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Module COMPTABILITE PUBLIQUE

Le document traite des principes et des règles de la comptabilité publique, en soulignant la séparation des fonctions entre ordonnateurs et comptables publics. Il aborde également l'importance des pouvoirs publics dans l'exécution des lois de finances et les obligations liées aux recettes et dépenses publiques. Enfin, il décrit les différentes catégories d'ordonnateurs et de comptables, ainsi que leurs missions et responsabilités respectives.

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Le document traite des principes et des règles de la comptabilité publique, en soulignant la séparation des fonctions entre ordonnateurs et comptables publics. Il aborde également l'importance des pouvoirs publics dans l'exécution des lois de finances et les obligations liées aux recettes et dépenses publiques. Enfin, il décrit les différentes catégories d'ordonnateurs et de comptables, ainsi que leurs missions et responsabilités respectives.

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Module COMPTABILITE PUBLIQUE

Introduction
Vendredi, 17 oct. 25
Chapitre 1 : DISPOSITIONS GENERALES ET CHAMP D’APPLICATION DE LA
COMPTABILITE PUBLIQUE
A. Dispositions générales
B. Champ d’application
C. Importance des pouvoirs publics dans la mise en œuvre de la loi de finances
1) Une obligation d’exécution plus contraignante pour les recettes
2) Une large attitude d’appréciation pour la mise en œuvre des dépenses

Chapitre 2 : Division organique et fonctionnelle des compétences


A) L’ordonnateur
1. Fonctions traditionnelles de l’ordonnateur
2. Catégories d’ordonnateurs
B) Le comptable public
1) La qualité du comptable public
2) Les catégories de comptable public
3) Les missions traditionnelles de comptable public

Chapitre 3 : Séparation des fonctions d’ordonnateur et de comptable public


1) Des autorités distinctes
2) Les exceptions aux principes de séparation
3) La gestion de FAITS
Chapitre 4 : Exécution des opérations de recettes et de dépenses
1. Exécution des recettes
a) Procédure de droit commun
• Phase administrative
- Etablissement des recettes
- La mise en, recouvrement
• Phase comptabilité : Le recouvrement
b) Procédure dérogatoire d’exécution des recettes publiques
2. Exécution des dépenses publiques : circuit de la dépense
a. Répartition des crédits
b. Engagement
c. Liquidation
d. Ordonnancement
e. Paiement

Introduction
Les personnes publiques, comme les personnes privées, doivent tenir la comptabilité de leurs
dépenses et de leurs recettes.
Mais les règles de la comptabilité publique, ne sont pas simplement les règles relatives à la
manière dont sont tenus les comptes. Il s’agit aussi, et surtout, des règles concernant
l’organisation des services, la répartition des fonctions entre les agents chargés de l’exécution
des dépenses et des recettes publiques, l’étendue de leurs attributions et leurs responsabilités.
Le régime de la comptabilité publique découle d’un texte fondamental qui est la loi organique
N 20/2014 relative aux lois de finances et à l’exécution du budget. La présente loi organique
remplace la loi N 31/2010 du 21 Octobre 2010 relative aux lois de finances et à l’exécution du
budget et la loi N 4/85 du 27 Juin 1985 relative aux lois de finances et abroge toutes autres
dispositions antérieures contraires, notamment celles des dispositions de la loi 5/85 du 27 juin
1985 portant règlement général sur la comptabilité publique.
Vendredi, 24 oct. 25
Les principes fondamentaux de la comptabilité publique de l’Etat, des collectivités locales,
des établissements publics, des administrations jouissant de l’autonomie de gestion et des
institutions constitutionnelles sont fixées par le décret N°0094/PR/MBCP du 08 février 2016
portant Règlement Général de la comptabilité publique et la Loi Organique 20/2014 relative
aux Lois de Finances et à l’Exécution du Budget du 21 mai 2015. Les principales
caractéristiques qui régissent la comptabilité publique sont : la séparation entre les
ordonnateurs et les comptables, le régime particulier de responsabilité qui pèse sur les
comptables et la règle du dépôt au trésor public des disponibilités des personnes publiques. La
comptabilité publique ne doit pas être confondue avec la comptabilité privée ni la
comptabilité nationale bien qu’il y ait des points communs entre ces trois types de
comptabilité.
A. La comptabilité nationale et la comptabilité publique
La comptabilité retrace l’ensemble des activités économiques du pays dans des comptes dits
« Comptes de la Nation », elle englobe le secteur privé et le secteur public et retrace
l’évolution de certaines grandeurs caractéristiques de l’économie telles que : le PIB, la
Consommation, l’Investissement, les échanges extérieurs. La comptabilité publique est plus
limitée plus qu’elle n’enregistre que des opérations des administrations (essentiellement
l’Etat, les collectivités locales et les établissements publics administratifs) mais son objectif
est plus étendu. Elle enregistre toutes les opérations des personnes publiques afin d’en
connaitre l’existence mais aussi et surtout afin d’en permettre le contrôle.
B. Comptabilité publique et comptabilité privée
La comptabilité privée (commerciale) est un système d’organisation et d’information
permettant de saisir des données chiffrées d’une entité juridique et de fournir, après
exploitation, des informations portant sur : le patrimoine (actif et passif), le résultat d’une
période, la formation des coûts et des prix.
La comptabilité publique, au contraire tend à contrôler l’emploi des crédits qui sont accordés
par les dépenses publiques et qui disparaissent au fur et à mesure que les dépenses sont
accomplies sans laisser ni profit ni perte.
Les opérations financières des personnes publiques ne sont pas déterminées par la recherche
de profit mais par la marche du service public. La fonction essentielle de la comptabilité est
d’assurer la conformité des exécutions avec les autorisations budgétaires.

Chapitre 1 : DISPOSITIONS GENERALES ET CHAMP D’APPLICATION DE LA


COMPTABILITE PUBLIQUE

A) Dispositions générales
Au terme de l’article 4 du Décret du 28 février 2016 portant Règlement Général de la
Comptabilité Publique, le budget est l’acte législatif par lequel sont prévues et autorisées les
recettes et les dépenses des entités publiques. L’article 5 du même décret dispose que « les
opérations financières et comptables résultant de l’exécution des budgets sont respectivement
assurées par les ordonnateurs, les comptables publics et les contrôleurs budgétaires ».
Vendredi, 31 octobre 2025
B) Champ d’application de la comptabilité publique.
Le décret du 8 Février 2016 portant règlement général de la comptabilité publique détermine
les conditions dans lesquelles sont effectuées les opérations financières et comptables
résultant des exécutions :
- Du budget général de l’Etat et des comptes spéciaux du trésor ;
- Des budgets des collectivités locales et des établissements locaux qui leurs sont
rattachés ;
- Des budgets des institutions constitutionnelles.
Ces opérations concernent les recettes, les dépenses, les emprunts, la trésorerie et le
patrimoine. Elles sont retracées dans des comptabilités établies selon des normes générales et
soumises au contrôle des autorités qualifiées.
C) Importance des pouvoirs publics dans la mise en œuvre de la loi de finances
En droit, l’exécutif a toujours détenu en réalité des pouvoirs très étendus lors de l’exécution et
ce sous l’effet conjugué des deux éléments :
- Le premier tient à la nature des lois de finance qui n’ont qu’une valeur d’autorisation
budgétaire et n’emportent donc qu’une obligation relative d’exécution ;
- Le second qui est plus important tient aux différents dispositifs leur permettant de
modifier et d’adapter des crédits en cours d’exécution.
Fongibilité : Capacité de transférer des dépenses d’une ligne à une autre
1) Une obligation d’exécution plus contraignante pour les recettes
Pour l’exécution des recettes, les autorités gouvernementales ainsi que les autorités
administratives chargées de leur mise en œuvre, ne disposent en principe d’aucune latitude,
d’aucun pouvoir d’appréciation
a) La remarque ne concerne cependant que les ressources fiscales pour lesquelles
l’obligation d’exécution est stricte car elle découle du principe du consentement
annuel de l’impôt par le Parlement et du principe de légalité fiscale. Ainsi, la
perception de toute recette fiscale ne peut intervenir si elle n’a pas été préalablement
autorisée. D’autre part, la matière fiscale étant la compétence législative, toute recette
autorisée doit être perçue conformément aux dispositions en vigueur.
b) Pour les ressources autres que la fiscalité, la valeur de l’autorisation parlementaire est
plus atténuée dès lors qu’il s’agit des ressources à l’égard desquelles le pouvoir
règlementaire dispose d’un domaine d’initiative important (redevance et rémunération
pour les services rendus, produis des amendes autres que fiscales, revenus u domaine
et des exploitation industrielles et commerciales). Pour ces ressources, elles
s’apparentent davantage à une simple habilitation formelle, le gouvernement
conservant en courte exécution la possibilité d’apporter des modifications aux recettes
concernées.
2) Une large attitude d’appréciation pour la mise en œuvre des dépenses.
En comparaison de la stricte obligation d’exécution qui prévaut pour les recettes, les lois de
finance ont pour la mise en œuvre des dépenses une portée bien différente.
i. Une simple faculté d’utilisation des crédits
En 1er lieu, elles n’ouvrent qu’aux autorités gouvernementales et administratives une simple
autorisation de dépense, et par conséquent une simple faculté d’utilisation ou d’emploi des
crédits. La raison en est que les LF ne créent pas en elles-mêmes une obligation de dépenser.
Elles ne font qu’autoriser la dépense, laissant aux autorités chargées de l’exécution un large
pouvoir d’appréciation de l’opportunité.
ii. Une obligation d’exécution très relative conformément aux prévisions d’autorisation
initiale.
En 2nd lieu, c’est sans doute l’aspect le plus important faisant que l’utilisation des crédits peut
s’écarter sensiblement des prévisions contenues dans l’autorisation parlementaire.
Cet objectif pose toutefois un problème de fond : celui de savoir comment concilier
prérogative parlementaire et efficacité de la gestion publique.
CHAPITRE 2 : DIVISION ORGANIQUE ET FONCTIONNELLE DES
COMPETENCES.
L’article 4 du décret 0094 du 8 février 2016 portant règlement général sur la CP : le budget est
l’acte législatif par lequel sont prévues et autorisées les recettes et les dépenses des entités
publiques. Il est élaboré, arrêté, voté et exécuté conformément aux dispositions des textes en
vigueur.
Les comptes qui retracent les opérations budgétaires, de trésoreries et de financement sont
arrêtés, approuvés et vérifiés dans les mêmes conditions.
L’article 5 du décret 0094/PR/MBCP du 8 février 2016 portant règlement général de la CP.
La spécificité de la CP réside donc dans la formation très formalisée entre les ordonnateurs et
les comptables publics pour garantir la régularité des opérations financières de l’Etat.
A. L’ordonnateur
1. Fonction traditionnelle de l’ordonnateur
Ce sont des agents qui ont la responsabilité des 4 premières étapes de la dépense :
- La séparation des crédits ;
- L’engagement ;
- La liquidation ;
- L’ordonnancement.
Ils appartiennent aux différentes administrations et leurs attributions financières sont le
complément de leurs attributions administratives.
Ainsi, l’article 6 du décret 0095/PR/MBCP du 8 février 2016 portant règlement général de la
CP.
2. Les catégories d’ordonnateurs.
Le Ministre en charge de l’économie et des finances est l’ordonnateur du budget de l’Etat en
plus de sa qualité d’ordonnateur du budget alloué à son département.
A ce titre :
- Pour la fonction d’ordonnateur des recettes : il constate les droits de l’Etat liquidés et
présentés par les administrations compétentes ; il assure l’exécution des recettes et
émet les titres de créances correspondants.
- Il est l’ordonnateur des crédits : liés aux dépenses accidentelles et des comptes
spéciaux du trésor correspondant à ses attributions.
Les ordonnateurs principaux des budgets des institutions et ministères sont les Présidents des
institutions constitutionnelles ; à savoir :
- Les ministres ;
- Les chefs de départements ;
- Toutes autres autorités.
L’article 30 précise que : « sont ordonnateurs délégués au sein du département ministériel : le
RPROG, RBOP et le RUO ».
Les ordonnateurs et les délégués peuvent également se faire suppléer en cas d’absence ou
d’empêchement.
Dans l’exercice de leurs fonctions, l’article 35 précise que la référence des ordonnateurs est à
titre principal leur qualité d’agents publics chargés d’un emploi de comptable. Article 7.
D’autres différences peuvent être soulignées du fait qu’ils ont l’exclusivité du maniement des
fonds publics et privés règlementés, cela entraine une responsabilité pécuniaire personnelle
lourde. Article 14.
2.1 La qualité de comptable public
Les CP forment une catégorie particulière d’agents publics, qui en sus du statut du corps de
fonctionnaire qui est le leur, sont assujettis aux règles du droit de la comptabilité publique ;
qui définit leurs missions et leur responsabilité.
Avant d’être accrédités auprès des ordonnateurs, les CP sont notamment tenus de constituer
des sûretés. Article 12.
2.2 Les catégories de CP
Les CP se répartissent en réseaux plus ou moins spécialisés du point de vue hiérarchique. On
distingue : le DG CPT, trésorier central, A.C central, les agents comptables , les payeurs, les
trésoriers provinciaux, les receveurs percepteurs et les percepteurs.
Du point de vue fonctionnel, CAD selon les tâches qui sont les leurs dans l’exécution des
opérations financières, les comptables publics sont dits principaux ou secondaires.
Les 1er sont directement tenus de rendre leurs comptes au juge des comptes, les 2nd ne les
rendent que par l’intermédiaire des comptables principaux dont ils relèvent, ainsi le trésorier
provincial est le comptable principal duquel relèvent les receveurs percepteurs, les
percepteurs qui sont comptables secondaires. Ainsi, l’article 39 dispose que « Chaque
comptable peut être …. ».
Vendredi 21 novembre 25
3. Les missions traditionnelles d’un CP
Les CP ont l’obligation :

• De prendre en charge et recouvrir les recettes des organismes publics ;


• De payer les dépenses ;
• D’assurer la conservation des fonds et valeurs dont les organismes publics sont
dépositaires (fonds publics règlementés)
• D’assurer le maniement des fonds
• De tenir la comptabilité relative aux opérations effectuées
• De conserver les pièces justificatives des opérations effectuées.
• Par ailleurs, les CP doivent exercer un contrôle de régularité des ordres de recettes et
dépenses qui sont émis par les ordonnateurs. Ce contrôle qui s’exerce à priori, avant
l’encaissement ou le décaissement effectif, est la base de la séparation organique des
autorités chargées de l’exécution, ce qui suppose leur indépendance des uns vis-à-vis
des autres, puisqu’en cas d’irrégularité le CP est tenu de refuser d’exécuter l’ordre de
l’ordonnateur.

CHAPITRE 3 : SEPARATION DES FONCTIONS D’ORDONNATEUR ET CP

La spécificité de la comptabilité publique n’est pas véritablement dans le nombre des étapes
de la procédure de la dépense : toute grande organisation impose la séparation des tâches et
des responsabilités pour se prémunir contre le risque judiciaire. La spécificité juridique réside
dans la séparation très formalisée entre les ordonnateurs comptables pour garantir la régularité
des opérations financières.
1) Des autorités distinctes
Les ordonnateurs sont des agents qui ont la responsabilité des 4 premières phases : la
répartition des crédits, l’engagement, la liquidation et l’ordonnancement. Ils appartiennent aux
différentes administrations et leurs attributions financières sont le complément de leurs
attributions administratives.
Les comptables sont les préposés (fixer une tâche spécifique) aux caisses publiques, seuls
fonctionnaires autorisés à manipuler les deniers publics.
Dans ce cadre, le CP exerce un contrôle systématique des actes de l’ordonnateur. Avant de
payer une dépense, il doit faire des vérifications suivantes sur :
- La qualité de l’ordonnateur ou de son délégué ;
- La disponibilité des crédits de paiement et l’exacte imputation des dépenses sous les
programmes visés par l’ordonnancement ;
- La validation de la créance qui suppose : la justification du service fait, l’exactitude
des calculs de liquidation, l’existence du visa du CB sur l’engagement et
l’ordonnancement lorsqu’il est requis, la production des pièces justificatives prévues
par la règlementation ;
- Le caractère libératoire du paiement, le règlement au véritable créancier selon l’un des
modes de règlements autorisés
Les fonctions de comptables sont incompatibles avec celles d’ordonnateurs, et les comptables
ne sont pas placés sous l’autorité des ordonnateurs.
2) Les exceptions au principe de séparation
La séparation des ordonnateurs des comptables, principe qui s’applique aussi bien à l’Etat
qu’aux collectivités locales et à la plupart des établissements publics, a permis à
l’administration Gabonaise de garantir la régularité de ses opérations financières, élément
essentiel dans un Etat de droit. Les intoxes à ce principe qui peuvent conduire des
ordonnateurs à manier eux-mêmes les deniers publics, sont poursuivis par les juridictions
financières, dans le cadre des procédures dites gestion de fait.
04/12/2025
Les exceptions existent, cependant le principe de séparation d’ordonnateurs de comptables
publics, certaines opérations sont aujourd’hui prises en charge par le CP, notamment pour le
recouvrement de certaines recettes ou après une intervention simplifiée des ordonnateurs
comme pour le paiement sans ordonnancement de rémunération et pensions des agents de
l’Etat ou des perceptions dites au comptant pour les impôts indirects et les droits de douane
dont le recouvrement est assuré après les déclarations des débiteurs.
Inversement, des administrateurs peuvent être autorisés à manier les deniers publics dans le
cas d’une régie d’avance ou régie de recettes.

• Des régies de recettes (article 81) : « Les régies de recettes sont destinées à faciliter
l’encaissement des recettes d’un faible montant ou dont le recouvrement présente un
caractère d’urgence… »
• Des régies d’avance (article 104) : Les régies de dépenses sont destinées à permettre le
règlement des dépenses des services ou à accélérer le règlement des dépenses
présentant un caractère d’urgence. Elles consistent en la mise à disposition d’un
régisseur…

3) La gestion des faits


A la règle de l’incompatibilité, s’ajoute à la protection accrue de l’exclusivité des fonctions de
CP, la sanction en cas de gestions des faits.
Cette qualification est applicable au rugissement de tout ce qui serait irrégulièrement initié
dans le maniement des deniers publics, sans avoir la qualité de CP.
La gestion des faits entraine, pour toute personne qui se comporte comme un comptable de
faits, les mêmes responsabilités que celles instituées pour les CP, en particulier la
responsabilité pécuniaire. Cette règle s’applique quelque soit la qualité de l’auteur de la
gestion des faits, et par conséquent même s’il s’agit d’un ordonnateur.

• La qualification des gestions des faits


Elle est réservée au juge des comptes, et cette qualification doit rassembler plusieurs
éléments. Il faut d’abord qu’il y’ait eu maniement des deniers publics. Il est à préciser que la
notion de maniement ne s’entend pas seulement par l’ingérence dans les opérations de
dépenses ou de recettes, elle inclut également l’extraction irrégulière des fonds publics ou de
valeurs ; par exemple : l’ordre de dépenses fictives ou d’indications fausses quant à la réalité
du service fait qu’on a pu déceler d’un agent comptable.
Il faut en second lieu que la personne ait agi sans l’autorisation régulière, CAD sans
habilitation. La gestion des faits en cas d’irrégularité en recettes ou en dépenses, entraine
l’obligation pour le comptable de faits de reverser les sommes manquantes.

Chapitre IV : L’EXECUTION DES OPERATIONS DES RECETTES ET DES


DEPENSES
1) Exécution des recettes
La procédure de droit commun de l’exécution des recettes publiques est traditionnellement
structurée autour d’un découpage des opérations en trois phases successives : les deux
premières incombent de l’ordonnateur et la troisième est du ressort exclusif du comptable.
Des procédures dérogatoires permettent de faciliter le fonctionnement de certaines opérations
(article 52) : « les recettes de l’Etat comprennent les produits d’impôts, des taxes, des droits et
d’autres produits institués par les lois et règlements en vigueur ou résultant de décisions de
justice ou de conventions ».
Vendredi 05 décembre 2025
La procédure de droit commun de l’exécution des recettes publiques est souvent structurée
autour d’un découpage des opérations en trois phases successives : les deux premières
incombent à l’ordonnateur, la 3e est du ressort exclusif du comptable.
Les procédures dérogatoires permettent de faciliter le fonctionnement de certaines opérations.
L’article 52 du décret jusqu’à convention.
a) Procédure de droit commun
i) Phase administrative
La phase de l’exécution administrative des recettes est celle au cours de laquelle sont
effectuées les opérations indispensables de recouvrement ultérieur. Celui-ci suppose
premièrement la constatation et la liquidation des créances qui doivent être arrêtées en droit et
dans leurs montants.
En principe, l’ensemble de la phase administrative est attribué aux ordonnateurs.
Cependant, seule la mise en recouvrement est de leur compétence exclusive. Les opérations
de de constatation et de liquidation peuvent être faites en effet par les fonctionnaires ou les
agents publics n’ayant pas la qualité d’ordonnateur ( ainsi par exemple, les impôts sont assis
et liquidés par les fonctionnaires de la DGI).
- L’établissement des recettes
Du point de vue de l’établissement des recettes, on distingue deux opérations : la constatation
des droits et la liquidation.
La constatation est l’opération préalable et fondamentale par laquelle la créance est
arrêtée dans son principe, il en est ainsi de l’opération de constatation ou « d’assiette » de
l’impôt qui consiste à déterminer matériellement et juridiquement la base imposable.
- La liquidation
Elle consiste à déterminer la créance dans son montant, ainsi en matière fiscale, la liquidation
s’entend du calcul de la cotisation d’impôt correspondant à la base imposable effectuée soit à
partir d’un barème de taux (IRPP) soit d’un tarif (sur les différents mécanismes de liquidation
de l’impôt).
- La mise en recouvrement
Selon le droit de la comptabilité publique, les créances une fois constatées et liquidées doivent
faire l’objet d’ordre de recettes. Les ordonnateurs étant, sauf exception, seuls compétents.
De forme variable, selon les créances, il peut s’agir pour les impôts directs, d’avis de mise en
recouvrement (qui sont des titres collectifs comportant avis du contribuable).
Pour les impôts indirects et les produits du domaine de l’Etat d’avis de mise en recouvrement.
Pour les créances non fiscales, d’ordre de versement.
2) Phase comptable
i) Recouvrement
Cette phase intervient dès la prise en charge par le CP qui doit porter dans ses écritures l’ordre
des recettes qui lui est transmis par l’ordonnateur. Les contrôles que les comptables doivent
exercer portent sur l’autorisation de pouvoir ainsi que sur la régularité des réductions et
annulation des recettes. Le contrôle consiste par exemple à vérifier que la perception des
recettes fiscales et parafiscales a été autorisée par la LF de l’année une fois les opérations de
contrôles faites, le comptable doit ensuite poursuivre le recouvrement, proprement dit la
créance.
b) Procédure dérogatoire d’exécution des recettes publiques
En premier lieu, certaines opérations dérogent traditionnellement à la procédure de droit
commun, soit en raison de la nature des recettes concernées, soit en raison des modalités de
leur établissement. Il s’agit par exemple des recettes qui n’ayant pas un caractère définitif
(avances, acomptes sur travaux), qui peuvent être encaissées sans liquidation préalable qui
n’interviendra ultérieurement, telles en cas des recettes dites perçues au comptant parce
qu’elles sont déclarées et établies directement par le débiteur et encaissées par le comptable
sans besoin d’un ordre de recette (c’est le cas des taxes sur le CA, l’IS, les droits
d’enregistrement).
En second lieu, il peut être dérogé à la procédure de droit commun par la création des régies
de recettes dans lesquelles une même personne assure, pour le compte et sur le contrôle des
comptables, l’ensemble des opérations d’exécution, CAD de constations, de liquidation et de
recouvrement.
II) Exécution des dépenses publiques
A) Procédure de droit commun
Comme pour les recettes, la procédure de l’exécution des dépenses publiques repose sur la
distinction entre deux phases successives ;
- La phase administrative relève de l’ordonnateur
- La phase comptable de la compétence exclusive du comptable.
a) Phase administrative
La première étape est celle de la préparation des crédits par le responsable de chaque
programme vers les responsables des budgets opérationnels des programmes (RBOP),
et par ceci vers les responsables des unités opérationnels (RUO) chargés de
l’exécution des dépenses.
Jeudi 11 décembre 2025
Les responsables de BOP et des RUO doivent disposer de délégation de signature en tant
qu’ordonnateur. La mise à disposition vers le niveau déconcentré prend la forme de délégation
de crédit.
ii) L’engagement
L’engagement de la dépense est l’acte juridique ou le fait matériel « par lequel un organisme
public crée ou constate à son encontre une obligation de laquelle résultera une charge ». En
signant un bon d’engagement, un marché, ou en recrutant, l’administration s’engage à
procéder ultérieurement à un paiement.
iii) La liquidation
« Elle a pour objet de vérifier la réalité de la dette et d’arrêter le montant de la dépense ».
En effet, en comptabilité publique, « aucun paiement n’est effectué au cours d’acquittement
d’un service fait ».
En conséquence, l’administration, avant de payer doit toujours s’assurer de la réalité des
prestations sur lesquelles sont fondés les droits des créanciers et de leur conformité aux actes
d’engagement.
iv) L’ordonnancement
La liquidation est en règle générale immédiatement suivie de l’ordonnancement, c’est-à-dire
« l’ordre de payer la dette de l’organisme public » adressé par l’ordonnateur au comptable.
Cet ordre se matérialise par « une ordonnance de paiement d’ordre qui est émis par un
ministre, ordonnateur principal, ou par celui auquel il a délégué sa signature ou par un mandat
de paiement d’ordre qui émane d’un ordonnateur volontaire ou de son délégataire.
b) La phase comptable : le paiement
Elle est décidée à la direction de la comptabilité publique et du trésor.
Le paiement est l’acte par lequel « l’organisme public se libère de sa dette », après réception
de l’ordonnance ou du mandat de paiement. Si les dépenses sont reconnues régulière, le
comptable procède au paiement, par virement, par chèque sur le trésor, en numéraire ou par
tout autre moyen. Par ailleurs, « les paiements au profit d’une personne morale sont
explicitement effectués par virement bancaire ». Si des irrégularités sont constatées, le
comptable public suspend le paiement de la dépense et en informe l’ordonnateur aux fins de
régularisation
Chapitre V : Des contrôles *
Article 51 du Décret
Il faut que les opérations relatives aux lois de finances soient soumises à un triple contrôle :
parlementaire, administratif et juridictionnel.
1) Le contrôle parlementaire
Il s’exerce à l’occasion de l’examen des projets de lois de finances conformément aux
dispositions de la LOLFEB. L’étendue de ce contrôle porte sur les finances de l’Etat, CAD les
charges de l’Etat, et sur les finances des établissements publics. Le contrôle parlementaire
peut aussi s’exercer durant l’exécution, notamment lors du vote d’une LF rectificative en
cours d’année. Le contrôle après l’exécution présente des résultats définitifs entre le
décaissement et l’ordonnancement des dépenses. On passe ainsi de la prévision à l’exécution
de la loi de règlement qui est la loi finale prévue dans le domaine de la réalité.
2) Contrôle administratif
Article 156 du décret.
Le contrôle administratif comprend le contrôle hiérarchique de l’administration sur ses
agents ;
3) Le contrôle juridictionnel
Le contrôle juridictionnel des opérations budgétaires et comptables de l’ensemble des
administrations est assuré par la cour des comptes (Art 157).
L’article 158 dispose que « le contrôle juridictionnel porte notamment sur :
- L’exécution des LF ;
- La régularité, la sincérité et la fidélité du compte général de l’Etat ;
- La légalité financière et la conformité budgétaire de toutes les opérations de dépenses
et de recettes de l’Etat ;
- L’économie, l’efficacité et l’efficience de l’emploi des fonds publics au regard des
objectifs fixés, des moyens utilisés et des résultats obtenus ainsi que la pertinence et la
fiabilité des méthodes, et données permettant de mesurer la performance des politiques
et administrations publiques ;
- Toute question budgétaire, comptable et financière.
La Cour des Comptes juge les comptes des comptables publics et non des comptables.
Formule simple mais trempeuse car le contrôle objectif du compte auquel se livre la Cour
conduit à apprécier la responsabilité personnelle du comptable et à le condamner à des
amendes.

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