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Cours Avant Contrats

Le document traite des avant-contrats en droit civil, notamment la promesse unilatérale de vente, le compromis de vente, l'accord de principe et le pacte de préférence, en se basant sur le Code civil napoléonien de 1804. Il décrit les définitions, conditions de validité, caractéristiques essentielles, effets et régimes de responsabilité de chaque type d'avant-contrat. L'importance de la jurisprudence et de la doctrine dans l'interprétation et l'application des règles relatives aux avant-contrats est également soulignée.

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Cours Avant Contrats

Le document traite des avant-contrats en droit civil, notamment la promesse unilatérale de vente, le compromis de vente, l'accord de principe et le pacte de préférence, en se basant sur le Code civil napoléonien de 1804. Il décrit les définitions, conditions de validité, caractéristiques essentielles, effets et régimes de responsabilité de chaque type d'avant-contrat. L'importance de la jurisprudence et de la doctrine dans l'interprétation et l'application des règles relatives aux avant-contrats est également soulignée.

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

LES AVANT-CONTRATS
Promesse unilatérale de vente · Compromis de vente
Accord de principe · Pacte de préférence

Fondements dans le Code civil napoléonien de 1804 (texte originaire)

Conditions · Caractéristiques · Effets · Responsabilité

Cours de droit civil — Concours de magistrature · Côte d'Ivoire · 2026

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

TABLE DES MATIÈRES

Introduction générale — La notion d'avant-contrat


Partie I — La promesse unilatérale de vente
§ 1. Définition et nature juridique
§ 2. Conditions de validité
§ 3. Caractéristiques essentielles
§ 4. Effets et régime de responsabilité
Partie II — Le compromis de vente (promesse synallagmatique)
§ 1. Définition et nature juridique
§ 2. Conditions de validité
§ 3. Caractéristiques essentielles
§ 4. Effets et régime de responsabilité
Partie III — L'accord de principe
§ 1. Définition et nature juridique
§ 2. Conditions et limites
§ 3. Effets et responsabilité (fondement jurisprudentiel)
Partie IV — Le pacte de préférence
§ 1. Définition et nature juridique
§ 2. Conditions de validité
§ 3. Caractéristiques essentielles
§ 4. Effets et sanctions
Partie V — Tableau comparatif de synthèse
Conclusion — Hiérarchie des engagements pré-contractuels

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

INTRODUCTION GÉNÉRALE — LA NOTION D'AVANT-CONTRAT

Définition et place en droit civil


L'avant-contrat désigne toute convention préparatoire par laquelle les parties organisent leur relation
contractuelle future avant la conclusion du contrat définitif. Il constitue un contrat à part entière, soumis
aux conditions générales de validité des conventions posées par le Code civil napoléonien de 1804.

Fondement textuel commun — Code civil de 1804

Art. 1101 : « Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s'obligent, envers une
ou plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose. »

Art. 1108 : Quatre conditions essentielles pour la validité d'une convention : consentement, capacité, objet
certain, cause licite.

Art. 1134 : « Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. »

Art. 1135 : Les conventions obligent non seulement à ce qui y est exprimé, mais encore à toutes les suites
que l'équité, l'usage ou la loi donnent à l'obligation.

Le Code civil de 1804 ne définit pas expressément les avant-contrats en tant que catégorie générale.
Seule la vente avec terme ou condition est envisagée. C'est donc la doctrine et la jurisprudence qui ont
dégagé les régimes propres à chaque figure pré-contractuelle, en mobilisant les principes généraux du
Code.

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

PARTIE I — LA PROMESSE UNILATÉRALE DE VENTE (PUV)

§ 1. Définition et nature juridique


La promesse unilatérale de vente est la convention par laquelle le promettant s'engage à vendre un bien
déterminé à un prix déterminé au bénéficiaire (bénéficiaire de la promesse ou optionnaire), qui conserve la
faculté d'accepter ou de refuser la vente pendant un délai convenu. Seul le promettant est lié : le
bénéficiaire reste libre.

Base textuelle dans le Code civil de 1804


Textes applicables

Art. 1589 al. 1 Code civil : « La promesse de vente vaut vente, lorsqu'il y a consentement réciproque des
deux parties sur la chose et sur le prix. » — Cet article concerne la promesse synallagmatique ; il est
invoqué a contrario pour la PUV : l'absence de consentement réciproque fait obstacle à la vente parfaite.

Art. 1101 et 1134 Code civil : la PUV est un contrat autonome, loi des parties.

Art. 1108 Code civil : conditions de validité de la convention.

Art. 1583 Code civil : la vente « est parfaite entre les parties... dès qu'on est convenu de la chose et du prix
» — fondement de la distinction entre promesse unilatérale (pas encore de vente parfaite) et compromis
(vente parfaite).
Note : Le Code de 1804 ne réglementait pas expressément la promesse unilatérale de vente. Le régime a
été entièrement construit par la jurisprudence sur le fondement des art. 1101 et s.

§ 2. Conditions de validité
A. Conditions de droit commun (art. 1108 Code civil)
Condition Article 1804 Précision

Consentement Art. 1109 Consentement libre et éclairé du promettant ; le bénéficiaire n'est


pas encore lié.

Capacité Art. Capacité de contracter du promettant (capacité de disposer pour la


1123-1125 vente imminente).

Objet certain Art. Le bien doit être déterminé (désignation précise) ; le prix doit être
1126-1130 déterminé ou déterminable.

Cause licite Art. La cause de l'engagement du promettant doit exister et être licite.
1131-1133 L'indemnité d'immobilisation versée par le bénéficiaire constitue
souvent la cause.

B. Conditions spécifiques à la PUV


• Délai d'option : la promesse doit stipuler un délai pendant lequel le bénéficiaire peut lever l'option. À
défaut, la promesse peut être révoquée à tout moment.
• Prix : fixé dès la promesse (art. 1583, 1591 Code civil : le prix doit être déterminé et désigné par les
parties).

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

• Indemnité d'immobilisation : souvent stipulée à la charge du bénéficiaire ; non remboursable en cas


de non-levée, sauf clause contraire.

§ 3. Caractéristiques essentielles
• Unilatéralité : Seul le promettant est obligé de vendre. Le bénéficiaire a un droit potestatif d'option.
• Irrévocabilité pendant le délai : Le promettant ne peut rétracter son offre pendant le délai (Cass. civ.
3e, 15 déc. 1993, Consorts Cruz c/ Soc. Bâticrédit).
• Droit d'option : Le bénéficiaire dispose d'un droit personnel (et non réel) de lever l'option.
• Objet immobilisé : Le bien est frappé d'indisponibilité relative pendant le délai d'option.
• Durée : Le délai d'option est librement fixé par les parties ; à l'expiration, la promesse caduque.

§ 4. Effets et régime de responsabilité


A. Effets lors de la levée d'option dans le délai
La levée d'option dans le délai convenu forme la vente définitive, parfaite au sens de l'art. 1583 Code civil.
La rencontre de l'offre irrévocable du promettant et de l'acceptation du bénéficiaire produit le transfert de
propriété et des risques (art. 1138 Code civil).

B. Effets en cas de rétractation du promettant avant la levée


Jurisprudence fondamentale — Cass. civ. 3e, 15 décembre 1993

Arrêt dit « Consorts Cruz » : la rétractation du promettant avant la levée d'option ne peut être sanctionnée
que par des dommages-intérêts, non par l'exécution forcée de la vente.

Fondement : le promettant qui se rétracte viole son obligation de faire (maintenir son offre), laquelle ne peut
donner lieu qu'à des dommages-intérêts (art. 1142 Code civil de 1804 : « Toute obligation de faire ou de ne
pas faire se résout en dommages et intérêts, en cas d'inexécution de la part du débiteur »).

Cette solution, très critiquée, est confirmée par Cass. civ. 3e, 28 oct. 2003.
Art. 1142 Code civil de 1804 — Fondement de la limitation à des dommages-intérêts en cas d'inexécution
d'une obligation de faire. La vente forcée est impossible car la vente n'est pas encore parfaite : il manque le
consentement réciproque exigé par l'art. 1589.

C. Quantum des dommages-intérêts


Le bénéficiaire lésé peut obtenir : (i) la restitution de l'indemnité d'immobilisation versée ; (ii) la réparation
du préjudice subi (perte de chance de réaliser l'acquisition, frais engagés), sur le fondement de l'art. 1382
Code civil (responsabilité délictuelle) si le promettant a agi fautivement, ou sur le fondement contractuel
(art. 1147 Code civil) pour le préjudice résultant de l'inexécution.

D. Sort de la promesse en cas de vente à un tiers


Si le promettant vend le bien à un tiers pendant le délai, la vente à ce tiers est valable si ce tiers est de
bonne foi (ignorait la promesse). Si le tiers est de mauvaise foi (avait connaissance de la promesse), il
engage sa responsabilité délictuelle (art. 1382 Code civil) et la vente peut être annulée pour fraude.

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

PARTIE II — LE COMPROMIS DE VENTE (PROMESSE SYNALLAGMATIQUE)

§ 1. Définition et nature juridique


Le compromis de vente — ou promesse synallagmatique de vente — est la convention par laquelle le
vendeur et l'acheteur s'engagent réciproquement et définitivement à conclure la vente à des conditions
déterminées. Les deux parties sont irrévocablement liées. Contrairement à la PUV, il y a accord des
volontés sur la chose et sur le prix.

Base textuelle — Art. 1589 Code civil de 1804


Texte de l'article 1589 al. 1 Code civil (1804)

« La promesse de vente vaut vente, lorsqu'il y a consentement réciproque des deux parties sur la chose et
sur le prix. »

Conséquence : le compromis vaut vente parfaite dès sa conclusion. Le transfert de propriété s'opère solo
consensu (art. 1583 Code civil).

Art. 1583 Code civil : « Elle [la vente] est parfaite entre les parties, et la propriété est acquise de droit à
l'acheteur à l'égard du vendeur, dès qu'on est convenu de la chose et du prix, quoique la chose n'ait pas
encore été livrée ni le prix payé. »

§ 2. Conditions de validité
A. Conditions de droit commun (art. 1108 Code civil)
Condition Articles Précision

Consentement Art. 1109, Les deux parties doivent exprimer un consentement ferme et
réciproque 1589 définitif sur la chose et le prix. Absence de vice du consentement
(erreur, dol, violence).

Capacité Art. Vendeur : capacité d'aliéner. Acheteur : capacité d'acquérir.


1123-1125

Objet certain Art. Désignation précise du bien ; prix déterminé ou déterminable (art.
1126-1130, 1591).
1583

Cause licite Art. La cause de l'obligation de chaque partie doit être licite et exister.
1131-1133

B. Conditions suspensives éventuelles


Les parties insèrent fréquemment des conditions suspensives (obtention d'un crédit, accord d'un permis
de construire). Ces conditions relèvent de l'art. 1168 Code civil : l'obligation sous condition suspensive est
celle qui dépend d'un événement futur et incertain. Si la condition défaille, l'obligation est réputée n'avoir
jamais existé (art. 1183 Code civil).

§ 3. Caractéristiques essentielles

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

• Synallagmatisme : Obligations réciproques et interdépendantes : le vendeur s'oblige à transférer la


propriété, l'acheteur à payer le prix.
• Vente parfaite : En vertu de l'art. 1589, le compromis vaut vente. Le transfert de propriété est
immédiat (art. 1583), sous réserve des conditions suspensives.
• Force obligatoire : Art. 1134 : le compromis lie irrévocablement les deux parties. Ni l'une ni l'autre ne
peut se dégager unilatéralement.
• Exécution forcée possible : Contrairement à la PUV, l'exécution forcée de la vente peut être
prononcée par le juge.
• Délai : Un délai pour la régularisation de l'acte authentique est souvent stipulé, sans modifier la date de
formation de la vente.

§ 4. Effets et régime de responsabilité


A. Effets principaux
Transfert de propriété : s'opère dès l'accord sur la chose et le prix (art. 1583). Les risques de perte ou de
détérioration de la chose passent à l'acheteur (art. 1138 Code civil). L'acheteur devient créancier du
transfert de la délivrance.
Obligation de délivrance du vendeur : art. 1603 et s. Code civil — le vendeur a deux obligations
principales : délivrer la chose et garantir la chose (garanties des vices cachés art. 1641 et s., garantie
d'éviction art. 1625 et s.).

B. Inexécution et responsabilité
Sanction de l'inexécution

Art. 1184 Code civil (1804) : « La condition résolutoire est toujours sous-entendue dans les contrats
synallagmatiques, pour le cas où l'une des deux parties ne satisfera point à son engagement. »

Le créancier peut demander : (i) l'exécution forcée du contrat (contraindre le défaillant à régulariser l'acte
de vente par voie judiciaire) ; (ii) la résolution du contrat avec dommages-intérêts ; (iii) les
dommages-intérêts seuls.

Art. 1147 Code civil : dommages-intérêts pour inexécution contractuelle. Le débiteur est condamné au
paiement de dommages-intérêts « toutes les fois qu'il ne justifie pas que l'inexécution provient d'une cause
étrangère qui ne peut lui être imputée ».

Clause pénale (art. 1226-1233 Code civil) : les parties peuvent stipuler des arrhes ou une clause pénale
fixant forfaitairement le montant des dommages en cas de défaillance.

C. Arrhes et acompte
Mécanisme Base légale Effet

Arrhes Art. 1590 Code civil Permettent à chaque partie de se dégager : l'acheteur perd les
arrhes, le vendeur rembourse le double. Faculté de dédit
réciproque.

Acompte Pas de texte Simple avance sur le prix. Aucune faculté de dédit. La vente est
spécifique 1804 ferme.
Art. 1590 Code civil de 1804 : « Si la promesse de vendre a été faite avec des arrhes, chacun des
contractants est maître de s'en départir ; celui qui les a données, en les perdant, et celui qui les a reçues,
en rendant le double. »

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

PARTIE III — L'ACCORD DE PRINCIPE

§ 1. Définition et nature juridique


L'accord de principe (ou accord partiel) est la convention par laquelle les parties s'accordent sur les
grandes lignes d'un futur contrat, tout en laissant en suspens des éléments essentiels à négocier. Il
marque un engagement à négocier de bonne foi en vue de parvenir au contrat définitif, sans encore
constituer ce contrat.

Absence de texte spécifique dans le Code de 1804


Fondement textuel indirect

Le Code civil de 1804 ne prévoit pas l'accord de principe. Il se fonde sur :

Art. 1101 et 1134 : liberté contractuelle et force obligatoire des conventions.

Art. 1108 : conditions de validité — mais l'accord de principe, faute de réunir toutes les conditions (objet
souvent incomplet), ne constitue pas encore un contrat complet.

Art. 1134 al. 3 (en doctrine et jurisprudence) : bonne foi dans l'exécution des conventions — l'accord de
principe génère une obligation de négocier loyalement.

§ 2. Conditions et limites
A. Conditions d'existence
• Accord sur l'essentiel : les parties se sont entendues sur au moins l'objet général du futur contrat.
• Points en suspens : des éléments essentiels restent à déterminer (prix, modalités, conditions
particulières).
• Intention de négocier : les parties expriment leur volonté d'aboutir à un contrat définitif.

B. Distinction avec le contrat définitif


Critère de distinction

L'accord de principe ne vaut pas vente au sens de l'art. 1589 Code civil, car il manque le consentement
réciproque sur la chose ET sur le prix.

Si tous les éléments essentiels sont réunis, l'accord devient un contrat parfait (art. 1101, 1108 Code civil) —
les juges du fond apprécient souverainement.

§ 3. Effets et responsabilité — Fondement jurisprudentiel


A. Obligation de négocier de bonne foi
L'accord de principe crée une obligation de négocier loyalement. La rupture abusive ou arbitraire des
négociations engage la responsabilité de son auteur. La nature de cette responsabilité est débattue :

Jurisprudence fondamentale

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

Cass. com., 20 mars 1972 (arrêt de principe) : consacre la responsabilité pour rupture abusive des
pourparlers. La faute consiste à rompre les négociations de mauvaise foi, brutalement ou sans motif
légitime.

Cass. com., 26 nov. 2003 : la responsabilité pour rupture de pourparlers est délictuelle (art. 1382 Code civil
de 1804), non contractuelle — car les pourparlers ne constituent pas encore un contrat.

Cass. com., 7 avr. 1998 (Alain Manoukian) : confirme que la réparation couvre uniquement les frais
engagés et la perte de chance de conclure un autre contrat — et non la perte du contrat lui-même (qui
aurait supposé que le contrat était formé).

B. Régime de responsabilité
Élément Contenu Précision

Nature Responsabilité délictuelle (art. 1382 Car absence de contrat conclu.


Code civil 1804)

Faute Rupture abusive, brutale, de mauvaise Appréciation souveraine des juges du fond.
foi, ou utilisation des informations
obtenues lors des négociations

Préjudice Frais engagés (études, déplacements, Pas la perte du bénéfice du contrat non
réparable honoraires) + perte de chance de conclu.
conclure un autre contrat

Lien causal Doit être établi entre la faute et le Art. 1382 : « toute faute qui cause un
préjudice dommage... »

C. L'accord de principe comme contrat autonome


Certains auteurs (Ghestin, Fabre-Magnan) qualifient l'accord de principe de contrat de négociation,
générateur d'obligations de comportement (négocier, informer, maintenir la confidentialité). La violation de
ces obligations engage alors la responsabilité contractuelle (art. 1147 Code civil). Cette qualification reste
minoritaire en jurisprudence.

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

PARTIE IV — LE PACTE DE PRÉFÉRENCE

§ 1. Définition et nature juridique


Le pacte de préférence est la convention par laquelle le propriétaire d'un bien (le débiteur du pacte ou
promettant) s'engage à proposer en priorité la vente de ce bien au bénéficiaire du pacte, avant de le
proposer à tout autre acquéreur, si jamais il décide de vendre.
Il ne s'agit pas d'une promesse de vendre : le promettant ne s'engage pas à vendre, mais seulement à
donner la préférence au bénéficiaire si la décision de vendre est prise.

Absence de texte dans le Code civil de 1804


Fondement textuel du pacte de préférence

Le Code civil napoléonien de 1804 ne contient aucune disposition spécifique sur le pacte de préférence
(contrairement à la réforme française de 2016, art. 1123 C. civ. mod.).

Fondements généraux mobilisés :

Art. 1101 : le pacte est un contrat (accord de volontés créant des obligations).

Art. 1108 : conditions de validité.

Art. 1134 : force obligatoire du pacte.

Art. 1135 : les suites données par l'usage et l'équité (obligation de loyauté).

Art. 1142 : inexécution d'une obligation de faire → dommages-intérêts.

§ 2. Conditions de validité
A. Conditions de fond (art. 1108 Code civil)
• Consentement : accord des deux parties sur l'existence du droit de préférence.
• Objet : le bien visé doit être déterminable. La préférence peut porter sur un bien déterminé ou une
catégorie de biens.
• Durée : peut être limitée ou illimitée. Un pacte de préférence perpétuel est valable mais interprété
strictement.
• Prix : le bénéficiaire achètera aux mêmes conditions que l'offre reçue par le débiteur (conditions du
tiers).

B. Conditions de forme
Le Code de 1804 n'impose aucune forme solennelle pour le pacte de préférence. Il peut être conclu par
écrit sous seing privé ou même verbalement (preuve par tous moyens pour les actes de commerce). En
matière immobilière, l'écrit est fortement conseillé.

§ 3. Caractéristiques essentielles
• Obligation conditionnelle : Le pacte ne génère une obligation que si le promettant décide de vendre.
C'est une obligation potestative de sa part, mais non nulle car elle est subordonnée à sa décision
souveraine.

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

• Droit personnel : Le bénéficiaire est titulaire d'un droit de créance (droit personnel), non d'un droit
réel. Il ne peut opposer son droit qu'aux personnes qui en ont connaissance.
• Intuitu personae : Le droit de préférence est en principe intransmissible, sauf clause contraire.
• Durée variable : En l'absence de terme, la jurisprudence admet une durée raisonnable appréciée
souverainement.
• Obligation de notification : Le promettant qui décide de vendre doit notifier au bénéficiaire les
conditions de la vente envisagée pour lui permettre d'exercer sa préférence.

§ 4. Effets et sanctions
A. Effets du pacte
Lorsque le débiteur décide de vendre, il est tenu de proposer le bien en priorité au bénéficiaire aux mêmes
conditions offertes à tout tiers. Le bénéficiaire dispose d'un délai raisonnable pour exercer sa préférence.

B. Violations du pacte et sanctions


Jurisprudence fondamentale — Cass. ch. mixte, 26 mai 2006

Arrêt de principe : si le tiers acquéreur avait connaissance du pacte de préférence ET de l'intention du


bénéficiaire de s'en prévaloir, la sanction est la substitution du bénéficiaire dans les droits de l'acquéreur
(annulation de la vente + substitution).

En revanche, si le tiers est de bonne foi (ignorait le pacte ou l'intention du bénéficiaire), la vente reste
valable et le bénéficiaire n'obtient que des dommages-intérêts.

Fondement : art. 1382 Code civil (responsabilité délictuelle) pour la complicité du tiers de mauvaise foi ; art.
1142 et 1147 pour la responsabilité du débiteur du pacte.

C. Tableau des sanctions


Situation Sanction principale Base

Tiers de bonne foi La vente est maintenue Dommages-intérêts contre le


débiteur du pacte (art. 1147
Code civil)

Tiers de mauvaise foi Nullité de la vente + substitution du Cass. ch. mixte, 26 mai 2006
(connaissance du pacte + bénéficiaire dans les droits de l'acquéreur
intention du bénéficiaire)

Refus de notification par le Dommages-intérêts ; pas de substitution si Art. 1142, 1147 Code civil
débiteur le tiers est de bonne foi

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

PARTIE V — TABLEAU COMPARATIF DE SYNTHÈSE

Avant-contrat Base légale 1804 Caractéristiques Effets / Responsabilité

Promesse unilatérale Art. 1101, 1134, 1589 Seul le promettant est lié. Levée option → vente parfaite (art.
de vente a contrario, 1583 Droit d'option du 1583). Rétractation → D&I;
bénéficiaire. seulement (art. 1142). Vente au
tiers de BF : valable.

Compromis de vente Art. 1589, 1583, Les deux parties sont liées. Exécution forcée possible.
1134, 1184 Vente parfaite dès le Résolution judiciaire (art. 1184).
compromis. D&I; (art. 1147). Arrhes : art. 1590.

Accord de principe Art. 1101, 1134 Obligation de négocier de Responsabilité délictuelle (art.
(indirect). Pas de bonne foi. Points essentiels 1382) pour rupture abusive.
texte spécifique en suspens. Réparation limitée aux frais et perte
1804. de chance.

Pacte de préférence Art. 1101, 1134, Droit personnel de Tiers BF : vente valable, D&I.; Tiers
1135, 1142. Pas de préférence si décision de MF : nullité + substitution (Cass. ch.
texte spécifique vendre. Obligation mixte, 26 mai 2006). Art. 1382.
1804. conditionnelle.

CONCLUSION — HIÉRARCHIE DES ENGAGEMENTS PRÉ-CONTRACTUELS

Les quatre figures d'avant-contrats forment une échelle d'intensité de l'engagement :

1. Accord de principe
Engagement le plus faible : obligation de comportement (négocier de bonne foi) sans obligation de
résultat. Responsabilité délictuelle en cas de rupture abusive.

2. Pacte de préférence
Engagement conditionnel : obligation de proposer en priorité si décision de vendre. Sanction forte si tiers
de mauvaise foi (substitution).

3. Promesse unilatérale de vente


Engagement unilatéral fort du promettant : irrévocabilité de l'offre pendant le délai. Mais rétractation limitée
à des D&I; (art. 1142) — position critiquée.

4. Compromis de vente
Engagement bilatéral maximum : vente parfaite dès le compromis (art. 1589). Exécution forcée possible.
Résolution judiciaire avec D&I.;

Point de méthode — Syllogisme juridique pour le concours

MAJEURE : Rappeler le texte applicable (ex. art. 1589 al. 1 Code civil : 'la promesse de vente vaut
vente...').

MINEURE : Qualifier les faits de l'espèce (ex. 'en l'espèce, les parties ont exprimé leur consentement
réciproque sur la chose et sur le prix...').

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LES AVANT-CONTRATS EN DROIT CIVIL Code civil napoléonien de 1804

CONCLUSION : Déduire les effets juridiques (ex. 'en conséquence, le compromis vaut vente parfaite et le
transfert de propriété est acquis...').

Cours rédigé sur la base du Code civil napoléonien de 1804 (texte originaire, sans modifications ultérieures) et de la
jurisprudence française de principe applicable en droit ivoirien. · Concours de magistrature · 2026

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