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Ce manuel de cours est destiné aux étudiants de première année du cycle ingénieur en physique
L’objectif est d’offrir une compréhension claire des phénomènes physiques gouvernant le
physique des semi-conducteurs est ainsi un atout majeur pour la formation des ingénieurs en
Chapitre V — Jonction PN
1. Introduction
o Formation de la jonction entre zones dopées N et P.
o Notion de zone de déplétion (ou zone de charge d’espace).
2. Mécanisme de diffusion et de dérive
o Mouvement des porteurs majoritaires et minoritaires.
o Équilibre des courants et création du champ interne.
3. Potentiel de contact et largeur de la zone de déplétion
o Expression du potentiel de jonction 𝑉0 .
o Dépendance avec le dopage 𝑁𝐷 et 𝑁𝐴 .
4. Jonction PN polarisée
o Polarisation directe : injection des porteurs, diminution de la barrière.
o Polarisation inverse : élargissement de la zone de déplétion, courant de saturation.
5. Caractéristiques courant-tension (I–V)
o Équation de la diode 𝐼 = 𝐼𝑆 (𝑒 𝑞𝑉/𝑘𝑇 − 1).
o Comportement en régime direct et inverse.
6. Capacité de la jonction
o Capacité de déplétion et capacité de diffusion.
7. Applications
o Diodes, photodiodes, LED, jonction PN dans les transistors.
Chapitre I
Milieux Semi-conducteurs :
Généralités
6
Chapitre I : Milieux Semi-conducteurs : Généralités
I.1.1. Conducteurs
Ce sont les métaux, tels que le fer (Fe), le cuivre (Cu), l’or (Au), l’argent (Ag) et
l’aluminium (Al), ayant la plus faible résistivité à température ambiante, typiquement
inférieure à 105 cm. La conduction électrique de ces métaux s’effectue essentiellement au
moyen des électrons libres situés dans les couches périphériques des atomes qui les
constituent. La résistivité mesure la capacité d’un matériau à s’opposer au passage du courant
électrique
I.1.2. Isolants
Ce sont les matériaux dont la résistivité est supérieure à 108 cm, tels que le verre,
le mica, la silice (SiO2), le carbone (diamant).
I.1.3. Semi-conducteurs
C’est une classe de matériaux qui se situe entre les métaux et les isolants, dont la
résistivité varie entre 105 cm et 104 cm. Le transport électrique se fait par les porteurs de
charges électrons et trous. Un semi-conducteur peut être soit intrinsèque (pur) ou extrinsèque
(dopé par des atomes impuretés).
C’est un semi-conducteur composé d’au moins deux types d’atomes différents. Ils
peuvent être des semi-conducteurs binaires qui appartiennent aux différentes classes II-VI,
III-V, IV-IV, IV-VI…..etc. Il existe aussi des semi-conducteurs ternaires composés de trois
types d’atomes et des semi-conducteurs quaternaires composés de quatre types d’atomes.
7
Chapitre I : Milieux Semi-conducteurs : Généralités
8
Chapitre I : Milieux Semi-conducteurs : Généralités
empilement A–B–A–B Site tétraédrique = creux formé par 3 Site octaédrique = creux formé par 3
atomes du plan A + 1 atome du plan B atomes du plan A + 3 atomes du plan
B
- 4 atomes entourent un
site tétraédrique,
Entre A et B se forment :
Figure I.4 : Structure wurtzite de ZnS avec les sites tétraédriques et octaédriques formés entre
les couches A et B.
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Chapitre I : Milieux Semi-conducteurs : Généralités
La distribution des électrons sur les orbitales atomiques obéie au principe d’exclusion de Pauli
et à la règle de Hund.
Remarques :
- Principe d’exclusion de Pauli :
Dans un atome, il ne peut y avoir deux électrons ayant le même nombre quantiques ms (le
spin) dans le même état quantique (orbitale atomique).
- Règle de Hund :
La répartition des électrons dans les niveaux dégénérés (2p, 3d, ...etc) se fait de façon à avoir
le maximum de spins parallèles.
La répartition des électrons dans les orbitales atomiques détermine la formation des
I.5. Bandes d’énergie bandes de valence et de conduction dans les cristaux.
Les électrons d’un atome isolé occupent des niveaux discrets d’énergie. Lorsque les
atomes se rapprochent les uns aux autres, les distances deviennent de l’ordre atomique (d Å)
et les niveaux d’énergie se dédoublent. La dégénérescence des niveaux d’énergie fait
apparaitre des bandes d’énergie permises, séparées par des bandes d’énergie interdites, de
largeur Eg (énergie gap). Dans les semi-conducteurs, la dernière bande complètement remplie
est appelée bande de valence (BV) et la bande complétement vide, située juste au-dessus est
appelée bande de conduction (BC). Le niveau le plus bas de BC est noté par EC, tandis que
celui le plus haut de BV est noté par EV.
A 0K, la bande de conduction est vide et la bande de valence est complètement
remplie d’électrons. Pour une température élevée, un électron de BV peut recevoir
suffisamment d’énergie pour passer dans BC et un trou apparait alors dans BC, ce qui rend
possible la conduction électrique.
10
Chapitre I : Milieux Semi-conducteurs : Généralités
Figure I.7 : (a) Semi-conducteur à gap direct, (b) Semi-conducteur à gap indirect. EC(𝑘⃗) et
EV(𝑘⃗) sont respectivement les relations de dispersion dans BC et BV.
Figure I.8 : Apparition d’un électron et d’un trou libres lors d’une rupture d’une liaison
covalente.
De ce fait, l’électron occupe le niveau EC le plus bas et se comporte comme une
particule libre de masse effective me différente de la masse m0 (0.91 1030 kg) de l’électron
libre dans le vide. De même, le trou créé dans BV peut être occupé par un autre électron de la
même bande et possède une masse effective mt (Figure I.9).
11
Chapitre I : Milieux Semi-conducteurs : Généralités
1 2 𝐸 2
𝐸 (𝑘) = 𝐸𝑐 + 𝑘 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 é𝑙𝑒𝑐𝑡𝑟𝑜𝑛𝑠
2 𝑘 2 (I. 1)
1 2 𝐸 2
( )
𝐸 𝑘 = 𝐸𝑣 − 𝑘 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑡𝑟𝑜𝑢𝑠
{ 2 𝑘 2
soit :
ћ2 2
𝐸 (𝑘) = 𝐸𝑐 + 𝑘 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 é𝑙𝑒𝑐𝑡𝑟𝑜𝑛𝑠
2𝑚𝑒
(I. 2)
ћ2 2
𝐸 (𝑘) = 𝐸𝑣 − 𝑘 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑡𝑟𝑜𝑢𝑠
{ 2𝑚𝑡
avec :
ћ2 𝑘 2
𝑚𝑒 = 𝑚𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑒𝑓𝑓𝑒𝑐𝑡𝑖𝑣𝑒 𝑑𝑒𝑠 é𝑙𝑒𝑐𝑡𝑟𝑜𝑛𝑠
2 𝐸 (I. 3)
ћ2 𝑘 2
𝑚𝑡 = 𝑚𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑒𝑓𝑓𝑒𝑐𝑡𝑖𝑣𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑡𝑟𝑜𝑢𝑠
{ 2 𝐸
Les courbes E(K) >> comment un électron ou un trou gagne de l’énergie lorsqu’il change son vecteur d’onde
cela détermine sa vitesse, sa masse effective et donc tout le transport électronique.
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Chapitre II
Semi-conducteurs
intrinsèques à l’équilibre
13
Chapitre II : Semi-conducteurs intrinsèques à l’équilibre
II.1. Introduction
Un semi-conducteur intrinsèque est un matériau pur non dopé. En pratique,
l’élaboration de semi-conducteurs purs est un défi technologique et les méthodes de
préparation ne permettent pas une synthèse de semi-conducteurs parfaitement purs.
kB est la constante de Boltzmann (kB = 1.38 1023 J.K1) et EF est le niveau d’énergie de
Fermi qui représente le niveau le plus haut occupé à 0K.
Le niveau EF correspond à une probabilité d’occupation égale à 1/2 quel que soit la
température T. La figure II.1 donne l’évolution de 𝑓𝑛 (𝐸 ) en fonction de (EEF) et de la
température. On peut constater que sa valeur varie plus ou moins rapidement de 1 à 0 en
passant toujours par 0.5 pour EEF= 0.
La probabilité 𝑓𝑝 (𝐸 ) pour qu’un niveau E soit occupé par un trou dans BV est
complémentaire de la probabilité 𝑓𝑛 (𝐸 ), soit :
1
𝑓𝑝 (𝐸 ) = 1𝑓𝑛 (𝐸 ) = (II. 2)
𝐸 𝐸
1 + 𝑒𝑥𝑝 ( 𝑘𝐹𝑇 )
𝐵
14
Chapitre II : Semi-conducteurs intrinsèques à l’équilibre
𝐸𝑉 𝐸𝐹
𝑝0 = 𝑁𝑉 exp ( ) (II. 11)
𝑘𝐵 𝑇
Elle correspond au nombre d’électrons capables de se déplacer librement et donc de participer à la conduction, 15
en absence de
toute perturbation externe. Ce que signifie « équilibre thermique » >>> La température est uniforme et constante
>>> Il n’y a ni champ électrique appliqué, ni illumination. >>> Ainsi, no ne varie pas avec le temps.
Chapitre II : Semi-conducteurs intrinsèques à l’équilibre
𝐸𝑐 𝐸𝐹
Sachant que EC est supérieur à EF (𝐸𝑐 𝐸𝐹 ), alors : exp ( ) + et la fonction de Fermi
𝑘𝐵 𝑇
tend vers 0 : 𝑓𝑛 (𝐸 ) = 0. La concentration des électrons est donc nulle (n0=0). Ceci veut dire
qu’à température 0K la concentration des électrons dans BC est nulle et tous les électrons se
trouvent au-dessous de EF donc, dans BV. Le semi-conducteur se comporte alors comme un
isolant.
A T 0K :
1
Dans le cas où E = EF, 𝑓𝑛 (𝐸 ) = , ce qui montre que la probabilité de trouver un électron au
2
1 1
niveau EF est de 50%. Pour E EF, 𝑓𝑛 (𝐸 ) est supérieure à 2 et elle est inférieure à 2 pour
EEF. Ces résultats montrent que pour T>0 K, les états quantiques au-dessous de EF sont
partiellement vides, et les états quantiques au-dessus de EF sont partiellement remplis, figure
II.1. Ce sont ces états quantiques partiellement remplis (électrons) et partiellement vides qui
sont responsables de la conduction électrique dans les semi-conducteurs.
𝑛𝑖 = 𝑛0 = 𝑝0 (II. 15)
16
Chapitre II : Semi-conducteurs intrinsèques à l’équilibre
𝐸𝑔
𝑛𝑖2 = 𝑁𝑐 . 𝑁𝑣 exp ( ) (II. 17)
𝑘𝐵 𝑇
𝐸𝑔
𝑛𝑖 = √𝑁𝑐 𝑁𝑣 exp ( ) (II. 18)
2𝑘𝐵 𝑇
avec :
𝐸𝑔 = 𝐸𝑐 𝐸𝑣 (II. 19)
II.7. Exercices
Exercice 01 :
Calculer la probabilité pour qu'un état d'énergie 3 kBT, situé au-dessus du niveau de Fermi EF,
soit occupé par un électron à T = 300 K.
Exercice 02 :
Supposons que le niveau d'énergie de Fermi EF soit de 0.30 eV en-dessous de l'énergie
minimum de la bande de conduction.
1. Déterminer la probabilité pour qu'un état de la bande de conduction soit occupé par un
électron ;
2. Répétez la question (1) pour un état d'énergie EC + kBT. Supposons que T = 300 K.
Exercice 03 :
Déterminer la température à laquelle il existe 1% de probabilité pour qu'un état d'énergie 0.30
eV situé en-dessous du niveau de Fermi soit vide. Supposons que le niveau d'énergie de
Fermi pour un tel matériau soit de 6.25 eV et que les électrons de ce matériau suivent la
fonction de distribution de Fermi-Dirac.
17
Chapitre III
Semi-conducteurs
extrinsèques à l’équilibre
19
Chapitre III : Semi-conducteurs extrinsèques à l’équilibre
III.1. Introduction
L’introduction de certaines impuretés dans un matériau semi-conducteur permet d’y
modifier la concentration des porteurs de charges libres, de choisir le type de conduction (par
électrons ou par trous) et de contrôler la conductivité. Penta = 5
Valent = électrons de valence (électrons de la couche
III.2. Semi-conducteur de type N externe)
Donc : pentavalent = 5 électrons sur la couche externe.
Pour un tel matériau, des atomes pentavalents de la colonne V de la classification
périodique des éléments sont introduits (en général en faible quantité), afin de privilégier la
conduction par électrons.
La figure III.1 représente une matrice Si dopée au P. L’atome P possède 5 électrons
de valence, quatre d’entre eux entrent en liaison avec les quatre électrons des atomes de Si
voisins. Un faible apport d’énergie (0.04eV), par exemple dû à une température différente de
0K, peut libérer le cinquième électron, qui ne trouve pas sa place dans la liaison formée, et qui
se retrouve plongé dans le champ positif de l’ion P +. De ce fait il devient un électron libre et
l’atome pentavalent est appelé ‘’atome donneur’’.
Conséquence
4 liaisons covalentes par atome
Ce 5eme électron est faiblement lié
2 électrons par liaison
Il peut être libéré facilement dans la bande
>> 8 électrons partagés, mais 4 de conduction
seulement
“appartiennent” à chaque atome L’atome donneur devient alors ion positif
La figure III.2 représente une matrice Si dopée au B. L’association avec ses quatre
voisins confère à l’atome B sept électrons sur la couche externe ce qui est insuffisant pour le
rendre stable et il est alors tenté d’en subtiliser un à un proche voisin. Le B se retrouve donc
ionisé négativement (B) et on assiste au déplacement d’un trou libre d’atome en atome.
Formation du trou Le silicium a 4 électrons de valence
-Il manque 1 électron pour compléter la liaison. Le bore n’en a que 3
-Cette absence d’électron est appelée trou (h). En se liant au silicium :
-Le trou peut se déplacer dans le réseau : Il manque 1 électron pour compléter la
-un électron voisin comble le trou liaison
-laissant un nouveau trou derrière lui Cela crée un trou (h)
Cela correspond à la flèche « trou libre » sur le Le bore est donc un atome accepteur
schéma. Le silicium devient un semi-conducteur de
Charge fixe (ion accepteur) type p
Lorsque le bore capte un électron :
il devient un ion négatif B
Cet ion reste immobile dans le réseau
Figure III.3. Diagrammes de bandes faisant apparaitre le niveau d’énergie des états de type
donneur. a) A T = 0K, b) A température ambiante tous les impuretés donneurs sont ionisées.
Figure III.4. Diagrammes de bandes faisant apparaitre le niveau d’énergie des états de type
accepteur. a) A T = 0K, b) A température ambiante tous les impuretés accepteurs sont
ionisées.
21
Chapitre III : Semi-conducteurs extrinsèques à l’équilibre
Les électrons dans ce cas sont appelés les porteurs majoritaires et les trous sont les porteurs
minoritaires. Sachant que d’après la loi d’action de masse ; 𝑛. p = 𝑛𝑖2 , alors :
2 2
𝑁𝑑 − 𝑁𝑎 √(𝑁𝑑 − 𝑁𝑎 ) + 4𝑛𝑖
𝑛= (III. 8)
2 2
La solution qui correspond à la racine avec le signe () est exclue parce qu’elle donne une
concentration n négative, donc :
2 2
𝑁𝑑 − 𝑁𝑎 √(𝑁𝑑 − 𝑁𝑎 ) + 4𝑛𝑖
𝑛= + (III. 9)
2 2
De la même manière, on trouve la concentration de trous pour un semi-conducteur de type P,
dans lequel les trous sont les porteurs majoritaires et les électrons sont minoritaires, 𝑝 n et
𝑁𝑎 𝑁𝑑 , on a alors, :
2 2
𝑁𝑎 − 𝑁𝑑 √(𝑁𝑎 − 𝑁𝑑 ) + 4𝑛𝑖
𝑝= + (III. 10)
2 2
22
Chapitre III : Semi-conducteurs extrinsèques à l’équilibre
En pratique, 𝑁𝑑 , 𝑁𝑎 et (𝑁𝑑 − 𝑁𝑎 ) sont des quantités très élevées, elles sont nettement
supérieures à 𝑛𝑖 . Ceci nous permet d’écrire pour un semi-conducteur de type N, pour les
porteurs majoritaires :
𝑛𝑖2
𝑝= (III. 12)
𝑁𝑑 − 𝑁𝑎
Dans le cas d’un semi-conducteur de type P, la concentration des porteurs majoritaires est
donnée par :
𝑛𝑖2
𝑛= (III. 14)
𝑁𝑎 − 𝑁𝑑
23
Chapitre III : Semi-conducteurs extrinsèques à l’équilibre
24
Chapitre III : Semi-conducteurs extrinsèques à l’équilibre
25
Chapitre III : Semi-conducteurs extrinsèques à l’équilibre
Le dopage par diffusion thermique est réalisé dans un four. Le dopant peut être obtenu
à partir d’une source solide, liquide ou gazeuse. Le dopage a lieu à une température comprise
entre 850 C et 1150 C, afin de permettre la diffusion des espèces dopantes dans
l’échantillon à doper.
III.11. Exercices
Exercice 01 :
Considérons un échantillon de silicium (Si) à T = 300 K, de sorte que Nc = 2.8 1019 cm3 et
Nv = 1.04 1019 cm3.
- Calculer les concentrations à l’équilibre des trous et d’électrons dans cet échantillon en
supposant que le niveau de Fermi EF est situé à 0.25 eV en-dessous de la bande de conduction
et que la largeur de la bande interdite du silicium est de 1.12 eV
Exercice 02 :
26
Chapitre IV
Semi-conducteurs hors
équilibre - Mécanisme du
transport de charges
- Que signifie « hors équilibre » ?
À l’équilibre thermique :
-Hors équilibre :
28
Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
IV.1. Introduction
En absence d’une perturbation extérieure (champ électrique, injection de porteurs,
excitation….), le mouvement des porteurs de charges libres est un mouvement Brownien et
leur déplacement moyen est nul. Dans ce cas, on dit que le semi-conducteur est en équilibre.
Les propriétés relatives au déplacement des porteurs de charges, sous l’influence de forces
appliquées, sont appelées phénomènes de transport. Elles sont modifiées par les champs
électriques et magnétiques appliqués, les gradients de température, les charges d’espace…
En présence d’un champ électrique 𝐸⃗ , les porteurs de charges libres électrons et trous
sont accélérés dans la direction du champ, entre chacune des collisions qu’ils subissent, et leur
déplacement engendre un courant électrique. Dans ces conditions, l’ensemble des électrons
dérive à une vitesse constante dans le sens opposé du champ électrique. Ce mode de
conduction est caractérisé par la vitesse de dérive et la mobilité des porteurs.
𝐹 = 𝑞𝐸⃗ (IV. 1)
Le signe (+) pour les trous et le signe () pour les électrons. Cette force s’écrit pour les
électrons :
𝑑𝑣
⃗⃗⃗𝑒
𝐹𝑒 = 𝑒𝐸⃗ = 𝑚𝑒
⃗⃗⃗ (IV. 2)
𝑑𝑡
me est la masse effective de l’électron libre et ⃗⃗⃗
𝑣𝑒 est sa vitesse d’entrainement (ou de dérive)
donnée par la relation :
𝑒
𝑣𝑒 = −
⃗⃗⃗ 𝐸⃗ = −𝑛 𝐸⃗ (IV. 3)
𝑚𝑒
n est la mobilité des électrons et est le temps moyen entre deux collisions successives.
De manière analogue, on écrit pour les trous :
𝑑𝑣
⃗⃗⃗𝑡
⃗⃗⃗𝑡 = +𝑒𝐸⃗ = 𝑚𝑡
𝐹 (IV. 4)
𝑑𝑡
𝑣𝑡 est sa vitesse d’entrainement (ou de dérive) donnée par
mt est la masse effective du trou et ⃗⃗⃗
la relation :
𝑒
𝑣𝑡 =
⃗⃗⃗ 𝐸⃗ = 𝑝 𝐸⃗ (IV. 5)
𝑚𝑡
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Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
La densité de courant 𝑗 (Am2) est définie comme étant le flux de charges qui passe
par unité de surface. Elle est donnée, pour les électrons, par la relation :
𝑗⃗⃗⃗𝑛 = −𝑒𝑛𝑣
⃗⃗⃗𝑒 (IV. 7)
n est la concentration des électrons.
En remplaçant la vitesse de l’électron par son expression en fonction de la mobilité et
du champ électrique on trouve l’expression :
𝑗𝑝 = 𝑒𝑝𝑣
⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗𝑡 (IV. 9)
𝑗𝑝 = 𝑒𝑝𝑝 𝐸⃗
⃗⃗⃗ (IV. 10)
𝑗𝑝 = 𝑒𝑝𝑝 𝐸⃗ = 𝜎𝑝 𝐸⃗
⃗⃗⃗ pour les trous (IV. 12)
Il résulte de ces deux relations les expressions de la conductivité électrique des électrons et
des trous :
Si on tient compte à la fois des densités de courant des électrons et des trous, la densité de
courant totale s’écrit :
30
Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
La conductivité totale tot est la somme des deux conductivités, d’électrons et de trous :
Noter que la résistivité est une caractéristique intrinsèque du semi-conducteur, tandis que la
résistance dépend de la forme du matériau dans lequel les porteurs de charge se déplacent.
Ainsi, la résistance R () d’un barreau semi-conducteur de section A et de longueur L est
donnée par la relation :
𝐿
𝑅= (IV. 19)
𝐴
IV.2.2. Courant de diffusion
En absence du champ électrique (𝐸⃗ = 0), le courant de dérive est nul. L’apparition
d’un gradient de porteurs dans le semi-conducteur, lors d’une excitation locale, engendre un
flux de ces porteurs dans le sens inverse du gradient. En effet, le mouvement thermique de
ces charges fait en sorte qu’elles se déplacent des régions riches en porteurs vers les régions
les plus pauvres (Figure IV.1.). Il en résulte un courant de diffusion dans la direction du
gradient de concentration des charges.
Pour simplifier l’étude de la diffusion, on prend le cas des électrons (Figure IV.1) à
une dimension. Le flux de porteurs (m2s1) est donné par la loi de Fick :
⃗ = −𝐷𝑛 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑(𝑛)
𝑛
{ (IV. 20)
⃗ = −𝐷𝑝 𝑔𝑟𝑎𝑑
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝑝)
𝑝
où Dn,p (m2s1) est le coefficient de diffusion des électrons (des trous). Le signe () dans les
deux équations vient du sens du flux qui est opposé à celui du gradient de concentration.
31
Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
Figure IV.2 : Diffusion des électrons (a) et diffusion des trous(b) dues au gradient de
concentrations des porteurs de charges.
La densité totale de courant de diffusion 𝑗𝑑𝑖𝑓𝑓 est la somme des densités des courants de
diffusion des électrons et des trous :
𝑑𝑛 𝑑𝑝
𝑗𝑑𝑖𝑓𝑓 = 𝑒𝐷𝑛 𝑥 − 𝑒𝐷𝑝 𝑥 (IV. 22)
𝑑𝑥 𝑑𝑥
Si un champ électrique est aussi appliqué au semi-conducteur, on peut écrire la densité
de courant des électrons en prenant en compte la diffusion et la conduction électrique (même
raisonnement pour les trous) :
𝑑𝑛
𝑗𝑛 = 𝑒𝑛𝑛 𝐸⃗ + 𝑒𝐷𝑛 𝑥
{ 𝑑𝑥 (IV. 23)
𝑑𝑝
𝑗𝑝 = 𝑒𝑛𝑝 𝐸⃗ − 𝑒𝐷𝑝 𝑥
𝑑𝑥
Cette relation peut être généralisée à trois dimensions :
32
Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
𝐷𝑛 𝐷𝑝
= = 𝑉𝑇 (IV. 26)
𝑛 𝑝
𝑘𝐵 𝑇
où VT est la tension thermique équivalente à (=25.9 mV à 300 K).
𝑒
Un photon de fréquence ayant une énergie h au minimum égale à Eg, figure IV.3 ,
peut en cédant cette énergie faire passer un électron de la bande de valence vers la bande de
conduction :
𝑐
ℎ = ℎ 𝐸𝑔 (IV. 27)
où est la longueur d’onde du photon et c la vitesse de la lumière. La longueur d’onde
maximale susceptible de contribuer à la création de porteurs s’obtient de l’équation :
ℎ𝑐 1.12
(IV. 28)
𝐸𝑔 𝐸𝑔
où est donnée en m et Eg en eV. Seuls les photons de longueur d’onde plus petite que lambda max peuvent créer
des porteurs.
33
Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
34
Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
Recombinaison non radiative : idée générale
Lorsqu’un électron retombe de la bande de conduction vers la bande de
valence : Cas 2 : recombinaison Auger
aucun photon n’est émis Mécanisme
l’énergie est dissipée autrement Un électron se recombine avec un trou
On parle de recombinaison non radiative. L’énergie libérée n’est pas lumineuse
Elle est transférée à un autre électron libre
Cas 1 : recombinaison par phonons (vibrations du réseau) Cet électron est excité vers un niveau d’énergie
Mécanisme plus élevé
L’électron perd son énergie progressivement Aucun photon n’est émis.
Cette énergie est transmise au réseau cristallin
Elle apparaît sous forme de vibrations des atomes phonons
Conséquence
Échauffement du matériau
Très fréquent dans le silicium (gap indirect) ?
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Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
La variation du nombre de trous (dP) pendant l’intervalle de temps dt est égale au flux
de trous entrants moins le flux de trous sortant (il n’y a pas de génération - recombinaison) :
𝑑𝑝 𝑑𝑝 (𝑥)
Quand le flux sortant est plus grand que le flux entrant, la concentration locale de
porteurs diminue. =− (IV. 33)
𝑑𝑡 𝑑𝑥
Ainsi la variation temporelle de la concentration des trous est égale à moins la variation
spatiale du flux de trous.
Dans le cas général et à 3 dimensions, on obtient pour les porteurs de charges négatives :
𝑑𝑛
⃗⃗⃗⃗
= −𝑑𝑖𝑣 (IV. 34)
𝑑𝑡 𝑛
Sachant que :
36
Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
𝑗𝑛 = 𝑒⃗𝑛
{ (IV. 37)
𝑗𝑝 = 𝑒⃗ 𝑝
Et :
𝑑𝑛
𝑗𝑛 = 𝑒𝑛𝑛 𝐸⃗ + 𝑒𝐷𝑛 𝑥
{ 𝑑𝑥 (IV. 38)
𝑑𝑝
𝑗𝑝 = 𝑒𝑛𝑝 𝐸⃗ − 𝑒𝐷𝑝 𝑥
𝑑𝑥
Alors :
𝑑𝑛 𝑑2𝑛 𝑑𝐸 𝑑𝑛
= 𝐷𝑛 2 + 𝑛𝑛 + 𝑛 𝐸 + 𝐺 − 𝑅𝑛
𝑑𝑡 𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑑𝑥 (IV. 39)
𝑑𝑝 𝑑2𝑝 𝑑𝐸 𝑑𝑝
{ 𝑑𝑡 = 𝐷𝑝 2
− 𝑝 𝑝
− 𝑝
𝐸 + 𝐺 − 𝑅𝑝
𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑑𝑥
Dans la plupart des dispositifs, on s’intéresse à l’évolution des concentrations des
porteurs dans le sens des champs appliqués et le modèle linéaire est souvent valable.
Les taux de recombinaison s’expriment en fonction des durées de vie des porteurs
minoritaires :
𝑛 − 𝑛0
𝑅𝑛 =
𝑛
{ 𝑝 − 𝑝0 (IV. 40)
𝑅𝑝 =
𝑝
avec n et n les durées de vie des porteurs minoritaires électrons et trous, respectivement.
Alors :,
𝑑𝑛 𝑑2 𝑛 𝑑𝐸 𝑑𝑛 𝑛 − 𝑛0
= 𝐷𝑛 2 + 𝑛𝑛 + 𝑛 𝐸 +𝐺−
𝑑𝑡 𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑛
2 (IV. 41)
𝑑𝑝 𝑑 𝑝 𝑑𝐸 𝑑𝑝 𝑝 − 𝑝0
= 𝐷𝑝 2 − 𝑝𝑝 − 𝑝 𝐸 +𝐺−
{ 𝑑𝑡 𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑝
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Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
𝑑 2 𝑝 𝑝(𝑥 ) − 𝑝0
𝐷𝑝 − =0 (IV. 43)
𝑑𝑥 2 𝑝
On pose : 𝐿𝑝 = √𝐷𝑝 𝑝 , telle que Lp est la longueur de diffusion des porteurs minoritaires
trous. On obtient alors :
𝑑 2 𝑝 𝑝(𝑥 ) − 𝑝0
− =0 (IV. 44)
𝑑𝑥 2 𝐿2𝑝
𝑥
𝑝(𝑥 ) − 𝑝0 = (𝑝(0) − 𝑝0 )𝑒𝑥𝑝 (− ) (IV. 45)
𝐿𝑝
Ainsi, la concentration des porteurs positifs est une fonction décroissante, en exponentielle,
entre sa valeur initiale p(0) et sa valeur à l’équilibre p0.
La décroissance est caractérisée par la longueur de diffusion des porteurs considérés :
L est la distance moyenne parcourue par un porteur avant
recombinaison. 𝐿𝑛 = √𝐷𝑛 𝑛
{ (IV. 46)
𝐿𝑝 = √𝐷𝑝 𝑝
Si l’épaisseur de l’échantillon est plus faible que la longueur de diffusion (on parle
d’échantillon court), la répartition spatiale des porteurs de charges n’est plus exponentielle
mais peut devenir linéaire pour des échantillons très courts ( L/10).
Quand la recombinaison est négligeable, la diffusion impose un gradient
constant, donc une répartition linéaire des porteurs.
IV.5.4. Temps de relaxation diélectrique et longueur de Debye
38
Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
𝑑𝑛 𝑑𝑛
𝐽𝑛 = 𝑒𝑛𝑛 𝐸 (𝑥 ) + 𝑒𝐷𝑛 = 𝜎𝑛 𝐸(𝑥 ) + 𝑒𝐷𝑛 (IV. 49)
𝑑𝑥 𝑑𝑥
alors :
𝑑𝐸 (𝑥 ) 𝑣 (𝑥 ) 𝑒𝛿𝑛
= = − (IV. 51)
𝑑𝑥 𝜀 𝜀
alors :
𝑑𝛿𝑛 𝜎𝑛 𝛿𝑛 𝑑 2 𝑛
=− + 𝐷𝑛 (IV. 52)
𝑑𝑡 𝜀 𝑑𝑥 2
La résolution temporelle de cette équation donne :
𝑡
𝛿𝑛(𝑥, 𝑡) = 𝛿𝑛(𝑥, 0)𝑒𝑥𝑝 (− ) (IV. 53)
𝜏𝑟
où 𝜏𝑟 est le temps de relaxation diélectrique qui mesure le temps nécessaire au rétablissement
de la neutralité électrique. Il est donné par :
𝜀
𝜏𝑟 = (IV. 54)
𝜎𝑛
La résolution spatiale de l’équation donne :
𝑥
𝛿𝑛(𝑥, 𝑡) = 𝛿𝑛(0, 𝑡)𝑒𝑥𝑝 (− ) (IV. 55)
𝐿𝐷
où 𝐿𝐷 est la longueur de Debye (ici pour un semi-conducteur de type N) :
Que signifie « charge neutralisée » ?
Lorsqu’une charge électrique apparaît dans un semi-conducteur (par exemple un
ion positif) :
𝑘 𝐵 𝑇
elle crée un champ électrique>>>>ce champ attire des porteurs de charge de signe
opposé 𝐿𝐷 = √𝐷𝑝 𝑟 = √ 2 (IV. 56)
ces porteurs se déplacent et s’accumulent autour de la charge 𝑞 𝑁𝑑
Résultat :
la charge nette devient quasi nulle>>>C’est cela qu’on appelle neutralisation.
𝐿𝐷 apparaît donc comme la distance sur laquelle s’effectue la neutralisation d’une charge
d’espace, c.à.d. la transition entre une zone de charge d’espace et une zone neutre.
l
39
Chapitre IV : Semi-conducteurs hors équilibre - Mécanisme du transport de charges
1
𝑓𝑛 (𝐸 ) = (IV. 57)
𝐸−𝐸
1 + 𝑒𝑥𝑝 ( 𝑘 𝑇𝐹𝑛 )
𝐵
Le produit de ces deux concentrations n’est plus égal à 𝑛𝑖2 (comme à l’équilibre), mais à :
𝐸𝐹𝑛 − 𝐸𝐹𝑝
𝑛𝑝 = 𝑛𝑖2 𝑒𝑥𝑝 ( ) (IV. 60)
𝑘𝐵 𝑇
IV.7. Exercices
Exercice 01 :
Considérons un échantillon d'arséniure de gallium à T = 300K avec des concentrations de
dopage Na = 0 et Nd = 1016 cm3. Supposons une ionisation complète des impuretés et que les
mobilités des électrons et des trous sont respectivement, n = 85 102 cm2/V.s et p = 4 102
cm2/V.s et que la concentration intrinsèque des porteurs de charge est ni = 1.8 106 cm3.
- Calculez la densité du courant de dérive si le champ électrique appliqué est E = 10 V/cm.
Exercice 02 :
Une densité de courant de dérive J = 120 A/cm2 est obtenue dans un dispositif semi-
conducteur particulier de silicium de type P, soumis à un champ électrique appliqué E = 20
V/cm.
- Déterminer la concentration des impuretés requise pour atteindre cette spécification.
Supposons que les mobilités électriques des électrons et des trous sont respectivement, n =
1350 cm2/V.s et p = 480 cm2/V.s.
Exercice 03 :
Pour concevoir une résistance à semi-conducteur avec une résistance spécifiée pour manipuler
une densité de courant donnée, un semi-conducteur de silicium à T = 300 K est initialement
dopé avec des donneurs à une concentration Nd = 5 1015 cm3. Les accepteurs doivent être
ajoutés pour former une résistance de matériau compensé de type P. La résistance à semi-
conducteur doit avoir une résistance de valeur R = 10 k et permet de faire circuler un
courant de densité 50 A/cm2 quand on lui applique une tension de 5V.
40
Chapitre V
Etude des jonctions PN
42
Chapitre V : Etude des jonctions PN
V.1. Définition
Une jonction PN est constituée de la juxtaposition de deux zones respectivement
dopées P et N, tous les deux d’un même matériau semi-conducteur, figure V.1. Cette
juxtaposition va créer une jonction qui est la limite de séparation entre les deux parties. On
appelle aussi jonction PN ; la région de transition entre une zone dopée P et une zone dopée
N.
43
Chapitre V : Etude des jonctions PN
Puisqu’il s’agit d’une jonction abrupte, donc la charge présente dans la zone de
déplétion est une distribution homogène d’impuretés ionisées. La concentration en porteurs
de charges libres est donc négligeable devant Na et Nd. En plus, la densité de charges est
supposée constante dans les deux régions de la zone de déplétion, figure V.5.
44
Chapitre V : Etude des jonctions PN
Dans ces conditions, la densité de charges (x) est donnée par la relation suivante :
0 𝑠𝑖 𝑥 ]− , −𝑥𝑝 ][+𝑥𝑛 , + [
(𝑥) = { −𝑞𝑁𝑎 𝑠𝑖 𝑥 ]−𝑥𝑝 , 0 ] (V. 1)
+𝑞𝑁𝑎 𝑠𝑖 𝑥 [0, +𝑥𝑛 [
avec q la charge de l’électron.
𝑉𝑛 − 𝑉𝑝 = 𝑉0 (V. 11)
* pour (xxp), le champ électrique E est nul (E=0), le potentiel est donc constant (V=VP).
* pour (xpx0), le champ électrique est donné par la relation :
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Chapitre V : Etude des jonctions PN
𝑞𝑁𝑎
𝐸𝑝 (𝑥) = − (𝑥 − 𝑥𝑝 ) (V. 12)
𝑉𝑝 (𝑥) 𝑥
𝑑𝑉𝑝 (𝑥)
𝐸𝑝 (𝑥 ) = − ∫ 𝑑𝑉 = − ∫ 𝐸𝑝 (𝑥)𝑑𝑥 (V. 13)
𝑑𝑥 𝑉𝑝 𝑥𝑝
𝑥
𝑞𝑁𝑎
𝑉𝑝 (𝑥 ) = ∫ (𝑥 − 𝑥𝑝 )𝑑𝑥 + 𝑉𝑝 (V. 14)
𝑥𝑝
𝑞𝑁𝑎
𝑉𝑝 (𝑥 ) = (𝑥 − 𝑥𝑝 )2 + 𝑉𝑝 (V. 15)
2
* pour (0xxn), le champ électrique est donné par la relation :
𝑞𝑁𝑑
𝐸𝑛 (𝑥 ) = − (𝑥 𝑛 − 𝑥 ) (V. 16)
Donc :
𝑥𝑛 𝑥𝑛
𝑞𝑁𝑑 𝑞𝑁𝑑
𝑉𝑛 (𝑥 ) = ∫ (𝑥𝑛 − 𝑥 )𝑑𝑥 + 𝑉𝑛 = − ∫ (𝑥 − 𝑥𝑛 )𝑑𝑥 + 𝑉𝑛 (V. 17)
𝑥 𝑥
Alors :
𝑞𝑁𝑑
𝑉𝑛 (𝑥 ) = − (𝑥 − 𝑥𝑛 )2 + 𝑉𝑛 (V. 18)
2
Au point (x=0), la continuité du potentiel impose que :
𝑞𝑁𝑑 2 𝑞𝑁𝑎 2
− 𝑥𝑛 + 𝑉𝑛 = 𝑥 + 𝑉𝑝 (V. 19)
2 2 𝑝
Alors :
𝑞𝑁𝑎 2 𝑞𝑁𝑑 2
𝑉0 = 𝑉𝑛 − 𝑉𝑝 = 𝑥 + 𝑥 (V. 20)
2 𝑝 2 𝑛
𝑞
𝑉0 = (𝑁 𝑥 2 + 𝑁𝑑 𝑥𝑛2 ) (V. 21)
2 𝑎 𝑝
où V0 est le potentiel de diffusion (ou barrière de potentiel).
* pour (xn x+), le champ électrique E est nul et le potentiel est donc constant (V=Vn)
47
Chapitre V : Etude des jonctions PN
La barrière de potentiel peut être calculée, d’après la figure V.8, comme suit :
Or, dans la région P, les porteurs majoritaires sont les trous, donc:
𝐸𝑣 𝐸𝐹𝑝
𝑝 = 𝑁𝑎 = 𝑁𝑣 exp ( ) (V. 23)
𝑘𝐵 𝑇
Ainsi :
𝑁𝑣
𝐸𝑝 = 𝑘𝐵 𝑇𝑙𝑛 ( ) (V. 24)
𝑁𝑎
De même pour le semi-conducteur de type N :
48
Chapitre V : Etude des jonctions PN
Les deux régions font partie du même réseau cristallin et à l’équilibre thermodynamique, les
niveaux de Fermi extrinsèques s’alignent :
Les deux régions font partie du même réseau cristallin >>> Cela signifie que les deux matériaux (par exemple le p et le n dans une diode) ont une structure atomique continue et compatible, donc les électrons peuvent
𝑁𝑎 𝑁𝑑
𝑞𝑉0 = 𝑘𝐵 𝑇𝑙𝑛 ( ) comment & (V. 31)
𝑛𝑖2 A démontrer
𝑊 = 𝑥𝑝 + 𝑥𝑛 (V. 32)
2𝑁𝑑 𝑉0
𝑥𝑝 = √ A démontrer
(V. 33)
𝑞𝑁𝑎 (𝑁𝑎 + 𝑁𝑑 )
2𝑁𝑎 𝑉0
𝑥𝑛 = √ A démontrer (V. 34)
𝑞𝑁𝑑 (𝑁𝑎 + 𝑁𝑑 )
Ainsi :
2 (𝑁𝑎 + 𝑁𝑑 ) A démontrer
𝑊=√ 𝑉0 Na=Nd (V. 35)
𝑞 𝑁𝑑 𝑁𝑎
Sachant que :
𝑞𝑁𝑑 𝑥𝑛 𝑞𝑁𝑎 𝑥𝑝
𝐸 (𝑥 = 0) = = (V. 36)
Donc :
2𝑉0
E (𝑥 = 0) = 𝑊
A démontrer
(V. 37)
49
Chapitre V : Etude des jonctions PN
En dehors de la Z.C.E. :
* du côté P de la jonction ;
- la concentration des porteurs majoritaires est : pp Na
𝑛2
- la concentration des porteurs minoritaires est :𝑛𝑝 = 𝑁𝑖
𝑎
* du côté N de la jonction ;
- la concentration des porteurs majoritaires est : nn=Nd
𝑛2
- la concentration des porteurs minoritaires est :𝑝𝑛 = 𝑁𝑖
𝑑
En reportant les deux expressions de pp et pn dans la formule :
𝑁𝑎 𝑁𝑑
𝑞𝑉0 = 𝑘𝐵 𝑇𝑙𝑛 ( ) (V. 38)
𝑛𝑖2
On obtient :
𝑞𝑉0
) 𝑝𝑛 = 𝑝𝑝 𝑒𝑥𝑝 (− (V. 39)
𝑘𝐵 𝑇
De la même manière, en reportant les deux expressions de nn et np dans la formule de qV0, on
obtient :
𝑞𝑉0
𝑛𝑝 = 𝑛𝑛 𝑒𝑥𝑝 (− ) (V. 40)
𝑘𝐵 𝑇
Figure V.9 : Concentrations des porteurs de charges dans les différentes régions d’une
jonction PN en équilibre.
Par convention, le courant positif est un courant qui s’écoule de la région P à la région
N. Le courant net est la somme de deux termes,
Donc, le champ électrique de la jonction
entraîne :
les électrons minoritaires du côté P vers le
côté N,
𝑖 = 𝑖𝑑𝑖𝑓𝑓 − 𝑖𝑖𝑛𝑣 (V. 41)
les trous minoritaires du côté N vers le côté P.
où idiff est le courant de diffusion et iinv est le courant de saturation ou de fuite dû au transport
des porteurs minoritaires.
2 (𝑁𝑎 + 𝑁𝑑 )(𝑉0 − 𝑉𝑎 ) 𝑉𝑎
𝑊′ = √ = 𝑊√1 − (V. 42)
𝑞 𝑁𝑑 𝑁𝑎 𝑉0
En polarisation directe, la tension appliquée aide les charges à traverser la jonction, donc la
W est l’épaisseur de la Z.C.E. à l’équilibre. barrière diminue et la zone de charge d’espace devient plus mince.
51
Chapitre V : Etude des jonctions PN
2𝑞𝑁𝑑 𝑁𝑎 (𝑉0 − 𝑉𝑎 )
𝐸 ′ (0) = √ (V. 44)
(𝑁𝑎 + 𝑁𝑑 )
𝑉𝑎
𝐸 ′ (0) = 𝐸(0)√1 − (V. 45)
𝑉0
donc :
𝑞𝑉𝑎
𝑛𝑝′ = 𝑛𝑝 𝑒𝑥𝑝 ( ) (V. 49)
𝑘𝐵 𝑇
52
Chapitre V : Etude des jonctions PN
Figure V.12 : Concentrations des porteurs de charges dans les différentes régions d’une
jonction PN polarisée en direct.
53
Chapitre V : Etude des jonctions PN
Ce courant est très grand, figure V.13, et varie exponentiellement avec la tension
appliquée Va, raison pour laquelle on doit monter dans le circuit électrique d’une jonction
polarisée en direct, une résistance R en série.
tension
appliquée
54
Chapitre V : Etude des jonctions PN
2 (𝑁𝑎 + 𝑁𝑑 )(𝑉0 + 𝑉𝑎 ) 𝑉𝑎
𝑊 ′′ = √ = 𝑊√1 + (V. 55)
𝑞 𝑁𝑑 𝑁𝑎 𝑉0
2𝑞𝑁𝑑 𝑁𝑎 (𝑉0 + 𝑉𝑎 )
𝐸 ′′ (0) = √ (V. 57)
(𝑁𝑎 + 𝑁𝑑 )
𝑉𝑎
𝐸 ′′ (0) = 𝐸(0)√1 + (V. 58)
𝑉0
* du côté P de la jonction ;
- la concentration des porteurs majoritaires est : 𝑝𝑝 = 𝑁𝑎
𝑛2
- la concentration des porteurs minoritaires est : 𝑛𝑝′′ = 𝑁𝑖
𝑎
* du côté N de la jonction ;
- la concentration des porteurs majoritaires est : 𝑛𝑛 = 𝑁𝑑
55
Chapitre V : Etude des jonctions PN
𝑛2
- la concentration des porteurs minoritaires est : 𝑝𝑛′′ = 𝑁𝑖
𝑑
En utilisant les expressions précédentes des concentrations des porteurs de charges à
l’équilibre, on obtient la concentration des porteurs minoritaires dans la région N:
𝑞(𝑉0 + 𝑉𝑎 ) 𝑞𝑉0 𝑞𝑉𝑎
𝑝𝑛′′ = 𝑝𝑝 𝑒𝑥𝑝 (− ) = 𝑝𝑝 𝑒𝑥𝑝 (− ) 𝑒𝑥𝑝 (− ) (V. 59)
𝑘𝐵 𝑇 𝑘𝐵 𝑇 𝑘𝐵 𝑇
Donc :
𝑞𝑉𝑎
𝑝𝑛′′ = 𝑝𝑛 𝑒𝑥𝑝 (− ) (V. 60)
𝑘𝐵 𝑇
De la même manière, on obtient la concentration des porteurs minoritaires dans la région P:
𝑞(𝑉0 + 𝑉𝑎 ) 𝑞𝑉0 𝑞𝑉𝑎
𝑛𝑝′′ = 𝑛𝑛 𝑒𝑥𝑝 (− ) = 𝑛𝑛 𝑒𝑥𝑝 (− ) 𝑒𝑥𝑝 (− ) (V. 61)
𝑘𝐵 𝑇 𝑘𝐵 𝑇 𝑘𝐵 𝑇
Donc :
𝑞𝑉𝑎
𝑛𝑝′′ = 𝑛𝑝 𝑒𝑥𝑝 (− ) (V. 62)
𝑘𝐵 𝑇
Figure V.17 : Concentrations des porteurs de charges dans les différentes régions d’une
jonction PN polarisée en inverse.
56
Chapitre V : Etude des jonctions PN
Dans ce cas, le courant de diffusion est très faible devant le courant de saturation, on peut
donc écrire :
57
Chapitre V : Etude des jonctions PN
0 𝑟 𝑆 𝑞 0 𝑟 𝑁𝑑 𝑁𝑎
𝐶𝑇 = = 𝑆√ (V. 68)
2 (𝑁𝑎 + 𝑁𝑑 ) 2(𝑁𝑎 + 𝑁𝑑 )(𝑉0 + 𝑉𝑎 )
√ 0 𝑟
𝑞 𝑁𝑑 𝑁𝑎 (𝑉0 + 𝑉𝑎 )
avec:
𝑞0 𝑟 𝑁𝑑 𝑁𝑎
𝐾 = 𝑆√ (V. 70)
2(𝑁𝑎 + 𝑁𝑑 )
58
Quand la tension inverse devient trop grande, le champ électrique arrache massivement des électrons au cristal, provoquant une avalanche de
porteurs et une augmentation brutale du courant inverse : c’est le claquage.
Chapitre V : Etude des jonctions PN
59
Chapitre V : Etude des jonctions PN
V.8.2. Commutation
On appelle commutation le passage de la jonction d’un état à l’autre (par exemple du
régime inverse : état bloqué au régime direct : état passant). Dans ces conditions, la capacité
de transition intervient lorsque la jonction est en état bloqué, et lorsque la jonction est en état
passant, c’est la capacité de diffusion qui intervient. Le temps nécessaire pour le passage d’un
état bloqué à un état passant est appelé : temps de commutation.
60
Chapitre V : Etude des jonctions PN
V.9.5. Photodiode
Une photodiode est un composant constitué d’une jonction PN. Elle a la capacité de
détecter un rayonnement du domaine optique et de le transformer en signal électrique.
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