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Physique-Chimie 1: Vie Et Mort D'un Photon

Le document traite de la mesure non destructive des photons, en se concentrant sur les travaux de Serge Haroche et son équipe sur l'électrodynamique quantique en cavité. Ils ont démontré la possibilité de détecter la présence d'un photon sans l'absorber, en utilisant des atomes de Rubidium dans un état de Rydberg circulaire. Le texte aborde également les propriétés des atomes de Rydberg et les techniques expérimentales associées.

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Physique-Chimie 1: Vie Et Mort D'un Photon

Le document traite de la mesure non destructive des photons, en se concentrant sur les travaux de Serge Haroche et son équipe sur l'électrodynamique quantique en cavité. Ils ont démontré la possibilité de détecter la présence d'un photon sans l'absorber, en utilisant des atomes de Rubidium dans un état de Rydberg circulaire. Le texte aborde également les propriétés des atomes de Rydberg et les techniques expérimentales associées.

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Physique-chimie 1

2019
MP
4 heures Calculatrice autorisée
Vie et mort d’un photon
Dans la plupart des expériences, la mesure de la présence d’un photon se fait par absorption, c’est-à-dire par
destruction du photon : un œil ou une caméra CCD détruisent les photons incidents en les absorbant. De
nombreux travaux ont toutefois permis de réaliser des mesures quantiques non destructives (QND, quantum
non-demolition measurement). Ainsi, à la fin du xxe siècle, la présence d’un photon a pu être détectée sans que
celui-ci ne soit détruit, ouvrant la porte à des mesures successives de l’état du même photon.
L’équipe de Serge Haroche de l’École Normale Supérieure de Paris a en particulier utilisé ses connaissances en
électrodynamique quantique en cavité (CQED, cavity quantum electrodynamics) pour mesurer sans le détruire
l’état d’un seul
252photon piégé.
Photons in aPour
box la première fois, l’apparition et la disparition du même photon ont pu être
observées en direct.
O
L'1
L1

L2
B
R1 S
!

C
R2

D
S'

Figure 1 Principe de l’expérience d’électrodynamique quantique en cavité


Fig. 5.15 General scheme of the CQED experiments with circular Rydberg atoms.
(Exploring the Quantum - Atoms, cavities and photons - Serge Haroche et Jean-
Michel Raimond - Oxford University Press (2006))
explained in simple classical terms. It is somewhat paradoxical that their coupling
will lead us
Dans cette expérience, le in an exploration
photon of entanglement
est piégé dans une cavité 𝐶 and non-locality,
constituée de deux which areen
miroirs – arguably
vis-à-vis (figure 1). Le
– the deepest expressions of the quantum.
photon effectue des allers-retours entre les deux miroirs jusqu’à sa disparition (absorption par l’un des miroirs
ou fuite hors de Ala typical
cavité).scheme of a cavity QED microwave experiment with circular atoms is
shown in Fig. 5.15. Atoms effusing from oven O are velocity-selected (by lasers L1 and
Pour sonder la′ présence du photon, on utilise un atome de Rubidium sortant du four 𝑂 dont la vitesse est
L1 ). They are then prepared into a circular state in box B, by a combination of laser
sélectionnée grâce aux lasers 𝐿1 et 𝐿′1 . L’atome est ensuite excité dans un état dit de Rydberg circulaire au niveau
(L2 ) and microwave excitation. They then interact with the superconducting cavity C
de 𝐵. L’atome subit ensuite une impulsion micro-onde au niveau de 𝑅1 ce qui le place dans une superposition
before being counted in the detector D. The cavity C is coupled to a classical source
de deux états. En traversant la cavité 𝐶, les deux états acquièrent un déphasage relatif Φ𝑎𝑡 dépendant de la
S, which can be used to inject a small coherent field in the mode. Two low-quality
présence ou non d’un photon. L’atome subit une deuxième impulsion micro-onde au niveau de 𝑅 et son état
cavities R1 and R2 , driven by the classical source S ′ , make it possible to manipulate 2
final est mesuré par le détecteur 𝐷. Cet état final dépend du déphasage relatif Φ𝑎𝑡 et donc de la présence ou non
the atomic state before or after the interaction with C. The set-up, from B to D, is
du photon. Celui-ci n’a pas été absorbé par l’atome, mais a seulement induit un déphasage dans la structure
enclosed in a cryogenic environment and shielded from room-temperature blackbody
électronique de l’atome.
radiation.
L’équipe de Serge WeHaroche
will nowa analyse
par la suite généralisé
the main la mesure
components nonset-up.
of this destructive à un nombre
In Section 5.2.1 wede photons supérieur
discuss
à un et a utilisé cette technique pour réaliser une expérience de chat de Schrödinger,
the properties of the circular Rydberg atoms and describe how they are prepared and ce qui a entre autres
valu à Serge detected.
Haroche l’obtention
Section 5.2.2 is devoted to the description of the superconducting cavitiesnous ne nous
du prix Nobel de physique en 2012. Dans le cadre de ce sujet,
intéresseronsand
toutefois
of thequ’à
fieldcertains
stored inaspects
them. de In l’expérience décrite
Section 5.2.3, sur la the
we analyse figure 1.
atom–field coupling.
La partie I étudie
We then quelques
describe propriétés
(Sectiondes atomes
5.2.4) howde theRubidium excités
cavities are tuneddans
in l’état de Rydberg
resonance with the (on parle alors
d’atomes de Rydberg)
atoms, how ainsi que Q
their leur détection.
factors La partie II
are measured ands’intéresse
how theyaux propriétés
can be fed withde lacoherent
cavité permettant de
piéger un photon
[Link] une durée
We conclude [Link]
by discussing La present
partie III
and étudie le limitations
future couplage entre un atome
imposed by thede Rydberg et
un photon definite
la cavité.
cavityLes trois parties
damping time. sont indépendantes, même si le contexte reste celui de l’expérience de
la figure 1.
Des données 5.2.1 Circular
numériques, Rydbergetatoms
un formulaire une annexe sont présents en fin de sujet.
Main properties of circular Rydberg states
A circular Rydberg state (Hulet and Page
2019-05-10 12:11:14
Kleppner
1/111983; Gallagher 1994) is a very high-
lying alkali atom level (rubidium in our experiments), in which the single valence
Certaines questions peu ou pas guidées, demandent de l’initiative de la part du candidat. Leur énoncé est repéré
par une barre en marge. Il est alors demandé d’expliciter clairement la démarche, les choix et de les illustrer,
le cas échéant, par un schéma. Le barème valorise la prise d’initiative et tient compte du temps nécessaire à la
résolution de ces questions.

I Étude des atomes de Rydberg circulaires


Les atomes utilisés dans l’expérience sont des atomes de Rubidium dont l’électron situé sur la couche électronique
la plus énergétique est excité dans un état de nombre quantique principal 𝑛 très élevé. Des atomes ainsi excités
sont appelés atomes de Rydberg. Si de plus le nombre quantique secondaire ℓ de l’électron excité est maximum,
alors on parle d’atomes de Rydberg circulaires.

I.A – Préliminaires
Q 1. Donner la structure électronique du Rubidium (𝑍 = 37) dans son état fondamental. Entourer le ou
les électron(s) de valence. À quelle famille cet élément appartient-il ?
Considérons un atome polyélectronique contenant 𝑍 électrons. Le noyau sera considéré comme ponctuel et fixe
en 𝑂. On s’intéresse à l’électron de la couche électronique la plus énergétique que l’on repère en coordonnées
sphériques. L’énergie potentielle électrostatique de cet électron est de la forme
𝑍(𝑟)𝑞
𝑈 (𝑟) = −
𝑟
𝑒2
où l’on a posé 𝑞 = avec 𝜀0 la permittivité diélectrique du vide. La fonction 𝑍(𝑟) est positive et vérifie
4𝜋𝜀0
𝑍(𝑟 → 0) = 𝑍 et 𝑍(𝑟 → +∞) = 1.
Q 2. Justifier le signe de 𝑈 (𝑟).
Q 3. Interpréter physiquement les valeurs limites de la fonction 𝑍(𝑟) en 𝑟 → 0 et 𝑟 → +∞.
Q 4. On cherche un ordre de grandeur de la taille typique 𝑎0 de l’atome. On estime que 𝑎0 est de la forme
𝑎0 = ℏ𝛼 𝑞 𝛽 𝑚𝛾𝑒 où 𝑚𝑒 est la masse de l’électron. Établir soigneusement que 𝛼 = 2, 𝛽 = −1 et 𝛾 = −1. La grandeur
𝑎0 est appelée rayon de l’atome de Bohr, calculer sa valeur numérique.

I.B – Atomes de Rydberg


L’électron le plus énergétique de l’atome précédent est excité dans un niveau de nombre quantique 𝑛 ≫ 1
(typiquement 𝑛 ≃ 50), le reste de l’atome étant inchangé. On étudie par la suite le comportement de cet
électron dont la masse est toujours notée 𝑚𝑒 . L’atome est isolé de son environnement extérieur.
I.B.1) Étude classique
𝑞
Q 5. Justifier que l’énergie potentielle de l’électron est alors : 𝑈 (𝑟) = − .
𝑟
Q 6. Démontrer que le moment cinétique ℒ ⃗⃗⃗ ⃗⃗ de cet électron est constant et en déduire que le mouvement
de l’électron est plan. On introduit le repère sphérique (𝑟, 𝜃, 𝜑) tel que ℒ ⃗⃗⃗ ⃗⃗ = ℒ𝑒𝑧⃗ avec ℒ > 0. Le noyau est
toujours à l’origine du repère. Montrer que le mouvement de l’électron est alors situé dans le plan 𝑂𝑥𝑦 et
donner l’expression de la constante ℒ en fonction de 𝑚𝑒 , 𝑟 et 𝜑. ˙
Q 7. Que peut-on dire de l’énergie mécanique ℰ𝑚 de l’électron ? Montrer que l’on peut mettre cette énergie
mécanique sous la forme
1
ℰ𝑚 = 𝑚 𝑟˙ 2 + ℰ𝑝,eff (𝑟)
2 𝑒
où l’on exprimera ℰ𝑝,eff (𝑟) en fonction de 𝑞, 𝑟, 𝑚𝑒 et ℒ.
Q 8. Justifier que, pour une trajectoire circulaire, ℰ𝑝,eff (𝑟) est minimale. En déduire la valeur du rayon 𝑟𝐶
de l’électron lorsqu’il est sur une trajectoire circulaire. On exprimera 𝑟𝐶 en fonction de ℒ, 𝑚𝑒 et 𝑞, puis on
ℒ2
vérifiera que 𝑟𝐶 = 2 𝑎0 .

I.B.2) Étude quantique
En physique quantique, l’état de l’électron excité dans le niveau 𝑛 est décrit par la fonction d’onde Ψ(𝑀 , 𝑡).
Celle-ci vérifie l’équation de Schrödinger

∂Ψ ℏ2 𝑞
iℏ =− ΔΨ − Ψ
∂𝑡 2𝑚𝑒 𝑟

où Δ est l’opérateur laplacien.


On cherche Ψ(𝑀 , 𝑡) sous la forme d’un état stationnaire : Ψ(𝑀 , 𝑡) = Φ(𝑀 )𝜒(𝑡).

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ℰ𝑡
Q 9. Justifier que 𝜒(𝑡) est de la forme 𝜒(𝑡) = 𝐴 exp (−i ) avec 𝐴 et ℰ deux constantes.

Q 10. Justifier sans calcul le signe de ℰ pour l’électron étudié.
1
On met Φ(𝑀 ) sous la forme Φ(𝑀 ) = 𝑢(𝑟)𝑌 (𝜃, 𝜑) et on admet que 𝑢(𝑟) vérifie l’équation
𝑟
ℏ2 𝑑2 ℏ2 ℓ(ℓ + 1) 𝑞
(− 2
+ − ) 𝑢(𝑟) = ℰ𝑢(𝑟) (I.1)
2𝑚𝑒 𝑑𝑟 2𝑚𝑒 𝑟2 𝑟
où ℓ est le nombre quantique secondaire.
Q 11. Rappeler les valeurs permises pour le nombre quantique ℓ.
Q 12. En utilisant notamment la question 7 et en procédant par identification, justifier qu’en physique
quantique les valeurs possibles de ℒ2 sont ℓ(ℓ + 1)ℏ2 . Quelle est en particulier la valeur maximale que ℒ2 peut
prendre pour l’électron étudié ?
Q 13. Que vaut alors le rayon 𝑟𝐶 de la trajectoire circulaire obtenue en question 8 ? On donnera le résultat
en fonction de 𝑎0 et de 𝑛 pour un atome de Rydberg.
Q 14. On cherche à adimensionner l’équation (I.1). Montrer que cette équation peut se mettre sous la forme

𝑑2 ℓ(ℓ + 1) 2
( 2
− + − 𝜖) 𝑢(𝜌) = 0 (I.2)
𝑑 𝜌 𝜌2 𝜌
en posant 𝜌 = 𝑟/𝑎0 et 𝜖 = −ℰ/ℰ0 , avec ℰ0 une constante que l’on exprimera en fonction de 𝑎0 et de 𝑞. Quelle
est la valeur numérique de ℰ0 en électron-volts ?

I.C – Atomes de Rydberg circulaires


L’électron le plus énergétique est maintenant placé dans un état de nombre quantique principal 𝑛 ≫ 1 et de
nombre quantique secondaire ℓ maximum. Sa fonction d’onde spatiale est
𝑛−1
𝑟 −𝑟
Φ(𝑟, 𝜃, 𝜑) = 𝐴(𝑛) (− sin 𝜃 ei𝜑 ) exp ( ) (I.3)
𝑎0 𝑛𝑎0
avec 𝐴(𝑛) une constante réelle positive de normalisation.
Q 15. Exprimer la probabilité d𝑃 de trouver l’électron entre 𝑟 et 𝑟 + d𝑟, quels que soient 𝜃 et 𝜑. On ne
cherchera pas à calculer les éventuelles intégrales.
d𝑃
Q 16. Montrer que la densité de probabilité est maximale pour le rayon 𝑟max = 𝑛2 𝑎0 . Commenter ce
d𝑟
résultat.
Q 17. Faire l’application numérique pour 𝑛 = 50. Pourquoi qualifie-t-on les atomes de Rydberg circulaires
d’atomes géants ?
L’expression de la fonction d’onde (non demandée) permettrait en outre de montrer que la probabilité de
présence est maximale dans la direction 𝜃 = 𝜋/2. On admet également que la dispersion relative de 𝑟 et la
Δ𝑟 1
dispersion de 𝜃 sont de l’ordre de ≃ Δ𝜃 ≃ √ .
𝑟 2𝑛
Q 18. Pourquoi peut-on dire que le comportement de l’électron excité de l’atome de Rydberg circulaire est
« classique » ?
Q 19. Donner, à partir de la forme de la fonction d’onde (I.3), l’expression de 𝑢(𝜌) pour l’électron le plus
énergétique dans un atome de Rydberg circulaire, à un facteur multiplicatif constant près. En déduire l’expression
de 𝜖 puis de ℰ pour l’électron dans un tel état. Commenter ce résultat.
Q 20. Calculer la fréquence 𝜈𝑎𝑡 du photon correspondant à la transition entre les états ℰ𝑛=50 et ℰ𝑛=51 . Dans
quel domaine des ondes électromagnétiques se situe-t-il ?

I.D – Détection des atomes de Rydberg circulaires


On se reportera aux différents documents de l’annexe pour traiter cette sous-partie qui est indépendante des
résultats précédents.
Q 21. Considérons tout d’abord un atome d’hydrogène dans son état fondamental. L’électron est à une
distance moyenne du noyau de l’ordre de 10−10 m. Donner l’ordre de grandeur de la norme du champ électrique
créé par le proton au niveau de l’électron. Justifier pourquoi on peut, en ordre de grandeur, assimiler la valeur
de ce champ électrique à celle du champ d’ionisation de l’atome d’hydrogène.
Q 22. On assimile l’état de Rydberg circulaire 𝑛 à un atome d’hydrogène dont l’électron est excité dans le
niveau 𝑛 ≫ 1. On s’intéresse aux trois états de Rydberg circulaires 𝑛 = 50, 𝑛 = 51 et 𝑛 = 52. Une approche
théorique non détaillée ici permet de calculer les champs d’ionisation des trois états précédents. Ces champs sont
dans le désordre, en unités du système international, 1,48 × 104, 1,36 × 104 et 1,60 × 104. Attribuer à chaque 𝑛
son champ d’ionisation en justifiant succinctement.

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Q 23. Classer les potentiels 𝑉𝑎 , 𝑉𝑏 , 𝑉𝑐 , 𝑉𝑑 , 𝑉𝑒 et 𝑉𝑓 des différentes électrodes de la figure 11 dans l’ordre
croissant en justifiant.
Q 24. Estimer la vitesse des atomes de Rydberg dans la zone d’ionisation à l’aide du protocole 1.
Q 25. Dans le protocole 2, la variation de 𝑉𝑎 (𝑡) suit une loi affine : 𝑉𝑎 (𝑡) = 𝑉𝑏 + 𝐾(𝑡 − 𝑡0 ) avec 𝑉𝑏 = 32 V
le potentiel de l’électrode 𝑏, 𝑡0 l’instant initial de déclenchement de la variation de 𝑉𝑎 (𝑡) et 𝐾 une constante.
Déterminer l’instant de déclenchement 𝑡0 de la rampe et sa pente 𝐾 permettant d’observer les deux signaux
d’ionisations sélectives de la figure 13 de l’annexe.
Q 26. Quel problème pourrait-on rencontrer si l’on choisissait une variation de 𝑉𝑎 (𝑡) plus rapide ? Et plus
lente ?
Q 27. Quelle valeur faut-il prendre pour 𝑡𝑙 , défini dans le paragraphe « Principe de la détection » à la fin de
l’annexe ? Quelle(s) cause(s) expérimentale(s) pourraient fausser l’attribution de l’électron détecté au bon état
de Rydberg ?

II Étude de la cavité micro-ondes


La cavité micro-ondes est constituée de deux miroirs métalliques en vis-à-vis entre lesquels un photon de longueur
d’onde 𝜆0 est piégé. Dans un premier temps (sous-partie II.A) nous allons nous intéresser aux propriétés d’une
cavité composée de miroirs métalliques plans avant d’aborder le cas des miroirs sphériques (sous-partie II.B).

II.A – Miroirs plans


Considérons une cavité constituée de deux miroirs plans métalliques (figure 2) séparés par le vide d’une distance
𝑑 = 26,6 mm. Le coefficient de réflexion 𝑟𝑀 en amplitude pour le champ électrique est identique pour les deux
miroirs. 𝑟𝑀 est un réel négatif à la longueur d’onde 𝜆0 considérée : −1 < 𝑟𝑀 < 0 et 1 − |𝑟𝑀 | ≪ 1.

𝑠4

𝑠3

𝑠2

𝑠1

𝑠0

𝑂 𝑑 𝑧
Vide
miroir de gauche miroir de droite
Figure 2 Cavité plane

On se place dans l’approximation scalaire. L’intensité est définie comme 𝐼 = 𝑠 𝑠∗ où 𝑠 est l’amplitude complexe
de la vibration. Une onde 𝑠0 (𝑧, 𝑡) = 𝑆0 exp(i(𝜔𝑡 − 𝑘𝑧)) se propage dans la cavité (𝑆0 est un réel positif). Elle
subit des réflexions multiples dans la cavité. On note 𝑠1 (𝑧, 𝑡) l’onde réfléchie sur le miroir de droite, 𝑠2 (𝑧, 𝑡)
l’onde réfléchie sur le miroir de gauche et de manière générale 𝑠𝑛 (𝑧, 𝑡) l’onde ayant subi 𝑛 réflexions.
Q 28. On se place en un point d’abscisse 𝑧 à l’intérieur de la cavité. Exprimer 𝑠1 (𝑧, 𝑡) en fonction de 𝑠0 (𝑧, 𝑡).
Q 29. Exprimer 𝑠2 (𝑧, 𝑡) en fonction de 𝑠0 (𝑧, 𝑡) ainsi que 𝑠3 (𝑧, 𝑡) en fonction de 𝑠1 (𝑧, 𝑡). On fera intervenir la
grandeur Φ = 4𝜋𝑑/𝜆0 .
Q 30. Simplifier alors l’expression de la somme cohérente des amplitudes complexes des ondes se propa-
+∞
geant dans le sens des 𝑧 croissants : 𝑠+ (𝑧, 𝑡) = ∑ 𝑠2𝑝 (𝑧, 𝑡). De même pour la somme cohérente des amplitudes
𝑝=0
+∞
complexes des ondes se propageant dans le sens des 𝑧 décroissants : 𝑠− (𝑧, 𝑡) = ∑ 𝑠2𝑝+1 (𝑧, 𝑡).
𝑝=0
On admet que l’intensité maximale 𝐼max de l’onde totale 𝑠+ (𝑧, 𝑡) + 𝑠− (𝑧, 𝑡) au niveau d’un de ses ventres dépend
de Φ selon l’expression
𝐼𝑀
𝐼max = (II.1)
1 + 𝑀 sin2 (Φ/2)
4𝑅
avec 𝐼𝑀 une constante et 𝑀 = , où 𝑅 = 𝑟𝑀
2
. La dépendance en Φ de 𝐼max est tracée en figure 3.
(1 − 𝑅)2

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𝐼𝑀

𝐼max
𝐼𝑀
2

0
−4𝜋 −3𝜋 −2𝜋 −𝜋 0 𝜋 2𝜋 3𝜋 4𝜋
Phase Φ
Figure 3 Tracé de 𝐼max en fonction de Φ

Q 31. Pour quelles fréquences 𝜈cav cette intensité est-elle maximale ?


Q 32. On s’intéresse à la largeur à mi-hauteur 𝛿Φ des pics de 𝐼max définie par 𝐼max (𝛿Φ/2) = 𝐼𝑀 /2. Dans
l’hypothèse où 1 − 𝑅 ≪ 1, donner l’expression de 𝛿Φ en fonction de 𝑀. En déduire la largeur en fréquence 𝛿𝜈
des pics de résonance de la cavité.
Q 33. Associer à cette largeur de fréquence une durée typique 𝜏 de l’onde dans la cavité en fonction de 𝑐, 𝑑
et 𝑅, toujours dans l’hypothèse où 1 − 𝑅 ≪ 1.

Nous cherchons maintenant à retrouver l’ordre de grandeur de cette durée 𝜏 en adoptant un point de vue
corpusculaire. À chaque réflexion, la probabilité que le photon franchisse le miroir et sorte de la cavité est
𝑇 = 1 − 𝑅.
Q 34. Déterminer la durée de vie moyenne du photon dans la cavité en fonction de 𝑐, 𝑑 et 𝑅.
Q 35. Que doit valoir 1 − 𝑅 pour avoir une durée de vie du photon de 100 ms ? Commenter.
Q 36. On recouvre en pratique les miroirs d’un supraconducteur de résistance électrique nulle. Pourquoi ?

II.B – Miroirs sphériques


Les miroirs ont en réalité une dimension finie. Considérons la situation où l’on aurait des disques plans de rayon
𝑎 = 25 mm. Comme indiqué en figure 4, l’onde électromagnétique parvenant sur un miroir (ici le miroir de
droite) est ainsi diffractée. Une partie de l’onde diffractée n’est pas captée par le miroir en vis-à-vis (ici le miroir
de gauche).

𝑎
𝑑 = 26,6 mm
𝑂 𝑑 𝑧
Vide
miroir de gauche miroir de droite
𝜃

Figure 4 Diffraction sur l’un des


deux miroirs (ici le miroir de droite)

Q 37. Estimer la durée 𝜏diff au bout de laquelle l’intensité restant dans la cavité est divisée d’un facteur
1000 par rapport à l’intensité initiale pour un photon de fréquence 51,1 GHz. Commenter ce résultat.

𝑅𝑀 𝑀
𝑎 𝑎
𝑂 𝑟
𝑧 𝑧
𝑑′

Figure 5 Photographie des miroirs sphériques, Schéma d’un miroir sphérique, Schéma de la cavité

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Afin de palier le problème lié à la diffraction, on prend des miroirs en forme de portion de sphère de rayon
de courbure 𝑅𝑀 = 40 mm. Le rayon des miroirs est toujours 𝑎 = 25 mm, mais la distance entre les deux est
désormais 𝑑′ = 27,6 mm. La cavité est présentée en figure 5. On se place dorénavant en coordonnées cylindriques
avec l’origine du repère au centre de la cavité et l’axe (𝑂𝑧) selon son axe de révolution. L’intérieur de la cavité est
dans le vide. On admet que la diffraction est ainsi limitée et on s’intéresse à l’étude de l’onde électromagnétique
dans cette cavité.
Pour une longueur d’onde 𝜆0 , l’onde stationnaire pouvant exister dans la cavité est de la forme

𝑤0 𝑟2 2𝜋𝑧 𝜆 𝑧 𝜋𝑟2
𝑠(𝑀 , 𝑡) = 𝑠0 exp (− 2 ) cos ( − arctan ( 0 2 ) + + 𝜑) exp(i𝜔𝑡) (II.2)
𝑤(𝑧) 𝑤 (𝑧) 𝜆0 𝜋𝑤0
⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟⏟ 𝜆0 𝑅𝑔 (𝑧)
Φ(𝑟, 𝑧)
2
𝜆0 𝑧
où 𝑤(𝑧) = 𝑤0 √1 + ( ) est le rayon typique du faisceau au niveau de l’abscisse 𝑧 dans le plan perpendicu-
𝜋𝑤02
laire à (𝑂𝑧), 𝑤0 est une constante appelée col du faisceau (waist en anglais), 𝑅𝑔 (𝑧) est le rayon de courbure des sur-
2 √
1 𝜋𝑤02 √
√ 𝜆0 √ 𝑑′ 𝑑′
faces d’onde : 𝑅𝑔 (𝑧) = 𝑧 + ( ) et 𝜑 est une phase constante. On admet que 𝑤0 = (𝑅𝑀 − ).
𝑧 𝜆0 ⎷𝜋 2 2
Q 38. Calculer 𝑤0 pour une fréquence de 51,1 GHz.
Q 39. Au niveau de l’axe (𝑂𝑧) (𝑟 = 0), on souhaite que la structure d’onde stationnaire présente un nœud
au niveau de chaque miroir et 𝑝 ventres avec en particulier un ventre au niveau de 𝑂. En déduire, en fonction
de 𝑝, la variation en valeur absolue de Φ(𝑟 = 0, 𝑧) entre 𝑧 = 0 et 𝑧 = 𝑑′/2. Que vaut 𝑝 pour une fréquence de
l’onde de 51,1 GHz ?
Q 40. En faisant l’analogie avec la corde de Melde, estimer l’ordre de grandeur de la taille d’un fuseau.
Faire l’application numérique et commenter sachant que le jet atomique traverse la cavité en son centre et a un
diamètre de 0,7 mm.

III Couplage entre un atome de Rydberg et la cavité


Les deux parties précédentes ont permis de mettre en évidence qu’un atome de Rydberg et une cavité sont deux
systèmes dans lesquels il est possible de stocker de l’énergie : une énergie ℎ𝜈at = ℏ𝜔at pour l’atome (entre les deux
niveaux d’énergie 𝑛 = 50 et 𝑛 = 51 que l’on supposera isolés des niveaux inférieurs) et une énergie ℎ𝜈cav = ℏ𝜔cav
pour un photon piégé dans la cavité. Nous allons maintenant voir comment ces deux systèmes peuvent interagir,
échanger éventuellement de l’énergie et comment on peut utiliser cette interaction pour détecter la présence
d’un photon dans la cavité sans le détruire.
Le traitement de ces interactions est quantique, mais il est possible de faire des analogies avec des systèmes
classiques usuels.

III.A – Représentation électrocinétique du couplage atome-photon


On admet que le couplage entre l’atome et un photon de la cavité peut être assimilé à la présence d’une
inductance mutuelle 𝑀 entre deux circuits 𝐿𝐶 (figure 6). Le circuit de gauche représente la cavité tandis que le
circuit de droite est analogue à l’atome. On note 𝜔cav et 𝜔at les pulsations propres de chacun des deux circuits
en l’absence de couplage.

𝐶cav 𝐶at

𝐿 𝐿
𝑖cav 𝑖at
𝑀
Figure 6 Circuit équivalent au sys-
tème {photon + atome}

Q 41. Déterminer les expressions de 𝜔at et 𝜔cav en fonction de 𝐿, 𝐶at et 𝐶cav .


Q 42. Les deux circuits sont considérés sans résistance. Quels phénomènes physiques sont ainsi négligés au
niveau de l’atome et au niveau de la cavité ?
On pose 𝛿 = 𝜔at − 𝜔cav le désaccord entre les deux pulsations. On considèrera dans toute la suite que |𝛿| ≪ 𝜔cav
𝜔 + 𝜔at
(|𝛿| ≪ 𝜔at ). Par ailleurs, on note : 𝜔0 = cav .
2

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Q 43. Montrer que les deux intensités 𝑖cav et 𝑖at vérifient le système d’équations couplées suivant :
d2 𝑖cav Ω d2 𝑖at
2
+ + (𝜔02 − 𝜀)𝑖cav = 0
d𝑡 𝜔0 d𝑡2
(III.1)
d2 𝑖at Ω d2 𝑖cav
+ + (𝜔02 + 𝜀)𝑖at = 0
d𝑡2 𝜔0 d𝑡2
où l’on exprimera Ω et 𝜀 en fonction de 𝜔0 , 𝛿, 𝑀 et 𝐿.
On cherche la possibilité pour que l’ensemble du circuit oscille à la même pulsation 𝜔 (on parle de mode propre).
On cherche ainsi 𝑖cav et 𝑖at sous la forme complexe 𝑖cav (𝑡) = 𝐼𝑐0 exp(i𝜔𝑡) et 𝑖at (𝑡) = 𝐼𝑎0 exp(i𝜔𝑡).
Q 44. Déterminer l’équation vérifiée par 𝜔, équation que l’on écrira sous la forme d’un polynôme en 𝜔 qui
s’annule, mais que l’on ne cherchera pas à résoudre.
On admet que 𝜔 peut prendre deux valeurs dans le cas où 𝛿 ≫ Ω, situation dans laquelle on se place désormais :
𝛿 Ω2
𝜔± = 𝜔0 ± ( + ). (III.2)
2 4𝛿
III.B – Couplage atome-photon de la cavité
Revenons à l’expérience d’électrodynamique quantique. On considère maintenant le système {atome + cavité}.
En l’absence de couplage entre l’atome et la cavité, les niveaux d’énergie de ce système sont représentés en figure
figure 7.
niveaux d’énergie

𝑛 = 51, 1 photon

ℏ𝜔at
𝑛 = 51, 0 photon
ℏ𝛿
𝑛 = 50, 1 photon
ℏ𝜔at
ℏ𝜔cav

𝑛 = 50, 0 photon

Figure 7 Niveaux d’énergie du système


{atome + cavité} en l’absence de couplage
En présence de couplage entre l’atome et la cavité, le niveau {𝑛 = 50 + 0 photon dans la cavité} garde la même
énergie. Il est pris comme niveau de référence des énergies.
En présence de couplage, l’état {atome 𝑛 = 50 + 1 photon dans la cavité} a une énergie ℏ𝜔− tandis que l’état
{atome 𝑛 = 51 + aucun photon dans la cavité} a une énergie ℏ𝜔+ . L’état {atome 𝑛 = 51 + 1 photon dans la
cavité} voit quant à lui son énergie augmentée de +ℏΩ2 /(2𝛿).
Q 45. Reproduire la figure 7 sur votre copie et dessiner en pointillés la position des quatre états considérés
en présence de couplage.
Q 46. En l’absence de couplage entre la cavité et l’atome, la différence d’énergie entre les niveaux 𝑛 = 50
et 𝑛 = 51 est ℏ𝜔at . Que vaut la différence d’énergie ℏ𝜔′at entre les niveaux 𝑛 = 50 et 𝑛 = 51 en présence d’un
couplage cavité-atome dans le cas où la cavité ne contient pas de photon ? En déduire la variation de la pulsation
(0ph)
Δ𝜔at = 𝜔′at − 𝜔at de l’atome correspondante.
(1ph)
Q 47. Déterminer de même l’expression de Δ𝜔at dans le cas où la cavité contient 1 photon.

Afin de détecter la présence ou non d’un photon dans la cavité, on crée un atome de Rydberg initialement dans
l’état 𝑛 = 50, comme indiqué en introduction de ce sujet et illustré dans la figure 1. Une impulsion micro-onde
place l’atome dans une superposition des états 𝑛 = 50 et 𝑛 = 51. Les deux états quantiques acquièrent un
déphasage Φat = Δ𝜔at 𝑡cav où 𝑡cav est la durée d’interaction entre l’atome et la cavité. Comme nous venons de le
voir, ce déphasage dépend de la présence ou non d’un photon dans la cavité. Une deuxième impulsion micro-onde
en sortie de cavité fait interférer ces deux états quantiques. On règle les impulsions micro-ondes de manière à ce
que l’atome se retrouve dans l’état 𝑛 = 50 en l’absence de photon dans la cavité et dans l’état 𝑛 = 51 en présence
d’un photon dans la cavité. On détecte alors l’état de l’atome à l’aide du dispositif étudié en sous-partie I.D.
L’état de l’atome renseigne sur la présence d’un photon dans la cavité sans pour autant avoir détruit celui-ci.

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Figure 8 Mesure non destructive de la présence d’un photon dans la cavité, adapté
de« Mesure quantique non destructive répétée de la lumière : états de Fock et trajectoires
quantiques » - Christine Guerlin - Thèse de doctorat de l’Université Paris VI (14 décembre
2007)

Il est alors possible d’envoyer plusieurs atomes à la suite comme indiqué sur la figure 8 : une détection dans
𝑛 = 50 est représentée par un trait bleu vers le bas, une détection dans 𝑛 = 51 par un trait rouge vers le haut.
Dans cette mesure, un photon (d’origine thermique) est apparu dans la cavité à 1,1 ms et a disparu à 1,5 ms.
Il a ainsi été capturé pendant 0,4 ms. Pendant cette durée, il a parcouru une distance de 1,2 × 105 km, soit
l’équivalent de 4 fois la circonférence de la Terre !

Données et formulaire

Masse de l’électron 𝑚𝑒 = 9,11 × 10–31 kg


Charge élémentaire 𝑒 = 1,60 × 10–19 C
Permittivité diélectrique du vide 𝜀0 = 8,85 × 10–12 F⋅m–1
Constante de Planck ℎ = 6,63 × 10–34 J⋅s, ℏ = 1,05 × 10–34 J⋅s⋅rad–1
Célérité de la lumière dans le vide 𝑐 = 3,00 × 108 m⋅s–1

𝑧 𝑒𝑟⃗
𝑀 𝑒𝜑⃗
𝜃
𝑒𝜃⃗
𝑟
𝑦
𝑂

𝜑
𝑥
Figure 9 Base sphérique

Volume infinitésimal en coordonnées sphériques

d𝑉 = 𝑟2 sin 𝜃 d𝑟 d𝜃 d𝜑
Opérateur gradient en coordonnées sphériques

⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ∂𝑓 1 ∂𝑓 1 ∂𝑓
grad 𝑓 = 𝑒𝑟⃗ + 𝑒𝜃⃗ + 𝑒⃗
∂𝑟 𝑟 ∂𝜃 𝑟 sin 𝜃 ∂𝜑 𝜑
Opérateur laplacien d’un scalaire en coordonnées sphériques

1 ∂ 2 ∂𝑓 1 ∂ ∂𝑓 1 ∂2 𝑓
Δ𝑓 = (𝑟 ) + (sin 𝜃 ) +
𝑟2 ∂𝑟 ∂𝑟 𝑟2 sin 𝜃 ∂𝜃 ∂𝜃 𝑟2 sin2 𝜃 ∂𝜑2

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potentiel couple l’état lié au continuum des états libres par effet tunnel.

On peut donner une description qualitative Annexe


du phénomène d’ionisation. On a représenté
Lafigure
plupart 2.8(a) un état et
des documents liélesdutextes
potentiel coulombien.
entre guillemets Enannexe
de cette présence
sont d’un champ
issus de la thèseélectrique,
de doctorat de
l’université
l’électronParis
qui VI d’Alexia Auffèves,
se trouvait soutenue
initialement dansle cet
29 juin
état2004
lié a« Oscillation
maintenant de une
Rabiprobabilité
à la frontièred’at-
classique-
quantique
teindre et le génération
continuum de des
chatsétats
de Schrödinger
libres par».effet
Certaines
tunnelfigures
(voiretfigure
données expérimentales
2.8(b)). On peut ontassocier
été adaptées
pour les besoins
à toute de E
valeur l’épreuve.
du champ électrique un taux d’ionisation par unité de temps Γ(E) tel
que, si on considère
Le phénomène d’ionisation une population N d’électrons se trouvant dans l’état lié considéré,
cette population vérifie l’équation d’évolution
« L’ionisation d’un atome désigne l’émission vers le continuum d’un électron initialement dans un état lié. Elle
dN
peut advenir par interaction de l’atome avec une=onde lumineuse
−Γ(E)N (t) (photo-ionisation) ou, comme dans notre cas,
(2.16)
avec un champ électrique quasi statique. » dt
Prenons une assemblée de 𝑁 atomes identiques que l’on place dans un champ électrique extérieur 𝐸 que l’on
Le signal d’ionisation I(t) représente le nombre d’atomes ionisés entre t et t + dt, il est
augmente linéairement au cours du temps. L’augmentation est lente si bien que le champ peut être considéré
comme
dN (t)
donc quasi statique. On
proportionnel à relève le. nombre d’atomes ionisés par unité de temps d𝑁 /d𝑡. La dépendance en 𝐸
de d𝑁 /d𝑡 est représentée sur la
dtfigure 10.

Ec

E (u.a.)
Figure 10 Variation de d𝑁 /d𝑡 en fonction de 𝐸
(unité arbitraire)
Fig. 2.9: Signal d’ionisation obtenu avec des atomes préparés dans le niveau |52c ⟩.
Le champ critique, ou champ d’ionisation, 𝐸𝑐 , est la valeur du champ électrique pour laquelle le signal d’ionisation
estAu
le plus
coursélevé.
d’une expérience on soumet un ensemble d’atomes à un champ électrique E(t)
Présentation du détecteur
On cherche à déterminer si l’atome de Rydberg étudié est dans l’état 𝑛 = 50 ou 𝑛 = 51.
Un des deux détecteurs utilisés dans l’expérience est présenté en figure 11. Les atomes de Rydberg pénètrent dans
la zone d’ionisation, entre les électrodes parallélépipédiques 𝑎 et 𝑏. L’électron arraché à l’atome traverse alors
l’électrode 𝑏 qui est percée d’un diaphragme de 6 mm de diamètre. Il entre dans la zone de focalisation, constituée
d’une succession d’électrodes (électrodes 𝑐 à 𝑒), avant de parvenir au multiplicateur d’électrons (ME) situé juste
derrière l’électrode 𝑓. Le multiplicateur d’électrons permet, à partir d’un électron incident, d’obtenir un courant
électrique mesurable. On peut ainsi relever l’instant où l’électron parvient au multiplicateur d’électrons. On
négligera la durée mise par l’électron pour franchir la zone de focalisation.
La zone d’ionisation (figure 11) pourra être assimilée à un condensateur plan (l’effet du trou dans l’électrode 𝑏
sur le champ électrostatique sera négligé, de même que l’influence de la zone de focalisation). L’électrode 𝑏 est
portée à un potentiel 𝑉𝑏 = 32 V fixe. L’électrode 𝑎 est portée à un potentiel 𝑉𝑎 (𝑡) ajustable.
Tout électron arraché à un atome se trouvant devant le diaphragme parvient au multiplicateur d’électrons.

Réglage du détecteur
On prend comme origine des temps l’instant où l’atome est excité dans l’état de Rydberg circulaire, au niveau
de la boîte 𝐵 de la figure 1.

Protocole 1
« On prépare un atome de vitesse fixée et on commence par repérer à quel instant précis 𝑡𝑐 l’atome ainsi
préparé est au centre du diaphragme. Pour cela on applique [à 𝑉𝑎 (𝑡)] une rampe d’ionisation très raide qui
permet d’ioniser instantanément tous les niveaux dans lesquels pourrait se trouver l’atome. Lorsqu’on balaye le
déclenchement de cette rampe dans le temps, on obtient un électron si l’atome se trouve dans le diaphragme et
rien sinon. » Pour chaque instant 𝑡 de déclenchement de la rampe, on réitère l’expérience avec le même nombre
𝑁 d’atomes. On relève pour chaque instant 𝑡 le nombre d’atomes 𝑁𝑒 ionisés. Le résultat est présenté en figure 12.

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1 2 E (t)

2mm a faisceau
4mm
atomique
2mm
b Eg
V(t)
a
16mm
c E (t)
Ee
Vb

te tg

91.5mm
d
50mm
Fig. 2.11: Zone d’ionisation de l’ensemble 1 (mode de détection résolu

Zone de focalisation

Après l’ionisation de l’atome, l’électron est accéléré par les électrodes c à


3
de ces électrodes He sont ajustés pour que tous les électrons émis dans la
4
convergent sur Heles multiplicateurs d’électrons. Une première étape a c
12mm e
numériquement avec le logiciel Simion, pour des potentiels d’électrode
électrique en tout point de l’espace, puis les trajectoires électroniques da
f guration. Cela
2.3. LE NOUVEAU SYSTÈMEnous a DE
permis d’évaluer a priori les potentiels permettan
DÉTECTION
ME ME
focalisation du faisceau électronique. La seconde étape a bien sûr été l’o
rimentale de la focalisation. Les résultats sont présentés section 2.3.3. A
typiquementsur
lesla
mêmes
grille valeurs
le signalpour les différents
électronique estchamps
amplifiéd’ionisation qu’avec le déte
par des multiplicateurs
15mm
2. 15mm
ensuite mis en forme (T T L). La date de l’événement est stockée dans u
Figure 11 Présentation générale du détecteur et zoom sur la zone d’ionisation
le pas
Fig. 2.10: Schéma des détecteurs. M E symbolise les temporel est 100ns.
multiplicateurs d’électrons dont f
est la grille.
2.3.2 Les deux modes de détection
es électrodes composant la zone d’ionisation de l’ensemble 2 ont un potentiel fixé et
orment un condensateur de forme diédrique (que Réglage du détecteur
nous appellerons 2 condensateur-
par la suite
oit) : un atome traversant cette zone voit donc également un champ électrique croissant
Comme on l’a vu, la zone d’ionisation du détecteur 2 se compose de l’éle
ans le temps. La différence avec le mode 1 réside dans le fait que l’électrode b comporte
de toit et de l’électrode b percée d’un diaphragme de diamètre 2.4mm.
n petit diaphragme qui sélectionne le niveau d’énergie détecté. La tension Va appliquée
Pour réglerau
ur l’électrode a est réglée pour que le champ d’ionisation ce niveau
détecteur
du on prépare des
diaphragme atomes de toutes vitesses dans un
Etrou
donné, par exemple |e⟩. On applique
orresponde soit à Ee , soit à Eg . Si Etrou = Ee un atome passant dans |g⟩ sera ionisé après à l’électrode a un potentiel Va co
e diaphragme et ne sera pas détecté comme représentécertain champ
figureélectrique
2.12. De au niveau
même du diaphragme Etrou . On balaye len
un atome
Figure 12 Pointé du centre du diaphragme de
assant dans |e⟩ avec Etrou = Eg sera la ionisé avant le diaphragme et ne sera pas détecté
zone d’ionisation
on plus. C’est donc la tension appliquée Fig.à 2.14:
l’électrode a quidupermet
(a) Pointé centre de
dudistinguer
diaphragme|e⟩dedela zone d’ionisation 1. On trouv
g⟩. Protocole 2 l’origine des temps étant prise au déclenchement du premier laser d’excitation, tc
Une fois 𝑡 connu on peut faire515µs.
𝑐 varier 𝑉Cela
(𝑡) de
estmanière affinecompte
raisonnable et plus tenu
lente de
queladans le protocole
vitesse des atomes1, en partant
et de la distance estim
oulignons ici l’avantage
de la valeur 𝑉𝑏 . La variation est
mode𝑎 de
de principe du choisie de manière
détection 1 : il permet
à ce que les
ded’ionisation
détecter 𝐸p et 𝐸 des états
entre le lieu de préparation deschamps
états circulaires et 𝑐,50
le premier
𝑐,51 détecteur (∼170mm
iveaux atomiques en une
de Rydberg seule séquence
circulaires et expérimentale,
𝑛 = 50 La = 51 soient
𝑛largeur alorspendant
balayés
temporelle duqu’il faut
queest
signal séquences
pl’atome pour
se trouve
typiquement dans la
20µs, cezone
qui devant le
correspond bien à u
diaphragme.
e mode 2. Pour On réitèremettant
une expérience l’expérience
en pour
jeu Nun grand
atomes, nombre d’atomes
l’utilisation dude même
mode vitesse,
1 permetla moitié étant préparés
diaphragme de 6mm parcouru par des atomes à 335m/s. (b) Signal d’ionisation obten
dans l’état 𝑛 = 50, l’autre moitié dans l’état 𝑛 = 51. On relève pour chaque instant 𝑡 le nombre d’atomes 𝑁𝑒
avec le mode de détection résolu en temps.
ionisés. Le résultat de l’expérience est donné en figure 13.
La rampe est choisie de manière à ce que l’ionisation soit sélective : chaque courbe en cloche correspond à un
Comme on l’a vu la date de l’événement correspondant à l’ionisation de l’atome e
état de Rydberg (𝑛 = 50 ou 51) défini.
registrée dans une mémoire de pas 100ns : il faut définir (𝑡 − 𝑏𝑖 )2
des fenêtres temporel
On ajuste les deux signauxtelle
1 et 2facon
par une fonction gaussienne de la forme
que les événements appartenant𝑒 à une 𝑁 = 𝑎 𝑖 exp (−
fenêtre 𝑐soient
2
) avec 𝑖 = 1 à l’ionisati
attribués
𝑖
l’atome
ou 2 (figure 13). Les ajustements dans l’état
donnent |g⟩, à; 𝑏l’autre
: 𝑎1 = 512,8 fenêtre à l’ionisation de l’atome dans l’état |e⟩. A
1 = 515,4 µs ; 𝑐1 = 1,0 µs ; 𝑎2 = 559,1 ; 𝑏2 = 519,2 µs ;
𝑐2 = 0,9 µs. des ajustements gaussiens présentés figure 2.15 on estime le centre de la fenêtre corre
dant à l’ionisation de l’état |e⟩ à te = 515.4µs, sa largeur ∆te = 3.8µs. On définit de
tg = 519.3µs, ∆tg = 3.8µs. On peut également calculer à partir de la courbe de la
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un taux d’erreur croisée. Le principe de ce calcul est illustré figure 2.16. On a évalué
du signal d’ionisation dans la fenêtre attribuée à l’ionisation des atomes dans l’éta
On évalue ensuite la contribution des événements correspondant à l’ionisation des a
Nombre d’ionisations 𝑁𝑒 pour chaque instant 𝑡 où Ajustement des deux signaux par une fonction gaus-
la rampe est appliquée sienne
Figure 13

Principe de la détection
À l’aide de l’étalonnage effectué dans le procotole 2, on se fixe un instant 𝑡𝑙 qui délimite la frontière entre les
2 états de Rydberg : un électron qui parviendra au multiplicateur d’électrons avant 𝑡𝑙 sera attribué à l’un des
deux états de Rydberg, un électron qui parviendra au multiplicateur d’électrons après 𝑡𝑙 sera attribué à l’autre
état de Rydberg.

• • • FIN • • •

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