1989-1990 Construction explicite des corps F4 , F8 ,F16 , F9 P.
Tauvel page 1
Construction explicite des corps F4, F8, F16, F9, par [Link]
¬ Soient p un entier premier, n ∈ N⋆ , q = pn , Ω une clôture algébrique de Fp .
On sait que Fq est le corps de décomposition de X q − X sur Fp . C’est aussi l’ensemble des ξ ∈ Ω
tels que ξ q = ξ.
¬ Supposons p = 2, et n = 2. On a
X 4 − X = X(X − 1)(X 2 + X + 1).
Le polynôme P (X) = X 2 + X + 1 est de degré 2 et n’a aucune racine dans F2 . Par suite, il est
irréductible sur F2 . Soit ξ ∈ Ω une racine de P . Alors P est le polynôme minimal de ξ sur F2 .
Par suite :
[F2 [ξ] : F2 ] = 2, #F2 [ξ] = 4.
On a donc F2 [ξ] = F4 . D’où immédiatement :
F4 = {0, 1, ξ, 1 + ξ} .
Les tables d’addition et de multiplication dans F4 s’en déduisent aussitôt. On voit ainsi que F4
est le corps de rupture de P sur F2 .
¬ Supposons p = 2, et n = 3. On a :
X 8 − X = X(X − 1)(X 3 + X + 1)(X 3 + X 2 + 1).
Les polynômes X 3 + X 2 + 1 et X 3 + X + 1 sont de degré 3, et n’ont pas de racine dans F2 ; ils
sont donc irréductibles sur F2 . Soit ξ ∈ Ω une racine de P . Alors P est le polynôme minimal de
ξ sur F2 . Par conséquent :
[F2 [ξ] : F2 ] = 3, #F2 [ξ] = 8.
Il en résulte que F8 = F2 [ξ], et F8 est le corps de rupture de P sur F2 .
Alors : n o
F8 = 0, 1, ξ, ξ 2 , 1 + ξ, 1 + ξ 2, ξ + ξ 2, 1 + ξ + ξ 2 .
Les éléments précédents sont bien tous distincts, car le polynôme minimal de ξ sur F2 est de
degré 3. Les tables des lois de F8 s’en déduisent aussitôt.
¬ Supposons p = 2, et n = 4. On a :
X 16 − X = X(X 3 + 1)(X 4 + X 3 + 1)(X 4 + X + 1)(X 4 + X 3 + X 2 + X + 1).
Soit P l’un des polynômes X 4 + X 3 + 1, X 4 + X + 1, X 4 + X 3 + X 2 + X + 1. Alors P n’a pas de
racines dans F2 . Si P est réductible dans F2 , il est donc produit de deux éléments de degré 2 da
F2 [X]. Comme P est de valuation nulle, c’est donc l’un des polynômes :
• (X 2 + 1)2 = X 4 + 1
• (X 2 + X + 1)2 = X 4 + X 2 + 1
• (X 2 + 1)(X 2 + X + 1) = X 4 + X 3 + X + 1
[Link] version du 10 juin 2024 à 17h47
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C’est absurde. par suite P est irréductible sur F2 .
Prenons, par exemple, P (X) = X 4 + X 3 + X 2 + X + 1. Soit ξ ∈ Ω une racine de P . Alors P est
le polynôme minimal de ξ sur F2 . D’où :
[F2 [ξ] : F2 ] = 4, #F2 [ξ] = 16.
On en déduit que F16 = F2 [ξ]. On voit que F16 est le corps de rupture de P sur F2 , et il vient :
n
F16 = 0, 1, ξ, ξ 2 , ξ 3 , 1 + ξ, 1 + ξ 2, 1 + ξ 3, ξ + ξ 2, ξ + ξ 3, ξ 2 + ξ 3, 1 + ξ + ξ 2 , 1 + ξ + ξ 3 , 1 + ξ 2 + ξ 3,
o
1 + ξ 2 + ξ 3, ξ + ξ 2 + ξ 3 , 1 + ξ + ξ 2 + ξ 3 .
Les éléments précédents sont bien distincts deux à deux car la polynôme minimal de ξ sur F2 est
de degré 4.
Les tables des lois sur F16 s’en déduisent immédiatement.
¬ Supposons p = 3, n = 2. On a :
X 9 − X = X(X 2 − 1)(X 2 + 1)(X 4 + 1).
Le polynôme P (X) = X 2 + 1 est de degré 2, et n’a aucune racine dans F3 . Il est donc irréductible
sur F3 . Soit ξ ∈ Ω une racine de P . Alors P est le polynôme minimal de ξ sur F3 . D’où
[F3 [ξ] : F3 ] = 2, #F3 [ξ] = 9.
On en déduit que F9 = F3 [ξ], et F9 est le corps du rupture de P sur F3 . Il vient alors :
F9 = {0, 1, − 1, ξ, − ξ, 1 + ξ, 1 − ξ, − 1 + ξ, − 1 − ξ.} .
¬ Revenons au cas général. Soit ξ ∈ Ω une racine primitive (q − 1)éme de l’unité. On sait que
Fq = Fp [ξ]. On voit donc le fait d’avoir trouvé, dans les cas précédents, que Fq est le corps de
rupture d’un certain polynôme P ∈ Fp [X] est tout à fait général.
[Link] version du 10 juin 2024 à 17h47