Chapitre 2. Comprendre Et Analyser L'environnement Stratégique de L'entreprise
Chapitre 2. Comprendre Et Analyser L'environnement Stratégique de L'entreprise
!
!
!
89
1319
1775
126:
242.
149.
197.7:
7855
:889
5532
1097
e:21
:Non
[Link]
larvo
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www
89
en capital et la confiance accordée aux acteurs historiques ont longtemps freiné l’arrivée
1319
de nouveaux venus. Pourtant, les néo-banques et fintechs ont progressivement émergé,
remettant en cause cette situation.
1775
La menace des produits ou services de substitution renvoie aux solutions alternatives
satisfaisant le même besoin. Ces substituts exercent une pression indirecte en limitant la
126:
capacité à augmenter les prix ou à retenir les clients sans innover. Cette menace grandit
lorsque ces alternatives sont accessibles, performantes et peu coûteuses. Par exemple, les
242.
salles d’escalade en intérieur comme Arkose ou Climb Up, doivent faire face à des activités
de substitution comme le fitness, les sports collectifs ou l’escalade en extérieur. Ces alter-
149.
Bien qu’absente du modèle initial de Porter, l’influence des pouvoirs publics constitue
une force essentielle dans l’analyse d’un secteur. Elle s’exerce via la réglementation, la fisca-
7:
lité, les normes environnementales ou les aides publiques. Elle peut stimuler la croissance
7855
et l’innovation, mais aussi imposer des contraintes fortes. L’industrie de la défense en est
un bon exemple : la commande publique y est le principal moteur d’activité, les États orien-
:889
tant les priorités technologiques. Cette dépendance implique aussi des contraintes liées à
la souveraineté ou aux restrictions à l’export. Dans d’autres secteurs, l’action publique peut
5532
renforcer ou affaiblir les autres forces. C’est le cas du transport ferroviaire de passagers
en France, où l’ouverture à la concurrence imposée par la réglementation européenne a
1097
Schema 2-08
:Non
[Link]
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www
Rivalité entre les • Nombre élevé de concurrents sur le marché (effet positif)
concurrents • Croissance lente ou stagnante du marché (effet positif)
immédiats • Produits ou services peu différenciés / standardisés (effet positif)
• Forts coûts fixes ou capacités excédentaires (effet positif)
• Faible fidélité des clients (effet positif)
• Présence d’un acteur dominant (effet négatif)
• Barrières à la sortie élevées (effet positif)
• Clients très sensibles aux prix (effet positif)
89
• Nombre limité de fournisseurs (effet positif)
1319
Pouvoir de
négociation des • Absence d’intrants de substitution (effet positif)
fournisseurs • Forte différenciation des intrants (effet positif)
1775
• Faible dépendance des fournisseurs vis-à-vis des clients (effet positif)
• Coûts de changement de fournisseur élevés (effet positif)
• Capacité des fournisseurs à s’intégrer en aval (effet positif)
nouveaux • Économies d’échelle réalisées par les acteurs en place (effet négatif)
7855
89
négociation élevé des fournisseurs, des distributeurs et des clients, ainsi qu’une menace
1319
importante des nouveaux entrants et des produits de substitution, tendent à réduire la profi-
tabilité moyenne d’une industrie (signe d’une attractivité plus faible).
1775
L’influence des pouvoirs publics constitue une force externe pouvant avoir un impact direct
ou indirect sur l’attractivité d’une industrie. Leur intervention peut être positive, par exemple à
126:
travers des subventions, des politiques de soutien à l’innovation ou des commandes publiques
massives, ou négative, via une réglementation contraignante, des restrictions à l’exportation
242.
ou une fiscalité défavorable. Par ailleurs, les pouvoirs publics peuvent également renfor-
cer ou atténuer certaines des forces du modèle de Porter : une régulation stricte peut, par
149.
exemple, dissuader les nouveaux entrants (atténuation de la menace) ou, à l’inverse, limiter
le pouvoir de marché d’acteurs dominants (réduction de la concentration). Ainsi, l’influence
197.
publique se distingue des autres forces en ce qu’elle peut contribuer soit à améliorer, soit
à détériorer la profitabilité moyenne d’un secteur, selon les modalités de son intervention.
7:
7855
Une méthode efficace pour synthétiser l’analyse des forces concurrentielles consiste à
évaluer chacune d’elles sur une échelle de 1 à 5, en fonction de l’intensité de la pression
:889
qu’elle exerce sur l’industrie. Un score de 1 correspond à une pression faible, tandis qu’un
score de 5 indique une pression très forte. Cette approche permet de transformer une
5532
Schema 2-09
e:21
:Non
[Link]
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www
Diminue
Pouvoir de négociation des
fournisseurs
Diminue
Attractivité de l’industrie
Pouvoir de négociation des
Diminue Mesurée par la
distributeurs et des clients
profitabilité moyenne
Diminue
Menace des nouveaux
entrants potentiels
89
Diminue
1319
Menace des Augmente
substituts ou diminue
1775
126:
242.
Augmente Influence des
ou diminue pouvoirs publics
149.
197.7:
7855
concurrents immédiats
5532
5
4
1097
1
0
:Non
[Link]
Pouvoir de négociation
Menace des
des distributeurs
substituts
et des clients
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Influence des
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pouvoirs publics
www
89
ment dans un environnement concurrentiel donné. Propres à chaque industrie, ils peuvent
1319
donc s’assimiler à des règles du jeu qui s’imposent à tous les concurrents.
Par exemple, dans l’industrie du transport aérien, les principaux FCS incluent d’assurer la
1775
sécurité des passagers, de garantir la ponctualité du service, de proposer une expérience
client de qualité, de desservir un large réseau de destinations et de maintenir une gestion
126:
financière solide. Dans d’autres industries, ce seront plutôt la qualité du produit, la maîtrise
des coûts ou l’efficacité du réseau de distribution qui seront déterminantes. 242.
L’identification des facteurs clés de succès constitue la conclusion essentielle de l’analyse
de l’industrie, car elle permet de mieux comprendre les conditions nécessaires à la survie et
149.
à la compétitivité. Comme nous le verrons un peu plus loin, il s’agit également d’une étape
197.
Développée à partir des travaux de Michael Porter par le Boston Consulting Group, la taxono-
:889
cases. L’axe vertical reflète le niveau d’opportunités de différenciation offert par le secteur,
tandis que l’axe horizontal mesure la présence d’économies d’échelle et d’effets de volume.
:Non
[Link]
Schema 2-10
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www
Étape 1
On commence par définir précisément l’industrie étudiée
Étape 2
89
On identifie les acteurs qui correspondent
1319
à chaque composante du modèle des 5+1 forces
1775
Étape 3
126:
On analyse chaque composante du modèle
des 5+1 forces séparément 149.
242.
Étape 4
197.
Étape 5
On construit l’étoile sectorielle
5532
1097
e:21
:Non
de l’industrie de l’industrie
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89
tifs. De même, l’industrie des hydrocarbures, marquée par une forte intensité capitalistique
1319
et des coûts fixes élevés, repose sur une logique de rentabilité par le volume, la produc-
tion à grande échelle permettant d’amortir les investissements et de maximiser les marges.
1775
Les systèmes fragmentés désignent des industries où les acteurs sont fortement différen-
ciés et occupent des niches de marché répondant à des besoins très variés de la clientèle.
126:
Dans ces secteurs, les coûts sont majoritairement variables et les barrières à l’entrée relati-
vement faibles, ce qui favorise l’émergence d’une multiplicité de concurrents, sans qu’au-
242.
cun ne dispose d’une taille suffisante pour exercer un véritable pouvoir de marché. Dans
149.
ce contexte, il est souvent difficile pour de grandes entreprises d’opérer directement, car
les économies d’échelle jouent un rôle limité. Toutefois, certaines parviennent à y entrer
197.
en adoptant un modèle de franchise : elles se concentrent alors sur les activités où la taille
confère un avantage concurrentiel – comme la recherche et développement, le marketing
7:
ou la gestion immobilière – tout en déléguant les opérations locales aux franchisés, plus
7855
agiles. Le secteur de la restauration rapide indépendante (comme les pizzerias, food trucks
ou bistrots spécialisés) en est une bonne illustration, tout comme les réseaux de franchise
:889
renciés, chacun positionné sur des segments étroits mais bien délimités. Toutefois, contrai-
rement aux systèmes fragmentés, ces industries sont caractérisées par des économies
1097
d’échelle ou des effets d’expérience significatifs, mais qui restent propres à chaque niche.
e:21
:Non
Schema 2-11
[Link]
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www
89
1319
Très
1775
nombreuses
Systèmes
126:
Systèmes
fragmentés spécialisés
Opportunités de 242.
différenciation
149.
Systèmes Systèmes
197.
Très peu
dans l’impasse d’échelle
nombreuses
7:
7855
:889
89
plutôt que la notoriété ou la capacité de production. De plus, la montée en charge d’une
1319
entreprise ne génère pas nécessairement de baisse des coûts ni de meilleure productivité,
ce qui rend les stratégies de croissance ou de domination difficilement rentables. Ainsi,
dans ces systèmes, aucun levier stratégique n’est réellement structurant, et les positions
1775
acquises restent fragiles et peu défendables à long terme.
Au sein d’une même industrie, on observe souvent une grande diversité entre les concur-
rents. Cette hétérogénéité peut concerner les caractéristiques des produits ou services
197.
proposés, la taille des entreprises, leur capacité d’innovation, leur degré d’internationa-
lisation, l’étendue de leurs activités ou encore leur modèle économique. En réalité, les
7:
hypothèses d’homogénéité des offres et d’atomicité des acteurs – pourtant centrales dans
7855
années 70 et 80 : celui de groupe stratégique. Développé initialement par Michael Hunt (1972)
et popularisé par Michael Porter, ce concept repose sur l’idée que, dans une même indus-
5532
trie, toutes les entreprises ne se concurrencent pas toutes de manière uniforme. Certaines
forment des groupes d’acteurs similaires, partageant des caractéristiques stratégiques
1097
proches : gamme de produits, niveau de qualité, politique de prix, canaux de distribution, etc.
e:21
:Non
Schema 2-12
[Link]
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1319
Systèmes fragmentés Systèmes spécialisés
1775
• Nombreuses opportunités • Nombreuses opportunités
pour se différencier pour se différencier
• Marchés de niche peux propices • Segments très distincts et propices
126:
aux effets liés aux volumes aux effets liés aux volumes
• Niveaux de rentabilité élevés
149.
242.
197.7:
7855
89
pas de la même manière.
1319
Les cabinets de conseil en stratégie, comme McKinsey, Boston Consulting Group (BCG),
Bain, Roland Berger ou Oliver Wyman occupent une place à part. Ces cabinets, souvent
1775
désignés sous l’acronyme MBB+, sont reconnus pour leurs missions à forte valeur ajoutée
et leur rayonnement international. Ils recrutent en priorité des diplômés de grandes écoles et
126:
pratiquent des taux journaliers très élevés. Leur activité est historiquement centrée sur des
recommandations stratégiques de haut niveau à destination des directions générales. Pour
242.
autant, comme l’illustre la cartographie ci-contre, le conseil ne se limite pas à ces cabinets.
Intervenant également sur des missions stratégiques et organisationnelles, les « Big Four »
149.
(EY, Deloitte, PwC et KPMG) opèrent à la fois dans les secteurs du conseil et de l’audit. Des
197.
cabinets généralistes (tels que Wavestone, Sia Partners ou Eurogroup Consulting) inter-
viennent quant à eux sur un large spectre de problématiques, allant de l’organisation à la
7:
giques (comme Accenture, Capgemini, Sopra Steria ou mc2i) sont spécialisés dans l’implé-
mentation de solutions informatiques et l’accompagnement technologique des entreprises,
:889
bien qu’ils tendent de plus en plus à intervenir sur des missions plus stratégiques. Enfin, une
multitude de cabinets de taille plus modeste intervient sur des expertises plus spécifiques.
5532
Schema 2-13
:Non
[Link]
larvo
.scho
www
MBB+
McKinsey, BCG, Bain,
Experts
Roland Berger, Oliver Wyman
français de
la stratégie
ex : Advancy, CVA
89
1319
Big Four
Deloitte, EY,
1775
KPMG, PwC
126:
Petits
Généralistes
cabinets ex : BearingPoint ;
242.
spécialisés Colombus,
ex : Akoya, Eurogroupe, KEA Accenture
149.
Créargie
Chiffre d’affaires
Integrateurs généré par l’activité
7:
OnePoint, SopraSteria
Square…
:889
5532
Indépendants
1097
e:21
problématiques
opérationnelles
[Link]
89
des ressources, etc. Il n’existe pas de méthode standard, mais il est préférable d’éviter des
1319
dimensions trop corrélées entre elles, sous peine de réduire la cartographie à une simple
ligne sans réelle valeur analytique.
1775
Une méthode utile a été proposée par des chercheurs travaillant sur les groupes straté-
giques cognitifs, une approche visant à comprendre comment les dirigeants perçoivent
126:
leur environnement concurrentiel et comment cela influence leurs décisions. Au début
des années 1990, Rhonda K. Reger et Ann S. Huff (1993) ont mené des entretiens avec242.
des dirigeants de banques dans l’Illinois. Chaque dirigeant devait commenter des groupes
de trois concurrents, tirés au hasard, en identifiant leurs points communs et différences.
149.
Plusieurs variantes ont ensuite été développées (usage de cartes, comparaison en binômes,
etc.), mais l’idée reste d’exploiter les perceptions des acteurs pour faire émerger les dimen-
197.
La troisième étape est la plus critique et c’est probablement celle qui demande le plus de
temps et d’efforts. Il s’agit de procéder à une collecte systématique des informations finan-
5532
Dans de nombreuses industries, des guides, des palmarès, des classements ou des
baromètres sont régulièrement publiés par la presse professionnelle ou par des experts du
e:21
Schema 2-14
larvo
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www
Concurrent 1
Concurrent 2
Concurrent 3
Etape 1
Concurrent 4 Identifier les concurrents du secteur
… de façon exhaustive
Concurrent ZZ
Dimension Y
Etape 2
Sélectionner les dimensions du mapping
89
Dimension X
1319
1775
X Y
126:
1
Etape 3
2 Collecter les informations qui correspondent 242.
… à chaque concurrent sur chaque dimension
149.
ZZ
197.7:
7855
Dimension Y
Etape 4
:889
Dimension X
1097
e:21
Dimension Y
:Non
Etape 5
Identification et labélisation des
groupes stratégiques
[Link]
Dimension X
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89
Une fois les données disponibles, la cartographie peut être construite. Elle prend généra-
1319
lement la forme d’un plan à deux dimensions, chaque axe représentant une variable straté-
gique (par exemple : investissements en R&D, niveau de diversification). Les entreprises
1775
sont ensuite positionnées selon leurs caractéristiques.
126:
Construire et nommer les groupes stratégiques
242.
Cette représentation révèle les proximités entre concurrents. Ceux situés dans une même
zone forment un groupe stratégique. Leur délimitation peut faire appel à des méthodes
149.
Une fois les groupes définis, il est utile de leur donner un nom explicite et évocateur, reflé-
tant leur spécificité : positionnement prix (« premium », « low-cost »), modèle économique
:889
(« intégrateurs », « pure players »), type de clientèle (« B2B spécialisés ») ou taille (« multi-
nationales », « challengers locaux »).
5532
Ces noms peuvent être accompagnés de courtes descriptions précisant les critères retenus
et caractéristiques du groupe. L’objectif est de clarifier la structure concurrentielle, de facili-
1097
Schema 2-15
larvo
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www
89
• Part de marché globale
1319
1775
126:
242.
Portée géographique Périmètre des activités
• Nombre de pays dans lesquels l’entreprise • Nombre de domaines d’activités stratégiques
149.
national, global)
:889
5532
1097
Analyse intragroupe
L’analyse intragroupe consiste à observer la concurrence entre les entreprises appartenant
à un même groupe stratégique. Ces acteurs, partageant des caractéristiques similaires, sont
souvent en rivalité directe. Ils ciblent les mêmes clients, utilisent des canaux comparables,
proposent des offres équivalentes et adoptent souvent des choix stratégiques similaires
(on parle de « stratégie dominante » pour qualifier les choix stratégiques les plus couram-
ment adoptés par les concurrents d’un même groupe stratégique).
L’analyse intragroupe permet alors de distinguer :
– Les leaders du groupe (ceux qui dominent par leur part de marché ou leur réputa-
89
tion) qui occupent souvent une position centrale dans le groupe ;
1319
– Les suiveurs ou challengers ;
– Les concurrents occupant une position plus périphérique.
1775
Elle peut aussi mettre en lumière des tensions croissantes (guerre de prix, surenchères
technologiques, surcapacités de production) ou des tendances d’homogénéisation straté-
126:
gique susceptibles d’aboutir à une saturation du groupe. Il est important de noter qu’un
groupe stratégique n’est pas une entité figée. Il peut évoluer dans le temps en fonction des
242.
choix stratégiques des entreprises. Par exemple, une entreprise historiquement position-
149.
née sur des produits à bas coût peut chercher à monter en gamme et ainsi migrer d’un
groupe stratégique à un autre.
197.
Analyse intergroupes
7:
L’analyse intergroupes, quant à elle, porte sur les relations concurrentielles entre les différents
7855
acteur en difficulté dans son groupe d’origine pourrait tenter de se repositionner en entrant
dans un autre groupe, modifiant ainsi les équilibres concurrentiels du secteur.
1097
Enfin, cette analyse permet d’identifier des espaces inoccupés qui peuvent soit correspondre
à des positionnements stratégiques non viables, soit au contraire constituer des opportu-
e:21
rant mais en perpétuelle évolution. Cette compréhension fine de l’environnement est d’autant
plus précieuse qu’elle conditionne la pertinence des choix stratégiques à venir. Toutefois,
larvo
elle ne saurait suffire : pour formuler une stratégie robuste, il faut également connaître ses
propres ressources et capacités distinctives. C’est pourquoi l’analyse externe doit être prolon-
.scho
gée par un diagnostic interne rigoureux, afin d’aligner les ambitions de l’entreprise avec
les réalités de son environnement et les leviers sur lesquels elle peut s’appuyer pour agir.
Schema 2-16
www
89
centrales dans le groupe ? Quelles sont les barrières
1319
Il s’agit souvent des leaders à l’entrée et à la sortie dans
du groupe stratégique. ce groupe stratégique ?
1775
126:
242.
149.
organisations isolées ?
La proximité est souvent un
Ces organisations peuvent
indicateur de rivalité entre les
5532
changer constamment de
s’éloignent-ils ou se
stratégie
rapprochent-ils les uns
e:21
des autres ?
Cela traduirait une diminution Existe-t-il des
ou une augmentation de la organisations isolées ?
:Non
Existe-t-il des
espaces inexplorés ? unique et distinctive ou
Il peut s’agir d’opportunités changer constamment de
(absence de concurrents stratégie
larvo
Au sein d’une même industrie – ou même à l’intérieur d’un groupe stratégique homogène –
les niveaux de performance entre organisations peuvent varier fortement. Dans le secteur
du transport aérien de passagers, comment expliquer, par exemple, que la compagnie
Emirates ait enregistré, en 2025, un bénéfice net de 4,7 milliards de dollars et une marge
nette de 14,7 %, surpassant des concurrents majeurs tels que Delta Air Lines, United Airlines
ou encore IAG (qui regroupe notamment British Airways et Iberia) ? Plusieurs facteurs
peuvent être avancés : un positionnement exclusivement long-courrier, la puissance de la
89
marque auprès des clientèles premium et business, la qualité reconnue de son service et
1319
de sa flotte, ou encore le soutien actif de l’Émirat de Dubaï, qui se traduit notamment par
un cadre fiscal avantageux. Tous ces éléments ont en commun de renvoyer à des spéci-
1775
ficités internes à Emirates : ils relèvent donc du diagnostic interne, et plus précisément de
ce que l’on appelle la capacité stratégique.
126:
La capacité stratégique désigne l’ensemble des ressources et compétences qui permettent
à une organisation non seulement de survivre, mais surtout de se différencier durable-242.
ment et de surpasser ses concurrents. Elle reflète la faculté de l’entreprise à concevoir et
à déployer une stratégie performante. Cette notion s’oppose à celle de capacité seuil, qui
149.
dans un secteur donné. Alors que la capacité seuil permet simplement d’exister, la capacité
stratégique constitue le socle d’un avantage concurrentiel durable.
7:
Contrairement aux outils du diagnostic externe, qui opèrent chacun à un niveau d’ana-
7855
lyse différent et peuvent être mobilisés de manière complémentaire, les outils du diagnos-
tic interne reposent sur des approches théoriques variées. Leur usage sera donc plus ou
:889
les activités internes qui créent de la valeur pour le client. Elle distingue les activités princi-
pales et les activités de soutien, afin d’identifier les sources d’avantage concurrentiel et
1097
Elle vise à évaluer les atouts internes d’une entreprise – tangibles, intangibles, humains
ou financiers – afin d’identifier ceux qui sont véritablement stratégiques, c’est-à-dire valori-
:Non
Enfin, le concept de « core competencies », introduit par Prahalad et Hamel (1990), met
l’accent sur les compétences fondamentales qui différencient durablement une entreprise
de ses concurrents. Il s’agit de savoir-faire spécifiques, souvent transversaux, qui permettent
larvo
de créer une valeur perçue par le client, d’accéder à plusieurs marchés et de résister à l’imi-
tation. Repérer ces compétences clés permet à l’entreprise de concentrer ses efforts sur
.scho
Chaine de valeur
.
Identifier les activités clés, réduire les
coûts, renforcer la différenciation,
optimiser les ressources, détecter les
inefficacités, orienter la stratégie,
améliorer la performance globale de
l’entreprise.
89
1319
1775
126:
V R I N 242.
Analyse VRIN
Identifier et catégoriser les ressources,
149.
Compétences fondamentales
e:21
89
Les fonctions primaires sont celles qui sont le plus directement impliquées dans le proces-
1319
sus de production. On distingue :
– La logistique interne qui intègre notamment la réception et la gestion des matières
1775
premières, leur stockage, leur acheminement vers les sites de production et la
manutention ;
126:
– La production qui concerne toutes les activités impliquées dans la transformation
des matières premières en produits finis (ce qui intègre la production stricto sensu
242.
mais aussi l’assemblage des différents composants du produit et le conditionne-
ment des produits) ;
149.
de vente…) ;
– Les services tels que le service après-vente, le support technique et la formation
:889
Schema 3-02
[Link]
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26 :177
5131
989
89
discutés. Certains auteurs, comme Jean-Pierre Helfer et Michel Kalika (2023) soulignent,
1319
par exemple, l’absence de la fonction « systèmes d’information » alors même qu’elle joue
aujourd’hui un rôle central dans toutes les entreprises. Il est donc important de ne pas consi-
1775
dérer ce modèle comme figé : il peut – et doit – être adapté pour mieux refléter la réalité du
fonctionnement de l’organisation étudiée.
126:
Quelles conclusions tirer de l’analyse de la chaîne de valeur ?
242.
L’analyse de la chaîne de valeur permet d’identifier, dans le détail, les activités qui génèrent
une réelle valeur pour le client final, mais aussi celles qui engendrent des coûts sans bénéfice
149.
les coûts, la qualité, l’innovation ou l’expérience client. Elle peut également détecter des
dysfonctionnements, des redondances ou des inefficacités à corriger. L’analyse permet aussi
7:
évaluant si certaines fonctions apportent plus de valeur lorsqu’elles sont gérées en interne
ou confiées à des partenaires.
:889
Le système de valeur
5532
La chaîne de valeur d’une entreprise s’inscrit dans un ensemble plus vaste : le système
1097
de valeur. Celui-ci englobe toutes les relations que l’entreprise entretient avec ses parte-
naires économiques, qu’il s’agisse des fournisseurs en amont, des distributeurs en aval,
e:21
ou même des clients finaux. Ces différents acteurs interagissent et co-produisent, à diffé-
rents niveaux, la valeur livrée au consommateur.
:Non
L’analyse détaillée du système de valeur peut notamment permettre d’identifier des opportu-
nités de création de valeur (ou gisements de valeur) situées en amont ou en aval de l’entre-
[Link]
Schema 3-03
.scho
www
89
1319
1775
126:
Chaine de
valeur de 242.
l’organisation
149.
197.7:
7855
:889
économique économique
1097
Source : Porter, M. E. (1986). L’avantage concurrentiel : comment devancer ses concurrents et maintenir son avance. Dunod.
e:21
:Non
[Link]
larvo
.scho
www
89
ressources dont dispose l’entreprise, puis de repérer celles qui sont au cœur de son avantage
1319
concurrentiel. Ces ressources stratégiques devront être protégées, renforcées et, lorsque
cela est pertinent, déployées plus largement à travers d’autres activités ou marchés. Par
1775
ailleurs, l’entreprise devra envisager le développement de ressources additionnelles, afin
de consolider sa position et de garantir la pérennité de son avantage concurrentiel dans un
126:
environnement en constante évolution.
242.
Catégorisation des ressources
149.
Les ressources tangibles désignent l’ensemble des actifs physiques et matériels. Elles
incluent par exemple, les machines de production, les bâtiments, les terrains, les véhicules,
197.
les équipements logistiques, les matières premières, les stocks de produits finis ou encore
les systèmes d’information. Faciles à identifier et à comptabiliser (elles sont le plus souvent
7:
intégrées dans les immobilisations corporelles du bilan comptable), ces ressources consti-
7855
tangibles, car elles ne prennent pas la forme d’actifs physiques. Certaines d’entre elles,
comme les marques, les brevets ou les droits de propriété intellectuelle, correspondent à des
5532
Schema 3-04
[Link]
larvo
.scho
www
Etape 1
Identification exhaustive des ressources de l’organisation
89
Etape 2
1319
Catégorisation des ressources
(tangibles, intangibles, humaines, financières)
1775
Etape 3 126:
242.
Analyse de chaque ressource selon les critères de
valeur, rareté, inimitabilité, non substituabilité
149.
197.7:
7855
Etape 4
Analyse de la robustesse de
:889
89
minant dans la performance de l’organisation. C’est pour cette raison qu’elles sont pleine-
1319
ment intégrées au diagnostic interne en stratégie.
1775
L’analyse VRIN
Une fois les ressources de l’entreprise identifiées et classées de manière aussi exhaus-
126:
tive que possible, il est essentiel de s’interroger sur leur contribution réelle à l’avantage
concurrentiel. Pour cela, Jay Barney propose une méthode d’évaluation fondée sur quatre
242.
critères : la valeur, la rareté, l’inimitabilité et la non-substituabilité. Cette approche, connue
sous le nom de méthode VRIN, permet de déterminer si une ressource peut être considé-
149.
ressource est considérée comme valorisable si elle permet de saisir une opportunité, de
neutraliser une menace ou de maîtriser un facteur clé de succès propre à son industrie.
:889
Autrement dit, sa valeur ne dépend pas de ses propriétés intrinsèques – et encore moins
de son coût d’acquisition – mais bien de sa pertinence stratégique face aux conditions de
5532
l’environnement externe. Par exemple, une chaîne de restauration rapide qui recruterait un
chef étoilé ferait l’acquisition d’une ressource prestigieuse et coûteuse, mais peu adaptée à
1097
Schema 3-05
[Link]
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www
89
• Siège social • Propriété industrielle et intellectuelle
1319
• Entrepôts (Marques, brevets, droits divers, etc.)
• Réseau de distribution • Image de marque et notoriété
• Sites de production • Systèmes d’information, bases de données,
1775
• Implantations en dehors du marché algorithmes, logiciels, etc.
domestique • Relations privilégiées avec
• Machines et équipements industriels certains clients ou fournisseurs
126:
• Véhicules d’entreprise • Savoir-faire organisationnel
• Stocks de matières premières • Réputation de l’entreprise 242.
• Réseaux informatiques et serveurs internes • Efficacité de l’organisation
• … • …
149.
197.7:
7855
:889
• … • …
[Link]
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www
89
de barrières à l’imitation peuvent exister. Certaines sont juridiques, comme la protection
1319
d’une marque ou le dépôt d’un brevet. D’autres sont organisationnelles, lorsque la ressource
est fortement intégrée à d’autres actifs ou processus internes, rendant sa reproduction
1775
complexe en dehors du contexte de l’entreprise. Il existe aussi des conditions historiques
uniques : une expertise développée sur plusieurs décennies, une culture d’entreprise singu-
126:
lière ou des partenariats stratégiques construits dans un contexte particulier. Par exemple,
une entreprise familiale bénéficiant d’un savoir-faire artisanal transmis depuis plusieurs
242.
générations détient une ressource difficilement imitable, car profondément ancrée dans
l’histoire, la culture et les pratiques internes de l’organisation. C’est ainsi le cas de Hermès
149.
de la valeur, être rare et difficile à imiter, mais perdre son intérêt stratégique si une solution
7855
de remplacement existe. Par exemple, une entreprise industrielle du secteur textile peut
choisir de réduire ses coûts de production en automatisant ses lignes avec des robots, ou en
:889
délocalisant sa production dans un pays où le coût du travail est faible. Dans ce cas, l’auto-
matisation et le site de production délocalisé sont deux ressources substituables au regard
5532
de l’objectif stratégique visé (la réduction des coûts). Une ressource est donc d’autant plus
stratégique qu’aucune alternative crédible ne permet d’en reproduire les effets.
1097
e:21
Schema 3-06
:Non
[Link]
larvo
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www
Valorisable
La ressource
Permet-elle de saisir une opportunité de Non ne procure pas
l’environnement, de contrer une menace ou d’avantage
de répondre à un facteur clé de
concurrentiel
89
succès de l’industrie ?
1319
Oui
1775
126:
Rare La ressource
Non permet d’atteindre
L’organisation détient-elle la ressource de 242.
façon exclusive, n’est-elle détenue que par la parité
un faible nombre de concurrents ? concurrentielle
149.
197.
Oui
7:
7855
Inimitable La ressource
Non permet d’obtenir
Des concurrents ne disposant
:889
Oui
La ressource
e:21
Non-substituable soutenable
Serait-il possible pour un concurrent d’aboutir
[Link]
permet d’obtenir
Oui un avantage
durable
.scho
www
89
une parité concurrentielle : l’organisation ne fait pas mieux que ses concurrents, mais ne
1319
fait pas moins bien non plus.
Une ressource valorisable et rare, mais facilement imitable, peut procurer un avantage
1775
concurrentiel temporaire. Les concurrents, en reproduisant rapidement cette ressource,
finiront par neutraliser l’avantage initial.
126:
Lorsqu’une ressource est à la fois valorisable, rare et difficile à imiter, elle devient une
source d’avantage concurrentiel soutenable, assurant à l’organisation une position favorable
242.
pendant une certaine période – jusqu’à ce qu’un substitut soit découvert ou développé par
la concurrence.
149.
Enfin, si une ressource répond aux quatre critères VRIN, elle constitue une source d’avan-
197.
tage concurrentiel durable. Ce type de ressource est rare et difficile à acquérir. Il convient
donc de les identifier clairement, de les protéger activement, et de chercher à en optimiser
7:
En pratique, la plupart des ressources ne remplissent que partiellement les critères VRIN.
:889
L’avantage concurrentiel qui en découle est alors moins significatif, à la fois en termes de
portée et de durée.
5532
Dans cette optique, il est recommandé de diversifier les sources d’avantage concurren-
tiel, afin de ne pas dépendre d’un unique levier stratégique, et de renouveler régulièrement
1097
Schema 3-07
[Link]
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www
Ressources V R I N Commentaire
Ressources tanglibles
- Ressource 1 Non
- Ressource 3 Non
Ressources intangibles
89
1319
- Ressource 6 Non
- Ressource 7
1775
Oui Oui Oui Non
- Ressource 8 Non
126:
- Ressource 9 Oui Oui Non 242.
- Ressource 10 Oui Oui Oui Oui
149.
Ressources humaines
197.
Ressources financières
e:21
89
Parmi ces compétences, on distingue généralement les compétences fonctionnelles, propres
1319
à un domaine spécifique (marketing, production, finance, etc.), et les compétences fonda-
mentales (core competencies), transverses et déterminantes pour la compétitivité à long
1775
terme. Ces deux dimensions seront abordées dans les sections suivantes.
126:
Les compétences fonctionnelles
Les compétences fonctionnelles sont développées au sein des différentes fonctions de242.
l’entreprise. Elles reflètent la capacité d’une organisation à accomplir efficacement ses
149.
fonctionnelles qu’on peut retrouver usuellement dans des organisations. Il n’existe pas de
liste figée des fonctions de l’entreprise. On se contentera donc ici de mentionner :
7:
reporting RSE, éco-conception, gestion des parties prenantes, bilan carbone, straté-
gie climat) ;
e:21
contrats, gestion des appels d’offres, pilotage des coûts d’achat, évaluation des
fournisseurs) ;
– Les compétences en production et opérations (exemple : gestion des flux, qualité,
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89
1319
1775
Compétences
126:
fonctionnelles
242.
149.
Compétences
fondamentales
197.7:
7855
:889
5532
1097
e:21
:Non
Avantage concurrentiel
ou
[Link]
désavantage concurrentiel
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89
ment d’une entreprise à l’autre. Il est donc essentiel d’identifier les domaines dans lesquels
1319
l’organisation dispose d’un réel savoir-faire, ainsi que ceux où elle présente des lacunes.
Cette analyse permet de mieux comprendre l’origine de ses avantages – ou désavan-
1775
tages – concurrentiels, et de définir des axes d’amélioration. Dans certains cas, elle peut
également conduire à envisager l’externalisation partielle ou totale des fonctions jugées
126:
moins stratégiques.
242.
Les compétences fondamentales (ou core competencies)
149.
point de départ de la réflexion engagée en 1990 par C.K. Prahalad et Gary Hamel (1990)
autour de la notion de compétences fondamentales (core competencies). Selon ces deux
7:
Schema 3-09
1097
e:21
:Non
[Link]
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www
Compétence fonctionnelle 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Compétences en stratégie
Compétence en management
Compétences en gestion
des ressources humaines
Compétences juridiques et
réglementaires
Compétences en RSE et
développement durable
89
Compétences en gestion
1319
immobilière
1775
Compétences en finance
126:
Compétence en système
d’information
242.
Compétences en recherche
et développement
149.
Compétences en marketing
197.7:
Compétences en achat
7855
Compétences en logistique
:889
Compétence en production
5532
et opérations
1097
Compétence en communication
e:21
Compétences commerciales
:Non
et Helfer, J.-P. et Kalika, M. (2023). Stratégie, le manuel du management stratégique. 12e édition. Vuibert.
www
89
niques capables de stocker de faibles quantités d’électricité : les condensateurs. Fort de
cette première incursion, il a élargi son expertise aux batteries solides, avant de se position-
1319
ner sur le marché des véhicules électriques avec le développement de la Bluecar. Cette
trajectoire a permis au groupe de consolider une maîtrise technologique distinctive, fondée
1775
sur la performance, l’innovation dans les matériaux et l’intégration industrielle. Cette compé-
tence fondamentale a constitué le socle de la stratégie du groupe pendant près de trente
126:
ans. Bien que Bolloré se soit récemment désengagé du secteur des véhicules électriques
pour se recentrer sur les activités de communication et de médias, cet exemple illustre la
242.
manière dont une compétence fondamentale peut structurer durablement les orientations
stratégiques d’une entreprise.
149.
Les compétences fondamentales ne sont donc pas de simples expertises techniques isolées,
197.
prise non plus seulement à partir de ses produits ou de ses marchés, mais à partir de ses
savoir-faire les plus profonds et les plus différenciants. En identifiant, en développant et
:889
guer ce qui relève de la simple capacité de survie de ce qui permet une différenciation
:Non
forte et défendable. Mais les ressources ne prennent tout leur sens qu’à travers les compé-
tences qui les mobilisent et surtout les compétences fondamentales transversales, souvent
[Link]
invisibles, mais déterminantes. Le diagnostic interne consiste ainsi à révéler ce qui fait la
singularité d’une organisation et la pertinence de son positionnement.
Schema 3-10
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Produits finaux
1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3
89
1319
Domaine Domaine Domaine Domaine
d’activité d’activité d’activité d’activité
stratégique 1 stratégique 2 stratégique 3 stratégique 4
1775
126:
242.
149.
197.
Compétence fondamentale 2
7:
7855
:889
Compétence fondamentale 1
5532
1097
e:21
Adapté de : Prahalad, C.K. et Hamel, G. (1990). The Core Competence of the Corporation.
Harvard Business Review, 68(3), 79–91.
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Dans les deux chapitres précédents, nous avons passé en revue les principaux outils du
diagnostic stratégique. Certains, comme l’analyse PESTEL, le modèle des cinq forces de
Porter ou la cartographie des groupes stratégiques, permettent de mieux comprendre l’envi-
ronnement externe de l’organisation. D’autres, tels que la chaîne de valeur, l’analyse VRIN
ou l’approche par les compétences fondamentales (core competencies), se concentrent
sur le diagnostic interne.
89
Nous allons désormais articuler ces deux dimensions afin d’élaborer des recommanda-
1319
tions stratégiques. Pour cela, nous nous appuierons sur un outil central en management
stratégique : l’analyse SWOT.
1775
1. Présentation de l’analyse SWOT
126:
242.
L’analyse SWOT (ou matrice SWOT) occupe une place particulière parmi les outils et concepts
mobilisés en stratégie, et plus largement en sciences de gestion. Développée à la fin des
149.
années 1960 aux États-Unis, elle trouve son origine dans les travaux de Francis D. Stewart
(2023), un consultant en management alors affilié au Stanford Research Institute (SRI). La
197.
matrice SWOT précède ainsi la plupart des outils d’analyse stratégique présentés dans
cet ouvrage, ce qui en fait l’un des cadres fondateurs de la réflexion stratégique moderne.
7:
7855
À l’origine, la matrice SWOT n’était pas conçue comme un simple outil de synthèse, mais
comme un cadre d’analyse stratégique autonome. Dans les années 1970, elle a été populari-
:889
sée par quatre professeurs de la Harvard Business School – Edmund P. Learned, C. Roland
Christensen, Kenneth R. Andrews et William D. Guth – qui l’ont placée au cœur de leur
5532
enseignement du cours de General Management Policy, une appellation alors utilisée pour
désigner ce que l’on appelle aujourd’hui la stratégie d’entreprise.
1097
Encore aujourd’hui, la matrice SWOT demeure l’un des outils d’analyse les plus utilisés dans
les entreprises. Un sondage mené en 2009 auprès de plus de 2 000 managers révélait que
e:21
75 % d’entre eux recouraient à cet outil – que ce soit pour réaliser un diagnostic, orienter
les choix stratégiques de l’entreprise ou encore faciliter leur mise en œuvre.
:Non
Bien que souvent critiquée pour sa simplicité, la SWOT repose sur des concepts fonda-
[Link]
mentaux qui constituent le socle du vocabulaire commun à l’ensemble des managers. Cette
accessibilité, couplée à sa polyvalence, en fait un outil incontournable de la boîte à outils
stratégique.
larvo
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Schema 4-01
www
Dimension Dimension
Outil de diagnostic
externe interne
89
1319
Facteurs clés de succès Oui Non
1775
Groupes stratégiques Oui Non
126:
Chapitre 2 Chaine de valeur Non Oui
242.
Réseau de valeur Oui Oui
149.
fonctionnelles
:889
89
compétences clés (savoir-faire distinctif, capacité d’innovation, excellence opérationnelle).
1319
Une identification rigoureuse de ces forces – à l’aide, par exemple, d’une analyse VRIN ou
d’une évaluation des core competencies – permet à l’organisation de mieux comprendre les
1775
fondements de son avantage concurrentiel et de les mobiliser efficacement dans sa stratégie.
126:
242.
Les faiblesses correspondent aux éléments internes qui sont susceptibles de nuire à la
performance et à la compétitivité de l’organisation. Il peut s’agir de ressources insuffisantes,
149.
Les opportunités désignent les éléments favorables de l’environnement externe dont l’entre-
prise peut tirer parti. Elles peuvent découler de tendances macroéconomiques, de change-
5532
Les menaces sont les éléments de l’environnement externe qui peuvent nuire à l’entreprise
larvo
ou compromettre l’atteinte de ses objectifs. Elles peuvent prendre la forme d’une intensi-
fication de la concurrence, de ruptures technologiques, de pressions réglementaires, ou
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89
1319
Dimension
interne
1775
126:
Forces Faiblesses
Strengths Weaknesses
242.
149.
Dimension
197.
externe
7:
7855
Opportunités Menaces
Opportunities Threats
:889
5532
1097
e:21
:Non
[Link]
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89
1319
3. Du diagnostic aux recommandations
1775
La matrice SWOT 2 (ou matrice TOWS) constitue une extension de l’analyse SWOT, visant
à dépasser le simple diagnostic pour entrer dans la formulation de recommandations straté-
126:
giques. Alors que la SWOT se concentre sur l’identification des forces, faiblesses, oppor-
tunités et menaces, la TOWS propose une mise en relation systématique de ces éléments
242.
pour générer des options stratégiques concrètes. Elle croise ainsi les dimensions internes
(forces et faiblesses) avec les dimensions externes (opportunités et menaces) selon quatre
149.
combinaisons : SO (utiliser les forces pour saisir les opportunités), WO (surmonter les
faiblesses pour saisir les opportunités), ST (mobiliser les forces pour contrer les menaces)
197.
et WT (réduire les faiblesses pour limiter les risques liés aux menaces). Cette approche
favorise une réflexion plus stratégique et intégrée, en transformant les résultats de l’ana-
7:
Un exemple emblématique est celui d’Apple au début des années 2000. Forte de sa capacité
:889
Les trois chapitres précédents ont permis d’examiner les fondements du diagnostic straté-
1097
lesquelles une organisation peut s’appuyer. En croisant ces deux dimensions grâce à la
matrice SWOT, il devient alors possible de dégager les véritables leviers d’action. Ce travail
:Non
d’analyse ne vise pas seulement à décrire, mais à préparer une décision stratégique éclairée.
C’est à partir de cette compréhension fine de l’environnement et de la capacité stratégique
[Link]
Schema 4-03
www
Principales Principales
opportunités (O) menaces (T)
- -
89
- -
1319
- -
1775
126:
SO ST
Principales 242.
forces (S) Comment utiliser Comment utiliser
- nos forces pour nos forces pour
149.
WO WT
Principales
faiblesses (W) Quelles ressources et Quelles ressources et
:889
- opportunités ? menaces ?
1097
e:21
:Non
[Link]
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