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Expression de L'interrogation

Ce document présente les définitions et les structures des interrogations en français, en abordant la syntaxe, la sémantique et la pragmatique. Il distingue les interrogations directes et indirectes, ainsi que leur construction et leur portée sémantique. Enfin, il explore les différentes valeurs que peut prendre l'interrogation dans le discours, y compris l'injonction et l'affirmation.

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Expression de L'interrogation

Ce document présente les définitions et les structures des interrogations en français, en abordant la syntaxe, la sémantique et la pragmatique. Il distingue les interrogations directes et indirectes, ainsi que leur construction et leur portée sémantique. Enfin, il explore les différentes valeurs que peut prendre l'interrogation dans le discours, y compris l'injonction et l'affirmation.

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Rappel de cours1

Introduction : définitions pour comprendre l’intitulé de l’objet d’étude


La syntaxe est l’étude de la construction de la phrase et de l’ordre des mots.
La sémantique est l’étude du sens. Sémantiquement, l’interrogation transmet une question, une
demande d’information à un interlocuteur : elle indique qu’un savoir ou une connaissance est en
suspens.
La pragmatique est l’étude de l’utilisation de la langue en discours, avec un interlocuteur. D’un point
de vue pragmatique, l’interrogation sert à accomplir un acte de langage qui est un acte de
questionnement qui cherche à agir sur l’interlocuteur.
Faisant partie des types de phrase2, la phrase interrogative consiste, dans une situation de
communication, à questionner.

I. Syntaxe de l’interrogation directe


- L’interrogation directe permet de poser une question directement à un interlocuteur, dans une
proposition indépendante.
- Ses marques formelles écrites et orales :
o elle se termine par un point d’interrogation : « Vient-il ? »
o à l’oral, l’intonation monte en fin de phrase.
- Sa construction syntaxique peut varier :
o parfois, le sujet du verbe est inversé :
 inversion simple (quand le sujet est un pronom personnel ou « ce ») :
« Pars-tu ? », « Est-ce important ? »
 inversion complexe (quand le sujet n’est pas un pronom personnel):
« Ce livre est-il déjà arrivé à la librairie ? »
o parfois, elle commence par la locution interrogative « est-ce que » :
« Est-ce que tu pars ? »
o parfois, elle commence par un mot interrogatif :
 Un pronom : « qui », « que », « quoi », « lequel ».
 Un déterminant : « quel », « combien de ».
 Un adverbe : « quand », « pourquoi », « comment », « combien », « où ».

1
Ce rappel de cours intervient seulement après avoir pratiqué des manipulations syntaxiques, notamment à partir d’un travail
de repérage des groupes dans la phrase.
2
Voir à ce sujet la page 22 du Bulletin officiel n° 30 du 26-7-2018
([Link] qui reprend
comme objectif du cycle 4 l’identification des types et des formes de phrases pour analyser la phrase simple et la phrase
complexe, déjà abordée aux cycles 2 et 3,: identifier les types (déclaratif, interrogatif, impératif) et les formes (négative,
passive, exclamative, impersonnelle) de phrase.
« Qui Emma a-t-elle rencontré ? » « Quel livre veux-tu ? », « Quand serons-
nous en vacances ? »

À noter : interrogation directe et niveau de langue :


- Niveau de langue familier : pas de mot interrogatif, pas d’inversion sujet-verbe (c’est
l’intonation orale montante en fin de phrase qui montre qu’il y a une interrogation) :
« Tu viens ? », « C’est qui ? », « Tu veux combien de livres ? »
- Niveau de langue courant : locution interrogative « est-ce que » :
« Est-ce que tu viens ? », « Combien de livres est-ce que tu veux ? »
- Niveau de langue soutenu : inversion sujet-verbe :
« Viens-tu ? », « Qui est-ce ? », « Combien de livres veux-tu ? », « Comment cet
auteur dénonce-t-il l’esclavage ? »

II. Syntaxe de l’interrogation indirecte


a) Pour repérer la proposition subordonnée interrogative indirecte :
- La phrase ne porte pas les marques de l’interrogation directe : ni l’intonation orale, ni le point
d’interrogation (syntaxiquement, l’interrogation est transformée en affirmation).
- L’interrogation indirecte est la transformation d’une phrase interrogative directe (au discours
direct) en une proposition subordonnée dans une phrase complexe.
« Viens-tu ? » (1 proposition)  « Je te demande si tu viens. » (2 propositions)
- L’interrogation indirecte se construit dans une phrase complexe avec subordination : elle
s’exprime dans une proposition subordonnée interrogative indirecte qui est un groupe qui
complète une proposition principale.
- Le verbe de la proposition principale est un verbe qui indique un questionnement ou une
recherche d’informations : « demander », « ignorer », « se demander », « ne pas savoir »,
« chercher », « expliquer », …
« Je demande si… », « Je cherche à savoir quand… », « Il ignore combien… », « Ils
ne savent plus comment… »
- La proposition subordonnée interrogative indirecte commence par un mot interrogatif :
 Un pronom : « qui », « que », « quoi », « lequel », « ce que ».
 Un déterminant : « quel », « combien de ».
 Une conjonction de subordination : « si ».
 Un adverbe : « quand », « combien », « pourquoi », « comment », …

b) Pour analyser la proposition subordonnée interrogative indirecte :


- La nature de la proposition subordonnée qui véhicule l’interrogation est : proposition
subordonnée complétive interrogative indirecte.
- La fonction de la proposition subordonnée interrogative indirecte est généralement COD
(Complément d’Objet Direct) du verbe de la principale.

Rappel : Manipulations pour repérer le COD dans la phrase :


 pronominalisation : remplacer le groupe de la proposition subordonnée
interrogative indirecte par un pronom « le » :
« Elle demande si le livre est intéressant. »  « Elle le demande. »
 suppression : impossibilité de supprimer le COD dans la phrase :
*« Elle demande » (la phrase est incomplète, incorrecte)
 déplacement : impossibilité de déplacer le COD dans la phrase :
*« Si le livre est intéressant elle demande » (la phrase est incorrecte)

 Synthèse : Tests pour reconnaître une proposition subordonnée interrogative indirecte :


- Elle peut être pronominalisée par le pronom « le ».
- Elle n’est pas déplaçable dans la phrase.
- Elle n’est pas supprimable dans la phrase.  Elle est un complément essentiel de la phrase3.

NB : D’un point de vue morpho-syntaxique, on peut aussi amener les élèves à analyser la nature et la
fonction du mot interrogatif dans la phrase. On peut aussi travailler sur la concordance des temps
dans la proposition subordonnée interrogative indirecte, en faisant varier le temps du verbe de la
principale.

III. Sémantique : Portée de l’interrogation dans l’interrogation directe et indirecte


Quelle que soit la construction syntaxique de l’interrogation (directe ou indirecte), on peut analyser la
portée de l’interrogation, c’est-à-dire l’élément sur lequel porte le questionnement : sur l’ensemble
d’une phrase ou sur un seul élément ?
a) L’interrogation totale porte sur la validité du contenu de l’ensemble de la phrase. La réponse
attendue est oui ou non :
« Veux-tu venir ? », « Est-ce que tu veux venir ? », « Je me demande si4 tu veux
venir. »
« A-t-elle été absente au cours ? », « Je demande si elle a été absente au cours. »

3
On fait pratiquer ces manipulations à plusieurs reprises par les élèves avant de construire la leçon proprement dite avec eux.
4
Les propositions subordonnées interrogatives indirectes en « si » ont toujours une portée totale.
b) L’interrogation partielle porte sur un seul élément de la phrase : par exemple l’identité du
sujet, le repérage d’une circonstance… La réponse attendue nécessite l’apport d’une
information autre que oui ou non :
« Quand veux-tu venir ? », « Je demande quand tu veux venir. »
« Que veux-tu ? », « Je demande ce que tu veux. »
« Que fait-il ? », « Nous ignorons ce qu’il fait. »
À noter : l’interrogation alternative : Elle se construit avec la conjonction de coordination « ou » et
propose à l’interlocuteur de sélectionner un élément entre plusieurs :
« Veux-tu lire ou courir ? », « Il demande si c’est une rose ou une tulipe. »
IV. Pragmatique de l’interrogation
a) Le plus souvent, l’interrogation sert simplement à poser une question, à demander une
réponse à l’interlocuteur.
b) Elle peut prendre la valeur d’une injonction (un ordre) ; par exemple, en posant la question
« Avez-vous l’heure ? » ou « Peux-tu ouvrir la porte ? », on ordonne à l’interlocuteur
d’indiquer l’heure ou d’ouvrir la porte.
c) Elle peut prendre la valeur d’une affirmation, dans le cas d’une question rhétorique (ou
oratoire) : on impose la réponse que la question sous-entend ; par exemple, « Ne penses-tu pas
que c’est important ? » prend la valeur d’une affirmation qui oriente l’interlocuteur vers une
réponse positive (« C’est important. ») : la question rhétorique amène l’interlocuteur à
répondre dans le sens voulu par le locuteur, voire à ne pas répondre du tout puisque la réponse
est sous-entendue dans la question.

À noter : La phrase interro-négative, qui combine la forme négative et le type interrogatif,


permet par exemple de donner ces valeurs d’injonction ou d’affirmation à l’interrogation :
« Ne veux-tu pas cesser ? » (valeur d’ordre)
« Ne croyez-vous pas que ce livre est intéressant ? » (valeur d’affirmation)

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