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INTERPOLATION
Introduction :
à partir d'une fonction f(x) connue seulement en (n + 1) points de la forme ((xi, f(xi)) pour i = 0,1, 2, ….., n), peut-on
construire une approximation de f(x), et ce pour tout x . Les points ((xi, f(xi)) pour i = 0,1, 2, ….., n) sont appelés
points d'interpolation et peuvent provenir de données expérimentales ou d'une table. En d'autres termes, si on ne
connaît que les points d'interpolation ((xi, f(xi)) d'une fonction, peut-on obtenir une approximation de f(x) pour une
valeur de x différente des xi, La figure 1 résume la situation.
On parle alors du polynôme d'interpolation. Pour obtenir une approximation des dérivées ou de l'intégrale, il suffit de
dériver ou d'intégrer le polynôme d'interpolation. Il y a cependant des éléments fondamentaux qu'il est important
d'étudier.
Théorème 1
Un polynôme de degré n dont la forme générale est:
Pn(x) = a0 + a1x + a2x2 + a3x3+…….+ anxn (an ≠ 0) (1)
Possède très exactement n racines qui peuvent être réelles ou complexes conjuguées. (On sait que r est une racine de
Pn(x) si Pn(r) = 0.)
Corollaire 5.1
Par (n + 1) points d’interpolation ((xi, f(xi)) pour i = 0,1, 2, …, n), on ne peut faire correspondre qu'un et un seul
polynôme de degré n. ce raisonnement établit en fait l'unicité du polynôme d'interpolation passant par n + 1 points
donnés.
Démonstration:
On procède par l'absurde et on suppose l'existence de 2 polynômes de degré n, notés p(x) et q(x), et qui passent tous
les deux par les (n + 1) points d’interpolation donnés. On considère ensuite la différence:
P(x) =p(x)-q(x)
Qui est également un polynôme de degré au plus n. Ce polynôme vérifie:
P(xi) = p(xi) - q(xi) = f(xi) - f(xi) = 0
Et ce pour i allant de 0 à n. Le polynôme P(x) posséderait donc (n + 1) racines, ce qui est impossible en vertu du
théorème précédent.
MATRICE DE VANDERMONDE
Le problème d'interpolation consiste donc à déterminer l'unique polynôme de degré n passant par les (n + 1) points
d’interpolation ((xi, f(xi)) pour i = 0,1, 2,3, …. ,n). Selon le théorème précédent, il ne saurait y en avoir deux. Il reste
maintenant à le construire de la manière la plus efficace et la plus générale possible. Une première tentative consiste à
déterminer les inconnues ai du polynôme (1) en vérifiant directement les (n+ 1) équations de collocation:
Pn(xi) = f(xi) pour i = 0,1, 2,…..,n
Qui est un système linéaire de (n + 1) équations en (n + 1) inconnues. Ce système s'écrit sous forme matricielle:
(2)
Remarque
Cette méthode est rarement utilisée, car il n'est pas nécessaire de résoudre un système linéaire pour calculer un
polynôme d'interpolation.
Exemple.1
On doit calculer le polynôme passant par les points (0, 1), (1, 2), (2 , 9) et (3, 28). Etant donné ces 4 points.
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INTERPOLATION DE LAGRANGE
L'interpolation de Lagrange est une façon simple et systématique de construire un polynôme de collocation. Étant
donné (n + 1) points ((xi, f(xi)) pour i = 0,1, 2,3, …. ,n), on suppose un instant que l'on sait construire (n +1)
polynômes Li(x) de degré n et satisfaisant les conditions suivantes:
(3)
Cela signifie que le polynôme Li (x) de degré n prend la valeur 1 en xi et s'annule à tous les autres points de
collocation. Dans ces conditions, la fonction L(x) définie par:
L(x) est un polynôme de degré n, car chacun des Li(x) est de degré n. De plus, ce polynôme passe par les (n+1)
points de collocation et est donc le polynôme recherché. En effet, il est facile de montrer que selon les conditions (3):
Le polynôme L(x) passe donc par tous les points de collocation. Puisque ce polynôme est unique.
Polynômes de degré 1
Il s'agit de déterminer le polynôme de degré 1 dont la courbe (une droite) passe par les deux points ((x0, f(x0)) et
((x1, f(x1). On doit donc construire deux polynômes L0(x) et L1(x) de degré 1 qui vérifient:
et
Le polynôme L0(x) doit s'annuler en x = x0. On pense immédiatement au polynôme: (x- x1) qui s'annule en x = x1,
mais qui vaut (x0 - x1) en x = x0.
Pour s'assurer d'une valeur 1 en x = x0, il suffit d'effectuer la division appropriée afin d'obtenir:
Un raisonnement similaire pour L1(x) donne:
Exemple.2
L'équation de la droite passant par les points (2 , 3) et (5 , -6) est:………………………………………
Polynômes de degré 2
Si on cherche le polynôme de degré 2 passant par les trois points ((x0, f(x0)) ; ((x1, f(x1) et ((x2, f(x2), on doit
construire trois fonctions Li(x).
Le raisonnement est toujours le même. La fonction L0(x) s'annule cette fois en (x- x1) et en (x- x2). On doit forcément
avoir un coefficient de la forme: (x - x1) (x – x2)
Et la fonction L0(x) est donnée sous la forme suivante :
Cette fonction vaut une valeur égale à 1 en x0 et 0 en x1 et x2. De la même manière, on obtient L1(x) et L2(x) définies
par:…..
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Ces trois fonctions sont à leur tour illustrées à la figure suivante.
Polynômes de degré n
On analyse le cas général de la même façon. La fonction L0(x) doit s'annuler en x = x1, x2, x3,….., xn. Il faut donc
introduire la fonction:
Qui vaut :
en x = x0. On a alors, après division:
On remarque qu'il y a n facteurs de la forme (x-xi) dans cette expression et qu'il s'agit bien d'un polynôme de degré n.
On note l'absence du terme (x - x0).
L'expression générale pour la fonction Li(x) est donc:
(4)
Ou
Où cette fois seul le facteur (x - xi) est absent. Li(x) est donc un polynôme de degré n qui vaut 1 en x = xi et qui
s'annule à tous les autres points d’interpolation. On peut maintenant résumer la situation.
Théorème 2
Etant donné (n+1) points d'interpolation ((xi, f(xi)) pour i = 0,1, ….., n), l'unique polynôme d'interpolation de degré n
passant par tous ces points peut s'écrire:
(5)
Où les (n+1) fonctions Li(x) sont définies par la relation (4). C'est la formule de Lagrange.
Exemple 3
Reprenons les points (0, 1),(1, 2),(2, 9) et (3, 28), de l’exemple1. En va le résoudre par L'interpolation de Lagrange:
………………….
Remarque.3
La méthode d'interpolation de Lagrange présente un inconvénient majeur: elle n'est pas récursive. En effet, si on
souhaite passer d'un polynôme de degré n à un polynôme de degré (n + 1) (en ajoutant un point d’interpolation), on
doit reprendre tout le processus à zéro. C'est en revanche ce que permet la méthode d'interpolation de Newton.
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POLYNOME DE NEWTON
Lorsqu'on écrit l'expression générale d'un polynôme, on pense immédiatement à la forme de la relation (1), qui est la
plus utilisée. Il en existe cependant d'autres qui sont plus appropriées au cas de l'interpolation, par exemple:
(6)
On remarque que le coefficient de ai , comporte n monômes de la forme (x-xi) et qu'en conséquence le polynôme
(6) est de degré n.
L'aspect intéressant de cette formule apparaît lorsqu'on essaie de déterminer les (n + 1) coefficients ai de telle sorte
que pn(x) passe par les (n + 1) points de collocation (xi, f(xi)) pour i = 0,1, 2, ..…, n). On doit donc s'assurer que:
Les coefficients de la forme 5.6 s'annulent tous en x = xo, sauf le premier.
On peut ainsi montrer que:
Le premier coefficient et le suivant: (7)
En peut avoir a1 avec la forme suivante
Tel que
On définit les premières différences divisées de la fonction f(x) par :
(8)
Ainsi,
(9)
Et pour avoir le polynôme de degré 1, en va prendre en compte sauf les deux premiers coefficients de (6) et les
expressions (7) et (9), passe par les points (x0 , f(x0)) et (x1 , f(x1)).
Le troisième coefficient (a2) est à son tour déterminé par:
Ou encore
En isolant a2, en obtient
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On en arrive donc à une expression qui fait intervenir une différence divisée de différences divisées.
Définition
Les deuxièmes différences divisées de la fonction f(x) sont définies à partir des premières différences divisées par la
relation:
(10)
es es
De même, les n différences divisées de la fonction f(x) sont définies à partir des (n - l) différences divisées de la
façon suivante:
(11)
Suivant cette notation, on a:
(12)
Remarque
Il est facile de démontrer que le polynôme:
Passe par les trois premiers points de collocation. On remarque de plus que ce polynôme de degré 2 s'obtient
simplement par l'ajout d'un terme de degré 2 au polynôme p1(x) déjà calculé. En raison de cette propriété, cette
méthode est dite récursive.
Théorème :
L'unique polynôme de degré n passant par les (n + 1) points de collocation ((xi,f(xi)) pour i = 0,1,2, …..,n) peut
s'écrire selon la formule d'interpolation de Newton (6) ou encore sous la forme récursive:
(13)
Les coefficients de ce polynôme sont les différences divisées:
(14)
Remarque
Une fois les coefficients a; connus, on peut évaluer le polynôme de Newton sous la forme de la relation (15):
(15)
De cette façon, on réduit le nombre d'opérations nécessaires à l'évaluation du polynôme. De plus, cette forme est
moins sensible aux effets des erreurs d'arrondis.
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Il reste maintenant à calculer efficacement la valeur de ce polynôme. La manière la plus simple consiste à construire
une table dite de différences divisées de la façon suivante.
La construction de cette table est simple. Nous nous sommes arrêtés aux troisièmes différences divisées, mais les
autres s'obtiendraient de la même manière. Les premières différences divisées découlent de la définition (8).
Pour obtenir par exemple f[x0,x1,x2], il suffit de soustraire les 2 termes adjacents f[x1, x2] - f[x0,x1] et de diviser le
résultat par (x2-x0)
ERREUR D'INTERPOLATION
L'interpolation permet, à partir d'un certain nombre de données sur les valeurs d'une fonction, de faire l'approximation
de f(x) en tout point x.
Toutefois, cette opération entraîne une erreur d'interpolation qu'il convient d'étudier en détail, d'autant plus que les
résultats nous serviront également dans l'analyse de l'intégration et de la dérivation numériques.
On peut exprimer l'erreur d'interpolation de la façon suivante:
Ou encore
Cela signifie que le polynôme pn(x) de degré n procure une approximation de la fonction f(x) avec une erreur En(x). Il
reste à évaluer cette erreur. On constate immédiatement que:
et donc que l'erreur d'interpolation est nulle aux points de collocation puisque le polynôme passe exactement par ces
points.
Théorème
Soit x0 < x1 < Xx2 < ….. < xn, des points de collocation. On suppose que la fonction f(x) est définie dans l'intervalle
[x0, xn] et qu'elle est (n + 1) fois dérivable dans (x0,xn). Alors, pour tout x compris dans [x0,xn, il existe ξ(x)
appartenant à l'intervalle (x0,xn) tel que:
(16)
Exemple
Soit les valeurs expérimentales suivantes, que l'on a obtenues en mesurant la vitesse (en km/h) d'un véhicule toutes les 5 secondes:
(0, 55) (5, 60) (10, 58) (15, 54) (20, 55)
(25 , 60) (30 , 54) (35 , 57) (40 , 52) (45 , 49)
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