polyMQ LU3PY111
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Physique Quantique II
(LU3PY111)
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Contents
Contents ii
List of Figures v
ii
CONTENTS iii
3 Potentiel central 83
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
3.2 L’équation radiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3.3 Propriétés des solutions et conditions aux limites . . . . . . . . . . . 87
3.4 Bilan du cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
3.5 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
3.6 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
3.6.1 Potentiel et quantification du spectre . . . . . . . . . . . . . . 90
3.6.2 ⋆ La particule libre dans R3 (ondes planes sphériques) . . . . . 90
[Link] L’équation radiale pour la particule libre . . . . . . . 90
[Link] Ondes planes sphériques et ondes planes . . . . . . . 92
3.6.3 L’atome d’hydrogène (et atomes hydrogénoı̈des) . . . . . . . . 92
[Link] L’équation radiale de l’atome d’hydrogène . . . . . . 93
[Link] Calcul des valeurs propres par la méthode polynomiale 94
[Link] Le spectre de l’atome d’hydrogène et atomes hy-
drogénoı̈des . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
[Link] ⋆ Fonctions propres de l’atome d’hydrogène et atomes
hydrogénoı̈des . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
3.6.4 Bilan du cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
3.6.5 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
3.6.6 Questions et petits exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
4 Le spin 101
4.1 Retour sur l’importance du spin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
4.2 Fonction d’onde d’une particule de spin-1/2 . . . . . . . . . . . . . . 104
4.3 Paramagnétisme de l’atome d’hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . 105
4.4 Bilan du cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
4.5 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Bibliography 109
List of Figures
v
vi LIST OF FIGURES
Formalisme de la mécanique
quantique
1
2 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
1
La description de l’expérience de Stern et Gerlach donnée ici va à l’essentiel et a pour but
d’introduire rapidement les concepts de base de la mécanique quantique. Il est très instructif de
revenir brièvement aux origines historiques de l’expérience, voir les références citées dans cette
page Wikipedia en anglais, par exemple: SG .
Tout d’abord, en 1922, la notion de spin n’existait pas. Stern et Gerlach (SG) pensaient (à tort)
avoir démontré la “quantification spatiale” de Sommerfeld et Bohr. Ce n’est que 5 ans plus tard que
l’expérience a été réinterprétée comme preuve de l’existence d’un spin-1/2 et de sa quantification.
Notez ensuite le résultat expérimental (figure 4 dans le lien ci-dessus qui est une carte postale
envoyée par Gerlach à Bohr): en l’absence de champ magnétique SG observent une ligne verticale
(trace des impacts des atomes d’argent sur un écran). En présence d’un champ inhomogène, ils
observent que les impacts des atomes forment une sorte d’ellipse qui correspond au fait que le
faisceau d’atomes se scinde en 2 composantes qui sont en bonne approximation symétriques par
rapport à la verticale (les 2 taches dans la description du cours). Notez enfin que leur expérience
leur a permis de déduire une estimation du magnéton de Bohr à 10% près.
2
Pour en savoir davantage sur les grandes expériences de la mécaniques quantique, les scien-
tifiques qui y ont contribué ainsi que tous les développements que l’on abordera par la suite, le
lecteur est invité à consulter l’ouvrage de Claude Aslangul [1].
1.1. L’EXPÉRIENCE DE STERN ET GERLACH 3
Sz + Sz +
a) four SGẑ SGẑ
Sz −
Sz + Sx +
Sz + Sx + Sz +
c) four SGẑ SGx̂ SGẑ
Sz − Sx − Sz −
un SGẑ mais le deuxième appareil est orienté suivant x̂ (champ magnétique in-
homogène dans la direction x) et mesure donc la composante du spin dans cette
direction. Le résultat de l’expérience montre alors que, après passage dans le
deuxième appareil, le faisceau de Sz + issu du premier appareil se scinde de
nouveau en deux faisceaux de même intensité: un faisceau constitué d’atomes
Sx + et un autre d’atomes Sx −. Comment expliquer ce résultat? Est-ce qu’il
signifie que 50% des atomes du faisceau Sz + issu du premier appareil (SGẑ)
sont constitués d’atomes qui sont à la fois Sz + et Sx + et que les 50% qui
restent sont à la fois Sz + et Sx −? Cette interprétation n’est pas la bonne
comme le montre la troisième expérience.
• troisième expérience (Figure 1.2c): suite au résultat de l’expérience 2 on
bloque la composante Sx − et l’on fait passer la composante Sx + au travers
d’un troisième appareil SGẑ. Le résultat de l’expérience montre alors que
le faisceau de Sx + se scinde de nouveau en deux faisceaux, l’un de Sz − et
l’autre de Sz +. Ceci est très surprenant puisque la composante Sz − avait été
bloquée dès la sortie du premier appareil. Comment donc cette composante
peut apparaı̂tre de nouveau? Clairement, le modèle qui suppose que les atomes
entrant dans le troisième appareil sont supposés avoir du Sx + et Sz + n’est pas
satisfaisant.
Cette dernière expérience est souvent utilisée en mécanique quantique pour illustrer
le fait que l’on ne peut pas déterminer simultanément les valeurs de Sx et Sz . Plus
précisément, la sélection de Sx + par le deuxième appareil (SGx̂) détruit toute in-
formation que l’on avait auparavant sur Sz . De même, suite au troisième appareil
(SGẑ) on perd toute l’information que l’on avait auparavant sur Sx .
Il est amusant de comparer cette situation à celle d’une toupie en rotation en
mécanique classique, où le moment cinétique
⃗ =Iω
L ⃗, (1.5)
a) filtre-x filtre-y
(tourné de 45◦ )
où k = 2π/λ est le nombre d’onde, λ la longueur d’onde, ω = 2πf est la pulsation
et f la fréquence. De même, une onde plane polarisée dans la direction ŷ et se
propageant aussi dans la direction ẑ est caractérisée par
⃗ = E0 ŷ cos(kz − ωt).
E (1.7)
Ces faisceaux de lumière polarisée peuvent être obtenus en faisant passer une lumière
non polarisée au travers d’un filtre polarisant ou Polaroid ou encore polariseur. On
appelera un filtre qui polarise la lumière dans la direction x̂ un filtre-x. Un filtre-
x devient bien sûr un filtre-y lorsqu’il est tourné de 90◦ autour de la direction de
propagation. Il est bien connu que lorsqu’on laisse passer une lumière par un filtre-
x et ensuite par un filtre-y, aucune lumière n’est transmise pourvu que les filtres
polarisants soient efficaces à 100%, voir la Fig. 1.3a.
La situation est encore plus intéressante si l’on insère entre le filtre-x et le filtre-y
un autre polariseur qui sélectionne un faisceau polarisé dans une direction - que nous
appellerons la direction x̂′ - qui fait un angle de 45◦ avec la direction x̂ dans le plan
xy, voir la Fig. 1.3b. Cette fois, un faisceau est transmis par le filtre-y malgré le fait
que, juste après le filtre-x, le faisceau n’avait aucune composante de sa polarisation
suivant l’axe y. En d’autres termes, aussitôt que le filtre-x’ intervient et sélectionne
un faisceau polarisé suivant x̂′ , le fait de savoir si le faisceau avait été préalablement
polarisé suivant l’axe x est sans importance. La sélection d’un faisceau polarisé selon
4
Pour simplifier nous ne considèrerons que le champ électrique associé à cette onde. Dans le cas
⃗ et B
général l’onde est constituée de deux champs E ⃗ qui sont perpendiculaires entre eux ainsi qu’à
la direction de propagation. Le champ magnétique peut être déterminé au moyen des équations de
Maxwell dans le vide et de E. ⃗
1.1. L’EXPÉRIENCE DE STERN ET GERLACH 7
y
y’ x’
Figure 1.4: Orientation des axes x’ et y’ par rapport aux axes x et y (source: [3, 4]).
x̂′ par le second polariseur détruit toute information antérieure sur la polarisation.
Cette situation est analogue à celle rencontrée précédemment avec les expériences
de SG de la Fig. 1.2, pourvu que la correspondance suivante soit faite 5
classique. Une décomposition simple des vecteurs x̂′ et ŷ ′ sur les vecteurs x̂ et ŷ,
voir la Figure 1.4 donne
1 1
" #
E0 x̂ cos(kz − ωt) = E0 √ x̂ cos(kz − ωt) + √ ŷ cos(kz − ωt) , (1.9a)
′
2 2
1 1
" #
E0 ŷ cos(kz − ωt) = E0 − √ x̂ cos(kz − ωt) + √ ŷ cos(kz − ωt) (. 1.9b)
′
2 2
Dans la configuration à trois filtres de la Figure 1.3b, le faisceau issu du premier
Polaroid est polarisé suivant x̂ et peut donc être vu comme une combinaison linéaire
d’un faiseau polarisé suivant x̂′ et d’un autre polarisé suivant ŷ ′ . Le second Polaroid
polarise le faisceau suivant x̂′ qui peut à son tour être vu comme une combinaison
linéaire d’un faiseau polarisé suivant x̂ et d’un autre polarisé suivant ŷ.
La correspondance établie par les équations (1.8), entre l’expérience de la Fig-
ure 1.2c pour les appareils de SG et celle de la Figure 1.3b pour les filtres, suggère la
5
L’analogie est complète. Ainsi, un appareil SGẑ avec la composante Sz − bloquée est analogue
à un filtre-x. De même, un appareil SGẑ avec la composante Sz + bloquée est analogue à un filtre-y.
8 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
possibilité de représenter l’état de spin de l’atome d’argent par une espèce de vecteur
dans un nouvel espace vectoriel à deux dimensions, un espace vectoriel abstrait qu’il
ne faut surtout pas confondre avec l’espace vectoriel ordinaire (xy) à deux dimen-
sions. Tout comme les vecteurs x̂ et ŷ dans les équations (1.9) sont des vecteurs de
base utilisés pour décomposer le vecteur de polarisation x̂′ de la lumière polarisée
suivant l’axe x’, il est raisonable de représenter l’état Sx + par un vecteur, que nous
appellerons ket dans la notation de Dirac qui sera développée dans les prochaines
sections. Notons ce vecteur |Sx ; +⟩ et écrivons-le comme une combinaison linéaire
des deux vecteurs de base |Sz ; +⟩ et |Sz ; −⟩ qui correspondent aux états de spin
Sz + et Sz −, respectivement. Ce faisant, nous établissons la conjecture suivante
? 1 1
|Sx ; +⟩ = √ |Sz ; +⟩ + √ |Sz ; −⟩ , (1.10a)
2 2
? 1 1
|Sx ; −⟩ = − √ |Sz ; +⟩ + √ |Sz ; −⟩ , (1.10b)
2 2
par analogie avec les équations (1.9). Nous montrerons plus tard comment ces
expressions peuvent être obtenues au moyen du formalisme général de la mécanique
quantique.
La composante non bloquée issue du second appareil (SGx̂) de la Figure 1.2c
peut donc être vue comme une superposition linéaire de Sz + et Sz − dans le sens
de l’équation (1.10a). C’est pour cette raison que deux composantes émergent du
troisième (SGẑ) appareil.
La question suivante qui nous concerne immédiatement est de savoir comment
les états Sy ± vont alors pouvoir être représentés? Par des arguments de symétrie,
on peut se convaincre que ces états doivent aussi pouvoir s’écrire sous forme de
combinaisons linéaires des états |Sz ; ±⟩. Il semble toutefois que nous ayons déjà
utilisé toutes les combinaisons linéaires possibles formées de ces deux vecteurs en
écrivant les états |Sx ; ±⟩. Comment notre formalisme d’espace vectoriel va-t-il nous
permettre de distinguer les états de spin Sy ± des états de spin Sx ±?
Encore une fois, une analogie avec la lumière polarisée va nous être utile. Cette
fois, considérons une onde polarisée circulairement; elle peut être obtenue en faisant
passer une onde polarisée linéairement au travers d’une lame quart d’onde. Lorsque
cette onde polarisée circulairement passe par un filtre-x ou un filtre-y on retrouve
une onde polarisée-x ou polarisée-y de même intensité, respectivement. Pourtant,
une lumière polarisée circulairement est totalement différente d’une lumière polarisée
linéairement à 45◦ .
Mathématiquement, comment représenter une lumière polarisée circulairement?
Une polarisation circulaire droite n’est rien d’autre qu’une combinaison linéaire d’une
polarisation linéaire x et d’une polarisation linéaire y déphasées de 90◦ l’une par
rapport à l’autre
1 1
" #
⃗ = E0 π
E √ x̂ cos(kz − ωt) + √ ŷ cos(kz − ωt + ) . (1.11)
2 2 2
Il est plus élégant d’utiliser les notations complexes en introduisant un nouveau
vecteur ⃗ϵ tel que
⃗
E
ℜ(⃗ϵ ) = . (1.12)
E0
1.1. L’EXPÉRIENCE DE STERN ET GERLACH 9
En appliquant cette analogie à l’équation (1.13) on voit que si l’on est autorisé à
rendre les coefficients en facteur des kets de base complexes, il n’y a aucune difficulté
à accommoder les atomes de spin Sy ± dans le formalisme d’espace vectoriel
? 1 i
|Sy ; ±⟩ = √ |Sz ; +⟩ ± √ |Sz ; −⟩ , (1.15)
2 2
qui sont bien différents des états (1.10). Nous voyons donc que l’espace vectoriel
bidimensionnel requis pour décrire les états de spin des atomes d’argent doit être un
espace vectoriel sur le corps des nombres complexes; un vecteur arbitraire dans cet
espace vectoriel est donc une combinaison linéaire des vecteurs de base |Sz ; ±⟩ avec
des coefficients qui sont, en général, complexes. Le fait que la nécessité d’utiliser
les nombres complexes apparaisse de manière aussi naturelle dans un exemple aussi
simple est remarquable.
A ce point, le lecteur aura probablement remarqué que nous avons délibérément
évité de parler de photons. En d’autres termes, nous avons totalement ignoré la
quantification de la lumière; nulle part n’avons nous mentionné les états de polarisa-
tion des photons. L’analogie développée est entre des kets dans un espace vectoriel
abstrait, qui décrivent les états de spin d’atomes individuels, et les vecteurs de po-
larisation du champ électromagnétique classique. Il aurait été possible d’introduire
le concept de photon et de probabilité de trouver un photon polarisé circulairement
dans un état de polarisation linéaire, et ainsi de suite; mais ceci n’est pas nécessaire.
Sans aller aussi loin nous avons déjà atteint l’objectif principal de cette section: in-
troduire l’idée que les états quantiques sont représentés par des vecteurs dans un
espace vectoriel abstrait sur le corps des nombres complexes.
Avant de clore cette section, une remarque finale s’impose. L’espace vectoriel
abstrait qui a été introduit concerne les degrés de liberté internes de l’atome. Une
description complète d’un atome d’argent implique que l’on doive aussi prendre en
compte ses degrés de liberté externes de translation suivant les axes x, y et z. Pour
décrire totalement un atome d’argent il faut donc prendre en compte ces deux classes
bien distinctes de degrés de libreté. A chaque classe correspond un espace vetoriel
abstrait. Notons Espin l’espace vectoriel abstrait à deux dimensions décrivant les états
de spin. On peut alors aussi introduire un espace vectoriel abstrait Eorb décrivant
les degrés de liberté (dits externes ou orbitaux) de translation de l’atome. Ces deux
espaces sont totalement distincts l’un de l’autre mais aussi de l’espace ordinaire.
Nous verrons au Chapitre 2 que l’espace des états total est l’espace produit tensoriel
10 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
• le spin (ou moment cinétique intrinsèque) est purement quantique et n’a aucun
équivalent classique,
• les composantes d’un spin-1/2 prennent deux valeurs (Sz = ±ℏ/2). C’est
l’exemple d’un système à deux niveaux,
• on peut établir une analogie entre les états de spin d’un atome d’argent et les
états de polarisation d’une onde lumineuse,
• les états de spin d’un atome peuvent être décrits par des vecteurs (les kets)
dans un espace vectoriel abstrait (l’espace des états) sur le corps des complexes,
• afin de décrire tous les degrés de liberté d’un système quantique il est parfois
nécessaire d’introduire plusieurs espaces distincts chaque espace étant associé
à une classe de degrés de libreté.
1.1.5 Références
• ce chapitre est tiré de la première section du livre de J. J. Sakurai, voir les
Références [3, 4].
• l’expérience de Stern et Gerlach est décrite dans tous les livres de mécanique
quantique. Voir par exemple:
• il est très instructif de revenir aux origines historiques de l’expérience, voir les
références citées dans cette page Wikipedia en anglais, par exemple: SG .
• c |ψ⟩ = |ψ⟩ c.
Les états |ψ⟩ et c|ψ⟩, où c ̸= 0, représentent le même état physique. En d’autres
termes, seule la “direction” dans l’espace vectoriel est significative. Le terme de
“rayon” est parfois employé au lieu de “vecteur”.
Une grandeur physique, par exemple une composante du spin, est représentée
par un opérateur ou observable agissant dans l’espace des états. 6 De manière
générale, un opérateur A agit sur un ket depuis la gauche (l’opérateur se situant à
la gauche du ket sur lequel il agit),
ce qui donne un autre ket. Sauf exception, on ne considèrera que des opérateurs
linéaires:
A(c1 |ψ1 ⟩ + c2 |ψ2 ⟩) = c1 A|ψ1 ⟩ + c2 A|ψ2 ⟩. (1.17)
En général
A|ψ⟩ =
̸ Cte |ψ⟩. (1.18)
Toutefois, il existe des kets particuliers qui sont d’importance. Ce sont les kets
propres d’un opérateur A. Ils sont notés
ℏ ℏ
Sz |Sz ; +⟩ = |Sz ; +⟩, Sz |Sz ; −⟩ = − |Sz ; −⟩ , (1.21)
2 2
où |Sz ; ±⟩ est un ket propre de l’opérateur Sz avec pour valeurs propres ±ℏ/2. On
aurait très bien pu utiliser la notation |ℏ/2⟩ pour |Sz ; +⟩ en conformité avec la
notation |a⟩, où un ket propre est indexé par sa valeur propre. Mais la notation
|Sz ; ±⟩ a déjà été utilisée et elle est plus commode ici puisque l’on considère aussi
des kets propres de Sx :
ℏ
Sx |Sx ; ±⟩ = ± |Sx ; ±⟩ . (1.22)
2
6
Dans la mesure du possible, les opérateurs seront notés avec des lettres majuscules, par exemple
A, tandis que la grandeur classique associée ou les valeurs propres de cet opérateur sont notés avec
des lettres minuscules, a. Notons que pour le moment cinétique orbital, nous utiliserons une seule
et même notation dans les cas classique et quantique: L.⃗ En principe, le contexte permet de savoir
si l’on parle d’un opérateur ou d’une variable classique.
14 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
Nous avons remarqué plus haut que la dimension de l’espace des états est déterminée
par le nombre de trajectoires distinctes dans les expériences du type SG. Formelle-
ment, nous sommes concernés par un espace vectoriel à N dimensions engendré par
N kets propres de l’observable A. Tout ket |ψ⟩ peut alors s’écrire
N
|ψ⟩ = (1.23)
X
cm |am ⟩ ,
m=1
où les cm sont des coefficients complexes. La question de l’unicité d’une telle
décomposition sera abordée après la preuve de l’orthogonalité des kets propres.
où la première notation est très utile quand on souhaite clairement séparer ce qui
agit sur les bras de ce qui agit sur les kets. En général, le résultat de ce produit est
un nombre complexe.
⟨ϕ|ψ⟩ = 0, (1.27)
1.2. LE FORMALISME DE DIRAC 15
même si dans cette définition c’est le bra ⟨ϕ| qui apparait. Ceci implique par (1.26a)
que ⟨ψ|ϕ⟩ = 0. Par ailleurs, l’égalité ⟨ψ|ψ⟩ = 0, implique que |ψ⟩ est le ket nul.
Pour un ket non nul, on peut former un ket normalisé:
1
|ψ̃⟩ = q |ψ⟩ , (1.28)
⟨ψ|ψ⟩
avec la propriété
⟨ψ̃|ψ̃⟩ = 1. (1.29)
q
La quantité ⟨ψ|ψ⟩ est la norme de |ψ⟩.
Notons qu’il existe un autre type de produit, le produit dyadique:
(|ψ⟩) · (⟨ϕ|) = |ψ⟩⟨ϕ|. (1.30)
Ce produit n’a rien à voir avec le produit scalaire. Le produit dyadique |ψ⟩⟨ϕ|
correspond à un opérateur agissant dans l’espace des états tandis que le produit
scalaire ⟨ϕ|ψ⟩ est un nombre.
Notons aussi que pour deux états |ψ⟩ ∈ E et |ϕ⟩ ∈ E appartenant à un même
espace des états, des produits du type: |ψ⟩|ϕ⟩, ou ⟨ψ|⟨ϕ|, n’ont aucun sens et peuvent
donc être considérés comme étant “illégaux”. Comme on le verra plus tard, ce produit
est toutefois tout à fait légitime pour deux kets |ψ⟩ ∈ E et |ϕ⟩ ∈ G qui appartiennent
à des espaces différents; le produit |ψ⟩|ϕ⟩ ≡ |ψ⟩ ⊗ |ϕ⟩, correspond alors au produit
tensoriel de ces états. C’est le cas, par exemple, du produit d’un état de spin d’un
électron qui appartient à l’espace des degrés de liberté interne, Eint , par l’état orbital
du même électron qui appartient à l’espace des degrés de liberté externe, Eorb . Ou
bien, pour un système constitué de deux particules, du produit de l’état de spin de
la particule 1 (qui est dans l’espace des états E1 de cette particule) par l’état de
spin de la particule 2 (qui est dans un espace des états E2 distinct de E1 ). Nous
reviendrons sur ce point au chapitre 2. D’ici là, pour un système physique donné,
tous les kets que nous considèrerons appartiendrons à un même espace des états.
Notons enfin l’axiome d’associativité pour la multiplication dû à Dirac et
très utile en pratique:
(|ψ⟩⟨ϕ|) · |γ⟩ = |ψ⟩ · (⟨ϕ|γ⟩) = (⟨ϕ|γ⟩) · |ψ⟩ , (1.31)
|{z} | {z } | {z } |{z}
ket nombre nombre ket
dont le résultat correspond à un ket et où ⟨ϕ|γ⟩ est un nombre complexe qu’on peut
donc placer à droite ou à gauche de |ψ⟩.
où A† est l’adjoint de l’opérateur A.7 On peut montrer que: (A† )† = A et que
(AB)† = B † A† .
Une classe importante d’opérateurs est celle des opérateurs auto-adjoints ou
hermitiques. Naı̈vement, un opérateur B est hermitique si B † = B.8
De plus si l’on note par D l’opérateur correspondant au produit dyadique de |ψ⟩
et |ϕ⟩ alors:
D = |ψ⟩⟨ϕ| ⇐⇒ D† = |ϕ⟩⟨ψ|. (1.36)
On peut aussi montrer que
⟨ϕ|D|ψ⟩ = ⟨ψ|D† |ϕ⟩∗ , (1.37)
Si D est un opérateur hermitique cette égalité se simplifie en: ⟨ϕ|D|ψ⟩ = ⟨ψ|D|ϕ⟩∗ .
L’apparition explicite des kets |ψ⟩ et |ϕ⟩ sous entend que la définition de l’adjoint est relative à
certains kets de l’espace des états. Par ailleurs, l’utilisation de la notation ( , ) pour le produit
scalaire permet de bien distinguer ce qui agit dans l’espace des kets de ce qui agit dans l’espace
des bras (comparer cette équation avec la relation équivalente (1.37) écrite à l’aide des notations
de Dirac). Elle est particulièrement utile pour définir les opérateurs antiunitaires qui permettent
de définir un opérateur dit de “renversement du temps”. Ce dernier sort toutefois du programme
de ce cours et ne sera pas présenté.
8
Suivant l’équation (1.34) une définition plus rigoureuse d’un opérateur hermitique, B, est
donnée par
(|ϕ⟩, B|ψ⟩) = (B|ϕ⟩, |ψ⟩) =⇒ B est hermitique sur la classe des états |ψ⟩ et |ϕ⟩ , (1.35)
et sous-entend qu’un opérateur n’est généralement hermitique que par rapport à une certaine classe
⃗ est hermitique sur la classe des
d’états de l’espace E. Par exemple, le moment cinétique orbital L,
fonctions 2π-périodiques.
9
Mise en garde: si à des valeurs propres différentes d’une observable correspondent des états
propres orthogonaux la réciproque est fausse. On peut très bien avoir des états propres orthogonaux
correspondant à une même valeur propre. On dit alors de cette valeur propre qu’elle est dégénérée.
1.2. LE FORMALISME DE DIRAC 17
Comme nous avons supposé, par construction, que l’espace des kets est sous-tendu
par l’ensemble des kets propres des observables agissant sur cet espace, les kets
propres de l’observable A forment nécessairement un ensemble complet.
Les kets propres normalisés d’une observable A forment donc un ensemble or-
thonormé complet. C’est donc une base. La donnée d’une base est bien sûr un
préalable indispensable à toute analyse d’un système physique. C’est d’ailleurs ce
qui a été fait dès le cours 1 en définissant les états propres de Sz , |Sz ; ±⟩, comme
étant les kets de base de l’espace associé aux degrés de liberté internes de spin.
Revenons (voir (1.23)) à ce point sur la décomposition d’un ket quelconque |ψ⟩
de l’espace des états sur la base des kets propres de A:
N
|ψ⟩ = (1.41)
X
cm |am ⟩ .
m=1
L’axiome d’associativité nous permet de visualiser le produit |am ⟩⟨am |ψ⟩ soit comme
le nombre ⟨am |ψ⟩ multipliant le ket |am ⟩, soit, ce qui est équivalent, comme l’opérateur
|am ⟩⟨am | agissant sur le ket |ψ⟩. Puisque |ψ⟩ est un ket quelconque, on doit avoir
N
|am ⟩⟨am | = 1l (complétude) , (1.44)
X
m=1
où 1l est l’opérateur identité dans l’espace des états. L’équation (1.44) porte le
nom de relation de fermeture ou relation de complétude ou encore résolution de
l’identité.
18 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
ligne colonne
où le symbole =
˙ correspond à “est représenté” par.
Remarque: dans le cas où les {|an ⟩} sont des kets propres de Ω, la matrice
associée est diagonale.
Passons maintenant à la représentation matricielle des états. Soit
En agissant sur cette expression avec ⟨an | par la gauche et en utilisant la relation de
fermeture, on obtient:
N
⟨an |ϕ⟩ = ⟨an |Ω|ψ⟩ = (1.49)
X
⟨an |Ω|am ⟩⟨am |ψ⟩,
m=1
ce qui peut se voir comme la multiplication d’une matrice par un vecteur colonne.
On en déduit donc que les kets sont représentés par des vecteurs colonnes:
n=1
1.2. LE FORMALISME DE DIRAC 19
c1 d∗1 c1 d∗2 · · ·
c1
c d∗ c2 d∗2 · · · ,
∗
|ψ⟩⟨ϕ| = 2 d1 d2 · · · = 2 1
˙ c ∗
(1.53)
.. .. .. ...
. . .
ℏ
|±⟩ = |Sz ; ±⟩ , Sz |±⟩ = ± |±⟩. (1.54)
déf
2
Ces kets satisfont à toutes les propriétés d’une base (orthonormalité et complétude):
où la relation de fermeture a été utilisée. Cet opérateur est bien un opérateur
hermitique puisqu’il s’écrit comme une combinaison linéaire à coefficients réels des
projecteurs |+⟩⟨+| et |−⟩⟨−| qui sont eux-mêmes des opérateurs hermitiques.
On adoptera la convention que les kets de base ont la représentation matricielle
suivante:
1 0
! !
|+⟩ =
˙ , |−⟩ =
˙ . (1.57)
0 1
Dans cette base, la représentation matricielle associée à l’opérateur Sz est donc:
1 0
!
ℏ
Sz =
˙ , (1.58)
2 0 −1
qui est bien diagonale puisque l’on est dans la base des kets propres de Sz .
Considérons maintenant les opérateurs:
Ces opérateurs ne sont pas hermitiques, puisque S+† = S− ̸= S+ . De plus, les kets
de base |±⟩ ne sont pas des kets propres de S± . On a par exemple:
ce qui se traduit par le fait que les matrices associées à S± sont non-diagonales:
0 1 0 0
! !
S+ =
˙ ℏ , S− =
˙ ℏ . (1.61)
0 0 1 0
où cn = ⟨an |ψ⟩, et les an sont les valeurs propres d’une observable A. Une mesure
de A projette le système dans l’un des états propres de A. En d’autres termes:
mesure de A
|ψ⟩ −−−−−−−−→ |an ⟩ . (1.63)
Par exemple, les atomes d’argent dont le spin est initialement orienté aléatoirement
se retrouvent dans l’état |Sz ; +⟩ ou |Sz ; −⟩ après passage au travers d’un appareil
de SG de type SGẑ. Une mesure change donc l’état du système. La seule exception
est lorsque l’état est déjà dans l’un des états propres de l’observable mesurée, auquel
cas:
mesure de A
|an ⟩ −−−−−−−−→ |an ⟩ , (1.64)
avec certitude, comme on le discutera dans la suite. Lorsqu’une mesure est re-
sponsable du changement de |ψ⟩ en |an ⟩ on dit que la valeur mesurée de A est an .
C’est dans ce sens que le résultat d’une mesure fournit l’une des valeurs propres de
l’observable mesurée.
Etant donnée l’équation (1.62) qui correspond au ket d’état du système physique
avant la mesure, nous ne savons pas à l’avance dans lequel des différents états |an ⟩
le système va être projeté à la suite de la mesure. Nous postulons toutefois que la
probabilité de se trouver projeté dans un |an ⟩ particulier est donnée par:
De manière générale, une probabilité doit être non négative. De plus, la prob-
abilité totale est égale à 1. Ces deux conditions sont remplies par le quatrième
postulat.
On définit l’espérance quantique de A par rapport à l’état |ψ⟩ par:
Cette définition est en accord avec notre notion intuitive de valeur moyenne
mesurée puisqu’elle peut s’écrire:
où la notation abrégée |±⟩ = |Sz ; ±⟩ a été utilisée. Ces résultats sont en accord avec
les conjectures du premier cours, (1.10) et (1.15), basées sur une analogie avec la
lumière polarisée linéairement et circulairement. Notons, en comparaison, que seule
la différence de phase relative entre les composantes |+⟩ et |−⟩ est physiquement
significative. De plus, les opérateurs S± (1.59) peuvent maintenant s’écrire:
S± = Sx ± iSy . (1.71)
[A, B] = 0, (1.79)
et incompatibles lorsque
[A, B] ̸= 0. (1.80)
Par exemple, S ⃗ 2 et Sz sont des observables compatibles cependant que Sx et Sz sont
des observables incompatibles.
Considérons le cas de deux observables compatibles A et B. Comme d’habitude,
nous supposons que l’espace des kets est sous tendu par les kets propres de A. On
peut aussi voir le même espace des kets comme sous tendu par les kets propres de
B. Nous demandons alors: comment les kets propres de A sont liés aux kets propres
de B lorsque A et B sont des observables compatibles?
Avant de répondre à cette question nous devons aborder un point très important
qui a été passé sous silence jusqu’à présent - le concept de dégénérescence. Supposons
que deux (ou plus) kets propres de A qui sont linéairement indépendants aient
la même valeur propre; alors les valeurs propres des deux kets propres sont dites
dégénérées. Dans un tel cas la notation |an ⟩ qui indexe le ket propre par sa seule
valeur propre ne donne pas une description complète; de plus, on peut se souvenir du
théorème, présenté ci-dessus, concernant l’orthogonalité des différents kets propres;
il n’est valable qu’en l’absence de dégénérescence. Heureusement, dans ce type de
situation, il existe généralement une autre observable compatible, disons B, qui peut
être utilisée afin d’indexer les kets propres dégénérés.
n ⟩ = an |an ⟩
A|a(i) i = 1, . . . , r , (1.81)
(i)
où ⟨a(i)
n |an ⟩ = δi,j .
(j) 11
Notons alors par |a(i) , b(i) ⟩ (pour simplifier on néglige l’indice n de a) un ket
propre commun aux observables compatibles A et B. On a alors:
Supposons que nous ayons déterminé l’ensemble maximal d’observables qui commu-
tent; c’est-à-dire que nous ne pouvons ajouter une observable de plus à notre liste
sans violer (1.83). Les valeurs propres des opérateurs A, B, C, · · · peuvent avoir
des dégénérescences mais si l’on spécifie la combinaison (a, b, c, · · · ), alors le ket
correspondant qui est simultanément propre à A, B, C, · · · est spécifié de manière
10
Dans la pratique, il peut arriver qu’une observable B compatible avec une observable A ne soit
pas d’emblée de forme diagonale dans la base propre de A. Le théorème nous garantit cependant
qu’il existe bien une base commune dans laquelle A et B sont simultanément diagonales. Si tel est
le cas, il faut alors diagonaliser B afin de déterminer la base (qui est une combinaison linéaire des
vecteurs propres de A) diagonalisant simultanément A et B.
11
Dans le cas où r = 1 il n’y a pas de dégénérescence. De même, si il y a une dépendance linéaire
entre certains kets propres la dégénérescence s’en trouve réduite. Avant d’affirmer qu’une valeur
propre, disons a, est dégénérée, disons 2 fois, il faut donc bien vérifier que ⟨a(1) |a(2) ⟩ = 0.
1.2. LE FORMALISME DE DIRAC 25
K a b c
et l’on a utilisé le fait que: ⟨(∆A)2 ⟩ = ⟨(A2 − 2A⟨A⟩ + ⟨A⟩2 )⟩ = ⟨A2 ⟩ − ⟨A⟩2 = ∆a2 .
Preuve: afin de démontrer (1.87), on va se servir des résultats suivants:
• l’inégalité de Schwarz:
⟨α|α⟩⟨β|β⟩ ≥ |⟨α|β⟩|2 , (1.89)
qui est l’équivalent de la relation |⃗a| |⃗b| ≥ |⃗a · ⃗b| pour des vecteurs ordinaires.
2 2 2
• les valeurs propres d’un opérateur anti-hermitique, C † = −C, sont purement imag-
inaires.
Définissons alors:
|α⟩ = ∆A|ψ⟩, |β⟩ = ∆B|ψ⟩ , (1.90)
où |ψ⟩ est un ket d’état quelconque. L’inégalité de Schwarz nous donne alors:
où l’on a utilisé le fait que ∆A et ∆B sont hermitiques (pas de ∆A† ou de ∆B † dans le
membre de droite). On peut alors écrire:
1 1
∆A ∆B = [∆A, ∆B] + {∆A, ∆B} . (1.92)
2 2
26 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
On a donc:
1 1 1
|⟨∆A ∆B⟩|2 = |⟨[A, B]⟩|2 + |⟨{∆A, ∆B}⟩|2 ≥ |⟨[A, B]⟩|2 , (1.94)
4 4 4
où la dernière inégalité est clairement satisfaite puisque le terme négligé ne peut qu’augmenter
la valeur du membre de gauche. Ceci conduit alors à la relation d’incertitude:
1
⟨(∆A)2 ⟩⟨(∆B)2 ⟩ ≥ |⟨[A, B]⟩|2 A et B opérateurs hermitiques , (1.95)
4
n
Z
|ψ⟩ = cm |am ⟩ −→ |ψ⟩ = dξ c(ξ)|ξ⟩ ,
X
m
cn = ⟨an |ψ⟩ −→ c(ξ) = ⟨ξ|ψ⟩ ,
Proba d’être dans l’état |an ⟩: |cn |2 −→ Densité de proba d’être dans |ξ⟩: |c(ξ)|2 ,
⟨an |A|am ⟩ = an δn,m −→ ⟨ξ|X|ξ ′ ⟩ = ξ δ(ξ − ξ ′ ) . (1.97)
Un ket arbitraire représentant un état physique peut être développé sur la base des
|x⟩ Z
|ψ⟩ = dx |x⟩⟨x|ψ⟩ , (1.100)
et le coefficient du développement ⟨x|ψ⟩ s’interprète de telle manière à ce que
|⟨x|ψ⟩|2 dx , (1.101)
Le produit scalaire ⟨x|ψ⟩ est généralement appelé la fonction d’onde ψ(x) associée
à l’état |ψ⟩. Cette fonction étant généralement complexe, elle ne peut représenter
une probabilité. On notera toutefois que
Comme il a été dit plus haut, la donnée d’une base est équivalente à la donnée d’une
représentation. Le choix de la base |x⟩ implique que ψ(x) est la fonction d’onde en
représentation position (ou représentation-q).
Tout comme les coefficients cn du cas discret, la fonction d’onde ψ(x) apparaı̂t,
dans le formalisme de Dirac, comme un coefficient du développement du ket d’état
sur la base des kets propres de l’observable position
Z
|ψ⟩ = dx ψ(x) |x⟩ . (1.104)
28 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
De même: Z
⟨ψ|ψ⟩ = dx |ψ(x)|2 , (1.106)
est bien une norme. Notons que si le ket d’état |ψ⟩ est normalisé, on a: dx |ψ(x)|2 =
R
1, qui correspond au fait que la somme des probabilités est égale à l’unité. Les
fonctions d’onde normalisables sont des fonctions de carré sommable, i.e. pour
lesquelles l’intégrale dx |ψ(x)| converge.
2
R
où l’on a utilisé les propriétés de la fonction-δ de Dirac pour effectuer l’une des
intégrales. Ceci correspond bien à la moyenne de la position dans l’état ψ(x).
L’estimation des fluctuations de la position par rapport à cette valeur moyenne
passe par l’évaluation du moment d’ordre deux de la variable aléatoire
Z Z Z
⟨ψ|X 2 |ψ⟩ = dx′ dx′′ ⟨ψ|x′ ⟩ ⟨x′ |X 2 |x′′ ⟩⟨x′′ |ψ⟩ = dx′ ψ ∗ (x′ ) x′2 ψ(x′ )
| {z }
=x′2 δ(x′ −x′′ )
(1.108)
qu’il faut ensuite centrer afin d’obtenir l’écart quadratique moyen:
q
∆x = ⟨ψ|X 2 |ψ⟩ − ⟨ψ|X|ψ⟩2 . (1.109)
Ces observables forment donc un ECOC au sens de (1.84). Ceci implique que:
On a alors: Z Z
|ψ⟩ = dp |p⟩ ⟨p|ψ⟩ = dp ϕ(p)|p⟩ , (1.114)
| {z }
ϕ(p)
où la fonction d’onde en représentation-p est donnée par: ϕ(p) = ⟨p|ψ⟩. L’interprétation
probabiliste de cette fonction d’onde est similaire au cas de la représentation-q:
|ϕ(p)|2 est une densité de probabilité, i.e., la probabilité pour que la particule ait
une impulsion p à dp près.
Le calcul de valeurs moyennes se fait de la même manière qu’en représentation-q.
L’espérance quantique de P dans un état normalisé s’écrit ainsi:
Z Z Z
⟨ψ|P |ψ⟩ = dp′ dp′′ ⟨ψ|p′ ⟩ ⟨p′ |P |p′′ ⟩ ⟨p′′ |ψ⟩ = dp′ ϕ∗ (p′ ) p′ ϕ(p′ ), (1.115)
| {z }
=p′ δ(p′ −p′′ )
où la dernière égalité est connue sous le nom d’identité de Jacobi, sont aussi valables pour le crochet
de Poisson.
30 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
ℏ
∆x∆p ≥ , (1.122)
2
quel que soit l’état du système.
En représentation-q, les éléments de matrice des opérateurs position et impulsion
sont donnés par: 13
∂
⟨x′ |X|x′′ ⟩ = x′ δ(x′ − x′′ ), ⟨x′ |P |x′′ ⟩ = −iℏ δ(x′ − x′′ ) . (1.123)
∂x′
A défaut de démontrer la seconde égalité, 14 notons simplement que ces expressions
sont compatibles avec les RCC. On peut le vérifier explicitement en évaluant l’action
du commutateur sur des kets tests et en se souvenant qu’un opérateur agit sur tout
ce qui se trouve à sa droite
Z ∂ ∂ ′
⟨ϕ|[X, P ]|ψ⟩ = −iℏ dx′ ϕ∗ (x′ ) x′ − x ψ(x′ ) = +iℏ ⟨ϕ|ψ⟩ . (1.124)
∂x′ ∂x′
De cette relation on déduit l’identité opératorielle [X, P ] = iℏ, ∀|ψ⟩, |ϕ⟩ qui corre-
spond bien à la RCC recherchée et justifie donc a posteriori (1.123).
Au moyen de ces éléments de matrice il est aisé de voir que la moyenne dans
un état normalisé d’une fonction arbitraire de la position et/ou de l’impulsion peut
s’écrire, en représentation-q:
Z
⟨f (R
⃗ )⟩ = dD r ψ ∗ (⃗r ) f (⃗r ) ψ(⃗r) , (1.125)
Z
⟨g(P⃗ )⟩ = dD r ψ ∗ (⃗r ) g(−iℏ∇
⃗ ⃗r ) ψ(⃗r ) , (1.126)
Z
⃗ P⃗ )⟩ =
⟨h(R, dD r ψ ∗ (⃗r ) h(⃗r, −iℏ∇
⃗ ⃗r ) ψ(⃗r ) . (1.127)
Ces formules assurent que la valeur moyenne d’une grandeur physique, qui est une
quantité mesurable expérimentalement, est bien réelle.
Ces arguments se généralisent aisément au cas de la représentation-p pour laquelle
les éléments de matrices:
∂
⟨p′ |X|p′′ ⟩ = iℏ δ(p′ − p′′ ), ⟨p′ |P |p′′ ⟩ = p′ δ(p′ − p′′ ) , (1.128)
∂p′
où l’on reconnait alors l’élément de matrice de P dans la base |x⟩, équation (1.123). Ceci conduit
à: Z Z
′ ∂ ′ ′ ∂
⟨x|P |p⟩ = −iℏ dx δ(x − x ) ⟨x |p⟩ = −iℏ dx′ δ(x − x′ ) ⟨x′ |p⟩ . (1.131)
∂x ∂x
La fonction δ permet d’éliminer la dernière intégrale ce qui conduit donc bien à: ⟨x|P |p⟩ =
∂
−iℏ ∂x ⟨x|p⟩ où ⟨x|p⟩ est une fonction de la variable x. On pourrait noter cette dernière:
⟨x|p⟩ = ψp (x). L’équation (1.137) montre que cette fonction, qui correspond à la représentation-q
d’un état propre de l’opérateur position, n’est rien d’autre que l’onde plane:
1 i
⟨x|p⟩ = ψp (x) = √ e ℏ px . (1.132)
2πℏ
Bien entendu l’onde plane n’est pas de carré sommable. Mais attention: une base constituée de
fonctions de carré non-sommable peut être très utile pour décrire des fonctions de carré sommable
(une manifestation du caractère très particulier des espaces de Hilbert de dimension infinie).
32 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
et
1 Z
i
ϕ(⃗p ) = dD r ψ(⃗r ) e− ℏ p⃗·⃗r , (1.140)
déf
(2πℏ)D/2 RD
1 Z
i
ψ(⃗r ) = dD p ϕ(⃗p ) e+ ℏ p⃗·⃗r . (1.141)
déf
(2πℏ)D/2 RD
Notons que l’on a adopté une convention symétrique pour la TF et la TF inverse et
des notations différentes pour la fonction et sa TF (une fonction est généralement
différente de sa TF).
Un dernier résultat utile en pratique concerne l’évaluation de P |ψ⟩ en représentation
position. En dimension 1, on a:
Z
⟨x|P |ψ⟩ = dx′ ⟨x|P |x′ ⟩⟨x′ |ψ⟩
Z ∂
= dx′ − iℏ δ(x − x′ ) ψ(x′ )
∂x
∂ Z
= −iℏ dx′ δ(x − x′ ) ψ(x′ )
∂x
∂ψ(x)
= −iℏ , (1.142)
∂x
où nous avons utilisé (1.123) pour passer de la première à la seconde ligne. Ce
résultat se généralise aussi aisément à une dimension D quelconque:
⟨⃗x |P⃗ |ψ⟩ = −iℏ ∇
⃗ ψ(⃗x ) . (1.143)
en accord avec le profil gaussien du paquet d’ondes. De même, le calcul des moyennes
de l’opérateur impulsion donne:
ℏ2 ℏ
⟨ P ⟩ = p0 = ℏk0 , ⟨ P 2 ⟩ = p20 + , ∆p = . (1.147)
a2 a
Des équations (1.147) et (1.146) on déduit que le principe d’incertitude est satisfait
avec cette particularité du paquet d’onde gaussien qu’il a une incertitude minimale:
ℏ
∆x∆p = (paquet d’ondes gaussien) , (1.148)
2
indépendante de a.
La particularité de la fonction gaussienne est que sa TF est aussi une gaussienne.
Le calcul de la TF inverse de l’équation (1.144) donne en effet:
!1/4
a2 a2 2
ϕ(p) = ⟨p|ψ⟩ = e− 4ℏ2 (p−p0 ) , (1.149)
2πℏ2
qui correspond bien à un paquet d’ondes gaussien dans l’espace des impulsions,
centré autour de p0 = ℏk0 et d’extension ℏ/a. Cette fonction a la dimension d’une
densité de probabilité dans l’espace des impulsions à 1 dimension et est automa-
tiquement normalisée à l’unité puisque sa TF l’était. A l’aide de ce paquet d’ondes
on peut retrouver le résultat des équations (1.146) et (1.147).
Sur cet exemple, on comprend que la TF encode la dualité entre l’espace (direct)
des positions et l’espace (réciproque) des impulsions. Cette dualité est équivalente au
principe d’incertitude puisque, d’après les propriétés de la TF, à une fonction étendue
dans l’espace direct correspond une fonction étroite dans l’espace réciproque, et vice
versa. Ceci est bien en accord avec le fait que l’extension spatiale de ψ(x) est donnée
par l’écart quadratique sur la position ∆x = a/2 et que l’extension spatiale de ϕ(p)
est donnée par l’écart quadratique sur l’impulsion ∆p = ℏ/a .
A ce point, il est intéressant de considérer deux cas limites:
• a → ∞ pour lequel on a: ∆x → ∞ et ∆p → 0. Dans cette limite ψ(x) doit
tendre vers une onde plane d’extension spatiale infinie et de nombre d’onde k0
tandis que ϕ(p) doit se réduire à une fonction très localisée autour de p = ℏk0 .
La fonction δ (ε) (z) a les dimensions de 1/z puisque ε et z ont les mêmes dimensions.
Cette fonction a une largeur de l’ordre de ε et une hauteur de l’ordre de 1/ε. Lorsque
ε → 0, la fonction δ (ε) (z) devient infiniment haute et étroite. Dans cette limite, elle
tend vers la “fonction” δ de Dirac:
ε→0
Elle n’est donc pas véritablement une fonction au sens ordinaire du terme mais
plutôt une fonction généralisée ou une distribution. C’est une fonction paire qui est
telle que:
1
δ(cz) = δ(z), δ(−x) = δ(x) (fonction paire). (1.155)
|c|
1
ϕk0 (p) = ⟨p|ℏk0 ⟩ = lim √ 1/2 ϕ(p) = δ(p − ℏk0 ), (1.157)
∆p→0
2 2π ∆p
1 Z +∞ i 1
ψk0 (x) = ⟨x|ℏk0 ⟩ = √ dp δ(p − ℏk0 )e ℏ px = √ eik0 x , (1.158)
2πℏ −∞ 2πℏ
1.2. LE FORMALISME DE DIRAC 35
qui est bien une onde plane, voir (1.132). Inversement, la TF de ψ permet de
visualiser le fait qu’un état d’impulsion parfaitement bien déterminé correspond à
une combinaison linéaire d’ondes planes occupant tout l’espace
1 Z +∞ i
δ(p − ℏk0 ) = dx e− ℏ (p−ℏk0 )x , (1.159)
2πℏ −∞
ce qui est en accord avec le principe d’incertitude. De la dernière équation, on déduit
aussi les formules d’intégration suivantes qui sont très importantes en pratique:
Z +∞
i
dx e− ℏ (p−ℏk0 )x = 2πℏ δ(p − ℏk0 ) (1.160)
−∞
Z +∞
dx e−i(k−k0 )x = 2π δ(k − k0 ) . (1.161)
−∞
Ces formules permettent par exemple de donner un sens au produit scalaire de deux
ondes planes ψk1 (x) et ψk2 (x):
Z +∞
1
dx ψk∗1 (x)ψk2 (x) = δ(k2 − k1 ) (ψki (x) = √ eiki x ). (1.162)
−∞ 2πℏ
On peut bien sûr donner l’équivalent de ces résultats en représentation-p. Par ex-
emple: Z +∞ i ′ ′′ )
dp e ℏ p(x −x = 2πℏ δ(x′ − x′′ ) . (1.163)
−∞
p⃗ 2 1
H(⃗p, ⃗r ) = + mω 2 ⃗r 2 (oscillateur harmonique) , (1.164)
déf
2m 2
p⃗ 2 e′2 e2
H(⃗p, ⃗r ) = e′2 = (atome d’hydrogène) . (1.165)
déf
− ,
2m r 4πε0
c’est-à-dire de déterminer E (le spectre en énergie) ainsi que les états |ψ⟩ associés
à un H donné. Notons que la résolution de cette équation dans le cadre de la
mécanique des matrices est essentiellement algébrique (diagonalisation de la matrice
associée à H). Tandis que dans le cadre de la mécanique ondulatoire l’approche
est plutôt analytique (résolution d’une équation différentielle voire aux dérivées par-
tielles).
Tous calculs faits, pour l’oscillateur harmonique à une dimension, le spectre en
énergie est donné par:
1
En = ℏω n + , n∈N (oscillateur harmonique unidimensionnel),
2
(1.167)
où ω est la pulsation associée à l’oscillateur et n correspond au nombre de quanta de
vibration. Ce résultat a été obtenu pour la première fois au moyen de la mécanique
des matrices. Peu de temps après il a été confirmé par Schrödinger dans le cadre de
la mécanique ondulatoire. A l’époque le succès de l’équation (1.167) provenait du
fait que
1
E0 = ℏω. (1.169)
2
C’est l’énergie dite de point zéro de l’oscillateur qui est une conséquence
des fluctuations quantiques qui ne permettent jamais à la particule d’être to-
talement au repos.
1 e′2 ℏ2
En = − , a0 = , n ∈ N∗ (atome d’hydrogène), (1.170)
2n2 a0 me′2
où a0 est le rayon de Bohr. Ce résultat a été obtenu pour la première fois au moyen de
la mécanique ondulatoire. Son importance vient du fait qu’il redonne bien le résultat
de Bohr (1913) qui est lui-même en accord avec les expériences de spectroscopie.
1.2. LE FORMALISME DE DIRAC 37
• On définit un produit scalaire entre deux kets. Il faut connaı̂tre les propriétés
de ce produit scalaire (sesquilinéaire).
• Une grandeur physique correspond à une observable agissant sur les kets ou
les bras (deuxième postulat - principe de correspondance). Il faut connaı̂tre
les définitions de l’adjoint d’un opérateur et d’un opérateur hermitique ou
auto-adjoint.
• L’espace des kets est sous-tendu par l’ensemble des kets propres d’une observ-
able agissant sur le système. Il faut savoir ce qu’est l’équation aux valeurs
propres d’un opérateur (valeurs propres, kets propres). L’ensemble de ces kets
propres forment une base. Il faut connaı̂tre la définition d’une base (ensemble
complet de kets linéairement indépendants). Il faut savoir ce qu’est une rela-
tion de fermeture. On distingue les bases discrètes des bases continues. Il faut
savoir les utiliser.
• Deux opérateurs qui ne commutent pas sont dits incompatibles. Il faut con-
naitre les relations de commutation canoniques.
• L’incompatibilité entre R
⃗ et P⃗ est liée à la dualité (au sens de la transformée
de Fourier) entre l’espace direct (des positions) et l’espace réciproque (des
impulsions). Il faut connaitre les définitions de la TF et de la TF inverse et
savoir les appliquer.
• La mécanique quantique a un caractère intrinsèquement probabiliste. Il faut
savoir calculer des moyennes et écarts quadratiques.
• Il faut savoir ce qu’est une fonction δ de Dirac et en connaı̂tre les principales
propriétés.
• Les premiers résultats spectaculaires des mécaniques matricielle et ondulatoire
ont porté sur l’oscillateur harmonique et l’atome d’hydrogène. Il faut connaı̂tre
l’expression du spectre de l’oscillateur harmonique 1D et de l’atome H.
1.2.8 Références
Ce cours est tiré du Chapitre 1 de Sakurai [3].
Le formalisme de Dirac et les postulats de la mécanique quantique sont présentés
dans tous les livres de mécanique quantique. Voir, par exemple:
• Aslangul [1]: Tome 1, Chapitres 12 et 13.
• C. Cohen-Tannoudji [2]: Tome 1, Chapitres 2 et 3.
5. Démontrer le Théorème 2.
6. Soit {|an ⟩} une base discrète de l’espace des kets et |ψ⟩ = m cm |am ⟩ un ket
P
L’utilisation d’une base discrète sur laquelle sont développés les kets d’états
et d’une base continue pour les représenter est très fréquente en mécanique
quantique. Donner deux exemples dans lequels ce type de représentation in-
tervient en précisant dans chaque cas à quelle observable sont associées les
bases discrète et continue.
7. La mécanique de Hamilton décrit un système mécanique constitué d’une par-
ticule dans RD au moyen des composantes de sa coordonnée qα et de son
impulsion pα (α = 1, . . . , D).
(a) Evaluer les crochets de Poisson: {qα , pβ }, {qα , qβ } et {pα , pβ }.
(b) Comparer les résultats obtenus à ceux des RCC de la mécanique quan-
tique.
8. Considérons une particule dans RD . Evaluer le commutateur: [R ⃗ , P⃗ ], faisant
intervenir les vecteurs R
⃗ et P⃗ . Comparer le résultat obtenu à celui de: [Rα , Pβ ],
faisant intervenir les composantes de ces mêmes vecteurs (α, β = 1, . . . , D).
9. Par analogie avec l’hydrodynamique on peut montrer qu’il existe une équation
de continuité qui correspond à une équation locale de conservation de la prob-
abilité (grandeur globalement conservée):
∂ρ(⃗r, t) ⃗ ⃗
+ ∇ · j(⃗r, t) = 0 , (1.173a)
∂t
ρ(⃗r, t) = ψ(⃗r, t)∗ ψ(⃗r, t), (1.173b)
!
⃗j(⃗r, t) = ℏ ψ(⃗r, t)∗ ∇ ⃗ ⃗r ψ(⃗r, t)∗ , (1.173c)
⃗ ⃗r ψ(⃗r, t) − ψ(⃗r, t) ∇
2im
est la probabilité de trouver la particule décrite par la fonction d’onde ψ(⃗r, t), à la
position ⃗r à dD r près, à l’instant t. Par analogie avec l’hydrodynamique on peut
montrer qu’il existe une équation de continuité qui correspond à une équation locale
de conservation de la probabilité (grandeur globalement conservée):
∂ρ(⃗r, t) ⃗ ⃗
+ ∇ · j(⃗r, t) = 0 , (1.175a)
∂t
ρ(⃗r, t) = ψ(⃗r, t)∗ ψ(⃗r, t), (1.175b)
!
⃗j(⃗r, t) = ℏ ψ(⃗r, t)∗ ∇ ⃗ ⃗r ψ(⃗r, t) − ψ(⃗r, t) ∇
⃗ ⃗r ψ(⃗r, t)∗ , (1.175c)
2im
où la moyenne temporelle est ici écrite dans le point de vue de Schrödinger .
Dans la suite, on présentera un autre point de vue, généralement mieux adapté à
l’étude de la dynamique quantique d’un système physique, qui est le point de vue
de Heisenberg.
∂ |ψ(t)⟩
iℏ = H(t) |ψ(t)⟩ , (1.177)
∂t
où l’opérateur Hamiltonien, H(t), qui correspond à l’observable associée à l’énergie
totale du système, dépend éventuellement du temps.
Cette équation est du premier ordre en temps. Il n’y a donc qu’une seule inconnue
que l’on peut prendre comme la valeur du ket d’état à l’instant initial, |ψ(t0 )⟩.
1.3. EVOLUTION TEMPORELLE 41
d U (t, t0 )
iℏ = H(t) U (t, t0 ) , U (t0 , t0 ) = 1l , (1.180)
dt
qui est une équation opératorielle permettant d’obtenir l’opérateur U (t, t0 ). Une fois
l’opérateur d’évolution connu, sa définition (1.179) implique qu’il peut s’appliquer
sur un |ψ(t0 )⟩ quelconque, conduisant ainsi à la détermination du |ψ(t)⟩ correspon-
dant.
Quelques propriétés de l’opérateur d’évolution:
• L’opérateur d’évolution est unitaire:
U (t, t0 )† U (t, t0 ) = 1.
l (1.181)
L’unitarité de U est équivalente à l’hermiticité de H. Elle implique que si le
ket d’état est normalisé à un instant t0 alors il le reste ∀t.
• Loi de composition:
U (t2 , t0 ) = U (t2 , t1 )U (t1 , t0 ) (t2 > t1 > t0 ). (1.182)
Les solutions de l’équation (1.180) peuvent être réparties en trois grandes classes:
1. cas où H ne dépend pas du temps: c’est le cas le plus simple.
i
U (t, t0 ) = e− ℏ H(t−t0 ) . (1.183)
3. cas où H dépend du temps et [H(t), H(t′ )] ̸= 0, ∀(t, t′ ): dans ce cas il n’y a
pas d’expression simple pour U . On peut montrer que dans ce cas l’opérateur
d’évolution peut s’écrire comme une série de Dyson.
Dans toute la suite on supposera pour simplifier (et sauf mention contraire) que H
ne dépend pas du temps (cas 1).
42 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
n m n m | {z }
− i En (t−t0 )
e ℏ δn,m
ce qui conduit à
i
U (t, t0 ) = e− ℏ En (t−t0 ) |En ⟩⟨En | , (1.187)
X
qui est bien diagonal dans la base des {|En ⟩}. Il ne reste alors plus qu’à développer
l’état initial sur cette même base
Remarques:
• |ck (t)| = |ck (t0 )|: conservation du module qui traduit la conservation de la
probabilité et provient du fait que U est unitaire.
• les différentes composantes de |ψ(t)⟩ dans la base des {|En ⟩} se trouvent
généralement déphasées les unes par rapport aux autres.
Dans ce cas, la dynamique du système est toute entière contenue dans une phase
temporelle globale. Les états propres de H correspondent à des états station-
naires pour lesquels aucune valeur moyenne ne dépend du temps. En effet, si l’on
considère une observable Ω qui ne dépend pas explicitement du temps, on a, dans
ce cas:
⟨Ω⟩(t) = ⟨ψ(t)|Ω|ψ(t)⟩ = ⟨Eα |Ω|Eα ⟩ = ⟨ψ(t0 )|Ω|ψ(t0 )⟩ , (1.192)
qui ne dépend donc pas de t.
Dans le cas général, le ket d’état est sous la forme (1.190). Cette combinaison
linéaire d’états stationnaires n’est pas un état stationnaire. Toujours pour une ob-
servable Ω qui ne dépend pas explicitement du temps, la moyenne temporelle de Ω
est donnée par
i
⟨Ω⟩(t) = ⟨ψ(t)|Ω|ψ(t)⟩ = c∗k (t0 )ck′ (t0 ) e ℏ (Ek −Ek′ )(t−t0 ) ⟨Ek |Ω|Ek′ ⟩ . (1.193)
XX
k k′
On définit donc:
ΩH (t) = U † (t, t0 )ΩU (t, t0 ) , ΩH (t0 ) = Ω , (1.197)
déf
où l’indice H correspond à Heisenberg. Par analogie, l’opérateur Ω est parfois noté
ΩS en référence au point de vue de Schrödinger .
En combinant les équations (1.197) et (1.180) on obtient l’équation du mouve-
ment:
dΩH (t)
iℏ = [Ω, H]H (t) , (1.198)
dt
où [Ω, H]H (t) = U † (t, t0 ) [Ω, H] U (t, t0 ). L’équation (1.198) est l’équivalent en mécanique
quantique de l’équation de Newton de la mécanique classique. C’est l’équation de
Heisenberg associée à l’observable Ω.
Dans le point de vue de Heisenberg on voit facilement que:
dΩH (t)
[Ω, H] = 0 =⇒ = 0. (1.199)
dt
On dit alors de Ω que c’est une constante du mouvement; les valeurs moyennes
de Ω ne dépendent alors pas du temps.
Considérons l’exemple simple d’une particule de masse m dans R3 soumise à
un potentiel V (⃗r ). On cherche à écrire les équations de Heisenberg associées aux
opérateurs position et impulsion. Le Hamiltonien du système est donné par:
P⃗ 2
H= + V (R
⃗ ), (1.200)
2m
et ne dépend pas explicitement du temps. Les commutateurs valent
⃗2 ⃗
[R,
⃗ H] = [R,⃗ P ] = iℏ P , [P⃗ , H] = [P⃗ , V (R
⃗ )] = −iℏ∇
⃗ ⃗ V (R
⃗ ). (1.201)
2m m R
Sur cet exemple, on voit que ℏ n’apparait pas explicitement dans les équations
de Heisenberg. Elle ressemblent donc très fortement aux équations de Newton de
la mécanique classique. Il existe toutefois une différence fondamentale entre les
équations de Heisenberg et celle de Newton: les équations de Heisenberg sont des
identités opératorielles (le ℏ est caché dans l’opérateur U ).
Le point de vue de Heisenberg est très utile en pratique pour évaluer des moyennes
temporelle. Le démarche à suivre consiste à:
• écrire les équations de Heisenberg associées aux observables (calcul des com-
mutateurs du type [Ω, H]),
• intégrer les équations de Heisenberg. Il faut prendre garde au fait que les
équations de Heisenberg sont des identités opératorielles et donc que les con-
stantes d’intégration sont en fait des opérateurs,
• calculer la valeur moyenne de ΩH (t) dans l’état initial.
1.3. EVOLUTION TEMPORELLE 45
D’où:
Z
ψ(⃗r, t) = d3⃗r0 U (⃗r, t; ⃗r0 , t0 )ψ(⃗r0 , t0 ), U (⃗r, t0 ; ⃗r0 , t0 ) = δ(⃗r − ⃗r0 ). (1.205)
où L est le Lagrangien de la particule. Les équations (1.205) et (1.206) sont à la base
d’une formulation lagrangienne de la mécanique quantique: l’intégrale de chemin de
Feynman.
(Heisenberg) Ω → ΩH (t) = U † (t, t0 )ΩU (t, t0 ),les kets d’état ne changent pas .
(1.209)
Les deux points de vue sont strictement équivalents mais le point de vue de
Heisenberg peut se révéler être plus pratique pour des calculs de moyennes
temporelles. Il faut savoir passer d’un point de vue à l’autre.
• Les équations d’Heisenberg sont les équations d’évolution associées aux observ-
ables dans le point de vue de Heisenberg. Bien que similaires aux équations
de Newton, les équations de Heisenberg en diffèrent par le fait que ce sont des
identités opératorielles. Il faut savoir écrire les équations de Heisenberg as-
sociées à un système physique et les intégrer pour ensuite calculer des valeurs
moyennes.
1.3.7 Références
• Aslangul [1], Tome 1, Chapitre 14.
où F (⃗p ) est une fonction de l’opérateur impulsion, G(⃗x ) une fonction de
l’opérateur position et xi et pi sont les composantes de l’opérateurs position et
impulsion, respectivement.
• la discontinuité de V (x) est finie. Dans ce cas, ψ ′′ (x) a aussi une discontinuité
finie mais ψ ′ (x) et ψ(x) sont continues,
• la discontinuité de V (x) est infinie. Dans ce cas, ψ ′′ (x) a aussi une discontinuité
infinie mais ψ ′ (x) ne présente éventuellemet qu’une discontinuité finie et ψ(x)
reste continue.
Toujours de manière générale, il est important de réaliser que tout état lié 1D est non-dégénéré.
Ceci implique que si ψ1 (x) et ψ2 (x) sont deux fonctions normalisables de même
énergie E, alors ces fonctions sont égales à une phase près, ψ2 (x) = eϕ ψ1 (x) où ϕ
est une constante. Par ailleurs, les fonctions d’onde associées à des états liés 1D
peuvent toujours être prises comme réelles. Pour le voir, on commence par écrire
l’équation (1.215) pour deux solutions de même énergie E:
2m 2m
ψ1′′ (x) = V (x) − E ψ 1 (x), ψ2
′′
(x) = V (x) − E ψ2 (x) . (1.217)
ℏ2 ℏ2
En multipliant la première équation par ψ2 , la seconde par ψ1 et en prenant la
différence des deux équations, il vient:
ψ1′′ ψ2 − ψ2′′ ψ1 = 0 . (1.218)
Cette équation peut aussi s’écrire sous la forme:
d ′
ψ1′′ ψ2 − ψ2′′ ψ1 = ψ1 ψ2 − ψ2′ ψ1 = 0 . (1.219)
dx
On en déduit donc que:
ψ1′ ψ2 = ψ2′ ψ1 + c , (1.220)
où c est une constante. Notons que pour un état lié: lim|x|→∞ ψ(x) = 0 et donc
c = 0. L’équation s’intègre alors facilement:
ψ1′ ψ′
= 2 ⇒ log(ψ2 ) = log(ψ1 ) + ϕ , (1.221)
ψ1 ψ2
d’où le résultat annoncé ψ2 (x) = eϕ ψ1 (x) où ϕ est une constante. Notons que le
même résultat est obtenu pour un spectre est continu à la condition que ψ(x) → 0
pour x → +∞ ou x → −∞ (le potentiel confine alors la particule à une extrémité
du système mais pas à l’autre). Dans ce cas aussi, le spectre n’est pas dégénéré et
la fonction d’onde est réelle. Par contre, pour un spectre continu et en l’absence de
tout confinement de l’état lié (on peut par exemple penser à la particule libre), alors
la dégénérescence est double et la fonction d’onde complexe:
ψk (x) = Aeikx + Be−ikx , (1.222)
√
où k = 2mE/ℏ2 et les constantes A et B sont déterminées à partir des conditions
aux limites.
Un autre point très important est que les valeurs propres E du problème quan-
tique doivent être strictement supérieures au minimum du potentiel classique V (x):
E > Vmin = Minx V (x) . (1.223)
où les deux équations ont été mises sous forme matricielle. Une solution non-triviale
correspond à un déterminant nul pour la matrice, c’est-à-dire à: 2i sin(kL) = 0. Ceci
conduit donc à la quantification de k (et donc de l’énergie):
nπ
k= où n = 0, ±1, ±2, ±3, · · · (1.233)
L
La particule dans la boı̂te admet donc une infinité de fonctions propres qui sont des
états liés indexés par l’entier n
ψII (x) ≡ ψn (x) = Ceinπx/L + De−inπx/L , (1.234)
où les conditions aux limites conduisent à Ceinπ/2 + De−inπ/2 = 0 qui se simplifie en
D = −(−1)n C. On a donc:
ψn (x) = C einπx/L − (−1)n e−inπx/L , (1.235)
√
où C = 1/ 2L est une constante de normalisation. Ces solutions peuvent s’écrire:
q
2 sin
nπx
pour n pair ;
ψn (x) = qL L (1.236)
2
L
cos nπx
L
pour n impair .
Figure 1.5: Fonctions d’onde associées aux premiers niveaux d’énergie d’une par-
ticule quantique dans une boı̂te (source: particule dans une boı̂te wiki).
q
Les énergies correspondantes s’obtiennennt au moyen de k ≡ kn = 2mEn /ℏ2 et
sont données par:
ℏ2 n2 π 2
En = n = 1, 2, 3, 4, · · · (1.238)
2mL2
Notons que l’énergie de l’état fondamental est strictement positive: E1 = ℏ2 π 2 /(2mL2 ) >
0 et correspond à une énergie de point zéro. Par ailleurs, de l’expression des fonc-
tions propres, nous pouvons remarquer que la fonction d’onde de l’état fondamentale
(n = 1) ne s’annnule pas à l’intérieur du domaine |x| < L/2. On dit que cette fonc-
tion n’a pas de noeud. Au contraire, la fonction du premier état excité (n = 2)
s’annule 1 fois, celle du deuxième état excité (n = 3) s’annule 2 fois, etc... voir la
Fig. 1.5. De manière générale, la fonction d’onde du kième état excité s’annule k
fois. C’est une propriété générale des fonctions propres associées à des états liés (que
l’on retrouvera dans le cas de l’oscillateur harmonique).
n’est donc jamais au minimum du potentiel; elle n’est jamais au repos. Ceci est une
manifestation des fluctuations quantiques.
Cette échelle de longueur permet de passer à une variable position sans dimension:
s
ℏ
x= ξ ([ξ] = 1) . (1.243)
mω
ℏ2 d 1 ℏ2 d 1 ℏ 2
H = − + mω 2 2
x = − + mω 2 ξ
2m dx 2 2 2m d(ℏξ )/(mω) 2
2 mω
ℏω d ℏω 2
= − + ξ
2 dξ 2 2
d
!
ℏω
= − 2
−ξ , (1.244)
2 dξ 2
où l’on voit clairement que [H] = énergie. En terme de la variable sans dimension ξ
l’équation aux valeurs propres (1.215) peut de même s’écrire:
2E
ψ ′′ (ξ) = ξ 2 − λ ψ(ξ) où λ = ([λ] = 1) , (1.245)
ℏω
Cette équation a pour solution ψ(ξ) = Ae−ξ + Be+ξ . Puisque ψ(ξ) → 0 pour
2 /2 2 /2
où h(ξ) est un polynôme en ξ qui reste à déterminer. Notons que h(ξ) ne peut être
une série puisque cette dernière pourrait diverger plus vite que e−ξ /2 dans la limite
2
s∈N
α (α − 1) a0 = 0 ,
α (α + 1) a1 = 0 ,
(α + 1) (α + 2) a2 = (2α + 1 − λ) a0 ,
(α + 2) (α + 3) a3 = (2α + 3 − λ) a1 ,
···
(α + s + 1) (α + s + 2) as+2 = (2α + 2s + 1 − λ) as . (1.252)
18
Il faut que |ψ(ξ)|2 soit intégrable à l’orgine (ξ → 0) ce qui correspond à dξ ξ 2α fini donc
R
1 + 2α > 0 ce qui implique α > −1/2. Comme h(ξ) est un polynôme, α doit être un entier positif
ou nul.
56 CHAPTER 1. FORMALISME DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE
Comme nous allons le voir, les deux premières équations sont des “conditions aux
limites” permettant de fixer α et a1 . Les équations suivantes sont des relations de
récurrence permettant de fixer le coefficient as+2 dès lors que le coefficient as est
connu.
Considérons la première équation: α (α−1) a0 = 0. Puisque a0 ̸= 0, elle implique
que α = 0 ou α = 1. De la seconde équation, α (α + 1) a1 on voit alors que si α = 0
alors a1 est indéterminé. On peut alors prendre a1 = 0 ce qui implique que tous
les coefficients as avec s impair sont nuls. Par contre, si l’on considère le cas α = 1
alors la seconde équation implique d’emblée a1 = 0 et l’on a de nouveau que tous
les coefficients as avec s impair sont nuls. La fonction h(ξ) peut donc s’écrire:
p∈N
Notons que si α = 0, la fonction h(ξ) est paire alors que si α = 1 la fonction h(ξ) est
impaire. Les fonctions propres de l’oscillateur harmonique ont donc une parité bien
déterminée (ce qui vient du fait que le potentiel est pair). L’équation de récurrence
générale devient alors:
A ce point, il est crucial de se souvenir que h(ξ) est un polynône et que cette
contrainte provient des conditions aux limites. Elle impose qu’à partir d’un entier
p0 on doit avoir:
a2p0 ̸= 0, a2p = 0 ∀p > p0 . (1.255)
Appliquée à (1.254) ceci conduit à:
même condition donne n = 2p0 +1 qui est impair et donc p0 = (n−1)/2. La fonction
h(ξ) est donc indexée par n et prend la forme:
(n−α)/2
(n)
hn (ξ) = a2p ξ 2p+α , (1.260)
X
p=0
où il est sous entendu que α = 0 pour n pair et α = 1 pour n impair. En particulier,
(0)
dans l’état fondamental, n = 0 (donc α = 0) et on a: h0 (ξ) = a0 qui est une simple
constante correspondant à la constante de normalisation de la fonction d’onde. De
(1)
même, pour le premier état excité, on a n = 1 (donc α = 1) et h1 (ξ) = a0 ξ où la
(1)
constante a0 est aussi déterminée par la normalisation de la fonction d’onde du pre-
mier état excité. Au moyen des équations de récurrence, il est possible de déterminer
(n)
exactement tous les coefficients a2p . Notons toutefois que les polynômes d’Hermite
sont bien connus et leur expression peut être trouvée dans tous les ouvrages cités
en références. Pour conclure cette partie, nous allons donc juste donner l’expression
générale des fonctions d’onde (normalisées) de l’oscillateur harmonique:
1
1/4
mω
2 /2
ψn (ξ) = √ hn (ξ) e−ξ , (1.261)
2n n! πℏ
Comme nous pouvions nous y attendre, notons que, puisque le polynôme hn (ξ)
possède n zéros, la fonction propre associée à l’état n s’annule n fois (en dehors des
limites ξ → ±∞). Ainsi, la fonction d’onde associée à l’état fondamental ne s’annule
jamais, celle associée au premier état excité possède seulement un noeud, etc... voir
Fig. 1.6 pour les fonctions d’ondes des premiers niveaux d’énergie et Fig. 1.7 pour
les densités de probabilités associées.
1.4.4 Références
• Aslangul [1], Tome 1, Chapitreis 15 et 16.
Figure 1.6: Représentation des fonctions d’onde associées aux premiers niveaux
d’énergie de l’oscillateur harmonique quantique unidimensionnel (source: OH quan-
tique wiki).
k=x,y,z
où, dans la dernière égalité, nous avons utilisé la convention de sommation sur les
indices répétés (ici l’indice k) et où ϵijk est le symbole de Levi-Civita ou tenseur
totalement antisymétrique d’ordre 3, voir (1.73).
En mécanique classique, le moment cinétique intervient au niveau du “théorème
du moment cinétique”:
dL⃗
= ⃗r × F⃗ , (2.2)
dt
conséquence de la définition du moment cinétique orbital: L ⃗ = ⃗r × m⃗v et de la
deuxième loi de Newton. Le moment cinétique est donc l’équivalent pour les rota-
tions de la quantité de mouvement pour les translations. Pour une particule plongée
dans un potentiel central, V (r), la force, F⃗ = −∇V ⃗ (r), est centrale. On a donc:
⃗r × F⃗ = 0 et L ⃗ apparait donc clairement comme une constante du mouvement:
dL
⃗
= 0. (2.3)
dt
Le passage à la mécanique quantique se fait en élevant les variables dynamiques ⃗r
et p⃗ = m⃗v au rang d’opérateurs agissant dans l’espace des états associés aux degrés
de liberté externes (ou orbitaux). L’opérateur moment cinétique orbital est alors
59
60 CHAPTER 2. THÉORIE GÉNÉRALE DU MOMENT CINÉTIQUE
Notons aussi que, tout comme pour le moment cinétique de spin, le spectre de L ⃗
est discret. Le moment cinétique étant intimement lié à la rotation d’un objet, ceci
provient du fait que les variables angulaires décrivant cette rotation sont confinées
à des intervalles finis. 2
Avant d’aborder la théorie générale du moment cinétique quantique (orbital et/ou
de spin), nous allons revenir en ce début de chapitre à un cas classique important:
celui de deux particules interagissant via un potentiel central. Ceci nous permettra
de montrer la conservation du moment cinétique total du système constitué de ces
deux particules. Et aussi d’introduire les notions importantes de coordonnée du cen-
tre de masse et de coordonnée relative dont nous ferons usage au prochain chapitre
sur le potentiel central.
d2⃗r1 d2⃗r2
m 1 2 = −∇
⃗ ⃗r1 V (|⃗r1 − ⃗r2 |), m2 2 = −∇
⃗ ⃗r2 V (|⃗r1 − ⃗r2 |) . (2.5)
dt dt
m1⃗r1 + m2⃗r2
=
⃗ déf ⃗r = ⃗r1 − ⃗r2 . (2.6)
déf
R ,
m1 + m2
MR ⃗¨ = 0, M = m1 + m2 , (2.7a)
m1 m2
µ⃗r¨ = −∇⃗ ⃗r V (|⃗r|), µ= , (2.7b)
m1 + m2
1
On peut montrer que l’origine de la non-commutativité des différentes composantes de L ⃗ est
classique: elle provient de la non-commutativité des rotations autours d’axes différents dans l’espace
ordinaire R3 .
2
La quantification provient des conditions aux limites. On se souviendra ainsi que l’impulsion
d’une particule confinée dans une boı̂te prend des valeurs discrètes.
2.2. MOMENT CINÉTIQUE QUANTIQUE: VALEURS PROPRES ET ÉTATS PROPRES61
où M est la masse totale et µ la masse réduite du système à deux corps. Avec ces
notations, on peut aussi définir une impulsion totale, P⃗ et une impulsion relative, p⃗:
!
p⃗1 p⃗2
P⃗ = p⃗1 + p⃗2 , p⃗ = µ (2.8)
déf déf
− .
m1 m2
L’équation (2.7a) montre alors que le centre de masse est animé d’un mouvement
˙
de translation uniforme. L’impulsion totale du système est donc conservée: P⃗ =
MR ⃗¨ = 0; on dit alors de P⃗ que c’est une constante du mouvement.3
En ce qui concerne la particule relative, l’équation (2.7b) montre qu’elle est
soumise à une force centrale: F⃗ = −∇ ⃗ ⃗r V (|⃗r|), c’est-à-dire parallèle à ⃗r, puisque V
ne dépend que de la norme de ⃗r. Par ailleurs, le centre de masse est libre et est donc
soumis à un potentiel nul (qui est l’exemple le plus trivial d’un potentiel central).
Le théorème du moment cinétique s’applique alors et il y a conservation du moment
cinétique orbital total. Pour le voir, écrivons ce dernier explicitement:
⃗ = ⃗r1 × p⃗1 + ⃗r2 × p⃗2 = R
L ⃗ × P⃗ + ⃗r × p⃗ . (2.9)
La conservation de ce moment cinétique se traduit par:
dL
⃗
= 0. (2.10)
dt
On a en effet, L ⃗˙ = R⃗ × P⃗˙ + ⃗r × p⃗˙ = R⃗ × 0 + ⃗r × F⃗ = 0, puisque le centre-
de-masse est animé d’un mouvement de translation uniforme et que la particule
relative est soumise à une force centrale. On retrouve donc le fait que, dans le
cas d’un potentiel central (particule soumise à un potentiel central ou ensemble
de particules interagissant entre elles via un potentiel central) le moment cinétique
orbital (total) est une constante du mouvement.
Nous aborderons au prochain chapitre l’étude d’une particule quantique soumise
à un potentiel central où la quantification du moment cinétique joue un rôle im-
portant. Dans le reste de ce chapitre, nous allons présenter la théorie générale du
moment cinétique quantique en l’absence de toute référence à un modèle donné.
Les observables J⃗ et J⃗ 2 sont donc compatibles. Ceci n’est pas le cas des composantes
Jx , Jy et Jz . On ne peut donc choisir qu’une seule de ces composantes comme
observable pouvant être diagonalisée simultanément avec J⃗ 2 . Par convention, on
choisit la composante Jz . On dit que l’axe z est l’axe de quantification.
Supposons que les états propres communs à Jz et J⃗ 2 existent et qu’ils sont
normalisables. On note ces états propres |a, b⟩ où a et b sont des nombres sans
dimension liés aux valeurs propres respectives de J⃗ 2 et Jz . Pour trouver |a, b⟩, il
faut donc résoudre le système d’équations:
Afin d’exploiter ces relations, il est utile d’introduire les opérateurs non-hermitiques
ou opérateurs d’échelle:
J± = Jx ± iJy , (2.15)
plutôt que les opérateurs Jx et Jy (voir l’équation (1.71) pour des relations similaires
dans le cas du moment cinétique de spin). Notons que l’on a: J+† = J− et (J+ J− )† =
J+ J− . Les relations de commutation (2.11) ainsi que l’équation (2.13) s’écrivent
alors:
[J+ , J− ] = 2ℏJz , [Jz , J± ] = ±ℏJ± , [J⃗ 2 , J± ] = 0 . (2.16)
Par ailleurs, puisque Jx2 + Jy2 = (J+ J− + J− J+ )/2, on a la relation utile en pratique:
1
J⃗ 2 = Jz2 + (J+ J− + J− J+ ) . (2.17)
2
On peut alors préciser le sens donné aux opérateurs J± . En effet:
Donc:
Jz (J± |a, b⟩) = ℏ(b ± 1) (J± |a, b⟩) . (2.19)
2.2. MOMENT CINÉTIQUE QUANTIQUE: VALEURS PROPRES ET ÉTATS PROPRES63
Donc J± |a, b⟩ sont des états propres de J⃗ 2 et de Jz avec les valeurs propres ℏ2 a et
ℏ(b ± 1), respectivement. On peut donc écrire:
Les équations (2.25) et (2.26) ne sont compatibles que si: bmax (bmax +1) = bmin (bmin −
1), qui admet deux solutions: bmax = −bmin et bmin = bmax + 1 > bmax . La seconde
solution n’est pas acceptable et on obtient donc:
Partant ensuite de |a, bmin ⟩ = |a, −bmax ⟩, on atteint |a, bmax ⟩ au bout de, disons,
n ∈ N applications de J+ . Donc: bmax = bmin +n = −bmax +n, ou encore: bmax = n/2.
Il est d’usage de noter j ≡ bmax et b ≡ m. On a alors:
n
j= où n ∈ N ⇒ j entier ou demi-entier . (2.28)
2
−j ≤ m ≤ j ⇒ m = −j, −j + 1, −j + 2, . . . , j − 2, j − 1, j . (2.29)
Donc, lorsque j est entier, m est entier. Lorsque j est demi-entier, m est demi-entier.
En suivant l’usage, on notera: |a, b⟩ → |j, m⟩. On a alors:
Par conséquent:
q
⟨j ′ , m′ | J± |j, m⟩ = ℏ j(j + 1) − m(m ± 1) δj,j ′ δm±1,m′ . (2.34)
0 1 0 −i 1 0
! ! !
σx = , σy = , σz = . (2.36)
1 0 i 0 0 −1
D’où:
ℏ q
∆Jx = ∆Jy = √ j(j + 1) − m2 , (2.38)
2
q
où ∆Ji = ⟨Ji2 ⟩ − ⟨Ji ⟩2 . Remarquons que, pour j fixé, ces fluctuations sont
maximales pour les petits nombres quantiques, m → 0 où ⟨Jz ⟩ → 0, et mini-
males pour les grands nombres quantiques, |m| → j où |⟨Jz ⟩| est maximal.
• Les formules très importantes à connaitre sont les équations (2.30) et (2.33).
Il faut connaitre l’expression des fonctions R± (j, m).
2.2.6 Références
• C. Aslangul: Tome 2, Chapitre 18.
où, pour le moment, on ne sait pas si l est entier ou demi-entier. Ce que l’on va
prouver dans ce cours est que, dans le cas d’un moment cinétique orbital, l ne peut
prendre que des valeurs entières. Pour cela, on va procéder par une approche
analytique complémentaire de l’approche algébrique de la dernière section. Cette
approche analytique repose sur le fait que l’on connait l’expression de L
⃗ en fonction
de R et P . On peut donc en déduire sa représentation-q (ou -p) et ainsi déterminer
⃗ ⃗
les équations aux dérivées partielles associées aux équations (2.39). C’est la
résolution de ces équations tenant compte de conditions aux limites appropriées qui
conduit à l ∈ N.
Rappelons par ailleurs que l’élément de volume: d3 r = r2 drdΩ où l’élément d’angle
solide est donné par: dΩ = sin θdθdϕ. Après calculs, les composantes du moment
cinétique en coordonnées sphériques sont données par:
!
∂ ∂
Lx = iℏ sin ϕ + cos ϕ cot θ , (2.41a)
∂θ ∂ϕ
!
∂ ∂
Ly = iℏ − cos ϕ + sin ϕ cot θ , (2.41b)
∂θ ∂ϕ
∂
Lz = −iℏ . (2.41c)
∂ϕ
1 ∂2
!
∂2 ∂
L = −ℏ
⃗2 2
+ cot θ + , (2.42a)
∂θ2 ∂θ sin2 θ ∂ϕ2
!
∂ ∂
L± = ±ℏe ±iϕ
± i cot θ . (2.42b)
∂θ ∂ϕ
∂Ylm (θ, ϕ)
−i = mYlm (θ, ϕ) , (2.45a)
∂ϕ
1 ∂2
!
∂2 ∂
− + cot θ + Ylm (θ, ϕ) = l(l + 1)Ylm (θ, ϕ) . (2.45b)
∂θ2 ∂θ sin2 θ ∂ϕ2
e2iπ m = 1 ⇒ m ∈ Z. (2.47)
Comme anticipé dans la section précédente le spectre du moment cinétique est donc
bien discret. Cependant, dans la dernière section nous avions prouvé que, pour un
moment cinétique général, J,
⃗ le nombre quantique j pouvait prendre des valeurs
entières ou demi-entières. Nous venons de démontrer que, dans le cas d’un mo-
ment cinétique orbital, les valeurs de l ne peuvent être qu’entières. Ceci
est intimement lié à la relation entre moment cinétique orbital et rotations dans
l’espace ordinaire.
On en déduit par ailleurs que le cas demi-entier n’a pas d’équivalent classique et
correspond à un moment cinétique intrinsèque ou de spin qui n’a rien à voir avec le
moment cinétique orbital. Ce moment cinétique intrinsèque peut par ailleurs tout à
fait prendre des valeurs entières. On a donc:
équations (2.45) on peut en ajouter une autre provenant du fait que les {|l, m⟩}
forment une base orthonormée. La relation de normalisation:
permet d’écrire: Z
′∗
dΩ Ylm
′ (θ, ϕ)Ylm (θ, ϕ) = δl′ ,l δm′ ,m . (2.52)
Les équations (2.45) ainsi que (2.52) permettent d’obtenir les Ylm . Pour cela, on
commence par considérer l’harmonique m = l. Dans ce cas, on a:
L+ |l, l⟩ = 0 , (2.53)
Comme noté plus haut, la dépendance en ϕ des harmoniques sphériques est en eimϕ .
On peut alors vérifier que la solution de l’équation aux dérivées partielles (2.54) est
donnée par:
⟨θ, ϕ|l, l⟩ = Yll (θ, ϕ) = Cl eilϕ sinl θ , (2.55)
où la constante de normalisation, déterminée par (2.52), est donnée par:
s
(−1)l (2l + 1)(2l)!
Cl = l . (2.56)
2 l! 4π
Connaissant Yll , on peut, au moyen de l’opérateur d’échelle L− , déterminer l’harmonique
Yll−1 . De manière générale, connaissant Ylm , on détermine Ylm−1 au moyen de
l’équation:
⟨θ, ϕ|L− |l, m⟩
⟨θ, ϕ|l, m − 1⟩ = q
ℏ (l + m)(l − m + 1)
1
!
∂ ∂
= q −iϕ
e − + i cot θ (2.57)
⟨θ, ϕ|l, m⟩ .
ℏ (l + m)(l − m + 1) ∂θ ∂ϕ
Ainsi, de proche en proche, on construit tous les Ylm pour un l donné. Sans entrer
dans le détail des calculs, la solution générale peut s’écrire (pour m ≥ 0):
v
(−1)l u 2l + 1 (l + m)! imϕ 1 dl−m
u
Ylm (θ, ϕ) = l t e sin2l θ . (2.58)
2 l! 4π (l − m)! sinm θ d(cos θ)l−m
Notons (sans le démontrer) que l’harmonique Yl−m peut alors être obtenue au moyen
de la relation:
Yl−m (θ, ϕ) = (−1)m [Ylm (θ, ϕ)]∗ . (2.59)
2.3. LE MOMENT CINÉTIQUE ORBITAL 71
z z z z
y y y y
x x x x
obtient donc:
1
Y00 (θ, ϕ) = √ , (2.61)
4π
où, par convention, la phase est nulle. Ce résultat est en accord avec celui obtenu au
moyen de l’équation (2.58). Pour une valeur de n quelconque, l’orbitale atomique
ψn,l=m=0 est à symétrie sphérique (orbitale s), voir la Fig. 2.1.
Dans le cas où l = 1, la partie angulaire conduit à trois orbitales pour n quel-
conque: m = −1, 0, 1. L’équation (2.58) donne:
s s
3 3
Y10 (θ, ϕ) = cos θ, Y1±1 (θ, ϕ) = ∓ sin θ e±iϕ , (2.62)
4π 8π
où Y10 est réelle tandis que Y1±1 sont complexes. L’orbitale atomique ψn,l=1,m=0 prend
la forme de deux haltères et est allongée le long de l’axe z (orbitale pz ). A partir des
72 CHAPTER 2. THÉORIE GÉNÉRALE DU MOMENT CINÉTIQUE
Y1±1 on peut former deux combinaisons linéaires qui sont réelles, Y11 ± Y1−1 . Cette
hybridation conduit à deux orbitales qui ont la même forme que ψn,l=1,m=0 mais où
l’une est allongée le long de l’axe x (orbitale px ) et l’autre le long de l’axe y (orbitale
py ), voir la Fig. 2.1.
Le cas où l = 2 conduit à cinq orbitales (orbitales d).
Notons qu’au moyen de combinaisons linéaires des orbitales atomiques on peut
former des orbitales hybrides (sp1 , sp2 , ...). Ces dernières jouent un rôle crucial dans
la formation de liaisons covalentes qui sont des liaisons chimiques dans lesquelles
deux atomes partagent deux électrons d’une de leurs couches externes pour former
un doublet d’électrons liant les deux atomes. On distingue ces liaisons covalentes
des liaisons ioniques où les atomes sont liés par attraction coulombienne.
2.3.4 Références
• C. Aslangul: Tome 2, Chapitre 18.
à partir des caractéristiques des vecteurs J⃗1 et J⃗2 . Ainsi, si J1z et J2z sont les
composantes de J⃗1 et J⃗2 selon l’axe z, respectivement, alors:
Il est tout aussi aisé de déterminer les autres composantes cartésiennes de J⃗ à partir
de celles de J⃗1 et J⃗2 . Classiquement, ces composantes sont compatibles les unes avec
les autres et permettent donc de totalement caractériser J⃗ à partir de J⃗1 et J⃗2 . Par
ailleurs, on peut déterminer la norme J de J⃗ dont le carré est tel que:
J 2 = (J⃗1 + J⃗2 ) · (J⃗1 + J⃗2 ) = J12 + J22 + 2J1 J2 cos θ (classique) , (2.65)
où J1 et J2 sont les normes de J⃗1 et J⃗2 , respectivement, et θ l’angle entre J⃗1 et J⃗2 .
Classiquement, θ est une variable continue variant entre 0 et 2π. Donc, classique-
ment, J 2 prend des valeurs continues comprises entre (J1 − J2 )2 (pour θ = π) et
(J1 + J2 )2 (pour θ = 0). On a ainsi:
composantes J1z et J2z associées. Avec les notations d’usage, on prend m comme
nombre quantique associé à Jz et m1 et m2 comme nombres quantiques associés à
J1z et J2z , respectivement. On a alors:
m = m1 + m2 (quantique) , (2.67)
qui est l’équivalent quantique de (2.64). Par ailleurs, en mécanique quantique, l’état
associé à J⃗ est déterminé de manière unique par la donné du nombre quantique
associé à Jz ainsi que celui associé à J⃗2 ≡ J 2 (J 2 et Jz sont compatibles de même
que J12 et J1z ainsi que J22 et J2z ). Notons que, contrairement au cas classique, ces
opérateurs ont un spectre discret. Comme nous le montrerons par la suite, le nombre
quantique j associé à la valeur propre de J⃗2 est tel que:
qui est l’analogue quantique de (2.66). Les équations (2.67) et (2.68) sont au coeur
de la composition de deux moments cinétiques quantiques et nous y reviendrons en
détail dans toute la suite de ce cours.
J⃗ = L
⃗ +S
⃗=L
⃗ ⊗ 1lint + 1lorb ⊗ S
⃗, (2.72)
2.4. COMPOSITION (ADDITION) DES MOMENTS CINÉTIQUES 75
où la dernière égalité est la plus précise et fait intervenir les opérateurs identité
dans l’espace des degrés de liberté externes et internes, 1lorb et 1lint , respectivement.
Notons que c’est la compatibilité de L ⃗ et S,
⃗ équation (2.71) qui assure à J⃗ le statut
de moment cinétique. En effet, puisque L ⃗ et S⃗ sont des moments cinétiques, on a:
[Li , Lj ] = iℏεijk Lk et [Si , Sj ] = iℏεijk Sk . Tenant compte de (2.71), on en déduit que:
L’opérateur J⃗ est donc bien un moment cinétique. Si |ψ⟩ est le ket d’état associé à
la particule, la fonction d’onde peut s’écrire:
où |ψ± (⃗r )|2 est la probabilité de trouver la particule à la position ⃗r avec la projection
du spin selon l’axe de quantification pointant vers le haut ou le bas, respectivement.
Pour la partie orbitale, au lieu des kets de base |⃗r ⟩, on peut choisir les kets de
base |l, ml ⟩ qui sont des kets propres de L ⃗ 2 et Lz avec les valeurs propres ℏ2 l(l + 1)
et ℏml . Pour la partie de spin, les kets |±⟩ ≡ |s = 1/2, ms = ±1/2⟩ sont des kets
propres de S ⃗ 2 et Sz avec les valeurs propres 3ℏ2 /4 et ±ℏ/2, respectivement. Comme
nous le verrons dans la suite de cette section, nous pouvons aussi choisir des kets de
base qui sont des kets propres de L ⃗ 2, S
⃗ 2 , J⃗ 2 et Jz .
En d’autre termes nous pouvons développer le ket d’état d’une particule avec
spin soit sur les kets de base qui sont kets propres simultanés de L ⃗ 2, S
⃗ 2 , Lz et
Sz soit sur les kets de base qui sont kets propres simultanés de L ⃗ ,S
2 ⃗ , J⃗ 2 et Jz .
2
Composer L ⃗ et S ⃗ c’est alors trouver les coefficients de passage d’une base à l’autre.
E = E1 ⊗ E 2 . (2.75)
où 1l1 est l’opérateur identité dans l’espace du premier électron et 1l2 celui dans
l’espace du deuxième électron. Dans l’espace associé à une particule donnée, chaque
opérateur de spin obéit aux relations de commutation usuelles:
comme
De la définition des R± (j, m), équation (2.33), on obtient alors bien l’équation
(2.83b). De même, on obtient (2.83c) à partir de (2.83b) par application de l’opérateur
d’échelle à (2.83b). Finalement, (2.83d) est obtenu en imposant à ce ket d’être or-
thogonal aux trois autres kets et en particulier à (2.83b). Notons que l’on aurait aussi
pu commencer par considérer l’état (2.83c) correspondant aux deux spins pointant
vers le bas; cette situation ne peut correspondre qu’à s = 1 et m = −1. On peut
alors obtenir les autres kets par applications successives de l’opérateur d’échelle:
et
où i = 1, 2.
B- Les opérateurs J⃗12 , J⃗22 , J⃗ 2 et Jz forment aussi un ECOC. Remarquons à ce point
que s’il est clair que:
[J⃗ 2 , Jz ] = 0 (2.91)
puisque J⃗ 2 est un opérateur scalaire, on a par contre:
Le point important est qu’il existe une transformation unitaire permettant de passer
d’une base à l’autre:
où 1l est l’opérateur identité dans l’espace des kets à j1 et j2 fixés. Comme anticipé
plus haut et souligné dans l’équation (2.94), les éléments de la matrice de passage
sont les coefficients de Clebsch-Gordan (CG). Une fois ces coefficients déterminés
on peut passer d’une base à l’autre. La composition de deux moments cinétiques
consiste donc à determiner ces coefficients.
Par la suite, on utilisera régulièrement les notations simplifiées:
Notons que d’autres notations sont employées dans la littérature: C(j1 , j2 , j; m1 , m2 , m),
Cj1 ,j2 (j, m; m1 , m2 ), ou encore le symbole-3j de Wigner...
2.4. COMPOSITION (ADDITION) DES MOMENTS CINÉTIQUES 79
Quelle que soit la base considérée, on a bien: dim E(j1 , j2 ) = (2j1 + 1)(2j2 + 1).
1l où 1l est l’opérateur identité dans E(j1 , j2 ) qui est à (2j1 + 1)(2j2 + 1) dimensions. On
en déduit donc que:
j1 j2
⟨j ′ , m′ |m1 , m2 ⟩⟨m1 , m2 |j, m⟩ = δj ′ ,j δm′ ,m .
X X
(2.100)
m1 =−j1 m2 =−j2
j1X
+j2 j
⟨m′1 , m′2 |j, m⟩⟨j, m|m1 , m2 ⟩ = δm′1 ,m1 δm′2 ,m2 .
X
(2.101)
j=|j1 −j2 | m=−j
80 CHAPTER 2. THÉORIE GÉNÉRALE DU MOMENT CINÉTIQUE
|j = j1 + j2 , m = j1 + j2 ⟩ = |m1 = j1 , m2 = j2 ⟩ . (2.102)
Ainsi, en composant deux spin 1/2 on obtient bien un unique triplet et un unique
singulet, équations (2.83).
On peut passer de la base des {|m1 , m2 ⟩} à la base des {|j, m⟩} au moyen de
l’équation (2.94). Inversement:
j1X
+j2
|j1 , m1 ⟩⊗|j2 , m2 ⟩ ≡ |j1 , j2 ; m1 , m2 ⟩ = |j1 , j2 ; j, m⟩ ⟨j1 , j2 ; j, m|j1 , j2 ; m1 , m2 ⟩ ,
X
Comme anticipé au début de cette section, tout ce qui a été dit au sujet de
la composition de deux moments cinétiques se généralise à la composition de N
moments cinétiques: J⃗ = N k=1 = J1 + J2 + . . . + JN . Pour cela on compose les
⃗ ⃗ ⃗
P
moments cinétiques deux à deux. On commence par composer J⃗1 + J⃗2 = J⃗12 , puis
J⃗12 + J⃗3 = J⃗123 , et ainsi de suite. Dans le cas de plus de deux moments cinétiques, il
faut cependant prendre garde au fait que le théorème d’addition ne s’applique plus:
les multiplets ne sont plus forcément uniques.
Considérons à ce propos la composition de trois spins 1/2. L’espace des états
est à: 23 = 8 dimensions. La composition de ces trois moments cinétiques ne peut
conduire qu’à deux types de multiplets: quadruplet et doublet. S’ils étaient uniques
ceci conduirait à 6 états seulement. En fait, on peut montrer que le doublet est deux
fois dégénéré et donc on retrouve bien les 8 états du système.
2.4.8 Références
• C. Aslangul: Tome 2, Chapitre 18.
2. Composition de deux spins 1/2: faire tous les calculs menant aux équations
(2.83).
3. Vérifier que les opérateurs J⃗12 , J⃗22 , J1z et J2z forment un ECOC.
Potentiel central
3.1 Introduction
L’importance du potentiel central a déjà été soulignée dans les derniers chapitres.
L’objectif de ce chapitre est de présenter l’équation de Schrödinger associée à une
particule plongée dans un tel potentiel (en dimension d’espace supérieure à un) et
de résoudre cette équation dans certains cas particuliers.
A toutes fins utiles, rappelons qu’un potentiel central V (r) est un potentiel qui
ne dépend que de la distance r = ||⃗r || de la particule au centre du repère et non
de sa direction. Un tel potentiel peut apparaı̂tre lorsque, en l’absence de toute
anisotropie, on étudie un problème de deux particules de masses m1 et m2 dont le
potentiel d’interaction ne dépend que de la distance entre les deux particules, voir
le paragraphe 2.1. Le mouvement du centre de masse est une translation uniforme.
Le mouvement relatif correspond à celui d’une particule de masse réduite: µ =
m1 m2 /(m1 + m2 ), d’énergie potentielle V (r). Un tel potentiel donne une force dite
centrale: F⃗ = −∇ ⃗ ⃗r V (r) = −∂r V (r) e⃗r , c’est-à-dire parallèle à ⃗r. En mécanique
classique, ceci entraine la conservation du moment cinétique orbital: L ⃗ = ⃗r × p⃗
(théorème du moment cinétique). L’hamiltonien (classique) général associé à une
particule dans un potentiel central peut alors s’écrire (au moyen de la masse réduite):
p⃗ 2
H= + V (r) où l’espace est R3 . (3.1)
2µ
Citons quelques exemples importants de potentiels centraux:
• la particule libre dans R3 :
V (r) = 0 . (3.2)
• le puits sphérique de largeur a:
pour r < a ,
(
−V0
V (r) = (3.3)
0 pour r > a .
83
84 CHAPTER 3. POTENTIEL CENTRAL
Ze′ 2 2 e2
V (r) = − , e′ = . (3.5)
r 4πε0
En mécanique quantique:
P⃗ 2
H= + V (R) , (3.6)
2µ
où P⃗ et R
⃗ sont des opérateurs et R est la norme de R, ⃗ R2 = R ⃗ 2 . Tout comme
dans le cas classique, cet hamiltonien est à symétrie sphérique. On dit alors que
c’est un opérateur scalaire. Notons que ceci est en accord avec notre intuition
classique puisqu’il est constitué des opérateurs: P⃗ 2 = P⃗ · P⃗ et R
⃗2 = R ⃗ qui
⃗ · R,
sont naturellement des opérateurs scalaires. De manières un peu plus formelle, en
mécanique quantique, on dit d’un opérateur qu’il est scalaire lorsqu’il commute avec
toutes les composantes du moment cinétique: 1
[H, Li ] = 0, ∀i . (3.8)
Notons enfin que, au moyen de (1.199), l’équation (3.8) implique que l’opérateur
moment cinétique, L,⃗ est une constante du mouvement. Ce résultat est donc encore
une fois en accord avec le cas classique.
En choisissant l’axe z comme axe de quantification, on a que les opérateurs H, Lz
et L 2 forment un ECOC. Il existe donc une base d’états propres commune à ces trois
⃗
opérateurs. Comme anticipé au paragraphe 2.3.2 l’invariance par rotation implique
que ces états stationnaires soient séparables en coordonnées sphériques (voir plus
bas) et indexés par trois nombres quantiques:
où le nombre quantique associé à H a été noté E en toute généralité (on reservera la
notation n aux états liés). La dépendance angulaire est tout entière contenue dans
l’harmonique sphérique qui a été étudiée au chapitre 2. Dans ce chapitre nous allons
nous interessé à la partie radiale RE,l (r).
1
On dit d’un opérateur V⃗ (de composantes Vi ) qu’il est un opérateur vectoriel, lorsqu’il
satisfait aux relations de commutations suivantes avec le moment cinétique orbital: [Li , Vj ] =
iℏεijk Vk (∀i, j). On peut montrer que ces relations de commutations résultent de la manière dont
⃗ se transforme sous l’effet des rotations. Notons que l’opérateur vectoriel par excellence est le
V
moment cinétique puisque l’on a: [Li , Lj ] = iℏεijk Lk (∀i, j).
3.2. L’ÉQUATION RADIALE 85
1 ∂ ⃗2
!
∂ L
−ℏ ∆ = −ℏ 2
2 2
r2
+ . (3.12)
r ∂r ∂r r2
P⃗ 2 ℏ2 1 ∂ ⃗2
!
∂ L
T = =− r 2
+ . (3.13)
2µ 2µ r2 ∂r ∂r 2µr2
2
Notons que le passage du quantique au classique doit se faire en coordonnées cartésiennes.
L’utilisation des coordonnées sphériques se fait seulement au niveau de l’Hamiltonien quantique
afin d’éviter des ambiguı̈tés dans l’ordre des opérateurs au passage du classique au quantique.
86 CHAPTER 3. POTENTIEL CENTRAL
ℏ2 1 ∂ ⃗2
!
∂ L
H=− r2
+ + V (r) . (3.14)
2µ r2 ∂r ∂r 2µr2
ℏ2 l(l + 1)
Veff (r) = V (r) + . (3.15)
2µr2
ℏ2 d2 uE,l (r)
− + Veff (r) uE,l (r) = E uE,l (r) . (3.18)
2µ dr2
Sous cette forme, l’équation radiale est encore plus semblable au cas unidimensionnel.
On a toutefois affaire à un problème sur R+ si bien que toutes les équations données
ci-dessus ne sont valables que pour r > 0. La limite r → 0 doit être prise avec soin
et l’on s’en occupera au prochain paragraphe.
Notons enfin que tous les résultats ci-dessus peuvent être généralisés à une di-
mension D quelconque. Il suffit pour cela d’utiliser l’expression de la partie radiale
3.3. PROPRIÉTÉS DES SOLUTIONS ET CONDITIONS AUX LIMITES 87
∂2 D−1 ∂ 1 L
⃗2
∆= + − , (3.19)
∂r2 r ∂r r2 ℏ2
où la partie angulaire du laplacien a été toute entière absorbée dans l’opérateur L
⃗ 2.
Par ailleurs, l’équation différentielle (3.18) n’a de sens que si l’on se donne des
conditions aux limites. Si le potentiel admet des états liés, la quantification du
spectre émerge de la condition: limr→∞ u(r) = 0. La condition en r → 0 permet
quant à elle de sélectionner les solutions physiques. Comme on l’a vu plus haut,
l’équation (3.18) n’est valable que pour r > 0. En r = 0 il existe une barrière de
potentielle infranchissable (infinie). Une condition naturelle à adjoindre à l’équation
(3.18) est donc:
lim u(r) = 0 . (3.23)
r→0
Dans la suite, nous considèrerons les potentiels qui sont tels que:
lim r2 V (r) = 0 . (3.26)
r→0
• La fonction RE,l (r) est la fonction radiale qui satisfait à l’équation radiale:
ℏ2 1 ∂
!
∂
− r 2
RE,l (r) + Veff (r) RE,l (r) = E RE,l (r) (r ∈ R+ ) , (3.32)
2µ r2 ∂r ∂r
où le potentiel effectif contient une barrière centrifuge (3.15). A cette équation,
on doit adjoindre une condition en r → ∞ ainsi qu’une condition à l’origine.
Cette dernière est donnée par:
Pour les potentiels tels que: limr→0 (r2 V (r)) = 0, on a: R(r) ∼ rl pour r → 0.
ℏ2 d2 uE,l (r)
− + Veff (r) uE,l (r) = E uE,l (r) (r ∈ R+ ) . (3.34)
2µ dr2
Pour cette fonction, la condition à l’origine est donnée par:
Pour les potentiels tels que: limr→0 (r2 V (r)) = 0, on a: u(r) ∼ r1+l pour
r → 0.
3.5 Références
• C. Aslangul, Tome 2, Chapitre 19.
3.6 Applications
Dans certains cas, l’équation radiale peut être résolue exactement. Ces cas sont
rares et leur étude est donc précieuse. Dans cette section nous aborderons le cas de
la particule libre et celui de l’atome d’hydrogène.
ℏ2 2 ′ ℏ2 l(l + 1)
− R′′ (r) + R (r) + R(r) = E R(r) . (3.37)
2µ r 2µr2
2 l(l + 1)
!
v (ρ) + v ′ (ρ) + 1 −
′′
v(ρ) = 0 . (3.38)
ρ ρ2
√
A ce point, il est utile d’introduire une fonction f (ρ) telle que: v(ρ) = f (ρ)/ ρ.
Après ce changement de variable l’équation radiale s’écrit:
1 (l + 1/2)2
!
f (ρ) + f ′ (ρ) + 1 −
′′
f (ρ) = 0 . (3.39)
ρ ρ2
Jl+1/2 (kr)
Rk,l (r) = Ck,l √ , (3.41)
kr
où Ck,l est une constante de normalisation. On peut aussi exprimer cette solution
au moyen des fonctions de Bessel sphériques:
π Jl+1/2 (kr)
r
jl (kr) = √ . (3.42)
2 kr
Ceci conduit à:
Rk,l (r) = C ′ k,l jl (kr) . (3.43)
Examinons quelques cas particuliers en
q commençant par les états sphériques pour
√
lesquels l = 0. Dans ce cas: J1/2 (x) = 2/π sin x/ x, soit: j0 (x) = sin x/x → 1
lorsque x → 0. On obtient donc:
sin(kr) r→0
Rk,l=0 (r) ≈ Ck,0 −−−−→ Ck,0 ̸= 0 . (3.44)
kr
On retrouve donc le fait que, dans le cas l = 0, la densité électronique à l’origine,
|Rk,l=0 |2 , est non-nulle. Ceci est dû au fait qu’il n’y a pas de barrière centrifuge pour
l = 0.
Considérons maintenant le cas l ≫ 1. Dans ce cas: Jl+1/2 (kr) ≈ (kr)l+1/2 → 0
lorsque r → 0. On obtient alors:
r→0
Rk,l≫1 (r) ≈ Ck,l
′
(kr)l −−−−→ 0 . (3.45)
Pour l ̸= 0, il y a une barrière infinie à l’origine; on retrouve donc bien que la densité
électronique y est nulle.
92 CHAPTER 3. POTENTIEL CENTRAL
où C est une constante de normalisation. Sous cette forme, elle est fonction pro-
pre des composantes de l’impulsion Px , Py et Pz . Ces derniers forment aussi un
ECOC. Par contre, les opérateurs L ⃗ et P⃗ sont incompatibles en mécanique quan-
tique. 5
On se retrouve donc avec deux bases distinctes: celle des ondes planes
avec l’ECOC Px , Py et Pz ; et celle des ondes planes sphériques avec l’ECOC H0 ,
⃗ 2 et Lz . Clairement, les deux types d’ondes planes sont équivalentes et il existe
L
une transformation, i.e., un changement de base, permettant de passer de l’une à
l’autre. L’incompatibilité entre L⃗ et P⃗ s’exprime alors par le fait qu’une onde plane
(état d’impulsion bien définie) correspond à une superposition linéaire d’une infinité
d’ondes planes sphériques (superposition d’états correspondant à tous les moments
cinétiques possibles):
∞ X
+l
i⃗k·⃗
r
= Ck,l jl (kr)Ylm (θ, ϕ) . (3.48)
X
e
l=0 m=−l
Selon le problème considéré, on peut choisir de travailler avec les ondes planes ou les
ondes planes sphériques. La relation ci-dessus permet de passer d’un cas à l’autre.
Une autre relation utile (en particulier en théorie de la diffusion) est donnée par:
∞
eikr cos θ = (2l + 1) il jl (kr) Pl (cos θ) , (3.49)
X
l=0
2 pour l’hélium He+ (ionisé une fois), Z = 3 pour le lithium Li2+ (ionisé deux
fois) etc... Pour un état sphérique (l = 0) ce potentiel est purement attractif:
limr→0 Veff (r) = −∞. Ceci conduit à une densité électronique non-nulle à l’origine:
|Rk,l=0 (r → 0)|2 ̸= 0. Pour les états de l ̸= 0, la barrière centrifuge conduit à
une forte répulsion au voisinage de l’origine: limr→0 Veff (r) = +∞. La densité
électronique doit donc y être nulle: |Rk,l̸=0 (r → 0)|2 = 0.
Dans le cas général (l > 0), le potentiel effectif possède un minimum situé à une
distance rmin du noyau. Cette dernière est donnée par:
dVeff (r) l(l + 1)
=0 ⇒ rmin = ã0 , (3.51)
dr r=rmin
Z
où:
ℏ2
ã0 = (3.52)
déf
,
µe′ 2
est le rayon de Bohr réduit (qui s’exprime en fonction de la masse réduite). Le
minimum du potentiel est alors donné par:
ℏ2 Z2
Vm = Veff (rmin ) = − (l > 0) . (3.53)
2µ l(l + 1) ã20
Remarquons que ce cas correspond à limr→∞ Veff (r) = 0 et Vm < 0. Le spectre admet
donc des états liés. On distinguera en particulier:
• le cas: −|Vm | < E < 0, où le spectre est discret,
• le cas: E > 0, où le spectre est continu.
Dans la suite on s’intéressera aux états liés. Notons que l’on ne tient pas compte
dans ce chapitre du spin de l’électron (nous y reviendrons au prochain chapitre).
où ω(ρ) est proportionnelle à f (r). Les conditions aux limites imposent des con-
traintes sur la fonction ω(ρ):
• on doit avoir limr→∞ u(r) = 0, donc ω(ρ) ne doit pas diverger trop vite lorsque
ρ → ∞. En particulier, elle doit diverger moins vite que e+ρ .
On peut alors remplacer u(r) par son expression dans l’équation radiale ce qui con-
duit à une équation pour ω(ρ). Après quelques calculs, celle-ci est donnée par:
d2 ω(ρ) dω(ρ)
ρ + 2(l + 1 − ρ) + ρ 0 − 2(l + 1) ω(ρ) = 0 , (3.57a)
dρ2 dρ
v
u 2Z 2 µe′ 4 2Z
u
où ρ0 = t = . (3.57b)
ℏ2 |E| ã0 κ
Cette équation différentielle est connue: c’est l’équation différentielle dite de Kum-
mer dont les solutions sont des fonctions hypergéométriques. 6 Dans le paragraphe
suivant, nous allons présenter une méthode à la fois très efficace et très physique
de résolution de cette équation: la méthode polynomiale. Cette méthode montre
clairement comment la quantification du spectre émerge des conditions aux limites.
p=0
p=0
A ce point, on peut remplacer ω(ρ) par son expressions polynomiale dans l’équation
différentielle (3.57a). En identifiant les termes de même puissance de ρ, on obtient
une relation de récurrence entre les coefficients:
2(p + l + 1) − ρ0
cp+1 = cp . (3.60)
(p + 1)(p + 2l + 2)
6
Dans la continuité de la note 3, notons que le point ρ = 0 est un point “singulier régulier”
de l’équation différentielle. Le point ρ = ∞ est quant à lui un point singulier irrégulier. Voir
Kummer wiki pour davantage de détails sur les propriétés de l’équation différentielle de Kummer
et ses solutions.
3.6. APPLICATIONS 95
Z 2 µe′ 4 Z 2 e′ 2 Z 2 α2 2
En = − 2 2 = − 2 = − µc (n ∈ N∗ ) , (3.64)
2ℏ n 2n ã0 2n2
où Z = 1 pour l’hydrogène, ã0 est le rayon de Bohr réduit définit plus haut et α la
constante de structure fine:
déf e
′2
1
α = ≈ . (3.65)
ℏc 137
Ce résultat nous conduit à quelques remarques importantes:
• n est le nombre quantique principal. l est le nombre quantique azimutal ou
secondaire. m est le nombre quantique magnétique ou tertiaire.
• Plutôt que le couple (N, l) il est d’usage de travailler avec le couple (n, l) C’est
d’ailleurs la notation que nous avions employé dès le chapitre 2. L’usage du
nombre quantique n implique que l’on a affaire à des états liés.
0 ≤ l ≤ n − 1. (3.67)
l=0 2
Γ(2 + 2l) X
N
Γ(p − N ) (2ρ)p N
(−N )p (2ρ)p
ω(ρ) = c0 = c0 (3.74)
X
,
Γ(−N ) p=0 Γ(p + 2 + 2l) p! p=0 (2 + 2l)p p!
p=0 (2 + 2l)p p!
1 r
R1,0 (r) = 2 (ã0 )−3/2 −r/ã0
e , R2,0 (r) = √ (ã0 )−3/2 1 − e−r/(2ã(3.78a)
0)
,
2 2ã0
1 r
R2,1 (r) = √ (ã0 )−3/2 e−r/(2ã0 ) . (3.78b)
24 ã0
3.6. APPLICATIONS 99
3.6.5 Références
• C. Aslangul, Tome 2, Chapitre 19.
• C. Cohen-Tannoudji et al.: Tome 1, Chapitre 7; pour les ondes planes sphériques
on pourra aussi consulter le chapitre 8.
Le spin
101
102 CHAPTER 4. LE SPIN
Figure 4.1: Spectre en énergie mesurée dans les unités de 13.6eV) du niveau n = 2 de
l’atome d’hydrogène incluant la structure fine et l’effet d’un champ magnétique. La
première colonne représente le spectre non-relativiste traité au Chapitre 3: le niveau
n = 2 est dégénéré et les états 2s (n = 2, l = 0) et 2p (n = 2, l = 1) ont la même
énergie. La seconde colonne inclut l’effet de la correction relativiste de masse. La
troisième colonne inclut toutes les corrections de structure fine. La dernière colonne
illustre l’effet Zeeman (par application d’un champ magnétique) (source: SF wiki).
raies dont l’écart approximatif (à l’ordre le plus bas en théorie des perturbations)
est de δE = E2pj=3/2 − E2pj=1/2 = 4.53 × 10−5 eV. 1 Notons enfin que les raies spec-
trales ne sont pas infiniment étroites et possèdent une largeur finie. Cette dernière
est responsable de la désexcitation spontanée d’un atome vers son état fondamental
(accompagnée de l’émission d’un photon). 2
1
En incluant l’effet des interactions liées au spin du proton de l’atome d’hydrogène, il apparaı̂t
une structure hyperfine pour ces niveaux. Les calculs de structure fine et hyperfine font intervenir
la théorie des perturbations stationnaires qui sort du cadre de ce cours.
2
Le calcul du “temps de vie” d’un état excité fait intervenir la théorie des perturbations
dépendante du temps qui sort du cadre de ce cours. Notons aussi que l’accés aux phénomènes
à 1 photon nécessite par ailleurs la quantification du champ électromagnétique qui sort également
du cadre de cours.
3
La valeur expérimentale du décalage de Lamb dans l’hydrogène est de 0.035cm−1 , soit
1057.864MHz ou encore 4.375 × 10−6 eV.
104 CHAPTER 4. LE SPIN
Les états stationnaires (ou orbitales atomiques) d’une particule sans spin dans un
état lié associé à un potentiel central ont été étudiés au chapitre 3 et sont donnés
par:
Les états |n, l, ml ⟩ engendrent l’espace infini dénombrable Eorb associé aux degrés de
libertés externes (ou orbitaux) de la particule.
Comme nous l’avons déjà remarqué au 2.4.2, en présence de spin, il faut se placer
dans l’espace produit tensoriel: E = Eorb ⊗ Eint , où Eint est l’espace bi-dimensionnel
de spin engendré par |s = 1/2, ms = +1/2⟩ = |+⟩ et |s = 1/2, ms = −1/2⟩ =
|−⟩. L’espace produit tensoriel est alors engendré par: |n, l, ml ; s = 1/2, ms ⟩ ≡
|n, l, ml ; ±⟩. La représentation-q de ce ket est la spin-orbitale qui peut s’écrire
4.3. PARAMAGNÉTISME DE L’ATOME D’HYDROGÈNE 105
ψn,l,ml ;+ (⃗r )
!
⟨⃗r |n, l, ml ; s = 1/2, ms ⟩ = ψn,l,ml (⃗r ) ⊗ |s = 1/2, ms ⟩ =
˙ . (4.7)
ψn,l,ml ;− (⃗r )
P⃗ 2 e ⃗ ⃗ ⃗ ⃗ e2 ⃗ 2
H= + V (r) − P ·A+A·P + A , (4.8)
2µ 2µ 2µ
| {z }
H0
où l’on a noté H0 le hamiltonien de l’atome d’hydrogène sans champ appliqué (cette
notation permet d’insister sur le fait que l’on connait le spectre de H0 ). Supposons
que le champ magnétique soit orienté suivant l’axe z: B
⃗ = B⃗ez . Un choix de potentiel
vecteur possible (on parle d’un choix de “jauge”) est alors donné par:
⃗= 1B
A ⃗ ×R
⃗. (4.9)
2
Par ailleurs: P⃗ · (B ⃗ =B
⃗ × R) ⃗ où L
⃗ ·L ⃗ est le moment cinétique orbital. Cette égalité
est valable pour les opérateurs P⃗ et R
⃗ puisque le produit vectoriel fait intervenir des
composantes différentes qui commutent. Le terme quadratique en champ magnétique
peut aussi s’écire:
2 2
A⃗ 2 = B (X 2 + Y 2 ) = B R2 sin2 θ , (4.11)
4 4
où R2 est la norme au carré de R ⃗ et θ l’angle entre B
⃗ et R.
⃗ On obtient ainsi:
e ⃗ ⃗ e2 2 2
H = H0 − B·L+ B (X + Y 2 ) . (4.12)
2µ 8µ
La substitution de Peierls conduit donc à l’apparition de deux termes importants
au niveau du hamiltonien. Le terme linéaire en B ⃗ a la forme classique: −⃗µL · B
⃗ et
est à l’origine du paramagnétisme orbital. Pour les états l > 0, l’alignement de
⃗ avec B
L ⃗ réduit l’énergie. Pour les états sphériques (l = 0) ce terme est par contre
nul. Le terme quadratique en B ⃗ conduit toujours à une augmentation de l’énergie
du système lorsque B augmente. C’est le terme diamagnétique. Notons que pour
l > 0 (et pour des champs magnétiques pas trop élevés), le terme diamagnétique est
négligeable devant le terme paramagnétique:
e2
Ediam 8µ
B 2 ⟨X 2 + Y 2 ⟩ |e|B 2
= ≈ ã0 ≈ 10−6 B , (4.13)
Epara |e| ⃗ ⃗
2µ
⟨B · L⟩ 4ℏ
où l’on a utilisé le fait que ⟨Lz ⟩ ≈ ℏ, ⟨X 2 + Y 2 ⟩ ≈ ã20 où ã0 est le rayon de Bohr
réduit et où le champ magnétique B s’exprime en Teslas. 5
A ce point, le hamiltonien ci-dessus ne contient aucune information sur le spin.
Comme anticipé en début de chapitre, le terme −µS · B ⃗ doit être ajouté “à la main”. 6
On a alors:
H = H0 + HZeeman + Hdiam , (4.14a)
e ⃗ ⃗
HZeeman = − B · (L + ge S)
⃗ (ge ≈ 2) , (4.14b)
2µ
e2 2 2 B2 2
Hdiam = B (X + Y ) =
2
R sin2 θ , (4.14c)
8µ 4
où HZeeman fait intervenir le moment magnétique orbital et celui de spin. Nous
avons déjà vu que le terme diamagnétique est négligeable par rapport au terme
paramagnétique pour des champs magnétiques de l’ordre du Tesla. Le terme Zeeman
est lui même une perturbation faible vis-à-vis de H0 . En effet:
|e|ℏ
EZeeman = B(1 + ge ) ≈ 2|µB | B ≈ 10−5 eV B , (4.15)
2µ
5
Le champ magnétique terrestre est de l’ordre de 10µT. Le plus puissant aimant du monde
génère un champ de 70T.
6
En principe, il faudrait aussi tenir compte du couplage spin-orbite et autres corrections rel-
ativistes qui sont du même ordre de grandeur. Ici nous ne tenons compte que des termes qui
dépendent du champ magnétique. Cela revient à supposer que le splitting des raies dû au champ
magnetique (supposé intense) est supérieur à celui engendré par les corrections relativises. Ce
régime est celui de l’effet Paschen-Back. Par ailleurs, les états sphériques ne sont pas soumis au
couplage spin-orbite.
4.4. BILAN DU COURS 107
ce qui est petit devant les différences d’énergie entre les premiers niveaux de l’atome
d’hydrogène. Pour des champs magnétiques de l’ordre du Tesla, le terme Zeeman
va donc conduire à un éclatement des raies qui est faible en comparaison avec la
séparation des niveaux en l’absence de champ magnétique.
Examinons le spectre de l’atome d’hydrogène en présence du terme Zeeman et
en négligeant le terme diamagnétique. On note que l’ensemble des opérateurs: H,
⃗ 2 , Lz , S
L ⃗ 2 et Sz forme un ECOC. Les états propres de H0 : {|n, l, ml ; s = 1/2, ms ⟩}
diagonalisent aussi la perturbation HZeeman . On obtient donc:
on voit d’ailleurs que, dans l’état fondamental, l’atome possède un moment magnétique
non-nul grâce au spin de l’électron. Notons enfin que, en présence du spin de
l’électron, la dégénérescence des niveaux à B = 0 est multipliée par 2:
à comparer avec l’équation (3.72). L’état fondamental est donc en fait 2 fois dégénéré.
Le champ magnétique lève la dégénérescence associée à ces niveaux.
4.5 Références
• C. Aslangul, Tome 2, Chapitre 20.
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