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Le rapport présente les avancées récentes dans l'observation des glissements de terrain grâce aux nouvelles technologies d'instrumentation à distance. Ces techniques, bien que prometteuses, offrent des avantages et des limites par rapport aux méthodes traditionnelles in situ. L'objectif est de favoriser leur utilisation pour le suivi des glissements tant dans un cadre de recherche que d'application opérationnelle.

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Le rapport présente les avancées récentes dans l'observation des glissements de terrain grâce aux nouvelles technologies d'instrumentation à distance. Ces techniques, bien que prometteuses, offrent des avantages et des limites par rapport aux méthodes traditionnelles in situ. L'objectif est de favoriser leur utilisation pour le suivi des glissements tant dans un cadre de recherche que d'application opérationnelle.

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Rapport

Observation des glissements de terrain


Nouvelles technologies d'instrumentation à
distance
Novembre 2016

C14TE0086-05

Rapport conçu sous système de


management de la qualité certifié BCS
Cerema Centre-Est Département Laboratoire de Lyon

Rapport établi par : Mélanie PONCET

Vu et vérifié par Gilles Gauthier


Directeur du Département Laboratoire de Lyon

Date Version Commentaires


07/09/2016 V0 Rédigée par M. Poncet
23/092016 V1 Validée par J-P. Duranthon et M-A. Chanut
02/11/2016 V2 Validée par M. Feregotto et G. Rul

Page 2/50
Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à distance - Novembre 2016
Cerema Centre-Est Département Laboratoire de Lyon

Récapitulatif de l'affaire
Client : Jean-Michel TANGUY
CGDD/DRI
Tour Séquoia
92055 La Défense Cedex
Objet de l'étude : Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à
distance
Résumé de la commande : Rapport bibliographique concernant les nouvelles technologies et les récentes
évolutions dans le domaine de l'instrumentation à distance des glissements de terrain.
Référence dossier : Affaire C14TE0086-05
Offre :
Accord client :
Communicabilité : Libre (avec acceptation préalable du commanditaire dans le contrat)
✘ Contrôlée (communiquée uniquement avec l'autorisation du commanditaire à posteriori)
Confidentielle (non référencée dans IsaWeb)
Chargé d'affaire : Mélanie PONCET – Département Laboratoire de Lyon
Tél. 04 72 14 33 64 / Fax +33 (0)4 72 14 30 77
Courriel : [Link]@[Link]
Constitution de l'équipe :

Mots Clés : Risques Naturels, Glissements de terrain, Instrumentation, Innovation,


Télédétection, InSAR, Photogrammétrie, Lidar
ISRN :

Liste des destinataires

Contact Adresse Nombre - Type


Jean-Michel TANGUY CGDD/DRI 1 ex papier
Tour Séquoia 1 ex pdf
92055 La Défense Cedex

Conclusion – Résumé
Les techniques de télédétection appliquées à l'observation des glissements de terrain sont en fort développement et
permettent d'avoir des précisions de mesure très importantes. Elles offrent des avantages par rapport aux techniques
in situ mais présentent également des limites, pour certaines indépassables.
Leur fort potentiel de développement devrait cependant amener à la démocratisation de leur utilisation pour le suivi des
glissements de terrain, dans des objectifs tant de recherche qu’opérationnels.

Bron, le
Le Directeur du Département Laboratoire de Lyon

Gilles Gauthier
Directeur du Département Laboratoire de Lyon

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Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à distance - Novembre 2016
Cerema Centre-Est Département Laboratoire de Lyon

Sommaire
Introduction - Généralités.....................................................................5
1 – L’observation des glissements de terrain..............................................................6

2 – Spécificités de l’instrumentation à distance..........................................................9

Capteurs optiques passifs..................................................................11


1 - Présentation.............................................................................................................11

2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques passifs à des fins
de suivi...........................................................................................................................16

Capteurs optiques actifs.....................................................................22


1 - Présentation.............................................................................................................22

2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques actifs à des fins de
suivi................................................................................................................................25

Capteurs micro-ondes actifs..............................................................31


1 - Généralités...............................................................................................................31

2 - Exploitation des données fournies par capteurs actifs micro-ondes à des fins
de suivi...........................................................................................................................39

Conclusion – Perspectives.................................................................46
Défis et évolutions probables à court terme..............................................................46

Conclusion.....................................................................................................................48

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Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à distance - Novembre 2016
Cerema Centre-Est Département Laboratoire de Lyon

Introduction - Généralités

Le domaine de l’instrumentation des glissements de terrain à distance est un


champ en plein essor. L’ensemble des techniques se développe de manière rapide
depuis le début des années 2000. Ces progrès sont liés à la conjugaison de
plusieurs facteurs : développement des capacités des capteurs, développement des
plateformes (satellites, drones), développement des moyens de traitement
informatique des données.
Ce rapport a pour objet :
• de recenser les principales innovations récentes en matière d’instrumentation à
distance des glissements de terrain,
• d’analyser succinctement ce qu’elles apportent ou peuvent apporter,
• de souligner leurs atouts et limites dans l’état actuel de leur développement,
• d’appréhender leur développement à court ou moyen terme.
Il fait suite au rapport « Observation des glissements de terrain – Nouvelles
technologies d’instrumentation in situ » de mars 2015.

Après un bref rappel de définitions et des techniques usuelles d’instrumentation,


ce rapport présente :
• les techniques utilisant des capteurs optiques passifs (photographie),
• les techniques utilisant des capteurs optiques actifs (laser),
• les techniques utilisant des capteurs micro-ondes actifs (radars).

Les technologies peuvent reposer parfois sur des principes physiques complexes.
Elles sont présentées ici de manière succincte, afin d’être compréhensibles par
des non-spécialistes. Pour compléter ou approfondir les connaissances, des
références1 – non exhaustives – sont citées en fin de chaque partie.

1 Un nombre important de références sont issues de publications dans le cadre du Service National d'Observation
OMIV (Observatoire Multidisciplinaire des Instabilités de Versant)

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Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à distance - Novembre 2016
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1 – L’observation des glissements de terrain

Un rappel des définitions principales et de la terminologie utilisée est présenté


dans cette partie. Pour plus de détails, se référer au rapport « Observation des
glissements de terrain – Nouvelles technologies d’instrumentation in situ » de
mars 2015 du Cerema Centre-Est.

Un glissement de terrain correspond au déplacement d’une masse de terrains


meubles ou rocheux le long d’une surface de rupture (plane, circulaire ou
quelconque).

1 – Finalités L’observation des glissements a deux finalités :


• Une finalité scientifique : la compréhension du phénomène,
• Une finalité opérationnelle : la gestion du risque,
- pour agir sur l’aléa (dimensionnement de parade),
- pour agir sur l’enjeu (surveillance).

2 – Objectifs L’observation des glissements s’organise en trois objectifs, qui peuvent être trois
étapes dans le suivi d’un site instable :

1 – Analyser le La première étape est l’analyse du contexte général - état des lieux des
contexte général du connaissances du site et de son environnement - pour obtenir une première image
site du site afin de choisir les moyens d’observation (techniques et humains) adaptés.
Cet état des lieux nécessite la collecte des données (géologie, climatologie,
géomorphologie, historique du site, sites similaires, etc.), sur un secteur
géographique plus large que le site seul.

2 – Obtenir une image Un deuxième objectif est l’obtention d’une image du site, de son état à l’instant t.
du site à l’instant t Cette étape doit être faite avant de commencer un suivi afin de qualifier l’état
initial du site et d’obtenir les valeurs de référence. Cette investigation du
glissement a pour but d’obtenir un modèle géométrique, géologique,
géotechnique et hydrogéologique du site.

Moyens d’investigation des glissements de terrain (à un instant donné)


En surface Visite de terrain, télédétection, topographie
En Reconnaissances géotechniques et géophysiques, instrumentation in
profondeur situ
Des
Reconnaissances géotechniques, géophysiques et hydrogéologiques,
conditions
visites de terrain, instrumentation
hydrauliques

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1 – L’observation des glissements de terrain (suite)


2 – Objectifs (suite)

3 – Suivre l’évolution Examen périodique du site et recueil de données qualitatives et quantitatives


du site permettant d’apprécier son évolution. Il nécessite l’instrumentation du site ou
son monitoring.
Le type d’instrumentation, la périodicité des relevés et les délais de transmission
et d’interprétation des données sont spécifiques à chaque site et dépendent de
l’objectif poursuivi.

Moyens de suivi des glissements de terrain (évolution dans le temps)


Instrumentation in situ et instrumentation à distance (cf. 1.3.3),
En surface
levers de terrain réguliers
En
Instrumentation géotechnique et instrumentation géophysique
profondeur
Des conditions Instrumentation géotechnique et instrumentation géophysique,
hydrauliques levers de terrain réguliers, relevés météorologiques

Le monitoring d’un site peut aussi avoir une finalité de gestion du risque. On
parle alors de système de surveillance. L’équipement instrumental est plus
conséquent et s’accompagne souvent de systèmes de comunication et d’alerte.

3 – L’instrumentation L’instrumentation est la « mise en place d’un équipement instrumental dans


des glissements de une structure de génie civil ou géologique en vue d’en connaître le
terrain comportement. » (Larousse)
Pour les techniques d’intrumentation par télédétection, cependant, l’équipement
instrumental n’est pas localisé dans la structure, mais à distance.

1 – Chaîne Le terme d’équipement instrumental comprend les capteurs mais également tous
d’instrumentation les dispositifs de gestion des données. On définit ainsi souvent une chaîne
d’instrumentation constituée de :

Grandeur physique à mesurer

Capteur

Conditionnement et Traitement du signal

Exploitation

La partie de conditionnement et de traitement du signal est particulièrement


importante en télédétection, puisque la grandeur physique mesurée (onde) est de
nature très différente de la grandeur physique recherchée (distance ou
déplacement).

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Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à distance - Novembre 2016
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1 – L’observation des glissements de terrain (suite)


3 – L’instrumentation
des glissements de
terrain (suite)

2 – Familles Les techniques d’instrumentation sont couramment classées en quatre grandes


d’instrumentation familles :
• géodésie,
• géotechnique,
• télédétection,
• géophysique.
Pour un panorama des méthodes les plus usuelles dans ces familles, se référer au
rapport 2015, pour un panorama complet aux rapports Safeland, ClimChAlp et
Riskhydrogeo dont les références sont en fin de chapitre.

3 – Instrumentation in On différencie généralement l’instrumentation in situ de l’instrumentation à


situ, instrumentation à distance. Le présent rapport se focalise sur l’instrumentation à distance.
distance

Familles Domaines
L’instrument de mesure
– Surface
est en contact direct avec – Géotechnique
Instrumentation le glissement, la mesure – Profondeur
– Géophysique
in situ est généralement
– Conditions
effectuée à l’endroit où se – Géodésie (GPS)
hydrauliques
situe l’instrument
L’instrument de mesure – Télédétection
Instrumentation
est situé à distance du – Surface
à distance – Géodésie
point mesuré

La différenciation de ces deux catégories est pertinente du point de vue de la mise


en place et de la gestion du matériel. L’installation de capteurs sur le site se heurte
effectivement souvent à des considérations d’ordre pratique (sécurité et
accessibilité du site, dégradations du matériel, autonomie énergétique, etc.)

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Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à distance - Novembre 2016
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2 – Spécificités de l’instrumentation à distance

1 – Définitions Le terme anglophone correspondant est « Remote sensing techniques »,


littéralement « techniques de détection à distance » ou télédétection.
Au sens large, cela inclut toute technique permettant de définir des
caractéristiques de certains points du glissement à partir de mesures effectuées
sans contact matériel avec ces points. Cela pourrait donc inclure certaines
techniques géophysiques in situ.
Au sens restreint, que l’on retient ici, il s’agit de mesures effectuées sans contact
matériel avec le glissement dans son ensemble.
De manière générale, les mesures effectuées sont des mesures d’une onde
électromagnétique réfléchie (ou rétro-diffusée) par les points que l’on cherche à
caractériser.

2 – Classification Les techniques de télédétection appliquées à l’instrumentation des glissements de


terrain peuvent être classées selon différents paramètres :

1 – Méthodes actives / Les méthodes passives sont celles qui mesurent les ondes électromagnétiques
passives naturellement émises par le soleil et réfléchies par la surface terrestre. Il s’agit
des longueurs d’onde qui ont la plus grande intensité dans le spectre solaire
arrivant au niveau de la surface terrestre, c’est-à-dire du visible et du proche
infra-rouge.
Les méthodes actives sont celles qui mesurent des ondes électromagnétiques
émises par un dispositif et réfléchies par la surface terrestre (longueurs d’onde
du visible, de l’infra-rouge, des micro-ondes).

3 – Autres Les différentes méthodes, selon l’approche comparative choisie, peuvent être
classifications des classées selon un ou plusieurs des critères suivants :
méthodes

La longueur d’onde utilisée Visible, Infrarouge, Radar


La plateforme Terrestre, Aéroporté (avion, drone), Satellitaire
Distance, Coordonnées 3D, Rayonnement de la
La grandeur physique mesurée
surface
Leur précision Du mm au m
Leur résolution spatiale Nombre de points au m²
Leur résolution temporelle De la seconde à l’année

3 – Paramètres La télédétection permet de caractériser le comportement de la surface du


mesurés glissement, selon deux types d’informations :
• une information visuelle sur la morphologie du glissement et son évolution
dans le temps (ouverture de fissures, apparition de bourrelets),
• une quantification de l’amplitude, de la vitesse et de la direction des
déplacements de surface.

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2 – Spécificités de l’instrumentation à distance (suite)

4 – Choix des Les techniques de télédétection appropriées à l’étude des mouvements de terrain
méthodes sont nombreuses, mais le choix d’une ou plusieurs techniques d’instrumentation
d’instrumentation appropriée à un glissement en particulier va dépendre :
• des conditions de site (exposition, nature de la surface),
• de la taille et de la vitesse du glissement,
• de l’objectif de l’instrumentation (suivi scientifique ou opérationnel) et de la
précision des mesures attendue.
Il faut cependant voir que les recommandations qui sont valables aujourd’hui
peuvent changer en raison de l’évolution rapide des techniques, de la disponibilité
croissante des données et de la diminution de leur temps de traitement.

5 – Références Michoud, C., Abellán, A., Derron, M. H., & Jaboyedoff, M. (2010). SafeLand
Deliverable D4.1: review of techniques for landslide detection, fast
characterization, rapid mapping and long-term monitoring.
Settles, E., Göttle, A., & Von Poschinger, A. (2008). Slope monitoring methods-a
state of the art report. ClimChalp, Interreg III B Alpine Space, Work package 6.

Dans la suite du rapport, les différentes méthodes sont présentées selon :

Emission de l’onde Longueur d’onde Méthodes


Corrélation d’images terrestres
Corrélation d’images aériennes
Corrélation d’images satellites
Méthodes passives Optique
Photogrammétrie terrestre
Photogrammétrie aérienne
Photogrammétrie satellite
Stations totales
Optique Scanner laser terrestre
Scanner laser aéroporté
Méthodes actives Interférométrie radar satellitaire
Corrélation d’images radar satellitaires
Micro-ondes
Interférométrie radar terrestre
Distancemètre radar terrestre

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Capteurs optiques passifs


1 - Présentation
1 – Image optique en Les images optiques (satellites, aériennes ou terrestres) sont utilisées depuis
télédétection longtemps dans le domaine des mouvements de terrain. Elles permettent de
décrire un glissement et son évolution morphologique au cours du temps, de
manière qualitative. L’utilisation de la vision en trois dimensions par les méthodes
stéréographiques est fréquente.
L’utilisation des images optiques de manière quantitative pour la mesure des
déplacements, déformations ou vitesses est en revanche plus récente.

1 - Capteurs optiques Les capteurs optiques classiques mesurent des bandes de fréquence dans le
visible, parfois des bandes dans le proche infrarouge.
L'avantage principal des méthodes passives est l'absence d'un dispositif
d'émission des ondes, et donc la miniaturisation possible des instruments. Ces
capteurs sont ainsi adaptés à tout type de plateforme.
Un élément important également est l'apport des couleurs pour l'interprétation
géologique ou géomorphologiques, comparativement aux méthodes laser (nuages
de points) ou radar.

2 – Conditions météo L'inconvénient principal de l'ensemble de ces capteurs est l'absence de mesure
en conditions météorologiques dégradées (nuages, pluie, brouillard) ou avec
une luminosité trop faible (nuit), et ce quelle que soit le type de plateforme
(terrestre, aéroportée ou satellitaire). La fréquence possible d'acquisition d'images
exploitables est ainsi diminuée d'autant. Cette fréquence insuffisante est d'autant
plus problématique pour les techniques utilisant les images satellitaires, puisque
les prises de vues peuvent plus difficilement être programmées.
Or, sous les latitudes européennes, l’occurrence de la plupart des glissements de
terrain est souvent liée à la pluviométrie, en particulier aux événements se
produisant en fin d'automne ou au début du printemps quand les sols sont saturés,
c'est-à-dire lorsque les jours sont plus courts et les conditions météorologiques
dégradées.
Cette limite intrinsèque des méthodes optiques passives n'est pas dépassable par
de futurs progrès technologiques. Ces méthodes ne peuvent donc pas constituer le
cœur d'un dispositif de surveillance optimal, même si elles peuvent être parfois
suffisantes, selon l’objectif fixé.

3 – Images Les images utilisées actuellement sont quasiment toutes des images numériques et
numériques et leur qualité rejoint aujourd’hui la qualité des images analogiques.
numérisation
Les images analogiques représentent cependant l’ensemble des photographies
historiques, en particulier aériennes. Leur utilisation est fréquente pour une
analyse des glissements sur une grande échelle de temps. Elles nécessitent d’être
numérisées avec des scanners de grande qualité, afin de pouvoir être comparées
aux images numériques de campagnes récentes par des méthodes de traitement
informatiques.
En France, les images issues des campagnes photographiques analogiques
réalisées par l’IGN avant 2005 font l’objet d’une numérisation avec une
résolution de 50 cm (1 pixel correspond à 0,5 m).

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1 - Présentation (suite)
1 – Image optique en
télédétection (suite)

4 - Correction Les images nécessitent une correction géométrique afin de pouvoir être
géométrique rapportées à un système de coordonnées. Pour les images satellitaires ou
aériennes classiques (avion), cette correction est généralement réalisée par les
fournisseurs des données.
Pour les images prises depuis le sol ou depuis basse altitude (drones), en
particulier avec des appareils photo « du commerce » (non métriques), la
correction est à réaliser par l’opérateur. Les auto-calibrages des appareils
semblent cependant suffisants pour obtenir la précision souhaitée.

5 - Orthorectification Les images doivent être ortho rectifiées, en particulier lorsqu’elles ne sont pas
prises de manière verticale par rapport au point considéré.
Cette correction peut être réalisée grâce à des solutions généralistes, avec une
précision de l’ordre du mètre. Pour les finalités d’instrumentation et de suivi d’un
glissement, cette précision est souvent insuffisante. Il faut alors réaliser un
modèle numérique de terrain (MNT) de haute résolution.
Théoriquement, pour obtenir des valeurs de déplacement les plus proches de la
réalité, il faudrait un MNT réalisé au moment de chaque prise de vue, mais cela
est rarement possible.

6 - Vidéos L’utilisation de la vidéo comme méthode d’instrumentation est également en


développement. Cependant, compte tenu des vitesses de mouvement concernées,
elle s’applique plutôt aux mouvements de type éboulement et coulées boueuses et
dans une finalité de compréhension du phénomène (qualitatif) plutôt que de
mesure (quantitatif).

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1 - Présentation (suite)

2 - Plateformes Les images utilisées en télédétection peuvent être prises depuis des plateformes
satellite, aérienne ou terrestre.

Satellitaire Les satellites d’observation de la Terre fournissant des images optiques sont très
nombreux. Tous les satellites ne sont pas équivalents : ils diffèrent par leur
résolution, leur période de revisite, les bandes spectrales utilisées (du visible à
l’infrarouge), etc. La liste suivante présente ceux dont les données sont le plus
fréquemment utilisées.

Organisme Satellites Depuis Résolution


SPOT 1-4 1986 10 m
SPOT 5 2002 2,5 m
CNES (FR)
SPOT 6-7 2012 1,5 m
Pléiades (1A et 1B) 2012 0,5 m
ESA (UE) Sentinel 2 2015 10 m
Quickbird (2) 2001 0,65 m
DigitalGlobe (US) Geoeye (1) 2009 0,4-0,5 m
Worldview (1, 2 et 3) 2007 0,5 m
NASA/USGS (US) Landsat (8) 2013 15 m

La France, via le CNES, possède une grande quantité de satellites optiques


d’observation. Les satellites de la constellation Pléiades permettent d’obtenir
des images de haute résolution (0,5 m), tandis que ceux de la constellation
SPOT permettent de remonter jusqu’en 1986.
Actuellement, un projet Equipex2 en cours, Geosud3, « vise à développer une
infrastructure nationale de données satellitaires accessible gratuitement par la
communauté scientifique et les acteurs publics ». Coordonné par l’Irstea, il
permet aux acteurs publics d’avoir accès gratuitement à certaines images
satellites et facilite leur utilisation.
Il est également à noter que les données de l’ESA issues des satellites Sentinel
sont gratuites (résolution de 10 m).

Satelitte Sentinel-2
Source : Wikimedia Commons

2 Programme de recherche faisant partie des « Investissements d'Avenir », destiné à financer en France des
équipements scientifiques de qualité, conformes aux standards internationaux.
3 [Link]

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Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à distance - Novembre 2016
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1 - Présentation (suite)
2 - Plateformes (suite)

Aérienne Les prises de vue aériennes par avion ont fait l’objet de campagnes systématiques
en France depuis la seconde guerre mondiale. L’avantage de ces photographies
réside dans :
• leur prise de vue : les images sont prises orthogonalement au sol,
géoréférencées, par couples stéréographiques,
• l’existence d’archives, parfois depuis les années 40.
En revanche, l’échelle temporelle et spatiale de ces campagnes est insuffisante
pour leur utilisation en surveillance. La réalisation de campagnes spécifiques à
un glissement est possible, mais le coût financier est souvent prohibitif.

Drone OktoKopter équipé d'un appareil photographique


Source : Wikimedia Commons

Pour remédier à ce problème, l’utilisation de drones (ou UAV pour Unmanned


Aerial Vehicle) est de plus en plus fréquente. Ceux-ci permettent de choisir
l’angle ou la distance de prise de vue. Ils se heurtent cependant à des difficultés
dans la correction de la position du drone, d’autant plus que leur trajectoire est
souvent plus erratique que celle d’un avion.
La question des autorisations de vol de ces appareils est également un point non
négligeable, en particulier en France où la législation est assez restrictive.

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Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à distance - Novembre 2016
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1 - Présentation (suite)
2 - Plateformes (suite)

Terrestre Les images optiques terrestres sont le plus souvent prises avec des appareils photo
du commerce de bonne qualité.
Généralement, afin d’éviter trop de traitement de données, l’appareil est fixé sur
un socle, dans une zone stable, protégée et avec une vue sur le glissement.
Ces conditions sont cependant difficiles à remplir pour tous les sites instables. Les
prises de vues successives peuvent alors être effectuées d’un endroit différent,
mais cela diminue de manière assez importante la précision des mesures réalisées
par la suite.

Appareil photographique à demeure en face du glissement de Super Sauze (Traveletti et al.,


2012)

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


passifs à des fins de suivi

Les méthodes de suivi des glissements par capteurs optiques passifs sont de deux
sortes :
• la corrélation d’images, qui est un traitement en 2D de l’image,
• la photogrammétrie, qui permet de reconstruire des modèles 3D du terrain.

1 – Corrélation La corrélation d’images numériques ou Digital Image Correlation (DIC) est une
d’images méthode optique qui permet de mesurer les déplacements entre deux images dans
le plan de l’image.

1 - Principe général La corrélation d'images numériques est une méthode couramment utilisée dans la
science des matériaux pour mesurer les déformations d'échantillons en
laboratoire. Elle permet d’obtenir les déplacements en deux dimensions.
Pour la télédétection, les algorithmes utilisés permettent d'obtenir un champ de
déplacement continu sur l'ensemble de la surface considérée en 2D. Une
projection sur la surface topographique peut permettre de retrouver les
déplacements en 3 dimensions.
Les images source peuvent être issues de toutes les plateformes : satellitaire,
aéroporté ou terrestre. Pour une utilisation en surveillance des glissements à partir
d'images satellitaires, une résolution minimale de 2,5 m est nécessaire.
Il existe différents algorithmes de corrélation d'images, plus ou moins précis.
Cependant, l'influence de la qualité (résolution et précision) des données de base
est bien plus importante que l'algorithme choisi. Ces algorithmes de corrélation
permettent d'avoir une précision de mesure d'environ 1/5è de pixel
(« corrélation sous-pixel »).
La présence de végétation ou la modification de l'apparence du glissement peut
créer des problèmes de décorrélation entre images. Ces techniques restent
cependant moins sensibles que les méthodes par interférommétrie radar (InSAR)
et permettent de réaliser des mesures de déplacements plus importants.
Pour l’obtention des déplacements en 3 dimensions, la qualité du MNT utilisé et
sa contemporanéité de la prise d'images sont également de grande importance
pour la précision des mesures fournies. Ces MNT peuvent être issus de techniques
de photogrammétrie ou de relevés Lidar.

Mouvements horizontaux Mouvements verticaux Déplacements totaux > 50 cm

Corrélation d’images terrestres sur le site du versant instable de Séchilienne (38) ayant
permis de détecter la zone de départ d’un éboulement (16-20 juillet 2011)

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


passifs à des fins de suivi (suite)
1 – Corrélation
d’images (suite)

2 – Corrélation La corrélation d'images terrestres est effectuée à partir de photographies


d'images terrestres numériques prises par un appareil du commerce placé à demeure, fixé et protégé.
La similarité de l'angle de vue est en effet très importante pour éviter des
phénomènes de décorrélation (Travelletti et al., 2012).
Les avantages principaux de cette méthode sont son coût faible et la forte
résolution temporelle possible (jusqu'à 24 images par secondes).
Ses inconvénients principaux, en plus de ceux inhérents aux images du visible,
sont l'absence d'algorithmes de traitement simples et la difficulté à trouver un
point de vue sur le glissement suffisamment proche et dégagé. La suppression des
images prises en conditions dégradées et donc non exploitables doit le plus
souvent être faite ou contrôlée manuellement.

Champ de déplacement du glissement de Super Sauze (04) obtenu par corrélation d'images
terrestres (Travelletti et al., 2012)

3 - Corrélation La corrélation d'images aériennes peut être effectuée à partir des images aériennes
d'images aériennes historiques, permettant de retrouver l'historique du glissement. Cependant,
compte tenu des différences entre les différents jeux de données, l'automatisation
est très complexe car elle nécessite d'effectuer a minima un contrôle visuel, voire
un pré-traitement manuel des images en sélectionnant les points de contrôle.
Compte tenu des coûts, il est impossible d'effectuer une surveillance de
glissement par des campagnes successives de photographies aériennes.
Une alternative consiste à utiliser les drones (Lucieer et al., 2014). Il est alors
nécessaire de constituer des orthomosaiques à partir des différentes prises de
vues. Si les prises de vue ne sont pas faites depuis le même point, un traitement
3D (photogrammétrie) est nécessaire, avant de pouvoir extraire une image 2D
orthogonale. Il y a donc de forts risques de perte d'information lors de ces
traitements successifs.

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


passifs à des fins de suivi (suite)
1 – Corrélation
d’images (suite)

4 - Corrélation La corrélation d'images satellitaires est utilisée pour la cartographie de l'aléa,


d'images satellitaires étant donné les échelles des images, mais assez peu en instrumentation et
surveillance des glissements.
Les raisons sont principalement liées aux données (accès, taille des fichiers,
absence d'algorithmes). De plus, la résolution et le temps de revisite des satellites
ne permet pas forcément d'avoir les données adaptées à la mesure des
déplacements sur tout type de glissement.
L'utilisation des images Pléiades de grande résolution permettrait d'avoir une
précision de l'ordre de 0,13 m sur les déplacements (Stumpf et al., 2014).

Champ de déplacement du glissement de La Valette (04) obtenu par corrélation d'images


Pléiades (Stumpf et al., 2014)

5 - Références Travelletti, J., Delacourt, C., Allemand, P., Malet, J. P., Schmittbuhl, J., Toussaint,
R., & Bastard, M. (2012). Correlation of multi-temporal ground-based optical
images for landslide monitoring: Application, potential and limitations. ISPRS
Journal of Photogrammetry and Remote Sensing, 70, 39-55.
Lucieer, A., De Jong, S.M., & Turner, D. (2014). Mapping landslide
displacements using Structure from Motion (SfM) and image correlation of multi-
temporal UAV photography. Progress in Physical Geography, 38(1), 97–116,
Stumpf, A., Malet, J. P., Allemand, P., & Ulrich, P. (2014). Surface reconstruction
and landslide displacement measurements with Pléiades satellite images. ISPRS
Journal of Photogrammetry and Remote Sensing, 95, 1-12.

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


passifs à des fins de suivi (suite)

2 - Photogrammétrie La photogrammétrie consiste en la génération d’un nuage de points 3D de la


surface étudiée, à deux moments donnés, et leur comparaison entre eux.

1 – Principe Les MNT sont obtenus par l’utilisation d’au minimum deux images du même site,
avec des angles de prise de vue différents mais convergeant vers l’objet étudié,
prises lors de la même campagne photographique. L’origine de ces images peut
être satellite, aérienne ou terrestre.
Les MNT construits par photogrammétrie peuvent servir pour la correction
altimétrique des méthodes de corrélation d’images, mais également directement
par leur comparaison l'un à l'autre.
La construction des modèles 3D se fait par :
• stéréoscopie : utilisation de deux images de la même scène, prises au même
moment, où le capteur est légèrement décalé (images satellitaires et aériennes),
• structure basée sur le mouvement ou SFM (Structure From Motion) :
utilisation d'une séquence d'images prise par un capteur en mouvement
(images prises par des drones, images terrestres).
La précision du nuage de points est liée au nombre de photographies exploitées et
à leur résolution.
Plusieurs logiciels sont disponibles pour le traitement photogrammétrique. Le
logiciel open source MicMac de l’IGN, fréquemment utilisé, permet d'avoir une
bonne précision, mais l'automatisation du traitement n'est pas aisée. Une
interface graphique du logiciel a été récemment développée par le Cerema
Normandie-Centre.
Afin de pouvoir comparer les images entre elles pour une vision 3D, des points
de contrôle au sol (PCS ou GCP pour Ground Control Points) sont nécessaires. Il
s'agit de traces, la plupart du temps en forme de croix, disposées sur le sol. Il est
complexe d’obtenir un MNT bien géoréférencé à partir de techniques
photogrammétriques si ces cibles ne sont pas en place.
La comparaison de deux MNT réalisés à partir de photographies prises à des dates
différentes permet d’obtenir des informations sur le mouvement : approche des
déplacements et calcul des volumes déplacés. La technique de comparaison des
nuages de points est identique à celle utilisée avec des données Lidar.

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


passifs à des fins de suivi (suite)
2 - Photogrammétrie
(suite)

2 – Photogrammétrie Les techniques de construction de modèles 3D à partir d'images terrestres


à partir d’images nécessitent de trouver les bons points de vue afin d'obtenir un nuage de points
terrestres assez dense.
Des résultats récents montrent qu'il est possible d'obtenir des précisions proches
des nuages de points obtenus par scanner laser terrestre, et pour un coût bien
moindre.

Nuages de points obtenus par photogrammétrie terrestre sur leversant instable de


Séchilienne (38) en Juillet 2014 et Juin 2015 (Cerema Centre-Est)

3 – Photogrammétrie Les campagnes d'images aériennes par avion sont, pour la plupart, réalisées de
à partir d’images manière à pouvoir effectuer un traitement stéréoscopique. Les progrès
aériennes informatiques récents permettent d'effectuer ces reconstructions 3D facilement,
avec une précision de l'ordre du décimètre. Comme pour les autres applications,
l'espacement temporel des campagnes ou le coût prohibitif de campagnes
spécifiques, ne permet pas d'utiliser cette source pour la surveillance de sites. En
plus des corrections identiques aux images terrestres, les images aériennes
nécessitent une correction atmosphérique.
L'utilisation des drones est de plus en plus plébiscitée, car elle permet de
composer des MNT d'une précision pouvant atteindre 10-15 cm (Turner et al.,
2012). D'autre part, des logiciels open source facile d'utilisation se développent et
devraient permettre dans les prochaines années l'automatisation du traitement.

Nuages de point obtenus par Lidar terrestre(A), Photogrammétrie terrestre (B) et


Photogrammétrie aérienne par drone (C) sur le glissement de Super Sauze (Rothmund, 2013)

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


passifs à des fins de suivi (suite)
2 - Photogrammétrie
(suite)

4 – Photogrammétrie Comme pour les techniques de corrélation d'images, l'utilisation d'images


à partir d’images satellites en photogrammétrie pour la surveillance des glissements est peu
satellites développée, puisqu'elle est limitée aux satellites possédant une résolution
suffisamment élevée comme les satellites Pléiades.
Leur application est plutôt dans le domaine de la cartographie de l’aléa, par la
détection à grande échelle de zones potentiellement en mouvement.

5 - Références Turner, D., Lucieer, A., & Watson, C. (2012). An automated technique for
generating georectified mosaics from ultra-high resolution unmanned aerial
vehicle (UAV) imagery, based on structure from motion (SfM) point clouds.
Remote Sensing, 4(5), 1392-1410.
Stumpf, A., Malet, J. P., Allemand, P., Pierrot-Deseilligny, M., & Skupinski, G.
(2015). Ground-based multi-view photogrammetry for the monitoring of landslide
deformation and erosion. Geomorphology, 231, 130-145.
Turner, D., Lucieer, A., & de Jong, S. M. (2015). Time series analysis of landslide
dynamics using an unmanned aerial vehicle (UAV). Remote Sensing, 7(2), 1736-
1757.
Niethammer, U., Rothmund, S., Schwaderer, U., Zeman, J., & Joswig, M. (2011).
Open source image-processing tools for low-cost UAV-based landslide
investigations. Int. Arch. Photogramm. Remote Sens. Spat. Inf. Sci, 38(1), C22.
Niethammer, U., James, M. R., Rothmund, S., Travelletti, J., & Joswig, M.
(2012). UAV-based remote sensing of the Super-Sauze landslide: Evaluation and
results. Engineering Geology, 128, 2-11.
Rothmund, S., Niethammer, U., Walter, M., & Joswig, M. (2013, April).
Comparison of DSMs acquired by terrestrial laser scanning, UAV-based aerial
images and ground-based optical images at the Super-Sauze landslide. In EGU
General Assembly Conference Abstracts (Vol. 15, p. 11358).

3 - Conclusion Les capteurs optiques passifs, quelles que soient leurs plateformes, fournissent
des informations visuelles de type photographique. Ces données sont riches en
informations, d’autant plus qu’elles sont lisibles directement par l’oeil de
l’observateur.
Des techniques de traitement de l’image 2D ou 3D permettent d’approcher les
déplacements à la surface des glissements. Malgré certains manques, en
particulier dans l’automatisation du traitement, ces méthodes sont prometteuses,
car les appareils sont de moins en moins chers, et faciles à mettre en œuvre. Elles
donnent des précisions satisfaisantes, y compris en 3 dimensions.
Ces méthodes peuvent être utilisées par exemple pour identifier des zones de
comportements différents au sein d’un même glissement et ainsi mieux
dimensionner l’instrumentation à mettre en œuvre par la suite.
L’inconvénient principal réside dans l’absence de mesure ou d’observations lors
de conditions météorologiques dégradées.

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Capteurs optiques actifs

1 - Présentation

On appelle capteurs optiques actifs des appareils de mesure émettant et


recevant des ondes du visible ou du proche infrarouge.
Deux types d’appareils utilisent ces capteurs :
• les stations totales,
• les scanner laser.

1 – Stations totales Les stations totales automatiques sont généralement désignées par les sigles
RTS (Robotic Total Stations), ATS (Automated Total Station) ou AMTS
(Automated Motorized Total Station).

1 - Fonctionnement Il s’agit de tachéomètres automatiques, c’est-à-dire d’appareils de mesure


constitués, au minimum, d’un théodolite et d’un distancemètre qui fonctionnent
de manière continue et automatisée.
Le fonctionnement de ces appareils nécessite le plus souvent des cibles installées
sur le terrain (prismes).
Le théodolite et le distancemètre sont électroniques et utilisent des longueurs
d’onde du visible ou de l’infrarouge. Ils mesurent trois paramètres pour chaque
point de visée (prisme) :
• un angle vertical,
• un angle horizontal,
• une distance.

Station totale de surveillance dans une mine (Indonésie)


Source : Wikimedia Commons

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1 - Présentation (suite)
1 – Stations totales
(suite)

2 – Matériels récents Les versions les plus récentes de stations totales, les IATS (Image Assisted Total
Stations) contiennent en plus un appareil photo et parfois une fonction scan
laser.
L’utilisation de l’image permet de réaliser des mesures sur des cibles autres que
les prismes (Reflectorless Robotic Total Station). La portée est cependant
moindre qu’avec l’utilisation de cibles et les réflecteurs naturels doivent être
suffisamment puissants, ponctuels et permanents.
Le scan laser de ces appareils est bien moins développé que ceux des TLS. Sa
vitesse d’acquisition en particulier, est beaucoup plus lente.
Les logiciels fournis avec les appareils permettent d’exploiter l’ensemble des
données, mais pas encore de manière optimale.
En surveillance, ces appareils sont utilisés pour le suivi d’affaissements en zone
urbaine lors de travaux. Des développements sont attendus et la recherche est en
cours sur le sujet, y compris pour des applications en milieu non anthropisé
(Wagner, 2016 ; Wagner et al., 2016).

IATS existantes : a) Topcon IS-3 ; b) Trimble S9 ; c) Pentax Visio ; d) Leica Nova


de Wagner et al. (2016)

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1 - Présentation (suite)

2 – Scanner laser Les scanner laser (ou LiDAR) permettent de construire des modèles numériques
de terrain de l’ensemble de la surface et sont différenciés en scanner laser
terrestre (TLS) et scanner laser aéroporté (ALS).
Le terme lidar (LIght Detection And Ranging) est composé par similarité avec le
terme radar (RAdio Detection And Ranging). Contrairement au radar, les
longueurs d’ondes utilisées sont de l’ordre du visible, du proche infra-rouge ou de
l’ultraviolet, comprises entre 500 et 1550 nm.
Le scanner laser émet une onde lumineuse qui éclaire le sol en un point. Il mesure
le temps mis par l’onde pour être rétro-diffusée. Le temps est converti en une
distance entre le scanner et un point de la zone auscultée.
Ces appareils sont capables de mesurer très rapidement une grande surface et
fournissent en sortie un nuage de points 3D, convertible en un modèle numérique
de terrain précis. La précision de celui-ci est cependant dépendante de la distance
de l’appareil, des conditions atmosphériques, de la présence ou non de végétation,
etc.

Lidar Yellowscan porté par un drone OnyxStar


Source : Wikimedia Commons

Lidar terrestre de marque Leica


Source : Wikimedia Commons

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


actifs à des fins de suivi

1 – Stations totales Les stations totales automatiques mesurent précisémment la position de prismes
installés sur le site instable. Ce sont des appareils fréquemment mis en place pour
la surveillance de glissements.

1 - Principe La comparaison des positions des prismes à différents moments donne le


déplacement relatif des objets naturels desquels ils sont solidaires. Pour obtenir
la déformation superficielle absolue, il y a donc besoin d’installer des prismes sur
une zone stable.
La mesure est continue (24/7) et elle peut être réalisée à une fréquence élevée si
nécessaire. La fréquence est limitée par le nombre de prismes et l’alimentation
électrique disponible.
La distance station-prisme maximale est de 1-2 km généralement. Certaines
données constructeur indiquent jusqu’à 5 km. Ces valeurs sont valables pour une
mesure par temps clair et permettent d’avoir une exactitude de mesure de l’ordre
du centimètre.

2 - Applications Les stations totales sont rarement utilisées seules pour la surveillance de
glissements de terrain. Une surveillance des déformations basée uniquement sur
cet outil peut toutefois être mise en place dans des cadres géotechniques, de façon
temporaire, lorsque les enjeux sont forts, que des mesures très précises sont
nécessaires, et que le site est adapté. Ce peut être le cas lorsqu’un phénomène
naturel affecte des infrastructures sensibles. Ce type de surveillance a par exemple
été mise en place après le séisme de l’Aquila pour le suivi des déformations post-
rupture affectant un réseau d’eau potable (Manconi et al., 2012).
Les stations totales ne permettent pas (encore) d’avoir une information sur les
déplacements de l’ensemble de la surface d’un glissement, mais seulement des
prismes. Pour cette raison, elles sont souvent couplées avec d’autres techniques
d’instrumentation à distance.
Elles peuvent être couplées avec du LiDAR (Corsini et al., 2013) ou du radar
terrestre (Castagnetti et al., 2013). Cependant, il est impossible d’identifier le
« centre » du prisme, celui mesuré par la station totale, avec les méthodes laser et
radar. En effet, l’ensemble du prisme forme un nuage de points de grande
réflectivité. Par conséquent le recoupement des méthodes est impossible et la
mesure par station totale permet principalement la validation des zones stables
pour le calage des modèles.

3 - Atouts L’atout principal des stations totales est leur exactitude. Il est possible d’atteindre
une mesure de la déformation en trois dimensions au millimètre près.
Théoriquement, l’exactitude peut atteindre ± 0,5 mm en positionnement (± 1 mm
dans le cas général) et ± 0,3 mm en position relative des réflecteurs. L’exactitude
de mesure dépend en particulier de la distance entre l’appareil et le prisme.
Les stations totales nécessitent peu d’entretien et ont un coût raisonnable (5-10
k€).
Comme leur nom l’indique elles sont par nature automatiques et donc conçues
pour la surveillance, y compris en temps réel, et intégrable à un système d’alerte.
Dans ce cas elles doivent cependant être couplées à des méthodes fonctionnant
également par temps dégradé.

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


actifs à des fins de suivi (suite)
1 – Stations totales
(suite)

4 - Limites Les limitations des stations totales sont liées à :


• La géométrie et la topographie du site : l’appareil doit pouvoir être
positionné pour avoir une vue directe de l’ensemble du site, à une distance si
possible inférieure à 1 km (maximum 2 km).
• Les conditions atmosphériques : la mesure peut être impossible ou perdre
grandement en exactitude en cas de trop fortes perturbations (nuages,
pollution, pluie, neige, etc).
• La connaissance du glissement : afin d’atteindre une bonne précision,
l’instrument de mesure et certains des prismes doivent être installés sur des
zones stables, identifiées au préalable.
• L’accessibilité à l’instrument de mesure : le site d’installation de la station
totale doit être accessible et protégé de tout type de dégradations.
• L’accessibilité au glissement : des prismes doivent pouvoir être installés au
sein du glissement.
• Le couplage cible/terrain : cela pose peu de problème pour les mouvements
de type rocheux, ou si des éléments rigides (bâtiments) sont présents sur le
glissement, dans le cas contraire un système adapté de fixation des prismes au
terrain doit être dimensionné.
• Résolution spatiale : le nombre de point de mesure est limité au nombre de
prismes qui peuvent être mis en place, c’est une instrumentation ponctuelle.

6 - Références Castagnetti, C., Bertacchini, E., Corsini, A., & Capra, A. (2013). Multi-sensors
integrated system for landslide monitoring: critical issues in system setup and
data management. European journal of remote sensing, 46, 104-124.
Corsini, A., Castagnetti, C., Bertacchini, E., Rivola, R., Ronchetti, F., & Capra, A.
(2013). Integrating airborne and multi‐temporal long‐range terrestrial laser
scanning with total station measurements for mapping and monitoring a
compound slow moving rock slide. Earth surface processes and landforms, 38(11),
1330-1338.
Manconi, A., Giordan, D., Allasia, P., Baldo, M., & Lollino, G. (2012). Surface
displacements following the Mw 6.3 L’Aquila earthquake: One year of
continuous monitoring via Robotized Total Station. Italian Journal of
Geosciences, 131(3), 403-409.
Wagner, A. (2016). A new approach for geo-monitoring using modern total
stations and RGB+ D images. Measurement, 82, 64-74.
Wagner, A., Wiedemann, W., Wasmeier, P., & Wunderlich, T. (2016). Monitoring
Concepts using Image Assisted Total Stations

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


actifs à des fins de suivi (suite)
2 – Scanner laser Le scanner laser terrestre ou TLS (Terrestrial Laser Scanner) est également
terrestre dénommé Lidar terrestre.

1 - Principe Le scanner éclaire l’ensemble du glissement en très peu de temps et peut ainsi
mesurer des millions de points. L’ensemble de ces points est ensuite converti en
un modèle numérique de terrain 3D (MNT). Pour un même site ou versant, il
peut être utile de déplacer le scanner pour imager l’ensemble des surfaces sans
avoir de zone d’ombre liée au relief. Les images sont alors assemblées pour
obtenir le MNT final.
Le principe de l’instrumentation des glissements sur cette base est de comparer
deux MNT pris à différentes dates. Leur comparaison permet d’obtenir les
déplacements entre les deux jeux de données et de calculer les volumes déplacés.
La technique d’analyse des MNT est similaire aux techniques de
photogrammétrie.
Il existe plusieurs types d’algorithmes pour comparer les MNT entre eux. Le
choix se fait selon les caractéristiques du glissement, ce que l’on souhaite mesurer
(volumes ou vecteurs déplacement) et les capacités de calcul.

2 - Application Les scanners laser terrestres sont couramment utilisés depuis le début des années
2000 pour le suivi des glissements de terrain. Ils permettent de retrouver les
volumes déplacés ou éboulés, ou d’obtenir un champ de déplacement avec une
bonne précision.
Le scanner laser doit être placé à des distances maximales d’environ :
• 1500 m pour des cibles de grande réflectivité,
• 800 m pour les versants rocheux,
• 350 m pour les versants légèrement végétalisés.
Pour les versants avec une végétation arborée, la densité et la variation de la
couverture végétale empêchent l’utilisation simple du scan laser terrestre. Il est
alors nécessaire de procéder à des corrections complémentaires par :
• création d'un filtre de végétation (mesure complémentaire en image infrarouge
de la couverture végétale),
• utilisation d’instruments mesurant l’onde complète (full waveform) et analyse
de celle-ci.

3 - Atouts Les atouts principaux du Lidar terrestre sont :


• l'information en 3 dimensions,
• sa rapidité : mesure plusieurs dizaines de milliers de points par seconde ; un
site peut être scanné en 15 min,
• sa résolution spatiale : données sur l’ensemble du glissement/versant, même
abrupt, avec une résolution atteignant 1 point tous les 2 cm,
• son exactitude : données précises au centimètre près,
• sa souplesse : portabilité du dispositif (poids et dimensions réduites),
constance de la géométrie de prise de vue non contraignante, plusieurs
exploitations possibles de la donnée.

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


actifs à des fins de suivi (suite)
2 – Scanner laser
terrestre (suite)

4 - Limites Les principales limites de la méthode sont :


• le besoin de visibilité directe optique : limitations liées aux conditions
atmosphériques, à la végétation, etc.
• la distance de mesure limitée : moins d’un kilomètre,
• l'absence d'outils, de méthodologies ou de fichiers de données génériques : le
format de fichier ou le traitement de la donnée sont spécifiques à chaque
matériel, à chaque site et sont peu transposables,
• la nécessité d'identifier des points stables pour géoréférencer les différents
nuages de points,
• la fréquence d'acquisition : compte tenu du coût, les appareils à demeure sont
rares. Il s'agit généralement de campagnes de mesure, qui sont donc espacées
de plusieurs mois,
• données volumineuses et complexes : besoin de compétences dans le
traitement, impossibilité de transfert à distance, automatisation du traitement
difficile, temps de traitement minimal de quelques heures.

5 - Développements L’utilisation d’approches de corrélation d’image, comme celles utilisées avec les
récents images optiques passives, plutôt qu’un traitement de données 3D est en
développement (Travelletti et al., 2014). Ces approches permettent de diminuer
fortement les temps de calcul et pourraient permettre de réaliser un traitement
automatique des données laser pour une instrumentation en temps réel. Elles ne
sont cependant applicables qu’aux pentes ayant une signature optique suffisante,
peu végétalisées. Pour le moment leur développement ne permet pas de comparer
aisément des jeux de données pris depuis un point de vue différent.

6 - Références Travelletti, J., Malet, J. P., & Delacourt, C. (2014). Image-based correlation of
Laser Scanning point cloud time series for landslide monitoring. International
Journal of Applied Earth Observation and Geoinformation, 32, 1-18.
Barbarella, M., & Fiani, M. (2012). Landslide monitoring using terrestrial laser
scanner: georeferencing and canopy filtering issues in a case study. Int. Arch.
Photogramm. Remote Sens. Spat. Inf. Sci, 39, B5.
Guarnieri, A., Pirotti, F., & Vettore, A. (2012). Comparison of discrete return and
waveform terrestrial laser scanning for dense vegetation filtering. International
Archives of the Photogrammetry, Remote Sensing and Spatial Information
Sciences, 39(B7), 511-516.
Barbarella, M., & Fiani, M. (2013). Monitoring of large landslides by Terrestrial
Laser Scanning techniques: field data collection and processing. European
Journal of Remote Sensing, 46, 126-151.

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


actifs à des fins de suivi (suite)
3 – Scanner laser Le scanner laser aéroporté ou ALS (Aerial Laser Scanner) ou Lidar aéroporté est
aéroporté à l’origine porté par des avions ou des hélicoptères, et aujourd’hui de plus en plus
souvent par des drones.

1 - Principe Le principe de la méthode est identique à celui du TLS : la réalisation de MNT de


haute résolution comparés entre eux pour le calcul des déplacements. La précision
des MNT obtenus est cependant plus faible : elle est de l’ordre de 15 cm.
Le traitement de la donnée brute est plus important qu'avec la version terrestre,
compte tenu des corrections nécessaires liées au plan de vol de l’avion ou du
drone.
En revanche, contrairement à la version terrestre, le Lidar aéroporté peut
permettre de s’affranchir de la végétation (Razak et al., 2011) sans passer par les
méthodes de filtrage manuelles, en utilisant les différents retours de l’onde.
L’utilisation de drones se développe comme pour l’imagerie optique, car ceux-ci
permettent de s’approcher plus des glissements tout en n’engageant pas la sécurité
d’un équipage humain dans le cas de conditions de vols complexes (zones
montagneuses par exemple).

2 - Application Compte tenu de la précision, cette méthode s’applique moins bien que son
équivalent terrestre aux glissements très lents. En effet, pour détecter un
mouvement entre deux campagnes, les déplacements devront avoir été supérieurs
à l’imprécision de la méthode (15 cm).
Les relevés Lidar aéroportés sont le plus souvent utilisés pour compléter d’autres
méthodes de télédétection, par exemple pour construire les MNT nécessaires à
l’orthorectification des images optiques.

3 - Atouts Les atouts principaux de la méthode sont :


• l'information en 3 dimensions,
• sa rapidité : mesure de plusieurs dizaines de milliers de points par seconde sur
l’ensemble du site,
• la visibilité de l'ensemble du glissement,
• la transparence partielle de la végétation,

4 - Limites Les principales limites de la méthode sont :


• le besoin de visibilité directe optique : limitations liées aux conditions
atmosphériques
• l'absence d'outils, de méthodologies ou de fichiers de données génériques,
• la nécessité d'identifier des points stables présents sur l'ensemble des MNT à
comparer,
• la fréquence d'acquisition : compte tenu du coût très important, les
campagnes sont espacées de plusieurs mois voire années,
• données volumineuses et complexes : besoin de compétences dans le
traitement, impossibilité de transfert à distance, impossibilité d'automatisation
du traitement, temps de traitement minimal de quelques heures
• la précision de 15 cm,

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2 – Exploitation des données fournies par capteurs optiques


actifs à des fins de suivi (suite)
3 – Scanner laser
aéroporté (suite)

5 - Références Corsini, A., Borgatti, L., Cervi, F., Dahne, A., Ronchetti, F., & Sterzai, P. (2009).
Estimating mass-wasting processes in active earth slides–earth flows with time-
series of High-Resolution DEMs from photogrammetry and airborne LiDAR.
Natural Hazards and Earth System Sciences, 9(2), 433-439.
Thoma, D. P., Gupta, S. C., Bauer, M. E., & Kirchoff, C. E. (2005). Airborne
laser scanning for riverbank erosion assessment. Remote sensing of
Environment, 95(4), 493-501.
Riquelme, A. J., Abellán, A., Tomás, R., & Jaboyedoff, M. (2014). A new
approach for semi-automatic rock mass joints recognition from 3D point clouds.
Computers & Geosciences, 68, 38-52.
Razak, K. A., Straatsma, M. W., Van Westen, C. J., Malet, J. P., & De Jong, S. M.
(2011). Airborne laser scanning of forested landslides characterization: terrain
model quality and visualization. Geomorphology, 126(1), 186-200.

4 - Conclusion Les tachéomètres ou stations totales classiques donnent une mesure très précise
des déplacements, mais ponctuelle car limitée à la mesure de prismes installés sur
le site instable.
Les scanners laser permettent d’obtenir des nuages de points denses rapidement
mais le traitement de la donnée est lourd.
L’apparition d’appareils (IATS) combinant un tachéomètre, une caméra et une
fonction scan laser est prometteuse. Pour le moment, ces appareils n’ont pas une
précision suffisante, mais leur développement est rapide car leurs applications
sont multiples. Au-delà de la possibilité de mesures très complètes, ils présentent
également l’intérêt de réaliser le traitement et la fusion des données dans les
logiciels intégrés aux appareils.
Ces méthodes, y compris les nouveaux appareils, restent cependant soumises aux
conditions atmosphériques et météorologiques : aucun suivi n’est possible en
conditions dégradées (pluie, nuages, neige).

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Capteurs micro-ondes actifs


Il s’agit de matériels utilisant des antennes radar (Radio Detection And
Ranging) émettant dans des longueurs d’onde comprises entre 1 mm et 1 m
(domaine des micro-ondes ou ondes radio).
Les radars permettent d’obtenir deux types de données :
• ponctuelles, par mesure au distancemètre,
• d’ensemble, par imagerie radar.

1 - Généralités
1 – Principe de la Les radars utilisés en télédétection sont généralement constitués d’une antenne
mesure radar unique pour l’émission et la réception de l’onde rétrodiffusée.

1 – Ondes émise et L'onde émise et l'onde reçue (rétrodiffusée) sont caractérisées par :
reçue

Onde émise Onde reçue


Longueur d'onde Temps de parcours
Amplitude Amplitude
Phase Déphasage (par rapport à l'onde émise)

2 – Facteurs La manière dont l’onde est rétrodiffusée va dépendre de :


influençant la
rétrodiffusion

Facteurs influençant la rétrodiffusion


Distance de la cible,
Pression,
Température,
Pression d’eau,
Couches atmosphériques,
Rugosité et propriétés diélectriques de la cible (humidité, salinité).

Les ondes radar sont cependant moins sensibles aux conditions atmosphériques
que celles des longueurs d’onde du spectre visible. En conditions dégradées
(pluie, brouillard) des données peuvent être acquises, même si elles sont parfois
de moins bonne qualité.

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1 - Généralités (suite)

2 – Bandes de En télédétection, les fréquences radar utilisées sont généralement comprises entre
fréquence 1 et 30 GHz. Elles sont classées en bandes de fréquence.

Bandes Longueur d’onde Fréquence


L 15-30 cm 1-2 GHz
S 7,5-15 cm 2-4 GHz
C 3,75-7,5 cm 4-8 GHz
X 2,5-3,75 cm 8-12 GHz
Ku 1,67-2,5 cm 12-18 GHz

1 – Influence de la Les ondes radar réagissent à des objets de dimensions proches ou supérieures à
bande de fréquence leur longueur d’onde.
utilisée
Par conséquent, quand la longueur d’onde augmente :
• l’exactitude de la mesure diminue (car la résolution spatiale et la fidélité de
mesure diminuent),
• la stabilité de mesure entre deux passages du radar augmente (car la sensibilité
aux variations des conditions atmosphériques diminue),
• le pouvoir de pénétration augmente (car la sensibilité à la végétation diminue).

2 – Bandes utilisées Les radars sont le plus souvent focalisés, c'est-à-dire qu'ils n'utilisent qu'une seule
par les radars bande de fréquence, voire une seule fréquence.
Les radars satellitaires émettent souvent en bande C. Certains radars satellitaires
plus récents émettent en bande L et X. Les radars terrestres émettent le plus
souvent en bande Ku.
Il existe également des radars large bande ou ultra-large bande qui émettent sur
un ensemble de fréquences très large. L'échantillonnage de l'ensemble des
fréquences permet de s'affranchir des effets météo ou de végétation afin de
pouvoir effectuer une mesure par tout temps.
Seuls les radars focalisés permettent de produire une image radar, les radars large
bande sont plutôt utilisés pour la mesure de distance.

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1 - Généralités (suite)

3 – Image radar Lorsqu’une antenne émet une onde cohérente polarisée qui éclaire une surface et
mesure l’onde rétrodiffusée (amplitude et phase), le résultat de cette mesure peut
être représenté par une image de cette surface.

1 – Résultat brut Le résultat brut de la mesure des ondes rétrodiffusées est une image 2D de
valeurs complexes. À chaque pixel correspond un nombre complexe composé de
l’amplitude du signal (réel) et de sa phase (imaginaire).

Image de l'amplitude du signal radar prise par satellite au-dessus du Kilauea (USA). A
chaque pixel est également associée une valeur de phase.
Source : Wikimedia Commons

2 – Amplitude du L’amplitude de l’onde rétrodiffusée dépend de :


signal • la source,
• l’environnement traversé,
• la capacité de la cible à réfléchir le signal.
Dans des applications d’imagerie terrestre, l’amplitude radar est classiquement
utilisée pour imager le type de couverture du sol (végétation, rocher nu).
Pour les applications de suivi de déplacement, l’information d’amplitude est
utilisée par des techniques, récentes, de corrélation d’images.

3 – Phase du signal La phase du signal rétrodiffusé, ou plus exactement son déphasage par rapport à
l’onde émise, va dépendre de :
• la géométrie,
• le sol (humidité, végétation, etc)
• la compostion de l’atmosphère traversée (nuages, pollution, etc)
L'analyse de la phase va permettre, par les techniques d'interférométrie,
d'atteindre une précision de mesure de l'ordre du millimètre.

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1 - Généralités (suite)

4 – Améliorations du Le signal radar nécessite d’avoir plusieurs traitements avant de pouvoir être
signal radar utilisé en télédétection. Ces traitements permettent :
• d’améliorer la résolution (SAR),
• de corriger des erreurs sur la mesure de la phase (ambiguité de phase),
• de surmonter en partie les limites inhérentes au mode de prise de vue.

1 – SAR La résolution brute des images radar est d’autant plus faible que l’antenne
réceptrice est petite et positionnée à grande distance de la cible.
La résolution est donc très faible pour les images radar issues des satellites. Pour
améliorer la résolution du signal, on utilise la technique du SAR (Synthetic
Aperture Radar) ou RSO (Radar à Synthèse d’Ouverture).
Cette technique consiste à considérer un seul point et à sommer l’ensemble des
ondes radar qui s’y sont réfléchies, pour toutes les positions de l’antenne
permettant d’éclairer ce point.
Cela revient à considérer une antenne équivalente dont la longueur est la distance
que parcourt l'antenne tout en éclairant le point considéré. Pour un radar
satellitaire, la longueur de l’antenne équivalente sera 100 à 1000 fois plus grande
que la longueur réelle de l’antenne.

Principe de fonctionnement du RSO : le point P est éclairé par une antenne équivalente de
longueur M. La direction définie par le point éclairé au sol et le satellite (distance h) est
appelée LOS (line of sight)
Source : Wikimedia Commons

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1 - Généralités (suite)
4 – Améliorations du
signal radar (suite)

2 – Corrections liées à La mesure, en particulier par interférométrie, est liée à la mesure du déphasage
la phase existant entre l’onde émise et l’onde reçue. Cela explique :
• la précision des mesures : les longueurs d’onde étant de l’ordre du
centimètre, la mesure est de l’ordre du millimètre
• la limitation des mesures : il est impossible de faire la différence entre un point
qui se serait déplacé d’une distance d et un point qui se serait déplacé de d+2π
(ambiguité de phase)
D’autres sources d’erreur viennent s’ajouter à l’ambiguité de phase sur les
mesures :
• l’effet lié au relief : l’éclairage du relief par un faisceau radar, s’il n’est pas
vertical (c’est le cas pour les satellites), amène des phénomènes de distorsion
qui doivent être corrigés par l’utilisation de MNT de haute résolution
• l’effet lié à la position et au mouvement de la plateforme : les positions des
satellites sont connues avec précision alors que la correction pour les radars
aéroportés est très complexe
• le bruit : il est généralement filtré par l’addition de plusieurs images

3 – Direction du Une limitation des mesures par radar satellite est liée à la direction du faisceau
faisceau radar radar. Cette direction est appelée LOS (line of sight).
La direction du faisceau est la direction de mesure. Sur les satellites, les radars
n'émettent usuellement pas de manière verticale. De plus, la plupart des satellites
ont des orbites globalement polaire (azimuth nord-sud). La LOS est ainsi de
direction E-O ou O-E.
De manière à pouvoir avoir une vision dans les trois dimensions, il est nécessaire
d’avoir les images de la même scène issues des orbites ascendantes (vers le
nord) et descendantes (vers le sud).
En revanche, il est quasiment impossible de mesurer des déplacements dans la
direction nord-sud par les méthodes radars.

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1 - Généralités (suite)

5 – Plateformes Comme pour les techniques optiques, les radars peuvent être portés par
différentes plateformes. Les méthodes les plus développées utilisent les satellites.
Les radars terrestres sont en développement.

1 – Les satellites radar Les satellites possédant des radars embarqués dont les données peuvent être
utilisées pour la surveillance des glissements existent depuis le début des années
90. Avec les années, la résolution des radars embarqués et le nombre de satellites
permettent d’atteindre des mesures de plus en plus précises.
De plus, la disponibilité de données régulières depuis plus de 20 ans permet
d’avoir un historique en continu des sites.
Les satellites suivants, mis en orbite récemment, ont une visée d’imagerie radar
des territoires à des fins de géomorphologie ou de géodésie : ils émettent en
bandes X, C et L.

Bande de Période de re-


Satellite Années
fréquence visite
TerraSAR-X 2009 → 11 jours
X
Cosmo Sky-Med 2009 → 2, 4, 8 ou 16 jours
RADARSAT-2 2007 → 24 jours
RADARSAT-1 1995 – 2013 24 jours
ENVISAT 2002 – 2012 35 jours
1991 – 2000 C
ERS-1, ERS-2 35 jours
1995 – 2011
Sentinel-1 2014 → 6 ou 12 jours
RADARSAT constellation 2018 (?) 3 ou 12 jours
ALOS 2006 – 2011 46 jours
L
ALOS – 2 2014 → 14 jours

Pour le suivi d'un glissement, le choix du satellite va se faire en fonction de :


• la disponibilité de données en orbite ascendante et descendante : cela
permet de pouvoir retrouver les mouvements verticaux,
• la vitesse du mouvement : il faut que le mouvement entre deux prises de vue
(temps de revisite) soit inférieur au quart de la longueur d’onde pour éviter
toute ambiguïté dans la lecture de la phase.

Satellite Déplacement max mesurable par InSAR


Terra-SAR (X) 0,75 cm en 11 jours (25 cm/an)
ERS (C) 1,4 cm en 35 jours (15 cm/an)
ALOS (L) 6 cm en 46 jours (45 cm/an)

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1 - Généralités (suite)
5 – Plateformes (suite)

2 – Radars aéroportés Les radars aéroportés commencent à arriver sur le marché. Cependant, ils n’ont
pas pour le moment une précision aussi grande que les satellites, à cause de
l’incertitude sur la position précise de leur trajectoire. Le défi pour ces méthodes
est de réaliser un système de positionnement ultra-précis.
Ces méthodes ont un fort potentiel mais un coût très élevé.

3 – Radars terrestres Deux types de radars terrestres existent :


• les radars à synthèse d'ouverture pour le traitement par analyse
interférométrique,
• les radars distancemètres.

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1 - Généralités (suite)

6 – Analyse des L’interférométrie radar, ou InSAR (Interferometric Synthetic Aperture Radar),


images par désigne des méthodes qui utilisent plusieurs images SAR complexes en exploitant
interférométrie l’information de phase du signal.
(InSAR)

1 – Acquisitions des Un des paramètres d’acquisition suivant doit être différent entre les images
images exploitées par interférométrie :
• l’instant d’acquisition,
• la position et l’orientation du radar,
• la fréquence ou la polarité de l’onde,
• le mode d’acquisition.
Pour l’application du suivi de déplacement, le seul paramètre d’acquisition qui
doit changer est la date d’acquisition. La géométrie d’acquisition doit être la plus
proche possible entre les deux images, afin de limiter les sources d’erreur.
En modifiant la géométrie de la prise de vue (position du satellite), il est possible
de construire un MNT de façon similaire à la stéréoscopie optique.

2 – Analyse par L'analyse par interférométrie des deux images prises à des dates différentes
interférométrie calcule le diagramme d’interférence.
On appelle interférométrie différentielle ou D-InSAR (Differential Interferometric
SAR) la technique de mesure des déformations à partir de ces interférogrammes.
Elle nécessite la réalisation de l'ensemble des corrections (de position du satellite,
topographiques, azimuthale, etc.)

Interferogramme produit avec la constellation of COSMO-SkyMed montrant la déformation


du Kilauea (USA) après une éruption
Source : Wikimedia Commons

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2 - Exploitation des données fournies par capteurs actifs


micro-ondes à des fins de suivi

1 – Interférométrie Les techniques de surveillance des glissements de terrain par interférométrie radar
radar satellitaire utilisent le plus souvent des données issues des satellites. On parle généralement
de méthodes InSAR différentielles avancées (A-DinSAR).

1 - Principe Les méthodes de mesure de déplacement par interférométrie radar satellitaire


utilisent l’analyse d’interférogrammes réalisés à partir de plusieurs images SAR.
Il est généralement nécessaire d’utiliser au moins une quinzaine d’images pour
filtrer l’ensemble des effets comme le bruit.
Pour qu’une mise en cohérence de ces images soit possible, il est nécessaire d’y
identifier des réflecteurs.
L’analyse temporelle de la série d’images SAR par interférométrie va permettre
d’obtenir une vitesse de déplacement des réflecteurs. En effet seuls les
déplacements des points (réflecteurs) que l’on peut formellement identifier
d’une image sur l’autre peuvent être calculés.
Les méthodes A-DinSAR (satellites) sont souvent séparées en deux catégories
dans les publications, selon les algorithmes 4 utilisés :
• les méthodes dites PSI (Persistent Scatterers Interferometry),
• les méthodes dites SB (Small Baseline).
La différence entre ces algorithmes est globalement basée sur le type de
réflecteurs utilisés :
• dominants (PSI),
• distribués (SB).

Réflecteurs Dominants Distribués


Réflecteurs de petite dimension
renvoyant une amplitude de signal Réflecteurs correspondant
importante et stable au cours du plutôt à des petites zones de
Définition
temps. Facilement identifiables à réflectance homogène et
une échelle de résolution stable au cours du temps.
importante, inférieure au pixel
Sol nu sans relief (coulées
Objets (bâtiments, ouvrages), sol
boueuses, désert), végétation
Exemples au relief aigu (rochers nus),
rase et constante (prairie
réflecteurs artificiels (cibles)
naturelle, etc.)
Végétation variant au cours
Contre
Surfaces, végétation du temps (forêt, terres
exemples
cultivées)

Aujourd’hui, cependant, les algorithmes récents d'interférométrie radar


intègrent ou proposent les deux approches, apportant une vision plus complète
des déplacements de la surface du glissement (on peut citer SqueeSAR et SPN).
Il est nécessaire d’avoir a minima 30 réflecteurs au km² (la densité peut aller
jusque 10 000 – 100 000 réflecteurs au km² en travaillant en bande X).

4 On peut citer parmi les algorithmes : PS-InSAR, (Permanent Scaterrer Insar), SqueeSAR, IPTA (Interferometric
Point Target Analysis), PSP (Persistent Scaterrer Pairs), SPN (Stable Point Network), StaMPS (Stanford Method for
Persistent Scaterrers), SBAS (Small Baseline Subset), CPT (Coherent Pixel Technique)

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2 - Exploitation des données fournies par capteurs actifs


micro-ondes à des fins de suivi (suite)
1 – Interférométrie
radar satellitaire
(suite)

2 – Application Les méthodes DinSAR satellites sont aujourd’hui bien développées et appliquées
à l’étude de la subsidence et à la surveillance des zones sismiques et volcaniques.
Des études menées sur des glissements de terrain montrent que l’on peut mesurer
des taux de déformation annuels moyens avec une exactitude de 0,1 à 1 mm/an
dans l’axe radar-cible. Les différents algorithmes de traitement des images radar
ont chacun leurs avantages et inconvénients, qui ne sont pas détaillés ici. Tous
permettent cependant d’obtenir une précision de l’ordre du millimètre.
Des approches combinées utilisant des images radar issues de différents
satellites utilisant des bandes de fréquence différentes ont également été menées
(Herrera et al., 2012). Sur le cas étudié, elles ont permis de détecter et de suivre
27 % des glissements existants sur un territoire à risques en milieu montagneux.
La bande X a permis de détecter le plus possible de réflecteurs dominants, la
bande L de détecter le plus de glissements. Le seuil de déplacement pour la
détection d’un glissement par cette méthode est de 14 mm/an.
Avant d’envisager le suivi d’un glissement ou d’une région par ces méthodes, il
convient d’en vérifier la pertinence. On peut trouver des recommandations dans
certaines publications (Notti et al., 2010).

3 – Avantages Les avantages principaux de cette méthode résident dans :


• la précision (infra)-millimétrique des mesures, de plus en plus fine avec
l’apparition de satellites radar en bande X,
• le nombre de points mesurés (réflecteurs), d’autant plus grand que le satellite
émet en longueur d’onde courte (bande X),
• la mesure sur de grandes échelles géographiques, permettant un suivi sur un
territoire entier et une identification des zones à risques,
• la mesure rétroactive des déplacements grâce à l’historique disponible.

4 – Limites Les limites principales de cette méthode résident dans :


• la difficulté de surveillance des glissements boisés, cultivés ou enneigés sans
pose de réflecteurs artificiels (décorrélation),
• la difficulté de surveillance de glissements présentant des pentes très
irrégulières (effets de distorsion importants) ,
• la difficulté de surveillance des glissements dont les mouvements sont
orientés nord-sud,
• la mesure limitée à 1/4 de la longueur d’onde du radar entre deux
acquisitions (ambiguité de phase),
• le besoin d’un MNT pour le traitement des effets liés à la topographie,
• la complexité du traitement des données : il n’existe pas de logiciel utilisateur,
• le coût élevé pour la surveillance d’un seul glissement.

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2 - Exploitation des données fournies par capteurs actifs


micro-ondes à des fins de suivi (suite)
1 – Interférométrie
radar satellitaire
(suite)

5 - Références Wasowski, J., & Bovenga, F. (2014). Investigating landslides and unstable slopes
with satellite Multi Temporal Interferometry: Current issues and future
perspectives. Engineering Geology, 174, 103-138.
Mikhailov, V. O., Kiseleva, E. A., Smol’yaninova, E. I., Dmitriev, P. N., Golubev,
V. I., Isaev, Y. S., ... & Khairetdinov, S. A. (2014). Some problems of landslide
monitoring using satellite radar imagery with different wavelengths: Case study
of two landslides in the region of Greater Sochi. Izvestiya, Physics of the Solid
Earth, 50(4), 576-587.
Herrera, G., Davalillo, J. C., Mulas, J., Cooksley, G., Monserrat, O., & Pancioli,
V. (2009). Mapping and monitoring geomorphological processes in mountainous
areas using PSI data: Central Pyrenees case study. Nat. Hazards Earth Syst. Sci,
9, 1587-1598.
Notti, D., Davalillo, J. C., Herrera, G., & Mora, O. (2010). Assessment of the
performance of X-band satellite radar data for landslide mapping and
monitoring: Upper Tena Valley case study. Nat Hazards Earth Syst Sci, 10, 1865-
1875.
Herrera, G., Gutiérrez, F., García-Davalillo, J. C., Guerrero, J., Notti, D., Galve, J.
P., ... & Cooksley, G. (2013). Multi-sensor advanced DInSAR monitoring of very
slow landslides: The Tena Valley case study (Central Spanish Pyrenees). Remote
Sensing of Environment, 128, 31-43.
Costantini, M., Falco, S., Malvarosa, F., Minati, F., Trillo, F., & Vecchioli, F.
(2014). Persistent scatterer pair interferometry: approach and application to
COSMO-SkyMed SAR data. IEEE Journal of Selected Topics in Applied Earth
Observations and Remote Sensing, 7(7), 2869-2879.

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2 - Exploitation des données fournies par capteurs actifs


micro-ondes à des fins de suivi (suite)

2 – Corrélation La corrélation d’images radar utilise la valeur de l’amplitude de l’onde


d'images radar rétrodiffusée et non pas la phase comme les méthodes interférométriques. Ses
satellitaires principes sont similaires aux techniques de corélations d’image optiques passive
(cf partie 2).

1 - Principe L’analyse des données d’amplitude plutôt que de phase permet de s’affranchir de
certaines limites des techniques InSAR (ambiguité de phase, corrections, etc.)
Malgré des traitements de données similaires, il existe une différence
fondamentale entre les images satellites radar et les images satellites optiques : les
images optiques ont une résolution équivalente dans toutes les directions
horizontales (x,y) alors que les images radar ont une résolution bien plus faible
dans la direction de l'azimuth que dans la direction de la portée. Les
techniques de corrélation d’image radar, comme l’interférométrie, ne permettent
donc pas de réaliser des mesures dans la direction nord-sud.
La corrélation d’images radar se développee depuis les années 2000. Cependant,
elle est d’application récente concernant le suivi des glissements de terrain. C’est
en effet l’apparition des satellites SAR en bande X, conjuguée à des algorithmes
atteignant une précision de 1/10è à 1/20è de pixel, qui permettent d’avoir une
résolution suffisante de mesure.
La combinaison de données issues des orbites descendantes et ascendantes du
satellite permet également d'obtenir un champ de déplacement 3D.

2 - Référence Raucoules, D., De Michele, M., Malet, J. P., & Ulrich, P. (2013). Time-variable
3D ground displacements from high-resolution synthetic aperture radar (SAR).
Application to La Valette landslide (South French Alps). Remote Sensing of
Environment, 139, 198-204.

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2 - Exploitation des données fournies par capteurs actifs


micro-ondes à des fins de suivi (suite)

3 – Interférométrie L’interférométrie radar terrestre est basée sur les mêmes principes que
radar terrestre l'interférométrie radar satellitaire.

1 - Principe L’interférométrie radar terrestre est souvent nommée GB-InSAR pour Ground-
Based InSAR). Il existe également des dispositifs utilisant des radars à
« ouverture réelle » (opposés aux SAR, radars à « synthèse d’ouverture »). Le
terme TIR (Terrestrial Interferometric Radar) les regroupe tous.
Les interféromètres radar terrestres sont des appareils de mesure développés
depuis les années 2000. Ils peuvent être déplacés, mais peu facilement : leur mise
en place est sensible et leur poids peut atteindre plusieurs centaines de kilos.
Les fréquences utilisées sont plus élevées que celles des satellites (bande Ku), ce
qui permet plus de précision, mais rend les ondes sensibles aux particules
présentes dans l'air et empêche de pénétrer la végétation.

2 - Application Les radars interférométriques terrestres sont souvent utilisés pour des
surveillances de court terme. Ils sont utilisés pour la surveillance de glissement,
de mines à ciel ouvert, de travaux géotechniques.
Les images peuvent être prises à très peu de temps d'intervalle (plusieurs par
heure). Cette fréquence permet de s’affranchir des problèmes de cohérence que
l’on peut avoir avec les images satellites, car les réflecteurs restent identifiables
d’une image sur l’autre.
La forte résolution temporelle combinée à la grande précision permettent
théoriquement d'obtenir le champ de déplacement de glissements rapides
(jusqu'à 1 m/ jour) avec une précision millimétrique. Ces données sont très
utiles pour une compréhension fine des phénomènes.
De plus, le traitement des données par l'appareil donne directement des valeurs de
déplacement et des vitesses. Cela permet une utilisation en surveillance
opérationnelle lors de travaux (définition de seuils d'alerte).

3 - Atouts Les avantages principaux de l'interférométrie radar terrestre sont :


• la précision de la mesure (0,3 mm),
• la distance de mesure (2-5 km),
• la forte résolution temporelle (jusque 5 min),
• appareil orientable dans la direction des déplacements.

4 - Limites Les limites principales en sont :


• le coût,
• la portabilité,
• l'application uniquement aux versant sans végétation trop dense,
• l'impossibilité de comparer plusieurs campagnes de mesures (car il est
impossible de remettre le radar exactement dans la même position).

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2 - Exploitation des données fournies par capteurs actifs


micro-ondes à des fins de suivi (suite)
3 – Interférométrie
radar terrestre (suite)

5 - Références Lowry, B., Gomez, F., Zhou, W., Mooney, M. A., Held, B., & Grasmick, J.
(2013). High resolution displacement monitoring of a slow velocity landslide
using ground based radar interferometry. Engineering Geology, 166, 160-169.
Caduff, R., Schlunegger, F., Kos, A., & Wiesmann, A. (2015). A review of
terrestrial radar interferometry for measuring surface change in the geosciences.
Earth Surface Processes and Landforms, 40(2), 208-228.

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2 - Exploitation des données fournies par capteurs actifs


micro-ondes à des fins de suivi (suite)

4 – Distancemètre Les distancemètres radar terrestre sont des instruments qui émettent une onde
radar terrestre radar (bande Ku) et mesure très précisément la distance à une cible.

1 - Principe Les distancemètres radar peuvent utiliser dans le traitement de la donnée les
information d'amplitude ou de phase, parfois par analyse interférométrique. On
les différencie cependant des radars interférométriques terrestres car ils ne sont
pas destinés à mesurer des réflecteurs naturels à la surface du sol, mais des
réflecteurs artificiels (cibles) installés sur le glissement. Il est généralement
préférable, lorsque cela est possible, d'installer certaines de ces cibles dans des
zones stables afin de servir de référence.

2 - Application Peu de glissements sont ou ont été instrumentés par ce type d’appareils. On peut
citer le versant instable de Séchilienne (38), pour lequel un distancemètre radar
ultra-large bande (ULB) est en place depuis 1999.

3 - Atouts Les atouts principaux des distancemètre radars sont :


• la précision de la mesure au dixième de millimètre,
• la mesure de tout temps (en particulier pour le radar ULB),
• la longue portée de la mesure (plus de 10 km).

4 - Limites Les limites principales des distancemètres radar sont :


• le besoin d'installation de cibles dans la zone instable,
• le besoin de connaissance d’une zone stable,
• la portabilité de l’instrument (une version portative du radar utilisé sur le
glissement de Séchilienne est en cours d’industrialisation).

5 - Références Monserrat O, Moya J, Luzi G, Crosetto M, Gili J, Corominas J. (2013). Non-


interferometric GB-SAR measurement: application to the Vallcebre landslide
(eastern Pyrenees, Spain). Natural Hazards and Earth System Sciences 13 : 1873
– 1887.
Potherat P., Lemaitre F., Duranthon J.-P., Benoit A. (2010). La mesure à très
longue distance. Un besoin. Un outil : le radar ULB. actes du Rock Slope
Stability symposium, Paris, 24-25 novembre 2010.

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Conclusion – Perspectives
Défis et évolutions probables à court terme

Développements des Des progrès dans la précision des relevés, la rapidité et l'automatisation du
instruments ou des traitement devraient intervenir dans les prochaines années, par le développement
plateformes des matériels en eux même.
On peut citer par exemple :
• l'amélioration constante des stations totales, intégrant aujourd'hui les
prémices d'instruments permettant la mesure géodésique, la mesure par
analyse d'images et la mesure par scanner laser ;
• le développement à venir des lidar, outils intégrés par exemple aux véhicules
autonomes, qui permettra d'avoir accès à des instruments plus performants et
moins chers ;
• le développement des drones qui, en intégrant des instruments de
positionnement de plus en plus précis, permettra de diminuer l'erreur
actuelle sur les relevés photogrammétriques et de scan laser pris depuis cette
plateforme ;
• la recherche de solutions low-cost : en plus des diminutions des coûts liés à la
loi de l'offre et de la demande sur les matériels, la recherche actuelle sur les
moyens de surveillance des phénomènes naturels a tendance à valoriser et
développer les méthodes à bas coût, applicables plus largement.

Gestion du big data L’ensemble de ces méthodes, optiques ou radar, produit énormément de données.
La qualité de la donnée est également très bonne et en amélioration constante.
Cependant, cela n’est pas sans poser plusieurs problèmes :
• l’accès aux données et leur stockage, même lorsqu’elles sont gratuites, n’est
pas forcément simple ;
• le transfert des données est parfois également problématique : les relevés
lidar par exemple ne peuvent pas être transmis à distance ;
• l'absence d'homogénéité des formats de fichiers pour une même méthode ;
• les capacités informatiques nécessaires au traitement de ces données ne
sont pas forcément à disposition de tous les acteurs qui en auraient besoin ;
• les algorithmes de traitement efficaces ne sont pas forcément tous
développés complètement ;
• lorsqu’ils existent, leur intégration à des logiciels faciles d’utilisation et
ergonomiques est rarement réalisée ;
• des connaissances poussées dans le traitement des données sont donc encore
nécessaires pour l’utilisation des ces techniques de suivi.
Cet état de fait est d’autant plus prégnant pour les données issues de satellites, qui
sont de loin les plus volumineuses. C’est en ce sens que des projets comme
Geosud en France ou Geohazards TEP5 (Geohazards Thematic Exploitation
Platform) de l’ESA (Agence spatiale européenne) ont été créés. Ils mettent en
relation, dans des domaines d’application précis, les fournisseurs de données et
les acteurs scientifiques, institutionnels, commerciaux ou bénéficiaires. Ils visent
à terme la production de solutions adaptées aux problématiques considérées
(gestion des risques, de l’environnement et des territoires).

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Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à distance - Novembre 2016
Cerema Centre-Est Département Laboratoire de Lyon

Défis et évolutions probables à court terme (suite)

Combinaison de Les méthodes présentées comportent certaines limites intrinsèques – qui ne sont
méthodes et fusion pas dépassables par l'amélioration des instruments ou celle des algorithmes de
des données traitement. Pour pallier ces manques, la plupart des publications consultées
utilisent toujours plusieurs méthodes de suivi :
• pour controler la validité de la nouvelle méthode analysée, souvent par la
mesure de points de contrôle au sol par GNSS ou stations totales,
• pour compléter et faire face aux limites de la méthode analysée.

Ainsi, les MNT issus de campagnes Lidar ou de photogrammétrie sont utilisés


pour la correction des méthodes 2D (corrélation d'image, interférométrie radar).
On peut ainsi atteindre de très grandes précisions de mesure en utilisant un MNT
de très haute résolution construit par Lidar terrestre couplé avec des méthodes
InSAR précises au millimètre. On peut également avoir une bonne précision de
mesure en utilisant ces MNT avec les méthodes de corrélation d'images, dont le
coût est relativement faible.
Il n'existe cependant pas de méthodologie « standard » et encore moins de
logiciel permettant de croiser simplement ces jeux de données. Leur
manipulation nécessite des moyens informatiques et des connaissances poussées
dans plusieurs champs de traitement du signal.

Les techniques présentées ici sont également limitées par le type d'information
qu'elles apportent : le champ de déplacement à la surface du glissement et la
morphologie de celle-ci. Aucune information n'est donnée sur les déplacements
en profondeur ou les conditions hydogéologiques. Ces informations sont tout
aussi importantes que les déplacements de surface, que l’on ait pour objectif de
comprendre les phénomènes ou de surveiller un site.

Les interfaces intégrant l'ensemble des données issues des différentes méthodes
d'observation sont encore loin d'être fréquentes, même si elles commencent à se
développer, en particulier pour les systèmes d'alerte.

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Observation des glissements de terrain - Nouvelles technologies d'instrumentation à distance - Novembre 2016
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Conclusion
Les techniques de télédétection appliquées à l'observation des glissements de
terrain sont nombreuses et en fort développement et permettent d'avoir des
précisions de mesure très importantes. Elles sont d'autant plus intéressantes que,
contrairement aux techniques in situ, elles donnent une information spatiale sur
l’ensemble de la surface considérée, et non sur seulement quelques points. Elles
permettent également d''avoir des informations à grande échelle et sur des sites
par ailleurs difficiles d'accès.
Les données acquises par télédétection permettent, après des phases de post-
traitement, d’analyse et d’exploitation :
• de mesurer des champs de déplacement, des vitesses ou des volumes
déplacés,
• d'observer l'apparence du glissement et l'apparition de signes (fissures,
bourrelets) pouvant être les avertisseurs d'un évènement.

Elles contribuent ainsi au suivi des sites mais ne sont généralement pas
suffisantes, car :
• elles ne permettent pas d'avoir d'informations ni en profondeur ni sur les
mécanismes,
• elles ont des limitations indépassables (conditions météo, végétation,
décorrélation, etc.)
• elles ne peuvent remplacer la connaissance du terrain, même avec un MNT de
haute résolution

Elles vont être amenées à se développer encore dans les années à venir et leur
utilisation devrait être facilitée par l'apparition d'algorithmes et de logiciels – y
compris open source – permettant leur traitement rapide et automatisé. Ces
progrès combinés à des coûts en baisse devraient permettre dans un avenir proche
de suivre un grand nombre de sites grâce à ces méthodes.

Rédigé le, Validé le,

Mélanie PONCET Geneviève RUL, responsable du groupe Risques


Rocheux et Mouvements de Sols

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Connaissance et prévention des risques – Développement des infrastructures - Énergie et climat – Gestion du patrimoine d’infrastructures
Impacts sur la santé – Mobilités et transports – Territoires durables et ressources naturelles – Ville et bâtiments durables

Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement


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