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Le document traite du droit des marchés publics, soulignant son importance dans le développement économique et la nécessité d'une gestion transparente et efficace des contrats publics. Il définit le marché public comme un contrat écrit entre une autorité publique et un opérateur économique, et aborde les caractéristiques essentielles de ces contrats, y compris leur nature, leur objet et les critères financiers qui les distinguent. Le texte met également en lumière l'évolution réglementaire des marchés publics au Gabon et leur impact sur la gestion des ressources publiques.

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Le document traite du droit des marchés publics, soulignant son importance dans le développement économique et la nécessité d'une gestion transparente et efficace des contrats publics. Il définit le marché public comme un contrat écrit entre une autorité publique et un opérateur économique, et aborde les caractéristiques essentielles de ces contrats, y compris leur nature, leur objet et les critères financiers qui les distinguent. Le texte met également en lumière l'évolution réglementaire des marchés publics au Gabon et leur impact sur la gestion des ressources publiques.

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Me Nigelle FOURN

2025-2026

DROIT DES MARCHÉS PUBLICS

Me Nigelle FOURN

1
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Introduction générale
Si aujourd’hui « le développement économique est un processus endogène et cumulatif de long
terme de progrès de la productivité et de réduction des inégalités, en intégrant des coûts
humains et environnementaux, et insérés dans des matrices culturelles plurielles »1, l’État
bâtisseur (ou ses démembrements) dans la mise en œuvre de ses programmes de
développement, doit tenir compte des indicateurs de progrès et d’autres exigences telles que :
- L’état de droit ;
- L’efficacité/transparence des procédures d’achats publics ;
- La protection de l’environnement...

L’édification des infrastructures de progrès ou la satisfaction de ses missions d’intérêt général


se fait en recourant à des opérateurs (privés en général ou publics) qui réalisent les prestations
pour le compte de l’État. Le recrutement de ces opérateurs intervient à travers de la commande
publique2, qui joue un rôle important dans la vie économique d’un pays3 par le nombre élevé
des contrats conclus par les administrations.
Or, le contrat de la commande publique le plus utilisé est le marché public4. En raison des
montants dépensés5 lors de la passation de ce contrat, il a très tôt été encadré pour éviter les
dérives telles que le gaspillage d’argent public, le mauvais entretien des équipements publics,
la mauvaise exécution des projets de développement.

Il faut rappeler que la logique contractuelle a remplacé celle des actes unilatéraux. En effet,
pendant longtemps, l’État et ses administrations décidaient, essentiellement, par le biais d’actes

1 HUGON P., (2005), « Environnement et développement économique : enjeux posés par le développement
durable », Revue Internationale et Stratégique, 2005/4 n°60, p.113-126
2 En droit français la commande publique regroupe un ensemble de contrats à savoir marchés publics, délégations
de service public, contrats de partenariats public-privé, concessions de travaux…Cette expression est apparue la
première fois dans une décision du Conseil constitutionnel du 23 juin 2003, n°2003 – 473 DC. Les contours de
cette notion de commande publique ont été déterminés par la doctrine (LLORENS F., typologie des contrats de la
commande publique, Contrats et marchés publics, mai 2005, n°5, pp.12-25). Depuis la réforme initiée par les
ordonnances du 23 juillet 2015 (n°2015-899 relatives aux marchés publics) du 29 janvier 2016 (n°2016-65 relative
aux concessions, il y a eu une unification des règles applicables aux contrats publics. Cette réforme a conduit à la
publication du code de la commande publique qui regroupe l’ordonnance du 26 novembre 2018 (n°2018-1074)
pour la partie législative et le décret du 26 novembre 2018 (n°2018-1075) pour la partie réglementaire. En Afrique
francophone, cette notion de marché public est clairement utilisée en Afrique de l’Ouest au Sénégal (dans le code
des obligations de l’administration issu de la loi n°65-51 du 19 juillet 1965 modifiée par la loi n°2006 -10 du 16
juin2006) et au Burkina Faso (avec la publication du décret n°2014-554/PRES/PM portant création, attribution,
organisation et fonctionnement de l’Autorité de régulation de la commande publique). (Voir la thèse de SAMB
Seynabou, le droit de la commande publique en Afrique noire francophone, contribution à l’étude des mutations
du droit des contrats administratifs au Sénégal, au Burkina Faso, en côte d’ivoire et au Cameroun, Université de
Bordeaux 2015, Jean du BOIS de GAUDUSSON, Babacar KANTE, directeurs de recherches p.58). Dans les pays
objet de cette étude, la notion de commande publique explicitement utilisée lorsqu’on évoque les principes sur
lesquels reposent les marchés publics avec le principe de « libre accès à la commande publique » article 2 du code
camerounais des marchés publics.
3 LAJOYE C., Droit des marchés publics, Lextenso éditions 2012.
4 En nombre de contrats signés, les marchés publics enregistrent le plus grand nombre. Au Cameroun par exemple
environs 6500 marchés publics contre 12 contrats de partenariat public-privé.
5 En France cette dépense représente 200 milliards d’euros soit 10% du PIB, au niveau de l’Union Européenne
cela correspond à 19% du PIB de l’Union. Au Cameroun les marchés publics représentent 2000 contrats passés
soit 320 milliards de FCFA c’est la principale source de dépense de l’État comme au Congo et au Gabon.
2
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

unilatéraux6, en imposant aux administrés, des décisions ou des autorisations à agir en fonction
des exigences de l’intérêt général. L’État et les Administrations publiques recourent de plus en
plus au contrat. Ces contrats étant conclus par les Administrations publiques, se pose la question
de la distinction entre un contrat de l’administration et le contrat administratif.

Le contrat administratif est soumis au régime de droit public et le contrat de l’administration


regroupe aussi bien le régime de droit public que le droit privé.

Le contrat administratif proprement dit, c'est-à-dire, celui qui suppose la présence ou la


représentation d’une personne publique et l’application d’un régime de droit public se présente,
à son tour, sous plusieurs formes.
La diversité des procédés contractuels impliquant les personnes publiques étant ainsi certaine,
l’on remarque que certains contrats méritent une attention particulière. Celle-ci trouve son
explication, soit dans le rôle que ces contrats jouent dans la société, soit dans leur fréquence,
soit dans la polémique qu’ils suscitent et entretiennent, soit dans l’encadrement juridique
particulier dont ils font l’objet.

Celles-ci se justifient par les enjeux financiers dont ils sont porteurs, les opportunités d’affaires
qu’ils constituent, la nécessité de protéger les deniers publics et par les exigences
contemporaines d’instauration d’une concurrence loyale entre les fournisseurs, les prestataires
et les entrepreneurs potentiels des collectivités publiques. Placés au confluent de la recherche
de l’efficacité administrative et de la performance économique, les marchés publics constituent
de nos jours, un des leviers majeurs de l’action publique7.

Le droit des marchés publics renvoie au régime juridique propre aux administrations publiques
lorsqu’elles concluent des contrats pour satisfaire leurs besoins en fournitures, travaux et
services. L’étude de ce droit consiste, de façon générale, à présenter l’ensemble des droits et
obligations qui pèsent sur les collectivités publiques lors de la préparation, de la passation et de
l’exécution de leurs marchés publics. Ce droit s’applique, aussi, aux autres acteurs des marchés
publics à savoir les opérateurs économiques intéressés, les organes de passation, les organes de
contrôle et de régulation des marchés publics.

Le droit des marchés publics est une matière mouvante car, au contact d’autres disciplines :
économie, social, politique, environnement, travail et vecteur de développement, ce droit
s’adapte aux évolutions du monde contemporain.

Au Gabon, l’encadrement des marchés a connu une succession de textes dont le premier texte
remonte à 1973 où ces contrats ont d’abord été soumis au décret n°693 du 14 juin 1973 portant
réglementation des marchés administratifs de toute nature, passés au nom de l'État gabonais et
des collectivités. Puis les marchés publics ont été régis par le décret n°416 du 18 mars 1985

6
P.L FRIER et J. PETIT (2006), Précis de droit administratif, Paris, 4e édition, Montchrestien 2006, p. 263
7
S. BRACONNIER, Précis de droit des marchés publics, Paris, 4e édition, Le Moniteur 2012, p. 10
3
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

portant règlementation des marchés administratifs qui été remplacé par le décret n°1140 du 18
décembre 2002 portant code des marchés publics, ensuite le décret n°254/PR/MEEDD du 19
juin 2012 portant code des marchés publics au Gabon, enfin le décret n°00027/PR/MEPPDD
du 17 janvier 2018 portant Code des Marchés Publics encore en vigueur.

[Link] notion de marché public


Dans son article 2 sur les définitions des notions, le code des marchés publics énonce que
le marché public est un « contrat écrit, à titre onéreux, conclu par l’autorité contractante
avec une personne physique ou morale de droit public ou privé en vue de la satisfaction
de ses besoins en matière de travaux, de fournitures, de services ou de prestations
intellectuelles ».
Cette définition ainsi présentée fait ressortir les éléments ou critères principaux permettant de
définir un marché public : organique, matériel et financier.

[Link] caractéristiques d’un marché public

A. Le marché public est un contrat écrit


Le code énonce que le marché public est un contrat écrit. C’est-à-dire un accord de volontés où
la personne morale de droit public et l’opérateur économique expriment leurs volontés de
contractualiser sur l’objet du marché à savoir : travaux, fournitures ou service. Cet accord de
volonté est manifesté par la signature du marché qui traduit l’engagement des parties à ce
contrat. Ainsi, le marché public est soumis, pour sa formation, au principe de l’autonomie de la
volonté qui implique que les parties ne peuvent être tenues d’obligations ni bénéficiaires de
droits que si elles en ont manifesté librement la volonté.

L’article 7 du CMP précise que la passation d’un marché public est obligatoire pour
toute commande de travaux, de fournitures, de prestations intellectuelles, ou de services
dont le montant est égal ou supérieur aux seuils fixés par arrêté pris par le Ministre
chargé de l’Économie.

Ces seuils sont fixés par l’article 2 de l’arrêté n°008.24MEP du 23 février 2024 fixant les
seuils de passation obligatoire des MP, il s’agit :
État, les EP, Organisme CL, établissements,
Objet marché créée par l’[Link] privé Organisme créé par elle,
PM privé
Marché de travaux 50 000 000 FCFA 30 000 000 FCFA
Marché de Fournitures 35 000 000 FCFA 20 000 000 FCFA
Marché de services ou PI 25 000 000 FCFA 15 000 000 FCFA

• Décret N° 416/PR du 18/03/1895


portant réglementation des marchés administratifs de toute nature passés au nom de l'État
gabonais, des collectivités, des offices et des établissements publics du Gabon ...

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Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

• Arrêté N° 008.24/MEP du 23/02/2024


fixant les seuils de passation obligatoire des marchés publics et le seuil de la commande publique
réservée ...

En dessous de ces seuils, il n’y a pas l’obligation de passer un marché public au sens du
code càd l’établissement d’un contrat écrit.

C’est enfin le marché public est un contrat synallagmatique en ce sens que les droits de l’une
des parties constituent les obligations de l’autre et vice et versa.

B. La présence d’au moins une personne morale de droit public comme partie au
contrat de marché public
Par similarité au droit des contrats administratifs, pour qu’il y ait marché public, la présence
d’au moins une personne morale de droit public est nécessaire8. En se référant aux définitions
données dans le code des marchés publics, les personnes de droit public dont il s’agit désignent :
- L’État, les Collectivités locales ou les services déconcentrés ;
- Les établissements publics ;
- Les organismes, agences ou offices créés par l’État ou les entités territoriales
décentralisées pour satisfaire à leur besoin d’intérêt général et dont l’activité est
majoritairement financée par l’État ou dispose d’une garantie de l’État, d’une
collectivité publique ou d’une association de personnes morales de droit public.

Par dérogation au principe selon lequel seules les personnes morales de droit public sont
soumises au code des marchés publics, certaines personnes privées peuvent être soumises au
code. C’est le cas de :
- Des mandataires9 d’une personne publique (une personne morale de droit privé
agissant pour le compte de l’État, d’une collectivité locale décentralisée, d’une
personne morale de droit public, d’un établissement public) ;
- Les sociétés d’économie mixte, lorsque ces marchés bénéficient du concours
financier et/ou de la garantie de l’État, ou d’une personne de droit public sus citées.

Depuis 1987 le constat reste le même, dans le cadre des contrats administratifs notamment les
marchés publics, l’élément organique « existe dans toute sa pureté et uniquement sous cette
forme »10, il est rare de rencontrer les personnes publiques désignées dans le code, substituées
par d’autres entités.

8
PEYRICAL J-M, Notion de marché public, Folio n°3007 septembre 2011. Voir aussi l’arrêt CE 15 mars 1999,
Union des Mutuelles de la Drôme, Req.199889, note LICHERE, RFDA, 202, p.350.
9
Article 3-2 du décret 19 juin 2012 portant code des marchés publics au Gabon.
10
REMONDO M., Le droit administratif gabonais, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1987.
5
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

C. L’objet du marché comme critère matériel


Les marchés publics sont des contrats passés en vue de satisfaire un besoin dont l’objet est la
réalisation des travaux, l’achat de fournitures et la prestation de services ou propriété
intellectuelle. Ces activités sont en lien avec la satisfaction d’un besoin d’intérêt général.

Au regard de l’article 2 du CMP, plusieurs objets sont des marchés publics sont identifiés.
A chaque objet, correspond un type de marché public. En ce sens, les définitions des différents
types de marché public renseignent sur l’objet. Ainsi, un Marché de fournitures est un
contrat conclu avec des fournisseurs et qui a pour objet l’achat, le crédit-bail, la location
ou la location-vente de produits ou matériels y compris les travaux de pose, d’installation,
de mise en route et formation de l’utilisateur y relatifs.

Le Marché de services est un contrat conclu pour la réalisation des prestations autres que
celles relatives aux fournitures, travaux et prestations intellectuelles. Le titulaire de ce
marché va réaliser une prestation qui ne sera pas de la fourniture de biens, de la réalisation
des travaux ou de la prestation intellectuelle ; le marché porte sur les prestations de service
courants. Pour cela, l’opérateur dispose d’une spécialisation, d’une connaissance pointue,
d’un savoir-faire pour rendre ce service : formation, nettoyage, ramassage et collecte des
déchets…

Le Marché de prestations intellectuelles est un contrat qui a pour objet la réalisation de


prestations dont l’élément prédominant n’est pas physiquement quantifiable.

Le Marché de travaux est le contrat conclu pour la réalisation de tous les ouvrages
liés à la construction, à la reconstruction, à la démolition, à la préparation ou à la
rénovation d’un bâtiment, d’une structure ou d’une usine, ainsi que les prestations accessoires
et similaires.

Le Marché de type mixte est un contrat comportant, à titre principal, des éléments d’un
type de marchés et, à titre accessoire, des éléments d’un autre type de marché

D. Critère financier
Lors de l’identification des marchés publics, c’est le critère financier qui le distingue des autres
contrats de la commande publique ; par exemple d’une délégation de service public, où le
cocontractant de la personne publique se rémunère par l’exploitation du service délégué.

Dans le cadre du marché public, la rémunération est intégralement versée par la personne
publique cocontractante en contrepartie des travaux réalisés, des biens fournis ou des
prestations de services exécutées. Dans le CMP l’article 170 énonce que « le prix du marché
doit couvrir toutes les dépenses qui sont la conséquence nécessaire et directe des travaux,
des fournitures ou des services, et notamment les impôts, droits et taxes applicables sauf
lorsqu’ils sont exclus du prix du marché en vertu des dispositions du Code Général des
Impôts.
6
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Il rémunère le titulaire du marché et est réputé lui assurer un bénéfice. »

[Link] distinction entre les marchés publics et les autres contrats de la commande publique

La commande publique qui regroupe l’ensemble des contrats ayant pour objet l’exécution de
travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie
économique constituée par un prix ou un droit d’exploitation, ou la délégation d’un service
public, passés par les autorités publiques11, est un outil important dans l’économie d’un pays
du fait des sommes importantes qui sont affectées à cette dépense. Les marchés publics sont
des contrats contenus dans la commande publique.

A. Marchés publics et DSP

La Délégation du service public est un contrat par lequel une personne morale de
droit public confie la gestion d'un service dont elle a la responsabilité a un délégataire public ou
prive, dont la rémunération est substantiellement liée aux résultats de l’exploitation du service.

On distingue les MP et les DSP par l’objet : dans le MP le cocontractant participe


temporairement au SP alors que la DSP le cocontractant a la responsabilité de gérer, lui-même,
le service en lieu et place de l’Administration.

Rémunération : le MP c’est la personne pub qui verse entièrement l’intégralité du prix de la


prestation objet du marché alors que dans le cadre de la DSP, le cocontractant se rémunère par
le fonctionnement du service. La gestion lui est déléguée, ce cocontractant se substitue à la pers
publique.

La notion de DSP renferme les trois contrats classiques de gestion de service public. Il s’agit de
:
La concession qui regroupe la concession de service public (confier contractuellement la
gestion du service public), la concession des travaux publics (réaliser un ouvrage public. Il
appartient au concessionnaire de financer, de réaliser et de se rémunérer sur les usagers en
l’exploitant à titre onéreux pendant un temps déterminé), la concession d’occupation du
domaine public (contrat conférant à son bénéficiaire, moyennant rémunération, le droit
d’utiliser privativement une partie du domaine public) ;
L’affermage : c’est un contrat par lequel l’État ou une collectivité publique finance et réalise
lui-même les installations et confie la gestion à une personne privée moyennant le versement
périodique d’une somme fixée forfaitairement. Le fermier est rémunéré par les sommes perçues
sur les usagers. (Exemple : exploitation des réseaux d’eau potable)

11
Définition issue de l’Ordonnance dite « recours » n°2009-515 du 7 mai 2009, relative aux procédures de recours
applicables aux contrats de la commande publique
7
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

La régie intéressée : C’est un mode de gestion de service public par une personne privée qui
ne supporte pas les pertes éventuelles du service car elle est rémunérée par la collectivité
publique sous la forme d’une participation au chiffre d’affaires ou aux bénéfices. La collectivité
bénéficiant du reste des bénéfices.

Exemple : la convention de Délégation de Service Public, entre la Société de Patrimoine des


Infrastructures Numériques (SPIN) et le groupe AXIONE/BOUYGUES, s’est tenue le 08 avril
2015, objet l’exploitation, la maintenance et la commercialisation du Backbone National CAB
4 (phase1), et de la branche gabonaise du câble sous-marin ACE.

B. Marchés publics et partenariats publics privés

L’article 2 du Décret N° 000154/PR/MPIPCI du 18/05/2018 fixant les procédures de passation


des contrats de partenariats public-privé définit le contrat de partenariat comme toute
convention par laquelle l'État, une collectivité locale, un établissement public, une société d'État
ou tout autre organisme de droit public, confie à un tiers, pour une période déterminée, en
fonction de la durée d'amortissement des investissements ou des modalités de financement
retenues, une mission globale de conception, de construction ou de transformation, d'entretien,
de maintenance, d'exploitation ou de gestion d'ouvrages, d'équipements ou de biens
immatériels nécessaires au service public, ainsi que tout ou partie de leur financement, à
l'exception de toute participation au capital.

Contrairement au MP, le partenaire reçoit une mission globale qui comprend plusieurs aspects
du projet en un contrat :
- la conception,
- le financement,
- la réalisation ou la transformation,
- l’entretien/maintenance,
- l’exploitation des ouvrages publics.

Dans la réalisation de cet objet, la maitrise d’ouvrage est assurée par le partenaire privé tandis
que dans un marché public, qui suppose une collaboration ponctuelle, la maitrise d’ouvrage est
obligatoirement exercée par la pers publique ou son représentant.

Rémunération le contrat de PPP donne lieu à une rémunération mixte combinant le paiement
d’un prix par la personne publique et la rémunération liée à des objectifs de performance et plus
largement issue du droit d’exploiter l’ouvrage. Elle est donc plus large et plus diversifiée que
dans les marchés publics où il a été dit que la rémunération de l’opérateur économique consiste
en un prix payé par l’Acheteur public.

Durée : le CMP prévoit dans son article 153 qu’un marché public est passé pour une durée d’un
an renouvelable expressément ou par tacite reconduction.
8
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Leur durée globale ne peut excéder trois ans.


Alors que les contrats de partenariat public-privé, la durée est généralement très longue. Dans
sa fixation, il est tenu compte de l’importance du financement et du délai nécessaire de
l’amortissement des installations tout en prenant en compte les nécessités du service public.

On distingue :
PPP concessif : contrat par lequel l’autorité publique contractante confie pour une période
déterminée, l’exécution de travaux ou la gestion d’un service public ou d’intérêt général dont
elle a la responsabilité, à un Partenaire privé dont les prestations peuvent porter sur le
financement, la construction, l’entretien et l’exploitation à ses risques et périls de l’ouvrage ou
du service. Les PPP concessifs peuvent être :
-Délégation de Service Public, lorsque le contrat est sous forme de concession, d’affermage ou
de régie intéressée ;
-Concessions de services et des travaux.

PPP à paiement public : contrat par lequel la personne publique confie à un Partenaire, pour une
période déterminée, une mission globale pouvant inclure le financement d’investissements
nécessaires à un service public ou à un service d’intérêt général, la construction d’ouvrages ou
d’équipements ou d’autres investissements, y compris immatériels, leur entretien, leur
maintenance et/ou leur exploitation ou gestion sur toute la durée du PPP.

[Link] principes gouvernant les marchés publics et la commande publique


L’article 5 du CMP énonce que la commande publique obéit aux principes de liberté
d’accès, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures. Ces
principes s’imposent aux autorités contractantes dans le cadre des procédures de
passation des marchés publics.

Liberté d’accès : l’accès aux marchés publics doit être libre et impartial et aucun
obstacle ne doit être porté, sauf pour de motif d’intérêt général ou d’ordre public, à
l’accès à la candidature et à l’obtention d’un marché public. En d’autres termes, l’AC
ne doit pas créer ou laisser s’installer une ambiance non concurrentielle et doit
permettre à toute entreprise remplissant les conditions requises de pouvoir se porter
candidate.

L’intérêt de ce principe est de susciter une large concurrence qui répond à un souci
économique, notamment, à travers la diversification des candidatures et des offres.
Celle-ci permet, on le sait, d’accroitre les chances d’obtenir l’offre économiquement
la plus avantageuse et de garantir un bon usage des deniers publics.

Égalité de traitement des candidats : Le respect de ce principe n’est pas l’apanage du


droit des marchés publics. Il est le corollaire du principe d’égalité devant la loi. Il s’agit d’un
principe général de droit (CE, 9 mars 1951, Société des Concerts du Conservatoire) transposé

9
Droit des marchés publics 2025-2026
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dans le droit des marchés publics. Il interdit toute discrimination à l’encontre d’un candidat et
s’applique à toutes les étapes de la procédure.

Transparence : La transparence s’applique avant, pendant et à l’issue de la procédure et permet


à tout intéressé de vérifier le respect des autres principes. Il s’agit d’un principe fédérateur, car
il garantit le respect des autres principes. Il permet de lutter contre l’opacité, la corruption et de
garantir, par-là, l’efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics.

Il garantit aussi la traçabilité car toutes les étapes des procédures sont conservées, depuis la
publication du Plan de passation des marchés publics (PPM), de l’annonce jusqu’à la
notification du marché. L’acheteur public doit rédiger un compte rendu ou un historique de la
procédure récapitulant les publicités effectuées, le délai de remise de plis, le nombre
d’entreprises ayant retiré le dossier et remis une offre et, s’il y a lieu, le déroulement des
négociations.
Le respect de ces exigences de transparence garantie, d’une part, la traçabilité des procédures
et opérations dans l’optique d’un éventuel contrôle ou audit, et, d’autre part, la modernité et la
rationalité qui combattent tout empirisme et tout arbitraire dans la gestion des marchés publics.

10
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Partie 1 : Cadres juridique et institutionnel des


marchés publics
Les sources renvoient aux dispositions juridiques applicables aux marchés publics. Les
mutations constatées ces dernières années font apparaitre plusieurs catégories de sources
internes (section 1) et externes (section 2) qu’il convient de rappeler pour une meilleure
compréhension des exigences, des mutations de la matière.
Dans le droit des marchés publics au Gabon et plus généralement dans l’espace CEMAC, ce
sont les sources internes c’est-à-dire nationales qui sont créatrices du droit des marchés publics.
Les sources externes n’ont qu’une influence secondaire.

Chapitre 1 : Les différentes sources des marchés publics

Section 1 : les sources d’influence externe

[Link] sources universelles


A. Les accords et autres actes internationaux
L’accord sur les marchés publics de OMC (AMP) :
L’AMP a été adopté en avril 1979, entré en vigueur en 1981 il a plusieurs fois été modifié dont
la dernière date de 2012.
L’AMP énonce des règles prescrivant l’équité et la transparence des conditions de concurrence
pour les marchés publics. Ces règles interdisent notamment l’adoption de législations
favorables aux opérateurs économiques nationaux et discriminantes à l’égard des opérateurs
étrangers. Ces règles ne s’appliquent pas automatiquement, elles ne concernent que les marchés
d’un certain seuil (ex 150 mille dollars pour les fournitures).

La loi-type de la Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial International


(CNUDCI) sur la passation des marchés publics : Elle a été adoptée en 1994 par la Résolution
49/54 du 09 décembre 1994. Elle constitue une référence internationale en matière de réforme
du droit des marchés publics. Elle établit les procédures visant à assurer la concurrence, la
transparence, l’équité, l’économie et l’efficacité du processus des marchés publics.
La CCNUDCI a suggéré à l’AG des NU le renouvellement12 sous l’intitulé « loi-type de la
Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial International (CNUDCI) sur la
passation des marchés publics ». Elle vise à assurer la concurrence, la transparence, l’équité,
l’économie et l’efficacité du processus de passation des marchés publics. Cette loi-type devrait
contribuer à la mise en place d’un cadre juridique international de passation des marchés publics
harmonisé et moderne.

12
Résolution 66/95 adoptée par l’AG le 09 décembre 2011.
11
Droit des marchés publics 2025-2026
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La Charte africaine des droits et de l’homme et des peuples : Adoptée par la Conférences
des Chefs d’État de l’OUA, puis UA au Kenya en juin 1981 dont les articles 2 et 3 intéressent
les MP en garantissant la reconnaissance et la protection des droits et libertés de chaque
individu, légalité de traitement et l’égalité devant la loi. Ces principes figurent au nombre des
garanties fondamentales de la commande publique (article 5 CMP).

En France, l’influence des règles relatives aux droits de l’homme sur le droit des marchés
publics est palpable. En effet, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé que le droit de
soumissionner à un marché public est un droit civil au sens de l’article 6 paragraphe 1 de la
Convention européenne des droits de l’homme.

Banque Africaine de Développement BAD) : Depuis 199613, des règles de procédure pour
l’acquisition des biens et des travaux ont été élaborées au sein du groupe Banque Africaine de
Développement (BAD) et Fonds Africain de Développement (FAD). Étant donné que ces
institutions financières ont pour obligation de veiller à ce que les produits des prêts soient
« uniquement » utilisés pour les objectifs pour lesquels le prêt a été octroyé, elles deviennent
très regardantes quant à l’usage réel de l’argent. Il est demandé au pays emprunteur de préparer
un avis général de passation de marchés qui décrit le type de marché, le mode d’acquisition, les
informations précises sur l’organe chargé de l’exécution14 ; cet avis général fait l’objet d’un
accord entre le pays emprunteur et la banque et doit être mis à jour avec l’évolution de la
réalisation du projet.
C’est à travers la procédure dite de « non-objection »15 que les bailleurs interviennent dans tout
le processus de marché, en autorisant ou rejetant les décisions prises au niveau national.
L’ingérence de ces institutions financières traduit le manque de souveraineté de ces États dans
le domaine des marchés publics.

B. Les Programmes des Institution de Bretton Woods, bailleurs internationaux et les


rapports des ONG internationales

Il faut rappeler qu’avant les grandes réformes des marchés publics, plusieurs manquements ont
été révélés dans les États d’Afrique centrale notamment avec le phénomène appelé « les
éléphants blancs »16. Cette expression désigne la corruption qui régnait dans le système des

13 Adoption des règles de procédure pour l’acquisition des biens et travaux le 15 juillet 1996 de la BAD et le FAD.
14 BAD, règles de procédure pour l’acquisition de biens et travaux, janvier 2000.
15 BIAKAN J. op. cit.
16
Le Pr MARYSSE définit les « éléphants blancs » comme une pratique d’appropriation des rentes économiques
à des fins privées sans résultats de production durable créant ainsi une dette insoutenable. MARYSSE S. (2018),
La gouvernance au quotidien : entre réformes et éléphants blancs, Conjectures de l’Afrique centrale, Sous la
direction de An ANSOMS, Aymar NYENYEZI BISOKA et Stef VANDEGINSTE, L’Harmattan, 2018, p.235.
Voir également l’article de MELLALI SORAYA sur les « éléphants blancs » d’Afrique, dans Le Monde
diplomatique, mars 1988, p.24 sur les emprunts réalisés par les pays afin de financier des infrastructures sucrières
qui sont déficitaires avec l’exemple de la Côte d’Ivoire. Il y a également une nouvelle illustration de ce phénomène,
évoquée par EGIL F. (2005), Réflexions impies pour le Ve anniversaire des objectifs de développement du
millénaire, Politique Africaine, 2005/3, n°99, pp.97115, en référence aux « éléphants blancs » parle « d’éléphants
de papier » à propos de la nouvelle pratique au cours de laquelle les bénéficiaires contournent dès la conception
(au niveau du papier) les dispositifs mis en place par les organisateurs dans les projets participatifs simples.
12
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

marchés publics des pays africains, matérialisée par la passation et le paiement des marchés
sans pour autant qu’il y ait le moindre début d’exécution. Le contournement des procédures et
le détournement des deniers publics en sont les illustrations.

Pour mettre fin à cette corruption qui ternissait l’environnement des affaires, les bailleurs de
fonds ont d’abord exigé une réforme des systèmes de passation des marchés publics comme
condition de pérennité de l’octroi des prêts. Cette réforme s’est traduite dans les États africains
par l’amélioration du cadre juridique avec la publication d’un nouveau code édictant des règles
de passation répondant aux standards internationaux.

C’est en observant les procédures de passation que les bailleurs de fonds ont réussi à s’immiscer
dans la gestion même des marchés publics avec des outils permettant de suivre l’avancée de
l’attribution, et de l’exécution des marchés.

En effet, ces bailleurs ont élaboré des directives adossées à l’accord de prêt qui engagent les
pays emprunteurs lors de l’octroi du prêt. Les exigences varient en fonction de l’organe prêteur.
Certains bailleurs comme l’AFD qui est parfois critiqué parce que recourant dans la conclusion
de ses marchés aux règles de mise en concurrence17 en exigeant de recourir aux fournisseurs
français.

Aujourd’hui, les règles d’encadrement des marchés publics des Institution financières
internationales sont considérées comme les sources les mieux élaborées. Elles sont reparties en
directives relatives à la passation de marchés de fournitures, des travaux et des services
appliquées aux emprunteurs de la BM dans le cadre des prêts de la Banque Internationale pour
la Reconstruction et le Développement (BIRD) et des crédits et dons de l’Association
Internationale pour le Développement (AID). Ces directives sont utilisées par les États
emprunteurs ou pour les marchés passés auprès des institutions de l’ONU.

Rapports des ONG internationales : Transparancy international qui pour objectif de « faire
progresser la transparence dans la vie publique et dans le monde de l’entreprise et de la finance,
inciter les acteurs publics et les acteurs privés à adopter des comportements intègres et
responsable vis-à-vis de la société, favoriser la participation des citoyens à l’action publique ».

Chaque année, TI dresse un classement avec l’indice de perception de de la corruption (IPC).


La corruption sape les bases de la démocratie. L’IPC est un baromètre qui intègre plusieurs
domaines d’actions publiques et privées ; c’est un véritable sésame ou label auquel aspirent les
États pour justifier leur bonne gestion. L’IPC s’appuie sur 13 sources de données qui recueillent
les avis d’experts et de dirigeants d’entreprise à travers le monde sur divers comportements
corruptibles dans le secteur public. Il constitue un outil unique à l’échelle internationale pour
analyser la corruption dans plus de 180 pays.

17
BIAKAN J., Droit des marchés publics au Cameroun, contribution à l’étude des contrats publics, p.23,
L’Harmattan 2011 op. cit.
13
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Transparency Internation IPC de 2024

14
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

[Link] sources communautaires

Les règles pertinentes de la CEMAC

À ce jour, la CEMAC n’a pas édicté un corpus de règles communautaires applicables aux
marchés publics comme cela s’est fait dans l’Union européenne (UE) par exemple, avec les
directives marchés dès 200418, ou dans l’Union économique et monétaire ouest africaine
(UEMOA) avec deux directives de 2005, l’une portant sur les procédures de passation,
d’exécution et de règlement des marchés publics et des délégations de service publics dans
l’UEMOA19 et l’autre sur le contrôle et la régulation des marchés publics et des délégations des
services publics dans l’UEMOA20.

On souligne toutefois l’influence de certaines règles sur le droit des marchés publics.
- Règlement CEMAC n°06/09-UEAC-201-CM du 11 juillet 2009 révisé par le
règlement n°09/24-UEAC-OO1-CM-SE du 16 juillet 2024 portant sur les
procédures de passation, d’exécution et de règlement des marchés publics de la
communauté, ces dispositions sont d’application limitée aux marchés publics passés
par la communauté. Même si ces règles en sont pas destinées directement aux États,
ce règlement pose des principes qui sont des référentiels ou sources d’inspiration
pour les droits des États membres : liberté d’accès à la commande publique, égalité
de traitement des candidats, reconnaissance mutuelle, non-discrimination et
transparence (considérant 6).
- Directive n°06/11-UEAC-190-CM-22 du 19 décembre 2011 relative au code de
transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques :
définit les principes et obligations que les EM doivent respecter dans leurs
législations comme dans leurs pratiques aussi bien pour la gestion des fonds de l’E
et celles des autres collectivités. Cette directive pose les règles portant sur la légalité
et la publicité des opérations financières publiques, les attributions et la
responsabilité des institutions de l’E, l’élaboration et la présentation des budgets
publics, la mise en œuvre des recettes et des dépenses, le contrôle des opérations
financières, l’information du public et l’intégrité des acteurs publics.

La Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC)


La CEEAC n’a pas de dispositifs communautaires applicables aux marchés publics. On note
tout de même plusieurs initiatives prises pour la promotion de l’investissement privé, la lutte
contre la corruption et la transparence dans les marchés publics au sein de la CEEAC elle-même
et dans son espace.

18
Directive 2004/17/CE et 2004/18/CE du Parlement européen et du Conseil du 31 mars 2004. La première est
relative à la coordination des procédures de passation des marchés dans les secteurs de l’eau, l’énergie, des
transports et des services postaux ; et la seconde porte sur la coordination des procédures de passation des marchés
publics de travaux, de fournitures et de services.
19
Directive n°04/2005/CM/UEMOA du 09 décembre 2005.
20
Directive n°05/2005/CM/UEMOA du 09 décembre 2005.
15
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

L’OHADA, Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires


L’OHADA a été créé pour renforcer un environnement juridique africain des affaires
permettant de s’arrimer aux exigences de la mondialisation. Ce projet a été pensé au sein de
l’Organisation de l’unité africaine (OUA), il dépasse donc les frontières des espaces
économiques définis (CEMAC, UEMOA, SADC etc.).
Ayant pris conscience d’une évolution trop lente des cadres juridiques africains l’ambition
principale des États est de mettre en place un espace juridique et judiciaire sécurisé. Comme
mentionné dans son traité, l’harmonisation du droit des affaires dans l’espace OHADA passe
par l’adoption d’une règlementation commune, simple, moderne et adaptée pour faciliter
l’activité des entreprises et ainsi garantir la sécurité juridique des activités économiques et à
terme, encourager l’investissement.

L’influence du droit de l’OHADA sur le droit des marchés publics s’opère au niveau des
soumissionnaires aux marchés. L’OHADA règlemente le monde des affaires et édicte des règles
auxquelles doivent se conformer les entreprises en Afrique. Ainsi, aucune entreprise en
violation au droit de l’OHADA ne peut prétendre à l’attribution d’un marché public. C’est à
travers les sûretés qui « interviennent régulièrement à titre de garantie de l’exécution intégrale
des contrats publics »21.

Section 2 : Les sources d’influence interne des marchés publics


Dans la plupart des pays de la zone CEMAC, les règles des marchés publics sont régies par le
cadre du domaine règlementaire.
[Link] sources législatives
A. La constitution
En droit français, il est vrai que le domaine des marchés publics a longtemps évolué en marge
du droit constitutionnel parce que considéré comme un outil qu’utilisent les personnes
publiques pour exercer leurs missions22 (Construction d’infrastructures, achats de
fournitures…). Ne pouvant plus l’ignorer au regard de l’importance économique que revêt cette
matière, et surtout eu égard à la succession de réformes23 la concernant, le Conseil
Constitutionnel français a édifié un fondement constitutionnel au droit des marchés publics.
Tout d’abord, le Conseil s’intéresse à la répartition des compétences entre la loi et le règlement
en matière de marchés publics. Il s’agissait d’un recours porté contre l’adoption d’un nouveau
code des marchés publics du 7 mars 200124, qui introduit de nouvelles dispositions dont une
« habilitation » du pouvoir règlementaire à édicter des règles applicables aux collectivités
locales. Sachant pourtant qu’au regard de l’article 34 de la Constitution, cette compétence

21
LESMONT BAHOKEN V. (2017), Le droit des sûretés OHADA et les contrats publics, PENANT 1 oct. 2017,
n°PENA2017-901-421 pp.421.
22 BRACONNIER S., Précis du droit des marchés publics, p.14
23 La loi habilitant le gouvernement à simplifier le droit du 2 juillet 2003
24 Décret n°2001-210 du 7 mars 2001 portant code des marchés publics.
16
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

relève du pouvoir législatif. Dans une décision du 22 août 200225 le Conseil Constitutionnel
affirme que « ni l’article 34 de la constitution, ni aucune autre règle de valeur constitutionnelle
n’exige que les conditions de passations des marchés et contrats passés par l’État soient définies
par la loi ». Cette décision est la confirmation26 de la logique déjà adoptée par le Conseil en
198127 selon laquelle il reconnut que la compétence du pouvoir règlementaire pour les règles
applicables à la passation et l’exécution des marchés de l’État peut être étendue aux collectivités
locales. C’est dans cette même optique que s’illustrent les États objet de cette étude en matière
de répartition des compétences entre la loi et le règlement.

Au Gabon, dans la Constitution, les marchés publics ne figurent pas explicitement au titre des
matières relevant du domaine de la loi, c’est ce qui transparaît de la lecture l’article 9428 de la
Constitution « en dehors des cas expressément prévus par la Constitution, la loi fixe les règles
concernant :
- l’exercice des droits fondamentaux et devoirs des citoyens ;
- les sujétions imposées aux Gabonais et aux étrangers en leurs personnes et en leurs biens, en
vue de l’utilité publique et de la défense nationale notamment ;
- la nationalité, l’état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions
et les libéralités, le statut des étrangers et l’immigration ;
- l’organisation de l’état civil ;
- la création, le fonctionnement et la libre gestion des collectivités territoriales, leurs
compétences, leurs ressources et leurs assiettes d'impôts ;
- les programmes d'action économique et sociale ;
- les lois de programme fixant les objectifs de l'État en matière économique, sociale, culturelle
et de défense nationale…

En matière de développement économique, on pourrait affirmer avec Laurent Tengo29 que les
marchés publics sont concernés par les dispositions de l’articles 94 et seraient donc du domaine
de la loi. En effet, à plusieurs égards les marchés publics sont un instrument essentiel dans le
développement économique d’un pays en ce qu’il permet la relance économique par
l’investissement important qu’ils produisent, ils peuvent également développer un secteur.

Nous déduisons que la gestion de ces contrats relève du domaine du règlement au regard de
l’articles 95 (Gabon) qui disposent que les matières autres que celles qui sont du domaine de la
loi, ont un caractère règlementaire. Elles font l’objet de décrets, d’arrêtés pris par le Premier
Ministre, par les ministres responsables ou par les autres autorités administratives habilitées à
le faire.

25 Cons. Const décis. n°2002-460 DC du 22 août 2002, loi d’orientation et de programmation pour la sécurité
intérieure du 9 septembre 2002.
26 DREYFUS J-D, Le glas pas encore sonné pour le nouveau code des marchés publics, D. 2003 p.851
27 29 avril 1981 ordre des architectes Req. N°12851
28 Article 94 de la constitution de la République gabonaise, 19 décembre 2024
29
TENGO L. Le droit des marchés publics dans les États membres de la CEMAC, p.36
17
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Pour preuve, les textes directement applicables aux marchés publics sont essentiellement des
décrets. En plus, le code gabonais des marchés publics30 dans son article 1er précise que « le
présent décret pris en application de l’article 51 de la Constitution, porte code des marchés
publics ».

Le droit des marchés publics contient des principes à valeur constitutionnelle avec :
- le principe de liberté d’accès à la commande publique comme partie prenante du
principe général de la liberté d’entreprendre ;
- le principe d’égalité de traitement des candidats en tant que démembrement du
principe de l’égalité devant la loi…

B. Les autres textes législatifs intéressant les marchés publics

Publieurs textes législatifs intéressent les marchés publics.

Quelques exemples de textes législatifs intéressant les marchés publics.

La loi n° 021/2014 du 30/01/2015 relative à la transparence et à la bonne gouvernance dans


la gestion des finances publiques :
Article 5 : Les règles applicables aux marchés publics et aux délégations de service public
doivent être conformes à la présente loi ;

Article 7 : Les contrats entre l’Administration publique et les entreprises publiques ou privées,
notamment les entreprises d’exploitation de ressources naturelles et celles bénéficiant d’une
concession de service public, doivent être clairs et mis à la disposition du public.
Ces principes valent aussi bien pour les procédures d’attribution des contrats que pour leur
contenu.
Ces contrats sont soumis au contrôle de la Cour des Comptes et du Parlement.

Loi organique N° 001/2014 du 14/06/2015 relative à la décentralisation :

Article 36 : Les conseils des collectivités locales :


- autorisent la signature des marchés et conventions après dépouillement, examen et
sélection des dossiers par la commission d'appels d'offres formée au sein du conseil
local ;
- examinent et approuvent les projets de plans d'aménagement ou de développement ;
- statuent sur toute question relative aux biens de la collectivité locale, notamment en
ce qui concerne les acquisitions,
- sont préalablement informés de tout projet devant être réalisé par l'État ou toute autre
collectivité locale ou organisme public sur leur territoire ;

30 Issu du décret n°0254/PR/MEED du 19 juin 2012 portant code des marchés publics au Gabon.
18
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

- donnent leur avis toutes les fois que celui-ci est requis par les lois et règlements ou
qu'il est demandé par l'administration ;
- créent, aménagent, entretiennent et sécurisent les cimetières ;
Article 48 : Le maire est particulièrement chargé de :
- délibérer sur les permis de lotir et de construire dans le périmètre urbain, après avis
de la commission compétente ;
- signer les marchés, passer les baux, les actes de vente, d'échange, de partage,
d'acquisition et de transaction préalablement autorisés par la tutelle ;

Loi n°007/2014 du 1er août 2014 relative à la Protection de l'Environnement en


République Gabonaise :

Article 7 al2 : les plans nationaux de développement économique, social et culturel ainsi que
la valorisation du patrimoine culturel et architectural sont soumis au principe de protection et
d'amélioration de l'environnement.
Article 30 : Les travaux, ouvrages ou aménagements industriels, urbains, ruraux, miniers ou
autres, entrepris par les collectivités publiques ou les entreprises publiques ou privées qui
risquent, en raison de l'importance de leur dimension ou de leurs incidences écologiques, de
porter atteinte à l'environnement, doivent donner lieu à une étude d'impact environnemental
préalable soumise à l'examen du ministère en charge de l’environnement, conformément à la
législation en vigueur.
Toutefois, cette étude n'est pas exigible si la portée et la durée de l'opération ainsi que les
méthodes techniques utilisées ne sont pas susceptibles de produire des effets néfastes
significatifs sur l'environnement.
Article 31 : En application des dispositions de l'article 30 ci-dessus, les différentes catégories
d'activités et d'ouvrages dont la réalisation ou l'exploitation nécessite une étude d'impact sont
définies par voie réglementaire.
La liste des activités, travaux, documents de planification est établie et révisée par voie
réglementaire.
La procédure administrative d'évaluation et d'examen des études d'impacts sur
l'environnement et les conditions de participation du public aux enquêtes publiques et
consultations sont déterminées par voie réglementaire.
Article 32 : L'étude d'impact, instrument d'analyse et de prévision, doit, à partir d'un état
initial du site, le cas échéant, être étayée par des analyses scientifiques et épidémiologiques,
identifier, évaluer et mettre en œuvre les mesures pour éviter les incidences ou les effets
néfastes directs et indirects, à court, moyen et long termes, des projets de travaux, ouvrages
ou aménagement, sur la santé, la qualité de l'environnement, les ressources naturelles, les
équilibres écologiques ou sur le climat.
L'étude d'impact doit également comporter et développer les mesures envisagées pour
supprimer, réduire ou compenser les impacts négatifs de l'activité ainsi que le coût de celle-
ci avant, pendant et après la réalisation du projet.

19
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Le contenu de l'étude d'impact est déterminé par décret pris en Conseil des Ministres sur
proposition du Ministre chargé de l’Environnement.
Article 33 : Les études d'impact font l'objet d'un contrôle du ministère en charge de
l’environnement. A cette fin, il est institué au sein dudit ministère un comité d'évaluation des
études d'impact.
Les attributions, l'organisation et le fonctionnement de ce comité sont fixés par arrêté du
Ministre chargé de l’Environnement.
Le Ministre chargé de l’Environnement dispose du pouvoir de révocation de toute étude
d'impact; il peut exiger un complément à cette étude d'impact ou en exiger une autre.
Article 34 : L'autorisation délivrée sur la base d'une étude d'impact doit intégrer les mesures
prévues dans cette étude pour réduire, compenser ou supprimer les inconvénients créés.
Le Ministre chargé de l'Environnement veille à la réalisation de cette obligation et doit, à ce
titre, contresigner toute autorisation d'une opération soumise à une étude d'impact.
Un décret détermine les conditions dans lesquelles les études d'impact sur l'environnement
sont indispensables à la délivrance de toute autorisation.
Article 36 : Les audits environnementaux, définis à l'article 6 de la présente loi peuvent être
exigés dans les conditions fixées par voie réglementaire.
Article 6 tiret 2 :
Audit environnemental : un système de gestion comprenant une évaluation documentée et
objective de l'efficacité de l'organisation, du système de gestion et des procédures destinées à
l'environnement.

[Link] textes règlementaires

Le code des marchés publics


Comme nous l’avons évoqué plus haut, il y a une distribution constitutionnelle en faveur du
pourvoir règlementaire pour l’encadrement des règles applicables aux marchés publics.
Certainement en raison de son enjeu important pour les personnes publiques dans la
satisfaction de leur mission d’intérêt général, il a été préféré un corpus de règles dont la
gestion doit demeurer flexible pour s’adapter aux évolutions constantes dans le domaine.

Il est institué par le décret n°00027/PR/MEPPDD du 17 janvier 2018 portant Code des
Marchés Publics complété par plusieurs textes et arrêtés.

Les marchés publics sont constitués de documents généraux (Art.165 CMP) :


- Les cahiers des clauses administratives générales, qui fixent les dispositions
administratives applicables à une catégorie de marchés ;
- Les cahiers des clauses techniques générales, qui fixent les dispositions techniques
applicables à toutes les prestations d’une même nature.

20
Droit des marchés publics 2025-2026
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Le Cahier des Clauses Administratives Générales est régi par le décret n°1479 du 10/12/1973
pour l’exécution des travaux ; et le décret n°1478 du 10/12/1973 pour les fournitures et services.

Les textes règlementant l’Autorité de Régulation des marchés publics et de la Direction


Générale des marchés publics sont régis par les décrets : Décret n°0278/PR/MEP du 02 août
2014 portant organisation de l’ARMP, décret n°00027/PR/MEF du 18 mars 2020 portant
organisation de la DGMP.

21
Droit des marchés publics 2025-2026
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Chapitre 2 : Les différents acteurs des marchés publics

Le marché public met en présence des parties qui doivent être distinctes les unes des autres, il
s’agit des Autorités Contractantes d’une part qui sont à l’initiative de la passation des marchés
publics ou bénéficiaire des prestations objet des marchés publics et le titulaire du marché public
en charge de l’exécution.
Il y a également d’autres acteurs qui ne sont pas parties au contrat de MP mais qui participent
à sa passation et à sa signature, il s’agit des organes en charge de la passation, du contrôle et de
gestion des différends.

Section 1 : Les acteurs de la passation des marchés publics

[Link] autorités contractantes


A. Les autorités contractantes
La notion d’autorité contractante désigne les différentes personnes morales de droit public ou
de droit privé investies d’une mission d’intérêt général pour la satisfaction de laquelle elles sont
habilitées à conclure un marché public. C’est une personne morale de droit public ou de
droit privé agissant pour le compte de l’État ou de ses démembrements qui exprime le
besoin à travers un contrat de la commande publique, elle conclue les marchés à travers
les organes qu’elle met en place et selon les critères, règles et procédures spécifiques.

Aux termes de l’article 11du code des marchés publics (CMP), l’Autorité
Contractante, appelée « Maître d’Ouvrage », a notamment pour missions :
• De définir les activités du programme répondant aux objectifs ;
• De s’assurer de la maturité des programmes présentés pour adoption des budgets ;
• De fournir un rapport d’achèvement des marchés pour réconciliation avec
les objectifs sur la base desquels les crédits lui ont été accordés ;
• De tenir les statistiques sur la passation et l’exécution de ses marchés ;
• D’organiser la tenue des archives de tous les documents relatifs aux
marchés publics ;
• D’élaborer les plans simplifiés de passation de marchés pour l’année « n+1 »
ou « n+2 » accompagnés de l’évaluation de la maturité du programme et d’un
calendrier prévisionnel de décaissements ;
• D’élaborer les plans détaillés de passation de marchés et mise à jour du
calendrier prévisionnel de décaissements dès la mise en place des crédits.

Il est précisé à l’alinéa 2 du même article que l’Autorité Contractante est assistée dans sa
tâche par :
• la Personne Responsable de Programme ;
• la Personne Responsable du Marché, en abrégé PRM, qui peut être, le cas échéant,
le responsable du programme d’investissement ;
• le Directeur Central des Affaires Financières, en ce qui concerne les
engagements, réservations de crédits et liquidation ;
22
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

• la Commission d’Évaluation des Offres, en abrégé CEO ;


• la Cellule de Passation des Marchés Publics, en abrégé CPMP.

B. Les maîtres d’ouvrage (MO)


Conformément à l’article 2 du CMP, un Maître d’Ouvrage est une personne morale de droit
public ou privé, affectataire de l’ouvrage ou de l’équipement technique, objet du marché.

La personne morale de droit public est une personne morale et pas physique, qui jouit
d’une autonomie juridique, financière de telle sorte qu’elle peut agir en son nom propre et
pour son compte et donc cette personne morale de droit public peut passer les marchés
publics susceptibles de satisfaire les besoins du service public dont elle a la charge.

Le MO peut être une personne morale de droit privé. En effet, les personnes morales de
droit privé peuvent se voir confier sous certaines conditions la mission de passer pour le
compte des PMDP des marchés financés par ces PMDP ou bénéficiant de leur garantie.
Les personnes morales de droit privé peuvent aussi se voir reconnaître la qualité de MO si
elles ont été spécialement créées pour satisfaire l’intérêt général ou si elles bénéficient du
concours financier ou d’une garantie financière provenant des sources politiques.

C. La personne responsable du programme


La Personne Responsable du Programme assure la fonction de Chef de Projet et conduit le
pilotage du programme (article 12 CMP).

Elle est notamment chargée :


- de veiller à la programmation et à l’identification des activités en vue
d’atteindre les résultats escomptés ;
- de suivre la préparation et l’exécution des programmes d’investissement ;
- d’élaborer le projet annuel de performance par l’identification des activités
ou projets devant faire l’objet d’une programmation en vue d’atteindre les
résultats escomptés ;
- de superviser l’ensemble des acteurs opérationnels chargés de la mise en
œuvre du programme ;
- de rendre compte de l’exécution du programme, sur la base des objectifs qui
lui sont assignés.

D. La personne responsable du marché (PRM)


Art.13 CMP ‐ La Personne Responsable du Marché, en abrégé « PRM », est la
personne habilitée à conduire la procédure de passation du marché et suivre son
exécution. Il s’agit du représentant dûment mandaté par l’autorité contractante pour la
représenter dans la passation et l’exécution des marchés publics. Il s’agit simplement
du représentant de l’autorité contractante dans la passation et l’exécution des marchés

23
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

publics. Elle est habilitée à décider au nom et pour le compte de cette autorité
contractante. Ses décisions engagent l’autorité contractante.

Missions de la PRM :
• de participer avec les services techniques et Personnes Responsables de
Programmes à la préparation des plans simplifiés de passation de marchés pour
l’année « n+1 » et, le cas échéant, pour l’année « n+2 », et participer à la préparation
des plans détaillés de passation de marchés aussitôt après adoption des crédits ;
• de présider les commissions d’évaluation des offres et désigner la sous‐commission
technique d’évaluation des offres ;
• de gérer toutes les activités permettant d’obtenir les validations, approbations, et
notifications du marché ;
• de suivre l’exécution du marché ;
• de veiller à la tenue des archives de tous les documents relatifs aux marchés publics ;
• de participer à la préparation des rapports d’achèvement du marché.

Les marchés publics conclus par une personne non habilitée sont nuls et de nul
effet.

Mode de désignation de la PRM, art.14 CMP. ‐ La PRM est désignée :


• Pour les départements ministériels, par le Ministre ;
• Pour les institutions de l’État, par le président ou son représentant ;
• Pour les collectivités locales, par le président du conseil ou son représentant ;
• Pour les établissements publics, par l’autorité en charge de leur gestion ou son
représentant ;
• Pour les sociétés d’État, les sociétés d’économie mixte, les sociétés privées, par le
président du conseil d’administration, l’administrateur général ou le gérant, selon la
nature juridique de la société ;
• Pour les organismes publics ou privés, par l’autorité en charge de leur représentation
ou son représentant.

La PRM est assistée dans l’exécution de sa mission par la Cellule de Passation des
Marchés Publics, en abrégé CPMP, et la Commission d’Évaluation des Offres.

E. La commission d’évaluation des offres CEO

La Commission d’Évaluation des Offres, en abrégé « CEO », est notamment chargée


d’assister la PRM dans toutes les phases de la procédure de passation de marché
(art.16 CMP).

C’est un organe technique d’attribution des marchés publics.


- l’ouverture des plis en séance publique ;
- l'évaluation technique et financière des offres des soumissionnaires ;
24
Droit des marchés publics 2025-2026
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- l’établissement d’un classement des offres en vue de proposer l’attributaire


provisoire des marchés.

La CEO comprend :

- la Commission Ordinaire ;
- les Commissions Spéciales.

De la Commission Ordinaire

La Commission Ordinaire assiste la PRM dans la passation des marchés de travaux, de


fournitures, de prestations intellectuelles et de services non revêtus du sceau du secret
défense et de sécurité intérieure.

La composition de CEO de l’État, article 20 pour les MP des CL, article 21 pour les MP des
établissements publics, article 22 pour les MP des institutions constitutionnelles, article 23
pour les marchés des administrations déconcentrées.

La CEO peut se faire assister d’une sous‐commission technique dont les membres sont
des experts des services techniques compétents de l’autorité contractante ou d’une autre
administration publique ou privée.

La sous‐commission produit un rapport ou un avis.

Les membres de la CEO sont tenus à l’obligation du secret des délibérations et des
décisions.

La CEO ne peut valablement délibérer que si au moins deux tiers de ses membres
ayant voix délibérative sont présents et que chacun des membres a été régulièrement
convoqué. Chaque membre doit justifier d’un mandat délivré par l’autorité qu’il
représente.

Des Commissions Spéciales d’Évaluation des Offres des marchés couverts par le secret
défense et de la sécurité intérieure

Au début de chaque exercice budgétaire, les Ministres chargés de l’Économie et du


Budget déterminent par arrêtés conjoints avec les Ministres concernés de la Défense
Nationale ou de la Sécurité Intérieure, les projets spécifiques couverts par le sceau
du secret défense et de la sécurité nationale.

L’évaluation des prestations spécifiques, qui relève de la compétence des


Commissions Spéciales d’Évaluation des Offres des marchés de la défense nationale
et de la sécurité intérieure, obéit aux mêmes règles que la Commission Ordinaire.

25
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

La commission spéciale des marchés de la défense nationale dont le siège est au Ministère
en charge de la Défense Nationale est composée conformément aux dispositions de l’article
29 du CMP.

La Commission Spéciale des marchés du Ministère en charge de la Sécurité Intérieure


dont le siège est au Ministère en charge de l’Intérieur est composée comme suit.
Avec voix délibérative :
• du Ministre en charge de l’Intérieur ou son représentant, président ;
• du Commandant en Chef des Forces de Police Nationale ou son représentant,
membre ;
• du Directeur Général de la Logistique des Forces de Police Nationale ou son
représentant, membre ;
• du Directeur Général de la Documentation et de l’Immigration ou son
représentant, membre ;
• du Directeur Central des Affaires Financières du Ministère de la Sécurité Intérieure
ou son représentant, membre ;
• du Directeur Général des Services Techniques des Forces de Police Nationale ou
son représentant, membre ;
• du Chef d’État-Major des Polices d’Investigations Judiciaires ou son représentant,
membre ;
• du Directeur Général du Budget ou son représentant, membre ;
• du Contrôleur Budgétaire ou son représentant, membre.

[Link] maîtres d’ouvrage délégués


Aux termes de l’article 2 du CMP, un Maître d’Ouvrage Délégué (MOD) est une personne
morale de droit public ou privé qui reçoit, du Maître d’Ouvrage, délégation de tout ou
partie de ses attributions.
Les administrations acheteuses des biens et services qui ne sont toujours pas dotées de services
compétents ou des qualifications techniques requises leur permettant de pratiquer elles-mêmes
la maîtrise d’ouvrage, ont la possibilité de déléguer cette mission à d’autres personnes que sont
les MOD.

Le MOD agit dans la limite du mandat qui lui est assigné. Il n’est tenu envers le
Maître d’ouvrage que de la bonne exécution des attributions dont il a
personnellement été chargé.

Considérant l’article 32 du CMP, la délégation de la maîtrise d’ouvrage porte à la


fois sur la passation et l’exécution des marchés :
• D’ouvrages, de bâtiments ou d’infrastructures, y compris les services de
maitrise d’œuvre, la fourniture de matériels et équipements nécessaires à leur
exploitation ;
• de programmes d’intérêt public ou projets inclus dans de tels programmes,
comprenant un ensemble de travaux, fournitures et services.
26
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Les règles de passation de marchés applicables à la maîtrise d’ouvrage et à la maîtrise


d’ouvrage déléguée sont les mêmes, sous réserve des adaptations nécessaires pour tenir
compte de l’intervention du Maître d’Ouvrage Délégué.

Sans préjudice des dispositions des textes en vigueur, les rapports entre le maître
d’ouvrage et le Maître d’Ouvrage Délégué sont définis dans le cadre d’un mandat,
conformément à la procédure applicable aux marchés de prestations intellectuelles
(art.34 du CMP).

Peuvent être Maître d’Ouvrage Délégué :


• les personnes morales et organismes visés à l’article 3 du présent Code ;
• les personnes publiques ou privées auxquelles est confiée la réalisation
de programmes ou de projets.

Les caractéristiques de la maîtrise d’ouvrage déléguée :


- La MOD peut être totale ou partielle ;
- La MOD peut être faite à une personne morale de droit public ou privé ;
- La MOD peut être ponctuelle ou institutionnalisée ;
- La MOD est faite dans le cadre d’une convention, le CMP est peu loquace sur cette
question.

Section 2 : Les organes de contrôle

Les organes de contrôle comprennent :


- L’administration centrale en charge des marchés publics et ses démembrements ;
- L’autorité de régulation des marchés Publics.

I. L’administration centrale en charge des marchés publics et ses démembrements

L’article 40 du CMP énonce que l’administration centrale en charge des marchés


publics et ses démembrements ont pour mission la centralisation de la passation,
l’approbation et le contrôle de l’exécution des marchés publics.

A ce titre, elle est notamment chargée :


- de valider les plans de passation de marchés ;
- de procéder à la validation des dossiers d’appel d’offres matérialisée par le visa
de conformité juridique avant le lancement de l’appel à la concurrence et la
publication correspondante ;
- d’accorder, à la demande de l’Autorité Contractante, les autorisations et
dérogations des procédures nécessaires lorsqu’elles sont prévues par la
réglementation en vigueur ;

27
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

- de procéder à l’approbation du rapport d’analyse des offres et du procès‐verbal


d’attribution provisoire du marché élaborés par la CEO ;
- de procéder à la validation du projet de marché avant sa signature et, au besoin,
d’adresser à l’autorité contractante toute demande d’éclaircissements et de
modifications, de nature à garantir la conformité du marché avec le dossier d’appel
d’offres et la réglementation en vigueur ;
- de procéder à la validation des projets d’avenants ;
- d’apporter un appui technique aux autorités contractantes depuis la préparation
des dossiers d’appel d’offres jusqu’à la réception définitive des prestations ;
- d’examiner d’office la requête de tout intéressé en matière d’exécution des marchés
publics ;
- d’auditer et émettre, en collaboration avec l’autorité de régulation des marchés
publics, un avis sur la performance et l’efficacité de l’exécution des marchés exercée
par l’Autorité Contractante ;
- de proposer, en collaboration avec l’autorité de régulation des marchés publics, toute
action utile pour régler des contentieux ;
- d’examiner, le cas échéant, les rapports des auditeurs techniques ;
- d’assurer le contrôle des activités de ses démembrements.

Les démembrements de l’administration centrale en charge des marchés publics


comprennent :
- la cellule de passation des marchés publics ;
- la délégation provinciale des marchés publics.

A. La Direction Générale des marchés publics DGMP

Avant la réforme, dans le décret 110231 du 4 octobre 2003, article 3 la DGMP était chargée du
contrôle et de l’approbation des marchés publics dont le montant est inférieur à cinq cent
millions de francs CFA. En 2009 et 201232 la DGMP était l’administration incontournable dans
la chaine de passation des marchés publics. En 2015, cette direction a été intégrée au sein
Direction générale du budget et des finances publiques (DGBFIP en 2015).

L’édition d’un nouveau code des marchés publics a permis d’entériner les différents plans de
relance économique et réformes en 2018 et la restauration de la DGMP telle qu’on la connait
aujourd’hui.

Créée en 2020 par le décret N° 00027/PR/MEF du 18/03/2020 portant création,


attributions et organisation de la Direction Générale des Marchés Publics, la Direction

31
Décret 1102/PR/MEFBP du 4 octobre 2003 portant création et attribution de la DGMP
32
Décret n°0254/PR/MEEDD du 19 juin 2012 portant Code des marchés publics
28
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Générale des Marchés Publics assure l'exécution de la politique du Gouvernement en matière


de passation, d'approbation et de contrôle de l'exécution de la commande publique (article 2).

A ce titre, elle est notamment chargée :


- de centraliser la passation, l'approbation et le contrôle de l'exécution de la commande
publique;
- de délivrer un visa de conformité juridique sur les avis et dossiers d'appel d'offres avant
le lancement de l'appel à concurrence ainsi que sur leurs modifications éventuelles ;
- d'accorder, à la demande des autorités contractantes, des avis de non-objection pour
l'ouverture des procédures dérogatoires de passation des marchés prévues par le Code
des Marchés Publics;
- d'approuver le procès-verbal d'ouverture des plis et le rapport d'analyse des offres ;
- d'assurer le contrôle de régularité de tous les marchés publics ;
- d'apporter un appui technique aux autorités contractantes depuis la préparation des
dossiers d'appel d'offres jusqu'à la réception définitive des prestations ;
- de procéder à un examen de conformité juridique des projets de marchés et d'avenants
avant approbation ;
- de fixer, en collaboration avec les autres administrations compétentes, les normes
applicables en matière de marchés publics ct proposer les adaptations et ré formes
nécessaires ;
- d'assurer le contrôle de l'exécution technique et financière et le respect de la conformité
des réalisations par rapport au marché conclu ;
- de fixer, en collaboration avec les autres administrations compétentes, les normes
applicables en matière de marchés publics ;
- de proposer les adaptations et réformes nécessaires à une administration de la
commande publique.

Pour la mise en œuvre de ses attributions, la Direction Générale des Marchés Publics :
- reçoit copie des plans de passation des marchés publics, en abrégé PPMP, élaborés
chaque année par toute autorité contractante et en assure, après validation, la
publication;
- participe aux réunions de coordination entre les autorités contractantes et les autorités
chargées d'élaborer le budget de l'État ;
- collecte toutes documentations et statistiques relatives aux procédures de passation,
d'exécution ou de contrôle des marchés publics ;
- assure la numérotation des marchés ;
- assure la collecte des informations relatives aux marchés publics ;
- -constitue une banque de données en matière de marchés publics ;
- propose à l'Autorité de Régulation, pour recommandation ou validation, des mises à jour
des textes législatifs et réglementaires relatifs aux marchés publics ;
- centralise et publie tous les avis d'appel d'offres et les résultats d'évaluation des offres ;
- assure l'édition et la diffusion du journal des marchés publics ;

29
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

- affecte dans les commissions d'évaluation des offres, les consultants mis à sa disposition
par l'Autorité de Régulation ;
- communique pour information à l'Autorité de Régulation, toute autorisation donnée
dans le cadre des marchés conclus selon la procédure d'entente directe ;
- veille à ce que, pour chaque exercice budgétaire, le montant additionné des marchés
passés par entente directe au sein des départements ministériels, des institutions
constitutionnelles, des sociétés d'État, des établissements publics de l'État et des
collectivités locales ne dépasse pas le seuil de quinze pour cent du montant total de leurs
marchés, toute autorisation susceptible de porter le niveau des marchés par entente
directe au-delà de ce seuil étant subordonnée à l'approbation préalable de l'Autorité de
Régulation.

B. La Cellule de passation des marchés publics et la délégation provinciale des


marchés publics

Une cellule de passation des marchés publics doit être instituée auprès de chaque Autorité
Contractante. Il s’agit d’un service interne que chaque Autorité Contractante doit créer.
L’organisation et le fonctionnement des cellules sont régis par

Un arrêté du Ministre chargé des Marchés Publics fixe la répartition des missions de contrôle
entre l’administration centrale en charge des marchés publics et ses démembrements, en
fonction des seuils de compétence qu’il détermine ([Link]).

II.l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP)

La régulation des marchés publics est assurée par l’Agence de Régulation des
Marchés Publics, en abrégé ARMP, conformément aux dispositions des textes en
vigueur (Art.44 CMP).

C’est une autorité administrative indépendante, elle est rendue opérationnelle pour compter de
2014 avec la nomination de ses principaux responsables.

Selon les dispositions du décret n°0278/PR/MEP du 22 août 2014, l’ARMP a notamment


pour missions :
- de veiller au respect de la réglementation et des procédures relatives aux
marchés publics et de proposer aux pouvoirs publics tout projet de texte, tous
documents types et manuels de procédures, ainsi que toutes recommandations
ou propositions de nature à améliorer et renforcer le système des marchés
publics ;
- d'assurer la formation, la sensibilisation et l'information des acteurs de la
commande publique ;

30
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

- de collecter et centraliser la documentation et les statistiques sur l'attribution,


l'exécution et le contrôle des marchés publics ;
- d'établir, actualiser et publier régulièrement une liste des entreprises aptes à
soumissionner à la commande publique ;
- de réaliser des audits sur les marchés publics ;
- de mener des investigations relatives aux irrégularités et/ou violations de la
règlementation.

Trois (3) organes animent l’ARMP : le Conseil de régulation, le Secrétariat permanent et


l’Agence comptable.
- Le Conseil de régulation dispose des pouvoirs les plus étendus pour
administrer l’ARMP, définir et orienter sa politique générale et évaluer sa
gestion. Il se compose de onze (11) membres dont cinq (5) représentent le
secteur privé ;
- Le Secrétariat permanent est l’organe de gestion quotidienne de l’ARMP ;
- L’Agence comptable tient la comptabilité de l’ARMP.

[Link] autres organes de contrôle

Les dispositions des textes en vigueur déterminent les autres organes qui participent
aux opérations de contrôle des marchés publics (Art.45 CMP).

Section 3 : Les opérateurs économiques cocontractants dans les marchés


publics

[Link] Candidats
Dans la règlementation des marchés publics, par candidat on entend toute personne physique
ou toute entreprise ou cabinet intéressé par un marché public et qui dispose des aptitudes pour
participer à la procédure de sa passation. Comme le précise l’article 2 du CMP, un candidat
personne physique ou morale qui manifeste un intérêt à participer à une procédure de
passation de marchés.

[Link] soumissionnaires
La notion de soumissionnaire renvoie à tout candidat qui participe à un appel à candidatures en
soumettant un acte d’engagement et les autres éléments constitutifs de son offre. Si tout
soumissionnaire est un candidat, tout candidat n’est pas un soumissionnaire. Pour qu’il soit
considéré comme tel, le candidat doit effectivement faire acte de candidature en déposant une
offre. Article 2 CMP : un soumissionnaire est un candidat, entrepreneur, fournisseur ou
prestataire ayant présenté une offre lors d’un appel à la concurrence.
31
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

III.L’attributaire
L’attributaire provisoire du marché
La notion d’attributaire provisoire du marché désigne tout soumissionnaire dont l’offre
a été choisie par la CEO et approuvée par la personne responsable du marché. Il reste attributaire
provisoire jusqu’à l’exercice du contrôle a priori du rapport d’analyses comparatives des offres
par l’organe de contrôle des MP ou la cellule de passation des marchés publics selon les cas,
l’expiration du délai de recours et l’approbation du marché.

L’attributaire définitif du marché ou cocontractant ou titulaire


La notion d’attributaire définitif du marché désigne l’attributaire dont l’attribution a bénéficié
d’un avis de non-objection de l’organe du contrôle a priori, d’une part, et qui ne peut plus faire
l’objet de contestation en raison de l’expiration du délai de recours d’autre part. Il en devient le
titulaire après les formalités de signature.

L’article 2 du Code des Marchés Publics énonce que le titulaire est la personne physique ou
morale, en charge de l’exécution d’un marché public après son approbation.

Personne Morale de Droit privé


Les titulaires du marché sont principalement les opérateurs économiques privés, càd
les entrepreneurs, les fournisseurs et les prestataires de services en capacité de réaliser
des travaux et/ou ouvrages ou de fournir des produits ou des services sur le marché,
dans les conditions d’une véritable organisation économique autrement dit, dans un
marché concurrentiel. Si tel n’est pas le cas, le contrat qui lie l’opérateur économique
et l’opérateur économique n’est pas un marché public.

Personne Morale de Droit public


Le Code des marchés publics énonce clairement que les Personnes Morale de Droit
public peuvent candidater et être titulaires d’un marché public. Cela implique que ces
personnes doivent avoir la personnalité juridique et l’autonomie financière et gérées
selon les règles de comptabilité privée et ne sont sous la tutelle du Maître d’Ouvrage
ou Maître d’Ouvrage Délégué.

32
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Partie 2 : Passation, exécution et sanctions des


marchés publics
Gabon MAPS – Rapport Évaluation révisé– Août 2022, p.13

33
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Chapitre 3 : Les exigences préalables à la passation des marchés


publics

La préparation des marchés publics est une phase essentielle de la gestion de ce contrat public.
Il s’agit d’une phase au cours de laquelle l’AC prend le soin de réunir avant le lancement de la
procédure de passation, tous les éléments qui peuvent concourir à la bonne satisfaction de la
commande publique. Elle consiste à la détermination des besoins à leur préparation, à leur
évaluation, à la définition des critères d’attribution et de choix de procédures.

Art.50 alinéa 1 : Tout projet de marché de travaux fait l’objet d’une étude préalable dont
les termes de référence sont élaborés par la PRM. Cette étude est réalisée par les
services compétents de l’Autorité Contractante ou, le cas échéant, par un cabinet ou
bureau d’études agréé.

Section 1 : L’obligation de détermination du besoin

[Link] détermination de la nature et de l’étendue du besoin


Selon l’article 50 al2 du code des marchés publics, la nature et l’étendue des besoins
sont déterminées avec précision par l’Autorité Contractante avant tout appel à la
concurrence ou toute procédure de négociation par entente directe.

Il ressort de cette disposition que la définition des besoins n’est pas un exercice laissé
au hasard aux Autorités Contractantes. Elle doit permettre de définir de la manière la
plus fine possible les caractéristiques du besoin à satisfaire. La bonne définition des
besoins n’est pas une simple exigence juridique car la réussite du marché en dépend.

Dans un souci de garantir l’efficacité de l’achat public, il a été souligné que la


définition des besoins doit être précise et que les Autorités Contractantes doivent, s’il
le faut, se référer à des spécifications techniques

A. La précision dans la détermination du besoin


Le souci de précision exprimé par le Code des marchés publics concerne aussi bien la
nature que l’étendue du besoin. Si, pour la nature du besoin, il ne se pose pas de
difficultés particulières car il suffit de préciser le type de fourniture, le type de service
et le type de travail à effectuer, tel n’est pas le cas de leur étendue.
Sur ce point, les personnes publiques doivent prendre en compte, non seulement, les
besoins relatifs à leur propre fonctionnement et investissement mais aussi ceux des
services qui leur sont rattachés. C’est à ce niveau que la vigilance doit être de mise.

Les Autorités Contractantes doivent exprimer des besoins réels, la quantité nécessaire
et éviter tout gaspillage à travers la définition des besoins inutiles pour le service ou
34
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

des faux besoins. C’est pourquoi, en France, la réflexion sur le besoin fait l’objet d’un
contrôle par le Juge. C’est ainsi que dans une espèce, la sous-estimation des quantités
du marché a pu être considérée comme un manquement à la définition des besoins (CE
29 Juillet 1998, Commune de Léognan).

B. Les raisons d’une précision dans la définition du besoin


Les approximations dans la définition de la nature et de l’étendue des besoins sont
potentiellement une source de dérapages financiers, d’irrégularités dans l’attribution du marché
et d’échec dans son exécution. En effet, à bien des égards, c’est le besoin exprimé qui définit,
d’une part, l’objet du marché et le périmètre de la mise en concurrence et, d’autre part, le choix
de la procédure de passation du marché.

En outre, des approximations dans cette étape de définition des besoins peuvent expliquer
l’infructuosité de la procédure d’attribution. En effet, en raison de ces insuffisances, l’AC peut
être en décalage avec les réalités du marché. En conséquence, les opérateurs économiques
peuvent s’abstenir de répondre à l’appel à candidatures ou lorsqu’ils y répondent effectivement,
leurs offres peuvent ne pas être conformes au cahier des charges parce que celui-ci n’est pas
réaliste ou comporte des exigences qui ne peuvent être satisfaites. Elles peuvent être sources de
difficultés dans l’exécution du marché car ces approximations appellent la conclusion
d’avenants qui risquent, le cas échéant, de modifier l’objet du marché ou d’en bouleverser
l’équilibre.

C. La précisions dans spécifications techniques


L’AC avec l’aide de ses services techniques doit définir ses besoins objet du marché en recourant
à des spécifications précises. Lorsque les services techniques de l’Autorité Contractante ne sont
pas en capacité de définir avec précision les besoins à satisfaire, elle peut solliciter des personnes
compétentes en la matière, il peut s’agit d’un cabinet d’études, d’expert.

Pour satisfaire à l’obligation de détermination du besoin par les spécificités techniques, les
Autorités Contractantes peuvent le faire en se référant aux normes ou à une définition partielle.
Cette exigence de définition en se référant aux normes est posée à l’art.78 du CMP‐ Les
travaux, fournitures et prestations de services qui font l’objet d’un marché public sont
définis par référence aux normes, agréments techniques ou spécifications nationales,
ou à défaut, par référence à des normes ou agréments techniques ou spécifications
régionales ou internationales.

Ces spécifications sont des prescriptions techniques, qui décrivent les caractéristiques
d’une fourniture, d’un ouvrage ou d’un service. Elles sont choisies en fonction de
l’objet du marché et de l’utilisation qui en sera faite. C’est pourquoi, il est reconnu une
certaine liberté aux Autorités Contractantes à cet effet. Toutefois, ces spécifications ou
normes techniques ne doivent pas porter atteinte à la libre concurrence et à l’égalité de
traitement des candidats. En conséquence, elles ne doivent pas mentionner une marque,
un brevet ou un type qui auraient pour objet ou pour effet de favoriser ou d’écarter
35
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

certains produits ou productions et de rompre, par-là, la libre concurrence et l’égalité


d’accès à la commande publique.

Il ne peut être dérogé à ces règles que dans les cas où :


• les normes, agréments techniques, spécifications techniques nationaux, régionaux ou
internationaux, ne contiennent aucune disposition concernant l’établissement de
la conformité ou s’il n’existe pas de moyens techniques permettant d’établir, de
façon satisfaisante, la conformité d’un produit à ces normes, agréments
techniques ou spécifications techniques ;
• les normes, agréments techniques ou spécifications techniques nationaux, régionaux
ou internationaux, imposent l’utilisation de produits ou de matériaux
incompatibles avec des installations déjà utilisées par l’Autorité Contractante ou
entraînent des coûts disproportionnés ou des difficultés techniques
disproportionnées. Ils sont uniquement utilisés dans le cadre d’une stratégie
clairement définie et consignée en vue d’un passage, dans un délai déterminé, à
des normes, agréments techniques ou spécifications techniques nationaux,
régionaux ou internationaux ;
• le projet concerné constitue une véritable innovation pour laquelle le recours à
des normes, agréments techniques ou spécifications techniques nationaux, régionaux ou
internationaux existants serait inapproprié.

D. La détermination du besoin en concertation avec les candidats au marché


Les Autorités Contractantes peuvent choisir de se concerter avec les potentiels
partenaires afin de préciser leur besoin. En effet, avec l’expertise et l’expérience des
opérateurs économiques ces derniers peuvent effectivement aider l’administration à
préciser ses intentions d’achats. Dans ce cas, l’Autorité Contractante peut recourir au
dialogue compétitif, aux prestations supplémentaires ou à l’utilisation des variantes
(prestations prévues au marché de base mais dont les quantités ont évolué).

L’article 2 CMP nous indique que le dialogue compétitif est : procédure dans laquelle
l’autorité contractante dialogue avec les candidats admis à participer à la procédure en
vue de définir ou développer les solutions de nature à répondre à ses besoins et sur la
base desquelles ces candidats sont invités à remettre une offre.

Cette procédure donne au pouvoir adjudicateur l’occasion d’échanger avec les


candidats afin de lui permettre de préciser le besoin. C’est en réalité une possibilité
pour l’Autorité Contractante de comparer les solutions techniques ou financières, ou
juridiques offertes et de choisir celles qui peuvent permettre d’obtenir des ouvrages ou
fournitures ou services de qualité, en favorisant celles qui ont un caractère innovant.

Le recours à la procédure de dialogue compétitif est possible lorsqu’un marché public


est considéré comme complexe (art.63 CMP), c’est‐à‐dire lorsque l’une au moins des
conditions suivantes est remplie :
• le pouvoir adjudicateur n’est objectivement pas en mesure de définir seul et à
36
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

l’avance les moyens techniques pouvant répondre à ses besoins ;


• le pouvoir adjudicateur n’est objectivement pas en mesure d’établir le montage
juridique ou financier d’un projet.

Dans ce cas, l’Autorité Contractante définit ses besoins et ses exigences dans l’avis
de marché et, le cas échéant, dans un programme fonctionnel ou un projet
partiellement défini. Les modalités du dialogue, les critères d’attribution et un
calendrier indicatif y sont également précisés.

[Link] définition financière du besoin


La détermination financière des marchés publics se fait au moment de l’établissement du plan
de passation des marchés publics. Cela signifie que les AC doivent déterminer le montant
estimé du marché et s’assurer de l’existence de crédits budgétaires suffisants pour l’exécution
du marché avant de s’engager dans le processus de lancement des MP.

A. La détermination du montant des marchés publics


Après l’évaluation des besoins, les services compétents de l’Autorité Contractante vérifient si les
montants obtenus atteignent ou non le seuil qui justifie le recours à telle ou telle procédure
prévue par le Code des marchés publics. La détermination du montant du marché est une étape
importante au même titre que la détermination des besoins. En effet, elle permet non seulement
d’établir l’adéquation entre les besoins à satisfaire et le financement nécessaire pour les
satisfaire mais aussi de déclencher la procédure de passation. Cette étape de détermination
financière des besoins permet aux AC d’être en conformité avec les règles de passation des
marchés publics en ce qui concerne le respect des seuils de passation.

Le seuil peut être entendu comme la valeur monétaire exprimée en Franc CFA à partir de
laquelle, il est obligatoire de soumettre la passation d’un marché à la procédure que ce seuil
détermine, ou en dessous de laquelle, ladite procédure n’est pas obligatoire (Voir, Cyrille
EMERY, passer un marché public : Principes, procédures, contentieux, DELMAS, p. 149).
De ce fait, l’application des procédures formalisées ne devient obligatoire que lorsque le
montant du marché envisagé atteint un certain seuil prévu. Il est, très souvent, rappelé que plus
les sommes engagées sont importantes plus les procédures à suivre sont rigoureuses.

On ne définit jamais les besoins en fonction de la procédure que l’on souhaite suivre. C’est
plutôt aux besoins définis dans leur nature, leur étendue et leur montant d’imposer la procédure
à suivre. Partant de cette idée, l’on peut souligner que toute imprécision dans la définition et
l’évaluation des besoins est source potentielle d’irrégularité de la procédure d’attribution du
marché. En effet, c’est à travers cet exercice que l’on parviendra à déterminer le périmètre de
la mise en concurrence et donc de la transparence de la procédure de passation du marché
concerné.

37
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

En somme, la détermination du montant prévisionnel du marché conditionne à la fois le choix


de la procédure de passation et sa régularité.

Ces seuils sont fixés par l’article 2 de l’arrêté n°008.24MEP du 23 février 2024 fixant les
seuils de passation obligatoire des marchés publics, il s’agit :
État, les EP, Organisme CL, établissements,
Objet marché créée par l’[Link] privé Organisme créé par elle,
PM privé
Marché de travaux 50 000 000 FCFA 30 000 000 FCFA
Marché de Fournitures 35 000 000 FCFA 20 000 000 FCFA
Marché de services ou PI 25 000 000 FCFA 15 000 000 FCFA

B. La détermination allotie des besoins ou non-allotie

Avant le lancement de toute procédure de passation d’un marché public, les travaux,
fournitures, services ou prestations intellectuelles peuvent être répartis en lots pouvant donner
lieu chacun à un marché distinct, lorsque cet allotissement est susceptible de présenter des
avantages financiers ou techniques, ou de promouvoir l’entrepreneuriat national ([Link]).

L’allotissement est une technique qui permet de scinder le marché, en fonction de son montant,
en petits marchés (lots) et pour l’attribution de chaque lot, c’est la procédure applicable au
marché global qui est mise en œuvre. En effet, chaque lot est considéré comme un marché à
part entière, ce qui signifie que dans une même procédure, chaque lot donne lieu à la passation
d’un marché distinct et donc, à la signature d’un contrat distinct avec l’entrepreneur, le
prestataire ou le fournisseur qui a remporté le lot. Ce dernier constitue le niveau auquel les
soumissionnaires s’engagent.

L’allotissement ne doit pas être confondu avec le fractionnement. Alors que celui-ci constitue
une fraude, l’allotissement se présente comme un moyen efficace d’élargir la concurrence en
mettant de manière objective le marché à la portée d’un grand nombre d’entreprises, petites ou
grandes (les exigences et conditions sont proportionnelles à l’importance et au montant du
marché).

Sur un marché alloti, peuvent faire acte de candidature à la fois les entreprises capables de
réaliser tout le marché (soumissionner pour tous les lots) et celles qui ne pourraient exécuter
que le lot sur lequel elles se portent candidates.
L’intérêt de l’allotissement est sans doute, de susciter le plus grand nombre d’offres pour
chaque lot.

En outre, la dévolution, par lot, est indépendante du montant du marché car l’allotissement n’a
aucun effet sur le choix de la procédure. Il convient d’additionner le montant de l’ensemble des
38
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

lots pour obtenir le montant estimé du marché à comparer aux seuils de procédure. C’est en cela
que l’allotissement se distingue fondamentalement du fractionnement qui vise à soustraire le
marché à l’application des procédures contraignantes.

C. La garantie de la disponibilité des crédits budgétaires


Le lancement d’un marché public suppose la disponibilité des crédits budgétaires et suffisants
au financement dudit marché. Les Autorité Contractante doivent être en mesure de les garantir.
Il ne suffit pas d’affecter un montant à chaque projet dans le plan de passation des marchés
publics pour garantir la disponibilité des crédits budgétaires. Il faut que les crédits soient prévus
par la loi des finances et rendus disponible dans le compte de l’Autorité Contractante.

Le Code des marchés publics est particulièrement exigent sur la preuve de la disponibilité des
crédits budgétaires avec l’article 51 al2 CMP qui dispose que l’autorité Contractante est
tenue de s’assurer de la mise en place et de la disponibilité du financement avant le
lancement de la procédure, conformément à son plan annuel de passation des marchés.

Le code recommande que cette preuve soit fournie aux cocontractants avant le lancement de la
procédure. L’Autorité Contractante doit obtenir les autorisations préalables auxquelles la
conclusion du marché est soumise. Conformément à l’article 49 du Code, à peine de nullité,
l’autorisation préalable de l’administration centrale en charge des marchés publics ou de ses
démembrements est requise pour l’ouverture de la procédure de passation d’un marché public.

Lorsque l’intégralité du financement ne peut être mobilisé au cours d’un seul exercice
budgétaire et que les prestations peuvent être réparties en phases étalées sur plusieurs années,
tranches, la Personne responsable de marché doit en accord avec le ministre en charge de
l’investissement ou les organes délibérants pour les Collectivités Locales prévoir une
programmation des dépenses liée à chaque exercice.

Par principe, le financement des marché publics est principalement réalisé sur les fonds publics.
Parfois, les fonds peuvent provenir d’une source extérieure dans le cadre de la coopération
bilatérale ou multilatérale, dans la mesure où il n’est pas contraire aux dispositions des accords
de financements internationaux ou à la règlementation nationale (art.3 CMP).

Section 2 : L’obligation de planification des marchés publics


Les Autorités Contractantes établissent un Plan de Passation des Marchés comprenant
l’ensemble des marchés publics suivant un modèle-type fixé par l’ARMP.

L’idée est de planifier l’action administrative afin d’éviter le pilotage à vue car gouverner, c’est
prévoir. Il s’inscrit dans le cadre général de planification et de programmation des interventions
de la puissance publique.

39
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Dans son rapport annuel pour l’année 2022, l’ARMP énonce qu’en ce qui concerne les
opérations de planification, 654 marchés ont été planifiés à travers124 PPM, effectivement
transmis pour approbation à la DGMP, pour un montant total de 170 614 359 008 FCFA.
Les données prévisionnelles sur la planification des marchés par mode de passation, en volume
et en valeur se trouvent ainsi consignées dans le tableau 1 et illustrées par le graphique 1 ainsi
qu’il suit :

Tableau 1 : synthèse de la planification des marchés par mode de passation,


en volume et en valeur
Données Prévisionnelles sur la planification
Mode de passation Prévus % Montant %
Appels d’Offres Ouverts (AOO) 382 58,41 112 160 607 596 65,74
Appels d’Offres Restreint (AOR) 185 28,29 35 322 318 440 20,70
Entente Direct (ED) 87 13,30 23 131 432 972 13,56
Total 654 100 170 614 359 008 100
Source : DGMP /ARMP, Décembre 2022

Tableau 28 : Écarts entre prévisions et passation des marchés

Données Prévisionnelles sur la Données sur la passation


Ecarts entre planification et
planification (annuelle) annuelle
passation
Marchés restants à Montant restant à
Mode de Prévus Montant Marchés passés Montant
passer consommer
passation / ou passés à l’excès / ou consommé à l’excès
Appels d’Offres Ouvert 382 [Link] 64 [Link] 318 [Link]
(AOO)
Appels d’Offres
185 [Link] 67 [Link] 118 [Link]
Restreint (AOR)
Entente Direct (ED) 87 [Link] 129 [Link] + 42 + [Link]

Total 654 [Link] 260 215 570 736 349 394 + [Link]
8
Source : ARMP, Janvier 2023

Le tableau 28 ci-dessus met en évidence que c’est au total 42 marchés d’une valeur de
[Link] qui ont été passés au- delà des prévisions des marchés par entente directe.
Toute chose ayant conduit à une dépense excessive de près de quarante-cinq
(45) milliards de francs CFA.

I. Le Plan de passation des marchés publics


La planification des marchés est le corollaire de l’obligation de préparer le marché qui s’est
traduite par la mise en place du plan de passation des marchés publics. Ce plan résulte d’un
constat fait par les autorités : le manque de préparation des marchés lors de l’exercice
40
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

budgétaire qui entraine en fin d’année un recours important à la procédure d’entente directe
(c'est-à-dire sans mise en concurrence) pour la passation des marchés afin d’éviter la non-
consommation de crédits.

Au Gabon par exemple, la forte augmentation du budget d’investissement (qui est passé de 200
milliards environ dans les années antérieures contre près de 900 milliards en 201033) et le faible
taux d’exécution du budget d’investissement qui s’est traduit entre autres par une recrudescence
des pertes de crédits a incité les autorités à recourir à cet outil de planification. Au regard de
telles pertes significatives, les États jugeaient indispensable de mettre en place un outil destiné
à planifier la passation des marchés publics et partant la performance de la dépense publique.

Bien que son rôle premier soit la protection des deniers publics dans leur utilisation à bon
escient, le plan de passation des marchés publics reste un outil important dans la planification
des marchés et surtout dans l’intégration des préoccupations liées à la protection de
l’environnement. En effet, c’est un tableau34 synoptique de l’ensemble des marchés que propose
de passer un acheteur public au cours d’une année, en tenant compte du montant des crédits qui
lui sont allouées par le budget de l’État, des besoins à satisfaire et des services. Le plan de
passation sert de « feuille de route et de directives », en orientant l’acheteur. Cette planification
n’est pas une faculté offerte aux acheteurs publics mais une obligation, en témoignent les
dispositions des codes des marchés publics : au Gabon, les autorités contractantes sont tenues
d’élaborer les plans prévisionnels annuels de passation des marchés sur le fondement de leur
programme d’activités (art.46). L’utilisation de cet outil ne va pas seulement servir aux
acheteurs publics, il va également permettre aux administrations compétentes et aux autorités
régulatrices des marchés publics de mieux exercer leur rôle de pilotage.

Considérant l’article 46, il existe plusieurs plans de passations :

Les plans simplifiés doivent faire ressortir le degré de maturité des activités proposées pour
l’exécution de l’exercice budgétaire suivant, avec un calendrier des décaissements pouvant
s’étaler sur deux ou trois années pour les programmes exécutés sur plusieurs années.

Les plans détaillés, dûment approuvés par les organes compétents, doivent être cohérents avec
les crédits qui leurs sont alloués. Ils doivent être communiqués, au plus tard deux semaines
après la publication de la loi de finances de l’année, à l’administration centrale en charge des
marchés publics qui en assure la publicité.

L’administration centrale en charge des marchés publics dispose d’un délai de dix jours
ouvrables pour donner son avis. En l’absence d’une réponse dans ce délai, le plan est
considéré comme étant approuvé et l’Autorité Contractante est habilitée à le mettre en œuvre.

33
Au Gabon en 2009.
34
Mis en place en mars 2010 au Gabon notamment.
41
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

A. Élaboration et Contenu ?

C’est un document de planification. Un tableau synoptique qui comporte plusieurs colonnes.


Celles-ci comportent les références des marchés à passer, les réalisations envisagées, la source
de financement, le type de marché, le mode de passation et les différentes étapes du processus
de passation et d’exécution d’un marché ainsi que le montant prévisionnel (dans la pratique ce
montant est toujours masqué).

La structure du plan de passation est faite de manière à rendre claire les prévisions des acheteurs
publics. En effet, il contient des notes justificatives, des procédures choisies pour passer les
marchés envisagés et les budgets disponibles. La compréhension de l’utilité de cet outil impose
d’en faire sa présentation. Le tableau comprend plusieurs parties dont trois principales. La
première est relative à la désignation c'est-à-dire l’objet. La seconde porte sur l’identification
du marché : le code du maitre d’ouvrage, le budget de l’administration dans lequel sera imputée
la dépense, le mode de passation (appel d’offres ouvert ou restreint consultation des
fournisseurs et entente directe), le numéro de l’appel à la concurrence, la situation de
l’exécution physique du marché, la personne morale responsable du suivi du projet

B. Exécution ?
Souplesse : l’inscription d’un marché n’implique pas obligation de le passer. Il s’agit d’une
intention de passer le marché le moment venu. Il peut être révisé pour ajouter des nouveaux
marchés ou supprimer des marchés déjà inscrits ou modifier la consistance des marchés inscrits.

Rigueur : Tout marché passé sans avoir été au préalable inscrit au plan est nul. En outre,
l’autorité en cause est passible des poursuites devant la chambre de discipline
financière pour faute de gestion.

Art.47 CMP.‐ Les plans de passation des marchés ne peuvent être modifiés qu’en cas :
- d’adoption d’une loi de finances rectificative ;
- de réorientation d’un projet ;
- de changement dans l’évaluation résultant des études détaillées ;
- de changement des dates de lancement de la procédure.
Dans tous les cas, les projets de modifications non motivés soumis à l’administration
centrale en charge des marchés publics sont irrecevables.

II. Les objectifs visés par l’établissement des PPM


La planification vise à éviter les solutions de dernière minute. En effet, très souvent, c’est
l’absence de planification qui pousse les Autorités Contractantes à choisir les solutions de
dernière minute et à passer les marchés dans la précipitation au détriment de l’utilisation
rationnelle des ressources publiques. En pratique, il a été relevé que les directions
administratives et financières ne font pas régulièrement élaborer, au début de l’année, un plan
de passation des marchés.

42
Droit des marchés publics 2025-2026
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Dans le meilleur des cas, ces plans ne font pas l’objet d’un suivi régulier. Il y a alors un “pilotage
à vue“ qui a parfois pour conséquence, la non-utilisation d’une bonne partie des crédits qui leur
sont alloués par le budget de l’État. C’est pour y mettre fin qu’il a été rendu obligatoire.

Les avantages et les conséquences du plan de passation dans la protection des deniers publics
sont nombreux. La planification ainsi faite des marchés donne une « identification des actions
à mener chronologiquement » et permet de faire face à la contrainte des délais exigés par chaque
procédure. En effet, avec ce plan, l’acheteur public pourra mieux programmer les délais de
passation et d’exécution des marchés, et ainsi éviter de recourir en urgence à la procédure
d’ « entente directe »35 injustifiée, à la réduction des pertes de crédits liées à la clôture
budgétaire.

Ce plan est voulu dans le but de promouvoir la réalisation concrète des projets de
développement36 dans lesquels ces États se sont lancés. Tels que conçus, les plans de passation
de marché publics ne permettent pas aux acteurs publics de faire apparaitre l’intégration des
considérations environnementale. Même à la lecture de l’avis d’approbation37 du plan, aucune
référence aux questions environnementales n’apparaît.

La planification s’inscrit, aussi, dans le cadre du respect des principes de transparence, de libre
concurrence et d’égalité de traitement des candidats. En effet, à travers la publication de ce
document, tous les opérateurs économiques sont informés sur les opportunités d’affaires. Ils
pourront, dès lors, se préparer en conséquence.

En tant que tableau de bord de chaque autorité contractante, ce document facilite le contrôle et
l’audit des marchés publics passés au titre d’un exercice budgétaire.

Tableau 16 : Administrations ayant transmis un PPM, pour validation, à la DGMP

Exercices Nombre de PPM


2020 15
2021 76
2022 124

Source : DGMP/ARMP, Décembre 2022

35
Entente directe ou de gré à gré, désigne un marché public passé sans appels d’offres, après autorisation préalable
de l’autorité chargée des marchés publics (art.28 du code camerounais, art.52 du code gabonais).
36
Il s’agit du plan stratégique du Gabon émergent qui se décline en trois (03) piliers: Gabon Vert, Gabon des
Services et Gabon industrie
37
Les Maîtres d’ouvrage transmettent leur programmation de dépenses aux autorités de contrôle des marchés
publics qui doivent donner un avis favorable ou non au dossier soumis.
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Chapitre 4 : Les différents modes de passation des marchés publics

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Droit des marchés publics 2025-2026
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Le mode de passation ou procédure de passation du marché public est un ensemble de règles et


de formes à observer dans le cadre de la désignation du partenaire contractuel. Son choix est
considéré comme une étape fondamentale de l’acte contractuel et suscite une attention
particulière. Il fait l’objet d’un encadrement strict et détaillé qui limite le principe général de la
liberté contractuelle des personnes publiques.

La passation des marchés publics obéit à des règles dites générales et des règles
complémentaires, les règles générales de passation et les règles d’intégrité (prohibition de la
corruption et infraction assimilée et la prohibition des pratiques anticoncurrentielles).

Le Code des marchés publics prévoit une grande diversité de procédures de passation et en fixe
les cas de recours. En droit sénégalais, ces procédures ou modes sont classés en trois grandes
catégories. Il s’agit du mode de droit commun, des modes dérogatoires et des modes dits
spécifiques ou simplifiés.

Le choix de l’un de ces modes se fait tantôt en fonction du montant prévisionnel du marché
tantôt de son objet tantôt des circonstances de sa passation.

Section 1 : L’appel d’offres comme mode de principe de passation des


marchés publics
Comme le souligne le Code des marchés publics en son article 56 les marchés publics sont
passés en principe par appel d’offres et exceptionnellement par entente directe encore appelée
gré à gré.

I. Les avantages liés à la procédure d’appel d’offres


Il s’agit de la procédure la plus respectueuse des principes fondamentaux. En effet, jugé
trop rigide, le formalisme imposé dans le cadre de cette procédure apporte, toutefois, des
éléments de garantie d’une saine utilisation des deniers publics et d’un parfait respect, eu égard
aux sommes en jeu, des grands principes de la commande publique.

Une procédure transparente : la publicité constitue la première étape d’un appel d’offre
ouvert. Elle est particulièrement importante dans la mesure où elle fige le reste de la procédure
en fixant le contenu mais également les éléments de la mise en concurrence, en établissant, par
exemple, les critères d’analyses des candidatures et des offres. L’Autorité Contractante doit être
particulièrement vigilante lors de cette étape qu’elle ne pourra plus modifier par la suite, sauf à
faire courir de nouveaux délais. Tous les critères sont connus des candidats à l’avance.

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Droit des marchés publics 2025-2026
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Une procédure ouverte : tout candidat qui n’est pas exclu par lest textes peut remettre une offre.
Elle obéit à la logique de la libre concurrence et à l’égalité de traitement des candidats. L’autorité
ne détermine pas, à l’avance, les candidats autorisés à participer à la procédure.
Une procédure respectueuse des délais

II. Les différents types d’appels d’offres


Articles 57 à 67 du CMP.

L’appel d’offres peut être ouvert, restreint ou revêtir la forme d’un concours.

A. L’appel d’offres ouvert (AOO)


L’appel d’offres est dit ouvert lorsque tout candidat qui n’est pas exclu de la commande
publique, peut soumettre une offre.

L’appel d’offres ouvert précédé de préqualification

Art.59.‐ L’appel d’offres ouvert peut être précédé de préqualification dans le cas des
grands travaux, d’équipements complexes ou de services spécialisés.

L’avis de préqualification est publié dans les mêmes conditions que l’avis d’appel d’offres
ouvert.

Le dossier de préqualification contient notamment les informations suivantes :


- la date et le lieu de dépôt des propositions ;
- les renseignements relatifs aux travaux, fournitures, ou prestations qui font l’objet
de la préqualification ;
- une description précise des conditions à remplir pour être pré‐qualifié ;
- les délais au terme desquels les résultats de préqualification seront connus des
candidats ;
- les délais de validité de la préqualification.

L’examen de la qualification des candidats s’effectue exclusivement en fonction de leur


aptitude à exécuter le marché de façon satisfaisante et selon les critères suivants :
- la qualification technique, y compris l’agrément de commerce conforme à l’objet
du marché ;
- les qualifications d’ordre financier ;
- les références concernant des marchés analogues déjà exécutés par le candidat ;
- les moyens en personnel qualifié ;
- les installations et matériels dont les candidats disposent pour exécuter le marché.

Le rapport de préqualification établi par la CEO est transmis à la PRM, accompagné du


projet de dossier d’appel d’offres comprenant la proposition de liste restreinte des candidats
pré‐qualifiés.
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Il est précisé que seuls les candidats qui satisfont aux critères de qualification sont invités
à remettre une offre.

L’appel d’offres en deux étapes


Il est prévu deux cas dans lesquels, il est permis de passer un marché selon cette procédure
- Cas d’un marché d’une grande complexité ;
- Lorsque la PRM souhaite faire ses choix sur la base de critères de performance et non
de spécifications techniques.

Art.61.‐ L’appel d’offres ouvert est dit en deux étapes lorsque les soumissionnaires sont
d’abord invités à remettre des propositions techniques, sans indication de prix, sur la
base des principes généraux de conception ou de normes de performance et sous
réserve de précisions et d’ajustements ultérieurs d’ordre technique ou financier,
intervenant dans le cadre de discussions menées avec l’Autorité Contractante.

A la suite de l’évaluation par la CEO au titre de la première étape, les soumissionnaires


qui satisfont au minimum acceptable des critères de qualification et qui ont soumis une
offre techniquement conforme sont invités à participer à une seconde étape. Au cours de celle‐
ci, les candidats retenus présentent des propositions techniques définitives assorties de
prix, sur la base du dossier d’appel d’offres qui peut être complété ou amendé avant le
lancement de la deuxième étape.

Procédure
- La décision motivée de recourir à l’AOO en deux étapes doit être soumise à l’avis
préalable de la DGMP ;
- Si l’avis est favorable, l’AC invite les candidats à remettre des propositions
techniques sans indication des prix ;
- A la fin de cette étape, si l’AC a pu identifier la ou les solutions susceptibles de
répondre à ses besoins, elle informe les candidats de la fin de cette 1ère étape ;
- Elle demande aux candidats de présenter des propositions techniques définitives
assorties de prix ;
- Pour la suite, il n’y a pas de différence avec l’AOO directe (réunion de la
commission, ouverture des plis et examen des candidatures et des offres).

B. L’appel d’offres avec concours

Un appel d’offres avec concours peut être organisé sur la base d’un programme établi par
l’acheteur public, lorsque des motifs d’ordre technique, esthétique ou financier justifient
des recherches particulières ou nécessitent une spécialisation particulière de la part des
participants.

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Droit des marchés publics 2025-2026
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Le concours peut porter uniquement sur la conception, ou sur la conception suivie de la


réalisation du projet. Dans ce dernier cas, il peut aussi être fait appel à l’appel d’offres en
deux étapes.

L’avis de concours doit être conforme aux dispositions relatives à la publicité des appels
d’offres.

Le concours peut être ouvert ou restreint et peut donner lieu au versement de primes
aux meilleures propositions.

C. L’appel d’offres restreint (AOR)


L’appel d’offres est dit restreint lorsque seuls peuvent remettre des offres les candidats que la
PRM a décidé de consulter.

C’est une procédure qui permet à la PRM de sélectionner les entreprises avant de remettre en
concurrence, les seules entreprises ainsi choisies à l’avance. Il y a une mise en concurrence
minimale entre des candidats déterminés à l’avance il est parfois classé parmi les procédures
dérogatoires.

L’appel d’offres est restreint lorsque seuls les candidats spécialisés que l’Autorité
Contractante a présélectionnés peuvent remettre des offres. Il est ensuite procédé
comme en matière d’appel d’offres ouvert (Art.64 du CMP).

Il ne peut être recouru à la procédure d’appel d’offres restreint que lorsque,


exclusivement, les biens, les fournitures, les travaux ou les services, de par leur nature
spécialisée, ne sont disponibles qu’auprès d’un nombre limité de fournisseurs,
d’entrepreneurs ou de prestataires de services.

Dans ce cas, tous les candidats qui ont la compétence et les qualifications requises doivent
être invités.

- Le premier acte de procédure est la sollicitation l’avis de la DGMP ;


- Lorsque l’avis est favorable, l’Autorité Contractante doit mettre en concurrence un
nombre de candidats
- permettant d’assurer une concurrence réelle ; ce nombre ne peut être inférieur à trois ;
- A ces trois candidats choisis, l’Autorité Contractante doit envoyer des lettres
d’invitation à présenter une offre ; les lettres sont accompagnées du dossier d’appel à la
concurrence et des documents complémentaires. Elle doit enfin leur indiquer le délai de
réponse ;
- A l’expiration de ce délai, les offres sont ouvertes, évaluées et le marché est attribué au
candidat qui a déposé l’offre conforme la moins disante.

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Droit des marchés publics 2025-2026
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Section 2 : Les autres procédures de passation


Articles de référence du code des marchés publics : 68 à 72 CMP.
I. L’entente directe

Un marché est conclu par entente directe ou de gré à gré lorsqu’il est passé sans appel
d’offres, après autorisation préalable de l’administration centrale en charge des marchés
publics. La demande d’autorisation de recourir à cette procédure doit exposer les motifs
la justifiant (article 68 CMP).

Très suspectée et décriée, l’entente directe (ED) a toujours été considérée comme un mode de
passation des marchés publics contenant des germes de corruption ou à tout le moins, s’opposant
à l’atteinte des objectifs de transparence et de libre concurrence.

Il y a Entente Directe lorsque l’Autorité Contractante engage directement les discussions


avec un ou plusieurs opérateurs économiques et attribue le marché au candidat qu’elle a retenu.
Entente directe et autorisation préalable

Tableau 25 : Classement des marchés passés par entente directe par administration

Premier Semestre Deuxième Semestre Passation Annuelle


% %
Nb Montant Nb Montant Nb Montant (volume) (valeur)

Ententes
45 73 503 122 571 84 105 747 700 054 129 179 250 822 625 49,62 83,15
directes

Source : ARMP, Janvier 2023

A. Le recours à l’entente directe et l’avis de la DGMP (l’adm centrale en charge des


MP)
L’administration centrale en charge des marchés publics s’assure que la demande de
recourir à l’entente directe remplit les conditions de fond et de forme requises.

Aux termes de l’article 70 du CMP, le marché ne peut être passé par entente directe que
dans l’un des cas limitatifs suivants :
- lorsqu’il s’agit de la continuation d’une opération ayant fait l’objet d’un appel
d’offres, et pour lequel il est reconnu qu’aucun avantage ne serait escompté d’un
nouvel appel d’offres ;
- lorsque les besoins ne peuvent être satisfaits que par une prestation nécessitant
l’emploi d’un brevet d’invention, d’une licence ou de droits exclusifs détenus par
un seul entrepreneur, un seul fournisseur ou un seul prestataire ;
- lorsque les marchés ne peuvent être confiés qu’à un prestataire déterminé pour
des raisons techniques et artistiques ;

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Droit des marchés publics 2025-2026
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- en cas de situation de péril avéré résultant de la défaillance manifeste de


l’entrepreneur, du fournisseur ou du prestataire ;
- en cas d’urgence impérieuse motivée par des circonstances imprévisibles ou des
cas de force majeure ne permettant pas de respecter des délais prévus dans les
procédures d’appels d’offres et nécessitant une intervention immédiate ;
- lorsque deux appels d’offres successifs sont déclarés infructueux. Dans ce cas,
la priorité est accordée aux soumissionnaires dont les offres techniques ont été
jugées conformes et qui ont remis les offres les plus avantageuses ;
- lorsque le secret défense l’exige ;
- lorsque les travaux, fournitures ou services ne sont réalisés qu’à titre de
recherche, d’essai ou de perfectionnement.

B. La passation du marché par entente directe

Les marchés publics passés par entente directe font l’objet d’une mise en concurrence
au moyen d’une demande de cotations visant à obtenir la vérité des prix du marché
auprès des candidats susceptibles d’exécuter le marché.

La demande de cotations consiste à comparer les propositions obtenues auprès d’au


moins trois prestataires, fournisseurs ou entrepreneurs.
L’invitation à soumettre les propositions comporte la description des éléments qui
doivent être inclus dans le prix.

La commande est attribuée au prestataire, fournisseur ou entrepreneur qui a offert le


prix le plus bas pour une prestation conforme sur le plan technique et dans les délais de
livraison indiqués dans la demande de cotations.

II. La limitation du recours excessif à l’entente directe

Il est possible de penser que cette procédure est contraire à la mise en concurrence, mais en
réalité, sa mise en œuvre nécessite d’abord l’accord préalable et formel de la DGMP.

De plus, cette procédure d’entente directe est en principe une procédure dérogatoire de l’AO et
doit être utilisée dans les cas susmentionnés ; mais un constat a été fait, nombreuses sont les
administrations qui recourent à ce mode de passation, d’aucuns ont considéré qu’il était
question d’échapper au formalisme de l’AO, d’autres ont estimé que l’utilisation de cette
procédure est conforme aux dispositions du code.

Pourtant les administrateurs de crédits qui recourent à cette procédure y trouvent des avantages
relatifs au gain de temps que l’AO ne permet pas de garantir en cas d’urgence. Lorsqu’on
regarde l’évolution de la pratique de cette procédure entre 2007 et 2009, on constate une nette
augmentation à tel point que les autorités notamment le gouvernement a affirmé son souhait de
limiter le taux de recours à cette procédure à 25% et renforcer les AO à 75% des MP. L’AO
étant la règle et l’entente directe l’exception.
50
Droit des marchés publics 2025-2026
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Évolution des marchés passés par appel d’offres et entente directe de 2005 à 2010.

Rapport annuel ARMP 2022, p62 -63.


Tableau 27 : Poids des ententes directes

En volume En valeur
Modes de passation
Nombre % Montant %

Appels d’offres (AOO et AOR) 131 50,4 36 319 913 724 16,8

Ententes directes 129 49,6 179 250 822 625 83,2

Totaux : 260 100 215 570 736 349 100

Source : ARMP, Janvier 2023

50%

50%

d'offres

Source : ARMP, Janvier 2023

En comparaison aux ententes directes, les appels à la concurrence


représentent le plus grand nombre des marchés passés en volume, 131 marchés
contre 129 ententes directes correspondant respectivement à 50,4% et 49,6%.
51
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Appels d'offres

Source : ARMP, Juillet 2022


La lecture du tableau 27 illustré par le graphique 15 B ci-dessus montre que les
marchés conclus par entente directe correspondent à [Link] FCFA, soit 83%
de la valeur totale des marchés passés contre 17% pour les appels d’offres dont le
montant cumulé (AOO et AOR) est estimé à [Link] FCFA.
En comparaison avec la planification initiale qui prévoyait la passation de
654 marchés à hauteur de 170 614 359 008 FCFA dont 382 en AOO, 185 en AOR
et 87 en ED, c’est finalement 260 marchés qui ont été effectivement passés répartis
comme suit : 131 en appel à la concurrence (64 en AOO et 67 en AOR) et 129 en
entente directe.
En effet, les PPM prévoyaient la passation de 87 marchés par entente directe
pour un montant estimé à 23.131.432.972FCFA. Or dans les faits, ce sont 129
marchés qui ont été passés pour un montant de [Link] FCFA. Toute chose
qui traduit un dépassement excessif des prévisions et qui a eu inéluctablement des
retombées sur l’exécution du budget.
Il importe néanmoins de relever que le fort taux des marchés passés par entente directe
(83%) reste imputable majoritairement au lancement de la phase II des travaux de réhabilitation
des voiries du Grand Libreville et leurs missions de contrôle portés par le Ministère en charge des
Travaux Publics, d’une part, et à la passation de marchés classés secret défense portés par le
Ministère de la Défense Nationale, d’autre part.

Du plafonnement des marchés par entente directe


Les marchés passés par entente directe au sein des départements ministériels, des
institutions constitutionnelles, des sociétés d’État, des établissements publics et des
collectivités locales au cours d’un exercice budgétaire, ne peuvent dépasser le seuil de
quinze pour cent en valeur du montant global de leurs marchés publics, sauf cas de force
majeure résultant d’un événement occasionnant une urgence nationale.
En cas de demande de passation de marchés par entente directe, formulée en vue du
dépassement du seuil des quinze pour cent, l’administration centrale en charge des
marchés publics sollicite un avis de l’autorité de régulation.

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Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Tout marché conclu par entente directe est communiqué pour information à l’autorité
de régulation des marchés publics.

Du contrôle des prix spécifiques


Tout marché passé par entente directe est soumis à un contrôle des prix spécifiques durant
son exécution.

Le marché passé par entente directe précise les obligations comptables et financières
auxquelles le titulaire du marché est soumis, notamment la production des documents ci‐
après :
- les bilans ;
- les comptes de résultats ;
- les comptes d’exploitation ;
- tout autre document de nature à permettre l’établissement des coûts de revient.

III. Les règles spécifiques aux marchés de prestations intellectuelles

Art.137.‐ Les marchés de prestations intellectuelles donnent lieu à une pré‐sélection des
candidats admis à présenter une offre. Ils sont attribués après mise en concurrence des
candidats présélectionnés dans les conditions définies ci‐après.

La liste des candidats présélectionnés est arrêtée à la suite d’un appel à manifestation
d’intérêt, en abrégé AMI, publié dans les conditions et délais définis par le présent Code.
Les candidats sont sélectionnés par la CEO sur la base des critères indiqués dans l’avis à
manifestation d’intérêt.

Le marché est attribué, après mise en concurrence, sur la base d’une liste restreinte des
candidats pré‐qualifiés retenus en raison de leur aptitude à exécuter les prestations.

La procédure de sélection comprend les étapes suivantes :


- la rédaction des termes de référence ;
- l’estimation des coûts ;
- l’établissement du budget et des critères de sélection sur la liste restreinte ;
- la publicité ;
- l’établissement de la liste restreinte de consultants ;
- la préparation et l’émission de la Demande de Proposition, en abrégé DP, qui doit
inclure : la lettre d’invitation, les Instructions aux Consultants, en abrégé IC, les
termes de référence et le projet de marché proposé ;
- la réception des propositions ;
- l’évaluation des propositions techniques : prise en compte de la qualité ;
- l’ouverture publique des propositions financières ;
- l’évaluation des propositions financières ;

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Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

- l’évaluation finale consolidée de la qualité et du coût ;


- la négociation et l’attribution du marché au consultant retenu.

Section 3 : les documents de préparation des procédures de passation


Les documents que confectionnent les Autorités Contractantes en vue de préparer la passation
des MP sont rassemblés dans un dossier unique appelé Dossier d’Appel Offres (DAO), parfois
il est appelé dossier de consultation des entreprises (DCE) ou de dossier d’appel à la
concurrence.

Le Code des marchés publics conditionne le lancement de la procédure d’AO par


l’établissement d’un dossier général et unique par les Autorités Contractantes. Ce dossier DAO
est constitué de l’ensemble des pièces utiles à la connaissance de la commande publique en
l’occurrence son esprit, son corps, les critères de sa mise en œuvre, son montant etc. tout ce qui
peut aider à la compréhension de la commande publique ainsi que la détermination précise des
critères de sa réalisation doit être pris en compte.

Il s’agit essentiellement de la présentation et la constitution des offres, de leur évaluation y


compris les conditions de leur rejet ainsi que la détermination des règles de la qualification, de
préqualification et de post qualification. Ces documents précisent que pour les marchés de
travaux de fournitures et de services prévoient que les critères d’évaluation, le coût, la
rentabilité, l’assistante technique des délais d’exécution ainsi que le calendrier de paiement
doivent être objectifs et en rapport avec l’objet du marché.

Le DAO est réalisé par l’Autorité Contractante et validé par l’autorité de contrôle et publié par
les moyens permettant de toucher le plus grand nombre. Le candidat intéressé après s’être
procuré le DAO contre paiement des frais y afférents dépose auprès de l’Autorité Contractante
ses offres signées par lui-même ou ses mandataires dûment habilités.

Le dossier d’appel d’offres, en abrégé DAO, pour la mise en concurrence des candidats,
est rédigé sur la base de modèles standards élaborés et diffusés par l’autorité de
régulation des marchés publics.

Il comprend notamment :
- les Instructions aux Soumissionnaires, ou Instructions aux Candidats, en abrégé
IS/IC ;
- les Données Particulières de l’Appel d’Offres, en abrégé DPAO ;
- le Cahier des Clauses Administratives Générales, en abrégé CCAG ;
- le Cahier des Clauses Administratives Particulières, en abrégé CCAP ;
- le Cahier des Clauses Techniques Générales, en abrégé CCTG ;
- le Cahier des Clauses Techniques Particulières, en abrégé CCTP ;
- le Cahier de Clauses Environnementales, en abrégé CCE ;
- les spécifications techniques pour les fournitures et les travaux ;

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Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

- le cadre du bordereau des prix unitaires ;


- le cadre du Détail estimatif comprenant les Quantités à Exécuter, en abrégé DQE ;
- le cadre du sous‐détail des prix pour les travaux lorsque jugé nécessaire ;
- les formulaires types relatifs notamment à la soumission et aux cautions.

Le DAO est, dès la publication de l’avis d’appel d’offres, consultable par tout public.
Il est mis à la disposition de tout candidat qui en fait la demande, contre paiement des
frais y afférents dont le barème est fixé par l’autorité de régulation des marchés publics.

I. Règlement particulier d’appel d’offres

Le règlement particulier d’appel d’offres comprend les instructions aux


soumissionnaires ou instructions aux candidats et les données particulières (Art.77
CMP).
Il précise notamment :
- la présentation et la constitution des offres ;
- les conditions de rejet des offres ;
- les critères d’évaluation des offres ;
- les critères de qualification comportant les règles de pré‐qualification, le cas
échéant, ou de post‐qualification ;
- les modes d’attribution du marché ;
- les modalités de notification du démarrage de l’exécution du marché ;
- les voies de recours.

II. L’acte d’engagement


Les Codes des marchés publics des États Marchés de la CEMAC sont muets sur la notion d’acte
d’engagement. Le code du Gabon en article par 106 parle de la durée de validité des offres qui
ne peut excéder 120 jours calendaires.

L’AE peut être considéré comme un acte préparatoire de la passation du marché et un élément
faisant partie de la passation des MP. C’est un acte par lequel le candidat à l’attribution propose
son offre en vue de soumissionner aux prescriptions du MO ou MOD à travers le dossier d’appel
d’offres. Si l’offre est approuvée, l’AE est contresignée par l’Autorité Contractante. Cette
contresignature marque l’accord des consentements des parties donc le début de leur relation
contractuelle.

Section 4 : la publication et le délai de dépôt des offres


I. De la publicité

Les marchés publics passés par appel d’offres ouvert doivent obligatoirement faire
l’objet d’un avis d’appel à la concurrence porté à la connaissance du public
(Art.81CMP).

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Droit des marchés publics 2025-2026
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L’avis d’appel d’offres fait connaître au moins :


- la référence de l’appel d’offres comprenant le numéro, l’identification de
l’autorité contractante, l’objet du marché et la date de signature ;
- la source de financement ;
- le type d’appel d’offres ;
- le ou les lieux où l’on peut consulter ou acquérir le dossier d’appel d’offres ;
- la qualification des candidats et les conditions d’acquisition du dossier
d’appel d’offres ;
- les principaux critères d’évaluation des offres ;
- le lieu, la date limite de dépôt ainsi que l’heure d’ouverture des offres ;
- le délai pendant lequel les candidats restent engagés par leurs offres ;
- les conditions auxquelles doivent répondre les offres, notamment le montant de
la caution de soumission ;
- le nombre maximum de lots dont un soumissionnaire peut être attributaire en
cas d’allotissement.

L’article 82 du code des marchés publics précise que toute attribution de marché,
quelle que soit la procédure, est rendue publique dans le journal des marchés publics
et, le cas échéant, dans toute autre publication nationale ou internationale ainsi que sous
le mode électronique, après la validation des résultats par l’administration centrale en
charge des marchés publics.

II. Des moyens de publicité

Art.83.‐ La publicité se fait par insertion de l’avis d’appel d’offres au journal des marchés
publics et, le cas échéant, dans toute autre publication nationale ou internationale ainsi que
sous le mode électronique, selon un modèle élaboré par l’autorité de régulation des marchés
publics.
Les avis de demande d’expression d’intérêt et de pré‐qualification obéissent aux mêmes
règles de publicité.

Les échanges d’informations intervenant en application des dispositions du Code peuvent


faire l’objet d’une transmission par voie électronique dans les conditions définies par
l’autorité de régulation des marchés publics.

Les documents d’appel d’offres ou de consultation peuvent être mis à la disposition des
candidats par voie électronique.

III. Des caractéristiques des communications par voie électronique


Art.86.‐ Les outils utilisés pour communiquer par des moyens électroniques, ainsi que
leurs caractéristiques techniques, doivent avoir un caractère non discriminatoire, être à
la disposition du public, être compatibles avec les technologies d’information et de

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Droit des marchés publics 2025-2026
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communication généralement utilisées, et garantir la sécurité et la confidentialité des


informations.

Art.87.‐ Les communications, les échanges et le stockage d’informations sont faits de


manière à assurer la préservation de l’intégrité des données et de la confidentialité des
offres, de sorte que leur contenu ne soit connu qu’à l’ouverture des plis.

[Link] délais de réception des offres ou des candidatures

Le délai de réception des offres ou des candidatures, dans le cas d’un appel d’offres
ouvert, ne peut être inférieur à trente jours calendaires pour les appels d’offres nationaux
et à quarante‐cinq jours calendaires pour les appels d’offres internationaux.
Toutefois, ce délai peut être ramené à vingt jours calendaires pour ce qui concerne les
petits travaux, les fournitures, les prestations intellectuelles et les services de nature
simple et courante.
En cas d’appel d’offres restreint, le délai de réception des offres ne peut être inférieur à
quinze jours calendaires.

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Droit des marchés publics 2025-2026
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Chapitre 5 : L’attribution et la prise d’effet des marchés publics


Articles 89 à 92 CMP.

Section 1 : L’encadrement de la phase d’attribution des marchés publics

[Link] critères de recevabilité des candidatures

Des capacités juridique, technique et financière


Tout candidat à un marché public, quelle que soit la procédure de passation, doit
justifier, aux fins d’attribution, de ses capacités juridique, technique et financière
nécessaires à l’exécution des prestations concernées.

Les capacités juridique, technique ou financière requises doivent reposer sur des critères
objectifs et mesurables, suffisamment définis dans le dossier d’appel d’offres.
En ce qui concerne les groupements et la cotraitance, les capacités sont évaluées en
prenant en compte de manière solidaire les capacités de tous les membres du
groupement.

En ce qui concerne la sous‐traitance, les capacités techniques du soumissionnaire sont


évaluées en prenant en compte l’apport technique du sous‐traitant dans la limite de son
intervention dans l’exécution du marché.

De la justification des capacités


La justification de la capacité technique du candidat s’appuie sur une ou plusieurs
des références suivantes :
- le volume de marchés similaires exécutés au cours des dernières années ;
- l’expérience professionnelle du personnel d’encadrement ;
- la possession ou l’accès au matériel nécessaire à l’exécution du marché ;
- les certificats des maîtres d’ouvrage attestant la bonne exécution de marchés
similaires.
- D’autres justifications des capacités techniques peuvent être exigées, à condition
qu’elles soient dûment motivées par les caractéristiques du marché et approuvées
par l’administration centrale en charge des marchés publics.

Les entreprises nouvellement créées, ayant au plus trois ans d’existence, peuvent
exceptionnellement être autorisées à fournir, en lieu et place des pièces justificatives des
capacités techniques exigées des entreprises anciennes :
- des pièces relatives aux qualifications et expériences professionnelles du personnel
d’encadrement ;
- la possession ou l’accès au matériel nécessaire à l’exécution du marché, en pleine
possession, leasing ou location.

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Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Art.92.‐ La justification de la capacité financière du candidat s’appuie sur une ou


plusieurs des références suivantes :
- les déclarations appropriées de banques ou organismes financiers habilités ou, le
cas échéant, la preuve d’une assurance des risques professionnels et toute autre
assurance nécessaire ;
- les états financiers certifiés par un expert‐comptable agréé ou un cabinet
comptable légalement constitué ;
- la déclaration concernant le chiffre d’affaires global et, le cas échéant, le chiffre
d’affaires du domaine d’activités faisant l’objet du marché concerné, au maximum,
pour les trois derniers exercices.

[Link] critères d’évaluation technique et financière des candidats


Articles 119 à 123 du CMP.

Après l’ouverture des plis en séance publique, la commission se retire pour procéder à l’examen
des candidatures avant de se pencher sur l’évaluation technique et financière des offres des
soumissionnaires.

A. L’élimination des offres non conformes

La CEO examine les aspects juridiques, techniques et financiers de l’offre pour s’assurer que
toutes les exigences du DAO ont été satisfaites sans divergence ou réserve substantielle.
Les offres des soumissionnaires doivent être conformes aux dispositions du dossier d’appel
d’offres.

Une offre est dite conforme pour l’essentiel lorsqu’elle satisfait aux stipulations, spécifications
et conditions du DAO, sans comporter de divergences, de réserves ou d’omissions
substantielles.

Cette offre :
v Est Exhaustive, c’est-à-dire, complète.
- Elle doit être conforme aux indications du bordereau des quantités ;
- Elle doit produire la liste des articles ou matériels commandés avec les bonnes
quantités ;
- Elle doit contenir des échantillons, lorsqu’ils sont demandés ;
- Elle doit présenter les sous détails des prix (travaux surtout) ;
- Le contenu de l’offre doit tenir de toutes les exigences de l’AC.

v Qui répond aux spécifications techniques définies dans le cahier des charges
L’accent est mis sur la qualité ou sur les caractéristiques techniques des travaux, de fournitures
ou de services tels qu’ils sont définis dans le cahier de charges, notamment le cahier des
prescriptions techniques.

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Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

B. La recherche de l’offre conforme évaluée la moins-disante


Sous réserve des dispositions spécifiques applicables aux marchés de prestations intellectuelles,
l’évaluation des offres se fait sur la base de critères économiques, financiers et techniques
contenus dans le dossier d’appel d’offres afin de déterminer l’offre conforme évaluée la moins‐
disante.

La CEO évalue chacune des offres dont elle a établi qu’elle est conforme en prenant en compte
les critères ci‐après, notamment :
• le prix de l’offre, exclusif des sommes provisionnelles et, le cas échéant, des
provisions pour imprévus figurant dans le détail quantitatif estimatif récapitulatif ;
• les ajustements apportés au prix pour rectifier les erreurs de calcul ;
les ajustements du prix imputables aux rabais offerts ;
• les ajustements calculés de façon appropriée, sur des bases techniques ou
financières, résultant de toute autre modification, divergence ou réserve quantifiable ;
• tout autre ajustement résultant de l’utilisation des facteurs d’évaluation indiqués aux
DAO.

Pour les ajustements mentionnés ci‐dessus, les facteurs autres que le prix tels que le coût
d’utilisation, le service après‐vente, le délai d’exécution, le calendrier de paiement, la
rentabilité, la qualité, la valeur technique et fonctionnelle, notamment les conditions
d’exploitation et d’entretien ainsi que la durée de vie potentielle des ouvrages, produits, et
fournitures, doivent être objectifs, en rapport avec l’objet du marché, quantifiables et exprimés
en termes monétaires.
Aucune remise conditionnée par l’attribution d’un autre marché ne peut être admise dans les
critères d’évaluation.

C. Les régimes de préférence nationale et communautaire

La préférence nationale ou communautaire doit être indiquée dans le dossier d’appel


d’offres. Elle doit être quantifiée sous forme de pourcentage du montant de l’offre. Ce
pourcentage ne peut en aucun cas excéder quinze pour cent.
Le régime de préférence nationale ou communautaire peut être accordé aux personnes
physiques ou morales dans les conditions suivantes :
- s’agissant des fournisseurs, s’ils proposent des biens manufacturés dont le coût
de fabrication comprend une valeur ajoutée pour l’un des pays ressortissants de
l’espace CEMAC d’au moins trente pour cent ;
- s’agissant des entrepreneurs de bâtiment, de travaux publics ou d’installations
industrielles, si au moins trente pour cent d’intrants communautaires sont utilisés
ou qu’au moins soixante pour cent des personnels employés sur le chantier sont
des ressortissants des Etats membres de la CEMAC.

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Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Le régime de la préférence communautaire ne saurait en outre être accordé aux


personnes morales désignées ci‐dessus que lorsque :
leur capital appartient pour plus de la moitié à des nationaux ressortissants,
personnes physiques ou morales, d’un des Etats membres de la CEMAC ;
leurs organes délibérants et de direction sont contrôlés ou détenus à moitié par des
ressortissants d’un des Etats membres de la CEMAC.

Les groupements momentanés d’opérateurs étrangers conclus avec des personnes


physiques ou morales, membres d’un des Etats de la CEMAC, peuvent bénéficier de
la préférence communautaire si leur offre remplit les conditions visées à l’alinéa 2 de
l’article 120 ci‐dessus.

Par dérogation aux dispositions visées aux articles 120 et 121 du CMP et dans le cas
d’un marché d’une collectivité locale ou de l’un de ses établissements publics, le candidat
étranger qui n’est pas une entreprise communautaire ou nationale et qui aura prévu de
sous‐traiter trente pour cent de la valeur globale du marché à une entreprise
gabonaise peut bénéficier d’une marge de préférence qui ne peut être supérieure à
quinze pour cent.

Les bénéficiaires des préférences

Lors de la passation d’un marché, soit sur appel d’offres, soit par entente directe, la
priorité est accordée, à offres équivalentes, à la soumission présentée soit par :

- une personne physique ou morale de droit gabonais ;

- une personne physique ou morale justifiant d’une activité économique sur


le territoire gabonais ;

- une petite et moyenne entreprise nationale dont le capital


est détenu majoritairement par des personnes de nationalité gabonaise ou
de droit gabonais ;

- des groupements d’entreprises associant des entreprises gabonaises ou


prévoyant une importante sous‐traitance aux nationaux.

La marge de préférence nationale est au plan financier de dix pour cent pour les
marchés de travaux et de quinze pour cent pour les marchés de fournitures.

Dans le cadre régional, une préférence communautaire peut être attribuée à l’offre
présentée par une entreprise ressortissante de l’espace de la Communauté
Économique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Section 2 : Le contrôle de la passation des marchés publics


La CEO propose l’attribution du marché dans un rapport d’évaluation qui mentionne :

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Droit des marchés publics 2025-2026
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- les noms des soumissionnaires exclus, les motifs de rejet de leurs offres et, le
cas échéant, de celles jugées inappropriées, inacceptables ou anormalement
basses ;
- les principales dispositions permettant l’établissement du ou des marchés et, en
particulier, l’objet, le prix, les délais, la part du marché que le soumissionnaire
a l’intention de sous‐traiter à des tiers et, le cas échéant, les variantes prises en
compte ;
- le ou les soumissionnaire(s) retenu(s) ainsi que le ou les nom(s) de l’attributaire
ayant fourni l’offre évaluée la moins‐disante sur la base des critères du DAO.

Ce rapport est établi selon un document type et transmis, dans le délai de validité des
offres, à l’administration centrale en charge des marchés publics ou à ses
démembrements pour approbation ou recommandations et à l’autorité de régulation
pour information.

L’administration centrale en charge des marchés publics dispose d’un délai de dix jours
ouvrables à compter de la date de réception du rapport pour l’approuver ou formuler
ses recommandations.

Passé ce délai, le rapport est réputé approuvé.

L’Autorité Contractante doit communiquer par écrit à tout soumissionnaire écarté, les
motifs du rejet de son offre, le montant du marché attribué et le nom de l’attributaire,
dans un délai de cinq jours ouvrables à compter de l’approbation du rapport par
l’administration centrale en charge des marchés publics.

Publication des résultats

Les résultats sont publiés par l’Autorité Contractante, dans un délai de cinq jours
ouvrables, dans le journal des marchés publics et, le cas échéant, dans toute autre
publication nationale ou internationale.
L’Autorité Contractante observe un délai de dix jours ouvrables après la publication
des résultats, avant de procéder à la signature du marché et de le soumettre à
l’approbation des autorités compétentes.

Dans ce délai, le soumissionnaire dont l’offre a été rejetée peut, sous peine de
forclusion, exercer les recours auprès de l’Autorité contractante (article 234) ou
l’ARMP.

Section 3 : La prise d’effet des marchés publics


Articles 131 à 136 du CMP.
I. Signature du marché
Seuls sont habilités à signer les marchés pour le compte de l’Autorité Contractante :
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Droit des marchés publics 2025-2026
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- pour les services publics non personnalisés, les Ministres ayant autorité sur les
services bénéficiaires ou leurs représentants dûment habilités ;
- pour les collectivités locales, le maire ou le président du conseil départemental
ou leurs représentants ;
- pour les établissements publics, les sociétés d’Etat, les sociétés à participation
financière publique majoritaire, les personnes morales de droit privé agissant
pour le compte de l’Etat, ou les personnes morales de droit public lorsqu’elles
bénéficient de leur concours financier ou de leur garantie, l’autorité à qui les
dispositions statutaires confient ce droit ;
- pour les Institutions Constitutionnelles, le président de l’institution.
Tout marché public est signé en huit exemplaires originaux.

II. Approbation du marché


L’approbation du marché par l’administration centrale en charge des marchés publics ou par
ses démembrements est conditionnée par l’accomplissement préalable des formalités
suivantes :
Pour tout marché de l’État :
- la signature par l’entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire de service ;
- la signature par l’Autorité Contractante ou par toute personne dûment habilitée
à signer en ses lieux et place ;
- le visa du marché par l’administration en charge du budget ;
- le visa de l’administration en charge du contrôle des charges et des
ressources budgétaires.
- Pour tout marché des établissements publics :
- la signature par l’entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire de service ;
- la signature par l’autorité contractante ou par toute personne dûment habilitée à
signer en ses lieux et place ;
- le visa du marché par le ministère de tutelle.

Pour tout marché des collectivités locales :


- la signature par l’entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire de service ;
- la signature par l’Autorité Contractante ou par toute personne dûment habilitée
à signer en ses lieux et place ;
- le visa du marché par les autorités de tutelle.

III. La notification du marché


Après accomplissement des formalités prescrites ci‐ dessus, la notification est faite au titulaire
par l’Autorité Contractante. Elle consiste en la remise de deux exemplaires du marché au
titulaire contre récépissé ou tout autre moyen laissant trace.

La date de notification est celle du récépissé ou de l’accusé de réception.


Cette date doit figurer sur les exemplaires du marché détenus aussi bien par l’Autorité
Contractante que par le titulaire du marché.
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Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

Sauf stipulation contraire, le délai d’exécution du marché court à compter de la date de


sa notification.

La notification intervient pendant la période de validité des offres. Passé ce délai,


l’attributaire est autorisé à retirer ou à modifier son offre.

Dans les trente jours qui suivent la notification du marché de travaux, le titulaire est
tenu de présenter une assurance couvrant ses prestations, sa responsabilité en matière
d’accident du travail ainsi que sa responsabilité civile en cas d’accident survenant à des
tiers par le fait de ses prestations. Il est tenu, chaque fois qu’il en est requis, de présenter
la justification du paiement régulier des primes.

Au cas où la notification n’intervient pas durant le délai de validité de l’offre, l’Autorité


Contractante peut solliciter l’extension du délai de validité des offres.
Pour les marchés à prix fermes et non révisables, elle communique les modalités
d’actualisation des prix selon les dispositions du CCAP.

Les soumissionnaires ne sont pas tenus d’accepter l’extension du délai de leurs offres. Il
ne peut leur en être tenu rigueur et leurs garanties d’offres ne peuvent en aucun cas être
confisquées.

IV. De l’enregistrement, de l’entrée en vigueur et de la publication du marché

Les marchés doivent être remis au titulaire pour effectuer les formalités
d’enregistrement prévues par la réglementation en vigueur avant tout commencement
d’exécution.

Le marché entre en vigueur dès sa notification au titulaire ou à une date ultérieure si le


marché le prévoit. L’entrée en vigueur du marché marque le début des obligations
juridiques d’exécution et, sauf dispositions contraires du marché, fait courir le délai de
réalisation.

Un avis récapitulatif de tous les marchés attribués mensuellement est publié dans le
journal des marchés publics.

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Droit des marchés publics 2025-2026
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Chapitre 6 : L’exécution, les recours et les sanctions dans les


marchés publics
Section 1 : L’exécution des marchés publics
Les parties au marché public sont tenues au respect du cahier des charges qui
comprend :
- les documents généraux qui contiennent des clauses applicables à une catégorie
de marchés ;
- les documents particuliers qui contiennent des clauses propres au marché.

les cahiers des clauses administratives


générales, qui fixent les dispositions
administratives applicables à une catégorie de
Des documents marchés ;
généraux les cahiers des clauses techniques générales,
qui fixent les dispositions techniques
applicables à toutes les prestations d’une même
nature.
Cahier des charges
les cahiers des clauses administratives
particulières, qui fixent les dispositions
Des documents administratives propres à chaque marché;
particuliers les cahiers des clauses techniques
particulières, qui fixent les dispositions
techniques nécessaires à l’exécution des
prestations de chaque marché

I. De la rémunération du titulaire du marché


Articles 170 à 177 du CMP

Le prix du marché doit couvrir toutes les dépenses qui sont la conséquence nécessaire
et directe des travaux, des fournitures ou des services, et notamment les impôts, droits
et taxes applicables sauf lorsqu’ils sont exclus du prix du marché en vertu des
dispositions du Code Général des Impôts.

Il rémunère le titulaire du marché et est réputé lui assurer un bénéfice.

Les prix des prestations faisant l’objet d’un marché sont soit des prix unitaires
appliqués aux quantités réellement livrées ou exécutées, soit des prix forfaitaires, soit
une combinaison des deux.

Les marchés peuvent comporter des prestations rémunérées sur la base des
dépenses contrôlées de l’entrepreneur, fournisseur ou prestataire de services, majorées
d’un honoraire ou affectées de coefficients destinés à couvrir les frais généraux,
65
Droit des marchés publics 2025-2026
Me Nigelle FOURN

impôts, taxes et bénéfices, lorsque des considérations d’ordre technique imprévisibles


au moment de leur passation surviennent.

Les marchés doivent indiquer la valeur des différents éléments qui concourent à la
détermination du prix de règlement. Leurs cahiers des charges fixent les montants
maximums des prestations rémunérées sur dépenses contrôlées.

Les marchés sont conclus à prix initial définitif. Toutefois, ils peuvent
exceptionnellement être conclus à prix provisoire lorsque l’urgence impérieuse
commande de commencer l’exécution des prestations alors que la détermination du
prix est rendue impossible par la complexité des prestations ou des aléas techniques
importants.

II. Des changements en cours d’exécution du contrat

Les stipulations relatives au montant d’un marché public peuvent être modifiées par
ordre de service, lorsque la valeur des prestations supplémentaires est inférieure à
quinze pour cent de la valeur totale du marché de base. Les ordres de services relatifs
aux prix, aux délais et aux programmes constituent des actes contractuels de gestion
d’un marché dont la signature est subordonnée aux justificatifs de la disponibilité du
financement.

Les stipulations relatives au montant d’un marché public peuvent être modifiées par
avenant, lorsque la valeur des prestations supplémentaires atteint quinze pour cent de
la valeur totale du marché de base. L’avenant est adopté et notifié selon la même
procédure d’examen que le marché de base. Il ne peut modifier ni l’objet du marché,
ni le titulaire du marché, ni la monnaie de règlement, ni la formule de révision des prix.
La conclusion d’un avenant est soumise à l’autorisation préalable de l’administration
centrale en charge des marchés publics.

En cas de dépassement des délais contractuels fixés par le marché et imputable au


titulaire du marché, ce dernier est passible de pénalités après mise en demeure
préalable. Ces pénalités ne peuvent excéder le montant fixé dans le cahier des clauses
administratives générales pour chaque type de marché et précisé dans le cahier
des clauses administratives particulières.

III. Du règlement des marchés publics


Les opérations effectuées par le titulaire du marché et susceptibles de donner lieu à
versement d’avances, d’acomptes ou à paiement pour solde, sont constatées par écrit
par la PRM ou son mandataire avec certification d’exécution ou de services rendus par
le maître d’œuvre ou service technique compétent, suivant les modalités prévues par
le cahier des clauses administratives particulières.

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Droit des marchés publics 2025-2026
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Le titulaire d’un marché entièrement exécuté reçoit l’intégralité du montant du marché


sur présentation du décompte général et définitif, du procès‐verbal de réception
définitive établi par le maître de l’ouvrage et visé par l’administration centrale en
charge des marchés publics.

Tout règlement relatif à un marché public intervient par virement dans un établissement
bancaire ou un organisme financier agréé, désigné dans le CCAP, conformément aux
textes en vigueur ou par crédit documentaire, sous réserve des dispositions découlant
des accords ou conventions de prêt ou des conventions internationales.

IV. Du contrôle de l’exécution des marchés publics


Le contrôle de l’exécution des marchés publics est assuré par l’Autorité Contractante
selon les modalités précisées dans les cahiers des clauses administratives particulières.
Les missions de contrôle sont exercées par le chef de projet en liaison étroite avec les
départements techniques sectoriels. Elles peuvent également être déléguées à des
maîtres d’œuvre installés au Gabon en tenant compte du degré de complexité des
programmes et des qualifications des bureaux d’études installés au Gabon.

Le contrôle de l’exécution des marchés publics est également assuré par les auditeurs
techniques mandatés, le cas échéant, par l’Autorité Contractante.

Section 2 : Le recours dans marchés publics


Articles 234 à 245 du CMP.

I. Recours relatifs à la passation des marchés publics

A. Recours auprès de l’Autorité Contractante

Les candidats aux marchés publics doivent au préalable introduire un recours devant
la personne responsable du marché. Lorsque ce recours est infructueux, les candidats
peuvent saisir, le supérieur hiérarchique de la PRM.

Une copie de ce recours est adressée à l’autorité de régulation des marchés publics à
titre d’information.

Conformément à l’article 235 du Code des marchés publics, le recours peut porter sur
:
- la décision d’attribuer ou de ne pas attribuer le marché ;
- les conditions de publication des avis ;
- les règles relatives à la participation des candidats ;
- les capacités et garanties exigées ;
- le mode de passation ;
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- la procédure de sélection retenue ;


- la conformité des documents d’appel d’offres à la réglementation ;
- les spécifications techniques retenues ;
- les critères d’évaluation.

Le recours doit invoquer une violation caractérisée de la réglementation des marchés


publics. Il doit être exercé dans les cinq jours ouvrables suivant la date de publication
de la décision d’attribution du marché ou dans les dix jours ouvrables précédant la date
prévue pour le dépôt de la candidature ou de la soumission.

Le recours hiérarchique doit être exercé dans un délai de cinq jours ouvrables à compter
de la réponse ou non de la PRM.

Il a pour effet de suspendre la procédure d’attribution jusqu’à la décision définitive de


l’Autorité Contractante ou de son supérieur hiérarchique qui doit intervenir dans un
délai de cinq jours ouvrables après la saisine.

B. Recours auprès de l’Autorité de Régulation des Marchés publics


Les candidats sont autorisés à introduire, après épuisement des recours visés à la
section 1 ci‐dessus, un recours auprès de l’autorité de régulation des marchés publics.

Sur le fondement des informations recueillies dans l’exercice de ses missions ou de


toutes informations communiquées par l’Autorité Contractante, les candidats ou les
tiers, l’autorité de régulation des marchés publics peut s’autosaisir à la demande de son
président ou du tiers de ses membres et statuer dans un délai maximum de vingt et
un jours ouvrables sur les irrégularités, fautes et infractions constatées.

L’auto‐saisine de l’autorité de régulation des marchés publics est suspensive de la


procédure d’attribution définitive du marché, lorsque cette attribution n’est pas encore
définitive et que les autorités en charge de la procédure ont été régulièrement avisées.

Les décisions rendues en matière de recours gracieux et hiérarchique visés aux articles
234 à 237 du Code des marchés publics peuvent faire l’objet de recours devant
l’autorité de régulation des marchés publics.

Le soumissionnaire dispose d’un délai de cinq jours ouvrables à compter de la


notification de la décision de l’Autorité Contractante pour saisir l’autorité de régulation
des marchés publics.

Les recours peuvent être exercés, soit par tout moyen laissant trace, soit par tout moyen
de communication électronique, selon les modalités définies par l’autorité de
régulation des marchés publics.

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L’ARMP, saisie d’un recours, statue conformément aux pouvoir et prérogatives qui lui
sont conférés par les textes en vigueur.

L’Autorité Contractante doit se conformer en prenant, dans un délai de cinq jours


ouvrables, les mesures de nature à remédier aux irrégularités constatées.

Les décisions de l’autorité de régulation des marchés publics sont immédiatement


exécutoires. Elles peuvent faire l’objet d’un recours devant la juridiction administrative
compétente.
Ce recours n’a pas d’effet suspensif.

II. Recours relatifs à l’exécution des marchés publics

Le titulaire d’un marché public doit préalablement introduire un recours auprès de


l’Autorité Contractante. Lorsque ce recours est infructueux, il peut saisir le supérieur
hiérarchique de l’Autorité Contractante aux fins de rechercher un règlement amiable
aux différends et litiges l’opposant à l’Autorité Contractante en cours d’exécution du
marché.

Le litige est porté devant l’autorité de régulation des marchés publics conformément
au droit et aux stipulations contractuelles applicables, et le cas échéant, devant les
instances arbitrales ou les juridictions compétentes, lorsqu’il n’a pas été réglé à
l’amiable.

Section 3 : Les sanctions dans les marchés publics


Articles 246 à 254 du CMP.
I. Sanctions à l’encontre du soumissionnaire ou du titulaire
Tout soumissionnaire ou titulaire de marché, en violation de la réglementation en
matière de marchés publics est sanctionné.

Les violations sont constituées pour le fait d’avoir notamment :


- procédé à des pratiques de collusion entre soumissionnaires afin d’établir les
prix des offres à des niveaux artificiels et non concurrentiels pouvant ainsi priver
l’Autorité Contractante des avantages d’une concurrence libre et ouverte ;
- participé au fractionnement du marché pour en bénéficier ;
- influé sur le contenu du dossier d’appel d’offres ;
- eu recours à la surfacturation ou à la fausse facturation ;
- influencé ou tenté d’influencer les membres de la CEO ou les décisions
d’attribution, y compris en proposant tout paiement ou avantage indu ;
- fourni des informations ou des déclarations fausses ou mensongères ;
- bénéficié et fait usage d’informations confidentielles dans le cadre de la
procédure d’appel d’offres ;
- fait obstruction à la conduite d’audits, enquêtes ou investigations ;
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- participé pendant l’exécution du marché à des actes et pratiques frauduleuses


préjudiciables aux intérêts de l’Autorité Contractante, contraires à la
réglementation applicable en matière de marchés publics et susceptibles
d’affecter la qualité des prestations ou leur prix ainsi que les garanties dont
bénéficie l’Autorité Contractante.

Les auteurs des faits visés ci‐dessus encourent les sanctions suivantes :
- la confiscation des garanties constituées par le contrevenant dans le cadre des
procédures d’appel d’offres ou marchés incriminés ;
- l’exclusion de toute procédure de passation de marché pour une durée
déterminée en fonction de la gravité de la faute commise, y compris, en cas de
collusion régulièrement constatée par l’autorité de régulation des marchés
publics, de toute entreprise qui possède la majorité du capital de l’entreprise
sanctionnée, ou dont l’entreprise sanctionnée possède la majorité du capital ;
- le retrait de leur agrément et/ou de leur certificat de qualification pour une
période déterminée.

Les sanctions prévues par le code des marchés publics peuvent être cumulatives.

Le titulaire du marché qui n’exécute pas, dans les délais convenus, ses obligations
contractuelles peut être passibles de pénalités de retard dont le montant est fixé, pour
chaque catégorie de marchés, dans les cahiers des clauses administratives générales.

A moins que le marché en dispose autrement, les pénalités pour retard sont appliquées
sans mise en demeure préalable, sur la simple confrontation de la date d’expiration des
délais contractuels d’exécution et de la date de réception.

L’article 250 du CMP précise que en cas de faute grave de nature à compromettre
l’exécution normale du marché commise par le titulaire, à laquelle il n’a pas remédié
malgré une mise en demeure, l’Autorité Contractante peut substituer une autre
entreprise de son choix au titulaire défaillant et aux risques et périls de celui‐ci, selon
les modalités prévues par les cahiers des charges.

Lorsque l’Autorité Contractante passe un marché de substitution avec le candidat


classé après le cocontractant défaillant sur la base du dossier d’appel à la concurrence
initial, les excédents de dépenses qui résultent du nouveau marché, sont prélevés sur
les sommes qui peuvent être dues au cocontractant, ou à défaut, sur son cautionnement,
sans préjudice des droits à exercer sur lui en cas d’insuffisance.

Une sanction de l’inéligibilité ou d’exclusion temporaire à la commande publique peut


être prononcée et elle ne peut dépasser cinq ans.
En cas de récidive, l’exclusion définitive peut être prononcée par l’autorité de
régulation des marchés publics, qui établit trimestriellement une liste des personnes
physiques et morales inéligibles à la commande publique.

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II. Des sanctions à l’encontre des acteurs de la commande publique


Le Code des marchés publics dispose en son article 253 que toute personne physique
ou morale de droit public ou privé participant à la passation, à l’exécution et au contrôle
des marchés publics qui se sera rendue coupable de violation des dispositions du
présent Code est passible des sanctions prévues par les textes en vigueur.

Constituent des violations à la réglementation en matière de marchés publics le fait


pour les acteurs de la commande publique d’avoir notamment :
- organisé le fractionnement du marché ;
- passé des marchés en dehors des procédures requises sans avoir obtenu, le cas
échéant, les dérogations de l’administration centrale en charge des marchés
publics ;
- participé à la rédaction de dossiers d’appel d’offres contenant des mesures
discriminatoires ou faussant le jeu de la concurrence ;
- sollicité ou accepté des avantages personnels de la part des candidats ou
titulaires de marchés ;
- fait usage d’informations confidentielles dans le cadre de la procédure d’appel
d’offres ;
- influencé l’évaluation des offres ou la rédaction des marchés pour introduire des
pratiques faussant le jeu de la concurrence ou en violation des procédures
applicables ;
- ignoré d’appliquer les dispositions des clauses contractuelles des marchés ;
- certifié la réception de prestations incomplètes ou non conformes aux termes
contractuels des marchés ;
- accepté la surfacturation, la double facturation ou la fausse facturation ; fait
obstruction à la conduite d’audits, enquêtes ou investigations ;
- été complice, pendant l’exécution du marché, à des actes et pratiques
frauduleuses préjudiciables aux intérêts de l’Autorité Contractante, contraires à
la réglementation applicable en matière de marchés publics et susceptibles
d’affecter la qualité des prestations ou leur prix ainsi que les garanties dont
bénéficie l’Autorité Contractante.

III. Quelques dispositions du code pénal


Des atteintes à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés
publics et les délégations de service public
Article 505 : Est puni de dix ans d’emprisonnement au plus et de 20.000.000 de francs
d’amende au plus le fait, par une personne investie d’un mandat électif public ou
exerçant les fonctions de représentant, administrateur ou agent de l’Etat, des
collectivités territoriales, des établissements publics ou par toute personne agissant
pour le compte de l’une de celles susmentionnées, de procurer ou de tenter de
procurer à autrui un avantage injustifié par un acte contraire aux dispositions
législatives ou réglementaires ayant pour objet de garantir la liberté d’accès et l’égalité
des candidats dans les marchés publics ou les délégations de service public.

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De la soustraction ou du détournement de biens par personne exerçant une


fonction publique
Article 506 : Le fait par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée
d’une mission de service public, un comptable public, un dépositaire public ou l’un de
ses subordonnés, de détruire, détourner ou soustraire un acte ou un titre, ou des fonds
publics ou privés, ou effets, pièces ou titres en tenant lieu, ou tout autre objet qui lui a
été remis en raison de ses fonctions ou de sa mission, est puni de la peine de vingt ans
de réclusion criminelle au plus et de 100. 000.000 de francs d’amende au plus.

Chapitre VIII : De l’inexécution des marchés publics


Article 513 : Le fait par tout dirigeant de toute entreprise ayant obtenu paiement pour
la réalisation de travaux publics en exécution d’un marché public, de s’abstenir
volontairement de leur exécution totale ou partielle, sera puni de sept ans
d’emprisonnement au plus et de 20.000.000 de francs d’amende au plus ou de l’une de
ces deux peines seulement.
Il est également prononcé contre la personne morale le remboursement intégral des
sommes perçues sans préjudice de la condamnation à l’une ou plusieurs des peines
complémentaires prévues à l’article 98 du présent Code et de l’octroi de dommages-
intérêts.

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