Chapitre Ii: L'Impot Sur Le Revenu
Chapitre Ii: L'Impot Sur Le Revenu
L'impôt sur le revenu a été instauré en 1990, dans le cadre d'un effort de simplification du système
fiscal marocain. Il a permis de dépasser un système cédulaire dans lequel il y avait autant d'impôts
que de catégories de revenus.
L'impôt sur le revenu est un impôt direct qui frappe l'ensemble des revenus des personnes
physiques ainsi que les bénéfices réalisés par certaines personnes morales.
C’est un impôt global qui impose les revenus du contribuable quelle que soit leur nature. Il est
également un impôt progressif dont le taux marginal supérieur, historiquement élevé au moment
de son instauration, est actuellement fixé à 37 %.
L'IR se caractérise par la diversité des revenus qui entrent dans son champ d'application, il
concerne aussi bien les revenus provenant du travail salarié, les revenus réalisés dans le cadre de
l'exercice d'activités professionnelles, que ceux provenant de propriétés mobilières ou
immobilières.
La nature des revenus étant différente en passant d'une catégorie à l'autre, les principes de
détermination du revenu catégoriel imposable et son imposition changent également selon sa
nature.
Nous présenterons, d'abord, les principales caractéristiques de I'IR, les revenus et les personnes
qui entrent dans son champ d'application. Ensuite, nous aborderons les principes de détermination
de la base de calcul de l'impôt et les modalités de sa liquidation propres aux différentes catégories
de revenus imposables.
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Section 1 : Caractéristiques, Champ d’application et démarche de calcul de
l'impôt
La fonction sociale attribuée à l'impôt sur le revenu est celle de son rôle de redistribution. Ce rôle
est incarné par son caractère progressif qui aboutit à une imposition différenciée selon l'importance
du revenu du contribuable. Mais l'IR se distingue également par d'autres particularités notamment
son caractère subjectif ou personnalisé.
La détermination de l'IR suit une démarche spécifique qui lui est propre et qui prend en
considération la nature des revenus du contribuable et sa situation socioéconomique. Cette
démarche sera présentée dans sa dimension globale, et ce après une présentation sommaire du
champ d'application de l'impôt et de la nature des personnes et des revenus qui lui sont soumis.
1. Les caractéristiques de l'IR
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1.4. L'IR est un impôt personnalisé
Dans le calcul de l’IR, certaines données propres à la situation personnelle du contribuable sont
prises en considération. Ainsi, le montant de l’impôt dû dépend non seulement du revenu réalisé,
mais également de la nature du contribuable, de sa situation familiale, sociale et économique.
La prise en compte de ces éléments personnels confère à l’IR un caractère subjectif. En effet, deux
contribuables disposant du même revenu peuvent ne pas supporter la même charge fiscale. Par
exemple, un contribuable ayant une famille à charge bénéficiera de déductions spécifiques,
contrairement à un contribuable célibataire ne supportant pas de telles charges. Ces déductions
pour charges de famille permettent d’adapter le montant de l’IR dû à la situation réelle du
contribuable.
Le taux de l’IR dépend de l’importance de la base imposable. Le barème de l’impôt prévoit des
taux progressifs selon le niveau du revenu net imposable.
Depuis le réaménagement introduit par la loi de finances 2025, la tranche de revenu allant jusqu’à
40 000 DH est exonérée. Le revenu devient imposable à partir de 40 001 DH au taux de 10 %, et
le taux marginal supérieur est fixé à 37 % pour la tranche dépassant 180 000 DH. La progressivité
de l’impôt traduit son rôle social, celui d’une redistribution des revenus.
L'impôt sur le revenu concerne aussi bien les personnes physiques que certaines personnes
morales. Le revenu imposable à l'IR est un revenu global obtenu en additionnant tous les revenus
nets catégoriels dont dispose le contribuable. Ceux-ci sont déterminés selon les principes propres
à chaque catégorie.
3
2.1. Les personnes imposables
L'IR s'applique aux revenus et aux profits réalisés par les personnes physiques. Sont aussi
concernés par l'impôt les revenus et les profits réalisés par les personnes morales n'entrant pas dans
le champ d'application de l'impôt sur les sociétés.
2.1.1. Les personnes physiques
Le champ d'application de l'IR étant délimité par référence à la notion de domicile fiscal, une
distinction doit être établie entre les personnes résidentes et les personnes non résidentes.
a. Les personnes résidentes
Les personnes résidentes sont celles qui possèdent, au Maroc, un domicile fiscal. Ces personnes
sont passibles de l'impôt sur l'ensemble de leurs revenus de source marocaine et étrangère.
Aux termes du CGI1, une personne physique possède un domicile fiscal au Maroc dans les cas
suivants :
• Elle a, au Maroc, son foyer d'habitation permanent. Le foyer d'habitation s'entend d'un
logement aménagé par le contribuable pour y habiter de façon continue. Et ce qu'il en soit
propriétaire ou locataire.
• Elle y dispose d'un centre d'intérêts économiques. Le contribuable possède son centre
d'intérêts économiques au Maroc, lorsqu'il y exerce son activité principale2, il y possède le
siège de ses affaires, ou il y a réalisé ses principaux investissements.
• Elle passe au Maroc, de façon continue ou discontinue, des séjours dont la durée totale
dépasse 183 jours pour toute période de 365 jours. Autrement dit un contribuable est
considéré comme résident au Maroc lorsqu'il y passe plus que la moitié de l'année.
b. Les personnes non résidentes
Lorsqu'aucun des trois critères de résidence définis ci-dessus n'est vérifié la personne physique est
considérée comme non résidente.
Les personnes non résidentes sont soumises à l'impôt uniquement sur leurs revenus de source
marocaine. Il s'agit d'une application du principe de territorialité selon lequel les revenus sont
imposés dans le pays où ils sont réalisés et ce quelle que soit la nationalité de leur détenteur.
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comprenant que des personnes physiques.
• Les sociétés en participation.
• Les sociétés de fait ne comprenant que des personnes physiques.
Il est à signaler que les sociétés en nom collectif, les sociétés en commandite simple et les sociétés
en participation ont la possibilité d'opter pour l'impôt sur les sociétés. Elles sont donc soumises à
l'IR tant qu'elles n'optent pas pour l'IS.
Le bénéfice réalisé par les sociétés ou groupement de personnes qui entrent dans le champ
d'application de l'IR est imposable au nom de leur principal associé. Il est considéré comme un
revenu professionnel de celui-ci et soumis à l'impôt au même titre que ses autres revenus.
En effet, les personnes morales imposables à l'IR ne disposent pas de la personnalité fiscale. Elles
n'ont pas d'existence vis-à-vis du fisc. Elles doivent donc être représentées par une personne
physique ; leur principal associé.
Le principal associé au nom duquel le revenu est déclaré correspond à l'associé principal c'est-à-
dire celui qui détient la majorité des parts sociales. En l'absence d'associé majoritaire (exemple :
une société constituée entre trois associés qui possèdent, chacun, le 1/3 des parts sociales) le
principal associé correspond à l'associé qui assure la fonction de gérance.
L'imposition du résultat au nom du principal associé concerne les sociétés en nom collectif, les
sociétés en commandite simple et les sociétés de fait.
Dans les autres groupements de personnes relevant de l'IR, en l'occurrence, les indivisions et les
sociétés de participation, l'imposition est établie individuellement au nom des membres du
groupement et selon la part du résultat qui revient à chaque membre.
2.1.3. Les personnes exonérées de l'IR
Selon les termes de l'article 24 du CGI, sont exonérés de l'impôt sur le revenu :
• Les agents diplomatiques et consulaires de nationalité étrangère en poste au Maroc, ainsi que le
personnel des organisations internationales, à condition que les pays qu'ils représentent accordent
les mêmes avantages aux agents diplomatiques et consulaires marocains. L'exonération porte
uniquement sur les revenus de source étrangère3.
• Les personnes résidentes au titre des revenus qui leurs sont versés en contrepartie de l'exploitation
de droits d'auteur sur les œuvres littéraires, artistiques ou scientifiques.
3Le personnel marocain recruté par les représentations diplomatiques et consulaires ne bénéficie d'aucune
exonération.
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2.2. Les revenus imposables
2.2.1. La nature du revenu imposable
Le revenu imposable à l'IR est un revenu global, un revenu annuel et un revenu net.
Sont ainsi concernés, les bénéfices provenant de l'exercice d'une activité professionnelle
(commerce, industrie, profession libérale...) ou d'une exploitation agricole, les revenus du travail
(salaires, traitements, pensions...) et les revenus liés à la possession de biens meubles ou
immeubles (loyers, dividendes, intérêts...)
La source du revenu ne revêt aucune importance quant à son imposition, c'est ainsi qu'une personne
résidente est imposable sur l'ensemble de ses revenus de source marocaine et étrangère.
Dans chaque catégorie, le revenu imposable est celui dont le contribuable a effectivement disposé
au titre de la période d'imposition. Il est déterminé par :
• La différence entre les produits imposables et les charges déductibles lorsqu'il s'agit d'un revenu
provenant de l'exercice d'une activité professionnelle.
• La différence entre le revenu brut et les dépenses engagées par le contribuable en vue de
l'acquisition de ce revenu dans les autres catégories.
Il est à signaler que le revenu global imposable obtenu par la somme des revenus nets catégoriels
4
Une régularisation de l'IR salarial est, cependant, effectuée à la fin de l'année, ce qui permet de rétablir l'annualité
de l'impôt.
6
est également un revenu net de certaines dépenses à caractère social.
En effet, avant l'imposition du revenu global, certaines déductions sont opérées, il s'agit à titre
d'exemple des dons et des cotisations à l'assurance-retraite.
En vertu de l’article 22 du CGI, les revenus et profits soumis à l’IR sont classés en plusieurs
catégories :
• Les revenus salariaux : constitués des rémunérations perçues par les personnes physiques
travaillant pour des administrations publiques, des collectivités locales ou des entreprises privées.
Ils comprennent les traitements, les salaires et autres avantages, indemnités, pensions etc....
• Les revenus professionnels : ils proviennent de l'exercice de professions industrielles,
commerciales, artisanales, de prestations de services ou de l'exercice de professions libérales.
• Les revenus agricoles : ils sont constitués des bénéfices provenant des exploitations agricoles et
des activités d'élevage.
• Les revenus et les profits fonciers : les revenus fonciers s'entendent des loyers provenant de la
location d'immeubles et de constructions de toute nature, ainsi que des propriétés agricoles.
Les profits fonciers ou immobiliers résultent de la cession d'immeubles, de de propriétés foncières
Ou de droits immobiliers.
• Les autres revenus et gains : cette catégorie regroupe les revenus et gains imposables qui ne se
rattachent pas aux autres catégories de revenus prévues par le CGI.
• Les revenus et les profits de capitaux mobiliers : les revenus de capitaux mobiliers s'entendent
des revenus de placement en valeurs mobilières (actions, obligations, titres...) qu'ils soient fixes
(intérêts.......) ou variables (dividendes...).
Quant aux profits de capitaux mobiliers ils sont constitués des plus-values résultant de la cession
de valeurs mobilières.
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La détermination du revenu global imposable passe, donc, par deux étapes :
• Calcul du revenu global imposable en additionnant les revenus nets imposables dans chaque
catégorie.
• Déduction des abattements à caractère social pour déterminer le revenu net imposable qui
constituera la base de l'impôt.
Dans ce qui suit, et pour des raisons de simplification, on appellera « revenu global imposable »
la somme des revenus nets catégoriels avant abattements et «revenu net imposable» cette même
somme après abattements.
La présentation des principes de détermination du revenu net imposable et de l'impôt se fera en
considérant le cas général, c'est-à- dire celui d'un contribuable disposant de revenus provenant de
plusieurs catégories.
Cas particuliers :
Dans la pratique certaines difficultés peuvent surgir quant à la détermination du revenu de certains
de certains contribuables. Il s'agit notamment des personnes imposables qui s'installent au Maroc
ou celles qui cessent d'y avoir leur domicile fiscal.
5 Les principes de détermination propres à chaque catégorie de revenu seront présentés dans les chapitres suivants.
8
L'article 27 du CGI stipule que :
• Lorsqu'un contribuable acquiert un domicile fiscal au Maroc, son revenu global imposable de
l'année de son installation comprend :
- Les revenus de source marocaine acquis entre le 1er janvier et le 31 décembre de ladite année,
- Les revenus de source étrangère acquis entre le jour de son installation au Maroc et le 31
décembre de la même année.
- Lorsqu'un contribuable cesse d'avoir au Maroc son domicile fiscal, le revenu global imposable
de l'année de son départ du Maroc, comprend :
- Les revenus de source marocaine acquis au cours de l'année de la cessation (du 1er janvier au,
31 décembre),
- Les revenus de source étrangère acquis du 1er janvier jusqu'à la date de la cessation.
3.2. La détermination du revenu net imposable (RNI)
Le revenu net imposable est obtenu en retranchant du revenu global imposable des déductions sur
revenu.
Les déductions sur revenu s'entendent des charges supportées par l'assujetti et qui bénéficient de
l'exonération de l'IR, il s'agit notamment des :
• Dons versés à des organismes, associations ou établissements œuvrant dans un but d'intérêt
général et habilités par l'Etat à les recevoir.
• Intérêts de prêts pour l'acquisition ou la construction de logement destiné à l'habitation principale
du contribuable,
• Cotisations ou primes versées au titre des contrats d'assurance retraite.
a. Les dons
Les dons versés par le contribuable sont déductibles de son revenu pour le calcul de l'impôt
lorsqu'ils sont octroyés aux organismes dont la liste est donnée par l'article 10 du CGI, notamment:
• Les habous publics et l'entraide nationale ;
• Les associations reconnues d'utilité publique qui œuvrent dans un but charitable, scientifique,
culturel, artistique, littéraire, éducatif, sportif, d'enseignement ou de santé ;
• Les établissements publics ayant pour mission de dispenser des soins de santé ou d'assurer des
actions dans les domaines culturels, d'enseignement ou de recherche ;
• A la Ligue nationale de lutte contre les maladies cardio-vasculaires ;
• Certaines fondations et agences de développement......
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b. Les intérêts sur le crédit logement
Les intérêts6 des prêts obtenus pour financer l'acquisition ou la construction de logements à usage
d'habitation principale sont déductibles du revenu global dans limite de 10% de celui-ci.
La déduction concerne les intérêts des prêts accordés par les établissements de crédit et organismes
assimilés mais également par les œuvres sociales du secteur public ou privé ainsi que par les
entreprises.
Elle concerne également, et dans les mêmes conditions, la rémunération convenue d'avance dans
le cadre des contrats « Mourabaha » et le montant de la marge locative défini dans le cadre des
contrats « ljara Mountahia Bitamlik».
Dans le cas de la construction du logement, la déduction est accordée au contribuable dans la limite
de sept ans à compter de la délivrance de l'autorisation de construire. Si le contribuable n'achève
pas la construction dans le délai prévu ou ne l'affecte pas à son habitation principale il procède à
la régularisation de sa situation fiscale7.
La déduction est également admise dans le cas de l'acquisition d'une habitation principale en
indivision8.
c. L'assurance-retraite
Selon les termes du CGI9, sont déductibles du revenu global imposable pour la détermination de
l'impôt, les cotisations ou primes se rapportant aux contrats individuels ou collectifs d'assurance
retraite, et ce dans la limite de 10% du revenu global imposable.
Pour que lesdites cotisations soient déductibles, les contrats d'assurance retraite doivent être
souscrits auprès d'une compagnie d'assurance établie au Maroc, leur durée doit être supérieure ou
égale à huit ans et les prestations correspondantes doivent être servies au bénéficiaire à partir de
l'âge de cinquante ans.
Cependant, dans le cas d'un contribuable qui ne dispose que de revenus salariaux, la déduction des
cotisations à l'assurance retraite est opérée dans la limite de 50% du salaire net imposable.
Si le contribuable salarié, dispose d'autres revenus, il a la possibilité d'opter pour l'une des deux
limitations ; 50% du salaire net imposable ou 10% du revenu global imposable.
6 Pour les détenteurs de revenus salariaux la déduction porte sur la totalité du remboursement de prêts (principal +
intérêts) destinés à l'acquisition de l'habitation principale à condition que celle-ci soit un logement social (voir infra
l'imposition des revenus salariaux).
7 Article 28 du CGI
8 Ainsi, à titre d'exemple, un contribuable qui contracte un crédit bancaire pour acquérir son logement principal en
indivision avec son épouse à raison de 50% chacun a le droit de déduire les intérêts correspondant à son crédit dans la
limite de 10% de son revenu global.
9 Article 28 du CGI
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4. Détermination de l'impôt
Le calcul de l'impôt dû par le contribuable passe par deux étapes :
• La détermination de l'impôt brut qui consiste à appliquer le taux de l'impôt au revenu net
imposable tel qu'il a été défini ci-dessus.
Le calcul de l'impôt à payer (ou impôt net) en opérant sur l'impôt brut un certain nombre de
déductions.
Le barème de l'impôt a évolué depuis l'instauration de celui-ci. Il a été remanié à plusieurs reprises
dans l'objectif d'alléger la charge fiscale sur les revenus. Les modifications apportées au barème
de l'impôt ont concerné essentiellement le seuil d'exonération qui a été relevé et les taux marginaux
qui ont été réduit progressivement.
0 à 40 000 DH 0% 0 DH
Le barème de l’IR est un barème progressif appliqué au revenu net imposable annuel. Depuis le
réaménagement introduit par la loi de finances 2025, la tranche exonérée est portée à 40 000 DH
et le taux marginal supérieur est ramené à 37 %.
Pour la détermination de l'impôt brut deux méthodes peuvent être appliquées ; une méthode qu'on
qualifiera de progressive et une méthode directe.
10 Barème applicable à compter du 1er janvier 2025, suite au réaménagement de l’IR par la loi de finances 2025.
11
4.1.2. La méthode progressive
Le calcul de l'impôt brut se fait en appliquant le taux à la tranche de revenu qui lui correspond.
Ainsi dans un revenu net imposable les différentes tranches sont distinguées, et chaque tranche est
taxée au tarif lui correspondant.
A titre d'exemple :
Un revenu net imposable annuel de 25 000 dh est exonéré, car il est inférieur au seuil d’exonération
de 40 000 dh.
Dans un revenu net imposable annuel de 35 000 dh, il n’y a pas lieu de distinguer des tranches
imposables, car ce revenu est inférieur au seuil d’exonération de 40 000 dh.
IR brut = 0 dh
L’impôt brut sur un revenu net imposable annuel de 35 000 dh est donc de 0 dh.
• Pour un revenu net imposable annuel de 105 000 DH, le calcul de l’impôt brut se fera de la
façon suivante :
Le montant imposé dans chaque tranche correspond uniquement à la partie du revenu comprise
entre les limites de cette tranche. Ainsi, pour la tranche de 40 001 à 60 000 DH, le montant imposé
est de 20 000 DH, car seule la partie du revenu qui dépasse 40 000 DH jusqu’à 60 000 DH est
taxée dans cette tranche. Le même raisonnement est appliqué aux autres tranches.
L’impôt brut correspondant à un revenu net imposable annuel de 105 000 DH est donc de 13 700
DH.
Cette méthode de calcul permet d'obtenir directement le montant de l'impôt. Elle consiste à :
•Appliquer au montant total du revenu net imposable le taux qui lui correspond. Ainsi, à un revenu
net imposable de 45 000 DH, on appliquera le taux de 10 % avec une somme à déduire de 4 000
DH ; et à un revenu net imposable de 105 000 DH, on appliquera le taux de 34 % avec une somme
à déduire de 22 000 DH.
12
• Retrancher du résultat obtenu une « somme à déduire ».
Les sommes à déduire sont celles indiquées dans le barème annuel présenté ci-dessus. Elles
permettent de calculer directement l’impôt brut sans reprendre le calcul tranche par tranche.
La somme à déduire permet d’éviter que la totalité du revenu soit imposée au taux de la tranche
supérieure. Elle corrige l’effet d’une application uniforme du taux marginal à l’ensemble du
revenu. Ainsi, pour un revenu net imposable de 105 000 DH, l’application directe du taux de 34
% nécessite de retrancher une somme à déduire de 22 000 DH.
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4.2. L'impôt net
L'impôt net constitue l'impôt à payer par le contribuable. Il est obtenu en opérant sur l'impôt brut
un certain nombre de déductions qui dépendent de la situation économique et sociale du détenteur
de revenus. Il s’agit :
• Des réductions pour famille à charge,
• Des réductions au titre des retraites de source étrangère,
• De l'imputation de l'impôt étranger,
• Et de l'imputation des crédits d'impôt.
En vertu de l’article 74 du CGI, le contribuable bénéficie d’une réduction sur l’impôt à payer au
titre des charges de famille.
Cette réduction est fixée à 600 DH par personne à charge et par an11. Le nombre de personnes
ouvrant droit à cette réduction est limité à six personnes, soit une réduction maximale annuelle de
: 600 DH × 6 = 3 600 DH
Ainsi, la réduction maximale pour charges de famille est de 3 600 DH par an.
• le conjoint qui n’exerce aucune activité lucrative ou qui ne dispose pas d’un revenu
personnel imposable ;
• les enfants légitimes ou légalement recueillis, à condition :
La femme contribuable bénéficie également de la réduction pour charges de famille au titre de son
époux et de ses enfants lorsqu’ils sont légalement à sa charge.
L’époux est considéré comme étant à la charge de son épouse lorsqu’il ne dispose pas de revenu
11Pour les revenus de l’année 2025, la réduction était de 500 DH par personne à charge, plafonnée à 3 000 DH. À
compter de 2026, elle est portée à 600 DH par personne à charge, plafonnée à 3 600 DH.
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personnel ou lorsque celui-ci est inférieur ou égal au seuil d’exonération.
Lorsque les deux époux sont salariés, les réductions pour charges de famille sont accordées à celui
qui bénéficie des allocations familiales.
Les contribuables ayant leur domicile fiscal au Maroc et titulaires de pensions de retraite ou
d’ayants cause de source étrangère bénéficient d’une réduction égale à 80 % du montant de l’impôt
dû au titre de ces pensions.
Cette réduction concerne uniquement la partie de l’impôt correspondant aux sommes transférées
au Maroc à titre définitif en dirhams non convertibles.
Ainsi, pour bénéficier de cette réduction, le contribuable doit remplir les conditions suivantes :
La réduction de 80 % s’applique donc sur l’impôt dû au titre des pensions de retraite de source
étrangère transférées dans les conditions prévues par le CGI12.
12 Cette réduction ne doit pas être confondue avec le régime applicable aux pensions de retraite de source marocaine.
La loi de finances 2025 a prévu une réduction transitoire de 50 % de l’IR dû sur certaines pensions acquises en 2025,
puis l’exonération à compter du 1er janvier 2026 pour les pensions de retraite versées dans le cadre des régimes de
retraite de base.
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Les crédits d’impôt correspondent aux retenues à la source opérées sur certains revenus du
contribuable au cours de l’année.
Lorsque ces retenues ne sont pas libératoires de l’impôt, elles ne constituent pas un impôt définitif.
Elles viennent alors en déduction de l’impôt annuel dû par le contribuable.
Sont notamment concernés :
• les traitements et salaires ayant fait l’objet d’une retenue à la source ;
• certains revenus et profits de capitaux mobiliers lorsque la retenue opérée n’est pas
libératoire ;
• les autres revenus soumis à une retenue à la source imputable sur l’impôt annuel.
Ainsi, lorsque le contribuable dispose d’autres revenus imposables et qu’il est tenu de souscrire
une déclaration annuelle, les revenus ayant déjà supporté une retenue à la source sont intégrés dans
le revenu global imposable.
L’impôt annuel est ensuite calculé sur l’ensemble des revenus imposables. La retenue à la source
déjà opérée est imputée sur l’impôt dû afin d’éviter une double imposition.
On peut donc écrire :
Lorsque le montant des crédits d’impôt est inférieur à l’impôt dû, le contribuable paie uniquement
la différence. Lorsque le montant des crédits d’impôt est supérieur à l’impôt dû, l’excédent peut
donner lieu au traitement prévu par la législation fiscale en vigueur.
4.3. Les taux spécifiques de l'impôt
À côté du barème progressif de l’impôt sur le revenu qui s’applique dans le cas général, certains
revenus sont soumis à des taux spécifiques. Ces taux spécifiques peuvent être libératoires ou non
libératoires.
L’application d’un taux spécifique est dite libératoire lorsque l’impôt prélevé constitue une
imposition définitive. Dans ce cas, le revenu concerné n’est plus soumis au barème progressif de
l’IR.
L’application d’un taux spécifique est dite non libératoire lorsque l’impôt prélevé constitue
seulement une avance ou un crédit d’impôt. Dans ce cas, le revenu doit être déclaré avec les autres
revenus du contribuable et l’impôt déjà prélevé est imputé sur l’impôt annuel dû.
Les principaux taux spécifiques actuellement prévus par le CGI sont notamment les taux de 10 %,
15 %, 20 % et 30 %, selon la nature du revenu concerné.
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4.3.1. Le taux de 10% libératoire
Le taux de 10 % libératoire s’applique notamment aux produits bruts hors TVA perçus par les
personnes physiques ou morales non résidentes, lorsqu’ils sont versés, mis à disposition ou inscrits
en compte par des personnes établies au Maroc.
• les redevances pour l’usage ou la concession de droits d’auteur sur des œuvres littéraires,
artistiques ou scientifiques ;
Ce prélèvement est effectué par voie de retenue à la source et présente un caractère libératoire de
l’impôt sur le revenu pour les bénéficiaires concernés.
Le taux de 10 % concerne également certains produits des actions, parts sociales et revenus
assimilés, sous réserve des mesures transitoires applicables. Pour les distributions effectuées en
2026, le taux transitoire applicable est de 11,25 % ; il doit être ramené à 10 % à compter du 1er
janvier 2027.
Le CGI 2026 prévoit le taux de 10 % pour les produits bruts visés à l’article 15 et pour les produits
des actions, parts sociales et revenus assimilés, avec des mesures transitoires pour les distributions
: 12,50 % en 2025, 11,25 % en 2026, puis 10 % à compter de 2027.
• les profits nets résultant des cessions d’actions ou de parts d’OPCVM dont l’actif est
investi en permanence à hauteur d’au moins 60 % en actions ;
• les profits liés au rachat ou au retrait des titres ou liquidités d’un plan d’épargne en
actions ou d’un plan d’épargne entreprise avant la durée prévue par le CGI ;
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selon la nature du revenu.
Les produits des actions, parts sociales et revenus assimilés ne doivent plus être maintenus dans
cette rubrique au taux de 15 %. Ils relèvent désormais du taux de 10 %, sous réserve des mesures
transitoires applicables.
Le CGI 2026 maintient le taux de 15 % pour les profits nets sur actions cotées, certains OPCVM
actions, certains retraits de plans d’épargne et les revenus bruts de capitaux mobiliers de source
étrangère.
Ces rémunérations relèvent désormais du taux spécifique de 30 %, selon les conditions prévues
par le CGI. Cette actualisation sera présentée dans la rubrique relative au taux de 30 %.
Le CGI 2026 prévoit désormais un taux de 30 % pour les rémunérations et indemnités versées par
les établissements publics ou privés d’enseignement ou de formation professionnelle à des
enseignants ne faisant pas partie de leur personnel permanent.
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• les revenus des certificats de Sukuk.
2. Le taux de 20 % libératoire
Le taux de 20 % est libératoire notamment pour les revenus et profits suivants :
• les profits nets résultant des cessions d’obligations et autres titres de créance ;
• les profits nets résultant des cessions d’actions non cotées et autres titres de capital ;
• les profits nets résultant des cessions d’actions ou parts d’OPCVM autres que ceux
bénéficiant du taux de 15 % ;
• les profits nets résultant des cessions de valeurs mobilières émises par les fonds de
placement collectif en titrisation ;
• les profits nets résultant des cessions de titres d’organismes de placement collectif en
capital ;
• les profits bruts de capitaux mobiliers de source étrangère ;
• les profits nets fonciers réalisés ou constatés ;
• les traitements, émoluments et salaires bruts versés aux salariés qui travaillent pour le
compte des sociétés ayant le statut Casablanca Finance City, dans les conditions prévues
par le CGI ;
• les profits nets résultant des cessions des valeurs mobilières non cotées émises par les
organismes de placement collectif immobilier ;
• les revenus fonciers imposables versés aux personnes ayant opté pour l’imposition au taux
libératoire.
Lorsque le taux de 20 % est libératoire, l’impôt prélevé constitue une imposition définitive. Le
revenu ou profit concerné n’est donc pas soumis une seconde fois au barème progressif de l’IR.
4.3.5. Le taux de 30%
Le taux spécifique de 30 % s’applique à certains revenus expressément prévus par le Code Général
des Impôts. Il convient de distinguer les cas où ce taux est libératoire et les cas où il est non
libératoire.
A. Le taux de 30 % libératoire
Le taux de 30 % libératoire s’applique notamment :
• aux honoraires et rémunérations versés aux médecins non soumis à la taxe professionnelle,
lorsqu’ils effectuent des actes médicaux ou chirurgicaux dans les cliniques et
établissements assimilés ;
• aux rémunérations et indemnités versées par les établissements publics ou privés
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d’enseignement ou de formation professionnelle à des enseignants ne faisant pas partie de
leur personnel permanent ;
• aux produits de placements à revenu fixe et aux revenus des certificats de Sukuk versés
aux personnes physiques, à l’exclusion de celles qui sont imposées selon le régime du
résultat net réel ou du résultat net simplifié ;
• au surplus du chiffre d’affaires annuel réalisé par l’auto-entrepreneur, au titre des
prestations de services avec un même client, lorsque ce chiffre d’affaires dépasse 80 000
DH;
• aux gains de jeux de hasard par internet de source étrangère.
Lorsque le taux de 30 % est libératoire, l’impôt prélevé constitue une imposition définitive. Le
revenu concerné n’est donc pas soumis une seconde fois au barème progressif de l’IR.
B. Le taux de 30 % non libératoire
Le taux de 30 % non libératoire s’applique notamment :
• aux rémunérations et indemnités occasionnelles ou non, versées par des entreprises ou
organismes à des personnes ne faisant pas partie de leur personnel salarié, sauf les cas
expressément soumis à un taux libératoire ;
• aux cachets bruts octroyés aux artistes exerçant à titre individuel ou constitués en troupes;
• aux remises et appointements alloués aux voyageurs, représentants et placiers de commerce
ou d’industrie qui ne font aucune opération pour leur propre compte.
Dans ces cas, la retenue à la source constitue une avance sur l’impôt. Elle ne dispense pas
nécessairement le bénéficiaire de ses obligations déclaratives lorsque celles-ci sont prévues par le
CGI.
4.3.6. L'imposition de l'auto-entrepreneur
Le régime de l’auto-entrepreneur permet aux personnes physiques exerçant une activité à titre
individuel de bénéficier d’un régime fiscal simplifié.
L’auto-entrepreneur est soumis à l’impôt sur le revenu sur la base du chiffre d’affaires encaissé,
sans déduction des charges.
Les taux applicables sont les suivants :
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L’option pour le régime de l’auto-entrepreneur reste valable tant que le chiffre d’affaires encaissé
ne dépasse pas, pendant deux années consécutives, les seuils de 500 000 DH pour les activités
commerciales, industrielles et artisanales, et de 200 000 DH pour les prestations de services.
Lorsque l’auto-entrepreneur réalise, au titre des prestations de services, un chiffre d’affaires annuel
supérieur à 80 000 DH avec un même client, le surplus dépassant ce seuil est soumis à l’IR par
voie de retenue à la source au taux de 30 %.
L’auto-entrepreneur est tenu de déclarer son chiffre d’affaires encaissé, selon l’option choisie,
mensuellement ou trimestriellement.
L’impôt est calculé comme suit :
• par retenue à la source, lorsque l’impôt est prélevé directement par la partie versante ;
• par voie de rôle, lorsque l’impôt est établi par l’administration fiscale ;
• par télépaiement, dans les cas où la déclaration et le paiement sont effectués par voie
électronique.
Les téléservices de la DGI, notamment SIMPL-IR, permettent aux contribuables de procéder aux
déclarations relatives à l’impôt sur le revenu et de consulter l’historique de leurs dépôts.
La retenue à la source consiste à faire prélever l’impôt par la personne ou l’organisme qui verse le
revenu imposable.
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• certains revenus de capitaux mobiliers ;
La retenue à la source peut être libératoire ou non libératoire. Elle est libératoire lorsqu’elle
constitue une imposition définitive.
Elle est non libératoire lorsqu’elle constitue une avance sur l’impôt annuel dû. Dans ce cas, elle
est imputée sur l’impôt calculé lors de la déclaration annuelle.
Le paiement spontané correspond au cas où le contribuable déclare lui-même son revenu et verse
directement l’impôt correspondant.
Ce mode de paiement concerne notamment les contribuables qui disposent de revenus imposables
non soumis à une retenue à la source libératoire.
Le paiement spontané accompagne généralement le dépôt de la déclaration fiscale dans les délais
prévus par le CGI.
Il peut être effectué par voie électronique, notamment à travers les téléservices de la DGI.
L’impôt est établi par voie de rôle lorsque l’administration fiscale procède elle-même à l’émission
de l’impôt à payer.
Dans ce cas, le contribuable reçoit un avis d’imposition indiquant le montant dû ainsi que le délai
de paiement.
Ce mode de recouvrement concerne notamment certains cas dans lesquels l’impôt n’a pas été payé
spontanément ou n’a pas fait l’objet d’une retenue à la source suffisante.
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