Grenier Antoine Colles Mathématiques Institut Bossuet
espaces vectoriels normés
Elève n°1
1) (Question de cours) La norme inifnie sur l’espace des fonctions bornées de R dans R définit une norme sur cet espace.
2) Exercice : soit, pour P ∈ C[X ], N (P ) = sup {|P (z)|, |z| = 1}
a) Montrer que N est une norme sur C[X ].
b) Soit n ∈ N∗ et A n l’ensemble des polynomes unitaires de degré n prenant la valeur 1 en 0. Quelle est la borne inférieure de N
sur A n . En quels points est-elle atteinte ?
1) facile
2) On étudie les cas n = 1 ou n = 2. On montre ensuite que la borne inférieure cherchée est atteinte en 1+ X n et vaut 2 (arc moitié
pour la valeur).
n
a k X k avec a 0 = a n = 1.
P
Soit P ∈ A n , P =
k=0
n−1
P 2i j π
On calcule S n = P (e n ).
j =0
On montre en intervertissant les sommes que S n = n(a 0 + a n ) = 2n donc
¯ ¯
¯n−1 2i j π ¯
¯
¯X
2n ≤ ¯ P (e n )¯ ≤ nN (P )
¯ j =0 ¯
. 2i j π
Si égalité, par égalité triangulaire, tous les P (e n ) valent 2 et P = 1 + X n (mêmes racines et degré)
Elève n°2
1) (Question de cours) montrer que sur un espace préhilbertien réel (E , 〈., .〉), l’application x 7→ 〈x, x〉 définit une norme. On ad-
mettra l’inégalité de Cauchy-Schwarz.
2) Exercice : Soit Q un polynome de R[X ]. Construire une norme sur R|X ] telle que la suite (X n )n∈N converge vers Q au sens de
cette norme.
On pose P n = 2n (X n −Q). Il suffit d’avoir ∥P n ∥ = 1 pour tout n pour conclure. Soit n 0 = d eg (Q). On a d eg (P n ) = n pour n > n 0 .
Pour n ≤ n 0 , on pose P n = X n . On a alors pour n ∈ N, d eg (P n ) = n. La famille (P n ) forme une base de R[X ] et la norme infinie sur
cette base convient.
Elève n°3
1) (Question de cours) rappeler la définition de l’équivalence de deux normes sur un evn. Montrer que si deux normes sont
équivalentes, la convergence et le caractère borné d’une suite ne dépendent pas de la norme.
2) Exercice : Soit E = { f ∈ C 1 ([0, 1], R), f (0) = 0} et pour tout f ∈ E ,
N1 ( f ) = ° f ′ °∞ et N2 ( f ) = ° f ′ + f °∞
° ° ° °
Montrer que N1 et N2 sont deux normes équivalentes sur E . ° °
Ce sont facilement des normes et on a immédiatement N2 ≤ 2N1 (on peut controler ° f °∞ par TFA.
Enfin on écrit f en fonction de f ′ + f par variation de la constante :
Z x
f (x) = e −x [ f (t ) + f ′ (t )]e t dt
0
on dérive cette égalité et on obtient N1 ≤ 2N2
Autres exercices
Soient (a n )n∈N et (b n )n∈N deux suites à valeurs dans [0, 1] et denses dans [0, 1]. On note E = C ([0, 1], R).
1) Montrer que les applications définies sur E par : pour tout f ∈ E :
° ° +∞
X | f (a n )| ° ° +∞
X | f (b n )|
°f ° = et °f ° =
a n b
n=0 2 n=0 2n
sont des normes.
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2) Montrer que si {a n , n ∈ N} n’est pas dense, alors ∥.∥a n’est pas une norme.
3) On suppose que {a n , n ∈ N} et {b n , n ∈ N} sont distincts. Montrer que ∥.∥a et ∥.∥b ne sont pas équivalentes.
1) facile
2) si {a n , n ∈ N} pas dense il existe un intervalle ne contenant aucun des a n et on construit une fonction tente sur cette intervalle :
la semi-norme n’est pas séparante.
Soit E un espace vectoriel réel.
1) Soit 〈., .〉 un produit scalaire sur E . Montrer l’identité du parallélogramme : pour tous x, y ∈ E ,
°x + y °2 + °x − y °2 = 2 ∥x∥2 + 2 ° y °2
° ° ° ° ° °
et l’interpréter géométriquement.
2) Réciproquement montrer qu’une norme ∥.∥ sur E vérifiant l’identité du parallélogramme est euclidienne (associée à un pro-
duit scalaire)
3) On définit sur Rn des normes par
n
X
∥x∥1 = |x k | et ∥x∥∞ = max |x i |
k=1 i
Ces normes sont-elles euclidiennes ?
1) développer avec le produit scalaire
∥x+y ∥2 −∥x−y ∥2
2) On pose (x, y) = 4 On montre que c’est un produit scalaire qui convient.
La symétrie est immédiate, la séparation provient de celle de la norme initiale. On montre la linéarité à gauche. Soit x 1 , x 2 , y ∈ E
On applique l’identité à x 1 + y et x 2 + y :
∥x 1 + x 2 + 2y∥2 + ∥x 1 − x 2 ∥2 = 2∥x 1 + y∥2 + 2∥x 2 + y∥2 ,
∥x 1 + x 2 − 2y∥2 + ∥x 1 − x 2 ∥2 = 2∥x 1 − y∥2 + 2∥x 2 − y∥2 .
D’autre part, par définition du produit scalaire :
1³ ´
(x 1 + x 2 , y) = ∥x 1 + x 2 + y∥2 − ∥x 1 + x 2 − y∥2 ,
4
et
1³ ´
∥x 1 + y∥2 + ∥x 2 + y∥2 − ∥x 1 − y∥2 − ∥x 2 − y∥2 ,
(x 1 , y) + (x 2 , y) =
4
ce qui donne, en utilisant l’identité de la médiane :
1³ ´
(x 1 , y) + (x 2 , y) = ∥x 1 + x 2 + 2y∥2 − ∥x 1 + x 2 − 2y∥2 .
8
Pour remonter à (x 1 +x 2 , y), il faut encore transformer ∥x 1 +x 2 +2y∥2 ; on utilise pour cela encore une fois l’identité de la médiane,
en écrivant
x 1 + x 2 + 2y = (x 1 + x 2 + y) + y.
Il vient :
∥x 1 + x 2 + 2y∥2 = 2∥x 1 + x 2 + y∥2 + 2∥y∥2 − ∥x 1 + x 2 ∥2 ,
∥x 1 + x 2 − 2y∥2 = 2∥x 1 + x 2 − y∥2 + 2∥y∥2 − ∥x 1 + x 2 ∥2 .
Enfin on montre que pour tout r ∈ R, (r x, y) = r (x, y).
D’abord, par une récurrence immédiate, le résultat est vrai si r ∈ N. Prouvons maintenant que
(−x, y) = −(x, y).
On a en effet :
(x + (−x), y) = (x, y) + (−x, y) = 0,
ce qui prouve le résultat. Ceci donne le résultat pour r ∈ Z.
p
Enfin, si r = q , on pose x 1 = q1 x. On obtient :
p
µ ¶ µ ¶
1
x, y = p x, y .
q q
D’autre part, en posant x 1 = q1 x, on a
q(x 1 , y) = (q x 1 , y) = (x, y).
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Ceci donne :
p p
µ ¶
x, y = (x, y).
q q
Le résultat est donc vrai si r ∈ Q. Enfin, par composition d’applications continues, pour x et y fixés, les applications
λ 7→ (λx, y) et λ 7→ λ(x, y)
sont continues et sont égales sur une partie dense de R. Elles sont donc partout égales.
D’après les questions précédentes, (·, ·) est un produit scalaire sur E , et on a bien :
∥x∥2 = (x, x).
° ° ° x+y °
3) On remarque que l’identité prouve que si ∥x∥ = ° y ° = ° 2 °, alors x = y et on construit deux contres exemples
On note E = C ([0, 1], R). Soit g ∈ E . On définit pour tout f ∈ E , ° f °g = ° f g °∞ .
° ° ° °
Donner une condition nécessaire et suffisante pour que ∥.∥g soit une norme.
La condition est que g doit être non nulle sur un ensemble dense dans [0, 1]
Si ce n’est pas le cas on crée une fonction tente sur un segment ou g est nulle et la norme n’est pas séparante.
° la séparation est difficile et on utilise alors la densité de D des points où g est non nulle pour prouver la
Si c’est le cas,°seule
nullité de f avec ° f °g = 0.+
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