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Sujet
Présenté par :
Membres du jury :
ALLATA Cylia
Encadré par : Mr ABIDI Mohamed TITOUCHE Sofiane
Président: Mme HAMNACH Sabrina
Examinateur 1: Melle HAOUA Kahina
Examinateur 2: Mme AMIAR Lila
Nous exprimons nos plus vifs et profonds remerciements d'abord à Mr ABIDI pour
avoir acceptée de diriger notre travail, pour nous avoir guidés et prodigués de
précieux conseils qui nous ont permis de mener à bien notre mémoire.
Nos remerciements sont ensuite adressés aux membres du jury qui ont bien voulus
lire et évaluer notre travail.
Enfin, nous remercions toute personne ayant pris part de près ou de loin à
l’élaboration et à la réalisation de ce modeste travail.
Dédicaces
A mes très chers parents qui m’ont guidé durant
mes moments les plus pénibles de ce long chemin.
A mes chers frères et sœurs
A ma grand-mère.
ALLATA .C
Dédicaces
A mes très chers parents qui m’ont guidé durant
mes moments les plus pénibles de ce long chemin.
A ma grand-mère.
A ma chère Sabrina
TITOUCHE .S
Résumé
Dans une étude empirique, nous allons présenter dans un premier temps la conduite de
la politique monétaire et l’évolution du taux d’inflation en Algérie de l’indépendance
jusqu’à nos jours, ce qui va nous permettre de comprendre la situation de l’économie
Algérienne dans cette période et de déterminer de nouveaux l’objectifs pour maintenir une
inflation stable à l’avenir. Dans un deuxième temps, nous analyserons les conditions
d’application du ciblage d’inflation en Algérie. Et nous estimerons une stratégie anti-
inflationniste pour l’économie nationale. Les résultats de l’estimation économique vont
nous montrer à quel point l’Algérie suit implicitement une stratégie de ce type pour
maitriser un niveau fixe d’inflation. Le nombre de pays ayant adopté le ciblage d’inflation
comme un nouveau cadre de la politique monétaire augmente de plus en plus.
SUMMARY
The Algerian economy has experienced deiferent changes since the country’s independence,
but it stays in a situation where new measures must be taken. The objective of our work is to
study the possibility of a transition to the targeting inflation regime for monetary policy of the
bank of Algeria. In this context we wile first discus theoretical foundation presenting monetary
policy, the phenomenon of inflation is an inflationary economy that can influence the economic
health. Then, we will define the targeting inflation policy and we will discuss vaguely the
various anti-inflationary policies, we will end the theoretical part by analyzing the relationship
between the putting in place of the targeting inflation and the credibility of the monetary policy
which is expected to crease by anchoring the anticipations of private agents on the objective of
the inflation predefined by the Bank of Algeria.
In an empirical study, we are going to introduce at fist the conduct of the monetary policy and
the evolution of the inflation rate on Algeria from the independence until today,which is going to
allow us to understand the situation of the Algerian economy in this period and to determinate
new objectives to maintain a stable inflation in the future .In a second time , we will analyze the
conditions of application of the targeting inflation in Algeria and we will estimate an anti-
inflationary strategy for the national economy . The result of the economic assessment will show
us how Algeria follows implicitly a strategy of this type to master a fixed level of inflation, the
number of the countries adopting targeting inflation as a new framework of the monetary policy
increases more and more.
Liste des figures et
tableaux
Liste des figures
Figure N° 01 : le carré magique de Nicholas Kaldor ............................................................. 15
Figure N°10 : Evolution de l’inflation en moyenne annuelle : National et grande Alger ..... 82
Figure N°12 : Glissements annuels de l'indice des prix à la consommation (2012-2016) ....... 85
Tableau n° 01 : La structure des taux d’intérêt en Algérie durant la période (1991-1999) .... 70
Abréviations significations
BA Banque d’Algérie
électroniques
Sommaire
Introduction générale............................................................................................................... 8
Chapitre III : Genése sur la mise en œuvre de la politique monétaire en Algérie (BA) .......... 56
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique monétaire (cas BA) ......... 76
Une économie équilibrée1 repose sur un système bancaire solide, efficace et efficient. Dans le
domaine monétaire et de crédit, la Banque centrale est chargée d’assurer la stabilité du système
bancaire par le biais de la surveillance Bancaire, dans un environnement où la concurrence est
rude et où les économies s’ouvrent de plus en plus aux échanges avec l’extérieur et aux capitaux
étrangers, les Banques tout comme les entreprises cherchent à maximiser leurs rentabilité, mais
l’activité bancaire est inhérente aux risques (risques de crédits, risques du marché …) .Il faut
donc une autorité et une réglementation capable de limiter la prise de risque accrue tant au
niveau interne qu’au niveau externe du pays en préservant la stabilité de la monnaie nationale.
La Banque d’Algérie est chargée de définir et de mettre en œuvre une politique monétaire
ainsi qu’une politique de ciblage d’inflation, afin de maintenir la stabilité monétaire et
économique ; le fait que la banque centrale est habilitée à mener les deux politiques démontre
l’existence d’un lien étroit entre les deux.
Aussi, la création monétaire est l’un des leviers pour la dynamisation de l’économie. Mais
utilisée inconsidérément, elle peut avoir un effet inverse et les banques, dépositaires de ce
pouvoir, ont une grande responsabilité. Donner du pouvoir d’achat a des conséquences sur les
prix qui sont tirés vers le haut et, au fil du temps, la monnaie perd de sa valeur et peut, en fin de
compte, ne représenter plus rien aux yeux des agents économiques.
1
La notion d'équilibre est centrale en économie. Sur un plan individuel ou microéconomique, elle renvoi à
l'égalité entre les revenus et les dépenses pour les ménages, ce qui correspond aux ressources et aux emplois
pour les entreprises. Sur un plan macroéconomique, il s'agit de l'égalité entre l'offre et la demande sur un marché
on parle d'équilibre partiel ou sur l'ensemble des marchés on parle « d'équilibre général. ».
1
Introduction générale
Pour l’Algérie, en tant que pays émergent2 , l’objectif final de la politique monétaire est la
stabilité interne et externe des prix, la banque d’Algérie fixe un ensemble d’objectifs
intermédiaires afin d’atteindre cet objectif final.
L’instabilité des prix, due généralement à un excès de liquidité, est une source d’incertitude et
d’inquiétude pour les agents économique. Une augmentation de la monnaie en circulation aura
pour conséquence d’augmenter la demande des biens et services, pour satisfaire cette demande la
production doit augmenter d’une valeur correspondante si c’est possible, le cas échéant, la
hausse des prix se présente selon la loi de l’offre et de la demande. Dans une économie solide,
les conséquences d’un tel phénomène seront bien évidemment moins graves que dans une
économie fragile.
Comme tous les pays qui souffrent de l’inflation, l’Algérie n’a pas cessé de développer les
méthodes pour lutter contre ce phénomène, parce qu’il détériorait son système économique. Au
cours de la fin des années 1989, les expériences empiriques ont fait perdre au régime du taux de
change fixe son attractivité. La Banque Central à décidé d’adopter d’autres régimes ayant pour
objectif la stabilité des prix, il s’est avère que pour stabiliser les prix, il faut agir directement sur
le taux d’inflation ; et c’est en 1990 que l’Algérie a mis en place pour la première fois, le régime
du « ciblage d’inflation ». Outre la maitrise de l’inflation, ce régime permet à la Banque
d’Algérie d’orienter les anticipations des agents économiques vers son objectif et de renforcer
par la suite sa crédibilité.
En optant pour le ciblage d’inflation, la Banque d’Algérie doit revoir la hiérarchie des
objectifs de sa politique monétaire et classer la stabilité des prix en premier. En effet, sous ce
régime les autorités monétaires doivent réagir dans un cadre où la stabilité des prix est l’objectif
principal et ne prendre aucune action qui peut empêcher l’atteinte de cet objectif. Les taux
d’inflation sont modérés pendant une longue période, le but de notre travail de recherche est de
vérifier si le ciblage d’inflation est une solution envisageable pour la conduite de la politique
monétaire en Algérie.
2
L’Algérie a été parmi les pays désignés par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement
comme l’un des pays émergents en Afrique. Elle est classée pays émergent/ L'expression 13/06/09.
2
Introduction générale
Problématique
Dans le cadre de notre travail, une question principale mérite d’être posée :
Qu’est ce que la politique monétaire ?et quel sont les instruments qu’elle utilise ?
Pourquoi on cible l’inflation et comment une politique de ciblage d’inflation peut être
mise en place ?
Pourquoi une telle stratégie du ciblage d’inflation a été adoptée par la Banque
d’Algérie ?
Objectifs de la recherche
Connaitre le sens et l’intensité de la relation qui peut exister entre le taux d’inflation, et la
masse monétaire.
Enfin, vérifier comment les variables de la politique monétaire influencent sur le taux de
d’inflation.
Délimitation du sujet
Pour éviter de traiter un sujet de recherche vague, nous avons délimité notre sujet dans le
domaine et dans le temps.
- Dans le domaine : notre travail porte sur l’étude de ciblage d’inflation afin de tirer des
conclusions sur l’impact de la politique monétaire sur l’inflation.
3
Introduction générale
- Dans le temps : notre recherche porte sur une période allant de 1970 jusqu'à aout 2016.
Tout travail scientifique exige l'utilisation des méthodes et techniques pour mieux saisir le
sujet d'étude. Dans le cadre de notre étude, nous avons fait recours aux méthodes et techniques
suivantes :
Méthodes
• Méthode historique : Elle nous a permis de consulter les documents financiers des années
antérieures et d'exploiter les faits par des situations liées au passé de la Banque.
• Méthode comparative : Cette méthode est très efficace, elle nous a permis de comparer les
différentes évolutions, présenter année par année, afin d'en apprécier la performance.
Techniques
Structure du mémoire
Notre étude qui est une appréciation de l’efficacité de la politique monétaire sur le ciblage les
taux d’inflation, se subdivise outre l'introduction et la conclusion en quatre chapitres
4
Introduction générale
fonctions et d’autre part le cadre institutionnel de la politique monétaire, retracer ses objectifs et
ces différents instruments.
5
Chapitre I :
Introduction
Pour réguler l’usage de la monnaie par les agents économiques, la Banque Centrale utilise un
ensemble d’instruments constituant ce qu’on appelle la politique monétaire. En ce faisant, les
autorités monétaires veillent à la stabilité des prix, la croissance et le plein emploi.
Le concept de politique monétaire est relativement récent. Jusqu’au début du 20éme siècle, la
monnaie était émise en application de règles automatiques telles que la convertibilité des billets
en or. C’est surtout à la suite de l’accélération générale de l’inflation à la fin des années 1970 que
l’indépendance des Banques Centrales par rapport à l’Etat est apparue comme une condition
majeure de la lutte contre l’inflation.
Le niveau de la masse monétaire dans une économie doit être adapté à ses besoins réels, car
une expansion excessive des moyens de paiement par rapport à l'offre de biens et services
engendre l'inflation, alors qu'une émission trop faible provoque un ralentissement de la
croissance économique. D’où la nécessité d’un organisme chargé du contrôle du processus de la
création monétaire afin d’atteindre certains objectifs d’ordre interne et externe.
A coté de la politique budgétaire, la politique monétaire est l’une des politiques économiques
auxquelles recourent les pays pour réaliser certains objectifs économiques. La politique
monétaire serait donc l’ensemble des moyens dont dispose l’autorité monétaire pour agir sur
l’activité économique en contrôlant l’offre de monnaie.3
D’une manière générale, il existe plusieurs objectifs de la politique monétaire, dont la stabilité
des prix et autres objectifs que nous allons développer dans ce chapitre.
3
BASSINO J-P « Monnaie et finance » édition Fouché, Paris 2000 p 9
7
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
La monnaie est un pilier de l'économie, c'est son instrument de mesure, dont le rôle est de
faciliter les échanges dans l'espace et dans le temps qui sont impossibles avec un simple troc.
Dans ce chapitre nous définissons précisément la monnaie et ses fonctions, en étudiant pourquoi
et comment elle contribue au bon fonctionnement de l’économie.
1 Historique de la monnaie
La monnaie a une histoire aussi longue que le commerce et les transactions. Elle est une
condition essentielle de l'activité économique.
Son histoire peut être retracée depuis son invention pendant la préhistoire jusqu'à sa
disparition en tant qu’objet pour ne plus être qu'une transaction informatique à la suite du
processus de dématérialisation.
Le problème des échanges des biens et services est lié, en effet, à l'activité de l'homme vivant
en communauté. Certes, le volume et la qualité des échanges ont toujours varié, posant ainsi des
problèmes nouveaux et différents à l'économie.
En fait, les origines de la monnaie remontent à l'antiquité. Toutes les tribus primitives connues
à présent l'ont utilisée d'une manière ou d'une autre.
La monnaie est toujours disponible. Depuis toujours, les hommes ont ramassé des biens et les
ont échangés. Pour cela, ils ont eu besoin de les compter et de les évaluer. Ils ont donc crée des
unités de valeurs, durable et admises par tous. Pour présenter des unités de compte, il convient
de trouver quelque chose qui ne s’altère pas et en quoi tout le monde puisse faire confiance. Un
poids d’or ou d’argent avait ces qualités. Puis l’Etat a garantie leurs puretés en les frappant de sa
marque ; La monnaie était inventée.
8
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Depuis, celle-ci n’a cessé de se transformer par voie de dématérialisation, le lien entre le
moyen de paiement lui-même et sa valeur reposant de plus en plus sur la confiance placée dans
un système globale qui en assure la garantie.
2 Définition de la monnaie 4
La monnaie peut se définir comme tous moyens de paiement généralement acceptés par une
collectivité pour une livraison de bien ou le règlement d’une dette.
Cette première définition nous permet déjà de comprendre que la monnaie n’est pas
obligatoirement une pièce métallique ou un billet, cette dernière regroupe l’ensemble des
moyens de paiements ayant un pouvoir libératoire immédiat susceptible d’être rapidement
transformé en moyens de paiement (c'est-à-dire liquide) sans risque majeure de risque en captal .
La monnaie est l'un des instruments les plus utilisés dans notre vie quotidienne. En effet, dans
une économie d'échange complexe et décentralisée comme la nôtre, la monnaie remplit une triple
fonction de calcul économique, de paiement et de réserve de valeur.
Une unité de compte permet de mesurer la valeur du bien mais aussi comparer cette valeur
avec celle des autres biens : c’est donc un moyen de faciliter l’échange. En tant qu’unité de
compte, la monnaie est le seul bien sur un espace donné, qui permet d’exprimer la valeur de tous
les autres. Pour obtenir une marchandise A en déterminera alors combien il faut fournir de
marchandise B.
On constate que l’utilisation de la monnaie comme unité de compte permet de réduire les
couts de transaction en diminuant le nombre de prix qu’il faut afficher et examiner.
4
.BASSINO, J-P [Link] p 12
5
JARNO, F « la Monnaie, réalité quotidienne » édition belin, 2003, p 7.
9
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
La monnaie est un intermédiaire des échanges car c’est un moyen de règlement immédiat.
Elle permet d’éteindre instantanément une dette : on dit qu’elle a un pouvoir libératoire
immédiat.
La monnaie sert d’intermédiaire des échanges dans presque toutes les transactions de marché
dans les économies modernes ; sous forme de numéraire ou de chèque, elle sert à payer les biens
et services que l’on achète. L’utilisation de la monnaie comme intermédiaire des échanges
améliore l’efficacité économique et permet de diminuer le temps de pensé à échanger des biens
ou des services6. La monnaie rend possible des échanges qui seraient beaucoup trop complexes,
et donc impossibles avec le simple troc.
La monnaie sert également de réserve de valeur : c’est un pouvoir d’achat mis en réserve et
transférable dans le temps. Une réserve de valeur sert à épargner du pouvoir d’achat entre le
moment ou un revenue est reçue et celui ou il est dépensé. Cette fonction de la monnaie est utile,
car en général on ne souhaite pas dépenser son revenue immédiatement quant on le reçoit ; on
préfère le garder jusqu’au moment ou en a le temps et le désire d’acheter.7
La monnaie doit cependant pouvoir être conservée dans l’intervalle plus ou moins long qu’en
peut séparer deux transactions, c’est pourquoi on parle de la fonction de réserve de valeur de la
monnaie. Elle a la capacité que posséder la monnaie à transférer du pouvoir d’achat dans le
temps. Ainsi, la monnaie peut être conservée et utilisée pour une consommation différée par la
constitution d’une épargne.
6
MISHKIN F « Monnaie, banque et marché financier»10eme édition Pearson France p68
7
Ibid. p 70
10
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
La politique monétaire peut être définie comme un volet de la politique économique visant à
influencer sur l’évolution de la masse monétaire et les taux d’intérêts, par ce biais ; l’inflation, la
croissance, l’emploi et le taux de change.9
On peut définir la politique monétaire comme les actions mises en œuvre par les autorités
monétaire afin de procurer à l’économie la quantité de monnaie nécessaire à la poursuite de la
croissance économique et à la réalisation du plein-emploi tout en préservant la stabilité de la
valeur de la monnaie au niveau interne (le niveau général des prix) et au niveau externe (le taux
de change). 10
Selon les situations dans lesquelles se trouve l’économie du pays, la Banque Centrale choisit
de mettre en œuvre une politique appropriée, soit une politique expansive ou bien restrictive
2 .1 Politique expansive
Celle-ci est mise en œuvre dans le cas où l’économie du pays est en stagnation et le chômage
s’étend sur tous les secteurs. La Banque Centrale, pour y remédier, va encourager les banques à
participer plus largement au financement de l’investissement ainsi, faire accroitre la production.
8
[Link], « économie monétaire et financière », 4ème édition, édition économica 2012, p. 280.
9
FAUGERE J-P « la monnaie et la politique monétaire », édition du seuil, juin 1996 p 9.
10
DELAPLACE M « Monnaie et financement de l’économie » 4° édition, dunod, Paris 2013, p129.
11
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Contrairement à la première, cette politique est mise en place dans des situations de hausse
générale et rapide des prix (situations inflationnistes) dues à une entrée excessive de capitaux
étrangers et une augmentation forte des salaires (qui entraîne une demande globale importante).
Elle intervient aussi, dans le cas où le pays souffre d’un déficit de la balance extérieure (pour une
limitation des importations).
L’augmentation du taux des réserves obligatoires et des taux d’intérêt des opérations de
la politique monétaire.
Une politique trop restrictive peut induire à des situations de déflation (chute du niveau
général des prix), et de récession où le chômage augmente et la production baisse.
La politique monétaire, faisant partie de la politique économique, reprend les mêmes objectifs
que cette dernière ; notamment : la croissance économique, la stabilité des prix, le plein emploi
et enfin l’équilibre des échanges externes.
Afin d’atteindre un ou plusieurs de ces objectifs, l’autorité monétaire définie des objectifs
opérationnels et intermédiaires sur lesquels elle peut agir, vue l’impossibilité d’agir directement
sur les objectifs finals.
12
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
La contribution de la politique monétaire dans la réalisation des objectifs finaux est mesurée
par son action sur certaines variables définies comme étant des objectifs intermédiaires.
Ce sont des variables sur lesquelles la Banque Centrale peut agir quotidiennement afin
d’atteindre ses objectifs intermédiaires pour pouvoir ensuite atteindre ses objectifs finals. Nous
citons à titre d’exemple : les taux d’intervention de la Banque Centrale sur le marché monétaire
Un objectif intermédiaire se définit comme étant une variable monétaire à travers laquelle les
autorités monétaires cherchent à atteindre leurs objectifs finals.
Il doit représenter une variable rapidement mesurable, permettant d’évaluer les résultats
et de les ajuster.
Il doit représenter une variable censée permettre la réalisation d’un ou plusieurs objectifs
finals de la politique monétaire et il doit y avoir un lien entre les deux catégories
d’objectifs : intermédiaires et finals. A titre d’exemple, nous citons la relation entre la
liquidité bancaire et le taux de croissance de la masse monétaire
13
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
par des tensions inflationnistes. Les autorités monétaires vont choisir un agrégat monétaire
représentant la masse monétaire et qui va faire l'objet de contrôle11.
Il amène les autorités monétaires à fixer un niveau souhaitable pour les taux d’intérêt. Elles ne
peuvent pas évidemment déterminer un taux précis car se sont les mécanismes de marché (le
marché monétaire) qui décident, selon le jeu de l’offre et de la demande de monnaie, du niveau
des taux.
C'est le taux d'intérêt que prélève la Banque centrale lorsqu'elle consent des prêts aux
Banques commerciales. Celles-ci empruntent auprès de la Banque centrale lorsque leurs réserves
sont insuffisantes pour respecter le coefficient de réserves obligatoires. Plus le taux d'escompte
est faible, moins il est coûteux d'emprunter auprès de la banque centrale12
Afin d’éviter les perturbations des échanges d’un pays dues aux fluctuations des cours de sa
monnaie et de faire évoluer son commerce extérieur, la Banque Centrale doit intervenir pour
stabiliser le cours de sa monnaie nationale.
La monnaie nationale sert aussi pour les échanges avec l’extérieur, après l’opération de
conversion dans une autre monnaie, pour un prix (un taux de change) donné. La Banque Centrale
doit tenir compte de cet aspect dans sa politique monétaire. Son but est de limiter les
déséquilibres de balance courante ou de balance des capitaux, afin que l’économie nationale ne
souffre pas de pressions extérieures
11
MOUDENE, N « politique monétaire et politique de change » DSEB Décembre 2003 ; p 16
12
[Link] (30/09/2016)
14
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Comme toute politique économique, la politique monétaire vise à agir sur les variables
économiques : les prix (donc l'inflation), le niveau d'activité (et donc la croissance), le niveau de
l'emploi (et donc le chômage), et l'équilibre extérieur. On parlera ainsi de carré magique de
Kaldor étant donné la difficulté d'atteindre simultanément ces quatre objectifs.
Source :[Link]
[Link](18/07/2016).
Ce carré est qualifié de « magique » car, selon Kaldor, il est impossible de réaliser ces
quatre objectifs simultanément. En effet, par exemple, selon la courbe, il n’est pas possible
d’avoir en même temps un taux de chômage et un taux d’inflation faibles, ces deux attributs
étant négativement corrélés, A partir de ce carré se dégage deux relations importantes en
macroéconomie:
15
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Notons que les objectifs ultimes de la politique monétaire sont : la croissance économique,
la maîtrise de l'inflation et la défense de valeur de la devise nationale par rapport à celle des
autres devises. Toutefois, la détermination de l'objectif le plus important de la politique
monétaire est controversée entre deux courants de pensée : les Keynésiens sont favorable à la
croissance du revenu national alors que les monétaristes privilégient la maîtrise de l'inflation.
Une augmentation continue du niveau général des prix a pour conséquence la création de
l’incertitude dans l’économie engendrant ainsi une baisse continue de la croissance économique.
A la fin des années 1970, des taux d’inflation élevés ont été enregistres ce qui a défini la
stabilité de la monnaie comme mission impérative de la Banque Centrale. La stabilité des prix
est généralement reconnue comme étant une des contributions essentielles de la politique
monétaire à la stabilité macroéconomique. Malgré que certaines Banques Centrales n’ont pas mis
le contrôle de l’inflation dans la première position de leurs listes d’objectifs, mais la majorité
considère que c’est l’objectif prioritaire de la politique monétaire.
Ainsi, nous pouvons définir la stabilité des prix comme la situation d'une économie où
l'évolution des prix est sous contrôle tant à court terme, moyen qu'à long terme Autrement dit, la
stabilité des prix revient à lutter contre la hausse généralisée, durable et importante du niveau
général des prix.
Choisir la stabilité des prix comme objectif prioritaire n’exclut pas l’existence d’autre
Objectifs nécessaires au développement de l’économie du pays. La variation des variables du
carré magique cités dans la définition représente aussi une préoccupation des autorités
monétaires qui fixent des objectifs intermédiaires pour contrôler ces variables.
16
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Cet objectif se traduit par la recherche du plein emploi. La Banque Centrale doit accomplir le
maximum de cette tâche car un taux de chômage élevé dans une économie entraine généralement
d’un coté, des crises sociales a cause de la situation financière a laquelle sont confrontes les
ménages et d’un autre, une faible production (main d’œuvre inemployée et équipements non
utilisés) et donc un faible PIB ce qui nuit à la santé de l’économie.
La lutte contre le chômage est d’une grande importance pour deux raisons essentielles :
Un taux de chômage élevé, qui se traduit par une main d’œuvre importante qui est sans
emploi, des ressources et des facteurs de production qui restent inutilisés, a pour
conséquence une perte importante de production : PIB faible dû au sous emploi des
facteurs de production.
Un taux de chômage élevé implique une apparition de nombreux problèmes sociaux,
autrement dit, de nombreux ménages se trouveront sans emplois et donc face à des
difficultés financières.
C’est un objectif qui se rapproche de celui du plein emploi, car lorsque ce dernier est presque
atteint, les entreprises auront tendance à augmenter leurs dépenses d’investissement pour
améliorer la productivité13, et donc la croissance économique.
En revanche, si le taux de chômage est trop important et que le taux d’utilisation des capacités
de production est faible, les entreprises n’ont pas intérêt à augmenter leurs capacités de
production et la taille de leurs équipements
13
La productivité est un rapport entre la production et les facteurs ou certain de ces facteurs qui ont permis de
l’obtenir
17
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Cet objectif dont l'importance s'est accrue au cours de ces dernières années, peut se définir
comme un taux d'accroissement satisfaisant du produit national réel, exprimé globalement ou par
habitant
La stabilité de la valeur de la monnaie nationale représente l’une des priorités d’une Banque
Centrale, en raison des répercussions qu’a sa variation sur l’économie. Une appréciation de la
monnaie nationale a comme conséquence la détérioration de la compétitivité des secteurs
exposés à la concurrence étrangère ; quant à sa dépréciation, elle cause des situations
inflationnistes. Il s'agit d'utiliser tous les facteurs de production disponibles, c'est-à-dire, de les
affecter à l'emploi pour lequel ils ont la plus forte productivité.
La variation du taux de change affecte, aussi, les bilans des agents financiers et non financiers
(dettes, créances libellées en devises, …etc.) L’autorité monétaire, pour mener à bien sa politique
monétaire et afin d’atteindre ses objectifs finals précités, effectue un contrôle rigoureux de la
quantité de monnaie en circulation.
Pour agir sur cette quantité, elle fait appel à un certain nombre d’instruments et d’outils. Il
convient donc de se pencher sur les instruments de la politique monétaire dans le point suivante.
Les différents instruments de la politique monétaire sont utilisés dans le but d’assurer son
efficacité. Ceux-ci permettront à une Banque Centrale d’atteindre ses objectifs finals cités,
principalement la stabilité des prix.
La première regroupe les instruments qui ne passent pas par le marché monétaire
qualifiés soit d’instruments directs : l’encadrement du crédit, ou bien d’instruments
indirects : les réserves obligatoires et le taux de réescompte.
La deuxième catégorie, quant à elle, regroupe toutes les opérations passant par le marché
monétaire autrement dit les interventions de la Banque Centrale sur le marché qui sont les
opérations d’open marker, les facilités permanentes et Les opérations d’appels d’offres.
18
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
L’encadrement du crédit14
Le non-respect des normes définies par la Banque Centrale, entraîne l’obligation pour les
banques de constituer des réserves supplémentaires non rémunérées, proportionnelles au
dépassement.
14
DELAPALCE, M. [Link], pp135 .136.
19
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Lorsqu’il n’est plus possible d’agir directement sur la masse monétaire, les autorités
monétaires empruntent un autre chemin : agir sur les prix, c'est-à-dire sur les taux d’intérêt ou les
volumes de refinancement des banques.
Les réserves obligatoires représentent une certaine quantité de monnaie centrale que les
Banques doivent garder dans leurs comptes ouverts auprès de la Banque Centrale. Elles sont
déterminées sur la base des dépôts clientèles des Banques. Le taux de ces réserves est fixé par
voie réglementaire selon la politique que cherche à mener cette Banque Centrale. Ces fonds
s’appellent ≪ réserves ≫ parce qu’ils doivent être conservés et ne peuvent pas être prêtés et
« obligatoires » parce que le taux est fixé par les autorités monétaires et les Banques primaires
sont obligées de les déposer sur leurs comptes.
Le Taux de réescompte
Les Banques primaires déposent des réserves excédentaires auprès de la Banque Centrale qui
les rémunère à un taux constituant le taux planché15 du marché interbancaire. Donc, le taux
d’escompte est le taux auquel la Banque Centrale prête directement des fonds aux Banques
primaires. De nos jours, c’est un instrument secondaire de la politique monétaire, son utilisation
a diminué au fur et à mesure que le rôle de la politique monétaire est mieux compris.
Lorsque les Banques n’ont pas suffisamment de liquidité, elles peuvent se refinancer auprès
de la banque centrale en réescomptant les effets de commerce qu’elles possèdent moyennant un
taux de réescompte.
15
Un taux minimum en dessous de laquelle une condition de taux pratiquée, par une institution financière, sur un
prêt ou un placement ne pourra descendre.
20
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
C’est une autre action indirecte qui permet d’agir sur la liquidité Bancaire dans le but de
contrôler la quantité de monnaie en circulation voire ; la limiter. Elles permettent ainsi
l’ajustement de l’offre des réserves à la demande, de façon à atteindre la cible opérationnelle.
.
4.2.1 Les facilités permanentes
Ce sont des opérations, laissées à l’initiative des banques, destinées à fournir ou à retirer des
liquidités à ces dernières. Elles ont pour objectifs d’indiquer l’orientation de la politique
monétaire et d’encadrer les taux du marché au jour le jour. On en distingue les facilités de prêt
marginal et les facilités de dépôt rémunéré.
Ce sont des opérations de prêt permettant aux banques d’obtenir de la part de la Banque
centrale des liquidités (des prêts de monnaie centrale pour combler leurs besoins quotidiens en
liquidité) Lorsque cette dernière n’arrive pas à couvrir un déficit journalier de sa trésorerie sur le
marché interbancaire. Ces prêts sont accordés contre des garanties, pour une durée de 24 heures à
un taux prédéterminé. Ce dernier dépasse d’une certaine marge le taux des opérations principales
de refinancement.
Ces facilités, en tant qu’instrument de la politique monétaire, permettent de contrôler les taux
d’intérêt à très court terme, en leur imposant un plafond.
16
DRUMETZ, F « politique monétaire », , 1ère édition, 2010, pp128 -132.
21
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Par contre celles-ci, c’est dans le cas d’excédent de liquidité. Elles permettent aux Banques de
déposer auprès de la Banque Centrale leurs excédents de liquidités pour une durée de 24 heures.
Ces dépôts sont rémunérés à un taux prédéterminé inferieur au taux des opérations principales de
refinancement.
C’est un instrument de réglage fin des excédents de liquidités. Les Banques disposant d’avoir
liquides libres peuvent en fin de journée les déposer auprès de la Banque Centrale contre la
perception d’un taux relativement bas. La durée du dépôt est de 24 heures et se réalise en blanc
sans engagement de garanties par la Banque Centrale.
Les opérations de pensions sont à l’initiative des établissements de crédit, qui souhaitent se
procurer des liquidités auprès de la Banque Centrale. Elles consistent en une cession temporaire
de titre au jour le jour ou à terme.
Le taux des pensions constitue un taux directeur 17 plafond sur le marché interbancaire
il est fixé par la Banque central. En effet, si le taux au jour le jour vient à dépasser ce taux
plafond, les Bnques procèdent à la cession temporaire des titres contre des liquidités. Par
conséquent, l’abondance des liquidités sur le marché interbancaire entraîne une baisse des taux
au jour le jour en dessous du taux plafond.
17
Taux d'intérêt fixés au jour le jour par les banques centrales et permettant de réguler l'activité économique.
22
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Permettre une régulation saine (non inflationniste) basée sur le jeu de l’offre et la
demande de liquidité ou achat d’actifs monétaire permettant le réajustement du niveau
des taux d’intérêt
Dynamiser le marché secondaire des valeurs du Trésor et assurer leur liquidité
Ce sont des opérations de mise en pension destinées à fournir des liquidités aux Banques
d’une manière régulière (suivant un calendrier bien déterminé : fréquence hebdomadaire et une
échéance de deux semaines ou plus). Elles constituent le principal canal de refinancement. Le
demandeur des liquidités (la banque à besoin de liquidité) cède temporairement des titres (les
met en pension) à la Banque Centrale qui, en contre partie, lui avance des fonds. C’est une sorte
d’octroi de prêts garantis par des effets éligibles.
Selon son objectif, en matière de liquidité et de taux, la Banque Centrale se porte acheteuse ou
vendeuse ferme de titres éligibles, privés ou publics, sur le marché monétaire (achat ou vente
ferme des titres).
Ce sont des opérations permettant à la Banque Centrale de gérer la liquidité sur le marché
monétaire et d’assurer le pilotage des taux d’intérêt, dans le but d’atténuer la répercussion des
fluctuations de la liquidité bancaire sur les taux d’intérêt. Elles peuvent être sous forme d’apports
ou de retraits des liquidités selon la situation du marché. Ces opérations prennent essentiellement
23
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
la forme d’opérations de cessions temporaires mais elles peuvent aussi comporter des opérations
fermes et celles des reprises de liquidité en blanc. Ces opérations nécessitent des appels d’offre
rapides
L’efficacité de ces opérations réside dans le fait qu’elles entrainent une variation des taux du
marché monétaire.
Ainsi, ces différents instruments dont dispose toute Banque Centrale, lui permettent
d’atteindre ou de se rapprocher d’un ou de plusieurs de ses objectifs. Les différentes façons dont
les actions de la Banque Centrale sont transmises à l’économie réelle nous renvoient aux canaux
de transmission de la politique monétaire, objet du point suivant.
Il s’agit d’un ensemble de mécanismes permettant d’agir sur les taux directeurs de la Banque
Centrale. Ses modifications influencent les évolutions de l’activité et, de l’inflation.
18
5.1 Le canal des taux d’intérêt
Les effets de la politique monétaire influent sur les taux d’intérêt, qui à leur tour affectent les
comportements des agents au travers de substitution et du revenu. Donc les variations des taux
d’intérêt affectent essentiellement :
18
DELAPALCE Marie, [Link].p, 149.
24
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Un effet de revenu : en imaginant une hausse du taux d’intérêt, les effets vont être contraires
selon que l’agent soit créditeur ou débiteur. L’agent créditeur verra son épargne mieux
rémunérée, il sera donc plus riche et ce sans modifier son comportement, l’agent débiteur verra
augmenter le prix de sa dette.
Une évaluation des taux d’intérêt se traduit par des effets de revenus positifs pour les agents
qui disposent de capacité de financement et par des effets de revenus négative pour ceux qui ont
des besoins de financement, les premiers verront leurs revenus s’accroitre puisque leurs
placements leurs rapporte plus et pourront donc accroitre leurs consommations. A l’inverse étant
globalement des agents à besoin de financement ; les entreprises investiront moins et verront la
charge de leurs dettes s’alourdir.
Le taux de change d’une monnaie par rapport à une autre, est en principe représentatif des
conditions économiques d’une nation.
Ce lien de transmission est plus important dans le cas de petites économies ouvertes (monnaie
instable, où presque tout est importé). En effet, les décisions en matière de politique monétaire
qui ont pour conséquence la variation des taux d’intérêt influent sur la valeur externe de la
monnaie nationale.
Les variations du taux de change ont un impact sur deux indicateurs importants qui sont
l’inflation et l’activité de la façon suivante :
une variation du taux de change implique une variation des prix des importations (celle
des exportations aussi), celle-ci implique une variation de l’inflation et aussi de la
production.
une variation du taux de change affecte aussi les bilans des agents financiers et non
financiers (dettes et créances libellées en devises et autres).
25
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Le canal des prix des actifs est influencé par d’autres canaux de transmission de la politique
monétaire, à savoir : le canal taux d’intérêt et le canal taux de change (précédemment définis).
Une baisse des taux d’intérêt provoque une hausse des cours des actions, des obligations et
des prix de l’immobilier, ce qui accroit la capacité des entreprises et des ménages à emprunter et
réduit leur prime de financement externe. Le raisonnement privilégié des monétaristes est le
suivant : si le taux s’élève alors le prix d’actif baisse ainsi que la richesse globale des ménages,
ce qui induit une diminution de leur consommation et investissements.
A coté de ces deux canaux, nous distinguons aussi, la variation des autres prix d’actifs qui
exercent un effet sur :
la richesse des ménages : si les taux d’intérêt augmentent alors les prix des actifs baisse
ainsi que la l’investissement des entreprises via la théorie du coefficient ‘‘Q’’ de Tobin19
: selon cette théorie, la politique monétaire affecte l’économie par le biais de ses effets
sur les cours des actions, lorsque l’offre de monnaie augmente, les agents estiment qu’ils
disposent trop de liquidité ainsi ils accroissent leurs dépenses. Et le marché boursier leur
offre la possibilité d’utiliser ce surplus de liquidité, ce qui fait augmenter la demande
d’actions et fait ainsi monter leurs cours
la richesse globale des ménages, ce qui induit à une diminution de leur consommation et
inversement (effet de richesse)
Le canal du coût de crédit agit sur l’offre agrégée, pour l’ensemble de l’économie, via le coût
du crédit. Une variation du taux directeur (une augmentation par exemple) aura comme
conséquence la variation du coût du crédit Bancaire puisque ce dernier sera plus coûteux. Les
entreprises, étant les principaux demandeurs de crédit, pour financer leurs activités
(investissement ou exploitation) seront face à des coûts de crédit lourds ce qui va les pousser à
19
La théorie Q de Tobin est le rapport entre la valeur en Bourse du capital et le coût de remplacement du capital.
Selon la théorie développée par James Tobin, prix Nobel d’économie en 1981, les entreprises fondent leurs
décisions d’investissement sur ce rapport. Lorsque la valeur en Bourse est supérieure à la valeur de
remplacement (Q > 1), les entreprises sont favorables à l’investissement; inversement, lorsque la valeur en
Bourse est inférieure à la valeur de remplacement (Q < 1), les entreprises préfèrent désinvestir.
20
DRUMTZ Françoise et PFTSER Christian, « Politique monétaire », 1ère édition « de boeck », Belgique 2010,
pages 101,102
26
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
augmenter leurs prix ou bien à chercher d’autres sources de financement autres que le
financement Bancaire ou encore à baisser leur production. Certes, cette augmentation des coûts
du crédit amplifierait la baisse de la production mais elle va atténuer la diminution de l’inflation.
Ce sont les effets de la politique monétaire sur l’économie réelle.
Sont considérées comme anticipations toutes les évaluations futures des différents indicateurs
tels que les taux d’intérêt, le taux de croissance, le taux d’inflation et autres, faites par les agents
économiques dont le comportement et les décisions reposent sur ces anticipations.
Les Banques centrales peuvent agir sur ces anticipations en publiant des informations fiables
(leurs prévisions) qui peuvent aider ces agents à prendre les bonnes décisions qui à leur tour
aident les Banques centrales à atteindre leurs objectifs.
Inversement, elle procèdera à la vente de titres contre la monnaie centrale, lorsque l’offre de
monnaie est supérieure à la demande. Ceci aura pour effet d’éponger l’excédent de liquidité sur
le marché monétaire
Pour Keynes, une politique monétaire agit cependant différemment, car elle provoque plutôt
une variation des taux d'intérêt. Ainsi, une augmentation de l'offre de monnaie sur le marché
monétaire, qui conduit la banque centrale à acheter des titres fournis par les banques contre de la
monnaie nouvelle (création monétaire), entraîne une baisse des taux d'intérêt ; celle-ci à son tour
favorise les entreprises puisque le coût des emprunts destinés à financer les investissements
diminue. À l'inverse, une politique monétaire destinée à ralentir l'activité économique passe par
une diminution de l'offre de monnaie (vente de titres) et une hausse des taux. Il convient
27
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
cependant de remarquer que les conditions économiques observées par Keynes dans les années
30 le conduisaient à douter de l'efficacité de la politique monétaire. En particulier, il pensait que
les investissements ne dépendaient pas seulement des taux d'intérêt mais bien davantage du
climat économique et des perspectives de ventes qu'anticipaient les entreprises.21
La politique monétariste est une politique monétaire préconisée par les économistes libéraux
monétaristes (dont le chef de file est Milton Friedman). Selon eux, la politique monétaire ne peut
et ne doit avoir qu'un seul objectif : lutter contre l'inflation. Pour ce qui concerne les objectifs
poursuivis par la politique monétaire, l'accent est en général mis sur la lutte contre l'inflation. Le
courant monétariste, en particulier considère que la lutte contre l'inflation constitue l'objectif
prioritaire de la politique monétaire et que le meilleur moyen de lutter contre l'inflation consiste à
agir sur la création monétaire. En fait la politique monétaire ne peut être envisagée uniquement
par rapport à la stabilité des prix. Pour eux la politique monétaire ne se résume pas uniquement à
une amélioration de l'emploi. Les monétaristes croient que la stabilité des prix est garantie par un
contrôle de la masse monétaire. Pour eux les autorités contrôlent la masse monétaire grâce à
l'opération d'open market. Mais on peut dire que l'approche de la politique monétaire des
monétaristes a ses limites puisque dans un premier temps la masse monétaire ne renseigne pas
21
GOUX.J-F, « macro-économie monétaire et financière », Ed economica, 6éme édition, paris, 2011, p.252
28
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
suffisamment sur l'inflation, on ne peut pas considérer le taux d'intérêt comme négligeable.
L'inflation est, selon Friedman, un phénomène exclusivement « monétaire » lié à une trop grande
quantité de monnaie en circulation.
Milton Friedman relève, en partant de la « courbe de Philips » qui montre une relation
empirique inverse entre le taux de chômage et l’inflation, que cette courbe ne fonctionne qu’à
court terme. Selon lui, en cas de politique monétaire expansionniste, les agents sont victime de l’
« illusion monétaire »22, si bien que le taux de chômage rejoint rapidement son niveau « naturel »
tandis que l’inflation se retrouve propulsée à un niveau supérieur.
Pour lui cette approche ignore les anticipations. En effet, il faut prendre en considération le
fait que les agents tiennent compte de la hausse des prix à laquelle ils s’attendent. Plus les agents
anticipent des prix élevés, plus ils tendent à exiger des prix plus forts, le niveau des prix dépend
non seulement de l’écart entre le chômage effectif et chômage naturel, mais aussi des prix
anticipés. 23
22
Concept décrit dans son analyse comme étant le résultat d’erreurs d’anticipation.
23
FAUGERE J-P, [Link] ., p 83 .
29
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Cette courbe a été établie à partir des constatations chiffrées .Elle se lit ainsi : lorsque le
taux de chômage est élevé, le taux d’inflation est faible ; lorsque le chômage diminue ,
l’inflation augmente 24.
Pour les économistes classiques, les phénomènes monétaires n’ont pas d’incidence sur les
conditions de l’échange. La monnaie est un « voile » derrière lequel « les bien s’échangent
contre des bien »25
Développée par les économistes classiques durant les XIX siècle, la théorie quantitative de la
monnaie décrit la détermination de la valeur nominale du revenu globale. Elle est également une
théorie de la demande de monnaie : elle explique la quantité de monnaie détenue pour un niveau
donné de revenue global. L’essentiel de cette théorie réside dans l’absence d’effets des taux
26
d’intérêts sur la demande de monnaie
Irving Fisher, dans la théorie quantitative de la monnaie, vient formaliser cette formulation
avec une équation : M x V = P x T, au terme sur laquelle le stock de monnaie ne détermine que
le niveau général des prix : Avec (M) est la masse monétaire en circulation, (V) est la vitesse de
circulation de la monnaie, (P) le niveau général des prix et (T) le volume des transactions.
Pour comprendre la notion de vitesse de circulation, on peut imaginer une situation où les prix
et la quantité de monnaie sont constants ; si la vitesse de circulation de la monnaie est multipliée
par deux, les billets, par exemple, circulent deux fois plus vite et permettent d'acheter deux fois
plus de biens. Selon la théorie quantitative de la monnaie, lorsque le volume des transactions et
la vitesse de rotation de la monnaie ne se modifient pas, une variation de la quantité de monnaie
entraîne une variation des prix. En conséquence, la quantité de monnaie doit s'adapter aux
échanges de biens dans une économie afin d'éviter l'inflation. La masse monétaire ne doit donc
pas augmenter plus vite que l'activité économique
24
CLERC ,D « inflation et croissance » édition syros, Paris, 1989, p 49.
25
Loi de Jean-Baptiste Say (1767-1832) : La monnaie n’est qu’un « voile », un intermédiaire dans les échanges ;
elle ne peut avoir d’influence que sur le niveau général des prix, quand sa quantité en circulation augmente
(hausse des prix) ou diminue (baisse des prix
26
MISHKIN Frédéric .Op. Cit ; P 849
30
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
Cette théorie stipule donc, que toute augmentation de la masse monétaire se traduit par de
l’inflation, dans le cas où cette hausse n’est pas accompagnée par une hausse de production.
31
CHAPITRE I : Généralités sur la monnaie et la politique monétaire
CONCLUSION
Tout au long de ce chapitre nous avons essayé de cerner les principales notions concernant la
monnaie et la politique monétaire. En premier lieu nous avons défini la monnaie et présenté ses
fonctions. Dans la deuxième section, nous avons essayé d’expliquer les différents objectifs et
instruments de la politique monétaire et l‘utilité de chacun, pour terminer avec une dernière point
qui résume les mécanismes de transmission de la politique monétaire.
Objectifs
intermédiaires
Objectifs finals et Instruments
opérationnels
32
Chapitre II :
Cadre conceptuel et
théorique relatif à l'inflation
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
Introduction
Les Banques centrale n’ont pas la tâche facile. Les législations nationales obligent bon
nombre d’entre elles à garantir la stabilité des prix, c’est-à-dire assurer que le taux de variation
des prix soit faible et régulier. L’instabilité des prix est source d’incertitude. Très souvent, cette
instabilité résulte de l’inflation ; une hausse persistante des prix généralement exprimée par
l’indice des prix à la consommation (IPC).
L’inflation demeure l'un des paramètres majeurs qui perturbent l'économie d'un pays. En
effet, l'inflation est à la source de la vie chère caractérisée notamment par l'augmentation
généralisée des prix sur le marché et la baisse du pouvoir d'achat.
D’une manière générale, l’inflation résulte d’un excédent de la masse monétaire sur le produit
intérieur brut (PIB) ce qui peut être dû à une augmentation de la demande globale ou à celle de la
masse monétaire. D’autres causes de l’inflation peuvent exister, on peut trouver une inflation par
les coûts et une inflation causée par des facteurs provenant de l’extérieur du pays.
Pendant une longue période du XXème siècle, beaucoup de pays ont dû faire face à des crises
économiques dont les conséquences étaient durables. Le point commun entre ces crises était
l’instabilité des prix ce qui se traduisait par des taux d’inflation élevée tout au long de cette
période. Les recherches n’ont pas cessées de se développer dans le seul but de trouver un moyen
d’éviter ces crises ou au moins de les anticiper afin de limiter leurs conséquences. La stratégie de
la politique monétaire s’appuie sur la proposition annoncée pas Milton Friedman selon laquelle
34
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
l’influence de la politique monétaire sur le niveau général des prix s’exerce avec des délais longs
et variables.27
Mesurer l’inflation est une procédure relativement complexe malgré leurs insuffisances, les
indices de prix servent d’instruments de mesure du phénomène inflationniste les plus utilisés
sont l’indice des prix à la consommation.28
La mise en place de ces politiques nécessite un ensemble de conditions et il est tout à fait
logique que le contrôle de l’inflation en est une ; parce que c’est le point de départ de
l’établissement de cette règle. De plus, assurer la stabilité des prix n’est pas juste une condition
mais ça doit être un objectif principal et prioritaire de la politique monétaire.
27
MISHKIN, [Link] ; p, 706.
28
BERNIER, B, YVES, S « initiation à la macroéconomie ».9° édition .Dunod, Paris, 2007, p.306.
35
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
La hausse des prix est généralement la préoccupation majeure des économistes et des
décideurs politiques mais surtout des citoyens. Ce phénomène mesuré principalement par le taux
d’inflation reflète l’état de chaque économie .Il est nécessaire de définir l’inflation et de
comprendre tous les autres phénomènes qui y sont liés à savoir son opposé, la déflation.
De nos jours, il est effectivement difficile d’avancer une définition claire, précise de
l’inflation ; on parle plus de phénomène que de concept. Les gouvernements et/ou les autorités
monétaires, préfèrent combattre l’inflation sans s’attarder à en donner l’explication.
Nous essayons ci-après de donner les définitions, parce qu’il en existe plusieurs, et tenterons
de cerner au maximum les contours et la signification de la portée de ces définitions
Il y a inflation lorsque le rapport des quantités de monnaie affectées aux achats sur les
quantités de biens et services affectés à la vente augmente, il y a, au contraire, déflation lorsque
ce rapport diminue ([Link]).30
L’inflation est un mouvement persistant de la hausse du niveau général des prix, il conduit à
une baisse du pouvoir d’achat.31
L’inflation est la hausse générale des prix des biens et services sur une période prolongée, qui
conduit à la dépréciation de la valeur de la monnaie et, par conséquent, de son pouvoir d’achat:
une unité de monnaie rapporte moins qu’auparavant en présence d’inflation. Cette hausse est
auto-entretenue, dans le sens où elle génère elle-même d’autres hausses de prix, le processus est
29
FRIEDMAN, M : « La monnaie et ses pièges »– Calmann-Lévy Paris 1992 p.193.
30
MALCZEWSKI, J : « Vaincre l’inflation ». Economica , Paris .
31
GREEWORLD, D. « Dictionnaire économique ». Economica Paris 1987 p.274.
36
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
donc cumulatif et incontrôlable : il faut des efforts de la part du gouvernement pour la réduire.
Le contraire de l’inflation est la déflation
Désinflation
C’est toujours une forme d’inflation, mais avec un taux de baisse des prix en
décroissance .Par exemple lorsque le taux d’inflation annuel passe de 10% à 8% puis à 7% et
ainsi de suite. Contrairement à ce que l’on croit souvent, la désinflation ne désigne pas une
situation de baisse des prix. Les prix continuent d’augmenter mais de moins en moins vite. Cela
correspond au freinage ou à la décélération : on avance de moins en moins vite .La désinflation
est rarement spontanée, c’est le plus souvent le résultat d’une politique économique volontaire.33
Déflation
Par opposition à l'inflation, la déflation désigne une baisse des prix constatée sur une longue
période. Elle ne doit pas être confondue avec la désinflation qui correspond à la baisse du taux
d'inflation. La déflation apparaît lorsque la demande est faible par rapport à la quantité de biens
et services disponibles dans l'économie.34
32
BERNIER, B et YVES, S [Link], p 319.
33
GOUX,J-F « Inflation, Désinflation, Déflation » édition Dunod, Paris 1998, p 8.
34
[Link] (14/08/2016).
37
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
Prix
Temps
2 L’importance de l'inflation
Chaque économie doit faire face, dans son fonctionnement, à des turbulences causées souvent
par l’instabilité des prix qui résulte généralement de l’inflation.
Vue son impact sur l’économie et les coûts économiques et sociaux qu’il engendre, ce
phénomène devient de plus en plus inquiétant et préoccupant ; l’instabilité de l’inflation se
traduit par une incertitude sur la valeur de l’argent et donc sur le pouvoir d’achat des
consommateurs. En ce qui concerne les entreprises, l’incertitude sur la valeur des flux de
trésorerie associés à leurs investissements rend les décisions d’investir plus difficiles, ce qui nuit
à l’efficience du système financier.
De plus, l’inflation a des conséquences qui peuvent conduire facilement à des crises
économiques et même sociales à savoir : la hausse des prix à la consommation, les coûts
salariaux et les perturbations dans la répartition des revenus.
38
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
3 Mesure de l’inflation
L’indice des prix à la consommation, dans ce qui suit ‘’IPC’’, permet de mesurer l’évolution
du niveau général des prix des biens et services achetés, en vue d’être consommés par les
ménages.
Le principe est de calculer une moyenne des variations de ces prix d’une période à une autre,
en les pondérant par les dépenses que les ménages leur consacrent en moyenne. Il est
communément utilisé comme valeur approchée de l’inflation, même s’il ne mesure que la hausse
des prix à la consommation.35
Devant la complexité de la mesure de l’inflation, les indices des prix sont choisis pour l’étude
de ce phénomène malgré leurs insuffisances. L’indice des prix à la consommation est le plus
important de ces indices et le plus usité.
La difficulté dans le calcul de cet indice se trouve dans les variations des prix de milliers de
produits qui existent sur les différents marchés et qui changent parfois dans des sens opposés,
donc les statisticiens affectent des pondérations aux ensembles et groupes de produits pour
résoudre ce problème mais ce n’est pas aussi facile que ça. La conception et la qualité des
produits change rapidement surtout avec les nouvelles technologies qui ne cessent pas de se
développer. Il y a des produits nouveaux qui apparaissent et d’autres qui disparaissent ce qui
nous permet de dire que la mesure de l’inflation reste toujours imprécis.36
L’inflation étant donc l’accroissement annuel des prix, elle se calcule par la formule suivante
35
« Manuel de l’indice des prix à la consommation, théorie et pratique », FMI, 2004.
36
GREENWARLD, D. «Encyclopédie économique», économica,Paris.1984 . p504.
39
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
L’indice des prix à la consommation n’est pas le seul indice utilisé pour mesurer l’inflation,
on peut trouver également l’indice pour les matières premières, pour les prix à la construction,
pour les loyers, pour les biens à l’importation…etc.
Ces indices sont utilises pour calculer l’inflation mesurée qui se distingue de l’inflation
ressentie par les consommateurs ou essentiellement par les ménages qui ne ressentent la hausse
des prix que si celle-ci concerne les biens de consommation quotidienne et non occasionnelle
comme celle de l’électroménager ou de la construction. Donc, la nuance est que ces produits
rentrent dans le calcul de l’inflation mais les agents économiques ne perçoivent pas vraiment la
variation de leurs prix.
Pour ces même raisons se distinguent les deux concepts « inflation » et « coût de la vie ».Le
premier concerne la moyenne des hausses de tous les prix des biens et services pondérés, le
deuxième concerne la moyenne des hausses des prix des biens et services entrant dans la
consommation habituelle des ménages.
L’inflation n’a pas et ne peut avoir une cause unique capable de l’expliquer si ce n’est que son
degré de prédominance par rapport à d’autres facteurs. D’où la pluralité des causes de l’inflation.
En effet elle peut être due à des causes différentes qui aboutissent à la manifestation de
mouvements inflationnistes différents.
La théorie quantitative de la monnaie est l’une des théories les plus anciennes et qui ont pu
survivre de nos jours. Son principe général stipule que les variations du niveau général des prix
sont influencées principalement par les variations de quantités de monnaie en circulation et que
toute instabilité des prix est d’origine monétaire37
La formalisation la plus courante de cette théorie est celle d’Irving Fischer M ×V=P×T dans
laquelle M représente la masse monétaire en circulation, V la vitesse de circulation de la
monnaie, P le niveau général des prix, T le volume de transaction à assurer.
37
HENRY, G-M « Le monétarisme », ARMAND COLIN, Paris, 1998, p8
40
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
La signification la plus simple consiste à dire toute accroissement monétaire supérieur a celui
de la production réelle se traduira (pour une vitesse de circulation de monnaie constante) par un
ajustement à la hausse de l’ensemble des prix tel que la valeur globale des échanges soit égale à
la nouvelle quantité de monnaie en circulation. A court terme, ou dans le cas d’un appareille de
production ne pouvant rependre à l’augmentation de la demande la variation des prix serait
proportionnelle à celle de la masse monétaire.38
Pour donner à la monnaie un rôle propre et déterminant dans la formation des prix nominant,
force est donc de considérer qu’il existe une offre de monnaie, fonction soit d’événement
aléatoire (quantité de métal produit dans le monde), soit de la politique suivie arbitrairement par
les autorités monétaires contrôlant le système Bancaire39.
Selon les thèses monétaristes modernes, l’inflation est due à la mise en œuvre des politiques
monétaires activistes destinées à relancer la demande. On parle d’inflation lorsque la production
inélastique à court terme, ne peut répondre à la demande. On peut dire que tant que la croissance
de la masse monétaire n’excède pas celle du PIB, il n’y a pas inflation.40
L’excès de la demande globale exerce une influence considérable dans toutes les analyses de
situations inflationnistes. Pour les classiques, le facteur décisif est l’offre de monnaie puisque,
conformément à l’enseignement de la théorie quantitative, seul un accroissement de la quantité
de monnaie en circulation peut élever le niveau général des prix.
38
BIZBAKH, P « inflation et désinflation » édition la découverte, Paris1996, p.33.
39
Ibid. p34
40
BERNIER, B, YVES, [Link]. p303
41
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
Pour les keynésiens, l’inflation par la demande résulte d’un excès de la demande globale
nominale par rapport à l’offre en conditions de plein-emploi. En effet, elle est issue du
paradigme Keynésien pour qui la monnaie est un moyen d’intervention dans l’économie afin
d’assurer des objectifs nettement plus importants tels que le plein-emploi et la croissance.
Lorsque la demande est supérieure à l’offre de biens et que cette dernière ne peut s’adapter,
on parle d’une élasticité faible ; cela crée de l’inflation. Cette dernière résulte d'un déséquilibre
entre une demande trop forte par rapport à une offre à un prix donné. Pour rétablir l'équilibre
entre l’offre et la demande, les prix augmentent (tirant la demande à la baisse car la hausse des
prix décourage la consommation).
Mais la véritable spécificité de l’explication de l’inflation par la demande consiste à dire que
la création monétaire quelque soit son importance ne sera inflationniste que dans la mesure où
l’appareil de production ne peut répondre à l’accroissement de la demande. L’ajustement de
l’offre –demande s’effectue alors par les prix à défaut de se faire par les quantités, et se trouve
compatible avec tout état de création monétaire.
Appelée aussi inflation par l’offre, elle se produit quand le prix d’une matière première, de la
main d’œuvre ou de tout autre élément qui rentre dans le processus de production, augmente ; ce
qui entraine des coûts de production plus élevés et donc un produit fini plus cher.
42
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
En ce nom, Paul Samuelson définit l’inflation par les coûts comme « l’inflation résultant de
L’accroissement des coûts durant les périodes de fort chômage et de faible utilisation des
ressources »41
Quelle qu'en soit l’origine, la hausse des coûts de production entraîne une hausse du prix de
vente, donc un phénomène inflationniste. En outre, l’inflation se propage à toute l’économie
parce que les prix de vente de certaines entreprises constituent les éléments du coût de revient
d’autres entreprises42
Schéma conceptuel
LES EXPLICATIONS DE L'INFLATION
41
SAMUELSON, P et. NAURDHAUS.W « Economie. » édition Economica, 18éme édition, 2005, p. 681
42
[Link] ,18/07/2016
43
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
L’inflation est un « mal » analogue à une maladie43 quant elle se manifeste, l’économie
enregistre des effets nouveaux non souhaitable, devant la hausse des prix qui ne cesse
d’augmenter, la vie économique et sociale enregistre des effets indésirables. Ces effets sont de
natures différentes selon la capacité de financement des agents et selon la période analysée.
Selon la capacité des agents44, on distingue trois types d’effets (plutôt micro économique) a
court terme de l’inflation.
Le revenu direct des ménages est composé du revenu du travail mais aussi des revenus du
capital (intérêts perçus des placements sur livrets ou en obligations, et dividendes des actions
retenues), en période d’inflation, les taux d’intérêts ont tendance à s’élever (pour continuer à
offrir un placement rémunérateur aux épargnants-investisseurs).
Les ménages à haut pouvoir d’achat peuvent donc profiter de l’augmentation du revenu de
leurs placements. A l’inverse, les ménages à revenu modeste ne peuvent guère épargner. Ils ne
43
GHITTON H « La monnaie » édition Dalloz, p 580.
44
Lorsque ses revenus (ou recettes) sont supérieurs à ses besoins (ou dépenses). Il présente donc un solde positif,
ses ressources étant supérieures à ses emplois (consommation ou investissements).
44
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
profitent pas donc de cette opportunité et au final l’écart entre les revenus directs s’accroit,
compte tenu du différentiel de croissance des revenus liés au rendement de l’épargne.
La hausse du taux d’intérêts dissuade l’emprunt et incite à l’épargne (pour les ménages qui
peuvent épargner).
La consommation qui est l’un des moteurs de la croissance tend à se ralentir entraînant avec
elle la réduction du taux de croissance de l’économie nationale, contrairement aux deux effets
précédents, il s’agit là d’un effet macro économique qui a de graves conséquences sur le long
terme.
Dans ce cas l’entreprise s’assure en versant une prime de risque, le coût de cette prime de
risque est naturellement reporté sur le prix de vente final, ce qui entretient l’inflation.
Le niveau des investissements est donc inversement proportionnel au taux d’intérêt, plus le
taux est élevé, plus les investissements sont faibles. Les produits deviennent moins compétitifs,
se vendent moins, donc les parts de marché régressent, la croissance ralentie et le chômage
progresse.
Pour réduire l’écart inflationniste. Les pouvoirs publics peuvent contracter la demande
globale en utilisant des instruments macro-économiques que sont les politiques monétaires et
budgétaires.
Pour bien choisir une politique anti inflationniste, il faut connaitre les causes de l’inflation. Si
l’économie est en surchauffe et si la Banque centrale s’est fixé comme objectif la stabilité des
prix, elle met en œuvre une politique restrictive de manière à freiner la demande globale,
normalement en relevant les taux d’intérêts
Certaines Banques centrale ont choisent, avec plus ou moins de succès d’imposer une
discipline monétaire en fixant le taux de change, c’est-à-dire en liant sa monnaie à celle d’un
autre pays et par conséquent sa politique monétaire à celle du pays émetteur de cette monnaie.
Freiner la progression de la masse monétaire est une mesure prônée par les monétaristes.
Comme à notre époque la création monétaire a été monopolisée par la puissance publique, c’est
évidemment elle, et elle seule, qui est responsable de l’arrêt de l’inflation.
46
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
régulière de la masse monétaire à un taux constant, en relation avec le taux de croissance réel à
long terme du produit national.
Le ciblage d’inflation est une politique dont la définition a évolué au fur et à mesure que se
mettait en place un cadre théorique complet. Dans son acceptation la plus large, le ciblage
d’inflation couvre toute politique monétaire consistant à se donner un objectif d’inflation
quantifié et à définir les moyens et les instruments permettant d’atteindre directement cet
objectif. La Banque Centrale doit intervenir pour minimiser les écarts entre l’inflation observée
et la cible visée
que la Banque Centrale soit libre dans son choix de ses instruments.
qu’elle ne s’associe pas aux soucis budgétaires du ou des Etats associes.
qu’elle ne se fixe aucune autre cible que d’inflation.
45
. MISHKIN F, “the economics of money, banking and financial markets”, Pearson, 2009, p 401.
46
LANDAIS, Bd « Leçons de politique monétaire », BOECK, Belgique, 2008, p255
47
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
Les expériences récentes confirment les points forts et les points faibles de la politique
monétaire. En général, les économistes considèrent que la politique monétaire comme étant plus
efficace pour mettre le frein à la hausse des prix.
La politique budgétaire est un ensemble d’actions entreprises par un Etat, sur les dépenses, les
prélèvements des impôts et les emprunts, dans l’espoir d’atteindre des objectifs économiques
précis. C’est donc une politique qui consiste à utiliser les variations de l’équilibre budgétaire de
l’Etat pour atteindre certains objectifs. Tout comme la politique monétaire, il existe deux types
de politique budgétaire qui sont une politique budgétaire expansionniste (destiné à augmenter le
niveau de la demande ou de l’offre globale dans l’économie) et la politique budgétaire
restrictive (destiné à réduire le niveau de la demande ou de l’offre globale).
C’est un ensemble de mesures visant à agir sur la demande de biens et services. C’est une
action sur les flux réels.
Certains économistes estiment que la politique budgétaire peut être utilisée pour lutter contre
l’inflation. Cette action repose sur l’hypothèse que la hausse des prix a pour origine un excès de
la demande globale sur l’offre globale47
Si l’économie connait les niveaux élevés de l’inflation, le gouvernement peut choisir d’utiliser
la politique budgétaire pour tenter de réduire les niveaux de prix. Sur un point de vue
économique, les dépenses publiques (G) et la fiscalité (T) sont des composantes de la demande
globale et le gouvernement à la capacité d’influencer ces composantes avec l’intention de
manipuler la position de la courbe de demande globale. Une augmentation des impôts (par
exemple impôt sur le revenu) permettra de réduire le revenu disponible des consommateurs qui à
leur tour les forcer à consommer moins. Lorsque la consommation dans une économie
diminue .la demande globale tombe et par conséquent la baisse des niveaux de prix. La même
47
BERNIER,B, YVES,S, [Link]. , p. 451
48
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
chose s’applique lorsque le gouvernement réduit ses dépenses (c'est-à-dire services soins de
santé, les dépenses militaires d’éducations, etc.…).
On conclue que quant l’inflation trouve sa source dans un excédent de demande, les mesures
prises seront une diminution des dépenses publiques ou augmentation des impôts
Le respect strict de la règle de l’équilibre budgétaire peut conduire à des situations inverses à
celles qu’on poursuit, à savoir la stabilité des prix, l’inflation peut très bien coexister avec un
budget en équilibre voir en excédent. C’est donc la nature des dépenses et des recettes publiques
qui alimentera les tensions inflationnistes.
Du coté des recettes fiscales, il serait indiqué de réduire le taux de certains impôts indirectes
(droits de douanes, TVA) pour calmer la fièvre inflationniste.
En somme, ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que le maniement de la politique
budgétaire et fiscale est très délicat, en effet, l’utilisation des instruments budgétaires doit tenir
compte de la lourdeur des procédures d’élaboration du budget et donc, de l’impact différé dans le
temps des mesures prises.
Ainsi, par exemple, si on veut réduire le revenu disponible de certaines couches sociales, en
instituant un impôt nouveau ou une sur-taxation, on doit tenir compte des délais nécessaires entre
la décision et son entrée en vigueur.
48
« Une arme à double tranchant »à titre d’exemple le relèvement du taux de certains impôts indirectes pour
limiter la consommation en l’imposant fortement aura pour conséquences, une hausse des prix qui se diffusera à
d’autres produits sous l »effets de la solidarité des prix de même qu’un relèvement du taux des impôts directs
« écrémer » des profits au-delà d’un certains seuil de risque d’aboutir à une répercussion sur les prix de revient et
portant , sur les prix
49
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
Il convient de noter toutefois que la réduction des dépenses publiques et des revenus à
destination de certaines catégories revient à agir indirectement sur la demande qui est une des
déterminant fondamentaux des prix, or l’action sur la demande ne résout pas nécessairement la
hausse des prix. En effet, il est difficile de combattre l’inflation en s’attaquant à la demande, car
de nombreux effets risquent de faire échouer une telle tension.
A côté des instruments classiques de régulation macroéconomique, ont souvent été mis en
place des moyens d'intervention plus microéconomiques pour lutter contre l'inflation : le contrôle
des prix et la politique des revenus.
Il s’agit d’interdire les hausses des prix de divers biens et services, pendant une période
déterminée. L’Etat peut pratiquer une politique de lutte contre l’inflation très interventionniste en
fixant les prix des biens vendus par les commerçants (c’est le cas par exemple pour le pain, bien
50
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
sensible) et condamner ceux qui ne respectent pas ces prix. Par ailleurs, le Conseil de la
Concurrence et la D.G.C.C.R.F (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et
de la Répression des Fraudes) a la responsabilité de veiller sur l’existence d’une concurrence
(lutter contre les oligopoles, les monopoles, les ententes, les abus de position dominante entre
autres).
C'est une politique qui s'attaque aux effets de l'inflation (la hausse des prix) plus qu'à ces
causes profondes ; elle consiste, selon les circonstances, soit à bloquer artificiellement les prix ;
soit à administrer leurs évolutions. Les diverses mesures de contrôle des prix des biens et
services du secteur concurrentiel se sont souvent accompagnées de mesure de freinage de la
progression des tarifs publics, qui ont par ailleurs longtemps dégradé la situation financière des
entreprises publiques. Cependant, l'efficacité de la réglementation des prix apparaît doublement
contestable :
- Tout d'abord parce que le blocage, s'il brise momentanément l'inflation, ne permet pas de la
juguler durablement ;
- Ensuite parce que toute administration des prix est peu rationnelle dans une économie de
marché ou la liberté de fixation des prix est érigée en principe.
Il s’agit de freiner la hausse des revenus pour réduire les tensions inflationnistes.
L'expérience montre qu'il ne peut y avoir de véritable contrôle des prix sans contrôle des salaires
composante essentielle des coûts de revient des entreprises, les salaires ont été ainsi, à des fins de
lutte contre l'inflation et de réalisation de certains objectifs sociaux, l'objet de réglementations
variées dans le cadre de la «politique des revenus».
Etant donné que les principaux objectifs de la politique des revenus sont la fixation pour une
période donnée, des normes non inflationnistes de progression des revenus nominaux et
l'assurance d'une meilleure répartition de la richesse créée, les gouvernements sont alors amenés
à adapter leurs objectifs dans la lutte contre l'inflation. D'une part, ils exercent un contrôle des
variations des salaires en fonction de l'évolution de multiples variables économiques : taux de
croissance, productivité du travail au niveau naturel et par branche de production. D'autre part,
dans un souci de répartition non inflationniste des fruits de la croissance, les pouvoirs publics
51
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
peuvent par exemple procéder à une redistribution des revenus ou de la fortune par le biais de la
politique fiscale et des transferts.
Une politique de revenu est une tentative d’influer directement les salaires et autres revenus.
Supposons que l’Etat veuille faire baisser l’inflation de 10 à 5%. Il parvient à persuader tous le
monde de limiter les salaires à une augmentation de 5%, la hausse des prix tombera de 5%, si
cette transaction se traduit suffisamment vite, les salaires réel n’en suffiront pas.
La politique des revenus vise à contrôler les prix et les salaires pour lutter contre l’inflation
tout en évitant une récession elle consiste à contrôler le revenus des déférents groupes sociaux49 .
L’adoption de principes directeurs et des normes d’progression des revenues, prenant en compte
la productivité sont les mesures les plus souvent mises en avant, les politiques de revenus, y
compris le contrôle des prix ont était pratiquement partout50
En adoptant une telle stratégie, les autorités monétaires n’utilisent pas une seule variable mais
toute l’information disponible pour prendre les meilleures décisions de la politique monétaire.
Le plus grand avantage du ciblage d’inflation est qu’il peut être compris par le public ce qui
augmente sa transparence. Ainsi, une annonce explicite d’une inflation chiffrée et le choix de la
stabilité des prix comme objectif prioritaire ne font que renforcer la responsabilité de la Banque
Centrale, ce qu’elle peut utiliser pour accroitre sa crédibilité et sa transparence. De plus, ca lui
permet d’atténuer le problème d’incohérence temporelle. En effet, ce problème provient
généralement des pressions politiques exercées sur la Banque Centrale afin de mener une
politique expansionniste dans le but de relancer la production et l’emploi.
La confiance du public dans la Banque Centrale et ses capacités d’atteindre les objectifs fixés
permet aux agents de fonder leurs anticipations avec plus de certitude. Cela concerne
principalement les anticipations des consommateurs quant à la valeur future de leur pouvoir
d’achat, de leurs revenus et de leurs épargnes.
49
CLERC ,D , [Link] ;p,135
50
BERNIER, B, YVES, S .Op. Cit. , P.462
52
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
La politique de ciblage d’inflation se distingue des autres politiques par le fait qu’elle prend
en compte les chocs domestiques. En effet, la nature de ces chocs traduit un autre atout de cette
politique qui est sa flexibilité ce qui permet aux décideurs de modifier leurs action suite a des
chocs d’offre par exemple, cela assure la capacité de cette politique de trouver des solutions
optimales.
Les expériences des pays optant pour le ciblage d’inflation confirment les avantages cites ci
dessus et montrent des résultats positifs âpres l’adoption de cette politique mais ca n’écarte pas
l’existence des inconvénients et des difficultés de sa mise en œuvre.
Les avantages de maintenir un taux d’inflation peu élevé doivent être compensés par les coûts
d’une telle mesure. Ceux-ci dépendent évidemment des moyens mis en œuvre pour lutter contre
l’inflation. Quel que soit les instruments spécifiques utilisés pour la lutte contre l’inflation
entraine généralement une augmentation du taux de chômage. Du moins dans le court terme,
avec un risque de ralentissement de la croissance à moyen terme.
Par expérience, les responsables se sont rendu compte que ramener l’inflation à la baisse est
une préoccupation majeure. La raison est qu’une fois que les gents en sont venus à anticiper une
inflation persistante, ramener l’inflation a la baisse est douloureux. 51
Des tentatives répétées pour maintenir le chômage au-dessous du taux naturel entrainant une
inflation accélérée qui est intégrée dans les anticipations. Pour réduire les anticipations
inflationnistes, il faut inverser le processus en adoptant des politiques restrictives qui
maintiennent le taux de chômage au-dessus du taux naturel pendant une période prolongée. On
appelle le processus consistant à ramener à la baisse une inflation dans les anticipations la
désinflation 52
Par ailleurs, il convient de faire remarquer que le maintien, dans le temps, du taux d’inflation
à un niveau aussi bas nécessite de la part des politiques, un nombre considérable d’efforts à
51
KRUGMAN, P. ROBIN, W. « Macroéconomie, Paris, » Octobre 2009, p 783
52
Est un ralentissement de l’inflation ou une baisse ponctuelle du niveau général des prix, et elle peut être le
fruit d'une politique économique "de déflation" menée par un gouvernement.
53
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
fournir dans la gestion et la coordination des politiques économiques. Ainsi, il apparait légitime
d’évaluer les avantages et les coûts qu’impliquent de niveaux bas d’inflation.
Pour une économie ayant connu des épisodes d’hyperinflation, la politique de désinflation est
favorable. Cependant, sa vitesse doit être adaptée à l’environnement concerné afin de ne pas
pénaliser la fonction de bien – être social. Autrement dit, une inflation trop faible pourrait avoir
des conséquences négatives pour l’activité économique, et la déflation doit être évitée à tous
prix53.
53
KIMBAMBU J-P, VANGU T « Evaluation du Coût de la Désinflation en Rép. Dém. Congo », p 2
54
Chapitre II : cadre conceptuel et théorique relatif à l’inflation
CONCLUSION
Nous pouvons conclure que l’inflation est un phénomène dont les causes sont multiples et les
conséquences peuvent détruire l’économie et nuire au bien-être de la nation et ce à cause des
corrélations qui lient ce phénomène aux autres variables économiques. Par conséquent, un
contrôle continu et efficace de l’inflation pourrait être une solution clé des différents problèmes
que rencontre une économie dans son fonctionnement.
Pour lutter contre l’inflation, beaucoup de Banques centrales la considèrent comme une
préoccupation principal de leurs politiques monétaires et utilisent certaines règles pour atteindre
leur objectif de stabilité des prix. Les formes de lutte contre l’inflation n’ont pas cesse de se
développer mais la façon de les adopter diffère d’un pays a un autre.
La mise en place de cette politique nécessite un ensemble de conditions et il est tout à fait
logique que le contrôle de l’inflation en est une parce que c’est le point de départ de
l’établissement de cette règle. De plus, assurer la stabilité des prix n’est pas juste une condition
mais ça doit être un objectif principal de la politique monétaire.
55
Chapitre III :
Introduction
Un travail théorique ne peut être complet, efficace et générateur de valeur ajoutée s’il n’est
pas suivi d’une démonstration pratique mettant en exergue tous les résultats qu’un chercheur a
pu réaliser après des efforts largement considérables en collecte d’informations nécessaire.
Les chapitres précédents nous ont renseignés sur le cadre théorique surplombant la politique
monétaire et l’inflation. Ils nous ont notamment éclairés sur les différentes politiques de lutte
contre l’inflation. Dans ce chapitre, nous allons, d’une part utiliser l’enseignement acquis de la
première partie afin de repérer au mieux la conduite de la politique monétaire en Algérie ; et
d’autre part, ses principales évolutions. Ce double exercice se fera à l’aide d’une étude
descriptive dans un premier temps et d’une étude économétrique dans un deuxième temps.
Cependant, nous commençons ce chapitre par une première section dont le but de présenter
l’organisme d’accueil de notre stage pratique, à savoir, la Banque d’Algérie.
Au delà de sa mission de stabilité des prix, et vu le thème autour duquel tourne notre travail :
l’efficacité de la politique monétaire sut le taux d’inflation, la Banque d’Algérie est la structure
d’accueil la plus appropriée pour notre stage pratique.
57
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
La Banque Centrale d’Algérie fut créée par la loi numéro 62-144 votée par l’Assemblé
constituante le 13 Décembre 1962, portant création et fixant les statuts de la Banque Centrale.
Des aménagements furent apportés au cours des années 70 et le début des années 80. La
réforme du système financier, tant dans son mode de gestion que dans ses attributions, devenait
néanmoins impérative.
La loi n° 86-12 du 19 Août 1986 portant régime des banques marque l’amorce de la refonte
du système bancaire algérien.
C’est ainsi que la Banque Centrale recouvre des prérogatives en matière de définition et
d’application de la politique monétaire et de crédit, en même temps qu’étaient revus ses rapports
avec le Trésor Public. Ces aménagements se sont toutefois avérés peu adaptés au nouveau
contexte socio-économique marqué par de profondes réformes. La loi n° 90-10 du 14 Avril 1990
modifiée et complétée relative à la monnaie et au crédit avait redéfini complètement la
configuration du système bancaire algérien.
54
. DJERRAH N. « Stress tests : approche systémique, cas de la BA » mémoire DSEB. Ecole
supérieur de banque. Octobre 2015 .p.81
58
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
2 Rôles et Missions55
55
Site web de la Banque d’Algérie [Link] ; (05/08 /2016)
59
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
3 Organisation
Pour mener à bien ses missions, la Banque d’Algérie56 est organisée au niveau central en :
56
Les détails sur l’organigramme de la banque d’Algérie sont donnés en annexe 01.
60
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
57
FAUGERE J-P « La monnaie et la politique monétaire » édition du seuil, juin 1996, p.46.
61
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
Contrairement au choc externe de 2009 qui s’est conjugué à un taux de croissance de la masse
monétaire historiquement bas, l’année 2014 a enregistré une reprise significative de l’expansion
monétaire, tirée par une forte croissance des crédits à l’économie. Il s’agit là d’une forte
expansion monétaire en situation de choc externe, puisque le compte courant de la balance des
paiements a enregistré un déficit en 2014, après quatorze années consécutives d’excédent. C'est
dans un tel contexte de choc externe intervenu à partir du début du second semestre et en phase
avec l’objectif d'inflation, que la Banque d'Algérie a continué à résorber en 2014 l'excès de
liquidité sur le marché monétaire au moyen d'une conduite flexible et ordonnée des instruments
indirects de politique monétaire, tenant compte des objectifs quantitatifs intermédiaires.
58
Rapport annuel de la Banque d’Algérie [Link] .125.135.
62
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
Cette figure nous montre que la masse monétaire a subi de grande variations durant l années
2014, cette années a était suivie d’un pic durant le mois de juillet
63
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
64
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
La politique monétaire en Algérie est passée par différentes phases depuis l’indépendance à
nos jours. L’année 1990 a marqué un grand tournant pour le rôle de la politique monétaire dans
l’ensemble de la politique économique en Algérie.
Durant cette période, la politique monétaire est marquée essentiellement par le mode
centralisé de l’économie algérienne. Durant ces années, la politique monétaire a connu deux
principales périodes :
59
Loi n° 62-144 du 13 Décembre 1962, relative à la création et fixant les statuts de la Banque centrale d’Algérie.
60
Loi n ° 64-11 du 10 avril 1964 instituant l’unité monétaire nationale.
65
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
en promouvant la mise en œuvre de toutes les ressources productives du pays, tout en veillant à
la stabilité interne et externe de la monnaie ».
Les instruments de la politique monétaire prévus dans les statuts sont de type indirect.
Autrement dit, le fonctionnement de la BCA reste conforme à celui que lui définissent les lois de
l’économie politique, à savoir, l’indépendance de l’autorité politique et l’intervention indirecte
dans la conduite de la politique monétaire. Ces instruments principalement sont :
61
Selon l’article 48 de la loi n° 62-144 du 13 Décembre 1962 portant création et fixant les statuts de la Banque
centrale d’Algérie.
62
Loi n° 62-144 du 13 Décembre 1962, relative à la création et fixant les statuts de la Banque centrale d’Algérie
66
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
Durant cette période, le rôle de la banque centrale était essentiellement le financement des
entreprises publiques (investissements planifiés).
Durant cette même période et après le choc pétrolier de 1986 qui a révélé les
dysfonctionnements du modèle économique adopté, il ya eu l’adoption de la loi n° 86-12 du
19/08/1986 relative au régime des banques et du crédit modifiée et complétée en 1988 qui
confirme, de manière claire, le principe de la suprématie du plan sur le marché : introduction du
plan national du crédit (PNC) qui détermine les objectifs à atteindre en matière de collecte des
ressources, de monnaie, des priorités et des règles à observer dans la distribution du crédit.63
Des instruments de la politique monétaire ont été réactivés
67
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
Ce n’est qu’en 1990, à la faveur de la loi sur la monnaie et le crédit, le système bancaire est
redevenu un système à deux niveaux : une Banque centrale et plusieurs banques de second rang
(commerciales).
La réforme, axée autour de la loi 90-11 du 14 avril 1990, vise à remettre définitivement fin à
la crise d’endettement et à l’inflation, et leur substituer le financement par les fonds propres et
l’épargne, ainsi que la régulation de marché64.
Il a été introduit avec ce système essentiellement les innovations suivantes :
64
[Link]. (13/O9/2016)
65
Article n°73 de la loi 90-10, relative à la monnaie et le crédit.
66
Article n°213 de la loi 90-10 relative à la monnaie et le crédit.
68
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
Par ailleurs, le cadre régissant la politique monétaire ainsi que son évolution sont tracés dans
la loi portant sur la monnaie et le crédit qui a permis d’activer le rôle de la politique monétaire
entant que politique de régulation conjoncturelle de l’économie algérienne. En effet, la loi a
institué les organes, les instruments et les mécanismes indispensables à la construction de la
régulation monétaire en Algérie. Dans ce cadre, le premier organe mis en place était le conseil de
la monnaie et du crédit. Comme le précise la loi 90/10 « le conseil de la monnaie et du crédit est
investi de pouvoirs en tant qu’autorité monétaire qu’il exerce en édictant des règles bancaires et
financiers »67. Cet organe conçoit, formule et arrête les objectifs et les instruments de la politique
monétaire et de crédit que les structures techniques de la banque centrale mettent en œuvre. Le
deuxième organe était la banque d’Algérie considérée comme « organe exécutif », elle est
chargée de régler la circulation monétaire, de diriger et de contrôler, par tous les moyens
appropriés, la distribution du crédit.
-Avec la nouvelle réforme monétaire –règlement n°90-08 du 14 aout 1991 - qui vise à mettre
en place les mécanismes de marché monétaire, il s’avère nécessaire que les taux d’intérêts
soient déterminés par la confrontation de l’offre et de la monnaie sur le marché des capitaux.
67
Article n°44 de la loi 90-10. Relative à la monnaie et le crédit.
69
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
Année 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999
Taux 16.65 25.88 31.66 20.54 29.04 29.77 18.67 5.73 4.95 2.64
d’inflation
(%)
L’inflation annuelle moyenne mesurée par l’indice de prix à la consommation s’est établit à
2,64 en 1999 (4,95en 1998) confirmant une baisse d’inflation qui a suivie le pic de 1992 (31,61
contre 25,88 en 1991).
Les interventions de la banque centrale sur le marché monétaire :selon l’article 76 «La
Banque centrale peut, dans les limites et suivant les conditions fixées par le conseil,
intervenir sur le marché monétaire et, notamment, acheter et vendre des effets publics
ayant moins de six (6) mois à courir et des effets privés admissibles au réescompte ou
68
[Link] (02 /09 /2016)
70
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
aux avances. En aucun cas, ces opérations ne peuvent être traitées au profit du Trésor, ni
des collectivités émettrices ».
Le réescompte d’effets publics et privés;
L’open market : vente et achat d’effets publics et privés ;
La prise en pension d’effets publics et privés ;
La réserve obligatoire. Le taux de réserve obligatoire ne peut dépasser, en principe 28% des
montants servant à la base de calcul.
Après plus d’une décennie de mise en œuvre de la loi 90-10 relative à la monnaie et au crédit,
le cadre des attributions générales de la Banque d'Algérie a été ajusté en 2003 par stipule que : «
La Banque d'Algérie a pour mission de créer et de maintenir dans les domaines de la monnaie,
du crédit et des changes, les conditions les plus favorables à un développement rapide de
l'économie, tout en veillant à la stabilité interne et externe de la monnaie .A cet effet, elle est
chargée de régler la circulation monétaire, de diriger et de contrôler, par tous les moyens
appropriés, la distribution du crédit, de veiller à la bonne gestion des engagements financiers à
l'égard de l'étranger et de réguler le marché des changes ».70
Il importe de souligner que ce nouveau cadre légal a laissé une plus grande flexibilité à
l’autorité monétaire, le Conseil de la monnaie et du crédit, en matière de développement de
l'instrumentation monétaire pertinente. En effet, le Conseil de la monnaie et du crédit est investi,
en vertu de l'article 62 de l'ordonnance relative à la monnaie et au crédit du 26 août 2003, de
pouvoirs dans les domaines de la définition, des règles de conduite, du suivi et de l'évaluation de
la politique monétaire.71
69
Rapport annuel de la Banque d’Algérie 2014, p.125.
70
Ordonnance n° 03-11 du 26 août 2003 relative à la monnaie et au crédit, article 35.
71
Rapport annuel de la Banque d’Algérie 1014, pp .126, 127.
71
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
L’avènement de l’excès de liquidité sur le marché monétaire dès le début de l’année 2002 a
amené la Banque d'Algérie à renforcer particulièrement les instruments indirects de politique
monétaire qui comprennent toujours les instruments de refinancement et donc d’injection de
liquidités. Ces derniers n’étant plus actifs depuis fin 2001, la Banque d'Algérie a dû recourir à
partir d’avril 2002 à de nouveaux instruments de politique monétaire pour absorber l'excès de
liquidité devenu même structurel.
Le cadre opérationnel de la politique monétaire a été ainsi consolidé, au moyen d’un arsenal
complet de dispositifs d'intervention de la Banque d’Algérie sur le marché monétaire et hors
marché monétaire. Cela a été suivi en 2010, par une réforme du cadre légal de la politique
monétaire. Les nouvelles dispositions législatives d’août 201074 relatives à la monnaie et au
crédit, donnent un ancrage légal à la stabilité des prix comme objectif explicite de la politique
monétaire. Cette importante réforme du cadre de la politique monétaire met en avant la nécessité
de ciblage d’inflation, après la bonne performance en matière de contrôle de l’inflation en
72
Règlement n° 04-02 du 4 mars 2004.
73
Article 62 de l’ordonnance n° 03-11 du 26 août 2003 relative à la monnaie et au crédit
74
Ordonnance n° 10-04 modifiant et complétant l’ordonnance n° 03-11 relatives à la monnaie et au crédit
72
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
contexte d’excès structurel de liquidité sur le marché monétaire et des leçons tirées de la crise
financière mondiale.
Enfin, si les signaux pertinents quant à la tendance de l'inflation sont désormais recherchés et
suivis de façon rigoureuse, la Banque d’Algérie veille à minimiser tout écart entre la prévision
d’inflation à court terme et l’objectif retenu par le Conseil de la monnaie et du crédit, en ajustant
la conduite opérationnelle de la politique monétaire et retourner à la cible dans un délai
raisonnable comme en témoigne l’expérience de l’année 2013. Cela fait appel, parfois, à d’autres
mesures de nature structurelle, à l’exemple de celles concourant à la lutte contre l’inflation
endogène. D’ailleurs, cette dernière a caractérisé le phénomène inflationniste en 2011 et 2012,
tout comme en 2009, alors que sur une longue période (2001-2013) l’agrégat M2 (hors dépôts
des hydrocarbures et dépôts en devises) reste le principal déterminant en la matière d’inflation
L’agrégat pertinent, à savoir la masse monétaire M2 (hors dépôts des hydrocarbures), s’est
accru à un rythme moindre (12,39 %) que celui de la masse monétaire au sens large M2, à
mesure que les dépôts du secteur des hydrocarbures ont fortement progressé en 2014 contre une
contraction de 20,15 % au cours de l’année précédente. En dépit de l’avènement du choc externe,
le second semestre de l’année 2014 a enregistré l’essentiel de cette forte croissance, confortant la
trésorerie du secteur des hydrocarbures.
Quant à l’agrégat monétaire M1, après une progression de seulement 7,40 % en 2013, il s’est
fortement accru au cours de l’année 2014 (16,29 %), soit au rythme semestriel de près de 8 %,
sous l’effet de la reprise soutenue de l’expansion de la monnaie fiduciaire (14,13 %) et de celle
75
Rapport annuel de la Banque d’Algérie 2014, pp.129.130.
76
La situation monétaire (2010-2014) est donnée en annexe 02.
73
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
des dépôts à vue au niveau des banques (25,58 %). Cette forte croissance des dépôts à vue,
notamment au second semestre, explique pour l’essentiel la croissance des liquidités monétaires
au cours de l’année 2014. Pour ce qui est des liquidités quasi monétaires, après une décélération
du rythme d’expansion en 2013 (19,59 % en 2012) et une hausse de 6,34 % au premier semestre
2014, leur encours s’est accru de 10,51 % en 2014 (10,74 % en 2013), tiré par la progression des
dépôts à terme du secteur des hydrocarbures et de ceux de certaines institutions financières non
bancaires.
74
Chapitre III : Genèse sur la mise en œuvre de la politique monétaire en
Algérie
CONCLUSION
L’évolution de la politique monétaire en Algérie est passée par trois périodes, la période avant
1990 qui est caractérisée par la récupération du pouvoir monétaire et algérianisation du système
bancaire et l’introduction de la planification. Puis la période après 1990 dans laquelle y’avait
l’introduction de la loi 90-10 du 14/04/90 sur la monnaie et le crédit qui est vise à remettre fin a
la crise d’endettement et l’inflation, et leurs substituer le financement par les fonds propres et
l’épargne, ainsi que la régulation du marché. Enfin la période de 2003 jusqu’à la période actuelle
dans laquelle y’avait l’introduction de l’ordonnance n°3-11du 26/08/2003 relative a la monnaie
et au crédit qui complète et modifie la loi de [Link] période est caractérisé par l’avènement
de l’excès de liquidité sur le marché monétaire ce qui a amené la banque centrale a renforcer les
instruments indirect de la politique monétaire.
77
BOUMGHAR M.Y. « La conduite de la politique monétaire en Algérie : un essai d’examen » Octobre
2004.p.13.
75
Chapitre IV :
Configuration du ciblage
d’inflation par la politique
monétaire (cas BA)
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
Introduction
Après avoir recensé les nombreuses causes pouvant être « en théorie » à l’origine de
l’inflation dans le 2ème chapitre, on va déterminer les déférentes phases d’évolution des prix en
Algérie.
L’objectif de notre travail est de montrer l’importance de l’étude de l’inflation des politiques
anti-inflationnistes en Algérie, car l’inflation est un phénomène persistant et toujours
contemporain. De plus, les théories économiques expliquant l’inflation évoluent constamment
ainsi que les politiques anti-inflationnistes.
Cet objectif est d’autant plus important que l’Algérie est en période de transition vers
l’économie de marché où le phénomène de l’inflation devient un problème plus sérieux et plus
difficile à résoudre que pendant la période de l’économie planifiée.
Nous essayerons d’atteindre cet objectif en nous basant sur l’hypothèse que l’inflation est un
phénomène qui peut être jugulé, maîtrisé si on utilisent les remèdes adéquats.
77
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
L'inflation est le problème économique le plus important de notre temps, parce qu'elle touche
à des degrés divers non seulement tous les pays du monde, mais aussi les catégories sociales et
professionnelles d'une nation. C'est aussi un phénomène complexe aux aspects variés et
omniprésent dans la vie économique contemporaine.
Apres l’indépendance, l’inflation en Algérie est passée par plusieurs périodes distinctes. Dans
cette section nous allons présenter les systèmes adoptes par l’Etat Algérien dans chacune de ces
périodes pour contrôler les prix.
Dans le premier quart de cette période, l’inflation en Algérie a connu ses niveaux les plus
élevés depuis l’indépendance. Le taux d’inflation est passe de 17,9% en 1990 a 25,9% en 1991,
au cours de l’année qui suivait, un pic de 31,7% a été atteint. Les taux d’inflation n’ont pas
baisse par la suite et des taux de 29% et de 29,8% ont été enregistrés respectivement en 1993 et
1994. Cela s’expliquait par deux facteurs à savoir :
La libération de la majorité des prix. En 1989, 85% des prix sont passés au régime libre.
En 1994, une baisse continue du cours du pétrole a été enregistrée ce qui a détérioré la
situation économique de l’Algérie vue que les hydrocarbures étaient et sont toujours le pilier de
l’économie Algérienne. Par conséquent, la mise en place d’un programme d’ajustement
78
[Link] (26/09/2016)
78
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
structurel a été nécessaire pour sauver l’économie nationale, ce programme a été initié et
appuyé par le FMI.
Les autorités Algériennes ont revu la stratégie d’allocation des ressources pour améliorer son
efficience. En effet, elles ont supprimé le système de contrôle des prix et des marges
bénéficiaires pour une grande partie des produits. Ainsi, le contrôle des marges bénéficiaires a
été supprimé pour tous les produits de base sauf : le sucre, la semoule, les huiles comestibles et
les fournitures scolaires.
Seuls les prix de trois produits restent soumis à l’ancienne réglementation à savoir : la farine,
la semoule et le lait. De plus, une augmentation des prix des produits alimentaires et
énergétiques a été enregistrée en 1994 d’un taux de 100% et en 1996 de 60%, c’est dû à
l’élimination des subventions qui ont été accordées à ceux-ci.
Après une inflation galopante à deux chiffres de l’indépendance et jusqu’à 1996, le taux
d’inflation a chuté en 1997 à 5,7% et il a continué à baisser arrivant à un taux de 0,38% l’année
2000 et il est resté dans l’intervalle [0%,5%] jusqu’à l’année 2009 qu’a enregistré un taux
d’inflation de 5,75%.Après dix ans d’inflation modérée et stable, les pressions inflationnistes
étaient de retour en 2012 avec un taux de 8,9%(et un taux de 9,9% le mois d’octobre).Le taux
moyen annuel en janvier 2012 était de 4,4%,de 5,91% en mars et de 7,29% en septembre
témoignant ainsi une accélération continue en la matière arrivant à 8,89%en décembre 2012.
L’année 2012 s’est caractérisée par une très forte accélération de l’inflation des prix des
produits alimentaires (12,22%) et singulièrement de ceux des produits agricoles frais
(21,37%).L’analyse des contributions des différents groupes de produits à la hausse des prix
montre que cette dérive des prix des produits alimentaires contribue pour 62,8% au pic
inflationniste enregistré en 2012,pendant que la hausse des prix du groupe « divers » y
contribue à hauteur de 14,93% .Les contributions de ces deux groupes sont beaucoup plus
élevées que leurs poids respectifs dans l’indice des prix(43,09% et 8,64%)79.
Après le pic d’inflation en 2012 qui a atteint 8,89%, la Banque d’Algérie a entrepris des
actions pour le diminuer et maintenir une inflation relativement stable. La lutte contre l’excès de
liquidité était le but de ces actions. D’une part, la Banque d’Algérie a augmenté le taux de
réserves obligatoires de 9% à 12% conformément à l’article 3 de l’instruction n°02-2013 du 23
79
Communication du gouverneur au conseil de la monnaie et du crédit, Alger, 18/02/2013
79
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
Avril 2013 modifiant et complétant l’instruction n°02-2004 relative au régime des réserves
obligatoires . D’autre part, elle a utilisé les reprises de liquidité comme instrument pour absorber
la quantité de l’argent à la disposition des agents économiques.
Cette accélération a particulièrement concerné les prix des biens alimentaires. En effet, si la
hausse des prix de toutes les catégories de produits s’est nettement accélérée en 2012, celle des
biens alimentaires a été deux fois plus forte que celle des biens manufacturés et des services.
Comme en 2009, la hausse des prix à la consommation en 2012 est caractérisée par une très forte
accélération de la hausse des prix des produits agricoles frais. Pour les autres biens alimentaires,
l’inflation est restée importante, alors qu’au niveau mondial, les cours annuels moyens des
produits agricoles importés ont évolué quasiment tous à la baisse, souvent à des taux à deux
chiffres, et leur niveau est parfois inférieur à celui de l’année 2010, comme c’est le cas pour le
lait entier en poudre
L’inflation, qui avait significativement reculé en 2013, a continué à décroître en 2014 pour se
limiter à un rythme annuel moyen compatible avec l’objectif de moyen terme. L’inflation
annuelle moyenne en 2014 s’est établie à 3,8 % selon l’indice national des prix à la
consommation (IPC) et à 2,9 % selon celui de la capitale, tous deux en baisse de 0,3 point de
pourcentage par rapport à l’année précédente. Les deux indices, base 100 en 2001, ont
respectivement atteint 179,5 et 168,7 points en décembre 2014.
Sur les marchés mondiaux, les cours annuels moyens des principaux produits agricoles
importés ont subi de fortes baisses à des taux à deux chiffres, pour la plupart compris entre 11,4
% (blé tendre) à 19,7 % (huile de tournesol). Tendance que reflète l’indice annuel des prix des
produits alimentaires de l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
qui recule pour la troisième année consécutive, tant en valeur nominale que réelle après deux
années (2010 et 2011) de forte hausse à deux chiffres. En 2014, l’indice réel (base 2002-2004) se
replie de 4,1 % à 152,0 points, après avoir respectivement reculé de 6,1 % et 0,2 % en 2013 et
80
Rapport annuel de la Banque d’Algérie 2014, pp 43,49.
80
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
2012. Cette baisse des cours en 2014 est générale pour toutes les catégories de produits (viande,
céréales, lait, huiles alimentaires et sucre).
La tendance baissière des cours mondiaux des produits agricoles s’est poursuivie en 2014,
alors que l’indice national des valeurs unitaires (IVU) des biens alimentaires importés qui avait
progressé sensiblement en 2013, continuait à croitre en 2014 à un taux néanmoins en baisse
substantielle.
Comme les trois années précédentes, l’inflation en 2014 continue à être essentiellement
endogène. Les produits à fort contenu d’import, de poids relatif 26 %, contribuent négativement
à la croissance de l’indice annuel moyen des prix à la consommation, contre une contribution
positive de 3,5 % en [Link] outre, l’inflation est corrélée positivement à l’expansion de la
masse monétaire (M2) qui s’est accrue de 14,4 %, en nette accélération (8,4 % en 2013).
Par ailleurs, le taux de change effectif nominal du dinar s’est légèrement déprécié de 0,4 % en
moyenne annuelle, alors qu’il s’était apprécié de 2,5 % l’année précédente.
81
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
82
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
83
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
En décembre 2014, l’indice national des prix à la consommation, base 100 en 2001, est estimé
à 179,5 points portant l’inflation annuelle moyenne à 3,8 %, et celui du Grand Alger s’établit à
168,7 points, en hausse de 2,9 %. Le rythme annuel moyen de l’inflation mesuré par les deux
indices est en légère baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport à 2013 (4,2 % et 3,3 %
respectivement).
Après un pic historique de 8,9 % en 2012, l’inflation en moyenne annuelle avait alors entamé
en février une tendance décroissante, qui s’est poursuivie sans interruption durant dix-neuf mois,
passant par un minimum décennal de 1,5 % en août 2014, pour ensuite se retourner en septembre
et croître régulièrement depuis.
Malgré la forte hausse des prix des services, de faible pondération au demeurant, la légère
désinflation est principalement due à celle des prix des biens alimentaires au premier semestre
2014, notamment de ceux des produits agricoles frais, et à la bonne tenue des prix des biens
manufacturés dont la hausse (1,2 %) est nettement plus faible que l’inflation moyenne. Cette
dynamique de désinflation des prix des biens alimentaires a été favorisée par le repli des cours
mondiaux des principaux produits agricoles importés, à des taux à deux chiffres pour certains,
notamment de ceux des huiles alimentaires (19,8 % en moyenne annuelle) et du lait entier en
poudre (18,5%).
Corrigé des variations saisonnières, l'indice des prix à la consommation enregistre, pour ce
mois de juillet 2016, une relative stagnation.
Après une hausse relativement importante (+ 2,6%) observée le mois précédent, les biens
alimentaires accusent une baisse de 1,4% en juillet 2016.
Pour le mois de juillet 2016, l’indice général des prix à la consommation, au niveau national,
enregistre une variation de -0,7% par rapport au mois précédent. Les prix des biens alimentaires
affichent une baisse de 1,6%.
81
[Link] ( 20 /09/2016)
82
[Link] (23 /09/2016)
84
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
Le rythme d'inflation en glissement annuel du mois d'août 2016 le taux d'inflation s'était établi
à. 4,8% 2015. Pour 2016, la loi de finances prévoit une inflation de 4%83
% (2012-2016)
3,0
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
-0,5
84
En août 2016, l'indice d'inflation sous-jacente (ISJ) est stable après une baisse de 0,1 % en
juillet. Sur un an, il augmente de 0,4 %, légèrement moins vite que le mois précédent (+0,5 %) et
à son plus bas niveau depuis avril 2015. L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH)
se redresse de 0,3 % sur un mois, comme l'IPC ; sur un an, il augmente de 0,4 %, comme le mois
précédent.
83
[Link] ,(29/09/2016
85
Rapport annuel de la banque d’Algérie 2014, pp 46 ,47.
85
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
L’inflation des prix des biens alimentaires a continué à décroître, en moyenne annuelle,
jusqu’au mois d’août puis a recommencé à s’accélérer pour atteindre 3,9 %, générant ainsi
l’essentiel de l’inflation globale en y contribuant à hauteur de 62,9 %, soit 1,5 fois sa pondération
dans l’indice. Le profil de l’évolution des prix des biens manufacturés est semblable à ceux de
l’indice global et des biens alimentaires ; tendance baissière à un rythme cependant nettement
moins élevé, se limitant à 1,2 %. Malgré la poursuite de leur tendance décroissante, les prix des
services ont augmenté beaucoup plus rapidement que ceux des autres catégories, à 3,7 % contre
6,2 % en 2013.
La dérive des prix de quelques biens, notamment la « pomme de terre », « fruits et légumes »
ainsi que les « poissons frais », dont la hausse en moyenne annuelle est comprise entre 5,3 % et
32,9 %, explique la forte inflation des produits agricoles frais ; ensemble, ils contribuent à
hauteur de 58,8 % à l’inflation des prix des biens alimentaires, pour une pondération de 20,8 %.
Par ailleurs, ces mêmes biens représentant 8,9 % de l’indice global, génèrent 37,0 % de l’inflation
totale. En matière d’offre, il convient de relever l’évolution contrastée de la production agricole,
hausses sensibles pour le maraîchage et les agrumes et baisses significatives pour les fruits à
noyaux et pépins ainsi que pour la pomme de terre.
L’inflation des prix des quatorze (14) produits réglementés comprenant six(6) biens
alimentaires, représentant le quart de l’indice d’ensemble (26,1 %), a nettement ralenti en 2014 à
un taux quasiment nul (0,1 %), contrastant avec la forte hausse de l’année précédente, estimée à
4,3 % en moyenne annuelle. Evolution caractérisée par la stabilité de la quasi-totalité des prix, à
l’exception de la hausse modérée de celui de la farine (2,4 %) et des baisses notables pour le
sucre et les huiles alimentaires, la désinflation des prix de cette catégorie de biens s’est
poursuivie durant vingt-deux mois consécutifs, passant d’un maximum de 2,23 % à - 0,2 % .
Enfin, hors produits alimentaires, les prix réglementés ont baissé de 0,1 % en moyenne
annuelle
L’inflation structurelle ou fondamentale, mesurée par l’indice annuel moyen hors produits
alimentaires frais, prenant en compte 83,1 % des dépenses de consommation, qui avait fortement
augmentée en 2012 à 5,6 %, s’est nettement ralentie depuis à 3,0 % en décembre 2013 pour se
limiter à 2,2 % en 2014, son plus bas niveau depuis août 2007 (2,0 %).
86
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
La désinflation qui s’est confirmée chez les principaux partenaires commerciaux, plus ample
qu’en Algérie, a abouti à l’élargissement du différentiel d’inflation avec la zone Euro, le portant
à 2,5 points de pourcentage en fin d’année 2014.
En conclusion, dans un contexte international de désinflation générale, les prix sur le marché
intérieur ont suivi la même tendance décroissante qui s’est néanmoins retournée au troisième
trimestre ; ce rebond de l’inflation est essentiellement endogène, en relation avec la forte
expansion de la masse monétaire et la légère dépréciation du taux de change effectif nominal.
Après avoir ralenti au cours de l’année précédente, l’inflation des prix à la production
industrielle a notablement progressé en 2014, (0,8 point de pourcentage) à 1,0 % en moyenne
annuelle, portant ainsi l’indice (base 100 en 1989) à 1231,0 points; celui des industries
manufacturières s’est établi à 1190,6 points, perdant 0,1 point de pourcentage à 1,3 %.
Au cours des quinze années 2000-2014, les taux annuels moyens de croissance des prix de
l’industrie hors hydrocarbures et des industries manufacturières sont estimés pour les deux
indices à 2,6 %, en légère baisse de 0,2 point de pourcentage et de 0,1 point de pourcentage par
rapport à leur niveau respectif calculé sur la période 2000-2013. En niveau, les prix de la
production industrielle ont été multipliés par 12,3 depuis l’année de base de l’indice (1989).
L’inflation des prix a été modérée (inférieure à 0,3 %) dans quatre des neuf secteurs
d’activité, négative pour le secteur des « mines et carrières », et en hausse substantielle
(supérieure à 6,2 %) pour les deux secteurs des « indus- tries diverses » et « des matériaux de
construction » ; deux autres secteurs d’activité – « industries sidérurgiques, métalliques,
mécaniques, électriques et électroniques » (ISMMEE) et « industries textiles » ont subi des
variations de prix moins amples de 1,8 % et 1,4 %.
L’inflation a été essentiellement tirée par la dérive des prix de deux secteurs d’activité –
matériaux de construction et ISMMEE – ne représentant à eux deux que 35,7 % de l’indice, ils
contribuent par contre pour 98,5 % à l’inflation globale tandis que le secteur des mines et
carrières, de pondération 1,5 %, participe négativement à la variation des prix à hauteur de 20,2
%. Enfin, la contribution cumulée des sept autres secteurs d’activité se limite à 21,5 %, pour
86
Rapport annuel de la banque d’Algérie 2014, p 44
87
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
Cependant, il est à noter que l’Etat Algérien ne fera pas appel à l’épargne privée après le
relèvement du prix du pétrole en 1973-1974, pour s’assurer le financement des investissements
de ses plans quadriennaux et comptera beaucoup pour les recettes pétrolières. Cette source de
financement s’étant révélée insuffisante devant la masse importante des investissements, l’Etat a
du recourir à l’emprunt extérieur et à la création monétaire.
Le financement des investissements par création monétaire est inflationniste par évidence
puisqu’il n’existait pas de contrepartie de biens et services pour compenser la masse monétaire
créée d’autorité.
Le taux de change dans le cadre des transactions internationales apparaît comme « le prix
relatif des différentes monnaies, soit un prix d’équilibre monétaire international. » La pratique
quotidienne démontre que le taux de change équilibré et le taux de change officiel ne coïncident
qu’accidentellement et qu’il existe toujours un écart qui se traduit par un déséquilibre
international entre les offres et les demandes de monnaie. Ce déséquilibre se règle soit par
l’intervention des autorités monétaires, soit encore par le marché parallèle.
88
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
L’équilibre monétaire interne et externe ne se réalise qu’à un certain prix qu’il faut
déterminer. Partant de l’hypothèse d’une constance du niveau des prix et du taux d’intérêt et
d’un taux de change variable, le niveau d’équilibre sera celui qui égalise l’offre et la demande de
moyens de paiements internationaux. « Ainsi plus les prix internationaux sont élevés, plus on
devra pour atteindre un équilibre, faire en sorte que la monnaie se déprécie La dépréciation de la
monnaie nationale s’explique par une demande des biens de consommation supérieure à l’offre
d’où hausse des prix. Cette dépréciation accentuée davantage par l’abondance de la masse
monétaire.
Les conséquences exercées par les effets du marché parallèle sont essentiellement la
dépréciation continue de la monnaie nationale, la fuite de capitaux nationaux vers l’étranger, la
hausse des prix pratiquement de tous les biens et particulièrement ceux de l’immobilier. Ce sont
autant de conditions qui expliquent les causes d’appauvrissement et d’inflation.
Cette inflation tient son existence beaucoup plus de la politique de développement par l’Etat
et de son corollaire qui est l’organisation de l’économie nationale que des rigidités inhérentes au
sous-développement.
89
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
Si l’Etat de sous-développement engendre une inflation due à des structures archaïques qui
maintiennent la permanence du sous-développement la stratégie de développement peut aussi
donner naissance à une inflation qui elle même se trouve engendrée par les mutations
structurelles nécessaires dans le cheminement vers le développement. La croissance différenciée
des secteurs et branches d’activité ajoutée au déséquilibre régional provoque une inflation
régionale.
87
Goulot d'étranglement dans une entreprise : étape de fabrication qui a la plus faible cadence dans un flux de
production.
90
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
Considérant qu’’un investissement, quelle que soit sa nature, est inflationniste car il engendre
une distribution de revenus avant la production de biens et services et leur mise à disposition des
agents économiques, l’offre de ces biens et services est en deçà de la demande gonflée par les
revenus distribués.
1 Le ciblage d’inflation
Durant plusieurs décades, les niveaux élevés d’inflation et sa forte fluctuation ont constitué de
grandes menaces pour la stabilité monétaire en Algérie.
L’objectif ultime de la Banque d’Algerie est de contribuer du mieux qu’elle peut au bon
fonctionnement de l’économie Algérienne et au bien-être général des Algériens. Étayées par de
nombreuses recherches théoriques et empiriques, les politiques de la Banque d’Algérie, et celles
de la plupart des autres Banques centrales, reposent sur deux propositions fondamentales :
une inflation élevée est nuisible à l’économie et coûteuse pour les particuliers et les
entreprises.
la seule variable économique sur laquelle les Banques centrales ont un effet direct et
durable est le taux d’inflation.
Pour résumer, disons simplement qu’une inflation élevée crée de l’incertitude dans
l’économie, et cette incertitude nuit au bon fonctionnement d’une économie de marché, qui
dépend des variations des prix des marchés pour refléter les variations dans la rareté de divers
91
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
produits. Voilà qui explique pourquoi la Banque d’Algérie s’efforce de maintenir l’inflation à un
niveau bas et relativement stable.
Voilà pourquoi la Banque d’Algérie estime que c’est en maintenant l’inflation à un niveau bas
est relativement stable qu’elle peut le mieux contribué à la santé de l’économie Algérienne.
Dans le contexte d’excès de liquidité sur le marché monétaire qui prévaut depuis 2002, la
Banque d’Algérie conduit avec flexibilité la politique monétaire, utilisant les instruments
pertinents à savoir les nouveaux instruments dédiés à la résorption de l’excès de liquidité, pour
contrôler l’inflation dans un contexte macroéconomique caractérisé par un surcroît de ressources,
à l’exception des années 2009 et 2014. Malgré l’excès de liquidité corrélatif et grandissant,
notamment entre 2004 et 2008, la conduite de la politique monétaire par la Banque d’Algérie a
permis de résorber effectivement cet excès de liquidité sur le marché monétaire et par là, de
contenir l’inflation autour de l’objectif. En effet, entre 2002 et 2014, le taux d’inflation a été de 4
% en moyenne, avec un niveau haut de 8,89 % au titre de l’année 2012 suivi par une désinflation à
partir de début 2013. Cette bonne tenue de l’inflation des prix à la consommation a davantage
mis en avant la contribution de la politique monétaire à la stabilité macroéconomique en Algérie,
en contexte de stérilisation d’une partie de l’excès de liquidité par le Trésor au moyen du fonds de
régulation des recettes.
88
Le fait que la politique monétaire ne peut avoir aucune incidence durable sur des variables autres que le taux
d’inflation ne sous-entend aucunement qu’elle est totalement inopérante quand il s’agit de stabiliser le niveau de
l’activité économique globale, c’est-à-dire d’atténuer les fluctuations à court terme de la production globale.
92
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
L’année sous revue, qui correspond à la treizième année d’excès de liquidité et à la quatrième
année de conduite de la politique monétaire avec ciblage d’inflation, a enregistré la reprise des
tensions inflationnistes de nature endogène, après le choc sur les prix à la consommation du
premier trimestre 2012 qui s’est traduit par un « pic » d’inflation. La Banque d'Algérie propose les
instruments de politique monétaire de nature à assurer l'objectif assigné aux variables
intermédiaires et à atteindre l'objectif ultime de la politique monétaire, à savoir l’objectif
explicite d’inflation à moyen terme, exprimant l’objectif de stabilité des prix qui a été institué en
août.
Les indices précurseurs de désinflation dans les principaux pays partenaires, voire de déflation
dans la zone euro, ont amené le Conseil de la monnaie et du crédit, à maintenir l'objectif d'inflation
à 4 % au titre de l’année 2014, d’autant que l’année 2013 a enregistré une désinflation des prix à la
consommation. Le Conseil de la monnaie et du crédit a examiné les objectifs en matière
d'évolution des agrégats monétaires et de crédit cohérents avec la cible d’inflation, arrêtant le
taux de croissance de la masse monétaire (M2) à 9,5 – 11,5 % et celui des crédits à l'économie à
17,5 - 19,5 %. Il résulte de ces objectifs d'évolution des agrégats monétaires et de crédit, les limites
relatives aux opérations de la Banque d'Algérie déterminées en stocks et en flux au titre de
l’année 2014.
Après la réforme du cadre de la politique monétaire en août 2010, l’année 2014 représente le
quatrième exercice en matière d’objectif explicite de l’inflation en Algérie où le suivi et le
contrôle de l’inflation émergent au premier plan. La bonne tenue de l’inflation des prix à la
consommation au cours des quinze années précédant l’année sous revue constitue un « track
record » important pour la conduite de la politique monétaire sous l’angle de la cible d’inflation.
L’objectif d’inflation devient déterminant par rapport au ciblage monétaire quantitatif souple
toujours en vigueur. L’objectif intermédiaire pour- suivi (base monétaire) doit contribuer à la
concrétisation de l’objectif d’inflation, à mesure qu’il existe une relation étroite entre l’inflation
et l’agrégat monétaire M2 (hors dépôts du secteur des hydrocarbures). La stabilité du multiplicateur
monétaire contribue à la conduite de la politique monétaire, sous l’angle cible d’inflation.
93
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
moyenne annuelle, il a reculé de 0,6 point de pourcentage en 2014, passant de 0,5 % à - 0,1 %,
demeurant très en deçà du taux d’inflation globale (2,9 %), en situation d’augmentation du
rythme d’expansion monétaire par rapport aux années 2012 et 2013. L’inflation structurelle ou
fondamentale mesurée par l’indice annuel moyen hors produits alimentaires frais, prenant en
compte 83,1 % des dépenses de consommation, qui avait fortement augmenté en 2012 à 5,6 %,
s’est nettement ralentie depuis à 3,0 % en décembre 2013, pour se limiter à 2,2 % en 2014, son
plus bas niveau depuis août 2007 (2,0 %). Elle était supérieure à l’inflation moyenne entre
février 2011 et février 2013, période marquée par le caractère structurel de l’inflation.
La stratégie du ciblage d’inflation repose sur une annonce au public d’un chiffre ou une
fourchette explicite d’inflation qui constitue la cible officielle que la Banque d’Algérie
s’efforcera de réaliser ; Elle constitue dés lors l’ancrage nominal pour la politique monétaire. La
cible chiffrée est fixée et annoncée généralement pour le moyen terme afin de prendre en compte
le problème du délai. La conception et la mise en œuvre de cette stratégie de ciblage d’inflation
donnent une importance primordiale aux aspects institutionnels et techniques
L’annonce des objectifs chiffres par la Banque d’Algérie en termes d’inflation constitue une
des conditions principales d’application de cette stratégie de conduite de la politique monétaire,
l’objectif principal de la politique monétaire est la stabilité des prix et ce selon l’ordonnance
n°10-04 du 16 Ramadhan 1431 correspondant au 26 Août 2010 modifiant et complétant
l’ordonnance n°03-11 du 27 Joumada Ethania 1424 correspondant au 26 Août 2003 relative à la
monnaie et au crédit qui stipule dans l’article 35 que : « ... La Banque d’Algérie a pour mission
94
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
A cet effet, elle est chargée de régler la circulation monétaire, de diriger et de contrôler, par
tous les moyens appropriés, la distribution du crédit, de réguler la liquidité, de veiller à la bonne
gestion des engagements financiers a l’égard de l’étranger, de réguler le marché des changes et
de s’assurer de la sécurité et de la solidité du système bancaire ».
A propos de cet article et la définition légale qu’il donne a la stabilité des prix comme un
objectif explicite de la politique monétaire, la Banque d’Algérie considère qu’il s’agit d’une
importante réforme du cadre de la politique monétaire, mettant en avant le ciblage d’inflation.
Toutefois, un pays avec une économie fragile comme la notre doit classer ses objectifs par
ordre d’importance et d’urgence et il n’est pas normal que dans cette liste l’adoption du ciblage
d’inflation soit avant la mise en place des conditions nécessaires pour le faire. Une dynamique
des marches des capitaux est aussi indispensable si l’Algérie a l’intention de passer à un
deuxième stade dans la conduite de la politique monétaire.
95
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
techniques indispensables pour rendre le ciblage d’inflation une alternative crédible à la politique
monétaire «conventionnelle» en Algérie
89
Acrticle,LATRECHE Tahar « Ciblage d’inflation et conduite de la politique monetaire en algerie » Les cahiers
du CREAD n°101-2012 ,p
90
Si la définition des objectifs de la politique monétaire est du domaine de la loi, donc du ressort du politique, la
fixation du niveau de l’objectif revient à la Banque Centrale.
96
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
Autre que ces piliers fondamentaux, Certains pré-requis techniques sont nécessaires pour la
mise en œuvre d’une stratégie de ciblage d’inflation en Algérie. Il s’agit tout d’abord de
statistiques concernant les différents segments de l’économie. Ces statistiques servent à analyser
les comportements monétaires des agents. Mais elles servent aussi et surtout à l’élaboration des
modèles et la prévision de l’inflation. Aussi, une structure technique capable de manier les
instruments de modélisation et de la prévision semble importante, puisque la conduite d’une
stratégie de ciblage d’inflation est basée sur la prévision de plusieurs variables économiques
telles que, entre autres, l’évolution future de l’inflation et celle des comportements des agents
économiques. Il faut enfin signaler la nécessité d’existence d’institutions monétaires solides
capables d’assurer les conditions les plus appropriées de circulation monétaire.
Au total, l’inflation annuelle moyenne mesurée par l’indice des prix à la consommation du
Grand Alger en 2014 s’est établit à 2,9 % (3,3 % en 2013), confirmant la désinflation qui a suivi
le « pic» de 2012 (8,9 % contre 4,5 % en 2011). Ancrer une longue période de bonne tenue de
l’inflation (3,8 % en moyenne sur la période 1998-2013), à l’exception de l’année 2012, la
performance réalisée en 2014 a contribué à appuyer la stabilité macroéconomique, qui a été
91
La transparence de la politique monétaire renforce sa crédibilité et garantirait l’adhésion du public (agents
détenteurs de la monnaie).
97
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
contrariée dans une certaine mesure par le creusement significatif du déficit budgétaire, suite à la
consolidation budgétaire engagée au cours de l’année 2013 qui est intervenue après quatre
années de déficit des opérations du Trésor92, Elle est en phase avec la bonne performance en
matière de tenue de l’inflation au cours des quinze dernières années. La conduite de la politique
monétaire par la Banque d’Algérie qui est demeurée prudente, a contribué à cette bonne tenue de
l’inflation en contexte d’excès structurel de liquidité sur le marché monétaire (4 % entre 2002 et
2013, 2,92 % en 2014)et (4.40 en 2015 et 4 % en 2016) ;
Taux %
10,00%
9,00%
8,00%
7,00%
6,00%
5,00%
4,00%
3,00%
2,00%
1,00%
0,00%
92
Rapport annuel de la Banque d’Algerie,p.159.
98
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
L’indice brut des prix à la consommation de la ville d’Alger enregistre une baisse de 0,5% en
juillet 2016 par rapport au mois précédent, soit une variation proche de celle observée le même
mois de l’année écoulée (-0,7% en juillet 2015 par rapport à juin 2015). Pour 2016, la loi de
finances prévoit une inflation de 4%93
Cette tendance négative qui intervient après des hausses, plus ou moins importantes, relevées
durant les quatre derniers mois (respectivement +1,9%, +1,0%, +0,7% et +1,4%), est le fait,
essentiellement, des biens alimentaires qui accusent une baisse de 1,4%.
93
[Link] ,(29/09/2016
99
Chapitre IV : configuration du ciblage d’inflation par la politique
monétaire
CONCLUSION
Sur le plan législatif, l’action de la Banque d’Algérie est encadrée par la loi sur la monnaie et
le crédit. Pour l’aspect qui nous concerne à savoir la conduite et l’objectif assigné à la politique
monétaire, celui-ci est défini explicitement à l’article 55 de la dite loi. En effet, il est précisé dans
cet article que l’objectif final de la politique monétaire est la stabilité des prix, 95.
94
Rapport annuel de la Banque d’Algérie 2014
95
BOUMGHAR M.Y. « La conduite de la politique monétaire en Algérie : un essai d’examen » Octobre
2004,p.14.
100
Conclusion générale
Conclusion générale
Au bout de notre travail, il importe de faire la revue des grandes lignes qui le composent et de
présenter brièvement les résultats aux quels il a abouti.
Assurer une adéquation entre la politique monétaire et l’inflation est l’objectif ultime de toute
politique économique et cela se traduit par une gestion sereine et un maintien d’un taux
d’inflation. Une harmonie s'impose entre ces deux politiques du moment que des
interdépendances existent. C’est la raison pour laquelle notre étude a porté sur ce thème qui, à
notre sens, apparaît assez important dans la mesure où il nous a permis d’élucider les relations
entre ces deux politiques et de conclure de l’influence de la politique monétaire sur le taux
d’inflation sur les quarante-cinq dernières années de l'économie Algérienne.94
La politique monétaire en Algérie est passée par différentes phases depuis l’indépendance à
nos jours, car avant les années quatre-vingt-dix, la politique monétaire est marquée
essentiellement par le mode centralisé de l’économie algérienne qui est caractérisée par la
récupération du pouvoir monétaire et l’introduction de la planification .L’année 1990 a marqué
un grand tournant pour le rôle de la politique monétaire dans l’ensemble de la politique
économique en Algérie et cela par l’introduction de la loi 90-10 du 14 avril 1990 qui vise à
remettre définitivement fin à la triple crise :d’endettement, d’inflation et de gestion
monopolistique, mais cette loi a été modifiée et complétée par l'ordonnance n° 03-11 du 26 août
2003 relative à la monnaie et au crédit qui a repris une bonne partie des dispositions relatives
aux instruments de la politique monétaire contenues dans la loi n° 90-10, tout en renforçant les
règles de bonne conduite en matière de formulation et de conduite de la politique monétaire.
Nous pouvons conclure aussi que l’inflation est une variable clé de toute économie vue
qu’elle touche au pouvoir d’achat des agents é[Link] conséquent, sa maitrise est
indispensable pour assurer un environnement économique stable.
En Algérie, à l’instar de la plupart des banques centrales, la politique monétaire, s’est fixé
pour objectif principal la stabilité interne et externe de la monnaie. L’objectif intermédiaire
retenu est la stabilité de l’inflation. Pour atteindre cet objectif, plusieurs réformes se sont
succédées, énormément d’outils ont été utilisés (gestion restrictive de la masse monétaire, reprise
de liquidité, adoption du taux de change flexible dirigé au détriment du taux de change fixe) et
beaucoup d’explication ont été données pour tenter d’éradiquer cette inflation
102
Conclusion générale
L'analyse du premier point a aboutie au résultat que la politique de ciblage d’inflation permet
la banque d’Algérie d’avoir le pouvoir d’accomplir a long terme , à savoir contrôler l’inflation et
accélérer la croissance économique ,cette stratégie permet de limiter les pressions politiques qui
s’exercent sur la banque d’Algérie pour qu’elle mène une politique anti inflationniste, ce qui
contribue a atténuer le problème de l’incohérence temporelle.
Avec la confirmation de notre problématique, on peut conclure notre travail et affirmer que la
politique monétaire agie efficacement sur le taux d’inflation En effet, la contribution de la
politique monétaire à la stabilité financière reste décisive en Algérie, vu la prédominance des
banques dans le système financier. En 2014, le secteur bancaire algérien reste solide ; confirmant
la désinflation qui a suivi le « pic » de l’année 2012. Elle est en phase avec la bonne performance
en matière de tenue de l’inflation au cours des quinze dernières années. La conduite de la
politique monétaire par la Banque d’Algérie qui est demeurée prudente, a contribué à cette bonne
tenue de l’inflation en contexte d’excès structurel de liquidité sur le marché monétaire (4 % entre
2002 et 2013, 2,92 % en 2014).
95
Rapport de la Banque d’Algérie .p.162.
103
Références
bibliographiques
Bibliographies
1 OUVRAGES
2 MEMOIRES
3. ARTICLES
4 lois et règlements
5 Webographie
[Link]/[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
ANNEXES
ANNEXS 01 : Organigramme de la banque d’Algérie
ANNEXS 02: SITUATION MONETAIRE (2010-2014)
ANNEXS 03: SITUATION DE LA BANQUE D’ALGERIE
ANNEXS 04 : INDICATEURS MONETAIRES
GRAPHIQUE 24
STRUCTURE DE LA MASSE MONETAIRE
ANNESX 05 : CONTREPARTIES DE LA MASSE MONETAIRE
ANNESX 06 : CONTRIBUTION DES CATEGORIES DE PRODUITS
AL’INFLATION ANNUELLE MOYENNE (EN %)
ANNEXS 07 : INDICE DES PRIX A LA CONSOMMATION
(Grand Alger)
ANNEXS 08 : DONNEES INFLATION
4.2.3Lesopérationsd’OpenMarket ……...............………………………….….22
3 . Mesure de l’inflation………………………………………...…………………..……39
Chapitre III :Genése sur la mine en œuvre de la politique monétaire en Algérie .................... 56
[Link] ........................................................................................................................ 60
1. 1Inflation pendant la période de libéralisation des prix (1990 -2012) ………....... .78
Bibliographie......................................................................................................................... 104