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Séminaire Henri Cartan: Laude Orlet

Cet article de Claude Morlet présente le lemme de Thom et les théorèmes de plongement de Whitney en se concentrant sur les topologies des espaces d'applications entre variétés. Il définit les espaces d'applications, les systèmes de bonnes cartes locales, et introduit plusieurs topologies sur ces espaces, en démontrant des propriétés importantes telles que la continuité des injections naturelles entre différentes topologies. Enfin, il établit des résultats concernant les espaces de Baire et les applications propres dans ce contexte.

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Séminaire Henri Cartan: Laude Orlet

Cet article de Claude Morlet présente le lemme de Thom et les théorèmes de plongement de Whitney en se concentrant sur les topologies des espaces d'applications entre variétés. Il définit les espaces d'applications, les systèmes de bonnes cartes locales, et introduit plusieurs topologies sur ces espaces, en démontrant des propriétés importantes telles que la continuité des injections naturelles entre différentes topologies. Enfin, il établit des résultats concernant les espaces de Baire et les applications propres dans ce contexte.

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Séminaire Henri Cartan

C LAUDE M ORLET
Le lemme de Thom et les théorèmes de plongement de Whitney.
I. Les topologies des espaces d’applications
Séminaire Henri Cartan, tome 14 (1961-1962), exp. no 4, p. 1-5
<[Link]

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(Secrétariat mathématique, Paris), 1961-1962, tous droits réservés.
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4-01
Séminaire Henri CARTAN
(Topologie différentielle) zo novembre 1961
14o année, 1961/62, n° 4

LE IEMME DE THOM ET LES THÉORÈMES DE PLONGEMENT DE WHITNEY

par Claude MORIET

I. Les topologie s de s !3sces d’applications.

1. Espaces d’ a lications.

Définition. - Étant données deux variétés V et M de classe Cr (au moins),


on note Homr(V , M) l’ensemble des applications de classe Cr de V dans M
Co~r.+~) .
Dans la suite V et l~~ seront toujours réunions dénombrables de compacts et
M sera connexe. M sera une variété connexe, sans bord (cette hypothèse n’a

rien d’ essentiel, mais elle simplifiera les démonstrations) ; V pourra avoir


un bord et même un bord anguleux.

Définition. - Un système de bonnes cartes locales sur une variété V est la


donnée d’un recouvrement de V par des ouverts d’une famille loca-
lement finie de compacts de V dont les intérieurs recouvrent V et
.E
tels que, pour tout i, Vi ~ 03B3i ; avec, pour tout i , un homéomorphisme de 03B3i
sur un ouvert de Rn (resp. la partie xn 0 , ou la partie xj 0 pour
j si la variété est à bord ou à coins).
Je laisse au lecteur le soin de vérifier qu’il existe sur toute variété un
système de bonnes cartes locales, et même qu’il en existe d’aussi fins que l’on
veut.

Définition. - Étant données deux variétés de classe Cr ~ 0 r + ~) V et

M , et des systèmes de bonnes cartes locales et s~ur ü et ,


M , avec une application X de l’ensemble d’indices I dans l’ensemble d’indices

J, on notera V , M) l’ensemble des applications de classe Cr de V

dans M pour tout i , envoient Vi dans l’intérieur de


qui , M03BB(i) .
Je laisse au lecteur le soin de vérifier qu’étant donnés un système de bonnes
cartes locales sur ~’I et une fonction f de classe Cr de V dans il
existe un système de bonnes cartes locales sur V et une application ~, ~ tels
que f appartienne à V , M) . En particulier, les V , ~~
recouvrent M) .
2~ Les
(0:r~+~ compact K
Définition. - Etant donnés un V , M) et un

de V , on appelle topologie sur cet espace de fonctions :

est contenu dans l’un des compacts du système de bonnes cartes


a. Si K V,
locales de V , la topologie de la convergence uniforme des fonctions et de leurs
r premières dérivées sur K. (C’est-à-dire la convergence uniforme des ’restric-
des fonctions de K dans
tions à K de ces fonctions, considérées comme

~(i) ’)
b. Si K n’est pas contenu dans un des Vi , il n’en rencontre qu’un nombre

fini, la (K-Cr)-topologie sera alors la moins fine de toutes les topologies


qui sont plus fines que toutes les ((K n correspondantes.

Remarquons que ces topologies ne sont pas, en générale séparées (sauf si K ~V)
et qu’elles peuvent être définies chacune par un écaLrt (même si r est

infini).
LEMME. - Soient deux espaces V , M) et V , M) et un

compact K de V ; les topologies définies sur chacun de ces deux espaces

induisent la même topologie sur leur intersection.

Remarquons que, quelle que soit la famille compacts recouvrant K ,


de
la est la moins fine de toutes les topologies plus fines que
toutes les Il suffit donc de démontrer le lemme dans le cas

où K est contenu dans l’un des et dans l’un des On alors à comparer
V~ V~ . a

les dérivées de

et de

et l’on a des majorations évidentes en fonction des dérivées de 03C6i , 03C6’i’ ,


03C803BB(i) , 03C8’03B ’ (i’) qui sont bornée s sur K .
.

Définition. - On appelle sur Homr(V , M) la topologie qui


induit sur chacun des V , M) la précédemment définie.

Cette définition est légitime à cause du lemme précédent.

Remarques. - Si K contient K’ , la (K-Cr)-topologie est plus fine que la


Si r est plus grand que r’ , la est plus
fine que la

3. Les to olo ies Cr et


Définition. - On appelle topologie Cr (0 ~ r ~ oo) (sur ~~~ ou


sur V ~ M) ) la moins f ine de toutes les topologies qui soient plus
fines que toutes les topologie s K-Cr.
Il en résulte que la topologie Cr sur V ~ M) est la restriction
à ce sous-espace de la topologie Cr sur M) .
Définition. - On appelle topologie cf (sur Hom~ (V ~ M) , ou sur
la topologie la plus fine qui rende ouverte les bijections identiques

pour tous les K de V c .

il en résulte que la topologie à sur est la restriction


à ce sous-espace de la topologie G~ sur M) .

Remarque. - La topologie G~ est plus fine que la topologie Cr; elles sont
identiques si et seulement si V est compact, (Il existe alors une topologie
K-C plus fine que toutes les autres
remarquera que la topologie définie par DOUADY au début de l’exposé 2 n’est
autre que la topologie e .
On va prouver le théorème suivant.

THEOREME Tout fermé d’un v ~ pour la topologie Cr est un

espace de Baire pour la topologie ~r .


Et comme les V ’ ~~~ sont ouverts pour la topologie Cr~ on peut
énoncer :

COROLLAIRE. - Tout fermé de M) pour la typologie Cr est un espace


de Baire pour la topologie C~ .
On a remarque que les topologies sur V , M) étaient définies
chacune par une famille d’écarts ; si l’on regarde alors les définitions des topo-
logies C et on voit qu’il suffit de démontrer le lemme de topologie sui-

vant pour avoir le théorème annoncé :

LEMME. - Soit X
topologique séparée et sur cet espace une famille
un espace
d’écarts tels que, pour tout point x , si l’on se donne une famille
de nombres strictement positifs, les y qui vérifient
di (x , y) ~ a.
pour tout i forment un voisinage de x , et que les voisinages de cette forme
constituent une base de voisinages de x . On suppose de plus que si une suite
est une suite de Cauchy pour chacun des
di’ il existe un x tel que, pour
tout i ~ tende vers zéro quand n tend vers l’infini. Autrement
dit la structure uniforme engendrée par cette famille d’écarts est complète pour
les suites. Alors X est un espace de Baire.

Démontrons ce lemme. Soient dans X suite d’ouverts partout denses., et


une
Un
V un ouvert non vide quelconque ; montrons que l’intersection des U et de V
n
n’est pas vide. Pour cela on va définir une suite par récurrence.
xn
On prendra dans V . On peut alors trouver
x1 U1 n un voisinage de x1. contenu
lui aussi dans
U~ n V et qui se compose des y tels que x.) ~ a. pour
tout 1 . Soit V~ l’ensemble des y tels que
a. pour tout i .

On prend dans et définit de la même façon


x~ U~ n
V~ ~ on un voisinage de
contenu ainsi qu’un voisinage "moitié"
x~ dans 1~ V~ . Et ainsi de suite.

Remarquons que l’on peut toujours s’arranger pour que l’on ait, pour tout i ~
et pour tout n ~ alors la suite est de Cauchy pour chacun
~- ai ;
des d.. Soit donc x un point tel que d.(x ~ x ) tende vers zéro pour tout
i; on remarque que x~) ~ lim d~(x~~ ~ x~) ~: a~ pour tout i et tout n.
Ce qui prouve que x appartient à V pour tous les n , donc à tous les U
n n
et à V .

Enonçons encore trois propriétés de ces topologies dont nous aurons besoin dans
la suite.

LEMME a. - Pour r > r’ (0 r , r’ + ~) , l’injection naturelle de


M) dans (v , M) est continue pour les topelegies K-Cr et

(resp. Cr et resp. (f et f’ ).
C’est trivial.

(0 r ~ r~ : + oo) . Soit U un ouvert de Rp et r > r’ ; alors


est partout dense dans Homr’ (U , pour la topologie

. c. - (O~r’ r ~ ~ 00) . Soient


.
U un ouvert de RP, K un compact
de U, V un voisinage quelconque de K dans U , f une fonction de classe
C de U dans Rn ; alors il existe aussi près que n veut de f au sens

une fonction g qui coïncide avec f en dehors de V et qui soit de


Cr

classe sur K .

On remarque tout de suite qu’il suffit de démontrer les lemmes b et c dans le


cas n = 1 . On démontre d’abord le lemme c par convolution avec une cloche de
classe Cr . Ensuite, on en déduit le lemme b en répétant l’ opération pour toute
une suite de compacts qui recouvrent U. Pour une démonstration détaillée, je
renvoie au mémoire de WHITNEY [5] (*), où l’on verra d’ailleurs que l’ on peut
supposer que la cla sse C~ est la classe des fonctions analytiques.

Remarquée - Si v M) ( 0 ~ S contient une application propre


f , toutes les applications de V i M) sont propres. Les applications
propres forment donc un ouvert (et aussi un fermé) de t-1) pour la
topologie G~ .

(*) chiffres
Les entre crochets renvoient à la bibliographie
~ p commune aux exposés
XP
4 à 7, placée à la fin de l’exposé n° 7.

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