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Devoir

Le document présente une proposition démontrant que le tenseur d'Einstein a une divergence nulle dans le cadre d'une variété riemannienne. Il utilise l'identité de Bianchi et des propriétés de symétrie du tenseur de Riemann pour établir cette conclusion. De plus, il introduit des concepts liés aux groupes de transformations de Lie et à leurs générateurs infinitésimaux.

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Franck TCHEUTCHOUA
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Le document présente une proposition démontrant que le tenseur d'Einstein a une divergence nulle dans le cadre d'une variété riemannienne. Il utilise l'identité de Bianchi et des propriétés de symétrie du tenseur de Riemann pour établir cette conclusion. De plus, il introduit des concepts liés aux groupes de transformations de Lie et à leurs générateurs infinitésimaux.

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Identité de Bianchi contractée et divergence nulle du

tenseur dEinstein

Proposition
Proposition 1. Soit (M, g) une variété riemannienne (ou pseudo-riemannienne) lisse,
munie de sa connexion de Levi-Civita ∇, compatible avec la métrique (∇g = 0) et sans
torsion.
On note :

• Rρσµν le tenseur de courbure de Riemann,

• Rµν = Rρµρν le tenseur de Ricci,

• R = g µν Rµν la courbure scalaire.

Alors le tenseur dEinstein


1
Gµν = Rµν − Rgµν
2
est à divergence nulle :
∇µ Gµν = 0.

Preuve
1. Identité de Bianchi
On part de l’identité de Bianchi différentielle :

∇λ Rρσµν + ∇µ Rρσνλ + ∇ν Rρσλµ = 0. (1.138)

2. Utilisation des symétries


En utilisant les propriétés dantisymétrie du tenseur de Riemann, cette relation se réécrit
sous la forme :
∇ρ Rβγ + ∇µ Rµβγρ − ∇γ Rβρ = 0. (1.140)

3. Contraction avec la métrique


On contracte avec g βγ :

∇ρ (g βγ Rβγ ) + ∇µ (g βγ Rµβγρ ) − ∇γ (g βγ Rβρ ) = 0. (1.141)

1
4. Simplifications
On utilise :
g βγ Rβγ = R
et la compatibilité métrique ∇g = 0. On obtient alors :

∇ρ R − 2∇µ Rρµ = 0. (1.153)

5. Réécriture
On réarrange :
1
∇µ Rµν − ∇ν R = 0. (1.154)
2

6. Forme tensorielle finale


On obtient :
1
 
∇µ Rµν − Rgµν = 0. (1.156)
2

7. Conclusion
En reconnaissant le tenseur dEinstein :
1
Gµν = Rµν − Rgµν ,
2
on conclut :
∇µ Gµν = 0. (1.159)


Références
• Misner, Thorne, Wheeler, Gravitation, Freeman (1973).

• Wald, General Relativity, University of Chicago Press (1984).

• O’Neill, Semi-Riemannian Geometry, Academic Press (1983).

2.3.1 Premier Théorème Fondamental de Lie


Le lemme suivant est utile :
lemma 1. Le groupe de transformations de Lie à un paramètre (ε) donné par (2.6)
satisfait la relation

X(x; ε + ∆ε) = X(X(x; ε); φ(ε−1 , ε + ∆ε)).

Proof.

X(X(x; ε); φ(ε−1 , ε+∆ε)) = X(x; φ(ε, φ(ε−1 , ε+∆ε))) = X(x; φ(φ(ε, ε−1 ), ε+∆ε)) = X(x; φ(0, ε+∆ε)) =

2
theorem 1 (Premier Théorème Fondamental de Lie). Il existe une paramétrisation τ (ε)
telle que le groupe de transformations de Lie (2.6) soit équivalent à la solution dun prob-
lème de valeurs initiales pour un système déquations différentielles ordinaires du premier
ordre donné par
dx∗
= ξ(x∗ ),
dt
avec
x∗ = x lorsque τ = 0.
En particulier, Z ε
τ (ε) = Γ(ε0 ) dε0 ,
0

∂φ(a, b)
Γ(ε) = ,
∂b (a,b)=(ε−1 ,ε)

et
Γ(0) = 1.
Proof. Nous montrons dabord que (2.6) conduit à (2.10a,b), (2.11) et (2.12). Développons
le membre gauche de (2.9) en série de puissances de ∆ε autour de ∆ε = 0, de sorte que
∂X(x; ε)
X(x; ε + ∆ε) = x∗ + ∆ε + O((∆ε)2 ),
∂ε
où x∗ est donné par (2.6).
Puis, en développant φ(ε−1 , ε + ∆ε) en série de puissances de ∆ε autour de ∆ε = 0,
on obtient

φ(ε−1 , ε + ∆ε) = φ(ε−1 , ε) + Γ(ε)∆ε + O((∆ε)2 ) = Γ(ε)∆ε + O((∆ε)2 ),

où Γ(ε) est défini par (2.12).


Par conséquent, après avoir développé le membre droit de (2.9) en série de puissances
de ∆ε autour de ∆ε = 0, on obtient

∂X(x∗ ; δ)
!
∗ −1 ∗ 2 ∗
X(x; ε+∆ε) = X(x ; φ(ε , ε+∆ε)) = X(x ; Γ(ε)∆ε+O((∆ε) )) = X(x ; 0)+∆ε +O((∆
∂δ δ=0

En identifiant (2.14) et (2.16), on voit que x∗ = X(x; ε) satisfait le problème de valeurs


initiales pour le système déquations différentielles donné par
dx∗
= Γ(ε)ξ(x∗ ),

avec
x∗ = x pour ε = 0.
Daprès (2.7), il sensuit que Γ(0) = 1. La paramétrisation
Z ε
τ (ε) = Γ(ε0 ) dε0
0

conduit à (2.10a,b).
Puisque ∂ξ(x)
∂xi
est continue pour i = 1, 2, . . . , n, il résulte du théorème dexistence et
dunicité pour un problème de valeurs initiales dun système déquations différentielles du

3
premier ordre (Coddington [1961]) que la solution de (2.10a,b), et donc de (2.17a,b), existe
et est unique. Cette solution doit être (2.6),
Pour le groupe des translations

x∗ = x + ε, (2.18a)

y ∗ = y, (2.18b)
la loi de composition est donnée par

φ(a, b) = a + b, ε−1 = −ε.

Alors
∂φ(a, b)
= 1, Γ(ε) = 1.
∂b
Soit x = (x, y). Le groupe (2.18a,b) devient

X(x; ε) = (x + ε, y).

Ainsi,
∂X(x; ε)
= (1, 0),
∂ε
et donc
∂X(x; ε)
ξ(x) = = (1, 0).
∂ε ε=0

Par conséquent, (2.17a,b) devient

dx∗ dy ∗
= 1, = 0, (2.19a)
dε dε
avec
x∗ = x, y∗ = y pour ε = 0. (2.19b)
La solution du problème de valeurs initiales (2.19a,b) est donnée par (2.18a,b).

Pour le groupe des homothéties

x∗ = (1 + ε)x, (2.20a)

y ∗ = (1 + ε)2 y, −1 < ε < ∞. (2.20b)


La loi de composition est donnée par
ε
φ(a, b) = a + b + ab, ε−1 = − .
1+ε
Ici,
∂φ(a, b)
= 1 + a,
∂b
et donc
∂φ(a, b) 1
Γ(ε) = = 1 + ε−1 = .
∂b (a,b)=(ε−1 ,ε)
1+ε

4
Soit x = (x, y). Le groupe (2.20a,b) devient

X(x; ε) = ((1 + ε)x, (1 + ε)2 y).

Ainsi,
∂X(x; ε)
= (x, 2(1 + ε)y),
∂ε
et
∂X(x; ε)
ξ(x) = = (x, 2y).
∂ε ε=0

En conséquence, (2.17a,b) devient

dx∗ x∗ dy ∗ 2y ∗
= , = , (2.21a)
dε 1+ε dε 1+ε
avec
x∗ = x, y∗ = y pour ε = 0. (2.21b)
La solution du problème de valeurs initiales (2.21a,b) est donnée par (2.20a,b).
En termes de la paramétrisation
Z ε Z ε 1
τ= Γ(ε0 ) dε0 = dε0 = log(1 + ε),
0 0 1 + ε0
le groupe (2.20a,b) devient
x∗ = eτ x, (2.22a)
y ∗ = e2τ y, −∞ < τ < ∞. (2.22b)
La loi de composition est alors

φ(τ1 , τ2 ) = τ1 + τ2 .

2.3.3 Générateurs infinitésimaux


Compte tenu du Premier Théorème Fondamental de Lie, nous supposerons désormais,
sans perte de généralité, quun groupe de Lie à un paramètre (ε) est paramétré de telle
sorte que sa loi de composition soit

φ(a, b) = a + b,

de sorte que
ε−1 = −ε et Γ(ε) ≡ 1.
Ainsi, en termes de ses infinitésimaux ξ(x), le groupe de Lie à un paramètre de transfor-
mations (2.6) devient
dx∗
= ξ(x∗ ), (2.23a)

avec
x∗ = x lorsque ε = 0. (2.23b)

5
definition 1 (Définition 2.3.3-1). Le générateur infinitésimal du groupe de Lie à un
paramètre de transformations (2.6) est lopérateur
n
X ∂
X = X(x) = ξ(x) · ∇ = ξi (x) , (2.24)
i=1 ∂xi

où ∇ est lopérateur gradient


!
∂ ∂ ∂
∇= , ,..., . (2.25)
∂x1 ∂x2 ∂xn

Pour toute fonction différentiable F (x) = F (x1 , x2 , . . . , xn ), on a


n
X ∂F (x)
XF (x) = ξ(x) · ∇F (x) = ξi (x) .
i=1 ∂xi

On remarque que Xx = ξ(x).

Il sensuit quun groupe de Lie à un paramètre de transformations, qui daprès le Pre-


mier Théorème Fondamental de Lie est déterminé par sa transformation infinitésimale,
est également déterminé par son générateur infinitésimal. Le théorème suivant montre
que lutilisation du générateur infinitésimal (2.24) conduit à un algorithme permettant de
trouver la solution explicite du problème de valeurs initiales (2.23a,b).

theorem 2 (Théorème 2.3.3-1). Le groupe de Lie à un paramètre de transformations


(2.6) est équivalent à

1 1 εk k
 
x∗ = eεX x = x + εXx + ε2 X 2 x + · · · = 1 + εX + ε2 X 2 + · · · x =
X
X x, (2.26)
2 2 k=0 k!

où lopérateur X = X(x) est défini par (2.24), et lopérateur X k = X k (x) est donné par
X k = XX k−1 , k = 1, 2, . . .. En particulier, X k F (x) est la fonction obtenue en appliquant
lopérateur X à la fonction X k−1 F (x), k = 1, 2, . . ., avec X 0 F (x) = F (x).

Proof. Soit
n
X ∂
X = X(x) = ξi (x) , (2.27a)
i=1 ∂xi
et n

X(x∗ ) = ξi (x∗ )
X
, (2.27b)
i=1 ∂x∗i

x∗ = X(x; ε). (2.28)
Daprès le théorème de Taylor, en développant (2.28) autour de ε = 0, on obtient
∞ ∞
εk ∂ k X(x; ε) εk dk x∗
! !
x∗ =
X X
= . (2.29)
k=0 k! ∂εk ε=0 k=0 k! dεk ε=0

Pour toute fonction différentiable F (x), on obtient . . .

6
Suite de la démonstration du Théorème 2.3.3-1
On a
n n
d ∂F (x∗ ) dx∗i ∗
∗ ∂F (x )
F (x∗ ) = = X(x∗ )F (x∗ ). (2.30)
X X

= ξi (x ) ∗
dε i=1 ∂x i dε i=1 ∂x i

Il sensuit que
dx∗
= X(x∗ )x∗ , (2.31a)

d 2 x∗ dx∗
!
d
2
= = X(x∗ )X(x∗ )x∗ = X 2 (x∗ )x∗ , (2.31b)
dε dε dε
et, en général,
d k x∗
= X k (x∗ )x∗ , k = 1, 2, . . . (2.31c)
dεk
Par conséquent,

d k x∗
= X k (x)x = X k x, k = 1, 2, . . . (2.32)
dεk ε=0

ce qui conduit à (2.26).


Ainsi, le développement en série de Taylor autour de ε = 0 dune fonction X(x; ε)
définissant un groupe de Lie de transformations (2.6), dont la loi de composition est
φ(a, b) = a + b, est déterminé par le coefficient de son terme dordre O(ε), qui est lin-
finitésimal
∂X(x; ε)
= ξ(x).
∂ε ε=0
En résumé, il existe deux manières de déterminer explicitement un groupe de Lie à un
paramètre à partir de sa transformation infinitésimale :

1. Exprimer le groupe sous forme de série de puissances (2.26), appelée série de Lie,
développée à partir du générateur infinitésimal (2.24) correspondant à la transfor-
mation infinitésimale ;

2. Résoudre le problème de valeurs initiales (2.23a,b) en trouvant explicitement la


solution générale du système déquations différentielles du premier ordre (2.23a).

corollary 1 (Corollaire 2.3.3-1). Si F (x) est indéfiniment différentiable, alors pour un


groupe de Lie à un paramètre de transformations (2.6) ayant pour générateur infinitésimal
(2.27a), on a
F (x∗ ) = F (eεX x) = eεX F (x). (2.33)

Proof.

εX ∗
Xεk dk F (x∗ )
F (e x) = F (x ) = .
k=0 k! dεk ε=0

Daprès (2.30), on voit que

d2 F (x∗ ) dk F (x∗ )
= X 2 (x∗ )F (x∗ ) et, par conséquent, = X k (x∗ )F (x∗ ).
dε2 dεk

7
Ainsi,
dk F (x∗ )
= X k (x)F (x).
dεk ε=0
Doù

εk k
!
∗ εX
X (x) F (x) = eεX F (x).
X
F (x ) = F (e x) =
k=0 k!

Exemple : le groupe des rotations


Considérons le groupe des rotations
x∗ = x cos ε + y sin ε, (2.34a)
y ∗ = −x sin ε + y cos ε. (2.34b)
Linfinitésimal correspondant à (2.34a,b) est donné par
dx∗ dy ∗
!
ξ(x) = (ξ1 (x, y), ξ2 (x, y)) = , = (y, −x). (2.35)
dε ε=0
dε ε=0

Le générateur infinitésimal associé à (2.34a,b) est


∂ ∂ ∂ ∂
X = ξ1 (x, y) + ξ2 (x, y) =y − x . (2.36)
∂x ∂y ∂x ∂y
La série de Lie correspondant à (2.36) sobtient comme suit :
(x∗ , y ∗ ) = (eεX x, eεX y).

1 Transformations infinitésimales
Considérons la transformation locale à un paramètre
x̂ = f (x, y, ), ŷ = g(x, y, )
f (x, y; 0) = x et g(x, y; 0) = y (1)
Développons x̂ et ŷ en série de Taylor autour de  = 0 :
!
∂f
x̂ = f (x, y; 0) +  + O(2 )
∂ =0
!
∂g
ŷ = g(x, y; 0) +  + O(2 )
∂ =0
Si lon pose ! !
∂f ∂g
= X(x, y) et = Y (x, y),
∂ =0
∂ =0
et en tenant compte des conditions précédentes, on obtient :
x̂ = x + X(x, y) + O(2 ), ŷ = y + Y (x, y) + O(2 ).
Les expressions ci-dessus sont appelées transformations infinitésimales, tandis que
X et Y sont simplement appelés infinitésimaux.

8
theorem 3. Si les infinitésimaux X et Y sont connus, on peut retrouver le groupe de Lie
en résolvant le système
dx dy
= X(x̂, ŷ), = Y (x̂, ŷ),
d d
avec conditions initiales
x̂|=0 = x, ŷ|=0 = y.

Démonstration. Nous démontrerons un théorème plus général (voir Théorème 2


ci-dessous) juste après lexemple.

example 1. Considérons la transformation infinitésimale

x̂ = x + x2 + O(2 ), ŷ = y + xy + O(2 ).

Dans ce cas, on a
X = x2 , Y = xy.
Les équations de Lie sont données par
dx dy
= x2 , = ŷx̂, x̂|=0 = x, ŷ|=0 = y.
d d
La première équation se met sous la forme, par séparation des variables :
dx
= d,
x2
et par intégration : Z
dx Z 1
= d ⇒ − =  + C1 ,
x2 x
doù
1
x̂ = − .
 + C1
La seconde équation, en tenant compte de lexpression précédente, devient :
dŷ dŷ 1
= x̂d ⇒ =− d,
ŷ ŷ  + C1
et par intégration :

ln(ŷ) = − ln( + C1 ) + C ⇒ ln(ŷ) = − ln( + C1 ) + ln(C2 ),

doù finalement
C2
ŷ = .
 + C1

2 Suite : Transformations infinitésimales et groupes


de Lie
1 1 1
ẋ|=0 ⇒ − x|=0 = − x ⇒ C1 = −
 + C1 C1 x
C2 C2 y
ẏ|=0 ⇒ y|=0 = y ⇒ C2 = −
 + C1 C1 x

9
(2)

1 x
ẋ = − x=
 + C1 1 − x
(3)

C2 −y/x y
ẏ = y= =
 + C1 1 − x 1 − x
(4)
Conclusion. Le groupe de Lie à un paramètre de la transformation (4.8) est donné
par
x y
ẋ = , ẏ = .
1 − x 1 − x
Soit G un groupe local de transformations défini par
ẋi = f i (x; ),
où les fonctions f i satisfont
f i (f (x; α); ) = f i (x; α + ), avec f i (x; 0) = xi .
On peut démontrer que
xi = f i (ẋ; −).
En développant ẋi = f i (x; ) au premier ordre en , on obtient
ẋi = xi +  ξ i (x),

∂ i
ξ i (x) = f (x; ) .
∂ =0
On définit
ξ(x) = (ξ 1 (x), ξ 2 (x), . . . , ξ n (x)),
et

X = ξi(sommation sur i).
∂xi
theorem 4. Soit ξ i (x) la transformation infinitésimale du groupe G. Alors ẋi = f i (x; )
est la solution du système
dẋi
= ξ i (ẋ), ẋi |=0 = xi (i = 1, . . . , n).
d
Démonstration.
f i (f (x; α); ) = f i (x; α + ).
En développant le membre de droite, on obtient
" #
∂ i
f i (x; α + ) = f i (x; α) + f (x; )  + O(2 ).
∂ =0

En comparant les deux développements, on obtient


" # " #
∂ i ∂ i
f (f (x; α); ) = f (x; ) .
∂ =0
∂ =0

10
3 Champs de vecteurs et flots
dx̃
= ξ(x̃)
d
(4.28)
Cela achève la démonstration du théorème.

Questions
Question 1. Pourquoi avons-nous besoin des infinitésimaux ? Réponse. En général,
pour résoudre une équation différentielle, il est nécessaire dutiliser une règle de trans-
formation afin de réduire léquation à une forme plus simple, pouvant être résolue par
des méthodes connues. Par exemple, en utilisant une transformation (des coordonnées
cartésiennes aux coordonnées canoniques)

r = r(x, y), s = s(x, y),

on peut convertir une équation différentielle donnée en une autre de la forme


ds
= F (r),
dr
qui peut être résolue par séparation des variables.
Question 2. Comment peut-on déterminer les infinitésimaux à partir dune équation
différentielle donnée ? Réponse. Étant donnée une équation différentielle (ordinaire
ou aux dérivées partielles), on ne connaît pas le groupe de Lie qui laisse cette équation
invariante. Cependant, les infinitésimaux X et Y peuvent être déterminés à laide de la
condition dinvariance de Lie.

4 Champs de vecteurs et flots


Soit M une variété différentiable de dimension n. Un champ de vecteurs V sur la
variété M est une section C ∞ du fibré tangent T M , cest-à-dire une application C ∞ de M
dans T M qui associe à chaque point x ∈ M un vecteur de lespace tangent Tx M . Dans
un système de coordonnées locales x = (x1 , x2 , . . . , xn ) ∈ M , le vecteur V peut sécrire
n
X ∂
V = ξi (x) ,
i=1 ∂xi

(5.1) où ξi (x) ∈ C ∞ (M ), i = 1, 2, . . . , n.
Une courbe γ passant par un point x ∈ M est une application différentiable γ : I →
M , où I est un sous-intervalle de R contenant zéro, telle que γ(0) = x. Une courbe
intégrale du champ de vecteurs V est une courbe γ(t) dont le vecteur tangent γ̇(t)
coïncide avec V au point x = γ(t), cest-à-dire

γ̇(t) = V |γ(t) pour tout t ∈ I.

Dans un système de coordonnées locales, les composantes de la courbe satisfont le


système déquations différentielles ordinaires
dγi (t)
= ξi (γ(t)), i = 1, 2, . . . , n.
dt

11
(5.2)
Ce système admet une solution unique vérifiant γ(0) = x0 , conformément au théorème
dexistence et dunicité des EDO. Il existe donc une courbe intégrale maximale γ(t)
passant par le point x0 = γ(0) ∈ M . Une telle courbe intégrale maximale est appelée le
flot de V au point x = γ(t), noté Φ(t, x). On impose alors les conditions suivantes :

dΦ(t, x)
Φ(0, x) = x, Φ(s, Φ(t, x)) = Φ(t + s, x), = V |Φ(t,x) , x ∈ M,
dt
(5.3)
pour tout t, s ∈ M , en supposant que les paramètres t, s sont suffisamment petits.
Une notation plus commode pour le flot est

Φ(t, x) = exp(tV )x, Φ(0, x) = exp(tV )x|t=0 = x.

(5.4)
Il est évident que cette paramétrisation du flot satisfait les règles exponentielles.
Dautre part, en utilisant les propriétés précédentes, on obtient

Φ(−t, x) = Φ−1 (t, x) ou (exp(tV ))−1 (x) = exp(−tV )x.

(5.5)
Le flot peut aussi sexprimer sous forme infinitésimale :

exp(tV )x = x + tV |x + O(t2 ),

(5.6)
en développant en série de Taylor et en utilisant la condition initiale exp(tV )x|t=0 = x.
Le flot exp(tV )x engendré par le champ de vecteurs V est également appelé un groupe
à un paramètre de transformations, puisquil sagit dun groupe de Lie agissant sur
la variété M . Étant donné un flot satisfaisant les deux premières propriétés, on peut
reconstruire son champ de vecteurs V en différentiant le flot :

d
V |x = exp(tV )x, x ∈ M.
dt t=0

(5.7)
Le processus inverse de construction du flot est généralement appelé exponentiation
de V . La rectification dun champ de vecteurs V dans un voisinage dun point régulier est
toujours possible.

5 La condition dinvariance de Lie. Lalgorithme général


5.1 Préliminaires et notation
Considérons un système déquations différentielles dordre n :

Eν (x, u, u(1) , . . . , u(n) ) = 0, n = 1, 2, . . . , N

(7.1)

12
Ici
x = (x1 , x2 , . . . , xp ) ∈ Rp , u = (u1 , u2 , . . . , uq ) ∈ Rq
(7.2)
sont les variables indépendantes et dépendantes dans lespace E,

E = X × U ⊂ Rp × Rq

(7.3)
Le symbole u(k) désigne la dérivée partielle dordre k des composantes uα de u. Nous
utiliserons aussi la notation uα,J pour les dérivées partielles :

∂ J uα
uα,J =
∂xJ
(7.4)
où J est un multi-indice symétrique dordre k :

J = (j1 , j2 , . . . , jk ), 1 ≤ ji ≤ p, k = j1 + j2 + · · · + jk

(7.5)
Lespace des jets dordre n, J n (x, u(n) ) = J n E, fournit un système de coordonnées
locales (x, u(n) ). Si p = 1 et q = 1, on obtient une équation différentielle scalaire :

E(x, u, u1 , . . . , un ) = 0

(7.6)

u1 = ux , u2 = uxx , . . . , un = u(n) .
(7.7)
Le système Eν = 0, défini par une famille de fonctions lisses E = (E1 , E2 , . . . , EN ),
peut être identifié à une variété

SE = {(x, u(n) ) : E = 0}

(7.8)
contenue dans lespace des jets dordre n, avec coordonnées locales (x, u(n) ).
Un groupe de symétrie classique du système Eν = 0 est un groupe local G de
transformations ponctuelles
Φ:E→E
(7.9)
où Φ est une application inversible, envoyant solutions sur solutions :

Φ : (x̂, û) = g(x, u).

(7.10)
Ainsi, un groupe de Lie local de transformations ponctuelles G est appelé groupe de
symétrie du système déquations différentielles Eν = 0 si f = gf est une solution chaque
fois que f en est une.
Pour trouver le groupe de symétrie, la transformation prolongée

Pr(n) Φ : J n → J n

13
(7.11)
doit préserver la structure différentielle de la variété SE .
Soit Φε = exp(εV ) un sous-groupe à un paramètre du groupe G, et soit
p q
X ∂ X ∂
V = ξi (x, u) + φα (x, u)
i=1 ∂xi α=1 ∂uα

(7.12)
le générateur infinitésimal de Φε . Le générateur infinitésimal du sous-groupe prolongé
(n)
Pr Φε est défini comme étant la prolongation du champ de vecteurs V .

6 Prolongation des champs de vecteurs et groupes de


symétrie
6.1 Définition
La prolongation dordre n, notée P r(n) V , dun champ de vecteurs V est un champ de
vecteurs défini sur lespace des jets dordre n, J n , par
d
P r(n) V |x,u(n) = P r(n) Φ (x, u(n) )
d =0

(7.13) pour tout (x, u(n) ) ∈ J n .


En intégrant P r(n) V , on obtient la prolongation de laction du groupe P r(n) Φ sur
lespace J n . Le champ de vecteurs prolongé P r(n) V sécrit
∂ ∂
P r(n) V = ξi φαJ α ,
X X
i
+
i ∂x α,J ∂uJ

(7.14) où les coefficients φαJ sont donnés par


!
φαJ = DJ φα − ξ i uαi + ξ i uαJ,i ,
X X

i i

(7.15) et où DJ est lopérateur de dérivation totale, défini par DJ = Dj1 · · · Djk , 1 ≤ ji ≤ p,


avec
∂ X
α ∂
Di = + u J,i .
∂xi α,J ∂uαJ
(7.16)
Il est clair que Di ne fait intervenir que des termes finis dordre J ≤ n, où n est lordre
le plus élevé des dérivées apparaissant dans la fonction u.

6.2 Conclusion et algorithme général


La détermination des symétries des équations différentielles ordinaires (EDO) ou partielles
(EDP), ou même des systèmes dEDO/EDP, repose sur deux théorèmes donnés par Olver
[?]. Ces deux théorèmes suffisent pour déterminer les symétries, bien que leur forme
spécifique dépende du système déquations considéré.

14
theorem 5. Soit p q
∂ ∂
ξ i (x, u) φα (x, u) α
X X
V = i
+
i=1 ∂x α=1 ∂u
(7.17) un champ de vecteurs défini sur un ouvert M ⊂ X × U , où X est lespace des
variables indépendantes et U celui des variables dépendantes.
La prolongation dordre n de V est le champ de vecteurs

P r(n) V = V + φαJ (x, u(n) )
XX
,
α J ∂uαJ

(7.18) défini pour les multi-indices J = (j1 , j2 , . . . , jk ), avec


p ! p
φαJ α
ξ i uαi ξ i uαJ,i ,
X X
= DJ φ − +
i=1 i=1

(7.19) où
∂uα ∂uαJ
uαi = , uαJ,i = .
∂xi ∂xi
(7.20)
La somme J porte sur tous les multi-indices J dordre 0 ≤ |J| ≤ n, où n est lordre
P

le plus élevé des dérivées.


theorem 6. Supposons que

∆ν (x, u(n) ) = 0, ν = 1, 2, . . . , s

(7.21) soit un système déquations différentielles. Si G est un groupe local de transforma-


tions agissant sur M ⊂ X × U et que

P r(n) V [∆ν (x, u(n) )] = 0, ν = 1, 2, . . . , s,

(7.22) chaque fois que ∆ν (x, u(n) ) = 0, pour tout générateur infinitésimal V de G, alors
G est un groupe de symétrie du système.
À partir de (7.6), en développant et en égalant à zéro les coefficients des dérivées
des fonctions inconnues, on obtient un système déquations aux dérivées partielles appelé
système déterminant. En résolvant ce système, on détermine les fonctions ξ i , ξ 2 , . . .
et φ1 , φ2 , . . ., ce qui permet de trouver le champ de vecteurs V (ou Γ dans une autre
notation) :
∂ ∂ ∂ ∂
V = ξ 1 1 + ξ 2 2 + . . . + φ1 + φ2 + ...
∂x ∂x ∂u1 ∂u2
(7.23) ou encore
∂ ∂ ∂ ∂
Γ=ξ +η +µ +ν + ...
∂x ∂y ∂u ∂v
(7.24)
Les fonctions ξ i et φα contiennent un certain nombre de paramètres α1 , α2 , . . .. Le
vecteur Γ sexprime alors comme une combinaison linéaire :

Γ = α1 Γ(1) + α2 Γ(2) + . . .

(7.25)

15
7 Générateurs de symétrie et actions de groupe
Les vecteurs Γ(1) , Γ(2) , . . . constituent les générateurs de lalgèbre de Lie des symétries
de léquation différentielle (ED) ou du système dED considéré. En utilisant ces générateurs,
on peut réduire léquation (ou le système) initiale en une autre équation comportant moins
de variables, qui peut être résolue à laide des coordonnées normales ou de la condition
de surface invariante.

Exemple 1
Soit léquation
ut = F (u, ux , uxx , . . .)
admettant le générateur de symétrie
∂ ∂ ∂
Γ = ξ(x, t, u) + τ (x, t, u) + φ(x, t, u) .
∂x ∂t ∂u
(7.26)
Supposons que Γ puisse être décomposé en une combinaison de X (i) , i = 1, 2, 3, où
∂ ∂ ∂ ∂
X (1) = , X (2) = , X (3) = t − (u + 1) .
∂x ∂t ∂t ∂u
(7.27)
Nous considérons ensuite plusieurs générateurs Γ(i) , i = 1, 2, . . . , 6, définis par

Γ(1) = X (1) , Γ(2) = X (2) , Γ(3) = aX (1) +X (2) , Γ(4) = X (3) , Γ(5) = X (1) +X (3) , Γ(6) = X (2) +X (3) ,

cest-à-dire
∂ ∂ ∂∂
Γ(1) = , Γ(2) = + ,, Γ(3) = a
∂x ∂t
∂x ∂t
∂ ∂ ∂ ∂ ∂
Γ(4) = t − (u + 1) , Γ(5) = + t − (u + 1) ,
∂t ∂u ∂x ∂t ∂u
∂ ∂
Γ(6) = (t + 1) − (u + 1) .
∂t ∂u
(7.28)
Nous allons déterminer laction de groupe Gi correspondant à chacun des Γ(i) en
utilisant le théorème de la section 5 :
dx̂
= ξ(x̂, t̂, û), x̂|=0 = x,
d
dt̂
= τ (x̂, t̂, û), t̂|=0 = t,
d
dû
= φ(x̂, t̂, û), û|=0 = u.
d
(7.29)

16

Cas (i) : Générateur Γ(1) = ∂x

On a
ξ = 1, τ = 0, φ = 0.
(7.30)
Le système à résoudre est

dx̂ dt̂ dû


= 1, = 0, = 0.
d d d
(7.31)
En intégrant :
x̂ =  + C1 , t̂ = C2 , û = C3 .
(7.32)
Conditions initiales :

x̂|=0 = x ⇒ C1 = x, t̂|=0 = t ⇒ C2 = t, û|=0 = u ⇒ C3 = u.

(7.33)
Ainsi :
x̂ =  + x, t̂ = t, û = u.
(7.34)
Donc laction de groupe G1 est

G1 : (x, t, u) 7→ (x + , t, u).

(7.35)


Cas (ii) : Générateur Γ(2) = ∂t

On a
ξ = 0, τ = 1, φ = 0.
(7.36)
Le système à résoudre est

dx̂ dt̂ dû


= 0, = 1, = 0.
d d d
(7.37)
En intégrant :
x̂ = C1 , t̂ =  + C2 , û = C3 .
(7.38)
Conditions initiales :

x̂|=0 = x ⇒ C1 = x, t̂|=0 = t ⇒ C2 = t, û|=0 = u ⇒ C3 = u.

(7.39)

17
∂ ∂
Cas (iii) : Générateur Γ(3) = a ∂x + ∂t

On a
ξ = a, τ = 1, φ = 0.
(7.42)
Le système à résoudre est
dx̂ dt̂ dû
= a, = 1, = 0.
de de de
(7.43)
En intégrant :
x̂ = ae + C1 , t̂ = e + C2 , û = C3 .
(7.44)
Conditions initiales :
x̂|e=0 = x ⇒ C1 = x, t̂|e=0 = t ⇒ C2 = t, û|e=0 = u ⇒ C3 = u.
(7.45)
Ainsi :
x̂ = ae + x, t̂ = e + t, û = u.
(7.46)
Donc laction de groupe G3 est
G3 : (x, t, u) 7→ (ae + x, t + e, u).
(7.47)

∂ ∂
Cas (iv) : Générateur Γ(4) = t ∂t − (u + 1) ∂u
On a
ξ = 0, τ = t, φ = −(u + 1).
(7.48)
Le système à résoudre est
dx̂ dt̂ dû
= 0, = t̂, = −(û + 1).
de de de
(7.49)
En intégrant :
x̂ = C1 , t̂ = C2 ee , 1 + û = C3 e−e .
(7.50)
Conditions initiales :
x̂|e=0 = x ⇒ C1 = x, t̂|e=0 = t ⇒ C2 = t, û|e=0 = u ⇒ C3 − 1 = u.
(7.51)
Ainsi :
x̂ = x, t̂ = tee , û = (u + 1)e−e − 1.
(7.52)
Donc laction de groupe G4 est
G4 : (x, t, u) 7→ (x, tee , (u + 1)e−e − 1).
(7.53)

18
∂ ∂ ∂
Cas (v) : Générateur Γ(5) = ∂x
+ t ∂t − (u + 1) ∂u
On a
ξ = 1, τ = t, φ = −(u + 1).
(7.54)
Le système à résoudre est
dx̂ dt̂ dû
= 1, = t̂, = −(û + 1).
de de de
(7.55)
En intégrant :
x̂ = e + C1 , t̂ = C2 ee , 1 + û = C3 e−e .
(7.56)
Conditions initiales :
x̂|e=0 = x ⇒ C1 = x, t̂|e=0 = t ⇒ C2 = t, û|e=0 = u ⇒ C3 − 1 = u.
(7.57)
Ainsi :
x̂ = e + x, t̂ = tee , û = (u + 1)e−e − 1.
(7.58)

∂ ∂
Cas (vi) : Générateur Γ(6) = (t + 1) ∂t − (u + 1) ∂u
On a
ξ = 0, τ = 1 + t, φ = −(u + 1).
(7.60)
Le système à résoudre est
dx̂ dt̂ dû
= 0, = 1 + t̂, = −(û + 1).
d d d
(7.61)
En intégrant :
x̂ = C1 , 1 + t̂ = C2 e , 1 + û = C3 e− .
(7.62)
Conditions initiales :
x̂|=0 = x ⇒ C1 = x,
t̂|=0 = t ⇒ C2 − 1 = t,
û|=0 = u ⇒ C3 − 1 = u.
(7.63)
Ainsi :
x̂ = x, t̂ = (t + 1)e − 1, û = (u + 1)e− − 1.
(7.64)
Donc laction de groupe G6 est
G6 : (x, t, u) 7→ (x, (t + 1)e − 1, (u + 1)e− − 1).
(7.65)

19
Exemple 2
Pour une équation différentielle ordinaire du premier ordre

y 0 = F (x, y),

on a
∂ ∂
V = ξ1 +φ ,
∂x ∂y
(7.66) ou, dans une autre notation,

∂ ∂
Γ=X +Y .
∂x ∂y

(7.67)
On doit également considérer la prolongation du premier ordre :

pr(1) V = V + φx où φx = Dx (φ) − Dx (ξ 1 )y 0 ,
∂y 0

(7.68) ou, dans une autre notation,


Γ(1) V = V + Y [x] où Y [x] = Dx (Y ) − Dx (X)y 0 .
∂y 0

(7.69)
Linvariance de léquation différentielle y 0 = F (x, y) sexprime par la condition

Γ(1) V (∆) = 0, où ∆ ≡ y 0 − F (x, y).


∆=0

(7.70)

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