LA CONSCIENCE
ET L'INCONSCIENT
Exposé de Philosophie
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Cheikh Ahmadou Babacar Ndeye Marième Abdou Rahmane
Bamba Camara Sall Ndao Diallo
Professeur Classes Matière
Mme Fall TS1 / TS2 Philosophie
e: : :
■ PLAN DE L'EXPOSÉ
■ CHEIKH AHMADOU BAMBA CAMARA
INTRODUCTION
Présentation du sujet et de la problématique
Annonce du plan général
■ BABACAR SALL
PARTIE I — LA CONSCIENCE
I.A. Définition et étymologie du mot conscience
I.B. Les trois formes de conscience
• La conscience psychologique
• La conscience morale (Rousseau / Durkheim)
• La conscience de soi
I.C. Le cogito de Descartes — Je pense, donc je suis
■ NDEYE MARIÈME NDAO
PARTIE II — APPROFONDISSEMENT DE LA CONSCIENCE
II.A. Husserl et l'intentionnalité de la conscience
II.B. Bergson et la conscience sélective et dynamique
II.C. Subjectivité et Objectivité
■ ABDOU RAHMANE DIALLO
PARTIE III — CONSCIENCE, LIBERTÉ ET RESPONSABILITÉ
III.A. La conscience comme fondement de la liberté
III.B. Spinoza — L'ignorance de nos déterminismes
III.C. Sartre — La liberté radicale et la mauvaise foi
III.D. Transition vers l'inconscient
■ CHEIKH AHMADOU BAMBA CAMARA
PARTIE IV — L'INCONSCIENT ET FREUD
IV.A. Avant Freud — Ce qu'on croyait
IV.B. Freud et la révolution psychanalytique
IV.C. La structure du psychisme — Le Ça, le Moi, le Surmoi
IV.D. Les manifestations de l'inconscient
• Les rêves • Les lapsus • Les actes manqués • Les névroses
IV.E. La psychanalyse — Chemin vers la liberté
CONCLUSION GÉNÉRALE
■ CHEIKH AHMADOU BAMBA CAMARA
Introduction
INTRODUCTION
Depuis que l'homme existe, il se pose une question qui ne le quitte pas, une question qui revient chaque
matin quand il ouvre les yeux, chaque soir quand il s'endort, une question simple en apparence mais
vertigineuse dans sa profondeur : qui suis-je ?
Pas qui suis-je aux yeux des autres. Pas quel est mon nom, mon métier, ma place dans la société. Mais
qui suis-je vraiment, au fond de moi-même, dans ce silence intérieur où personne d'autre ne peut entrer ?
Pendant des siècles, la philosophie a répondu avec une certitude tranquille : tu es ta conscience. C'est
elle qui te définit. C'est elle qui te distingue de la pierre, de la plante, de l'animal. C'est elle qui fait de toi un
sujet — un être qui dit « je », qui pense, qui choisit, qui aime, qui souffre et qui sait qu'il souffre.
Mais à la fin du XIXe siècle, un médecin viennois du nom de Sigmund Freud vient briser cette certitude
tranquille. Il dit : tu ne te connais pas. Tu crois te connaître — mais sous la surface de ta conscience, il y
a un monde entier que tu n'as jamais vu. Un monde de désirs refoulés, de peurs enfouies, de souvenirs
douloureux que tu as enterrés si profondément que tu as oublié jusqu'à leur existence. Et ce monde — cet
inconscient — te gouverne bien plus que tu ne le crois.
Voilà le choc. Voilà la tension. Voilà ce que nous allons explorer ensemble aujourd'hui — à travers deux
grandes parties. D'abord la conscience — ce que nous croyons être. Puis l'inconscient — ce que nous
sommes vraiment.
■ BABACAR SALL
Partie I — La Conscience : Définition, Types et Descartes
PARTIE I — LA CONSCIENCE
I.A. Définition et étymologie
Le mot conscience vient du latin cum (avec) et scientia (connaissance). Avoir conscience, c'est
littéralement « savoir avec » : accompagner chacune de ses expériences d'un regard lucide sur
soi-même et sur le monde.
Ce n'est pas simplement voir — c'est voir en sachant qu'on voit. Ce n'est pas simplement souffrir — c'est
souffrir en sachant qu'on souffre. Ce n'est pas simplement agir — c'est agir en sachant qu'on agit.
C'est cette double dimension qui fait toute la singularité de la conscience humaine et nous distingue
fondamentalement de l'animal.
I.B. Les trois formes de conscience
• La conscience psychologique
C'est la plus fondamentale. Elle désigne la connaissance directe que nous avons de nous-mêmes : nos
pensées, nos émotions, nos désirs. Elle implique l'introspection — cette capacité extraordinaire de se
regarder penser et ressentir. Sans elle, je serais comme une machine — capable d'agir, mais incapable de
savoir que j'agis.
• La conscience morale
Elle désigne notre capacité à juger nos propres actes selon des critères de bien et de mal. C'est la voix
intérieure qui produit la honte, le remords — mais aussi la fierté et la paix intérieure.
« Conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix. »
— Rousseau — thèse innéiste : la conscience morale est naturelle et divine
« Quand notre conscience parle, c'est la société qui parle en nous. »
— Durkheim — thèse sociale : la conscience morale est construite par l'éducation
• La conscience de soi
C'est le sentiment profond d'être un individu unique, identique à soi-même dans le temps malgré tous les
changements. C'est elle qui rend possible l'engagement, la promesse et la responsabilité.
I.C. Le cogito de Descartes
René Descartes (1596–1650) se lance dans l'une des aventures intellectuelles les plus audacieuses de
l'histoire : douter de tout. Les sens me trompent parfois — peut-être me trompent-ils toujours. Le monde
pourrait être un rêve. Mon corps, une illusion. Il doute de tout — absolutement tout.
« Je pense, donc je suis. »
— Descartes, Discours de la méthode (1637) — le cogito
Je ne peux pas douter que je doute. Car douter, c'est penser. Et si je pense, j'existe. Cette vérité est le
cogito — le premier principe absolu de toute philosophie moderne.
De là, Descartes déduit que le sujet est parfaitement transparent à lui-même : tout ce qui se passe en
moi m'est immédiatement accessible. Aucune zone d'ombre. C'est une vision magnifique — mais c'est
précisément cette vision que Freud viendra dynamiter.
■ NDEYE MARIÈME NDAO
Partie II — Husserl, Bergson et Approfondissement
PARTIE II — APPROFONDISSEMENT DE LA CONSCIENCE
II.A. Husserl et l'intentionnalité de la conscience
Edmund Husserl (1859–1938), fondateur de la phénoménologie, apporte une précision décisive : la
conscience n'est jamais vide. Elle est toujours intentionnelle — orientée vers quelque chose. On ne peut
pas être conscient dans le vide absolu.
« La conscience n'est jamais état de conscience, mais toujours conscience de l'état. »
— Husserl, Méditations cartésiennes
Je ne suis pas conscient en général — je suis toujours conscient de quelque chose : de cette table, de
cette idée, de cette douleur, de cette joie. La conscience est essentiellement relationnelle — elle se
définit par ce vers quoi elle se tourne.
Et cela a une conséquence importante : si la conscience est toujours orientée — il existe forcément des
zones qu'elle ne visite pas. Des régions d'ombre. Et c'est précisément là que l'inconscient commence.
II.B. Bergson et la conscience sélective
Henri Bergson (1859–1941), philosophe français et Prix Nobel de littérature, insiste sur le caractère
sélectif et dynamique de la conscience. Elle choisit, elle filtre, elle intervient surtout là où l'habitude ne
suffit plus.
« Toute conscience est choix. »
— Bergson
Quand je conduis un trajet que je connais par cœur — je n'ai presque pas besoin d'être conscient. Mais si
un obstacle surgit soudainement — là, la conscience s'allume. Elle choisit. Elle décide.
Bergson relie aussi la conscience au temps — à ce qu'il appelle la durée : le temps subjectif, vécu de
l'intérieur, chargé de mémoire et d'anticipation. C'est un flux vivant où le passé, le présent et l'avenir se
mêlent constamment.
II.C. Subjectivité et Objectivité
La subjectivité — c'est ce qui relève uniquement du point de vue personnel d'un individu. Mes goûts sont
subjectifs. « Je n'aime pas les carottes » est un énoncé subjectif.
L'objectivité — c'est ce qui tente de se rapprocher de la réalité des choses. « La Terre tourne autour du
Soleil » est un énoncé objectif.
La conscience est par nature subjective — mais cela ne l'empêche pas de viser l'objectivité. Se regarder
soi-même avec honnêteté, sans complaisance ni sévérité — c'est l'un des défis les plus difficiles de
l'existence humaine. Et c'est là qu'intervient l'inconscient — car il perturbe cette objectivité en introduisant
des angles morts que nous ne voyons pas.
■ ABDOU RAHMANE DIALLO
Partie III — Conscience, Liberté et Responsabilité
PARTIE III — CONSCIENCE, LIBERTÉ ET RESPONSABILITÉ
III.A. La conscience comme fondement de la liberté
La conscience n'est pas seulement une faculté de connaissance — elle est le fondement de notre liberté
et de notre responsabilité. C'est parce que je suis conscient de mes actes que je peux en être tenu
responsable. Ce principe est le fondement de toute morale et de tout système juridique.
Prendre conscience de quelque chose — d'une injustice, d'une faiblesse, d'une erreur — c'est déjà
commencer à changer. L'injonction du temple de Delphes — « Connais-toi toi-même » — n'est pas une
invitation à la contemplation. C'est un appel à la transformation.
III.B. Spinoza — L'ignorance de nos déterminismes
Baruch Spinoza (1632–1677) avait déjà pressenti la limite de la conscience avec une formule saisissante
:
« Les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs désirs et ignorants des
causes qui les déterminent. »
— Spinoza
Nous nous croyons libres non parce que nous le sommes vraiment — mais parce que nous ignorons ce
qui nous fait agir. La vraie liberté consiste à connaître ses déterminismes pour ne plus en être l'esclave
inconscient.
III.C. Sartre — La liberté radicale et la mauvaise foi
Jean-Paul Sartre (1905–1980) pousse la réflexion sur la liberté à son extrême radical. Pour lui, l'homme
n'a pas de nature préfabriquée — l'existence précède l'essence.
« L'homme est condamné à être libre. »
— Sartre
« L'homme est ce qu'il se fait. »
— Sartre
La liberté n'est pas un cadeau — c'est un fardeau. À chaque instant — l'homme choisit. Même ne pas
choisir, c'est encore un choix. Cette liberté totale implique une responsabilité totale.
Sartre critique la mauvaise foi — cette tendance à se mentir à soi-même pour fuir sa liberté :
« Tout homme qui se réfugie derrière l'inconscient est un homme de mauvaise foi. »
— Sartre
III.D. Transition vers l'inconscient
Mais la conscience voit-elle vraiment tout ? La liberté est-elle vraiment totale ? C'est là que le débat
devient passionnant. Car si la conscience est le fondement de la liberté — elle en est aussi parfois la
limite. Elle règne — mais elle ne gouverne pas seule.
Je laisse maintenant la parole à Cheikh Ahmadou Bamba pour la partie sur l'inconscient.
■ CHEIKH AHMADOU BAMBA CAMARA
Partie IV — L'Inconscient et Freud + Conclusion
PARTIE IV — L'INCONSCIENT ET FREUD
IV.A. Avant Freud — Ce qu'on croyait
Pendant des siècles, tout le monde partageait une même certitude : l'homme est maître de lui-même.
Descartes l'avait dit : le sujet est transparent à lui-même. C'était beau. C'était rassurant. Mais selon Freud
— c'était faux.
Deux philosophes avaient pourtant pressenti cette fausseté. Spinoza avait dit que nous ignorons les
causes qui nous déterminent. Leibniz parlait de « petites perceptions » — des influences invisibles qui
agissent sur nous sans qu'on le sache. Mais c'est Freud qui allait tout prouver — scientifiquement et
cliniquement.
IV.B. Freud — La révolution psychanalytique
Sigmund Freud (1856–1939) est médecin neurologiste à Vienne. Face à ses patients souffrant de
paralysies inexpliquées, de phobies irrationnelles, de comportements incompréhensibles — il fait une
découverte qui va bouleverser non seulement la médecine, mais la philosophie, la littérature, l'art et la
façon dont l'humanité entière se comprend elle-même.
« Les données de la conscience sont extrêmement lacunaires ; notre expérience quotidienne
nous met en présence d'idées qui nous viennent sans que nous en connaissions l'origine. »
— Freud, La Métapsychologie (1915)
« Toute vie affective est marquée par des empreintes inconscientes. »
— Freud
Premier exemple. Une femme est paralysée du bras sans aucune cause physique — qui guérit le jour où
elle revit un traumatisme enfoui depuis l'enfance. Un souvenir que sa conscience avait effacé — mais que
son corps n'avait jamais oublié.
Deuxième exemple. Un homme respectable rêve chaque nuit d'étrangler son propre père — et le matin
nie toute hostilité envers lui. Il ne ment pas. Il ne sait tout simplement pas.
Ces phénomènes pensent. Ces phénomènes agissent. Ces phénomènes souffrent. Mais ils ne sont pas
conscients. Nous sommes comme des icebergs — ce que nous voyons à la surface n'est pas ce qui nous
porte.
« Le moi n'est pas maître dans sa propre maison. »
— Freud
IV.C. La structure du psychisme — Le Ça, le Moi, le Surmoi
Freud propose une cartographie précise du psychisme humain à travers trois instances fondamentales
en conflit permanent :
LE ÇA LE MOI LE SURMOI
Réservoir des pulsions Instance consciente et rationnelle. Voix de la morale et de l'interdit.
inconscientes. Principe de plaisir Principe de réalité — compose Formé par l'intériorisation des règles
— satisfaction immédiate. Part avec le monde. Notre visage public parentales. Juge et censure par la
animale, brute, aveugle. et social. culpabilité.
Ces trois instances sont en conflit permanent. Le Ça veut. Le Surmoi interdit. Le Moi arbitre. Et c'est de
ce conflit que naissent nos angoisses, nos rêves, nos symptômes et parfois nos névroses.
IV.D. Les manifestations de l'inconscient
L'inconscient ne reste pas silencieux. Il parle — mais autrement. Quatre manifestations principales :
La « voie royale » vers l'inconscient selon Freud. Pendant le sommeil, la censure
■ LES RÊVES du Moi se relâche et les désirs refoulés s'expriment de façon déguisée et
symbolique. Un rêve n'est jamais anodin.
Erreurs de langage qui révèlent une pensée cachée. Appeler son professeur « papa
■ LES LAPSUS », dire le nom de son ex — rien n'est anodin pour Freud. Le mot qui dérape dit
souvent la vérité que la bouche n'ose pas prononcer.
Oublier un rendez-vous, perdre un objet, arriver en retard — on « oublie » ce
■ LES ACTES
qu'inconsciemment on ne veut pas faire. L'acte manqué est un acte réussi par
MANQUÉS
l'inconscient.
Angoisses, phobies, obsessions — troubles causés par des conflits inconscients
■ LES NÉVROSES non résolus. Quand on ne laisse pas parler l'inconscient — il parle quand même.
Mais plus fort.
IV.E. La psychanalyse — Chemin vers la liberté
On pourrait croire que reconnaître l'inconscient, c'est condamner l'homme — dire qu'il n'est pas libre. Mais
ce n'est pas ce que Freud dit.
L'objectif de la psychanalyse est de rendre conscient ce qui est inconscient — de faire entrer dans la
lumière ce qui vivait dans l'ombre. Par la cure analytique — ce long travail de parole libre — le patient
explore ses profondeurs, comprend pourquoi il agit ainsi. Et cette compréhension le libère.
« Un autre moi me conduit, qui me connaît et que je ne connais pas. »
— Alain — mais la psychanalyse permet de le connaître
Celui qui ignore ses déterminismes en est prisonnier sans le savoir. Celui qui les connaît peut commencer
à s'en affranchir. Plus on se connaît — plus on est libre. C'est le paradoxe magnifique de Freud.
CONCLUSION GÉNÉRALE
Nous voilà au terme de ce parcours. La conscience et l'inconscient ne sont pas deux ennemis — ils sont
deux dimensions complémentaires d'une même réalité psychique.
La conscience est réelle, irréductible, fondamentale. Sans elle — pas de sujet, pas de liberté, pas de
responsabilité. Descartes avait raison sur ce point.
Mais Freud nous a appris qu'elle ne couvre pas tout. En dessous de cette lumière, il y a une profondeur
obscure et active — l'inconscient — qui influence notre comportement bien plus que nous ne le pensons.
Et Sartre nous rappelle que malgré tout cela — l'homme reste libre. Pas d'une liberté naïve et aveugle —
mais d'une liberté conquise par la connaissance de soi.
« La conscience règne, mais ne gouverne pas. »
— Paul Valéry