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Analyse Math

Ce document présente une introduction à la théorie des ensembles, en abordant des concepts tels que l'intersection, la réunion, l'inclusion, le complémentaire, la partition et le produit cartésien. Il traite également des limites des fonctions, de la continuité, et des théorèmes associés, notamment le théorème des valeurs intermédiaires et le théorème du point fixe. Enfin, il inclut des exercices pratiques pour renforcer la compréhension des notions abordées.

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Ce document présente une introduction à la théorie des ensembles, en abordant des concepts tels que l'intersection, la réunion, l'inclusion, le complémentaire, la partition et le produit cartésien. Il traite également des limites des fonctions, de la continuité, et des théorèmes associés, notamment le théorème des valeurs intermédiaires et le théorème du point fixe. Enfin, il inclut des exercices pratiques pour renforcer la compréhension des notions abordées.

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Supervision : M ABANDA NDJONO

Coordonnateur : M OLINGA VINCENT


Participants :
• M MEKWONTCHOU
• M EKITI
• M KEMEGNE
• Mme YANTSOP
• M NDJOBOT DANY

Période de rédaction : du 31 octobre 2025 au 05 novembre 2025


THEORIE
THÉORIE
THEORIEDES
DESENSEMBLES
ENSEMBLES

Les mathématiques utilisent toutes sortes d'ensembles (finis, infinis dénombrables, infinis non
dénombrables). Le but de ce chapitre n'est pas de faire une étude systématique de la théorie des
ensembles (qui s'avérerait très complexe) mais de proposer une approche des notions les plus
utilisées de cette théorie.
Ainsi, nous ne tenterons pas de définir rigoureusement ce qu'est un ensemble. Disons simplement
qu'un ensemble s'apparente à une liste (finie ou non) d'objets distincts possédant un propriété
commune (par exemple l'ensemble des entiers naturels pairs, l'ensemble des entiers qui n'ont que
deux diviseurs (nombres premiers), l'ensemble des polynômes de degré 2, etc ...). On considère ces
objets dans leur globalité sans tenir compte d'un ordre éventuel. Un ensemble se note avec des
accolades : par exemple si E est l'ensemble des entiers naturels pairs inférieurs à 9, on notera E = {0
; 2 ; 4 ; 6 ; 8}.
On utilisera les symboles ∈ et ∉ pour signifier qu'un élément appartient ou n'appartient pas à un
ensemble : par exemple 2 ∈ {0 ; 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5} et 3 ∉ {0 ; 2 ; 4 ; 6 ; 8}.
Enfin, nous noterons ∅ l'ensemble qui n'a pas d'éléments (ensemble vide).

Intersection

Définition : L'intersection de deux ensembles A et B est l'ensemble des éléments qui sont communs à A et B.
On la note A ∩ B.

e ∈ A ∩ B signifie e ∈ A et e ∈ B
AB
×
e

Remarque : lorsque A ∩ B = ∅, on dit que les ensembles A et B sont disjoints.

Réunion (ou union)

Définition : La réunion de deux ensembles A et B est l'ensemble des éléments qui sont dans A ou dans B. On
la note A ∪ B.

e ∈ A ∪ B signifie e ∈ A ou e ∈ B

A × B
e

Inclusion

Définition : On dit qu'un ensemble A est inclus dans un ensemble B si tous les éléments de A sont des
éléments de B. On note alors A ⊂ B.
On dit alors que A est une "partie" de B ou que A est un "sous-ensemble" de B. B
A
Remarque : ∅ et E sont toujours des parties de E (partie vide et partie pleine).

On notera ℘(E) l'ensemble de toutes les parties de E.

Exemples : on a toujours : A ⊂ A ∪ B ; B ⊂ A ∪ B ; A ∩ B ⊂ A ; A ∩ B ⊂ B ; A ∩ B ⊂ A ∪ B.

∅⊂A ; ∅∩A=∅ ; ∅∪A=A


Complémentaire

Définition : Soit E un ensemble et A une partie de E. Le complémentaire de A dans E est l'ensemble des
éléments

de E qui n'appartiennent pas à A. On le note E \ A ou A ou encore CE(A).

E
A A
Remarque : A ∪ A = E et A ∩ A = ∅.

Partition

Définition : Des parties A1, A2, A3, ..., Ap d'un ensemble E constituent une partition de E si elles sont deux à
deux disjointes et si leur réunion est E . E

Pour tous i et j de {1 ; ... ; p} : i ≠ j Ai ∩ Aj = ∅ A1 A2 A3 A4 A5 ... Ap

A1 ∪ A2 ∪ ... ∪ Ap = E
Exercice : combien de partitions peut-on faire

avec un ensemble à 3 éléments ? Et à 4 éléments ?

Produit cartésien

Définition : Le produit cartésien de deux ensembles E et F est l'ensemble des couples (x, y) où x appartient à
E et y appartient à F. Cet ensemble est noté E × F.
Exemples :

• Si E = {a ; b ; c} et F = {1 ; 2} alors E × F = {(a, 1) ; (a, 2) ; (b, 1) ; (b, 2) ; (c, 1) ; (c, 2)}.

• Dans un repère (O,i , j ) l'ensemble des points M de coordonnées (x ; y) (où x ∈ et y ∈ ) est le produit
cartésien × également noté 2.
Le produit cartésien se généralise à plusieurs ensembles : E1 × E2 × ... Ep. Les éléments sont des p-uplets.

Cardinal d'un ensemble fini

Définition : Le nombre d'éléments d'un ensemble fini E est appelé cardinal de E. Ce nombre est noté
Card(E).

On convient que Card(∅) = 0.


Exemple :

Si E = {0 ; 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5} alors Card(E) = 6.

Remarque :

La notion de cardinal ne s'applique pas aux ensembles infinis (comme ,, , , etc...).

Exercice

Soit A l'ensemble des entiers naturels strictement inférieurs à 10 qui sont pairs.

Soit B l'ensemble des entiers naturels strictement inférieurs à 10 qui sont divisibles par 3.

1. Donner les éléments de A ∩ B et A ∪ B.

2. Décrire un ensemble C qui soit inclus dans B.

3. Décrire A et B .

4. Trouver un ensemble D tel que A et D soient disjoints.

5. On note D = A ∩ B. Décrire l'ensemble B × D. Quel est son cardinal ?


Afin de mieux comprendre ce chapitre, il est recommandé de relire le cours et les activités de Première sur les
limites.

I) Rappels sur les limites

1) Limites des fonctions usuelles

2) Limites de fonctions polynômes


La limite d'une fonction polynôme P est donnée par :

• la limite du terme du plus haut degré si x tend vers +∞ ou −∞


• La quantité P(a) si x tend vers a.
Exemples :

• lim (−3x3 − x + 2) = lim (−3x3) = −3 lim x3 = +∞ car lim x3 = +∞.


x→+∞ x→+∞ x→+∞ x→+∞

• lim (x2 + 1) = 5.
x→2

3) Limites de fonctions rationnelles

Une fonction rationnelle ƒ est un quotient de deux fonctions polynômes. Sa limite est donnée par :

• la limite du rapport des termes de plus haut degré si x tend vers +∞ ou −∞

• La quantité ƒ(a) si x tend vers a et si ƒ est définie en a.

Une étude plus précise (signes) est à faire si ƒ est définie sur un domaine ouvert dont a est une borne.
x2 − x − 2
Étude de la limite de l'expression lorsque x tend vers 2 par valeurs supérieures.
x3 − 2x2

Posons N(x) = x2 − x − 2 = (x +1)(x − 2) et D(x) = x3 − 2x2 = x2(x − 2). On a lim N(x) = 0 et lim D(x) = 0.
x→2+ x→2+

Ce qui donne une indétermination. Pour la lever, on factorise :

4) Asymptotes

Soit ƒ une fonction et Cƒ sa représentation graphique dans un repère(O,u,v) . Si :

5) Théorèmes de comparaison

"une fonction plus grande qu'une fonction qui tend vers + ∞, tend vers +∞"
"une fonction inférieure à une fonction qui tend vers −∞, tend vers −∞"
C'est ce qu'on appelle le théorème des "gendarmes". Ce théorème s'étend aux limites en –∞ et en +∞.

"Si la distance entre les nombres ƒ(x) et est inférieure à une fonction qui tend vers 0 alors la fonction ƒ tend
vers le nombre "
6) Théorème de compatibilité avec l'ordre

"Si une fonction ƒ est inférieure à une fonction g à un endroit alors la limite de ƒ est inférieure à la limite de g
en cet endroit"
7) Limite d'une fonction composée

8) Fonctions n'admettant pas de limite


Parmi les fonctions qui sont sans limite, plusieurs cas se distinguent. Donnons quelques exemples :
• Fonction admettant des limites à droite et à gauche distinctes. C'est le cas de la fonction "inverse" en 0 :

La fonction "inverse" n'admet donc pas de limite en 0.


• Fonction admettant des limites à gauche et à droite finies et distinctes. C'est le cas de la fonction "partie
entière" : ƒ(x) = E(x) = le plus grand entier n inférieur ou égal à x.
(Exemples : E(π) = 3, E(1) = 1, E(−2,5) = −3)

lim E(x) = 0 et lim E(x) = −1 x→0


x→0
x>0 x<0

La fonction "partie entière " n'admet donc pas de limite en 0 (ni en n ∈ )


1

II) Continuité - Prolongement par continuité

Définition 1

Soit ƒ une fonction définie sur un intervalle I. Soit a un réel de I.

On dit que ƒ est continue en a si ƒ admet une limite finie en a.

On dit que ƒ est continue sur I si ƒ est continue en tout point a de I.


Exemples et contre-exemples :

• La fonction représentée ci-contre est non continue sur [−3 ; 3] : en effet, elle n'admet

pas de limite en 1 (la courbe fait un "saut"). Néanmoins, elle est continue sur [−3 ; 1[
et sur ]1 ; 3[.

• La fonction ƒ définie par une limite en 0 égale à +∞. Mais cette limite x

n'est pas finie, de plus cette fonction n'est pas définie en 0 donc la fonction ƒ n'est
pas continue en 0.

2 si x = 3
• La fonction ƒ définie par ƒ(x) = n'est pas continue en 3 car elle n'admet pas de limite en 3.
1 sinon

Remarques : Lorsqu'une fonction ƒ est continue en a, on a nécessairement


lim ƒ(x) = ƒ(a).
x→a

Graphiquement, la continuité d'une fonction ƒ sur un intervalle I se traduit par le fait que sa représentation
graphique sur I est d'un seul morceau.
La notion de continuité sur I n'a pas de sens si I n'est pas un intervalle.

Théorème 1
Toute fonction dérivable sur un intervalle I est continue sur cet intervalle.

Ce théorème sera démontré dans un chapitre ultérieur (calcul différentiel).


Ce théorème nous livre donc un "stock" de fonctions continues : fonctions polynômes, fonctions rationnelles,
etc..., qui sont continues sur tout intervalle I contenu dans leur ensemble de définition.
Remarque : la réciproque du théorème 1 est fausse ; il existe des fonctions continues sur un intervalle I qui ne
sont pas dérivables sur I (fonction racine carrée sur [0 ; +∞[).
III) Image d'un intervalle par une fonction continue

Définition 3

Soit ƒ une fonction définie sur un intervalle I.

L'image de I, notée ƒ(I), est l'ensemble de tous les nombres ƒ(x) où x ∈ I.

; 2] ; ƒ(I) = [0 ; 4] ; J = [0 ; +∞[, ƒ(J) = J.


Il se peut très bien que ƒ(I) ne soit pas un intervalle. Si ƒ(x) = E(x), E(x) désignant la partie entière de x, on a

ƒ([0 ; 1]) = {0 ; 1}.

Théorème 2
Si une fonction ƒ est continue sur un intervalle I, alors ƒ(I) est un intervalle.

Démonstration : admise. Mais le théorème est intuitivement évident : en effet, si ƒ(I)

n'est pas un intervalle, on n'arrive pas à construire une fonction ƒ continue sur I :
ƒ(I)

I
Remarque : I n'est a priori supposé ni borné, ni fermé.

Voici une conséquence importante du théorème 2, connue sous le nom de théorème des valeurs intermédiaires :

Théorème des valeurs intermédiaires

Soit ƒ une fonction continue sur un intervalle I = [a, b].

Alors, pour tout réel λ intermédiaire entre ƒ(a) et ƒ(b), il existe (au moins) un réel c ∈ I tel que ƒ(c) = λ.

(Autrement dit, l'équation ƒ(x) = λ admet au moins une solution dans I)

Démonstration :

D'après le théorème 2, comme ƒ est continue sur I, ƒ(I) est un intervalle. Par ailleurs on ƒ(a) ∈ ƒ(I) et ƒ(b) ∈

ƒ(I), donc λ ∈ ƒ(I) (puisque ƒ(I) est un intervalle et λ est intermédiaire entre ƒ(a) et ƒ(b)).

Donc, il existe c ∈ I tel que ƒ(c) = λ.


Application : le théorème des valeurs intermédiaires permet de démontrer un premier théorème de point fixe :

Théorème du point fixe

Soit ƒ une fonction continue sur un intervalle I = [a, b].

Si ƒ(I) ⊂ I, alors ƒ admet (au moins) un point fixe sur I. (Il existe (au moins) un réel x de I tel que ƒ(x) = x)

Démonstration :

Considérons la fonction g définie sur I par g(x) = ƒ(x) − x.


Montrons que 0 ∈ g(I) :

On a g(a) = ƒ(a) − a ∈ g(I) et g(b) = ƒ(b) − b ∈ g(I).

Or, comme ƒ(I) ⊂ I, on a ƒ(a) a et ƒ(b) b, c'est-à-dire g(a) 0 et g(b) 0.

D'après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe un réel x ∈ I tel que g(x) = 0, c'est-à-dire ƒ(x) = x.
Le théorème suivant concerne le cas où I est un intervalle fermé borné : en effet, si I est un intervalle ouvert et ƒ

continue sur I, suivant les situations ƒ(I) peut être un intervalle fermé, semi-ouvert, ouvert, borné ou non borné.
Cependant, si I est fermé borné ...
Théorème 3

Si une fonction ƒ est continue sur un intervalle fermé borné I, alors ƒ(I) est un intervalle fermé borné.

Démonstration : ce théorème est admis !

Corollaire
Si ƒ est continue sur un intervalle fermé borné I, alors ƒ est bornée sur I et atteint ses bornes.

Démonstration :

D'après le théorème 3, ƒ(I) est un intervalle fermé borné. Notons le ƒ(I) = [m ; M] (avec m M).

On a donc pour tout x ∈ I : m ƒ(x) M, donc ƒ est bornée sur I.

Comme m ∈ ƒ(I), il existe au moins un xm ∈ I tel que ƒ(xm) = m . Donc m est le minimum de ƒ sur I.

De même, il existe au moins un xM ∈ I tel que ƒ(xM) = M . Donc M est le minimum de ƒ sur I.

IV) Fonction continue strictement monotone

Le théorème suivant permet de préciser l'intervalle image ƒ(I) lorsque la fonction ƒ est strictement monotone :

Théorème 4

Si une fonction ƒ est continue et strictement monotone sur un intervalle I = [a ; b], alors ƒ(I) est l'intervalle [ƒ(a)

; ƒ(b)] (si ƒ est strictement croissante) ou [ƒ(b) ; ƒ(a)] (si ƒ est strictement décroissante).

Démonstration : d'après le théorème 2, ƒ(I) est un intervalle. Étudions le cas où ƒ est strictement croissante (le cas

strictement décroissant est analogue) : donc pour tout élément x de I, on a : ƒ(a) ƒ(x) ƒ(b). Puisque les nombres

ƒ(x) sont compris entre ƒ(a) et ƒ(b), on en déduit que ƒ(I) ⊂ [ƒ(a) ; ƒ(b)]. En outre, puisque a et b sont des éléments

de I, ƒ(a) et ƒ(b) sont des éléments de l'intervalle ƒ(I), donc [ƒ(a) ; ƒ(b)] ⊂ ƒ(I), ce qui permet de conclure que ƒ(I)

= [ƒ(a) ; ƒ(b)].
Remarques :

• L'hypothèse "ƒ strictement monotone" est indispensable comme le montre l'illustration suivante :
Théorème de bijection

Si une fonction ƒ est continue et strictement monotone sur un intervalle I = [a ; b], alors ƒ est une bijection

de I sur l'intervalle [ƒ(a) ; ƒ(b)] (si ƒ est strictement croissante) ou [ƒ(b) ; ƒ(a)] (si ƒ est strictement
décroissante) :
pour tout réel λ intermédiaire entre ƒ(a) et ƒ(b), il existe un unique réel c ∈ I tel que ƒ(c) = λ.

(Autrement dit : l'équation ƒ(x) = λ admet une et une seule solution dans I)

Démonstration :

Soit λ un réel intermédiaire entre ƒ(a) et ƒ(b). D'après le théorème des valeurs intermédiaires, nous avons

l'existence d'un réel c dans I tel que ƒ(c) = λ.

Montrons que ce réel c est unique. Supposons qu'il existe un réel c' ∈ I tel que ƒ(c') = λ.

Si c < c' , alors ƒ(c) < ƒ(c') (lorsque ƒ est strictement croissante) ou ƒ(c) > ƒ(c') (lorsque ƒ est strictement

décroissante). Donc ƒ(c) ≠ ƒ(c'), c'est-à-dire λ ≠ λ ce qui est absurde.


On raisonne de même si c > c' pour aboutir à la même absurdité.

Donc on a nécessairement c = c' et, par suite, le réel c est unique.


Remarque : comme le théorème 4, le théorème de bijection s'étend aux intervalles non bornés.

En résumé, lorsque ƒ est une fonction définie sur un intervalle I, et lorsque λ ∈ ƒ(I). L'hypothèse de continuité de

ƒ nous fournit l'existence d'au moins une solution (dans I) de l'équation ƒ(x) = λ. Si l'on ajoute l'hypothèse de

stricte monotonie de ƒ, nous sommes alors assurés de l'unicité de cette solution.

Corollaire

Soit ƒ une fonction continue et strictement monotone sur I = [a ; b]

Si ƒ(a)ƒ(b) < 0 alors l'équation ƒ(x) = 0 admet une unique solution dans I.

Démonstration :

Si ƒ(a)ƒ(b) < 0, cela signifie que ƒ(a) et ƒ(b) sont de signes contraires. Autrement dit, 0 est intermédiaire entre

ƒ(a) et ƒ(b). On conclut avec le théorème de bijection.


Applications du théorème de bijection : localisation d'une racine d'une équation
2

Soit ƒ la fonction définie sur + par ƒ(x) = x + x − 4.

Démontrer que l'équation ƒ(x) = 0 admet une unique solution α dans ]0 + ∞[ et que 1,6 < α < 1,7.

La fonction ƒ est dérivable sur ]0 ; +∞[ comme somme de fonctions dérivables sur ce même intervalle et on a :

1
ƒ'(x) = + 2x > 0 pour tout x ∈ ]0 ; + ∞[
2 x

La fonction ƒ est donc continue et strictement croissante sur ]0 ; +∞[. D'après le théorème de bijection, on a :

Or, lim ƒ(x) = +∞ et ƒ(0) = −4. D'où ƒ(]0 ; +∞[) = ]−4 ; +∞ [


x→+∞

Or, 0 ∈ ]−4 ; +∞[. Donc l'équation ƒ(x) = 0 admet une unique solution α dans ]0 +∞[.
De plus, ƒ(1,6) −0,175 et ƒ(1,7) 0,194, donc 1,6 < α < 1,7.
Autre application du théorème de bijection : le nombre e : voir chapitre sur le logarithme néperien.

Exercice : Démontrer que les applications :


I) Définition et conséquences

Rappelons que la fonction ln est une bijection de ∗+ dans et que e est le nombre dont le
logarithme népérien est égal à 1. (ln e = 1 et e 2,718...)
Définition 1
On appelle fonction exponentielle de base e, la bijection réciproque de la fonction ln. On la
note exp.

On a donc l'équivalence suivante, pour tout nombre y strictement positif :


y = exp x ⇔ x = ln y
Remarque : on verra au 6 qu'il existe des fonctions exponentielles de bases différentes de e.
Lorsque la base n'est pas précisée, on sous-entend qu'il s'agit de la base e.
On a donc :
• exp 0 = 1 car ln 1 = 0.
• exp 1 = e car ln e = 1.
• exp x > 0 pour tout réel x car la fonction ln est définie sur ]0 ; +∞[.
• Puisque les fonction ln et exp sont réciproques, on a :
ln(exp x) = x pour tout réel x
exp(ln x) = x pour tout réel x > 0.
• Puisque la fonction exp est une bijection on a l'équivalence suivante :
exp x = exp y ⇔ x = y
II) Théorème fondamental

Théorème 1

∀a, b ∈ , exp(a + b) = exp a × exp b


La fonction exp transforme les sommes en produits

Démonstration : on utilise le fait que la fonction ln transforme les produits en somme :

ln(exp a × exp b) = ln(exp a) + ln(exp b) = a + b = ln(exp(a + b))


Nous allons voir que les propriétés de l'exponentielle telles qu'elles s'écrivent avec cette nouvelle notation sont
compatibles avec les propriétés des puissances.

( ) (
Exemple : simplifier ex +e−x 2 −e2x 1−e−4x )
Démonstration :
Le fonction exponentielle étant dérivable sur IR, elle est continue sur IR .

Sa dérivée (qui est ex ) est strictement positive sur , donc la fonction exponentielle est donc strictement croissante

sur IR .

Conséquence : on a l'équivalence suivante :

Cette dernière propriété sera très utile pour établir des inégalités ou pour résoudre des inéquations.

Tableau de variation :
x −∞ +∞
+
signe de la dérivée ex
+∞
variation de la fonction exp
0
V) Limites de référence

Lemme

La représentation graphique de la fonction exponentielle est toujours située au-dessus de la première bissectrice

(y = x) : x < ex pour tout x ∈

Démonstration :

On considère la fonction ƒ définie sur par ƒ(x) = ex − x. Sa dérivée ƒ' est définie sur par : ƒ'(x) = ex − 1.

On a : ƒ'(x) >=0 ⇔ ex 1 ⇔ x >= 0


D’où le tableau suivant :

La fonction ƒ admet un minimum m strictement positif en 0 : m = ƒ(0) = e0 − 0 = 1.

Par conséquent la fonction ƒ est strictement positive pour tout réel x, d'où le lemme.

Remarque : on a même : 1 + x ex , pour tout x ∈ . (Démonstration analogue)


Exercices :
•Démontrer que, pour tout x ∈ +, on a :

• Démontrer que, pour tout x ∈ , on a : 2x ex . A-t-on : 3x ex pour tout x ∈ ? Soit a ∈ . En étudiant la fonction

ƒa définie sur par ƒa(x) = ex − ax, déterminer le plus grand réel a tel que : ax ex pour tout x ∈ . Interpréter

graphiquement en terme de tangentes (à des courbes que l'on précisera)

• Comparer sur , ex et x2 . Puis ex et x3 .

Théorème 5 Limites de l'exponentielle en −∞ et en +∞ :

lim ex = +∞ lim ex = 0
x→+∞ x→−∞
Conséquence des deux dernières limites : Soit P un polynôme différent du polynôme nul (P ≠ 0).

VI) Fonctions exponentielles de base a (a > 0)

Définition 2
Soit a un réel strictement positif.

On appelle fonction exponentielle de base a, la fonction ƒa (notée parfois expa) définie sur par ƒa(x) = exlna

On remarque que, pour x ∈ , on a : ƒa(x) = ax .

On notera donc, par convention : ax = exlna pour tout x =IR .

On remarquera la nécessité de la condition a > 0 pour définir les fonctions ƒa et le rôle de la condition a > 1 pour
le sens de variation de ces fonctions.

Exemples : on considère les fonctions exponentielles ƒ et g de bases 2 et respectivement :


x

Application : Nous avons vu lors du cours sur le logarithme néperien la relation : ln a p = p ln a (p ∈ )


Nous pouvons maintenant étendre cette relation à tout exposant x réel :

ln ax = lnexlna = x ln a
Théorème 7

Si a > 1 alors : lim ax = +∞ lim ax = 0


x→+∞ x→−∞
Si 0 < a < 1 alors : lim ax = 0 lim ax = +∞
x→+∞ x→−∞

lim ax = lim ax = 1 x→+∞


Si a = 1 alors : x→−∞
VII) Dérivée et primitives
VIII) Fonctions puissances

1 1
Démonstration : ƒα(x) = eαln x , d'où ƒα'(x) = α e
αln x
=α xα = αxα−1.
x x

Le signe de α détermine donc le sens de variation des fonctions ƒα :

si α > 0 alors ƒα est strictement croissante sur ]0 ; +∞[

si α < 0 alors ƒα est strictement décroissante sur ]0 ; +∞[

α
αln x
= 0 (puisque α > 0 et lim ln x = −∞).
Lorsque α > 0, nous avons lim x = lim e
x→0 x→0 x→0 x>0 x>0 x>0

Les fonctions puissances ƒα sont donc (pour α > 0) prolongeables par continuité en 0. Nous pouvons donc poser
α

ƒα(0) = 0, c'est-à-dire : pour tout réel α > 0 : 0 = 0.


0

Cas particulier : lorsque α = 0, nous avons ƒ0(x) = x = e = 1 et lim ƒ0(x) = 1. La fonction ƒ0 est donc
0

x→0
x>0
0

prolongeable par continuité en 0. Nous pouvons donc poser : ƒ0(0) = 1, c'est-à-dire : 0 = 1.


IX) Croissances comparées
• la fonction ln étant strictement croissante et continue, elle réalise une bijection de ]0 +∞[ sur l'intervalle image (que

nous préciserons ultérieurement). On en déduit que pour tous réels a et b de ]0 ; + ∞[, on a :

• ln a = ln b ⇔ a = b
• ln a < ln b ⇔ a < b

En effet, si a = b alors il est clair que ln a = ln b. Pour la réciproque, voir l'annexe sur le raisonnement par
contraposition et le raisonnement par l'absurde.
De même, si a < b alors (stricte croissance du ln) ln a < ln b. Pour la réciproque, voir l'annexe sur le raisonnement par
contraposition et le raisonnement par l'absurde.
2) Le nombre e

Puisque la fonction ln est une bijection de ]0 ; +∞[ dans , pour tout réel λ l'équation ln x = λ admet une unique solution

dans ]0 + ∞[.

Définition

On note e l'unique solution de l'équation ln x = 1. Ce nombre e s'appelle base du logarithme népérien.

On a donc ln e = 1. Le nombre e s'obtient avec une calculatrice avec la touche ex et x = 1. On obtient e 2,718...
p

Plus généralement, ln e = p ln e = p, relation pratique pour la résolution des équations :

ln(x + 3) = 9 pour x > −3

ln(x + 3) = ln e9 x + 3 = e9

3) Représentation graphique de la fonction ln

1 2 e 3

−1

IV) Limites de références

Lemme

La représentation graphique de la fonction ln est toujours située sous la première bissectrice (y = x) :


ln x < x pour tout x > 0

x 0 1 +∞
Signe de ƒ' − 0 +

Variations de ƒ
1
IV) Dérivées et primitives
Théorème 5
Soit u une fonction strictement positive et dérivable sur un intervalle I.
u'
La fonction définie par ln u est dérivable sur I et : (ln u)' =
u
Démonstration : conséquence du théorème de dérivation d'une fonction composée.
Théorème
Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I.
u'
Une primitive de sur I est : ln|u|
u
Démonstration : on utilise le théorème précédent en dérivant ln|u|. On distinguera les intervalles où u > 0 de ceux où u <
0.
Les suites numériques
Introduction
L’étude des suites numériques a pour objet la compréhension de l’évolution de séquences de nombres (réels, complexes
...). Ceci permet de modéliser de nombreux phénomènes de la vie quotidienne. Supposons par exemple que l’on place
une somme S à un taux annuel de 10%. Si Sn représente la somme que l’on obtiendra après n années, on a

S0 = S S1 = S × 1, 1 . . . Sn = S ×(1, 1)n .

Au bout de n = 10 ans, on possédera donc S10 = S ×(1, 1)10 t =S ×2, 59 : la somme de départ avec les intérêts cumulés.

1. Définitions
1.1. Définition d’une suite
Définition 1.
• Une suite est une application u : N → R.

• Pour n ∈ N, on note u(n) par un et on l’appelle n-ème terme ou terme général de la suite.

La suite est notéedéfinies à partir d’un certain entier naturelu, ou plus souvent (un)n∈Nn0ou simplementplus grand que 0,
on note alors(un). Il arrive fréquemment que l’on considère des suites(un)n⩾n0.

Exemple 1.

• (pn)n⩾0 est la suite de termes : 0, 1, p2, p3,. . .


• ((−1)n)n⩾0 est la suite qui alterne +1, −1, +1, −1,. . .

• La suite (Sn)n⩾0 de l’introduction définie par Sn = S ×(1, 1)n,

• (Fn)n⩾0 définie par F0 = 1, F1 = 1 et la relation Fn+2 = Fn+1 + Fn pour n ∈ N (suite de Fibonacci). Les premiers termes

sont 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, . . .Chaque terme est la somme des deux précédents.

1
• n 2n⩾1. Les premiers termes sont 1, , , , . . .
1. DÉFINITIONS
1.2. Suite majorée, minorée, bornée
2. Limites
2.1. Introduction
Pour un trajet au prix normal de 20 euros on achète une carte d’abonnement de train à 50 euros et on obtient chaque
billet à 10 euros. La publicité affirme « 50% de réduction ». Qu’en pensez-vous ? Pour modéliser la situation en termes
de suites, on pose pour un entier n ⩾ 1 :

un = 20n
vn = 10n + 50
un est le prix payé au bout de n achats au tarif plein, et vn celui au tarif réduit, y compris le prix de l’abonnement. La
réduction est donc, en pourcentage :

Il faut donc une infinité de trajets pour arriver à 50% de réduction !


2.2. Limite finie, limite infinie
Donc |ℓ−ℓ′| = |ℓ−uN+uN−ℓ′| ⩽ |ℓ−uN|+|uN−ℓ′| d’après l’inégalité triangulaire. On en tire |ℓ−ℓ′| ⩽ε+ε= 2ε< |ℓ−ℓ′|.

On vient d’aboutir à l’inégalité |ℓ−ℓ′| < |ℓ−ℓ′| qui est impossible. Bilan : notre hypothèse de départ est fausse et

donc ℓ=ℓ′.

2.3. Propriétés des limites


2.4. Des preuves!
2.5. Formes indéterminées

2.6. Limite et inégalités


3. EXEMPLES REMARQUABLES
Cette formule était difficilement concevable avant l’avènement du calcul infinitésimal et a été popularisée sous
le nom du paradoxe de Zénon. On tire une flèche à 2 mètres d’une cible. Elle met un certain laps de temps pour
parcourir la moitié de la distance, à savoir un mètre. Puis il lui faut encore du temps pour parcourir la moitié de
la distance restante, et de nouveau un certain temps pour la moitié de la distance encore restante. On ajoute ainsi
une infinité de durées non nulles, et Zénon en conclut que la flèche n’atteint jamais sa cible !
L’explication est bien donnée par l’égalité ci-dessus : la somme d’une infinité de termes peut bien être une valeur
finie ! ! Par exemple si la flèche va à une vitesse de 1 m/s, alors elle parcoure la première moitié en 1 s, le moitié
de la distance restante en s, etc. Elle parcoure bien toute la distance en 1 + + + +··· = 2 secondes !
3.4. Approximation des réels par des décimaux
4. Théorème de convergence
4.1. Toute suite convergente est bornée
Revenons sur une propriété importante que nous avons déjà démontrée dans la section sur les limites.
Proposition 11.
Toute suite convergente est bornée.

La réciproque est fausse mais nous allons ajouter une hypothèse supplémentaire pour obtenir des résultats.

4.2. Suite monotone


Théorème 2.

Toute suite croissante et majorée est convergente.

Remarque.
Et aussi :
• Toute suite décroissante et minorée est convergente.
• Une suite croissante et qui n’est pas majorée tend vers +∞.

• Une suite décroissante et qui n’est pas minorée tend vers −∞.

Démonstration du théorèmeM, l’ensemble A est majoré par2. NotonsM, et de plus il est non vide. Donc d’après
le théorèmeA = {un|n ∈ N} ⊂ R. Comme la suite (un)n∈N est majorée, disons par le réelR4 du chapitre sur les réels,

l’ensemble A admet une borne supérieure : notons ℓ = sup A. Montrons que− limn→+⩽∞ℓu. Mais alors pourn = ℓ.

Soit ε >n0⩾. Par laN on caractérisation de la borne supérieure, il existe un élément uN de A tel que ℓ ε< uN a

ℓ−ε< uN ⩽ un ⩽ℓ, et donc |un −ℓ| ⩽ε.



6. Montrer qu’une suite bornée et divergente admet deux sous-suites convergeant vers des valeurs distinctes.
5. Suites récurrentes
Les suites récurrentes définies par une fonction forment une catégorie essentielle de suites.
Ce paragraphe est l’aboutissement de notre étude des suites, mais sa lecture nécessite aussi la maîtrise préalable
de l’étude de fonctions (voir « Limites et fonctions continues »).

5.1. Suite récurrente définie par une fonction


Soit f : R → R une fonction. Une suite récurrente est définie par son premier terme et une relation permettant de

calculer les termes de proche en proche :

u0 ∈ R et un+1 = f (un) pour n ⩾ 0.

Une suite récurrente est donc définie par deux données : un terme initial u0, et une relation de récurrence un+1 = f
(un).
La suite s’écrit ainsi :
u0, u1 = f (u0), u2 = f (u1)= f (f (u0)), u3 = f (u2)= f (f (f (u0))), . . .
Le comportement d’une telle suite peut très vite devenir complexe.
Exemple 16.

Une suite récurrente donnée n’est pas forcément convergente. Lorsqu’elle admet une limite, l’ensemble des
valeurs possibles est restreint par le résultat essentiel suivant.
Proposition 13.
Si f est une fonction continue et la suite récurrente (un) converge vers ℓ, alors ℓ est une solution de
l’équation :

f (ℓ)=ℓ

Si on arrive à montrer que la limite existe, cette proposition affirme qu’elle est à chercher parmi les solutions de
l’équation f (ℓ)=ℓ.

Une valeur ℓ, vérifiant f (ℓ)=ℓ est un point fixe de f . La preuve est très simple et utilise essentiellement la
continuité de la fonction f :

Démonstration. Lorsque n → +∞, un → ℓ et donc aussi un+1 → ℓ. Comme un → ℓ et que f est continue alors la

suite (f (un)) → f (ℓ). La relation un+1 = f (un) devient à la limite (lorsque n → +∞) : ℓ= f (ℓ).
Nous allons étudier en détail deux cas particuliers, celui ou la fonction est croissante, puis celui ou la fonction est
décroissante.

5.2. Cas d’une fonction croissante


Commençons par remarquer que pour une fonction croissante, le comportement de la suite (un) définie par
récurrence est assez simple :
• Si u1 ⩾ u0 alors (un) est croissante.
• Si u1 ⩽ u0 alors (un) est décroissante.
La preuve est facile par récurrence : par exemple si u1 ⩾ u0, alors comme f est croissante on a u2 = f (u1)⩾ f (u0)=
u1. Partant de u2 ⩾ u1 on en déduit u3 ⩾ u2,...

Voici le résultat principal :


Proposition 14.
Si f : [a, b] → [a, b] une fonction continue et croissante, alors quelque soit u0 ∈ [a, b], la suite récurrente

(un) est monotone et converge vers ℓ ∈ [a, b] vérifiant f (ℓ)=ℓ .

Il y a une hypothèse importante qui est un peu cachée : f va de l’intervalle [a, b] dans lui-même. Dans la
pratique, pour appliquer cette proposition, il faut commencer par choisir [a, b] et vérifier que f ([a, b]) ⊂ [a, b].

Démonstration. La preuve est une conséquence des résultats précédents. Par exemple si u1 ⩾ u0 alors la suite (un)
est croissante, comme par ailleurs elle est majorée par b, elle converge vers un réel ℓ. Par la proposition 13, on a
f (ℓ)=ℓ.
Si u1 ⩽ u0, (un) est une décroissante et minorée par a, et la conclusion est la même.

Exemple 17.
Soit f : R → R définie par f (x)= 14(x2 − 1)(x − 2)+ x et u0 ∈ [0, 2]. Étudions la suite (un) définie par récurrence :

un+1 = f (un) (pour tout n ⩾ 0).

1. Étude de f
(a) f est continue sur R.

(b) f est dérivable sur R et f ′(x)> 0.

(c) Sur l’intervalle [0, 2], f est strictement croissante.


(d) Et comme f (0)= et f (2)= 2 alors f ([0, 2]) ⊂ [0, 2].

2. Graphe de f

Voici comment tracer la suite : on trace le graphe de f et la bissectrice (y = x). On part d’une valeur u0 (en
rouge) sur l’axe des abscisses, la valeur u1 = f (u0) se lit sur l’axe des ordonnées, mais on reporte la valeur de
u1 sur l’axe des abscisses par symétrie par rapport à la bissectrice. On recommence : u2 = f (u1) se lit sur l’axe
des ordonnées et on le reporte sur l’axe des abscisses, etc. On obtient ainsi une sorte d’escalier, et
graphiquement on conjecture que la suite est croissante et tend vers 1. Si on part d’une autre valeur initiale
u′0 (en vert), c’est le même principe, mais cette fois on obtient un escalier qui descend.
3. Calcul des points fixes.
Cherchons les valeurs x qui vérifient (f (x)= x), autrement dit (f (x)− x = 0), mais

Donc les points fixes sont les {−1, 1, 2}. La limite de (un) est donc à chercher parmi ces 3 valeurs.

4. Premier cas : u0 = 1 ou u0 = 2.
Alors u1 = f (u0)= u0 et par récurrence la suite (un) est constante (et converge donc vers u0).

5. Deuxième cas : 0 ⩽ u0 < 1.


• Comme f ([0, 1]) ⊂ [0, 1], la fonction f se restreint sur l’intervalle [0, 1] en une fonction f : [0, 1] → [0, 1].

• De plus sur [0, 1], f (x)− x ⩾ 0. Cela se déduit de l’étude de f ou directement de l’expression (1).

• Pour u0 ∈ [0, 1[, u1 = f (u0)⩾ u0 d’après le point précédent. Comme f est croissante, par récurrence, comme

on l’a vu, la suite (un) est croissante.

• La suite (un) est croissante et majorée par 1, donc elle converge. Notons ℓ sa limite.
• D’une part ℓ doit être un point fixe de f : f (ℓ)=ℓ. Donc ℓ ∈ {−1, 1, 2}.

• D’autre part la suite (un) étant croissante avec u0 ⩾ 0 et majorée par 1, donc ℓ ∈ [0, 1].
• Conclusion : si 0 ⩽ u0 < 1 alors (un) converge vers ℓ= 1.

6. Troisième cas : 1 < u0 < 2.

La fonction f se restreint en f : [1, 2] → [1, 2]. Sur l’intervalle [1, 2], f est croissante mais cette fois f (x)⩽ x.

Donc u1 ⩽ u0, et la suite (un) est décroissante. La suite (un) étant minorée par 1, elle converge. Si on note ℓ sa
limite alors d’une part f (ℓ) = ℓ, donc ℓ ∈ {−1, 1, 2}, et d’autre part ℓ ∈ [1, 2[. Conclusion : (un) converge vers
ℓ= 1.
Le graphe de f joue un rôle très important, il faut le tracer même si on ne le demande pas explicitement. Il permet
de se faire une idée très précise du comportement de la suite : Est-elle croissante ? Est-elle positive ? Semble-t-
elle converger ? Vers quelle limite ? Ces indications sont essentielles pour savoir ce qu’il faut montrer lors de
l’étude de la suite.
5.3. Cas d’une fonction décroissante
Proposition 15.
Soit f : [a, b] → [a, b] une fonction continue et décroissante. Soit u0 ∈ [a, b] et la suite récurrente (un)

définie par un+1 = f (un). Alors :

• La sous-suite (u2n) converge vers une limite ℓ vérifiant f ◦ f (ℓ)=ℓ.

• La sous-suite (u2n+1) converge vers une limite ℓ′ vérifiant f ◦ f (ℓ′)=ℓ′.

Il se peut (ou pas !) que ℓ=ℓ′.

Démonstration. La preuve se déduit du cas croissant. La fonction f étant décroissante, la fonction f ◦ f est

croissante. Et on applique la proposition 14 à la fonction f ◦ f et à la sous-suite (u2n) définie par récurrence u2 = f ◦

f (u0), u4 = f ◦ f (u2),. . .

De même en partant de u1 et u3 = f ◦ f (u1),. . .

Exemple 18.

1. Étude de f . La fonction f :]0, +∞[→]0, +∞[ est une fonction continue et strictement décroissante.

2. Graphe de f .
Le principe pour tracer la suite est le même qu’auparavant : on place u0, on trace u1 = f (u0) sur l’axe des
ordonnées et on le reporte par symétrie sur l’axe des abscisses,... On obtient ainsi une sorte d’escargot, et
graphiquement on conjecture que la suite converge vers le point fixe de f . En plus on note que la suite des
termes de rang pair semble une suite croissante, alors que la suite des termes de rang impair semble
décroissante.
3. Points fixes de f ◦ f .

Attention ! Il y a un unique point fixe, mais on ne peut pas conclure à ce stade car f est définie sur ]0, +∞[ qui

n’est pas un intervalle compact.

.
a
sur [−1 ; 1] par (x) = x si x 0 et (x) = 0 si x < 0 est la primitive de ƒ qui s'annule en 0 (ou en x0 avec x0 ∈ [−1 ;
0] mais n'est pas dérivable en 0)
Intégrales de Riemann
I) Introduction, vocabulaire et notations

Une équation différentielle est une équation liant une fonction inconnue et certaines des
ses dérivées. L'usage est de noter cette fonction y.
Exemples : trouver au moins une fonction solution sur des équations différentielles suivantes :
y' = sin x (y = −cos x + k)
y' = 3y (y = k e3x )
y' = 1 + ex (y = x + ex + k)
y' = y (y = k ex )
y" = cos x (y = −cos x + k)
(y = A ex + B e−x
y" = y )
On appelle solution d'une équation différentielle (E) un couple (ƒ, I) où ƒ est une fonction
et I un intervalle tels que ƒ vérifie (E) sur I. Résoudre une équation différentielle sur un
intervalle I, c'est trouver toutes les fonctions solutions sur I. (Ce n'est pas toujours
évident). À notre niveau, on aura presque toujours I = .
On distingue plusieurs types d'équations différentielles :
Les équations différentielles linéaires du premier ordre à coefficients constants sans second
membre : y' + 5y = 0
Les équations différentielles linéaires du premier ordre à coefficients constants avec second
membre : y' + 5y = ex Les équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients
constants sans second membre : 2y" − 3y' + 5y = 0
Les équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants avec second
membre : 2y" − 3y' + 5y = sin x

Il existe aussi des équations différentielles à coefficients variables : y" + sin x y' − ex y = 0
Ainsi que des équations différentielles non linéaires : y" × y' − y = 0.
Ces deux derniers types d'équation sont totalement hors programme !

II) Équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants sans


second membre : y' + ay = 0 (a ∈ )
Exemple : résoudre, sur , l'équation différentielle (E) suivante : 2y' − 3y = 0.

L'équation (E) est équivalente à y' − y = 0. D'après le théorème (avec a = − ). L'ensemble


des solutions de

(E) est constitué des fonctions ƒ définies sur par .


Démonstration :
Vérifions que les fonctions ƒ définies sur par ƒ(x) = Ae−ax sont solutions de l'équation
différentielle sur :
Comme ƒ'(x) = −aAe−ax, on a : ƒ'(x) + aƒ(x) = −aAe−ax + aAe−ax = 0.
Montrons que ce sont les seules solutions (sur ) : pour cela, on considère une solution
quelconque ƒ (sur ) de l'équation différentielle. La fonction ƒ est donc nécessairement
dérivable sur et on a : ƒ' + aƒ = 0.
Posons, pour tout x ∈ : z(x) = ƒ(x) eax. La fonction z est dérivable
(puisque ƒ l'est) et on a : z'(x) = ƒ'(x) eax + aƒ(x) eax = (ƒ'(x) + aƒ(x))eax =
0 puisque ƒ' + aƒ = 0 sur .
Donc la fonction z est constante sur : z(x) = A.
D'où ƒ(x) = z(x)e−ax = Ae−ax.
Remarques :
• La constante A peut être nulle. On obtient la solution "nulle" : ƒ = 0 sur qui est une
solution évidente de l'équation différentielle.
• On a démontré que si ƒ0 est une solution non identiquement nulle (sur ) de l'équation
différentielle, toutes les autres solutions ƒ sur sont des multiples de ƒ0.
Théorème 2 satisfaisant la condition
initiale
L'équation différentielle y' + ay = 0 (a ∈ ) admet une unique
solution ƒ sur ƒ(x0) = y0. Cette solution ƒ est définie par : ƒ(x) = y0
−a(x−x0)
e .
(Formule à oublier ; voir l'exemple)
Démonstration :
On a vu que les solutions ƒ sur sont de la forme : ƒ(x) = A e−ax
La condition ƒ(x0) = y0 impose A = y0 eax0 .

Il n'y a donc qu'une seule valeur possible pour la constante A et ƒ(x) = y0 e−a(x−x0) .
Exemple : on considère l'équation différentielle (E) : y' − y = 0. Déterminer l'unique
solution ƒ sur de (E) dont la représentation graphique passe par le point J de coordonnées
(0 ; 1).
Les solutions générales sur de (E) sont : ƒ(x) = Aex. Puis on détermine la constante : ƒ(0) = 1,
d'où A = 1.
La fonction recherchée est la fonction exponentielle.

III) Équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants sans second
membre : y" + ay' + by = 0 (a, b ∈ )

Dans tout ce qui suit, nous noterons (E) l'équation différentielle y" + ay' + by = 0. (a, b ∈
)
Théorème 3
Soit I un intervalle.
1. Soient ƒ1 et ƒ2 deux solutions sur I de l'équation différentielle (E). Alors les fonctions de la
forme Aƒ1 + Bƒ2
sont également des solutions sur I de (E).
2. Si ƒ1 et ƒ2 sont des solutions sur I non nulles sur I et non liées(1) sur I, alors les solutions sur
I de l'équation différentielle (E) sont toutes de la forme Aƒ1 + Bƒ2.

(1)
ƒ1 et ƒ2 non liées sur I signifie : il n'existe pas de réel k tel que ƒ2 = k ƒ1 sur I. (On dit
en fait "linéairement indépendantes" )
Démonstration :
1. Évident, on utilise la linéarité de la dérivation ( (u + v)' = u' + v' et (ku)' = ku' )
2. Beaucoup moins évident et indispensable pour la suite :
Soit ƒ une solution quelconque de (E) sur I. Nous allons montrer qu'il existe des
constantes A et B telles que :

ƒ = Aƒ1 + Bƒ2 (et donc telles que ƒ' = A ƒ1' + B ƒ'2 )


Pour cela, montrons que le système suivant (d'inconnues A et B) admet une unique
solution :

Aƒ1 + Bƒ2 =ƒ sur I


Aƒ1' + Bƒ'2 =ƒ' sur I
→ →
Les vecteurs directeurs (des variétés affines correspondantes) sont u (−ƒ2 ; ƒ1) et v (−
ƒ′2 ; ƒ1′ ).
Nous allons montrer que ces deux vecteurs sont non colinéaires, pour tout t ∈ I.
Supposons le contraire : il existe t0 ∈ I tel que (ƒ1 ƒ′2 − ƒ2 ƒ1′ )(t0) = 0.
Notons W = ƒ1 ƒ′2 − ƒ2 ƒ1′
En dérivant, on obtient : W' = ƒ1′ ƒ′2 + ƒ1 ƒ′2′ − ƒ′2 ƒ1′ − ƒ2 ƒ1′′
Or, nous savons que : ƒ1′′ + a ƒ1′ + bƒ1 = 0 et ƒ′2′ + a ƒ′2 + bƒ2 = 0 .
Nous obtenons alors :W' = ƒ1′ ƒ′2 + ƒ1(−a ƒ′2 − bƒ2) − ƒ′2 ƒ1′ − ƒ2(−a ƒ1′ − bƒ1)
W' = −a(ƒ1 ƒ′2 − ƒ2 ƒ1′ ) = −aW
Donc, d'après le théorème 1 : W(t) = Ke−at pour tout t ∈ I
Et comme W(t0) = 0, on a K = 0 d'où :W(t) = 0 pour tout t ∈ I
On a donc ƒ1 ƒ′2 − ƒ2 ƒ1′ = 0 sur I.
Dans ce cas, le système homogène :

Aƒ1 + Bƒ2 = 0 sur I


Aƒ1' + Bƒ'2 = 0 sur I

ne serait pas de Cramer. Donc (comme il admet la solution triviale (A ; B) = (0 ; 0))


il admet une infinité de solutions. Par conséquent, il existe un couple solution (A ; B)
≠ (0 ; 0) tel que Aƒ1 + Bƒ2 = 0 sur I. Autrement
A
dit, ƒ1 et ƒ2 sont liées sur I (ƒ2 = − ƒ1 sur I si B ≠ 0 ou ƒ1 = 0 sur I si B = 0). Ce qui contredit
l'hypothèse.
B

Aƒ1 + Bƒ2 = ƒ sur I


Donc le système Aƒ1' + Bƒ2' = ƒ' sur I est de Cramer ; il admet une unique solution.

Donc toute solution ƒ de (E) sur I est de la forme ƒ = Aƒ1 + Bƒ2.

Théorème 4
Soit λ un nombre complexe.
La fonction ƒ à valeurs dans définie sur , par ƒ(x) = eλx est
dérivable sur et ƒ'(x) = λeλx.

Démonstration :
Posons λ = α + iβ, on a ƒ(x) = eiα(cos(βx) + i sin(βx)). En utilisant le concept de linéarité
de la dérivation ainsi que la relation (uv)' = u'v + uv' étendus à , on peut écrire :
ƒ'(x) = αeiα(cos(βx) + i sin(βx)) + eiα(−βsin(βx) + iβ cos(βx)) = (α + iβ)eiα (cos(βx) + i
sin(βx)) = λeλx.
Définition 1
On appelle équation caractéristique associée à (E) l'équation du second degré r2 + ar + b =
0.

Théorème 5
Soit λ un nombre complexe. Soit ƒ la fonction à valeurs dans définie sur , par ƒ(x) =
eλx.
La fonction ƒ est une solution de (E) si et seulement si λ est une solution de l'équation
caractéristique de (E)

Démonstration :
On a : ƒ'(x) = λeλx et ƒ"(x) = λ2eλx. On a les équivalences suivantes :
ƒ solution de (E) ƒ" + aƒ' + bƒ = 0 eλx(λ2 + aλ +
b) = 0
Et comme eλx ≠ 0 : λ2 + aλ + b = 0
λ est solution de l'équation caractéristique associée à (E)
Résolution de (E) (sur un intervalle I non réduit à un point)
1er cas : l'équation caractéristique admet deux solutions distinctes r1 et r2

D'après le théorème 6, on connaît donc deux solutions sur I : g1(x) = er1x et g2(x) = er2x .
Les fonctions g1 et g2 sont non nulles (clair) et non liées (si elles l'étaient, il existerait un
réel k tel que pour tout réel x de I : er2x = k er1x . D'où k = e(r2−r1)x ce qui n'est pas une
constante car r1 ≠ r2)
D'après le théorème 3, les solutions de (E) sur I sont toutes les fonctions ƒ définies par
ƒ(x) = A er1x + B er2x où A et B sont des constantes quelconques.
Exemple : Résoudre sur : y" − y' − 2y = 0.

L'équation caractéristique est r2 − r − 2 = 0 soit (r + 1)(r − 2) = 0 d'où ƒ(x) = A e−x + B


e2x

2ème cas : l'équation caractéristique admet une solution double r = a
. (Et d'après le
produit des racines, r2 = b)
2
D'après le théorème 6, on connaît donc une solution sur I : g(x) = erx . N'en connaissant
pas d'autres à ce stade, le théorème 3 ne peut pas s'appliquer. Procédons comme pour les
équations différentielles du premier ordre.
Considérons une solution ƒ quelconque de (E). On a donc ƒ" + aƒ' + bƒ = 0 sur I.
Posons z(x) = ƒ(x) e−rx pour tout x ∈ I.
On a : z'(x) = ƒ'(x) e−rx − rƒ(x) e−rx et z"(x) = ƒ"(x) e−rx − rƒ'(x) e−rx − rƒ'(x) e−rx + r2ƒ(x) e−rx
.
D'où z"(x) = e−rx (ƒ"(x) − 2rƒ'(x) + r2ƒ(x)) = e−rx (ƒ"(x) + aƒ(x) + bƒ(x)) = 0.
Et donc z'(x) = A et z(x) = Ax + B pour tout x ∈ I.
Les solutions de (E) sur I sont donc toutes les fonctions ƒ définies par ƒ(x) = (Ax + B) erx
où x ∈ I.

Autre méthode : on vérifie aisément que la fonction g2 définie par g2(x) = x erx est solution
de (E). Il est également facile de vérifier que g et g2 sont linéairement indépendantes. Le
théorème 3 permet alors de conclure.
Exemple : Résoudre sur : y" − 4y' + 4y = 0.

L'équation caractéristique est r2 − 4r + 4 = 0 soit (r − 2)2 = 0 d'où ƒ(x) = (Ax + B) e2x


3ème cas : l'équation caractéristique admet deux solutions complexes conjuguées λ = α +
iβ et λ = α − iβ.

D'après le théorème 6, on connaît donc deux solutions : g1(x) = eλx = eαx eiβx et g2(x) = eλx
= eαx e−iβx .
Le problème, ici, est que les fonctions g1 et g2 sont des fonctions à valeurs complexes.
Or nous cherchons des
solutions qui soient des fonctions à valeurs réelles. En voici deux :
On sait aussi que la partie
g(x) = g1(x) + g2 (x) = eαx cos(βx) et h(x) = g1(x) − g2 (x) = eαx réelle et la partie imaginaire
sin(βx) sont des quantités réelles,
2 2i d'où l'idée d'écrire :
g(x) = Im(g2(x)) et h(x) =
On vérifie facilement que g et h sont linéairement indépendantes sur .
Re(g1(x))
D'après le théorème 3, les solutions de (E) sont toutes les fonctions ƒ définies par :
ƒ(x) = eαx (Acos(βx) + Bsin(βx))
Exemple : Résoudre sur : y" − 2y' + 5y = 0.

L'équation caractéristique est r2 − 2r + 5 = 0 d'où λ = 1 + 2i et λ = 1 − 2i d'où ƒ(x) = ex


(Acos(2x) + Bsin(2x))

RÉSUMÉ
Alors la forme générale des solutions
Si l'équation caractéristique admet pour solutions : de
y" + ay' + by = 0 est :
deux racines réelles distinctes r1 et r2 ƒ(x) = A er1x + B er2x

une racine réelle double r ƒ(x) = (Ax + B) erx


deux racines complexes conjuguées λ = α + iβ et λ = ƒ(x) = eαx (Acos(βx) + Bsin(βx))
α − iβ
Théorème 6 :
satisfaisant aux conditions initiales ƒ(x0) = y0 et ƒ'(x0) =
(E) admet une unique solution ƒ sur y0' .
Exemple de démonstration : dans le cas où l'équation caractéristique admet deux
solutions réelles distinctes La condition ƒ(x0) = y0 s'écrit A er1x0 + B er2x0 = y0. La
condition ƒ(x0) = y0' s'écrit Ar1 er1x0 + Br2 er2x0 = y0' .
Posons α = er1x0 et β = er2x0 . Nous avons le système :

Aα + Bβ = y0
Ar1α + Br2β = y0'
Ce système admet une unique solution si et seulement si les vecteurs directeurs
correspondants sont non
colinéaires.
→ →
On a u (−β ; α) et v (−βr2 ; αr1). La condition de colinéarité s'écrit : −βαr1 + βr2α = αβ(r2
− r1 )
Or α ≠ 0 et β ≠ 0 (une exponentielle n'est jamais nulle) et r2 ≠ r1 (par hypothèse), d'où
αβ(r2 − r1) ≠ 0.
→ →
Les vecteurs u et v étant non colinéaires, le système admet un unique couple solution (A
; B).
Les autres cas sont analogues.

Remarque : il est indispensable d'avoir deux conditions du type ƒ(x0) = y0 et ƒ'(x0) = y0'
(ce qu'on appelle des conditions de Cauchy) pour s'assurer de l'unicité de la solution. Si
tel n'est pas le cas, le nombre de solutions peut être très variable (de 0 à l'infini...)
Exemple 1 : résoudre sur : y" + π2 y = 0 avec y(0) = 0 et y'(0) = 0. (Conditions de Cauchy)
L'équation caractéristique est r2 + π2 = 0 qui possède deux racines complexes conjuguées
r1 = iπ et r2 = −iπ.
Les solutions sur sont les fonctions y définies par : y(x) = Acos(πx) + Bsin(πx)
En dérivant, on obtient : y'(x) = −Aπsin(πx) + Bπcos(πx)
Les conditions y(0) = 0 et y'(0) = 0 nous donnent : 0 = A et 0 = B.
Conformément au théorème 7, on a bien une unique solution y = 0.
Exemple 2 : résoudre sur : y" + π2 y = 0 avec y(0) = 0 et y(1) = 0. (Ce ne sont pas des conditions
de Cauchy)
Comme précédemment, les solutions (s'il y en a) sont de la forme : y(x) = Acos(πx) +
Bsin(πx)
La condition y(0) = 0 donne 0 = A et la condition y(1) = 0 donne 0 = −A, donc A = 0.
Et il n'y a aucune contrainte sur la constante B, donc l'équation admet une infinité de
solution de la forme : y(x) = Bsin(πx).
Exemple 3 : résoudre sur : y" + π2 y = 0 avec y(0) = 0 et y(1) = 1. (Ce ne sont pas des conditions
de Cauchy)
Comme précédemment, les solutions (s'il y en a) sont de la forme : y(x) = Acos(πx) +
Bsin(πx)
La condition y(0) = 0 donne 0 = A et la condition y(1) = 1 donne −1 = A, d'où une
incompatibilité. L'équation donnée avec les conditions proposées n'admet donc pas de
solution.

IV) Équations différentielles liées à des situations


physiques : y" − ω2y = 0
et y" + ω2y = 0 (ω ∈ +)

Le tableau ci-dessus livre immédiatement les solutions :


Équation différentielle Solutions

y" − ω2y = 0 ƒ(x) = Aeωx + Be−ωx

y" + ω2y = 0 ƒ(x) = A cos(ωx) + B sin(ωx)


Exemples :
• Oscillateur harmonique (ressort) amorti sur support horizontal
• Circuit LC oscillant

V) Équations différentielles avec second membre

Étude d'exemples :

1er ordre : y' + y = x2 + x (E)


• Résolution de l'équation homogène associée (E0) : y' + y = 0.
D'après le théorème 1, y = A e−x .
• Recherche d'une solution particulière p (souvent de la même nature que le second
membre)
Soit p un polynôme du second degré : p(x) = a x2 + bx + c. On a alors p'(x) = 2ax +
b. Déterminons les coefficients a, b et c afin que p soit solution de (E) :

2ax + b + a x2 + bx + c = x2 + x
a=1 2a + b = 1 b+c=0
a=1 b = −1 c=1
Une solution particulière p est donc définie par p(x) = x2 − x + 1. On a donc p'(x) +
p(x) = x2 + x.
• On montre qu'une fonction ƒ est solution de (E) si et seulement si ƒ − p est
solution de (E0) :
On a les équivalences suivantes :
ƒ est solution de (E) ƒ (x) + ƒ'(x) = x2 + x ƒ (x) +
ƒ'(x) = p'(x) + p(x)
(ƒ − p)' + (ƒ − p) = 0 ƒ − p solution de (E0)
• Conclusion : ƒ(x) − p(x) = A e−x . D'où ƒ(x) = A e−x + x2 − x + 1.
Il apparaît donc que les fonctions solutions ƒ de l'équation (E) avec second membre sont
la somme des solutions de l'équation homogène associée (E0) et d'une solution
particulière de (E). Ceci sera une règle générale pour les équations différentielles
linéaires.

2ème ordre : y" + 2y' + y = cos x (E)


• Résolution de l'équation homogène associée (E0) : y" + 2y' + y = 0.

Les solutions sont de la forme, y = (Ax + B) e−x . (L'équation caractéristique a une


solution double r = −1)
• Recherche d'une solution particulière p (souvent de la même nature que le second
membre)
Soit p une fonction de la forme : p(x) = λ cos x + µ sin x.
On a alors : p'(x) = −λ sin x + µ cos x p"(x)
= −λ cos x − µ sin x = − p(x)
Déterminons les coefficients λ et µ afin que p soit solution de (E) :
p "(x) + 2p'(x) + p(x) = cos x 2p'(x) = cos x
− 2λ sin x + 2µ cos x = cos x

D'où : λ = 0 et µ =
Une solution particulière p est donc définie par p(x) = sin x. On a donc p"(x) +
2p'(x) + p(x) = cos x.
• On montre qu'une fonction ƒ est solution de (E) si et seulement si ƒ − p est
solution de (E0) :
On a les équivalences suivantes :
ƒ est solution de (E) ƒ "(x) + 2ƒ'(x) + ƒ(x) = cos x ƒ "(x) +
2ƒ'(x) + ƒ(x) = p"(x) + 2p'(x) + p(x)
(ƒ − p)" + 2(ƒ − p)' + (ƒ − p) = 0 ƒ − p solution de (E0)

• Conclusion : ƒ(x) − p(x) = (Ax + B) e−x . D'où ƒ(x) = (Ax + B) e−x + sin x.
Remarque : en cas de second membre composé, on applique le principe de
"superposition" :
(E) : y" − 5y' + 4y = x2 + cos x
Déjà, on résout (E1) : y" − 5y' + 4y = x2.

On trouve : y1(x) = A1 ex + B1 e4x + x2 + x+


Ensuite, on résout (E2) : y" − 5y' + 4y = x2 + cos x

On trouve : y2(x) = A2 ex + B2 e4x + cos x − sin x


On ajoute y1 et y2 pour obtenir les solutions de (E) :

y(x) = A ex + Be4x + x2 + x + 21 + 3 cos x − sin x


32 34

VI) Complément 1 : résolution des équations différentielles linéaires du 1er ordre à


coefficients variables sans second membre

Précisons clairement notre objectif :


Soit I un intervalle, a : I → une application continue.
Nous voulons résoudre sur I, l'équation différentielle (E) suivante :
(E) : y'(x) + a(x)y(x)
= 0 (x ∈ I) 1. Existence de solutions
a) Soit A une primitive de a sur I. Vérifier que l'application :
ƒ : I→ x e−A( x)
est une solution de (E) sur I.
b) Soit k ∈ . Montrer que les fonctions ƒk = kƒ sont aussi des solutions de (E) sur
I.

2. Unicité des solutions (et plus précisément, les seules solutions de (E) sur I sont les fonctions
ƒk où k ∈ )

Soit ϕ une solution quelconque de (E) sur I. On pose : z(x) = ϕ(x) eA( x) pour tout x ∈ I.
Démontrer que z est constante sur I. En déduire qu'il existe un réel k tel que ϕ = ƒk.
Détail des calculs :

1. La fonction ƒ est dérivable sur I et, pour tout x ∈ I, on a : ƒ'(x) = −a(x) e−A( x) .
a) On a : ƒ'(x) + a(x)ƒ(x) = −a(x) e−A( x) + a(x) e−A( x) = 0, donc ƒ est bien une solution
de (E) sur I.
b) C'est un cas particulier du théorème 3, mais l'énoncé incite à faire une
démonstration :

Pour tout x ∈ I, on a : ƒ'k (x) + a(x)ƒk(x) = kƒ'(x) + a(x) k ƒ(x) = k(ƒ'(x) + a(x)ƒ(x))

= 0 car ƒ est une solution.

Donc les fonctions ƒk sont bien des solutions de (E) sur I.


2. La fonction z est dérivable sur I (puisque ϕ l'est en tant que solution de (E)) et on a :
z'(x) = ϕ'(x) eA( x) + ϕ(x)a(x) eA( x) = (ϕ'(x) + ϕ(x)a(x))eA( x) = 0 car ϕ est une solution de (E)
Donc z est constante sur I. Cela signifie :
∃k ∈ tel que : z(x) = k pour tout x ∈ I.

C'est-à-dire : (comme z(x) = z(x) = ϕ(x) eA( x) )

∃k ∈ tel que : ϕ(x) = ke−A( x) = ƒk(x) pour tout x ∈ I.

VII) Complément 2 : résolution des équations différentielles linéaires du 1 er ordre à


coefficients variables avec second membre

Précisons clairement notre objectif :


Soient I un intervalle et a et b des applications continues de I dans .
Nous voulons résoudre sur I, l'équation différentielle (E) suivante :
(E) : y'(x) + a(x)y(x) = b(x) (x ∈ I)
Existence d'une solution particulière : soit p la fonction définie sur I par :
D'où : p'(x) + a(x)p(x) = b(x)
Donc p est bien une solution particulière de (E) sur I.
Recherche des solutions générales :
On a les équivalences suivantes :
Soit ƒ une solution de (E) sur I
ƒ'(x) + a(x)ƒ(x) = b(x) pour tout x ∈ I
ƒ'(x) + a(x)ƒ(x) = p'(x) + a(x)p(x) pour tout x ∈ I
(ƒ' − p')(x) + a(x)(ƒ − p)(x) = 0
ƒ − p est solution de (Eh) : y'(x) + a(x)y(x) = 0

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