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En Haïti, l'absence de conventions fiscales bilatérales actives entrave les investissements étrangers et limite les capacités de recouvrement de l'État, avec une pression fiscale très faible. Les lenteurs institutionnelles, les exonérations fiscales et l'instabilité politique aggravent cette situation, rendant difficile la mise en œuvre des normes internationales. Les conventions fiscales visent à éliminer la double imposition et à prévenir l'évasion fiscale, mais leur application est compliquée par des critères de résidence et des règles spécifiques pour différentes catégories de revenus.

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En Haïti, l'absence de conventions fiscales bilatérales actives entrave les investissements étrangers et limite les capacités de recouvrement de l'État, avec une pression fiscale très faible. Les lenteurs institutionnelles, les exonérations fiscales et l'instabilité politique aggravent cette situation, rendant difficile la mise en œuvre des normes internationales. Les conventions fiscales visent à éliminer la double imposition et à prévenir l'évasion fiscale, mais leur application est compliquée par des critères de résidence et des règles spécifiques pour différentes catégories de revenus.

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Les difficultés d’application des

conventions fiscales en Haïti

En Haïti, la principale difficulté


d’application des conventions fiscales
résulte de l’absence totale de
conventions fiscales bilatérales
actives avec d'autres pays. Cette
carence institutionnelle freine
considérablement les
investissements étrangers et limite
les capacités de recouvrement de
l'État dans un contexte où la pression
fiscale reste structurellement très
faible (autour de 5% à 8% du PIB,
bien en deçà du seuil de 15%
recommandé).

Plusieurs facteurs expliquent cette


situation:
• Absence de traités
internationaux : Haïti n'ayant ratifié
aucune convention internationale de
double imposition, les transactions
transfrontalières sont pénalisées par
une double imposition (au départ et à
l'arrivée), ce qui décourage les
multinationales et les investisseurs
de la diaspora.
• Lenteurs et vulnérabilité
institutionnelles : Le système de la
Direction Générale des Impôts (DGI)
est alourdi par des coûts de
perception élevés, des lacunes en
matière de ressources humaines
qualifiées et un manque d'outils
numériques pour tracer les flux
financiers internationaux.

• Climat de surenchère et
d'incitations : L'État recourt souvent
à des exonérations douanières et
fiscales (franchises) pour attirer les
investisseurs, ce qui rend l'assiette
fiscale inégale, favorise le
"chalandage fiscal" et prive le trésor
public de revenus nécessaires.
• Contraintes socio-politiques :
L’instabilité politique récurrente et
l'insécurité chronique empêchent une
modernisation complète du cadre
juridique, rendant impossible la mise
en œuvre des standards
internationaux de l'OCDE contre
l'évasion fiscale.
1. Fonctionnement et
répartition du pouvoir
d'imposition
Le but principal d'une convention
fiscale bilatérale est d'éliminer la
double imposition (lorsqu'un même
revenu est taxé par deux pays
différents) et de prévenir l'évasion
fiscale.
Pour y parvenir, les traités tranchent
les conflits de souveraineté entre
deux États :

• L'État de résidence : Le pays où


le contribuable (individu ou
entreprise) a son attache principale.
• L'État de source : Le pays où le
revenu est généré ou payé.

Les trois méthodes de


répartition :
• L'imposition exclusive à la
résidence : L'État de la source
renonce totalement à taxer le revenu.
• L'imposition exclusive à la
source : L'État de résidence exonère
le revenu pour éviter qu'il soit taxé
deux fois.

• L'imposition partagée : L'État de


la source prélève un impôt (souvent
limité à un taux maximum appelé
"retenue à la source"). L'État de
résidence taxe également ce revenu,
mais il élimine la double imposition
en accordant soit un crédit d'impôt
(égal à l'impôt payé à l'étranger), soit
une exemption.

2. Les critères de
résidence fiscale
Pour appliquer une convention, il faut
d'abord déterminer de quel État le
contribuable est le résident fiscal. En
cas de conflit (si les deux pays
revendiquent la personne selon leur
droit interne), les conventions
utilisent des critères de départage
hiérarchisés.

Pour les personnes


physiques (ordre de
priorité) :
• Le foyer d'habitation permanent
: Le logement permanent dont
dispose le contribuable.

• Le centre des intérêts vitaux :


L'État avec lequel les liens
personnels (famille) et économiques
(travail, investissements) sont les
plus étroits.

• Le séjour habituel : Le pays où


la personne séjourne le plus souvent.
• La nationalité : Si le séjour
habituel ne permet pas de trancher.

• L'accord amiable : Les autorités


fiscales des deux États règlent la
situation d'un commun accord.
Pour les personnes
morales (entreprises) :
Le critère déterminant est
généralement le siège de direction
effective (le lieu où sont prises les
décisions de gestion clés et
stratégiques).

3. Le traitement fiscal
par catégorie de revenus
Les conventions fiscales classent les
revenus par catégories et leur
appliquent des règles de répartition
spécifiques.

A. Salaires (Revenus de
l'emploi)
• Principe : Le droit d'imposer
revient à l'État où l'activité salariée
est physiquement exercée (État de
la source).
• Exception (Règle des 183 jours)
: L'impôt reste exclusif à l'État de
résidence si le salarié remplit trois
conditions cumulatives :

1. Il passe moins de 183 jours dans


l'État de la source (sur une période
de 12 mois).
2. Son employeur n'est pas résident
de l'État de la source.
3. La charge du salaire n'est pas
supportée par un établissement
stable de l'employeur dans l'État de
la source.
B. Dividendes
• Principe : L'imposition est
partagée.

• Mécanisme : L'État de la source


(pays de la société qui distribue) peut
appliquer une retenue à la source,
mais son taux est plafonné par la
convention (souvent à 5 %, 10 % ou
15 %). L'État de résidence de
l'actionnaire taxe le revenu global,
mais élimine la double imposition par
un crédit d'impôt correspondant à la
retenue subie.

C. Intérêts
• Principe : L'imposition est
généralement partagée, bien que la
tendance moderne (et le modèle de
l'OCDE) pousse vers une imposition
exclusive à la résidence.

• Mécanisme : Semblable aux


dividendes. L'État de la source (pays
du débiteur) peut
prélever une retenue à la source
limitée. L'État de résidence du
bénéficiaire perçoit l'impôt final sous
déduction du crédit d'impôt
conventionnel.

D. Redevances (Royalties /
Propriété intellectuelle)
• Principe : Paiements pour l'usage
de droits d'auteur, brevets, marques
ou logiciels.

• Mécanisme : Le modèle standard


de l'OCDE prévoit une imposition
exclusive dans l'État de résidence
du bénéficiaire effectif. Toutefois, de
nombreuses conventions bilatérales
dérogent à ce modèle et
maintiennent une imposition partagée
avec une retenue à la source
modérée au profit de l'État de la
source.

E. Revenus des entreprises


(Bénéfices industriels et
commerciaux)
• Règle de l'Établissement Stable
(ES) : Les bénéfices d'une entreprise
d'un État ne sont imposables dans
l'autre État que si l'activité y est
exercée par l'intermédiaire d'un
"établissement stable".

• Définition de l'ES : Une
installation fixe d'affaires (succursale,
usine, bureau, chantier de longue
durée) ou un agent dépendant qui
conclut habituellement des contrats
au nom de l'entreprise.

• Application : Sans établissement


stable : Imposition exclusive dans
l'État de résidence de l'entreprise.

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