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Le document traite des signaux bioélectriques générés par les cellules nerveuses et musculaires, expliquant les potentiels de repos et d'action ainsi que leur transmission à travers les tissus. Il définit également l'électrocardiogramme (ECG) comme l'enregistrement de l'activité électrique du cœur, en détaillant le cycle cardiaque et la génération du signal électrique. Enfin, il aborde les troubles du rythme cardiaque, tels que la tachycardie et les arythmies, qui peuvent être diagnostiqués par l'ECG.

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I.

Origine des signaux bioélectriques et leurs caractéristiques électriques


1. L’électrogènes des cellules

Le corps humain est composé de cellules nerveuses et musculaires. Ces cellules génèrent des
signaux bioélectriques qui sont le résultat de changements électrochimiques à l’intérieur de
la cellule elle-même et entre les différentes cellules. En effet dans tout tissu biologique les
compositions ioniques à l’intérieur et à l’extérieur de la membrane cellulaire sont très
différentes, cette différence de composition crée une différence de potentiel de part et d’autre
de la membrane cellulaire. Lorsqu’on met en place des micro-électrodes l’une intracellulaire
(à l’intérieur de la cellule) et l’autre extracellulaire on peut enregistrer des potentiels de
membrane qui sont de deux types :

 Potentiel de repos : l’intérieur de la cellule est négatif par rapport à l’extérieur, le


potentiel de repos est donc négatif.
 Potentiel d’action : Quand la membrane cellulaire est stimulée on observe des
variations du potentiel de membrane, la cellule s’active et on constate une inversion
brutale de la polarité, l’intérieur de la cellule devient positif alors que le milieu
extracellulaire devient négatif, La variation totale entre l’état de repos de la cellule et
l’état d’activation est appelé potentiel d’action de la cellule. Ce phénomène est appelé
dépolarisation de la cellule. Lorsque celle-ci revient au repos on retrouve l’état
électrique précèdent, ce retour à l’état de repos est appelé repolarisation de la cellule.

Le potentiel d’une cellule prend alors l’allure d’une onde, décomposée en cinq parties :
1. Le Potentiel de repos.

2. La Dépolarisation : le potentiel de la membrane interne passe d’environ -70 mV à


+30 mV, (en rouge sur la figure 1.1)

3. La Repolarisation : le potentiel de la membrane interne repasse à -70 mV (en vert


sur la figure 1.1).

4. L’hyperpolarisation pour certain type de cellules le potentiel diminue au-dessous de


l'état basal (-80 mV), pour retourner ensuite à -70 mV. Durant ce temps on ne peut plus
induire d'autre potentiel d'action, c'est l’hyperpolarisation.

5. Retour au potentiel de repos.


Figure 1 : Le potentiel d’action

Le potentiel d'action généré par une cellule excitée peut être transmis d'une cellule aux
cellules adjacentes via ce que l’on appelle l’axone (liaison nerveuse). Lorsque de
nombreuses cellules sont activées, un champ électrique est généré celui-ci se propage à
travers les tissus biologiques. Ces changements dans le potentiel extracellulaire peuvent être
mesurés à la surface des tissus ou de l'organisme en utilisant des électrodes de surface, ces
signaux mesurés sont les signaux bioélectriques.

2. Définition de l’ECG

L’électrocardiogramme ou ECG est défini comme étant l’enregistrement électrique de


l’activité électrique du cœur. Cet enregistrement est fait par un appareil appelé
électrocardiographe en utilisant des électrodes de mesure positionnées sur le corps humain.
Le premier enregistrement de l’ECG a été fait par le scientifique Williem Einthoven en 1903

II. Génération du signal électrique cardiaque (ECG)


1. L’activité cardiaque :

Le cœur est un organe vital pour notre corps, en effet il maintient la circulation de sang à
travers les vaisseaux sanguins pour transporter l’oxygène et les éléments nutritifs à notre
corps. Le cœur récupère le sang en provenance de tout l’organisme à travers les veines caves
supérieures et inférieures, le sang est donc récolté à l’oreillette droite, et est propulsé par la
suite vers le ventricule droit, en se contractant le sang est ensuite propulsé en direction des
poumons à travers l’artère pulmonaire, au niveau des poumons le sang est rechargé en
oxygène puis revient au cœur à travers les veines pulmonaires, le sang est ainsi récolté dans
l’oreillette gauche, il descend dans le ventricule gauche où il est propulsé ensuite vers tout
le corps à travers une artère appelée l’aorte. C’est ainsi que la circulation de sang est établie
(voir figure 2).

Remarque : le cœur droit récupère le sang dépourvu d’oxygène il est modélisé en bleu sur la
figure 2, le cœur gauche récupère le sang chargé d’oxygène il est modélisé en rouge sur la
figure 2.

2.

Génération de l’ECG :

L’influx électrique né au nœud sinusal (voir figure 3) puis se disperse à travers les oreillettes
ce qui provoque leur dépolarisation, après un court instant suit la contraction des oreillettes,
arrivé au nœud auriculo-ventriculaire, le courant électrique ne se propage pas immédiatement
aux ventricules, il attend que la contraction des oreillettes soit terminée et que le sang se soit
vidé dans les ventricules. L’onde électrique passe ensuite par le faisceau de His et les fibres de

Purkinje, pour se disperser dans les ventricules provoquant alors la dépolarisation


ventriculaire, la contraction ventriculaire suit très vite après. La repolarisation des oreillettes
correspondant à leur relaxation a lieu pendant la dépolarisation des ventricules. La
repolarisation des ventricules a lieu après leur dépolarisation complète. Les directions 1, 2, 3,
4, 5 indiquées sur la figure 3, montrent le chemin de l’influx électrique aux différentes étapes
de l’activité électrique cardiaque. Cette activité électrique se répète de façon quasi-périodique
sous forme de battements cardiaques ou de cycles cardiaques.

 Le cycle cardiaque

Quelle que soit la dérivation, le tracé de l’ECG comprend un certain nombre d’éléments
fondamentaux correspondant chacun à un état cardiaque :

 Pendant la période de repos s’inscrit une ligne droite horizontale dite ligne
isoélectrique ou ligne de base.
 La dépolarisation auriculaire se traduit par une onde positive P à sommet arrondi dont
l’amplitude est d’environ 0.1 mV à 0.2 mV et la durée est de 0.08 s à 0.10 s.
 L’intervalle PR correspond à la conduction auriculo-ventriculaire (c’est à dire le
passage de l’influx électrique des oreillettes aux ventricules à travers le faisceau de
His) et il est d’une durée moyenne de 0.12 s à 0.20 s.
 Le complexe QRS correspondant la dépolarisation ventriculaire. Il est formé d’ondes
rapides, Q, R, S. Le complexe QRS normal (non pathologique) est d’une durée
maximale de 0.12 s et d’une amplitude d’environ 1 mV.
 Puis vient un intervalle généralement isoélectrique correspondant à la dépolarisation
complète des ventricules. Enfin survient une onde lente T, de durée 0.18 s à 0.22 s,
généralement positive traduisant la repolarisation ventriculaire.
 Une onde U peu ample, positive et dont la signification n’est pas exactement connue,
peut dans certains cas être présente.

Ces phénomènes de dépolarisation et repolarisation se répètent à chaque activation électrique


du nœud sinusal produisant ce que l’on appelle un battement cardiaque, ce qui signifie que
la fréquence du nœud sinusale (c’est à dire la fréquence à laquelle il y a naissance de l’influx
électrique) détermine la fréquence des battements cardiaques, qui exprime le nombre de
battements par minute (bpm).

Figure 1.4 : Le cycle cardiaque

3. Troubles du rythme cardiaque (Les arythmies cardiaques)


Les troubles du rythme cardiaque sont le résultat de perturbations dans la formation ou la
conduction de l’excitation cardiaque. Leur diagnostic se fait par l’examen de l’ECG. Les
principales arythmies cardiaques sont :

 Tachycardie sinusale : c’est une accélération du rythme cardiaque. Lorsque la


fréquence cardiaque dépasse les 100 bpm (pour un sujet adulte), on parle de
tachycardie sinusale.
 Bradycardie sinusale : elle est également due à un trouble de l’excitation du sinus,
qui est cette fois ralentie, le rythme cardiaque dans ce cas varie entre 35 bpm et 60
bpm (pour un individu adulte).
 L’arythmie sinusale : Ce rythme est caractérisé par des alternatives d’accélération et
de ralentissement de la cadence cardiaque.
 L’extrasystole sinusale : elle est caractérisée par un battement cardiaque
supplémentaire qui apparaît entre deux battements réguliers (les extrasystoles sont des
battements initiés par des foyers différents du nœud courant de dépolarisation)).
 Les fibrillations auriculaires et ventriculaires : ce sont des contractions
indépendantes et désordonnées (asynchrone) des fibres musculaires entrant dans la
propagation de l’onde de dépolarisation.
 Les blocs de branches : Ils sont dus à des troubles de la conduction au niveau des
branches du faisceau de His. Si l’une des deux branches du faisceau de His est atteinte,
le ventricule correspondant aura une contraction tardive, et les deux ventricules ne se
contracteront pas en même temps. Selon que la branche gauche ou droite du faisceau
de His est atteinte, ce trouble est nommé bloc de branche gauche ou bloc de branche
droit. Cette anomalie cardiaque est caractérisée par des complexes QRS larges
dépassants les 120 ms et pouvant atteindre les 160 ms, ceci est dû au retard de
dépolarisation de l’un des ventricules par rapport à l’autre.
 Le syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) : La cause du syndrome WPW est
le passage de l'activation de l'oreillette directement au muscle ventriculaire via une
voie anormale. Ce contournement est causé par l’existence d’une voie de conduction
entre l’oreillette droite et le ventricule droit appelée le faisceau de Kent. Cela entraîne
une activation du muscle ventriculaire avant que l'activation normale n'atteigne le
muscle ventriculaire via le système de conduction normal. Ce syndrome est caractérisé
par un complexe QRS large et un intervalle PR court.
 Extrasystoles ventriculaires : elles sont dues à des stimulations anormales qui
naissent dans le ventricule et se propagent dans le muscle ventriculaire sans suivre le
tissu conducteur normal, le complexe QRS extrasystolique est large et souvent
crocheté et l’onde P est absente.

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