1 15 : Similitudes directes
15 Similitudes directes
Définition 1
Une transformation du plan complexe 𝒫 est une application
𝑓∶ 𝒫 ⟶ 𝒫
qui est bijective.
𝑀 ⟼ 𝑀′
A toute transformation 𝑓 du plan complexe, on peut associer une unique application
𝜑∶ ℂ ⟶ ℂ
𝑧 ⟼ 𝑧′
telle que si 𝑀 ′ (𝑧′ ) = 𝑓(𝑀(𝑧)), alors 𝜑(𝑧) = 𝑧′ .
𝜑 , qui est également bijective, est appelée transformation complexe associée à 𝑓 .
La formule 𝑧′ = 𝜑(𝑧) est appelée écriture ou expression complexe de la transformation 𝑓.
Exemple 2 — La translation, l’homothétie et la rotation sont des transformations du
plan.
— La composée de deux transformations du plan est une transformation du plan.
Voici les écritures complexes de ces transformations du plan.
Écriture complexe d’une translation
Théorème 3
⃗ d’affixe 𝑎 , transforme un point 𝑀(𝑧) en un point 𝑀 ′ (𝑧′ ) tel
La translation de vecteur 𝑢,
que : 𝑧′ = 𝑧 + 𝑎.
Démonstration
Dire que 𝑀 ′ est l’image de 𝑀 par la translation de vecteur 𝑢⃗ revient à dire que ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀𝑀 ′ = 𝑎,⃗ ce qui se
′ ′
traduit en termes d’affixes par 𝑧 − 𝑧 = 𝑎 soit 𝑧 = 𝑧 + 𝑎.
Remarque 4 ⃗
— La translation réciproque a pour vecteur −𝑢.
— Ajouter un nombre 𝑎 revient géométriquement à translater d’un vecteur d’affixe 𝑎.
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2 15 : Similitudes directes
Écriture complexe d’une homothétie
Théorème 5
L’homothétie de centre Ω(𝜔) et de rapport 𝑘 ∈ ℝ transforme un point 𝑀(𝑧) en un point
𝑀 ′ (𝑧′ ) tel que : 𝑧′ − 𝜔 = 𝑘(𝑧 − 𝜔).
Démonstration
Dire que 𝑀 ′ est l’image de 𝑀 par l’homothétie de centre Ω et de rapport 𝑘, signifie par définition
que : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Ω𝑀 ′ = 𝑘⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Ω𝑀, ce qui se traduit en termes d’affixes par : 𝑧′ −𝜔 = 𝑘(𝑧−𝜔) ou 𝑧′ = 𝑘𝑧+𝜔(1−𝑘).
Exemple 6
Soit 𝑓 la transformation du plan qui, à tout point 𝑀(𝑧) du plan associe le point 𝑀 ′ (𝑧′ ) tel
5
que : 𝑧′ = − 𝑧 + 2i.
2
Montrons d’abord que 𝑓 admet un unique point invariant.
Pour cela, résolvons l’équation 𝑓(𝜔) = 𝜔.
5 4
𝑓(𝜔) = 𝜔 ⟺ − 𝜔 + 2i = 𝜔 ⟺ 𝜔 = i.
2 7
4
La transformation 𝑓 admet donc un unique point invariant Ω d’affixe 𝜔 = i.
7
Pour déterminer la nature de 𝑓 , exprimons 𝑧′ − 𝜔 en fonction de 𝑧 − 𝜔. On a :
⎧ 5
⎪ 𝑧′ = − 𝑧 + 2i
⎨ 2
⎪ 𝜔 = − 5 𝜔 + 2i
⎩ 2
5
D’où en soustrayant membre à membre : 𝑧′ − 𝜔 = − (𝑧 − 𝜔)..
2
On en déduit, grâce à son écriture complexe, que 𝑓 est l’homothétie de centre Ω et de rapport
5
𝑘=− .
2
Remarque 7 — Comme cas particulier d’une homothétie, on a la symétrie centrale, qui
est une homothétie de rapport −1.
L’écriture complexe de la symétrie s de centre Ω d’affixe 𝜔 est s(𝑧) = 𝑧′ = −𝑧 + 2𝜔.
— Lorsque O (origine du repère )est le centre de l’homothétie alors 𝑧′ = 𝑘𝑧.
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3 15 : Similitudes directes
Écriture complexe d’une rotation
Théorème 8
La rotation de centre Ω(𝜔) et d’angle 𝜃 ∈ ℝ transforme un point 𝑀(𝑧) en un point 𝑀 ′ (𝑧′ ) tel
que : 𝑧′ − 𝜔 = ei𝜃 (𝑧 − 𝜔) ou 𝑧′ = ei𝜃 𝑧 + 𝜔(1 − ei𝜃 ).
Démonstration
Si 𝑀 = Ω, la relation 𝑧′ − 𝜔 = ei𝜃 (𝑧 − 𝜔) est triviale.
Si 𝑀 ≠ Ω , dire que 𝑀 ′ est l’image de 𝑀 par la rotation de centre Ω et d’angle 𝜃 signifie que :
Ω𝑀 ′ = Ω𝑀
{ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗′
(Ω𝑀 ; Ω𝑀 ) = 𝜃 [2𝜋]
Ce qui se traduit en termes d’affixes par :
′
⎪ |𝑧 − 𝜔| = |𝑧 − 𝜔|
⎧
⎨ 𝑧′ − 𝜔
⎪ arg ( ) = 𝜃 [2𝜋]
⎩ 𝑧−𝜔
𝑧′ − 𝜔
On en déduit que : = ei𝜃 d’où 𝑧′ − 𝜔 = ei𝜃 (𝑧 − 𝜔).
𝑧−𝜔
Cas particulier
Si Ω =O, l’écriture complexe de la rotation devient : 𝑧′ = ei𝜃 𝑧.
Exemple 9
On donne deux points distincts 𝐴(𝑎) et 𝐵(𝑏). On construit le carré ABCD de sens direct.
Quelle est l’affixe 𝜔 du centre Ω du carré ABCD ?
𝜋
Il suffit de remarquer que B est l’image de A par la rotation de centre Ω et d’angle .
2
i 𝜋2 𝑎i − 𝑏
𝑏 − 𝜔 = e (𝑎 − 𝜔) = i(𝑎 − 𝜔) ⟺ 𝜔(1 − i) = 𝑎i − 𝑏 ⟺ 𝜔 = .
1−i
Exercice 10 ⃗ 𝑣).
1. Le plan complexe est muni d’un repère orthonormé direct (𝑂; 𝑢, ⃗
Soit 𝐴, 𝐵 et 𝐶 les points d’affixes respectives 𝑧𝐴 = 4, 𝑧𝐵 = 1 + 3i et 𝑧𝐶 = 1 − i.
(a) Déterminer l’écriture complexe de la translation de vecteur ⃗⃗⃗⃗
𝐴𝐵 puis trouver
′
l’image 𝐶 du point 𝐶.
𝜋
(b) Déterminer l’écriture complexe de la rotation de centre 𝑂 et d’angle puis
3
trouver l’image 𝐴 ′ de 𝐴.
(c) Déterminer le rapport de l’homothétie de centre Ω(1) qui transforme 𝐵 en 𝐶.
𝜋
(d) Déterminer le centre de la rotation d’angle qui transforme 𝐵 en 𝐶.
4
2. Déterminer la nature et les éléments caractéristiques des transformations suivantes :
[Link]
4 15 : Similitudes directes
2𝜋
a) 𝑇1 ∶ 𝑧′ = (− 12 + i √3
2
) 𝑧 + 2i(1 − ei 3 ) b) 𝑇2 ∶ 𝑧′ = −√3𝑧 + (4 + i)(1 + √3)
I - Similitudes directes
Définition 11 (Rappel)
On appelle similitude plane directe, toute transformation du plan 𝒫 dans lui-même qui
multiplie les distances par un nombre réel 𝑘 > 0, appelé rapport et qui conserve les mesures
d’angles.
Les éléments caractéristiques d’une similitude directe sont :
le rapport,
le centre,
l’angle.
Exemple 12 — Une translation de vecteur non nul est une similitude directe de rapport
𝑘 = 1 et d’angle 𝜃 = 0.
— Une homothétie de centre Ω et de rapport 𝑘 est une similitude directe de centre Ω ,
de rapport |𝑘| et d’angle 𝜃 = 0 si 𝑘 > 0 ou 𝜃 = 𝜋 si 𝑘 < 0.
— Une rotation de centre Ω et d’angle 𝜃 est une similitude directe de rapport 𝑘 = 1, de
centre Ω et d’angle 𝜃.
Toute similitude directe S de centre Ω, de rapport 𝑘 et d’angle 𝜃 est notée par S(Ω, 𝑘, 𝜃).
Ω, 𝑘 et 𝜃 sont les éléments caractéristiques de la similitude directe.
Propriétés géométriques d’une similitude directe
Soit 𝑆 la similitude directe de centre Ω, de rapport 𝑘 et d’angle 𝜃 qui transforme le point 𝑀(𝑧) en
𝑀 ′ (𝑧′ ).
′
Ω𝑀 ′ = 𝑘 Ω𝑀
𝑆(𝑀) = 𝑀 ⟺ { ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗′
(Ω𝑀 , Ω𝑀 ) = 𝜃 [2𝜋]
Remarque 13 — Le centre de la similitude est le seul point invariant.
— Une similitude directe qui n’admet pas de point invariant est une translation.
Propriété 14 — Une similitude directe multiplie :
− les distances par 𝑘,
− les aires par 𝑘2 .
— Une similitude directe conserve :
− l’alignement des points,
− le parallélisme,
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5 15 : Similitudes directes
− l’orthogonalité,
− le contact.
− le barycentre
− les angles orientés.
— Par une similitude directe S l’image d’une droite Δ passant les points A et B est une
droite Δ′ passant par les images A’ et B’ de A et B par S.
— Par une similitude directe S l’image d’un cercle 𝒞 de centre 𝐼 et de rayon 𝑟 est un
cercle 𝒞′ de centre 𝐼 ′ image de 𝐼 par S et de rayon 𝑘𝑟 .
— La réciproque d’une similitude directe 𝑆(Ω, 𝑘, 𝜃) est une similitude directe 𝑆 −1
1
(Ω, , −𝜃).
𝑘
— La composée de deux similitudes directes de même centre , est une similitude directe
de même centre, de rapport le produit des rapports et d’angle, la somme des angles.
S(Ω, 𝑘, 𝜃)∘S’(Ω′ , 𝑘′ , 𝜃′ )=S(Ω, 𝑘 + 𝑘′ , 𝜃 + 𝜃′ )
Remarque 15
Soit la similitude directe 𝑆(Ω, 𝑘, 𝜃). Alors :
𝑆 ∘ 𝑆 ∘ 𝑆 ∘ ⋯ 𝑆 ∘ 𝑆 ∘ 𝑆 = 𝑆(Ω, 𝑘𝑛 , 𝑛 𝜃)
⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟
𝑛 fois
Expression complexe d’une similitude directe
Activité d’introduction 16
Le plan complexe 𝒫 est muni du repère orthonormé (O ; I , J).
On considère l’application 𝑓 du plan complexe 𝒫 dans lui-même qui à tout point 𝑀 d’affixe
𝑧 associe le point 𝑀 ′ d’affixe 𝑧′ = (1 + i)𝑧 + 2 − 3i.
1. Déterminer l’image 𝐴 ′ du point 𝐴 d’affixe 2 + i.
2. Quelle est l’affixe de l’image du point O ? du point I ? du point J ?
3. Déterminer l’affixe de l’antécédent du point 𝐵 ′ (−2i) .
4. Quelle est l’affixe de l’antécédent du point O ?
5. Déterminer le point Ω dont l’affixe 𝜔 vérifie 𝑓(𝜔) = 𝜔.
6. Exprimer 𝑧 en fonction de 𝑧′ sous la forme 𝑧 = 𝑎𝑧′ + 𝑏 où 𝑎 et 𝑏 sont des nombres
complexes écrits sous forme algébrique.
Activité d’introduction 17
On considère l’application 𝑓 du plan complexe 𝒫 dans lui-même qui à tout point 𝑀 d’affixe
𝑧 associe son image 𝑀 ′ d’affixe 𝑧′ telle que 𝑧′ = 𝑎𝑧+𝑏 où 𝑎 et 𝑏 sont des nombres complexes
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6 15 : Similitudes directes
non nuls.
On donne les points 𝐴(1), 𝐵(i), 𝐴 ′ (1 + 2i) et 𝐵 ′ (−1 + 6i)
1. Déterminer 𝑎 et 𝑏 sachant que 𝑓(𝐴) = 𝐴 ′ et 𝑓(𝐵) = 𝐵 ′ .
2. Déterminer 𝜔 tel que 𝑓(𝜔) = 𝜔.
3. Exprimer 𝑧′ − 𝜔 en fonction de 𝑧 − 𝜔.
4. En posant 𝑧′ = 𝑥′ + i𝑦′ et 𝑧 = 𝑥 + i𝑦 exprimer 𝑥′ et 𝑦′ en fonction de 𝑥 et 𝑦.
Théorème 18 (Écriture complexe)
La similitude directe 𝑆 de centre Ω d’affixe 𝜔, de rapport 𝑘 et d’angle 𝜃 transforme un point
𝑀(𝑧) en un point 𝑀 ′ (𝑧′ ) tel que : 𝑧′ − 𝜔 = 𝑘ei𝜃 (𝑧 − 𝜔) ou 𝑧′ = 𝑘ei𝜃 𝑧 + 𝜔(1 − 𝑘ei𝜃 ).
Démonstration
′ ⎧
⎪ 𝑧′ − 𝜔
⎧ Ω𝑀 ⎪
⎪ | |=𝑘
′
Ω𝑀 ′ = 𝑘 Ω𝑀 =𝑘 𝑧−𝜔
𝑆(𝑀) = 𝑀 ⟺ { ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗′ ⟺⎨ Ω𝑀 ⟺⎨
(Ω𝑀 , Ω𝑀 ) = 𝜃 [2𝜋] (⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Ω𝑀 , ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Ω𝑀 ′ ) = 𝜃 [2𝜋] ⎪
⎪ 𝑧′ − 𝜔
⎩ ⎪ arg ( )=𝜃 [2𝜋]
⎩ 𝑧−𝜔
𝑧′ − 𝜔
⟺ = 𝑘ei𝜃 ⟺ 𝑧′ − 𝜔 = 𝑘ei𝜃 (𝑧 − 𝜔) ou 𝑧′ = 𝑘ei𝜃 𝑧 + 𝜔(1 − 𝑘ei𝜃 ).
𝑧−𝜔
Conséquence 19
Toute similitude directe a une écriture complexe de la forme : 𝑧′ = 𝑎𝑧 + 𝑏 où 𝑎 ∈ ℂ⋆ , 𝑏 ∈ ℂ
et 𝑧′ l’affixe de l’image du point d’affixe 𝑧.
Réciproque
Toute transformation 𝑓 admettant une écriture de la forme : 𝑧′ = 𝑎𝑧 + 𝑏 avec 𝑎 ≠ 0 est une
similitude directe de rapport 𝑘 = |𝑎| et d’angle 𝜃 = arg 𝑎.
Démonstration
Soient 𝑀 et 𝑁 points quelconques du plan d’images respectives 𝑀 ′ et 𝑁 ′ par 𝑓.
𝑧𝑁 ′ = 𝑎𝑧𝑁 + 𝑏
{ alors 𝑧𝑁 ′ − 𝑧𝑀 ′ = 𝑎(𝑧𝑁 − 𝑧𝑀 ) d’où |𝑧𝑁 ′ − 𝑧𝑀 ′ | = |𝑎| |𝑧𝑁 − 𝑧𝑀 |.
𝑧𝑀 ′ = 𝑎𝑧𝑀 + 𝑏
D’où 𝑀 ′ 𝑁 ′ = |𝑎| × 𝑀𝑁
Et 𝑎 ≠ 0, donc f est une similitude de rapport |𝑎|.
De plus, comme 𝑎 ≠ 0, son argument existe et arg (𝑧𝑁′ − 𝑧𝑀
′
) = arg 𝑎 + arg (𝑧𝑁 − 𝑧𝑀 )
⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Donc : (𝑢, ⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀 ′ 𝑁 ′ ) = arg 𝑎 + (𝑢, 𝑀𝑁).
D’où : (⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀𝑁, ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀 ′ 𝑁 ′ ) = arg 𝑎
𝑓 est une similitude et l’angle entre un vecteur et son image est constant donc :
𝑓 est donc une similitude directe et son angle vaut cette constante : arg 𝑎.
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7 15 : Similitudes directes
Théorème 20
Soient A, B, A’ et B’ quatre points donnés du plan tels que A ≠ B et A’ ≠ B’.
Alors, il existe une unique similitude directe 𝑠 telle que : 𝑠(A) = A’ et 𝑠(B) = B’.
Démonstration
Si une telle similitude 𝑠 existe alors il existe deux nombres complexes 𝑎 et 𝑏 , avec 𝑎 ≠ 0 tels que :
𝑧𝐴 ′ = 𝑎𝑧𝐴 + 𝑏 et 𝑧𝐵 ′ = 𝑎𝑧𝐵 + 𝑏
𝑧 ′ − 𝑧𝐴 ′
alors : 𝑧𝐵 ′ − 𝑧𝐴 ′ = 𝑎(𝑧𝐵 − 𝑧𝐴 ) soit 𝑎 = 𝐵 et on a : 𝑏 = 𝑧𝐴 ′ − 𝑎𝑧𝐴
𝑧𝐵 − 𝑧𝐴
Si 𝑠 existe, le couple (𝑎, 𝑏) est unique et 𝑠 est donc elle aussi unique.
𝑧 ′ − 𝑧𝐴 ′
Soit 𝑠 la similitude directe dont l’écriture complexe est 𝑧′ = 𝑎𝑧+𝑏 où 𝑎 = 𝐵 et 𝑏 = 𝑧𝐴 ′ −𝑎𝑧𝐴 .
𝑧𝐵 − 𝑧𝐴
𝐵 étant différent de 𝐴, donc 𝑎 est défini.
𝑧𝐴 ′ = 𝑎𝑧𝐴 + 𝑏 et 𝑧𝐵 ′ − 𝑧𝐴 ′ = 𝑎𝑧𝐵 − 𝑎𝑧𝐴
Donc 𝑧𝐵 ′ = 𝑎𝑧𝐵 − 𝑎𝑧𝐴 + 𝑧𝐴 ′ = 𝑎𝑧𝐵 + 𝑏
De plus, comme 𝐵 ≠ 𝐴, donc 𝑎 est non nul et 𝑠 est donc définie.
D’où : 𝑠(𝐴) = 𝐴 ′ et 𝑠(𝐵) = 𝐵 ′ .
Une similitude directe transformant A en A’ et B en B’ existe donc et est unique.
Expression analytique d’une similitude directe
À partir de l’écriture complexe d’une similitude s directe, on peut en déduire l’écriture analytique.
Pour cela on remplace 𝑧 par 𝑥 + i𝑦 et 𝑧′ par 𝑥′ + i𝑦′ dans 𝑧′ = 𝑎𝑧 + 𝑏. Puis on exprime 𝑥′ et 𝑦′ en
fonction de 𝑥 et 𝑦.
Exemple 21
Soit s : 𝑧′ = (1 − i)𝑧 + 1 + 5i
′ ′ ′ ′ 𝑥′ = 𝑥 + 𝑦 + 1
𝑥 + i𝑦 = (1 − i)(𝑥 + i𝑦) + 1 + 5i ⟺ 𝑥 + i𝑦 = 𝑥 + 𝑦 + 1 + i(−𝑥 + 𝑦 + 5) ⇔ { ′
𝑦 = −𝑥 + 𝑦 + 5
Utilisation des nombres complexes pour déterminer la nature d’une transformation géomé-
trique
Théorème 22
Soit une similitude directe s d’écriture complexe : 𝑧′ = 𝑎𝑧 + 𝑏 avec 𝑎 ≠ 0.
— si 𝑎 = 1 : s est la translation de vecteur d’affixe 𝑏.
𝑏
— si 𝑎 ≠ 1 : alors s admet un unique point invariant d’affixe : 𝜔 = et s est la compo-
1−𝑎
sée :
— de l’homothétie de centre Ω(𝜔) et de rapport |𝑎| (rapport de s) et
— de la rotation de centre Ω(𝜔) et d’angle : arg𝑎 (angle de s)
Ω est appelé le centre de la similitude directe s.
Et une écriture complexe de s est alors 𝑧′ − 𝜔 = |𝑎|𝑒 iarg𝑎 (𝑧 − 𝜔).
𝑏
— si |𝑎| = 1 et 𝑎 ≠ 1 alors s est une rotation de centre d’affixe 𝜔 = et d’angle arg𝑎.
1−𝑎
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8 15 : Similitudes directes
𝑏
— si 𝑎 ∈ ℝ ∖ {0 , 1} alors s une homothétie de centre d’affixe 𝜔 = et de rapport 𝑎.
1−𝑎
Récapitulatif des écritures complexes
Transformation Écriture complexe
Translation de vecteur 𝑢⃗ 𝑧′ = 𝑧 + 𝑏 (𝑏 = affixe de 𝑢)⃗
Homothétie de centre Ω, rapport 𝑘 𝑧′ − 𝜔 = 𝑘(𝑧 − 𝜔) (𝜔 = affixe de Ω)
Rotation de centre Ω, angle 𝜃 𝑧′ − 𝜔 = 𝑒 𝑖𝜃 (𝑧 − 𝜔) (𝜔 = affixe de Ω)
Similitude directe de centre Ω, 𝑘 > 0, 𝜃 ∈ ℝ 𝑧′ − 𝜔 = 𝑘𝑒 𝑖𝜃 (𝑧 − 𝜔) (𝜔 = affixe de Ω)
Exercice 23 1. Identifier la transformation définie par l’écriture complexe donnée et
préciser ses éléments caractéristiques
a) 𝑧 ′ = 𝑧 − i √3
b) 𝑧′ = √22
(1 − i)𝑧 − i
′
c) 𝑧 = 4𝑧 − 2i
d) 𝑧′ = −i𝑧 + 1 + i
2. Donner l’écriture complexe des similitudes directes ci-dessous de centre Ω d’affixe 𝜔 ,
de rapport 𝑘 et d’angle 𝜃.
𝜋
a) 𝜔 = 2 + i, 𝑘 = 2, 𝜃 =
2
1 𝜋
b) 𝜔 = −i, 𝑘 = , 𝜃 =
2 2
𝜋
c) 𝜔 = 1 + 2i, 𝑘 = 3, 𝜃 =
2
3𝜋
d) 𝜔 = 0, 𝑘 = √3, 𝜃 =
4
d) 𝜔 = 1 + i , 𝑘 = 2, 𝜃 = 𝜋
e) 𝜔 = −1 , 𝑘 = 7, 𝜃 = 0
[Link]