Important
Important
1 Polynômes
1.1 Formule de Taylor pour les polynômes
Soit P un polynôme non nul de degré n ∈ N.
n n
X P(k) (a) X P(k) (0) k
∀a ∈ K, P = (X − a)k . P= X .
k! k!
k=0 k=0
P(k) (0)
Pour tout polynôme P et tout entier naturel k, le coefficient de Xk dans P est ak = .
k!
Définition. Un idéal I de K[X] est principal ⇔ il ext engendré par l’un de ses éléments c’est-à-dire si et seulement si il
est de la forme I = PK[X] = {PQ, Q ∈ K[X]}.
Théorème. (K[X], +, ×) est un anneau principal, c’est-à-dire que tout idéal de cet anneau est principal.
2 Algèbre linéaire
Voir les résumés de sup déjà fournis.
1
3 Réduction des endomorphismes et des matrices carrées
3.1 Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres
Valeurs propres. E est un K-espace vectoriel de dimension quelconque. λ ∈ K.
λ est valeur propre de f ⇔ ∃x ∈ E \ {0}/ f(x) = λx
⇔ f − λIdE non injectif
⇔ Ker (f − λIdE ) 6= {0}.
Si de plus E est de dimension finie,
λ est valeur propre de f ⇔ f − λIdE ∈ / GL(E)
⇔ det (λIdE − f) = 0.
Soit A ∈ Mn (K).
λ est valeur propre de A ⇔ ∃X ∈ Mn,1 (K \ {0}/ AX = λX
⇔ Ker (A − λIn ) 6= {0}
⇔ A − λIn ∈/ GLn (K)
⇔ rg (A − λIn ) < n
⇔ det (λIn − A) = 0.
En particulier, A ∈ GLn (K) ⇔ 0 n’est pas valeur propre de A. Si dim(E) < +∞, f ∈ GL(E) ⇔ 0 n’est pas valeur propre
de f.
Si E est un C-espace de dimension finie non nulle, tout endomorphisme de E admet au moins une valeur propre. Toute
matrice carrée admet au moins une valeur propre dans C.
Vecteurs propres. E est un K-espace vectoriel de dimension quelconque. Soient f ∈ L (E) et x ∈ E.
x est un vecteur propre de f si et seulement si x 6= 0 et ∃λ ∈ K/ f(x) = λx.
Soit A ∈ Mn (K) et X ∈ Mn,1 (K).
X est un vecteur propre de A si et seulement si X 6= 0 et ∃λ ∈ K/ AX = λX.
Sous-espaces propres. Si λ est valeur propre de f, le sous-espace propre associé à λ est Eλ = Ker (f − λIdE ).
Ce sous-espace propre est constitué de 0 et des vecteurs propres associés à λ.
Si λ n’est pas valeur propre de f, alors Eλ = {0} et dans ce cas, Eλ n’est pas un sous-espace propre de f.
Définition analogue pour une matrice.
Théorème. Une famille de vecteurs propres associés à des valeurs propres deux à deux distinctes est libre.
Théorème. La somme d’un nombre fini de sous-espaces propres est directe.
2
Théorème. Si λ est valeur propre de A (de f) d’ordre o(λ), alors 1 6 dim (Eλ ) 6 o(λ) et aussi o(λ) > dim (Eλ ).
Si λ est valeur propre simple, dim (Eλ ) = 1. Le sous-espace propre associé à une valeur propre simple est une droite.
Théorème. A et t A ont même polynôme caractéristique et en particulier même trace et même déterminant.
Théorème. AB et BA (resp. f ◦ g et g ◦ f) ont même polynôme caractéristique et en particulier même trace et même
déterminant.
Théorème. Deux matrices semblables ont même polynôme caractéristique et en particulier même trace et même déter-
minant.
Réciproque fausse pour n > 2. Par exemple, In et In +E1,2 ont même polynôme caractéristique mais ne sont pas semblables.
3.4 Diagonalisation
Définition. Un endomorphisme de E (de dimension non nulle quelconque) est diagonalisable si et seulement si il existe
une base de E formée de vecteurs propres de f.
Si de plus, E est de dimension finie, f est diagonalisable si et seulement si il existe une base de E dans laquelle la matrice
de f est diagonale.
A ∈ Mn (K) est diagonalisable si et seulement si A est semblable à une matrice diagonale c’est-à-dire ∃P ∈ GLn (K,
∃D ∈ Dn (K)/ A = PDP−1 .
Théorème. E est un K-espace vectoriel de dimension finie non nulle n et f ∈ L (E). On note ni la dimension de Eλi (f).
f est diagonalisable ⇔ les sous-espaces propres de f sont supplémentaires
X
⇔n= ni
3.5 Trigonalisation
Définition. Un endomorphisme de E (de dimension finie non nulle) est trigonalisable si et seulement si il existe une base
de E dans laquelle la matrice de f est triangulaire.
Une matrice carrée est trigonalisable si et seulement si cette matrice est semblable à une matrice triangulaire.
Théorème. Si E est de dimension finie non nulle sur K, f est trigonalisable si et seulement si χf est scindé sur K.
Tout endomorphisme d’un C-espace de dimension finie non nulle est trigonalisable.
Toute matrice carrée est trigonalisable dans C.
Conséquences. Si Sp(f) = (λ1 , . . . , λn ), alors ∀k ∈ N∗ , Sp fk = λk1 , . . . , λkn et plus généralement,
pour tout polynôme
P, Sp(P(f)) = (P (λ1 ) , . . . , P (λn )). Si de plus f est inversible, ∀k ∈ Z, Sp fk = λk1 , . . . , λkn .
3
Si E est de dimension finie, le générateur unitaire de Ker(Φ) est le polynôme minimal µf de f.
Par définition, Ker(Φ) = µf K[X] ou encore les polynômes annulateurs de f sont les multiples de µf . Le théorème de
Cayley-Hamilton se réénonce sous la forme :
Théorème. µf divise χf .
Théorème (polynômes annulateurs et valeurs propres). Si P(f) = 0 et si λ est valeur propre de f, alors P(λ) = 0.
Les valeurs propres d’un endomorphisme (ou d’une matrice) sont à choisir parmi les racines d’un polynôme annulateur.
Une racine d’un polynôme annulateur n’est pas nécessairement valeur propre mais toute valeur propre est racine d’un
polynôme annulateur.
k
Y α
Théorème. Toute valeur propre de f est racine de µf et toute racine de µf est valeur propre de f. Si χf = (X − λi ) i ,
i=1
k
Y
alors µf est de la forme (X − λi )βi où ∀i, 1 6 βi 6 αi .
i=1
Théorème de décomposition des noyaux. Soient f ∈ L (E) et P1 , . . . , Pk des polynômes deux à deux premiers entre
eux. Alors,
4 Espaces préhilbertiens
Produit scalaire. Soit E un R-espace vectoriel. Un produit scalaire sur E est une forme bilinéaire symétrique définie
positive, c’est-à-dire
• ∀(x, y) ∈ E2 , hx, yi = hy, xi (h , i est symétrique)
• ∀(x, y, z) ∈ E3 , ∀(λ, µ ∈ R2 , hλx + µy, zi = λhx, zi + µhy, zi (h , i est linéaire par rapport à sa première variable
et donc bilinéaire par symétrie)
• ∀x ∈ E, hx, xi > 0 (h , i est positive)
• ∀x ∈ E, hx, xi = 0 ⇒ x = 0 (h , i est définie).
p p
Inégalité de Cauchy-Schwarz. ∀(x, y) ∈ E2 , |hx, yi| 6 hx, xi hy, yi.
p
Norme hilbertienne. x 7→ hx, xi est une norme sur E.
Définition. Si E est de dimension finie, (E, h , i) est un espace euclidien.
Familles orthogonales, familles orthonormales. Soit (ei )i∈I une famille de vecteurs de E.
(ei )i∈I est orthogonale ⇔ ∀i 6= j, hei , ej i = 0.
(ei )i∈I est orthonormale ⇔ ∀(i, j) ∈ I2 , hei , ej i = δi,j .
Théorème. Une famille orthonormale de vecteurs tous non nuls est libre. Une famille orthonormale est libre.
Théorème (procédé d’orthonormalisation de Schmidt). Soit (un )n∈N une famille libre. Il existe une famille
orthonormale (en )n∈N et une seule vérifiant
• ∀n ∈ N, Vect (ek )06k6n = Vect (uk )06k6n .
• ∀n ∈ N, hun , en i > 0.
4
(en )n∈N est l’othonormalisée de la famille libre (un )n∈N . Elle s’obtient par le procédé d’orthonormalisation de Schmidt :
1
• e1 = u1 .
ku1 k
Xn
′ 1 ′
• ∀n ∈ N, en+1 = un+1 − hun+1 , ek iek puis en+1 = ′
en+1 .
k=0
en+1
Théorème. Si E est euclidien, il existe au moins une base orthonormée B = (ei )16i6n . Dans ce cas,
n
X
• ∀x = xi ei ∈ E, on a ∀i ∈ J1, nK, xi = hx, ei i.
i=1
n
X n
X n
X
• ∀x = xi ei ∈ E, ∀y = yi ei ∈ E, on a hx, yi = xi yi .
i=1 i=1 v i=1
n
X u n 2
uX
• ∀x = xi ei ∈ E, on a kxk = t xi .
i=1 i=1
Définition. Soit A une partie non vide de E. L’orthogonal de A, noté A⊥ , est l’ensemble des vecteurs de E orthogonaux
à tous les vecteurs de A : A⊥ = {y ∈ E/ ∀x ∈ A, hx, yi = 0}.
Convention. ∅⊥ = E, {x}⊥ = x⊥ .
Théorème.
• ∀A ∈ P(E), A⊥ est un sev de E.
• {0}⊥ = E et E⊥ = {0}.
• A ⊂ B ⇒ B⊥ ⊂ A⊥ .
⊥
• A⊥ = (Vext(A)) .
• Si F est un sev, on a toujours F ∩ F⊥ = {0} mais on n’a pas toujours F ⊕ F⊥ = E.
Théorème de la projection orthogonale.
Soit E un espace préhilbertien puis F un sous-espace vectoriel de E de dimension finie. Alors E = F ⊕ F⊥ .
Si x est un vecteur de E, on peut donc définir le projeté orthogonal pF (x) de x sur F. Si B = (ei )16i6n est une base
orthonormale de E, alors
n
X
pF (x) = hx, ei iei .
i=1
5 Espaces euclidiens
5.1 Automorphismes orthogonaux, matrices orthogonales
5.1.1 Matrices orthogonales
Soit A ∈ Mn (R). On note C1 , . . . , Cn les colonnes de A et L1 , . . . , Ln les lignes de A.
A est orthogonale ⇔ t AA = At A = In
⇔ A ∈ GLn (R) et A−1 = t A
⇔ (C1 , . . . , Cn ) est une B.O.N de Mn,1 (R) muni du produit scalaire canonique
⇔ (L1 , . . . , Ln ) est une B.O.N de M1,n (R) muni du produit scalaire canonique.
5
Théorème. A ∈ On (R) ⇒ det(A) ∈ {−1, 1}.
Théorème. O+
n (R) = SOn (R) est un sous-groupe de (On (R), ×) et aussi de (SLn (R), ×).
cos θ − sin θ cos θ sin θ
Théorème. O1 (R) = {±I1 }. O2 (R) = , θ∈R ∪ , θ∈R .
sin θ cos θ sin θ − cos θ
Théorème. Soient E un espace euclidien de dimension n, B une B.O.N de E, f ∈ L (E), A = MatB (f). Alors, f ∈ O(E)
si et seulement si A ∈ On (R).
Théorème. f ∈ O(E) ⇒ det(f) ∈ {−1, 1}.
Théorème. O+ (E) = SO(E) est un sous-groupe de (O(E), ◦) et aussi de (SL(E), ◦).
Théorème. O (E1 ) = {±IdE1 }. O (E2 ) = {rotations} ∪ {réflexions}.
λt XX = t X(AX) = t Xt AX = t AX X = λt XX . . .
Théorème. Soit f ∈ S (E). Si F est un sev de E stable par f, alors F⊥ est un sev de E stable par f.
Théorème spectral.
Soit f ∈ L (E). f est symétrique ⇔ f est diagonalisable en base orthonormée.
Soit A ∈ Mn (R). A est symétrique ⇔ f est orthogonalement semblable à une matrice diagonale.
6
Résumé du cours d’analyse de Sup et Spé
1 Topologie
1.1 Normes, normes équivalentes
Une norme sur le K-espace vectoriel E est une application N de E dans R vérifiant :
Normes équivalentes. Les normes N et N ′ sont équivalentes si et seulement si il existe deux réels strictement positifs
N′
α et β tel que ∀x ∈ E, αN(x) 6 N ′ (x) 6 βN(x). Il revient au même de dire que la fonction est bornée sur E \ {0}.
N
Théorème. Si E est de dimension finie sur K, toutes les normes sont équivalentes.
1.2 Voisinage
Soit x ∈ E. Un voisinage de x est une partie de l’espace vectoriel normé (E, N) qui contient une boule ouverte non vide de
centre x.
L’ensemble des voisinages de x se note V (x). Si V est une partie de E, (V ∈ V (X) ⇔ ∃r > 0/ Bo (x, r) ⊂ V).
Théorè[Link] réunion quelconque de voisinage de x est un voisinage de x. Une intersection finie de voisinage de x est
un voisinage de x.
1.5 Compacts
Une partie non vide K de E est compacte si et seulement si de toute suite d’éléments de K, on peut extraire une sous-suite
qui converge vers un élément de K. ∅ est compact par convention.
Théorème. Si K est compacte, K est fermée et bornée.
1
Théorème (de Borel-Lebesgue). Si (E, N) est un evn de dimension finie, les compacts sont les parties fermées et
bornées.
Théorème (de Bolzano-Weierstrass). Si (E, N) est un evn de dimension finie, de toute suite bornée, on peut
extraire une sous-suite convergente.
2 Fonctions
2.1 Connexité par arcs
Définition. Soit A une partie non vide de E. A est connexe par arcs si et seulement si, pour tout (x, y) ∈ A2 , il existe
γ : t 7→ γ(t) définir et continue sur [0, 1] à valeurs dans E telle que
• γ(0) = x et γ(1) = y ;
• ∀t ∈ [0, 1], γ(t) ∈ A.
Théorème. Un convexe non vide est connexe par arcs.
2.2 Continuité
Théorème des valeurs intermédiaires. Soit f une application d’un evn (E, N) dans un evn (E ′ , N ′ ). Si f est continue
sur E, l’image d’un connexe par arcs de E est un connexe par arcs de E ′ .
En particulier, si f va de R dans R et est continue sur R, l’image d’un intervalle de R par f est un intervalle de R.
Théorème (images réciproques d’ouverts ou de fermé). f va d’une partie D d’un evn (E, N) dans un evn (E ′ , N ′ ).
f est continue sur D si et seulement si l’image réciproque de tout ouvert de (E ′ , N ′ ) est un ouvert de D, c’est-à-dire
l’intersection d’un ouvert de E avec D.
f est continue sur D si et seulement si l’image réciproque de tout fermé de (E ′ , N ′ ) est un fermé de D, c’est-à-dire
l’intersection d’un fermé de E avec D.
Théorème (image continue d’un compact). f va d’une partie D d’un evn (E, N) dans un evn (E ′ , N ′ ). Si f est continue
sur D, l’image directe d’un compact de D est un compact de (E ′ , N ′ ).
En particulier, si f va de R dans R et est continue sur R, l’image d’un segment de R par f est un segment de R.
Théorème de Heine. Si f est continue sur un compact, alors f est uniformément continue sur ce compact.
Théorème (continuité de la norme). L’application N : (E, N) → (R, | |) est continue.
x 7→ N(x)
Théorème (continuité d’une application linéaire). f est une application linéaire de (E, k kE ) dans (F, k kF ).
f est continue sur E si et seulement si ∃k ∈ R+ / ∀x ∈ E, kf(x)kF 6 kkxkE .
Si E est de dimension finie, toute application linéaire, forme linéaire, application multilinéaire . . . est continue sur E.
Conséquence. Les sev d’un evn de dimension finie sont fermés.
2.3 Dérivation
Théorème de Rolle. f est une application définie sur un segment [a, b] de R à valeurs dans R. Si f est continue sur
[a, b], dérivable sur ]a, b[ et vérifie f(a) = f(b), alors il existe c ∈]a, b[ tel que f ′ (c) = 0.
Théorème des accroissements finis. f est une application définie sur un segment [a, b] de R à valeurs dans R. Si f est
f(b) − f(a)
continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[ alors il existe c ∈]a, b[ tel que = f ′ (c).
b−a
Le théorème de Rolle et le théorème des accroissements finis sont faux pour les applications de R dans C ou les applications
de R dans Rn , n > 2.
Théorème. f est une application définie sur un segment [a, b] de R à valeurs dans R ou C. Si f est continue sur [a, b], de
classe C1 sur ]a, b] et si f ′ a une limite réelle ou complexe en a, alors f est de classe C1 sur [a, b].
Formule de Taylor-Laplace. Soit f une application définie sur un intervalle I de R à valeurs dans R ou C de classe
Cn+1 sur I. Alors, pour tout (a, b) ∈ I2 ,
n Zb
X f(k) (a) k (b − t)n (n+1)
f(b) = (b − a) + f (t) dt.
k! a n!
k=0
Inégalité des accroissements finis. Soit f une application définie sur un intervalle I de R à valeurs dans R ou C,
dérivable sur I. On suppose que |f ′ | est majorée par le réel M sur I. Alors, pour tout (a, b) ∈ I2 , |f(b) − f(a)| 6 M|b − a|.
2
Inégalité de Taylor-Lagrange. Soit f une application définie sur un intervalle I de R à valeurs dans R ou C, n + 1
fois dérivable sur I. On suppose que |f(n+1) | est majorée par le réel Mn+1 sur I. Alors, pour tout (a, b) ∈ I2 ,
n
X f(k) (a) Mn+1 (b − a)(n+1)
f(b) − (b − a)k 6 .
k! (n + 1)!
k=0
2.4 Intégration
Soit f une
Z x fonction continue sur un intervalle I de R à valeurs dans R ou C. Alors, pour tout x0 de I, la fonction
F : x 7→ f(t) dt est de classe C1 sur I et ∀x ∈ I, F ′ (x) = f(x).
x0
3 Séries numériques
un+1
Règle de d’Alembert. (un ) est une suite complexe, ne s’annulant pas à partir d’un certain rang telle que a
un
une limite ℓ ∈ [0, +∞].
• Si 0 6 ℓ < 1, la série de terme général un converge absolument.
• Si ℓ > 1, la série de terme général un diverge grossièrement.
Produit de Cauchy de deux séries absolument convergentes. Si les séries de termes généraux un et vn sont absolu-!
+∞ +∞
n
! +∞
X X X X
ment convergentes, alors la série de terme général wn = uk vn−k converge et dans ce cas, wn = un vn .
k=0 n=0 n=0 n=0
Critère spécial aux séries alternées (ou théorème de Leibniz). Soit (un ) une suite réelle alternée en signe, dont
la valeur absolue tend vers 0 en décroissant. Alors, la série de terme général un converge.
De plus, S, Sn et Rn sont du signe de leur premier terme et leur valeur absolue est majorée par la valeur absolue de leur
premier terme.
Théorème (séries télescopiques). Soit (an ) une suite complexe. La suite (an ) et la série de terme général an+1 − an
sont de même nature.
Comparaison séries-intégrales. Si Zf est une fonction continue par morceaux sur [0, +∞[, à valeurs réelles positives
n
décroissante, la série de terme général f(t) dt − f(n) converge.
n−1
En particulier, la série de terme général f(n) converge si et seulement si f est intégrable sur [0, +∞[.
Théorème (sommation des relations de comparaison). Soient (an ) et (bn ) deux suites réelles strictement positives
telles que an ∼ bn .
n→+∞
Théorème de Fubini. Soit (ui,j) une suite complexe double. Si Pour tout i, la série de terme
généralui,j est absolument
+∞ +∞ +∞ +∞ +∞ X +∞
!
X X X X X
convergente et que |ui,j | < +∞, alors la suite (ui,j ) est sommable et de plus,
ui,j =
ui,j .
i=0 j=0 i=0 j=0 j=0 i=0
3
4 Suites et séries de fonctions
4.1 Suites de fonctions
1) Convergence simple, uniforme
(fn ) converge simplement sur D vers f si et seulement si, pour chaque x de D, la suite (fn (x)) converge vers f(x).
(fn ) converge uniformément vers f sur D si et seulement si la suite (kf − fn k∞ ) est définie à partir d’un certain rang et
tend vers 0 quand n tend vers +∞.
Ce théorème marche aussi si les ℓn sont +∞ (−infty) à partir d’un certain rang.
3) Continuité.
Théorème. Si (fn ) converge uniformément vers f sur D et si chaque fn est continue sur D, alors f est continue sur D
(une limite uniforme de fonctions continues est continue)
4) Dérivation.
Théorème. Si
• (fn ) converge simplement vers f sur D ;
• chaque fn est dérivable sur D ;
• la suite des dérivées (fn′ ) converge uniformément sur D (vers sa limite).
d d
Alors, f est dérivable sur D et f ′ = lim fn′ (c’est-à-dire ( lim fn ) = lim fn .)
n→+∞ dx n→+∞ n→+∞ dx
Théorème (généralisation). Si
• (fn ) converge simplement vers f sur D ;
• chaque fn est de classe Cp , 1 6 p 6 +∞ sur D ;
(k)
• les suites des dérivées (fn ), 1 6 k 6 p, convergent toutes uniformément sur D (vers leur limite).
Alors, f est de classe Cp sur D et ∀k ∈ J1, pK, f(k) = lim fn(k)
.
n→+∞
5) Intégration
Théorème (convergence uniforme sur un segment). Si chaque fn est continue par morceaux sur le segment [a, b]
et si la suite (fn ) converge uniformément vers f sur [a, b], alors :
• f est continue par morceaux sur D ;
Zb !
• la suite fn (x) dx converge ;
a
Zb Zb Zb Zb
• f(x) dx = lim fn (x) dx (c’est-à-dire lim fn (x) dx = lim fn (x) dx).
a n→+∞ a a n→+∞ n→+∞ a
Théorème de convergence dominée. (fn ) est une suite de fonctions continues par morceaux sur un intervalle quel-
conque I de R à valeurs dans R ou C.
Si la suite (fn ) converge simplement vers une fonction f continue par morceaux sur I et s’il existe une fonction ϕ continue
par morceaux,
Z positive et
Z intégrable sur I telle que ∀n ∈ N, |fn | 6 ϕ (hypothèse de domination), alors f est intégrable sur
I et f(x) dx = lim fn (x) dx.
I n→+∞ I
4
La série de fonctions de terme général fn converge normalement sur D (vers S) si et seulement si la série numérique de
terme général kfn k∞ converge.
3) Continuité
Théorème. Si la série de fonctions de terme général fn converge uniformément vers S sur D et si chaque fn est continue
sur D, alors S est continue sur D.
Théorème (généralisation). Si
• la série de fonctions de terme général fn converge simplement vers S sur D,
• chaque fn est de classe Cp , 1 6 p 6 +∞ sur D,
(k)
• les séries de termes généraux (fn ), 1 6 k 6 p, convergent toutes uniformément sur D,
+∞
X
alors, S est de classe Cp sur D et ∀k ∈ J1, pK, S(k) = f(k)
n .
n=0
Théorème d’intégration terme à terme. Si chaque fn est continue par morceaux et intégrable sur I, si la série de
+∞ Z
X
terme général fn converge simplement vers une fonction S continue par morceaux sur I et si |fn | < +∞, alors S est
n=0 I
Z +∞ Z
X
intégrable sur I et S(x) dx = fn .
I n=0 I
5 Séries entières
1) Rayon de convergence Ra = sup{r ∈ [0, +∞[/ (|an |rn ) bornée}.
2) Convergence normale
X
Théorème. an rn converge normalement sur tout [−r, r] (resp. tout disque fermé de rayon r) où r < Ra .
5
Théorème. La somme d’une série entière est de classe C∞ sur son intervalle ouvert de convergence et les dérivées
successives s’obtiennent par dérivation terme à terme. Idem pour primitive par intégration terme à terme.
Les différents rayons de convergence considérés sont égaux.
+∞
X f(n) (0)
Théorème. Si pour tout x ∈] − Ra , Ra [, f(x) = an xn , alors ∀n ∈ N, an = .
n!
n=0
6
7 Equations différentielles
Théorème de Cauchy linéaire : cas des équations différentielles scalaires du premier ordre. Soient a et b
deux fonctions continues sur un intervalle I de R à valeurs dans K = R ou K = C. Alors, pour tout (x0 , y0 ) ∈ I × K, il
existe une et une seule solution f de l’équation différentielle y ′ + ay = b sur I vérifiant de plus f(x0 ) = y0 à savoir :
Zx Zx
∀x ∈ I, f(x) = y0 eA(x) + eA(x) e−A(t) b(t) dt où A(x) = a(t) dt.
x0 x0
Théorème de Cauchy linéaire : cas des systèmes du premier ordre à coefficients constants. Soit A ∈ Mn (K).
Soit B une fonction continue sur un intervalle I de R à valeurs dans Mn,1 (K). Alors, pour tout (t0 , X0 ) ∈ I × Mn,1 (K), il
existe une et une seule solution X de l’équation différentielle X ′ = AX + B sur I vérifiant de plus X(t0 ) = X0 à savoir
Zt
∀t ∈ I, X(t) = etA X0 + etA e−uA B(u) du.
t0
Théorème de Cauchy linéaire : cas général. Soient A et B deux fonctions continues sur un intervalle I de R à valeurs
respectivement dans Mn (K) et Mn,1 (K). Alors, pour tout (t0 , X0 ) ∈ I × Mn,1 (K), il existe une et une seule solution X
de l’équation différentielle X ′ = AX + B sur I vérifiant de plus X(t0 ) = X0 .
Théorème de Cauchy linéaire : cas des équations différentielles scalaires du second ordre. Soient a, b et c
trois fonctions continues sur un intervalle I de R à valeurs dans R ou C. Alors, pour tout (x0 , y0 , z0 ) ∈ I × K × K, il existe
une et une seule solution f de l’équation différentielle y ′′ + ay ′ + by = c sur I vérifiant de plus f(x0 ) = y0 et f ′ (x0 ) = z0 .
7
Résumé de cours : Logique, ensembles, applications
I. Logique
1) Et, ou, non, implique.
(∧ =et ∨ =ou P = la négation de P).
Th : P ∧ Q ⇔ P ∨ Q P ∨ Q ⇔ P ∧ Q (lois de De Morgan).
Th : « et » est distributif sur « ou » (P ∧ (Q ∨ R) ⇔ (P ∧ Q) ∨ (P ∧ R))
« ou » est distributif sur « et » (P ∨ (Q ∧ R) ⇔ (P ∨ Q) ∧ (P ∨ R))
Def : La contraposée de P ⇒ Q est Q ⇒ P. La négation de P ⇒ Q est P ⇒ Q. La réciproque de P ⇒ Q est Q ⇒ P.
Th : Une implication est équivalente à sa contraposée : (P ⇒ Q) ⇔ (Q ⇒ P).
Th : La négation de P ⇒ Q est P ∧ Q.
Par exemple, f continue en x0 ⇔ ∀ε > 0, ∃α > 0/ ∀x ∈ I (|x − x0 | 6 α ⇒ |f(x) − f (x0 )| 6 ε) puis
f n’est pas continue en x0 ⇔ ∃ε > 0, ∀α > 0/ ∃x ∈ I (|x − x0 | 6 α et |f(x) − f (x0 )| > ε).
La réciproque d’une implication n’a aucun lien avec cette implication.
2) Quantificateurs.
Def : Soit P(x) une proposition dont les valeurs de vérité sont fonction d’un élément variable x de E.
Quand la proposition P(x) est vraie pour tous les éléments x de E, on écrit : ∀x ∈ E, P(x).
Quand la proposition P(x) est vraie pour au moins un élément x de E, on écrit : ∃x ∈ E, P(x).
Tout résultat contenant une variable doit être précédé du quantificateur adéquat. Ainsi, f(x) = 0 est une
phrase qui n’a aucun sens. Il faut préciser si l’égalité est vraie pour tout x de E (∀x ∈ E, f(x) = 0) ou pour au moins
un x de E (∃x ∈ E/ f(x) = 0 ou encore, l’équation f(x) = 0 a (au moins) une solution).
Xn X n
n(n + 1) n(n + 1)
k= est mauvais et ∀n ∈ N∗ , k= est bon.
2 2
k=1 k=1
X n X n
Ceci aussi est très mauvais : = 2n−1 alors que ceci est bon : ∀n ∈ N∗ , = 2n−1 et que
n
2k n
2k
06k6 2 06k6 2
X n
ceci est faux : ∀n ∈ N, = 2n−1
n
2k
06k6 2
Les phrases suivantes sont très mauvaises : f = 0 ⇔ f(x) = 0 ou aussi f = Id ⇔ f(x) = x. On doit écrire :
f = 0 ⇔ ∀x ∈ E, f(x) = 0 et f = Id ⇔ ∀x ∈ E, f(x) = x.
Méthode pour montrer : ∀x ∈ E, P(x) est vraie (toujours le même schéma) :
soit x ∈ E
. . . et donc P(x) est vraie.
On a montré que ∀x ∈ E, P(x) est vraie.
Méthode pour montrer : ∃x ∈ E/ P(x) est vraie (presque toujours le même schéma) :
soit x0 cet élément (on fournit explicitement un x)
. . . et x0 est tel que P (x0 ) est vraie.
On a montré que ∃x ∈ E/ P(x) est vraie.
Th : ∀x ∈ E, P(x) ⇔ ∃x ∈ E/ P(x) et ∃x ∈ E, P(x) ⇔ ∀x ∈ E/ P(x).
Quand il y a plusieurs quantificateurs :
- on peut permuter deux quantificateurs de même nature.
- on ne peut pas permuter ∀ et ∃. Dans la phrase « ∃x ∈ E/ ∀y ∈ E, . . . » le x fourni ne dépend pas de y ou
encore le x fourni marche pour tous les y. Dans la phrase « ∀y ∈ E, ∃x ∈ E/ . . . » le x fourni peut varier quand y
varie ou encore le x fourni dépend de y.
Par exemple,
- f est une homothétie de E ⇔ ∃λ ∈ K/ f = λIdE ⇔ ∃λ ∈ K/ ∀x ∈ E, f(x) = λx ce qui n’est pas du tout équivalent
à ∀x ∈ E, ∃λ ∈ K/ f(x) = λx.
- (un )n∈N est bornée ⇔ ∃M ∈ R/ ∀n ∈ N, |un | 6 M ce qui n’est pas du tout équivalent à
∀n ∈ N, ∃M ∈ R/ |un | 6 M.
3) Variables muettes.
Dans les expressions suivantes, certaines variables sont muettes :
II. Ensembles
Intersection et réunion. Soit (A, B) ∈ (P(E))2 . A ∩ B est l’ensemble des éléments x de E qui appartiennent à A et
à B et A ∪ B est l’ensemble des éléments x \ de E qui appartiennent à A ou à B. [
Si (Ai )i∈I est une famille de parties de E, Ai = {x ∈ E/ ∀i ∈ I, x ∈ Ai } et Ai = {x ∈ E/ ∃i ∈ I, x ∈ Ai }.
i∈I! i∈I !
\ [
Donc : ∀x ∈ E, x ∈ Ai ⇔ ∀i ∈ I, x ∈ Ai et ∀x ∈ E, x ∈ Ai ⇔ ∃i ∈ I/ x ∈ Ai .
i∈I i∈I
Th : A ∩ B = A ∪ B et A ∪ B = A ∩ B.
Th : L’intersection et la réunion sont commutatives et associatives dans P(E). L’élément neutre pour ∪ est ∅ et
l’élément neutre pour ∩ est E.
L’intersection est distributive sur la réunion et la réunion est distributive sur l’intersection.
Fonction caractéristique ou indicatrice.
Soit A ∈ P(E). La fonction caractéristique (ou indicatrice) de A est la fonction de E dans {0, 1}, notée χA (ou 1A )
1 si x ∈ A
définie par : ∀x ∈ E, χA (x) = .
0 si x ∈
/A
Th : χA = 1 − χA , χA∩B = χA × χB et χA∪B = χA + χB − χA χB .
Def : Soit (Ai )i∈I une famille de parties de E (I 6= ∅). (Ai )i∈I est une partition de E si et seulement si
- ∀i ∈ I, Ai 6= ∅,
- [6= j, Ai ∩ Aj = ∅,
∀i
- Ai = E.
i∈I
III. Relations
1) Relations binaires.
Def : Une relation binaire R sur un ensemble E est :
réflexive ⇔ ∀x ∈ E, xRx.
symétrique ⇔ ∀(x, y) ∈ E2 , (xRy ⇒ yRx).
anti-symétrique ⇔ ∀(x, y) ∈ E2 , (xRy et yRx ⇒ x = y).
transitive ⇔ ∀(x, y, z) ∈ E3 , (xRy et yRz ⇒ xRz).
2) Relations d’équivalence.
Def : Une relation d’équivalence sur un ensemble E est une relation réflexive, symétrique et transitive.
Les relations suivantes sont des relations d’équivalence :
• l’égalité sur E ensemble quelconque
• la congruence modulo n sur Z (∀(a, b) ∈ Z2 , (a ≡ b [n] ⇔ ∃k ∈ Z/ b = a + kn).
• la relation de similitude sur Mn (K) (∀(A, B) ∈ (Mn (K))2 , A et B semblables ⇔ ∃P ∈ GLn (K)/ B = P−1 AP).
un
• la relation ∼ sur l’ensemble des suites ne s’annulant pas à partir d’un certain rang (un ∼ vn ⇔ → 1).
n→+∞ vn n→+∞
Def : Soit R une relation d’équivalence sur E. Soit x ∈ E. La classe d’équivalence de x est l’ensemble des éléments en
relation avec x : b
x = {y ∈ E, xRy}.
IV. Applications
1) Injections, surjections, bijections.
Def : Soit f une application de E vers F.
• f est injective ⇔ ∀ (x1 , x2 ) ∈ E2 , (x1 6= x2 ⇒ f (x1 ) 6= f (x2 ))
⇔ ∀ (x1 , x2 ) ∈ E2 , (f (x1 ) = f (x2 ) ⇒ x1 = x2 ) (le plus utilisé)
⇔ ∀y ∈ F, l’équation y = f(x), d’inconnue x ∈ E, a au plus une solution.
(Si f est une application linéaire d’un espace vectoriel E vers un espace vectoriel F et uniquement dans ce cas : f est
injective si et seulement si Ker(f) = {0}. Si f est une application d’un intervalle I de R dans R et uniquement dans ce
cas : si f est strictement monotone sur I, alors f est injective. Si de plus f est continue : f est injective si et seulement
si f est strictement monotone).
• f est surjective ⇔ ∀y ∈ F, ∃x ∈ E/ y = f(x).
⇔ ∀y ∈ F, l’équation y = f(x), d’inconnue x ∈ E, a au moins une solution.
• f est bijective ⇔ ∀y ∈ F, ∃!x ∈ E/ y = f(x).
⇔ ∀y ∈ F, l’équation y = f(x), d’inconnue x ∈ E, a exactement une solution.
Th : Soient f une application de E vers F et g une application de F vers G.
Si f et g injectives, alors g ◦ f injective. Si f et g surjectives, alors g ◦ f surjective. Si f et g bijectives, alors g ◦ f
bijective.
Th : Soient f une application de E vers F et g une application de F vers G.
Si g ◦ f injective, alors f injective. Si g ◦ f surjective, alors g surjective.
Def : Soit f une bijection de E sur F.
La réciproque de f est l’application de F vers E définie par : ∀(x, y) ∈ E × F, y = f(x) ⇔ x = f−1 (y).
Th : Si f est bijective, f−1 ◦ f = IdE et f ◦ f−1 = IdF .
Th : Soit f une application de E vers F. Si il existe une application g de F vers E telle que g ◦ f = IdE et f ◦ g = IdF ,
alors f est bijective et de plus g = f−1 . En général, une seule égalité ne suffit pas (penser à f : N → N et
n 7→ n + 1
g : N → N ).
n − 1 si n > 1
n 7→
0 si n = 0
−1
Th : Soit f une bijection de E sur F. Alors, f−1 est une bijection de F sur E et f−1 = f.
Th : Soient f une bijection de E sur F et g une bijection de F sur G. g ◦ f est bijective et de plus (g ◦ f)−1 = f−1 ◦ g−1 .
2) Image directes, images réciproques d’une partie par une application.
Soit f une application d’un ensemble E vers un ensemble F. Soient A une partie de E et B une partie de F.
L’image directe de la partie A par l’application f est : f(A) = {f(x), x ∈ A}. f(A) est donc l’ensemble des images des
éléments de A par f :
∀y ∈ F, (y ∈ f(A) ⇔ ∃x ∈ A/ f(x) = y) .
L’image réciproque de la partie B par l’application f est : f−1 (B) = {x ∈ E/ f(x) ∈ B} = {x ∈ E/ ∃y ∈ B/ y = f(x)}.
f−1 (B) est donc l’ensemble des antécédents des éléments de B par f :
∀x ∈ E, x ∈ f−1 (B) ⇔ f(x) ∈ B .
∀(λ, µ) ∈ K2 , ∀(x, y) ∈ E2 , (1) λ(x + y) = λx + λy (2) (λ + µ)x = λx + µx (3) λ(µx) = (λµ)x (4) 1.x = x.
2) Structure de K-algèbre.
Soit (E, +, .) un K espace vectoriel muni d’une autre l.d.c.i. notée ×.
(E, +, ., ×) est une K algèbre ⇔ (E, +, ×) est un anneau (c’est-à-dire que × est associative, distributive sur + et possède
un élément neutre souvent noté 1 ou e ou In ou IdE ...) et de plus . et × vérifient l’axiome :
L’algèbre est dite commutative quand × est commutative. La dimension de l’algèbre est la dimension de l’espace
vectoriel (E, +, .).
3) Exemples de K-espaces vectoriels ou de K-algèbres supposés connus.
(Dans les exemples qui suivent les opérations ne sont pas citées et sont toujours les opérations usuelles dans les
ensembles considérés.)
a) K-espaces vectoriels
1. (C, +, .) est un R-espace de dimension 2 (les nombres ou scalaires sont les réels et les vecteurs sont les complexes).
(C, +, .) est un C-espace de dimension 1 (les nombres ou scalaires sont les complexes et les vecteurs sont
les complexes).
2. (Kn , +, .) sur K (modèle de l’espace de dimension n sur K, tout espace de dimension n sur K est isomorphe
à Kn ).
3. KN , +, . est un K-espace de dimension infinie (suites à coefficients dans K) (les vecteurs sont les suites).
4. (K[X], +, .) est un K-espace de dimension infinie (polynômes à coefficients dans K).
5. (K(X), +, .) est un K-espace de dimension infinie (fractions rationnelles).
6. RR , +, . est un R-espace de dimension infinie (applications de R dans R) et plus généralement FA , +, . où A
L’existence d’un supplémentaire est démontrée en dimension finie mais ne peut pas être utilisée en dimension infinie.
Un sous-espace admet le plus souvent une infinité de supplémentaires et on ne doit donc pas dire « le supplémentaire
... » mais on doit dire « un supplémentaire de F ».
Exemples. CR = P ⊕ I (décomposition d’une fonction f en somme d’une fonction paire et d’une fonction impaire :
1 1
pour tout x de R, f(x) = (f(x) + f(−x)) + (f(x) − f(−x)))).
2 2
Mn (K) = Sn ⊕ An (décomposition d’une matrice carrée M en somme d’une matrice symétrique et d’une matrice
1 1
anti-symétrique : M = (M + t M) + (M − t M)).
2 2
b) Cas général d’un nombre fini de sous espaces
p
M
Dans ce cas, la somme F1 + . . . + Fp s’écrit F1 ⊕ . . . ⊕ Fp ou Fi . La somme directe F1 ⊕ ... ⊕ Fp est isomorphe à
i=1
F1 × ... × Fp . Un isomorphisme de F1 × ... × Fp sur F1 ⊕ ... ⊕ Fp est (x1 , . . . , xp ) 7→ x1 + . . . + xp .
X
Danger. Il est faux de croire que Fi est directe ⇔ ∀i 6= j, Fi ∩ Fj = {0} (⇒ vraie bien sûr).
Le cas de trois droites vectorielles de R2 deux à deux distinctes fournit un contre exemple usuel.
6) Projections et symétries.
Soient F et G deux sev supplémentaires de E. Soient p la projection sur F parallèlement à G, q la projection sur G
parallèlement à F et s la symétrie par rapport à F parallèlement à G.
Soit x = x1 + x2 la décomposition d’un vecteur quelconque x de E associée à la décomposition E = F ⊕ G. Alors par
définition p(x) = x1 et s(x) = x1 − x2 .
a) • ∀x ∈ E, p(x) = x1 et q(x) = x2 .
• p ∈ L (E), p ◦ p = p, p ◦ q = q ◦ p = 0, p + q = IdE .
• F = Im(p) = Ker(q) = Ker(Id − p) = {invariants par p} et G = Ker(p) = Im(q) = Im(Id − p).
• p/Imp = Id/Imp et p/Kerp = 0/Kerp .
Th : Réciproquement, si p est un endomorphisme vérifiant p ◦ p = p alors Im(p) et Ker(p) sont supplémentaires puis
p est la projection sur Imp parallèlement à Kerp.
b) • ∀x ∈ E, s(x) = x1 − x2
• s ∈ GL(E), s ◦ s = Id
• F = Ker(s − Id) = {invariants par s} et G = Ker(s + Id) = {x/s(x) = −x}
1
• s = 2p − Id = Id − 2q et p = (Id + s)
2
Réciproquement si s est un endomorphisme de E vérifiant s◦s = Id alors Ker(s−Id) et Ker(s+id) sont supplémentaires
puis s est la symétrie par rapport à Ker(s − Id) parallèlement à Ker(s + Id).
7) Combinaisons linéaires et sous-espace engendré par une famille ou une partie de E
a) Combinaisons linéaires
Soit (λi )i∈I une famille non vide de scalaires. Cette famille est dite à support fini si et seulement si l’ensemble des
indices i tels que λi est non nul est fini (éventuellement vide).
Soient (xi )i∈I une famille de vecteurs de E et y un vecteur de E.
X
y est combinaison linéaires de la famille (xi )i∈I ⇔ ∃ (λi )i∈I ∈ KI à support fini telle que y = λi xi . Si I = J1, pK,
i∈I
une combinaison linéaire de la famille (xi )16i6n
Soient X une partie de E et y un vecteur de E. X
y est combinaison linéaire des vecteurs de X ⇔ ∃(λx )x∈X ∈ KX à support fini telle que y = λx x
X x∈X
(Convention : si X est vide, λx x = 0).
b) Sous espace engendré par une famille ou une partie
Approche externe. Soit X une famille (resp. une partie) (éventuellement vide) de vecteurs de E ([Link] E). Il existe
un et un seul plus petit sous-espace vectoriel de E (pour l’inclusion) contenant X. Il est noté Vect(X). C’est l’intersection
de tous les sous-espaces vectoriels de E contenant X (et donc Vect(∅) = {0}).
Approche interne. Vect(X) est l’ensemble
des combinaisons linéaires d’éléments de X. En particulier, Vect(0) = {0},
Vect(u) = {λu, λ ∈ K}, Vect(u, v) = λu + µv, (λ, µ) ∈ K2 , ...
c) Propriétés.
X
• Vect(xi ) = {C.L. des xi } = λi xi , (λi ) à support fini = plus petit sev de E contenant (xi ).
• A ⊂ Vect(A).
• A = Vect(A) ⇔ A sev de E.
• A ⊂ B ⇒ Vect(A) ⊂ Vect(B) (réciproque fausse).
• Vect(Vect(A)) = Vect(A), Vect(A ∪ B) = Vect(A) + Vect(B), Vect(A + B) = Vect(A) + Vect(B),
Vect(A ∩ B) ⊂ Vect(A) ∩ Vect(B).
• Montrer que F est l’espace engendré par une certaine famille de vecteurs (F = Vect −
→ ).
ui i∈I
• Montrer que F est l’orthogonal d’une partie A de E pour un certain produit scalaire (F = A⊥ ).
• En dimension finie n ∈ N∗ (la dimension est donc supposée connue), si une famille B est libre de
cardinal n, alors B est une base de E et si B est libre de cardinal n, alors B est une base.
• Si E est de dimension finie n ∈ N∗ , si B0 est une base connue de E et si B est une famille de n
vecteurs, alors B est une base de E si et seulement si detB0 (B) 6= 0 (souvent le plus efficace).
• Si F est une famille de p vecteurs, F est libre si et seulement si le rang r de F est égal au
cardinal p de la famille. Si de plus dim(E) = n, F est une base de E si et seulement si r = p = n.
• Si B est une famille d’un espace E ′ qui est l’image d’une base B0 de E par un isomorphisme, alors
B est une base de E ′ .
• Si E est muni d’un produit scalaire, une famille orthogonale de vecteurs tous non nuls est libre
et en particulier une famille orthonormale est libre.
Théorème de la base incomplète. Soit L libre dans E (dimE < +∞), L peut être complétée en une base de E.
Si dimE < +∞, E admet des bases. Si dimE < +∞, de toute partie ou famille génératrice de E on peut extraire une
base.
3) Sous espaces
Théorème. Soit n = dimE < +∞ et soit F sev de E alors (dimF 6 n et dimF = n ⇔ F = E) (faux en dimension
infinie).
Théorème. (Supplémentaires) Soit n = dimE < +∞ et F sev de E. F admet au moins un supplémentaire. Tout
supplémentaire a pour dimension : dimE − dimF.
Plus généralement, dim(F ⊕ G) = dimF + dimG.
Théorème. Soient F et G sev de E.
(E = F ⊕ G) ⇔ F ∩ G = {0} et dimF + dimG = dimE) ⇔ (F + G = E et dimF + dimG = dimE)
X
Théorème. F1 , . . . , Fp sev de E tels que la somme Fi est directe. dim(F1 ⊕ ... ⊕ Fp ) = dimF1 + ... + dimFp .
Théorème. F1 , . . . , Fp sev de E. dim (F1 + ... + Fp ) 6 dim (F1 ) + ... + dim (Fp ) avec égalité si et seulement si la somme
est directe. [ [
Si E = F1 ⊕ ... ⊕ Fp et si Bi est une base de Fi alors B = Bi est une base de E et réciproquement, si B = Bi est
i i
une base de E alors les Fi = Vect (Bi ) sont supplémentaires dans E.
4) Rang
a) d’une famille de vecteurs
Soit X = (xi )16i6p une famille de p vecteurs de E. rg (xi )16i6p = dimVect (xi )16i6p = maximum du cardinal d’une
sous-famille libre de (xi )16i6p .
Si X est une famille de vecteurs de E de rang r et si A est une sous-famille de S : si A est libre alors card(A) 6 r ou
encore si card(A) > r, A est liée.
Soient n = dim(E), r = rg (xi )16i6p (et p = card (xi )16i6p ).
• r 6 p et (r = p ⇔ (xi )16i6p est libre.
• r 6 n et (r = n ⇔ (xi )16i6p est génératrice de E.
• (xi )16i6p base de E ⇔ r = p = n.
b) d’une application linéaire
Soit f ∈ L (E, F). rg(f) = dim(Im(f)). Si dim(E) = n < +∞ et (ei )16i6n est une base quelconque de E, rg(f) =
rg (f (ei ))16i6n .
V. Sous-espaces affines
− −
Soit E un K-espace vectoriel. Un sous-espace affine de E est un sous-ensemble de la forme F = A+F = A + →
u, →u ∈F
où A est un point de E (ou encore un élément de E) et F est un sev de E. Dans ce cas, F est uniquement défini (mais
pas A) et s’appelle la direction du sous-espace affine F .
La dimension du sous-espace affine F est la dimension de sa direction F.
Théorème. L’intersection de deux sous-espaces affines F et G , de directions respectives F et G, est soit vide, soit un
sous-espace affine de direction F ∩ G.
Si E est de dimension finie n et R = (O, B) = O, (ei )16i6n est un repère de E, un hyperplan affine a une
équation de la forme a1 x1 + . . . + an xn = b, (a1 , . . . , an ) 6= (0, . . . , 0), et réciproquement un sous-ensemble d’équation
a1 x1 + . . . + an xn = b, (a1 , . . . , an ) 6= (0, . . . , 0), est un hyperplan affine de direction l’hyperplan vectoriel d’équation
a1 x1 + . . . + an xn = 0 dans B.
Plus généralement, un sous-espace affine de dimension n − p admet un système d’équation de la forme
a1,1 x1 + . . . + a1,n xn = b1
.
ap,1 x1 + . . . + ap,n xn = bp
a1,1 x1 + . . . + a1,n xn = b1
Inversement, l’ensemble des solutions d’un système de la forme est soit vide, soit un
ap,1 x1 + . . . + ap,n xn = bp
sous-espace affine de dimension n − r où r est le rang du système et en particulier de dimension supérieure ou égale à
n − p.
Dans le cas des matrices non carrées, ce produit n’est pas une loi interne.
Il est « associatif », non « commutatif » en général et « distributif sur l’addition ».
Théorème. (Mn (K), +, ×) est un anneau, non commutatif pour n > 2.
(Mn (K), +, ., ×) est une K-algèbre non commutative pour n > 2.
L’ensemble des matrices inversibles pour × est noté GLn (K) (GL=groupe linéaire). (GLn (K), ×) est un groupe, non
commutatif pour n > 2.
Dangers principaux.
• L’égalité AB = AC n’entraine pas en général B = C mais, si A est inversible, A est simplifiable.
• Pour des matrices carrées, l’identité (A + B)2 = A2 + 2AB + B2 , plus généralement la formule du binôme de
Xp
p
Newton (A + B) = p
Ak Bp−k , et l’identité A2 − B2 = (A − B)(A + B) et plus généralement Ap − Bp =
k
k=0
p−1
X
(A − B) Ap−1−k Bk , sont vraies quand A et B commutent (et souvent fausses sinon).
k=0
• Si A et B commutent et sont carrées, (AB)p = Ap Bp (souvent faux sinon).
• L’égalité AB = 0 n’entraine pas en général A = 0 ou B = 0.
• Si les formats sont adaptés aux deux produits, AB = 0 6⇒ BA = 0 (alors que AB = In ⇒ BA = In ).
• La somme de 2 matrices inversibles n’est en général pas inversible ou encore GLn (K) n’est pas stable pour +.
Théorème. Soit A un élément de Mn (K). Les propriétés suivantes sont équivalentes :
1) A est inversible
2) A est inversible à droite
3) A est inversible à gauche
4) det(A) 6= 0
5) A est simplifiable à droite
6) A est simplifiable à gauche
7) A est simplifiable à gauche
8) rg(A) = n
9) KerA = {0} (KerA est l’ensemble des vecteurs colonnes X tels que AX = 0)
10) ImA = Mn,1 (K) (ImA est l’ensemble des vecteurs colonnes de la forme AX où X ∈ Mn,1 (K)).
11) Pour tout vecteur colonne B, le système AX = B, d’inconnue le vecteur colonne X, admet une unique solution.
(X est alors fourni par les formules de Cramer).
12) A est la matrice d’une base dans une base.
13) A est la matrice d’un automorphisme dans une base.
Théorème. Sn (K) et An (K) sont des sous-espaces vectoriels de Mn (K). Mn (K) = Sn (K) ⊕ An (K).
n(n + 1) n(n − 1)
dim (Sn (K)) = et dim (An (K)) = .
2 2
Démonstration. Soit t l’endomorphisme de Mn (K) qui à une matrice associe
sa transposée. t−IdMn (K) et t+IdMn (K)
sont des endomorphismes de Mn (K). Donc, Sn (K) = Ker t − IdMn (K) et An (K) = Ker t + IdMn (K) sont des sev
de Mn (K). t est un endomorphisme
involutif de Mn (K) et donc t est une symétrie. On sait alors que
Mn (K) = Ker t − IdMn (K) ⊕ Ker t + IdMn (K) = Sn (K) ⊕ Sn (K).
1 1
(L’écriture d’une matrice carrée M associée à cette décomposition est alors : M = (M + t M) + (M − t M).)
2 2
II. Matrice d’une famille de vecteurs dans une base
Soient E un K-espace vectoriel de dimension n et B = (ei )16i6n une base donnée de E.
Soit (xj )16j6p une famille de p vecteurs de E.
La matrice de la famille (xj )16j6p dans la base B, notée MatB (xj )16j6p , est la matrice de format (n, p) dont le
coefficient ligne i, colonne j, vaut la i-ème coordonnée de xj dans B (la j-ème colonne « est » xj ).
Y = AX.
p p
n n
! n
X X X X X
Démonstration. f(x) = xj f(ej ) = xj ai,j ei′ = ai,j xj ei′ et donc, pour i ∈ J1, pK,
j=1 j=1 i=1 i=1 j=1
n
X
yi = ai,j xj qui est bien le coefficient ligne i de AX.
j=1
X = PX ′ .
(anciennes coordonnées en fonction des nouvelles.)
!
n
X n
X n
X n
X n
X
Démonstration. x = xj′ ej′ = xj′ pi,j ei = pi,j xj′ ei puis, pour i élément de J1, pK,
j=1 j=1 i=1 i=1 j=1
Xn
xi = pi,j xj′ ,
j=1
′
qui est bien le coefficient ligne i de PX .
3) Changements de base et applications linéaires
a) Cas général.
Données.
E un espace de dimension n muni de deux bases B et B ′ et P la matrice de passage de B à B ′ .
F un espace de dimension p muni de deux bases B1 et B1′ et Q la matrice de passage de B1 à B1′ .
f une application linéaire de E vers F.
A (resp. B) la matrice de f relativement aux bases B et B1 (resp. B ′ et B1′ ). Alors
B = Q−1 AP.
B = P−1 AP.
2) Opérations élémentaires.
Description des opérations élémentaires. On utilise les trois opérations élémentaires sur les colonnes ou sur les
lignes suivantes :
1. Echange de deux colonnes ([Link] deux lignes). Codage : Ci ↔ Cj (resp. Li ↔ Lj )
2. Multiplication d’une colonne (resp.d’une ligne ) par λ scalaire non nul. Codage : Cj ← λCj (resp. Li ← λLi ).
3. Ajout de la colonne ([Link]) j à la colonne ([Link]) i avec i 6= j. Codage : Ci ↔ Ci +Cj (resp. Li ← Li +Lj ).
En combinant ces transformations élémentaires, on obtient des transformations plus sophistiquées :
4. Permutation des colonnes (resp. des lignes) d’une matrice
5. ajout à une colonne (resp. ligne) d’une combinaison linéaire des autres colonnes (resp. lignes)
3) Opérations élémentaires et rang.
Théorème. Les opérations élémentaires ne modifient pas le rang.
4) Interprétation matricielle des opérations élémentaires.
a) Produit d’une matrice par une matrice élémentaire.
On considère A = (ai,j ) une matrice rectangulaire de format (n, p).
Calculons le produit de A par une matrice élémentaire Ei,j de format p à droite ou de format n à gauche.
Soient i et j deux éléments de J1, pK (non nécessairement distincts).
!
X X X
AEi,j = ak,l Ek,l Ei,j = ak,l Ek,l Ei,j = ak,l δi,l Ek,j
k,l k,l k,l
X
= ak,i Ek,j
k
c’est-à-dire
0 ... 0 a1,i 0 ... 0
0 ... 0 a2,i 0 ... 0
.. .. .. .. ..
. . . . .
.. .. .. .. ..
AEi,j = . . . . .
.. .. .. .. ..
. . . . .
.. .. .. .. ..
. . . . .
0 ... 0 an,i 0 ... 0
De même ,
!
X X X
Ei,j A = Ei,j ak,l Ek,l = ak,l Ei,j Ek,l = ak,l δj,k Ei,l
k,l k,l k,l
X
= aj,l Ei,l
l
c’est-à-dire
0 0 ... ... ... ... 0
.. ..
. .
0 0 ... ... ... ... 0
Ei,j A =
j ème ligne de A
aj,1 aj,2 . . . . . . . . . . . . aj,n
en i ème ligne
0 0 ... ... ... ... 0
. ..
..
.
0 0 ... ... ... ... 0
b) Multiplication d’une colonne (ou d’une ligne) par un scalaire λ non nul : Ci ← λCi .
Soient i un élément de J1, pK (ou J1, nK) puis λ un scalaire non nul.
Soit Λi (λ) la matrice carrée de format p (resp. n) définie par :
Λi (λ) = Ip + (λ − 1)Ei,i .
D’après le calcul préliminaire , il est clair que AΛi (λ) se déduit de A par multiplication par λ de la colonne i et que
Λi (λ)A se déduit de A par multiplication de la ligne i par λ.
Théorème. Si λ 6= 0, Λi (λ) est inversible .
c) Ajout d’une colonne à une autre colonne (d’une ligne à une autre ligne) : Ci ← Ci + Cj
Soient i et j deux éléments de de J1, pK (ou J1, nK) distincts.
Soit Λi,j = Ip + Ej,i (resp. In + Ei,j ). D’après le calcul préliminaire , il est clair que AΛj,i se déduit de A en ajoutant
Ci à Cj et que Λi,j A se déduit de A en ajoutant Lj à Li .
Théorème. Λi,j est inversible .
5) Méthode du Pivot de Gauss
Lemme du Pivot de Gauss. Soit A une matrice de format (n, p) dont la première ligne est non nulle.
A peut être transformée par opérations élémentaires sur les colonnes en une matrice A1 de même format de la forme :
1 0 ... 0
×
A′ = .
..
′
A1
×
où rgA = rgA ′ = 1 + rg(A1′ ).
Le même travail est valable en ligne en supposant non nulle la première colonne.
Démonstration. Si a1,1 = 0, il existe j > 1 tel que a1,j soit non nul. On échange alors la colonne Cj et la colonne
C1 pour obtenir une matrice de même rang que A et dont le coefficient ligne 1, colonne 1, est non nul.
(car δσ ′ (1),σ(1) ...δσ ′ (n),σ(n) = 1 ⇔ ∀k ∈ J1, nK, σ(k) = σ (k) ⇔ σ = σ ′ et sinon δσ ′ (1),σ(1) ...δσ ′ (n),σ(n) = 0).
′
2) Propriétés.
Théorème. La trace est une forme linéaire sur Mn (K) :
L’étude de la comatrice sera rappelée dans le chapitre « déterminant » et les calculs de puissance de matrices ou
d’inverses de matrices seront étudiés dans le chapitre « réduction des endomorphismes ».
Exemple. Un produit scalaire est bilinéaire. Dans R3 euclidien orienté, f : R3 × R3 est bilinéaire.
(x, y) →
7 x∧y
Si E1 = ... = En = E et F = K, on obtient les formes n-linéaires sur E.
2/ Formes symétriques , antisymétriques , alternées.
Définition. Soit f une forme n-linéaire sur E.
1) f est symétrique ⇔ ∀(x1 , ..., xn ) ∈ En , ∀σ ∈ Sn , f(xσ(1) , ..., xσ(n) ) = f(x1 , ..., xn ).
2) f est antisymétrique ⇔ ∀(x1 , ..., xn ) ∈ En , ∀σ ∈ Sn , f(xσ(1) , ..., xσ(n) ) = ε(σ)f(x1 , ..., xn ).
3) f est alternée ⇔ ∀(x1 , ..., xn ) ∈ En , [(∃(i, j) ∈ J1, nK2 / i 6= j et xi = xj ) ⇒ f(x1 , ..., xn ) = 0].
Théorème. f est antisymétrique ⇔ ∀(x1 , ..., xn ) ∈ En , ∀τ transposition de J1, nK, f(xτ(1) , ..., xτ(n) ) = −f(x1 , ..., xn ).
Démonstration. Soit σ ∈ Sn , on écrit σ = τ1 ◦ ... ◦ τk où les τi sont des transpositions et on sait que ε(σ) = (−1)k .
Théorème. Soient E un K-espace vectoriel (K sous-corps de C) puis f une forme n-linéaire sur E.
f alternée ⇔ f antisymétrique.
Démonstration.
⇒ / Soit (x1 , ..., xn ) ∈ En . Soient i 6= j puis τ = τi,j .
Donc pour tout (x1 , ..., xn ) ∈ En , pour toute transposition τ, f(xτ(1) , ..., xτ(n) ) = −f(x1 , ..., xn ) et f est antisymétrique.
⇐ / Soit (x1 , ..., xn ) ∈ En tel qu’il existe i 6= j tel que xi = xj = x.
L’égalité f(x1 , ..., xi , ..., xj , ...xn ) = −f(x1 , ..., xj , ..., xi , ...xn ) s’écrit encore f(x1 , ..., x, ..., x, ...xn ) = −f(x1 , ..., x, ..., x, ...xn )
ou encore 2f(x1 , ..., x, .., x, ...xn ) = 0 ou enfin f(x1 , ..., x, .., x, ...xn ) = 0.
X X
ϕ(x1 , ..., xi , ..., xj , ..., xn ) = xσ(1),1 ...xσ(n),n − xστ(1),1 ...xστ(n),n
σ∈An σ∈An
X X
= xσ(1),1 ...xσ(i),i . . . xσ(j),j . . . xσ(n),n − xσ(1),1 ...xσ(j),i . . . xσ(i),j . . . xσ(n),n
σ∈An σ∈An
X X
= xσ(1),1 ...xσ(i),i . . . xσ(j),j . . . xσ(n),n − xσ(1),1 ...xσ(j),j . . . xσ(i),i . . . xσ(n),n (car xi = xj )
σ∈An σ∈An
= 0.
Finalement, Λ∗n (E) = Vect(ϕ) avec ϕ 6= 0 et Λ∗n (E) est un K-espace vectoriel de dimension 1.
On a vu que ϕ(B) = 1 et que si f ∈ Λ∗n (E), f = f(B)ϕ. Par suite, f(B) = 1 ⇔ f = ϕ.
2) Propriétés.
Théorème.
1) detB (B) = 1.
2) detB ′ = detB ′ (B)detB .
3) detB (B ′ ) × detB ′ (B) = 1.
4) detB (B ′ ) × detB ′ (B ′′ ) = detB (B ′′ ).
Démonstration. On applique : ∀f ∈ Λ∗n (E), f = f(B)detB .
3) Applications.
a) Théorème. Soit B une base de E de dimension finie n > 1 et B ′ une famille de n vecteurs de E. B ′ est une base
de E si et seulement si detB (B ′ ) 6= 0.
Démonstration. Si B ′ est une base, detB (B ′ ) × detB ′ (B) = 1 et en particulier detB (B ′ ) 6= 0.
Si B ′ n’est pas une base, puisque card(B) = n, B ′ est liée. Par suite, l’un des vecteurs de B ′ est combinaison linéaire
des autres vecteurs de B ′ . Par n linéarité de detB et puisque detB est alternée, on a bien detB (B ′ ) = 0.
b) Orientation.
Soient B et B ′ deux bases de E 6= {0}. On définit la relation : « B ′ a même orientation que B ⇔ detB (B ′ ) > 0 ».
La relation précédente est une relation d’équivalence à deux classes. On appelle arbitrairement l’une des deux classes,
classe des bases directes et l’autre, classe des bases indirectes. L’espace E est alors orienté.
X X
det(t A) = ε(σ)a1,σ(1) ...an,σ(n) = ε(σ)aσ−1 (1),1 . . . aσ−1 (n),n
σ∈Sn σ∈Sn
X X
= ε(σ−1 )aσ−1 (1),1 . . . aσ−1 (n),n = ε(σ ′ )aσ ′ (1),1 . . . aσ ′ (n),n
σ∈Sn σ ′ ∈Sn
= det(A)
car l’application σ 7→ σ−1 est une permutation de Sn (puisque application involutive de Sn dans lui-même).
IV - Calculs de déterminants
1) Transposition. detA = det(t A) et donc toutes les règles portant sur les colonnes sont encore valables sur les
lignes.
2) Matrices triangulaires. Le déterminant d’une matrice triangulaire est égal au produit de ses coefficients diago-
naux. En particulier, le déterminant d’une matrice diagonale est le produit de ses coefficients diagonaux.
3) Opérations élémentaires.
a) ∀σ ∈ Sn , det(Cσ(1) , ..., Cσ(n) ) = ε(σ)det(C1 , ..., Cn ). Quand on permute des colonnes, le déterminant est multiplié
par la signature de la permutation. (et de même pour les lignes)
b) Si on ajoute à une colonne une combinaison linéaire des autres colonnes, le déterminant garde la même valeur. (et
de même pour les lignes)
c) det est n-linéaire et donc det(C1 , ..., Ci + Ci′ , ..., Cn ) = det(C1 , ..., Ci , ..., Cn ) + det(C1 , ..., Ci′ , ..., Cn ) et
det(C1 , ..., λCi , ..., Cn ) = λdet(C1 , ..., Cn ).
Danger. det(A + B) 6= detA + detB en général et det(λA) = det(λC1 , ..., λCi , ..., λCn ) = λn det(C1 , ..., Cn ) = λn detA.
4) Calculs par blocs.
A1 × ... ×
. ..
. . . ..
0 .
Théorème. Si les Ai sont des matrices carrées, det ..
= det (A1 ) × det (A2 ) × ... × det (Ap ).
.. ..
. . . ×
0 . . . 0 Ap
5) Développement suivant une ligne ou une colonne.
Théorème. Soient mi,j le mineur de ai,j et Ai,j = (−1)i+j mi,j = cofacteur de ai,j . Alors, ∀(i, j) ∈ J1, nK2 ,
n
X
det(A) = ai,k Ai,k (développement suivant la ligne i)
k=1
Xn
= ak,j Ak,j (développement suivant la colonne j)
k=1
Démonstration. Il suffit de démontrer la formule de développement suivant une colonne car detA = det(t A).
Théorème de d’ALEMBERT-GAUSS. Les polynômes irréductibles sur C sont les polynômes de degré 1 exac-
tement ou aussi tout polynôme non constant de C[X] est scindé.
On en déduit les polynômes irréductibles sur R à l’aide du résultat :
Théorème. Soit P un polynôme non nul à coefficients réels. Soit z ∈ C. z est racine de P d’ordre α si et seulement si
z est racine de P d’ordre α.
Théorème. Les polynômes réels irréductibles sur R sont les polynômes de degré un et de degré deux à discriminant
strictement négatif. (tout autre type de polynôme non constant se factorise de manière non triviale même s’il n’a
pas de racine réelle. Par exemple, un polynôme de degré 4 se factorise nécessairement de manière non triviale :
2
X4 + X2 + 1 = X4 + 2X2 + 1 − X2 = X2 + 1 − X2 = X2 + X + 1 X2 − X + 1 ).
Pour factoriser sur R, on peut factoriser sur C puis regrouper les facteurs conjugués, ce qui impose de trouver
toutes les racines, mais ce n’est pas l’unique méthode.
Les exemples les plus fréquents :
(1) X2 − 1 = (X − 1)(X + 1) sur R ou C.
(2) X2 + 1 est irréductible sur R. X2 + 1 = (X − i)(X + i) sur C.
√ ! √ !
−1 + 5 −1 − 5
(3) X2 + X − 1 = X − X− .
2 2
(4) X3 − 1 = (X − 1) X2 + X + 1 sur R (à partir de a3 − b3 = (a − b) a2 + ab + b2 .
X3 + 1 = (X + 1)(X + j) X + j2 sur C (les racines de ce polynôme sont bien sûr les opposées des racines précédentes
à savoir −1 = eiπ , −j = e−iπ/3 et −j2 = eiπ/3 ) et donc X2 − X + 1 = (X + j) X + j2 sur C.
obtenues ainsi : eiπ/4 est évidemment l’une d’entre elles et d’autre part, par parité et réalité du polynôme X4 + 1,
on a aussi son conjugué e−iπ/4 , son opposé −eiπ/4 = e−3iπ/4 et l’opposé de son conjugué −e−iπ/4 = e3iπ/4 ).
Sur R, il faut factoriser directement (et non pas passer par C) :
√ √
X4 + 1 = X4 + 2X2 + 1 − 2X2 = (X2 + 1)2 − 2X2 = X2 + 2X + 1 X2 − 2X + 1 .
Sur R, directement : X6 − 1 = X3 − 1 X3 + 1 = (X − 1) X2 + X + 1 (X + 1) X2 − X + 1 .
Sur R, directement :
3
X6 + 1 = X2 + 1 = X2 + 1 X4 − X2 + 1 = X2 + 1 X4 + 2X2 + 1 − 3X2
√ √
= X2 + 1 X2 + 1 2 − 3X2 = X2 + 1 X2 + 3X + 1 X2 − 3X + 1 .
i=1
Xk X
αi
Pi,j
F = E+ Pi où E est un polynôme appelé la partie entière de F et Pi = avec deg(Pi,j ) < degQi .
i=1 Qji
j=1
Pi est la partie polaire relative au facteur Qα
i . De plus la décomposition est unique.
i
X
n
λi
Théorème. (décomposition sur C). La partie polaire relative au facteur (X − a)n est de la forme (avec
(X − a)i
i=1
λn 6= 0) (éléments simples de 1ère espèce).
Théorème. (décomposition sur R).
X
n
λi
La partie polaire relative au facteur (X − a)n est de la forme (avec λn 6= 0) (et les λi réels) (éléments
(X − a)i
i=1
simples de 1ère espèce).
X
n
λi X + µi
La partie polaire relative au facteur (X2 +aX+b)n avec a2 −4b < 0 s’écrit : (avec (λn , µn ) 6= (0, 0))
(X2 + aX + b)i
i=1
(éléments simples de 2ème espèce).
Utilisation de la parité et de la réalité.
1 a b c d
Sur C, F = 4 = + + + .
X −1 X−1 X+1 X−i X+i
F est réelle donc F = F ce qui s’écrit
a b c d a b c d
+ + + = + + +
X−1 X+1 X−i X+i X−1 X+1 X+i X−i
(F est la fraction rationnelle dont les coefficients sont les conjugués des coefficients de F (on ne conjugue pas X)) et
par unicité de la décompostion en éléments simples : a = a (c’est-à-dire a est réel) b = b, d = c. En pratique, si F est
réelle, on ne détaille pas ce qui précède et on écrit directement un élément simple « non réel » suivi de son conjugué :
a b c c
F= + + + , a et b réels.
X−1 X+1 X−i X+i
F est paire donc F(X) = F(−X) ce qui s’écrit
a b c c a b c c
+ + + =− − − − .
X−1 X+1 X−i X+i X+1 X−1 X+i X−i
a a c c
Par unicité de la décompostion en éléments simples : b = −a et c = −c. Finalement, F = − + −
X−1 X+1 X−i X+i
avec a réel et c imaginaire pur. En pratique quand F est paire (resp. impaire), chaque fois qu’on écrit un élément simple,
on lui ajoute (retranche) l’élément simple obtenu en remplaçant X par −X :
a a a a
F= + ... = − ...
X − 1 −X − 1 X−1 X+1
X7 −1 X4 − 1
− (X7 −X3 ) X3
X3 −1
x7 − 1
On peut obtenir le terme de plus degré grâce à un équivalent : ∼ x3 et donc a3 = 1.
(x2 − 1)(x2 + 1) x→+∞
a) Partie polaire relative à un pole simple. Si Q est factorisé , utiliser λ = lim (x − a)F(x) .
x→a
2X + 1 a b c1 c2 c3
Exemple. = + + + + .
X(X − 1)3 (X + 3) X X + 3 X − 1 (X − 1)2 (X − 1)3
2×0+1 1 5 3
a = lim xF(x) = = − , b = lim (x + 3)F(x) = − (et c3 = lim (x − 1)3 F(x) = )
x→0 (0 − 1)3 (0 + 3) 3 x→−3 192 x→1 4
P(a)
Si Q est développé, utiliser plutôt λ = .
Q ′ (a)
1 P
Exemple. Décomposer en éléments simples sur C la fraction F = = avec P = 1 et Q = Xn − 1.
−1 Xn Q
1 X λk
n−1
P(ωk ) 1 ωk 1 X ωk
n−1
2ikπ/n
= où ω k = e . λ k = = = et = .
Xn − 1 X − ωk
k=0
Q ′ (ωk ) nωkn−1 n Xn − 1 X − ωk
k=0
b) Partie polaire relative à un pôle multiple. La méthode générale (division suivant les puissances croissantes)
a été supprimée des programmes. Il ne reste donc que la « débrouille ».
2X + 1 1 5 c1 c2 c3
Exemple. 3
=− − + + 2
+ .
X(X − 1) (X + 3) 3X 192(X + 3) X − 1 (X − 1) (X − 1)3
2×1+1 3
• c3 = lim (x − 1)3 F(x) = = .
x→1 1 × (1 + 3) 4
1 5 69 23
• 0 = lim xF(x) = − − + c1 et donc c1 = = .
x→+∞ 3 192 192 64
1 1 1 69 3 7
• x = 2 fournit = − − + + c2 + et donc c2 = − .
2 6 192 192 4 16
2X + 1 3 4(2X + 1) − 3X(X + 3) −3X2 − X + 4 −3X − 4
ou bien 3
− 3
= 3
= 3
= puis
X(X − 1) (X + 3) 4(X − 1) 4X(X − 1) (X + 3) 4X(X − 1) (X + 3) 4X(X − 1)2 (X + 3)
3 2 7
c2 = lim F(x) − (x − 1) =−
x→1 4(x − 1)3 16
Théorème.
• (K[X], +, .) est un K-espace vectoriel de dimension infinie. La base canonique de K[X] est (Xn )n∈N .
• (K[X], +, ×) est un anneau commutatif et intègre (dans K[X], un produit de facteurs est nul si et seulement si l’un de
ses facteurs est nul (se démontre grâce aux degrés des polynômes)). Les inversibles de cet anneau sont les constantes
non nulles.
• (K[X], +, ., ×) est une K-algèbre de dimension infinie.
2) Dérivation (formelle)
+∞
X +∞
X +∞
X
Définition. Si P = an Xn , alors P ′ = nan Xn−1 = (n + 1)an+1 Xn .
n=0 n=1 n=0
+∞
X +∞
X
Plus généralement, P(k) = n(n − 1) . . . (n − k + 1)ak Xn−k = (n + k)(n + k − 1) . . . (n + 1)an+k Xn =
n=k n=0
+∞
X (n + k)!
an+k Xn .
n!
n=0
A
Q est le quotient de la division euclidienne de A et par B (ou aussi la partie entière de la fraction rationnelle) et R est
B
le reste de la division euclidienne de A et par B. Disposition pratique pour la division euclidienne de 2X −X +X3 +X+1
7 4
par X2 − 3X + 1 :
2X7 − X4 + X3 +X+1 X2 − 3X + 1
− 2X7 − 6X6 + 2X5
2X5 + 6X4 + 16X3 + 41X2 + 108X + 283
6X6 − 2X5 − X4 + X3 +X+1
− 6X6 − 18X5 + 6X4
108X3 − 41X2 + X + 1
− 108X3 − 324X2 + 108X
283X2 − 107X + 1
− 283X2 − 849X + 283
742X − 282
ce qui fournit 2X7 − X4 + X3 + X + 1 = 2X5 + 6X4 + 16X3 + 41X2 + 108X + 283 X2 − 3X + 1 + 742X − 282 ou aussi
= somme des produits k à k des n racines (pas nécessairement deux à deux distinctes) de P.
f(x) = P (x − x0 ) + o (x − x0 )n = a0 + a1 (x − x0 ) + . . . + an (x − x0 )n + o (x − x0 )n .
x→0
1
2) Formule de Taylor-Young.
Théorème. Si f est n fois dérivable en x0 , f admet en x0 un développement limité d’ordre n, son développement de
Taylor-Young :
f ′ (x0 ) f(n) (x0 ) n n
f(x) = f (x0 ) + (x − x0 ) + . . . + (x − x0 ) + o (x − x0 ) .
x→x0 1! n!
La réciproque est fausse pour n > 2 ou encore une fonction peut admettre
un développement limité d’ordre n > 2 en x0 et
3 1
x sin si x 6= 0
n’être pas dérivable en x0 . Par exemple, la fonction x 7→ x admet un développement limité d’ordre
0 si x = 0
2 en 0 à savoir f(x) = = o x2 mais n’est pas deux fois dérivable en 0 (à refaire). Par contre
x→0
√ x2 x3 x x2 x3
x 3 3
e × 1+x = 1+x+ + +o x 1+ − + +o x
x→0 2 6 2 8 16
1 2 1 1 1 3 1 1 1 1
+ o x3
= 1+x 1+ +x + − +x + − +
x→0 2 2 2 8 6 4 8 16
3x 7x2 17x3
+ o x3
= 1+ + +
x→0 2 8 48
Quand la valuation de la partie régulière d’une parenthèse est supérieure ou égale à 1, on peut abaisser l’ordre de l’autre
parenthèse. Par exemple, pour obtenir sin x × ln(1 + x) àl’ordre 4 en 0, on écrit
2 2 3 x2 x4
+ o(x2 ) = x3 − + o x4
sin(x ) × ln(1 + x) = x + o(x ) x −
x→0 2 2
On veut obtenir le développement limité de sin3 x ln2 (1 + x) (1 − cos x) à l’ordre 8 en 0.
Pour obtenir l’ordre auquel effectuer sin, on écrit sin3 x ln2 (1 + x) (1 − cos x) = sin x × sin2 x ln2 (1 + x) (1 − cos x) avec
x6 x6
sin2 x ln2 (1 + x) (1 − cos x) ∼ − . On écrit donc sin x à l’ordre 2. De même, sin3 x ln(1 + x) (1 − cos x) ∼ − et on
x→0 2 x→0 2
3 2 5
écrit ln(1 + x) à l’ordre 2 puis sin x ln (1 + x) ∼ x et on écrit 1 − cos x à l’ordre 3 ce qui donne
x→0
x2 2 x2
3 2 2
3 2 3
sin x ln (1 + x) (1 − cos x) = x + o x x− +o x +o x
x→0 2 2
2 2
x2
3 x
+ o x8
= (x) x −
x→0 2 2
x5 2 x7 x8
x − x3 + o x8 = + o x8 .
= −
x→0 2 x→0 2 2
2
Faire un développement limité de produit est plus difficile que faire un développement limité d’une combinaison linéaire.
Linéariser toujours au maximum un produit avant de se lancer. Moins il y a de produits, mieux c’est.
Exemple 1. On veut le développement à l’ordre 4 en 0 de cos x cos(3x). On écrit
1
cos x cos(3x) =(cos(2x) + cos(4x))
2
x2 x4 16x2 256x4
1 4
= 1− + +1− + +o x
x→0 2 2 24 2 24
17x2 257x4
+ o x4 .
= 1− +
x→0 4 48
2+x
Exemple 2. On veut le développement à l’ordre 3 en 0 de ln . On écrit
1−x
2+x x
ln = ln(2 + x) − ln(1 − x) = ln 2 + ln 1 + − ln(1 − x)
1−x 2
x x2 x3 x2 x3
+ o x3
= ln 2 + − + +x+ +
x→0 2 8 24 2 3
3x 3x2 x3 3
= ln 2 + + + +o x .
x→0 2 8 8
2
Exemple 3. On veut le développement à l’ordre 2 en 0 de (ex ) . On écrit
2
(ex ) = e2x = 1 + 2x + 2x2 + o x2 .
x→0
2
+o(x2 )) 2
+x3 +o(x3 )
ex/(1−x) = ex(1+x+x = ex+x
x→0
1 2 1
= 1 + x + x2 + x3 + x + x2 + (x)3 + o x3 (car x + x2 + x3 → 0)
x→0 2 6 x→0
3x2 13x3
+ o x3 .
= 1+x+ +
x→0 2 6
e) Développement limité d’un quotient.
1
On se ramène aux deux paragraphes précédents à l’aide de = 1 + u + . . . + un + o (un ).
1 − u u→0
Par exemple, on veut tan x à l’ordre 5 en 0.
x3 x5
+ o x5
x− +
tan x = 6 2 120
x4
x→0 x
1− − + o (x4 )
2 24
2 2 !
x3 x5
2
x4
5
x x 4
= x− + +o x 1+ − + +o x
x→0 6 120 2 24 2
x3 x5 x2 5x4 x3 2x5
+ o x5 = x + + o x5 .
= x− + 1+ + +
x→0 6 120 2 24 x→0 3 15
f ) Intégration des développements limités.
n n
Soit f admettant un développement limité d’ordre n en x0 : f(x) = a0 + a1 (x − x0 ) + . . . + an (x − x0 ) + o (x − x0 ) .
x→x0
Si F est une primitive de f, F admet en x0 un développement limité d’ordre n + 1 obtenu « par intégration » sans oublier
la constante :
3
2 n+1
(x − x0 ) (x − x0 )
n+1
F(x) = F (x0 ) + a0 (x − x0 ) + a1 + . . . + an + o (x − x0 ) .
x→x0 2 n+1
Exemple. Développement de Arcsin à l’ordre 2n + 1 en 0. On développe d’abord sa dérivée à l’ordre 2n en 0 :
1 − 1
√ = 1 − x2 2
1 − x2
n 1
X n
X 1
−2 k − 2 2k
−x2 + o x2n = 1 + (−1)k x + o x2n ,
=
x→0 k x→0 k
k=0 k=1
avec
1 1 1 1 3 2k − 1
1 − − − 1 . . . − − (k − 1) × × ...×
− 2 2 2
(−1)k 2 = (−1)k = 2 2 2
k k! k!
1 × 3 × . . . × (2k − 1) 1 × 2 × 3 × 4 × . . . × (2k − 1) × (2k)
= =
2k k! 2k k!(2 × 4 × . . . × (2k))
(2k)!
= 2k 2 .
2 k!
Xn
1 (2k)! 2k
x + o x2n . Par intégration et en tenant compte de Arcsin (0) = 0
Donc, √ = 1+ 2k 2
2
1 − x x→0 2 k!
k=1
n
X (2k)! x2k+1
+ o x2n+1
Arcsin (x) = Arcsin (0) + x + 2k 2
x→0 2 k! 2k + 1
k=1
n
X (2k)! x2k+1
+ o x2n+1 .
=
x→0 22k k!2 2k + 1
k=0
Danger. En général, on ne dérive pas un développement limité. Si f est dérivable, il se peut que f ait un dévelop-
′
pement limité
à uncertain ordre n et que f n’admette pas de développement limité d’ordre n − 1. Par exemple,
3 1
x sin si x 6= 0
, alors f(x) = o x2 . D’autre part, f est dérivable sur R et pour tout réel x,
si f(x) = x2
x→0
0 si x= 0
1 1
3x2 sin − 2 cos si x 6= 0
f ′ (x) = x 2 x2 (à refaire). f ′ n’a pas de limite réelle en 0 et donc f ′ n’a même pas
0 si x = 0
un développement limité d’ordre 0 en 0.
Par contre, si f ′ admet en x0 un développement limité d’ordre n, alors f admet en x0 un développement limité d’ordre
n + 1, et le développement limité d’ordre n de f ′ en x0 s’obtient « en dérivant le développement limité » d’ordre n + 1 de
f en x0 .
g) Développement limité en un réel non nul.
On a deux techniques et souvent seule une des deux est utilisable.
Utilisation d’un changement de variables pour disposer du formulaire de développements limités en 0. Par exemple, on
1 π π π π
veut à l’ordre 2 en . On pose h = x − ou encore x = + h de sorte que x tend vers si et seulement si h tend
sin x 3 3 3 3
vers 0.
1 1 1
= π = √
sin x sin +h 1 3
3 sin h + cos h
2 2
1 2 1
= √ √ 2 = √
h→0 3 h 3h h→0 h
3 1 + √ − h2 + o (h2 )
+ − + o (h2 )
2 2 2 3
2 !
8h2
2 h 2 h 2 2 2h
+ √ + o h2
= √ 1− √ −h + √ +o h = √ −
h→0 3 3 3 h→0 3 3 3 3
2 2 π 8 π 2
π 2
=π √ − x− + √ x− +o x− .
x→ 3 3 3 3 3 3 3 3
4
On peut aussi utiliser directement la formule de Taylor-Young. Par exemple, on veut f(x) = arctan(x) à l’ordre 2 en 1.
1 −2x
f ′ (x) = 2
et f ′′ (x) = 2
. On obtient
1+x (1 + x2 )
f ′′ (1)
(x − 1)2 + o (x − 1)2
Arctan (x) = f(1) + f ′ (1)(x − 1) +
x→1 2
π 1 1
+ (x − 1) − (x − 1)2 + o (x − 1)2 .
=
x→1 4 2 4
III. Equivalents
1) Définition.
un
un ∼ vn ⇔ → 1 ⇔ vn = un + o (un ).
n→+∞ vn n→+∞ n→+∞
f(x)
f ∼ g⇔ → 1 ⇔ g = f + o (f) (a réel ou infini).
x→a g(x) x→a x→a
2) Propriétés.
Théorème. La relation un ∼ vn est une relation d’équivalence.
n→+∞
Théorème. Les équivalents fonctionnent très bien avec produits, quotients, exposants fixes.
un vn
• Si un ∼ vn et wn ∼ tn , alors un wn ∼ vn tn et ∼ (on peut multiplier ou diviser membre
n→+∞ n→+∞ n→+∞ wn n→+∞ tn
à membre des équivalents).
• Si un ∼ vn , alors uα n ∼ vα n (on peut élever les deux membres d’un équivalent à un même exposant fixe
n→+∞ n→+∞
(ne variant pas quand n varie)).
3) Les dangers des équivalents.
① On n’écrit jamais un ∼ 0 ou f ∼ 0. Ca ne veut rien dire.
② Les sommes. En général, on n’additionne pas membre à membre des équivalents.
Par exemple, sin x ∼ x + x2 (car sin x ∼ x ∼ x + x2 ) et − ln(1 + x) ∼ −x + x5 (car − ln(1 + x) ∼ −x ∼ −x + x5 )
x→0 x→0 x→0 x→0 x→0 x→0
mais sin x − ln(1 + x) n’est pas du tout équivalent en 0 à x2 + x5 .
Pour obtenir, un équivalent de somme, on revient à = et o( ) (f ∼ g ⇔ g = f + o (f)). Par exemple,
x→a x→a
2
x2
2 x 2
+ o x2 ,
sin x − ln(1 + x) = x + o x − x− +o x =
x→0 2 x→0 2
x2
et donc sin x − ln(1 + x) ∼ .
x→0 2
Par contre, on peut additionner des équivalents dans le cas√ particulier où les équivalents principaux (les équivalents les
plus simples possibles) ne se simplifient pas. Par exemple, 4x2 − x + 1 + x ∼ −2x + x = −x.
x→−∞
③ On ne passe pas un terme de l’autre côté d’un équivalent (c’est une variante du danger précédent).
x3 x3 x3
L’écriture sin x ∼ x− ne signifie pas sin x − x ∼ − ou encore l’écriture sin x ∼ x − ne signifie pas
x→0 6 x→0 6 x→0 6
3 3
x x x3
+ o x3 . L’écriture sin x ∼ x − + o x3 .
sin x = x − a une signification bien moins forte que sin x = x −
x→0 6 x→0 6 x→0 6
On a par exemple, sin x ∼ x + x3 (car sin x ∼ x ∼ x + x3 ) et pourtant, on n’a pas sin x = x + x3 + o x3 .
x→0 x→0 x→0 x→0
Quand on n’écrit des équivalents, en général, on n’écrit un seul terme à savoir le terme prépondérant. Les autres termes
ne servent à rien.
④ Les logarithmes. Si un et vn (ou f et g) sont soit des infiniment grands équivalents, soit des infiniment petits
équivalents, alors ln (u et (vn ) (ou ln
n ) ◦fet ln ◦g) sont équivalents.
1 1
Par exemple, ln sin ∼ ln = − ln(n).
n n→+∞ n
Par contre, si un et vn (ou f et g) sont équivalents et tendent vers 1, on ne doit surtout pas passer aux logarithmes. Par
exemple, cos(x) ∼ 1 + x mais ln(cos x) n’est pas équivalent à ln(1 + x) car ln(1 + x) ∼ x et
x→0 x→0
x2
ln(cos x) ∼ cos x − 1 ∼ − .
x→0 x→0 2
5
⑤ Les exponentielles. On ne passe pas aux exponentielles dans des équivalents ou encore un n→+∞
∼ vn 6⇒ eu n
∼
n→+∞
evn .
Une variante est : on n’élève pas les
deux membres
n d’un équivalent à un même exposant variable.
1 1
Par exemple, 1 + ∼ 1 mais 1 + 6 ∼ 1n = 1 car
n n→+∞ n n→+∞
n
1
= en ln(1+ n ) = en( n +o( n )) = e1+o(1) ∼ e.
1 1 1
1+
n n→+∞ n→+∞ n→+∞
et aussi
ef ∼ eg ⇔ g − f → 0 ou encore ef+o(1) ∼ ef .
x→a x→a x→a
1
Par exemple, pour trouver un équivalent simple de (1 + x) x2 en 0, on écrit
1
1 1
ln(1+x) 1 1 1 1 ex
(1 + x) x2 = e x2 = e x − 2 +o(1) ∼ e x − 2 = √ .
x→0 x→0 e
(On a écrit un développement de l’exposant jusqu’à o(1) puis on a effacé le o(1)).
6
Résumé de sup : séries numériques
I. Généralités.
1) Définitions
n
X
Définition. Soit (un )n∈N une suite de nombres complexes. Pour n ∈ N, on pose Sn = uk . La série de terme général
k=0
un est la suite (Sn )n∈N . Pour n ∈ N, Sn est la somme partielle de rang n de la série de terme général un .
Théorème (liens entre la suite (un ) et la série de terme général un ).
Pour tout entier naturel n, Sn+1 = Sn + un+1 (définition de la suite (Sn ) par récurrence).
Pour tout entier naturel non nul n, un = Sn − Sn−1 (récupération du terme général).
Définition. La série de terme général un , n ∈ N, converge si et seulement si la suite des sommes partielles (Sn )n∈N
+∞
X
converge. Dans ce cas, la limite de la suite (Sn )n∈N se note uk et s’appelle la somme de la série de terme général un .
k=0
n
X
L’expression Sn = uk est une fonction de n mais pas de k (la variable k est muette). On peut écrire ∀n ∈ N,
k=0
n
X n
X +∞
X
uk = . . . mais on n’écrit surtout pas ∀k ∈ N, uk = . . . L’expression uk n’est pas une fonction de k et peut
k=0 k=0 k=0
+∞
X +∞
X
donc se noter un , up . . .
n=0 p=0
On ne modifie pas la nature d’une série en changeant la valeur d’un nombre fini de terme de la suite (mais on change
éventuellement sa somme éventuelle).
2) Séries grossièrement divergentes
Théorème. Si la série de terme général un converge, un tend vers 0 quand n tend vers +∞.
Si un ne tend pas vers 0, la série de terme général un diverge.
Démonstration. Si la série de terme général un converge vers S, alors la suite (un ) = (Sn − Sn−1 ) converge vers S−S = 0.
Définition. Une série est grossièrement divergente si et seulement si son terme général ne tend pas vers 0.
Par exemple, la série de terme général (−1)n est une série grossièrement divergente.
3) Reste à l’ordre n d’une série convergente.
Définition. On suppose que la série de terme général un converge. Le reste à l’ordre n est défini pour tout entier naturel
n par
+∞
X
Rn = S − Sn = uk .
k=n+1
Dit autrement, l’ensemble E des suites à coefficients dans K qui sont des termes généraux de séries convergentes est un
+∞
X
sous-espace vectoriel de KN et l’application (un ) 7→ un est une forme linéaire sur E.
n=0
1
+∞
X X +∞ +∞
X
1 1 1 1
mais on ne peut pas écrire − ln 1 + = − ln 1 + .
n n n n
n=1 n=1 n=1
Par contre, on peut travailler sur des sommes finies :
N
X X N N N N
1 X
X
1 X
1 1 1
− ln 1 + = − ln 1 + = − (ln(n + 1) − ln(n))
n n n n n
n=1 n=1 n=1 n=1 n=1
N
!
X 1
= − ln(N + 1) (somme télescopique).
n
n=1
|un | + un |un | − un
• u+
n = , u−
n = .
2 2
Théorème. Soit (un ) une suite réelle. Si les séries de termes généraux respectifs u+ −
n et un convergent, alors la série de
+∞
X +∞
X +∞
X
terme général un converge et dans ce cas, un = u+n − u−n.
n=0 n=0 n=0
Théorème. Soit (un ) une suite complexe. La série de terme général un converge si et seulement si les séries de termes
+∞
X +∞
X +∞
X
généraux respectifs Re (un ) et Im (un ) convergent et dans ce cas, un = Re (un ) + i Im (un ).
n=0 n=0 n=0
b) Définition. Soit (un ) une suite de nombres complexes. La série de terme général un est absolument convergente si et
seulement si la série de terme générale |un | est convergente.
Théorème. Si la série de terme général un est absolument convergente, alors la série de terme général un est convergente
(se démontre en passant par u+ −
n et un pour les suite réelles puis par Re(un ) et Im(un ) pour les suites complexes).
1
Théorème. Pour tout réel α, la série de terme général (ou encore la série de Riemann d’exposant α converge si et
nα
seulement si α > 1 (se démontre en comparant à des intégrales).
xn
On peut rajouter à cette liste la convergence de la série de terme général , (x réel donné). Cette série converge pour
n!
+∞ n
X x
tout réel x et = ex (se démontre à partir de la formule de Taylor-Laplace).
n!
n=0
2
III. Séries à termes réels positifs. Ce paragraphe concerne plus généralement les séries à termes réels
de signe constant à partir d’un certain rang.
1) Théorème fondamental
Soit (un ) une suite de réels positifs. La série de terme général un converge si et seulement si la suite (Sn ) des sommes
partielles est majorée (car, puisque la suite (un ) est positive, la suite (Sn ) est croissante).
X+∞
Dans le cas contraire, un = +∞.
n=0
2) Théorème de comparaison
Théorème. Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles positives telles que pour tout n à partir d’un certain rang, un 6 vn .
Si la série de terme général vn converge, alors la série de terme général un converge.
Si la série de terme général un diverge, alors la série de terme général vn diverge.
Théorème. Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles positives à partir d’un certain rang telles que un = o (vn ).
n→+∞
Si la série de terme général vn converge, alors la série de terme général un converge.
Si la série de terme général un diverge, alors la série de terme général vn diverge.
Ce résultat n’est pas vrai pour des séries à termes réels quelconques.
Théorème. Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles positives à partir d’un certain rang telles que un = O (vn ).
n→+∞
Si la série de terme général vn converge, alors la série de terme général un converge.
Si la série de terme général un diverge, alors la série de terme général vn diverge.
Le « O » est très utilisé dans les études de nature de séries.
Théorème. Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles positives à partir d’un certain rang telles que un = O (vn ).
n→+∞
Si la série de terme général vn converge, alors la série de terme général un converge.
Si la série de terme général un diverge, alors la série de terme général vn diverge.
Théorème. Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles strictement positives à partir d’un certain rang telles que un ∼ vn .
n→+∞
Les séries de termes généraux respectifs un et vn sont de même nature.
Ce résultat n’est pas vrai pour des séries à termes réels ou complexes quelconques. Par exemple, la série de terme général
(−1)n (−1)n
un = , n > 1, converge et on peut que la série de terme général vn = diverge. Pourtant, un et vn sont
n n + (−1)n
équivalents en +∞.
3
Résumé de sup : probabilités
I. Espaces probabilités finis
1) Univers, événements
L’ensemble des résultats possibles d’une expérience aléatoire est un ensemble Ω appelé univers. Ω est l’ensemble des cas
possibles ou des éventualités ou des issues. En sup, Ω est fini.
Si Ω est un univers fini. Une partie de Ω est un événement. L’ensemble des événements est donc P(Ω).
Ω est l’événement certain, ∅ est l’événement impossible, un singleton {ω} (où ω ∈ Ω) est un événement élémentaire.
2) Opérations sur les événements
Si A et B sont deux événements, CΩ A est l’événement contraire de A, A∪B est la réunion de A et B, A∩B est l’intersection
de A et B.
A et B sont incompatibles ssi A ∩ B = ∅. Si A ⊂ B, on dit que A implique B.
[
Un système complet d’événements est une famille (Ai )16i6n telle que ∀i 6= j, Ai ∩ Aj = ∅ et Ai = Ω.
16i6n
3) Probabilité
Soit Ω un univers fini. Une probabilité sur Ω est une application P de P(Ω) dans [0, 1] telle que
1) P(Ω) = 1
2) pour tous événements A et B tels que A ∩ B = ∅, P(A ∪ B) = P(A) + P(B).
Dans ce cas, (Ω, P) est un espace probabilisé.
4) Calculs de probabilités
Théorème.
• P(∅)= 0.
• P A = 1 − P(A).
• Si A ⊂ B, P(A) 6 P(B) (croissance d’une probabilité). Dans ce cas, P(B \ A) = P(B) − P(A).
• P(A ∪ B) = P(A) + P(B) − P(A ∩ B).
• Si A1 , . . . An sont deux à deux incompatibles, P (A1 ∪ . . . ∪ An ) = P (A1 ) + . . . + P (An )
Si de plus (Ai )16i6n est un système complet d’événements, alors P (A1 ) + . . . + P (An ) = 1 et pour tout événement B,
n
X
P(B) = P (B ∩ Ai ).
i=1
1
Théorème (formule de Bayes (inversion d’une probabilité conditionnelle)). Soit (Ai )16i6n un système complet
d’événements tels que ∀i ∈ J1, nK, P (Ai ) 6= 0, alors pour tout B tel que P(B) 6= 0,
P (A) × PA (B)
En particulier, PB (A) = .
P(A) × PA (B) + P A × PA (B)
III. Indépendance
A et B sont indépendants si et seulement si P(A∩B) = P(A)× P(B). Si P(A) 6= 0, il revient au même de dire PA (B) = P(B).
Théorème. Si A et B sont indépendants, alors A et B, A et B, A et B sont indépendants.
Soient A1 , . . . , An , n événements.
A1 , . . . , An sont deux à deux indépendants ⇔ ∀i 6= j, !
P (Ai ∩ Aj ) = P (Ai ) × P (Aj ).
\ Y
A1 , . . . , An sont indépendants ⇔ ∀I ⊂ J1, nK, P Ai = P (Ai ).
i∈I i∈I
⇒
Théorème. indépendants deux à deux indépendants.
6 ⇐
2
L’espérance de la variable indicatrice 1A d’un événement A est P(A).
Théorème (linéarité). L’espérance est une forme linéaire c’est-à-dire E(X + Y) = E(X) + E(Y) et E(λX) = λE(X).
En particulier, E(aX + b) = aE(X) + b.
Si X est d’espérance nulle, X est centrée. Si X est une variable réelle quelconque, X − E(X) est la variable centrée associé
à X.
Théorème (positivité, croissance). Si X est une variable aléatoire réelle positive, alors E(X) > 0.
Si X est Y sont des variables aléatoires telles que X 6 Y, alors E(X) 6 E(Y).
Théorème (inégalité de Markov). Si X est une variable réelle positive,
E(X)
∀a > 0, P(X > a) 6 .
a
Démonstration. Soit a > 0. Soit A = {X > a}. Soit ω ∈ Ω.
X X(ω) a
• Si ω ∈ A, 1A (ω) = 1 et (ω) = > = 1 = 1A (ω).
a a a
X(ω)
• Si ω ∈
/ A, 1A (ω) = 0 6 .
a
X X X E(X)
Donc, ∀ω ∈ Ω, 1A (ω) 6 (ω) ou encore 1A 6 . Par croissance de l’espérance, E (1A ) 6 E = avec
a a a a
E (1A ) = P(A) = E(X > a).
X
Théorème de transfert. L’espérance de f(X) est E(f(X)) = f(x)P(X = x).
x∈X(Ω)
b) Variance, écart-type.
X
Définition. Le moment d’ordre k de X est E Xk = xk P(X = x).
x∈X(Ω)
X
Définition. La variance de X est V(X) = E (X − E(X))2 = P(X = x) × (x − E(X))2 .
x∈X(Ω)
V(X)
∀ε > 0, P(|X − E(X)| > ε) 6 .
ε2
2
X − E(X)
Démonstration. On applique l’inégalité de Markov à la variable . L’événement {|X − E(X)| > ε} est
ε
2 2
X − E(X) X − E(X)
l’événement > 1 . Puisque la variable est positive et que 1 > 0,
ε ε
2 !
1 X − E(X) 1 V(X)
P{|X − E(X)| > ε} 6 E = 2 E (X − E(X))2 = 2 .
1 ε ε ε
3
Définition. Si X et Y sont deux variables aléatoires sur l’espace probabilisé fini (Ω, P), alors la loi conjointe de X et Y est
la loi du couple (X, Y). Donner la loi conjointe du couple (X, Y), c’est donner les P((X, Y) = (x, y)) = P({X = x} ∩ {Y = y}),
x ∈ X(Ω), y ∈ Y(Ω). Les lois marginales (car on les retrouve en marge) du couple (X, Y) sont les lois de X et de Y.
Théorème. La loi conjointe détermine les lois marginales :
X
∀x ∈ X(Ω), P(X = x) = P({X = x} ∩ {Y = y}).
y∈Y(Ω)
X
∀y ∈ Y(Ω), P(Y = y) = P({X = x} ∩ {Y = y}).
x∈X(Ω)
Y c d
X
1 1
a 12 6
1 5
b 8 8
1 1 1
la première loi marginale du couple (X, Y) est P(X = a) = P((X = A) ∩ (Y = c)) + P(X = a) ∩ (Y = d)) = + = ,
12 6 4
1 5 3
P(X = b) = + = ...
8 8 4
Y c d loi de X
X
1 1 1
a 12 6 4
1 5 3
b 8 8 4
5 19
loi de Y 24 24 1
Définition (lois conditionnelles). Si pour tout y ∈ Y(Ω), P(Y = y) 6= 0, on peut définir la loi de X sachant que Y = y :
P((X = x) ∩ (Y = y)) P((X, Y) = (x, y))
∀x ∈ X(Ω), PY=y (X = x) = = .
p(Y = y) p(Y = y)
Si pour tout x ∈ X(Ω), P(X = x) 6= 0, on peut définir la loi de Y sachant que X = x : ∀y ∈ Y(Ω), PX=x (Y = y) =
P((X = x) ∩ (Y = y))
.
p(X = x)
Les lois conditionnelles sont déterminées par la loi conjointe et les lois marginale et donc par la loi conjointe uniquement.
2) Indépendance
a) de deux variables
Définition. X et Y sont indépendantes si et seulement si ∀(x, y) ∈ X(Ω) × Y(Ω), P((X = x) ∩ (Y = y)) = P(X = x) × P(Y =
y).
b) d’un n-uplet de variables
Définition. X1 , . . . ,Xn sont deux à deux indépendantes si et seulement si ∀i 6= j, Xi et Xj sont indépendantes. Ceci
équivaut à ∀i 6= j, ∀(xi , xj ) ∈ Xi (Ω) × Xj (Ω), P((Xi = xi ) ∩ (Xj = xj )) = P(Xi = xi ) × P(Xj = xj ).
Définition. X1 , . . . ,Xn sont indépendantes si et seulement si ∀(x1 , . . . , xn ) ∈ X1 (Ω) × Xn (Ω), les événements {X1 = x1 },
. . . {Xn = xn } sont indépendants.
Théorème. Si les variables X1 , . . . , Xn sont indépendantes, alors les variables X1 , . . . , Xn sont deux à deux indépendantes.
Réciproque fausse.
Théorème. Si les variables X1 , . . . , Xn sont indépendantes, alors pour toutes fonctions f1 , . . . , fn , les variables f1 (X1 ),
. . . , fn (Xn ) sont indépendantes.
3) Covariance
a) Cas général
Définition. La covariance du couple (X, Y) est cov(X, Y) = E((X − E(X))(Y − E(Y))).
X
Théorème. cov(X, Y) = E(XY) − E(X)E(Y) avec E(XY) = xy P((X = x) ∩ (Y = y)).
(x,y)∈X(Ω)×Y(Ω)
1
Théorème. V(X + Y) = V(X) + V(Y) + 2cov(X, Y) et donc aussi cov(X, Y) = (V(X + Y) − V(X) − V(Y)).
2
4
n
X X
Plus généralement, V (X1 + . . . + Xn ) = V (Xi ) + 2 cov (Xi , Xj ).
i=1 16i<j6n
5
Résumé de sup : Bernoulli
1) Loi de Bernoulli
Définition. Soit p ∈ [0, 1]. Une variable aléatoire X suit la loi de Bernoulli de paramètre p si et seulement si
X(Ω) = {0, 1} et P(X = 1) = p (et P(X = 0) = 1 − p). (Remarque. X2 = X.)
Théorème. Si X suit une loi de Bernoulli de paramètre p, E(X) = p et V(X) = p(1 − p).
Démonstration. E(X) = 0 × P(X = 0) + 1 × P(X = 1) = 0 × (1 − p) + 1 × p = p et V(X) = E X2 − (E(X))2 =
Théorème. Si X suit une loi binomiale de paramètres n et p, E(X) = np et V(X) = np(1 − p).
Démonstration directe.
Xn Xn
n k n−k n−1 k
E(X) = k p (1 − p) = n p (1 − p)n−k
k k−1
k=0 k=1
Xn n−1
X n − 1
n − 1 k−1
= np p (1 − p)(n−1)−(k−1) = np n pl (1 − p)(n−1)−l
k−1 k−1
k=1 l=0
n−1
= np(p + (1 − p)) = np.
n n n
X X X
n k n k n k
E X2 = k2 p (1 − p)n−k = k(k − 1) p (1 − p)n−k + k p (1 − p)n−k
k k k
k=0 k=0 k=0
Xn Xn
n−2 k n − 2 k−2
= np + n(n − 1) p (1 − p) n−k
= np + n(n − 1)p 2
p (1 − p)(n−2)−(k−2)
k−2 k−2
k=2 k=2
= np + n(n − 1)p2 (p + (1 − p))n−2 = np + n(n − 1)p2
puis
• Si X1 , . . . , Xn sont des variables indépendantes suivant une loi de Bernoulli de paramètre p, alors X1 + . . . + Xn suit
une loi binomiale de paramètres n et p.
Démonstration.
• Soit Z = X + Y. Z(Ω) = J0, n + mK. Puisque X et Y sont indépendantes, pour tout k ∈ J0, n + mK,
X k
X
P(Z = k) = P(X + Y = k) = P((X = i) ∩ (Y = j)) = P(X = i)P(Y = k − i)
(i,j)J0,nK×J0,mK, i+j=k i=0
k
X k
X
n i m n m
= p (1 − p)n−i pk−i (1 − p)m−(k−i) = pk (1 − p)n+m−k .
i k−i i k−i
i=0 i=0
1
k n
! m
X n m
X n i X m j
Maintenant, est le coefficient de Xk dans le développement de (1+X)n ×(1+X)m = X X .
i k−i i j
i=0 i=0 j=0
n m n+m n+m
Puisque (1 + X) × (1 + X) = (1 + X) , ce coefficient est aussi . Donc,
k
Xk
n m n+m
= (relation de Vandermonde).
i k−i k
i=0
n+m k
Mais alors, P(Z = k) = p (1 − p)n+m−k . Ceci montre que Z suit la loi B(n + m, p).
k
• Le deuxième résultat se montre par récurrence sur k et puisque X1 , . . . , Xk+1 indépendantes ⇒ Xk+1 et X1 + . . . + Xk
indépendantes.
n
X
• Le troisième résultat est le cas particulier ∀i, ni = 1. Dans ce cas, ni = n.
i=1
Théorème. Si X suit une loi binomiale de paramètres n et p, E(X) = np et V(X) = np(1 − p).
Démonstration. Soient X1 , . . . , Xn n variables indépendantes suivant la loi de Bernoulli B(1, p). D’après ce qui
précède, X1 + . . . + Xn = X.
Par linéarité de l’espérance, E(X) = E (X1 ) + . . . + E (Xn ) = p + . . . + p = np.
Puisque les variables X1 , . . . , Xn , sont indépendantes, les variables X1 , . . . , Xn , sont deux à deux indépendantes. On en
déduit que V (X) = V (X1 ) + . . . + V (Xn ) = p(1 − p) + . . . + p(1 − p) = np(1 − p).
2
Résumé du cours d’algèbre de Sup et Spé
1 Polynômes
1.1 Formule de Taylor pour les polynômes
Soit P un polynôme non nul de degré n ∈ N.
n n
X P(k) (a) X P(k) (0)
∀a ∈ K, P = (X − a)k . P= .
k! k!
k=0 k=0
P(k) (0)
Pour tout polynôme P et tout entier naturel k, le coefficient de Xk dans P est ak = .
k!
Définition. Un idéal I de K[X] est principal ⇔ il ext engendré par l’un de ses éléments c’est-à-dire si et seulement si il
est de la forme I = PK[X] = {PQ, Q ∈ K[X]}.
Théorème. (K[X], +, ×) est un anneau principal, c’est-à-dire que tout idéal de cet anneau est principal.
2 Algèbre linéaire
Voir les résumés de sup déjà fournis.
1
3 Réduction des endomorphismes et des matrices carrées
3.1 Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres
Valeurs propres. E est un K-espace vectoriel de dimension quelconque. λ ∈ K.
λ est valeur propre de f ⇔ ∃x ∈ E \ {0}/ f(x) = λx
⇔ f − λIdE non injectif
⇔ Ker (f − λIdE ) 6= {0}.
Si de plus E est de dimension finie,
λ est valeur propre de f ⇔ f − λIdE ∈ / GL(E)
⇔ det (λIdE − f) 6= 0.
Soit A ∈ Mn (K).
λ est valeur propre de A ⇔ ∃X ∈ Mn,1 (K \ {0}/ AX = λX
⇔ Ker (A − λIn ) 6= {0}
⇔ A − λIn ∈/ GLn (K)
⇔ rg (A − λIn ) < n
⇔ det (λIn − A) 6= 0.
En particulier, A ∈ GLn (K) ⇔ 0 n’est pas valeur propre de A. Si dim(E) < +∞, f ∈ GL(E) ⇔ 0 n’est pas valeur propre
de f.
Si E est un C-espace de dimension finie non nulle, tout endomorphisme de E admet au moins une valeur propre. Toute
matrice carrée admet au moins une valeur propre dans C.
Vecteurs propres. E est un K-espace vectoriel de dimension quelconque. Soient f ∈ L (E) et x ∈ E.
x est un vecteur propre de f si et seulement si x 6= 0 et ∃λ ∈ K/ f(x) = λx.
Soit A ∈ Mn (K) et X ∈ Mn,1 (K).
X est un vecteur propre de A si et seulement si X 6= 0 et ∃λ ∈ K/ AX = λX.
Sous-espaces propres. Si λ est valeur propre de f, le sous-espace propre associé à λ est Eλ = Ker (f − λIdE ).
Ce sous-espace propre est constitué de 0 et des vecteurs propres associés à λ.
Si λ n’est pas valeur propre de f, alors Eλ = {0} et dans ce cas, Eλ n’est pas un sous-espace propre de f.
Définition analogue pour une matrice.
Théorème. Une famille de vecteurs propres associés à des valeurs propres deux à deux distinctes est libre.
Théorème. La somme d’un nombre fini de sous-espaces propres est directe.
2
Théorème. Si λ est valeur propre de A (de f) d’ordre o(λ), alors 1 6 dim (Eλ ) 6 o(λ) et aussi o(λ) > dim (Eλ ).
Si λ est valeur propre simple, dim (Eλ ) = 1. Le sous-espace propre associé à une valeur propre simple est une droite.
Théorème. A et t A ont même polynôme caractéristique et en particulier même trace et même déterminant.
Théorème. AB et BA (resp. f ◦ g et g ◦ f) ont même polynôme caractéristique et en particulier même trace et même
déterminant.
Théorème. Deux matrices semblables ont même polynôme caractéristique et en particulier même trace et même déter-
minant.
Réciproque fausse pour n > 2. Par exemple, In et In +E1,2 ont même polynôme caractéristique mais ne sont pas semblables.
3.4 Diagonalisation
Définition. Un endomorphisme de E (de dimension non nulle quelconque) est diagonalisable si et seulement si il existe
une base de E formée de vecteurs propres de f.
Si de plus, E est de dimension finie, f est diagonalisable si et seulement si il existe une base de E dans laquelle la matrice
de f est diagonale.
A ∈ Mn (K) est diagonalisable si et seulement si A est semblable à une matrice diagonale c’est-à-dire ∃P ∈ GLn (K,
∃D ∈ Dn (K)/ A = PDP−1 .
Théorème. E est un K-espace vectoriel de dimension finie non nulle n et f ∈ L (E). On note ni la dimension de Eλi (f).
f est diagonalisable ⇔ les sous-espaces propres de f sont supplémentaires
X
⇔n= ni
3.5 Trigonalisation
Définition. Un endomorphisme de E (de dimension finie non nulle) est trigonalisable si et seulement si il existe une base
de E dans laquelle la matrice de f est triangulaire.
Une matrice carrée est trigonalisable si et seulement si cette matrice est semblable à une matrice triangulaire.
Théorème. Si E est de dimension finie non nulle sur K, f est trigonalisable si et seulement si χf est scindé sur K.
Tout endomorphisme d’un C-espace de dimension finie non nulle est trigonalisable.
Toute matrice carrée est trigonalisable dans C.
Conséquences. Si Sp(f) = (λ1 , . . . , λn ), alors ∀k ∈ N∗ , Sp fk = λk1 , . . . , λkn et plus généralement,
pour tout polynôme
P, Sp(P(f)) = (P (λ1 ) , . . . , P (λn )). Si de plus f est inversible, ∀k ∈ Z, Sp fk = λk1 , . . . , λkn .
3
Si E est de dimension finie, le générateur unitaire de Ker(Φ) est le polynôme minimal µf de f.
Par définition, Ker(Φ) = µf K[X] ou encore les polynômes annulateurs de f sont les multiples de µf . Le théorème de
Cayley-Hamilton se réénonce sous la forme :
Théorème. µf divise χf .
Théorème (polynômes annulateurs et valeurs propres). Si P(f) = 0 et si λ est valeur propre de f, alors P(λ) = 0.
Les valeurs propres d’un endomorphisme (ou d’une matrice) sont à choisir parmi les racines d’un polynôme annulateur.
Une racine d’un polynôme annulateur n’est pas nécessairement valeur propre mais toute valeur propre est racine d’un
polynôme annulateur.
k
Y α
Théorème. Toute valeur propre de f est racine de µf et toute racine de µf est valeur propre de f. Si χf = (X − λi ) i ,
i=1
k
Y
alors µf est de la forme (X − λi )βi où ∀i, 1 6 βi 6 αi .
i=1
Théorème de décomposition des noyaux. Soient f ∈ L (E) et P1 , . . . , Pk des polynômes deux à deux premiers entre
eux. Alors,
4 Espaces préhilbertiens
Produit scalaire. Soit E un R-espace vectoriel. Un produit scalaire sur E est une forme bilinéaire symétrique définie
positive, c’est-à-dire
• ∀(x, y) ∈ E2 , hx, yi = hy, xi (h , i est symétrique)
• ∀(x, y, z) ∈ E3 , ∀(λ, µ ∈ R2 , hλx + µy, zi = λhx, zi + µhy, zi (h , i est linéaire par rapport à sa première variable
et donc bilinéaire par symétrie)
• ∀x ∈ E, hx, xi > 0 (h , i est positive)
• ∀x ∈ E, hx, xi = 0 ⇒ x = 0 (h , i est définie).
p p
Inégalité de Cauchy-Schwarz. ∀(x, y) ∈ E2 , |hx, yi| 6 hx, xi hy, yi.
p
Norme hilbertienne. x 7→ hx, xi est une norme sur E.
Définition. Si E est de dimension finie, (E, h , i) est un espace euclidien.
Familles orthogonales, familles orthonormales. Soit (ei )i∈I une famille de vecteurs de E.
(ei )i∈I est orthogonale ⇔ ∀i 6= j, hei , ej i = 0.
(ei )i∈I est orthonormale ⇔ ∀(i, j) ∈ I2 , hei , ej i = δi,j .
Théorème. Une famille orthonormale de vecteurs tous non nuls est libre. Une famille orthonormale est libre.
Théorème (procédé d’orthonormalisation de Schmidt). Soit (un )n∈N une famille libre. Il existe une famille
orthonormale (en )n∈N et une seule vérifiant
• ∀n ∈ N, Vect (ek )06k6n = Vect (uk )06k6n .
• ∀n ∈ N, hun , en i > 0.
4
(en )n∈N est l’othonormalisée de la famille libre (un )n∈N . Elle s’obtient par le procédé d’orthonormalisation de Schmidt :
1
• e1 = u1 .
ku1 k
Xn
′ 1 ′
• ∀n ∈ N, en+1 = un+1 − hun+1 , ek iek puis en+1 = ′
en+1 .
k=0
en+1
Théorème. Si E est euclidien, il existe au moins une base orthonormée B = (ei )16i6n . Dans ce cas,
n
X
• ∀x = xi ei ∈ E, on a ∀i ∈ J1, nK, xi = hx, ei i.
i=1
n
X n
X n
X
• ∀x = xi ei ∈ E, ∀y = yi ei ∈ E, on a hx, yi = xi yi .
i=1 i=1 v i=1
n
X u n 2
uX
• ∀x = xi ei ∈ E, on a kxk = t xi .
i=1 i=1
Définition. Soit A une partie non vide de E. L’orthogonal de A, noté A⊥ , est l’ensemble des vecteurs de E orthogonaux
à tous les vecteurs de A : A⊥ = {y ∈ E/ ∀x ∈ A, hx, yi = 0}.
Convention. ∅⊥ = E, {x}⊥ = x⊥ .
Théorème.
• ∀A ∈ P(E), A⊥ est un sev de E.
• {0}⊥ = E et E⊥ = {0}.
• A ⊂ B ⇒ B⊥ ⊂ A⊥ .
⊥
• A⊥ = (Vext(A)) .
• Si F est un sev, on a toujours F ∩ F⊥ = {0} mais on n’a pas toujours F ⊕ F⊥ = E.
Théorème de la projection orthogonale.
Soit E un espace préhilbertien puis F un sous-espace vectoriel de E de dimension finie. Alors E = F ⊕ F⊥ .
Si x est un vecteur de E, on peut donc définir le projeté orthogonal pF (x) de x sur F. Si B = (ei )16i6n est une base
orthonormale de E, alors
n
X
pF (x) = hx, ei iei .
i=1
5 Espaces euclidiens
5.1 Automorphismes orthogonaux, matrices orthogonales
5.1.1 Matrices orthogonales
Soit A ∈ Mn (R). On note C1 , . . . , Cn les colonnes de A et L1 , . . . , Ln les lignes de A.
A est orthogonale ⇔ t AA = At A = In
⇔ A ∈ GLn (R) et A−1 = t A
⇔ (C1 , . . . , Cn ) est une B.O.N de Mn,1 (R) muni du produit scalaire canonique
⇔ (L1 , . . . , Ln ) est une B.O.N de M1,n (R) muni du produit scalaire canonique.
5
Théorème. A ∈ On (R) ⇒ det(A) ∈ {−1, 1}.
Théorème. O+
n (R) = SOn (R) est un sous-groupe de (On (R), ×) et aussi de (SLn (R), ×).
cos θ − sin θ cos θ sin θ
Théorème. O1 (R) = {±I1 }. O2 (R) = , θ∈R ∪ , θ∈R .
sin θ cos θ sin θ − cos θ
Théorème. Soient E un espace euclidien de dimension n, B une B.O.N de E, f ∈ L (E), A = MatB (f). Alors, f ∈ O(E)
si et seulement si A ∈ On (R).
Théorème. f ∈ O(E) ⇒ det(f) ∈ {−1, 1}.
Théorème. O+ (E) = SO(E) est un sous-groupe de (O(E), ◦) et aussi de (SL(E), ◦).
Théorème. O (E1 ) = {±IdE1 }. O (E2 ) = {rotations} ∪ {réflexions}.
λt XX = t X(AX) = t Xt AX = t AX = λt XX . . .
Théorème. Soit f ∈ S (E). Si F est un sev de E stable par f, alors F⊥ est un sev de E stable par f.
Théorème spectral.
Soit f ∈ L (E). f est symétrique ⇔ f est diagonalisable en base orthonormée.
Soit A ∈ Mn (R). A est symétrique ⇔ f est orthogonalement semblable à une matrice diagonale.
6
Résumé du cours d’analyse de Sup et Spé
1 Topologie
1.1 Normes, normes équivalentes
Une norme sur le K-espace vectoriel E est une application N de E dans R vérifiant :
Normes équivalentes. Les normes N et N ′ sont équivalentes si et seulement si il existe deux réels strictement positifs
N′
α et β tel que ∀x ∈ E, αN(x) 6 N ′ (x) 6 βN(x). Il revient au même de dire que la fonction est bornée sur E \ {0}.
N
Théorème. Si E est de dimension finie sur K, toutes les normes sont équivalentes.
1.2 Voisinage
Soit x ∈ E. Un voisinage de x est une partie de l’espace vectoriel normé (E, N) qui contient une boule ouverte non vide de
centre x.
L’ensemble des voisinages de x se note V (x). Si V est une partie de E, (V ∈ V (X) ⇔ ∃r > 0/ Bo (x, r) ⊂ V).
Théorè[Link] réunion quelconque de voisinage de x est un voisinage de x. Une intersection finie de voisinage de x est
un voisinage de x.
1.5 Compacts
Une partie non vide K de E est compacte si et seulement si de toute suite d’éléments de K, on peut extraire une sous-suite
qui converge vers un élément de K. ∅ est compact par convention.
Théorème. Si K est compacte, K est fermée et bornée.
1
Théorème (de Borel-Lebesgue). Si (E, N) est un evn de dimension finie, les compacts sont les parties fermées et
bornées.
Théorème (de Bolzano-Weierstrass). Si (E, N) est un evn de dimension finie, de toute suite bornée, on peut
extraire une sous-suite convergente.
2 Fonctions
2.1 Connexité par arcs
Définition. Soit A une partie non vide de E. A est connexe par arcs si et seulement si, pour tout (x, y) ∈ A2 , il existe
γ : t 7→ γ(t) définir et continue sur [0, 1] à valeurs dans E telle que
• γ(0) = x et γ(1) = y ;
• ∀t ∈ [0, 1], γ(t) ∈ A.
Théorème. Un convexe non vide est connexe par arcs.
2.2 Continuité
Théorème des valeurs intermédiaires. Soit f une application d’un evn (E, N) dans un evn (E ′ , N ′ ). Si f est continue
sur E, l’image d’un connexe par arcs de E est un connexe par arcs de E ′ .
En particulier, si f va de R dans R et est continue sur R, l’image d’un intervalle de R par f est un intervalle de R.
Théorème (images réciproques d’ouverts ou de fermé). f va d’une partie D d’un evn (E, N) dans un evn (E ′ , N ′ ).
f est continue sur D si et seulement si l’image réciproque de tout ouvert de (E ′ , N ′ ) est un ouvert de D, c’est-à-dire
l’intersection d’un ouvert de E avec D.
f est continue sur D si et seulement si l’image réciproque de tout fermé de (E ′ , N ′ ) est un fermé de D, c’est-à-dire
l’intersection d’un fermé de E avec D.
Théorème (image continue d’un compact). f va d’une partie D d’un evn (E, N) dans un evn (E ′ , N ′ ). Si f est continue
sur D, l’image directe d’un compact de D est un compact de (E ′ , N ′ ).
En particulier, si f va de R dans R et est continue sur R, l’image d’un segment de R par f est un segment de R.
Théorème de Heine. Si f est continue sur un compact, alors f est uniformément continue sur ce compact.
Théorème (continuité de la norme). L’application N : (E, N) → (R, | |) est continue.
x 7→ N(x)
Théorème (continuité d’une application linéaire). f est une application linéaire de (E, k kE ) dans (F, k kF ).
f est continue sur E si et seulement si ∃k ∈ R+ / ∀x ∈ E, kf(x)kF 6 kkxkE .
Si E est de dimension finie, toute application linéaire, forme linéaire, application multilinéaire . . . est continue sur E.
Conséquence. Les sev d’un evn de dimension finie sont fermés.
2.3 Dérivation
Théorème de Rolle. f est une application définie sur un segment [a, b] de R à valeurs dans R. Si f est continue sur
[a, b], dérivable sur ]a, b[ et vérifie f(a) = f(b), alors il existe c ∈]a, b[ tel que f ′ (c) = 0.
Théorème des accroissements finis. f est une application définie sur un segment [a, b] de R à valeurs dans R. Si f est
f(b) − f(a)
continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[ alors il existe c ∈]a, b[ tel que = f ′ (c).
b−a
Le théorème de Rolle et le théorème des accroissements finis sont faux pour les applications de R dans C ou les applications
de R dans Rn , n > 2.
Théorème. f est une application définie sur un segment [a, b] de R à valeurs dans R ou C. Si f est continue sur [a, b], de
classe C1 sur ]a, b] et si f ′ a une limite réelle ou complexe en a, alors f est de classe C1 sur [a, b].
Formule de Taylor-Laplace. Soit f une application définie sur un intervalle I de R à valeurs dans R ou C de classe
Cn+1 sur I. Alors, pour tout (a, b) ∈ I2 ,
n Zb
X f(k) (a) k (b − t)n (n+1)
f(b) = (b − a) + f (t) dt.
k! a n!
k=0
Inégalité des accroissements finis. Soit f une application définie sur un intervalle I de R à valeurs dans R ou C,
dérivable sur I. On suppose que |f ′ | est majorée par le réel M sur I. Alors, pour tout (a, b) ∈ I2 , |f(b) − f(a)| 6 M|b − a|.
2
Inégalité de Taylor-Lagrange. Soit f une application définie sur un intervalle I de R à valeurs dans R ou C, n + 1
fois dérivable sur I. On suppose que |f(n+1) | est majorée par le réel Mn+1 sur I. Alors, pour tout (a, b) ∈ I2 ,
n
X f(k) (a) Mn+1 (b − a)(n+1)
f(b) − (b − a)k 6 .
k! (n + 1)!
k=0
2.4 Intégration
Soit f une
Z x fonction continue sur un intervalle I de R à valeurs dans R ou C. Alors, pour tout x0 de I, la fonction
F : x 7→ f(t) dt est de classe C1 sur I et ∀x ∈ I, F ′ (x) = f(x).
x0
3 Séries numériques
un+1
Règle de d’Alembert. (un ) est une suite complexe, ne s’annulant pas à partir d’un certain rang telle que a
un
une limite ℓ ∈ [0, +∞].
• Si 0 6 ℓ < 1, la série de terme général un converge absolument.
• Si ℓ > 1, la série de terme général un diverge grossièrement.
Produit de Cauchy de deux séries absolument convergentes. Si les séries de termes généraux un et vn sont absolu-!
+∞ +∞
n
! +∞
X X X X
ment convergentes, alors la série de terme général wn = uk vn−k converge et dans ce cas, wn = un vn .
k=0 n=0 n=0 n=0
Critère spécial aux séries alternées (ou théorème de Leibniz). Soit (un ) une suite réelle alternée en signe, dont
la valeur absolue tend vers 0 en décroissant. Alors, la série de terme général un converge.
De plus, S, Sn et Rn sont du signe de leur premier terme et leur valeur absolue est majorée par la valeur absolue de leur
premier terme.
Théorème (séries télescopiques). Soit (an ) une suite complexe. La suite (an ) et la série de terme général an+1 − an
sont de même nature.
Comparaison séries-intégrales. Si Zf est une fonction continue par morceaux sur [0, +∞[, à valeurs réelles positives
n
décroissante, la série de terme général f(t) dt − f(n) converge.
n−1
En particulier, la série de terme général f(n) converge si et seulement si f est intégrable sur [0, +∞[.
Théorème (sommation des relations de comparaison). Soient (an ) et (bn ) deux suites réelles strictement positives
telles que an ∼ bn .
n→+∞
Théorème de Fubini. Soit (ui,j) une suite complexe double. Si Pour tout i, la série de terme
généralui,j est absolument
+∞ +∞ +∞ +∞ +∞ X +∞
!
X X X X X
convergente et que |ui,j | < +∞, alors la suite (ui,j ) est sommable et de plus,
ui,j =
ui,j .
i=0 j=0 i=0 j=0 j=0 i=0
3
4 Suites et séries de fonctions
4.1 Suites de fonctions
1) Convergence simple, uniforme
(fn ) converge simplement sur D vers f si et seulement si, pour chaque x de D, la suite (fn (x)) converge vers f(x).
(fn ) converge uniformément vers f sur D si et seulement si la suite (kf − fn k∞ ) est définie à partir d’un certain rang et
tend vers 0 quand n tend vers +∞.
Ce théorème marche aussi si les ℓn sont +∞ (−infty) à partir d’un certain rang.
3) Continuité.
Théorème. Si (fn ) converge uniformément vers f sur D et si chaque fn est continue sur D, alors f est continue sur D
(une limite uniforme de fonctions continues est continue)
4) Dérivation.
Théorème. Si
• (fn ) converge simplement vers f sur D ;
• chaque fn est dérivable sur D ;
• la suite des dérivées (fn′ ) converge uniformément sur D (vers sa limite).
d d
Alors, f est dérivable sur D et f ′ = lim fn′ (c’est-à-dire ( lim fn ) = lim fn .)
n→+∞ dx n→+∞ n→+∞ dx
Théorème (généralisation). Si
• (fn ) converge simplement vers f sur D ;
• chaque fn est de classe Cp , 1 6 p 6 +∞ sur D ;
(k)
• les suites des dérivées (fn ), 1 6 k 6 p, convergent toutes uniformément sur D (vers leur limite).
Alors, f est de classe Cp sur D et ∀k ∈ J1, pK, f(k) = lim fn(k)
.
n→+∞
5) Intégration
Théorème (convergence uniforme sur un segment). Si chaque fn est continue par morceaux sur le segment [a, b]
et si la suite (fn ) converge uniformément vers f sur [a, b], alors :
• f est continue par morceaux sur D ;
Zb !
• la suite fn (x) dx converge ;
a
Zb Zb Zb Zb
• f(x) dx = lim fn (x) dx (c’est-à-dire lim fn (x) dx = lim fn (x) dx).
a n→+∞ a a n→+∞ n→+∞ a
Théorème de convergence dominée. (fn ) est une suite de fonctions continues par morceaux sur un intervalle quel-
conque I de R à valeurs dans R ou C.
Si la suite (fn ) converge simplement vers une fonction f continue par morceaux sur I et s’il existe une fonction ϕ continue
par morceaux,
Z positive et
Z intégrable sur I telle que ∀n ∈ N, |fn | 6 ϕ (hypothèse de domination), alors f est intégrable sur
I et f(x) dx = lim fn (x) dx.
I n→+∞ I
4
La série de fonctions de terme général fn converge normalement sur D (vers S) si et seulement si la série numérique de
terme général kfn k∞ converge.
3) Continuité
Théorème. Si la série de fonctions de terme général fn converge uniformément vers S sur D et si chaque fn est continue
sur D, alors S est continue sur D.
Théorème (généralisation). Si
• la série de fonctions de terme général fn converge simplement vers S sur D,
• chaque fn est de classe Cp , 1 6 p 6 +∞ sur D,
(k)
• les séries de termes généraux (fn ), 1 6 k 6 p, convergent toutes uniformément sur D,
+∞
X
alors, S est de classe Cp sur D et ∀k ∈ J1, pK, S(k) = f(k)
n .
n=0
Théorème d’intégration terme à terme. Si chaque fn est continue par morceaux et intégrable sur I, si la série de
+∞ Z
X
terme général fn converge simplement vers une fonction S continue par morceaux sur I et si |fn | < +∞, alors S est
n=0 I
Z +∞ Z
X
intégrable sur I et S(x) dx = fn .
I n=0 I
5 Séries entières
1) Rayon de convergence Ra = sup{r ∈ [0, +∞[/ (|an |rn ) bornée}.
2) Convergence normale
X
Théorème. an rn converge normalement sur tout [−r, r] (resp. tout disque fermé de rayon r) où r < Ra .
5
Théorème. La somme d’une série entière est de classe C∞ sur son intervalle ouvert de convergence et les dérivées
successives s’obtiennent par dérivation terme à terme. Idem pour primitive par intégration terme à terme.
Les différents rayons de convergence considérés sont égaux.
+∞
X f(n) (0)
Théorème. Si pour tout x ∈] − Ra , Ra [, f(x) = an xn , alors ∀n ∈ N, an = .
n!
n=0
6
7 Equations différentielles
Théorème de Cauchy linéaire : cas des équations différentielles scalaires du premier ordre. Soient a et b
deux fonctions continues sur un intervalle I de R à valeurs dans K = R ou K = C. Alors, pour tout (x0 , y0 ) ∈ I × K, il
existe une et une seule solution f de l’équation différentielle y ′ + ay = b sur I vérifiant de plus f(x0 ) = y0 à savoir :
Zx Zx
∀x ∈ I, f(x) = y0 eA(x) + eA(x) e−A(t) b(t) dt où A(x) = a(t) dt.
x0 x0
Théorème de Cauchy linéaire : cas des systèmes du premier ordre à coefficients constants. Soit A ∈ Mn (K).
Soit B une fonction continue sur un intervalle I de R à valeurs dans Mn,1 (K). Alors, pour tout (t0 , X0 ) ∈ I × Mn,1 (K), il
existe une et une seule solution X de l’équation différentielle X ′ = AX + B sur I vérifiant de plus X(t0 ) = X0 à savoir
Zt
∀t ∈ I, X(t) = etA X0 + etA e−uA B(u) du.
t0
Théorème de Cauchy linéaire : cas général. Soient A et B deux fonctions continues sur un intervalle I de R à valeurs
respectivement dans Mn (K) et Mn,1 (K). Alors, pour tout (t0 , X0 ) ∈ I × Mn,1 (K), il existe une et une seule solution X
de l’équation différentielle X ′ = AX + B sur I vérifiant de plus X(t0 ) = X0 .
Théorème de Cauchy linéaire : cas des équations différentielles scalaires du second ordre. Soient a, b et c
trois fonctions continues sur un intervalle I de R à valeurs dans R ou C. Alors, pour tout (x0 , y0 , z0 ) ∈ I × K × K, il existe
une et une seule solution f de l’équation différentielle y ′′ + ay ′ + by = c sur I vérifiant de plus f(x0 ) = y0 et f ′ (x0 ) = z0 .
7
SESSION 1996
TPE
FILIERE M
I 1) • Si f est cyclique, il existe un vecteur x0 tel que la famille B = (x0 , f(x0 ), . . . , fn−1 (x0 )) soit une base de E.
Notons (−a0 , . . . , −an−1 ) les coordonnées du vecteur fn (x0 ) = f(fn−1 (x0 )) dans la base B. Dans cette base, la matrice
de f est la matrice C.
• Réciproquement, si B = (e1 , . . . , en ) est une base de E dans laquelle la matrice de f est C, posons x0 = e1 .
Pour i ∈ J2, nK, on a ei = f(ei−1 ) et donc, pour i ∈ J1, n − 1K, ei = fi−1 (e1 ) = fi−1 (x0 ). La famille (x0 , f(x0 ), ..., fn−1 (x0 ))
est donc une base de E et f est cyclique.
PC = (−1)n Q.
Si f est cyclique, on peut lui associer comme en 1) une matrice compagne. D’après le calcul précédent, les coefficients de
la dernière colonne de cette matrice sont uniquement déterminés à partir des coefficients du polynôme caractéristique de
f. La matrice compagne associée à un endomorphisme cyclique est uniquement définie.
I 3) Soit λ une valeur propre complexe de la matrice C. La matrice constituée par les n − 1 premières colonnes et n − 1
dernières lignes de la matrice C − λIn est inversible car de déterminant 1. La matrice C − λIn est donc de rang n − 1 au
moins ou encore dim(Ker(C − λIn )) ≤ 1. Puisque λ est valeur propre, on a plus précisément dim(Ker(C − λIn )) = 1 et
donc
−a0 xn = λx1
AX = λX ⇔
∀i ∈ J2, nK, xi−1 − ai−1 xn = λxi
xn−1 = (an−1 + λ)xn
xn−2 = an−2 xn + λxn−1 = (an−2 + an−1
λ + λ2 )xn
2 2 3
⇒ x n−3 = a x
n−3 n + λ(a n−2 + a n−1 λ + λ )x n = (an−3 + an−2 λ + an−1 λ + λ )xn
.
.
.
x1 = (a1 + a2 λ + . . . + an−1 λn−2 + λn−1 )xn
ce qui montre que Ker(C − λIn ) est la droite vectorielle engendrée par le vecteur
II 4) Soit x0 un vecteur tel que fn−1 (x0 ) 6= 0. Vérifions que la famille (x0 , f(x0 ), ..., fn−1 (x0 )) est une base de E. Puisque
card(fi (x0 ))0≤i≤n−1 = n = dim(E) < +∞, il suffit de vérifier que la famille (fi (x0 ))0≤i≤n−1 est libre.
n−1
X
Supposons par l’absurde qu’il existe (α0 , . . . , αn−1 ) 6= (0, 0, ..., 0) tel que αi fi (x0 ) = 0.
i=0
Soit k = Min{i ∈ J0, n − 1K/ αi 6= 0}. On a alors
Ceci contredit la définition de k. La famille (x0 , f(x0 ), ..., fn−1 (x0 )) est donc une base de E et f est cyclique.
0 ... ... 0
.. ..
1 . .
Puisque f(f n−1
(x0 )) = 0, la matrice de f dans la base (x0 , f(x0 ), ..., fn−1
(x0 )) est
.. qui est une
0 .
.. .. .. .. .
. ..
. . .
0 ... 0 1 0
matrice compagne et donc la matrice compagne de f.
D’après la question 3), Kerf est de dimension au plus 1. Mais f étant nilpotent, f n ?est pas inversible et donc
dim(Kerf) = 1.
Donc,
Soient k ∈ J0, p − 1K et y ∈ f(Nk+1 ). Il existe x ∈ Nk+1 tel que y = f(x). Mais alors fk (y) = fk (f(x)) = fk+1 (x) = 0 et
donc y ∈ Nk . Ainsi
et donc, Nj+1 = Nk .
On a montré par récurrence que ∀j ≥ k + 1, Nj = Nk .
Si nk = nk+1 alors ∀j ≥ k + 1, Nj = Nk .
p = n et ∀k ∈ J0, nK, nk = k.
III 6) f est cyclique donc il existe un vecteur x0 tel que la famille (x0 , f(x0 ), ..., fn−1 (x0 )) soit une base de E.
Soit (α0 , ..., αn−1 ) ∈ Cn .
Donc,
III 7) a) (f − λk I)mk est un polynôme en f et donc commute avec f. On sait alors que Ek = Ker(f − λk I)mk est stable
par f.
Les polynômes (X−λk )mk sont deux à deux premiers entre eux (les λk étant deux à deux distincts, ces polynômes pris deux
à deux n’ont pas de racines communes dans C). D’après le théorème de décomposition des noyaux, Ker(Pf (f)) = E1 ⊕...⊕Ep .
Mais d’après le théorème de Cayley-Hamilton, Pf (f) = 0 et donc Ker(Pf (f)) = E. Finalement,
b) Puisque f laisse stable Ek , ϕk est bien un endomorphisme de Ek . Par définition de Ek , on a pour tout vecteur x élément
de Ek , (f − λk I)mk (x) = 0 ou encore ϕmk (x) = 0.
k
ϕm
k
k
= 0.
dim(Ek ) ≤ mk .
p
X n
X
Maintenant, si pour un entier k ∈ J1, pK on a dim(Ek ) < mk , alors dim(Ej ) < mj = n, ce qui contredit le fait que
j=1 j=1
E = E1 ⊕ ... ⊕ Ep . Finalement,
Montrons que ϕmk −1 6= 0. Supposons par l’absurde que ϕmk −1 = 0 et considérons le polynôme
Y
Q = (X − λk )mk −1 (X − λj )mj si p ≥ 2 ou Q = (X − λk )mk −1 = (X − λ1 )n−1 si p = 1.
j6=k
ϕmk −1 6= 0.
c) ϕk est donc un endomorphisme nilpotent de Ek , d’indice mk = dimEk . D’après la question 4), il existe une base Bk
de Ek dans laquelle la matrice de ϕk est la matrice compagnon de format mk
0 ... ... 0
..
1 ...
.
0 ..
. ,
. .
.. . . . . . . . . ...
0 ... 0 1 0
Soit B = B1 ∪ ... ∪ Bk . D’après la question 7)a), E = E1 ⊕ ... ⊕ Ep et donc B est une base de E et la matrice de f dans
cette base a la forme désirée.
d) Il s’agit de vérifier que la matrice précédente est semblable à une matrice compagne qui ne peut être, d’après la question
2), que la matrice compagne de Pf .
Soit donc C la matrice compagne de Pf et g l’endomorphisme de matrice C dans une base donnée de E. Le polynôme
Yp
caractéristique de g est celui de f à savoir (X − λk )mk et d’autre part, g est cyclique d’après la question 1).
k=1
D’après la question 6), la famille (Id, g, ..., gn−1 ) est libre et d ?après la question 7), il existe une base de E dans laquelle
la matrice de g est la matrice diagonale par blocs du 7). C est donc semblable à cette matrice ce qui montre que f est
cyclique.
{λ ∈ R/ Q1 + λQ2 ∈ G L n (R)} 6= ∅.
Maintenant, en posant P = Q1 + λ0 Q2 ,
b) Soit A la matrice de f dans une base donnée de E. D’après la question 7), A est semblable dans C à une matrice
compagne. Mais A est réelle, et donc cette matrice compagne est réelle. Ces deux matrices réelles sont semblables dans
Mn (C) et donc, d’après la question a), dans Mn (R). Par suite, il existe une base de E dans laquelle la matrice de f est
une matrice compagne. D’après la question 1), f est cyclique.
IV 9) a) Soit g ∈ C (f). Puisque la famille (x0 , f(x0 ), ..., fn−1 (x0 )) est une base de E, on peut poser
n−1
X
g(x0 ) = αk fk (x0 ).
k=0
n−1
X
Posons encore h = αk fk de sorte que l’on a déjà g(x0 ) = h(x0 ). Plus généralement, pour j ∈ J0, n − 1K,
k=0
Ainsi, les endomorphismes g et h coïncident sur une base de E et donc sont égaux. Par suite, g ∈ K[f]. En résumé,
C (f) ⊂ K[f]. Comme on a toujours K[f] ⊂ C (f), on a montré que
b) Soit g ∈ L (E). S’il existe R ∈ Kn−1 [X] tel que g = R(f) alors g est dans C (f).
Réciproquement, si g est dans C (f), d ?après la question a), il existe un polynôme P ∈ K[X] tel que g = P(f). La division
euclidienne de P par Pf fournit un polynôme Q et un polynôme R de degré au plus n − 1 tels que P = QPf + R. Par suite,
IV 10) Supposons f non cyclique. D’après la question 7), la famille (Id, f, ..., fn−1 ) est liée et, en écrivant une relation de
dépendance, on voit qu’il existe un entier p ∈ J0, n − 1K tel que fp ∈ Vect(Id, f, ..., fp−1 ).
V 11) a) Pour k ∈ J0, p − 1K, fp (fk (x0 )) = fk (fp (x0 )) = fk (x0 ) = I(fk (x0 )). Par suite, les endomorphismes fp et I
coïncident sur une famille génératrice de E et donc fp = I.
si f est un p-cycle, fp = I.
b) E est un sous-ensemble de N, non vide (car x0 est nécessairement non nul de sorte que k = 1 est dans E ) et majoré
par n (car le cardinal d’une famille libre de E est majoré par la dimension de E). E admet donc un plus grand élément
que l’on note m.
c) Par définition de m, la famille (x0 , f(x0 ), ..., fm−1 (x0 )) est libre et la famille (x0 , f(x0 ), ..., fm (x0 )) est liée. Par suite,
fm (x0 ) ∈ Vect(x0 , f(x0 ), ..., fm−1 (x0 )). De plus, si pour k ≥ m, fk (x0 ) ∈ Vect(x0 , f(x0 ), ..., fm−1 (x0 )) alors
fk+1 (x0 ) ∈ Vect(f(x0 ), ..., fm (x0 )) ⊂ Vect(x0 , f(x0 ), ..., fm−1 (x0 )).
La famille (x0 , f(x0 ), ..., fm−1 (x0 )) est déjà libre dans E. Vérifions que cette famille est génératrice de E.
On a déjà m ≤ n ≤ p (car la famille (x0 , f(x0 ), ..., fm−1 (x0 )) est libre dans E et la famille (x0 , f(x0 ), ..., fp−1 (x0 )) est
génératrice de E). De plus, pour k ≥ m, fk (x0 ) ∈ Vect(x0 , f(x0 ), ..., fm−1 (x0 )). Donc, E = Vect(x0 , f(x0 ), ..., fp−1 (x0 )) =
Vect(x0 , f(x0 ), ..., fm−1 (x0 )) et la famille Vect(x0 , f(x0 ), ..., fm−1 (x0 )) est une base de E. On en déduit que
Le polynôme Xp − 1 est annulateur de f, non nul à racines simples dans C (car sans racine commune avec sa dérivée
pXp−1 ). Donc, f est diagonalisable. Par suite, l’ordre de multiplicité de chacune de ses valeurs propres est exactement la
dimension du sous-espace propre associé. Mais, f étant cyclique, les sous-espaces propres de f sont d’après la question 3)
de dimension 1. Finalement, f admet n valeurs propres simples ou encore n valeurs propres deux à deux distinctes. Notons
que ces valeurs propres sont à choisir parmi les racines du polynôme Xp − 1 et sont donc des racines p-ièmes de l ?unité.
0 ... ... 0 1
..
1 . 0
..
V 12) Si p = n, la matrice de f dans la base (x0 , f(x0 ), ..., fn−1 (x0 )) est
.. .. . C’est une matrice
0 . . .
.. .. .. .. ..
. . . . .
0 ... 0 1 0
compagne et donc la matrice compagne de f.
Soit alors k ∈ J1, nK.
ωnk ωk
ωk ω2k
ω2k
1 ω3k
CUk = = k = ωk Uk .
.. ω ..
. .
ω(n−1)k ωnk
2ème cas. Si k 6= l,
n
X 1 − (ωl−k )n 1−1
ωkj ωjl = ωl−k l−k
= ωl−k = 0.
1−ω 1 − ωl−k
j=1
Ainsi,
le coefficient
ligne k, colonne l de la matrice MM vaut nδk,l . On en déduit que MM = nIn ou encore que
1 1
M M = M M = In . Ainsi
n n
1
M ∈ GLn (C) et M−1 = M.
n
V 14)) On note que A = a0 In + a1 C + a2 C2 + ... + an−1 Cn−1 = Q(C) où Q = a0 + a1 X + ... + an−1 Xn−1 . D’après
les questions 11)c) et 12), f (ou C) a n valeurs propres deux à deux distinctes à savoir les ωk , 1 ≤ k ≤ n, une base de
vecteurs propres associée étant (U1 , ..., Un ) et est donc diagonalisable. La matrice dans la base canonique de Mn,1 (C) de
la famille (U1 , ..., Un ) étant M, on a plus précisément
Mais alors,
Ainsi,
A est diagonalisable, Sp(A) = (Q(ω), Q(ω2 ), ..., Q(ωn )) où Q = a0 + a1 X + ... + an−1 Xn−1
et une base de vecteurs propres de A est (U1 , ..., Un ).
NOTATIONS
Pour p et q entiers de N, avec p 6 q, [|p, q|] désigne l’ensemble des entiers compris au sens large entre p et q.
E désigne un espace vectoriel de dimension finie n, n > 2, sur le corps K, avec K = R ou K = C.
Dans tout le problème f désigne un endomorphisme de E ; on a f 2 = f ◦ f et de même f k+1 = f k ◦ f ; I
désigne l’identité et 0 désigne l’application nulle.
Par convention, f 0 = I.
Si R ∈ K[X], R(X) = a0 + a1 X + · · · + ap X p , on note R(f ) l’endomorphisme a0 I + a1 f + · · · + ap f p .
On note alors K[f ] l’algèbre des polynômes de f , c’est-à-dire K[f ] = {R(f ) | R ∈ K[X]}.
On note Pf (X) = det (f − XI) le polynôme caractéristique de f et on rappelle que Pf (f ) = 0.
Pour une matrice M ∈ Mn (K), on pourra également introduire le polynôme caractéristique de M défini par
PM (X) = det (M − XIn ) où In est la matrice unité de Mn (K).
On dit que f est cyclique si, et seulement si, il existe x0 dans E tel que x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) soit une
base de E.
On appelle commutant de f l’ensemble C (f ) = {g ∈ L (E) | f ◦ g = g ◦ f }.
On admettra que C (f ) est une algèbre de dimension au moins n sur K.
G Ln (K) est l’ensemble des matriccs inversibles d’ordre n sur K.
PREMIERE PARTIE : Matrice compagne d’un endomorphisme cyclique.
I.1. Montrer que f est cyclique si et seulement si, il existe une base B de E dans laquelle f a pour
matrice
0 . . . . . . . . . 0 −a0
1 0 . . . . . . 0 −a1
0 1 . . .
..
. −a2
n
C = . . .. avec (a0 , a1 , . . . , an−1 ) ∈ C .
.. . . . . . . . . ... .
..
..
. . 1 0 −an−2
0 . . . . . . 0 1 −an−1
On dira que C est la matrice compagne de f .
On conserve les notations de I.1.
I.2. Soit Q(X) = X n + an−1 X n−1 + · · · + a0 . Déterminer en fonction de Q le polynôme PC ca-
ractéristique de C. On dira aussi que C est la matrice compagne de PC .
Si f est un endomorphisme cyclique, a-t-on unicité de la matrice compagne de f ?
I.3. Soit λ une valeur propre de C ; déterminer la dimension du sous-espace propre associé. Déterminer
une base de ce sous-espace propre.
DEUXIEME PARTIE : Endomorphismes nilpotents.
II.4. On suppose dans cette question f n−1 6= 0 et f n = 0.
Montrer que f est cyclique et déterminer sa matrice compagne.
Quelle est la dimension du noyau de f ?
II.5. On suppose maintenant f nilpotent ; c’est-à-dire qu’il existe un entier p supérieur ou égal à 2 tel
que f p−1 6= 0 et f p = 0.
On pose pour k ∈ [|0, p|], Nk = ker f k et nk = dim Nk .
On suppose également que n1 = 1.
1
5.a) Montrer que ∀k ∈ [|0, p − 1|] , Nk ⊂ Nk+1 et f (Nk+1 ) ⊂ Nk .
Nk+1 → Nk
5.b) En considérant l’application ϕ :
x 7→ f (x)
montrer que : ∀k ∈ [|0, p − 1|] , nk+1 6 nk + 1.
5.c) Montrer par récurrence que : nk = nk+1 ⇒ ∀j > k, Nj = Nk .
En déduire que p = n et déterminer nk pour k ∈ [|0, n|].
TROISIEME PARTIE : Une caractérisation des endomorphismes cycliques.
III.6. Montrer que si f est cyclique, (I, f, f 2 , . . . , f n−1 ) est libre dans L (E). Ce résultat sera également
utilisé dans la quatrième partie.
On suppose, dans cette partie, que (I, f, f 2 , . . . , f n−1 ) est libre et on se propose de
montrer que f est cyclique.
III.7. Dans cette question K = C. On factorise le polynôme caractéristique Pf de f sous la forme :
p
(λk − X)mk ,
Q
Pf (X) =
k=1
où les λk sont les p valeurs propres distinctes de f , et les mk dans N∗ leur ordre respectif de
multiplicité.
Pour k ∈ [|1, p|], on pose Ek = ker ((f − λk I)mk ).
7.a) Montrer que les sous-espaces vectoriels Ek sont stables par f et que E = E1 ⊕ · · · ⊕ Ep .
Ek → Ek
7.b) Pour k ∈ [|1, p|], on note ϕk l’endomorphisme ϕk :
x 7→ f (x) − λk x
Déterminer ϕmk
k . Quelle est la dimension de Ek ?
k −1
Montrer que ϕm
k n’est pas l’endomorphisme nul.
7.c) En déduire l’existence d’une base B de E dans laquelle f aune matrice « diagonale par
λk 0 ... ... ... 0
.. ..
1
λk . .
.. ..
0 1 λk . .
blocs », ces blocs appartenant à Mmk (C), et étant de la forme :
.. .. .. .. .. ..
. . . . . .
..
.. ..
. . λk
. 0
0 ... ... 0 1 λk
(On pourra utiliser la partie II).
7.d) En utilisant la matrice compagne de Pf montrer que f est cyclique.
III.8. On suppose, dans cette question uniquement, que K = R.
8.a) Soient A et B deux matrices de Mn (R) semblables dans Mn (C) :
A = QBQ−1 avec Q ∈ G Ln (C).
On écrit Q = Q1 + iQ2 avec Q1 et Q2 dans Mn (R).
Montrer que {λ ∈ R | Q1 + λQ2 ∈ G Ln (R)} est non vide.
En déduire que A et B sont semblables dans Mn (R).
8.b) Montrer que f est cyclique.
Conclure.
QUATRIEME PARTIE : Une autre caractérisation des endomorphismes cycliques.
IV.9. On suppose f cyclique et on choisit x0 dans E tel que x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 ) soit une base de
E.
n−1
9.a) Soit g ∈ C (f ). En écrivant g(x0 ) = αk f k (x0 ), montrer que g ∈ K[f ].
P
k=0
2
9.b) Montrer que g ∈ C (f ) si, et seulement si, il existe un unique polynôme R ∈ Kn−1 [X] tel que
g = R(f ). (On rappelle que Kn−1 [X] est l’ensemble des polynômes sur K de degré 6 n − 1).
IV.10. On suppose que C (f ) = K[f ]. Montrer que f est cyclique.
Conclure.
CINQUIEME PARTIE : Cycles.
Dans cette partie K = C. On dit que f est un « p-cycle » si, et seulement si, il existe x0 ∈ E tel que
la famille x0 , f (x0 ), . . . , f p−1 (x0 ) soit génératrice de E et f p (x0 ) = x0 .
V.11. Dans cette partie, f désigne un p-cycle.
11.a) Montrer que f p = I.
11.b) Soit E = k ∈ N∗ | x0 , f (x0 ), . . . , f k−1 (x0 ) est une famille libre .
FIN