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OS3243

La lettre aux Éphésiens, écrite par Paul, se concentre sur les bénédictions spirituelles des chrétiens, leur origine divine et leur lien avec l'Église. Contrairement à la lettre aux Galates, qui aborde les déviations des croyants, celle-ci met en avant la grandeur du cœur de Dieu et son désir de bénir l'humanité. Elle invite les croyants à prendre possession de ces bénédictions spirituelles en Christ.

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OS3243

La lettre aux Éphésiens, écrite par Paul, se concentre sur les bénédictions spirituelles des chrétiens, leur origine divine et leur lien avec l'Église. Contrairement à la lettre aux Galates, qui aborde les déviations des croyants, celle-ci met en avant la grandeur du cœur de Dieu et son désir de bénir l'humanité. Elle invite les croyants à prendre possession de ces bénédictions spirituelles en Christ.

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La lettre aux Éphésiens

2
La lettre aux
Éphésiens
Une explication de cette lettre,
spécialement pour toi

Tenez ferme #5

Ger de Koning

3
Traduit en français : juillet 2023 ; traduction vérifiée : octobre 2024
Édition originale néerlandaise :
Éditeur Daniel, Zwolle, Pays-Bas
Boutique en ligne : [Link]
Commandes : info@[Link]
Conception de la couverture : Jan Paul Spoor
Mise en page : Jan Noordhoek
Ce commentaire peut également être lu sur mon site web [Link]-
[Link]. Il peut également y être lu en néerlandais, en allemand et en
anglais.
© Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite et/ou publiée
autrement que pour un usage personnel par impression, photocopie, mi-
crofilm ou tout autre moyen sans l’autorisation écrite préalable de l’auteur.

4
Contenu

Traduction de la Bible utilisée 7

Les abréviations des noms des livres de la Bible 8


Ancien Testament 8
Nouveau Testament 9

La lettre aux Éphésiens10


Introduction10

Éphésiens 1  14
Éph 1:1-2 | Expéditeur, destinataires, bénédiction 14
Éph 1:3 | Bénédiction spirituelle 18
Éph 1:4 | Élu 22
Éph 1:5-6 | Prédestiné 26
Éph 1:7-9 | Le mystère de la volonté de Dieu 30
Éph 1:10-12 | Tout réuni en un dans le Christ 34
Éph 1:13-14 | Scellé du Saint Esprit 38
Éph 1:15-17 | Foi et amour, sagesse et révélation 42
Éph 1:18-20 | L’appel de Dieu, l’héritage et la puissance 46
Éph 1:21-23 | L’église, le corps du Christ 50

Éphésiens 2  54
Éph 2:1-3 | Morts dans les fautes et les péchés 54
Éph 2:4-6 | Dieu, qui est riche en miséricorde 58
Éph 2:7-10 | Sauvés par la grâce 62
Éph 2:11-13 | Les nations 66
Éph 2:14-16 | Christ est notre paix 70
Éph 2:17-22 | Accès auprès du Père 74

Éphésiens 3  78
Éph 3:1-4 | Le mystère du Christ 78
Éph 3:5-7 | Nations cohéritières, partie du même corps, co-partenaires82
Éph 3:8-10 | Les richesses insondables du Christ 86
Éph 3:11-13 | Hardiesse pour nous approcher 90

5
Contenu

Éph 3:14-17 | Prière au Père 94


Éph 3:18-21 | Au-delà de la prière et de la pensée 98

Éphésiens 4 102
Éph 4:1-2 | Marcher d’une manière digne de l’appel 102
Éph 4:3-6 | L’unité de l’Esprit 106
Éph 4:7-10 | Le don du Christ 110
Éph 4:11-13 | But des dons 114
Éph 4:14-16 | Croître jusqu’à la Tête 118
Éph 4:17-24 | Passé et présent 122
Éph 4:25-29 | Le nouvel homme 126
Éph 4:30-32 | Soyez bons les uns aux autres 130

Éphésiens 5 133
Éph 5:1-8 | Marcher dans l’amour et dans la lumière 133
Éph 5:9-16 | Réveille-toi ! 138
Éph 5:17-21 | Soyez remplis de l’Esprit143
Éph 5:22-25 | Femmes et maris 147
Éph 5:26-33 | Christ et l’église151

Éphésiens 6  155
Éph 6:1-4 | Enfants et parents 155
Éph 6:5-9 | Esclaves et maîtres 159
Éph 6:10-13 | Lutte dans les lieux célestes 164
Éph 6:14-17 | L’armure168
Éph 6:18-24 | Prière et amour 172

Autres langues 176

6
Traduction de la Bible utilisée

Traduction révisée
Traduction légèrement moins littérale que la version J.N. Darby, dans la
langue française actuelle.
© 2023 Licence : CC BY-ND
Bibles et Publications Chrétiennes, Valence
[Link]

7
Les abréviations des noms des livres de la Bible

Ancien Testament
Gen – Genèse
Exo – Exode
Lév – Lévitique
Nom – Nombres
Deu – Deutéronome
Jos – Josué
Jug – Juges
Rut – Ruth
1Sam – 1 Samuel
2Sam – 2 Samuel
1Roi – 1 Rois
2Roi – 2 Rois
1Chr – 1 Chroniques
2Chr – 2 Chroniques
Esd – Esdras
Néh – Néhémie
Est – Esther
Job – Job
Psa – Psaumes
Pro – Proverbes
Ecc – Ecclésiaste
Can – Cantique des Cantiques
Ésa – Ésaïe
Jér – Jérémie
Lam – Lamentations de Jérémie
Ézé – Ézéchiel
Dan – Daniel
Osé – Osée
Jl – Joël
Am – Amos
Abd – Abdias
Jon – Jonas

8
Les abréviations des noms des livres de la Bible

Mic – Michée
Nah – Nahum
Hab – Habakuk
Soph – Sophonie
Agg – Aggée
Zac – Zacharie
Mal – Malachie

Nouveau Testament
Mt – Matthieu
Mc – Marc
Lc – Luc
Jn – Jean
Act – Actes des Apôtres
Rom – Romains
1Cor – 1 Corinthiens
2Cor – 2 Corinthiens
Gal – Galates
Éph – Éphésiens
Php – Philippiens
Col – Colossiens
1Th – 1 Thessaloniciens
2Th – 2 Thessaloniciens
1Tim – 1 Timothée
2Tim – 2 Timothée
Tit – Tite
Phm – Philémon
Héb – Hébreux
Jac – Jacques
1Pie – 1 Pierre
2Pie – 2 Pierre
1Jn – 1 Jean
2Jn – 2 Jean
3Jn – 3 Jean
Jud – Jude
Apo – Apocalypse

9
La lettre aux Éphésiens

Introduction

Pour commencer, lis attentivement Éphésiens 1:1-14.


La lettre adressée aux croyants d’Éphèse est une lettre particulière. La
différence avec la lettre précédente, celle adressée aux Galates, est énorme.
C’est vraiment la différence entre le ciel et la terre. Dans sa lettre aux
Galates, Paul a dû strictement faire remarquer aux croyants des églises de
Galatie leur déviation par rapport à la vérité de l’Évangile. Incidemment,
tu peux goûter entre les lignes sa grande compassion et son implication
émotionnelle.
Compte tenu de l’enjeu, Paul leur a fait comprendre à quel point ils
risquaient d’être séparés de tout bénéfice dans le Christ et même d’être
déchus de la grâce (Gal 5:4). En redonnant à la loi une place dans leur vie,
les croyants de Galatie donnaient à nouveau de la place aux « principes du
monde » (Gal 4:3,9b).
Le contenu de la lettre aux Éphésiens est totalement différent. Cette lettre
te montre en tant que chrétien
1. quelles sont tes véritables bénédictions
2. où tu peux les trouver et
3. d’où elles viennent.
Si tu lis la lettre, tu verras que les bénédictions du chrétien
1. sont spirituelles
2. se trouvent au ciel et
3. ont leur origine dans le cœur de Dieu.
Tu ne découvriras pas seulement des bénédictions pour le chrétien indi-
viduel dans cette lettre. Les croyants forment ensemble l’église, et l’église
dans son ensemble a aussi reçu d’immenses bénédictions. Dans cette
lettre Paul écrit aussi beaucoup sur la hauteur et la profondeur de ces
bénédictions. Ces bénédictions, l’église les doit à son lien avec son chef

10
La lettre aux Éphésiens

glorifié dans le ciel, Jésus Christ. En Éphésiens 3, l’apôtre appelle ce lien un


« mystère » (Éph 3:4,9).
Une comparaison avec la lettre aux Romains rend encore plus clair le sujet
de la lettre aux Éphésiens. Dans cette dernière lettre, écrite vers l’an 62 alors
que Paul était prisonnier à Rome, il parle de ce qu’il appelle en Romains 16
« la révélation du mystère » (Rom 16:25).
Dans la lettre aux Romains, Paul ne peut pas s’étendre sur ce sujet, mais il
veut dire brièvement qu’il y a plus que la justification par la foi, au sujet de
laquelle il a longuement écrit aux croyants de Rome. C’est pourquoi, avant
de conclure la lettre qu’il leur adresse, il aborde brièvement le mystère.
Mais dans sa lettre aux Éphésiens, il développe longuement le sujet de ce
mystère.
La note occasionnelle d’un sujet dans une lettre et le traitement détaillé
dans l’autre ont à voir avec l’objectif particulier de chacune de ces lettres.
La lettre aux Romains nous enseigne ce que Dieu a fait pour répondre
au besoin dans lequel nous nous trouvions à cause du péché et de nos
péchés. Cette lettre se concentre sur l’homme dans son besoin. La lettre
aux Éphésiens nous montre ce qu’il y a dans le cœur de Dieu. Dieu y est
central avec son intention et ses désirs de nous bénir, sans avoir besoin
d’une quelconque raison dans l’homme ou son besoin.
Tu seras de plus en plus impressionné par la grandeur du cœur de Dieu
en lisant et relisant cette lettre. Personne d’autre que Dieu ne pourrait con-
cevoir le plan de bénir les pécheurs qui sont spirituellement morts alors
qu’ils vivent en rébellion contre Lui (Éph 2:1-2) avec des richesses sans
précédent, au lieu de les consumer par sa justice et sa sainteté. L’une de
ces richesses est que nous avons revêtu le nouvel homme « créé selon Dieu,
en justice et sainteté de la vérité » (Éph 4:24). C’est tout à fait différent que
d’être consumé par sa justice et sa sainteté.
Une illustration peut peut-être rendre plus clair ce que cette lettre veut
nous dire sur Dieu, comment Il est :
Un homme riche rend un grand service à un pauvre garçon des rues en
payant pour lui une amende qu’il a reçue pour un délit. C’est très gentil
de la part de cet homme. Par cette bonté, le garçon évite ainsi la sanction
de payer une amende. La bonté de l’homme ira plus loin s’il permet aussi

11
La lettre aux Éphésiens

au garçon d’aller à l’école pour le libérer de l’ignorance. Si l’homme assure


aussi sa subsistance, le garçon ne sera plus aussi pauvre. Tout cela n’est
que bonté au regard de la détresse du garçon.
Mais, si l’homme accepte le garçon comme un fils et le garde ainsi près de
lui, et si l’homme lui apporte en même temps la richesse et l’influence, cela
n’a rien à voir avec le besoin dans lequel se trouve le garçon. Cela reflète
purement comment est l’homme riche lui-même, quel est son sentiment,
ce en quoi il trouve lui-même sa joie.
Eh bien, c’est ainsi que Dieu est présenté dans la lettre aux Éphésiens. Tout
dans cette lettre procède de Dieu, de ses pensées et de ses desseins. Ce
dont l’homme a besoin ou ce qu’il aimerait avoir est complètement laissé
de côté.
Il existe une autre illustration qui clarifie ce que la lettre aux Éphésiens
veut nous enseigner. Cette illustration se trouve dans l’Ancien Testament,
dans le voyage du peuple d’Israël depuis l’Égypte à travers le désert
jusqu’au pays promis, Canaan. Dans le livre de l’Exode, tu vois en images
ce que la lettre aux Romains veut nous enseigner. En Égypte, le peuple de
Dieu est en esclavage puis en est libéré après avoir célébré la Pâque. Tu
trouves cette délivrance dans la lettre aux Romains. Là, on nous présente
un homme vivant dans l’esclavage du péché qui en est délivré par le sang
et la croix de Jésus Christ.
Après la Pâque, le peuple quitte l’Égypte et entre dans le désert en passant
par la mer Rouge. Là, le peuple reçoit le tabernacle, dans lequel Dieu habite
au milieu de son peuple. Il reçoit en même temps un service sacrificiel grâce
auquel le peuple peut s’approcher de Dieu et rester en contact avec Lui. Ce
service est décrit dans le livre du Lévitique. Après le Lévitique vient le
livre des Nombres, qui décrit la traversée du désert et les ressources que
Dieu met à la disposition du peuple pour ce voyage. Les illustrations du
Lévitique se retrouvent dans le Nouveau Testament dans l’enseignement
de la lettre aux Hébreux, et les illustrations des Nombres se retrouvent
dans les deux lettres aux Corinthiens.
Avant d’entrer dans le pays promis, le peuple passe un certain temps
dans les plaines de Moab. C’est là que Moïse prononce quelques grands
discours. Ceux-ci se trouvent dans le livre du Deutéronome. Dans les

12
La lettre aux Éphésiens

premiers chapitres de ce livre, il regarde en arrière. Puis il se tourne vers


l’avenir, vers tout ce qui attend le peuple dans le pays promis. Dans le
Nouveau Testament, tu es ensuite arrivé à la lettre aux Philippiens. Cette
lettre parle du chrétien qui est encore sur la terre, mais dont tout le cœur
est fixé sur le ciel.
Après le Deutéronome vient le livre de Josué. Le peuple a traversé le Jour-
dain et est entré dans le pays de Canaan. Dans le Nouveau Testament,
tu trouves cela dans la lettre aux Éphésiens. Tout comme Israël devait
prendre possession du pays que Dieu lui avait donné, il t’enseigne dans la
lettre aux Éphésiens de prendre possession de ce qui est spirituellement ta
propriété dans les lieux célestes.
Toutes les bénédictions présentées dans cette lettre t’ont été données en
Christ. Mais tu ne pourras pas dire qu’elles sont réellement devenues ta
propriété spirituelle tant que tu n’en auras pas pris possession person-
nellement, spirituellement, avec ton cœur. Nous ne pouvons dire qu’une
vérité est notre propriété spirituelle que lorsque nous avons non seulement
donné à cette vérité une place dans notre cœur, mais que nous avons aussi
adoré Dieu pour cette vérité. C’est aussi ce que Dieu désire en ce qui con-
cerne les vérités contenues dans la lettre que tu as maintenant sous les
yeux.
Relis Éphésiens 1:1-14.
À méditer : Remercie Dieu pour ce que tu as maintenant compris de ces
versets.

13
Éphésiens 1

Éph 1:1-2 | Expéditeur, destinataires, bénédiction

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


1 Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, aux saints et fidèles dans
le Christ Jésus qui sont à Éphèse : 2 Grâce et paix à vous, de la part de Dieu
notre Père et du Seigneur Jésus Christ !
V1. Ici, comme dans les quatre lettres précédentes, Paul se présente comme
« apôtre ». Et comme dans la deuxième lettre aux Corinthiens, il ajoute
qu’il l’est « de Jésus Christ par la volonté de Dieu ». Dans certaines lettres,
il nomme une autre personne comme co-expéditeur. Ici, ce n’est pas le cas.
Dieu a révélé à Paul, et à lui seul, le mystère de l’unité entre Christ et
l’église. Compte tenu de l’objectif de cette lettre, il doit être immédiatement
clair de quelle position Paul parle. C’est pourquoi il se présente comme
un apôtre, ce qui signifie « envoyé ». Envoyé signifie qu’il vient au nom
de quelqu’un d’autre, un supérieur, et qu’il vient avec un message de ce
Supérieur.
Il est apôtre de Jésus Christ, qui l’a envoyé. Pour l’exercice de son apos-
tolat, son regard est constamment fixé sur Jésus Christ. C’est par Lui, qui
en tant qu’Homme glorifié est au ciel, qu’il est aussi appelé à l’apostolat
(Act 9:1-18). L’origine de son apostolat réside dans la « volonté de Dieu »
et non dans la volonté de lui-même ou de tout autre être humain. Il n’est
pas question de nomination humaine. Dieu a voulu utiliser Paul comme
apôtre. Et quelle que soit la volonté de Dieu, cela se produira. La nomi-
nation de Paul en tant qu’apôtre porte en quelque sorte les signatures de
Jésus Christ et de Dieu. Par conséquent, ce que Paul écrit est aussi revêtu
de l’autorité des deux personnes divines.
Un mot sur l’apostolat de Paul. Il y a une différence entre son apostolat et
celui des douze. La distinction réside à la fois dans l’appel et dans l’exer-
cice. Les douze ont été appelés par le Seigneur Jésus lorsqu’Il était sur la
terre (Lc 6:13). Paul a été appelé par le Seigneur glorifié dans le ciel (Act
26:16-18). C’est à lui qu’a été confié l’apostolat parmi les nations et aux dou-

14
Éphésiens 1

ze celui parmi le peuple d’Israël (Gal 2:8). L’appel de Paul par le Seigneur
glorifié dans le ciel précise aussi le caractère de son ministère. À savoir, il
vise à dire à l’église quel est son lien avec Christ dans le ciel. Comme déjà
noté, c’est de cela qu’il s’agit dans cette lettre.
Après avoir pris connaissance de l’expéditeur, nous découvrons les desti-
nataires. Ici, il n’est pas simplement écrit « à l’église d’Ephèse ». Le texte
en dit beaucoup plus. Les croyants qui s’y trouvent sont appelés « saints
et fidèles ». Cela en dit long sur leur vie en tant que croyants et sur la
condition spirituelle de l’église à Éphèse. Cette condition spirituelle est
importante pour ce que Paul s’apprête à écrire. Si Paul avait dû s’adresser
à eux en tant qu’« hommes charnels » (1Cor 3:1), aurait-il pu leur parler de
bénédictions aussi exaltées ? S’il avait écrit aux Corinthiens les profondes
vérités qu’il écrit aux Éphésiens, il y aurait eu deux réponses possibles :
1. soit ils n’auraient tout simplement pas compris de quoi Paul parlait et
l’auraient rejeté comme le discours d’un homme qui n’était pas sobre,
2. ou bien, s’ils avaient compris intellectuellement ce dont Paul parlait, cela
les aurait rendus encore plus fiers. Ils se vantaient déjà de tant de dons, et
en plus auraient été rajoutées ces bénédictions.
À cause de cela, tu vois que chaque église reçoit une lettre qui correspond
à l’état spirituel dans lequel elle se trouve. Cette condition est déterminée
par le comportement, l’attitude et le sentiment de chacun des membres
de l’église. Par conséquent, cela s’applique aussi à toi et à moi en tant que
chrétiens individuels. Pour jouir pleinement des choses merveilleuses que
Paul déploie dans cette lettre, toi et moi devrons être dans un état spirituel
qui justifie les appellations « saints et fidèles ».
Dans le cas des Éphésiens, ces caractéristiques dépeignent avec justesse
l’état nécessaire pour pouvoir non seulement recevoir les communications
de cette lettre, mais aussi les comprendre, en jouir et adorer Dieu pour
elles. Aussi, les enseignements de la lettre façonneront davantage la pra-
tique de leur vie de foi.
La désignation « saints » indique que les croyants à Éphèse sont mis à part
pour Dieu. En principe, chaque enfant de Dieu est un saint, c’est-à-dire
qu’il est sanctifié, c’est-à-dire mis à part du monde incrédule, par et pour
Dieu. Chez les Éphésiens, il ne s’agit pas seulement d’une position, mais

15
Éphésiens 1

il est aussi évident dans leur vie quotidienne qu’ils sont mis à part pour
Dieu. Ils ne se joignent pas au monde, mais en sont clairement séparés.
La désignation « fidèles » montre qu’ils sont fidèles à Dieu et au Seigneur
Jésus. Ils ne s’écartent pas du chemin que Dieu veut qu’ils suivent. Le mot
grec pour « fidèles » peut aussi être traduit par « croyants ». Les croyants à
Éphèse sont fidèles et c’est pourquoi Paul peut leur écrire cette lettre.
L’ajout « dans Jésus Christ » est aussi significatif. Cela indique que leur vie
sainte et fidèle est ancrée dans la position qu’ils occupent en Jésus Christ. Il
ne s’agit pas d’eux, mais de Lui. Des expressions comme « en Lui » et « en
Christ » apparaissent souvent dans la lettre. Cela vaut la peine de vérifier
cela par toi-même.
La lettre a été écrite à l’église « à Éphèse ». En Actes 18-20, tu peux lire
beaucoup de choses sur cette ville. Paul y a prêché l’évangile. Il y a passé
trois ans (Act 20:31) et a rencontré beaucoup d’opposition (Act 19:23-31).
Après son départ, il n’abandonne pas cette église à son sort. Il montre son
attention à leur égard par l’intermédiaire de Timothée (1Tim 1:3) et lorsque
ce dernier ne peut plus être là, il envoie Tychique (2Tim 4:12).
Paul a aussi été témoin de la façon dont l’église à Éphèse a fini par s’éloign-
er d’une vie conforme à ses privilèges particuliers. Il en a personnellement
ressenti la douleur. En effet, parmi ceux qui, en Asie, se sont détournés de
lui, se trouvaient aussi les croyants à Éphèse (2Tim 1:15).
Nous trouvons la dernière mention d’Éphèse dans la lettre de l’apôtre Jean
en Apocalypse 2 (Apo 2:1-7). Ce que Jean y écrit montre que la déchéance
a commencé, la déchéance qui allait se produire dans l’église chrétienne au
cours des siècles et qui est maintenant presque a son comble : l’abandon du
premier, du principal amour pour le Seigneur Jésus (Apo 2:4). Cela rejoint
ce que Paul avait prévu et dont il avait averti l’église à Éphèse en Actes 20
(Act 20:29-30).
V2. Il devait avoir cela à l’esprit lorsqu’il a souhaité aux saints et aux fidèles
« grâce » et « paix ». Pas n’importe quelles grâce et paix, mais « grâce et
paix ..., de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ ». En
Actes 20, il les a déjà recommandés « à Dieu et à la parole de sa grâce »
(Act 20:32). Il sait que l’avenir ne s’annonce pas radieux lorsqu’il s’agit de
s’accrocher aux nombreuses bénédictions mises en avant dans cette lettre.

16
Éphésiens 1

Quel encouragement alors, même pour toi et moi, d’être sûr que grâce et
paix des personnes divines abonderont toujours.
Si tu vis dans un lien vivant avec Dieu en tant que Père et avec Jésus en
tant que Seigneur et Christ, tu peux savoir que tu es entouré de grâce. Par
conséquent, tu feras l’expérience de la paix dans ton cœur, avec laquelle tu
pourras traverser les périodes les plus sombres. La lettre commence et se
termine par la grâce et la paix (Éph 6:23-24). N’est-il pas beau de voir que
tout le contenu de cette lettre est ainsi pris en sandwich, pour ainsi dire,
entre ‘grâce et paix’ ?
Relis Éphésiens 1:1-2.
À méditer : Que te disent ‘grâce’ et ‘paix’ ?

17
Éphésiens 1

Éph 1:3 | Bénédiction spirituelle

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


3 Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de
toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ,
Ce verset commence par une longue phrase qui se poursuit jusqu’au verset
14. À partir du verset 3, un flot ininterrompu de bénédictions t’envahit.
C’est comme si Paul ne s’arrêtait pour respirer qu’après le verset 14. Dans
cette section, tu découvres la source, le centre, le domaine, la nature, le
début et le but de toutes ces bénédictions.
Tu peux diviser cette section en trois parties. Chaque partie se termine par
une louange à la gloire de Dieu :
1. le verset 6 clôt la partie qui traite de la volonté de Dieu (versets 3-6) ;
2. le verset 12 conclut la partie qui se concentre sur l’œuvre du Fils (versets
7-12) ;
3. enfin, le verset 14 conclut la partie qui traite du Saint Esprit (versets
13-14).
Tu peux constater que les trois personnes de la Déité, c’est-à-dire du Dieu
trinitaire, sont impliquées dans les bénédictions du chrétien.
Lorsque, après les paroles d’introduction (versets 1-2), Paul veut com-
mencer à écrire au sujet des bénédictions du chrétien, c’est d’abord une
louange à Dieu qui monte de son cœur. Il est profondément impressionné
par tout ce que lui – et chaque chrétien – a reçu de Dieu. Pour cela, il loue
et honore Dieu. Quel merveilleux début ! Avec le « béni » qu’il prononce,
il veut exprimer que l’on ne peut dire que de bonnes choses de Dieu. En
effet, bénir signifie ‘dire du bien’.
Il appelle ici Dieu « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ ». Dieu
est considéré ici comme étant à la fois Dieu et Père. Ce sont les deux re-
lations qu’Il entretient avec son Fils. Ce sont aussi les deux relations qu’Il
entretient avec le croyant. Il est aussi le Dieu et Père de chacun de ses
enfants. Le Fils est « notre Seigneur Jésus Christ ». Paul L’appelle par son
nom complet :
1. Il est « Seigneur » ; Il a toute autorité.

18
Éphésiens 1

2. Il est « Jésus », c’est le nom qu’on Lui a donné à sa naissance (Mt 1:21), ce
qui indique son abaissement et son humilité.
3. Il est « Christ », ce qui signifie ‘Oint’. Ce nom exprime qu’en Lui, Dieu
va accomplir tous ses desseins, tandis que Christ lui-même est au centre
de ces desseins.
Les deux noms par lesquels Dieu est appelé se réfèrent à sa relation avec
le Seigneur Jésus. Pour le Seigneur Jésus en tant qu’Homme, Il est Dieu.
Sur la terre, Il L’appelle ‘mon Dieu’. Pour Lui, en tant que Fils éternel, Il est
Père. En Jean 20, le Seigneur appelle les deux noms et Il relie les disciples
à lui-même lorsqu’Il dit : « Je monte vers mon Père et votre Père, et vers
mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20:17b). En mentionnant ces noms, Il pointe
en germe les bénédictions spécifiquement chrétiennes qui en découlent.
Ces noms de Dieu, liés à son Fils, constituent le point de départ de la lettre
que nous avons maintenant sous les yeux. Nos bénédictions sont liées à
ces deux noms. Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ est la source
absolue de toutes nos bénédictions.
Les croyants de l’Ancien Testament ne connaissaient pas Dieu de cette
façon. Il n’y avait pas non plus un Seigneur ressuscité et glorifié, et c’est
avec Lui dans cette position que les bénédictions de cette lettre sont liées.
Le Seigneur ressuscité et glorifié par Dieu en est le centre. Et nous y avons
pris part grâce à notre lien à la fois avec Dieu le Père et avec le Seigneur
Jésus Christ. Nous y avons pris part parce que ces bénédictions ne nous
sont pas seulement promises, mais sont aussi déjà en notre possession. Il
n’est pas dit que Dieu veut nous bénir, mais qu’il nous a bénis.
Nous pouvons maintenant commencer à examiner la nature de ces béné-
dictions. Il est dit qu’il s’agit de « toute bénédiction spirituelle ». Ce que cela
signifie devient clair si nous faisons une comparaison avec les bénédictions
d’Israël. Si Israël était obéissant, ils pouvaient compter sur les bénédictions
venant de la terre et du sol (Deu 8:7-10). Leurs bénédictions sont promises
sous conditions et elles sont matérielles. Tu peux les saisir avec tes mains.
La bénédiction du chrétien est spirituelle. Tu ne peux pas saisir cette béné-
diction avec tes mains ; tu ne peux la ‘saisir’ que de manière spirituelle,
c’est-à-dire avec ton cœur (versets 17-18). Il n’y a pas non plus de condition
à son obtention. ‘La bénédiction spirituelle’ est la part inconditionnelle de

19
Éphésiens 1

chaque chrétien. Petit rappel : ce qui est posé comme condition, c’est que
cette bénédiction ne doit profiter qu’aux « saints et aux fidèles » (verset 1).
La comparaison avec Israël est aussi éclairante en ce qui concerne le do-
maine où se trouve la bénédiction. La bénédiction d’Israël se trouvait sur
la terre, là où ils se tenaient avec leurs pieds (Jos 1:3). Celle du chrétien
se situe « dans les lieux célestes », avec la précision supplémentaire « en
Christ ». Cet ajout est au cœur de toutes les bénédictions reçues. Aucune
bénédiction ne nous est accordée en dehors du Christ.
Pour Dieu et le Père, tout est lié à Lui, l’Homme de son bon plaisir, qui a
accompli toute sa volonté. Tout ce qu’un Dieu tout-puissant pouvait pens-
er à donner en récompense de ce que le Seigneur Jésus a fait, Dieu le Lui
a donné (Mt 11:27a ; Jn 3:35 ; 13:3). Or, le grand miracle de la grâce, c’est
que quiconque croit en Lui (verset 13) partage ce qui Lui a été donné (Jn
17:22,26).
Il y a encore un mot que je veux souligner avant de passer au verset suiva-
nt, c’est le mot « toute ». De ce qui précède on peut tirer la conclusion que
Dieu n’a retenu aucune bénédiction, mais ce « toute » le souligne encore
davantage. Une plénitude de bénédictions est la part de chacun qui est
« en Christ ». Le fait qu’il s’agisse d’une plénitude ressort aussi du mot
« bénédiction », qui est au singulier.
Cette plénitude de bénédiction peut aussi se résumer de cette façon : la vie
éternelle. Quiconque croit au Seigneur Jésus a reçu la vie éternelle (Jn 3:14-
16). En 1 Jean 5, il est dit de Lui, le Fils : « Lui est le Dieu véritable et la vie
éternelle » (1Jn 5:20). Quiconque a la vie éternelle, a le Fils comme vie. La
conclusion est que tous ceux qui croient partagent tout ce qui est du Fils.
Si tu regardes comment Jean aborde la bénédiction et comment Paul le fait,
on peut noter une différence. Jean parle de la vie, du Fils, qui est en nous.
Paul parle du fait que nous sommes dans le Fils, en Christ, et que c’est dans
cette position que nous avons reçu nos bénédictions. Cela ne se contredit
pas, mais se complète.
Pour conclure cette section, permets-moi de souligner que de nombreux
chrétiens ne sont pas conscients des richesses qu’ils possèdent en Christ.
Ils sont comme cette vieille femme qui a reçu un chèque avec une grosse
somme d’argent de son fils à l’étranger. Elle ne savait pas quoi en faire. Elle

20
Éphésiens 1

pensait que c’était un beau morceau de papier et la seule valeur qu’il avait
pour elle était de réaliser qu’il venait de son fils. Elle a accroché le chèque
au mur, c’est tout ce qu’elle en a fait. Mais ce n’était pas la raison pour
laquelle son fils avait envoyé le chèque. Il voulait qu’elle l’encaisse pour
continuer à vivre sans souci.
L’exemple ne va pas jusqu’au bout, mais il met en évidence la façon dont
beaucoup de chrétiens considèrent les bénédictions données par Dieu.
J’espère de tout cœur qu’il n’en est pas ainsi pour toi, mais que tu finiras
par apprécier tout ce que Dieu, en Christ, t’a aussi donné. Et ce que Dieu a
donné t’est amplement présenté et étalé dans cette lettre.
Relis Éphésiens 1:3.
À méditer : À quoi penses-tu quand tu entends le nom « Dieu » et à quoi
penses-tu quand tu entends le nom « Père » ?

21
Éphésiens 1

Éph 1:4 | Élu

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


4 selon qu’il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous
soyons saints et irréprochables devant lui en amour,
Après que Paul a parlé de la bénédiction en termes généraux au verset 3, il
commence à la décortiquer au verset 4. Ce verset commence par l’éternité
qui est derrière nous : « avant la fondation du monde », et se termine dans
l’éternité qui est devant nous, lorsque nous sommes avec Dieu : « devant
lui ». Même dans le présent, ce verset s’applique déjà. Quand il dit « pour
que nous soyons saints et irréprochables devant lui en amour », cela signifie
qu’Il nous voit ainsi aussi maintenant. C’est ainsi que Dieu nous regarde.
C’est ainsi qu’Il l’a voulu, c’est son dessein et c’est ainsi que cela s’est passé.
Pour quelle raison Dieu a-t-il de décider et d’agir ainsi ? Il ne la trouve pas
en nous. Le premier verset d’Éphésiens 2 dit que nous étions morts dans
nos fautes et nos péchés (Éph 2:1). Il n’y a rien à faire avec quelqu’un qui
est mort. C’est pourquoi Il ne trouve pas la cause dans quoi que ce soit de
l’homme, toi ou moi, mais en lui-même et en son Fils. Car Dieu nous a élus
« en lui », c’est-à-dire en Christ. Christ a toujours été la joie de Dieu dans
l’éternité. Maintenant, il a plu à Dieu d’inclure d’autres personnes dans la
communion parfaite qui a toujours existé entre Lui et son Fils.
Son intention a toujours été qu’Il puisse aussi jouir des autres comme Il
le fait de son Fils. Cela ne peut pas se produire en dehors du Fils. Il faut
donc que ce soit dans le Fils. Comme chaque homme est par nature « dans
l’Adam » – c’est-à-dire vu dans ce premier homme, comme inséparable de
lui – Dieu a déterminé que chaque croyant est inséparable de son Fils et
est vu en Lui.
Il a déterminé cela dans l’éternité, avant que le ciel et la terre ne soient
créés. Il n’y avait alors rien d’autre que le Père, le Fils et le Saint Esprit et un
amour parfait entre eux. Le Seigneur Jésus y fait référence et demande sur
cette base : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi
je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu
m’as donnée ; car tu m’as aimé avant la fondation du monde » (Jn 17:24).
Avant la fondation du monde, Dieu a élu des personnes parmi celles qui
vivraient sur la terre pour les avoir avec lui.

22
Éphésiens 1

La raison de cette action de Dieu est son amour pour son Fils. Tu peux
le voir d’après le « en lui » au début de ce verset. Lorsque tu commences
à réfléchir à l’élection, de nombreuses questions peuvent surgir dans ton
esprit. Tu peux te demander : Pourquoi suis-je élu alors que tant d’autres
ne le sont pas ? Alors, tous ces autres sont-ils élus pour être perdus ?
Quelques remarques peuvent t’aider. La première est que personne n’est
élu pour être perdu. Chaque personne est perdue et jugée à cause de ses
propres péchés : « Car tous ont péché et sont privés de [ou : n’atteignent
pas à] la gloire de Dieu » (Rom 3:23). Si Dieu soustrait des personnes à ce
jugement malgré ce jugement général, ce n’est pas injuste de sa part, mais
sa miséricorde souveraine.
Deuxièmement, regardez Israël. Cette nation a été choisie par Dieu parmi
toutes les nations pour être son peuple. Il l’a fait simplement sur la base
de son propre amour pour eux (Deu 7:7-8). Est-ce-que cela signifie qu’Il
ne voulait plus rien avoir à faire avec les autres nations ? Non, au con-
traire, il voulait qu’Israël soit un témoignage pour ces autres nations. En
conséquence, elles pourraient aussi parvenir à la connaissance du seul et
véritable Dieu. Il suffit de lire le livre de Jonas.
L’élection est quelque chose qui procède entièrement de Dieu, quelle
que soit la condition de l’homme. Vous devez appartenir à Dieu pour la
comprendre. C’est donc une vérité qui ne peut être comprise que par les
croyants. Il faut dire à l’incrédule de se repentir, sinon il sera perdu.
Pour illustrer cela, voici un exemple. Au-dessus d’une porte est accroché
un panneau disant que tout le monde est invité à entrer pour recevoir un
grand cadeau. Beaucoup passent devant. Quelques-uns entrent. Ceux qui
sont entrés, lorsqu’ils se retournent, voient un panneau accroché à l’in-
térieur, au-dessus de la porte, qui dit : ‘Tu es élu.’ Cela montre clairement
que la vérité de l’élection ne concerne que ceux qui sont ‘à l’intérieur’.
Revenons maintenant à l’expression « avant la fondation du monde ». Le
fait que rien de la création ne pouvait être vu à ce moment-là n’est pas un
problème pour Dieu. Il est au-dessus du temps. Pour Lui, il est toujours
le présent. Il sait exactement ce qui se passera dans une heure ou dans un
siècle. Lorsqu’Il regarde vers l’avenir, l’avenir est présent pour lui. C’est
simplement l’une des exaltations par lesquelles Il est Dieu. Écoutez ce qu’Il

23
Éphésiens 1

dit dans le livre d’Ésaïe : « Souvenez-vous des premières choses de jadis.


Car moi, je suis Dieu, et il n’y en a pas d’autre ; [je suis] Dieu, et il n’y en a
pas comme moi, déclarant dès le commencement ce qui sera à la fin, et dès
les temps anciens ce qui n’a pas été fait » (Ésa 46:9-10a). Pour toi et moi,
cela dépasse notre entendement, mais nous pouvons y croire et l’admirer.
C’est déjà impressionnant d’avoir un œil pour la majesté de Dieu. Cela
devient encore plus impressionnant quand tu commences à découvrir que
Dieu, dans sa souveraineté, a aussi pensé à toi et à moi personnellement
pour nous avoir pour lui-même. Cela ne s’explique pas. Tu ne peux que te
mettre à genoux et L’adorer pour cela. Après tout, comment pourrais-tu
expliquer qu’il t’ait élu parmi tous ces milliards d’êtres humains à une
position aussi exaltée : « devant lui » ? Cela montre clairement que cette
bénédiction n’a son origine que dans le cœur de Dieu lui-même.
Le fait que la bénédiction de l’élection ait été établie avant la fondation du
monde signifie que le péché qui est entré dans le monde ne peut avoir au-
cune influence sur elle. Dieu n’est pas surpris par le fait que des personnes
qu’il a élues soient devenues des pécheurs. Ce problème n’est pas men-
tionné ici. Paul l’abordera en Éphésiens 2. Pourtant, le péché est supposé
ici. Nous le constatons lorsque nous laissons poindre le fait que Dieu nous
veut « saints et irréprochables » devant Lui. Quiconque entre en présence
de Dieu doit correspondre totalement à ce qu’Il est dans sa sainteté, c’est-
à-dire sans aucune tache dû au péché.
C’est pourquoi Il a décidé que tous ceux à qui Il donne cette place doivent
être « saints et irréprochables ». ‘Saint’ signifie ‘mis à part dans le but d’être
devant Dieu’. ‘Irréprochable’ signifie qu’aucune tache dû au péché n’est
présente, parfaitement apte à être en présence de Dieu, qui ne peut ni voir
ni tolérer le péché. Ainsi, l’exigence de la sainteté et de la justice de Dieu a
été satisfaite. Nous verrons au verset 7 de quelle manière cela a été fait. On
pourrait dire qu’avec cette partie de l’intention de Dieu, « le message que
nous avons entendu de lui et que nous vous annonçons : Dieu est lumière
et il n’y a en lui aucunes ténèbres » (1Jn 1:5) a été accompli.
Pourtant, Dieu ne peut pas être satisfait de cela. Non seulement Il ne veut
pas seulement qu’aucune mauvaise chose ne soit présente en nous (ce qui
est négatif), mais Il veut aussi que nous nous sentions chez nous dans son

24
Éphésiens 1

amour (ce qui est positif). Il nous a fait entrer dans une atmosphère qui
respire l’amour pur, c’est-à-dire Divin. Dieu n’est pas satisfait tant qu’Il
n’est pas aussi clairement exprimé que son intention est en parfait accord
avec sa nature d’amour. Celui qui est en présence de Dieu voit la sainteté
et l’amour partout où il regarde.
Relis Éphésiens 1:4.
À méditer : Réfléchis à la raison pour laquelle Dieu t’a élu et remercie-Le
de l’avoir fait.

25
Éphésiens 1

Éph 1:5-6 | Prédestiné

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


5 nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ, selon le
bon plaisir de sa volonté, 6 à la louange de la gloire de sa grâce dans laquelle il
nous a rendus agréables dans le Bien-aimé.
Au verset 4, il est question de la place que nous occupons maintenant
pour Dieu. Nous pouvons maintenant nous tenir en présence de Dieu sans
crainte parce qu’Il nous a rendus aptes à le faire. Il ne voit plus rien en
nous qui soit contraire à sa nature, qui est lumière et amour.
V5. Le verset 5 va encore plus loin. Il y est question de la relation dans
laquelle nous nous trouvons maintenant vis-à-vis de Dieu. Il s’agit de la
filiation. Pour être clair, lorsqu’il parle de filiation et de fils, cela s’applique
aussi bien aux hommes croyants qu’aux femmes croyantes. Dieu nous a
aussi destinés « pré », à l’avance, avant la fondation du monde. On peut
parler d’une « prédestination ».
Alors que « pré » regarde en arrière, « destiné » nous permet de regarder
en avant. C’est là que nous voyons le but du plan de Dieu, à savoir qu’Il
veut nous avoir comme fils pour lui-même. Le mot « adoption » – c.-à-d. :
que nous recevions la position de fils comme don – apparaît plus souvent
(Rom 8:15,23 ; 9:4 ; Gal 4:5). Dieu t’a placé en tant que fils pour Lui. Dans
cette relation, tu es maintenant placé pour Lui. C’est incompréhensible,
mais c’est vrai !
Dieu a beaucoup d’anges autour de Lui et ils Le servent, mais en eux,
Dieu le Père ne peut jamais trouver cette joie qu’Il trouve dans le Fils. Il
ne trouve cette joie que dans le Fils ainsi que dans ceux qui sont associés
au Fils et qui se tiennent donc dans la même relation avec Lui que le Fils.
Notez que cette fois-ci, il n’est pas dit ‘en Jésus Christ’, mais « par Jésus
Christ ». En ce qui concerne la relation dans laquelle nous nous tenons
pour Dieu en tant que fils, nous ne sommes pas égaux au Fils. Il y aura tou-
jours une distinction entre celui qui est le Fils éternel, et nous qui avons été
faits fils parce que nous ne l’étions pas. Tu peux aussi voir cette distinction
en Jean 20 où le Seigneur Jésus dit : « Je monte vers mon Père et votre Père,

26
Éphésiens 1

et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20:17b) et non : ‘Je monte vers notre
Père et vers notre Dieu.’
En nous adoptant comme fils, Dieu fait bien plus que répondre au besoin
dans lequel nous nous trouvions à cause de nos péchés. Pour ce dernier, le
pardon aurait été suffisant. Mais tu sais : il s’agit ici des désirs du propre
cœur de Dieu et non de notre besoin. Pour satisfaire ce désir, il a « adopté »
des fils. Il a pris dans sa famille des gens qui n’avaient droit à rien et les a
placés pour Lui en tant que fils.
En plus d’être fils, tu es aussi enfant de Dieu. Il s’agit de désignations dif-
férentes qui indiquent toutes deux une relation particulière avec Dieu. Tu
ne deviens pas un « fils » seulement lorsque tu atteins l’âge adulte. Tu es à
la fois enfant et fils à partir du moment de ta conversion. Enfant de Dieu
indique que tu es né de Dieu et que tu as reçu sa nature. Dans la filiation,
nous voyons le désir de Dieu d’être en communion avec ses enfants. Tu
peux profiter de tes enfants ; avec ton fils, tu peux aussi discuter de cer-
tains sujets. Être fils, c’est partager les mêmes centres d’intérêt. C’est à cela
que Dieu a pensé en nous adoptant comme ses fils.
Lorsqu’il l’a fait, il a agi « selon le bon plaisir de sa volonté ». C’est une
autre belle expression qui indique comment Dieu est arrivé à cette action.
S’il l’avait fait seulement parce qu’Il le voulait, cela aurait souligné sa
souveraineté, mais son motif intérieur serait resté caché. C’est pourquoi le
« bon plaisir » est attaché à sa volonté. Il montre la joie avec laquelle Dieu
accomplit sa volonté.
Un merveilleux exemple de ce mot se trouve dans les évangiles. Tu y en-
tends à plusieurs reprises : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai
trouvé mon plaisir » (Mt 3:17 ; 17:5). Dans cette déclaration, tu entends à
quel point le Père se réjouit de son Fils. Cette joie est celle du Père parce
que le Seigneur Jésus, en tant qu’Homme sur la terre, fait parfaitement ce
qu’Il veut. Le Seigneur Jésus dit à ce sujet : « Ma nourriture est de faire
la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre » (Jn 4:34).
Le motif de l’action du Père se trouve dans le bon plaisir qu’il a dans le
Seigneur Jésus.
V6. Son but en agissant ainsi est : « La louange de la gloire de sa grâce. »
Pas seulement « sa grâce », mais « la gloire de sa grâce ». Sa grâce serait

27
Éphésiens 1

déjà devenue visible s’Il nous avait pardonné nos péchés. Nous avions
mérité le jugement, l’enfer. S’Il ne nous punit pas avec ce jugement mérité,
mais qu’Il nous en délivre, nous Lui donnerions déjà des louanges et des
honneurs éternels pour cela. Mais comme tu l’as vu, Il avait un plan bien
plus élevé pour nous. Nous pouvons être avec Lui en tant que fils. Par
conséquent, il ne s’agit plus seulement de « sa grâce », mais de « la gloire
de sa grâce ».
Comme indiqué au verset 3, ceci met fin à la première partie de la section
des versets 1-14. La section qui suit montre maintenant ce que Dieu a fait
pour nous donner cette place glorieuse pour lui-même et quelles en sont
les conséquences dans l’avenir. Cette section se termine au verset 12, à
nouveau avec la « louange de sa gloire ».
Jusqu’à présent, tu as entendu parler de l’intention de Dieu. Dans la sec-
tion qui suit, Paul montre les étapes que Dieu a franchi pour ainsi dire,
pour aboutir dans ce qu’Il s’est proposé de réaliser. La première étape est
la suivante : « Il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé. » Il s’agit là
d’une autre expression merveilleuse. Cela fait référence à la faveur dans
laquelle nous nous trouvons maintenant en présence de Dieu (Rom 5:2).
Toi et moi, nous ne sommes pas agréables en nous-mêmes. Nous le sommes
devenus parce que Dieu nous regarde en son Fils, qui est ici désigné par
le mot significatif « Bien-aimé ». Il n’est pas dit « en Christ » ou « en Lui »
comme dans les versets précédents. Cela ne suffirait pas ici. Il ne s’agit pas
de la position que le Seigneur Jésus occupe auprès de Dieu. Non, il s’agit
de savoir qui le Seigneur Jésus lui-même est pour Dieu.
Le mot « Bien-aimé » montre à quel point le Seigneur Jésus est l’objet spé-
cial de l’affection et du plaisir de Dieu. Tout l’amour du Père se concentre
sur son Fils. Il en était déjà ainsi dans l’éternité. Pendant sa vie sur la terre,
le Seigneur Jésus a donné au Père une raison supplémentaire de L’aimer.
Tu peux lire cela en Jean 10 : « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi
je laisse ma vie afin que je la reprenne » (Jn 10:17). Il fait ainsi référence à
l’œuvre qu’Il allait accomplir sur la croix. Il y glorifierait le Père au-delà de
toute mesure. Cela donnait au Père une nouvelle raison de L’aimer. Et en
Lui, le Bien-aimé du Père, nous sommes bénis.

28
Éphésiens 1

Dans l’Ancien Testament, tu trouves une belle image de cela. Tu lis en


Lévitique 1 ce qui concerne l’holocauste. Cela représente le Seigneur Jésus
dans sa pleine consécration à Dieu. Puis, en Lévitique 7, il est dit : « Et
quant au sacrificateur qui présentera l’holocauste de quelqu’un, la peau de
l’holocauste qu’il aura présenté sera pour le sacrificateur : elle lui appar-
tient » (Lév 7:8). Tu vois ici en image ce que nous lisons dans cette lettre. Le
sacrificateur reçoit la peau de l’holocauste ; il peut s’en revêtir.
C’est aussi le cas du croyant aujourd’hui. Le sacrificateur représente le
croyant qui raconte à Dieu ce que le Seigneur Jésus a fait pour lui – c’est ce
que nous comprenons maintenant par ‘offrir’ ou ‘sacrifier’. Le croyant qui
agit ainsi peut savoir qu’il est « rendu agréable dans le Bien-aimé ». C’est
ainsi que le Père voit le Seigneur Jésus lorsqu’Il nous voit, car Il nous voit
revêtus de Lui.
Relis Éphésiens 1:5-6.
À méditer : Pourquoi Dieu t’a-t-il voulu comme fils ?

29
Éphésiens 1

Éph 1:7-9 | Le mystère de la volonté de Dieu

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


7 En lui nous avons la rédemption par son sang, le pardon des fautes selon les
richesses de sa grâce, 8 [grâce] qu’il a fait abonder envers nous en toute sagesse
et intelligence, 9 nous ayant fait connaître le mystère de sa volonté selon son
bon plaisir – ce qu’il s’est proposé en lui-même
V7. Dans ces versets, nous voyons les étapes suivantes que Dieu a pris pour
réaliser son dessein. Dans la section qui suit, Paul montre les étapes que
Dieu a franchi, pour ainsi dire, pour réaliser ce qu’Il s’est proposé. Nous
avons déjà vu que Dieu nous a « rendus agréables dans le Bien-aimé ».
Nous lisons maintenant ce que nous avons encore reçu d’autre dans ce
Bien-aimé, car c’est à Lui que se réfère le « en lui » au début du verset 7.
Nous avons aussi en lui « la rédemption » et « le pardon ». Tu peux dire
que ce sont les moyens par lesquels la volonté de Dieu a pu s’accomplir à
notre égard. La rédemption et le pardon ont été réalisés grâce à l’œuvre du
Christ. Tous deux étaient nécessaires parce que le péché était entré dans
le monde.
« La rédemption » était nécessaire parce que nous étions complètement
sous l’emprise du péché. La rédemption veut dire: Rachat au prix d’une
rançon, suivi d’une délivrance. La rédemption du croyant, auparavant
esclave du péché (Rom 3:24 ; 1Cor 1:30), est éternelle et a été obtenue par le
sang de Christ (Col 1:14 ; Éph 1:7 ; Héb 9:12).
Nous ne pouvions pas nous libérer nous-mêmes, mais c’est grâce au sang
de Christ que la rédemption a pu avoir lieu. Cela est magnifiquement il-
lustré en Exode 12. Le peuple d’Israël est en esclavage en Égypte et Dieu
va l’en délivrer. La base de cette rédemption est le sang d’un agneau qui
devait être égorgé. En Exode 12, tu peux lire ce que les Israélites ont dû
faire avec ce sang et ce que cela signifiait pour Dieu (Exo 12:2-13). En vertu
du sang, le jugement ne s’abat pas sur l’Israélite et la rédemption libère
aussi du pouvoir de l’Égypte.
Tu auras compris que l’agneau en Égypte est une image de l’Agneau de
Dieu, le Seigneur Jésus. Ce que tu méritais, Il l’a subi à ta place. En Lui, tu
as été racheté, en Lui, tu as reçu la rédemption.

30
Éphésiens 1

En dehors de la rédemption, « le pardon » de tes fautes était aussi néces-


saire. Non seulement tu étais sous l’emprise du péché, mais tu en vivais.
Tes actes le montrent clairement. Ce que tu as fait était en tout point une
transgression de ce que Dieu a dit. Les fautes ou les transgressions ap-
pellent toujours une punition. Il est merveilleux que Dieu ne t’ait pas puni
pour cela, mais son propre Fils. En Lui, tu as reçu le pardon.
Bien que la rédemption et le pardon t’aient apporté ce dont tu avais besoin,
ce n’est pas ton besoin qui est au premier plan ici. Non, c’est l’intention du
Saint Esprit de souligner dans la rédemption et le pardon « les richesses
de sa grâce », c’est-à-dire la grâce de Dieu. De cette façon, le cœur et les
pensées de Dieu sont exprimés.
Dans ce verset, où nous sommes impliqués avec nos péchés, « les richesses
de sa grâce » sont exprimées. Au verset 6, où tout tourne autour de Dieu
seul, c’est « la gloire de sa grâce ». Les richesses de sa grâce sont opposées
à la pauvreté de nos péchés dans laquelle nous nous trouvions. De plus,
ce n’est pas seulement la grâce qui fournit ce qui est nécessaire. Dieu ne
pourvoit pas à la mesure de nos besoins, mais bien plus. Il fournit selon
ses richesses.
V8. Cette richesse est exprimée aux versets 8-9. Là, tu vois le pécheur mort
et impuissant (toi !) élevé à une telle hauteur qu’il (toi !) obtient un aperçu
des secrets du cœur de Dieu afin qu’il (toi !) puisse les partager avec Lui.
Encore une fois, il s’agit des plans de Dieu qu’Il avait dans son cœur depuis
l’éternité, mais dont la complète réalisation est encore à venir.
Il s’agit de quelque chose de différent de ce que tu as vu jusqu’à présent, à
savoir ce qui était dans le cœur de Dieu pour toi et qu’Il a aussi réalisé. Tu
y as une part : tu as été béni de toute bénédiction spirituelle ; tu as été élu ;
Dieu te considère comme saint et irréprochable ; Il t’a adopté comme fils ;
tu as été rendu agréable dans le Bien-aimé ; Il t’a racheté et pardonné. Tout
est là, aux versets 3-7. Tout cela est tout à fait vrai.
Et, comme si cela ne suffisait pas, Il y a encore d’autres bénédictions qui
t’attendent. Celles-ci te sont maintenant présentées. Il veut que tu les
partages aussi, afin que tu puisses déjà commencer à te réjouir de ce qui
est encore à venir. Afin de partager avec toi ce qu’Il a dans le cœur, Il a,
dans l’abondance des richesses de sa grâce, mis à ta disposition « toute

31
Éphésiens 1

sagesse et intelligence ». Comment pourrions-nous comprendre quoi que


ce soit aux plans et aux actes de Dieu si lui-même ne nous en donnait pas
la capacité ? Ici aussi, tu trouves l’abondance : Dieu ne donne pas un peu
de sagesse et d’intelligence, mais « tout ».
Il sait exactement ce qui est nécessaire pour nous faire entrer dans les plans
de son cœur. Pour cela, Il a d’abord fait de nous des fils. Comme tu t’en
souviendras, Il a fait cela précisément pour pouvoir partager ses pensées
avec nous. En tant que fils, il nous a ‘élevés’ dans une position où Il peut
nous parler à son niveau. Ce faisant, Il nous a donné « toute sagesse et
intelligence ». Tu peux vouloir faire connaître quelque chose, mais si ton
‘public cible’ ne le comprend pas, cela ne te servira pas à grand-chose. Ce
n’est donc pas ainsi que Dieu a procédé.
V9. Dieu nous a donné sagesse et intelligence parce qu’Il nous « a fait
connaître le mystère de sa volonté ». Tu as ici ce que Dieu veut partager
avec nous. Ce sont des choses qu’Il n’a jamais dites à personne auparavant,
ni même aux membres de son peuple dans l’Ancien Testament. Ce que
contient ce mystère se trouve aux versets 10-11. Il s’agit du règne du Sei-
gneur Jésus sur toutes choses.
Maintenant, tu pourrais dire : ‘Mais ce n’était sûrement pas une chose
cachée ; cela était sûrement aussi connu dans l’Ancien Testament ?’. Et tu
pourrais alors te référer au Psaume 8 (Psa 8:7-9) pour cela, par exemple. Tu
as raison sur ce point. Pourtant, ce n’est pas de ce mystère dont il est ques-
tion ici. Ce mystère concerne le règne du Seigneur Jésus sur toutes choses
avec l’église. Cela n’est pas révélé dans l’Ancien Testament. L’apôtre Paul
a reçu le ministère spécial de faire connaître ce mystère. En Éphésiens 3, il
l’expliquera plus en détail.
Le mystère de l’unité entre le Seigneur Jésus et l’église est encore un mystère
pour le monde. En 1 Jean 3, tu lis la même pensée : « Bien-aimés, nous
sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore
été manifesté » (1Jn 3:2a). Jean veut dire que le monde ne voit encore rien
du fait que nous sommes enfants de Dieu. Le monde ne le verra que quand
le Seigneur Jésus reviendra et nous avec Lui (Col 3:4 ; 2Th 1:7-10).
Le mystère n’est dévoilé qu’à ceux qui appartiennent à l’église. Malheu-
reusement, même pour de nombreux membres de l’église, cette unité reste

32
Éphésiens 1

un mystère. Tous ceux qui croient que l’église est la continuation d’Israël
ne réalisent pas que l’église a son origine et aussi son but dans le ciel. C’est
précisément parce qu’ils se concentrent sur la terre que ces chrétiens ig-
norent le ‘bon plaisir’ de Dieu.
Dieu trouve sa joie à communiquer ces choses aux Siens en ce moment.
Relis le verset 5 où tu lis au sujet du bon plaisir de Dieu. Là, c’est sa joie
d’avoir des fils pour lui-même, maintenant aussi. Ici, c’est sa joie de faire
connaître à ces fils ce qu’Il va faire avec le Christ et l’église dans le futur.
Dieu n’était pas du tout obligé de partager le secret de « ce qu’il s’est
proposé en lui-même », avec nous, mais Il y tenait. Une fois de plus, l’accent
est mis sur le fait que tout ce qu’Il s’est proposé en lui-même a son origine
en lui-même. Il n’avait aucune obligation envers qui que ce soit de les faire
connaître. Il aurait pu garder ce qu’Il s’est proposé lui-même. Pourtant, il
les a révélées à un groupe de personnes qu’Il a lui-même choisies. N’est-ce
pas un grand miracle que toi et moi puissions en faire partie ?
Relis Éphésiens 1:7-9.
À méditer : Reviens sur les étapes que Dieu a franchi pour réaliser ce qu’Il
s’est proposé et remercie-Le pour chaque étape.

33
Éphésiens 1

Éph 1:10-12 | Tout réuni en un dans le Christ

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


10 pour l’administration de la plénitude des temps : tout réunir en un dans le
Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre, en lui. 11 En lui, nous
avons aussi été faits héritiers, ayant été prédestinés selon le propos de celui qui
opère toutes choses selon le dessein de sa volonté, 12 afin que nous soyons à la
louange de sa gloire, nous qui avons espéré à l’avance dans le Christ,
V10. Dans les versets qui nous occupent maintenant, Paul explique ce que
signifient le mystère du verset 9. Le verset 10 montre clairement que Dieu
réunira tout sous l’autorité du Christ. Le verset 11 nous apprend que nous
sommes prédestinés à être nous aussi des héritiers en Christ.
Dieu réalisera ce qu’il s’est proposé dans « l’administration de la plénitude
des temps ». Le mot « administration » aussi appelé ‘dispensation’ signifie
ici la façon dont Dieu gère et gouverne quelque chose dans une période de
temps particulière. Cela signifie que l’histoire de l’humanité est divisée en
différentes ‘dispensations’ ou périodes.
La première période est ‘la dispensation de l’innocence’ qui désigne la
période allant de la création à la chute. Dans cette dispensation, Dieu gou-
verne la création par l’intermédiaire d’Adam avant la chute. La dispensa-
tion suivante est celle sans loi. Il s’agit de la période allant d’Adam après la
chute jusqu’à Moïse. Vient ensuite la période de la loi, qui s’étend de Moïse
au Christ (Rom 5:13-14).
Chaque administration ou dispensation a ses propres caractéristiques.
Toutes durent un certain temps. Pendant cette période, Dieu gouverne
l’homme et sa création d’une manière appropriée à cette période. Dans
toutes les dispensations, l’homme a désobéi à Dieu à plusieurs reprises.
Ce faisant, l’homme a aussi perdu à plusieurs reprises la bénédiction que
Dieu lui avait promise s’il Lui obéissait.
Mais maintenant, Dieu fait miroiter une administration ou dispensation
appelée « la plénitude des temps ». C’est la période où toutes les dispen-
sations précédentes trouveront leur plénitude, leur accomplissement. Soit
dit en passant, il ne s’agit pas de la même chose que ce qui est appelé
« l’accomplissement du temps » en Galates 4 (Gal 4:4). Là, la « plénitude »

34
Éphésiens 1

fait référence à la durée, c’est-à-dire au fait de devenir plein, d’un certain


temps, après lequel le grand événement, la naissance du Seigneur Jésus, a
lieu. Là, il fait référence à la longueur ou à la durée du temps.
Ici, au verset 10, il ne s’agit pas de la durée du temps, mais des caractéris-
tiques d’une période de temps, c’est-à-dire de ce qu’implique cette admin-
istration qui va poindre. Il s’agit de ce qui caractérise la période de temps à
venir. Dans les périodes précédentes, l’homme n’a cessé de tout corrompre.
Dans la période à venir, cela n’arrivera pas. La garantie de cela réside dans
celui à qui Dieu a confié la gouvernance dans cette période : Le Christ.
Comme mentionné, le règne du Christ n’est pas en soi un mystère. Le
mystère qui sera alors public l’est, car nous voyons alors que l’administra-
tion, le gouvernement, est entre les mains à la fois de Christ et de l’église.
Christ et l’église gouvernent alors tout « ce qui est dans les cieux et ce qui
est sur la terre ». C’est ce que l’on verra dans le royaume millénaire de
paix ; le Christ en sera alors le Chef.
En Genèse 1-2, tu vois déjà que c’est l’intention de Dieu. Nous y voyons
comment Dieu confie d’abord à Adam, en tant que chef de la création,
la domination et la gouvernance de la création. Il lui donne ensuite Ève
comme épouse à son côté. Ensemble, ils forment l’homme (Gen 1:27).
Adam est devenu infidèle, mais Christ restera fidèle. Il régnera d’une ma-
nière qui sera parfaite à l’honneur et à la joie de Dieu et à la bénédiction
de la création.
Le règne du Christ comprendra aussi plus de choses que celui d’Adam.
Adam régnait sur la terre, le Christ régnera à la fois sur la terre et le ciel.
Hébreux 1 dit que Dieu a établi le Seigneur Jésus comme « héritier de
tout » (Héb 1:2). Il a reçu le droit à l’héritage grâce à son œuvre sur la croix
du Calvaire. En Apocalypse 5, où tu Le vois en tant qu’Agneau, « qui se
tenait là, comme immolé », le moment est venu où Il revendique le droit à
l’héritage (Apo 5:1-6). Il en est digne !
V11. Mais à notre grande surprise, que voyons-nous ici, en Éphésiens 1 ?
Qu’en Lui, « nous sommes aussi devenus héritiers » ! Cela dépasse cer-
tainement tes attentes les plus folles ! Nous ne serons pas les objets de la
bénédiction, mais ceux qui la dispensent, avec le Seigneur Jésus. Nous ne
sommes pas devenus un héritage, mais nous avons reçu un héritage avec

35
Éphésiens 1

le Seigneur Jésus. Nous sommes « héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ »


(Rom 8:17). Nous avons même lu que nous avons été « prédestinés selon
le propos de celui qui opère toutes choses selon le dessein de sa volonté ».
Nous avons aussi rencontré l’expression « prédestiné » au verset 5. Là, il
s’agit de la filiation. Tu vois donc à quel point « héritiers » et « adoption »
sont étroitement liés dans l’intention de Dieu. Tu trouves aussi ce lien en
Hébreux 1, où il est question du Fils (Héb 1:2), et en Galates 4, où il est
question de nous (Gal 4:7 ; cf. Lc 15:11-12).
Dans « adoption », tu vois ici principalement la relation à Dieu, on pourrait
dire le côté privé. Après tout, la filiation est pour Dieu lui-même. Dans
« héritiers », tu vois surtout la relation à l’héritage, on peut dire le côté
public. Oui, bientôt le monde sera bientôt gouverné publiquement par le
Seigneur Jésus, avec nous. Il est alors venu pour être « glorifié dans ses
saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2Th 1:10).
Cela est compris dans « le dessein de sa volonté ». Au verset 5, Paul écrit
sur « le bon plaisir de sa volonté » en rapport avec l’adoption, et au verset
9 sur « le mystère de sa volonté selon son bon plaisir » en rapport avec le
gouvernement de Christ et de l’église. Tu vois maintenant qu’il y a aussi un
« dessein de sa volonté ». Ces trois expressions ensemble rendent compte
du fait que Dieu, dans son bon plaisir (verset 5), opère le mystère (verset 9)
selon son dessein (verset 11).
Son dessein est immuable. Rien ni personne ne peut L’arrêter dans son
action. Tu peux compter fermement sur le fait que tout se passera comme
Il le veut. Nous avons besoin de cette assurance parce que nous parlons de
quelque chose qui est encore à venir. La filiation est déjà ta portion main-
tenant, le mystère est déjà révélé maintenant, mais l’héritage est encore à
venir.
V12. Et lorsque nous aurons pris possession de l’héritage, avec Christ,
nous serons « à la louange de sa gloire ». À ce moment-là, nous serons un
grand chant de louange à sa gloire. La gloire de Dieu se reflétera en nous.
Par gloire de Dieu, tu peux penser à tous ses attributs exquis. Ils devien-
dront visibles en nous, en tous ceux qui sont fils et héritiers. Dans chaque
personne de cette multitude innombrable, quelque chose de la gloire de
Dieu, de ses excellences, sera visible. Comme Il doit être grand, Lui qui a

36
Éphésiens 1

une telle gloire ! Combien grande doit être la louange qui Lui sera donnée
pour cela.
La question se pose maintenant de savoir qui est visé par « nous qui avons
espéré d’avance dans le Christ ». Je pense que Paul fait ici référence aux
Juifs qui croient dans le Christ, qui mettent leur confiance en Lui avant
qu’Il n’apparaisse publiquement. Dans ce « nous », Paul s’inclut lui-même,
car il est lui aussi Juif de naissance. J’en dirai plus sur ce « nous » dans la
section suivante.
Relis Éphésiens 1:10-12.
À méditer : Le mystère a été révélé. Raconte avec tes propres mots ce que
signifie ce mystère.

37
Éphésiens 1

Éph 1:13-14 | Scellé du Saint Esprit

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


13 en qui vous aussi, ayant entendu la parole de la vérité, l’évangile de votre
salut – en qui aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la
promesse 14 qui est les arrhes de notre héritage, pour la rédemption de la pos-
session acquise, à la louange de sa gloire.
V13. J’ai dit que je dirais quelque chose de plus sur le mot « nous » que
Paul utilise au verset 12. Je le fais en réponse au changement de « nous »
au verset 12 à « vous » ici au verset 13. J’ai déjà mentionné qu’au verset
12, Paul parle principalement des Juifs qui sont déjà reliés au Seigneur
Jésus par la foi en Lui. À eux s’applique déjà maintenant ce qui est encore
à venir pour Israël en tant que peuple. Le peuple doit encore venir à la
repentance et à la conversion. Cela se produira lorsque le Seigneur Jésus
reviendra pour régner sur la terre. Le peuple regardera alors celui qu’il
aura percé et acceptera son Christ en confessant ses péchés (Zac 12:10-13).
Par « d’avance » au verset 12, on entend le temps présent, celui qui précède
la période où Christ résidera visiblement sur la terre. Au présent, Il est vu
par la foi seule.
Au verset 13, il est question des païens, désignés par « vous ». Eux aussi
sont en Christ. Mais on ne peut pas dire d’eux qu’ils ont espéré « d’avance »
en Christ. En Éphésiens 2, tu lis qu’avant leur conversion, ils étaient en
dehors de tout (Éph 2:12). Maintenant qu’ils se sont convertis, ils ont part
à l’héritage de Christ avec les Juifs croyants, ensemble ils sont devenus
héritiers en Lui (verset 11).
Il n’est pas question que le païens qui vient à la foi obtienne une part des
bénédictions promises à Israël. Il obtient, avec le Juif croyant, de partager
les bénédictions spirituelles beaucoup plus élevées qui sont en relation
avec l’adoption et le fait d’être un héritier. Nous avons déjà vu cela. Com-
me bénédiction supplémentaire, au verset 13, il y a aussi le sceau du Saint
Esprit, avec Lequel le Juif croyant et le Gentil croyant sont tous deux scellés.
Avant d’en parler, Paul présente d’abord clairement la façon dont le Gentil
a reçu le Saint Esprit. L’ordre est remarquable : d’abord entendre, puis
croire, et enfin le sceau du Saint Esprit. Entendre d’abord et croire ensuite
correspond à ce que nous lisons en Romains 10 : « Et comment croiront-ils

38
Éphésiens 1

en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? » (Rom 10:14b). Et quelques
versets plus loin en Romains 10, il est dit : « Ainsi la foi [vient] de ce qu’on
entend – et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom 10:17). Ce qui
dans la lettre aux Romains est « la parole de Dieu » est ici appelé « la parole
de la vérité », avec l’ajout de « l’évangile de votre salut ». La Bible est « la
parole de la vérité ». En elle, Dieu a révélé sa vérité, la vérité sur toutes
choses.
Cette parole de la vérité signifie « l’évangile de votre salut » pour quiconque
accepte cette parole. Évangile signifie ‘bonne nouvelle’ et naturellement,
elle est cela pour un homme qui reconnaît que Dieu doit le juger en tant
que pécheur. L’évangile lui offre le salut par la foi dans le Seigneur Jésus.
Le contenu de l’évangile se trouve en 1 Corinthiens 15 : « Or je vous fais
connaître, frères, l’évangile que je vous ai annoncé, que vous avez aussi
reçu, dans lequel aussi vous êtes, par lequel aussi vous êtes sauvés, ... Car
je vous ai communiqué en tout premier lieu ce que j’ai aussi reçu : Christ
est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; il a été enseveli, et il a été
ressuscité le troisième jour, selon les Écritures » (1Cor 15:1-4). L’évangile
parle de la mort et de la résurrection du Seigneur Jésus.
En Romains 4, s’ajoute à cela le fait de croire « en celui qui [c’est Dieu] a
ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, qui a été livré pour nos
fautes et a été ressuscité pour notre justification » (Rom 4:24b-25). Cela
implique que par la foi dans le Seigneur Jésus qui a été livré à la mort par
Dieu et est aussi ressuscité, une personne est sauvée.
Dieu appose son sceau sur chaque personne qui croit cela, comme preuve
que cette personne Lui appartient. Ce sceau est le Saint Esprit. Dieu, le
Saint Esprit, vient habiter dans cette personne. Le Seigneur Jésus dit du
Saint Esprit en Jean 14 : « pour être avec vous éternellement » (Jn 14:16).
Cela montre clairement que le sceau de la propriété de Dieu est indestruc-
tible.
L’Esprit de Dieu est appelé ici le « Saint Esprit de la promesse ». Cela ne
fait pas tant référence au fait que le Saint Esprit est promis, mais il s’agit
davantage de ce qui est associé au fait d’être scellé par le Saint Esprit. Le
fait d’être scellé avec Lui implique une promesse.

39
Éphésiens 1

V14. Cette promesse est exprimée dans ce qui suit. En effet, l’Esprit « est les
arrhes de notre héritage ». Le fait qu’Il soit « les arrhes » implique que nous
ne possédons pas encore cet héritage. Les arrhes sont une sorte de garantie
que tu recevras dans le futur ce que tu n’as pas encore maintenant. En
langage courant, la garantie est toujours inférieure à la chose elle-même.
Ce n’est bien sûr pas le cas ici. Le fait que le Saint Esprit soit appelé ici
« les arrhes » n’a de rapport qu’avec la certitude que le reste suivra quand
même.
Parce qu’Il nous a été donné, nous pouvons dès à présent jouir de l’héritage,
bien que nous ne puissions pas encore en prendre réellement possession.
L’héritage est dans l’avenir. Le Seigneur Jésus lui-même n’a pas encore
reçu l’héritage non plus. Tu lis en Hébreux 2 que le futur royaume terrestre
Lui sera soumis (Héb 2:5-8). Ce n’est qu’à ce moment-là qu’Il régnera et
que nous régnerons avec Lui.
Avant que cela n’arrive, quelque chose d’autre doit arriver à cet héritage.
À savoir, ce nous lisons à propos de « la rédemption de la possession
acquise ». Tu comprends que par « la possession acquise », on entend
l’héritage. Cet héritage est déjà notre possession maintenant, mais il est
encore sous la malédiction du péché. Cette malédiction doit d’abord être
supprimée. Le Seigneur Jésus a fait ce qu’il fallait pour cela sur la croix. Il
est devenu « malédiction » et a payé le prix pour supprimer la malédiction
de la création. Par le péché du premier homme, Adam, une malédiction
a été placée sur la création. Grâce à l’obéissance du deuxième Homme,
Christ, cette malédiction sera abolie.
La possession acquise sera rachetée par celui qui en a gagné le droit. Apoc-
alypse 5 précise aussi qui a droit à l’héritage – ce droit est décrit dans le
livre – : le Seigneur Jésus Christ. Il est à la fois le Lion de la tribu de Juda
(Apo 5:5) et l’Agneau « qui se tenait là, comme immolé » (Apo 5:6). Le Lion
a vaincu en se laissant immoler comme l’Agneau.
Il prendra possession de l’héritage lorsque « l’administration de la pléni-
tude des temps » sera arrivée (verset 10). En un sens, cela se produit au
début du royaume de paix. C’est alors que Satan sera lié et que le péché
sera maîtrisé. À la fin du royaume de paix, cependant, le péché sera com-
plètement banni de la création. La parole de Jean le baptiste sera alors

40
Éphésiens 1

pleinement accomplie : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du


monde » (Jn 1:29).
Lorsque la possession acquise aura été rachetée et que l’église en aura
reçu la gouvernance en même temps que le Christ, le dessein de Dieu sera
achevé. La gloire de Dieu brillera alors d’un éclat qui ne s’éteindra jamais.
Il recevra alors la louange de tout ce qui existe. La nouvelle création re-
flétera sa gloire et tout respirera sa louange. De tous les hommes, dans le
ciel et sur la terre, sa gloire rayonnera et tous Le loueront. À lui la gloire
pour l’éternité !
Relis Éphésiens 1:13-14.
À méditer : Remercie Dieu avec tes propres mots pour tout ce que tu as
appris dans ces versets au sujet de ses plans avec et pour toi.

41
Éphésiens 1

Éph 1:15-17 | Foi et amour, sagesse et révélation

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


15 C’est pourquoi moi aussi, ayant entendu parler de la foi au Seigneur Jésus
qui est en vous, et de l’amour que [vous avez] pour tous les saints, 16 je ne
cesse de rendre grâces pour vous, faisant mention [de vous] dans mes prières,
17 afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, vous
donne [l’]esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance,
V15. Ce verset commence la section finale d’Éphésiens 1, qui est une prière.
L’apôtre Paul y prie pour les croyants d’Éphèse. Le contenu de sa prière est
riche, instructif et aussi très nécessaire. Car c’est une chose de connaître les
desseins de Dieu – Paul l’a expliqué aux versets 3-14 ; c’en est une autre de
donner à tout cela une place dans ta vie. C’est pour cela que Paul va prier.
Il ne demande pas à Dieu de donner quelque chose aux croyants, mais
juste qu’Il leur donne une meilleure compréhension de ce qu’ils possèdent
déjà. Sa prière vise à focaliser les cœurs – « les yeux de votre cœur étant
éclairés » (verset 18) – des croyants sur la source des desseins. Il veut que
nous regardions au-delà de tous les dons impressionnants, vers la gloire et
les richesses de celui qui les donne. Le croyant qui vit d’un lien conscient
avec Lui verra de plus en plus « son appel », c’est-à-dire l’appel de Dieu
(verset 18b), « son héritage », c’est-à-dire l’héritage de Dieu (verset 18b) et
« sa puissance », c’est-à-dire la puissance de Dieu (verset 19a).
L’apôtre peut faire cette prière pour les Éphésiens parce que la bonne at-
titude est présente en eux. Il a entendu qu’ils croient au Seigneur Jésus et
qu’ils aiment tous les saints. Tu te dis peut-être : ‘Qu’y a-t-il de spécial dans
la foi au Seigneur Jésus ? C’est sûrement normal pour les croyants de faire
cela ?’ Tu as raison, mais il est important de se rappeler que leur « foi au
Seigneur Jésus » détermine aussi tout leur comportement.
Pour eux, la foi ne consiste pas seulement à être sauvé de l’enfer. L’autre
jour, quelqu’un m’a dit : ‘Bien sûr que je crois, parce qu’on ne veut pas
aller en enfer, n’est-ce pas ?’ Il s’agissait d’une personne qui s’était con-
sidérablement éloignée du Seigneur. Dans sa vie de tous les jours, il n’y
avait plus aucune relation avec le Seigneur. Ce n’était pas le cas pour les
Éphésiens. Pour eux, la foi signifie : vivre dans la confiance de la foi et
la laisser imprégner tous les aspects de la vie. De nos jours, « la foi » est

42
Éphésiens 1

souvent accessoire. Elle est certes importante, mais elle ne contrôle pas
tout et n’imprègne pas tout.
Si le Seigneur Jésus est l’objet principal de ta foi, tu auras aussi de l’amour
pour tes frères et sœurs dans la foi. L’un découle de l’autre. Il n’y a pas
de plus grande preuve de la foi vivante au Seigneur Jésus que l’amour
pratique qui va vers les saints.
V16. Dès que Paul a entendu cela au sujet des Éphésiens, il a commencé à
rendre grâce pour eux. As-tu aussi cette expérience, celle de commencer à
rendre grâce pour des croyants en qui tu vois que le Seigneur Jésus est tout
pour eux et qui s’engagent aussi pour leurs frères et sœurs ? Paul n’en reste
pas à l’action de grâce, il y ajoute la prière d’intercession.
V17. L’apôtre s’adresse au « Dieu de notre Seigneur Jésus Christ ». En
Éphésiens 3, on trouve une deuxième prière de sa part. Là, il s’adresse au
« Père de notre Seigneur Jésus Christ » (Éph 3:14). Là, il est question du
Seigneur Jésus en tant que Fils du Père, de l’amour du Seigneur Jésus et du
fait qu’Il fait sa demeure dans nos cœurs. Ici, il s’agit des desseins de Dieu
et de la place qui nous a été donnée dans ces desseins.
J’ai déjà souligné la différence entre les deux en discutant du verset 3, où
les deux noms sont mentionnés. Dieu est « le Dieu du Seigneur Jésus » en
tant qu’Homme. Le Seigneur Jésus, parce qu’Il est Homme, peut partager
avec les hommes les bénédictions qu’Il a reçu de Dieu. Toi et moi, nous
ne pouvons être reliés à Lui que parce qu’Il s’est fait Homme. Le fait que
cette prière concerne le Seigneur Jésus en tant qu’Homme peut aussi être
déduit du fait qu’elle parle de sa résurrection des morts (verset 20). En
tant qu’Homme, Il pouvait mourir, mais en tant que Dieu le Fils, Il ne le
pouvait pas.
Paul prie ici le Dieu du Seigneur Jésus, le Dieu de l’Homme Jésus Christ,
qui est au centre de toutes desseins de Dieu. Dieu n’a jamais conçu un plan
à l’égard d’un homme ou d’une chose, pour le ciel ou pour la terre, dont
le Seigneur Jésus n’est pas le centre. Nous le verrons plus clairement dans
les versets suivants.
Si nous voulons comprendre comment Dieu nous a permis de participer
à son appel et à son héritage, nous devrons surtout regarder sa puissance
telle qu’elle s’est manifestée dans la résurrection du Seigneur Jésus. Car

43
Éphésiens 1

c’est cette puissance qui a aussi fait son œuvre en nous. Ce que Dieu a fait
avec le Seigneur Jésus, Il l’a aussi fait avec nous.
Paul appelle aussi ce Dieu « le Père de gloire ». Cela signifie qu’Il est la
source de la gloire et qu’elle vient de Lui, Il en est le Dispensateur. Pour
avoir une bonne vue de la gloire du dessein de Dieu, Paul demande au
Père de gloire de donner « l’esprit de sagesse et de révélation dans sa con-
naissance ».
Imagine : Dieu a déployé les pensées les plus profondes dans sa Parole.
Nous pourrions les mémoriser, par exemple. Mais qu’en retirerions-nous
s’Il ne nous avait pas donné la possibilité, la capacité, de comprendre ces
choses ? Alors nous ne pourrions jamais non plus Le remercier et Le glori-
fier pour cela. Et après tout, le but de Dieu est que nous en arrivions là : à
la louange de sa gloire.
Ce but n’est pas atteint en nous donnant un intellect pour connaître Dieu
intellectuellement. Le connaître et Le comprendre ne peut se faire que par
la voie de « l’esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance ».
D’une manière générale, tu peux dire que Dieu a pourvu chaque croyant
de toute sagesse et de toute connaissance (verset 8). Pourtant, parvenir con-
sciemment à connaître et à profiter du dessein de Dieu, c’est autre chose.
Pour cela, il faut posséder non seulement la sagesse, mais aussi « l’esprit
de sagesse », qui te fait désirer pénétrer spirituellement à la découverte de
qui est Dieu. La véritable sagesse consiste à apprendre à connaître Dieu, de
sorte que cette connaissance imprègne toute ta vie. Ceux qui Le connais-
sent, connaissent aussi ses projets.
Pourtant, ce n’est pas tout. Nous devrons aussi être conscients que con-
naître Dieu ne dépend pas seulement de notre effort, mais dépend aussi de
la révélation qu’Il donne de lui-même. Ici, le désir du croyant et l’œuvre de
Dieu vont de pair. Si nous désirons connaître beaucoup de choses de Dieu,
cela ne nous vient pas naturellement. Et si nous connaissons beaucoup
de choses de Dieu, nous ne pourrons jamais nous vanter de nos propres
efforts.
Si nous parvenons à connaître un peu plus la vérité de Dieu, le danger
est grand d’oublier que nous sommes et restons dépendants de Lui pour
la compréhension spirituelle. Ce danger est d’autant plus grand si nous

44
Éphésiens 1

avons un bon esprit et une bonne mémoire. Il est important de garder à


l’esprit : ce que nous savons, nous ne le savons que parce qu’Il nous l’a
révélé.
De plus, il n’est pas sans importance de comprendre que Paul ne prie pas
pour la connaissance des vérités. Il ne s’agit pas d’apprendre à connaître
des vérités, des dogmes et des doctrines, mais pour la ‘pleine connais-
sance’, comme il est dit littéralement, de Dieu. Si nous pouvons arriver à
connaître l’espérance, la richesse et la puissance de ce qui nous a été donné,
nous devrons toujours le relier à celui qui en est à l’origine.
Tu peux lire cette explication et avoir ainsi un bon aperçu de ce que Dieu
nous montre de son dessein. Mais cela ne veut pas dire que tu connais
Dieu tel qu’Il veut être connu. Je me joins volontiers à Paul pour prier Dieu
de nous donner, à toi et à moi, l’esprit de sagesse et de révélation dans sa
connaissance.
Relis Éphésiens 1:15-17.
À méditer : Remercie et prie pour toi-même et les croyants que tu connais
en suivant l’exemple de Paul ici.

45
Éphésiens 1

Éph 1:18-20 | L’appel de Dieu, l’héritage et la puissance

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


18 les yeux de votre cœur étant éclairés, pour que vous sachiez quelle est l’es-
pérance de son appel, et quelles sont les richesses de la gloire de son héritage
dans les saints, 19 et quelle est l’excellente grandeur de sa puissance envers
nous qui croyons, selon l’opération de la puissance de sa force, 20 [celle] qu’il a
déployée dans le Christ en le ressuscitant d’entre les morts ; et il l’a fait asseoir
à sa droite dans les lieux célestes,
V18. Paul demande aussi à Dieu de permettre aux Éphésiens que les yeux
de leur cœur soient éclairés. Il ne prie pas pour que les yeux ‘de leur esprit’
soient éclairés’. Comme nous l’avons déjà noté, comprendre les choses de
Dieu et les mettre en pratique ne relève pas d’abord de notre intellect, mais
de notre sentiment, de nos désirs.
Par « cœur », on entend non pas une partie du corps, mais l’homme in-
térieur, le lieu où toutes les délibérations ont lieu. Le « cœur » fait référence
aux sentiments et aux désirs, aux motifs qui guident les paroles et les ac-
tions d’une personne. Tout comme le cœur, en tant que partie du corps, est
le centre de l’existence corporelle, Paul utilise ici le mot « cœur » comme
centre de l’existence spirituelle. Il demande maintenant à Dieu de donner
à ce centre des ‘yeux éclairés’. Ce n’est qu’à cette condition que tu pourras
continuer et voir et comprendre ce qui suit.
Si tu désires ardemment savoir quelles sont tes bénédictions, tu recevras
aussi un aperçu spirituel pour cela. Le Saint Esprit répond à ton désir en
t’éclairant sur les choses de Dieu et en te les présentant de manière com-
préhensible. Tu parviendras à connaître, à sentir avec ton cœur et aussi à
apprécier, ce que signifient l’appel de Dieu, l’héritage de Dieu et la puis-
sance de Dieu. Car c’est en fin de compte le but de sa prière : « Pour que
vous sachiez. »
Il ne demande pas ensuite que les croyants sachent quelles bénédictions
étonnantes ils ont reçu. Il aurait alors fallu lire ‘notre appel’ et ‘notre héri-
tage’. Lorsque nous pensons à nos bénédictions, nous ne pensons souvent
qu’aux grands privilèges que nous avons reçus de ce fait et à la grande joie
que nous en tirons. Et bien sûr, Dieu nous a donné ces bénédictions pour
cela aussi. Pourtant, ce n’est pas ainsi que cela nous est présenté dans ces

46
Éphésiens 1

versets. Ici, il s’agit de regarder plus haut que tous les avantages et les joies
que les bénédictions nous apportent.
Paul prie pour que les Éphésiens, et nous aussi, parvenions à voir que tout
cela vient de Dieu et que son but est qu’Il soit glorifié et adoré pour cela.
En y réfléchissant de cette façon, tu ressens d’autant mieux à quel point
cette prière de Paul est nécessaire. Considérer nos bénédictions de cette
manière, c’est-à-dire en lien avec la Source, le Père de gloire, exige que
nous nous oubliions nous-mêmes. Ce n’est pas facile, mais si la prière de
Paul est efficace, elle enrichira immensément notre vie spirituelle.
Passons maintenant au cœur de la prière de Paul. Il prie pour qu’ils con-
naissent trois choses. La première est « l’espérance de son appel », qui est
l’appel de Dieu. Dieu nous a appelés. Dans quel but ? Nous l’avons vu aux
versets 3-6 de ce chapitre. Il y est dit que Dieu nous a élus pour que nous
soyons saints et irréprochables devant Lui dans l’amour, et qu’Il nous a
prédestinés pour nous adopter pour Lui. Parce qu’il nous a maintenant
appelés, notre élection et notre prédestination sont devenues une réalité.
Vois-tu à quel point cet appel est merveilleux, à quel point il est impres-
sionnant ? Depuis l’éternité, Dieu a eu à cœur de nous donner cela, à toi et
à moi. Et en son temps, Il nous a appelés et nous y a donné part.
Nous ne connaîtrons et n’apprécierons le plein résultat de son appel que
lorsque nous serons avec Lui dans sa gloire, dans la maison du Père. C’est
pourquoi il est dit « l’espérance de son appel ». N’es-tu pas d’accord pour
dire que L’adorer pour cela peut être la seule bonne réponse ?
La deuxième chose qu’ils doivent savoir est « quelles sont les richesses de
la gloire de son héritage dans les saints ». Cet héritage est ce dont Paul a
parlé aux versets 10-14 de ce chapitre. Là, tu vois que nous, en tant qu’héri-
tiers, posséderons cet héritage ensemble avec Christ. Mais ici, il s’agit de
voir qu’il s’agit de l’héritage de Dieu. C’est-à-dire que Dieu possédera
toutes choses. Il sera honoré par toute la création et tout genou fléchira
devant Lui.
Dieu prendra possession de son héritage dans ses saints, c’est-à-dire en
nous, les croyants de l’église. Tu peux comparer cela à la façon dont Dieu
a pris possession du pays de Canaan, qu’Il appelle son pays (Lév 25:23). Il
a utilisé son peuple, Israël, pour le faire. Ils ont pris possession du pays en

47
Éphésiens 1

chassant tous les ennemis. Ainsi, son peuple a pu y vivre et Il a pu habiter


au milieu d’eux.
Il en sera de même pour la création. Christ régnera sur elle, ensemble avec
l’église. Quand les « saints » règnent, Dieu a pris possession de son héri-
tage. Et les saints régneront pour l’éternité (Apo 22:5b). Le temps sera alors
venu où Dieu sera « tout en tous » (1Cor 15:28).
Dans toute la création qui existera alors, on n’entendra plus de discorde. Il
n’y aura plus rien de contraire à l’Être saint et juste de Dieu. Dieu remplira
tout de sa gloire. Combien grande doit être la richesse de cela, si partout
où nous regardons, nous ne percevons que la gloire de Dieu. N’as-tu pas
envie d’en savoir plus, même maintenant ?
V19. La troisième chose pour laquelle Paul prie, c’est que nous connais-
sions « l’excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons ».
Il y a là une nouvelle section qui commence, et qui se poursuit jusqu’à
Éphésiens 2:10. Dans cette section, on nous dit de quelle manière Dieu a pu
et va nous accorder les bénédictions des versets 3-14.
Comment Dieu a-t-il pu nous donner, à nous qui étions morts dans nos of-
fenses et nos péchés (Éph 2:1), des bénédictions aussi glorieuses ? Il n’a pu
le faire que parce qu’il est exceptionnellement grand en puissance. Et pour
savoir à quel point cette puissance est grande « envers nous qui croyons »,
nous devons prêter attention à ce qu’Il a fait avec le Christ : Il L’a ressuscité
« d’entre les morts » et Il Lui a ensuite donné une place au-dessus de toute
puissance imaginable. Nous pouvons ainsi voir ce que Dieu a fait pour
nous « qui croyons ».
La première chose que nous lisons sur Christ dans cette lettre en rapport
avec son séjour sur la terre, c’est qu’Il était mort. Nous ne lisons rien sur sa
vie parfaite sur la terre. Le fait qu’il est présenté ici de cette façon est dû au
fait qu’Il a pris notre place. Si Dieu voulait vraiment pouvoir nous accord-
er ses bénédictions, il fallait que Christ nous cherchât et s’identifiât à nous
dans la situation où nous nous trouvions. Nous étions dans la mort à cause
de nos fautes et de nos péchés. Il est entré dans la mort volontairement et
tout ce que Dieu a fait à Christ ensuite, Il l’a aussi fait à nous. C’est ce que
nous montre Éphésiens 2:1-10. Dieu a pu faire cela parce que cet Homme
L’a parfaitement glorifié sur la terre en toutes choses.

48
Éphésiens 1

V20. « L’excellente grandeur de sa puissance » que Dieu a déployée [litt. :


opérée] en nous, il l’a d’abord déployée en Christ « en le ressuscitant d’en-
tre les morts ; et il l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes ». Nous
voyons ici la puissance de Dieu opérer avec une puissance qui agit aussi
en nous. Mais Christ est d’abord présenté. Ceci pour attirer clairement
notre attention sur le fait que nous ne comprendrons jamais aucune de nos
bénédictions si nous n’apprenons pas à voir le Seigneur Jésus et la place
qu’Il occupe en tant qu’Homme maintenant, la place à la droite de Dieu
dans les lieux célestes.
Relis Éphésiens 1:18-20.
À méditer : Pour quelles choses Paul prie-t-il pour que nous les connais-
sions ?

49
Éphésiens 1

Éph 1:21-23 | L’église, le corps du Christ

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


21 au-dessus de tout pouvoir, et autorité, et puissance, et domination, et de
tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui
qui est à venir ; 22 et il a assujetti toutes choses sous ses pieds, et l’a donné
[pour être] chef sur toutes choses à l’assemblée, 23 qui est son corps, la pléni-
tude de celui qui remplit tout en tous.
V21. Dieu a donné au Seigneur Jésus une place au-dessus de tout. Cette
place lui a été donnée en tant qu’Homme. En tant que Créateur, Il avait
toujours été au-dessus de tout, mais maintenant, en tant qu’Homme, Il est
au-dessus de tout pouvoir imaginable, dans le monde des hommes et aussi
dans le monde des anges et des démons. Et pas seulement maintenant,
mais aussi dans le futur.
Dans le futur, des puissances se révéleront qui éclipseront toutes les puis-
sances passées. Tu les trouves dans le livre de l’Apocalypse, entre autres.
On y décrit « la bête qui monte de la mer » et « la bête montant de la terre »
(Apo 13:1-18). Elles exerceront un terrible règne de terreur avec un pouvoir
presque illimité pendant une période que le Seigneur Jésus appelle « une
grande tribulation, telle qu’il n’y en a pas eu depuis le commencement
du monde jusqu’à maintenant et qu’il n’y en aura jamais plus ». Mais il
veillera à ce que les jours du règne de terreur des deux bêtes soient abrégés
(Mt 24:21-22). Telle est la puissance de notre Sauveur !
Non seulement Il fait alors preuve d’une puissance qui défie toute com-
paraison. Nous savons qu’Il a déjà reçu « toute autorité ... dans le ciel et sur
la terre » (Mt 28:18), bien que ce pouvoir ne soit pas ouvertement visible
maintenant. Il semble que toutes les décisions relatives à la vie dans ce
monde soient prises à Bruxelles ou à Moscou. Mais la foi pointe vers le
haut, bien au-delà des personnes les plus puissantes de la terre, et voit le
Seigneur Jésus à la droite de Dieu.
Et que dire des démons séducteurs, pleins d’impureté, qui empoisonnent
la pensée de milliards de personnes par le biais de la télévision, d’Internet
et de centres spirituels. Mais là aussi, la foi pointe vers le haut, au-delà
des puissances démoniaques les plus méchantes et les plus influentes, et
voit le Seigneur Jésus à la droite de Dieu. En Hébreux 2, il est dit : « Or,

50
Éphésiens 1

maintenant, nous ne voyons pas encore que tout lui soit assujetti ; mais
nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de
la souffrance de la mort, couronné de gloire et d’honneur » (Héb 2:8-9).
Avec Lui, tout pouvoir humain et démoniaque est réduit à néant !
La distinction entre les différents noms de puissances au-dessus desquelles
le Seigneur Jésus est exalté n’est pas si facile à faire. J’ai cherché dans un
dictionnaire, où les mots du Nouveau Testament sont expliqués. Sur cette
base, je vais faire une tentative.
1. « Pouvoir » [litt. : principauté, dignité de prince] se réfère à une place
au-dessus et sur les autres.
2. « Autorité » est la liberté et le droit d’exercer le pouvoir.
3. « Puissance » est la capacité et la possibilité dont dispose une personne
pour réaliser quelque chose.
4. « Domination » fait aussi référence à une place au-dessus des autres,
mais ce faisant, les autres sont soumis, tandis que le « pouvoir » concerne
davantage la position elle-même.
Au-dessus de toutes ces formes de puissance se trouve le Seigneur Jésus.
V22. En plus d’être exalté au-dessus de tout, l’ensemble est aussi soumis
à ses pieds. Bien que tous les hommes incrédules et tous les démons
ne se soient pas encore soumis, Dieu a établi cela dans son dessein. Et
cela se produira sûrement, parce que Dieu le veut. Le Seigneur Jésus est
déjà exalté au-dessus de tout maintenant et bientôt, tout Lui sera aussi
visiblement soumis parce qu’Il s’est humilié jusqu’à la mort sur la croix :
« C’est pourquoi aussi Dieu l’a élevé très haut et lui a donné le nom qui
est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se plie tout genou des
êtres célestes, terrestres et infernaux, et que toute langue reconnaisse que
Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Php 2:9-11). Tout
lui sera soumis.
Pourtant, il y a deux exceptions. La première, nous la trouvons en 1
Corinthiens 15 (1Cor 15:27). Nous y lisons que Dieu, qui a tout soumis au
Seigneur Jésus, est excepté. C’est tout à fait logique. Vient ensuite, ce qui
est presque incroyable, ce qu’aucun homme n’aurait jamais pu imaginer,
la deuxième exception : l’église. Comment Dieu a-t-Il pu faire cela ? Il a

51
Éphésiens 1

pu le réaliser en réunissant le Seigneur Jésus et l’église en une seule unité.


Dieu a donné le Seigneur Jésus pour être « chef [ou : tête] sur toutes choses
à l’assemblée [ou : église], qui est son corps ». Il est clair qu’un corps et
une tête forment une unité indivisible. Nous trouvons ici le déploiement
du grand mystère déjà indiqué au verset 10. Comment l’église peut-elle
régner avec Christ ? En ne faisant qu’un avec Lui.
Et ensuite, la façon dont Dieu le fait : Il ne donne pas l’église à Christ, mais
Il donne Christ comme don à l’église. C’est ce qui est dit ici. Lorsque nous
faisons un don à quelqu’un, la personne vaut toujours plus que le don.
Bien sûr, cela ne peut pas être l’idée ici, mais cela indique comment Dieu
valorise l’église.
Il apprécie tellement l’église qu’Il l’a non seulement connue de toute
éternité dans son dessein, mais qu’Il lui a aussi donné ce qu’Il a de plus
cher, son propre Fils. Dieu donne le Seigneur Jésus à l’église alors qu’Il est
« chef [ou : tête] sur tous ». Par conséquent, l’église est aussi élevée à cette
position. Avec elle, c’est comme avec Adam et Ève. Lorsque Dieu place
Adam au Paradis en tant que chef de la création, il lui donne Ève dans cette
position. Elle est autorisée à gouverner la création en même temps que lui.
V23. Et tout n’a pas encore été dit sur toute la gloire à laquelle l’église
participe par son union avec le Seigneur Jésus en tant qu’Homme. Les
derniers mots d’Éphésiens 1 ajoutent quelque chose d’autre qui dépasse
complètement notre compréhension. C’est quelque chose qui ne peut être
vu et admiré qu’avec ‘les yeux éclairés du cœur’ (verset 18). En tant que
corps, il est encore dit que l’église est « la plénitude de celui qui remplit
tout en tous ». Il est dit ici que l’église est « la plénitude » du Seigneur Jésus,
c’est-à-dire qu’elle le complète afin que l’Homme Jésus Christ soit parfait.
Une fois que l’Homme Jésus Christ régnera sur toutes choses, Il sera, dit
avec beaucoup de respect, un Homme complet : Homme et femme.
Nous reconnaissons aussi cela chez Adam. Quand il se réveille de son
sommeil de mort et qu’il voit Ève, il dit : « Cette fois, celle-ci est os de mes
os et chair de ma chair » (Gen 2:21-23). Le fait qu’un groupe de personnes
formerait le corps de Christ n’apparaît nulle part dans l’Ancien Testament.
Cela ne pouvait se produire qu’après que le Seigneur Jésus soit retourné
au ciel et que le Saint Esprit ait pu venir former les croyants dans ce corps

52
Éphésiens 1

(1Cor 12:13). L’église est ici considérée comme l’ensemble de tous les croy-
ants depuis la Pentecôte jusqu’à son enlèvement.
Et que dire des mots « qui remplit tout en tous ». Nous sommes ici con-
frontés à un mystère que nous ne pourrons jamais comprendre : Celui qui,
en tant qu’Homme, est rendu complet/parfait par l’église, est en lui-même
aussi parfait ! Avec cette plénitude, il remplit tout l’univers. Il est toujours
et partout présent (Jér 23:24). Nous ne devons jamais oublier que celui à
qui nous sommes unis en tant qu’Homme, demeure pourtant pour toujo-
urs : le Fils éternel de Dieu.
Relis Éphésiens 1:21-23.
À méditer : Quels aspects de la grandeur du Seigneur Jésus as-tu décou-
verts dans ces versets ? Loue-Le pour cela.

53
Éphésiens 2

Éph 2:1-3 | Morts dans les fautes et les péchés

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


1 Et vous, vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés 2 (vous y avez
marché autrefois, selon la façon de vivre de ce monde, selon le chef de l’autorité
de l’air, de l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance ; 3 et
parmi eux nous aussi, nous avons tous vécu autrefois dans les convoitises de
notre chair, accomplissant les volontés de la chair et des pensées : nous étions
par nature des enfants de colère, comme aussi les autres).
En Éphésiens 1, tu as vu ce qu’il y a dans le cœur de Dieu avant même
la fondation du monde. Éphésiens 2 te montrera ce que Dieu a fait de toi
dans ta vie sur la terre et quelle est ta place dans le monde. Ici, il ne s’agit
pas tant des desseins de Dieu ; nous les avons vues en Éphésiens 1. En
Éphésiens 2, Dieu montre sa grâce et sa puissance avec lesquelles Il s’est
mis à l’œuvre pour accomplir ses desseins. Seul Dieu pouvait changer
l’état dans lequel nous nous trouvions. Aux versets 1-10, la puissance de
Dieu se manifeste en ramenant à la vie ceux qui étaient morts ; Aux versets
11-22, sa puissance se manifeste en rapprochant ceux qui étaient loin.
V1. Les versets 1-3 décrivent qui est l’homme par nature, quelles sont ses
œuvres et à quelle influence il est soumis. Par nature, l’homme est mort ;
ses œuvres (actes), il les accomplit sous l’influence du diable et donc dans
la désobéissance à Dieu. Le premier verset fait le lien avec le chapitre
précédent (Éph 1:20). Il y est question de la mort de Christ, dans laquelle
Il est entré volontairement. Ici, il s’agit de notre mort, dans laquelle nous
sommes tombés par notre propre faute. Tu te trouves ici au point de départ
de ta vie de chrétien. Ce point de départ, c’est la mort. La mort signifie
ici qu’il n’y a plus aucune trace de vie orientée vers Dieu dans la nature
humaine.
Pourtant, il y a eu un mouvement, une certaine forme de vie. Après tout,
il est question de marcher dans tes fautes et dans tes péchés. Mais une
vie dans le péché n’est pas la vie, c’est la mort. Chaque pas a été fait sans

54
Éphésiens 2

reconnaître Dieu et a donc été une erreur. Chaque chemin a été pris sans
demander à Dieu si c’était le chemin qu’Il voulait que tu prennes et était
donc un égarement.
Une bonne illustration de cela se trouve dans l’histoire du fils prodigue
en Luc 15. Le plus jeune fils demande à son père s’il peut avoir sa part
d’héritage à l’avance. Puis il s’en va et, dans une vie de débauche, dilapide
tout son bien. Tu le vois s’affairer à toutes sortes d’activités de débauche.
Mais pour son père, il était mort, car que dit celui-ci plus tard ? « Car mon
fils que voici était mort » (Lc 15:24). En 1 Pierre 4, le fait d’être mort est
évoqué dans le même sens : « Car c’est pour cela que la bonne nouvelle a
été annoncée aussi à ceux qui sont morts » (1Pie 4:6). Ici, il s’agit aussi de
personnes qui participent activement à la société, mais sans se focaliser sur
Dieu.
Toutes tes activités ainsi que les miennes entraient autrefois sans excep-
tion dans la catégorie des ‘fautes et des péchés’. Les ‘fautes’ sont liées à
un commandement qui est donné et délibérément violé. ‘Les péchés’ sont
toutes les actions faites sans garder à l’esprit l’autorité qui est au-dessus de
nous. C’est ainsi qu’il est dit en 1 Jean 3 : « Le péché est l’iniquité » (1Jn 3:4).
L’iniquité est une action ou une manière d’agir sans loi, sans frein, c’est à
dire sans reconnaître l’autorité, Dieu étant l’autorité suprême.
V2. Cela caractérisait notre marche, tout notre comportement dans le
monde. Ce comportement s’inscrit parfaitement dans « la façon de vivre
de ce monde », c’est-à-dire les principes par lesquels le monde est guidé, le
caractère dans lequel le monde se révèle. C’est l’atmosphère dans laquelle
le monde est enveloppé, à travers laquelle les efforts des gens sont déter-
minés, laissant Dieu et ses pensées complètement en dehors du tableau.
Non seulement Dieu est ignoré, mais toutes les activités humaines sont
aussi dirigées contre Lui. L’homme est hostile dans son sentiment et dans
sa pratique, il vit en rébellion contre Dieu.
Derrière cette rébellion se trouve un directeur débordant de haine contre
Dieu et ses projets, et c’est « le chef de l’autorité de l’air », c’est-à-dire Satan,
l’adversaire immuablement dépravé et violent de Dieu. Il remplit toute
l’atmosphère de sa haine effrénée. Tout être humain qui n’est pas relié à
Dieu respire cette atmosphère. Il veut contrecarrer Dieu dans l’exécution

55
Éphésiens 2

de ses desseins autant que possible. C’est de cet esprit de rébellion que Job
parle : « Et ils disent à Dieu : Retire-toi de nous, nous ne prenons pas plaisir
à la connaissance de tes voies. » (Job 21:14 ; 22:17). Ce qui importe, c’est de
reconnaître la source d’où proviennent toutes ces paroles et tous ces actes,
qui est derrière ces paroles et ces actes.
Cet « esprit », ce cerveau démoniaque, forme une duo à toute épreuve avec
« les fils de la désobéissance ». Il n’est pas dit ‘enfants’, mais « fils ». ‘Fils’
fait référence à la maturité, au fait d’agir avec intelligence. Si tu repenses
un instant à Job 21 (Job 21:14), tu verras qu’il y a un rejet délibéré de Dieu.
C’est l’image que Dieu lui-même donne ici de toi et moi, c’est ainsi que
nous étions et c’est encore ainsi qu’est chaque personne qui ne Le prend
pas en compte. Personne n’est excusable quand il ne connaît pas Dieu
(Rom 1:18-21). À l’encontre de ce que nous étions, 1 Pierre 1 déclare ce
que nous sommes maintenant : « des enfants de l’obéissance » (1Pie 1:14).
Il ne dit pas ici « fils » car il s’agit de la nature que nous avons reçue, une
nature caractérisée par l’obéissance. Tu as reçu le Seigneur Jésus comme ta
nouvelle vie. Sa vie sur la terre était entièrement consacrée à l’obéissance.
S’il est ta vie maintenant, alors cette vie s’exprime en toi de la même façon
qu’en Lui.
V3. Malheureusement, en tant qu’enfants de Dieu, nous ne sommes pas
toujours obéissants. C’est le cas quand nous laissons agir notre chair. Puis,
en ce qui concerne la vie pratique, nous revenons pour un temps à la situa-
tion dans laquelle nous nous trouvions intégralement auparavant, quand
nous vivions « dans les convoitises de notre chair, accomplissant les volon-
tés de la chair et des pensées ». Il ressort de ces mots – convoitises, volontés
et pensées – que nos sentiments, notre volonté et notre esprit étaient tous
trois au service de Satan. Il s’est servi de tout notre esprit pour réaliser son
mauvais but.
Je n’ai pas besoin, je pense, de parler beaucoup des « convoitises de notre
chair ». Tout dans le monde tourne autour de la satisfaction des besoins.
Le monde y pourvoit et en vit. Les publicités à la télévision et les pan-
neaux d’affichage le long des routes en jouent sans scrupule. L’internet
aussi est un tel ‘satisfacteur’ de besoins. La volonté humaine est impliquée.
L’homme choisit consciemment la façon dont il va s’y prendre. Il peut ar-

56
Éphésiens 2

river un moment où cela devient une dépendance et où une personne se


laisse emporter sans réfléchir par ses convoitises. Mais ce n’est pas ainsi
que les choses ont commencé.
La pensée joue aussi un rôle. Combien de fois quelqu’un en est-il venu à
satisfaire ses convoitises en pensant à certaines choses. Si la pensée erro-
née n’est pas radicalement condamnée, on en viendra à une décision de la
volonté et ensuite à l’acte.
Dans l’ensemble, il peut être clair que les personnes qui sont mortes dans
les fautes et les péchés sont « par nature des enfants de colère ». Ici, il
est aussi question d’enfants et non de fils. Il s’agit d’une question de na-
ture, de ce qui est propre à l’état dans lequel se trouve une telle personne.
Puisqu’elle est totalement en dehors de Dieu, elle ne peut qu’évoquer sa
colère. Dieu ne peut pas permettre l’existence d’un état contraire à son
Être. S’Il travaille à une situation où Il sera « tout en tous » (1Cor 15:28), Il
exterminera aussi dans sa colère tous ceux qui cherchent à empêcher que
cela se produise.
Si cela s’appliquait aussi à toi et à moi, qui comme « les autres » étions
sous la colère de Dieu, qu’est-ce qui a poussé Dieu à nous en retirer et à
nous donner ces bénédictions bien au-delà de notre pensée ? Les versets
suivants le montreront clairement et, par conséquent, notre étonnement
face à qui est Dieu augmentera encore davantage.
Relis Éphésiens 2:1-3.
À méditer : Quelles sont les caractéristiques d’une personne qui n’est pas
un enfant de Dieu ?

57
Éphésiens 2

Éph 2:4-6 | Dieu, qui est riche en miséricorde

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


4 Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont
il nous a aimés, 5 alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a
vivifiés ensemble avec le Christ (vous êtes sauvés par [la] grâce), 6 et nous a
ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans
le Christ Jésus,
V4. Aux versets 1-3, tu as vu quelle est la nature de l’homme – mort, sans
aucun lien avec Dieu – et comment il agit selon cette nature. Tout cela
tombe sous la colère de Dieu et constitue donc la seule perspective qui
s’offre à l’homme. Il est impossible de brosser un tableau plus désespéré.
Et puis viennent ces mots rayonnants « mais Dieu ». Ces mots apportent
un renversement sans précédent à la situation désespérée de l’homme et
ouvrent une source de bénédiction sans précédent.
Tu verras ce qu’est la nature de Dieu et comment Il agit selon sa nature.
En Romains 5 et Tite 3, tu trouves aussi ces mots « mais Dieu » (Rom 5:8 ;
Tit 3:4). Là aussi, ces mots constituent l’introduction à ce que Dieu a fait et
contrastent fortement avec ce que l’homme est et fait.
Dans notre verset, Dieu n’a pas agi ou n’agit pas parce que nous étions si
misérables. Ce n’est pas notre détresse qui est primordiale. Non, Dieu agit
à partir de lui-même par lequel toute sa gloire est révélée. Dans ce que
Dieu fait ici, il n’y a que Lui qui agit. Rien n’est demandé à l’homme ici ;
il n’y a même pas d’appel à la repentance. Après tout, comment un mort
pourrait-il entendre quoi que ce soit, et encore moins répondre à quoi que
ce soit ?
Certes, l’homme est appelé à se repentir et responsable d’écouter cet appel.
Tu trouves ce côté de la vérité dans la lettre aux Romains. Dans la lettre aux
Éphésiens, tout émane de Dieu. Dieu est amour, et sa miséricorde découle
de son amour. Dieu est « riche en miséricorde ». Tu peux te rendre compte
de sa richesse en pensant à ta situation désespérée et misérable, telle qu’elle
est décrite aux versets 1-3. Dans sa grande miséricorde, Dieu s’est incliné
devant toi et t’a relevé de cette situation. Nous en voyons une illustration
attrayante en Ézéchiel 16 (Ézé 16:1-14).

58
Éphésiens 2

Comme mentionné, cette action de Dieu découle de « son grand amour ».


L’amour va au-delà de la miséricorde. La miséricorde a trait à la misère
dans laquelle se trouve quelqu’un. L’amour est au-dessus de tout et in-
dépendant de tout le reste. Dieu est amour. Il l’était déjà quand le péché
n’existait pas encore et qu’il n’y avait pas de miséricorde à exercer. Il avait
alors à cœur de bénir les hommes avec des bénédictions glorieuses, éter-
nelles et célestes que seul un Dieu tout-puissant pouvait concevoir.
Mais lorsqu’Il s’est mis en route pour les bénir, Il les a trouvés dans la
condition des versets 1-3. (Il est important de toujours se rappeler qu’il
s’agit de l’arrière-plan sur lequel les actions de Dieu sont placées.) Dieu
est-il embarrassé par cette situation ? C’est impossible. Dieu ne serait pas
Dieu s’Il n’avait pas prévu cette situation et s’Il ne l’avait pas utilisée pour
y faire briller précisément « son grand amour dont il nous a aimés ».
L’expression « dont il nous a aimés » revient aussi en Jean 17 (Jn 17:26).
N’est-il pas impressionnant de voir que cette expression fait là référence
à l’amour du Père pour le Fils ? Ici, tu vois que Dieu nous aime du même
amour que celui dont Il aime le Fils. Cela démontre une fois de plus qu’il
s’agit d’un amour éternel.
Ce sont tous des actes du grand amour de Dieu. Tu vois que tout ce que
Dieu a fait avec nous est lié à ce qu’Il a fait auparavant avec Christ. Nous
voyons le grand amour de Dieu précisément dans le fait qu’Il a non seu-
lement eu compassion de pécheurs morts auxquels Il a montré sa miséri-
corde, mais qu’Il a aussi voulu nous faire partager tout ce qui est la part de
son Fils bien-aimé.
Cela va sûrement bien au-delà du fait que seuls nos péchés seraient
pardonnés ? En soi, ce serait déjà étonnant. S’Il nous avait ensuite aussi
replacés au paradis, ce serait absolument merveilleux. Mais en ce qui con-
cerne Christ, Dieu va infiniment plus loin. Acquérir un regard à ce sujet est
la plus grande découverte que nous puissions faire après notre conversion.
V5. Considère la première étape du déploiement de son grand amour.
Alors que nous étions « morts dans nos fautes », Il nous « a vivifiés en-
semble avec le Christ ». C’est la première chose qui devait se passer pour
nous. Il est clair que cette étape devait être franchie par Dieu. Les étapes
suivantes ont aussi été prises par Dieu pour nous amener là où il voulait

59
Éphésiens 2

que nous soyons selon son dessein. Le fait de recevoir une nouvelle vie,
une nouvelle nature, s’oppose à la nature perverse qui nous caractérisait
auparavant.
Il n’est pas seulement dit que nous sommes vivifiés ; on peut dire la même
chose des croyants de l’Ancien Testament. Aucun humain n’entrera jamais
dans le royaume de Dieu sans avoir été vivifié, c’est-à-dire sans posséder
la vie de Dieu. Mais seuls les croyants qui appartiennent à l’église peuvent
dire qu’ils ont été vivifiés « ensemble avec le Christ ».
Par notre union avec le Christ, Dieu nous a donné une vie qui est passé
par la mort. La vie qui nous a été donnée est une vie de résurrection. La
vie donnée à chaque enfant de Dieu vivant après la mort sur la croix, la
résurrection et l’ascension du Seigneur Jésus est la vie du Christ ressuscité
et élevé.
Avant que Paul ne décrive les actions de Dieu, nous lisons les mots « vous
êtes sauvés par [la] grâce ». Cela souligne à quel point Dieu a agi avec
amour envers nous qui n’avions droit à rien, ni aucune possibilité de méri-
ter d’une manière ou d’une autre la faveur de Dieu.
V6. Il franchit aussi la deuxième étape vers l’objectif de Dieu : Il « nous a
ressuscités ensemble ». Cette étape est étroitement liée à la précédente ; elle
est aussi très similaire. Pourtant, il y a une différence. « Vivifié » implique
un changement dans notre condition. Nous étions morts et nous avons
reçu une vie nouvelle. ‘Ressuscité’ concerne un changement de notre posi-
tion, du terrain sur lequel nous nous trouvons. Nous étions dans le monde,
le terrain de la mort. Lorsque le Christ est ressuscité des morts, il est aussi
entré dans un autre terrain et n’avait plus rien à voir avec le monde d’avant
sa mort et sa résurrection. Le problème du péché avait été résolu.
Ce que Dieu a fait avec Lui, Dieu l’a aussi fait avec nous. Parce que nous
sommes ressuscités ensemble avec le Christ, nous ne sommes plus, nous
aussi, dans le monde de la même manière qu’à la période qui a précédé
notre vivification. Nous respirons maintenant l’atmosphère de la vie. Et ce
n’est pas la fin des actions de Dieu à notre égard.
La troisième étape est qu’Il « nous a fait asseoir ensemble dans les lieux
célestes dans le Christ Jésus ». Ici, tu ne lis pas que nous sommes assis avec
le Christ dans les lieux célestes, mais que nous sommes là dans Lui. Nous

60
Éphésiens 2

ne sommes pas encore avec notre (nouveau) corps à l’heure actuelle, et


pourtant cela est exprimé ainsi. Nous y sommes parce que l’église ne fait
qu’un avec Lui, et ainsi nous y sommes aussi. Bien que tu sois encore sur
la terre avec ton corps, tu peux accepter par la foi que dans le Christ, tu es
déjà au ciel.
Les trois étapes dont il est question ci-dessus, et qui montrent le grand
amour de Dieu, le croyant les a franchies dans un but précis. Ce but est
décrit dans le verset suivant.
Relis Éphésiens 2:4-6.
À méditer : Qu’est-ce qui a montré le grand amour de Dieu dans ces ver-
sets ? Connais-tu d’autres preuves de ce grand amour ?

61
Éphésiens 2

Éph 2:7-10 | Sauvés par la grâce

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


7 afin de montrer dans les siècles à venir les immenses richesses de sa grâce,
dans sa bonté envers nous dans le Christ Jésus. 8 Car c’est par la grâce que
vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don
de Dieu ; 9 non pas sur la base des œuvres, afin que personne ne se glorifie ;
10 car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les
bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en
elles.
V7. Le mot « afin » indique que ci-après le but des versets précédents est
décrit. Après avoir été autorisé à découvrir à quelle position élevée tu as
été amené par Dieu, à savoir placé dans le Christ dans les lieux célestes,
il t’est maintenant exprimé pourquoi Dieu t’a donné cette place. Car en
possédant cette position élevée, tes bénédictions ne sont pas complètes.
Bien d’autres choses t’attendent. Il viendra un temps, appelé ici « les siècles
à venir », où le monde entier verra ce que Dieu a fait avec toi.
Aujourd’hui, tout cela est encore caché au monde, comme il est dit en
Colossiens 3 : « Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3:3).
Cela changera dans les siècles à venir, car immédiatement après, il est dit :
« Quand le Christ, qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi vous
serez manifestés avec lui en gloire » (Col 3:4 ; 1Jn 3:2). C’est alors que « les
immenses richesses de sa grâce » deviendront visibles. Éphésiens 1 parle
aussi « des richesses de sa grâce » (Éph 1:7). Ainsi tu as vu ce que tu as déjà
reçu maintenant, comme le pardon et la rédemption. Tout ce que tu as déjà
maintenant, Dieu va bientôt l’exposer à toute la création. Cela transforme
« les richesses de sa grâce » d’Éphésiens 1 (Éph 1:7) en « les immenses
richesses de sa grâce » d’Éphésiens 2 (Éph 2:7).
Le verset 8 parle aussi de la grâce de Dieu, mais je veux d’abord regarder
avec toi la « bonté envers nous ». Quand tu laisses tout cela pénétrer dans
ton esprit, tu te sens tout petit. La bonté, c’est la richesse de la bienveillance
de Dieu présente dans son cœur et exprimée par ses actions. Et cette bonté
n’est-elle pas venue « envers nous », envers toi, envers moi et envers ch-
aque enfant de Dieu ?

62
Éphésiens 2

Qui sont ces « nous » ? Des hommes qui étaient d’abord des pécheurs per-
vers et morts ; des petites créatures chétives qui haïssaient Dieu ; qui ont
osé poser leurs mains sales sur leur Créateur ; qui l’ont maltraité, flagellé,
moqué et craché au visage ; qui L’ont cloué sur la croix et qui, après l’avoir
élevé, se sont même moqués de Lui et L’ont mis au défi de descendre de la
croix pour prouver qu’Il était bien celui qu’Il avait dit être : le Fils de Dieu.
C’est ainsi que toi et moi l’avons traité et tué. C’était toi et moi. Et « nous »,
il nous a bénis avec de telles bénédictions ! Peut-on imaginer une plus
grande grâce ? L’éternité ne sera pas trop longue pour L’adorer pour cela.
Et qui est la Cause pour que nous soyons la manifestation de la bonté de
Dieu dans les siècles à venir ? C’est le Seigneur Jésus, car c’est « dans le
Christ Jésus » que Dieu nous montrera cette riche miséricorde dans les
siècles à venir.
V8. Tout est grâce ! Paul y revient encore une fois. Il n’y a rien provenant de
l’homme là-dedans. Même la foi est appelée ici un don de Dieu. Tout cela
correspond au contenu de cette lettre, dans laquelle tout vient de Dieu. Si
l’homme disait : ‘Mais j’ai sûrement contribué à l’obtention de ces bénédic-
tions, j’ai sûrement cru ?’, alors Paul le prive de cet argument. La foi aussi
est une œuvre de Dieu, c’est Lui qui l’a opérée en nous. Tu peux le dire
ainsi : la grâce est la base, le point de départ pour que Dieu nous bénisse,
tandis que la foi est le chemin le long duquel ou le moyen par lequel Il a pu
nous donner cette bénédiction.
La bénédiction s’appelle ici être « sauvé ». Le sens premier de ce mot est :
arriver à un endroit sûr à travers tous les dangers. Si Paul dit ici que nous
sommes sauvés, cela garde l’idée que nous sommes déjà arrivés à bon port,
pour ainsi dire. Cela aussi correspond à cette lettre. Sauvé signifie ici le
salut spirituel et éternel, y compris toutes les bénédictions que Dieu donne
directement à tous ceux qui croient au Seigneur Jésus.
La foi n’est pas naturellement présente dans le cœur de l’homme. Les mau-
vaises herbes qui poussent naturellement dans le cœur de l’homme sont
détaillées en Romains 3 (Rom 3:9-19). La foi n’est pas une plante sauvage,
mais une belle fleur qui, une fois plantée par le Père céleste, ne peut être
arrachée. Il est impossible d’enlever à nouveau « le don de Dieu ». Ce qu’il
donne reste Sien et, par conséquent, dure pour l’éternité.

63
Éphésiens 2

V9. Pour écarter tout malentendu, l’apôtre ajoute que ce n’est « pas sur la
base des œuvres ». Par les propres œuvres d’une personne, il est impossi-
ble de recevoir la bénédiction de Dieu. Comment pourrais-tu espérer une
quelconque activité de la part d’un mort – après tout, nous étions morts
dans nos péchés et nos fautes ? Tout doit venir de Dieu, et c’est ce qui s’est
passé. En ce qui concerne l’homme, nous devons dire que toute gloire est
exclue. Cette gloire appartient à Dieu seul.
V10. Cela signifie-t-il que pour le croyant, les « œuvres » ne jouent aucun
rôle ? Il y a ici une réponse claire à cette question, encore une fois tout à fait
en accord avec le contenu de la lettre. En effet, elle fait référence à un type
d’œuvres totalement différent de celles prescrites à l’homme par la loi. Les
œuvres de la loi sont données à l’homme pécheur pour qu’il puisse gagner
la vie grâce à elles.
Le principe de la loi n’a rien à voir avec la grâce et la foi, mais avec les
actes attendues de l’homme pécheur : « Or la Loi n’est pas sur la base de
[la] foi ; mais : “Celui qui aura pratiqué ces choses vivra par elles” » (Gal
3:12). Ici, dans la lettre aux Éphésiens, il est question d’œuvres qui sont
la conséquence de notre salut. Elles sont la conséquence du fait que nous
sommes une nouvelle création, « car nous sommes son ouvrage », c’est-à-
dire celui de Dieu.
En effet, en tant qu’humains naturels, nous sommes aussi sa création :
« L’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol » (Gen 2:7). Il est notre
Créateur, qui « se souvient que nous sommes poussière » (Psa 103:14).
Ou, comme le dit Elihu, « je suis fait d’argile, moi aussi » (Job 33:6). Mais
notre lettre porte sur ce que nous sommes devenus en tant que personnes
nouvelles. Et tout comme Adam n’a pas contribué à sa propre création,
nous n’avons en rien contribué pour devenir une nouvelle création. Et tout
comme Adam a été chargé de travailler, nous aussi, en tant que nouvelles
créatures, sommes chargés d’œuvrer.
Aussi, les œuvres que Dieu peut attendre de nous en tant que nouvelles
personnes correspondent au contenu de cette lettre. Tu n’as pas besoin de
commencer à réfléchir profondément où et dans quoi tu dois t’engager.
Dieu lui-même l’a déjà fait lorsqu’Il a pensé à toi dans l’éternité. De même
qu’il t’a adopté à l’avance comme fils (Éph 1:5), il a aussi préparé à l’avance

64
Éphésiens 2

de bonnes œuvres, afin que tu marches en elles. Ta position a son origine


dans l’éternité et tes bonnes œuvres y ont aussi leur origine.
Tu peux voir qu’il s’agit ici d’œuvres qui étaient prêtes avant que la loi ne
soit donnée. C’est l’une des preuves montrant qu’un croyant qui appar-
tient à l’église n’a rien à voir avec la loi. La loi ne peut pas être une règle
de vie pour lui. La loi est destinée à un homme qui appartient à la terre, à
l’ancienne création. Le croyant n’appartient plus à la terre, mais – en tant
que nouvelle création – au ciel. Là, il est dès à présent placé dans Christ
comme quelqu’un qui est « créé dans le Christ Jésus », et qui est placé par
Dieu à sa droite dans les lieux célestes (Éph 1:20).
Le fait que cela parle de « bonnes œuvres » montre clairement que le
croyant n’est pas seulement considéré comme étant dans les lieux célestes,
mais qu’en même temps, il est aussi considéré comme étant sur la terre, au
milieu de l’ancienne création. Il est celui qui montre les choses du ciel dans
sa vie quotidienne sur la terre, l’ancienne création. Il s’agit de « bonnes »
œuvres, c’est-à-dire que le chrétien reçoit de Dieu des choses à faire qui
sont bénéfiques pour ceux qui l’entourent.
Pour le chrétien qui acquiert un regard sur ces œuvres, la vie perdra tout
état de crispation. Quoi de plus simple que de marcher dans des œuvres
auxquelles Dieu a déjà pourvu, en ne comptant que sur sa grâce ? En bref,
marcher dans les bonnes œuvres consiste à : montrer sur la terre qui est le
Christ glorifié dans les cieux. Éphésiens 4-5 développe ce point.
Relis Éphésiens 2:7-10.
À méditer : Qu’est-ce qui montre les richesses de la grâce de Dieu ?

65
Éphésiens 2

Éph 2:11-13 | Les nations

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


11 C’est pourquoi, souvenez-vous qu’autrefois, vous les nations dans la chair,
qui étiez appelés Incirconcision par ce qu’on appelle la Circoncision (circon-
cision faite de main dans la chair), 12 vous étiez en ce temps-là sans Christ,
privés de tout droit de cité en Israël et étrangers aux alliances de la promesse,
n’ayant pas d’espérance, et étant sans Dieu dans le monde. 13 Mais mainte-
nant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés
par le sang du Christ.
Avec le verset 11, une nouvelle section commence. Paul regarde en arrière.
En Éphésiens 2:1-10, tu as vu ce que Dieu a fait en nous personnellement,
après que notre condition désespérée a préalablement été présentée. Aux
versets 11-22, tu verras ce que Dieu a fait de nous collectivement en Christ,
après que notre condition sans espoir a aussi été présentée. Dans les deux
cas, il s’agit du temps de notre séjour sur la terre. Cela diffère d’Éphésiens
1. Là, il s’agit des desseins de Dieu dès avant la fondation du monde, c’est-
à-dire en dehors du temps et en dehors de la terre.
V11. En parlant de ‘collectivement’, j’entends tous les croyants Juifs et Gen-
tils ensemble, car c’est bien de cela dont il s’agit. L’unité qui s’est créée en-
tre les Juifs et les Gentils est un miracle de la grâce de Dieu. Paul montre la
grandeur de ce miracle en faisant une comparaison entre ce que les nations
étaient autrefois et ce qu’elles sont devenues maintenant. La majorité des
lecteurs de la lettre, à l’époque mais aussi encore aujourd’hui, se compose
de ceux qui font partie des nations. Ils sont invités à se souvenir de ce qu’ils
étaient, afin de mieux comprendre ce qu’ils sont devenus maintenant.
Pour dépeindre leur ancienne situation désespérée, il la compare à celle
d’Israël. Il est important de garder à l’esprit que cette comparaison porte
sur l’ancienne position extérieure, à la fois du Gentil et du Juif. Paul expose
en sept points la position du Gentil. Il s’agit en quelque sorte de sept coups
de massue. Chaque coup enfonce un peu plus le Gentil dans sa misère
désespérée.
Le premier coup : ils étaient « les nations dans la chair ». L’expression
« dans la chair » indique que leur vie entière était contrôlée par la satisfac-
tion des désirs charnels. En Romains 7, il est dit : « En effet, quand nous

66
Éphésiens 2

étions dans la chair, les passions des péchés, ..., dans nos membres afin de
porter du fruit pour la mort » (Rom 7:5). Cela contraste avec Israël à qui
Dieu avait donné sa loi pour qu’ils jouissent de la vie en communion avec
Dieu en y obéissant.
Deuxième coup : le Juif regarde le Gentil avec mépris et l’abaisse en l’ap-
pelant « Incirconcision » (1Sam 14:6 ; 17:26,36). Comme nous l’avons noté,
il s’agit d’une comparaison en termes de position extérieure. C’est pour-
quoi Israël est appelé ici « la Circoncision ». Il ne s’agit que de la forme
extérieure, ce qui est souligné par l’ajout « circoncision faite de main dans
la chair ».
V12. Le troisième coup : les nations étaient autrefois « sans Christ ». Christ,
c’est-à-dire le Messie pour Israël, n’a pas été promis aux nations ; Il a été
promis seulement à Israël. Lorsqu’Il est venu sur la terre, Il est venu pour
‘les enfants’ d’Israël, et non pour ‘les chiens’, les Gentils (cf. Mc 7:24-30).
Quatrième coup : les nations n’étaient pas couvertes par le droit de cité en
Israël. Par conséquent, ils ne bénéficiaient pas des nombreux privilèges
que ce droit de cité impliquait. Tu peux penser à toutes sortes de privilèges
sociaux et religieux, ainsi qu’aux instructions et aux droits que Dieu avait
accordés à son peuple. Ceux-ci réglaient l’ensemble de la vie afin qu’elle
puisse être vécue de manière optimale, dans la santé, la paix et la sécurité
(Deu 4:8).
Cinquième coup : les nations, en tant qu’« étrangers », n’avaient pas part
« aux alliances de la promesse ». Dieu avait conclu plusieurs alliances avec
Israël à partir d’Abraham (Gen 15:18 ; 17:9-14 ; Lév 26:42 ; Psa 89:4-5). Ces
alliances avaient une promesse commune : la venue du Messie, qui accom-
plira ce que Dieu a promis dans ces alliances.
Le sixième coup : « n’ayant pas d’espérance ». La situation devient de plus
en plus désespérée. Après tout ce qui précède, on pourrait espérer qu’à
un moment donné, il y aura un changement pour le mieux. Mais il n’y a
aucune perspective de ce côté-là non plus. Il n’y a aucune raison d’espérer
quoi que ce soit de bon de l’avenir.
Enfin, le septième et le plus grand coup : « sans Dieu dans le monde ».
Les nations avaient tourné le dos à Dieu en masse (Rom 1:20-21). C’est
pourquoi « dans les générations passées, il a laissé toutes les nations

67
Éphésiens 2

marcher dans leurs propres voies » (Act 14:16). Elles devaient tout faire
elles-mêmes, sans aucun lien avec Dieu. Au milieu de toutes les nations,
Dieu avait choisi Israël. À travers ce peuple, Il s’est fait connaître à toutes
les autres nations.
Quel est maintenant l’intention de cette comparaison ? Pour que ce soit
clair, je vais d’abord te dire quelle n’est pas son intention. En aucun cas, la
comparaison ne sert à prouver que les Gentils avaient désormais part aux
bénédictions d’Israël. En effet, un malentendu majeur dans l’interprétation
de ces versets serait que le Gentil aurait pu être rapproché en devenant
Juif. Cette explication ne peut pas être correcte, car dans l’Ancien Testa-
ment aussi, il y avait la possibilité de devenir juif, ce qu’on appelle un
‘prosélyte’.
De plus, Dieu avait aussi dans son cœur des bénédictions pour les nations
dans l’Ancien Testament. Nous devons seulement nous rappeler ce qui
suit. Premièrement, les bénédictions pour les nations mentionnées dans
l’Ancien Testament n’ont pas été données à ces nations elles-mêmes, mais
à Abraham, Isaac et Jacob et plus tard à Israël. En second lieu, nous voyons
que les nations ne peuvent recevoir de bénédiction que par l’intermédiaire
d’Israël. À l’avenir, lorsqu’Israël sera à nouveau le peuple de Dieu, les
nations partageront les bénéfices de cette restauration. Cela se produira
lorsque le Seigneur Jésus aura établi le royaume de paix.
V13. Qu’est-ce qui est clair pour nous en Éphésiens 2 ? Qu’il y a une béné-
diction pour les nations indépendantes d’Israël ! Le verset 13, vers lequel
nous nous tournons maintenant, explique cela plus en détail. Les nations
étaient éloignées de Dieu de deux façons. Premièrement, en étant en dehors
d’Israël. Tu viens de voir ce que cela signifie. Deuxièmement, ils étaient
aussi éloignés de Dieu sur le plan spirituel. Mais il en allait de même pour
les Juifs, ils étaient eux aussi éloignés de Dieu sur le plan spirituel.
Parce qu’ils étaient tous deux spirituellement éloignés de Dieu, les deux,
Juif et Gentil, devaient être rapprochés de Dieu et cela « par le sang du
Christ ». Le Gentil ne devient pas un Juif et encore moins le Juif ne devient
un Gentil. Ils sont tous deux amenés dans une position totalement nou-
velle, une position « dans le Christ Jésus ». En elle, il n’est plus question de
« nations selon la chair » ni d’’Israël selon la chair’. Ensemble, ils forment

68
Éphésiens 2

une nouvelle unité, comme cela est mentionné. Tout d’abord, ‘des deux il
en a fait un’ (verset 14), ensuite qu’ils sont « créés les deux en lui-même
pour être un seul homme nouveau » (verset 15) et enfin qu’ils sont réconci-
liés « avec Dieu tous les deux en un seul corps » (verset 16).
Les Juifs et les Gentils sont chacun tirés de leur environnement naturel et
placés dans une toute nouvelle entité : l’église. Pour le Gentil, mais aussi
pour le Juif, il s’agit là d’un énorme changement. Autrefois si éloigné dans
un double sens ; maintenant, « par le sang du Christ », si proche de Dieu,
et même de son cœur.
« Le sang du Christ » place le sacrifice du Christ devant notre attention.
C’est par son sang que nous avons été réconciliés avec Dieu. Sur cette base,
Dieu a supprimé tout ce qui L’empêchait de nous laisser entrer dans sa
présence et de nous bénir de toutes les bénédictions spirituelles. La valeur
du sang du Christ sera toujours présente à notre esprit.
Relis Éphésiens 2:11-13.
À méditer : Comment se fait-il que la différence de position entre le Juif et
le Gentil ait maintenant été supprimée ?

69
Éphésiens 2

Éph 2:14-16 | Christ est notre paix

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


14 Car c’est lui qui est notre paix : des deux il en a fait un et a détruit le mur
qui les séparait ; 15 il a aboli dans sa chair l’inimitié, la loi des commandements
[qui consiste] en ordonnances, afin de créer les deux en lui-même pour être un
seul homme nouveau, en faisant la paix, 16 et de les réconcilier avec Dieu tous
les deux en un seul corps par la croix, ayant tué par elle l’inimitié.
Au verset 13, tu as vu que nous sommes « approchés » et cela « dans le
Christ Jésus » et sur le fondement de son sang. Cela nous permet d’entrer
dans la présence de Dieu. Mais s’il n’y avait que cela, cela pourrait signifier
que l’église n’était qu’une amélioration du Judaïsme. Pour le Juif, l’accès à
Dieu était fermé ; pour l’église, il est ouvert.
Aussi grand que soit ce privilège, il ne dit pas tout sur ce que l’église a
de plus qu’Israël. L’église ne consiste pas en un nombre quelconque de
chrétiens qui ont désormais le privilège d’être en présence de Dieu. En
effet, ce privilège ne signifie pas nécessairement que la distinction entre les
Juifs et les Gentils a été supprimée. Et l’une des caractéristiques uniques
de l’église est précisément que cette distinction a disparu. C’est ce que ces
versets vont mettre en évidence.
V14. La disparition de cette distinction est le résultat de la mort de Christ
sur la croix. « Il est notre paix », l’accent étant mis sur « Il », sur sa personne.
Il a établi la paix entre Dieu et l’homme et – et cela semble être l’accent ici
– entre le Juif et le Gentil. C’est un point tout à fait nouveau.
Dans l’Ancien Testament, la division entre Juif et Gentil avait été faite par
Dieu lui-même. Il y avait donné la loi comme « le mur qui les séparait »
[litt. : le mur mitoyen de clôture]. La loi était une sorte de clôture. À l’in-
térieur de cette clôture, Dieu était en relation avec son peuple Israël, une
relation qui était inscrite dans une multitude de commandements et d’in-
structions. Cette clôture faisait également office de ligne de démarcation
entre Israël et les nations vivant autour d’eux, et qui n’avaient pas cette loi.
En indiquant cette séparation formelle entre Juif et Gentil, tout n’a pas
été dit non plus. Ainsi, en principe, il aurait été possible d’entretenir des
contacts amicaux les uns avec les autres par-dessus la clôture, pour ainsi

70
Éphésiens 2

dire. Mais ce n’était pas le cas. En plus d’une distinction de position, il y


avait aussi de l’inimitié. Cette inimitié était aussi le résultat de « la loi des
commandements [qui consiste] en ordonnances ».
Le Gentil était en dehors de cela, et le Juif s’en glorifiait (Rom 2:23a). Les
Gentils ne voulaient rien avoir à faire avec Dieu. Ils avaient leurs propres
dieux et se soumettaient aux règles qu’ils se sont eux-mêmes fixées. L’An-
cien Testament appelait le Juif à ne tolérer en aucune façon les idolâtres.
Cette situation a connu un changement radical – lié à la fois à la position
des uns et des autres et au sentiment d’hostilité qu’ils entretenaient l’un
envers l’autre. Tout d’abord, la loi, en tant que mur mitoyen de clôture, a
été « détruite » ou dissoute, privée de sa force.
V15. En même temps, la loi en tant qu’expression de la volonté de Dieu a
été « abolie » ou rendue inopérante. La destruction ou l’abolition se sont
produite à cause de ce que le Christ a fait « dans sa chair ». L’expression
« dans sa chair » fait référence à son corps qu’Il a livré à la mort sur la croix.
La loi a totalement disparu pour toute personne approchée, non seulement
pour le Gentil, mais aussi pour le Juif.
Même le croyant qui était à l’origine un Juif doit comprendre que pour lui,
la loi a pris fin. La même loi qui gardait le Gentil à distance de Dieu gardait
aussi le Juif à distance de Dieu. Après tout, il avait enfreint la loi. Cela le
plaçait sous la malédiction. Pour qu’il y ait la paix pour le Juif, il fallait que
la loi soit abolie pour lui aussi.
Pourtant, ce n’est pas non plus en abolissant la séparation entre le Juif et
le Gentil que l’église est devenue si spéciale. C’était nécessaire, mais pas
suffisant. La caractéristique principale de l’église n’est pas qu’il puisse
désormais y avoir des relations libres entre Juif et Gentil. La clôture aurait
alors été reconstruite, juste beaucoup plus loin, de sorte que maintenant
les Gentils se trouveraient aussi à l’intérieur de la clôture. La différence
entre le Juif et le Gentil aurait alors été abolie en élevant le Gentil au niveau
du Juif. Il serait tout à fait impensable que le Juif descende au niveau du
Gentil après la suppression de la clôture.
Aucune de ces possibilités ne reflète la façon dont Dieu a formé l’église.
Après la destruction (négative), quelque chose de nouveau (positif) appa-

71
Éphésiens 2

raît, à savoir « un seul homme nouveau » et « un seul corps ». C’est à cette


nouveauté que sont associés les Juifs et les Gentils.
Tout d’abord, un mot sur l’homme nouveau. Christ est intimement lié à
l’homme nouveau. Il l’a créé « en lui-même ». Le mot « créer » indique que
nous parlons de quelque chose qui n’a jamais existé auparavant mais qui
a été amené à l’existence par Christ. Il ne l’a pas fait de la même manière
que pour la première création en Genèse 1, en prononçant la parole de
puissance : ‘Que la paix soit !’ Non, dans son œuvre sur la croix, Il « faisait
la paix » entre le Juif et le Gentil.
Juif et Gentil comme un seul homme nouveau introduit un nouvel être,
avec des caractéristiques ou des attributs totalement nouveaux. En bref,
l’homme nouveau est plutôt ainsi : Le Christ tel qu’Il habite et devient
visible dans tous les croyants. Pour montrer l’homme nouveau, il suffit
de mentionner tous les croyants, pourtant chacun d’entre eux présente un
aspect différent. Néanmoins chaque croyant individuellement qui est en
Christ est donc une nouvelle création (2Cor 5:17).
V16. Aussi exalté que soit ce que nous voyons dans l’homme nouveau, cela
ne dit pas tout sur la proximité dans laquelle l’église est amenée à Dieu.
L’unité d’essence que l’on voit dans l’homme nouveau est suivie de la plus
grande unité possible : « un seul corps ». Un seul corps n’est pas un certain
nombre de personnes qui forment ensemble l’homme nouveau, tout en
montrant chacune un aspect différent de l’homme nouveau. Un seul corps
va encore plus loin. Cela signifie que ces personnes forment ensemble une
unité indissoluble. Elles sont attachées les unes aux autres, tout comme les
membres d’un corps sont attachés les uns aux autres.
Il s’agit là aussi de quelque chose de totalement nouveau. L’image du seul
corps exprime le plus clairement à quel point la position est totalement
nouvelle pour le Juif et le Gentil. L’ancienne position appartient définiti-
vement au passé.
Une autre image permet d’éclaircir ce point. En Jean 10, le Seigneur Jésus
parle des brebis qu’Il fait sortir de leur enclos (Jn 10:3-4). Il s’agit des brebis
Juives, des croyants qui viennent d’entre les Juifs. Il parle aussi « d’autres
brebis qui ne sont pas de cet enclos » (Jn 10:16a). Il s’agit des croyants qui
viennent des Gentils. Puis Il continue : « Il faut que je les amène, elles [c’est-

72
Éphésiens 2

à-dire les brebis des Juifs et les brebis des païens] aussi ; ... et il y aura un
seul troupeau, un seul berger » (Jn 10:16b).
Les Gentils ne sont pas amenés dans l’enclos des Juifs. Les Juifs et les Gen-
tils ne sont pas non plus amenés dans un nouvel enclos, dans un nouveau
système avec de nouvelles règles. Non, ils forment ensemble en un nou-
veau troupeau, sous la direction d’un seul Berger.
Revenons à notre chapitre. Juif et Gentil peuvent être ensemble dans un
seul corps, réconciliés avec Dieu dans sa présence. Cela aussi est le résultat
de ce que le Seigneur Jésus a fait sur la croix. Pour qu’une situation d’har-
monie entre Dieu et « les deux », Juif et Gentil, se produise, cela ne pouvait
se faire que si la réconciliation avait lieu. La réconciliation est nécessaire là
où l’inimitié prévaut.
Sur la croix, Christ a été fait péché (2Cor 5:21). Là, en Christ, Dieu a jugé
et éliminé tout ce qui ne pouvait se présenter devant Lui, afin de pouvoir
nous prendre à Lui. De plus, la croix signifie la fin de l’ancienne querelle
qui existait entre les Juifs et les Gentils, car par la croix l’inimitié a été
anéantie. Ainsi, la croix opère la réconciliation entre Dieu et les hommes et
entre les hommes eux-mêmes.
Relis Éphésiens 2:14-16.
À méditer : Qu’est-ce que Dieu a fait en Christ pour nous rapprocher ?

73
Éphésiens 2

Éph 2:17-22 | Accès auprès du Père

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


17 Et il est venu, et a annoncé la bonne nouvelle de la paix à vous qui étiez loin
et la [bonne nouvelle de la paix] à ceux qui étaient près ; 18 car par lui nous
avons, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit. 19 Ainsi
donc, vous n’êtes plus étrangers ni gens de passage, mais vous êtes concitoyens
des saints et gens de la maison de Dieu, 20 ayant été édifiés sur le fondement
des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la pierre maîtresse de
l’angle. 21 En lui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, grandit pour être un
temple saint dans le Seigneur ; 22 en lui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble,
pour être une habitation de Dieu par l’Esprit.
V17. Pour la troisième fois, ce chapitre parle de la paix. La première fois,
c’est au verset 14, où la personne de Christ elle-même est la paix. Puis au
verset 15, où la paix est le résultat de l’œuvre de Christ sur la croix. Ici, au
verset 17, il est question de proclamer la paix. Cette proclamation est aussi
attribuée au Christ.
Pourtant, « et il est venu » ne peut pas se référer à son séjour sur la terre.
À ce moment-là, Il a bien proclamé la paix aux Siens, « à ceux qui étaient
près » (Jn 14:27 ; 20:19-21), mais pas aux Gentils, « à vous qui étiez loin ».
Il n’était pas venu sur la terre pour ces derniers (Mt 10:5-6). Or, comme tu
l’as vu au verset 16, le Seigneur Jésus a fait la réconciliation par la croix,
suivie de son retour au ciel. De là, par l’intermédiaire de ses apôtres et de
ses disciples, Il fait proclamer cette paix à tous.
Ce que ses remplaçants font sur la terre en proclamant la paix aux Juifs et
aux Gentils – car il n’y a plus de distinction – est son œuvre. Tu vois une
fois de plus l’unité qui existe entre Christ dans le ciel et les Siens sur la
terre. Grâce à cela, cette paix est venue jusqu’à nous et toi et moi l’avons
aussi reçue.
V18. Après tous les superbes effets précédents de l’œuvre de Christ, nous
arrivons maintenant au sommet de nos privilèges spirituels : l’accès auprès
du Père. Tu peux te sentir parfaitement heureux et chez toi auprès de Lui,
sans désirer quoi que ce soit d’autre. Cet accès existe pour « les uns et les
autres », c’est-à-dire les Juifs et les Gentils, « par Lui », c’est-à-dire par
Christ. Il a ouvert le chemin par la croix. Il a fait en sorte que tu puisses

74
Éphésiens 2

maintenant accéder auprès du Père sans aucune hésitation en toi et sans


aucune médiation d’autre personne autour de toi. Tu peux aller directe-
ment auprès du Père.
Celui qui te permet de faire cela, qui te donne la force pour cela, est « un
seul Esprit ». Pour la quatrième fois, nous rencontrons le terme « un seul »
(versets 14-16). Toutes les unités précédentes ont été réalisées par ce seul
Esprit. Toute distinction a disparu. L’Esprit ne donne pas un accès dif-
férent au Juif et au Gentil. Chaque ‘fils’ a un accès toujours libre auprès du
Père. Dieu n’est plus caché derrière un voile, comme lorsqu’Il habitait avec
Israël dans le tabernacle et dans le temple.
La relation avec Dieu n’est plus régie par une loi, mais par la liberté. Toute
réduction de cette liberté par la réintroduction d’une loi signifierait une
obstruction à la liberté d’accès. Ce serait une perte pour l’enfant de Dieu,
mais une perte encore plus grande pour le Père qui aime ses enfants avec
lui-même.
Il ne s’agit pas non plus tellement de ce que tu fais chez Lui. Bien sûr, tu
peux L’adorer, tu peux Lui demander des choses, ça aussi. Mais le plus
important pour Lui, c’est que tu sois auprès de Lui, qu’Il voit que tu Le
cherches pour ce qu’Il est : le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Tu es
auprès de Lui comme quelqu’un qui est devenu un avec le Seigneur Jésus.
Être auprès du Père signifie que tu jouis de tout ce que le Seigneur Jésus
est pour le Père et que tu réalises ensuite que cette relation est aussi ta part,
parce que tu es uni à Lui. Il ne te reste alors plus qu’à adorer.
V19. D’autres privilèges découlent de ce grand privilège. Ce sont les mots
« ainsi donc » de ce verset qui l’indiquent. Là où tu vis, là où tu es chez toi,
là tu n’es ni étranger et ni faisant partie des gens de passage. Sur la terre,
nous sommes encore « étrangers et gens de passage » (1Pie 2:11), mais
auprès du Père, nous sommes chez nous, avec d’autres « concitoyens des
saints et gens de la maison de Dieu ». Nous ne sommes pas citoyens d’un
pays terrestre, avec la même nationalité, mais d’un pays céleste (cf. Php
3:20), dans lequel habitent tous ceux qui possèdent la ‘nationalité’ du ciel.
En plus des relations des uns avec les autres, nous pouvons y habiter
auprès de Dieu, et être ses « gens de la maison ». C’est sa maison, une
maison caractérisée par la communion avec Lui et avec les autres. Comme

75
Éphésiens 2

mentionné, c’est la maison de Dieu, la maison où Il habite. C’est le tremplin


vers les derniers versets de ce chapitre. Tu y verras comment cette maison
est construite.
V20. Il faut noter que jusqu’à présent, l’église est toujours présentée sous
l’image d’un corps. Maintenant, Paul va utiliser une autre image pour
l’église, à savoir celle d’une maison. C’est nécessaire car cela permet de
faire comprendre des choses qui ont trait à son édification. Par exemple, la
Bible dépeint l’église comme un édifice que Dieu bâtit, mais aussi comme
un édifice que les gens bâtissent. Comme ce dernier point n’est pas le sujet
ici, je ne m’y attarderai pas davantage. Ce dont il est question ici, c’est du
bâtiment de la maison construite par Dieu. En Matthieu 16, tu trouves la
même pensée (Mt 16:18). Le Seigneur Jésus y affirme qu’Il bâtira son église.
L’édification de l’église par Dieu et le Seigneur Jésus a lieu sur « le fonde-
ment des apôtres et prophètes ». On peut dire qu’ils sont le fondement à
deux égards. Ils sont eux-mêmes le fondement, les premières pierres de
l’édifice, sur lesquelles sont édifiées d’autres « pierres vivantes » (1Pie 2:5).
De plus, par leur enseignement, ils ont aussi indiqué comment bâtir.
Il est clair que les prophètes qui contribuent à former le fondement ne peu-
vent pas signifier les prophètes de l’Ancien Testament. Il ressort clairement
d’Éphésiens 3 qu’ils font référence à quelque chose d’inconnu auparavant
(Éph 3:5). Aussi, l’ordre – d’abord les « apôtres » sont mentionnés, puis les
« prophètes » – montre clairement qu’il s’agit des prophètes du Nouveau
Testament.
Ce n’est pas le fondement de cette maison qui est le plus important, mais
la pierre angulaire. Toute la maison, y compris le fondement, repose sur la
pierre maîtresse de l’angle, qui est « Jésus Christ lui-même ». C’est de Lui
que la maison entière tire sa valeur. Le caractère de la pierre maîtresse de
l’angle indique le caractère de l’édifice.
V21. Ce caractère est exprimé par « en qui ». En Lui, en lien avec Lui,
« tout l’édifice » est « bien ajusté ensemble ». L’ensemble est correctement
composé et édifié, sans risque de fissures. En Lui, cet édifice grandit en
ajoutant chaque fois de nouvelles pierres vivantes. Cet agrandissement, ou
cette édification, se poursuit jusqu’à ce que la dernière pierre soit ajoutée
et que l’édifice soit complet. C’est à ce moment-là que le Seigneur Jésus

76
Éphésiens 2

prendra l’église à Lui. Sous l’aspect de l’édifice, l’église servira alors par-
faitement le but pour lequel elle a grandi, et qui est « pour être un temple
saint dans le Seigneur ».
Dans l’Ancien Testament, le temple est l’endroit où Dieu a habité et où les
sacrificateurs ont aussi habité. Quand le Seigneur Jésus dit de la maison
du Père en Jean 14 « dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses
demeures » (Jn 14:2), Il semble faire référence au temple. Dans la maison
du Père, nous demeurerons éternellement avec le Père et le Fils et nous Les
adorerons.
V22. Pourtant, Dieu ne veut pas attendre que l’édifice soit achevé. C’est
pourquoi le dernier verset parle de l’église comme d’une habitation, d’un
lieu, dans lequel Dieu habite déjà maintenant. Cette habitation est formée
par tous les croyants vivant actuellement sur la terre. C’est une habitation
dont les pierres se détachent, ce qui arrive quand un croyant meurt, et à
laquelle des pierres sont aussi rajoutées, ce qui arrive quand quelqu’un se
convertit.
C’est une grande joie pour Dieu d’avoir une maison sur la terre dans
laquelle, par son Esprit, Il peut habiter. C’est à cette fin que les Éphésiens,
originellement Gentils, « vous aussi », ont été édifiés ensemble. À cette fin,
toi et moi, qui n’avions aucune part à quoi que ce soit, ni aucun droit à quoi
que ce soit, sommes édifiés ensemble. Quelle grâce !
Relis Éphésiens 2:17-22.
À méditer : Comment et quand te sers-tu de l’accès au Père ?

77
Éphésiens 3

Éph 3:1-4 | Le mystère du Christ

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


1 C’est pour cela que moi, Paul, le prisonnier du Christ Jésus pour vous, les
nations… 2 (si du moins vous avez entendu parler de l’administration de la
grâce de Dieu qui m’a été donnée envers vous : 3 comment, par révélation, le
mystère m’a été donné à connaître, ainsi que je l’ai déjà écrit brièvement. 4
D’après cela vous pouvez, en [le] lisant, comprendre quelle est mon intelligence
dans le mystère du Christ.
Éphésiens 3 est en quelque sorte une parenthèse. Si tu compares le verset 1
de ce chapitre avec le premier verset d’Éphésiens 4 (Éph 4:1), cela devient
clair. Après avoir écrit en Éphésiens 1 au sujet des desseins de Dieu et
en Éphésiens 2 au sujet de la façon dont Dieu nous a donné part à ces
desseins, tu pourrais t’attendre à ce que Paul nous dise maintenant ce que
tout cela signifie pour ta pratique, ta conduite.
C’est comme s’il voulait commencer à le faire en Éphésiens 3. Pourtant, ce
n’est pas le cas avant Éphésiens 4. Là, il commencera par les mêmes mots
que ceux par lesquels il débute Éphésiens 3, puis suivent les exhortations
qui se rattachent à l’enseignement qu’il a donné en Éphésiens 2.
Mais c’est le Saint Esprit qui le pousse à écrire d’abord Éphésiens 3. Pour-
quoi ? Pour y expliquer que lui, Paul, a été chargé du ministère spécial de
faire connaître « le mystère du Christ » (verset 4). Ce mystère ne résulte
pas de sa propre découverte, mais lui a été révélé par Dieu (verset 3). Ce
mystère implique le fait que Juif et Gentil forment ensemble l’église et sont
unis au Christ comme un seul corps. La distinction entre le Juif et le Gentil
a disparu.
V1. Il commence par « moi, Paul », soulignant ainsi que le mystère n’a été
révélé qu’à lui seul. Il est le premier homme à en avoir été informé par
Dieu. Il souligne aussi l’autorité apostolique avec laquelle il communique
maintenant cette révélation. Ce que Paul enseigne est complètement dis-

78
Éphésiens 3

tinct de ce que les Juifs ont lu dans l’Ancien Testament, car il n’y a rien de
lire à ce que tu as pu voir en Éphésiens 1-2.
La prédication de cette vérité a fait de lui un « prisonnier ». C’est pourquoi
il écrit qu’il est prisonnier « pour vous, les nations ». En Actes 22, lorsqu’il
parle du fait que Dieu voulait qu’il aille vers les nations, les Juifs sont de-
venus furieux et ont voulu le tuer (Act 22:21-22). Cela ne s’est pas produit,
mais cette histoire – à lire en Actes 23-28 – se termine par son emprison-
nement à Rome. Pourtant, il ne se considère pas comme un prisonnier de
l’empereur de Rome, mais comme « le prisonnier du Christ Jésus ».
Voici la leçon : quoi qu’il arrive dans notre vie, nous pouvons tout voir en
rapport avec le Seigneur Jésus. Cela nous empêchera de devenir amers.
Alors, nous surmonterons aussi les déceptions. Paul aurait pu se lamenter
sur le fait qu’il ne pouvait plus s’engager activement pour son Seigneur.
Mais que vois-tu ? Au beau milieu de sa captivité, il écrit certaines des
lettres que nous avons dans la Bible. La lettre aux Éphésiens est l’une d’en-
tre elles.
V2. Paul a passé trois ans à Éphèse (Act 20:31). Pendant cette période, les
Éphésiens se sont familiarisés avec « l’administration » confiée à Paul. Du
mot utilisé ici pour « l’administration » découle le mot économe – littérale-
ment : un intendant – qui nous est familier. L’exemple d’une telle personne
est Joseph, qui était administrateur de ‘la maison’ de Potiphar et à qui
toutes les personnes et tous les biens de Potiphar étaient confiés.
Ce fait rejoint le chapitre précédent, qui parle de la maison de Dieu. Dieu
a confié à Paul les biens de cette maison, les merveilleuses vérités de cette
maison. Il est autorisé à présenter dans la maison de Dieu, à ceux qui sont
les gens de la maison, les biens de cette maison dans leur gloire. Paul en est
profondément impressionné.
Cependant, ce service spécial ne le rend pas hautain. Il souligne que ce
service qui lui est donné pour l’église découle « de la grâce de Dieu ». Tout
le contenu de ce qui lui a été confié consiste aussi en cette grâce. Il est
bon de toujours avoir cette conscience lorsque tu peux faire quelque chose
pour le Seigneur. Tu peux le faire parce que tu connais sa grâce ; cette grâce
est aussi ce que tu transmets aux autres dans ton service.

79
Éphésiens 3

V3. « Le mystère » que Dieu a révélé à Paul « par révélation » est encore
caché dans l’Ancien Testament. Deux malentendus sont concevables à
propos de ce mystère. Le premier consiste à supposer qu’il était présent
de manière cachée dans les Écritures de l’Ancien Testament et que main-
tenant le Saint Esprit montre à Paul où le trouver. Ce n’est pas le cas. Il ne
s’agit pas de quelque chose de caché dans l’Ancien Testament. C’était un
mystère. Le plus grand des prophètes ne le connaissait pas. Il n’aurait ja-
mais pu non plus le découvrir, car il n’y était tout simplement pas présent.
Le deuxième malentendu consiste à supposer qu’il s’agit toujours d’un
mystère, même pour nous. Si nous le pensons, nous ignorons sa révélation.
Souvent, c’est aussi une excuse pour ne pas trop l’approfondir, parce que
de toute façon, tu ne peux pas le comprendre ; après tout, c’est un mystère.
Parfois même, 1 Corinthiens 2 est alors invoqué (1Cor 2:9), tandis que le
verset suivant est commodément oublié (1Cor 2:10).
Il s’agit vraiment, d’une part, de quelque chose qui a été caché en Dieu
depuis l’éternité (verset 9) et, d’autre part, qui a maintenant été fait con-
naître, d’abord à Paul, puis, par son intermédiaire, à toi et moi et à chaque
membre de l’église ! À ce sujet, Paul l’a « déjà écrit brièvement ». Il fait ainsi
référence à ce qu’il a transmis à ce sujet dans les chapitres précédents.
V4. Ce qu’il vient de dire, il le soumet à l’appréciation de ses lecteurs. Ils
peuvent ainsi voir qu’il écrit en connaissance de cause. Cela paraît simple,
mais tu ne peux te faire une opinion sur ce que Paul écrit que lorsque tu
lis en fait ce qu’il écrit précisément. C’est ainsi qu’il le dit aux Éphésiens, et
aussi à nous. Lire, c’est donc plus que simplement voir des lettres. Lire, c’est
assimiler le message, essayer de comprendre ce que dit l’auteur. Dans ce
cas, une bonne pensée spirituelle est une condition essentielle. Remarque :
il ne s’agit pas d’une capacité intellectuelle, mais d’un cœur qui aspire à
recueillir le mystère (Éph 1:17-18).
Il ne s’agit pas moins que du « mystère du Christ ». Tu te serais peut-être
attendu à ce qu’il parle maintenant du « mystère de l’église », car c’est
le sujet ici. Après tout, il s’agit de la nature particulière de l’église dans
laquelle le Juif et le Gentil ne font qu’un. Pourtant, cela ne se produit pas et
Paul écrit sur « le mystère du Christ ».

80
Éphésiens 3

Cette particularité nous montre le cœur du mystère. Ce n’est pas seule-


ment que les croyants issus des Juifs et des Gentils sont réunis, mais qu’ils
sont constitués en un seul corps. Il s’agit de l’unité entre la Tête dans le ciel
et les membres sur la terre.
Dieu a voulu nous lier les uns aux autres, mais surtout nous lier à la Tête,
Christ. Il avait l’intention de donner au Christ un corps. En Éphésiens 5,
nous voyons dans une autre image ce qu’est ce mystère, à savoir celui d’un
mariage : « Ce mystère est grand ; mais moi je parle relativement à Christ
et à l’assemblée » (Éph 5:32). S’il est question « du Christ », c’est parce que
Dieu veut mettre l’accent sur Lui.
Sur ce point, toi et moi sommes tout à fait d’accord : tout est centré sur Lui !
Relis Éphésiens 3:1-4.
À méditer : Que représente « l’administration » de Paul et qu’est-ce que « le
mystère » ?

81
Éphésiens 3

Éph 3:5-7 | Nations cohéritières, partie du même corps, co-partenaires

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


5 Ce mystère, en d’autres générations, n’a pas été donné à connaître aux fils des
hommes comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par
l’Esprit : 6 [c’est-à-dire] que les nations seraient cohéritières, feraient partie du
même corps et participeraient aussi à sa promesse dans le Christ Jésus, par le
moyen de l’évangile, 7 dont je suis devenu serviteur, selon le don de la grâce de
Dieu qui m’a été donné par l’opération de sa puissance.
V5. Le mystère de l’église n’a pas été révélé à l’époque de l’Ancien Testa-
ment. Elle était inconnue non seulement pour le peuple d’Israël, mais aussi
pour tous les autres « fils des hommes ». Aussi privilégié qu’ait été Israël
dans tout ce que Dieu lui a communiqué de lui-même, l’église ne faisait
pas partie de ces communications. À aucun homme, qu’il soit Juif ou Gen-
til, Dieu n’a dit quoi que ce soit à son sujet. C’était vraiment un secret.
Ce secret a maintenant été révélé à tous les « saints et fidèles dans le Christ
Jésus » (Éph 1:1). Pour tous les incrédules de ce monde, c’est encore un se-
cret, et malheureusement aussi pour tous les croyants qui ne s’intéressent
pas à ces choses. Ce manque d’intérêt peut provenir de l’indifférence, mais
aussi d’un faux sens de la position du croyant sur terre. Ceux qui croient
que la plus grande tâche du chrétien consiste à ‘améliorer le monde’ ne
s’intéressent pas à la véritable vie du chrétien. Cette vraie vie consiste à
montrer sur terre que tous ses intérêts sont dans les lieux célestes parce que
c’est là que se trouve Christ, avec qui il est devenu un.
Le fait que l’église n’ait pas été annoncée dans l’Ancien Testament a une
autre importance. Il s’agit du fait qu’il ne peut pas y avoir une ‘église
depuis Adam’. Dieu est resté silencieux au sujet de l’église dans l’Ancien
Testament. En Matthieu 16, le Seigneur Jésus rompt ce silence en disant :
« Sur ce roc je bâtirai mon assemblée » (Mt 16:18). C’est la première fois que
ce mystère est mentionné.
Le Seigneur Jésus utilise aussi le futur : « je bâtirai ». Pour bâtir son église,
Il devait aller jusqu’à la mort, puis ressusciter, et enfin aller au ciel et de là,
envoyer le Saint Esprit. Grâce à l’effusion du Saint Esprit, un événement
mentionné en Actes 2 (Act 2:1-4), l’église a été « baptisée ... pour être un

82
Éphésiens 3

seul corps » (1Cor 12:13). Les personnes présentes lors de cet événement
n’ont pas réalisé que cela avait créé l’église.
C’est à Paul que Dieu a révélé ce qu’est l’église, comme Il l’a toujours eu à
l’esprit et la manière dont Il élabore ses pensées à son sujet. Ce n’est que
dans les lettres de Paul que tu trouveras cet enseignement particulier sur
l’église. Il a été spécialement mis à part dans ce but l’un de ces « saints
apôtres et prophètes » de Jésus Christ.
V6. Ce que ce mystère implique est communiqué dans ce verset. Trois mots
sont utilisés, dont aucun ne se trouve dans l’Ancien Testament. Il s’agit de
cette vérité absolument nouvelle, que les nations ensemble avec les Juifs
1. seraient cohéritières,
2. feraient partie du même corps et
3. participeraient aussi à la promesse dans le Christ Jésus.
Dans une certaine mesure, la bénédiction a aussi été promise aux nations
dans l’Ancien Testament, mais exclusivement par l’intermédiaire d’Israël,
tant que cette nation est restée un peuple séparé.
Même à l’avenir, dans le royaume millénaire de paix, quand toutes les
bénédictions promises par Dieu dans l’Ancien Testament seront arrivées,
tant pour Israël que pour les nations, Israël restera un peuple séparé. Que
ceux des nations soient cohéritiers et membres d’un même corps, dans
lequel toute différence entre les Juifs et les nations a été abolie, cela était
caché jusqu’au moment où Dieu l’a révélé à Paul.
Maintenant, qu’est-ce qui fait que le mystère de l’église va au-delà de ce qui
a été donné à Israël ? Tout d’abord, parce que les croyants issus des Juifs
et des Gentils sont unis ensemble en tant que « cohéritiers » avec celui qui
régnera sur tout « ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre » (Éph
1:10). Cet héritage étonnant va bien au-delà de ce qu’Israël, en tant que
peuple séparé, possédera à l’avenir.
Tu peux être héritier ensemble, tout en n’ayant plus aucun lien l’un avec
l’autre. Cependant, le Juif croyant et le Gentil croyant ne sont plus séparés.
La description « partie du même corps » indique un lien qui ne peut être
décrit de manière plus intime. Il signifie que les croyants issus des nations

83
Éphésiens 3

appartiennent désormais au même corps que les croyants issus des Juifs :
ensemble, ils forment un seul corps.
Ce deuxième ‘ensemble’ va plus loin que le premier. Si le Juif pouvait en-
core imaginer un héritage ensemble, former un seul corps avec les Gentils
dépasse son imagination.
Le troisième ‘ensemble’ concerne la participation du Juif et du Gentil en-
semble « a sa promesse dans le Christ Jésus ». La question est de savoir
de quelle promesse il est question ici. Il ne s’agit pas d’une quelconque
promesse que Dieu a faite dans l’Ancien Testament. Étant donné ce que
nous avons découvert au verset 5, il s’agit d’une promesse précédemment
cachée en Dieu. Mais une promesse, tu la fais à quelqu’un, n’est-ce pas ?
Oui, c’est le cas, et je pense qu’un verset de Tite 1 nous aide à trouver la
réponse à cette question. Tu y lis au sujet de « la vie éternelle que Dieu, qui
ne peut mentir, a promise avant les temps des siècles » (Tit 1:2).
Alors que l’homme n’existait pas encore, Dieu a déjà fait une promesse.
Mais à qui donc ? Il ne peut s’agir ici d’autre chose que de la promesse que
le Père a faite à son Fils, le Fils éternel. Cette promesse, c’est la vie éternelle.
Bien que Tite 1 ne parle pas de Christ et de l’église, mais de ce que Dieu
a promis aux croyants individuels, le caractère de la promesse s’applique
bien à l’église.
L’accomplissement de cette promesse ne pouvait pas se produire avant
que le Seigneur Jésus ne soit venu sur la terre et n’ait achevé l’œuvre que le
Père Lui avait donnée à faire (Jn 17:1-4). Ce n’est qu’alors que Dieu pouvait
accomplir « la promesse de la vie qui est dans le Christ Jésus » (2Tim 1:1)
en donnant cette vie à tous ceux qui sont unis à Lui. La vie éternelle est
la part de tous ceux qui appartiennent à l’église. Grâce à ce troisième ‘en-
semble’, nous pouvons jouir des bénédictions du premier et du deuxième
‘ensemble’.
Ce troisième ‘ensemble’ dépasse aussi toutes les promesses faites à Israël,
tant au sens littéral que spirituel. Les promesses faites à Israël concernent
la vie et les bénédictions matérielles ici sur la terre. La « promesse dans le
Christ Jésus » est liée à la vie éternelle et aux bénédictions spirituelles dans
les cieux.

84
Éphésiens 3

Tous les aspects merveilleux contenus dans « le mystère du Christ » (verset


4) nous sont parvenus « par l’évangile ». C’est la voie par laquelle Dieu
nous a révélé toutes les richesses du Christ.
V7. Paul s’en est fait le serviteur, il a prêché l’évangile et a ainsi fait
connaître le mystère. Il ne s’en glorifie pas. Il est conscient que seule la
grâce de Dieu lui a permis cela. Le contenu de sa prédication, sa richesse
impressionnante, la façon dont il remplit son ministère, tout cela est dû
exclusivement à la grâce de Dieu.
Qui est capable de mesurer la grâce de Dieu ? Personne, après tout ? Égale-
ment, personne n’est capable de mesurer la richesse du contenu de l’évan-
gile que Paul apporte ici. Paul est confronté ici à une tâche pour laquelle il
n’a aucune force en lui-même. Mais Dieu lui donne les moyens d’accomplir
son service « par l’opération de sa puissance ».
La grâce de Dieu est la source de laquelle tout procède. Nous l’avons déjà
vu et nous le verrons encore. C’est seulement par la puissance de Dieu qui
a permis à Paul de prêcher ce riche évangile que nous pouvons nous aussi
y participer.
Relis Éphésiens 3:5-7.
À méditer : Quelles différences ces versets ont-ils mis en évidence entre les
bénédictions pour Israël et celles de l’église ?

85
Éphésiens 3

Éph 3:8-10 | Les richesses insondables du Christ

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


8 À moi qui suis moins que le moindre de tous les saints, cette grâce a été
donnée d’annoncer parmi les nations les richesses insondables du Christ, 9 et
de mettre en lumière devant tous quelle [est] l’administration du mystère caché
de tout temps en Dieu qui a tout créé ; 10 afin que la sagesse si variée de Dieu
soit maintenant donnée à connaître aux pouvoirs et aux autorités [qui sont]
dans les lieux célestes, par le moyen de l’assemblée,
V8. Il est bien de voir comment Paul se qualifie ici, à la lumière de cette
lettre. Il s’agit d’une lettre de contrastes. Tout d’abord, l’homme est dépeint
dans sa dépravation absolue (Éph 2:1-3). Par contraste, tu as vu comment
l’homme a reçu une position merveilleusement exaltée en Christ. Tu vois
aussi ce contraste illustré dans le ministère de Paul. Auparavant, il était un
persécuteur de l’église et donc du Seigneur. Et celui-ci même qui a détruit
l’église reçoit la grâce de proclamer les richesses insondables du Christ
parmi les nations. C’est pourquoi il s’appelle lui-même « le moindre de
tous les saints ».
Lorsqu’il pense au contenu du message qu’il peut annoncer, cela a un tel
impact sur lui qu’il se qualifie ainsi. C’est l’attitude qui convient à tous
ceux qui ont reçu quelque chose à faire de la part du Seigneur – et qui ne
l’a pas fait ? Tout ce que nous comprenons de la vérité devrait nous amener
à devenir de plus en plus petits.
En ce qui concerne ce merveilleux service qui lui a été rendu, il se compare
à « tous les saints ». Après tout, c’est à eux que cette lettre est adressée
(Éph 1:1) et c’est à eux qu’il partage toute cette beauté. Cependant, il ne
se place pas au-dessus d’eux, mais plutôt en dessous d’eux. Nous voyons
toujours cette attitude chez Paul. Quand il se compare aux autres apôtres,
il se qualifie lui-même « le moindre des apôtres » (1Cor 15:9). Quand il se
compare aux pécheurs, il dit « dont moi je suis le premier » (1Tim 1:15).
La vérité qu’il lui est permis de transmettre influe sur son attitude. Que
nous comprenions la vérité doit être une affaire de cœur et nous voyons
alors aussi notre propre petitesse. S’il ne s’agit que de connaissances, nous
devenons orgueilleux(1Cor 8:1).

86
Éphésiens 3

Paul ressent sa petitesse quand il voit l’énormité de son ministère, « parmi


les nations », et son contenu transcendant, « les richesses insondables du
Christ ». Lui, et personne d’autre, est chargé d’annoncer – littéralement :
d’évangéliser – des choses si riches qu’elles ne pourront jamais être entière-
ment retracées par qui que ce soit. Encore une fois, il s’agit du Christ, avec
tout l’accent mis sur Lui.
V9. La proclamation de choses aussi élevées rend clair – « de mettre en
lumière » – ce qui était jusqu’à présent caché en Dieu. J’ai déjà évoqué les
mots « administration » et « mystère » en discutant des versets 2-3 de ce
chapitre, où ces mots apparaissent aussi. En exerçant son ministère, Paul
remplit sa fonction d’intendant. À lui, Dieu confie ce qu’il avait aupara-
vant gardé pour Lui seul : un secret connu seulement des trois personnes
de la Divinité. Arrive alors le moment où Dieu fait connaître son dessein.
Paul est l’instrument que Dieu a choisi pour faire connaître son mystère.
Le but de cette communication est indiqué au verset 10, mais il y a d’abord
quelque chose d’autre qui est dit à propos de Dieu et qui ne doit pas être
négligé. Il est « Dieu qui a tout créé ». Comment Paul peut-il ici, alors que
nous entendons tant parler des choses du ciel et de l’éternité, faire soudain
référence à la création ? Bien sûr, nos pieds sont toujours là, mais cette
lettre a sûrement porté jusqu’à présent sur notre position dans les lieux cé-
lestes et sur nos bénédictions dans et avec Christ ? Cela aussi est vrai. Mais
précisément parce que nos pieds sont encore dans la première création,
l’ancienne création, nous avons encore tout à voir avec elle.
Dieu veut que ses desseins, qui se rapportent tous à quelque chose de com-
plètement nouveau et qui est apparue en dehors de l’ancienne création,
soient vus au milieu de celle-ci. Dieu a tout créé pour servir de plate-forme
à l’exposition de ce qui était caché en Lui.
En introduisant le nouveau, il aurait pu supprimer l’ancien. Il aurait aussi
pu placer le nouveau aux côtés de l’ancien. Il aurait pu transformer l’ancien
en nouveau. Il n’a rien fait de tout cela. Il utilise l’ancien pour rendre visible
en lui, le tout nouveau, qui est Christ et l’église comme parfaitement unis
l’un à l’autre.
V10. Et pas seulement plus tard, quand ce que nous lisons en Éphésiens 1
s’accomplira (Éph 1:10), mais déjà maintenant, « afin que ... maintenant ».

87
Éphésiens 3

Dieu s’est révélé de certaines manières dans le passé. Il l’a fait dans la créa-
tion (Rom 1:20). Pourtant, Il ne s’y est pas révélé complètement. Ce que
nous y découvrons, c’est sa sagesse dans la création. Les anges ont vu cette
sagesse et s’en sont réjouis (Job 38:7). Ils ont aussi vu que Dieu a créé les
hommes, que l’homme a bénéficié de l’attention particulière de Dieu et que
lui-même a suivi ses voies avec cet homme. Ils ont vu et se sont émerveillés
de la façon dont Dieu a traité l’homme devenu rebelle.
Mais maintenant, le même Dieu a montré quelque chose qui était incon-
nu auparavant, à savoir qu’à l’avenir, Il va tout soumettre à un Homme.
L’Homme à qui Il fait cela, est nouveau, car cet Homme, c’est Christ et
l’église. Cela était caché dans le cœur de Dieu et est maintenant porté à la
connaissance des anges par l’existence de l’église.
Les puissances angéliques bonnes et mauvaises, les « pouvoirs » et les
« autorités [qui sont] dans les lieux célestes », n’ont pas de mots pour ce
qu’ils voient en matière de sagesse lorsqu’ils regardent l’église. Cette sag-
esse est si unique qu’elle surpasse toute autre sagesse. Cette sagesse est
complètement nouvelle et n’est pas simplement une autre étape dans le
déploiement de ses sagesses. C’est « la sagesse si variée de Dieu », c’est-à-
dire une sagesse dans tous les aspects glorieux possibles. Et cette sagesse
se voit dans ceux qui composent l’église ensemble, non pas dans ce qu’ils
sont en eux-mêmes, mais dans ce que Dieu a fait d’eux.
Les anges savaient que Dieu est tout-puissant et souverain. Si Dieu veut
placer des personnes au-dessus des anges, il est libre de le faire. Mais la
façon dont Dieu le fait révèle sa sagesse, et c’est ce dont il s’agit ici. Non
seulement Il agit dans la toute-puissance, mais Il le fait aussi de façon tout
à fait juste et en accord avec tout ce qu’Il est en lui-même : la révélation
parfaite de l’amour et de la lumière. Quand Il traite l’église de cette façon,
Il n’est pas pour autant injuste envers l’une de ses autres créatures ou en
opposition à tout ce qui est auprès de Lui.
Les anges occupent une place plus élevée dans la création que les hommes.
N’est-il donc pas injuste qu’Il donne maintenant à de chétives créatures,
qui ont d’ailleurs désobéi à Dieu et amené le Créateur à la croix, une place
au-dessus de ces anges qui l’ont toujours servi fidèlement et n’ont jamais
fait quoi que ce soit qu’Il n’ait pas voulu ? Non, car le travail requis pour

88
Éphésiens 3

cela a été accompli par un Homme, Jésus Christ, sur la croix du Calvaire. Il
y a révélé que Dieu est lumière et amour.
Il a démontré la haine de Dieu pour le péché et son amour pour le pécheur
dans tous ses aspects. Il y a restauré tout ce qui avait été détruit par l’œuvre
de Satan et de ses anges. Il a dégagé le chemin pour Dieu afin que celui-ci
puisse accomplir tous ses desseins. Pour cela, Dieu L’a récompensé en Lui
donnant une place au-dessus de tout, et c’est là qu’Il a fait de l’église un
seul corps avec Lui (Éph 1:20-23). Les anges voient cela et reconnaissent la
sagesse si variée de Dieu.
Relis Éphésiens 3:8-10.
À méditer : Quelle est la raison d’être de l’église sur terre aujourd’hui ?

89
Éphésiens 3

Éph 3:11-13 | Hardiesse pour nous approcher

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


11 selon le dessein éternel qu’il a réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur,
12 en qui nous avons hardiesse pour nous approcher avec confiance, par la foi
en lui. 13 C’est pourquoi je [vous] prie de ne pas perdre courage à cause de mes
afflictions pour vous : c’est votre gloire.
V11. Ce qui a été mis en évidence par Paul dans les versets précédents, ce
qui a été mis en lumière par lui, est dans le cœur de Dieu depuis l’éternité.
Je fais référence à l’époque précédant la création, qui ne peut en fait pas
être appelée ‘temps’, car dans l’éternité, il n’y a pas de notion de temps.
L’éternité est intemporelle. Dieu est au-delà et au-dessus du temps. Nous
savons ce qu’est le ‘temps’ parce que Dieu l’a créé. Tu peux lire cela en
Genèse 1.
Avant qu’il y ait la création, il y avait l’intention de Dieu concernant
l’église. Lorsque le temps a commencé, Dieu n’a pas encore annoncé im-
médiatement le « dessein éternel » [note: litt. : le propos des siècles, c.-à-d. :
ce qu’Il s’est proposé, son plan éternel] de son cœur. Nulle part Il n’a pro-
noncé de prophétie à ce sujet ou fait de promesse à ce sujet aux gens sur la
terre. Nous lisons aussi à propos de ce dessein éternel en Éphésiens 1 (Éph
1:4,11). Là, il est question de nos bénédictions personnelles. Ici, il s’agit de
nos bénédictions en tant qu’église, reçues par tous les croyants ensemble.
Quelle que soit la bénédiction concernée, elle n’est jamais séparée du Sei-
gneur Jésus. Ce dessein éternel, Dieu l’a « réalisé [note: ou : établi ; litt. :
fait] dans le Christ Jésus notre Seigneur ». Il en est le centre. Cela nous par-
le du plaisir particulier que Dieu a en son Fils depuis l’éternité. Ce plaisir a
reçu une raison supplémentaire à travers la vie et la mort du Fils de Dieu
qui est devenu Homme (Jn 10:17 ; Mt 3:17). Tout ce que Dieu se propose et
fait, est focalisé sur son Fils.
Le Fils est ici appelé par son nom étendu :
1. Il est le « Christ », c’est-à-dire ‘l’Oint’, l’Homme du bon plaisir de Dieu,
en qui Dieu trouve son plaisir.
2. Il est « Jésus », l’Homme humble qui a vécu sur la terre parfaitement à la
gloire de Dieu et a accompli son œuvre.

90
Éphésiens 3

3. Il est aussi « notre Seigneur », la personne à laquelle nous nous soumet-


tons volontiers complètement en reconnaissance de son autorité sur nos
vies.
Celui qui Le connaît est tout à fait d’accord avec le plan éternel de Dieu de
faire de Lui le centre de l’univers et de l’éternité.
V12. Ce qui précède n’est pas déplié pour ‘les yeux éclairés de ton cœur’
(Éph 1:18) juste pour l’admirer, même si tout est admirable. Il t’invite à te
tenir hardiment dans ces bénédictions. C’est-à-dire à te sentir chez toi dans
la présence du Père. Réfléchis encore une fois à ce sur quoi repose cette
hardiesse.
Jusqu’à présent, il t’a été permis de t’émerveiller de ces merveilleux des-
seins de Dieu. Tu t’es émerveillé que Dieu t’ait permis d’avoir un aperçu
des secrets de son cœur qui sont là depuis toute éternité et qu’Il te les
révèle maintenant. Tout est si grand que cela te rendrait timide ou hésitant
à même poser le pied sur cette terre sainte. Mais qu’as-tu aussi découvert ?
Que « Jésus Christ notre Seigneur » est le centre de tous ces desseins de
Dieu. Si donc tu étais trop timide pour poser tes pieds dans ces desseins,
tu peux te rappeler que le centre de ceux-ci est notre Seigneur.
Avant que le temps n’existe, avant qu’une partie des anges ne tombent
dans le péché, avant que l’homme ne tombe dans le péché, Il était le centre.
Après que le péché est entré dans le monde, Il est venu et a résolu cet
énorme problème qu’est le péché. Tu t’es confié à Lui. Il est celui qui est
venu sur la terre et qui est mort pour toi, non seulement pour te libérer de
tes péchés, mais aussi pour te donner ces nombreuses et grandes bénédic-
tions. De ces bénédictions, Il est le centre.
Alors tu n’as pas non plus à avoir honte de te tenir dans ces bénédictions
et d’en profiter. Tu peux t’y déplacer librement et tu peux t’exprimer libre-
ment. « Hardiesse » signifie quelque chose comme la liberté d’esprit de
dire tout ce que l’on a sur le cœur. Sans aucun fardeau sur ton cœur, tu
peux rester là et en profiter pleinement.
Mais même si tu as la hardiesse maintenant, cela ne t’aiderait pas si tu
n’avais pas accès à ces bénédictions. C’est ce que dit la deuxième partie de
ce verset. Tu as la hardiesse pour t’« approcher » et en plus « avec confi-
ance ». Dieu a ôté tous les obstacles. L’accès est libre. Tu as la confiance que

91
Éphésiens 3

Dieu se réjouit de te voir en sa présence. Ce n’est pas qu’Il te tolère là, mais
Il aime que tu sois avec Lui, car la base est « par la foi en lui ».
Tu pourrais penser qu’il s’agit de la foi dans le Seigneur Jésus en tant que
Sauveur. C’est certainement lié à cela, mais cela va un peu plus loin. Il
s’agit de la foi en celui en qui Dieu a réalisé son dessein éternel, c’est-à-dire
Jésus Christ notre Seigneur. Certes, c’est Lui qui est allé à la croix pour toi
afin d’y mourir pour tes péchés, te donnant ainsi accès à Dieu (Rom 5:1-2).
Mais dans la lettre aux Éphésiens, tu Le vois comme le centre de toutes
les desseins de Dieu. Et si tu as appris à Le connaître ainsi, à L’accepter
ainsi par la foi, tu entreras avec confiance dans la maison de Dieu pour
L’admirer et L’adorer pour tout ce qu’Il a dans son cœur pour l’église de
toute éternité.
Si tu peux en faire partie, c’est grâce à l’œuvre que Christ a accomplie sur
la croix. Sur la croix, la consécration parfaite et la glorification de Dieu ont
trouvé leur apogée et leur couronnement. C’est sur cette base que Dieu
réalisera ses projets. Que tu sois, en tant que membre de l’église de Dieu,
impliqué dans ces plans est un miracle de la grâce. Pour cette grâce, Dieu
est digne de toute adoration.
V13. S’Il a payé ce prix pour te donner tout cela, les afflictions ne devraient
pas te décourager. Le verset précédent présentait ta relation avec Dieu.
Ce verset montre ta relation avec le monde. Envers Dieu, il y a de la har-
diesse, de l’accès et de la confiance. De la part du monde, les afflictions
te parviennent. Même si tu ne comprends pas toujours l’affliction, par ta
confiance en Lui, tu supposes qu’il y a de la sagesse et de l’amour derrière.
Tu as confiance dans le fait que tout n’est que pour ton bien. Pour Paul, il
en est ainsi.
Le mot « donc » par lequel commence ce verset renvoie au précédent et
donne la raison de son prière. Dieu aurait pu le délivrer de sa captivité
comme il a délivré Pierre (Act 12:7-11), mais Il ne le fait pas. Que fait le
Seigneur ? Il est avec Paul, l’aide et lui donne connaissance de tout ce que
nous avons maintenant dans ses lettres.
L’emprisonnement, apparemment la fin de son ministère, devient le
couronnement, le plein accomplissement de son administration. Si Paul
est emprisonné et y subit des afflictions, c’est à cause de la vérité qu’il

92
Éphésiens 3

a apportée aux Éphésiens. Ceux-ci ne doivent donc pas être découragés


par son emprisonnement, mais plutôt être encouragés. Le fait d’être uni à
un Christ céleste et de vivre de façon cohérente en accord avec lui suscite
désormais l’inimitié des gens religieux qui adhèrent à une religion terres-
tre ou charnelle.
Paul ne pense pas à sa propre situation. Il s’inquiète du fait que toutes les
vérités impressionnantes à cause de sa captivité n’auront aucun effet dans
la vie des croyants d’Éphèse. Ils pourraient penser : ‘Cela nous coûtera
trop cher.’ C’est pourquoi Paul leur fait remarquer qu’il est emprisonné
précisément à cause de l’exercice de son administration qui consiste à
annoncer ‘les richesses insondables de Christ parmi les nations’, ce qui
inclut aussi les Éphésiens. Il prend les afflictions comme quelque chose qui
vient naturellement. Pour lui, l’affliction est l’opposé terrestre de la gloire
céleste.
Le chrétien qui réalise cela considérera les afflictions découlant de son lien
avec un Seigneur céleste comme un privilège, comme un honneur.
Relis Éphésiens 3:11-13.
À méditer : Quels sont tes privilèges par rapport à ton lien avec Dieu et
comment cela affecte-t-il ton lien avec le monde ?

93
Éphésiens 3

Éph 3:14-17 | Prière au Père

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


14 C’est pour cela que je fléchis les genoux devant le Père de notre Seigneur
Jésus Christ, 15 duquel est nommée toute famille dans les cieux et sur la terre,
16 afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous donne d’être fortifiés en
puissance par son Esprit quant à l’homme intérieur, 17 pour que le Christ
habite, par la foi, dans vos cœurs, [et que vous soyez] enracinés et fondés dans
l’amour,
V14. Les grandes vérités que Paul a eu le privilège de présenter jusqu’à
maintenant remplissent aussi son propre cœur. Submergé par tout ce qu’il
a reçu de Dieu, il fléchit les genoux devant « le Père de notre Seigneur Jésus
Christ ». Il s’est déjà adressé à Dieu dans la prière plus tôt, en Éphésiens
1 (Éph 1:17). Là, il s’adresse au « Dieu de notre Seigneur Jésus Christ ». À
propos de la différence entre « le Dieu de » et « le Père de », j’ai déjà évoqué
cela au sujet de Éphésiens 1:3.
En Éphésiens 1, Paul prie pour que les Éphésiens puissent aussi apprendre
à comprendre et à jouir des richesses qu’il a décrites. Il peut leur écrire
qu’ils sont bénis de toutes les bénédictions spirituelles dans les lieux cé-
lestes, mais il ne peut pas leur donner la capacité de s’approprier de ces
bénédictions et d’en jouir. Pour ce faire, il faut que « le Dieu de notre Sei-
gneur Jésus Christ » leur en donne la possibilité. Il se tourne donc vers Lui
et Lui demande de travailler en eux en leur donnant « [l]’esprit de sagesse
et de révélation dans la connaissance » et que « les yeux de votre cœur
étant éclairés » (Éph 1:17-18a).
Les bénédictions dont Paul parle ici sont la possession de chaque croyant
personnellement. Il est merveilleux de voir à quel point Paul s’engage à ce
que chaque croyant connaisse et jouisse de ces bénédictions. Pour lui, il
ne s’agit pas de délivrer un message puis de passer à autre chose. Il désire
ardemment que ce qu’il a le privilège de transmettre pénètre réellement le
cœur des croyants.
Aussi, même si certaines choses sont parfois difficiles à comprendre, il ne
va pas ajuster son message. C’est souvent la tendance dans le christianisme
d’aujourd’hui. Le message devient alors un ‘produit’ qui s’adapte aux sou-
haits du ‘client’. Quand Paul prêche la Parole, il le fait selon qu’elle lui a

94
Éphésiens 3

été donnée et en même temps, il demande à son envoyeur, au nom de qui


il parle, s’il veut bien accorder que la Parole prêchée soit aussi comprise.
Chaque prédicateur devrait suivre cet exemple.
Paul a certainement un œil pour son ‘auditoire’. Il sait qu’il ne pourrait
pas communiquer le contenu de la lettre aux Éphésiens aux croyants de
Corinthe, par exemple. Ils ne comprendraient rien de tout cela parce qu’ils
étaient charnels. Le fait qu’il ait pu dire aux Éphésiens les merveilleuses
bénédictions – pour le croyant personnellement et pour l’église – ne signi-
fie pas qu’ils aient en eux-mêmes le pouvoir d’absorber tout cela. Car il ne
s’agit pas d’une question de capacité intellectuelle, d’un grand intellect,
mais il s’agit du cœur. Si elle est absorbée dans le cœur, elle aura son effet
dans la vie. Paul souhaite que cela se produise et il prie pour cela, aussi
bien en Éphésiens 1 qu’en Éphésiens 3.
La raison de sa prière ici est ce qu’il a dit dans la section précédente. Au
cœur de cette prière se trouvent les « richesses insondables du Christ »
(verset 8). C’est ce qu’il entend par « c’est pour cela ». Il souhaite qu’en
plus de leurs bénédictions personnelles, les croyants acquièrent une
compréhension des bénédictions qu’ils ont reçues collectivement, en tant
qu’église. Il est à retenir que les bénédictions de l’église sont encore plus
grandes que celles des croyants individuels.
Un exemple permet de comprendre cela. Tu peux jeter un grand nombre
de pierres en tas ; tu peux aussi bâtir une maison avec ces pierres. Dans
les deux cas, tu as le même nombre de pierres, mais lorsqu’une maison
est bâtie à partir de ces pierres, ce tas de pierres aura une énorme valeur
ajoutée.
Il en va de même pour l’église. Tous ceux qui connaissent le Seigneur Jésus
sont des pierres vivantes parce qu’ils L’ont comme vie. Mais ils représen-
tent bien plus. Ensemble, elles constituent « la maison de Dieu, qui est
l’assemblée du Dieu vivant » (1Tim 3:15 ; 1Pie 2:5). Il en va de même pour
l’église en tant que corps. Chaque croyant est un membre du corps. Ce ne
sont pas des membres qui vivent chacun pour soi. Ensemble, ils forment
le corps de Christ. De ce corps, Il est la Tête. Paul vient de dire à ce sujet
quelles glorieuses bénédictions y sont associées.

95
Éphésiens 3

Là aussi, il ressent son impuissance pour les amener à recevoir ces béné-
dictions dans leur cœur et d’en jouir. C’est pourquoi il se met à prier. Il prie
maintenant « le Père de notre Seigneur Jésus Christ », car la section suivante
concerne le Seigneur Jésus qui, en tant que Fils éternel, est le centre de tous
les plans de Dieu. En Éphésiens 1, il veut que les croyants aient une idée
de ce que Dieu a fait pour eux par Christ. Maintenant, il aimerait que les
croyants réalisent ce que le Père est en train de faire en eux par son Esprit.
V15. La gloire de ce Père est impressionnante. Elle rayonne de toutes les
familles qui finiront par remplir les cieux et la terre. Toutes ces familles
portent son nom parce qu’elles sont issues de Lui. Il en est le ‘Concepteur’.
Il leur a donné à toutes une place dans ses plans.
Par ces familles, tu peux penser aux familles d’anges et à toutes sortes de
familles de personnes, aussi bien dans le judaïsme que parmi les nations.
Non pas que toutes ces familles L’appellent Père. Seuls ceux qui sont de-
venus ses enfants par la foi dans le Seigneur Jésus peuvent le faire. Nous
avons été introduits dans cette relation intime. Le Seigneur Jésus est depuis
l’éternité le Fils du Père. Par conséquent – dans un certain sens – Il est aussi
à la tête de ces différentes familles. Mais l’église est directement reliée à
Lui. Tous ceux qui en font partie peuvent former la famille de Dieu d’une
manière particulière. Cela se manifeste effectivement de la manière la plus
merveilleuse quand nous pourrons bientôt entrer dans la maison du Père
en tant que fils pour y être éternellement avec le Père et le Fils (Jn 14:1-3).
V16. Paul demande ici au Père d’œuvrer dans les croyants par son Esprit
conformément à sa gloire. Ils possèdent l’Esprit en tant qu’arrhes (Éph
1:13). Aussi, ce n’est que par l’Esprit qu’il est possible d’être « fortifié en
puissance ... quant à l’homme intérieur ». Quelque chose doit se passer
dans le croyant et pas seulement avec ou pour lui.
Par « l’homme intérieur », on entend la pensée et les sentiments de l’hom-
me, ses délibérations, tout ce qui n’est pas visible (cf. 1Cor 2:11). Ce que
Paul souhaite, c’est que l’Esprit du Père ait la possibilité de remplir tout ce
‘champ’ de sa puissance. Comme ce serait merveilleux si toi et moi com-
mencions à prier de la même façon les uns pour les autres. Et dans quel
but ?

96
Éphésiens 3

V17. « Pour que le Christ habite, par la foi, dans vos cœurs. » Paul souhaite
ardemment que le Christ soit constamment le centre de contrôle de tes et
de mes sentiments et affections les plus profonds. Cela n’est possible que
« par la foi », ce qui signifie Lui donner cette place en toute confiance. Par
la foi, tu te concentres sur Lui avec tout ce qui est en toi.
Il est aussi le centre de ta vie, comme Il était éternellement devant le Père,
comme Il l’est aujourd’hui et comme Il le sera à jamais. Alors le Christ n’est
pas ‘seulement en visite’, un Hôte temporaire, mais il peut y « demeurer »,
ce qui signifie aussi qu’Il y trouve le repos (cf. Jn 14:23).
Indissociable de cela est « l’amour », qui est, pour ainsi dire, le fondement
de ce qui précède. Dieu est amour. Son amour est à l’origine de tous ses
desseins. Celui qui a planté ses racines dans l’amour Divin, celui qui est
« enraciné » en Lui, qui y puise sa force vitale, celui qui a cet amour comme
base de son existence, celui qui est « fondé » en Lui, est capable de jouir
de toutes les gloires énumérées par Paul. Tu en apprendras plus à ce sujet
dans les versets suivants.
Relis Éphésiens 3:14-17.
À méditer : Comment le fait que Christ habite dans ton cœur par la foi
peut-il devenir une réalité ?

97
Éphésiens 3

Éph 3:18-21 | Au-delà de la prière et de la pensée

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


18 afin que vous soyez capables de comprendre avec tous les saints quelle est
la largeur et la longueur et la profondeur et la hauteur – 19 et de connaître
l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance –, afin que vous soyez rem-
plis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. 20 Or, à celui qui peut faire infiniment
plus que tout ce que nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère
en nous, 21 à lui gloire dans l’assemblée dans le Christ Jésus, pour toutes les
générations du siècle des siècles ! Amen.)
V18. Les mots « afin que » par lesquels commence ce verset indiquent le
but de ce qui a précédé. Paul a prié au verset 17 pour que le Christ habite
dans leurs cœurs par la foi. Il y a aussi dessiné l’atmosphère de cette hab-
itation en indiquant le fait d’être enraciné et fondé dans l’amour. Si la foi
et l’amour fonctionnent de cette manière, les croyants sont capables « de
comprendre […] et […] de connaître » les choses qui suivent.
Ceci est un point de départ important pour l’étude de la Bible. Pour cela,
l’essentiel n’est pas l’intellect, mais le fait que le Centre des desseins de
Dieu habite dans nos cœurs. Faire une étude biblique sans que Christ
en soit le centre et sans que l’amour en soit le fondement résulte en une
connaissance qui rend orgueilleux. C’est pourquoi cette prière est si im-
portante. Être « capable » n’est pas une question de capacité intellectuelle
particulière, mais c’est la capacité spirituelle de comprendre les choses qui
suivent. Ces choses ont trait aux desseins de Dieu mis en lumière notam-
ment en Éphésiens 1.
Dans cette deuxième prière, Paul relie ces desseins spécifiquement au
Christ qui en est le centre. Si tu veux commencer à comprendre de quoi il
s’agit, tu ne peux pas le faire tout seul. Pour cela, tu as besoin de « tous les
saints ». C’est aussi logique. Tu ne peux arriver à connaître l’exhaustivité
de tous ces desseins et l’amour sans limites du Christ qu’en y réfléchissant
et en partageant les choses les uns avec les autres. Pour obtenir l’image
la plus complète possible des desseins de Dieu et de l’amour du Christ,
il faut chaque saint. Comment toi et moi, êtres limités que nous sommes,
pourrions-nous comprendre tant de gloire ?

98
Éphésiens 3

La gloire des desseins de Dieu et du Christ en tant que son centre ont une
portée incalculable :
1. Considérez sa « largeur ». Elle comprend tous les saints depuis la Pen-
tecôte jusqu’à l’enlèvement de l’église.
2. Et ensuite sa « longueur ». Cela va de l’éternité à l’éternité.
3. Regarde dans « la profondeur ». C’est dans cette profondeur que tu te
trouves, perdu dans tes péchés. Mais Christ est allé plus profond, t’a pris
depuis en haut et nous a placé toi et moi et tous ceux qui appartiennent à
l’église en haut, dans la maison du Père, au cœur du Père.
4. Regarde en haut, dans les « hauteurs ». Là, tu vois Christ, au-dessus
de tout gouvernement et de toute autorité, et uni à Lui, tu vois aussi son
église.
V19. Le Christ a fait tout cela, poussé par un amour parfait pour son Père,
pour l’église et pour chaque membre de l’église individuellement (cf. Exo
21:5). Par-dessus tout, son amour rayonne dans son œuvre sur la croix.
Paul souhaite profondément que nous apprenions à connaître cet amour
de mieux en mieux. En même temps, il ajoute qu’il est en fait impossible de
connaître cet amour. Comment cet amour éternel et Divin pourra-t-il être
entièrement englobé dans le cœur d’une personne ? N’est-ce pas décourag-
eant ? Non, c’est un défi ! Qui ne voudrait pas pénétrer un amour qui, dans
sa plénitude, ne pourra jamais être sondé ?
Pour illustrer cela, on utilise souvent l’image suivante. Un enfant se tient
au bord de l’océan avec son petit seau. Il ramasse son seau plein d’eau et
dit : ‘Regarde, j’ai l’océan dans mon seau.’ Ainsi, le désir de chaque cœur
qui Le connaît, en qui l’amour parfait de Dieu s’est manifesté, sera d’être
complètement rempli de cet amour.
En conséquence, « vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ».
Ici, il n’est pas dit « avec toute la plénitude de Dieu ». Comme mentionné
plus haut, il est impossible pour une créature d’être remplie avec toute
la plénitude de Dieu. Mais quand nous nous efforçons de connaître da-
vantage l’amour du Christ, nous grandissons de plus en plus dans cette
direction. Nous revenons alors au point de départ. Après tout, tout a com-
mencé par la plénitude de Dieu ? Par Christ, nous avons tous reçu de cette

99
Éphésiens 3

plénitude, et c’est grâce sur grâce (Jn 1:16). En Christ, cette plénitude est
apparue corporellement sur la terre : « Car, en lui, toute la plénitude s’est
plu à habiter » (Col 1:19).
Être « rempli jusqu’à toute la plénitude de Dieu » – c’est le but ultime de la
prière de Paul – signifie que Christ seul est devant notre regard, que tout
notre cœur et toute notre vie sont remplis de Lui. Tu sens bien qu’il ne peut
y avoir d’objectif plus bas. Tu sens aussi à quel point c’est incroyablement
difficile à réaliser dans le monde dans lequel nous vivons. Il y a tant de
choses autour de toi qui peuvent et parfois doivent t’occuper.
V20. C’est pourquoi ce qui se trouve dans ce verset est un grand encou-
ragement. C’est en tout cas un merveilleux verset. Tu peux et tu pourras
l’appliquer à toutes sortes de situations pratiques. Pourtant, avant tout,
l’idée est de laisser ce verset faire son effet sur toi à partir du contexte
dans lequel il est écrit. Il prend alors son véritable sens, qui va au-delà
d’une application à nos besoins quotidiens. Tu désires ardemment que le
contenu de cette prière devienne vrai dans ta vie.
Il sera clair qu’il s’agit bien de cela et non de quelque chose qui n’arrive que
dans le ciel. Là-bas, il n’est plus nécessaire de prier. Non, c’est précisément
sur la terre que cette prière est importante. Sur terre, tu sens tes limites et
tu doutes parfois de ta capacité à réussir. Cela détourne ton regard vers
celui qui est capable de faire en sorte que cela se réalise dans ta vie. Tu
commences alors à prier pour cela. À nouveau, tu regardes vers le haut,
vers celui qui est capable d’exaucer ta prière.
Parfois, tu ne pries même pas et tu te contentes de penser à quel point ce
serait bien si toute ta vie était imprégnée par Christ et son amour. Puis tu
lèves à nouveau les yeux. Tu vois alors celui qui connaît tes pensées et qui
est capable de pourvoir à tes désirs.
C’est déjà merveilleux de voir celui qui connaît tes prières et tes pensées
et y répond, mais cela va beaucoup plus loin. Il est capable de « faire in-
finiment plus que tout ce que nous demandons ou pensons ». Tout est
très abondant et s’élève au-dessus de ce que tout être humain peut prier
ou penser. Cela correspond parfaitement à la façon dont Dieu nous est
présenté dans cette lettre, à savoir comme la Source de toute bénédiction.
Dieu ne donne pas un tout petit peu. Quand Il donne selon sa plénitude, il

100
Éphésiens 3

n’y a pas de limite. En priant pour ou en pensant aux desseins de Dieu, au


Christ et à son amour, tu pénètres profondément là-dedans.
Quand Paul en arrive là, il ne s’adresse plus seulement aux croyants. Il s’y
implique lui-même et parle de « nous ». Lui aussi estime qu’il dépend de
« la puissance qui opère en nous » pour y parvenir. Par là, il renvoie au
début de sa prière, au verset 16. L’Esprit du Père peut œuvrer pour que les
choses pour lesquelles tu pries et auxquelles tu penses prennent tout leur
effet dans ta vie.
V21. Cette gloire de Dieu a été pleinement exposée par Paul. Cette gloire
est devenue visible dans le dessein de Dieu concernant l’église, alors que
Christ en est le centre. En contemplant tout cela, il ne reste plus qu’une
chose à faire : louer le Père de gloire et dire que toute la gloire Lui revient.
Ce qui n’est visible sur la terre que pour quelques-uns et montré seulement
par quelques-uns sera vu pour l’éternité. « Toutes les générations du siècle
des siècles » admireront et adoreront cette gloire dans l’église et en Jésus
Christ.
Par un « Amen » approprié, Paul conclut cette louange, cette prière partic-
ulière. Il confirme ainsi son contenu : il en est ainsi.
Relis Éphésiens 3:18-21.
À méditer : Prie pour que tu puisses connaître l’amour du Christ de cette
manière, tel qu’il est présenté dans cette prière.

101
Éphésiens 4

Éph 4:1-2 | Marcher d’une manière digne de l’appel

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


1 Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une
manière digne de l’appel dont vous avez été appelés, 2 avec toute humilité et
douceur, avec patience, vous supportant l’un l’autre dans l’amour ;
V1. Le mot « donc » indique le début d’une nouvelle section. Ce mot est
la transition entre la partie à dominante doctrinale et la partie plus pra-
tique. Tu trouves cette transition dans plusieurs lettres de Paul (Rom 12:1 ;
Col 3:1). Ce qui compte, c’est que nous mettions maintenant en pratique
l’enseignement de la première partie de la lettre. Nous sommes appelés à
notre responsabilité. Aussi importante que soit la connaissance, son but est
de produire ses effets dans ta vie et la mienne.
Paul exhorte ses lecteurs « à marcher d’une manière digne de l’appel dont
vous avez été appelés ». Pour tenir compte de cette exhortation, tu dois
savoir ce que signifie cet appel. Nous avons aussi rencontré ce mot « ap-
pel » en Éphésiens 1 (Éph 1:18). Là, il s’agit de nos bénédictions person-
nelles. Il ne s’agit pas ici de cet appel. L’appel ici est lié à ce que nous avons
lu en Éphésiens 2. Nous y avons vu qu’avec tous les saints, nous sommes
devenus un seul corps et une seule maison. Notre appel consiste à mettre
cela en pratique.
Dans d’autres lettres, Paul exprime aussi le fait de marcher « d’une
manière digne ». Tout comme dans la lettre aux Éphésiens, l’exhortation à
une marche ou une conduite d’une manière digne fait le lien avec l’ensei-
gnement donné dans cette lettre. Aux Philippiens, Paul dit : « Seulement,
conduisez-vous d’une manière digne de l’évangile du Christ » (Php 1:27).
Dans la lettre qu’il leur adresse, il parle de sa défense de l’évangile et de
la communion que les Philippiens ont, comme il le souhaite, avec lui dans
ce domaine. Il aimerait qu’ils se comportent en conséquence ainsi dans la
vie quotidienne.

102
Éphésiens 4

En Colossiens 1, la prière de Paul est que les Colossiens en viennent à


« marcher d’une manière digne du Seigneur » (Col 1:9-10). Cela répond à
l’objectif de cette lettre, qui est de focaliser le cœur des Colossiens sur le
Seigneur glorifié en tant que Tête de l’église.
En 1 Thessaloniciens 2, l’objectif est que les croyants marchent « d’une
manière digne de Dieu » (1Th 2:12). Dans cette lettre, notre regard est
tourné vers l’avenir, quand Dieu établira son royaume sur la terre. Paul
y exhorte les croyants à montrer dès maintenant dans leur vie le règne de
Dieu, qui sera bientôt visible partout sur la terre.
Il est frappant de constater que Paul commence ce chapitre dans lequel
nous nous trouvons actuellement avec presque les mêmes mots que le
chapitre précédent (Éph 3:1). Mais, comme nous l’avons vu précédemment,
après ces mots d’ouverture, il continue néanmoins à exposer d’abord, dans
une sorte d’interlude, du « mystère du Christ » (Éph 3:4). En Éphésiens
4, il reprend le fil avec presque les mêmes mots. Il est donc très clair
qu’Éphésiens 4 est lié à Éphésiens 2.
Cela te permet aussi de comprendre que l’appel a un rapport avec ce qui a
été mis en évidence dans la dernière partie d’Éphésiens 2. Dans les versets
suivants, tu auras la confirmation que notre appel est de préserver l’unité
de l’église en tant que corps et maison. Tu te souviendras que cette unité
fait référence à ce que le Juif et le Gentil sont devenus ensemble. Dans
l’église, la distinction entre les deux a disparu. C’est ce que Paul a prêché et
c’est la raison pour laquelle il est maintenant en captivité.
Le fait qu’il se présente comme un prisonnier devrait aussi lancer un
appel supplémentaire aux croyants pour qu’ils tiennent compte de son
avertissement. Notez qu’il ne se considère pas comme un prisonnier de
l’empereur de Rome. Tu ne l’entends pas non plus blâmer les Juifs qui l’ont
livré, comme si c’était de leur faute. Non, il se voit comme « le prisonnier
dans le Seigneur ».
Le Seigneur, à qui il a consacré sa vie et son service, gouverne sa vie. Paul
sait qu’il est entre ses mains. Il ne serait jamais devenu prisonnier si le Sei-
gneur ne l’avait pas permis. Et lorsque le Seigneur permet quelque chose,
Il a sa sage intention en le faisant. Cela donne à Paul la paix et la confiance
nécessaires pour s’adapter aux circonstances dans lesquelles il se trouve.

103
Éphésiens 4

De la même manière, toi et moi pouvons apprendre à regarder et aussi à


nous accommoder des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons.
V2. Après nous avoir exhortés à marcher conformément à notre appel,
il décrit au verset 2 le sentiment dans lequel nous devons marcher. Ce
sentiment se manifeste en « toute humilité et douceur, avec patience [ou :
persévérence] », « supportant l’un l’autre dans l’amour ». L’objectif à at-
teindre est de préserver l’unité de l’Esprit. Les différentes caractéristiques
de cette unité sont énumérées aux versets 4-6.
La première caractéristique est l’« humilité ». L’humilité ne signifie pas que
tu penses du mal de toi ou que tu parles toujours de ta propre petitesse. Si
c’était le cas, tu te mets toujours au centre. L’humilité indique l’état de ton
cœur. Ce n’est pas toi qui es important, mais le Seigneur et les Siens. Il ne
s’agit pas de ton honneur, mais du Sien.
Ceux qui sont vraiment humbles ont appris à renoncer à eux-mêmes et
à regarder vers le Seigneur. Ta propre personne n’est vraiment reléguée
à l’arrière-plan que quand le Seigneur passe au premier plan. L’humilité
sacrifie le moi pour que Christ soit tout. C’est ainsi que commence toute
bonne communication entre croyants. C’est pourquoi l’humilité est aussi
au premier plan ici. « Toute humilité » souligne que l’humilité sera éviden-
te dans tous les aspects de ta vie.
L’humilité est suivie de la « douceur ». Le mot « tout » appartient à la fois
à humilité et à douceur. Il souligne que la douceur aussi sera visible dans
tous les aspects de ta vie. Tout comme nous devons apprendre à être hum-
bles, nous devons aussi apprendre à être doux. Pour cela, nos pulsions et
notre orgueil doivent être jugés, notre moi doit être gardé dans la mort,
c’est-à-dire dans la mort dont Christ est mort, car c’est là que nous, c’est là
que je, suis mort.
Moïse a mis quarante ans pour en arriver là. Pendant ces quarante années,
il est passé d’un homme colérique à un homme doux (cf. Exo 2:12 ; Nom
12:3). Après être devenu ainsi, il a pu être utilisé par Dieu pour diriger son
peuple.
Celui qui est humble ne représente une menace pour personne ; celui
qui est doux ne se sent pas menacé par qui que ce soit. Nous voyons cela
parfaitement avec le Seigneur Jésus. Il pouvait dire : « Je suis débonnaire

104
Éphésiens 4

[note : ou : doux] et humble de cœur » (Mt 11:29). C’est ce qu’Il était, tou-
jours. Par conséquent, il pouvait le faire précéder de la phrase suivante :
« Apprenez de moi. » Nous ne sommes pas naturellement humbles et
doux, mais nous pouvons le devenir si nous voulons apprendre de Lui.
Son offre d’apprendre de Lui est valable aujourd’hui encore.
Maintenant, il se peut que, par la grâce de Dieu, tu aies déjà fait des pro-
grès dans l’école d’apprentissage du Seigneur. Dans ce cas, tu as encore
affaire à tes frères et sœurs. Tu remarqueras que certains veulent encore
s’affirmer. Tu remarqueras que d’autres se sentent encore menacés par cela
et réagissent à la dérive. Comment alors dois-tu réagir à ton tour ? Tu dois
apprendre à gérer cela « avec patience [ou : persévérence] ».
‘Longanimité’ signifie ‘être long d’esprit’, que ton esprit endure longtemps
avec ton frère ou ta sœur. Il s’agit d’être humble et doux envers ton frère et
ta sœur avec patience.
Il y a un danger à adopter cette attitude, et en même temps à se sentir
meilleur que l’autre personne. Tu peux donner le sentiment d’avoir atteint
un statut exalté à partir duquel tu regardes avec un peu de pitié les autres
qui n’auraient pas encore atteint ce statut. Paul est conscient de ce danger
et ajoute donc « vous supportant l’un l’autre dans l’amour ». Tu dois savoir
que les trois qualités mentionnées ci-dessus ne s’épanouissent vraiment
que lorsqu’elles sont enracinées dans l’amour. L’amour nous permet de
supporter l’autre qui n’est pas encore parfait, tout comme toi-même tu n’es
pas encore parfait.
Pour voir comment fonctionne l’amour, tu peux lire 1 Corinthiens 13 (1Cor
13:1-13). Les qualités de l’amour qui y sont mentionnées sont celles de
Dieu, car Dieu est amour (1Jn 4:8,16). Tous ses attributs en découlent. Il
en a été de même avec le Seigneur Jésus. Pour nous, qui avons reçu le
Seigneur Jésus comme notre vie, ce n’est pas différent.
Relis Éphésiens 4:1-2.
À méditer : Quelles sont les qualités dont tu as besoin pour maintenir
l’unité ?

105
Éphésiens 4

Éph 4:3-6 | L’unité de l’Esprit

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


3 vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. 4 [Il y a]
un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés pour une
seule espérance de votre appel ; 5 [il y a] un seul Seigneur, une seule foi, un
seul baptême ; 6 [il y a] un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tout,
et partout, et en nous tous.
V3. Dans les versets précédents, nous avons vu les qualités nécessaires
si nous voulons garder l’unité de l’Esprit. Voyons maintenant comment
garder l’unité de l’Esprit en elle-même. Il s’agit là d’un fait important qui
est souvent mal compris. Il ne dit pas que nous devons garder l’unité du
corps. L’unité du corps est une réalité depuis la Pentecôte.
Malheureusement, cette unité n’a pas été gardée dans la pratique. Notre
division entre nous, en tant que chrétiens, en est la cause. Nous ne suivons
pas tous ensemble le Seigneur Jésus, mais, par exemple, chacun a une doc-
trine ou un prédicateur préféré. Nos préférences humaines ont pris le pas
sur ce que Dieu dit dans sa Parole au sujet de l’église.
Il est cependant possible de montrer en tant qu’église (locale) qu’il n’y a
qu’un seul corps. Cela se produit lorsque l’unité de l’Esprit est maintenue.
Par conséquent, l’appel n’est pas de faire un effort pour garder l’unité du
corps, mais celle de l’Esprit. Il n’y a qu’un seul Esprit, et Il est reçu par
tous ceux qui ont cru à l’évangile de leur salut (1Cor 15:1-4 ; Éph 1:13).
C’est aussi par ce seul Esprit que ce seul corps a été établi lorsque le Saint
Esprit a été répandu le jour de la Pentecôte (1Cor 12:13). Tous ceux qui
ont reçu l’Esprit sont maintenant appelés à garder l’unité de l’Esprit. Il ne
s’agit pas d’un appel adressé au chrétien individuel, mais à tous ceux qui
appartiennent à ce seul corps.
Marcher par l’Esprit et être conduit par l’Esprit (Gal 5:16,18) peut se faire
personnellement, mais garder l’unité de l’Esprit ne peut se faire qu’avec les
autres. L’unité de l’Esprit n’est pas une unité de pensée, une unité obtenue
en étant d’accord, parfois avec des compromis. L’Esprit n’a rien à voir avec
une telle unité. Il s’agit d’une unité que l’on retrouve au début du christian-
isme. Les gens étaient alors « un cœur et une âme » (Act 4:32).

106
Éphésiens 4

Cette unité, comme celle du corps, n’a pas été gardée. Pourtant, ici, nous
sommes appelés à préserver cette unité, et même à « s’appliquer » pour
elle, c’est-à-dire à nous efforcer de l’obtenir. Nous pouvons le faire en veil-
lant, avec nos frères et sœurs, à ne pas laisser de place à la chair. Ce soin
est dû au fait que la chair, la pensée humaine, a eu l’occasion de s’immiscer
dans la sauvegarde de l’unité de l’Esprit.
L’opération de la chair s’est manifestée de deux manières, à savoir en for-
mant une unité plus large que celle de l’Esprit ou en formant une unité
plus étroite que celle de l’Esprit.
Une unité plus large que celle de l’Esprit se rencontre dans les lieux où les
gens sont acceptés comme chrétiens sans l’être. Tu vois cela dans les églis-
es et les communautés où une personne peut être membre sans conversion
véritable et sans que cela se traduise par une marche dans la crainte de
Dieu. On peut y être membre par le baptême et la confession sans que rien
n’ait changé dans le cœur. Là, l’unité de l’Esprit n’est pas gardée, mais une
unité humaine est créée et gardée par des écrits humains de confession.
Une unité plus étroite, plus limitée que celle de l’Esprit, tu la vois par-
tout où des croyants qui ont une démarche de crainte de Dieu sont rejetés
parce qu’ils ne sont pas d’accord avec des règles établies par l’homme. Tu
rencontres cela dans les églises et les communautés où l’on pose des exi-
gences qui ne viennent pas du Seigneur, c’est-à-dire qui ne sont pas dans la
parole de Dieu. Dans la pratique, ces exigences se voient souvent accorder
plus d’autorité que la Parole, alors qu’il s’agit en fait de commandements
d’hommes.
L’unité de l’Esprit inclut tous les enfants de Dieu. La seule exigence pour
garder l’unité de l’Esprit tu la trouveras en 2 Timothée 2 (2Tim 2:20-22). Il
y est dit qu’il faut invoquer le Seigneur d’un cœur pur, c’est-à-dire être un
vrai croyant, et marcher en se séparant du mal. Là où l’unité de l’Esprit est
maintenue de cette manière, l’unité du corps peut devenir visible.
Je ne sais pas quelle communauté de foi tu fréquentes, mais tu as ici un
étalon pour juger si la façon de se réunir est conforme à la volonté de Dieu.
Comme il s’agit d’un sujet très important, je l’ai abordé un peu plus en
détail. Il y aurait encore beaucoup à dire à ce sujet, mais je pense avoir
mentionné les principales caractéristiques. C’est à nous de les appliquer.

107
Éphésiens 4

Pour les appliquer correctement, Paul mentionne encore « le lien de la


paix ». Tout ce qui précède peut être clair pour toi, néanmoins les mettre
en pratique doit se faire dans la paix. Dans ton zèle, tu pourrais d’une part
ignorer les autres ou d’autre part vouloir leur imposer ta volonté. Dans les
deux cas, la paix est perdue. La paix n’est pas tant l’absence de querelles,
mais plutôt le fait que tu travailles en harmonie avec tes frères et sœurs
pour garder l’unité de l’Esprit. Si la paix est le lien à l’intérieur duquel tu
montres ton zèle, tu fais bien.
V4. Aux versets 4-6, le mot « un/une » revient sept fois pour représenter
sept aspects de l’unité. Ces sept aspects de l’unité peuvent être divisés en
trois groupes. Le verset 4 forme le premier groupe. Il y est question des
vrais croyants, du côté intérieur de notre unité, de quelque chose que nous
partageons intérieurement :
1. Seuls les vrais croyants forment « un seul corps ».
2. Ce n’est qu’en eux que le Saint Esprit habite ; ils ont « un seul Esprit ».
3. Seuls ils peuvent parler d’« une seule espérance » d’un appel qui émane
du Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ.
Ceux qui ne sont chrétiens que de nom n’ont rien à voir avec cela. C’est
l’appel en rapport avec le ciel sur lequel l’espérance du croyant est placée
et qui s’accomplira lors du retour du Seigneur Jésus. Alors, toutes les bé-
nédictions dont nous entendons parler dans cette lettre seront pleinement
vécues par nous.
V5. Ce verset montre le deuxième groupe. Le monde ne peut rien voir ni
remarquer de l’aspect intérieur du verset 4. Au verset 5, c’est l’unité pra-
tique des croyants que le monde perçoit.
1. Le monde peut voir que les croyants vivent dans la soumission à « un
seul Seigneur ». Lui-même n’est pas encore visiblement présent sur la terre
pour exercer son gouvernement, mais le fait qu’Il ait l’autorité est évident
dans la vie de ses sujets. Leur confession est qu’ils reconnaissent Christ
comme Seigneur. Ils le servent volontairement, avant que n’arrive le mo-
ment où chacun sera contraint de le faire.

108
Éphésiens 4

2. Ce qui n’est pas tant visible qu’audible, c’est « une seule foi ». Ceux qui
veulent garder l’unité de l’Esprit professent une seule vérité de foi, aussi
différents soient-ils les uns des autres.
3. Ils occupent aussi une position totalement différente de ceux qui ap-
partiennent au monde. Ils l’ont montré dans « un seul baptême ». Le
monde peut être témoin du baptême d’une personne. Le baptême est le
témoignage que la personne baptisée prend le parti de celui qui est mort,
qui a été rejeté et que nous connaissons comme le Seigneur glorifié. Par le
baptême, tu es séparé du monde et de la vie dans le péché et tu es uni au
Christ en tant que Seigneur, pour marcher désormais en nouveauté de vie
(Rom 6:1-4).
Le baptême est un attribut extérieur auquel est attachée une nouveauté
de vie. Le monde le perçoit. Le monde voit des gens baptisés au nom du
Seigneur Jésus, des gens qui Le reconnaissent comme leur seul Seigneur et
professent une seule vérité de foi.
Le baptême n’a rien à voir avec le fait de devenir membre du corps du
Christ. On ne devient pas membre du corps de Christ par le baptême, mais
en recevant le Saint Esprit.
V6. « Un seul Dieu et Père de tous » nous montre le septième aspect de
l’unité. Tous les vrais croyants sont rattachés à Dieu en tant que Père et
peuvent le connaître en tant que tel. Les croyants sont donc très proches de
Dieu. En même temps, Il est aussi largement exalté « au-dessus de tous ».
Après tout, il est Dieu et nous restons des créatures. Il agit aussi « partout ».
Il devient visible dans la vie de tous les siens, Il travaille à travers eux.
Enfin, Il est aussi « en nous tous ». En Jean 17, le Seigneur Jésus montre
ce que signifie « en nous tous ». Il y dit au Père : « Moi en eux, et toi en
moi » (Jn 17:23). Le Seigneur Jésus est en nous parce que nous avons la vie
éternelle dans le Fils (1Jn 5:11-12). Parce que le Fils est en nous, le Père est
aussi en nous. N’est-ce pas là une pensée étonnante ?
Relis Éphésiens 4:3-6.
À méditer : Quelle est ta contribution pour « garder l’unité de l’Esprit » ?

109
Éphésiens 4

Éph 4:7-10 | Le don du Christ

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


7 Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de
Christ. 8 C’est pourquoi il dit : “Étant monté en haut, il a emmené captive la
captivité, et a donné des dons aux hommes”. 9 Or, qu’il soit monté, qu’est-ce,
sinon qu’il est aussi descendu dans les parties inférieures de la terre ? 10 Celui
qui est descendu est le même que celui qui est aussi monté au-dessus de tous
les cieux, afin qu’il remplisse toutes choses.
V7. Les versets précédents ont mis l’accent sur l’unité de l’église. Mainte-
nant, tu peux voir l’autre côté de la médaille. Dans l’église, chaque membre
a une tâche particulière qui lui est propre. Chaque membre a sa fonction
spécifique, et chaque fonction individuelle, à son tour, est destinée à ce que
le corps entier fonctionne comme une unité harmonieuse.
Or, il n’est pas dit ici qu’un don nous a été donné, mais que « la grâce »
nous a été donnée. Cela met davantage l’accent sur ce qui est nécessaire
pour remplir ta fonction que sur la fonction elle-même. Il est possible que
tu saches que tu as une fonction dans le corps, mais tu dois aussi savoir
que tu dépends de la grâce nécessaire pour l’accomplir. Eh bien, tu peux
savoir que cette grâce est déjà là, tu n’as plus besoin de l’attendre. Tu peux
commencer tout de suite. Et tu as aussi reçu exactement « la mesure » de
grâce dont tu as besoin pour exercer ton don. Elle a été déterminée avec
précision par Christ. C’est Lui qui donne la grâce.
V8. Christ est mis davantage en lumière aux versets 8-10. Qui est celui qui
distribue cette grâce et qui le fait avec la bonne quantité ? C’est Lui qui a
remporté une victoire complète sur l’ennemi. C’est Lui qui, en conséquence,
est exalté au-dessus de tout et de tous. C’est Lui qui, depuis cette position
exaltée, distribue des dons aux membres de son corps.
Examinons d’abord la victoire décrite au verset 8. Ce verset est introduit
par « c’est pourquoi », puis vient une citation du Psaume 68 (Psa 68:19). À
première vue, d’ailleurs, il peut sembler étrange que Paul cite un verset de
l’Ancien Testament pour illustrer son enseignement. L’Ancien Testament
ne fait sûrement pas encore mention de l’église. Il l’a pourtant longuement
expliqué dans le chapitre précédent. Certes, mais l’Ancien Testament men-
tionne Christ, et c’est en pensant à Lui que Paul cite ce verset.

110
Éphésiens 4

Tu peux voir dans les mots « c’est pourquoi » que la citation du Psaume 68
sert à confirmer le verset 7. Ce verset parle de Christ en tant que Donateur.
Le verset 8 souligne à la fois le lieu d’où Il donne, « en haut », et ce qu’Il a
fait pour pouvoir donner, « emmené captive la captivité ».
Le psaume 68 est un psaume de victoire. Tu y lis comment Dieu disperse
et met en fuite ses ennemis. Les rois qui se rebellent contre Lui périssent
devant Lui. Pour son peuple opprimé, l’action de Dieu est synonyme de
délivrance. C’est pourquoi il fait la fête. Cette scène évoque le début du
royaume millénaire de paix.
Paul cite ce psaume parce qu’il sait que la victoire, qui se verra alors ou-
vertement, est déjà une réalité pour la foi maintenant. Le Seigneur Jésus
a traversé la mort, puis il est ressuscité et est « monté en haut ». Dans le
mot « monté », tu perçois la puissance divine, la majesté du Conquérant.
Qu’Il ait « emmené captive la captivité » signifie qu’Il a enlevé le pouvoir
à tout ce par quoi les gens sont gardés captifs. Ainsi, tu lis en Hébreux 2 :
« Afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait le pouvoir de la
mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivre tous ceux qui, par la crainte de
la mort, étaient, pendant toute leur vie, tenus en esclavage » (Héb 2:14-15).
Il a vaincu, pour tous ceux qui Lui appartiennent, le pouvoir du péché, de
la mort, du monde et de la chair.
Mais Il ne s’est pas seulement contenté de les libérer, Il leur a aussi fait
des dons. Tout d’abord, Dieu Lui a fait des dons en guise de récompense
pour sa victoire. À son tour, Christ donne des dons à ceux qui partagent sa
victoire, c’est-à-dire à nous. Les dons proviennent de celui qui a vaincu et
qui se trouve maintenant dans le ciel. Au verset 8, nous voyons un Triom-
phateur qui monte en triomphe en haut. Et sa victoire est grande. Il a non
seulement vaincu celui qui nous gardait captifs, mais aussi tout ce qu’il
avait en son pouvoir. Tu peux penser à la mort et aux démons. Nous aussi
qui étions en captivité avons été libérés de tout cela. Ainsi, le Seigneur peut
aussi nous faire des dons.
V9. Nous lisons ici de quelle manière la victoire a eu lieu. Elle a eu lieu
parce qu’Il est descendu sur la terre, et pas seulement sur la terre, mais
dans ses parties inférieures, c’est-à-dire dans la mort. S’Il était venu seule-
ment sur la terre, Il n’aurait pas emmené captive la captivité. Il fallait qu’Il

111
Éphésiens 4

entre dans la mort, dans la tombe. C’est la victoire de celui qui est entré
dans la fosse du lion, qui a traversé la mort et en est sorti triomphant.
Il a montré que sa puissance est supérieure à celle de Satan. Tous ceux
qui sont liés à Lui et participent à son œuvre sur la croix participent aussi
à ses conséquences. Avec Lui ils ont été arrachés au pouvoir de la mort
avec Lui et placés en Lui dans les lieux célestes. Ceci ne s’applique qu’aux
croyants. Pour les incrédules, ils sont toujours sous le pouvoir du péché et
de la mort.
« Descendu dans les parties inférieures de la terre » ne signifie pas ‘descen-
du en enfer’, comme si le Seigneur Jésus aurait été en enfer. Cela est inscrit
dans le Credo néerlandais, mais pas dans la Bible. Cependant, on peut dire
que le Seigneur Jésus a subi le jugement de Dieu lorsqu’Il a été jugé sur la
croix pour nos péchés. S’Il ne l’avait pas fait, nous aurions été jetés en enfer
sous la colère de Dieu pour l’éternité.
V10. Il n’est pas resté dans ces « parties inférieures de la terre ». Après avoir
remporté la victoire, Il est monté très haut « au-dessus de tous les cieux,
afin qu’il remplisse toutes choses » (cf. Jér 23:24). Il n’y a pas de profondeur
si profonde qu’Il n’y soit allé. Il n’y a pas de hauteur aussi élevée soit-elle,
Il est exalté au-dessus d’elle.
« Au-dessus de tous les cieux » est une expression curieuse. C’est en quelque
sorte le superlatif d’exaltation. En Marc 16, tu lis la première étape. C’est là
que Lui, le vrai Serviteur, est « élevé dans le ciel » (Mc 16:19). En Hébreux
4, tu vois la deuxième étape. Il y est le grand souverain sacrificateur « qui
a traversé les cieux » (Héb 4:14). Dans notre verset, Il est l’Homme con-
quérant qui est monté « au-dessus de tous les cieux » (Éph 4:10). C’est la
troisième étape, celle qui dépasse, celle qui transcende tout.
Il remplira tout avec sa présence. Cela rappelle ce que nous avons vu en
Éphésiens 1 (Éph 1:23). La différence est qu’en Ephésiens 1, il s’agit de Lui
en tant que Dieu, alors qu’ici, il s’agit de Lui en tant qu’Homme. Cela mon-
tre clairement qu’il s’agit d’une seule et même personne, qui est à la fois
Dieu et Homme. Incompréhensible et inexplicable pour l’esprit humain,
mais la foi adore et se prosterne dans l’adoration.
La gloire de sa personne est insondable, incompréhensible. Elle t’invite te
consacrer à Lui, à te réjouir toujours davantage en Lui et à L’admirer de

112
Éphésiens 4

plus en plus.. Dans l’éternité, il n’y aura aucun lieu dans le ciel ou sur la
terre où sa gloire ne sera pas visible. Il n’y aura alors plus de place pour
quoi que ce soit d’autre. C’est Lui et Lui seul. Ce qu’Il sera alors, peut déjà
l’être aujourd’hui pour le cœur de chacun de ceux qui sont liés à Lui. C’est
sur Lui que le Saint Esprit veut diriger nos cœurs. De quelle manière Il le
fait, tu le découvriras dans les versets suivants.
Relis Éphésiens 4:7-10.
À méditer : Raconte avec tes propres mots ce que tu vois dans ces versets
au sujet de la grandeur du Seigneur Jésus.

113
Éphésiens 4

Éph 4:11-13 | But des dons

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


11 Et c’est lui qui a donné les uns [comme] apôtres, les autres [comme]
prophètes, les autres [comme] évangélistes, les autres [comme] pasteurs et
docteurs, 12 en vue du perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service,
pour l’édification du corps de Christ, 13 jusqu’à ce que nous parvenions tous à
l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la
mesure de la stature de la plénitude du Christ :
V11. « Et c’est lui. » C’est là que ce verset commence, c’est là que l’accent
est mis. Lui, dont tu as vu dans les versets précédents sa grande gloire
et son exaltation. Il est monté en haut et s’y trouve en tant qu’Homme
victorieux au-dessus de toutes choses. Il a capturé le pouvoir qui régnait
sur l’homme. Sa victoire et sa puissance ne sont pas visibles pour le monde
en ce moment. Pourtant, il prouve déjà sa puissance dans le monde. Sais-tu
comment ? Parce que, comme Il l’a promis (verset 8), Il fait des dons à ceux
qu’Il a délivrés du pouvoir de l’ennemi.
Le fait qu’Il donne des dons à l’église est la preuve qu’Il est au-dessus de
tout. L’église se trouve dans le monde, dans la zone d’autorité de Satan.
Pourtant, Satan n’a aucune autorité sur l’église, mais c’est Christ qui a toute
autorité. Sa puissance est si grande qu’Il utilise d’anciens captifs de Satan
comme outils pour racheter et édifier d’autres personnes aussi.
Maintenant, tu dois lire attentivement. Il est dit : Il « a donné les un [com-
me] ... les autres [comme] ». Il ne dit pas qu’Il a donné des dons à certaines
personnes. C’est ce que tu lis, par exemple, en Romains 12 (Rom 12:6-8).
Là, quelqu’un a un don. Il en va de même en 1 Corinthiens 12 (1Cor 12:4-
11). Mais ici, la personne elle-même est donnée comme don par le Seigneur
Jésus à son église.
Dans chacun des dons mentionnés ici, tu vois quelque chose de ce que
Christ est pour les Siens : Il est l’Apôtre de notre confession (Héb 3:1), le
Prophète suscité de Dieu (Act 3:22), l’Évangéliste qui a annoncé l’évangile
aux pauvres (Mt 11:5) et le bon, grand et souverain Berger des brebis (Jn
10:11,14 ; Héb 13:20 ; 1Pie 5:4).

114
Éphésiens 4

Les premiers mentionnés sont les apôtres. Ensemble avec les prophètes
mentionnés en second lieu, nous les avons déjà rencontrés auparavant. En
Éphésiens 2, ils ont posé les fondements de l’église en tant que maison de
Dieu (Éph 2:20). En Éphésiens 3, ils sont ceux à qui Dieu a fait connaître le
mystère de l’église afin de le transmettre (Éph 3:5).
Dans les deux cas, il s’agit d’une opportunité unique, car on ne pose un
fondement qu’une seule fois et un mystère qui a été révélé n’a pas besoin
de l’être par la suite. À ce titre, les apôtres et les prophètes dont il est ques-
tion ici n’ont pas besoin de successeurs. Aussi chercheras-tu en vain dans
la Bible quelque chose comme ‘succession apostolique’. Nous n’avons plus
d’apôtres.
Cela devient d’autant plus clair lorsque tu considères quelles sont les con-
ditions pour être un apôtre. C’est quelqu’un qui
1. doit avoir vu le Seigneur Jésus (1Cor 9:1) et
2. doit être connu par ses signes (2Cor 12:12).
Il en va de même pour les prophètes. Il ne s’agit pas de prophètes de
l’Ancien Testament. Si cela avait été le cas, on n’aurait pas lu « apôtres et
prophètes », mais « prophètes et apôtres ». Non, il s’agit des prophètes du
Nouveau Testament qui, avec les apôtres, ont posé le fondement de l’église
et à qui Dieu a révélé le mystère de l’église.
Ces dons ne sont certes plus présents sur la terre en tant que personnes,
mais nous disposons toujours de leur service. Après tout, leurs livres et
leurs lettres se trouvent dans la Bible. Les apôtres sont Matthieu, Jean,
Pierre et Paul, et les prophètes sont Marc et Luc. Lorsque nous lisons leurs
évangiles et leurs lettres et que nous les prenons à cœur, nous sommes
ainsi de plus en plus aptes, en tant que membres de l’église, à remplir la
fonction qui est la nôtre.
Les trois dons suivants restent effectivement parmi nous en tant que per-
sonnes. Les évangélistes fournissent de nouvelles ‘recrues’ à l’église. Les
pasteurs et les docteurs veillent à ce que ces nouveaux membres soient
spirituellement nourris et enseignés.
V12. Cela se reflète dans l’objectif multiple mentionné au verset 12. Le
service des dons est destiné aux « saints ». L’effet du service est que ces

115
Éphésiens 4

saints finiront par atteindre « la mesure de la stature de la plénitude du


Christ » (verset 13). Les dons ciblent les saints, toi et moi, « en vue du
perfectionnement » en premier lieu. Le sens est que tous les membres du
corps soient conscients, de la place qu’ils occupent dans le corps et aussi de
la fonction qu’ils exercent en tant que membres.
Il s’agit du fonctionnement du corps tout entier, et cela n’est possible que
si chaque membre fonctionne correctement. Le Seigneur Jésus ne peut pas
se satisfaire d’un corps qui fonctionne mal. C’est pourquoi il est impor-
tant que chaque membre individuel soit servi par les dons. Cela signifie
s’engager dans la parole de Dieu sur la base des commentaires bibliques
d’hommes fidèles aux Écritures, écouter leurs prédications, assister à des
réunions où la Parole est expliquée et appliquée. Ce qui, soit dit en passant,
ne nous dispense pas du devoir d’examiner si les choses qu’ils écrivent ou
disent sont conformes à la parole de Dieu (Act 17:11).
C’est ainsi que les membres, toi et moi, sont formés « pour l’œuvre du
service ». Nous deviendrons de plus en plus compétents pour accomplir
la tâche que le Seigneur nous a assignée lorsqu’Il nous a joints à l’église
par l’intermédiaire de ses évangélistes. Encore une fois, ce service n’est pas
isolé, mais a pour objectif « l’édification du corps du Christ ». Il s’agit de
l’ensemble.
Tu n’es pas un membre tout seul. Ça ne fonctionne pas ainsi dans le corps
humain et de même cela ne fonctionne pas non plus ainsi dans le corps
spirituel. Chaque membre est là pour l’autre et est au service du corps
tout entier (il ne se limite donc pas aux quelques membres du corps que
tu connais et que tu rencontres). Et ce corps tout entier est là pour Christ.
V13. L’œuvre des dons n’est pas terminée tant que nous ne sommes pas
parvenus « tous à l’unité de la foi ». Tant qu’il y a des divisions, il ne peut
y avoir « l’unité de la foi ». Ce n’est pas une confession de foi faite par
des hommes qui, dans la pratique, sépare encore les croyants. Chaque don
donné par le Seigneur Jésus est aussi destiné à rassembler tous les mem-
bres sur la base de la seule et pleine vérité de Dieu.
Il n’est pas possible de vivre cette unité de foi et d’être membre d’une église
ou d’un groupe quelconque en même temps. Il n’y a qu’une seule vérité.
La seule appartenance que nous trouvons dans la Bible est l’appartenance

116
Éphésiens 4

au corps du Christ. Dans le ciel, il n’y aura plus de divergence d’opinion,


ni de division. Là, l’unité dans la foi sera la foi de la seule vérité.
Les dons sont déjà en train de travailler à cela maintenant. Ils enseigneront
toute la vérité de la foi à tous les membres ensemble. Ils ne proclameront
pas un certain nombre de vérités de foi ou de dogmes, mais une personne.
L’unité de la foi concerne « la connaissance du Fils de Dieu ». Les dons
visent à ce que tous les membres grandissent ensemble vers Lui et aient
suffisamment en Lui qui est le Fils éternel.
C’est la marque de tout véritable service, un service qui se poursuit jusqu’à
ce que tous les membres soient parvenus « à l’état d’homme fait », c’est-
à-dire à la maturité spirituelle. Cette maturité spirituelle se mesure à la
mesure dans laquelle le Christ a pris forme en eux (Gal 4:19). C’est ce que
l’on entend par « la mesure de la stature de la plénitude du Christ ». C’est
à cette mesure que Dieu évalue la croissance de l’église. Jamais, non jamais
Dieu ne baissera cette mesure. Nous serons de tout cœur d’accord avec cela
si nous avons découvert un aperçu pour la gloire du Christ de Dieu qui a
été donné par Dieu à l’église.
Relis Éphésiens 4:11-13.
À méditer : Quelle est la tâche des dons ?

117
Éphésiens 4

Éph 4:14-16 | Croître jusqu’à la Tête

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


14 afin que nous ne soyons plus de petits enfants, ballottés et emportés çà et
là par tout vent de doctrine dans la tromperie des hommes, dans leur habileté
à user de voies détournées pour égarer, 15 mais que, gardant la vérité dans
l’amour, nous croissions en tout jusqu’à lui qui est le chef [litt. : tête], le Christ,
16 de qui tout le corps, bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure qui le
soutient, produit, selon l’opération de chaque partie dans sa mesure, la crois-
sance de ce corps pour être lui-même édifié en amour.
V14. Dans les versets précédents, tu as vu que le Seigneur Jésus a donné
des dons à l’église dans un but précis, à savoir parvenir à la plénitude du
Christ. Ce but ne sera parfaitement atteint que lorsque nous serons avec le
Seigneur Jésus dans le ciel.
Mais même ici et maintenant sur la terre, un but est déjà atteint lorsque les
dons peuvent accomplir leurs tâches en toi et moi. Ce but, c’est que nous
nous tenions fermement à notre place et que nous ne tombions pas immédi-
atement lorsque l’ennemi nous attaque. Si toi et moi, en tant que membres
du Christ, sommes remplis de la plénitude du Christ, les enseignements
de l’ennemi n’auront aucune chance de nous influencer. L’ennemi fera tout
pour empêcher les membres de devenir ensemble ‘un homme fait’, rempli
de « la connaissance du Fils de Dieu » (verset 13).
L’un de ses moyens éprouvés consiste à semer la discorde parmi les mem-
bres. Il commence à enfoncer des coins dans l’unité. Le sujet de la division
n’a pas d’importance pour lui. Qu’il s’agisse d’un désaccord sur les choses
les plus banales, ou d’une erreur sur la personne ou l’œuvre de Christ,
pourvu que les membres soient en guerre les uns contre les autres. Le ré-
sultat, c’est qu’on ne voit plus l’image de la plénitude du Christ.
Quand les membres forment une unité, quand ils sont ensemble et se sou-
tiennent mutuellement, ils sont forts. Quand ils se séparent les uns des
autres, ils sont faibles. Alors l’église n’est plus un témoin de l’unité de la
foi. Et quand ils s’affrontent, le succès de Satan est complet. Parce qu’elles
ne sont pas fermement enracinées dans l’enseignement des Écritures, elles
commencent à se tergiverser d’un côté et de l’autre lorsque des gens vi-
ennent prêcher leur propre ‘vérité’. Et si ces personnes savent comment

118
Éphésiens 4

l’apporter, elles influencent beaucoup de gens. Par le biais de la télévision


et d’Internet, ils s’arrogent toute l’attention – et souvent l’argent – au détri-
ment du Seigneur Jésus.
L’ennemi obtient ses plus grands succès dans les églises où les croyants
restent « de petits enfants ». Ces croyants ne grandissent pas dans la vérité ;
ils restent immatures. Ils ne savent rien de l’unité de l’église et, plus grave
encore, ils ne s’y intéressent pas. Par conséquent, ils n’ont aucune fermeté
et sont des proies faciles pour les personnes rusées dont les tromperies
ne font que les égarer. Par leurs ruses, ils égarent les membres instables.
Souvent, ces croyants restent dépendants d’un certain type de conducteur.
Tout don, tout vrai serviteur, élève un enfant dans la foi de telle sorte qu’il
ne reste pas dépendant de lui. Le vrai serviteur devient heureux lorsqu’il
voit les bébés dans la foi grandir de plus en plus vers le Seigneur grâce à
son enseignement et devenir de plus en plus indépendants.
V15. Dans son enseignement, il utilisera la vérité et l’amour. Ce sont les
moyens appropriés par lesquels nous croissons jusqu’au Christ. Ce verset
commence par le mot « mais », un mot indiquant qu’un contraste avec ce
qui précède suit. La vérité s’oppose à la tromperie et à l’erreur, et l’amour
s’oppose à la ruse. La vérité et l’amour sont tous deux nécessaires à une
croissance saine. La vérité sans amour est froide et conduit au fanatisme.
L’amour sans la vérité est mou et conduit à la tolérance charnelle.
« Gardant la vérité » signifie qu’en tant que membre du corps, tu es
véridique dans toutes tes actions. Tu vis à partir de la vérité et tu vis la
vérité. Tu le fais dans un esprit d’amour. L’amour est comme l’odeur d’un
bon parfum qui flotte autour de toi.
C’était parfaitement évident avec Christ. Tout ce qu’Il a dit et fait était
véridique et enveloppé d’amour. Une conséquence de cela est que ce
qui n’est pas dit dans la pensée du Christ n’est pas vraiment vrai. Cela
vient alors de la chair. Frapper quelqu’un avec la vérité n’est pas gardant
la vérité dans l’amour. Je dois avouer avec honte que j’ai dit des choses
qui étaient vraies en elles-mêmes, mais autour desquelles il n’y avait pas
d’odeur d’amour. Je crains de ne pas être le seul. La vérité n’est que ce qui
est aussi tenu dans l’amour.

119
Éphésiens 4

L’inverse est aussi vrai. Il n’y a que l’amour véritable qui soit cohérent
avec la vérité. Si tu es seulement gentille et que tu ne dis jamais rien des
choses qui ne vont pas, tu n’es pas vrai dans l’amour. L’amour est alors
de l’hypocrisie, et il fait semblant. Le véritable amour signalera le mal à
l’autre personne, parce que ce mal cause du tort. Si tu le fais remarquer à
quelqu’un, tu prouves que tu l’aimes, car en agissant ainsi, tu peux préve-
nir ou limiter les dégâts.
Ce qui s’applique individuellement s’applique aussi à l’église dans son en-
semble, et c’est principalement de cela dont il s’agit. Une communauté de
personnes qui gardent la vérité dans l’amour n’est pas facilement ballottée
et emportée çà et là par tout vent de doctrine. Il s’agit d’une communauté
de personnes dans laquelle chaque croyant a son propre lien ferme et in-
dissoluble avec Christ, la Tête du corps. Ensemble, ils croissent jusqu’à
Lui en toutes choses. Tous les aspects de leur vie commune sont de plus
en plus imprégnés des caractéristiques de la Tête. Comme mentionné
précédemment, la vérité et l’amour sont les caractéristiques du Christ.
Lorsque ces caractéristiques se retrouvent dans ses membres, le résultat
est qu’ils deviennent comme Lui et croissent jusqu’à Lui.
V16. À son tour, cette croissance jusqu’à Lui est la conséquence de la con-
nexion avec la Tête. C’est du Christ – en tant que Tête du corps – que vient
tout ce dont le corps a besoin pour croître. Il s’agit de la croissance du
corps tout entier. Ce corps entier est constitué de toutes les parties reliées
par des jointures. La croissance du corps tout entier exige que chaque
membre croisse. Aucun membre ne doit suivre sa propre voie, s’occuper
de lui-même indépendamment de la Tête. Une telle attitude entraverait la
croissance de l’ensemble et conduirait à une croissance distordue.
L’intention de Dieu est que chacun des membres croisse en étant relié
à la Tête. Cela permettra aussi à chaque membre de travailler comme il
convient à sa place dans le corps. L’interaction entre les membres sera har-
monieuse. Les jointures, les connecteurs invisibles des membres, ne feront
pas leur travail en grinçant.
Dieu a déterminé la mesure de chaque partie. Aucun membre ne doit faire
plus, mais il ne doit pas non plus faire moins, que ce qui convient à son
fonctionnement. Une main ne doit faire que le travail de la main. Elle ne

120
Éphésiens 4

doit pas vouloir prendre en charge ou ajouter au travail du pied, car alors
l’harmonie du corps est perturbée. On ne voit alors plus l’ensemble du
corps, mais seulement quelques fonctions qui, elles aussi, fonctionnent
mal. Cela déshonore la Tête, qui aime se voir reflétée dans tout son corps.
Quand les membres se servent et se rendent heureux les uns les autres,
c’est le résultat de l’œuvre de Christ en eux. Il sert et rend heureux. Si
l’œuvre de Christ peut prendre forme dans les membres de cette manière,
ils montreront ensemble Christ sur la terre. Quand le corps opère de la
manière de la Tête, le corps s’édifie lui-même. Grâce au service que les
membres se rendent les uns aux autres, ils croîtront jusqu’à Lui, la Tête.
Ce riche verset se termine par les mots « en amour ». L’amour, comme le
fait de garder la vérité, est le seul environnement adéquat dans lequel la
croissance se réalise de manière optimale.
Relis Éphésiens 4:14-16.
À méditer : Pour toi, où se situe le cœur de ces versets ?

121
Éphésiens 4

Éph 4:17-24 | Passé et présent

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


17 Voici donc ce que je dis et atteste dans le Seigneur, c’est que vous ne marchiez
plus comme marche le reste des nations, dans la vanité de leurs pensées : 18
ils ont l’intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause
de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur ; 19
ayant rejeté tout sens moral, ils se sont livrés à la débauche, pour pratiquer
avidement toute impureté. 20 Mais ce n’est pas ainsi que vous avez appris le
Christ, 21 si du moins vous l’avez entendu et avez été instruits en lui selon que
la vérité est en Jésus : 22 [c’est-à-dire] – en ce qui concerne votre précédente
manière de vivre – d’avoir rejeté le vieil homme qui se corrompt selon les con-
voitises trompeuses, 23 d’être renouvelés dans l’esprit de votre intelligence, 24
et d’avoir revêtu le nouvel homme, créé selon Dieu, en justice et sainteté de la
vérité.
V17. Le contraste entre les versets 17-19 et les versets précédents est grand.
L’esprit du monde, où chacun vit pour lui-même, est complètement op-
posé au corps et aux membres, où chacun est là pour l’autre. Paul souligne
le danger que l’esprit du monde puisse s’affirmer dans l’église. Tu dois
toujours être conscient que les vieilles habitudes peuvent se réveiller. Il est
dangereux de penser que ton ancienne vie ne peut plus avoir de prise sur
toi. La seule garantie d’y échapper est de rester proche du Seigneur Jésus.
Le fait que tu doives prendre cet avertissement au sérieux ressort des pa-
roles d’introduction de Paul. Les mots « voici donc ce que je dis et atteste »
mettent fortement l’accent sur ce qu’il s’apprête à dire. L’ajout « dans le
Seigneur » indique la communion dans le Seigneur qui existe entre l’auteur
et les lecteurs.
Le point de départ de son exhortation est la séparation absolue qui existe
entre les croyants et les nations, auxquelles ils appartenaient mais n’appar-
tiennent plus. Cette séparation est radicale et doit se manifester dans toute
leur marche, et en toute chose.
La marche de l’homme est fortement liée à sa « pensée ». La « pensée »,
c’est la vie pensante, au sens le plus large du terme. C’est là que se trouve
l’origine de la marche. Tel il pense, ainsi il vit. La pensée de l’homme ne
produit rien de durable : elle est « vanité ». Il en va tout autrement de ce

122
Éphésiens 4

que Dieu attend du croyant. Le Seigneur Jésus dit à ses disciples : « C’est
moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, pour que vous alliez et que
vous portiez du fruit et que votre fruit demeure » (Jn 15:16).
V18. « L’intelligence » fait référence à la capacité de connaître, de sonder
quelque chose. Dans le monde, les personnes dotées d’une grande intelli-
gence sont très appréciées. Des prix sont décernés aux personnes qui ont
fait preuve d’intelligence. Si ces personnes ne sont pas reliées à Dieu par
la repentance et une vie nouvelle, toute leur réflexion s’est faite dans l’ob-
scurité. L’obscurité règne partout où la lumière de Dieu ne brille pas. Elles
sont dans l’obscurité et l’obscurité est en elles.
Il n’y a pas de vie de Dieu en eux ; « ils sont étrangers à elle ». Ils l’ont
constamment tenu à distance. Ils ne veulent pas en faire partie. Ils se sont
fermés à elle. Ils n’en savent rien et ne veulent rien en savoir.
Cette attitude est le résultat de « l’endurcissement de leur cœur ». Le cœur
est ce qu’il y a de plus intime, ce qu’il y a de plus central dans l’homme.
C’est le centre de tout son être. Un cœur endurci est inaccessible à la bonté
et est incorrigible. C’est un cercle vicieux : celui qui rejette constamment
tout ce qui vient de Dieu endurcit son cœur, et celui qui a un cœur endurci
rejette constamment tout ce qui vient de Dieu.
V19. Paul n’en a pas fini avec son portrait sombre de l’homme sans Dieu.
À l’égard de Dieu, tout n’est que vanité, obscurité, mort, ignorance et en-
durcissement. À l’égard d’eux-mêmes et de ceux qui les entourent, ils n’ont
aucun sens de ce qui est approprié. Leurs sentiments naturels ne fonction-
nent plus, ils ont « rejeté tout sens moral ». Ceux qui sont « étrangers à la
vie de Dieu » d’une part, sont d’autre part très familiers avec une vie dans
le péché. Dans ce domaine, cette personne se sent comme un poisson hors
de l’eau.
De telles personnes se sont livrées à la débauche la plus extrême. Avec
ardeur, elles plongent dans tous les excès de débauche imaginables (1Pie
4:4). « Impureté » fait souvent référence à l’impureté sexuelle. « Avide-
ment » signifie qu’il y a une envie intérieure à toujours plus d’impureté. Il
y a une envie insatiable de satisfaire des désirs impurs.
V20. Après cette description de la marche tempétueuse des nations,
l’énorme contraste avec le Christ apparaît. Il est frappant de constater que

123
Éphésiens 4

Paul oppose le mode de vie du monde non pas à un mode de vie chrétien,
mais à une personne. Les croyants d’Éphèse n’ont pas adopté une nouvelle
doctrine, mais le Christ. Il est la substance de tout ce qu’ils ont appris. Tous
les plans de Dieu sont liés à Lui, L’ont pour centre et pour but. Aucune
vérité de l’Écriture n’est séparée du Christ.
Le Christ prêché aux Éphésiens est l’Homme à la droite de Dieu. Tout cela
et qui Il est, est complètement étranger au contenu des versets 17-19. Il n’y
a pas d’interface entre Lui et les nations. Cela signifie que pour le chrétien,
en tant que lié à Lui, ce qui précède est terminé, que cela doit être du passé.
V21. Par le nom « Christ », tu peux penser que le Seigneur Jésus est l’Hom-
me des desseins de Dieu. C’est ainsi que tu l’as connu après l’avoir accepté
comme ton Sauveur et Seigneur. Cela t’a ouvert les portes d’une gloire
sans précédent. Dans cette gloire, tu pénètres de plus en plus loin au fur
et à mesure que tu en sais davantage sur Lui. Toute la vérité de Dieu est
présente en lui. Tu vois cette vérité en « Jésus ».
En utilisant le nom « Jésus », tu peux penser à sa vie lorsqu’Il était sur la
terre. Paul ne l’appelle pas souvent « Jésus » sans autre précision. Il ne le
fait que lorsqu’il Le désigne comme l’Homme humble sur la terre. Paul
le fait ici pour Le présenter comme un Exemple. Pour savoir comment tu
peux vivre la vérité de Dieu sur la terre, tu dois regarder la vie de Jésus.
V22. « La vérité en Jésus » se manifeste dans notre vie lorsque nous avons
rejeté ou quitté (comme un vêtement) le vieil homme et que nous avons
revêtu l’homme nouveau. « Le vieil homme » est l’Adam déchu tel qu’on
le voit sous toutes ses facettes chez toutes les personnes : attirant ou re-
poussant et tout ce qu’il y a entre les deux. Nous savons que « notre vieil
homme a été crucifié avec lui », c’est-à-dire avec Christ (Rom 6:6). C’est ce
que Dieu en a fait. La conséquence est que nous devons aussi voir ce vieil
homme ainsi, le rejeter et le quitter.
Il n’y a rien à améliorer dans ce vieil homme. Au contraire, il n’en résulte
que des convoitises malavisées qui favorisent un processus de destruction.
À la conversion, le lien avec ce vieil homme et sa marche est radicalement
coupé. En Actes 19, tu peux lire comment cela s’est passé chez les Éphé-
siens (Act 19:18-19).

124
Éphésiens 4

V23-24. Quelque chose d’entièrement nouveau est venu remplacer l’an-


cien. Une nouvelle source de pensée est venue, qui a aussi occasionné une
nouvelle marche. Dans cette nouvelle marche, « le nouvel homme » devi-
ent visible. Ce nouvel homme est complètement en harmonie avec Dieu.
Le Seigneur Jésus l’est aussi. Pourtant, Il n’est pas le nouvel homme. Il est
dit du nouvel homme qu’il a été créé. Le Seigneur Jésus n’a pas été créé.
Mais les caractéristiques du nouvel homme sont exactement les mêmes
que celles du Seigneur Jésus. Avec Lui et avec Dieu, il n’y a rien d’existant
qui appartienne au vieil homme. Le nouvel homme apparaît partout où les
croyants présentent les caractéristiques du Seigneur Jésus.
Le nouvel homme n’est pas non plus une restauration du premier homme,
Adam. Tu ne peux pas dire d’Adam qu’il a été créé « en justice et sainteté
de la vérité » parce que lorsqu’il a été créé, il n’avait pas de péché. Il n’était
pas « juste » mais innocent ; il n’avait pas la connaissance du bien et du
mal. Il a acquis cette connaissance après sa chute dans le péché. Il ne pou-
vait alors plus faire le bien, mais seulement le mal.
Le nouvel homme a aussi la connaissance du bien et du mal, mais il choisit
toujours le bien et rejette le mal. « Justice » signifie ce qui est juste au milieu
et face au mal. « Sainteté » implique d’être séparé du mal et de vivre pour
Dieu tout en étant entouré par le mal.
Relis Éphésiens 4:17-24.
À méditer : Te concernant, quelles sont les différences entre avant et main-
tenant ?

125
Éphésiens 4

Éph 4:25-29 | Le nouvel homme

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


25 C’est pourquoi, ayant renoncé au mensonge, parlez la vérité chacun à son
prochain ; car nous sommes membres les uns des autres. 26 Mettez-vous en
colère et ne péchez pas : que le soleil ne se couche pas sur votre irritation ; 27
et ne donnez pas occasion au diable. 28 Que celui qui volait ne vole plus, mais
plutôt qu’il travaille en faisant de ses propres mains ce qui est bon, pour avoir
de quoi donner à celui qui est dans le besoin. 29 Qu’aucune parole inconve-
nante ne sorte de votre bouche, mais celle qui est bonne, [propre] à l’édification
selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent.
V25. Les mots « c’est pourquoi » indiquent que les exhortations qui suivent
maintenant découlent de ce qui vient d’être dit. Les croyants d’Éphèse ont
entendu parler de la « vérité en Jésus ». Paul leur a parlé du vieil homme
et du nouvel homme. Il a précisé que le nouvel homme est « créé selon
Dieu ». Tu peux savoir tout cela, mais tu ne l’as pas vraiment compris tant
que cela ne se voit pas dans ta vie.
C’est pourquoi Paul va donner à son enseignement des mains, des pieds et
une bouche. Il montre la manière dont les attributs de Dieu doivent s’ex-
primer dans la vie du croyant. Ainsi, tu as la possibilité de le vivre. Après
tout, tu as été « créé selon Dieu ». Cela signifie que tu as été renouvelé
pour ressembler à Dieu dans ta vie quotidienne en affichant les traits de
son Être.
Le premier Homme sur la terre en qui cela était parfaitement visible était
le Seigneur Jésus. Jamais aucun mensonge n’est sorti de sa bouche (cf. 1Pie
2:23) ; Il a toujours dit l’entière vérité. Et il devrait en être ainsi pour toute
personne créée selon Dieu.
Le mensonge est un refus conscient de la vérité ou une déformation con-
sciente de celle-ci. Tu trompes les gens parce que cela te profite. Il ne s’agit
pas toujours d’un gain financier. Tu peux aussi tirer profit du fait que les
gens ne découvrent pas tes véritables intentions. Dieu n’est pas ainsi et le
Seigneur Jésus non plus n’était pas ainsi lorsqu’Il vivait sur la terre. Dieu
est parfaitement transparent et le Seigneur Jésus l’était aussi sur la terre. Il
ne disait que la vérité et pouvait dire : « Je suis ... la vérité » (Jn 14:6). Il est
écrit « qu’aucun mensonge ne vient de la vérité » (1Jn 2:21).

126
Éphésiens 4

Bien sûr, ‘ne pas mentir’ et ‘dire la vérité’ est quelque chose que tu devrais
toujours faire et à tout le monde, mais ici, c’est surtout par rapport à tes
frères et sœurs. Si tu mens à ton frère, tu te mens à toi-même. En effet,
cela est compris dans les mots « car nous sommes membres les uns des
autres ». Cette approche s’inscrit parfaitement dans une lettre où l’unité de
l’église occupe une place si importante.
V26. Dire des mensonges est toujours mauvais et presque toujours fait
délibérément. ‘Se mettre en colère’ n’est pas toujours mal et se produit
presque toujours spontanément en voyant une injustice. Nous parlons
de ‘sainte colère’ lorsque la colère gronde à la vue d’un déshonneur fait
à Dieu. Une telle colère est appropriée. Ici, l’apôtre y fait même appel :
« Mettez-vous en colère. »
Se mettre en colère n’est pas contraire à l’amour. Dieu est amour, mais Il se
met en colère contre le péché, ce qui signifie que la colère n’est pas contraire
à l’amour. Le Seigneur Jésus s’est mis en colère contre le déshonneur fait à
son Dieu et, dans sa colère, a purifié le temple (Mt 21:12).
Avec nous, il y a un risque que notre colère devienne une colère pécher-
esse. C’est pourquoi il est immédiatement ajouté : « Et ne péchez pas. »
Lorsque nous nous mettons en colère à la vue d’une injustice particulière,
nous pouvons devenir tellement indignés et agités que nous ne pouvons
plus nous contrôler. Nous pouvons alors simplement dire ou faire des
choses qui ne sont pas « selon Dieu ». Avec le Seigneur Jésus, la colère et
la tristesse vont de pair en parfait équilibre (Mc 3:5a), alors qu’avec nous,
il y a des risques que la colère aille de pair avec une blessure personnelle.
Moïse s’est lui aussi un jour enflammé de colère. C’était lorsqu’il est de-
scendu de la montagne et que le peuple a dansé autour du veau d’or (Exo
32:19). Cette colère était justifiée. Plus tard, il s’est de nouveau mis en colère
et a frappé le rocher au lieu de lui parler, comme Dieu l’avait demandé. Là,
il est parti à la dérive, et pour cette colère, Dieu a dû le punir parce qu’il
a péché à ce moment-là et a donné une occasion au diable (Nom 20:7-12).
Que le soleil ne se couche pas sur votre irritation signifie que nous ne de-
vons pas chérir l’irritation, mais l’apporter à Dieu. C’est ce que souligne le
Psaume 4 (Psa 4:5). Si tu commences à chérir l’irritation, le soleil se cou-
chera aussi au sens spirituel. Tu deviens amer et la vie perd toute lumière

127
Éphésiens 4

et toute perspective. L’irritation peut alors se transformer en haine et en


vengeance.
Tu t’es peut-être déjà retrouvé dans une telle situation à cause d’une in-
justice qui t’a été faite. Si c’est le cas, demande de l’aide à une personne de
confiance. Dans tous les cas, fais quelque chose pour revenir à la lumière !
V27. « Ne donnez pas occasion au diable » signifie : ne lui offre pas l’oc-
casion de te faire pécher. Si tu lui en as offert l’occasion, prive-le immédi-
atement, afin que ta vie ne soit pas davantage plongée dans les ténèbres. Il
n’en a pas le droit, car le Seigneur Jésus l’a vaincu. Ne le laisse plus prendre
l’avantage sur toi (2Cor 2:10-11).
V28. Après que Paul a discuté de notre façon de parler et de nos sentiments
en lien avec le vieil homme et le nouvel homme, il en vient à nos actes. Vol-
er, c’est s’enrichir aux dépends des autres ; donner, c’est enrichir les autres
aux dépends de soi-même. La loi est claire en ce qui concerne le mensonge
et le vol : « Tu ne diras pas » et « tu ne commettras pas » (Exo 20:15-16).
Paul, cependant, ne fait pas appel à la loi. Le chrétien qui a été placé dans
le ciel en Christ et qui y est béni de toutes les bénédictions spirituelles ne
vit pas dans la sphère de la loi.
Bien sûr, il n’a pas le droit de mentir et de voler, mais quelqu’un qui est
« créé selon Dieu » ne veut pas non plus du tout cela. Au contraire, une
telle personne veut montrer les attributs de Dieu. Dieu a-t-Il déjà volé
quelque chose ? C’est une question stupide. Dieu est un Donateur (Jn 4:10)
et Il donne généreusement. Ce sera donc aussi le cas pour toi.
Ce n’est pas nécessaire d’avoir été un voleur pour apprendre de quelles
manières tu peux montrer Dieu dans ta vie. Cela va même un peu plus loin
ici que ce que tu lis en Romains 13 : « Ne devez rien à personne » (Rom
13:8). D’accord, tu ne voles pas, tu n’es même pas endetté envers qui que ce
soit. Mais à la lumière de cette lettre, ce n’est pas là le comble de la qualité
de chrétien. Ici, on s’adresse à toi au plus haut niveau : en travaillant dur,
honnêtement et honorablement, tu pourras donner aux autres.
Paul lui-même a donné un bon exemple – mettant ainsi en pratique les
paroles du Seigneur Jésus – lorsqu’il a dit aux anciens de l’église d’Éphèse :
« Je n’ai convoité ni l’argent, ni l’or, ni le vêtement de personne. Vous savez
vous-mêmes que ces mains ont été employées pour mes besoins et pour les

128
Éphésiens 4

personnes qui étaient avec moi. Je vous ai montré en toutes choses qu’en
travaillant ainsi, il nous faut secourir les faibles et nous souvenir des pa-
roles du Seigneur Jésus qui lui-même a dit : Il est plus heureux de donner
que de recevoir » (Act 20:33-35).
V29. De même que Dieu ne vole rien, Il ne dit rien qui soit préjudiciable
ou qui n’édifie pas. Tout ce que Dieu dit, toute sa Parole, est bon, édifie et
communique la grâce. Le monde est plein de mots sales et d’expressions
ordurières. La radio, la télévision, Internet, les livres et les magazines ne
sont, pour la plupart, que des porte-voix du vieil homme. Ils transmettent
leur message à qui veut bien l’entendre, le regarder et le lire. Les auditeurs,
les téléspectateurs et les lecteurs sont ainsi inondés d’un jargon propre au
vieil homme. Les conversations sur le lieu de travail et dans la salle de
réunion le prouvent. Le langage utilisé est souvent inconvenant, au sens
de pourri, dépravé.
L’expression « parole inconvenante » ne désigne pas seulement une ex-
pression incorrecte, sale, mais aussi l’ensemble du contenu, le message
transmis. Et lorsque quelqu’un utilise des mots vulgaires ou soignés, son
langage est impur ou sale si son message est ‘sale’. Non pour nous, même
dans le langage, Dieu veut s’entendre lui-même.
Au lieu d’une parole qui pourrit et détruit, notre parole devrait être un
outil qui « communique la grâce à ceux qui l’entendent ». Du Seigneur
Jésus, il est témoigné : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme » (Jn
7:46). Il a parlé « de bonnes paroles, des paroles de consolation » (Zac 1:13).
Les mots « selon le besoin » soulignent qu’il est important non seulement
de faire attention à ce qui est dit, mais aussi où et quand.
J’espère sincèrement qu’en parlant, toi et moi, la langue de Dieu se fait
entendre.
Relis Éphésiens 4:25-29.
À méditer : Comment abandonner le vieil homme et te revêtir de nouvel
homme ?

129
Éphésiens 4

Éph 4:30-32 | Soyez bons les uns aux autres

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


30 Et n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés
pour le jour de la rédemption. 31 Que toute amertume, tout emportement,
toute colère, tout éclat de voix, toute injure soient ôtés du milieu de vous, de
même que toute méchanceté ; 32 mais, les uns à l’égard des autres, soyez bons,
compatissants, vous pardonnant les uns aux autres, comme Dieu aussi, en
Christ, vous a pardonné.
V30. Si tu es « créé selon Dieu » (verset 24), tu es capable de montrer qui
et comment Dieu est dans ce monde corrompu par le péché. Tu présente
le ciel sur la terre. Comment imaginer cela concrètement, tu l’as vu dans
les versets précédents. Comment le mettre en pratique, obtenir la bonne
motivation pour cela, tu le vois dans ce verset. Car tu as été scellé par « le
Saint Esprit de Dieu ». En bref, cela signifie que tu es la propriété de Dieu.
Cela donne la sécurité ! Ce que signifie encore le sceau, tu peux le lire à
Éphésiens 1:13-14 où tu as aussi rencontré cette expression.
Le Saint Esprit te donne le pouvoir de montrer les attributs de Dieu dans
ta vie. Le Saint Esprit est appelé ici avec insistance l’Esprit de Dieu. Tout
tourne autour de Dieu. Tu as été créé selon Dieu et tu as reçu l’Esprit de
Dieu pour que, pour reprendre Éphésiens 5, on puisse s’adresser à toi en
tant qu’imitateur de Dieu (Éph 5:1). Dans la vie du Seigneur Jésus sur la
terre, tu vois cela s’exprimer d’une manière parfaite. De cette façon, cela se
produit aussi en toi, car tu possèdes la même nature.
Le Saint Esprit habite en toi « pour le jour de la rédemption ». Cela fait
référence à la rédemption de ton corps et à la rédemption de la création.
Que ton corps ne soit pas encore racheté, tu le remarques par la douleur
que tu peux avoir. Cela concerne non seulement la douleur physique, mais
aussi la douleur de ton âme lorsque tu as fait quelque chose de mal, ou lor-
sque tu vois la misère autour de toi. Romains 8 parle aussi de « la délivrance
[ou : de la rédemption] de notre corps » (Rom 8:23). Cette rédemption a
lieu lorsque le Seigneur Jésus vient nous chercher (Php 3:20-21). Tu peux
désirer intensément ce moment ; tu peux l’attendre avec impatience ; il se
produira.

130
Éphésiens 4

Après cet événement, le Seigneur Jésus rachètera « la possession acquise »


(Éph 1:14), c’est-à-dire toute la création. La façon dont cela se passe est
décrite en détail dans le livre de l’Apocalypse. Le résultat ultime est que
tout sera conforme à Dieu, car « Dieu sera tout en tous » (1Cor 15:28). Le
Seigneur Jésus a le droit de tout racheter parce qu’il a payé tout le prix de
la rédemption sur la croix. La perspective de ce « jour de la rédemption »
donne au croyant une énorme motivation pour être un imitateur de Dieu
dans la puissance de l’Esprit de Dieu.
Ainsi tu es aussi empêché d’attrister le Saint Esprit de Dieu. L’appel à ne
pas attrister l’Esprit n’est pas là pour rien. Si tu fais quelque chose qui
n’est pas selon Dieu – alors que tu as été créé selon Lui ! – tu L’attristes. Le
Saint Esprit est Dieu. Le fait que tu puisses L’attrister prouve qu’Il est une
personne et pas seulement une force ou une influence. Il est aussi dit que
nous pouvons L’éteindre dans son œuvre (1Th 5:19) et Lui mentir (Act 5:3).
V31. Il est clair que les choses mentionnées dans ce verset n’appartiennent
pas à « la vérité en Jésus ». Elles n’appartiennent pas au « nouvel homme »
ni à ce qui est « créé selon Dieu ». Il s’agit de ton comportement personnel
dans l’église, « du milieu de vous ». Et ceci est dit à une église à laquelle
Paul a raconté tant de choses glorieuses.
Tu vois donc que le fait de connaître les bénédictions les plus élevées ne
garantit pas que tu ne tomberas pas dans les pratiques les plus basses. Tu
pensais sûrement que dans une église comme Éphèse, les choses que Paul
mentionne ici ne pourraient pas se produire ? Pourtant, elles se produis-
ent bel et bien, non seulement à l’époque, mais aussi encore chez nous
aujourd’hui. Il s’agit d’une énumération de sentiments et d’expressions
mauvais, une méchanceté naissant d’une autre.
Cela commence par « toute amertume ». Une fois qu’une « racine d’amer-
tume » a germé (Héb 12:15) et qu’elle n’est pas jugée, « tout emportement »
vient s’ajouter. Si tout emportement refoulée n’est pas ôté par le jugement
de soi, elle se transformera en « toute colère » et en « tout éclat de voix ».
S’il n’y a pas de repentir, la colère et les cris sont suivis par « toute injure ».
La colère et les cris sont déversés sur l’adversaire. L’injure se fait dans le
dos de l’adversaire. Si l’injure n’est pas confessée, la porte est ouverte à
toutes les autres formes de « méchanceté ». Cette image du vieil homme

131
Éphésiens 4

est parlante. Tout aussi révélateur est l’ordre – il ne s’agit pas d’une recom-
mandation ! – d’ôter tout cela à l’église.
V32. Contre la méchanceté du vieil homme se trouve le sentiment totale-
ment différent du nouvel homme. Après les sentiments et les expressions
sombres du vieil homme, ici la lumière éclatante brille et tu ressens la paix
et la chaleur des bons sentiments et des expressions du nouvel homme.
Au lieu de nourrir des sentiments amers à l’égard d’une autre personne,
on attend de toi que tu sois bienveillant envers elle. Au lieu de gronder
et d’injurier les autres, on attend de toi que tu sois bon et pardonnant à
l’égard de cette autre personne.
Tu as l’exemple devant toi. Comment Dieu a-t-Il été envers toi, et comment
est-Il encore envers toi ? Il t’a pardonné en Christ. Plus tu penses à cela,
plus tu seras capable d’avoir envers les autres et de le montrer, le senti-
ment de pardon de Dieu.
En effet, il s’agit d’une norme extrêmement élevée, mais néanmoins la seule
norme juste. Et toi, parce que tu as été créé selon Dieu, tu es aussi capable
de répondre à cette norme. Dieu n’est pas venu à toi avec amertume à
cause de ta culpabilité, mais avec pardon. Il t’a pardonné ta culpabilité et a
eu pitié de toi. L’espace nécessaire pour faire preuve de bonté et de pardon
apparaît lorsque les obstacles du verset précédent sont ôtés.
Relis Éphésiens 4:30-32.
À méditer : Quelles caractéristiques du vieil homme et du nouvel homme
vois-tu ici ?

132
Éphésiens 5

Éph 5:1-8 | Marcher dans l’amour et dans la lumière

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


1 Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, 2 et marchez
dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour
nous, [comme] offrande et sacrifice à Dieu en parfum de bonne odeur. 3 Mais
que ni la fornication, ni aucune forme d’impureté ou de cupidité ne soient
même nommées parmi vous, comme il convient à des saints, 4 ni aucune chose
honteuse ; pas de parole folle ou de plaisanterie – ce qui est inconvenant – mais
plutôt des actions de grâces. 5 Cela, en effet, vous le savez bien : aucun fornica-
teur, ou impur, ou cupide (qui est un idolâtre), n’a d’héritage dans le royaume
du Christ et de Dieu. 6 Que personne ne vous séduise par de vaines paroles ;
car à cause de ces choses, la colère de Dieu vient sur les fils de la désobéissance.
7 N’ayez donc aucune part avec eux ; 8 en effet, vous étiez autrefois ténèbres,
mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur : marchez comme des
enfants de lumière
V1. Si nous faisons ce que dit le dernier verset du chapitre précédent
(Éph 4:32), nous pouvons être interpellés comme « imitateurs de Dieu ».
Nous pouvons faire ce que Dieu a fait en faisant preuve de bonté. Il se
peut même que l’on attende cela de nous. Le fait de nous interpeller en
tant qu’« imitateurs de Dieu » est déjà quelque chose en soi. Mais cela
ne s’arrête pas là. Nous sommes même appelés « bien-aimés enfants » de
Dieu. Non seulement Dieu nous a remis toutes nos dettes, mais il nous a
aussi rendus riches, parce que nous sommes devenus ses enfants. Tu dois
prendre un moment pour bien le comprendre. Tu es un enfant de Dieu et
tu es aimé de Lui !
V2. Alors non seulement tu fais preuve de bonté et de pardon en suivant
Dieu, mais ensuite tout ton comportement, toute ta marche, sera « dans
l’amour ». Tu prouves la bonté et le pardon lorsque tu n’imputes plus de
tort à ton frère ou à ta sœur. La preuve de l’amour va plus loin. L’amour
ne se préoccupe pas tant de ce que l’autre a fait, mais de ce l’autre est

133
Éphésiens 5

en lui-même. L’amour cherche toujours le bien de l’autre. L’exhortation


« marchez dans l’amour » signifie simplement que tu démontres la nature
divine dans ta pratique quotidienne de la vie.
Tu peux voir exactement comment cela fonctionne dans la vie du Seigneur
Jésus. En Lui, la nature de Dieu a été parfaitement exprimée. L’amour L’a
amené à un acte que nous admirerons éternellement. Cet acte d’amour a
été son total engagement envers Dieu, jusqu’à la mort. Sa mort est l’abou-
tissement absolu de son amour pour Dieu et pour nous. Sa vie et sa mort
ont procuré à Dieu une joie indicible. Il n’y a jamais eu personne sur la
terre qui ait servi et honoré Dieu, avec tout l’amour de son cœur, de façon
totalement dévouée. C’est ce qu’a fait le Seigneur Jésus.
Les mots « offrande et sacrifice » désignent toute sa vie, jusqu’à sa mort sur
la croix. Tout est un parfum de bonne odeur pour Dieu, tandis que sa mort
sur la croix est aussi pour nous. Il est mort à notre place. En conséquence,
nous sommes sauvés et tous les obstacles sont levés pour que Dieu nous
bénisse.
Dans cet engagement parfait, Il est unique ; en cela, nous ne pouvons pas
L’imiter. Pourtant, il est écrit : « Marchez dans l’amour, comme aussi le
Christ. » Nous ne marcherons dans l’amour de la même manière que le
Christ que si nous aussi nous consacrons entièrement notre vie à Dieu et
à les intérêts de Dieu. C’est alors que Dieu se rappelle pour ainsi dire par
nous la marche de son Fils, et qu’un parfum de bonne odeur monte de
notre vie à Lui.
V3. Les exhortations que Paul fait maintenant sont cohérentes avec une
marche de vie dans la lumière. Tout ce qui ne peut pas supporter la lu-
mière de Dieu ne devrait pas avoir sa place parmi les croyants. De plus,
cela est contraire à l’amour. L’amour cherche toujours le bien des autres,
même au détriment de soi-même. Les choses mentionnées ici ne visent
qu’à satisfaire ses propres convoitises. Ce sont des péchés par lesquels on
se fait plaisir aux dépens d’autrui.
Tout se mesure à qui est Dieu. Le croyant est créé selon Lui (Éph 4:24).
Dieu est lumière et amour (1Jn 1:5 ; 4:8,16). Les croyants doivent marcher
comme des enfants de Dieu dans l’amour (Éph 5:1-2), et comme des saints,
ils doivent marcher dans la lumière Éph 5:3-21).

134
Éphésiens 5

Les choses mentionnées à partir du verset 3 ne cadrent pas avec l’amour et


la lumière. Le croyant ne doit pas faire, ni même mentionner, des choses
qui sont « inconvenantes » (verset 4), c’est-à-dire qui ne correspondent pas
à la nature de Dieu. Il ne s’agit pas tant des actes que de ce qui les précède.
Il s’agit de ce qui est dans le cœur et de ce que la bouche exprime. « Car
de l’abondance du cœur, la bouche parle » (Mt 12:34). Paul, bien sûr, con-
damne ici la façon de parler qui trahit la convoitise.
Lorsqu’il mentionne des choses dont il affirme qu’elles ne devraient
pas être mentionnées, il n’agit pas à l’encontre de sa propre exhortation.
Après tout, il les mentionne dans un sens désapprobateur. Par exemple, il
faut aussi parler de ces choses lorsqu’il s’agit d’exercer la discipline dans
l’église, ou lorsqu’il s’agit de les dénoncer ailleurs (verset 11). Mais ne sois
pas tenté de mentionner ces choses à la légère ou pour plaisanter, et ne les
tolère pas non plus.
« La fornication », c’est l’impudicité au sens large. Il désigne tous les rap-
ports sexuels en dehors du mariage et cela va bien au-delà de l’adultère.
« Impureté » est l’impureté sous quelque forme que ce soit, que ce soit en
paroles, en actes ou en pensées. « La cupidité » est la soif de posséder plus
de biens, et ne se limite pas à l’argent.
L’absence de tels propos convient aux « saints ». Les gens décents font
attention à ce qu’ils disent, de peur de mettre leur bonne réputation en jeu,
mais les « saints » ont un motif bien plus élevé. Ils n’appartiennent pas au
monde, dans lequel ces sujets sont courants, mais au nouvel homme.
V4. De même, la « chose honteuse », ce qui est obscène, indécent en paroles
et en gestes, ne doit pas faire partie de ton langage. Il comprend tout ce qui
est contraire à ce qui est digne d’être honoré. « De parole folle », c’est parler
comme un insensé. Un homme qui n’a aucune considération pour Dieu est
appelé un insensé (Psa 14:1). « Plaisanterie » s’entendent dans les propos
ambigus. Tout cela « est inconvenant », cela ne correspond pas à la norme
des saints de Dieu.
Par conséquent, tu ne dois pas te permettre de descendre au niveau de la
régurgitation de bêtises juste pour faire le guignol. Toute personne connue
comme telle n’est pas chrétienne, quelle que soit sa confession. Il ne s’agit
pas ici d’humour en général. Il s’agit de personnes qui sont comme ça et

135
Éphésiens 5

qui, par leur langage et leurs plaisanteries absurdes et ambiguës, cherchent


à repousser les limites morales et à briser les seuils de la décence.
Avec les « saints », les personnes qui ont reçu le pardon, convient « des
actions de grâces ». Cela suppose une bouche ouverte d’où sortent, au lieu
de toutes sortes de débauches, des paroles d’action de grâce (1Th 5:18 ; Col
1:12).
V5. Au verset 3, le mal est mentionné, au verset 5, nous voyons ses auteurs.
Tu sais, et tu l’as reconnu, qu’à cause de tout ce que tu étais et dont tu
faisais partie, il n’y avait pas de lien avec le royaume où le Christ et Dieu
ont toute domination. À ta conversion, tu l’as confessé et tu as vu que tout
cela avait disparu dans le jugement que le Christ a porté. Pourtant, tu peux
l’oublier et recommencer à vivre comme avant. C’est pourquoi il est fait
appel ici à ta conscience, pour te rappeler ce que tu as confessé et mis de
côté à la croix lors de ta conversion.
Cependant, il n’y a pas que le souvenir de ce qui a été écarté. Il y a aussi
la perspective de « l’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu ». Ce
royaume sera établi dans la plénitude des temps (Éph 1:10). Il s’agit du
« royaume du Christ » parce qu’Il en est le centre, celui qui gouverne. C’est
« le royaume de Dieu » parce qu’Il en est l’origine, le Créateur, c’est son
dessein.
Par « héritage », tu penses à l’avenir, tu es héritier d’un héritage qui est
encore à venir. Ton héritage dans le royaume sera reçu dans la pléni-
tude des temps, lors de la révélation du Christ. Les droits de Dieu et son
gouvernement seront alors établis dans l’univers. Cela est mentionné
ici pour indiquer que tu dois voir ta vie à la lumière de cette époque. La
conséquence impliquera que tu remettes dès maintenant le gouvernement
de ta vie entre les mains de Christ et de Dieu.
V6. Ainsi, tu ne seras pas tenté par une vie profane, qui te ramènerait dans
la société dans laquelle tu étais auparavant (cf. Psa 1:1). Tu peux facilement
te laisser égarer par des paroles vides de sens, des paroles contraires aux
Écritures. Toutes sortes de formes de cohabitation que l’Écriture qual-
ifie de fornication sont tolérées, comme la cohabitation hors mariage et
l’ouverture du mariage entre personnes de même sexe. Ces choses sont
aussi défendues dans la chrétienté avec de belles paroles mais vides de

136
Éphésiens 5

sens. Rappelle-toi : « Car à cause de ces choses, la colère de Dieu vient


sur les fils de la désobéissance. » « Les fils de la désobéissance » sont des
personnes qui désobéissent délibérément.
V7. Garde-toi loin d’eux. Ne te joins pas à eux et ne te comporte pas comme
eux. Fais en sorte qu’on ne puisse pas te considérer comme l’un d’entre eux
(verset 11). Les enfants de Dieu et les fils de la désobéissance n’ont rien en
commun spirituellement. Tu dois éviter non seulement les péchés mais
aussi les liens avec les pécheurs.
V8. Sais-tu pourquoi tu dois éviter ces liens ? À cause de ce que tu étais
et de ce que tu es maintenant. C’est un fait avéré. Ce changement s’est
produit à cause de l’œuvre que Dieu a accomplie en toi. Tu n’étais pas
seulement dans les ténèbres, tu étais ténèbres. Tu étais caractérisé par une
nature qui est ténèbres et qui trouvait son plaisir dans tout ce qui est contre
Dieu. Mais tu es maintenant lumière dans le Seigneur. Rien n’est caché,
tout est visible et c’est ainsi que tu es censé marcher.
Relis Éphésiens 5:1-8.
À méditer : Qu’est-ce qui appartient et qu’est-ce qui n’appartient pas à une
marche dans la lumière ?

137
Éphésiens 5

Éph 5:9-16 | Réveille-toi !

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


9 (car le fruit de la lumière [consiste] en toute bonté, justice, et vérité), 10
éprouvant ce qui est agréable au Seigneur. 11 N’ayez rien de commun avec
les œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt réprouvez-les aussi ; 12
car ce qu’ils font en secret, il est honteux même de le dire. 13 Mais tout ce qui
est réprouvé par la lumière est manifesté ; car ce qui manifeste tout, c’est la
lumière. 14 C’est pourquoi il dit : “Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre
les morts, et le Christ luira sur toi”. 15 Veillez donc à marcher soigneusement,
non pas comme dépourvus de sagesse, mais comme étant sages, 16 saisissant
l’occasion, parce que les jours sont mauvais.
V9. Une marche dans la lumière n’est pas stérile et froide. Dans une telle
marche, la vie se développe et devient visible dans les fruits qu’elle pro-
duit. Ce fruit n’est pas dû à tes efforts et n’est pas la conséquence d’une
quelconque réalisation que tu aurais faite. Non, porter du fruit ne dépend
pas de ce que tu fais, mais de ce que tu es et de l’endroit où tu te trouves.
Lorsque tu marches dans la lumière, tu es en présence de Dieu. C’est Lui
qui donne la croissance (1Cor 3:7).
Le Seigneur Jésus dit : « Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là
porte beaucoup de fruit ; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire »
(Jn 15:5). Si tu tires ta ‘sève de vie’ de Lui, ta vie portera du fruit. Ce fruit
est constitué d’attributs de Dieu que l’on peut aussi voir dans la vie du
Seigneur Jésus. Tu seras un bienfait pour les autres si « toute bonté » s’ex-
prime dans ton comportement. Tu donneras aux autres ce qui leur est dû
et tu révéleras ainsi la « justice ». Toute ta conduite ne sera pas hypocrite,
mais « vérité », ce qui est vrai.
V10. Pendant que tu ‘produis’ ainsi, sans y mettre du tien, le fruit de la
lumière, tu t’actives à éprouver « ce qui est agréable au Seigneur ». ‘Éprou-
ver’, c’est examiner pour voir si quelque chose est bon. Le résultat de cet
examen est que tu fais dans ta vie des choix qui plaisent au Seigneur.
V11. Au verset 7, Paul avertit que tu ne dois pas devenir le compagnon
des méchants. Tu ne dois pas t’associer à ces personnes. Au verset 11, il te
rappelle que tu ne dois non plus rien avoir à faire avec leurs œuvres. Toute

138
Éphésiens 5

relation avec eux doit être rompue. La lumière et les ténèbres n’ont pas de
terrain commun (cf. 2Cor 6:14b).
Maintenant que tu es dans la lumière, il est vraiment inadmissible de faire
des « œuvres infructueuses ». Car celles-ci appartiennent aux « ténèbres ».
Au fait, remarques-tu aussi qu’il est question de « fruit [au singulier] de la
lumière » (verset 9) et d’« œuvres infructueuses [au pluriel] des ténèbres »
(verset 11) ? Tu trouves la même chose en Galates 5, où il est question des
« œuvres de la chair » (Gal 5:19) et du « fruit de l’Esprit » (Gal 5:22). Ce
qui appartient à Dieu et vient de lui forme un ensemble magnifique. Ce
qui vient de la chair et appartient aux ténèbres est la destruction sous de
nombreuses formes.
Ce qui se passe dans les ténèbres doit être « réprouvé » [note : au sens de :
démasquer et condamner le mal, même caché]. C’est-à-dire qu’il faut dire
clairement de quel péché il s’agit. La nature du péché doit être exposée. Tu
n’as pas besoin de rechercher comment le péché est commis, mais dès que
tu es en contact avec lui, tu dois réprouver le péché en tant que péché et ne
pas participer à le justifier.
Jean le baptiste est un exemple dans ce domaine. Il dénonce le mode de
vie d’Hérode en disant qu’il vivait dans le péché (Mt 14:3-4). La dénon-
ciation se fait par ce que tu dis, mais encore plus par la façon dont tu vis.
Si tu marches dans la lumière, cette lumière révèlera aussi les œuvres des
ténèbres.
V12. Il est clair que quelque chose qui se fait « en secret » se fait con-
sciemment et non dans l’ignorance. Ce qui est fait en secret « est honteux
même de le dire ». Si tu dois en parler, tu le fais avec dégoût. Il peut être
nécessaire de parler de l’homosexualité. Lorsqu’il s’agit d’une personne
qui lutte contre ses sentiments homosexuels, nous nous tenons à ses côtés
et lui offrons notre aide et notre soutien. Cependant, lorsqu’il s’agit d’une
personne qui tolère la pratique de l’homosexualité, nous devrons prendre
position contre cette pratique.
V13. La propriété particulière de la lumière est qu’elle révèle tout lorsque
ses rayons tombent dessus. La lumière révèle la véritable nature d’une
chose. Celui qui fait de bonnes choses n’a rien à cacher. Il se tient sans

139
Éphésiens 5

crainte sous la lumière du projecteur. Tout ce qu’il fait peut être vu. Celui
qui fait le mal déteste la lumière et l’évite (Jn 3:20).
V14. Le fonctionnement de la lumière a été précisé dans les versets pré-
cédents. Il a aussi été précisé qu’aucune communion n’est possible entre
la lumière et les ténèbres. Bien sûr, l’ennemi n’aime pas cela. Il ne réussit
pas à mélanger la lumière et les ténèbres. Ce qu’il réussit à faire, c’est à
inverser les deux et à présenter les ténèbres comme de la lumière et la
lumière comme des ténèbres. Inlassablement, il s’efforce d’amener les gens
à inverser la pensée. Dans les différents médias, il a trouvé un excellent
vecteur pour ses efforts.
Le prophète Ésaïe a prononcé le « malheur » sur la confusion de la lu-
mière et des ténèbres (Ésa 5:20). Et n’oublie pas qu’il s’adresse au peuple
de Dieu ! Cette distorsion des choses a aussi imprégné le christianisme.
Les chrétiens ont laissé l’ennemi leur jeter de la poudre aux yeux et se
sont endormis. Ils ont perdu de vue la lumière de la gloire du Christ. C’est
donc de la gloire que vient l’appel du Christ glorifié à chaque chrétien
individuellement : « Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts,
et le Christ luira sur toi. »
Imaginez ceci : Tu vois tous les gens allongés sur le sol. Ils ne bougent pas.
Ils ont tous l’air morts. Il n’y a aucun signe de vie. La tragédie que l’apôtre
décrit ici est la similitude apparente entre le dormeur et le mort. Bien que
la vie soit présente dans le dormeur, il est aussi imperméable à la lumière
que le mort. C’est la leçon à tirer ici. Une personne endormie n’entend et
ne voit rien. Il n’y a pas de communication avec les vivants, car il est pra-
tiquement dans l’état d’un mort.
Le chrétien qui dort est désactivé pour témoigner du Seigneur glorifié.
Pour être à nouveau heureux en Christ, il doit se réveiller et se lever. Il doit
frotter le sable de ses yeux et découvrir qu’il s’est laissé « séduire par les
vaines paroles » (verset 6), ce qui le rend identique aux morts.
Si tu prends conscience que ta vie n’est plus un témoignage du Christ
glorifié, fais quelque chose ! Il se peut que tu ne sois pas conscient de cer-
tains péchés. Ce n’est pas forcément le cas, mais il se peut tout de même
que tu sois devenu aveugle au Christ glorifié et à ton lien avec Lui. Tu as
commencé à vivre au niveau du monde. Tu as commencé à penser hori-

140
Éphésiens 5

zontalement. Tu n’as plus conscience de ton lien vertical avec le Seigneur.


Tu ne vois plus que tu as une nouvelle vie.
Si tu reconnais cela, c’est que tu t’es réveillé. Reconnais devant le Seigneur
Jésus ton échec et réjouis-toi à nouveau en Christ, la source de la lumière.
En sa personne, tout ce que Dieu est, a été révélé au milieu du mal et des
ténèbres. Si tu te réjouis en Lui, Dieu se révélera en toi au milieu du mal et
des ténèbres. Après tout, tu as été créé selon Dieu ? La section qui parle si
particulièrement de la lumière et des ténèbres se termine, pour ainsi dire,
par l’appel à se réjouir de la lumière (Ésa 60:1).
V15. Après cette parenthèse sur la lumière et les ténèbres, Paul revient
maintenant à la marche, dont il a parlé aux versets 1-6. Par marche, il en-
tend la manière dont nous vivons. Il nous exhorte à veiller attentivement
à notre façon de vivre. Après tout, il s’agit d’une marche dans l’amour et
la lumière (versets 1,8), une marche dans laquelle la vie nouvelle devient
visible (Éph 4:22-24), bref, une marche dans laquelle le Christ prend forme
(Gal 4:19). Cela englobe toute notre vie.
Après le contraste entre la lumière et les ténèbres, tu vois un nouveau
contraste, celui entre ceux qui sont dépourvus de sagesse et ceux qui sont
sages. Qui est sage ? Le sage est quelqu’un qui sait comment appliquer la
parole de Dieu dans certaines situations. Tu n’es pas sage si tu vis selon
ta propre idée, comme si tu ne savais rien des plans impressionnants que
Dieu a pour toi. Tu es sage si, dans toutes les décisions que tu prends, tu
te demandes si cela correspond à ton lien avec le Christ céleste, car c’est de
cela qu’il s’agit dans cette lettre.
V16. Que tu marches comme une personne sage se voit à la façon dont
tu gères ton temps, dont tu utilises les occasions que Dieu te donne pour
faire briller ta lumière. Une personne sage exploite toutes les occasions de
montrer le nouvel homme. « Saisissant » signifie sortir ce qu’il y a dedans,
non pas pour toi, mais plutôt à tes dépens.
« Que les jours sont mauvais » ou pleins de péchés est une incitation sup-
plémentaire à « saisissant l’occasion ». Dans le ciel, tu n’as plus cette pos-
sibilité. Ce n’est que pendant ton séjour sur la terre que tu as des occasions
de montrer Christ au milieu du péché. Si tu veux saisir ces occasions, tu

141
Éphésiens 5

dois être éveillé, avoir les yeux grands ouverts et surveiller attentivement
ta façon de marcher. Le danger de s’endormir rôde toujours.
En plus de cela, tu vis dans un monde mauvais et pécheur. Tu dois donc
faire attention à toi et à ce qui t’entoure. Cette attention ne te fait pas peur
et ne te fait pas rentrer dans ta coquille. Non, ce que tu vois te rend zélé
pour t’engager pleinement et constamment pour le Seigneur. Tu prends
conscience que le temps est un cadeau de sa part pour Le servir avec ce
temps. Si nous ne voyons pas les occasions qui se présentent, c’est à cause
de nous et non du Seigneur.
Relis Éphésiens 5:9-16.
À méditer : Comment saisis-tu les occasions qui se présentent à toi ?

142
Éphésiens 5

Éph 5:17-21 | Soyez remplis de l’Esprit

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


17 C’est pourquoi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est
la volonté du Seigneur. 18 Ne vous enivrez pas de vin : c’est une voie de dé-
bauche ; mais soyez remplis de l’Esprit, 19 entretenez-vous par des psaumes,
des hymnes et des cantiques spirituels, chantant et apportant la louange, de
votre cœur, au Seigneur ; 20 rendez toujours grâces pour tout à Dieu le Père,
au nom de notre Seigneur Jésus Christ ; 21 soyez soumis les uns aux autres
dans la crainte de Christ.
V17. Nous sommes au milieu d’une section qui rappelle fortement 1 Corin-
thiens 6 où l’on peut lire : « Car vous avez été achetés à prix ! » (1Cor 6:20).
Cela implique que tu ne t’appartiens plus à toi-même et que tu n’as donc
plus droit à ta propre gestion du temps. Les vingt-quatre heures pleines
d’une journée appartiennent au Seigneur. Tu as aussi reçu la nature de
Dieu qui te permet de voir les choses autour de toi comme Lui les voit. Il ne
t’échappe pas que les jours sont mauvais et sombres, mais tu peux marcher
dans la lumière de Christ. Tu vois qui est le Christ, l’Homme des desseins
de Dieu, et tu vois aussi que cet Homme régnera un jour de façon visible
sur le ciel et la terre, au vu et au su de tous.
Cela ne te rend pas insouciant et tu ne vas pas chercher tes plaisirs dans le
monde. Non, quand le Christ t’éclaire, tu voudras passer chaque minute à
Le montrer dans ce monde méchant et ténébreux. Ce que cela signifie pour
toi en pratique, tu devras le demander au Seigneur. Si tu ne le fais pas, tu
agis « sans intelligence ». Comprendre « quelle est la volonté du Seigneur »
est aussi lié à la vérité de cette lettre. La volonté de Dieu est que tu montres
ses attributs – l’amour et la lumière. Tu peux être partout et faire n’importe
quoi, là où l’amour et la lumière de Dieu peuvent briller.
V18. En toi-même, tu n’as pas le pouvoir de faire cela. Tu n’en es capable
seulement si tu es rempli de l’Esprit. Et une fois de plus, nous voyons une
contradiction. Le fait d’être rempli de l’Esprit s’oppose d’être enivré de
vin. Ceux qui sont enivrés se laissent dominer par le vin. Ils n’ont plus de
maîtrise de soi, tous les freins sont lâchés, la débauche règne en maître.
Celui qui est rempli de l’Esprit est sobre et de bon sens (2Tim 1:7). Il n’est
pas question d’échanger un ‘brouillard’, qui est le résultat d’une consom-

143
Éphésiens 5

mation excessive d’alcool, contre un autre, qui serait le résultat d’une sorte
de ravissement de l’esprit.
La consommation d’un verre de vin n’est pas interdite (1Tim 5:23), mais
son usage incontrôlé l’est. Les croyants ne doivent pas être contrôlés par
le vin, mais par le Saint Esprit. Être rempli de l’Esprit, c’est être complète-
ment ouvert à son action pour qu’Il puisse t’utiliser.
Pour être rempli, tout ce qui fait obstacle à ce remplissage doit disparaître.
Tu peux remplir un verre d’eau jusqu’au bord. Il semble alors plein. Cepen-
dant, s’il y a une couche de sable au fond, le verre n’est pas complètement
rempli d’eau. Le verre n’est pas plein d’eau tant que le sable n’a pas été
enlevé et que l’eau n’ a pas pris sa place. Ce que Paul veut dire par son
appel « soyez remplis de l’Esprit », c’est que nous devons nous assurer que
nous sommes remplis de l’Esprit afin qu’Il ait toute la gouvernance sur
nos vies. Être rempli n’est pas quelque chose que tu dois attendre, quelque
chose qui vient sur toi comme un acte souverain de Dieu, mais c’est un
encouragement.
Tu ne dois pas prier pour être rempli de l’Esprit, mais tu dois examiner
ce qui t’empêche d’être rempli de Lui et t’en débarrasser. L’Esprit habite
certes en toi, mais Il doit aussi avoir tout à dire sur tes pensées, tes rela-
tions, l’utilisation de ton temps et de ton argent. Ce n’est pas non plus
quelque chose qui est atteint une fois pour toutes. C’est quelque chose qui
doit être pratiqué encore et encore.
Ceux qui sont remplis de l’Esprit ne pensent pas à eux-mêmes, ni à l’Esprit
qui les a remplis, mais se concentrent sur le Seigneur Jésus. C’est, comme le
dit le Seigneur en Jean 16, toujours l’œuvre du Saint Esprit : « Celui-là me
glorifiera ; car il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera » (Jn 16:14).
V19. Être rempli de l’Esprit a un effet considérable sur la vie du croyant.
Dans les versets suivants, tu peux voir que cela a à voir avec la vie ordi-
naire. Il s’exprime en parlant (verset 19), en rendant grâce (verset 20) et
en étant soumis (verset 21). L’Esprit peut faire ce à quoi Il tient tant à tra-
vailler : focaliser le regard – non pas sur lui-même, car Il est Serviteur (Jn
16:13-14), mais – sur le Seigneur Jésus (verset 19) et sur le Père (verset 20).
Ce faisant, Il ne nous conduit pas à un état d’extase ou à un déchaînement
de paroles inintelligibles. La première chose qui te permet de savoir ce

144
Éphésiens 5

qui remplit quelqu’un, c’est ce qui est dit. Écoute les conversations et tu
découvriras vite ce qu’il y a dans le cœur de quelqu’un. Dans une réunion
où l’Esprit remplit l’atmosphère, les gens s’entretiennent « par des psau-
mes, des hymnes et des cantiques spirituels ». Ici, l’accent est à nouveau
mis sur le fait que les croyants forment un seul corps et qu’en Lui, ils sont
membres les uns des autres (cf. Éph 4:25,32). Nos rapports les uns avec les
autres devraient être de manière à servir le prochain.
L’harmonie entre les croyants est particulièrement ressentie lorsqu’ils
chantent ensemble.
« Psaumes » désigne les chants qui expriment les expériences de foi, les
épreuves et les tentations, mais aussi les délivrances que le Seigneur ac-
corde. Ce sont des compositions de personnes craignant Dieu et qui trou-
vent leur origine dans des expériences avec Dieu.
Il n’est pas possible, pour au moins trois raisons, qu’il s’agisse des psaumes
de l’Ancien Testament :
1. Les poètes des psaumes ne connaissaient pas Dieu comme leur Père
dans le Seigneur Jésus.
2. L’Esprit n’habitait pas en eux, car ils n’avaient pas connaissance de l’œu-
vre du Christ, achevée une fois pour toutes, pour les péchés.
3. Les psaumes chantent souvent la vengeance sur les ennemis, ce qui n’est
pas approprié à l’âge de grâce dans lequel nous vivons.
Les « hymnes » désignent les compositions par lesquelles une personne
honore Dieu par un chant. Les « cantiques spirituels » sont composés par
une personne spirituelle à propos de choses spirituelles.
J’ai essayé d’indiquer la distinction entre les expressions utilisées. Cela
ne veut pas dire que l’on peut toujours faire une distinction aussi nette.
Tu trouveras souvent dans les chants chrétiens des éléments de chacune
des trois désignations. Un chant peut naître d’une expérience spirituelle,
il s’adresse à Dieu, et il peut aussi être chanté. Le fait de s’adresser les
uns aux autres par des chants n’est pas limité à l’assemblée, mais doit se
retrouver en général parmi nous.
V20. De même, l’encouragement à « rendre toujours grâce » n’est pas limité
à l’assemblée. Rendre grâce est une bonne mesure de l’état de ton cœur.

145
Éphésiens 5

Être vraiment reconnaissant « pour tout » n’est possible que lorsque tu te


confies pleinement à l’amour de Dieu, en réalisant que tu reçois tout de sa
main. Cette réalisation te rend heureux et reconnaissant. En Actes 16, on
trouve un exemple de personnes qui ont vécu cela. Paul et Silas se retrou-
vent en prison, le dos ensanglanté. Sont-ils en train de s’affliger ? Non, ils
remercient Dieu dans les circonstances où ils se trouvent et chantent les
louanges de Dieu (Act 16:25).
‘Rendre toujours grâce pour tout’ n’est possible que si tu acceptes tout de
la main de Dieu et que tu sais que de sa main rien de mauvais ne peut
venir. au nom de notre Seigneur Jésus Christ ». Dieu, qui est la source de
tout et qui t’a particulièrement béni en son Fils, est aussi le Père qui aime
ses enfants. Tu peux venir à Lui au nom de son Fils, qui est ici appelé par
son nom complet. Il s’agit de « notre » Seigneur Jésus Christ.
V21. Être « soumis les uns aux autres » découle aussi du fait d’être rempli
de l’Esprit. Ce n’est que lorsque tu es rempli de l’Esprit de Dieu que tu
peux te résoudre à voir ton frère ou ta sœur à la lumière des desseins de
Dieu. Lorsque nous nous voyons ainsi, nous pouvons être soumis les uns
aux autres. Il s’agit d’un sentiment général à l’égard de l’autre.
L’ajout « dans la crainte de Christ » reflète que cette exhortation doit aussi
être vue à la lumière du contenu de cette lettre : la grande gloire de Christ.
Nous sommes unis les uns aux autres dans le corps de Christ, et nous
sommes aussi unis à Lui.
Lorsque nous reconnaissons cela, nous ne voulons pas nous élever au-des-
sus de l’autre. Il y aura une saine « crainte » de Le déshonorer par un
sentiment d’orgueil et de rébellion. Ce n’est que lorsque je me perdrai dans
la gloire de Christ et que je vivrai dans le respect de cette gloire que je
pourrai être soumis à l’autre.
Relis Éphésiens 5:17-21.
À méditer : En quoi le fait d’être rempli de l’Esprit se manifeste-t-il ?

146
Éphésiens 5

Éph 5:22-25 | Femmes et maris

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


22 Femmes, [soyez soumises] à vos propres maris comme au Seigneur, 23
parce que le mari est le chef de la femme, comme aussi le Christ est le chef de
l’assemblée, lui, le sauveur du corps. 24 Mais comme l’assemblée est soumise
au Christ, de même aussi que les femmes le soient à leur mari en tout. 25
Maris, aimez vos propres femmes, comme aussi le Christ a aimé l’assemblée et
s’est livré lui-même pour elle,
V22. Le verset 21 est un verset de liaison. Ce verset conclut la section précé-
dente par l’appel à être soumis les uns aux autres. Cela fait alors référence
aux relations générales dans l’église. La soumission des uns aux autres est
une merveilleuse caractéristique du nouvel homme. En même temps, ce
verset est aussi une introduction à la section qui suit. Depuis Éphésiens
5:22 jusqu’à Éphésiens 6:9 inclus, tu rencontreras diverses relations ter-
restres dans lesquelles la soumission joue un rôle important. Tu peux con-
sidérer cette section comme la mise en pratique du verset 21.
Les relations suivantes sont abordées :
1. entre l’épouse et le mari dans le mariage (Éph 5:22-33),
2. entre les enfants et les parents dans la famille (Éph 6:1-4) et
3. entre les esclaves et les maîtres dans la société (Éph 6:5-9).
Il est remarquable que dans chaque relation, la partie à laquelle on s’adresse
en premier est celle qui a été placée par Dieu dans une position de soumis-
sion à l’autre partie. Cela montre l’intérêt particulier que Dieu porte à ceux
qu’Il a placés dans cette position. Surtout, s’ils ont l’occasion de montrer
les caractéristiques du Seigneur Jésus dans cette position. N’était-Il pas le
parfait soumis durant sa vie sur la terre ? Tu verras aussi que chacun est
interpellé dans le domaine dans lequel il ou elle est faible.
Être soumis n’est pas ‘à la mode’. Dans le monde qui nous entoure, on
dit à la femme qu’elle est l’égale de l’homme. Elle doit faire ses preuves,
s’épanouir et défendre ses droits. Cela ne tient absolument pas compte du
fait qu’elle n’est vraiment heureuse et ne peut développer au mieux son
potentiel que si elle veut être une « épouse » pour son mari.

147
Éphésiens 5

Il n’est pas facile pour la femme chrétienne de rester à l’abri de l’influence


de cette mentalité. Cela n’est possible que si elle garde toujours devant elle
le schéma directeur de la parole de Dieu. Ce faisant, elle peut se rappeler
qu’elle peut être soumise à son mari « comme au Seigneur ». Derrière son
mari, elle peut voir le Seigneur. Une femme ne sera pas soumise à son mari
uniquement lorsqu’il répond à ses désirs, lorsqu’elle voit en lui un homme
avec lequel elle peut se montrer. Elle lui sera soumise parce qu’il est son
mari.
Cette injonction de Paul aux femmes, même au sein de la chrétienté, est
dépouillée de sa force et même rejetée. Il est donc important de te rappeler
que la parole de Dieu n’a rien perdu de sa puissance et de son sens là aussi.
La femme qui l’écoute en dépit de toute opposition fera l’expérience de sa
bénédiction.
V23. Comme souvent, Dieu donne une explication à cela aussi. Il a ainsi
arrangé les choses parce que dans la relation entre l’homme et sa femme, il
donne une image de Christ et de l’église. Tu comprends aussi maintenant
pourquoi Satan fait tout pour perturber cet ordre de Dieu dans le mariage.
Satan déteste tout ce qui rappelle Dieu et le Christ.
Partout où le mari fonctionne comme le chef de sa femme et où la femme
lui est soumise, c’est un témoignage vivant de la relation entre Christ et
l’église. Le chrétien a le privilège de donner forme à cette relation dans son
mariage. Le fait que le mari soit la tête signifie qu’il dirige et que cela se fait
dans l’amour. Cette position, Dieu la donne à Christ par rapport à l’église.
Quelque chose s’ajoute à cette position, à savoir que le Christ est « le sau-
veur du corps ». De la Tête, Christ, dépendent la sauvegarde, la garde et le
soin du corps, l’église. Il est contraire à l’intention de Dieu qu’une femme,
pour prouver son indépendance dans la société, gagne son propre revenu
et s’occupe d’elle-même séparément de son ‘sauveur’.
Je ne parle pas du cas où une femme croyante doit aller travailler, par
exemple, par pauvreté. Elle mérite notre respect. Mais lorsqu’il s’agit
d’obtenir le luxe et de pouvoir décider pour elle-même, le motif est faux.
L’argent et le temps pour soi mènent à la vie pour soi. L’unité, telle qu’elle
est aussi représentée par le mariage, est loin d’être atteinte dans ces cas, si
elle n’a pas complètement disparu.

148
Éphésiens 5

V24. Les femmes sont une image de l’église. L’église est soumise à Christ.
Puisque Christ est parfait dans sa relation avec son épouse, l’église, il ne
devrait pas être difficile pour l’église d’être soumise à Lui. Les maris, qui
sont une image du Christ, ne sont pas parfaits. Il est donc parfois difficile
pour les épouses d’être véritablement soumises à leur mari. Pourtant, la
pratique des maris n’est pas la norme en matière de soumission. Cette
norme est : l’église en relation avec Christ, telle que cette relation est vue
par Dieu. En cela, il n’y a pas de place pour le ‘oui, mais’. En cela, on peut
dire que les femmes sont soumises à leur mari « en tout ».
La soumission est une attitude, un sentiment. Même quand les maris ren-
dent les choses difficiles, voire presque impossibles, pour leurs femmes,
cela reste valable : « De même, aussi que les femmes le soient à leurs maris
en tout. » Cela ne signifie pas qu’elles doivent se laisser forcer la main
pour faire des choses qui vont à l’encontre des Écritures. C’est alors qu’elles
doivent dire ‘non’. Mais même en disant ‘non’, elles ne renonceront pas à
leur attitude de soumission.
V25. Après s’être adressé aux femmes durant trois versets, Paul s’adresse
aux maris dans les neuf versets suivants. La norme de leur relation avec
leurs femmes et de leur amour pour elles est Christ et son amour pour
l’église. Les maris ne s’en sortent donc pas plus facilement que les femmes.
Au contraire, leur exemple est beaucoup plus élevé. L’amour du Seigneur
Jésus et de Dieu est un amour qui donne. Pour avoir une bonne impression
de cet amour, nous dépendons absolument des Écritures et de l’Esprit.
Sinon, nous aurons tôt fait de confondre ou de mélanger cet amour de
Dieu avec nos sentiments et nos idées sur l’amour.
Tu peux voir l’amour du Seigneur Jésus pour son église dans l’exemple
d’un marchand qui cherchait de belles perles (Mt 13:45-46). Ce marchand
a vendu tout ce qu’il avait à cause de la valeur de cette seule perle. Nous
trouvons la même chose avec le Seigneur Jésus : Il a vendu tout ce qu’il
possédait. Pourtant, cela ne reflète pas encore la valeur totale de l’amour
du Seigneur Jésus pour son église. Même dans le sacrifice de sa vie, qui va
au-delà de ce qu’Il possédait, nous ne voyons pas encore toute l’étendue
de cet amour parfait dont nous parlons ici. Il va même plus loin. Il est dit
ici qu’Il « s’est livré lui-même » pour l’église. Il est entré dans la mort et l’a
traversée. Il s’est relevé et est allé au ciel.

149
Éphésiens 5

Tout cela, Il l’a fait dans son entière consécration à son épouse. C’est ainsi
qu’il est présenté ici et c’est l’exemple donné aux maris. Ensuite, dans ch-
aque partie de son existence, le mari est consacré avec un grand amour à la
femme à laquelle il est uni.
Il ne s’agit pas ici de l’amour de Christ pour les pécheurs. Il n’y a rien
d’attirant pour Lui dans les pécheurs, alors qu’ici, son amour est en fait
suscité par l’attrait de l’église. Depuis l’éternité, Il a aimé l’église parce qu’Il
la voyait selon les plans de Dieu. Il la voit toujours ainsi. C’est pourquoi Il
s’est non seulement livré sur la croix, mais se livre encore maintenant, alors
qu’Il est dans le ciel. Il s’est engagé envers elle en se livrant sans relâche.
Il a commencé à se livrer à elle lorsqu’Il est venu sur la terre et a continué à
le faire lorsqu’Il est allé sur la croix. Il continue encore à se livrer, jusqu’au
moment où Il nous présentera à lui-même dans le ciel. Son amour consiste
à mettre à notre disposition tout ce qu’Il est. Ainsi, l’amour d’un mari pour
sa femme ne doit pas se limiter au moment où il en a l’occasion. Il doit,
conformément à l’exemple du Seigneur Jésus, être toujours présent. C’est
la norme.
Relis Éphésiens 5:22-25.
À méditer : Qu’est-ce qui est demandé aux femmes et aux hommes dans
leur mariage ? Pourquoi ?

150
Éphésiens 5

Éph 5:26-33 | Christ et l’église

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


26 afin qu’il la sanctifie, en la purifiant par le lavage d’eau par [la] Parole, 27
afin qu’il se présente l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni
ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle soit sainte et irréprochable. 28 De
même aussi les maris doivent aimer leurs propres femmes comme leurs propres
corps ; celui qui aime sa propre femme s’aime lui-même. 29 Car personne n’a
jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme aussi le Christ
l’assemblée : 30 car nous sommes membres de son corps – de sa chair et de ses
os. 31 “C’est pour cela que l’homme laissera son père et sa mère et sera uni à
sa femme ; et les deux seront une seule chair”. 32 Ce mystère est grand ; mais
moi je parle relativement à Christ et à l’assemblée. 33 Toutefois, que chacun de
vous aussi, en particulier, aime sa propre femme comme lui-même ; quant à la
femme, qu’elle craigne son mari.
V26. Christ s’est livré lui-même pour l’église. Cette expression de son
amour est suivie de deux fois « afin que », qui commence à la fois le verset
26 et le verset 27. Ce mot indique le but pour lequel Il l’a fait. Comme nous
l’avons vu plus haut, le fait qu’Il s’est livré lui-même va au-delà de la croix.
Maintenant aussi qu’Il est dans le ciel, Il se livre entièrement aux soins de
son église, son épouse.
Christ a d’abord fait de l’église sa propriété. Maintenant, dans son amour
parfait pour elle, Il s’engage à faire d’elle ce qu’Il désire qu’elle soit. Il veut
la façonner davantage pour la rendre apte à être avec Lui plus tard. Pour
cela, elle doit être sanctifiée et purifiée.
Grâce à la sanctification, elle devient entièrement concentrée sur Lui, car
l’église est là pour Lui. Il ne peut pas accepter qu’elle développe un amour,
ou même un intérêt, pour quelque chose qui n’est pas lié à Lui. Il veut con-
centrer tout son amour sur Lui, là où Il se trouve, dans les lieux célestes. Il
veut l’intéresser à ce qu’elle sera pour l’éternité dans sa relation avec Lui. Il
veut toujours faire comprendre à son épouse son union avec celui qui est
déjà dans la gloire.
Le résultat sera qu’elle sera sanctifiée, c’est-à-dire mise à part du monde
pour être entièrement et uniquement pour Lui. Il ne restera alors rien
d’autre dans les cœurs que l’appréciation de la gloire du Seigneur Jésus.

151
Éphésiens 5

Outre la sanctification, l’église a aussi besoin d’être purifiée. Elle est encore
dans le monde et cela entraîne automatiquement de la pollution. Cette pol-
lution est éliminée par « le lavage d’eau par [la] Parole ». En lisant la Bible,
la parole de Dieu, tu deviens net ; tu te débarrasses de la souillure que tu
as revêtu par ta vie dans le monde.
Il ne s’agit pas des péchés que tu as commis. Il s’agit de choses contre
lesquelles tu ne peux rien faire. Tu entends un langage grossier ou des
jurons. Cela te souille. Cela peut rester en toi. En te lavant avec la Parole,
c’est-à-dire en lisant la Bible, tu redeviens pur. Tu ne peux pas jouir de la
communion avec le Seigneur Jésus si tu ne subis pas cette purification. En
Jean 13, le Seigneur Jésus parle de cela de la même manière (Jn 13:1-10).
C’est aussi pour cette raison que tu dois lire la parole de Dieu tous les jours.
V27. Ce verset aussi commence par « afin que », après quoi nous voyons
un deuxième but qu’Il s’est livré lui-même. Ici, il indique le résultat final
de ceci et de son travail de sanctification et de purification. Il veut bientôt
se présenter l’église devant Lui sans qu’aucune faute ne puisse être trou-
vée chez elle. Il s’agit alors d’une caractéristique négative : l’élimination
de l’impureté. Il pourra alors la présenter à lui-même dans toute la gloire
qu’Il a lui-même déposée sur elle (cf. Ézé 16:14). Elle sera alors revêtue de
sa gloire (Apo 21:9-10).
L’église sera là « n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable ». Il n’y
aura alors plus rien qui rappelle la souillure ou la décadence de la beauté,
auxquelles on ne peut échapper sur la terre. Non, elle sera parfaitement
sainte, entièrement focalisée sur celui qui s’est livré lui-même pour elle.
Grâce à son œuvre purificatrice parfaite, elle est alors aussi parfaitement
irréprochable et n’encourra plus jamais aucune tache.
Il présente ainsi l’église – non pas : à son Père, mais – à lui-même. Elle
répond alors complètement aux désirs de son cœur. Au moment où cela
est accompli, l’église est complète. C’est alors qu’Il vient prendre les Siens
auprès de Lui. Il ressuscitera d’abord les endormis, puis Il nous changera,
nous les vivants. Ensemble, nous rencontrerons le Seigneur en l’air (1Th
4:15-18). C’est là que la rencontre aura lieu, en l’absence de toute autre
personne. Quel moment ce sera pour le Seigneur Jésus !

152
Éphésiens 5

V28. Paul répète ici sa remarque du verset 25, mais elle repose maintenant
sur une base claire et élevée. Si le mari et la femme se comportent ain-
si dans le mariage, leur mariage deviendra une source de bonheur sans
précédent et toujours plus grand. Si des difficultés surviennent dans leur
mariage, ils verront dans l’exemple de Christ que l’amour a une réponse
à ces difficultés. Ils verront que les difficultés sont souvent là pour rendre
l’amour plus fort. Avec cet exemple de Christ devant eux, il n’y a pas de
cas sans espoir.
Et il y a un autre argument. L’amour du mari pour sa femme est aussi
naturel que l’amour qu’il a pour lui-même. Sa femme n’est pas un objet qui
a une fonction dans le cadre de ses activités, et qui est par ailleurs séparée
de lui. Au contraire, sa femme forme une entité, une unité, avec lui.
V29. Paul poursuit son explication en développant l’image d’un corps. Il
est tout aussi naturel pour un mari de nourrir et de chérir sa femme que
son propre corps. Tout comme les maris veillent à ce que leur corps soit
nourri et maintenu au chaud – c’est ce que signifie « chérir » – ils veilleront
aussi à ce que leur femme ait suffisamment à manger et se sente à l’aise.
Nous pouvons aussi appliquer cela sur le plan spirituel. Il est important
que le mari se nourrisse spirituellement. Il n’est pas moins important qu’il
connaisse aussi les besoins de sa femme à cet égard et qu’il y pourvoie. Il
en va de même pour ce qui est de donner de la chaleur. Elle en fait surtout
l’expérience lorsqu’elle se sent en sécurité avec son mari, lorsqu’il a du
temps et une réelle attention pour elle, lorsqu’il lui montre qu’elle est ‘spé-
ciale’ pour lui. C’est aussi de cette façon que le Christ interagit avec l’église.
V30. Ensuite, presque imperceptiblement, Paul remplace une image pour
l’église, celle de la femme, par une autre image, celle d’un corps. En fait, il
utilise les deux images de manière interchangeable. La femme représente
l’amour, le corps représente l’unité. L’église est aussi le corps de Christ. Ses
membres sont les croyants individuellement, mais ensemble, ils forment
son corps. En tant que membres du corps de Christ, nous faisons l’expéri-
ence, chacun personnellement, de son amour bienveillant.
V31. L’unité entre un mari et une femme dans le mariage n’est pas une
invention de Paul. Elle est déjà mentionnée dans les premières pages de la
Bible. Paul se réfère à Genèse 2 (Gen 2:24). Il y apparaît que Dieu a institué

153
Éphésiens 5

le mariage et que celui-ci est antérieur à la chute. La citation montre qu’à


travers le mariage, une union est établie et qu’elle est :
1. nouvelle – comme l’indique l’expression « laissera son père et sa mère »,
2. indissoluble – comme l’indique l’expression « sera uni à sa femme » et
3. totale – indiquée dans « seront une seule chair ».
V32. Ce verset donne la signification profonde du mariage : dans le
mariage, Dieu a donné une image de Christ et de l’église. C’était aupara-
vant un mystère, inconnu des hommes, mais maintenant Paul, conduit par
l’Esprit de Dieu, fait connaître ce mystère. S’il ne l’avait pas fait, comment
aurions-nous connu l’unité parfaite entre Christ et l’église, et l’amour par-
fait de Christ pour l’église ? Cette vérité, elle aussi, était cachée en Dieu
depuis l’éternité.
La relation entre Christ et l’église est appelée « grande ». Ce qui y est lié ne
se limite pas à un seul peuple et à seulement la terre, mais s’étend d’éter-
nité en éternité et inclut le ciel et la terre. D’ailleurs, il y a un autre mystère
appelé « grand ». Tu le trouveras en 1 Timothée 3 (1Tim 3:16).
V33. Après avoir déployé ce secret Divin, Paul revient à la pratique. Il
souhaite que la réalité céleste devienne visible dans chaque mariage sur
la terre.
Un dernier mot revient au mari, auquel il s’adresse personnellement par
les mots « chacun de vous ». Ce mot de la fin répète ce qui a été dit aux
versets 25-27 à propos d’aimer et aux versets 28-29 à propos de comme lui-
même. Après le mot de la fin adressé au mari vient le mot de la fin adressé
à la femme. Il y est dit qu’elle doit respecter son mari en lui accordant la
place que Dieu lui a donnée.
Relis Éphésiens 5:26-33.
À méditer : Quelles images Paul utilise-t-il pour la relation entre le mari et
la femme ? Quelles sont les caractéristiques de ces images ?

154
Éphésiens 6

Éph 6:1-4 | Enfants et parents

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


1 Enfants, obéissez à vos parents, dans le Seigneur, car cela est juste. 2 “Ho-
nore ton père et ta mère” (c’est le premier commandement avec promesse),
3 “afin que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre”. 4 Et vous,
pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les dans la discipline et sous les
avertissements du Seigneur.
V1. Après la relation entre le mari et la femme dans le mariage, Paul évoque
maintenant la relation entre les parents et leurs enfants. Dans cette relation
aussi, nous pouvons nous rendre compte d’une vérité céleste. Pour jouir
véritablement des bénédictions chrétiennes, nous devons nous comporter
dans ladite relation comme Paul l’indique ici.
Aussi, l’apôtre s’adresse d’abord à ceux qui occupent la position soumise,
les enfants. Le fait qu’il s’adresse directement à eux indique leur impor-
tance. Ils ne sont pas un ‘accessoire’, non, ils peuvent contribuer à ce que
le nouvel homme devienne visible ici, ce qui se produit lorsqu’ils sont
obéissants.
Nous vivons dans un monde imprégné d’un esprit de rébellion et de vo-
lonté propre. Cet esprit ne laisse pas les familles chrétiennes tranquilles.
« Désobéissants à leurs parents » est, après tout, une des caractéristiques
des « derniers jours » (2Tim 3:1-2). Le nombre de jeunes qui ‘déraillent’
est en augmentation. Pourquoi ? L’une des causes est qu’il y a de moins
en moins de familles ‘normales’. Une autre cause est que les parents ne se
souviennent pas que la relation ‘enfant-parents’ a été instituée par Dieu.
Les parents font des erreurs, mais les enfants doivent obéir à leurs parents.
Une éducation sans maintien de l’autorité est contraire à la volonté de
Dieu. En apprenant l’obéissance à leurs enfants, les parents leur rendent
un grand service. Les enfants qui n’ont pas appris à obéir ont aussi du mal
à se repentir.

155
Éphésiens 6

Le fait que les parents ne soient pas parfaits ne donne pas à l’enfant le droit
de désobéir. C’est pourquoi il est dit « dans le Seigneur » comme motif
supplémentaire. Un enfant obéit parce que le Seigneur le dit et non parce
que ses parents ne font pas d’erreurs, ni seulement quand il comprend ce
qu’on lui demande.
Il n’importe pas non plus qu’un enfant se soit déjà converti ou non. Le
commandement s’applique à chaque enfant. Les enfants croyants devront
aussi obéir à des parents incrédules. Cette attitude, ce comportement, est
« juste » devant Dieu.
V2. En citant le cinquième commandement de la loi, l’apôtre souligne l’im-
portance de l’obéissance. Il ne cite pas ce commandement parce que nous
serions encore sous la loi. Cette lettre même n’a aucun rapport avec la loi,
qui donne des règles pour la vie sur la terre. Après tout, la lettre nous place
dans le ciel et c’est à partir de là que notre vie est régie. Mais cela ne nous
conduit pas à agir contrairement à la loi. Avec ce commandement, Paul
montre que certains principes de la loi s’appliquent aussi sous la grâce.
Le commandement ne parle pas d’obéir, mais d’honorer. « Honorer », c’est
donner à quelqu’un la place qui lui revient et implique aussi l’obéissance.
Honorer va plus loin que l’obéissance. Lorsque les enfants ont atteint un
certain âge et vivent de façon indépendante ou sont mariés, l’obéissance
n’est plus en question, tandis qu’honorer reste un commandement.
Ce commandement est particulier. Car ce cinquième commandement n’est
pas assorti d’une sanction, comme les autres commandements, mais d’une
promesse. Cela montre que Dieu accorde une grande importance au fait
d’honorer son père et sa mère.
V3. L’estime que Dieu porte à l’obéissance à ce commandement ressort ef-
fectivement du contenu de la promesse. Cette promesse montre aussi que
le commandement n’est pas cité parce que nous serions encore sous la loi.
En effet, la promesse ne s’adresse pas à nous. Dieu la promet à un peuple
terrestre, avec lequel Il est lié par la loi. Notre situation est très différente.
Contrairement à Israël, qui en cas d’obéissance recevrait la bénédiction sur
la terre, nous sommes bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux
célestes. La bénédiction du Seigneur à cette époque n’a rien à voir avec

156
Éphésiens 6

la prospérité terrestre. Un croyant pauvre et malade n’est pas forcément


infidèle et un croyant riche et en bonne santé n’est pas forcément fidèle.
V4. Après la tâche pour les enfants et la bénédiction qui y est associée, suit
une parole pour les « pères ». Leur tâche est d’élever les enfants. Cela ne
veut pas dire que les mères n’ont rien à voir avec cela. Dans la pratique,
ce sont précisément elles qui ont tout à voir avec cela, bien plus que les
pères (cf. 1Tim 5:10). Les pères sont toutefois les principaux responsables
pour élever les enfants. Ils déterminent – s’ils sont sages, ils le font en
concertation avec leurs épouse – les normes en matière d’éducation des
enfants. Pourtant, la discussion ici ne porte pas tant sur la détermination
des normes que sur la façon de les gérer dans la pratique.
Le point faible particulier du père est mis en évidence, car l’avertissement
« n’irritez pas vos enfants » n’est certainement pas sorti de nulle part. En
effet, un père peut être très soucieux de maintenir l’autorité que Dieu lui a
donnée. Si un enfant ne fait pas exactement ce qu’il dit ou ne répond pas
à ses désirs, le père peut réagir de façon déraisonnable ou adopter une
attitude immature. Cela peut se faire par des mots et par des actes. Il peut
humilier l’enfant en paroles, en lui faisant sentir qu’il n’est bon à rien, qu’il
ne fait jamais rien de bien et qu’il échouera dans la vie. Cela peut irriter
l’enfant et le pousser à la colère. Il peut alors se rebeller ou, comme le dit
Colossiens 3, « se décourager » (Col 3:21).
Pour être un bon père, un père semblable au Père céleste, il devra marcher
et agir conformément à l’enseignement de cette lettre. S’il ne le fait pas, les
enfants se rebelleront. S’il y a séparation dans la relation entre les pères
et les enfants, il ne pourra y avoir de restauration que si quelque chose
change d’abord dans le cœur des pères (Mal 3:24).
Comment doit-on s’y prendre pour faire les choses correctement ? Il doit
élever « dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur ». La
« discipline » implique un certain châtiment. Cependant, le châtiment doit
être à la mesure de l’offense. Ceux qui utilisent une verge pour ce faire,
suivent une directive des Écritures, c’est-à-dire de Dieu lui-même (Pro
13:24 ; 23:13 ; 29:15).
La Bible est le livre parental par excellence. Il est insensé de penser qu’un
enfant peut toujours être poussé à l’obéissance par des mots seulement.

157
Éphésiens 6

Il est important de souligner que les châtiments corporels sont un moyen


d’élever les enfants accordés par Dieu. Cela va à l’encontre des opinions
dominantes sur l’éducation des enfants, car de plus en plus de points de
vue sont infléchis dans le sens de la pensée de l’homme contemporain. Il
suffit de penser au mariage gay, à l’avortement et à l’euthanasie, et mainte-
nant à la criminalisation de la fessée. Puisque l’homme du vingt-et-unième
siècle est déconnecté de tout ce qui a trait à Dieu et à sa Parole, il ne faut
pas s’en étonner. Pères, revenez à la Parole !
Outre la discipline, l’« avertissement » doit aussi exister. La discipline
implique davantage une action pour corriger l’enfant, tandis que l’aver-
tissement est verbal. Les deux doivent avoir leur place dans l’éducation
des enfants. Eli, le père de Hophni et Phinées, est un exemple révélateur et
tragique d’un père qui a averti mais n’a pas discipliné (1Sam 2:22-24). Il est
important que la discipline et l’avertissement se déroulent dans la sphère
de l’amour du Seigneur. Ils doivent être exercés comme Dieu le fait avec
ses enfants. Il fait tout dans l’amour et pour la bénédiction.
Il est clair que ‘irriter’ se situe en dehors de la sphère de l’amour. Obéis-
sance en dehors de la sphère de l’amour : nous voyons, par exemple, le
vent et la mer obéir au Seigneur. Il s’agit d’une obéissance forcée, que l’on
observe aussi avec les démons.
Ici, la discipline et l’avertissement ont lieu dans la sphère de l’amour. Les
enfants d’une famille chrétienne doivent être élevés selon les normes de la
parole de Dieu. Ils sont sanctifiés par les parents (1Cor 7:14). Dans de telles
familles, ils occupent une place particulière dès la naissance. C’est là que
le Saint Esprit agit par l’intermédiaire des parents et qu’ils entendent la
parole de Dieu tous les jours. Par conséquent, l’éducation qu’ils reçoivent
doit se faire dans la discipline et l’avertissement « du Seigneur » et non pas
selon leur propre compréhension ou guidés par des humeurs.
Relis Éphésiens 6:1-4.
À méditer : Pourquoi est-il bon d’honorer tes parents ?

158
Éphésiens 6

Éph 6:5-9 | Esclaves et maîtres

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


5 Esclaves, obéissez à vos maîtres selon la chair avec crainte et tremblement, en
simplicité de cœur, comme à Christ. 6 Ne servez pas sous leurs yeux seulement,
comme pour plaire aux hommes, mais, comme esclaves de Christ, faites de cœur
la volonté de Dieu ; 7 servez de bon gré, comme servant le Seigneur et non pas
des hommes, 8 sachant que chacun, soit esclave, soit homme libre, quelque bien
qu’il fasse, le recevra du Seigneur. 9 Et vous, maîtres, faites de même à leur
égard : renoncez aux menaces, sachant que leur maître [qui est] aussi le vôtre
est dans les cieux, et qu’il n’y a pas de partialité en lui.
Paul écrit maintenant à propos d’un troisième cercle dans lequel le nouvel
homme doit devenir visible.
1. Après que notre comportement dans l’église, le premier cercle (Éphésiens
4:25-5:21), et
2. notre comportement dans le mariage et la famille, le deuxième cercle
(Éphésiens 5:22-6:4), a été mis en évidence,
3. vient maintenant notre fonctionnement dans la société, le troisième
cercle (Éphésiens 6:5-9).
Au lieu de parler de trois cercles, on pourrait aussi parler de trois commu-
nautés :
1. la communauté de foi,
2. la communauté de vie ou de famille et
3. la communauté de travail.
V5. Une fois de plus, Paul commence par les subordonnés. On peut imagi-
ner que des trois groupes concernés, c’est pour les esclaves qu’il est le plus
difficile d’afficher le ‘nouvel homme’. En même temps, c’est aussi pour eux
que le défi est le plus grand. Leur position offre le plus d’opportunités de
faire briller la lumière céleste. Après tout, c’est là où les conditions sont les
plus sombres que la lumière brille le plus.
Il est évident que leur situation, en particulier dans les relations de l’épo-
que, est la plus difficile. Un esclave est un serf, sans aucune possession,
sans aucun droit à la nourriture, aux loisirs ou à la récréation. Il n’a même

159
Éphésiens 6

pas droit à son propre corps. Cela signifie que nous ne pouvons pas tout
appliquer à la situation que nous connaissons, à la relation entre les em-
ployés et les employeurs. Pourtant, il est bon de tirer des leçons de ce qui
est dit ici aux esclaves et aux maîtres, car une grande partie peut en effet
s’appliquer à la situation d’aujourd’hui.
Les esclaves, entre toutes les personnes, ont l’occasion unique de montrer
ce que le christianisme vaut dans la pratique. Ce sont précisément les es-
claves qui montrent le nouvel homme dans leurs circonstances difficiles et
non dans les réunions. Ils peuvent montrer dans leurs circonstances que
les enseignements de la parole de Dieu ne sont pas de la théorie. À travers
eux, l’enseignement est illustré dans la pratique. Tite 2 dit que les esclaves
fidèles « ornent, à tous égards, l’enseignement qui est de notre Dieu sau-
veur » (Tit 2:10). Comme c’est beau !
Le christianisme n’est pas un programme d’amélioration du monde visant
à éliminer toutes les conséquences du péché. L’esclavage n’est pas aboli,
il est et reste une conséquence du péché. Si un esclave peut devenir libre,
il peut s’en prévaloir (1Cor 7:21). Mais s’il doit continuer à servir en tant
qu’esclave, il trouvera dans les Écritures des instructions sur la meilleure
façon de procéder.
Ici aussi, le point de départ est l’obéissance ; c’est ce qu’on attend des es-
claves. Cette obéissance est guidée par les Écritures et portée au niveau le
plus élevé. Par conséquent, l’esclave chrétien est motivé dans son obéis-
sance. Tout d’abord, il peut se rappeler qu’il a affaire à un maître « selon
la chair ». L’autorité de ce maître est limitée à son séjour sur la terre et ne
concerne donc ‘que’ le corps de l’esclave. Au-dessus de ce maître « selon la
chair », il peut se tourner vers son maître dans les cieux.
Il servira « avec crainte et tremblement » parce qu’il a peur de faire
quelque chose qui ne correspondrait pas à un bon accomplissement de
ses devoirs. Il est ajouté qu’il le fera « en simplicité de cœur », c’est-à-dire
avec des intentions pures, sans duplicité et avec sincérité. La simplicité du
cœur appartient à un « œil […] en bon état » [note : littéralement : simple,
c’est-à-dire sain, ou aussi : sans duplicité] (Mt 6:22), c’est-à-dire un œil
fixé uniquement sur Christ dans la gloire. L’esclave qui obéit « comme à
Christ » entoure son service d’un rayonnement céleste.

160
Éphésiens 6

V6. Il y a d’autres dangers. L’esclave est entouré de compagnons d’escla-


vage qui ne tiennent compte ni de Dieu ni de son commandement. Ils font
de leur mieux tant que le maître les voit. Lorsqu’il ne les regarde pas, ils ne
font rien. Ou bien ils font de leur mieux pour s’attirer les faveurs de leur
maître en raison de l’avantage que cela leur procure. Un esclave chrétien
ne doit pas participer à cela. Il peut se rappeler qu’il est en fin de compte
l’esclave de Christ.
Christ n’est pas un maître dur. Aussi difficile que soit la position, aussi dur
que soit le travail et aussi exigeant que puisse être le « seigneur selon la
chair », l’esclave peut lever les yeux. Il peut se rappeler que c’est la volonté
de Dieu pour sa vie, et que ce que Dieu veut est toujours le meilleur. Nous
avons parfois du mal à le croire, mais c’est pourtant vrai. Dans l’armure,
dont nous parlerons plus tard, tu trouveras des éléments que tu pourras
utiliser pour t’armer contre les doutes concernant la bonté de Dieu.
V7. Une fois que l’esclave a fini par accepter sa position comme étant la
volonté de Dieu pour sa vie, il aura la paix dans son cœur. Il voudra alors
répondre aux exigences de son maître du mieux qu’il peut, avec un désir
intérieur. Il commencera à remarquer que cette attitude envers son ‘maître
selon la chair’ lui donne de la joie dans le cœur et qu’il accomplit son tra-
vail avec plus de plaisir. Après tout, il sert alors le Seigneur dans les cieux
et non un homme.
V8. En tout cela, il peut savoir que le Seigneur est juste. Il n’oublie rien de
ce qui a été fait pour Lui. Même si l’employeur terrestre n’a pas vu ce que
l’employé a fait, même s’il juge mal la performance de l’employé, même
si l’employeur terrestre retient à tort le salaire auquel l’employé a droit, le
Seigneur, Lui, récompensera « quelque bien qu’il fasse » selon la valeur.
Cela évite à l’employé de revendiquer son droit par l’intermédiaire d’un
syndicat ou d’un juge.
Une personne ne peut avoir cette attitude que si elle vit par la foi, en faisant
confiance au Seigneur. Ainsi tout travail accompli pour Lui n’est pas vain
(1Cor 15:58). Ce principe s’applique d’ailleurs à « chacun, soit esclave, soit
homme libre ». Ce qui compte, c’est avec quel motif nous nous engageons.
Et le Seigneur sait parfaitement en juger (1Cor 4:5b). Il ne se trompera pas.

161
Éphésiens 6

V9. Enfin, un mot pour les « maîtres ». Ils ont autorité sur les esclaves,
ils possèdent cette position. Pourtant, il y a des choses qui s’appliquent à
eux au même titre qu’aux esclaves. L’une des recommandations faites aux
esclaves et qui s’applique aussi à eux est la suivante : « faites de même à
leur égard ». On entend par là qu’ils ne doivent favoriser personne parmi
leurs subordonnés et qu’ils doivent faire la volonté de Dieu de tout cœur,
en toute simplicité.
Il s’applique aussi à eux, qui sont eux aussi des esclaves de Christ. En se
souvenant de cela, ils comprendront aussi mieux la position dans laquelle
se trouvent leurs esclaves. Dans la relation de travail, ils sont au-dessus de
leurs esclaves, mais dans la relation avec leur Seigneur, ils sont à côté de
leurs esclaves. Si un maître est un bon esclave de Christ, il sera aussi un
bon maître pour ses esclaves.
En toutes choses et en toutes circonstances, nous avons un exemple bril-
lant et parfait en le Père et le Fils. En Les regardant, nous apprenons à
représenter l’ordre spirituel, éternel et céleste sur la terre dans toutes nos
relations terrestres. Es-tu un père ? Les pères ont un exemple dans le Père.
Es-tu un enfant ? Les enfants ont un exemple dans le Fils. Es-tu un em-
ployé ? Un employé peut voir dans le vrai esclave, comment les normes
célestes peuvent être mises en pratique par lui. Es-tu un employeur ? Un
employeur peut voir dans le Seigneur céleste comment être un maître
selon les normes célestes. Le Seigneur céleste n’est pas un Seigneur qui
menace de punir sévèrement tout acte répréhensible.
Il y a un bel exemple en Ruth 2. Tu y découvre avec Boaz la bonne rela-
tion qui existe entre un maître et ses serviteurs. C’est ce qui ressort de la
salutation : « Boaz ... dit aux moissonneurs : L’Éternel soit avec vous ! Ils
lui dirent : L’Éternel te bénisse ! » (Rut 2:4) et aussi de ce qui y est écrit
par ailleurs. Tu ne vois pas là un patron qui menace ses ouvriers et qu’ils
craignent. Le patron et les ouvriers mentionnent tous deux Dieu dans leur
salutation.
Boaz montre aussi qu’« il n’y a pas de partialité en lui ». Il prend soin de
Ruth, la Moabite, qui appartient à un peuple maudit (Deu 23:3). Il illustre
ainsi avec justesse les actions du Seigneur « dans les cieux ».

162
Éphésiens 6

Le fait qu’il est dit « les cieux » au lieu du ‘ciel’ montre d’une manière par-
ticulière la majesté de ce Seigneur. Le prestige que peut avoir un seigneur
terrestre fait vraiment pâle figure en comparaison.
Relis Éphésiens 6:5-9.
À méditer : Comment un esclave peut-il faire briller la lumière céleste dans
ses circonstances souvent misérables ?

163
Éphésiens 6

Éph 6:10-13 | Lutte dans les lieux célestes

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


10 Au reste, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance
de sa force ; 11 revêtez-vous de l’armure complète de Dieu, pour pouvoir tenir
ferme contre les artifices du diable : 12 car notre lutte n’est pas contre le sang et
la chair, mais contre les pouvoirs, contre les autorités, contre les dominateurs
de ces ténèbres, contre les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans
les lieux célestes. 13 C’est pourquoi prenez l’armure complète de Dieu afin
qu’au mauvais jour vous puissiez résister et, après avoir tout surmonté, tenir
ferme.
V10. Les mots « au reste » indiquent que quelque chose de plus va suivre.
Quelques derniers mots suivent et même plus que cela, car un nouveau
thème surgit même, qui, d’ailleurs, s’inscrit bien dans la continuité du
précédent. Dans les chapitres précédents, tu as lu les merveilleuses vérités
sur les bénédictions célestes et au sujet de Christ et l’église. Tu as aussi vu
que ces vérités doivent produire leurs effets dans les différents domaines
de notre vie quotidienne.
Ce qui n’a pas encore été abordé, c’est qu’il existe aussi un ennemi qui
essaie toujours de t’empêcher de profiter de ces bénédictions. Il veut aussi
empêcher les effets de ces bénédictions de se manifester dans ta vie. Cela
entraîne des luttes. Au vu de cette lutte, Paul attire ton attention sur trois
points :
1. la source de la force,
2. le caractère de l’ennemi contre lequel tu dois lutter et
3. l’armure qui t’est donnée et qui te permet de repousser les attaques de
l’ennemi.
L’ennemi est puissant et aussi rusé. Toi-même, tu n’as pas la force de ré-
sister à ses ruses, car c’est principalement de cela dont il est question dans
cette section. Mais dans le Seigneur, tu as à ta disposition une formidable
source de force. Il est plus fort que n’importe quel ennemi. En plus de cela,
il s’agit de son combat. Il veut remporter la victoire à travers toi.
C’est pourquoi le premier appel est : « Fortifiez-vous dans le Seigneur. »
Cherche ta force en Lui, qui est le Dieu tout-puissant et éternel. Réalise

164
Éphésiens 6

également qu’Il est ton Seigneur, celui qui a autorité sur toi. En Lui se
trouve tout ce dont tu as besoin pour remporter la victoire. « Dans la
puissance de sa force » indique qu’Il possède la puissance qui permet de
vaincre toute opposition et tout adversaire. « Sa force » consiste en ce qu’Il
est capable d’exercer sa puissance de la bonne manière.
V11. Dans ce verset, tu lis de quelle manière tu peux aller au combat. Dieu
te donne une armure dans ce but. Nous verrons dans un instant en quoi
consiste cette armure. Il est déjà dit ici que tu dois te revêtir « de l’armure
complète ». Il ne doit pas t’en manquer une seule partie. Le but est que tu
tiennes ferme contre les ruses constantes du diable.
Tu peux lire un excellent exemple de quelqu’un qui tient ferme contre les
attaques de l’ennemi en 2 Samuel 23. Il y est question de Shamma, l’un
des héros de David. Grâce à sa fermeté, il parvient à préserver un terrain
et ses fruits pour le peuple de Dieu (2Sam 23:11-12). Il en va de même
pour notre ‘terrain’, c’est-à-dire les lieux célestes, et ses fruits, qui sont les
bénédictions spirituelles.
L’appel à tenir ferme signifie ne rien abandonner de toutes les bénédic-
tions que tu as reçues en Christ. Le diable dispose de tout un arsenal de
ruses et de feintes pour t’égarer. Par là, j’entends qu’il essaie de t’amener
à t’engager dans des choses qui ne sont pas pour toi. L’une des ruses les
plus réussies consiste à suggérer aux chrétiens qu’il est bon pour eux de
s’impliquer dans la politique de ce monde. Ceux qui s’engagent dans ce
domaine perdent vite de vue les bénédictions célestes et ses plaisirs.
Le diable utilise aussi d’autres stratégies, comme le découragement, la
déception, la confusion, l’échec moral, l’erreur doctrinale. Toutes ses ruses
lui conviennent en tant que père du mensonge (Jn 8:44). Il déforme toujours
la vérité. La première et la plus claire preuve de cela tu la rencontres déjà
en Genèse 3, qui contient les premières paroles prononcées par le diable
dans la Bible. Il prétend citer Dieu, mais il le fait à sa manière. Le résultat
est la chute de l’homme (Gen 3:1-7). Et c’est toujours ainsi qu’il procède ;
tu es prévenu (cf. 2Cor 2:11 ; 11:14) !
Heureusement, nous avons une armure et c’est celle de Dieu, c’est-à-dire
celle que Dieu nous donne. L’armure de l’homme ne sert à rien face aux
ruses du diable. Ce n’est pas Dieu qui se revêt de cette armure, mais nous-

165
Éphésiens 6

même. Dieu n’a pas besoin du bouclier de la foi ni des autres parties, c’est
nous qui en avons besoin.
V12. L’armure ne consiste pas en une épée au sens littérale ou un bouclier
au sens littéral. La lutte n’est pas contre les gens, elle n’est pas « contre
le sang et la chair ». Cela ne veut pas dire que le diable n’utilise pas les
gens. Au contraire, il les utilise, aussi bien les incrédules que les croyants.
Un exemple concernant ces derniers se trouve en Matthieu 16 (Mt 16:23).
La lutte est de nature spirituelle, elle est dirigée contre les pouvoirs qui
contrôlent les ténèbres dans lesquelles le monde est enfoncé et cette lutte
se déroule dans les lieux célestes.
Les ténèbres ne sont pas seulement l’absence de lumière, mais aussi la pré-
sence du mal. Partout où le péché a ou tente d’avoir une influence, le diable
et ses démons sont actifs. Derrière les ténèbres se cachent des pouvoirs
démoniaques. Les ténèbres sont encore répandues par les personnes qui
pèchent. Elles sont incitées à le faire par des pouvoirs spirituels invisibles
du mal, ou des démons. Les démons, en tant que pouvoirs, se déplacent à
un niveau bien plus élevé que celui auquel nous nous déplaçons.
V13. C’est pourquoi il est à nouveau question de « l’armure complète ».
Car le diable s’acharne à priver le croyant de la jouissance des bénédictions
qu’il a reçues et apprises à connaître dans cette lettre. C’est pourquoi, à la
fin de la lettre, la lutte s’embrase vraiment. Maintenant que tu as profité
de tout ce que Dieu t’a donné et que tu as le désir d’en profiter encore plus
et de vivre ta vie en conséquence, tu dois maintenant compter sur le fait
d’être la cible du diable.
Les enfants de Dieu qui ne s’intéressent pas aux bénédictions célestes, qui
s’occupent de leurs affaires terrestres et parfois même mondaines, comme
si leur salut en dépendait, il les laissera tranquillement faire. Mais pour toi,
qui veux connaître de mieux en mieux ces bénédictions et en profiter aussi,
le « mauvais jour » est arrivé, le jour où l’ennemi te vise particulièrement.
Tout le royaume des ténèbres a été remué et mobilisé pour t’empêcher de
réaliser ton intention.
Il peut y avoir des jours où tout semble aller de travers et tout cela ne
peut pas être une coïncidence. Cela peut te mettre sous pression. Si tu as
revêtu l’armure, tu seras en mesure de résister à la pression qui te pousse à

166
Éphésiens 6

abandonner. Tu pourras alors « résister », tu pourras résister à l’ennemi. Tu


rencontres aussi l’expression « résister » en Jacques 4 et 1 Pierre 5 (Jac 4:7 ;
1Pie 5:9). Il s’agit de ne pas céder et de ne pas fuir la menace que représente
l’ennemi, qui veut que toute pensée des choses célestes disparaisse du
monde. Dieu, cependant, désire précisément un témoignage de cela sur
la terre.
À d’autres endroits, tu lis que tu dois ‘fuir’ (1Cor 6:18 ; 10:14 ; 1Tim 6:11 ;
2Tim 2:22). Là, tu vois que tu dois fuir dans des situations qui font appel
aux désirs pécheurs de ton cœur.
Si tu as opposé une résistance là où il le fallait, la victoire a été remportée.
Mais attention ! Il ne suffit pas de repousser une attaque ennemie. Après la
victoire, il est nécessaire de tenir ferme. Ce n’est pas l’attaque en elle-même
qui est la plus dangereuse, mais la suite. Lorsque la lutte est terminée, que
tu as résisté au diable et que tu penses qu’il est parti, il arrive qu’une at-
taque encore plus importante se produise, encore plus rusée que la précé-
dente. Le diable n’abandonne jamais. Il revient toujours. Tu peux en voir
un exemple dans l’histoire d’Élie. Après son succès spirituel sur le Carmel
en 1 Rois 18, Élie fuit dans le chapitre suivant le langage menaçant de la
méchante Jézabel, la femme du méchant roi Achab (1Roi 18:36-46 ; 19:1-3).
Pour conclure cette section, j’aimerais souligner que la lutte décrite ici
n’est pas une lutte contre le péché qui habite en nous. Nulle part nous ne
sommes appelés à une telle lutte. En ce qui concerne le pouvoir du péché
qui habite en nous, Romains 6 dit : « considérez-vous vous-mêmes comme
morts au péché » (Rom 6:11). Comment se fait-il alors que nous luttions
encore ? Mais, diras-tu, nous lisons en Hébreux 12 qu’il faut lutter contre
le péché (Héb 12:4), n’est-ce pas ? Oui, en effet. Seulement là, il ne s’agit pas
du péché qui habite en toi, mais du péché qui est présent à l’extérieur de
toi, autour de toi, et qui s’impose à toi.
Relis Éphésiens 6:10-13.
À méditer : Pourquoi est-il question de la lutte en conclusion de la lettre ?

167
Éphésiens 6

Éph 6:14-17 | L’armure

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


14 Tenez donc ferme : mettez autour de vos reins la ceinture de [la] vérité,
revêtez la cuirasse de la justice, 15 et chaussez vos pieds de la préparation de
l’évangile de paix. 16 Par-dessus tout cela, prenez le bouclier de la foi grâce
auquel vous pourrez éteindre toutes les flèches enflammées du Méchant. 17
Prenez aussi le casque du salut et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu ;
V14. Nous allons maintenant examiner de plus près cette armure com-
plète. Les parties qui ne sont pas encore en place peuvent alors être mises
en ordre.
La première partie, « [la] vérité », sert à protéger les reins. Dans la Bible,
les reins représentent la force nécessaire pour marcher. En Exode 12, il est
dit au peuple de manger la Pâque avec « vos ceintures à vos reins » (Exo
12:11), c’est-à-dire prêt à quitter l’Égypte et à partir pour le pays promis.
« Mettez autour de vos reins la ceinture de [la] vérité » signifie que ta
marche doit être conforme à la vérité. Il en est ainsi si tu appliques réelle-
ment la parole de Dieu à toi-même. En conséquence, tu verras la réalité de
tout ce que tu côtoies.
Tout comme « la vérité est en Jésus » (Éph 4:22) et qu’elle se voit dans sa
marche sur la terre, la vérité doit aussi être ta force pour ta marche. La
vérité doit devenir une partie de ton être, dans tout ce que tu dis et fais.
Toutes tes pensées, tes paroles et tes actes doivent être guidés par la vérité,
par ce qui est vrai, tel que Dieu voit les choses. En te tenant aux choses
telles que Dieu les a révélées dans sa Parole, c’est là que réside la force de
ta marche dans un monde où Satan est encore seigneur et maître.
Si tes sentiments à l’égard du monde sont ceints de vérité, cela t’empêchera
d’aimer quoi que ce soit dans le monde. La vérité te fait comprendre que le
monde entier gît dans le méchant et que tout ce qui est dans le monde n’est
pas du Père (1Jn 5:19 ; 2:15-17).
Être ceint de la vérité ne signifie pas que tu doives connaître toute la Bi-
ble par cœur. Ce qui compte, c’est que tu veuilles mettre à l’épreuve de la
vérité tout ce avec quoi tu entres en contact. S’il s’avère alors qu’une chose

168
Éphésiens 6

est conforme à la vérité, elle est bonne, et si elle lui est contraire, elle est
condamnable.
Cette partie de l’armure est aussi importante dans un sens pastoral. Nous
sommes tous confrontés à d’autres personnes. Il peut s’agir de membres de
la famille, d’amis, de collègues, de voisins, de connaissances, d’un frère ou
d’une sœur. Toutes nos relations et tous les événements doivent être consi-
dérés à la lumière de la vérité. Le vrai caractère de cette personne ou de cet
événement devient alors clair et nous pouvons agir de manière appropriée
à leur égard. Si nous ne le faisons pas, le risque est grand pour que toi et
moi soyons contrôlés par d’autres personnes ou par ce qui nous est arrivé.
Si tu juges les personnes et les événements à la lumière de la vérité, tu
peux les remettre à leur juste place et ils ne pourront plus te manipuler. Tu
n’es ainsi armé que de la vision juste que tu as d’eux. Grâce à cela, tu peux
repousser les attaques. Ainsi, tu as la force (‘reins’) de vivre pour Dieu et
de L’afficher dans le monde. Ce n’est pas une question de sentiment, mais
quelque chose que tu dois saisir avec ton esprit. Pierre dit : « Ayant ceint
les reins de votre intelligence » (1Pie 1:13).
La deuxième partie, la « justice », sert à protéger ta poitrine. La justice
consiste à donner à chacun ce qui lui est dû. Il s’agit d’agir correctement,
d’agir comme Dieu le veut. « La cuirasse » protège le cœur. C’est du cœur
que « sont les issues de la vie » (Pro 4:23). Les droits de Dieu sont-ils re-
connus dans tout ce qui procède de notre cœur, de sorte que nous agissons
comme Dieu le veut ? Paul s’est exercé « à avoir toujours une conscience
sans reproche devant Dieu et devant les hommes » (Act 24:16). Chez lui,
« la cuirasse de la justice » était bien en place. Si notre conscience n’est pas
nette, nous sommes à la merci des ruses du diable et sommes impuissants
à le combattre.
V15. La troisième partie concerne tes pieds : « Chaussez vos pieds de la
préparation de l’évangile de paix. » Il ne s’agit pas d’être préparé à prêcher
l’évangile ; ni tellement de vivre dans l’assurance de la paix avec Dieu (Rom
5:1). La paix, ici, c’est la paix entre le Juif et le Gentil en un seul nouvel
homme (Éph 2:14,17). Cette paix est céleste, c’est la paix de Dieu (Php 4:7).
Il doit être visible dans notre marche que nous vivons à partir de la paix.
Nous apportons alors tout ce qu’il y a dans notre cœur à Dieu. Nous avons

169
Éphésiens 6

alors la paix dans toutes les circonstances dans lesquelles Dieu nous fait
entrer. Le Seigneur Jésus est notre exemple en la matière (Mt 11:25-30).
La paix de Dieu se caractérise par le repos de Dieu sur son trône, sans se
préoccuper de toute l’agitation de la terre.
Si le diable ne parvient pas à nous attraper sur les deux premières parties,
il essaiera de nous priver de notre paix. Comme pour Job, il utilisera toutes
sortes de circonstances (moins agréables) pour y parvenir. Il n’y a rien dans
le ciel qui nous pousse à nous agiter et à perdre notre paix. Le témoignage
de la réalité céleste se verra sur la terre principalement dans la paix que
nous dégageons au milieu de toute cette agitation.
V16. Après trois vêtements militaires, nous recevons maintenant trois
équipements de protection. Le premier est le « bouclier de la foi ». La
foi est représentée ici comme un bouclier. C’est une belle image. Tu vois
devant toi un long bouclier derrière lequel tout le corps est caché. Tu es
alors inaccessible à toutes les flèches enflammées. Si ta foi, c’est-à-dire ta
confiance, est vraiment concentrée sur Dieu, si tu crois qu’Il contrôle tout et
que rien ne Le surprend, toutes les tentatives du malin pour te décourager
aboutiront à rien. Par la foi, tu vois le Christ glorifié, à qui Dieu soumettra
bientôt toutes les autorités.
Le diable te murmure : ‘Si Dieu t’aime, alors ...’ Le diable nourrit des
pensées d’incrédulité et de méfiance. Ce sont « les flèches enflammées »
qu’il tire, créant dans ton âme un feu qui se propage rapidement autour de
lui. Une flèche qui atteint sa cible provoque un trou, mais une flèche en-
flammée cause bien plus de misère qu’un trou. Le diable veut te faire dout-
er de l’amour et de la bonté de Dieu à ton égard. Dans ce cas, tu prends le
bouclier de la foi pour que toutes ces flèches enflammées soient repoussées
et éteintes. C’est ainsi que Job a éteint une flèche enflammée que le diable
lançait à travers sa femme (Job 2:9-10). Rappelles-toi que toutes les choses
sont dans la main du Père et du Fils. Dieu t’aime et fait que toutes choses
travaillent ensemble pour le bien de ceux qui L’aiment (Rom 8:28).
V17. Pour protéger la tête, le siège de la pensée, Dieu te fournit « le casque
du salut ». Tu sais que tu es « sauvé par [la] grâce » (Éph 2:5b). Ce salut
est un don de Dieu (Éph 2:8) et ne dépend donc pas des personnes. Par
conséquent, ce salut est sûr et tu peux résister à l’ennemi la tête haute.

170
Éphésiens 6

La sixième partie est « l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu ». L’épée
est la parole de Dieu utilisée avec la puissance de l’Esprit. La façon dont
cette arme doit être utilisée est montrée par le Seigneur Jésus lors de la ten-
tation dans le désert (Mt 4:1-11). À plusieurs reprises, il a vaincu le diable
en citant la parole de Dieu, qu’Il a fait précéder des mots « il est écrit ».
Tu manies l’épée lorsque tu cites des déclarations de la parole de Dieu dans
certaines situations. Pour utiliser efficacement l’épée de l’Esprit, tu dois
t’entraîner. Cela signifie non seulement à connaître de mieux en mieux la
parole de Dieu, mais aussi savoir comment et quand l’utiliser. Des soix-
ante héros qui entouraient la litière de Salomon, il est dit : « Tous tiennent
l’épée et sont exercés à la guerre » (Can 3:7-8).
Les pouvoirs maléfiques ne peuvent être résistés qu’avec la parole de Dieu.
L’’arme de la discussion’ ne te sauvera pas, même si tu as la langue bien
pendue.
Relis Éphésiens 6:14-17.
À méditer : Réfléchis à la façon dont les parties de l’armure font leur œuvre
dans ta vie.

171
Éphésiens 6

Éph 6:18-24 | Prière et amour

Tout d’abord, lis attentivement le texte de la Bible :


18 priez par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par
l’Esprit, et veillez à cela avec toute persévérance ; faites des supplications en
faveur de tous les saints 19 et pour moi, afin que, quand j’ouvrirai la bouche,
la parole me soit donnée pour faire connaître avec hardiesse le mystère de
l’évangile, 20 pour lequel je suis un ambassadeur lié de chaînes, afin que j’aie
la hardiesse d’en parler comme je le dois. 21 Mais afin que vous sachiez, vous
aussi, ce qui me concerne, ce que je fais, Tychique, le bien-aimé frère et fidèle
serviteur dans le Seigneur, vous mettra au courant de tout : 22 je l’ai envoyé
vers vous tout exprès, afin que vous connaissiez l’état de nos affaires, et qu’il
console vos cœurs. 23 Paix aux frères, et amour, avec la foi, de la part de Dieu
le Père et du Seigneur Jésus Christ ! 24 Que la grâce soit avec tous ceux qui
aiment notre Seigneur Jésus Christ en pureté !
V18. Voilà, le soldat est vêtu et protégé. Avec une armure complète, il se
tient sur le champ de bataille, prêt à repousser l’attaque. Mais que vois-tu ?
Il est agenouillé, ne prêtant plus attention à l’ennemi. Cette posture le rend
sûrement très vulnérable ? Rien n’est plus faux. S’agenouiller et prier est la
dernière partie de l’armure.
Tu peux tout revêtir de façon optimale, mais si tu négliges la prière, tu
perdras sûrement la bataille. Par la prière, tu ne te rends pas à l’ennemi,
mais à celui qui a toute autorité dans le ciel et sur la terre. Par la prière, tu
t’élèves au-dessus du champ de bataille et tu entres dans le sanctuaire de
Dieu pour y découvrir la puissance du Seigneur Jésus qui se bat pour toi.
C’est Lui qui commande ; c’est aussi sa bataille. Il supervise l’ensemble du
champ de bataille et donne ses ordres.
Il est frappant de constater qu’aucun symbole n’est utilisé pour la prière.
Quel symbole suffirait à dépeindre une vie dans une attitude de prière ?
Après tout, c’est d’être dans ta vie en contact constant, « en tout temps »,
avec Dieu dont il s’agit. Une bonne comparaison est que la prière représente
la respiration de l’âme, pour ainsi dire. Sans la prière, ta vie spirituelle
s’étouffe.
Le Saint Esprit Que tu as reçu (Éph 1:13), veut œuvrer à cela. Il est aussi le
seul à pouvoir le faire. Il connaît exactement les sentiments du Seigneur Jé-

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Éphésiens 6

sus et Il veut les œuvrer aussi dans ton cœur. Il te conduit dans tes prières
et tes supplications. Il ne s’agit alors pas de débiter une prière standard,
mais de demander avec insistance ce dont on a besoin.
Pendant que tu pries, il y a le risque que tes pensées divaguent ou que
tu t’endormes. C’est pourquoi la prière implique aussi la vigilance et la
persévérance (Mc 13:33 ; Act 2:42). Par la prière, le soldat est en contact
permanent avec le Commandant. Sans ce contact, les choses tournent mal.
Tu commencerais alors à agir de façon égoïste et cela nuirait aussi à l’unité
au sein de l’armée. Cela mettrait les autres en danger.
Si tu agis ainsi, tu ne penses plus à « tous les saints » avec lesquels tu es
en relation. Il est important de toujours avoir « tous les saints » à l’esprit
(Éph 1:15 ; 3:18), car aucun saint n’est à l’abri du besoin. Nous pouvons
prier pour des groupes de croyants, mais surtout, appelons chaque saint
par son nom.
V19. En disant « et pour moi », Paul montre bien l’importance qu’il accorde
à la prière pour lui personnellement et pour son service. Il ne se place pas
au-dessus, comme s’il n’avait pas besoin de la prière. Nous voyons là une
instruction claire de prier le Seigneur pour chaque croyant personnelle-
ment et pour son service. Paul fait ainsi des croyants des collaborateurs
pour transmettre les bénédictions qu’il leur a présentées dans cette lettre.
Avec le soutien de leurs prières, il peut faire connaître « le mystère de
l’évangile » à d’autres aussi. Il était convaincu de la puissance de la prière.
V20. Il ne leur demande pas de prier pour sa libération de la captivité. Il
se préoccupe de prêcher ce que Dieu lui a confié et par lequel il est arrivé
en captivité (Éph 3:1 ; 4:1). Par conséquent, il demande qu’ils prient pour
qu’il parle de manière à ce que ce soit tout à fait conforme au mystère de
l’évangile.
Il considère qu’il est important que son message soit aussi compris par les
auditeurs. Il est bon qu’un prédicateur se demande à quel niveau se situent
ses auditeurs. Non pas que le contenu du message doive être adapté, mais
plutôt la manière dont il doit être délivré. Chaque situation est différente.
Aussi, la dépendance au Seigneur et l’intercession des croyants sont néces-
saires pour voir comment parler quelle que soit la situation.

173
Éphésiens 6

V21. Paul en vient à ses paroles de conclusion. On pourrait dire que l’amour
est le thème principal des derniers versets. Aux versets 21-22, il s’agit de
l’amour entre nous et aux versets 23-24, il s’agit de l’amour de et pour Dieu
et le Seigneur Jésus.
Paul s’intéresse à tous les croyants, mais il est aussi convaincu que tous les
croyants s’intéressent à lui. Le fait de supposer que sa situation concerne
aussi les autres est une grande preuve de l’amour qui remplit son cœur
(1Cor 13:7). Il veut leur faire savoir comment il va. C’est pourquoi il leur
envoie Tychique. Il est très probable que Tychique ait emporté avec lui
la lettre que Paul est en train de finaliser. Il est possible que Tychique ait
également apporté la lettre destinée à l’église de Colosses (Col 4:7).
Paul l’appelle « le bien-aimé frère et fidèle serviteur dans le Seigneur ». Ce
témoignage est magnifique. Il sert de lien entre Paul dans sa captivité et
les croyants d’ailleurs. De telles personnes sont malheureusement rares.
J’espère que tu veux être comme Tychique, que tu veux être un ‘passeur’
de la vérité que tu as apprise de Paul au sujet du Seigneur Jésus. Tes frères
et sœurs t’apprécieront alors comme un « bien-aimé frère ». Tu ne dois pas
dire ce qu’ils veulent entendre, parce que ce n’est pas ce que fait un « fidèle
serviteur dans le Seigneur ». Un fidèle serviteur dans le Seigneur parle des
vérités agréables et désagréables ; il fait connaître « tout » ce qui lui a été
confié.
V22. Tychique ne transmet pas des données froides et statistiques. C’est
quelqu’un qui a un cœur chaleureux pour Paul et pour les autres croyants.
En lui, les sentiments de Paul pour les croyants deviennent aussi vi-
sibles. Les Éphésiens aiment Paul, ils sont donc attristés par sa situation.
Par conséquent, ils ont besoin de consolation. Tychique sait ce que Paul
ressent, comment il se porte. Il est l’homme qu’il faut pour cette mission.
Paul l’envoie parce que Tychique peut apporter de la consolation au cœur
des Éphésiens. Pour cela, il faut être capable d’empathie avec ceux dont les
cœurs ont ce besoin.
Bien que les Éphésiens ne connaissent probablement pas Tychique, aucune
période d’introduction ne sera nécessaire. L’amour de Tychique pour Paul
et l’amour des Éphésiens pour ce même Paul se ressentiront immédiate-
ment dans les deux sens. Dès que toi ou moi entrons en conversation avec

174
Éphésiens 6

quelqu’un, nous remarquons aussi que cette personne aime le Seigneur


Jésus comme elle a de l’amour pour les vérités qui nous ont été commu-
niquées par le ministère de Paul. Ici, je pense surtout aux vérités qui sont
liées aux bénédictions célestes du chrétien et à l’unité entre Christ et son
église qui sont si admirablement mises en valeur dans cette lettre.
V23. Son souhait est que les « frères », ce qui inclut aussi les sœurs, fassent
l’expérience de la « paix ... de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus
Christ », ainsi que d’« amour, avec la foi ». En ces temps de grande division
et de confusion, de douleur et de rejet, nous nous associons de tout cœur à
ce souhait. Prions pour que ce souhait soit réalisé.
L’amour va ici de pair avec la confiance en la foi que Dieu est au-dessus de
toutes les circonstances et qu’Il accomplira son dessein, que rien n’échappe
à son contrôle. La conscience de son amour pour nous renforcera notre
confiance en Lui. Dans son amour, Il nous tiendra.
V24. Aux souhaits précédents vient s’ajouter « la grâce ». La grâce est la base
de toute vie. Si nous nous tenons dans la grâce, la conscience de l’amour de
Dieu le Père et du Seigneur Jésus Christ pour nous augmentera. Et notre
réponse peut-elle être autre chose qu’un amour brulant et inextinguible
pour le Seigneur Jésus Christ ? Nous l’aimerons de plus en plus, ensemble
« avec tous » ceux qui font de même.
Quelle joie une telle réponse doit être pour Lui, qui « a aimé l’église et s’est
livré pour elle » !
Relis Éphésiens 6:18-24.
À méditer : À quoi les autres croyants peuvent-ils reconnaître que tu t’in-
téresses à eux ?

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Autres langues

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