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Le protagoniste se sent piégé par Kai, qui l'a capturée après une tentative d'évasion. Elle lutte contre la peur et la désespérance, tout en cherchant à retrouver sa force intérieure pour résister à son oppresseur. Ses émotions sont exacerbées par des souvenirs douloureux et des rêves troublants, la laissant dans un état de vulnérabilité et de confusion.

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Le protagoniste se sent piégé par Kai, qui l'a capturée après une tentative d'évasion. Elle lutte contre la peur et la désespérance, tout en cherchant à retrouver sa force intérieure pour résister à son oppresseur. Ses émotions sont exacerbées par des souvenirs douloureux et des rêves troublants, la laissant dans un état de vulnérabilité et de confusion.

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1

Le diable.
Après plusieurs heures de silence, des voix sourdes à l’extérieur de ma
chambre m’alertèrent. Je reconnus celles de Vernon et Jacob, et mon cœur
s’emballa. Pourtant, je savais que les deux hommes n’oseraient pas
m’ouvrir – j’avais entendu Kai les menacer de les tuer s’ils le faisaient.
Furieuse, terrifiée et désespérée, je serrai les poings. Jamais je n’aurais
dû tenter de m’échapper si tôt, ça avait été trop facile pour Kai de me
capturer à nouveau.
Stupide.
Stupide.
Stupide.
Des larmes salées roulaient sur mes joues avant de tomber dans mon
oreiller. Je pressai ma main contre ma bouche pour étouffer un sanglot. Ma
mère avait raison : j’étais tellement stupide.
Kai avait utilisé le terme « poupée » pour parler de moi, et ses mots
froids étaient ancrés dans ma mémoire. Je commençais à me considérer
comme une marionnette à sa merci, avec ma vie et mon être tout entier
entre ses mains. Au début, j’étais submergée par un tourbillon d’émotions :
incompréhension, choc, désespoir, rage et frustration. À présent, la rage et
le désespoir avaient pris le dessus.
Pour autant, je savais que, même s’il essayait de le cacher, je ne le
laissais pas indifférent. Je pouvais utiliser ça contre lui. Il voulait me voir
sous son emprise et ça, je m’y refusais.
Ça sera ma volonté contre la sienne. Ma force contre la sienne. Moi
contre lui.
Je savais que jamais je n’aurais eu cette assurance si je ne l’avais pas
connu avant, si je n’avais pas le souvenir de ces moments partagés, mais je
voulais le rendre faible comme il rendait faible le monde autour de lui.
Comme il me rendait faible, moi.
Mes yeux me brûlaient à force d’avoir pleuré et je sentis la fatigue
s’emparer peu à peu de mon corps. Je me couvris et pris une profonde

restai immobile, submergée par la panique, alors que je sentais encore les
2

cuisses de Kai contre mon dos.


— Tu fais souvent des rêves ?
Je ne répondis rien, j’essayais de maîtriser mes émotions et de reprendre
peu à peu mes esprits. Malgré mes efforts, la peur pesa de tout son poids
dans mon ventre. Jacob avait vu mes iris et je craignais maintenant d’être
devenue sa cible.
Kai s’éloigna de moi. Mon cœur rata un battement en entendant le bruit
de l’interrupteur et en sentant la pénombre s’installer autour de moi.
Doucement, je retirai mes mains de mes yeux et les ouvris.
— Tu te sens mieux maintenant ? m’interrogea-t-il d’un ton las.
— Je veux… Je veux mettre mes lentilles…
— Il est à peine 7 heures du matin. Jacob ne va pas revenir, il est
seulement venu parce qu’il m’a vu ici.
Je fronçai les sourcils, perplexe.
— Les murs sont fins, je t’ai entendue. Je pensais que tu parlais toute
seule, mais… j’ai compris que tu rêvais.
Mes yeux se remplirent de larmes alors que je me remémorais mon rêve
et je me recroquevillai sur moi-même. Jamais auparavant je n’avais laissé
mon cerveau me tourmenter ainsi. Qu’est-ce qu’elle avait que je n’avais
pas, bon sang ? Pourquoi je ne pouvais pas moi aussi être sa princesse ? Je
le désirais tellement.
Mes sanglots résonnaient dans le silence et j’en avais presque oublié la
présence de Kai. Mais je repris très vite mes esprits et j’essuyai mes joues
en reniflant.
— C’est rien, déclarai-je d’une voix que je voulais neutre mais qui se
brisa à la fin de ma phrase.
— Tu as rêvé de ton père

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