Cours
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Chapitre 15 : Développement du
système nerveux central et de
ses dérivés
Collège universitaire et hospitalier des histologistes, embryologistes, cytologistes
et cytogénéticiens (CHEC)
2014
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Introduction
Le système nerveux central se constitue à partir du tube neural individualisé à la troisième semaine du
développement (cf. Chapitre 3). Dès la quatrième semaine du développement (cf. Chapitre 5) sa partie
céphalique présente des zones dilatées, les vésicules cérébrales primitives, et augmente rapidement de
volume pour constituer l’ébauche du cerveau tandis que la partie caudale, restée tubulaire et de calibre
restreint, sera à l’origine de la moelle spinale.
C’est également au cours de la quatrième semaine(cf. Chapitre 5)que les crêtes neurales se fragmentent
en amas cellulaires disposés de chaque côté de la moelle spinale, les futurs ganglions spinaux.
A partir du deuxième mois du développement, la paroi du tube neural est le siège d’une intense activité
mitotique avec la différenciation des neurones et des cellules de la glie. Du fait de mécanismes moléculaires
complexes et de la migration des cellules au fur et à mesure de leur différenciation, la croissance est inégale
selon les zones ; la répartition des corps cellulaires qui constituent, avec leurs prolongements courts, la
substance grise sera étudiée étage par étage. Les prolongements axonaux des neurones se développent à
partir du 4ème mois, ils forment avec leur gaine de myéline la substance blanche. Ce remodelage du système
nerveux central se poursuivra pendant toute la grossesse et même au delà de la naissance.
Il est constitué initialement d’un manchon cylindrique constitué de deux couches concentriques : l’une, le
neuro-épithélium, borde la lumière ventriculaire ; l’autre, la zone marginale, périphérique, est au contact
des méninges.
● Le prosencéphale
● Le mésencéphale et
● Le rhombencéphale
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En même temps l’ébauche présente une concavité ventrale du fait de l’apparition de deux plicatures :
A la cinquième semaine les vésicules cérébrales primitives se modifient pour faire place aux vésicules
cérébrales secondaires :
En même temps, les deux premières plicatures se creusent entrainées par la bascule ventrale de l’extrémité
du tube neural et une troisième apparaît à concavité dorsale : la flexion pontique située à la jonction entre
métencéphale et myélencéphale.
D’autres cellules de la glie, dérivées du neuro-épithélium, vont se différencier au contact des neurones et
des vaisseaux : les astrocytes qui interviendront dans le fonctionnement des neurones.
A la fin du deuxième mois, les différentes parties du cerveau sont constituées, elles continueront de se
transformer pendant toute la vie fœtale et même au delà de la naissance. Les transformations les plus
importantes concernent :
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La cavité du tube neural évolue en même temps que se constituent les vésicules cérébrales pour constituer
les cavités ventriculaires qui contiendront le liquide céphalo-rachidien. Ces cavités sont bordées par une
couche de cellules de nature gliale dérivées du neuro-épithélium : les épendymocytes.
De calibre régulier, la zone de la moelle spinale conserve une forme cylindrique creusée d’une cavité
étroite, le canal de l’épendyme. La paroi est constituée initialement de deux couches: l’une ventriculaire, le
neuro-épithélium, borde la lumière, l’autre périphérique au contact des méninges, la zone marginale.
Comme au niveau des vésicules cérébrales, le neuro-épithélium va donner naissance aux différentes
catégories de neurones et de cellules gliales qui vont constituer une couche intermédiaire, la zone du
manteau. La prolifération cellulaire et les migrations déterminent la formation de zones plus denses en
corps cellulaires qui constituent des colonnes sur toute la hauteur de la moelle :
● les lames fondamentales, épaississements les plus volumineux, sur le versant ventral,
correspondent aux futures zones motrices (ventrales ou antérieures) de la moelle ;
● les lames alaires, moins volumineuses, sur le versant dorsal, correspondent aux futures zones
sensitives (dorsales ou postérieures) de la moelle.
● entre les deux, la colonne intermédio-latérale regroupe les corps cellulaires des neurones du
système nerveux végétatif. Cette zone est présente dans la région thoracique et lombaire (de C8 à L3)
et dans la région sacrée (S2 à S4).
En périphérie, la zone marginale est colonisée progressivement par les prolongements myélinisés de
neurones dont les corps cellulaires siègent à distance. Ces fibres myélinisées vont constituer les cordons
médullaires. Ailleurs la zone marginale reste mince, elle constitue sur le versant dorsal la zone du toit et
sur le versant ventral le plancher, creusée d’un sillon, le sillon ventral(ou antérieur).
A partir de la quatrième semaine, en même temps que se complète la métamérisation de l’embryon, les
crêtes neurales, invaginées dans le mésenchyme, se fragmentent pour donner des amas
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En regard du prosencéphale et du rhombencéphale, les crêtes neurales sont ainsi à l’origine à la 6 ème
semaine des ganglions des nerfs crâniens et des neurones des noyaux parasympathiques du système
nerveux végétatif qui entrent dans la composition des nerfs crâniens (III, V, VII, IX, X)
Au niveau du mésencéphale et du rhombencéphale, les cellules des crêtes neurales migrent vers les arcs
branchiaux (cf. Chapitre 9) et l’ébauche de la glande thyroïde (cf. Chapitre 11).
Au niveau cervical et en regard de la moelle spinale, les cellules des crêtes neurales constituent les futurs
ganglionsspinauxqui se disposent sur le même plan horizontal que les somites (cf. Chapitre 5). Les
cellules de ces ébauches sont à l’origine des neurones ganglionnaires (futures cellules en T) et de cellules
gliales : gliocytes ganglionnaires, cellules satellites et neurolemnocytes (cellules de Schwann)(cf. 1.2.2).
A partir de la cinquième semaine, une partie des cellules nerveuses des ébauches ganglionnaires, les
sympathogonies, migrent en direction ventrale, elles seront à l’origine des cellules dérivées des crêtes
neurales.
Entre la sixième semaine et le 2ème mois apparaissent ainsi les différents types cellulaires :
Les cellules en T passent par plusieurs stades au cours de leur maturation : multipolaires de façon
éphémère, elles deviennent bipolaires : les deux prolongements sont accolés à proximité du corps
cellulaires dans le ganglion rachidien puis divergent à angle droit pour dessiner « la cellule en T » :
● le prolongement centripète rejoint la lame alaire de la moelle épinière au même niveau et participe
à la formation de la racine dorsale (postérieure) du nerf rachidien dans son segment proximal,
● le prolongement centrifuge participe à la formation de la racine dorsale du nerf rachidien dans son
segment distal puis rejoint les prolongements des neurones situés dans la lame fondamentale
(qui empruntent la racine ventral (antérieure) et participe avec eux à la formation du nerf rachidien.
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Les cellules gliales dérivées des crêtes neurales sont de plusieurs types :
● certaines restent au niveau du ganglion entre les neurones (gliocytes), les autres sont au contact des
corps cellulaires des cellules en T, entre ces derniers et les cellules mésenchymateuses qui les
entourent (cellules satellites)
● les neurolemnocytes restent au contact des prolongements centrifuges des cellules en T et les
accompagnent au fur et à mesure de leur développement en périphérie.
● au niveau de chaque métamère, des sympathogonies migrent très peu et se groupent en amas
cellulaires de chaque côté de la moelle spinale, les ganglions sympathiques latéro-vertébraux , qui
constituent une chaîne du niveau C8 au niveau L2,
● d’autres cellules continuent leur migration ventrale et se regroupent dans la racine du mésentère pour
constituer les ganglions sympathiques pré-vertébraux,
● un troisième contingent atteint les viscères et y constitue des ganglions sympathiques intra-
viscéraux thoracique ou abdominaux ; dans le tube digestif les neurones forment des nappes intra-
pariétales, les plexus d’Auerbach et de Meissner.
2) Les paraganglions
Les cellules du système APUD (amine precursor uptake decarboxylase) doivent leur nom à cette enzyme
qu’elles possèdent en commun. Elles migrent dans la paroi du tube digestif et sont présentes au niveau des
glandes de la paroi gastrique et intestinale ; elles secrètent des hormones actives le plus souvent dans la
physiologie du tube digestif : cholecystokinine, gastrine, GIP, glucagon, motiline, pancréatozymine,
sécrétine, somatostatine, VIP,…
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4) L’ectomésenchyme
L’ectomésenchyme correspond à des cellules migrant en périphérie du tube neural qui vont constituer les
leptoméninges (méninges molles) qui recouvrent les différentes parties du système nerveux central. Elles
donneront pour l’essentiel un tissu lâche, l’arachnoïde, qui borde les espaces remplis par le liquide
céphalo-rachidien (compartiment extra-ventriculaire). Seule une mince couche, la pie-mère, reste en contact
avec le tissu nerveux.
Au niveau des lames fondamentales, la différenciation débute dès la fin du 2 ème mois. Les neuroblastes,
après un stade bref de cellule arrondie avec un noyau de grande taille au nucléole volumineux, prennent
progressivement l’aspect caractéristique de cellules nerveuses avec un cytoplasme riche en réticulum
granulaire et en microtubules puis des prolongements cellulaires apparaissent. D’abord au nombre de deux
(neuroblastes bipolaires) puis l’un de ces prolongements, présentant à son extrémité un cône de
croissance, s’allonge rapidement pour donner l’axone tandis que plusieurs prolongements courts et ramifiés,
les dendrites, se développent autour du corps cellulaire, (neuroblastes multipolaires). Ainsi se
constituent les neurones principaux de la corne ventrale (antérieure). Leurs axones prennent un trajet
horizontal, traversent la zone marginale et se regroupent au niveau de chaque métamère après leur sortie
de la moelle spinale pour former la racine ventrale (antérieure) du nerf rachidien (motricité volontaire).
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A partir du 4ème mois, la croissance du canal vertébral se poursuit tandis que celle de la moelle stagne de
telle sorte qu’au niveau de son extrémité caudale le cône terminal se situe au niveau de L2. Les racines
sous-jacentes cheminent dans le canal vertébral depuis ce niveau jusqu’à leur sortie du canal vertébral
formant la queue de cheval.
Au niveau des lames alaires, la différentiation est plus tardive et les cellules multipolaires sont de plus
petite taille. Les corps cellulaires et leurs dendrites constituent la corne dorsale (postérieure). Ces
neurones sont en contact avec les terminaisons des prolongements centripètes des cellules en T des
ganglions rachidiens. Leurs axones présentent un trajet horizontal, traversent la ligne médiane et
prennent un trajet ascendant dans le cordon latéral contro-latéral :
● les axones des neurones situés à la base de la corne dorsale se regroupent pour constituer les
faisceaux spino-cérebelleux situés en périphérie du cordon latéral (sensibilité proprioceptive
inconsciente)
● les axones des neurones situés au niveau de la tête de la corne dorsale se groupent pour former les
faisceaux spino-thalamiques situés en dedans des précédents (sensibilité périphérique, tact
nociceptif),
Au niveau de la zone intermedio-latérale, les neurones ont un corps cellulaire ovoïde avec deux bouquets
de dendrites et un axone attaché à l’une des faces latérales. Leurs axones ont un trajet horizontal et
rejoignent la racine antérieure du nerf rachidien au même niveau. Ces fibres quittent le nerf rachidien très
près de son origine et se regroupent pour former au niveau de chaque étage métamérique le rameau
communicant blanc qui rejoint la chaine latéro-vertébrale. Ainsi se constituent les fibres dites « pré-
ganglionnaires » du système nerveux végétatif qui font synapse au niveau d’un ganglion végétatif avec les
cellules dérivées des sympathogonies (()cf.[Link]) qui deviennent les fibres dites « post-
ganglionnaires ». Ces dernières se regroupent à chaque niveau métamérique pour constituer le rameau
communicant gris, elles empruntent ensuite le trajet du nerf rachidien pour rejoindre l’organe effecteur.
● sur toute la hauteur de la zone intermédio-latérale les fibres de la vaso-motricité, les fibres de la
pilo-motricité et les fibres destinées au glandes sudoripares. Elles font relais dans un ganglion de la
chaine latéro-vertébrale et conservent une distribution de type métamérique,
● de C8 à T2 des fibres du système sympathique destinées au globe oculaire et au cœur, elles font
relais dans un ganglion de la chaine sympathique cervicale,
● de T6 à T12 les fibres du système sympathique destinées aux viscères abdominaux constituent les
nerfs splanchniques et font relais dans un ganglion du plexus coeliaque,
● de L1 à L3 les fibres du système sympathique destinées aux viscères pelviens constituent les nerfs
splanchniques pelviens, le plexus intermésentérique et les nerfs pré-sacrés,
● de S2 à S4 les fibres du sytème para-sympathique pelvien constituent les nerfs érecteurs d’Eckard.
Ces deux derniers contingents rejoignent le plexus hypogastrique dont les branches se distribuent aux
viscères pelviens au niveau desquels se fait le relais avec la fibre post-ganglionnaire.
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4) Au niveau du toit
Au niveau du toit, les fibres centripètes de certaines cellules en T des ganglions rachidiens, qui
empruntent le segment proximal de la racine dorsale du nerf rachidien, ne font pas relais dans la corne
dorsale au niveau de leur pénétration dans la moelle épinière. Elles prennent un trajet ascendant dans la
zone dorsale (région du toit du tube neural) et elles constituent ensemble les faisceaux du cordon dorsal,
les faisceaux gracile et cunéiforme, pour se terminer au niveau du myélencéphale (sensibilité
périphérique proprioceptive consciente).
5) Le reste du manteau
Le reste du manteau est colonisé progressivement par des prolongements axonaux de fibres
descendantes groupées en faisceaux qui participent à la constitution des cordons médullaires :
● Au niveau du plancher, de part et d’autre du sillon ventral , le cordon ventral (antérieur) est
constitué par le faisceau cortico-spinal ventral (pyramidal direct) , le faisceau reticulo-spinal
médial, le faisceau vestibulo-spinal, le faisceau tecto-spinal et le faisceau olivo-spinal.
● Latéralement, en dedans des fibres ascendantes constituées par les neurones des lames alaires (cf.
2.1.2), le cordon latéral est occupé par le faisceau cortico- spinal latéral (pyramidal croisé) et le
faisceau rubro-spinal.
Les lames fondamentales sont constituées de neurones multipolaires regroupés en amas, les « noyaux »
moteurs des nerfs crâniens, qui se disposent en colonnes longitudinales :
● la colonne médiane, continuation de la corne ventrale de la moelle, regroupe les corps cellulaires
des neurones somato-moteurs destinés aux muscles dérivés des myotomes occipitaux qui vont
former la musculature de la langue (noyau du XII),
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● la colonne intermédiaire, para-médiane, regroupe les corps cellulaires des neurones viscéro-
moteurs destinés aux muscles dérivés des arcs branchiaux (noyaux du XI, du X et du IX ou noyau
ambigu)
● la colonne latérale regroupe les corps cellulaires des neurones du système nerveux végétatif para-
sympathique destinés aux glandes salivaires, aux viscères thoraciques et au tube digestif (noyau
salivaire inférieur et noyau cardio-pneumo-entérique).
● Dans la partie caudale du myélencéphale des cellules migrent dans la zone marginale pour constituer
les « noyaux » gracile et cunéiforme. Les corps cellulaires et les dendrites de ces neurones sont en
contact avec la terminaison des prolongements centripètes des cellules en T des ganglions rachidiens
qui cheminent dans les cordons dorsaux de la moelle et transportent les influx de la sensibilité
somatique proprioceptive consciente (cf. 2.1.4). Leurs axones traversent la ligne médiane, se
regroupent et prennent un trajet ascendant pour former le lemniscus médial (ou Ruban de Reil) vers le
thalamus.
● Au dessus, un autre contingent de neurones migre latéralement et constitue une lame plissée de
substance grise qui fait saillie à la surface, l’olive bulbaire. C’est une zone complexe de relais
associant le cervelet avec les voies ascendantes et descendantes pyramidales et extra-pyramidales
(contrôle de la motricité).
● Le reste des lames alaires correspond à la continuation au niveau du myélencéphale des zones de
relais sur les voies afférentes : les neurones différenciés à ce niveau constituent les noyaux
sensitifs des nerfs crâniens :
○ la colonne para-axiale, viscéro-sensitive, reçoit les influx du tube digestif (noyau dorsal du X)
○ la colonne intermédiaire, viscéro-sensitive, reçoit les influx sensoriels des bourgeons du goût et
de la muqueuse buccale (noyau solitaire)
○ la colonne latérale, somato-sensitive, reçoit les influx de la sensibilité de la région céphalique
(noyau du V) et les influx de nature sensorielle (audition et équilibration) venant de l’oreille
(noyaux du VIII).
L’ensemble des fibres afférentes et efférentes décrites ci-dessus correspondant à un territoire d’activité se
regroupent à l’extérieur du tube neural pour former le trajet apparent des nerfs crâniens.
3) Le toit
Le toit, du fait de l’étalement du tube neural, est une fine membrane faite de deux couches : le revêtement
de la cavité ventriculaire constitué d’un épithélium simple de cellules d’origine gliale doublé en dehors par la
pie-mère. Les invaginations de cette membrane dans la cavité ventriculaire constituent les plexus
choroïdes lieu de sécrétion du liquide céphalo-rachidien. Cette toile choroïdienne recouvre toute la cavité
du 4ème ventricule, au niveau du myélencéphale et du métencéphale. A la jonction de ces deux zones
apparaissent deux orifices, les trous de Luschka et Magendie, qui font communiquer les compartiments intra
et extra-ventriculaire du liquide céphalo-rachidien.
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Le manteau et la zone marginale sont colonisés par des fibres nerveuses ascendantes et descendantes :
● sur la face ventrale les fibres de la motricité volontaire venant du cortex cérébral, dont le plus grand
nombre croisent la ligne médiane au niveau de la jonction spino-bulbaire pour former le faisceau
cortico-spinal-latéral, font saillie de part et d’autre de la ligne médiane. Ce relief, le cordon ventral du
tronc cérébral, est en continuité avec le cordon ventral de la moelle spinale d’où le nom de
« moelle allongée » donné à cette zone du tronc cérébral.
● latéralement, le regroupement des fibres allant vers le cervelet constitue les pédoncules cérébelleux
inférieurs qui bordent latéralement le 4ème ventricule.
Entre les noyaux dérivés des lames fondamentales et des lames alaires d’une part, les faisceaux de fibres
nerveuses d’autre part, le reste du manteau est occupé par un réseau diffus de petits neurones constituant
avec leurs prolongements la formation réticulaire. Cette formation s’étend sur toute la hauteur du tronc
cérébral (de la moelle allongée au mésencéphale), elle constitue un centre de relais important avec des
projections ascendantes et descendantes intervenant dans le contrôle de l’éveil, de la douleur, de la
motricité et du sommeil.
Au niveau du métencéphale la répartition de la substance grise est très comparable à celle observée au
niveau du myélencéphale (migration et fragmentation). Elle s’en distingue du fait de la constitution du
cervelet sur la face dorsale et du développement latéral important de la zone marginale lié à la formation des
pédoncules cérébelleux.
Les lames alaires vont constituer la partie supérieure des colonnes décrites au niveau du
myélencéphale avec des noyaux sensitifs des nerfs crâniens :
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3) Au niveau du métencéphale
Au niveau du métencéphale, les lames alaires ont formé de chaque côté une expansion latéro-dorsale, les
lèvres rhombiques, qui s’infléchit en dedans, au dessus du toit du 4ème ventricule pour se rejoindre et se
souder sur la ligne médiane à la fin du deuxième mois. Ainsi se constitue sur la face dorsale, au dessus du
toit du 4ème ventricule, la plaque cérébelleuse, ébauche du cervelet qui se développe au cours du troisième
mois.
4) Le Cervelet
A partir de la 12ème semaine, la plaque cérébelleuse se développe rapidement et fait saillie sur la face
dorsale de la région du métencéphale. La croissance n’est pas homogène et fait apparaître une expansion
de chaque côté qui donnera les hémisphères cérébelleux encadrant au centre un relief moins volumineux,
levermis. En même temps, les cellules dérivées des lames alaires vont migrer en surface et constituer
une couche de substance grise en périphérie, la future écorce cérébelleuse. C’est le stade du cortex
foetal constitué de trois couches (granulaire externe très dense, moléculaire plus dispersée, et profonde,
reste de la couche initiale).
Aux cinquième et sixième mois du développement, les migrations cellulaires successives à partir de la
couche ventriculaire ont déterminé la formation au niveau de l’écorce des cellules de Purkinje, des cellules
étoilées et des cellules de de Golgi et celle des noyaux gris profonds au sein de la substance blanche.
Par ailleurs, les cellules de la couche granulaire externe dérivées de la partie dorsale des lèvres rhombiques
donnent naissance à des cellules granulaires qui migrent en profondeur pour constituer la couche granulaire
interne.
A la naissance, le cortex cérébelleux définitif disposé en trois couches (couche moléculaire externe de
cellules étoilées, couche des cellules de Purkinje très volumineuses, couche des grains faite de cellules
de petite taille) est constitué. Les différenciations cellulaires se poursuivent et les connexions neuronales se
développent ultérieurement.
La croissance rapide de l’écorce dans un espace retreint fait apparaître de très nombreux replis en surface
séparés par des sillons transversaux et des fissures plus profondes qui déterminent une lobulation des
hémisphères et du vermis.
La superposition des replis de l’écorce et les données phylogénétiques conduisent à distinguer trois
territoires fonctionnels de l’écorce auxquels correspondent les noyaux gris profonds :
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● Le néocérébellum avec le lobe dorsal (la plus grande partie des hémisphères cérébelleux) et le
noyau denté, centre de contrôle de la coordination automatique des mouvements.
5) Le pont
Les lames fondamentales constituent à ce niveau la partie céphalique des colonnes motrices décrites au
niveau du tronc cérébral :
● les noyaux somato-moteurs de l’œil (III et IV) situés près de la ligne médiane
● le noyau viscéro moteur para sympathique constricteur de la pupille, plus latéralement, dont les
fibres cheminent dans la IIIème paire.
● D’autres cellules migrent dorsalement vers le toit en plusieurs vagues et constituent des noyaux
stratifiés qui font saillie sur la face dorsale et soulèvent la zone du toit déterminant la formation des
quatre colliculi (tubercules quadrijumeaux) ; ces noyaux du tectum sont des centres réflexes
associés aux organes des sens (vision et audition),
● Le reste des cellules dérivées des lames alaires migrent en position ventrale et constituent deux
groupements cellulaires importants caractérisés par la présence de pigments dans les corps
cellulaires des neurones :
○ Le noyau rouge, centre de relais dans le contrôle du tonus musculaire et de la coordination des
mouvements
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○ La substance noire (locus niger) aux cellules riches en mélanine formant une lame disposée en
bordure du manteau. Ces cellules secrètent de la dopamine et modulent l’activité du striatum (cf.
2.6.2) impliqué dans le contrôle de l’initiation des mouvements.
3) Le manteau
Le manteau est colonisé sur la face ventrale par de nombreuses fibres descendantes venant du cortex
cérébral constituant un épaississement de substance blanche faisant saillie de chaque côté de la ligne
médiane, les pédoncules cérébraux. Le plancher est ainsi réduit à une dépression, la fosse inter-
pédonculaire.
A partir du 2ème mois la croissance du diencéphale se caractérise par l’absence du développement des
lames fondamentales et par l’accolement, de chaque côté, de la face externe de la paroi du diencéphale à
la face médiale de la vésicule télencéphalique. Ultérieurement la base des hémisphères cérébraux
fusionne avec les zones latérales du diencéphale.
Les lames alaires ont une croissance importante vers la ligne médiane qui réduit la cavité du 3ème
ventricule. Trois renflements séparés par des sillons, apparaissent vers la 9° semaine du développement
sur les faces latérales du 3° ventricule soulevés par les amas de neuroblastes : l’hypothalamus dans la
partie ventrale, le thalamus au milieu et l’épithalamus au-dessus . Chacune de ces zones est ultérieurement
à l’origine de plusieurs noyaux (groupements cellulaires) :
● Un petit noyau dérivé des lames alaires du diencéphale, l’éminence ganglionnaire médiane,
s’enfonce latéralement dans la base de l’hémisphère cérébral, il sera à l’origine d’une des formations
striées du télencéphale, le globus pallidus (cf. 2.6.2)
● Le thalamus forme de chaque côté de la ligne médiane une masse ovoïde. Il est lui-même subdivisé
par la lame médullaire interne en de nombreux noyaux impliqués, selon leurs connexions neuronales
afférentes et efférentes, dans des fonctions différentes :
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● L’hypothalamus est constitué également d’un ensemble de noyaux dérivés des lames alaires
disposés de chaque côté de la paroi du 3ème ventricule :
2) Le toit
Le toit, comme au niveau du rhombencéphale (cf. 2.2.3) mais de façon moins accentuée, se réduit, du fait
d’un étalement, à une paroi mince, la toile choroïdienne, associant la paroi ventriculaire réduite à une
couche de cellules et la pie-mère, très vascularisée. Comme au niveau du 4 ème ventricule, des invaginations
de cette toile plongent dans la cavité ventriculaire donnant de chaque côté des plexus choroïdes à la
jonction du 3ème ventricule et des ventricules latéraux qui communiquent par un orifice le trou de Monro.
La cavité du 3ème ventricule, du fait de la saillie interne de ses parois latérales soulevées par les noyaux
dérivés des lames alaires, présente en coupe frontale un aspect triangulaire à sommet inférieur au niveau de
la zone de l’hypothalamus. Sa paroi céphalique est épaisse et constitue la lame terminale. La cavité
communique dans sa partie caudale avec l’aqueduc de Sylvius.
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4) Le plancher
Le plancher est déformé par une dépression de la cavité ventriculaire, l’infundibulum, à l’origine au cours
du 2ème mois de l’ébauche de la neuro-hypophyse.
Le développement des vésicules télencéphaliques à partir du 2ème mois se traduit par un accroissement de
volume important en arrière induisant un repli dans la boite crânienne de telle sorte que leur extrémité
caudale vient se placer sous leur extrémité céphalique. Ainsi se constitue le lobe temporal qui prend sa
place définitive vers le 4ème mois mais reste séparé du lobe frontal et du lobe pariétal par le sillon latéral.
Cette expansion intervient également au niveau des cavités ventriculaires avec la formation au niveau de
chaque ventricule latéral des cornes antérieure (frontale), postérieure (occipitale) et inférieure
(temporale). Sur la ligne médiane, les faces internes des vésicules télencéphaliques se rejoignent mais
restent séparées par la scissure inter-hémisphérique.
Pendant cette expansion, comme dans le reste du tube neural, la paroi des vésicules télencéphaliques
est le siège de très nombreuses divisions cellulaires et de la différenciation des neurones.
- Au niveau du toit il en résulte la formation du pallium qui deviendra le cortex des hémisphères cérébraux
dont l’épaississement détermine à partir du 6ème mois la formation des circonvolutions séparées par des
sillons. Les plus profonds (sillon latéral) séparent de chaque côté le lobe temporal du lobe frontal et du lobe
pariétal. La zone de l’écorce cérébrale située au fond du sillon latéral, l’insula, présente une croissance
moins rapide.
- Au niveau du plancher, la zone latéro-ventrale des vésicules s’épaissit de façon importante dès le 2 ème mois
pour former le sub-pallium qui s’élargit et recouvre de chaque côté les faces latérales du diencéphale
avec lequel il fusionne. Une zone de prolifération importante est à l’origine de la formation de l’éminence
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ganglionnaire latérale qui donnera ultérieurement, un ensemble de noyaux gris télencéphaliques, le corps
strié.
L’histogenèse du cortex cérébral est un processus dont les modalités varient selon les zones et qui se
prolonge pendant toute la gestation et même au delà de la naissance.
- A partir du 3ème mois du développement , une première migration à partir de la zone germinative
périventriculaire fait apparaître une couche sous la pie-mère, la zone marginale, au-dessous de laquelle
s’accumulent les neuroblastes et des cellules plus volumineuses, les cellules de Cajal-Retzius.
- A partir du 4ème mois, les neuroblastes ayant migré en surface constituent une zone dense, la plaque
corticale Les divisions des neuroblastes se poursuivent à partir de la couche germinative devenue
subventriculaire du fait de l’individualisation de l’épendyme. Les nouvelles cellules migrent le long des
fibres de la glie radiaire constituant une zone intermédiaire selon un processus dit « inside-out » (les
cellules des couches profondes sont nées avant celles des couches superficielles). Ces migrations
dépendent de l’activité de la glie radiaire (cf. 3.1.1) et de celle des cellules de Cajal-Retzius qui secrètent
une glycoprotéine particulière, la reelin.
- A partir du 6ème mois la stratification s’accentue du fait de la répartition des différentes catégories de
neurones selon leur forme d’une part et de l’alternance des couches riches en corps cellulaires et des
couches riches en prolongements axonaux d’autre part. Il en est ainsi de la partie profonde de la zone
intermédiaire qui devient la substance blanche tandis que la partie superficielle, plus riche en corps
cellulaires de neurones, constitue avec les éléments dérivés de la plaque corticale la substance grise.
- Après la naissance,
● La stratification de la substance grise sera maximum (six couches) dans l’iso-cortex sur la plus
grande partie de la surface des hémisphères cérébraux, très développé dans l’espèce humaine
(néopallium). Les neurones, au fur et à mesure de leur différenciation, prennent des formes
différentes : prédominance de cellules pyramidales dans les zones motrices, de cellules
granulaires dans les zones sensitives.
● La stratification est moins accentuée dans l’allocortex au niveau des zones de l’écorce cérébrale
correspondant au cerveau ancien du point de vue phylogenétique (archipallium) qui s’est amenuisé
cours de l’évolution des espèces :
Ces derniers se constituent dès le 3ème mois à la face inférieure du lobe frontal
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sous la forme d’un évagination, le futur bulbe olfactif. Ce dernier est caractérisé par la présence de cellules
volumineuses, les cellules mitrales, en contact avec les terminaisons des cellules de la muqueuse
olfactive (cf. chapitre 16) et dont les axones constituent le tractus olfactif. Au fur et à mesure de leur
croissance en longueur, le tractus s’allonge et repousse le bulbe vers l’avant. Ces axones gagnent les
centres corticaux de l’olfaction (uncus et aire entorhinale) en empruntant la strie olfactive latérale. Certains
prolongements croisent la ligne médiane en empruntant le trajet de la strie olfactive médiale et de la
commissure antérieure.
Les noyaux gris de la base des hémisphères se répartissent de façon symétrique de part et d’autre de la
ligne médiane au cours du 3ème mois du développement :
● le corps strié est constitué de deux noyaux, le noyau caudé et le noyau lenticulaire séparés par les
fibres de la capsule interne (fibres ascendantes thalamo-corticales et descendantes cortico-pontiques
et cortico-spinales):
○ le noyau caudé est disposé en fer à cheval entourant le thalamus avec une tête antérieure
renflée, un corps et une queue.
○ le noyau lenticulaire, en forme de pyramide s’inscrit dans la concavité du noyau caudé. Il est
divisé par la lame médullaire latérale en une partie latérale, le putamen d’origine télencéphalique
et une partie médiale, le globus pallidus d’origine diencéphalique (cf. 2.5.1).
Du point de vue fonctionnel, ces noyaux sont des centres modulateurs de l’activité corticale motrice (contrôle
des mouvements automatiques et du tonus). Le noyau caudé et le putamen forment un ensemble, le
neostriatum, interposé entre le cortex des aires extra-pyramidales et le globus pallidus (action inhibitrice).
Le globus pallidus est constitué de neurones dont les axones forment les voies efférentes des corps striés
vers le thalamus et par son intermédiaire vers le cortex et les centres sous-jacents (noyaux sous-
thalamiques, substance noire).
● le corps amygdaloïde est un noyau gris appartenant à l’archéostriatum situé au dessous du noyau
lenticulaire en avant du noyau caudé. D’origine diencéphlique et télencéphalique, il fait partie du
système limbique.
● les noyaux sous-thalamiques sont situés sous le thalamus entre les corps striés et les noyaux
ventraux du mésencéphale (cf. 2.4.2)
○ le noyau sub-thalamique est constitué de neurones ayant une action stimulatrice sur les neurones
du globus pallidus
○ la zona incerta correspond à une zone diffuse des petits neurones en continuité avec la formation
réticulaire du tronc cérébral.
3) Les commissures
Les commissures réunissent les deux hémisphères cérébraux en passant au dessus du diencéphale, elles
sont constituées par des tractus de fibres nerveuses :
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3. LA GLIE
Considérée longtemps comme un tissu de soutien, la glie est en fait le composant cellulaire dominant du
système nerveux central (plus de 80% des cellules) et les travaux récents confirment son rôle fonctionnel
important. Elle est faite de plusieurs catégories de cellules d’origines différentes :
Les premières cellules gliales proviennent des précurseurs situés au niveau de la couche germinative du
tube neural, il s’agit des cellules gliales radiaires dont les prolongements cytoplasmiques traversent toute
l’épaisseur de la paroi du tube neural et servent d’appui pour la migration des premiers neurones à partir
de la zone germinative vers la périphérie. Cette catégorie cellulaire ne persistera que dans quelques zones
spécialisées du système nerveux central.
Les autres catégories de cellules gliales dérivées du tube neural apparaitront plus tardivement à partir de
cellules souches, les glioblastes qui se différencient également à partir des précurseurs communs avec les
neurones :
● les astrocytes sont des cellules multipolaires présentant de nombreux prolongements en contact à
leur extrémité avec tous les constituants du système nerveux : les corps cellulaires des neurones,
leurs prolongements et les zones de synapse, les parois vasculaires et les méninges ; ils interviennent
dans le métabolisme des neurones et le fonctionnement des synapses.
● les oligodendrocytes, cellules avec un corps cellulaire de petite taille et dont les prolongements
s’enroulent autour des axones de plusieurs neurones ; c’est à partir de ces enroulements et des
membranes plasmiques accolées après glissement du cytoplasme que se constitue, à partir du 4 ème
mois du développement, la myéline des fibres nerveuses du système nerveux central. Cette gaine de
myéline, caractéristique des fibres nerveuses de la substance blanche, augmente la vitesse de
conduction de l’influx nerveux. Ce processus de myélinisation ne se complètera qu’après la
naissance ; il est responsable de la croissance en volume du cerveau.
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● les cellules épendymaires qui constituent le revêtement des cavités ventriculaires et du canal de
l’épendyme dérivent également du neuro-épithélium ; elles participent à la constitution des plexus
choroïdes et interviennent dans l’élaboration et la résorption du liquide céphalo-rachidien.
Ailleurs le cytoplasme du neurolemnocyte s’enroule autour d’un seul axone et, par accolement, les
membranes plasmiques forment la gaine de myéline d’une fibre nerveuse périphérique (fibre myélinisée)
selon un mécanisme comparable à celui observé pour les oligodendrocytes dans le système nerveux
central.
● les autres cellules gliales dérivées des crêtes neurales se différencient dans le ganglion rachidien
(gliocytes et cellules satellites) et restent à proximité des corps cellulaires des cellules
ganglionnaires dont elles modulent le métabolisme.
La glie dérivée du mésoblaste est constituée par des petites cellules avec de nombreux prolongements
courts et ramifiés appelées microglioctytes. Elles appartiennent au système immunitaire, dérivent des
monocytes sanguins et pénètrent dans le système nerveux avec les premiers vaisseaux. Ces cellules sont
aussi nombreuses dans la substance grise et dans la substance blanche et gardent des propriétés
macrophagiques et de cellules présentatrices d’antigènes.
4. LES MENINGES
Elles sont constituées de tissus conjonctifs et assurent la vascularisation et la protection mécanique du tissu
nerveux :
4.1. La dure-mère
La dure-mère est d’origine mésodermique.
Au niveau du crâne, elle tapisse la face interne des os plats de la voute du crâne dont elle forme le
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périoste ; elle en reste séparée par un espace virtuel . Au 3 ème mois du développement, elle émet en
profondeur des replis, les septa, qui séparent les différentes parties du cerveau et contiennent les sinus
veineux: la faux du cerveau entre les hémisphères, la tente du cervelet entre cerveau et cervelet qui
entoure le mésencéphale et la faux du cervelet entre le hémisphères cérébelleux.
Au niveau du canal vertébral, la dure-mère reste séparée du périoste par l’espace épidural. Elle pénètre
au niveau de chaque métamère dans le foramen intervertébral autour des racines rachidiennes, du ganglion
rachidien et du segment proximal du nerf rachidien. Au dessous du niveau L2, elle constitue un sac qui
contient l’ensemble des racines rachidiennes de la région caudale (queue de cheval).
Figure 63 : La dure-mère
Ceci est une animation, disponible sur la version en ligne.
Les leptoméninges dérivent de l’ectomésenchyme constitué par des cellules qui migrent des ganglions
rachidiens autour du tube neural dès le début du 2 ème mois (cf.[Link]).
1) L’arachnoïde
L’arachnoïde, au niveau du crâne est au contact de la dure-mère dont elle est séparée par un espace
mésenchymateux riche en capillaires. Les cellules leptoméningées forment des travées qui circonscrivent
les citernes remplies de liquide céphalo-rachidien des espaces sous-arachnoïdiens.
Au niveau du canal vertébral, l’arachnoïde est appliquée contre la face axiale de la dure-mère (l’espace les
séparant est virtuel et n’apparaît que dans des circonstances pathologiques). Comme le dure-mère, elle se
prolonge dans les espaces intervertébraux autour des racines rachidiennes, du ganglion rachidien et du
segment proximal du nerf rachidien.
Figure 64 : L’arachnoïde
Ceci est une animation, disponible sur la version en ligne.
2) La couche profonde
La couche profonde, restée au contact du tissu nerveux au cours du développement, constitue une fine
membrane, la pie-mère, qui accompagne sur une courte distance les vaisseaux qui pénètrent entre les
circonvolutions cérébrales et en périphérie de la moelle spinale. Dans les zones amincies du tube neural,
elle participe avec les cellules épendymaires du revêtement ventriculaire à la formation des plexus choroïdes
(cf. 2.2.3 & 2.5.2) au cours du 3ème mois de développement. A l’extrémité caudale de la moelle spinale, elle
constitue le filum terminale qui amarre le cône médullaire à l’extrémité du sac dure-mérien.
Figure 65 : La pie-mère
Ceci est une animation, disponible sur la version en ligne.
5. LA VASCULARISATION
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A partir du 2ème mois, en même temps que se constituent les différentes parties du cerveau, du cervelet et du
tronc cérébral, les artères définitives se mettent en place : les branches de la carotide interne et le cercle
artériel du cerveau (polygone de Willis) pour les deux tiers antérieurs du cerveau et le système
vertébro–basilaire pour le tiers postérieur du cerveau, le tronc cérébral et le cervelet. C’est également la
carotide interne qui donne des branches pour la vascularisation afférente de l’hypophyse : l’artère
hypophysaire supérieure donne un premier réseau de capillaires au niveau de l’hypothalamus qui se
déverse dans des vaisseaux porte qui cheminent le long de la tige pituitaire puis alimentent un second
réseau de capillaires au niveau du lobe antérieur drainé par les veines hypophysaires.
Au niveau de la moelle spinale, la circulation afférente est constituée par les artères spinales (une ventrale
et deux dorsales) orientées longitudinalement et réunies par un cercle anastomotique. Elles sont
alimentées par des branches des artères vertébrales et des rameaux artériels d’origine intercostale qui
accompagnent le trajet des racines rachidiennes et traversent les espaces intervertébraux.
La circulation efférente est assurée par les sinus veineux creusés dans la dure-mère au niveau des faux et
des tentes et par les veines de l’encéphale dont le réseau se constitue au cours du 3 ème mois du
développement.
6. LES MALFORMATIONS
Les malformations du système nerveux central correspondent le plus souvent à un arrêt des mécanismes
complexes du développement (défaut d’induction, anomalie génétique ou environnementale). Leur
fréquence varie selon les zones géographiques et une grande partie d’entre elles, surtout les plus sévères,
peuvent être dépistées au cours de la surveillance biologique et échographique des femmes enceintes. Elles
sont souvent associées à des anomalies chromosomiques ou génétiques et exposent après la naissance au
risque d’un retard mental.
Elles interviennent très précocement au moment de la fermeture du tube neural à la 4 ème semaine du
développement (cf. chapitre 5) et s’accompagnent d’un défaut des plans de couverture (méninges, plan
osseux, ectoderme).
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1) Au niveau de la moelle
Au niveau de la moelle, la forme majeure, spina bifida aperta, correspond à un aspect de plaque neurale :
le canal rachidien reste ouvert, la moelle reste aplatie et fait saillie à l’extérieur laissant s’écouler le liquide
céphalo-rachidien. Dans les formes mineures, en l’absence d’arc postérieur de la vertèbre, la moelle peut
faire saillie dans un poche méningée (myélo-méningocèle) ou rester en place dans le canal rachidien et
seule une poche méningée peut faire saillie (méningocèle). Ailleurs, l’arc postérieur de la vertèbre est
présent mais incomplet, un fin pertuis relie les leptoméninges à l’ectoderme (sinus dermique congénital)
ou, au minimum, spina bifida occulta, seule une touffe de poils sur la peau témoigne de la malformation,
totalement bénigne.
Au niveau du pôle céphalique, la forme majeure, l’anencéphalie, liée à un défaut d’induction de la plaque
pré chordale se traduit par un développement anarchique des vésicules cérébrales , l’absence des plans de
couverture (crâne et méninges) et une dysmorphie de la face. Le défect peut être moins étendu avec
seulement une malformation cérébrale localisée qui fait saillie entourée par les leptoméninges, (méningo-
encéphalocèle) ou encore, seules les méninges sont extériorisées (méningocèle).
3) Au maximum
Elles sont secondaires à une anomalie du développement du mésoblaste de la plaque préchordale qui peut
entrainer des malformations de la face (cyclopie, fentes labiales, défaut du massif médian) ([Link]
9.4) et retentit sur le développement de l’encéphale.
2) L’agénésie du corps calleux est la plus fréquente des anomalies cérébrales, elle peut être isolée ou
associée à d’autres malformations.
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1) La sténose de l’aqueduc de Sylvius peut entrainer une gêne à l’écoulement du liquide céphalo-rachidien
et intervenir dans la constitution d’une hydrocéphalie (cf. 6.5). Elle est généralement associée à d’autres
anomalies.
2) L’agénésie du cervelet est secondaire à un défaut de formation de la plaque cérébelleuse. Elle peut être
totale ou partielle et s’accompagner d’une dilatation et d’une protrusion dorsale du quatrième ventricule.
3) L’hypoplasie du cervelet peut porter sur le vermis et/ou les hémisphères. Elle est souvent associée à
une hypoplasie du tronc cérébral et à d’autres malformations.
1) La lissencéphalie (cerveau lisse) se traduit par l’absence de formation des circonvolutions (agyrie)
constatée à partir du 6ème mois du développement qui peut atteindre le cerveau et le cervelet, elle
correspond à une anomalie des migrations neuronales au niveau du cortex.
2) La microcéphalie est la diminution globale de volume du cerveau, elle est liée à un déséquilibre entre la
production neuronale et la mort neuronale par apoptose au cours de la formation du cortex.
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