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SST 2

Le document traite de la responsabilité pénale en matière de santé et sécurité au travail, soulignant que des infractions peuvent être sanctionnées même sans accident. Il décrit les principales infractions, les sanctions encourues et le rôle de l'Inspection du Travail dans le contrôle du respect des normes. Les employeurs doivent veiller à la conformité de leurs pratiques pour éviter des amendes significatives et des poursuites pénales.

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Le document traite de la responsabilité pénale en matière de santé et sécurité au travail, soulignant que des infractions peuvent être sanctionnées même sans accident. Il décrit les principales infractions, les sanctions encourues et le rôle de l'Inspection du Travail dans le contrôle du respect des normes. Les employeurs doivent veiller à la conformité de leurs pratiques pour éviter des amendes significatives et des poursuites pénales.

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DROIT SANTE ET SECURITE AU TRAVAIL – PARTIE 2

III. LA RESPONSABILITE PENALE EN SANTE ET SECURITE AU TRAVAIL

1. La responsabilité pénale en l’absence d’accident : les infractions « formelles »

1. Logique générale

• En droit pénal du travail, l’objectif n’est pas seulement de sanctionner après coup
(répression des accidents graves), mais aussi de prévenir en imposant des normes de
sécurité obligatoires.

• Ces obligations s’appliquent même si aucun salarié n’a encore été blessé.

• → C’est la logique de l’infraction formelle : le simple fait de ne pas respecter une


obligation légale constitue une infraction, indépendamment de la survenance d’un
dommage.

Exemple :
« Comme rouler sans permis ou conduire en excès de vitesse : même sans accident, vous êtes
sanctionnés. »

2. Les principales infractions pénales sans accident

a. Infractions liées à la prévention et à l’évaluation des risques

• Absence de DUER (document unique d’évaluation des risques) :

o Obligatoire depuis 2001 (C. trav., art. R. 4121-1).

o Doit être mis à jour au moins une fois par an et après tout changement
important.

o Sanction : contravention de 5ᵉ classe (1 500 € → 3 000 € en récidive).

• Absence de plan de prévention pour les entreprises extérieures intervenant sur un


même site (C. trav., art. R. 4512-6).

b. Infractions liées à l’information et à la formation des salariés

• Non-respect de l’obligation de formation à la sécurité (C. trav., art. L. 4141-1).

• Défaut d’affichage obligatoire (consignes de sécurité, numéros d’urgence).

• Défaut de consultation des représentants du personnel (CSE) sur les questions de


santé-sécurité.

c. Infractions liées aux équipements et installations

• Mise à disposition de machines ou équipements non conformes aux normes de sécurité


(C. trav., art. L. 4311-1 et s.).

• Absence de dispositifs de protection (garde-corps, carters de machines, extincteurs,


issues de secours).

1
• Dépassement des normes d’exposition à certains agents chimiques, cancérigènes ou
biologiques.

d. Infractions liées à l’organisation du travail

• Non-respect de la durée maximale du travail ou du repos quotidien (sécurité liée à la


fatigue).

• Travail dissimulé d’un salarié non déclaré → prive le salarié de toute protection AT/MP.

3. Sanctions prévues

• Amendes contraventionnelles : pour la plupart de ces infractions → jusqu’à 1 500 € (ou


3 000 € en récidive).

• Amendes délictuelles : jusqu’à 10 000 € par infraction (C. trav., art. L. 4741-1).

• Sanctions aggravées en cas de récidive ou de pluralité de salariés exposés.

• Pour la personne morale (art. 121-2 C. pén.) : amende jusqu’à 50 000 €, interdictions
d’exercer, fermeture temporaire ou définitive, affichage du jugement.

4. Jurisprudence illustrative

• Cass. crim., 26 juin 2001 : absence de formation à la sécurité → condamnation du chef


d’entreprise même sans accident.

• Cass. crim., 15 janv. 2008 : absence de mise en conformité des machines →


responsabilité pénale de l’employeur engagée.

• Cass. crim., 12 déc. 2000 : absence d’équipement de protection incendie → infraction


constituée même sans sinistre.

5. Intérêt pratique pour les étudiants (futurs managers)

• Comprendre que l’obligation de sécurité ne s’évalue pas seulement après un


accident, mais aussi au quotidien dans l’organisation de l’entreprise.

• Même une PME sans accident peut être lourdement sanctionnée si elle n’a pas :

o formé ses salariés,

o mis à jour son DUER,

o vérifié ses machines.

L’absence d’accident n’est pas synonyme d’absence de responsabilité : le simple non-respect


des obligations légales peut coûter très cher à l’entreprise.

2
6. Autorité compétente pour contrôler l’effectivité du respect des règles : l’Inspection
du Travail (DREETS) articles L.8112-1 et suivants du code du travail :

• Pouvoir de contrôle :

✓ OBJET DU CONTROLE

Veiller à l'application des différentes règles du droit du travail (Code du travail, lois non-
codifiées et règlements, conventions et accords collectifs)

Constater les infractions à ces règles et notamment les infractions de nature pénale
(concurremment avec d'autres fonctionnaires spécialement commissionnés à cet effet
(URSSAF, Fisc etc.)

✓ MOYENS D'ACTION

VISITE DES LOCAUX

Tout établissement sous réserve, si ses locaux sont habités, d'avoir reçu l'autorisation d'y
pénétrer par la ou les personnes qui l'occupent. Le refus d'autorisation devant être justifié.

À défaut, l'agent peut verbaliser pour obstacle à contrôle.

Tout particulièrement à la suite d’une maladie professionnelle, d’un accident du travail ou


encore en raison d'une réclamation d'un salarié ou d'un représentant du personnel.

Sauf pour les locaux habités, l'agent est autorisé à pénétrer dans l'établissement
librement, sans avertissement préalable, à toute heure du jour et de la nuit en cas de
travail de nuit (Cass. crim. 11-5-1999 n° 98-83.777 D).

Sauf s'il estime que cela peut nuire à l'efficacité du contrôle, il doit à son arrivée informer
l'employeur de sa présence, ce dernier n'étant pas tenu de l'accompagner dans ses visites.

L'agent doit être muni de sa carte professionnelle afin de justifier de sa qualité.

ENQUETE

Lors de la visite des établissements, les agents de contrôle de l'inspection du travail peuvent
procéder à des enquêtes.

À cette fin, ils peuvent demander à l'employeur comme aux salariés occupés dans
l'établissement de justifier de leur identité et de leur adresse, les auditionner et entendre des
témoins.

Lorsqu'il constate ou est informé d'un accident du travail grave ou mortel, ainsi que de
tout incident qui aurait pu avoir des conséquences graves, l'agent de contrôle effectue
obligatoirement une enquête, informe son service et, si besoin, saisit les autorités
compétentes (Procureur de la république notamment).

L'employeur est tenu d'informer l'inspection du travail en cas d'accident du travail mortel

3
S'agissant des enquêtes en matière de travail illégal, il existe des dispositions particulières.
Les salariés auditionnés n'ont pas à être informés sur la portée de leurs déclarations
mentionnées dans un procès-verbal (Cass. crim. 12-12-2017 n° 15-82.588 F-D).

L'employeur s'opposant à l'audition de témoin commet un délit d'obstacle à contrôle (Cass. crim.
22-7-1981, n° 81-90.167 P) (voir plus bas).

ACCES AUX DOCUMENTS DE L'ENTREPRISE

En plus des documents que l'employeur doit lui transmettre lors d’une visite de contrôle,
l'agent de contrôle peut, au cours de ses visites, se faire présenter l'ensemble des livres,
registres et documents (quel qu'en soit le support) rendus obligatoires par le Code du travail
ou par une disposition légale relative au régime du travail (Voir tableau récapitulatif page 8 ci-
après).

Mais seulement ceux-là : Cass. crim. 17-3-1992 n° 90-86.492 PF

Il peut également demander la présentation des documents permettant de vérifier le respect


de l'application des dispositions relatives aux discriminations, à l'égalité professionnelle
femmes-hommes, à l'exercice du droit syndical, à la protection contre le harcèlement moral
ou sexuel, à la santé et la sécurité au travail.

En principe, la communication doit être immédiate, sous peine d'amende prévue pour les
contraventions de 5e classe (C. trav. art. R 8114-2) ou de délit d'obstacle à contrôle (n° 43760).
a. L'employeur doit prendre des dispositions pour que les documents demandés
puissent être communiqués en son absence. Il peut ainsi autoriser un tiers à les remettre
à l'inspecteur du travail en cas de réquisition de celui-ci.

b. L'inspecteur peut également, s'il convoque un employeur à son bureau, lui demander
d'apporter les livres, registres et documents précités, sans qu'une réquisition écrite ne
soit requise (Cass. crim. 17-3-1992 n° 90-86.492 P).

DROIT DE PRELEVEMENT

L'agent de contrôle peut procéder à tous prélèvements portant sur les matières mises en
œuvre et les produits distribués ou utilisés.

a. S'agissant des substances et préparations dangereuses pour les travailleurs,


l'agent peut demander à l'employeur de faire procéder, par un organisme accrédité
et à sa charge, à des analyses en vue d'en connaître la composition et les effets
sur l'organisme. Il fixe dans sa demande le délai dans lequel les résultats doivent
lui être transmis (C. trav. art. R 4722-29 à R 4722-33).
b. Possibilité pour l'inspecteur du travail d'ordonner l'arrêt des travaux en cas de
dépassement des valeurs limites d'exposition au risque chimique.

4
OBSTACLE A CONTROLE

Toute personne faisant obstacle à l'accomplissement des devoirs d'un agent de contrôle de
l'inspection du travail est passible d'une amende de 37 500 € et d'un emprisonnement d'un
an.

Ce délit d'obstacle, qui implique un comportement volontaire de la part de son auteur, est
constitué non seulement en cas d'entrave à l'exercice des droits de l'agent de contrôle, mais
aussi lorsque l'employeur lui fournit des informations volontairement inexactes ou
mensongères ou lorsque, malgré des injonctions réitérées, les documents réclamés ne sont
pas communiqués.

L'employeur ne peut pas s'exonérer de sa responsabilité en invoquant son droit de ne pas


s'auto-incriminer (Cass. crim. 25-4-2017 n° 16-81.793 F-PB).

Les dispositions du Code pénal prévoyant et réprimant les actes


de résistance, les outrages et les violences contre les officiers de police judiciaire sont
également applicables à ceux qui se rendent coupables de faits identiques à l'égard des
inspecteurs et des contrôleurs du travail.

• Constatation des infractions

✓ TYPES D'INFRACTIONS VISES


Les agents de contrôle de l'inspection du travail et les fonctionnaires assimilés (comme les
agents de contrôle dans les transports) sont chargés, concurremment avec les officiers et
agents de police judiciaire, de constater les infractions aux dispositions et stipulations
relatives au régime du travail.

Ils peuvent aussi constater les manquements à des dispositions de Codes autres que celui
du travail :
- Relatives à la déclaration d'accident du travail et à la feuille d'accident (CSS art. L 471-
1, al. 1), aux règles de prévention édictées par les Carsat et étendues, à l'interdiction de
fumer, aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;

- Du Code de l'éducation relatives aux stages en entreprise ;

- Du Code pénal interdisant toute discrimination en matière d'embauche, de sanction et


de licenciement ou réprimant le harcèlement sexuel ou moral, la traite des êtres humains,
le travail forcé, la réduction en servitude et les conditions de travail ou d'hébergement
contraires à la dignité humaine ;

- Du Code de la consommation relatives à la certification et à la conformité de certains


produits ;

- Aux règles de domiciliation des personnes immatriculées au registre édictées par le


Code de commerce.

- D'infractions pénales de droit commun (ex. : homicide involontaire).

5
✓ SUITES DU CONSTAT D'INFRACTION
L'agent de contrôle dispose d'un pouvoir d'appréciation sur les suites à lui donner, suivant sa
gravité et les circonstances de cette constatation.

Ainsi, il peut :

- soit simplement notifier un avertissement ou une observation à l'employeur ;

- soit lui adresser une mise en demeure lui imposant de se mettre en conformité avec
la réglementation ou d'exécuter certaines prescriptions dans un délai déterminé, par
exemple d'effectuer des vérifications et des analyses (formalité obligatoire en
matière de santé et de sécurité au travail) ;

- soit directement dresser un procès-verbal d’infraction, sauf si le texte au regard


duquel l'infraction est constatée prévoit une mise en demeure préalable (comme
c'est le cas en matière de santé et de sécurité au travail). Mais, même dans cette
dernière hypothèse, un procès-verbal peut immédiatement être établi si l'intégrité
physique des salariés est menacée.

L'administration peut aussi proposer une transaction pénale à l'employeur comme


alternative aux poursuites.

L'agent informe quoi qu’il en soit l'employeur des suites données à son contrôle.

✓ POUVOIRS DE L'AGENT DE CONTROLE EN CAS DE DANGER


Si l'intégrité physique des salariés est menacée, l'agent de contrôle peut, dans certains cas, saisir
le juge des référés ou décider l'arrêt des travaux.

En cas de risque d'atteinte à la santé ou à la sécurité de jeunes de moins de 18 ans, il peut


les retirer de leur poste ou proposer au DREETS de suspendre leur contrat de travail ou leur
convention de stage.

✓ AVERTISSEMENT OU AMENDE ADMINISTRATIVE

Le Dreets peut, sur rapport de l'agent de contrôle et sous réserve de l'absence de poursuites
pénales, soit adresser à l'employeur un avertissement, soit prononcer à son encontre une
amende administrative de 4 000 € maximum par travailleur concerné, et de 8 000 € maximum
en cas de réitération dans le délai de 2 ans, en cas de manquement aux dispositions relatives
:
- aux durées maximales du travail ;

- aux temps minimaux de repos ;

- à l'obligation d'établir un décompte de la durée du travail ;

- au Smic ou au salaire minimum conventionnel ;

6
- aux installations sanitaires, à la restauration et à l'hébergement des travailleurs
dans les entreprises et sur les chantiers du bâtiment et du génie civil.

Le Dreets informe le procureur de la République des suites données au rapport de l'agent de


contrôle.

Avant toute décision, l'administration informe par écrit l'employeur de la sanction envisagée,
compte tenu du manquement retenu et l'invite à présenter ses observations dans le délai d'un
mois, ce délai pouvant être prorogé d'un mois à la demande de l'employeur si les circonstances
ou la complexité de la situation le justifient.

Passé ce délai, le Dreets peut, par décision motivée, prononcer l'amende. Il en informe le CSE si
celui-ci existe. L'employeur peut exercer un recours, non suspensif, devant le tribunal
administratif, tout recours hiérarchique étant exclu.

Est encourue une amende par manquement, et non par catégorie de manquements.

En cas de nouveau manquement constaté dans le délai d'un an suivant la notification d'un
avertissement concernant un précédent manquement de même nature, l'employeur est passible
d'une amende dont le plafond est majoré de 50 %.

• Communication de documents à l'inspection du travail


Dans l'exercice de ses missions, l'agent de contrôle de l'inspection du travail a accès à de
nombreux documents de l'entreprise. Dans certains cas, l'employeur doit
simplement tenir ces documents à disposition et les lui remettre s'il en fait la demande.
D'autres documents doivent en revanche lui être communiqués, habituellement par lettre
recommandée. Les tableaux ci-après récapitulent les principaux documents concernés.
S'agissant des documents que l'employeur doit obligatoirement afficher dans l'entreprise :

Objet Nature du document

Accidents du travail Registre des accidents bénins

Accord préélectoral modifiant le nombre et la composition des


collèges électoraux

CSE Registre regroupant les demandes du CSE à l'employeur et les


réponses de ce dernier

Bilan social

Documents permettant de comptabiliser le temps de travail

Registre de la composition des équipes


Durée du travail
Registre des repos hebdomadaires lorsque le repos n'est pas donné
collectivement

7
Objet Nature du document

Avis du CSE pour la mise en place d'horaires à temps partiel dans


l'entreprise

Contrat relatif à l'engagement de caution souscrit pour garantir les


droits des salariés accumulés sur un compte épargne-temps

Accusé de réception ou autre preuve de la déclaration préalable à


Embauche
l'embauche

Jeunes Copie des conventions de stage

Justification par l'employeur du respect de ses obligations déclaratives


(inscription au registre national des entreprises ou au registre du
commerce et des sociétés, déclarations relatives aux salaires et aux
Lutte contre le cotisations) et de son obligation de vigilance en cas de recours à la
travail illégal et sous-traitance
contrôle de l'emploi
Registre unique du personnel

Liste des chantiers et autres lieux de travail temporaire à tenir au siège


de l'établissement (C. trav. art. R 8113-1)

Mise à disposition Liste des membres d'un groupement d'employeurs


de personnel

Négociation Conventions et accords collectifs de travail


collective

Salaire Double des bulletins de paie

Document unique d'évaluation des risques

Liste des postes dangereux pour les titulaires d'un CDD ou les
intérimaires

Rapport et programme annuels de prévention et avis rendu par le CSE

Attestations, consignes, résultats et rapports relatifs aux vérifications


et contrôles et aux observations et mises en demeure notifiées par
l'inspection du travail

Santé et sécurité au Résultats de mesurage du bruit


travail
Plan de prévention en cas d'intervention d'une entreprise extérieure

PV des réunions du CISSCT sur certains chantiers du BTP ou de génie


civil

Plan général de coordination et plan particulier de sécurité sur les


chantiers du bâtiment ou du génie civil (C. trav. art. R 4532-50 et R
4532-73)

Règlement du CISSCT dans le bâtiment et le génie civil et PV de la


séance au cours de laquelle il a été adopté (C. trav. art. R 4532-92)

8
Objet Nature du document

Liste des représentants des entreprises extérieures à la commission


santé, sécurité et conditions de travail élargie

Fiche d'entreprise établie par le médecin du travail

Rapport sur le fonctionnement du service social au travail (C. trav. art.


D 4632-1 et D 4632-2)

Bulletin ou carnet des travaux à domicile, déclaration de début et de fin


Travail à domicile et
de travail à domicile et registre de comptabilité relatif au travail à
télétravail
domicile

Objet Nature du document ou de l'information

Déclaration préalable en cas de : première embauche ; nouvelle


embauche dans un établissement ayant cessé d'employer du
Embauche
personnel pendant 6 mois au moins ; changement de locaux,
d'activités ou d'exploitant (1) (C. trav. art. L 1221-17 et R 1221-32 s.)

Déclaration de tout accident du travail mortel

Déclaration par l'entreprise utilisatrice d'accident du travail d'un


Accident du travail travailleur temporaire

Déclaration d'accident du travail d'un travailleur étranger détaché en


France

Procès-verbal de carence établi à l'issue du second tour des élections

CSE Calendrier des réunions sur la santé, la sécurité et les conditions de


travail

Ordre du jour des réunions

Horaires en cas d'activité partielle

Astreintes mises en place unilatéralement par l'employeur

Dérogations à la durée légale

Mise en place et modification de l'horaire collectif


Durée du travail
Dérogation au repos quotidien en cas de travaux urgents

Motifs de l'affectation d'un salarié à une deuxième équipe successive


en cas de travail en continu

Récupération des heures perdues

Suspension du repos hebdomadaire

9
Objet Nature du document ou de l'information

Jour de repos collectif autre que le dimanche

Mise en place du travail à temps partiel à l'initiative de l'employeur ou


des salariés dans les entreprises dépourvues de représentants du
personnel

Déclaration en cas d'affectation de jeunes en formation à des travaux


Jeunes
interdits mais susceptibles de dérogation

Déclaration lorsque l'établissement change d'exploitant (C. trav. art. L


1221-17 et R 1221-32)

Lutte contre le Déclaration d'ouverture de chantier ou autre lieu de travail occupant


travail illégal et 10 personnes au moins pendant plus d'une semaine (C. trav. art. R
contrôle de l'emploi 8113-1)

Avis du CSE sur la mise en place d'un support de substitution au


registre du personnel

Mise à disposition Information de la constitution d'un groupement d'employeurs


de personnel

Accord ou plan d'action en matière d'égalité professionnelle


Négociation
collective Accord ou plan d'action en faveur de la prévention de certains
facteurs de risque

Règlement intérieur Texte du règlement intérieur

Consignes incendie

Procédés de travail susceptibles de provoquer des maladies


professionnelles
Santé et sécurité au Déclaration en cas de première utilisation d'agents biologiques
travail pathogènes (C. trav. art. R 4427-1)

Déclaration préalable pour certains chantiers du BTP ou du génie civil

Proposition par le médecin du travail de mesures générales visant à


préserver la santé des travailleurs

Déclaration des entreprises établies à l'étranger en cas de


Travailleurs détachement de salariés en France
étrangers
Déclaration d'hébergement collectif

Travail à domicile Déclaration de travaux dangereux

Cas pratique

10
Cas – Atelier sans DUER
Une start-up industrielle emploie 20 salariés dans un atelier. Aucun accident n’est survenu,
mais l’inspection du travail constate :

• absence de DUER,

• absence de formation sécurité,

• machines non conformes aux normes CE.

Questions :

1. Peut-il y avoir une condamnation pénale ?

2. L’absence d’accident protège-t-elle l’employeur ?

3. Qui est responsable si le directeur d’atelier avait une délégation formelle ?

➡ Correction :

1. Oui, infractions formelles sanctionnées par art. L. 4741-1 C. trav.

2. Non, l’absence d’accident est indifférente.

3. Le directeur d’atelier, si la délégation est valable, sinon l’employeur.

4.

2. En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle : aucune immunité juridique

Spécificité du système :

• Au civil : l’employeur bénéficie d’une immunité relative → le salarié ne peut agir que via
la Sécurité sociale, sauf faute inexcusable.

• Au pénal : aucune immunité → l’employeur ou son délégataire peuvent toujours être


poursuivis, même si le salarié est indemnisé.

Infractions principales :

• Blessures involontaires (art. 222-19 C. pén.) → 2 ans prison + 30 000 € d’amende.

• Homicide involontaire (art. 221-6 C. pén.) → 3 ans prison + 45 000 € d’amende.

• Mise en danger délibérée (art. 223-1 C. pén.) → 1 an prison + 15 000 € d’amende.

• Infractions au Code du travail (absence de protections, non-conformité machines, etc.).

Responsabilité de la personne morale (art. 121-2 C. pén.) :

• Amendes multipliées par 5,

• Interdictions professionnelles,

• Affichage du jugement → impact réputationnel.

Jurisprudence :

11
• Cass. crim., 13 janv. 2004 : dirigeant condamné pour homicide involontaire après
accident mortel.

• Drame AZF (2001) : dirigeants poursuivis, société condamnée.

Cas pratique

Cas 2 – Accident mortel en usine


Un salarié meurt écrasé par une presse signalée comme dangereuse depuis plusieurs mois.
Questions :

• Qui peut être poursuivi pénalement ?

• La société peut-elle invoquer l’« immunité civile » ?

➡ Correction :

• Dirigeant (personne physique) et société (personne morale) poursuivables.

• Pas d’immunité pénale : la réparation civile n’exclut pas la sanction pénale.

12
IV. LES CAUSES D’EXONERATION DE RESPONSABILITE PENALE

1. La faute de la victime

• Principe : la responsabilité pénale suppose un lien causal entre le manquement et


l’accident.

• Si la faute du salarié est la cause exclusive → exonération possible.

• Conditions strictes :

o Violation volontaire et manifeste des consignes,

o Formation préalable du salarié,

o Preuve d’un contrôle effectif par l’employeur.

Jurisprudence : Cass. crim., 19 mars 1996 → faute exclusive du salarié exonère l’employeur.

Cas pratique

Cas 3 – Imprudence du salarié


Un salarié grimpe sur une machine en marche, malgré interdiction formelle et formation.
L’employeur peut-il être exonéré ?
➡ Oui, si preuve que l’entreprise avait pris toutes les mesures (formation, signalisation,
contrôle).

2. Le fait d’un tiers

• Principe : si l’accident résulte exclusivement d’un tiers, l’employeur peut être exonéré.

• Mais il doit prouver qu’il a respecté son obligation de vigilance.

• Exemples :

o accident causé par un sous-traitant,

o accident de trajet causé par un automobiliste extérieur.

Jurisprudence : Cass. crim., 20 juin 2000 → exonération possible si cause étrangère


exclusive.

Cas pratique

Cas 4 – Sous-traitant défaillant


Un salarié est blessé par l’effondrement d’un échafaudage monté par un sous-traitant.
L’employeur est-il exonéré ?
➡ Oui, si la cause est exclusivement imputable au sous-traitant et que l’employeur a respecté
son obligation de vigilance.

13
3. La force majeure

• Définition classique : événement imprévisible, irrésistible et extérieur (Cass. civ., 6


oct. 2006).

• Très rarement admise en matière d’AT/MP → les juges exigent des conditions strictes.

• Exemples :

o Tremblement de terre exceptionnel,

o Tempête d’une intensité exceptionnelle,

o Effondrement soudain imprévisible.

Jurisprudence : Cass. crim., 20 nov. 2001 → force majeure écartée car employeur n’avait pas
anticipé une inondation pourtant prévisible.

Cas pratique

Cas 5 – Séisme exceptionnel


Un salarié est blessé par l’effondrement d’un entrepôt lors d’un séisme d’une intensité jamais
enregistrée dans la région.
L’employeur est-il responsable ?
➡ Non, si le séisme est reconnu comme force majeure (imprévisible, irrésistible, extérieur).

V. CONCLUSION

• Responsabilité pénale = outil central de prévention → l’employeur ne bénéficie d’aucune


immunité.

• Délégation de pouvoirs = mécanisme de gestion mais exigeante.

• Causes d’exonération = rares, strictement encadrées (faute exclusive de la victime, fait


d’un tiers, force majeure).

• Débats doctrinaux :

o Faut-il renforcer la pénalisation des atteintes graves à la santé (idée d’« homicide
industriel ») ?

o Ou au contraire développer une approche plus pédagogique et préventive


(compliance, certifications) ?

Débat avec les étudiants :

« La responsabilité pénale est-elle le meilleur outil de prévention en santé-sécurité, ou faut-il


privilégier des démarches de compliance et de culture sécurité ? »

14

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