotoxiques
- *Vaccination* :
- Vaccin contre l’hépatite B pour les personnes non infectées
- Rappel de vaccination pour les personnes déjà vaccinées
- *Suivi médical* :
- Surveillance régulière de la fonction hépatique et de la charge virale
- Ajustement du traitement en fonction des résultatsTraitement de l’hépatite B*
Le traitement de l’hépatite B dépend de la gravité de l’infection et
de la présence de complications. Les objectifs du traitement sont
de :
- Réduire la charge virale
- Prévenir les complications
- Améliorer la qualité de vie
2 ) vaccination
Vaccination contre l’hépatite B : intégrée au Programme Élargi de Vaccination (PEV), elle
reste la méthode la plus efficace pour prévenir la transmission.
•Dépistage précoce chez les femmes enceintes, les donneurs de sang et les personnes à
risque.
•Hygiène et sécurité des soins : utilisation de matériel stérile, respect strict des mesures
d’asepsie en milieu hospitalier, élimination correcte des déchets biomédicaux.
•Prévention sexuelle : utilisation du préservatif et sensibilisation sur les modes de
transmission.
•Réduction des risques : éviter le partage de rasoirs, aiguilles, instruments de manucure non
stérilisés.
•Éducation sanitaire : campagnes de sensibilisation sur les modes de transmission, les
complications et l’importance du dépistage.
•Sécurisation des transfusions : tests systématiques au niveau des banques de sang.
Conclusion
L’hépatite constitue un problème majeur de santé publique. Si les
formes aiguës guérissent généralement chez l’adulte, l’infection
chronique est la source principale de morbidité, exposant au risque
de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire. Le dépistage régulier,
la surveillance biologique et l’accès aux traitements antiviraux sont
essentiels pour réduire la progression de la maladie. La vaccination
demeure le moyen le plus efficace pour prévenir l’infection et
limiter ses complications graves. »
Merci a votre
attention