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Conte

Le livre de contes présente plusieurs histoires africaines illustrant des leçons de vie importantes. Chaque conte, mettant en scène des personnages comme Kwame, Kofi, Aké, Ayuba, Tinga et Obinna, aborde des thèmes tels que l'importance des traditions, la volonté, le changement, la générosité et le choix de son destin. Ces récits soulignent la nécessité de respecter son héritage, de persévérer face aux obstacles et d'accepter le changement comme une partie intégrante de la vie.

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Conte

Le livre de contes présente plusieurs histoires africaines illustrant des leçons de vie importantes. Chaque conte, mettant en scène des personnages comme Kwame, Kofi, Aké, Ayuba, Tinga et Obinna, aborde des thèmes tels que l'importance des traditions, la volonté, le changement, la générosité et le choix de son destin. Ces récits soulignent la nécessité de respecter son héritage, de persévérer face aux obstacles et d'accepter le changement comme une partie intégrante de la vie.

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Mon Livre de conte

Tome I
08/05/2026
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TRADITION ET COUTUME DES ANCÊTRES

Il était une fois, dans un village africain, un jeune


garçon nommé Kwame qui vivait avec sa grand-
mère, une vieille femme sage et respectée dans
la communauté. Kwame aimait écouter les
histoires de sa grand-mère sur la vie de leurs
ancêtres, sur les traditions et les coutumes de
leur peuple.

Un jour, Kwame demanda à sa grand-mère de


lui raconter l'histoire de leur famille, de leur peuple et de leur terre. La grand-mère sourit
et commença à raconter :

Il y a très longtemps, nos ancêtres vivaient dans une terre lointaine, où le soleil se
lève sur les montagnes et se couche sur les plaines. Ils étaient des chasseurs et des
guerriers, des hommes et des femmes forts et courageux. Ils vivaient en harmonie avec
la nature, respectant les animaux et les plantes, les rivières et les forêts.

Mais un jour, les envahisseurs arrivèrent, apportant la guerre et la destruction. Nos


ancêtres furent forcés de fuir, de quitter leur terre et de chercher refuge dans les
montagnes et les forêts. Ils souffrirent de la faim et de la soif, de la maladie et de la mort.

Mais ils ne se laissèrent pas abattre. Ils se regroupèrent, ils se soutinrent et ils se
battirent pour leur liberté. Ils utilisèrent leurs connaissances et leurs compétences pour
survivre, pour chasser et pour cultiver la terre.

Et finalement, ils réussirent à chasser les envahisseurs et à reprendre leur terre.


Ils reconstruisirent leur village, ils cultivèrent la terre et ils élevèrent leurs enfants. Ils
transmirent leurs traditions et leurs coutumes à leurs enfants et à leurs petits-enfants,
pour que nous puissions les garder vivantes, pour que nous puissions les transmettre à
nos enfants et à nos petits-enfants.

Kwame écoutait avec attention, les yeux évidés de curiosité. Il demanda : "Grand-
mère, qu'est-ce que c'est que ces traditions et ces coutumes ?

La grand-mère sourit et répondit : "Nos traditions et nos coutumes sont les valeurs
et les principes qui nous guident dans la vie. Elles nous enseignent à respecter la nature,
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à honorer nos ancêtres et à prendre soin de notre communauté. Elles nous enseignent à
être forts et courageux, à être justes et équitables."

Kwame réfléchit à ces paroles et demanda : "Grand-mère, comment pouvons-nous


garder ces traditions et ces coutumes vivantes ?"

La grand-mère répondit : "Nous pouvons les garder vivantes en les pratiquant, en


les enseignant à nos enfants et à nos petits-enfants, en les partageant avec notre
communauté. Nous pouvons les garder vivantes en étant fiers de notre héritage, en étant
reconnaissants pour ce que nos ancêtres ont fait pour nous."

Leçon du conte

- Les traditions et les coutumes sont importantes pour notre identité et notre culture.

- Nous devons respecter et honorer nos ancêtres et notre héritage.

- Nous devons transmettre nos traditions et nos coutumes à nos enfants et à nos petits-
enfants.

Morale

Le conte de Kwame et de sa grand-mère nous enseigne l'importance de nos traditions et


de nos coutumes, de notre héritage et de notre culture. Il nous montre que nous devons
respecter et honorer nos ancêtres et notre héritage, et que nous devons transmettre nos
traditions et nos coutumes à nos enfants et à nos petits-enfants. Il nous encourage à être
fiers de notre héritage et à être reconnaissants pour ce que nos ancêtres ont fait pour
nous.

Auteur : EMMANUEL AHOLOUKPE

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LA VOLONTÉ

Il était une fois, dans un village africain,


un jeune homme nommé Kofi qui avait un
rêve : il voulait devenir un grand musicien. Il
avait une voix magnifique et jouait de
plusieurs instruments, mais il était pauvre et
n'avait pas les moyens de poursuivre ses
études musicales.

Kofi était déterminé à réaliser son rêve,


mais il rencontrait de nombreux obstacles.
Les villageois se moquaient de lui, les enseignants lui disaient qu'il n'était pas assez bon,
et les parents lui demandaient de se concentrer sur les études "sérieuses" pour avoir un
bon métier.

Mais Kofi refusait d'abandonner. Il continuait à jouer de la musique, à chanter et à


composer des chansons. Il passait des heures à pratiquer, à apprendre de nouvelles
techniques et à se perfectionner.

Un jour, un célèbre musicien vint au village pour donner un concert. Kofi fut choisi
pour être le chanteur d'ouverture, et il chanta avec une telle passion et une telle émotion
que le musicien fut impressionné. Il offrit à Kofi une bourse pour étudier la musique à la
ville.

Kofi fut transporté de joie. Il avait réussi à réaliser son rêve grâce à sa volonté et
à sa détermination. Il devint un grand musicien, connu et respecté dans tout le pays.

Mais Kofi ne oublia jamais ses racines et les difficultés qu'il avait rencontrées. Il
retourna au village et créa un centre de musique pour les jeunes, où il enseignait la
musique et les encourageait à poursuivre leurs rêves.

Leçon du conte

- La volonté est la clé pour atteindre ses objectifs.

- La détermination et la persévérance sont essentielles pour surmonter les obstacles.

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- Il est important de croire en soi et en ses capacités.

Morale

Le conte de Kofi nous enseigne que la volonté est la clé pour atteindre ses
objectifs. Il nous montre que la détermination et la persévérance sont essentielles pour
surmonter les obstacles et qu’il est important de croire en soi et en ses capacités. Il nous
encourage à poursuivre nos rêves et à ne jamais abandonner, même face aux difficultés.

La volonté est comme un feu qui brûle en nous, elle nous pousse à avancer,
à lutter et à atteindre nos objectifs. Mais il faut l'entretenir, la nourrir et la protéger
pour qu'elle ne s'éteigne jamais.

Auteur : AHOLOUKPE EMMANUEL

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LE CHANGEMENT

Il était une fois, dans un village africain,


un vieux sage nommé Aké qui vivait dans une
petite hutte au bord de la forêt. Aké était connu
pour sa sagesse et sa connaissance de la
nature.

Un jour, un jeune homme nommé Kola


vint voir Aké et lui dit : "Maître, je suis inquiet
car je vois que tout change autour de moi. Les
arbres perdent leurs feuilles, les rivières se tarissent, et les animaux migrent vers d'autres
lieux. Je ne comprends pas pourquoi tout doit changer."

Aké sourit et dit : "Kola, mon jeune ami, le changement est la seule constante dans
la vie. Tout ce qui existe est en constante évolution. Les saisons changent, les jours et
les nuits se succèdent, et les êtres vivants naissent, grandissent et meurent."

Kola demanda : "Mais pourquoi doit-il en être ainsi, maître ? Pourquoi ne pouvons-
nous pas rester dans un état de permanence et de stabilité ?"

Aké répondit : "Kola, imagine que tu es un arbre qui ne change jamais. Tu serais
un arbre stérile, incapable de produire des fruits ou des fleurs. Tu serais un arbre mort,
même si tu es encore debout. Le changement est nécessaire pour la croissance et la
vie."

Kola réfléchit à ces paroles et demanda : "Mais alors, comment pouvons-nous faire
face au changement, maître ? Comment pouvons-nous nous adapter à ces changements
constants ?"

Aké dit : "Kola, la clé est de trouver l'équilibre dans le changement. Il faut
apprendre à lâcher prise et à accepter ce qui est. Il faut être flexible comme le bambou
qui se plie dans le vent, mais qui ne se brise pas."

Kola comprit alors que le changement était une partie naturelle de la vie, et qu'il
était possible de trouver la paix et la sérénité dans le changement.

*Leçon du conte*

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- Le changement est la seule constante dans la vie.

- Le changement est nécessaire pour la croissance et la vie.

- Il faut apprendre à lâcher prise et à accepter ce qui est pour trouver l'équilibre dans le
changement.

*Morale*

Le conte d'Aké et Kola nous enseigne que le changement est une partie naturelle
de la vie, et qu'il est possible de trouver la paix et la sérénité dans le changement. Il nous
encourage à être flexibles et à accepter ce qui est, plutôt que de résister au changement.

Auteur : AHOLOUKPE EMMANUEL

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MIS À L'ÉPREUVE

Il était une fois, dans un village africain,


un jeune homme nommé Ayuba qui était connu
pour sa sagesse et sa générosité. Il était aimé
de tous les villageois et était considéré comme
un exemple à suivre.

Un jour, le dieu de la terre, appelé Anansi,


décida de mettre Ayuba à l'épreuve. Il créa une
grande sécheresse qui frappa le village, et les
récoltes furent détruites.

Les villageois commencèrent à paniquer et à se disputer. Certains accusèrent


Ayuba de ne pas avoir fait suffisamment pour aider le village, et d'autres le blâmèrent
pour la sécheresse.

Ayuba fut profondément blessé par ces accusations, mais il ne se laissa pas
abattre. Il continua à aider les villageois, même si cela signifiait qu'il devait sacrifier ses
propres besoins.

Anansi, qui observait Ayuba, fut impressionné par sa générosité et sa sagesse. Il


décida de récompenser Ayuba en faisant pleuvoir à nouveau sur le village.

Les récoltes furent sauvées, et les villageois se réjouirent. Ils réalisèrent qu'ils
avaient été injustes envers Ayuba et lui demandèrent pardon.

Ayuba les pardonna et continua à aider les villageois. Il avait prouvé qu'il était un
véritable leader et un homme de grande sagesse.

*Leçon du conte*

- La véritable sagesse et la générosité sont mises à l'épreuve dans les moments difficiles.

- Il est important de rester calme et de continuer à aider les autres, même si l'on est
injustement traité.

- La récompense de la générosité et de la sagesse est souvent la reconnaissance et le


respect des autres.
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*Morale*

Le conte d'Ayuba nous enseigne que la véritable sagesse et la générosité sont


mises à l'épreuve dans les moments difficiles. Il nous montre qu'il est important de rester
calme et de continuer à aider les autres, même si l'on est injustement traité. Il nous
encourage à être généreux et à aider les autres, même si cela signifie que nous devons
sacrifier nos propres besoins.

Auteur : AHOLOUKPE EMMANUEL

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LE TOURNANT DU DESTIN

Il était une fois, dans un village africain, un jeune


homme nommé Tinga qui vivait une vie simple et
paisible. Il était le fils d'un chasseur et avait appris
l'art de la chasse depuis son enfance. Mais Tinga
avait un rêve : il voulait devenir un grand guerrier
et protéger son village des dangers qui le
menaçaient.

Un jour, alors qu'il était en train de chasser, Tinga


rencontra un vieux sage qui lui dit : "Tinga, tu es à un tournant de ta vie. Tu as deux
chemins devant toi : le chemin de la facilité et le chemin de la difficulté. Le chemin de la
facilité te mènera à une vie confortable, mais le chemin de la difficulté te mènera à la
grandeur."

Tinga fut intrigué par ces paroles et demanda au vieux sage de lui expliquer. Le
vieux sage lui dit : "Le chemin de la facilité est le chemin que beaucoup de gens prennent.
Il est facile de suivre la foule et de faire ce que les autres font. Mais le chemin de la
difficulté est le chemin que peu de gens prennent. Il est difficile de se démarquer et de
suivre son propre chemin, mais c'est le seul moyen de réaliser ses rêves."

Tinga réfléchit à ces paroles et décida de prendre le chemin de la difficulté. Il


commença à s'entraîner dur et à apprendre les arts de la guerre. Il passa des heures à
s'exercer et à se préparer pour les défis qui l'attendaient.

Les années passèrent et Tinga devint un grand guerrier. Il protégea son village
des dangers qui le menaçaient et devint un héros pour son peuple. Il réalisa que le vieux
sage avait raison : le chemin de la difficulté était le chemin qui l'avait mené à la grandeur.

*Leçon du conte*

- Le destin est entre nos mains.

- Le chemin de la difficulté est souvent le chemin qui mène à la grandeur.

- Il faut être prêt à prendre des risques et à faire des sacrifices pour réaliser ses rêves.

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*Morale*

Le conte de Tinga nous enseigne que le destin est entre nos mains et que nous
avons le pouvoir de choisir notre propre chemin. Il nous montre que le chemin de la
difficulté est souvent le chemin qui mène à la grandeur et que nous devons être prêts à
prendre des risques et à faire des sacrifices pour réaliser nos rêves.

Auteur : AHOLOUKPE EMMANUEL

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LA PRISE DU PAUVRE PÊCHEUR

Au bord d'un village côtier


tranquille vivait Obinna, un pauvre
pêcheur connu pour son esprit
infatigable. Chaque aube, bien avant
que le premier coq ne soit couronné,
il portait son vieux canoë à l'eau et
jetait son seul filet en lambeaux - la
seule possession qui le liait à l'espoir.

Mais la chance ne lui avait jamais


souri. Son filet revenait toujours à
moitié vide, et de nombreux jours il ne
se nourrit que de l'odeur de la brise
marine.

Un matin, alors que le ciel


s'enflammait orange à l'horizon,
Obinna pagaya plus loin qu'il n'avait
jamais osé. Les villageois l'avertissaient de ne jamais aller au-delà du virage profond de
la côte, où régnaient des courants imprévisibles. Mais la faim avait aiguisé son courage.

Soudain, l'eau a violemment ondulée. Une ombre énorme se déplaçait sous son
canoë - plus grande que tout ce qu'il n'avait jamais vu. Son cœur a martelé comme un
tambour. C'était un poisson géant, brillant comme un éclair argenté.

« Cette prise pourrait changer ma vie, » a-t-il murmuré.

Mais pour l'attraper, il faudrait qu'il jette son seul filet dans les profondeurs. Si le
courant l'emportait, il reviendrait chez lui sans rien - même pas les moyens de pêcher à
nouveau.

Pendant un long moment, il a hésité. Puis il se souvient de la douleur dans son


estomac, de son toit qui fuit et de ses rêves enfouis sous la pauvreté.

Avec une profonde respiration, Obinna sauta à ses pieds et jeta son filet avec
chaque once de force qu'il avait.
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La mer rugit. Le canoë a déchiré. Le filet a coulé hors de vue.

Silence.

Puis l'eau monta vers le haut comme si l'océan lui-même expirait. Obinna a tiré
avec les mains tremblantes. Le poids était énorme. Ses bras ont brûlé. Son dos a crié.

Finalement, il a traîné la prise dans son canoë - et il a gelé avec étonnement.

Il n’y avait pas de poisson.

Le filet était rempli de pièces d'or scintillantes, scintillant comme un tas de soleils
capturés. Le poids a presque fait basculer le canoë.

Des larmes coulaient sur son visage. Le risque qu'il craignait de prendre avait
ouvert la porte pour laquelle il avait prié toute sa vie.

Obinna a pataugé chez elle avec une joie tremblante, l'homme le plus riche que le
village n'ait jamais vu. Et à partir de ce jour, il a dit à tous les jeunes pêcheurs qui sont
venus à lui :

« Le risque est le pont entre pauvreté et prospérité. Ceux qui osent dépasser la
peur trouvent souvent les trésors cachés de l'autre côté. »

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LE CULTIVATEUR ET LA HOUE EN FER

Il était une fois, dans un village africain, un jeune


cultivateur nommé Kofi qui vivait avec sa famille
dans une petite case en terre. Kofi était un homme
travailleur et courageux, mais il était souvent
découragé par la difficulté de cultiver la terre avec
sa vieille houe en bois.

Un jour, alors qu'il était en train de labourer son


champ, il rencontra un vieil homme sage qui s'appuyait sur une houe en fer. Le vieil
homme s'approcha de Kofi et lui dit : "Mon fils, je vois que tu es un travailleur acharné,
mais je vois aussi que tu es découragé. Qu'est-ce qui te préoccupe ?"

Kofi lui expliqua la situation et le vieil homme sourit. "Je vais te raconter une
histoire, Kofi. Il y a très longtemps, nos ancêtres vivaient dans une terre où la nourriture
était abondante et les récoltes étaient riches. Mais avec le temps, la terre commença à
s'appauvrir et les récoltes diminuèrent. Les cultivateurs se plaignaient et se
décourageaient, mais un jour, un jeune homme nommé Akoto décida de chercher une
solution.

"Akoto alla voir le chef du village et lui demanda : 'Père, pourquoi nos récoltes
sont-elles si pauvres ?' Le chef répondit : 'C'est parce que nous n'utilisons pas les bons
outils. Nous avons besoin d'une houe en fer pour labourer la terre.' Akoto demanda : 'Où
puis-je trouver une telle houe ?' Le chef répondit : 'Il faut aller la chercher dans la forêt
sacrée.'

"Akoto se mit en route et après plusieurs jours de marche, il arriva à la forêt sacrée.
Il y rencontra un esprit de la forêt qui lui demanda : 'Que cherches-tu, Akoto ?' Akoto
expliqua la situation et l'esprit lui donna une houe en fer en lui disant : 'Cette houe te
permettra de labourer la terre et de récolter des fruits abondants. Mais n'oublie pas de
prendre soin de la terre et de respecter les esprits de la forêt.'

"Akoto retourna au village et montra la houe en fer au chef. Les cultivateurs se


mirent à l'utiliser et les récoltes furent abondantes. Le village prospéra et Akoto devint un
héros.

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"Et maintenant, Kofi, c'est à toi de jouer. Prends cette houe en fer et cultive la terre
avec amour et respect. N'oublie pas de prendre soin de la terre et de respecter les esprits
de la forêt."

Kofi prit la houe en fer et se mit au travail. Il laboura la terre avec amour et respect,
et les récoltes furent abondantes. Il partagea ses connaissances avec les autres
cultivateurs et le village prospéra.

Et depuis ce jour, les cultivateurs africains utilisent la houe en fer pour labourer la
terre et récolter des fruits abondants, en respectant la terre et les esprits de la forêt.

Leçon du conte

- La houe en fer est un outil important pour les cultivateurs africains.

- Il faut prendre soin de la terre et respecter les esprits de la forêt.

- Le travail acharné et la détermination peuvent mener au succès.

- Il est important de partager ses connaissances avec les autres pour le bien de la
communauté.

Morale

Le conte de Kofi et de la houe en fer nous enseigne l'importance de prendre soin


de la terre et de respecter les esprits de la forêt. Il nous montre que le travail acharné et
la détermination peuvent mener au succès, et que le partage des connaissances est
essentiel pour le bien de la communauté. Il nous encourage à être reconnaissants pour
les outils et les ressources que nous avons, et à les utiliser de manière responsable et
respectueuse.

Auteur AHOLOUKPE EMMANUEL

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Pourquoi l’épervier attrape les poussins

Savez-vous pourquoi l’épervier fond sur les poussins sans


hésiter ?

Et pourquoi, dans bien des familles africaines, les derniers-nés


sont les plus chéris ?

Voici l’histoire que racontaient les anciens, à la tombée du jour.

Autrefois, dans un village perdu au cœur de la brousse, vivait


un vieil homme aveugle. La cécité n’était pas son seul fardeau : entre ses jambes pendait
une énorme enflure, grosse comme une calebasse bien mûre, qui le faisait souffrir jour
et nuit.

Chaque matin, ses enfants le conduisaient sous le grand arbre derrière le village,
là où l’ombre apaise les douleurs. Puis ils repartaient vaquer à leurs occupations.

Un jour, vers le milieu de la journée, un épervier surgit du ciel en poursuivant un


margouillat. Affolé, le petit reptile se réfugia sous la grosse calebasse du vieil homme.

L’épervier cria alors : — « Vieil homme, si tu me livres le margouillat, j’ouvrirai tes


yeux ! »

Le margouillat répliqua aussitôt : — « Si tu me protèges, je soignerai ta calebasse,


et ton corps redeviendra comme avant. »

Le vieil homme, pris entre deux promesses, resta indécis. Il appela ses femmes et
ses enfants. Une grande discussion s’engagea : les uns voulaient livrer le margouillat
pour rendre la vue au père, les autres préféraient le garder pour guérir son mal caché.

Alors arriva le benjamin, fils de la seconde épouse. Petit par l’âge, mais grand par
l’esprit, il dit doucement à sa mère : — « Maman, dis à papa de demander à l’épervier un
poussin à la place du margouillat. Ainsi, papa sera guéri des deux maux. »

La mère transmit les paroles à son mari. Le vieil homme supplia l’épervier, qui
accepta avec joie — car jamais encore il n’avait goûté à un poussin. On apporta un gros
poussin bien dodu. L’épervier vola autour du vieil homme, frappant ses yeux de ses ailes

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une première fois… puis une deuxième… puis une troisième. À la quatrième, la vue
revint, claire comme l’eau du fleuve. Alors seulement, l’épervier saisit le poussin et
s’envola.

Depuis ce jour, l’épervier attrape nos poussins.

Le margouillat tint aussi sa promesse : la grosse calebasse disparut, et le vieil


homme fut entièrement guéri. Depuis ce jour également, les derniers-nés sont aimés et
protégés, car leur parole peut sauver toute une famille. Et bien souvent, les plus jeunes
épouses sont préférées, car la sagesse ne suit pas toujours l’ordre de l’âge.

Morale :

La sagesse ne se loge pas toujours chez les plus âgés ni chez les plus forts. Elle
peut naître dans la bouche du plus jeune, de celui qu’on écoute à peine, mais dont le
regard n’est pas encore troublé par l’orgueil.

Ce conte nous enseigne que mépriser une petite voix, c’est parfois refuser la
solution à un grand problème. Dans nos traditions africaines, chaque enfant porte une
part de l’intelligence du monde, car la vérité ne choisit ni l’âge ni le rang pour se
manifester.

Il nous rappelle aussi que toute victoire a un prix, et que chaque choix laisse une trace :
le poussin donné à l’épervier est devenu une dette transmise aux générations, preuve
que les décisions d’hier façonnent les réalités d’aujourd’hui.

Enfin, il affirme ceci : un peuple qui sait écouter ses enfants, respecter la parole
juste et honorer la sagesse sous toutes ses formes, se donne les moyens de guérir ses
blessures sans perdre son âme.

Écoutons nos enfants. Écoutons les voix discrètes. Préservons nos contes, car
ils portent des vérités que les livres oublient.

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LE ROCHER MYSTIQUE

Il était une fois, dans un village africain


nommé Kambili, un jeune garçon nommé
Kwame qui vivait avec sa famille. Kwame
était un garçon curieux et aventureux qui
aimait explorer les environs du village. Un
jour, il entendit parler d'un rocher
mystique qui se trouvait dans la forêt
voisine. On disait que ce rocher avait des
pouvoirs magiques et qu'il pouvait
exaucer les vœux de ceux qui le
touchaient.

Kwame fut fasciné par l'histoire du rocher et décida de partir à sa recherche. Il se


mit en route, traversant la forêt et rencontrant de nombreux animaux en chemin. Il
rencontra un vieux sage qui lui dit : "Kwame, le rocher mystique est un endroit puissant,
mais il est également gardé par des esprits qui ne veulent pas que les humains le
trouvent. Tu dois être prêt à affronter tes peurs et à prouver ta sagesse pour atteindre le
rocher."

Kwame écouta les conseils du vieux sage et continua son chemin. Il rencontra un
lion qui lui barra la route, mais Kwame lui parla avec respect et le lion s'écarta. Il rencontra
un serpent qui lui fit peur, mais Kwame resta calme et le serpent s'enroula autour de son
bras.

Enfin, Kwame arriva au rocher mystique. Il le toucha et sentit une énergie étrange
l'envahir. Le rocher lui apparut en vision et lui dit : "Kwame, je suis le gardien de la
sagesse et de la connaissance. Je peux t'accorder un vœu, mais tu dois d'abord prouver
ta sagesse et ta générosité."

Kwame réfléchit et demanda : "Je veux que mon village soit prospère et que tous
ses habitants soient heureux." Le rocher lui répondit : "Ton vœu est noble, mais il est
également égoïste. Tu demandes le bonheur pour ton village, mais qu'en est-il des autres
villages ? Qu'en est-il de la planète entière ?"

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Kwame comprit son erreur et demanda : "Je veux que la planète entière soit
prospère et que tous les êtres vivants soient heureux." Le rocher lui répondit : "Ton vœu
est généreux et sage. Je l'accorde."

Kwame revint au village, le cœur plein de joie et de sagesse. Il partagea son


expérience avec les villageois et ensemble, ils décidèrent de travailler pour le bien de la
planète entière.

Leçon du conte :

- La sagesse et la générosité sont les clés pour atteindre le bonheur et la prospérité.

- Il est important de penser aux autres et de travailler pour le bien commun.

- La connaissance et la compréhension sont les clés pour prendre des décisions sages.

Morale :

Le conte de Kwame et du rocher mystique nous enseigne que la sagesse et la


générosité sont les clés pour atteindre le bonheur et la prospérité. Il nous montre que
nous devons penser aux autres et travailler pour le bien commun pour créer un monde
meilleur.

Auteur AHOLOUKPE EMMANUEL

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Le tam-tam qui refusait de se taire

Il était une fois, dans un village niché


entre la savane et la forêt, un jeune garçon
nommé Komi. Il n’était ni le plus fort, ni le
plus rapide, ni le plus intelligent. Mais Komi
avait un rêve : devenir le meilleur joueur de
tam-tam du village, celui dont le rythme fait
danser les cœurs et parler les ancêtres.

Le problème, c’est que Komi jouait très


mal.

Chaque fois qu’il frappait le tam-tam, les


sons sortaient désordonnés, parfois trop
forts, parfois trop faibles. Les enfants se
moquaient de lui : — « Arrête, Komi ! Tu
fais mal aux oreilles du tam-tam ! » Même
certains adultes secouaient la tête avec pitié : — « Ce garçon perd son temps… »

Un soir, découragé, Komi alla s’asseoir près du vieux Maître Soba, le plus ancien
joueur de tam-tam du village. Le vieil homme l’observa longuement puis lui dit : — «
Pourquoi reviens-tu chaque jour jouer, alors que tout le monde se moque de toi ? »

Komi répondit d’une voix tremblante : — « Parce que mon cœur n’abandonne pas,
même quand mes mains échouent. »

Le vieil homme sourit.

À partir de ce jour, Komi s’entraîna chaque matin avant le lever du soleil et chaque
soir après le coucher. Ses mains saignaient parfois, son dos faisait mal, mais il revenait
toujours. Quand il échouait, il recommençait. Quand il tombait, il se relevait. Quand
personne ne croyait en lui, il croyait encore.

Les saisons passèrent.

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Un jour, une grande fête fut organisée au village. Tous les joueurs de tam-tam
étaient présents. Mais au moment crucial, le tambour principal se déchira. Panique
générale. Le silence tomba sur la foule.

Alors Komi s’avança doucement. — « Laissez-moi essayer », dit-il.

Les villageois hésitèrent… puis acceptèrent, faute de mieux.

Komi frappa le tam-tam.

Un rythme profond, régulier et puissant s’éleva. Le silence devint admiration. Les


pieds commencèrent à danser, les mains à applaudir, les cœurs à vibrer. Ce n’était pas
seulement un son : c’était la voix de la persévérance.

Le vieux Maître Soba déclara alors : — « Ce garçon n’a pas gagné parce qu’il était
doué, mais parce qu’il n’a jamais abandonné. »

Depuis ce jour, on enseigne aux enfants du village que la persévérance transforme


les échecs en chemins et les moqueries en victoires.

Morale du conte

Le talent ouvre la porte, mais la persévérance construit la maison.

Celui qui persévère va plus loin que celui qui commence bien mais abandonne.

N’abandonne jamais un rêve simplement parce qu’il est difficile.

AUTEUR : AHOLOUKPE EMMANUEL

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La calebasse brisée et le cœur fidèle

Il y a longtemps, dans un village du royaume


d’Abomey, vivait une jeune fille nommée
Awa.

Elle n’était ni riche, ni particulièrement


remarquée. Mais elle avait une qualité rare :
un cœur profondément bon.

Awa vivait avec sa grand-mère, une vieille


femme fatiguée par les années.

Chaque jour, la jeune fille parcourait de longues distances pour aller chercher de l’eau au
marigot, à l’aide d’une vieille calebasse fissurée.

Les autres filles du village se moquaient d’elle :


« Regarde Awa ! Même sa calebasse est fatiguée comme sa grand-mère ! »

Mais Awa ne répondait jamais. Elle souriait simplement… et continuait son chemin.

Un jour, alors qu’elle revenait du marigot, la calebasse se fissura davantage. L’eau


s’échappait goutte à goutte avant même qu’elle n’arrive à la maison.

Fatiguée et triste, Awa s’arrêta sous un arbre et murmura :

« À quoi bon tous mes efforts si je n’arrive même pas à ramener de l’eau correctement ?
»

C’est alors qu’une vieille femme apparut, comme sortie de nulle part.

Elle avait le regard profond, comme si elle connaissait tous les secrets du monde.

Elle dit doucement :

« Awa, regarde derrière toi. »

Awa se retourna… et fut surprise.

Tout le long du chemin qu’elle empruntait chaque jour, des fleurs magnifiques avaient
poussé.

Des fleurs qu’on ne voyait nulle part ailleurs dans le village.


La vieille femme sourit et dit :

« C’est l’eau que ta calebasse perd qui a donné vie à ces fleurs.

Ce que tu crois être une faiblesse est devenu une bénédiction. »


Les yeux d’Awa se remplirent de larmes.

« Mais je n’ai jamais cherché à faire cela… »


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« Justement, répondit la vieille femme. Les cœurs sincères font du bien sans même le
savoir. »

Le lendemain, les habitants du village découvrirent ce chemin fleuri.


Ils furent émerveillés.

Peu à peu, ce chemin devint un lieu de passage, puis un lieu de repos… puis un symbole
de paix.

Awa, la jeune fille moquée, fut désormais respectée.

Et sa grand-mère lui dit un jour :

« Ma fille, ce n’est pas ce que tu possèdes qui te rend précieuse… c’est ce que tu donnes
au monde. ».

Morale du conte

Nos faiblesses peuvent devenir des bénédictions


La bonté sincère laisse des traces invisibles mais puissantes

Il ne faut jamais mépriser ce qui semble imparfait.

Fridaos AKLE

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La vieille femme et le secret du vent
Il était une fois, dans un village paisible
entouré de collines , une vieille femme
appelée Maman Sika. Elle vivait seule dans
une petite case , avec pour seule
compagnie le vent qui soufflait doucement
chaque soir .

Les villageois disaient qu’elle était étrange…


car elle parlait souvent au vent.

— “Le vent me comprend mieux que les


hommes,” disait-elle en souriant .

Un jour, une grande sécheresse frappa le


village . Les champs étaient secs, les
puits presque vides, et la tristesse remplissait
les cœurs .

Les habitants, désespérés, vinrent voir


Maman Sika.
— “Toi qui parles au vent, peux-tu nous aider ?” demandèrent-ils.

La vieille femme ferma les yeux, leva les mains vers le ciel et murmura quelque
chose que personne ne comprit .

Le vent se leva soudainement … doux au début, puis de plus en plus fort. Les
nuages arrivèrent , et bientôt, la pluie tomba , abondante et bienfaisante.

Le village fut sauvé .

Les habitants, reconnaissants, voulurent lui offrir des cadeaux . Mais Maman Sika
secoua la tête.

— “Je n’ai rien fait… j’ai seulement écouté ce que le vent avait à dire.”
Depuis ce jour, plus personne ne la trouva étrange. Au contraire, on venait la voir pour
apprendre à écouter… non seulement le vent , mais aussi leur propre cœur .

Morale : Parfois, les plus grandes réponses viennent du silence et de l’écoute

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Le tambour fendu et la voix du village
Il y a longtemps, dans un village du royaume de
Danxomè, vivait un jeune garçon nommé Kofi.
Il n’était ni fort, ni riche, ni particulièrement habile
aux yeux des autres. Mais il avait une chose rare :
il aimait écouter et observer le monde.

Un jour, le chef du village annonça un grand


concours de tambours. Le meilleur joueur serait
chargé d’annoncer les événements importants du
village.

Tous les jeunes s’entraînaient avec de beaux


tambours neufs.

Mais Kofi, lui, n’avait qu’un vieux tambour fendu


que plus personne ne voulait utiliser.

Les autres se moquaient de lui : « Comment veux-


tu gagner avec un tambour cassé ? »

Kofi ne répondit pas. Il continuait simplement à s’entraîner chaque soir, seul, sous le
grand fromager.
Le jour du concours arriva.

Les sons des tambours étaient puissants, réguliers, impressionnants.

Quand vint le tour de Kofi, un silence s’installa. Certains riaient déjà.

Mais dès qu’il commença à jouer… quelque chose d’étrange se produisit.


Son tambour fendu produisait un son différent plus profond et plus vivant. Comme s’il
racontait une histoire.

Le village entier se tut. Même les oiseaux semblaient écouter.

À la fin, le chef se leva et dit : « Ce jeune garçon n’a pas seulement joué du tambour… il
a fait parler le cœur du village. »

Kofi fut choisi.

Les autres jeunes comprirent alors une grande vérité : ce qui est cassé n’est pas toujours
inutile… parfois, cela donne une voix unique au monde.

Morale du conte :

Nos imperfections peuvent devenir notre plus grande force. Ce que les autres rejettent
peut cacher un talent unique.

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La calebasse qui refusait de se
casser
Dans un petit village du sud du Bénin, vivait un
vieux potier nommé Kpeto.

Il fabriquait des jarres et des calebasses pour


les familles du village. Mais parmi toutes ses
créations, il y en avait une étrange : une petite
calebasse qui ne se cassait jamais.
Un jour, un enfant du village, Sènan, curieux et un peu moqueur, demanda au vieux
potier :
— Pourquoi cette calebasse ne se brise jamais comme les autres ?

Le vieux sourit sans répondre. Il lui tendit simplement la calebasse et dit :

— Essaie de la casser.
Sènan, sûr de lui, la lança contre le sol. Rien. Pas une fissure. Il la jeta contre un mur.
Toujours rien. Il la frappa avec une pierre. Elle resta intacte.

Fatigué, il demanda :

— Comment est-ce possible ?

Le vieux potier répondit calmement :

— Cette calebasse a été cuite dans le feu de la patience et trempée dans l’eau de la
persévérance. Elle a appris à supporter les chocs sans se détruire.Sènan repartit chez
lui, pensif.

Quelques jours plus tard, il commença à remarquer quelque chose : chaque fois qu’il se
fâchait ou échouait, il abandonnait facilement. Il se souvenait alors de la calebasse.

Petit à petit, il apprit à résister aux difficultés, à ne plus “se casser” face aux problèmes.
Il devenait plus calme, plus fort.

Des années plus tard, Sènan devint un chef respecté du village. Et chaque fois qu’un
jeune abandonnait trop vite, il racontait l’histoire de la calebasse invincible.

Morale du conte :

La vraie force ne vient pas de l’absence d’épreuves, mais de la capacité à ne pas se


briser face à elles. La patience et la persévérance transforment les faibles en forts.

Fridaos AKLE

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Le tambour qui ne sonnait pas
Dans le village de Zogbodomey vivait Koffi, un garçon de 16
ans. Chaque année, pour la fête des ignames, le chef
choisissait un jeune pour battre le grand tambour sacré qui
lançait les danses.

Koffi rêvait d’être choisi. Mais il avait un problème : il était


sourd d’une oreille depuis tout petit.

— « Comment battre le tambour si tu n’entends même pas


le rythme ? » se moquaient les anciens.

Le jour du choix, le chef remit à chaque garçon une baguette.

— « Allez dans la brousse. Celui qui ramènera le son le plus


beau jouera demain. »

Les autres coururent vers les cascades, les oiseaux, les vents dans les bambous. Koffi,
lui, s’assit près de la termitière du vieux sage Agbo. Il posa sa main sur le sol.

Et il sentit.

Il sentit les pas des antilopes au loin. Les vers qui creusaient. Le cœur de la terre qui
battait, lent, profond, régulier. Boum... boum... boum...

Il rentra au village sans aucun son enregistré. Les autres rirent. Mais quand vint son tour,
Koffi ferma les yeux, posa sa baguette sur le tambour sacré... et ne frappa pas.

Il attendit. Sentit le boum... boum... de la terre sous ses pieds. Puis il frappa.

Une fois.

Exactement entre deux battements du cœur de la terre.

Le silence se fit. Puis la terre répondit. Un écho sourd monta du sol, fit vibrer les cases,
les calebasses, les poitrines. Même les sourds du village sentirent le son dans leurs os.

Le chef se leva.

— « Nous écoutions avec les oreilles. Lui, il a écouté avec le corps. Koffi jouera. »

Cette nuit-là, personne ne dansa sur le rythme. Tout le monde dansa dans le rythme.

Morale : Ce que le monde appelle ton handicap est parfois la seule façon d’entendre ce
que personne d’autre

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Ce que l’on ne retrouve jamais.
Un homme vivait heureux auprès de la femme qu’il
aimait profondément. Chaque jour, il goûtait à la
douceur de sa présence sans toujours mesurer la
valeur de ces instants simples : un sourire, une
parole tendre, une étreinte silencieuse.

Un matin, alors qu’il la serrait contre lui, une pensée


étrange traversa son esprit. Il ressentit le besoin de marcher seul pour réfléchir. Il prit
donc le chemin de la colline, laissant derrière lui la maison encore paisible.

En avançant, il aperçut un petit garçon en pleurs devant les restes d’un cerf-volant brisé.
Plus tard, il repassa au même endroit et vit l’enfant rire de nouveau, son jouet réparé
entre les mains.

Un peu plus loin, au bord de la rivière, un menuisier cherchait désespérément une


planche emportée par le courant. Après plusieurs efforts, l’homme réussit finalement à la
récupérer.

Le voyageur continua sa route et observa partout la même scène : des objets perdus puis
retrouvés, des choses cassées puis réparées, des difficultés surmontées avec patience.
Le vent emportait les feuilles mortes, puis les ramenait parfois au sol. La nature elle-
même semblait enseigner que bien des choses finissent par revenir.

Le cœur plus léger, il se dit alors qu’il rentrerait vite embrasser celle qu’il aimait.

Mais en approchant de sa maison, un silence inhabituel l’accueillit. Il appela, sans


réponse. Il entra, le souffle coupé. La femme qu’il espérait retrouver n’était plus là. Elle
venait de quitter ce monde.

L’homme s’effondra.

Alors seulement, il comprit la leçon que la vie avait placée sur sa route ce jour-là : on peut
retrouver un objet perdu, reconstruire une maison détruite, regagner de l’argent disparu…
mais certaines absences ne reviennent jamais.

Dès lors, il se mit à répéter à ceux qu’il rencontrait :

« Aimez pendant qu’il est encore temps. Serrez vos proches dans vos bras tant
qu’ils respirent encore. Car tout se remplace… sauf une vie. »

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Le singe et le fruit de minuit
Au fond de la jungle brumeuse d'Isale, caché au-delà du dernier
virage de la rivière émeraude, se tenait un arbre mystérieux qui
ne portait ses fruits qu'à minuit. Son tronc brillait légèrement au
clair de lune, et ses branches murmuraient des secrets quand le
vent passait.
Les villageois l'appelaient Igbako, l'arbre de la vérité.
Il a été dit : « Cet arbre ne donne des fruits qu'à ceux qui disent
la vérité dans les ténèbres. Un mensonge, et les fruits
disparaissent à jamais. ”
Mais la plupart craignaient l'arbre - parce que la vérité, lorsqu'elle est dite à haute voix,
peut piquer.
Maintenant, vivait un singe intelligent nommé Tantu, qui n'avait jamais raconté une
histoire honnête de sa vie. Il pouvait imiter les oiseaux, tromper les crocodiles, et même
parler pour sortir des pièges à hyènes. Mais quand une sécheresse frappe la terre et que
la faim pliait même la plus grande girafe, les jeux de Tantu ne le nourrissaient plus.
Une nuit, affamé et désespéré, il s'est aventuré à Igbako.
La voix de l'arbre gronde bas et ancienne :
« Dis ta vérité, Tantu. Et seulement ta vérité. ”
Tantu a avalé fort.
« J'ai volé », dit-il, la voix tremblante. « J'ai menti à des amis et je me suis moqué de ceux
qui m'ont nourri. Je... Une fois j'ai reproché au vent d'avoir volé des mangues que j'ai
prises moi- ”
L'arbre était silencieux.
Puis, un seul fruit doré éclore devant lui - brillant, pulsant, vivant.
Tantu l'a pris... mais fait une pause.
« J'ai fait semblant d'être un oiseau mourant pour attirer l'attention, » a-t-il rapidement «
Ça... ça aussi était un mensonge. ”
Les fruits scintillaient plus fort.
Il l'a plumé et a mangé.
Depuis cette nuit-là, Tantu a changé. Il est devenu le conteur de la forêt - non pas des
astuces, mais des vérités. Ses mots nourrissaient les esprits, pas seulement les ventres.
Et à chaque pleine lune, un nouveau fruit fleurit pour lui.
Leçon de morale :
La vérité est peut-être amère à dire, mais elle porte les fruits les plus doux. Quand nous
assumons nos erreurs, même la nuit la plus sombre peut nous récompenser.
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Le garçon qui voulait devenir riche
Il y avait une fois, dans un petit quartier de
Cotonou, un jeune garçon nommé Koffi. Il
n’avait pas beaucoup d’argent, mais il avait
un grand rêve : devenir riche pour changer la
vie de sa famille.

Chaque jour, il regardait les grandes voitures


passer et se disait :

— “Un jour, ce sera moi…”

Mais Koffi ne savait pas par où commencer.

Un soir, en marchant seul, il rencontra un vieil homme assis sous un arbre. Le vieil homme
lui demanda :

— “Pourquoi es-tu si pensif, mon fils ?”

Koffi répondit :

— “Je veux réussir, avoir de l’argent… mais je ne sais pas comment.”

Le vieil homme sourit et lui tendit une petite graine.

— “Prends cette graine. Plante-la et prends-en soin. Elle te donnera ta réponse.”

Koffi, un peu déçu, pensait qu’on allait lui donner un secret magique. Mais il prit quand
même la graine et la planta derrière leur maison.

Chaque jour, il arrosait la graine. Rien ne poussait.

1 semaine… rien.

1 mois… toujours rien.

Ses amis se moquaient de lui :

— “Tu perds ton temps !”

Mais Koffi continua.

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Après plusieurs mois, une petite pousse sortit enfin de la terre. Koffi était rempli de joie.
Il continua à en prendre soin, sans abandonner.

Les années passèrent.

La graine devint un grand arbre, solide et magnifique.

Un jour, le vieil homme revint.

— “Alors, qu’as-tu appris ?”

Koffi répondit :

— “J’ai appris que pour réussir, il faut de la patience, du travail et ne jamais abandonner.”

Le vieil homme sourit :

— “Voilà la vraie richesse.”

Koffi comprit alors que ce n’était pas seulement l’argent qui rend riche, mais la discipline,
la persévérance et la foi en soi.

Et grâce à cette mentalité, quelques années plus tard… il réussit réellement dans la vie.

Morale :

Tu peux commencer avec rien… mais si tu ne lâches pas, tu peux tout construire

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La concession aux trois lunes
Il y a très longtemps, dans une grande concession du
royaume d'Abomey, vivait un chef nommé kokou. Sa
maison était vaste, entourée de murs en terre rouge, et il
avait trois épouses :

Kandé, l’aînée, sage et respectée ;

Mina, la seconde, travailleuse et discrète ;

et Sohoun, la plus jeune, belle et vive.

Dans ces temps anciens, la polygamie était une


organisation de vie, mais elle exigeait ordre, justice et
respect.

Chaque épouse avait son espace, ses enfants et ses responsabilités :

Kandé gérait les décisions familiales

Mina veillait aux champs

Sohoun s’occupait du commerce au marché

Le chef veillait à être juste. La concession vivait en paix.

Les anciens disaient : « Une maison à plusieurs femmes tient debout grâce à la justice
de l’homme. »

Avec le temps, Sohoun, la plus jeune, devint la préférée du chef. Il passait plus de temps
chez elle, lui offrait plus de présents et écoutait davantage ses paroles.

Peu à peu :

Kandé se sentit négligée

Mina se replia sur elle-même

les enfants commencèrent à se comparer

La paix quitta la concession.

Les champs produisaient moins,

les repas devenaient silencieux,

et les disputes éclataient souvent.

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Un jour, une grande querelle opposa les enfants des différentes épouses. Le chef comprit
alors que quelque chose était brisé.

Les sages du village vinrent le voir et lui dirent :

« Dans les anciens temps, la polygamie n’était pas un jeu de préférence, mais un devoir
d’équilibre.

Celui qui favorise une épouse détruit toutes les autres… et sa propre maison. »

Touché, le chef changea :

il répartit équitablement son temps

il redonna à Kandé sa place d’aînée

il valorisa le travail de Mina

il rappela à Sohoun l’importance de l’unité

Il rassembla toute la famille et dit : « Une seule femme divisée, c’est une maison fragile.
Plusieurs femmes unies, c’est une force. »

Avec le temps, la concession retrouva son harmonie.

Les enfants grandirent dans le respect,

et les épouses apprirent à vivre non comme rivales, mais comme piliers d’une même
maison.

Morale du conte

Dans les foyers polygamiques, la justice est essentielle

Le favoritisme détruit l’équilibre familial

L’unité est plus importante que les préférences

Diriger une grande famille demande sagesse et responsabilité

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Le Mont qui buvait les nuages
Très loin d’ici, là où la terre monte toucher le ciel, se dresse le Mont Cameroun, Mongo
ma Ndemi. Les anciens de Buea disent qu’il n’est pas une montagne. C’est un géant
couché, qui dort depuis que le monde est monde.

Dans les temps anciens, quand les pirogues remontaient encore le Wouri jusqu’à Douala,
vivait une fillette nommée Ngo. Elle était njanga, danseuse des eaux. Ses pieds ne
faisaient aucun bruit sur le sol. On disait qu’elle avait appris à marcher sur la brume.

Une année, la pluie cessa de tomber sur le Littoral. Le Moungo devint un fil. Les marchés
de Mboppi étaient pleins de poussière et vides de poissons. Les vieux disaient : « Mongo
ma Ndemi a soif. Il a bu tous les nuages. »

Ngo décida de monter le réveiller. Elle prit trois choses : une calebasse vide, une plume
de perroquet gris du Mbam, et le nom de sa grand-mère qu’elle n’avait jamais dit à voix
haute.

Elle marcha sept jours. La forêt devint froide. Les arbres devinrent petits. Au sommet, elle
trouva le cratère. Ce n’était pas du feu. C’était une bouche. Immense, ouverte vers le ciel,
qui aspirait les nuages et les avalait. Fouop... fouop... Le bruit que fait une jarre qu’on
vide.

« Grand Mongo, » cria Ngo, « rends-nous la pluie. Les enfants toussent et les poissons
rêvent de nager. »

La montagne ne répondit pas. Elle dormait. Seule sa bouche buvait.

Ngo se souvint de ce que sa grand-mère lui avait dit : « Pour réveiller un géant, il ne faut
pas crier. Il faut lui rappeler un rêve. »

Alors Ngo dansa. Pieds nus sur la lave froide. Elle dansa la bikutsi de la première goutte.
Elle dansa l’assayiko des pêcheurs de Youpwé. Elle dansa le silence juste avant que
l’orage gronde.

À chaque pas, la plume de perroquet battait. À chaque tour, elle murmurait le nom de sa
grand-mère : « Akwa. »

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Le nom tomba dans le cratère. La bouche du géant s’arrêta de boire. Un grondement
monta des profondeurs. Pas de la colère. Un ronflement qui se change en parole.

« Petite Ngo, pourquoi danses-tu sur mon sommeil ? »

« Parce que tu as bu tous les nuages, Grand-Père. Et sans nuage, il n’y a pas d’histoire
à raconter au bord du feu. »

Mongo ma Ndemi rit. La terre trembla jusqu’à Limbé. « Je n’ai pas bu. Je garde. Les
nuages d’en bas étaient tristes. Les hommes ne levaient plus les yeux. Alors je les ai
cueillis pour qu’ils ne meurent pas de chagrin. »

Il ouvrit sa bouche plus grande. À l’intérieur, Ngo vit des milliers de nuages roulés en
boule, comme du coton. Chacun brillait un peu. Dans chacun, il y avait un reflet : un
enfant qui attend la pluie, une femme qui lave le ndolé, un piroguier sur le Wouri.

« Choisis-en un, » dit le Mont. « Souffle dessus. Il retournera au ciel et tous ses frères le
suivront. »

Ngo plongea la main et prit le plus petit. Il était tiède et sentait la mangue. Elle souffla. Le
nuage s’envola, puis deux, puis dix, puis tous. Le ciel devint noir de nuages. Puis il se
déchira.

La pluie tomba. D’abord sur le Mont. Puis sur Buea. Puis sur Douala, sur Edéa, sur Kribi.
Elle tomba pendant sept jours. Le Moungo redevint large. Les poissons revinrent. Les
marchés chantèrent.

Avant de partir, Mongo ma Ndemi donna la calebasse vide à Ngo. « Quand ton peuple
aura encore soif d’histoires, remplis-la de pluie et verse-la sur le feu. Les flammes
raconteront. »

Ngo redescendit. Elle est devenue la première conteuse de pluie. Quand elle verse l’eau
sur le feu, la vapeur dessine des images : des montagnes qui dorment, des géants qui
gardent les nuages, des petites filles qui dansent pour réveiller le monde.

On dit que si tu vas au Mont Cameroun un matin de brume et que tu danses sans faire
de bruit, tu entendras le géant ronfler. Et si tu tends ta calebasse, une goutte tombera
dedans. Elle aura le goût du nom qu’on n’a jamais osé dire tout.

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La Calebasse qui voulait voir la mer
Il était une fois, dans un village accroché au flanc du Mont Cameroun, une calebasse qui
en avait marre.

Elle s’appelait Ewolo. Depuis 7 saisons, elle servait le sha aux vieux, elle portait l’eau,
elle gardait les secrets. Mais elle n’avait jamais vu la mer. Elle entendait juste les histoires
: « La mer est salée comme la sueur. La mer chante quand elle est fâchée. La mer rend
les gens petits. »

Un matin, Ewolo a roulé toute seule hors de la case. Kpò-kpò-kpò sur la terre rouge.

La petite Ngo l’a vue. « Tu vas où comme ça, mama calebasse ? »

« À Kribi. Je veux goûter la mer avant de me fendre. »

Ngo a ri. « Tu es vide. La mer va te remplir et tu vas couler. »

Ewolo a répondu : « C’est mieux de couler pleine que de vivre vide. »

Elles sont parties ensemble. Ngo avec sa plume de perroquet gris, Ewolo sur sa tête.

Premier arrêt : marché Mboppi.

Tonton Samba le boucher les a vues. Il a posé sa balance.

« Petite, ton voyage pèse combien ? »

Ngo a dit : « Il pèse l’envie. »

La balance n’a pas bougé. Samba a secoué la tête. « L’envie toute seule ne voyage pas.
Il faut le courage. »

Il a coupé un morceau d’entrecôte et l’a mis dans Ewolo. « Voilà. Maintenant tu as le


poids. La viande, c’est du courage qui se mange. »

Deuxième arrêt : Camp du Feu de Kribi.

La nuit tombait. Tonton Paul a dit : « Pour passer, donnez un mot doux au feu. »

Ewolo était une calebasse. Elle ne parlait pas. Ngo a eu peur.

Alors Ewolo a fait glou-glou avec l’air. Le feu a compris. Fwoup. Il s’est allumé bleu.
Tonton Paul a chuchoté : « Même le vide peut remercier. » Il leur a donné un charbon
dans une boîte d’allumettes. « Si la mer est trop froide, soufflez dessus. »

Arrivée à la mer.

Kribi. Les vagues faisaient shhh-pah, shhh-pah.

Ewolo a tremblé. « J’ai peur de couler. »


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Ngo l’a posée sur le sable. « Goûte d’abord avec le bord. »

La première vague a léché Ewolo. Elle a eu le goût du sel, des pirogues, des pleurs des
pêcheurs et de leurs rires.

La deuxième vague est entrée dedans. Ewolo ne s’est pas fendue. Elle a chanté. Un son
grave, comme quand tu souffles dans le goulot.

Hooooouuuuuum.

La mer a répondu. Shhh-pah.

Elles se sont parlé toute la nuit, la calebasse et la mer. Une vide, une pleine. Une qui
garde, une qui donne.

Au matin, Ewolo était lourde. Pleine d’eau salée, de sable, et d’un petit crabe qui dormait
dedans.

« Je rentre au village, » a-t-elle dit à Ngo. « Dis-leur que la mer n’est pas méchante. Elle
est juste grande. Et quand tu es petit devant elle, tu comprends ta taille. Ça fait du bien.
»

Ngo est remontée vers le Mont Cameroun avec Ewolo sur la tête. Plus lourde, mais
contente.

Au village, les vieux ont bu l’eau de mer dans Ewolo. Ils ont fait la grimace. « C’est salé !
»

Ewolo a ri, glou-glou. « C’est le goût des choses qu’on est allé chercher loin. »

Depuis, dans ce village, quand un enfant dit « je veux voir », on ne dit plus « tu es trop
petit ».

On lui donne une calebasse vide, un morceau de viande pour le courage, et un charbon
pour la route.

On dit : « Va. Reviens plein. Ou reviens fendu. Mais reviens avec une histoire. »

Et Ewolo ? Elle est posée à l’entrée de la case de Ngo. Quand le vent du mont souffle
dedans, elle chante Hooooouuuuuum. Les enfants croient que c’est la mer qui appelle.

En vrai, c’est juste une calebasse qui se souvient qu’elle a eu assez de courage pour
aller goûter son rêve.

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Les ancêtres de Douala et le secret du fleuve
Il y a très longtemps, bien avant que la ville de Douala ne
devienne animée, les ancêtres vivaient paisiblement le
long du fleuve Wouri . Ils étaient pêcheurs,
commerçants et gardiens des traditions. Chaque geste,
chaque parole avait un sens, car ils croyaient que les
esprits des anciens vivaient encore parmi eux .

Dans ce village vivait un jeune garçon nommé Eboa .


Curieux et courageux, il aimait écouter les histoires
racontées par les anciens autour du feu . On disait
que, certaines nuits, les ancêtres apparaissaient près du
fleuve pour veiller sur les vivants

Mais Eboa ne voulait pas seulement écouter… il voulait voir .

Une nuit, alors que tout le village dormait, il se leva doucement et se dirigea vers le fleuve
. Le vent soufflait lentement, et l’eau brillait sous la lune . Son cœur battait fort ,
mais il continua d’avancer.

Arrivé au bord de l’eau, un silence profond s’installa… puis soudain, le fleuve commença
à bouger . Une lumière douce apparut, et peu à peu, des silhouettes se formèrent.

Elles étaient là, majestueuses, calmes, entourées d’une aura mystérieuse .

Eboa recula de peur, mais une voix douce l’appela :

— “N’aie pas peur, enfant…”

L’un des ancêtres s’approcha. Son regard était rempli de sagesse .

— “Pourquoi es-tu venu ?” demanda-t-il.

Eboa, tremblant, répondit :

— “Je veux comprendre… je veux vous voir… savoir si vous existez vraiment.”

L’ancêtre sourit légèrement .

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— “Nous existons à travers vous. Dans vos actes, dans votre respect, dans vos traditions.
Si vous oubliez qui vous êtes, alors nous disparaissons…”

À ces mots, Eboa sentit une chaleur dans son cœur . Il comprit que les ancêtres
n’étaient pas seulement des esprits visibles… mais une force invisible qui guide les
vivants.

Avant de disparaître, l’ancêtre lui dit encore :

— “Protège ce que nous t’avons laissé.”

Puis la lumière s’éteignit, et le fleuve redevint calme .

Eboa rentra au village, changé. En grandissant, il devint un homme respecté . Il

enseigna aux enfants l’importance des traditions, du respect des anciens et de l’unité .

Et depuis ce jour, on dit que lorsque le vent souffle sur le fleuve Wouri , ce sont les
ancêtres qui murmurent encore… rappelant à chacun de ne jamais oublier d’où il vient
.

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L’histoire des frères de sang
Dans un village, il existait un seul
puits. Ce puits faisait la fierté de tout le
village. Il ne tarissait jamais et son eau
était toujours potable claire et
limpide... Pendant la sécheresse, les
gens quittaient des villages
environnant pour venir à la recherche
de l'eau.

Un jour, un fait bizarre a été remarqué.


Toute personne qui jette son tire eau
dans le puits voit seule la corde
ressortir. Personne ne comprenait ce qui était dans le puits. Certains disaient que c'est
peut-être un diable, d'autres disaient non c'est un châtiment. Il faut faire des offrandes.
Alors il a fallu une réunion chez le chef pour trouver une solution. Qui sera l'homme
courageux qui rentrera dans le puits pour combattre ce mystère. Un jeune homme du
nom de Jean prend la responsabilité mais il a posé une seule condition. Il faut forcément
la présence de son petit frère. Le village tout entier ne comprenait pas pourquoi la
présence de son frère qui a fui le village après leur dispute.

Le jeune réplique : c'est ma seule condition, sans sa présence je ne rentrerai jamais dans
le puits* *Le lendemain les jeunes du village partirent à la recherche de ce frère. Et ce fut
avec beaucoup de plaisir que Jean décide de rentrer dans le puits. Les jeunes attachèrent
une corde sur lui et il descend lentement mais sûrement.

Arrivé au fond il découvre la présence d'un singe. Donc c'est cet animal qui empêchait
les gens de puiser de l'eau. Alors il combat le singe, le tue. Il le met sur sa tête et il remue
la corde. Les jeunes tirent la corde, ils tirent, et quand ils voient la tête du singe en
premier, tous laissèrent la corde et s'enfuient sauf son frère de sang. Le frère prit la corde
et s'éloigna progressivement du puits. De toutes ses forces, il tirait seul et c'est là il
remarque que Jean avait mis le singe sur sa tête.

C'est un moment fort. Jean se jeta dans les bras de son petit frère qui venait de lui sauver
la vie.

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Morale :

De nos jours, il est fréquent de voir des différends et des conflits surgir au sein des
familles, affaiblissant les liens qui devraient pourtant être les plus solides. Cette histoire
nous rappelle que, malgré les disputes et les désaccords, la famille demeure un pilier
essentiel. Lorsque les épreuves surviennent, ce sont souvent nos proches qui se tiennent
à nos côtés, prêts à nous soutenir. Plutôt que de laisser l’orgueil ou les malentendus nous
éloigner, il est important de faire preuve de pardon et de compréhension. À tous ceux qui
traversent des conflits familiaux, il est encore temps de tendre la main, d’apaiser les
rancœurs et de reconstruire ces liens précieux. Car rien ne vaut l’amour et la solidarité
d’une famille unie.

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La parole du feu sacré
Il y a bien longtemps, dans un village
caché au cœur de la savane, vivait un
jeune garçon nommé N'Goma. Curieux,
intelligent, mais aussi très impatient,
N'Goma voulait tout savoir, tout
comprendre… sans jamais écouter les
anciens.

Dans ce village, une tradition sacrée se


transmettait de génération en génération :
le soir du feu sacré, les anciens se
réunissaient autour d’un grand baobab pour raconter l’histoire que personne n’ose
oublier. Une histoire qu’on ne transcrit jamais, qu’on ne répète jamais hors du cercle. Une
histoire vivante, qui ne se livre qu’à ceux qui savent se taire pour mieux entendre.

Mais N’Goma, ce soir-là, cacha son impatience derrière un sourire rusé. Il s’était faufilé
dans les herbes hautes, tout près du feu. Il voulait entendre le secret.

Le vieux Baba Kébé, doyen du village, se leva. Sa voix était grave, comme le tonnerre
des ancêtres.

— Cette histoire, enfants de la terre, est une vérité qu’on ne raconte qu’une fois. Si tu
entends sans être prêt… le feu que tu verras ne brûlera pas ton corps, mais ton cœur.

N’Goma retint son souffle.

L’histoire commença :

> Il y a eu un roi qui possédait tout, mais ignorait la douleur des autres. Un jour, une vieille
femme mendiante lui demanda un simple morceau de pain. Il rit, et lui lança les restes
d’un festin. La nuit venue, le roi fit un rêve : son palais en flammes, son peuple en larmes,
et lui seul, affamé dans le froid…

Mais soudain, au moment le plus intense du récit, N’Goma éternua !

Les anciens se tournèrent brusquement. Baba Kébé s’approcha lentement.

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> — Tu n’étais pas prêt, mon fils. Tu voulais savoir, sans comprendre. Tu voulais la vérité,
sans te préparer au feu qu’elle porte.

À cet instant, le feu sacré s’éteignit d’un coup. Le silence fut total. Et dans le cœur de
N’Goma, quelque chose se brisa. Il ne put plus parler… plus jamais.

On raconte qu’il erra des années, dans d’autres villages, à écouter les anciens, à
ramasser des paroles comme des perles perdues. Ce n’est qu’à l’âge adulte qu’il retrouva
sa voix. Mais cette voix n’était plus la sienne : c’était celle des sages.

Morale :

> La connaissance est une flamme. Elle éclaire ceux qui attendent patiemment, mais
brûle ceux qui veulent la saisir sans se préparer.

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L'Antilope roi de la vitesse
Dans la large savane où l'herbe se penchait au
vent, les antilopes vivaient selon une loi : courir
plus vite que la peur. À leur tête se trouvait le roi
Sirocco, l'antilope la plus rapide jamais née. Ses
jambes étaient éclairs, son souffle infatigable, sa
fierté énorme. Parce qu'il pouvait dépasser tous
les prédateurs, il croyait que la vitesse était la plus
haute forme de sagesse.

Quand le danger apparaissait, le roi Sirocco ne


s'arrêtait jamais pour observer ou écouter. Au plus
petit bruissement dans l'herbe, il criait : « Courrez
! et tirez vers l'avant, des cornes coupant l'air. »

Le troupeau suivait aveuglément, pensant que la vitesse du roi était suffisante pour les
sauver tous.

Une saison, les chuchotements d'inquiétude se sont montés parmi les aînés. La tortue,
lente mais observatrice, a averti : « Tous les dangers ne sont pas derrière nous. Certains
sont allongés devant, attendent. »

Le roi a ri. « Seul celui qui est lent s'arrêt pour réfléchir. La vitesse c'est la vie. »

Un après-midi sec, le roi a repéré des vautours en rond au loin. Sans étude ni conseil, il
a supposé qu'un prédateur se cachait derrière et s'est enfui en avant à pleine force. Le
troupeau a tonné après lui, des sabots battant la terre.

Mais devant se trouvait une vallée ouverte : nue, large et silencieuse. Des chasseurs et
des lions cachés dans les hautes herbes des deux côtés avaient étudié les habitudes des
antilopes. Alors que le troupeau se précipitait à découvert, ils se sont retrouvés piégés,
sans couverture ni voies d'évasion.

Le roi Sirocco a couru plus vite que jamais et s'est échappé seul. Beaucoup du troupeau
ne l'ont pas fait.

Quand les survivants se sont regroupés au crépuscule, leur nombre était mince. Le roi
se tenait à l'écart, sa poitrine soulagée, sa vitesse intacte, mais sa couronne semblait
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lourde. La tortue s'est approchée et a dit silencieusement : « La vitesse peut en sauver
un. La sagesse sauve beaucoup. »

À partir de ce jour-là, les antilopes ont choisi des dirigeants qui pouvaient voir avant de
courir : ceux qui écoutaient, planifiaient et savaient quand bouger et quand attendre. Le
roi Sirocco est resté le plus rapide d'entre eux, mais plus jamais leur guide.

LEÇON DE MORALE :

La rapidité et l'urgence peuvent créer l'illusion du leadership, mais la sagesse est ce qui
préserve les vies et l'avenir. Les décisions prises à la hâte, sans réflexion ni conseil,
conduisent souvent les autres dans un danger évitable. Un leader avisé s'arrête pour
comprendre la situation avant d'agir, sachant qu'une action imprudente peut causer plus
de mal que de retarder. Le véritable leadership ne se mesure pas à la vitesse à laquelle
on bouge, mais à la façon dont on pense bien - car la sagesse guide beaucoup en toute
sécurité, tandis que la précipitation ne protège que quelques-uns d'impulsifs.

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Le Lièvre et la Trahison
Il était une fois, dans une grande savane où les
animaux vivaient en communauté, un lièvre très
rusé. Tout le monde le connaissait pour son
intelligence, mais aussi pour son impatience
d’obtenir toujours plus que ce qu’il méritait.

Un jour, une grande sécheresse frappa la savane.


L’eau disparut des rivières, et les herbes devinrent
jaunes comme le sable brûlant. Les animaux,
désespérés, décidèrent de s’unir pour creuser un
puits afin de trouver de l’eau souterraine.

— « Ensemble, nous réussirons ! », dit le lion,


chef de la savane.

Tous les animaux se mirent au travail : l’éléphant


creusait avec sa force, l’antilope apportait la terre
à l’écart, les oiseaux transportaient des brindilles
pour consolider les parois. Même la tortue, bien que lente, participait sans relâche.

Mais le lièvre, lui, fit semblant d’être malade. Il toussotait, gémissait, et restait couché à
l’ombre d’un baobab. Les autres, compatissants, ne se doutèrent pas de sa ruse.

Quand enfin, après des jours d’effort, l’eau jaillit du puits, tous poussèrent un cri de joie.
Mais à peine eurent-ils fini de se réjouir que le lièvre bondît, le premier, et s’empara de
l’eau. Il buvait sans pitié, renversant même une partie au sol.

— « Arrête, lièvre ! », s’indigna la gazelle.


— « C’est notre récompense à tous ! », rappela l’éléphant.

Mais le lièvre, arrogant, leur répondit :

— « Vous avez travaillé, moi j’ai réfléchi. Et dans ce monde, c’est le plus malin qui doit
profiter le premier ! »

Les animaux, choqués par sa trahison, décidèrent de lui donner une leçon. Un soir,
pendant que le lièvre dormait profondément, ils couvrirent l’entrée de sa tanière avec
des branches épineuses et des pierres lourdes.
Le lendemain, assoiffé et prisonnier, le lièvre comprit que sa ruse l’avait piégé lui-
même. Il cria au secours, mais aucun animal ne vint l’aider. Après de longues heures,
affamé et faible, il reconnut sa faute :

— « J’ai trahi mes frères et sœurs. J’ai bu seul ce qui devait nourrir tous. Je comprends
maintenant que l’intelligence sans solidarité n’est qu’une malédiction. »
Touchés par sa sincérité, les animaux finirent par lui pardonner. Mais ils ne lui firent
jamais plus confiance comme avant. Et le lièvre, humilié, garda à jamais la réputation
de celui qui avait trahi ses compagnons pour un peu d’eau.
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Moralité :

La trahison détruit la confiance plus vite que la sécheresse n’assèche une rivière. Celui
qui pense gagner seul en trahissant les siens finit toujours par perdre plus qu’il n’a
gagné.

✍🏿 Conte écrit par Emmanuel M. AHOLOUKPE

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Les gardiens endormis
Dans le village d'Udo, les habitants ont mis en place un
grand grenier sur la colline. C'était un symbole de leur
travail. Chaque fermier avait contribué une partie de sa
récolte. Le mil, le riz et le maïs y étaient entreposés afin
que personne n'ait faim pendant la longue saison sèche.

Les villageois savaient que le grenier était précieux, alors


ils ont nommé des gardiens pour le garder. Ces hommes
portaient des uniformes brillants et portaient de longs
bâtons. Tous les soirs, les villageois les voyaient grimper
fièrement la colline, promettant de protéger la nourriture
qui appartenait à tout le monde.

Au début, les gardiens criaient fort toute la nuit.

– « N'ayez crainte ! Aucun voleur ne touchera un seul grain ! »

Les villageois ont dormi paisiblement.


Mais après quelques semaines, les gardiens sont devenus confortables. Les nuits étaient
longues et la brise sur la colline était douce. Au lieu de se promener autour du grenier, ils
se sont assis près de la porte à raconter des histoires et à boire du vin de palme.

Bientôt, ils ont arrêté de crier leurs avertissements.

Puis ils ont arrêté de faire leurs rounds.


Une nuit, un petit rat est apparu près de la porte du grenier. Il a reniflé l'air et s'est glissé
à l'intérieur à travers un petit trou dans le mur. Les gardiens dormaient, leurs bâtons
étaient allongés à côté d'eux.
Le rat est revenu la nuit suivante avec des amis.

Bientôt, des dizaines de rats rampaient dans le grenier chaque soir. Ils ont emporté le
grain petit à petit. Certains dans leur bouche, d'autres traînant des grains sur le sol.

Les gardiens ronflaient fort alors que le vol continuait.


Les semaines passèrent. Les rats ont grossi et leurs tunnels se sont élargis. Ce qui a
commencé comme un petit trou est devenu un grand passage.

Un matin, quand les villageois ont ouvert le grenier pour préparer la saison sèche, ils ont
gelé dans l'incrédulité.

La salle de stockage était presque vide.


Il ne restait que de la poussière, des enveloppes cassées et des crottes de rats.

Les gens regardaient les gardiens, qui se tenaient silencieusement la tête baissée. Leurs
uniformes étaient encore brillants, leur personnel toujours poli, mais les grains étaient
partis.
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Un vieux fermier s'est avancé et a dit tranquillement :

« Un garde qui dort invite le voleur. Un garde qui fait semblant de regarder est pire que
le voleur lui-même. »
Les villageois ont compris ce jour-là qu'un grenier n'est pas protégé par des uniformes,
des promesses ou des discours bruyants, mais par la vigilance.
Et ils n'ont plus jamais confié leur récolte à des hommes qui dormaient en service.

LEÇON DE MORALE

L'histoire des veilleurs endormis enseigne qu'une société peut perdre ses richesses non
seulement par le vol ouvert mais par la négligence silencieuse. Lorsque ceux qui ont la
responsabilité deviennent négligents, complaisants ou distraits, les actes répréhensibles
trouvent un chemin facile.

Les gardiens de l'histoire n'ont pas emporté les grains eux-mêmes, pourtant leur
incapacité à rester vigilants a permis aux rats de vider le grenier. De la même façon, les
dirigeants, les fonctionnaires et les institutions qui ne protègent pas les ressources
publiques peuvent causer autant de mal que ceux qui les volent délibérément. La
négligence peut être aussi destructrice que la corruption.

Une autre leçon est que l'autorité sans responsabilité est dangereuse. Les gardiens
portaient des uniformes et portaient des bâtons qui symbolisaient le pouvoir et la
confiance. Mais les symboles seuls ne peuvent pas protéger une communauté. Une vraie
protection nécessite discipline, intégrité et vigilance constante. Lorsque les dirigeants
profitent des privilèges de leur poste mais abandonnent les devoirs qui l'accompagnent,
les gens qu'ils servent finissent par en subir les conséquences.

L'histoire met également en garde les citoyens contre la confiance aveugle. Les villageois
ont cru aux promesses bruyantes des gardiens et ont supposé que le grenier était en
sécurité. Pourtant, une bonne gouvernance nécessite plus que des promesses - elle
nécessite de la transparence, de la surveillance et de la participation. Une communauté
doit rester attentive à ceux qui gèrent ses ressources communes.

Enfin, le conte nous rappelle que les petits actes de négligence entraînent souvent de
grandes pertes. Les rats n'ont pas vider le grenier en une seule nuit ; ils ont emporté les
grains n lentement, un grain à la fois. De même, le déclin des institutions, des économies
ou des nations se produit souvent graduellement lorsque les petits échecs sont ignorés.

En fin de compte, la leçon est claire :

Une société prospère quand ceux qui ont la responsabilité restent vigilants et
responsables, mais elle souffre quand ses gardiens s'endorment.

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L’Homme qui refusait de pardonner
Dans un village paisible entouré de baobabs et de rivières
chantantes vivait un homme nommé Kossou. On disait de
lui qu’il était travailleur, courageux… mais son cœur était
fermé comme une calebasse scellée.

Un jour, son propre frère, dans un moment de faiblesse, lui


vola une petite somme d’argent. Pris de remords, il revint
aussitôt, tête baissée, implorer son pardon.

Mais Kossou, blessé dans son orgueil, refusa.

— « Celui qui trahit une fois trahira toujours ! » lança-t-il


avec colère.

Malgré les excuses, malgré les années qui passaient, Kossou garda sa rancune comme
on garde un trésor. Son frère quitta le village, honteux et brisé.

Le temps passa… et Kossou devint riche, mais seul. Les rires évitaient sa cour, les
enfants fuyaient son regard, et même les anciens murmuraient :

— « Un cœur sans pardon est un arbre sans fruits. »

Un jour, une grande sécheresse frappa le village. Les récoltes moururent, les greniers
se vidèrent. Désespéré, Kossou partit chercher de l’aide dans une contrée lointaine.

Là-bas, affamé et épuisé, il tomba devant une maison. La porte s’ouvrit…

C’était son frère.

Devenu prospère, celui-ci n’hésita pas une seconde. Il releva Kossou, le nourrit, le
soigna… sans poser de questions.
Honteux, Kossou baissa les yeux et murmura :

— « Après tout ce que je t’ai fait… pourquoi m’aider ? »

Son frère sourit doucement :


— « Parce que j’ai choisi de ne pas devenir prisonnier de ta colère. »

Ces mots frappèrent Kossou plus fort qu’un coup de tonnerre. Ce jour-là, il comprit que
sa rancune n’avait puni que lui-même.

Il pleura… longtemps.

Et pour la première fois, il demanda pardon.

Morale :
Celui qui refuse de pardonner s’enchaîne lui-même à sa douleur. Le pardon libère plus
celui qui pardonne que celui qui est pardonné.

OTHNIEL YERIMA
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LE CŒUR QUI S’ÉVEILLE
Daniel était un jeune homme extrêmement
cruel envers les animaux de ses voisins. Il
possédait une bête féroce qu’il emmenait
souvent chasser dans les environs.
Ensemble, ils s’attaquaient aux animaux du
village, des petites poules jusqu’aux grands
cygnes.
Lorsque les habitants voyaient Daniel et sa
bête approcher, ils criaient au secours. Tout le monde avait peur pour ses animaux, car
personne ne pouvait contrôler la situation. Avec ses griffes acérées, la bête terrorisait ses
proies pendant que Daniel se délectait du spectacle de leur peur et de leur souffrance.

Un jour, alors qu’il chassait comme à son habitude, Daniel trouva un œuf abandonné sur
le sol. Par curiosité, il le ramassa et le ramena chez lui.

Quelques jours plus tard, l’œuf éclot et un petit cygne en sortit. Daniel, contre toute
attente, s’attacha rapidement au petit animal. Jour après jour, le cygne grandissait et leur
lien devenait de plus en plus fort. Pourtant, Daniel continuait d’être cruel envers les autres
animaux.
Un matin, il partit encore chasser avec sa bête. Soudain, l’animal féroce aperçut un cygne
et se lança à sa poursuite. Daniel reconnut aussitôt, avec effroi, qu’il s’agissait de son
propre cygne.

La bête bondit et arracha des plumes de sa queue. Daniel se précipita pour sauver son
ami tandis que la bête continuait d’attaquer. Heureusement, le cygne réussit à s’envoler
à temps et échappa de justesse à la mort.

À cet instant, Daniel éclata en sanglots. Pour la première fois, il ressentit la douleur qu’il
avait si souvent infligée aux autres.

Rempli de honte, il attacha la bête à un pieu et déclara :

« C’était trop près… Il n’est pas juste de faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas qu’ils
nous fassent. »

À partir de ce jour, Daniel abandonna la chasse. Il confia la bête à un zoo et changea


complètement de vie, comprenant enfin que la souffrance des autres devient réelle
lorsqu’elle touche notre propre cœur.

Morale :

On comprend rarement la douleur que l’on inflige aux autres tant qu’elle ne touche pas
ce que l’on aime. Celui qui fait souffrir les autres finit un jour par rencontrer la même
souffrance. La véritable sagesse consiste à traiter chaque être avec compassion, car la
vie nous apprend tôt ou tard que la cruauté revient toujours vers celui qui la sème.

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Le tam-tam qui refusait de se taire
Il était une fois, dans un village niché entre la savane et
la forêt, un jeune garçon nommé Komi. Il n’était ni le plus
fort, ni le plus rapide, ni le plus intelligent. Mais Komi
avait un rêve : devenir le meilleur joueur de tam-tam du
village, celui dont le rythme fait danser les cœurs et
parler les ancêtres.

Le problème, c’est que Komi jouait très mal.

Chaque fois qu’il frappait le tam-tam, les sons sortaient


désordonnés, parfois trop forts, parfois trop faibles. Les
enfants se moquaient de lui : — « Arrête, Komi ! Tu fais
mal aux oreilles du tam-tam ! »

Même certains adultes secouaient la tête avec pitié : —


« Ce garçon perd son temps… »

Un soir, découragé, Komi alla s’asseoir près du vieux Maître Soba, le plus ancien joueur
de tam-tam du village. Le vieil homme l’observa longuement puis lui dit : — « Pourquoi
reviens-tu chaque jour jouer, alors que tout le monde se moque de toi ? »

Komi répondit d’une voix tremblante : — « Parce que mon cœur n’abandonne pas, même
quand mes mains échouent. »

Le vieil homme sourit.

À partir de ce jour, Komi s’entraîna chaque matin avant le lever du soleil et chaque soir
après le coucher. Ses mains saignaient parfois, son dos faisait mal, mais il revenait
toujours. Quand il échouait, il recommençait. Quand il tombait, il se relevait. Quand
personne ne croyait en lui, il croyait encore.

Les saisons passèrent.

Un jour, une grande fête fut organisée au village. Tous les joueurs de tam-tam étaient
présents. Mais au moment crucial, le tambour principal se déchira. Panique générale. Le
silence tomba sur la foule.
Alors Komi s’avança doucement. — « Laissez-moi essayer », dit-il.

Les villageois hésitèrent… puis acceptèrent, faute de mieux.

Komi frappa le tam-tam.

Un rythme profond, régulier et puissant s’éleva. Le silence devint admiration. Les pieds
commencèrent à danser, les mains à applaudir, les cœurs à vibrer. Ce n’était pas
seulement un son : c’était la voix de la persévérance.

Le vieux Maître Soba déclara alors : — « Ce garçon n’a pas gagné parce qu’il était doué,
mais parce qu’il n’a jamais abandonné. »

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Depuis ce jour, on enseigne aux enfants du village que la persévérance transforme les
échecs en chemins et les moqueries en victoires.

Morale du conte

Le talent ouvre la porte, mais la persévérance construit la maison.

Celui qui persévère va plus loin que celui qui commence bien mais abandonne.

N’abandonne jamais un rêve simplement parce qu’il est difficile.

AUTEUR : AHOLOUKPE EMMANUEL

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