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Gouvernance Rapport

Le rapport sur la gouvernance du sport en France, coécrit par Laurence Lefèvre et Patrick Bayeux, présente 57 propositions visant à moderniser l'organisation du sport pour réussir les Jeux Olympiques de 2024 et promouvoir le sport comme un bien commun. Il appelle à une nouvelle gouvernance plus collaborative, impliquant l'État, le mouvement sportif, les collectivités et le secteur économique, tout en renforçant l'autonomie des fédérations et des clubs. Les recommandations incluent des changements législatifs et réglementaires pour améliorer la performance sportive et sociale.

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Gouvernance Rapport

Le rapport sur la gouvernance du sport en France, coécrit par Laurence Lefèvre et Patrick Bayeux, présente 57 propositions visant à moderniser l'organisation du sport pour réussir les Jeux Olympiques de 2024 et promouvoir le sport comme un bien commun. Il appelle à une nouvelle gouvernance plus collaborative, impliquant l'État, le mouvement sportif, les collectivités et le secteur économique, tout en renforçant l'autonomie des fédérations et des clubs. Les recommandations incluent des changements législatifs et réglementaires pour améliorer la performance sportive et sociale.

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NOUVELLE

GOUVERNANCE
DU SPORT
Rapport

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux


Août 2018
NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 3

Mise en garde

Le présent rapport est issu de la concertation qui s’est déroulée entre janvier et
juin 2018.
Les préconisations présentées dans ce document n’engagent que leurs
co- auteurs. Elles ont vocation à sensibiliser le lecteur sur les questionnements
et les changements qui semblent nécessaires à la mutation de l’organisation du
sport en France.
Les préconisations ne sont pas classées par ordre de priorité. Elles viennent au
fur et à mesure du déroulement de l’argumentation.
Le rapport identifie les propositions qui font consensus, et celles qui font débat.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
4 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

« Une nouvelle gouvernance


pour une vision du sport au-delà de 2024 »

8 mois se sont écoulés entre le séminaire de lancement le 22 novembre 2017 et la date de remise de ce
rapport. 8 mois qui sont passés très rapidement, mais 8 mois qui ont été suffisants pour conduire cette
démarche de rénovation de la gouvernance du sport dont les fondations ont été construites au milieu du
XXème siècle.

8 mois au cours desquels la mobilisation collective a été au-dessus de nos espérances. Tous les acteurs
se sont mobilisés, ont produit des notes préparatoires pour chaque séminaire, chaque atelier. Nous les
remercions collectivement.

Nous remercions tout particulièrement la ministre des Sports, Laura Flessel, et Denis Masseglia, Président du
Comité National olympique et sportif français, pour leur confiance et pour nous avoir proposé de co- piloter
cette démarche.

Le Président de la République dans son programme a affirmé sa volonté de « construire une gouvernance
plus claire et efficace de nos fédérations sportives » et de « redéfinir l’organisation de la politique du sport
au niveau national ».

Révolution, c’est le mot choisi par Laura Flessel pour qualifier la nouvelle gouvernance du sport.

Révolution c’est le terme que nous retenons aussi.


Là où tous ses prédécesseurs ont échoué, la ministre est-elle en train de réussir la transformation du
modèle sportif français mis en place dans les années soixante ?

Nous l’appelons de nos vœux les plus forts. Le sport a besoin de cette révolution, pour réussir les Jeux
Olympiques et Paralympiques de 2024, mais au-delà des Jeux pour faire du sport un bien commun, un bien
d’utilité sociale partagé par tous.

Nous avons opté pour une définition large de la gouvernance : mieux se coordonner dans un environnement
normatif plus souple.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 5

D’une certaine manière, c’est une « Constitution » du sport qui se dessine.


A mi-chemin de la démarche, un consensus a été acté pour créer une agence de financement et d’appui à
la haute performance sportive et au développement des pratiques, agence dans laquelle sont représentés
les grands acteurs : État, mouvement sportif, collectivités territoriales et monde économique, sans qu’un
acteur soit prépondérant sur l’autre.

Au-delà de cette nouvelle organisation, nous formulons des propositions visant à faire évoluer le rôle et
les missions des acteurs en cohérence avec cette nouvelle organisation pour faciliter le cadre de leurs
interventions, et la réussite collective.

57 propositions au total pour renforcer l’autonomie et la responsabilité des fédérations et des clubs, mieux
reconnaître le rôle des collectivités territoriales et celui des entreprises, recentrer le rôle de l’État…

Certaines propositions relèvent de dispositions législatives, d’autres du niveau réglementaire, et enfin les
dernières proposent des évolutions d’organisation. Ces propositions sont issues soit des échanges lors des
ateliers validés lors des comités de pilotage, soit du comité de pilotage directement, ou enfin d’ateliers
d’approfondissement. Toutes ne font pas consensus, mais nous les avons retenues parce qu’il nous semble
qu’elles font sens pour refonder notre modèle sportif.

La question du financement relève d’une décision politique. Parce que le sport est un investissement social,
nous faisons confiance aux décisions à venir pour que ces financements soient raisonnables et ajustés
pour répondre à l’engagement de doubler le nombre de médailles tout en permettant à près 3 millions
d’habitants supplémentaires de pratiquer une activité physique et sportive de leur choix d’ici 2022.

Laurence Lefèvre, Directrice des sports au ministère des Sports


et Patrick Bayeux, Docteur en sciences de gestion, Consultant.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
6 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Table des matières

1 Première partie : les fondamentaux de la démarche 10

1.1 Rappel de la commande 10

1.2 La démarche 11
1.2.1 4 séminaires thématiques  11
1.2.2 Le choix d’un scénario parmi 4  14
[Link] Le scénario de la continuité 15
[Link] Le scénario du transfert de l’organisation du sport au mouvement sportif  15
[Link] Le scénario de la décentralisation  16
[Link] Le scénario de la gouvernance collégiale  16

1.3 Pourquoi une nouvelle gouvernance du sport ? 17


1.3.1 Un modèle qui a survécu à 2 grandes périodes  17
1.3.2 Pour plus d’efficacité et d’efficience  18
[Link] En matière de performance sportive  18
[Link] En matière de performance et d’utilité sociale  19
[Link] En matière de performance économique  21
1.3.3 Pour répondre à la diversité des attentes sociales  22
[Link] La grande diversité des motivations 22
[Link] Une pratique sportive en constante augmentation 24
[Link] Une pratique sportive de plus en plus informelle  24
[Link] Le numérique qui bouleverse l’organisation de l’offre  25

2 Seconde partie : une nouvelle gouvernance pour une nouvelle vision


du sport au-delà de 2024 27

2.1 Une vision sur la place du sport dans la société : un bien commun  27

2.2 Une nouvelle conception de la gouvernance  29


2.2.1 L’abandon d’une organisation hiérarchique impulsée essentiellement par l’État.  29
2.2.2 Une organisation fondée sur une analyse et un accompagnement des demandes 29
2.2.3 Un État garant 30
2.2.4 Des financements publics à redessiner 30

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 7

3 Troisième partie : une gouvernance collégiale à responsabilités réparties 32

3.1 Une agence nationale unique 32

3.2 Une conférence régionale du sport et une conférence des financeurs  35

3.3 Schéma de proposition des instances de décision dans la nouvelle gouvernance


du sport  37

4 Quatrième partie : un cadre facilitateur 38

4.1 Pour les opérateurs  39


4.1.1 Un club sportif mieux valorisé dans les territoires et incité à devenir « prestataire »  39
[Link] L’intérêt du statut de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC)  40
[Link] Les activités non compétitives 42
[Link] Encourager le bénévolat  42
4.1.2 Des acteurs socio-sportifs reconnus, tout comme les compétences « socio- sportives » 45
4.1.3 Un secteur commercial à considérer 46

4.2 Des gouvernances spécifiques à affirmer  47


4.2.1 L’articulation du sport en milieu scolaire et du sport en milieu civil 47
4.2.2 Vers une gouvernance pour un sport émancipateur en QPV ou en territoire carencé 50
4.2.3 L’enjeu majeur du sport - santé 51

4.3 Des formations assouplies pour dynamiser l’emploi  52


4.3.1 Un principe de proportionnalité des professions réglementées  52
4.3.2 Un modèle économique renouvelé de l’emploi sportif  54

5 Cinquième partie : des parties prenantes prêtes à évoluer 56

5.1 Vers un mouvement sportif plus autonome et responsable 56


5.1.1 La délégation et l’agrément  56
5.1.2 L’indispensable évolution de la tutelle de l’État sur les fédérations 59
5.1.3 Une responsabilisation du mouvement sportif en matière de transparence et d’éthique 60
5.1.4 La question de l’élection, de l’éligibilité et du statut des dirigeants  62
[Link] L’élection du président par les clubs 62
[Link] Le nombre de mandats  63
[Link] La rémunération des dirigeants 63
[Link] L’honorabilité des dirigeants 64

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
8 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

5.1.5 Une évolution des missions du CNOSF 64


5.1.6 Les moyens de sécurisation et de responsabilisation du sport professionnel masculin et féminin65
[Link] Aménager les relations entre ligues professionnelles et les fédérations  66
[Link] Le sport professionnel féminin 67
5.1.7 Le développement d’une société sportive inclusive pour les personnes handicapées  68

5.2 Des collectivités mieux coordonnées développant localement


des spécialisations « à la carte »  70
5.2.1 Une cohérence renforcée pouvant organiser des spécialisations « à la carte » dans le cadre
de la conférence des financeurs 70
5.2.2 Une gouvernance spécifique pour les normes sportives  73
5.2.3 Une relation revisitée avec les clubs sportifs professionnels  73
[Link] Favoriser l’exploitation des enceintes sportives par les clubs professionnels. 74
[Link] Étudier le subventionnement plafonné des enceintes sportives réalisées par les clubs professionnels.  75
[Link] Supprimer les subventions aux clubs sportifs bénéficiant des droits TV importants  76
[Link] Déplafonner les prestations de services  77

5.3 Une montée en puissance du monde économique 78


5.3.1 La représentation du monde économique dans la structure 79
5.3.2 Le sport d’entreprise 79

5.4 Une administration de l’État transformée  80


5.4.1 Une évolution du positionnement de la direction des sports 80
[Link] L’observation des pratiques sportives, de la sociologie et de l’économie du sport  80
[Link] Des fonctions juridiques et de contrôle substantiellement rénovées 81
[Link] Une capacité à conduire des programmes interministériels  81
[Link] Une approche raisonnée et proportionnée de la sécurité des pratiques et des contenus de formation
des encadrants 81
5.4.2 La politique internationale et européenne de la France mieux articulée  82
5.4.3 L’évolution des autres services du ministère des Sports  83
5.4.4 Les Conseillers Techniques Sportifs (CTS) 84

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 9

6 Le sport conçu comme un investissement social  86

6.1 Quels apports sociaux du sport ?  86

6.2 Les sources de financement public et privé 87

6.3 Le mécénat 90

7 Conclusion 92

8 Remerciements 93

9 Synthèse des propositions  94

10 Annexes  99

10.1 Annexe 1 : Note de cadrage commune adoptée lors du premier comité


de pilotage du 22 novembre 99

10.2 Annexe 2 : Déclaration du Copil Gouvernance du sport du 15 mai 2018  102

10.3 Annexe 3 : Les nouveaux rôles respectifs des acteurs 105

10.4 Annexe 4 : Bilan des structures créées et supprimées 107

10.5 Annexe 5 - Préconisations impliquant des évolutions législatives 108

10.6 Annexe 6 : Sommaire du rapport annexe  119

10.7 Annexe 7 : Liste des personnes ayant contribué à la démarche  120

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
10 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

1 Première partie : les fondamentaux


de la démarche
Après avoir rappelé la commande initiale (1), nous présenterons la démarche de construction de cette
nouvelle gouvernance du sport marquée par le choix du Copil d’un scénario parmi 4, et le travail en
séminaires (2) puis, nous expliquerons les raisons qui nécessitent de modifier l’actuelle gouvernance (3).

1.1 Rappel de la commande


Développer largement les pratiques sportives pour le plus grand nombre, réussir les Jeux Olympiques
et Paralympiques à Paris en 2024 sont les deux engagements centraux du projet sportif pour notre pays.
Pour répondre à ces deux ambitions et repenser l’organisation du sport français, le Premier ministre a
demandé à la ministre des Sports « d’engager une démarche de confiance envers le mouvement sportif
français en donnant davantage d’autonomie aux fédérations sportives et au Comité National Olympique,
ainsi qu’aux acteurs locaux et en recentrant l’action de l’État sur des missions essentielles de coordination,
de règlementation et de contrôle, notamment éthique ».

La co-construction d’un modèle de gouvernance partagée1, à responsabilités réparties entre l’État, le


mouvement sportif, les collectivités territoriales ainsi que les partenaires du monde économique a été
placée sous la coordination d’un comité de pilotage présidé par la ministre des Sports et réunissant :
-- l’État : ministère des Sports, ministère des Solidarités et de la Santé, ministère de l’Action et des
Comptes publics, ministère de l’Éducation nationale et Secrétariat général des ministères chargés
des affaires sociales ;
-- les collectivités territoriales : Association des Régions de France, Assemblée des Départements de
France, Association des Maires de France et des Présidents d’intercommunalités et France urbaine ;
-- le mouvement sportif : le Comité National Olympique et Sportif Français, le Comité Paralympique et
Sportif Français, un président représentant les fédérations olympiques et un président représentant
les fédérations non olympiques ;
-- un représentant du MEDEF, préfigurant une représentation du monde économique.

Les travaux réalisés ont vocation à nourrir un projet de loi pour le développement du sport dans la société.

1. Cf. annexe 1 : Note de cadrage commune adoptée lors du premier comité de pilotage du 22 novembre 2017

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 11

1.2 La démarche
La démarche s’est fondée sur une vision large de la notion de gouvernance conçue comme le système
produit par les relations entre les acteurs de l’écosystème du sport, les règles internes propres à chacun
d’eux, ainsi que le dispositif réglementaire dans lequel ceux-ci évoluent.

Cette approche classique est celle proposée par le Petit Robert : « La gouvernance correspond à la mise
en œuvre d’un ensemble de dispositifs (règles, normes, protocoles, conventions, contrats...) pour assurer
une meilleure coordination des parties prenantes d’une organisation, chacune détenant une parcelle de
pouvoir, afin de prendre des décisions consensuelles et de lancer des actions concertées. »

La démarche a donc été conçue pour dégager des propositions d’évolution des acteurs, de leurs relations
et de leur environnement normatif pour atteindre le double objectif : développer les pratiques et augmenter
le nombre des médaillés français. Elle a donc visé à définir la forme la plus adaptée de coordination et de
coopération des parties prenantes et à préconiser les évolutions réglementaires de nature à optimiser cette
organisation.

Un premier séminaire de lancement réunissant plus de 80 personnes a dressé un bilan partagé du modèle
actuel et dégagé des objectifs d’amélioration pour chacun des acteurs2.

Il a été suivi de 4 séminaires thématiques et d’un séminaire de conclusion.

1.2.1 4 séminaires thématiques


La réflexion collective relative à l’amélioration des divers éléments constitutifs de l’organisation du
sport en France s’est organisée autour de quatre grands blocs approfondis lors de quatre séminaires :
-- Fédérations, clubs 3.0, pratiques sportives et organisation sportive
-- Sport, Europe et territoires
-- Les moyens du développement
-- Les attentes sociales

Chaque séminaire thématique a réuni entre 70 et 100 personnes. Un groupe permanent composé d’une
quarantaine de membres, issus des mêmes grandes catégories que le comité de pilotage, a participé
à l’ensemble des échanges. Un groupe de « spécialistes », également d’au moins une quarantaine de
personnes, était spécifiquement désigné en fonction du contenu de chaque journée.

2. La synthèse de ces travaux est reprise intégralement dans le rapport annexe

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
12 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Les séminaires ont combiné à la fois un travail en ateliers permettant de définir des scénarios d’évolution,
d’identifier les points de consensus et de débat, ainsi qu’un échange plus large en plénière autour de la
restitution des travaux des ateliers. Chaque sujet était préparé en amont par les équipes de la direction des
sports, par le mouvement sportif coordonné par le CNOSF et par les collectivités qui ont activé à cet effet
leurs commissions « Sport ».

Le 1er séminaire thématique, « Fédérations, Clubs 3.0, pratiques sportives et organisation sportive », a
regroupé les questionnements suivants :
-- Le principe de la délégation, de l’agrément et les conditions de contrôle de l’État
-- La gouvernance des fédérations et/ou des clubs, les modèles juridiques possibles, et l’impact de
l’élection par les clubs ou les licenciés, l’éthique et la transparence
-- La marchandisation : quelle place pour les clubs et les fédérations, pour les collectivités et pour le
secteur privé
-- Comment aborder le numérique dans le sport ? Numérique et développement du sport
-- La gouvernance du sport professionnel
-- Sport et handicap : faut-il une gouvernance spécifique ?

Le deuxième séminaire thématique, « Sport, Europe et territoires », a abordé :


-- L’approche du sport français en Europe
-- Quelle cohérence entre les différents acteurs publics du sport sur les territoires ?
-- Les relations entre collectivités et clubs professionnels
-- Haute performance, haut niveau et territoires
-- Les centres de ressources, d’expertise et de performance sportive (CREPS) dans les territoires
-- Les équipements sportifs : modalités de gestion et normes.

Le troisième séminaire thématique, « Les moyens du développement », s’est concentré sur :


-- Formation aux métiers du sport : la répartition des compétences et les complémentarités entre
l’État, la branche professionnelle et les fédérations en matière de formation, l’enjeu du respect de la
réglementation européenne
-- Les conseillers techniques sportifs
-- Financement, Fiscalité

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 13

-- L’emploi
-- Positionnement et attentes à l’égard des entreprises
-- Le bénévolat

Le dernier séminaire thématique « Attentes sociales et autres sujets » aura permis d’évoquer les derniers
sujets d’importance ou d’approfondir certains points précédemment abordés :
-- Les Politiques éducatives
-- L’Economie sociale et solidaire
-- Le sport en QPV
-- Le mécénat sportif
-- Articulation et rôle respectif des acteurs au niveau régional

Des ateliers d’approfondissement ont été organisés sur les thèmes le nécessitant : l’organisation de la
délégation, le renforcement des garanties d’ordre éthique au sein du mouvement sportif, les relations entre
les fédérations sportives et les ligues professionnelles, les relations entre les collectivités locales et les clubs
professionnels, l’organisation du handisport et du sport adapté.

Les conclusions de l’ensemble de la concertation ont été retranscrites, séminaire par séminaire, au travers
de documents rendus publics sur le site du ministère des Sports. Le rapport annexe du présent rapport
reprend ces synthèses.

Dans le même temps, une consultation numérique a été ouverte dès le mois d’avril sur le site du ministère.
Une page dédiée à la concertation sur la Gouvernance du sport permettait à tous de retrouver l’ensemble
des contributions et des résultats des travaux et offrait également la possibilité à chaque citoyen, via une
plateforme, de déposer sa propre contribution.

Enfin, des jeunes en service civique ont également été sollicités pour deux demi-journées de travail. Ils ont
apporté un œil neuf sur le monde du sport3.

3. Synthèse dans le rapport annexe précité

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
14 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

1.2.2 Le choix d’un scénario parmi 4


Tout en accompagnant la totalité des travaux, le comité de pilotage a centré ses débats autour du modèle
de coordination des parties prenantes. Lors de sa séance du 2 février 2018, le comité de pilotage a
travaillé sur 4 scénarios4. L’étude de ces scénarios a permis de mieux imaginer et de visualiser les hypothèses
de changement. Elle a permis de poser le débat, d’échanger, de repousser certaines propositions et d’en
valider d’autres.
Scénarios 1 – Continuité 2 – Rupture 3 – Décentralisation 4- Gouvernance
collégiale
Amélioration du Transfert des Compétences séparées Partage des
modèle actuel, compétences et des ou complémentaires. Le compétences et des
des compétences financements au HN et la performance responsabilités
qui restent mouvement sportif à l’État et au
« enchevêtrées » mouvement sportif, le
développement aux
collectivités territoriales
Responsabilité Centralisée Déléguée Concentrée et Partagée et répartie
décentralisée
Pouvoir État Mouvement sportif État et collectivités Pouvoir partagé
sur délégation territoriales
Instance de Conseil national du CNOSF Commission nationale Structures collégiales
concertation sport du sport de haut niveau nationale et
(CSHN) régionales
Financement Financement sur le Financement par Financement du HN par Financement État
modèle actuel : Loi de une taxe affectée + État, financement du via taxes affectées
finances + taxe Buffet financement par les développement du sport + financement
+ moyens collectivités collectivités locales par les collectivités collectivités
territoriales territoriales territoriales
Haut niveau L’État définit et met Le mouvement L’État gère le HN en Les acteurs du sport
(HN) et Haute en œuvre la politique sportif gère le HN. concertation ou en définissent ensemble
performance (HP) sportive, contractualise Les conseillers partenariat avec le la stratégie du HN
avec les fédérations. techniques sont mouvement sportif. et de la HP qu’ils
Les conseillers transférés au Les conseillers mettent en œuvre de
techniques restent à mouvement sportif. techniques sportifs façon partenariale
l’État. (1) restent à l’État /
(2) sont transférés au
mouvement sportif
Développement Le développement Le mouvement sportif Les collectivités Le développement
des pratiques est partagé entre prend en charge le ont en charge le fait l’objet d’une
l’État, le mouvement développement de la développement de la concertation et
sportif avec le soutien pratique sportive pratique sportive. L’État d’une mise en œuvre
des collectivités n’intervient plus. partagée
territoriales

4. Il convient de rappeler qu’un scénario est la projection permettant de formaliser un futur possible.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 15

[Link] Le scénario de la continuité


Ce scénario repose sur les principes suivants :

Au niveau national
-- Transformation du Conseil National du Sport (CNS) en Haut Conseil au Sport avec l’État, le
mouvement sportif, les collectivités territoriales et les entreprises qui formulent des avis sur les
grandes orientations liées au développement du sport.
-- Maintien des missions du ministère des Sports sur le périmètre actuel. Le haut niveau reste géré par
une délégation ministérielle.
-- Maintien du Centre National de Développement du Sport (CNDS) sur le fonctionnement actuel.

Au niveau des territoires


-- Les conférences régionales du sport qui organisent la concertation entre les acteurs pour définir et
mettre en œuvre des politiques sportives. Le CNDS conserve le fonctionnement actuel.
-- Une seconde hypothèse instaure des conférences des financeurs entre l’État, le mouvement sportif,
les collectivités (région, départements, EPCI, communes), le monde économique, qui définiraient
les politiques sectorielles à conduire et les modalités de financement de ces politiques. Chacun
conserve ensuite, au regard de ses compétences, une intervention financière dans un cadre concerté.

Ce scénario n’a pas été retenu dans la mesure où il s’inscrit dans la continuité du modèle actuel sans
prise en compte de l’évolution du rôle et des missions des acteurs. Dans ce scénario, chacun continue à
poursuivre ses objectifs propres sans vision commune, ni coordination. Il ne répond pas à la finalité de la
démarche visant à construire une gouvernance partagée.

[Link] Le scénario du transfert de l’organisation du sport au mouvement sportif


Dans ce scénario, toutes les compétences et financements (taxes) sont transférés au mouvement sportif
qui organise le sport au niveau national et sur les territoires à la fois dans sa dimension de gestion du haut
niveau et de la performance et dans sa dimension d’organisation du développement de la pratique sportive.

Dans cette vision, les collectivités territoriales développent leurs politiques sur les territoires en partenariat
avec le mouvement sportif. L’État est recentré sur des missions qui ne peuvent pas être déléguées
(certification, habilitation, réglementation, contrôle).

Ce scénario, qui rappelle le modèle italien, a été repoussé par tous les acteurs, y compris le mouvement
sportif.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
16 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

[Link] Le scénario de la décentralisation


Dans ce scénario, la haute performance et le haut niveau sont dissociés du développement des pratiques
sportives. La haute performance et le haut niveau relèvent de l’État et du mouvement sportif d’une part, le
développement des pratiques relevant des collectivités territoriales et du mouvement sportif d’autre part.

Le ministère des Sports est maintenu sur les missions régaliennes de réglementation, de sécurité et de
pilotage du haut niveau. Le développement du sport est décentralisé aux collectivités territoriales avec les
régions comme chef de file.

Ce scénario peut être tentant dans un objectif de désengagement de l’État. Certains diront d’ailleurs que,
compte tenu du niveau d’implication des collectivités territoriales dans le sport (13 milliards d’Euros),
l’intervention de l’État à travers celle du ministère des Sports (moins de 800 millions d’Euros) n’est à pas
à la hauteur des enjeux.

Il convient toutefois de rappeler plusieurs éléments :


-- en premier lieu, la haute performance et le haut niveau relèvent aujourd’hui d’un cofinancement État,
mouvement sportif, et collectivités territoriales ;
-- en deuxième lieu, depuis l’annonce de l’organisation des Jeux à Paris, les collectivités et les
territoires se mobilisent pour être base arrière ou base d’entrainement des JOP, ce qui nécessite des
investissements en faveur de la performance et du haut niveau ;
-- enfin, en troisième lieu, des pratiques émergentes (sport-santé, pratiques sportives à des fins
d’émancipation) de nature à structurer le sport de demain requièrent une coordination de tous les
acteurs nationaux (têtes de réseaux) et locaux.

Pour toutes ces raisons, une observation et une stratégie partagées sont nécessaires. Dans cet élan collectif
où chaque acteur souhaite que les Jeux soient partagés sur tout le territoire et laissent un héritage, un
scénario visant à supprimer l’intervention des collectivités territoriales en faveur de la haute performance
et du haut niveau n’aurait pas de sens, tout comme celui de supprimer celle de l’État en matière de
développement des pratiques.

[Link] Le scénario de la gouvernance collégiale


Le comité de pilotage a souhaité approfondir ce quatrième scénario avec la volonté de créer au niveau
national et au niveau territorial des structures collégiales de concertation et de décision. La structure
nationale ne constituerait pas une couche d’administration supplémentaire. Compétente en matière de haut
niveau et de développement, elle se substituerait au CNDS, au CNS, et à divers services et commissions
de la direction des sports et de l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP).
Au niveau territorial, une organisation collégiale de concertation et de décision permettrait de donner de
la lisibilité aux politiques publiques sportives sur les territoires et de la cohérence dans les financements.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 17

Ainsi, le 15 mai 2018, le comité de pilotage a fait le choix du scénario 4 après les premiers travaux de
concertation avec les acteurs. « 3 scénarios ont été repoussés : le scénario de la continuité, le scénario
du transfert de l’organisation du sport au mouvement sportif et le scénario de la décentralisation du
développement du sport aux collectivités territoriales. Le comité de pilotage a retenu le scénario de la
gouvernance partagée à responsabilités réparties et a affirmé le souhait de créer au niveau national et au
niveau territorial des structures collégiales de concertation et de décision. »5

1.3 Pourquoi une nouvelle gouvernance du sport ?


Si le modèle actuel de gouvernance du sport a survécu à deux grandes périodes (1), il montre aujourd’hui
ses limites en termes d’efficacité et d’efficience (2) et ne répond plus aux attentes sociales (3).

1.3.1 Un modèle qui a survécu à 2 grandes périodes


Le modèle actuel de la gouvernance du sport a survécu à deux grandes périodes : des années d’après-
guerre aux premières lois de décentralisation en 1983, et de la décentralisation à aujourd’hui.

Avant la décentralisation, le sport en France s’est construit sur une organisation verticale basée sur la
tutelle de l’État sur les communes. L’organisation était simple. La pratique se limitait à la compétition
sportive dans les clubs et à l’éducation physique à l’école. Les financements étaient essentiellement publics.

Des années 80 jusqu’à la première décennie du 21ème siècle, l’organisation du sport s’est complexifiée
en raison notamment de la création de collectivités territoriales de plein exercice, du renforcement de
l’intercommunalité, de l’apparition d’opérateurs privés qui ont accompagné le phénomène de massification
et de diversification de la pratique sportive.

Durant ces trois décennies, les acteurs du sport sont entrés dans un processus de contractualisation tous
azimuts. Le club contractualise avec la commune, l’intercommunalité, le département, la région, l’État
et parfois plusieurs fois avec la même collectivité sur des politiques différentes. Quant aux collectivités
territoriales, la règle est devenue le co–financement des projets, ce qui a pour conséquence de ralentir les
initiatives et de compliquer des démarches déjà lourdes.

Le constat partagé a mis en exergue la complexité du modèle actuel, le manque de lisibilité des politiques
sportives et des missions respectives des différents acteurs, le manque de cohérence entre les décisions,
l’absence de concertation entre les acteurs pour gérer une compétence partagée, un saupoudrage de
moyens, une difficulté à s’adapter à l’évolution de la demande sociale. En conséquence, les clubs font face

5. Cf. annexe 2, Déclaration du copil « gouvernance du sport » du 15 mai 2018

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
18 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

à de multiples financeurs peu coordonnés entre eux, et les communes et structures intercommunales qui
mettent en place des projets sportifs locaux ont des difficultés à identifier et à coordonner les divers types
d’intervenants.

Les objectifs de maîtrise des dépenses publiques et la réforme territoriale signent la fin d’un modèle de
conduite de politiques publiques fondée sur la hiérarchie contractuelle et la dépendance publique.

Les réformes territoriales (loi MAPTAM - loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique
territoriale et d’affirmation des métropoles -, loi relative à la délimitation des régions et loi NOTRe - loi
du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la république -) ne sont pas qu’un simple
changement d’échelle, un territoire urbain « en plus grand », elles induisent véritablement un changement
de gouvernance, une nouvelle manière de conduire les politiques publiques.

La gouvernance du sport est au cœur de ce processus de transformation dans un secteur où les collectivités
territoriales sont les premiers financeurs du sport en France.

1.3.2 Pour plus d’efficacité et d’efficience


L’obsolescence de ce modèle ne suffirait pas à justifier une rénovation de la gouvernance s’il ne comportait
également des risques de carence à la fois en matière de haute performance sportive et d’utilité ou de
performance sociale.

[Link] En matière de performance sportive


Notre modèle d’organisation, conçu après la débâcle du sport français aux Jeux Olympiques de Rome en
1960 a permis de redresser les résultats sportifs de notre pays dans les grandes compétitions. Toutefois, il
ne pourra pas nous permettre de progresser encore dans le concert des nations. Il pourra tout au plus nous
maintenir dans la situation actuelle pour les sports olympiques, et ne sera pas apte à endiguer la baisse
constante de nos résultats paralympiques d’été depuis 1984 malgré les récents efforts entrepris par l’État
pour soutenir activement le CPSF et les disciplines paralympiques.

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 19

Résultats aux JO d’été depuis 1952

Résultats aux JP d’été

En bleu, total de médailles - En rouge, médailles d’or

[Link] En matière de performance et d’utilité sociale


Alors que les bienfaits de l’activité physique pour la santé ne sont plus à démontrer, le niveau global
d’activité est en baisse chez les femmes, et chez les jeunes6, et depuis 2009, le nombre de personnes
déclarant ne jamais pratiquer d’activité physique a augmenté de 3%.7

La France est avant-dernière selon l’OCDE pour le taux de pratique des 11-15 ans.

Ni les performances sportives, ni les performances sociales de notre modèle d’organisation ne sont à la
hauteur des ambitions fixées à notre pays.

6. Source étude Esteban sept 2017 (Etude de santé sur l’environnement, la bio surveillance, l’activité physique et la nutrition)
7. Source Eurobaromètre

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NOUVELLE
20 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Panorama de la santé 2016 de l’OCDE

Pour changer de modèle, chacun devra évoluer autour d’une vision commune.

L’évolution de la gouvernance suppose d’abord la définition d’un projet global à porter ensemble et
durablement.

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 21

[Link] En matière de performance économique


Le modèle sportif français repose sur une forte intervention de la sphère publique en particulier des
collectivités territoriales.

Ce modèle de financement est important en comparaison avec d’autres modèles européens.

NB : Le CONI est le comité national olympique italien

Pour autant, que ce soit en termes de pratique sportive ou de résultats aux JOP, il est moins efficace et
efficient que d’autres modèles européens.

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NOUVELLE
22 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Source CNOSF

1.3.3 Pour répondre à la diversité des attentes sociales


Depuis 60 ans, date de création de notre modèle sportif, les attentes sociales ont largement évolué. Elles
varient en outre au cours de la vie d’un individu.

Les motivations sont très diverses, la réponse par une pratique licenciée n’est pas suffisante, d’autant plus
que le numérique encourage une autre forme de pratique.

[Link] La grande diversité des motivations

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 23

Le modèle a été créé dans un contexte où la finalité du sport était la compétition et l’éducation.

Aujourd’hui la finalité première est l’entretien physique et la santé.

La complexité de la réponse aux demandes sociales découle de la grande variété des motivations. Il est
toutefois possible d’en analyser les grandes tendances.

La première, et la plus connue, est une logique compétitive où le pratiquant recherche une pratique dite
« traditionnelle ». L’ambition est d’apprendre la logique interne d’une discipline. Le pratiquant est motivé
par une démarche de confrontation à lui-même et aux autres, dans un milieu normé. Cette pratique se
déroule essentiellement au sein du monde fédéral. On relève toutefois une tendance lourde à une forme
de pratiques sportives compétitives individuelles ou communautaires où les pratiquants cherchent la
performance, le dépassement à travers des épreuves comme la course sur route, les cyclo sportives, les
triathlons, le trail, les raids…

A l’inverse, d’autres pratiquants cherchent une pratique adaptée à leurs besoins : pratique de loisir ou
individuelle « à la demande ». Le temps, comme le lieu de pratique n’est pas normé. L’idée première ici n’est
pas le respect d’un code ou d’une règle ; la pratique est souhaitée libre et repose avant tout sur le plaisir.
Ces nouvelles formes de pratiques sportives s’organisent également grâce aux applications numériques.8
Dans d’autres logiques de pratiques, la place du corps est essentielle. L’activité physique devient le moyen
de (se) plaire, c’est un moyen de se transformer, de rechercher un positionnement social.

Le sport-santé ou la pratique d’activité physique et sportive pour les personnes âgées concernent et
concerneront de plus en plus de personnes, avec la « Silver génération » du babyboom.

Parfois, l’usage de matériaux spécifiques peut permettre d’améliorer la pratique. C’est le cas des
personnes en situation de handicap (prothèses) ou de pratiquants qui cherchent à réinventer les pratiques
traditionnelles, par l’utilisation d’outils technologiques visant à améliorer la performance, ou à l’aide d’objets
connectés.

Demain, ce sont d’autres logiques qui feront leur apparition et qui obligeront les acteurs du sport à s’adapter.
Pour ne citer que le « e-sport » et sa logique de spectacle via une confrontation planétaire sans déplacement,
comment notre organisation peut-elle prendre en compte l’émergence d’un tel phénomène de société ?

Force est de constater que des évolutions sociétales ont eu lieu sans que les institutions responsables
de l’organisation du sport en France ne les aient prises en compte, handicapées par une relation quasi-
exclusive avec le milieu fédéral dont elles n’ont pas stimulé l’évolution.

8. C’est ce que certains observateurs du sport appellent « l’ubérisation » des pratiques

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NOUVELLE
24 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

[Link] Une pratique sportive en constante augmentation


La pratique sportive licenciée augmente progressivement depuis les années d’après-guerre comme le
montre le diagramme suivant. Il convient de noter que cette augmentation profite essentiellement aux
fédérations olympiques, le poids des fédérations sportives en pourcentage de licenciés variant peu depuis
60 ans.

Patrick Bayeux – Laurence Lefèvre Gouvernance du sport 2018, statistiques, INSEP-MEOS

Toutefois la pratique sportive licenciée ne recouvre pas la totalité de la pratique sportive. Le mouvement
sportif en est totalement conscient et considère que « l’offre de pratique fédérale traditionnelle basée
sur la licence annuelle et orientée vers la compétition ne répond plus à l’ensemble des demandes des
pratiquants ».9

Face à ces évolutions, le mouvement sportif propose de positionner la fédération comme distributeur
d’offres de pratiques sportives en « valorisant et diversifiant ses offres fédérales autour de différentes
formes (e-sport, sport-santé, sport en entreprise, autres pratiques innovantes) et modalités de pratique
complémentaires de la pratique fédérale traditionnelle (titres de participation, prestations…) », en devenant
le relais et le référencement des offres de pratiques des opérateurs privés « partenaires ».10

[Link] Une pratique sportive de plus en plus informelle


La pratique sportive ne cesse d’augmenter depuis 50 ans.

En 1967 (Insee), 12,9 % des Français avaient une pratique sportive régulière, 15,1 % une pratique
irrégulière.

9. Note du mouvement sportif Groupe de travail interne composé de fédérations Sous-thématique n° 3 – marchandisation : quelle place pour les fédérations
et les clubs, pour les collectivités, pour le secteur privé ?
10. Idem note 8

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 25

En 2010, près de 65 % des personnes âgées de 15 ans et plus et résidant en France, ont pratiqué de
manière soutenue une activité physique ou sportive (hors éducation physique et scolaire) lors des douze
derniers mois (enquête pratique physique et sportive 2010, CNDS, direction des sports, INSEP, MEOS).

Fin 2016, cette tendance se confirme avec près de 6 Français sur 10 déclarant pratiquer une activité
sportive au moins une fois par semaine, 77 % une activité hebdomadaire ou moins fréquente (Octobre
2017, enquête Harris interactive Cetelem).

Cette évolution montre que 2/3 des Français ont une pratique régulière, et qu’un quart environ pratique en
club.

[Link] Le numérique qui bouleverse l’organisation de l’offre


Patrick Bayeux et Alain Loret étaient les premiers à consacrer un dossier spécial sur « l’ubérisation » du sport
en novembre 201511, dossier central d’Acteurs du sport présenté lors du Salon des maires de 2015. Il était
pointé dans le domaine du « sport qui se pratique » (l’autre sport est celui qui se regarde), dès l’année
2013, l’apparition en France de nouvelles applications révolutionnaires via les smartphones et les réseaux
sociaux. Proposées par des startups qui n’existaient pas un an plus tôt, elles reposent sur l’organisation «
informelle » des pratiques sportives. Celles-ci s’inscrivent dans cette fameuse « économie du partage » qui
prend appui sur « l’ubérisation » des modes de consommation. L’article pressentait déjà que « le succès de
ces applications conduira à une mise en danger pouvant aller jusqu’à la disparition de certaines structures
associatives « physiques ». Plus profondément, cette véritable « disruption sportive » conduira les communes
à revoir l’usage et le management des équipements. Elles devront combiner certains équipements avec les
espaces publics. »12

L’un des enjeux majeurs de la rénovation de la gouvernance sera de prendre en compte de nouveaux
acteurs, de nouvelles pratiques et de nouvelles organisations et technologies dans un écosystème complexe
plus ouvert que jamais où tout est connecté.

11. « Vers une ubérisation du modèle sportif ? » Acteurs du sport Novembre 2015 Patrick Bayeux, Alain Loret
12. « Vers une ubérisation du modèle sportif ? » Acteurs du sport Novembre 2015.

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NOUVELLE
26 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Cette évolution constitue également une opportunité pour repenser les politiques publiques sportives visant
à élever le nombre de pratiquants.

Pour répondre à ces attentes, il est nécessaire de modifier l’organisation actuelle pour que celle-ci soit plus
ouverte au monde présent, plus agile dans l’accompagnement des tendances et, enfin, plus perméable
dans la prise en compte de ce qui émerge.

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 27

2 Seconde partie : une nouvelle


gouvernance pour une nouvelle vision
du sport au-delà de 2024
Au fil des séminaires, c’est une nouvelle vision du sport qui est apparue, celle d’un « bien commun » incitant
chacun des acteurs à se mettre au service d’un projet partagé.

Le sport, c’est aujourd’hui 38 millions de pratiquants dont la majorité n’est pas licenciée au sein d’un club.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le sport et l’activité sportive sont bénéfiques à tous les
âges de la vie. Le sport d’entreprise présente des bénéfices pour l’entreprise et pour ses salariés13 : moins
6 % de taux d’absence et une motivation renforcée… De plus, le sport contribue tout particulièrement à
l’émancipation des femmes. Par le respect des règles et par le goût de l’effort qu’il inculque, il constitue un
outil de remédiation, d’éducation et d’émancipation sociale de premier ordre.

La forte tutelle de l’État se justifiait à une époque où obtenir de meilleures performances constituait l’objectif
princeps de l’organisation sportive qui reposait principalement sur les fédérations encore faiblement
organisées. Or, aujourd’hui, la prépondérance de l’État n’est plus justifiée, et doit évoluer pour promouvoir,
avec l’ensemble des autres acteurs, un bien commun qui reste financé en majorité par les ménages et les
collectivités locales.

Au fil de la démarche, les acteurs ont pris conscience de leur responsabilité pour définir une vision fondatrice
d’une nouvelle gouvernance.

2.1 Une vision sur la place du sport dans la société : un bien


commun

La relation originelle et très peu modifiée entre l’État et le mouvement sportif a troublé la perception des
évolutions sociales.

13. Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 10 au 12 octobre 2017 commanditée par le CNOSF et le Medef, avec le soutien financier d’AG2R
La Mondiale.

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NOUVELLE
28 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

C’est l’évidence d’une nouvelle vision imposée par la transformation de la société et des exigences
renouvelées qui rend aujourd’hui indispensable l’évolution de notre modèle.

La pluralité des pratiques sportives, la place importante des bénévoles, son aptitude à « faire société », la part
importante de financement des ménages, imposent le sport comme un bien commun dans son acception
moderne : « Le bien commun vise l’épanouissement intégral des personnes et des groupes qui constituent
la société : si le politique en est le responsable ultime, chacun en est responsable à son niveau et on ne peut
espérer progresser vers lui que si les corps intermédiaires peuvent vraiment tenir leur place. »14

Un bien commun est un bien partagé, construit de générations en générations, transmissible et évolutif.
Tout comme la culture et la musique, habituellement considérées comme des biens communs, le sport
appartient au patrimoine immatériel d’un pays ou d’un territoire. Un bien commun est aussi un bien d’utilité
sociale ; les apports sociaux du sport sont à cet égard désormais reconnus. Enfin, un bien commun, c’est,
dans une société moderne, un bien qui doit pouvoir être disponible pour tous et partout. Pour reprendre
l’affirmation de Laura Flessel « chacun doit pouvoir accéder au sport tout au long de sa vie ».

L’enjeu d’une nouvelle organisation, consiste donc à trouver la juste place de chacun, y compris des
pratiquants pour contribuer à la prospérité de ce bien commun.

L’article L100-1 du code du sport pourrait être ainsi révisé pour correspondre à la vision du Conseil de l’Europe.

« On entend par « sport » toutes formes d’activités physiques qui, à travers une participation organisée ou
non, ont pour objectif l’expression ou l’amélioration de la condition physique et psychique, le développement
des relations sociales ou l’obtention de résultats en compétition de tous niveaux.15 L’égal accès des hommes
et des femmes aux activités sportives, sous toutes leurs formes, est d’intérêt général. »

Un groupe de travail pourrait préciser cette définition.

14. Jean-Yves Naudet, professeur émérite d’économie à la Faculté de Droit et de Sciences politiques de l’Université d’Aix-Marseille
15. Charte européenne du sport [Link]

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 29

2.2 Une nouvelle conception de la gouvernance


Cette vision du sport comme un bien commun amène naturellement la puissance publique à redéfinir sa
place pour « libérer les énergies» de tous les acteurs. Cette approche moderne et proportionnée pourrait
se concrétiser autour des principes suivants :

2.2.1 L’abandon d’une organisation hiérarchique impulsée essentiellement par


l’État.
Ce sont les usagers et les territoires qui façonnent le sport aujourd’hui.

Les politiques publiques sportives sont multiples, impulsées par l’État et par les collectivités.

Les opérateurs se sont diversifiés et l’outil numérique accroît la liberté des pratiquants qui néanmoins, pour
s’autonomiser, ont besoin d’un encadrement, à certaines périodes de leur vie.

L’État, dans ce cadre, ne peut plus être seul « maître à bord » dans une relation tutélaire avec un
mouvement sportif qui n’est plus le seul opérateur des politiques sportives, et qui revendique sa part dans
la détermination des objectifs collectifs. L’enjeu d’une nouvelle gouvernance repose sur la capacité d’un
système à fédérer les divers acteurs de l’éco-système du sport pour construire ensemble l’intérêt général
plutôt que celui-ci soit décidé par un acteur prépondérant.

Cette approche constitue un enjeu important pour le mouvement sportif car elle renvoie à la nécessité, en
contrepartie de son autonomisation vis-à-vis de l’État, de développer une plus forte responsabilisation, en
particulier sur les questions de l’éthique sportive.

2.2.2 Une organisation fondée sur une analyse et un accompagnement des


demandes
Le sport fut l’un des premiers champs sociaux à connaître une forme d’ubérisation. Des pratiques similaires
se développent en effet à la fois en pratiques libres, de façon occasionnelle, en club, ou dans des structures
commerciales… C’est donc l’expérience individuelle, la demande, qui détermine le type de pratique même
si les pouvoirs publics peuvent, pour des motifs d’intérêt général, encourager tel ou tel type de pratique et
soutenir certains segments de la population.

L’enjeu de la nouvelle gouvernance sera donc de stimuler le développement d’une offre de pratiques pour
répondre à ces aspirations diverses et toutes aussi légitimes. Dans cette perspective, un cadre réglementaire
assoupli devra donner sa chance à chaque « offreur » potentiel d’activités afin que les pratiquants aient le
maximum de chances de trouver une solution adaptée à leurs besoins.

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NOUVELLE
30 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

2.2.3 Un État garant


Au sein de la nouvelle gouvernance, les acteurs devront s’organiser pour que nos athlètes olympiques et
paralympiques soient au rendez-vous de la performance sportive en 2024 avec l’objectif de doubler le
nombre des médailles. De plus, ils devront aussi garantir une performance et une utilité sociale consistant
à diffuser sur tout le territoire un engouement en faveur de la pratique du sport pour tous et partout au-delà
de 2024.

Cette évolution, si elle advient, sera constitutive d’une belle part de l’héritage des Jeux. C’est à l’État d’en
être le garant, sans pour autant, en être l’unique organisateur ou l’unique prescripteur.

Son rôle sera en particulier d’offrir, avec le Parlement, un cadre législatif et réglementaire adéquat.

2.2.4 Des financements publics à redessiner


Les financements publics se sont construits, au fil de l’eau, en fonction de priorités non coordonnées.
Aujourd’hui, dans un contexte de limitation des ressources publiques, le soutien financier de la puissance
publique en faveur du sport reconnu comme un bien commun, est logiquement interrogé.

Le bloc communal a été le principal financeur du sport, facteur de développement local et de cohésion
sociale. Les départements et les régions sont intervenus en complément à des fins d’aménagement du
territoire ou de rayonnement local s’agissant des événements sportifs, du sport professionnel ou de haut
niveau par exemple.

Aujourd’hui, alors que les premières générations d’équipements sont vieillissantes et que de nouvelles
aspirations émergent, il est temps de mieux coordonner les interventions.

S’agissant de l’État, dans les années 60, celui-ci a financé un mouvement fédéral tourné vers la compétition.
Les années 80 ont été marquées par la reconnaissance et le financement du sport à l’école jusqu’à
l’université.

Aujourd’hui, le maintien de l’effort en faveur du sport de haut niveau et du sport scolaire n’est pas contesté,
et son accroissement, en matière de haute performance, apparaît indispensable pour doubler le nombre de
médailles, même s’il conviendra de rechercher une efficience accrue des moyens.

Ce qui pose question, dans cette vision d’un sport, comme bien commun, c’est la place du financement
de l’État. Au-delà du sport de haut niveau et du sport scolaire, y-a-t-il une légitimité pour des financements
d’État dans le cadre d’une consommation d’offre sportive « éclatée » ? L’État doit-il financer le bien
commun sportif comme il finance le bien culturel ? Nous faisons l’hypothèse qu’une réponse positive est à
calibrer autour d’un principe de subsidiarité selon lequel l’État des JOP 2024 devrait appuyer les pratiques

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 31

émergentes (sport-santé par exemple) ou s’attacher au redressement des inégalités d’accès à la pratique
sportive dans un nouveau contrat à trouver avec l’ensemble des acteurs de la nouvelle gouvernance, et avec
les ménages.

C’est donc un contrat politique qui se dessine autour de la question du financement du sport par l’État. Le
chantier de rénovation de la gouvernance du sport devra tracer une nouvelle forme de positionnement de la
puissance publique dans une société plus mature, plus autonome et plus responsable.

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NOUVELLE
32 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

3 Troisième partie : une gouvernance


collégiale à responsabilités réparties
Il ressort de la concertation une proposition de nouvelle gouvernance organisée comme suit. Au niveau
national, serait créée une agence unique de concertation et de décision prenant la forme d’un Groupement
d’Intérêt Public (GIP) (1). Au niveau territorial, seraient consacrées les conférences régionales du sport et, le
cas échéant mises en place des conférences des financeurs (2). Un schéma cadre est présenté (3).

3.1 Une agence nationale unique


A mi-chemin de la démarche de concertation pour la rénovation de la gouvernance du sport, les parties
prenantes se sont accordées sur la nécessité de créer, au niveau national et au niveau territorial, des
organisations collégiales de concertation et de décision. Ceci procède de plusieurs considérations.

L’excellence olympique et paralympique de Paris 2024 repose sur notre capacité à s’organiser pour que nos
athlètes olympiques et paralympiques soient au rendez-vous de la performance sportive, et pour diffuser sur
tout le territoire un engouement pour la pratique du sport pour tous et partout.

Cette double performance sportive et sociale nécessiterait de créer les conditions d’une co-construction
avec les collectivités territoriales, principaux financeurs du sport, le mouvement sportif, les entreprises
impliquées en matière de haute performance et de développement des pratiques, ainsi que les usagers
eux-mêmes.

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 33

En matière de haute performance et de haut niveau, l’enjeu consisterait à mettre en œuvre les préconisations
du rapport de Claude Onesta16 pour renforcer le suivi et l’accompagnement des sportifs potentiellement
« médaillables ». Notre pays doit compenser son retard en matière de recherche et d’innovation dans la
haute performance sportive. Notre organisation doit aussi devenir plus performante pour attirer les meilleurs
entraîneurs, offrir à nos sportifs des conditions d’entraînement optimum et mieux détecter les potentiels
notamment dans la perspective des Jeux Paralympiques… Notre organisation devrait faire des choix
assumés quant au soutien financier aux disciplines olympiques et paralympiques. Elle devrait s’appuyer
à cet effet sur un centre de données à créer. Elle financerait à titre principal les fédérations, mais aussi
des services mutualisés utiles à la performance ou des organismes de recherche basés ou non à l’INSEP.
L’INSEP, ainsi challengé, resterait centré sur l’accompagnement opérationnel aux sportifs, le développement
du réseau grand INSEP pour animer et dynamiser les CREPS, la recherche appliquée et la formation. Les
CREPS, mieux inscrits dans leur éco-système régional, devraient développer des projets dynamiques
conformément à l’accord signé à Chambord « Protocole d’accord pour une gouvernance régionale du sport
de haut niveau »17. Les équipes des CREPS devraient être accompagnées à cet effet dans le cadre d’un
projet impulsé par l’INSEP.

En matière de développement de la pratique, le soutien à la structuration des fédérations, d’une part, et aux
réseaux socio-sportifs émergents, d’autre part, ne fait pas débat car ils sont indispensables pour impulser
des projets sportifs locaux. Dans une logique de subsidiarité territoriale, il serait nécessaire de mener
des actions de correction des inégalités. Il semble également indispensable de soutenir, dans un cadre
concerté, les nouvelles dynamiques liées au sport : le sport-santé, le sport d’entreprise, le sport comme
vecteur de remédiation sociale ou la lutte contre les discriminations dans le sport...

Une agence unique permettrait aux parties prenantes de construire un corpus commun de connaissances
afin que chacun se positionne là où il paraît le plus utile. Cette agence, qui pourrait afficher le principe de
subsidiarité territoriale et financière dans sa convention constitutive, viserait donc en premier lieu l’efficience
de l’action publique et privée en matière sportive. Elle devrait induire une répartition des financements.

Son cadre juridique serait plutôt celui d’un Groupement d’Intérêt Public (GIP) dans la mesure où la finalité
des GIP est de fédérer des énergies dans un but commun au service duquel chacun devra œuvrer.

Le cadre des établissements publics administratifs sous tutelle de l’État visant à associer divers avis à la
décision de la puissance publique ne se prête pas à l’ambition affirmée ici.

Le groupement comprendrait des collèges qui désigneraient en leur sein leurs représentants au Conseil
d’administration. La vitalité de chaque collège serait l’une des conditions de réussite de la démarche. Les
conditions de constitution des collèges seraient donc des défis importants qui restent à relever.

16. Claude ONESTA / Janvier 2018 / Rapport de la mission d’étude pour la haute performance sportive
17. Protocole signé le 27 septembre 2017

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NOUVELLE
34 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Enfin, l’agence unique devrait permettre la conciliation de deux temporalités : celle de la co-construction
nécessaire à la coordination des politiques et stratégies de développement, et celle de la réactivité et de
l’agilité nécessaires à la haute performance.

A cet égard, il faut rappeler que la haute performance s’apparente à de la « haute couture ». Les décisions
doivent non seulement être rapides et inventives, mais aussi indépendantes des intérêts et influences
externes divergentes afin de garantir leur cohérence stratégique et tactique dans la durée. Pour garantir cette
agilité et cette indépendance, il serait nécessaire de prévoir l’octroi par la convention constitutive du GIP, ou
le cas échéant par décret, des prérogatives propres à la personne en charge de la haute performance au
sein du GIP18. Celle-ci devrait « incarner » à proprement parler la haute performance par sa légitimité ainsi
que par son autorité sportive et morale. C’est à cette condition que l’agence unique pourrait se montrer à la
hauteur du double défi qui lui est assigné.

Tout comme l’affirmation d’une compétence forte en matière de haute performance sportive, l’agence
devrait afficher et bâtir un corpus de connaissance partagé en matière de développement des pratiques. A
cet effet, un comité d’orientation devrait permettre la représentation des usagers et des sportifs de façon à
ce que cette structure reste tournée vers l’efficacité de l’action publique et la satisfaction de l’intérêt général.
Des scientifiques et experts pourraient y être associés.

18. Par exemple, avis concernant les attributions de contrats de préparation olympique ou des bourses pour les athlètes

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 35

3.2 Une conférence régionale du sport


et une conférence des financeurs
En réponse à la complexité de l’organisation du sport au niveau des territoires mais aussi à la nécessité de
conforter l’intervention de tous les acteurs pour répondre à l’évolution de la demande sociale, pourraient
être systématisées les conférences régionales du sport. Véritables « Parlements du sport » elles auraient
vocation à rassembler tous les acteurs du sport sur les territoires : État, collectivités territoriales, mouvement
sportif, monde économique dont prestataires de services sportifs, CREPS, partenaires sociaux, usagers,
clubs professionnels, groupements d’employeurs, CFA métiers du sport ...

Cette conférence régionale serait le lieu privilégié de concertation et d’expression de l’ensemble des
acteurs du domaine du sport, y compris des représentants des usagers. Elle aurait pour mission de faire
des propositions et d’émettre des avis à l’attention des financeurs sur l’élaboration, la mise en œuvre et
l’évaluation du projet sportif territorial.

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NOUVELLE
36 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Elle fonctionnerait en session plénière et par thématique.

En outre, une « conférence des financeurs » pourrait être expérimentée, voire créée par la loi, pour réunir l’État,
le mouvement sportif, les collectivités (région, départements, intercommunalités, communes), le monde
économique, et définir sur la base du projet sportif territorial un programme coordonné de financement.

Ainsi, par territoires, la conférence des financeurs pourrait constituer « un guichet unique » pour les acteurs
du sport, chaque financeur intervenant sur sa priorité tout en construisant des réponses plus lisibles et plus
cohérentes pour les bénéficiaires.

Les collectivités n’ont pas souhaité répartir des compétences entre elles, ni désigner de chef de file, tant la
situation sur les territoires est hétérogène. Elles considèrent que les élus locaux et les acteurs du sport sont
suffisamment responsables pour définir à l’échelle de chaque territoire qui porte quelle politique, ce qui
revient à discuter, par territoire, de la spécialisation « à la carte » des différents acteurs (voir chapitre 5-2).

La contractualisation pourrait se faire sur la base du projet sportif territorial qui comprendrait a minima 4
grandes politiques publiques. Elle permettrait de garantir une pluriannualité des engagements et le respect
de la volonté de chaque partenaire.

Les 4 politiques publiques seraient les suivantes :


-- la performance sportive et le haut niveau ;
-- le sport professionnel ;
-- les équipements sportifs structurants du territoire ;
-- l’égal accès de tous à la pratique sportive, et notamment des personnes handicapées.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 37

Il va de soi que les acteurs pourraient aller plus loin avec des schémas plus spécifiques sur les événements
sportifs, l’emploi, les piscines, le nautisme, l’accès aux pratiques sportives dans les QPV, en milieu rural…

Le projet sportif territorial ainsi conçu serait présenté à l’agence nationale qui aurait vocation à le financer
au titre de la performance sportive et au titre du développement de la pratique sportive dans le cadre de
ses priorités.

Ce mécanisme mettrait fin au système des appels à projets, et instaurerait dans une logique « bottom-up »
par une coordination des financeurs, un guichet unique pour les opérateurs du sport.

3.3 Schéma de proposition des instances de décision


dans la nouvelle gouvernance du sport

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
38 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

4 Quatrième partie :
un cadre facilitateur
La question de la diversité des acteurs et des attentes sociales a curieusement été assez peu traitée au
cours des rapports précédents sur l’évolution de la gouvernance du sport.19 Le sport est pourtant l’une des
premières pratiques sociales concernée par « l’ubérisation » des pratiques.

Face à ce mouvement, les règles régissant le sport, par exemple en matière de formation, n’ont pas
nécessairement été adaptées limitant ainsi la possibilité que le mouvement sportif se diversifie face aux
attentes « d’une clientèle » en demande d’individualisation des pratiques20. Le mouvement sportif lui-
même ne s’est pas nécessairement emparé de ces évolutions, en positionnant par exemple le club comme
« prestataire » répondant à la demande sociale.

Dans le même temps, de nouveaux acteurs, socio-sportifs mais aussi commerciaux, n’étaient soit pas assez
reconnus au regard de leur plus-value sociale, ou bien trop peu encadrés au regard des risques liés aux pratiques.
La montée du numérique a conforté l’individualisme des pratiquants, ce qui n’est pas sans risque si l’on regarde
par exemple la prise de produits associée à certains sports, comme la musculation, premier sport chez les jeunes.

Devant ces évolutions, les collectivités sont en demande de visibilité pour proposer la meilleure offre à
leurs publics, d’autant qu’elles ont de moins en moins de capacité à financer l’emploi sportif direct. Elles
souhaitent pouvoir articuler dans des projets sportifs de territoires, formels ou informels, les diverses offres
sportives de types affinitaires ou fédérales, de nature socio-sportives, et mêmes commerciales.

Le club devrait pouvoir devenir « prestataire » pour développer et faire valoir sans entrave ses atouts d’utilité
sociale, les réseaux socio-sportifs seraient reconnus tout comme le secteur commercial. Le consommateur
et les collectivités enfin seraient mieux éclairés sur les plus-values respectives de chaque type de
pratique dans le cadre de gouvernances ad hoc. Enfin, les formations ouvrant droit à encadrement contre
rémunération seraient reformatées pour s’adapter à une demande dont il faut admettre qu’elle restera
durablement en constante évolution.

Après avoir fait des propositions visant à faciliter l’intervention des opérateurs que sont les clubs, les acteurs
socio-sportifs et le secteur commercial (1), des propositions de gouvernance spécifiques visant à rendre
plus efficace l’intervention des acteurs seront faites pour la conduite des politiques éducatives sportives,
le sport dans les QPV et les territoires ruraux ainsi que le sport santé (2). Enfin, sera traitée l’évolution du
dispositif de formation (3).

19. Cf rapport annexe, contribution de Xavier Giguet


20. A l’exception de certaines fédérations comme l’équitation ou certains sports de nature

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 39

4.1 Pour les opérateurs


Le club sportif serait incité à devenir un « prestataire » de services au plus près des attentes des territoires (1)
et pourrait adopter le statut de Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC). Les fédérations pourraient
commercialiser des produits sportifs à des fins autres que compétitives avec une licence sport loisir. Les
bénévoles seraient soutenus et encouragés.

Les acteurs socio-sportifs seront reconnus, tout comme les compétences « socio-sportives » (2).
L’intervention du secteur commercial sera mieux considérée (3).

Des évolutions normatives qui ont fait consensus pendant la concertation sont proposées à cet effet sur
chacun des points précités.

4.1.1 Un club sportif mieux valorisé dans les territoires et incité à devenir
« prestataire »
Le club sportif est un partenaire historique des politiques publiques locales. Une relation étroite s’est
construite entre les clubs et les communes (aujourd’hui les intercommunalités) depuis une cinquantaine
d’années. En effet, la majorité des clubs sportifs est en relation contractuelle avec les communes pour
la mise à disposition d’équipements, pour le soutien financier à leur projet associatif, pour l’organisation
d’évènements…

L’action du club pourrait être mieux valorisée, tout comme celle des collectivités, en mettant systématiquement
en exergue, d’une part, le poids du bénévolat dans le modèle économique du club et, d’autre part, le coût
pour la collectivité des équipements mis à disposition. Ceci permettrait de mieux considérer les efforts
fournis de part et d’autre par les acteurs et de réellement mesurer l’impact du club sur les territoires tout
comme les moyens accordés au développement de la pratique.

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NOUVELLE
40 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

En outre, le club sportif pour mieux répondre à l’évolution de la demande sociale pourrait se positionner
comme un « prestataire » attentif aux demandes des publics et des territoires. C’est déjà le cas pour
certaines fédérations très investies en matière de sport-santé, de tourisme sportif, ou de sport pour les
personnes âgées…

Toutefois, la conception et la diffusion de ce type de prestations supposent plus de professionnalisme


de la part des clubs et des fédérations. La question du modèle économique de ces prestations se pose
donc. Quel coût pratiquer ? Faut-il isoler au sein d’une fédération ce type d’activités plus ciblées et plus
marchandes ? Il est certain que pour que le mouvement sportif aborde sans ambiguïté ce type d’activités,
il sera nécessaire de lever certains freins, et de mettre en place des éléments facilitants.

Un premier pas en faveur de l’émergence d’un club prestataire a été franchi avec l’adoption de l’article
L131-3 du code du sport21 qui permet aux fédérations d’accueillir des structures commerciales. Toutefois,
cette possibilité reste peu utilisée : l’affiliation d’une structure non associative ne vaut pas agrément pour
celle-ci, contrairement aux structures associatives. En tout état de cause, les structures commerciales ne
peuvent être aidées par l’État que dans le respect des règles de l’Union Européenne limitant et encadrant
les aides d’État afin de favoriser la libre concurrence.

Il semble donc en particulier indispensable de lever les obstacles législatifs pour autoriser un statut de
société coopérative d’intérêt collectif tant pour le statut des fédérations que pour leurs projets de prestations
ou celui des clubs afin que les fédérations et associations sportives qui le souhaitent accèdent à un
nouveau modèle économique leur permettant de développer des ressources nouvelles. Cette perspective22
a fait consensus pendant la démarche, tout comme le souhait d’un accompagnement par le CNOSF qui en
fait la proposition.

[Link] L’intérêt du statut de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC)


Les principes de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), dont le sport fait partie du fait de sa nature
associative, sont concordants avec les valeurs du sport : finalité visant l’intérêt général ou collectif (lutte
contre l’exclusion, insertion sociale ou professionnelle, lutte contre le gaspillage alimentaire…), une
gouvernance guidée par la démocratie, une activité sans finalité lucrative (encadrement des échelles de
salaires, répartition équitable des bénéfices..), une approche territoriale pour répondre à des besoins
identifiés sur le terrain (les activités sont non délocalisables...), et une liberté d’adhésion.

Les principales raisons pouvant pousser à une évolution en structure coopérative sont les suivantes : un
projet fédéral fort et un projet commercial affirmé au service d’une mission d’intérêt collectif, une volonté
d’impliquer les salariés et les usagers pour légitimer la direction et la capacité entrepreneuriale, une volonté

21. Evolution issue de la loi Lamour n° 2003-708 du 1er août 2003. La loi du 15 décembre 2004 permet d’intégrer les sociétés sportives (SASP, EUSRL,
SEMSL), puis celle de 2012 permet d’intégrer toutes les sociétés
22. Le rapport de Bernard Amsalem au Conseil national du sport en janvier 2017 a posé les bases de cette évolution

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 41

de professionnalisation des acteurs (dirigeants et bénévoles), prévenir la désaffection ou la raréfaction des


bénévoles, et développer des activités commerciales ou marchandes dans le domaine du sport (mud day,
crossfit…) sans volonté de profit. Quelques exemples existent : centre équestre à vocation sociale et sport-
santé, gestion multi-partenariale d’une maison du nautisme (clubs, collectivités locales, professionnels de
l’encadrement, clusters, office de tourisme, ...), agence de voyage avec séjours et événementiels sportifs
pour des non membres, mutualisation de compétences pour répondre à des appels d’offre.

Cette forme d’organisation peut apporter une réponse au renouvellement du modèle économique des clubs
et des fédérations sportives en permettant le développement de nouvelles activités, quelquefois investies
par des acteurs privés à but lucratif, apportant des ressources commerciales qui peuvent être mises à profit
du développement de l’activité sportive au bénéfice de tous.

Une SCIC est une société coopérative constituée sous forme de SARL, SAS ou SA à capital variable régie
par le code de commerce. Elle a pour objet la production ou la fourniture de biens ou de services d’intérêt
collectif qui présentent un caractère d’utilité sociale. La SCIC peut concerner tous les secteurs d’activités, dès
lors que l’intérêt collectif se justifie par un projet de territoire ou de filière d’activité impliquant un sociétariat
hétérogène, le respect des règles coopératives (une personne = une voix), et la gestion désintéressée
prévoyant le réinvestissement des excédents dans l’activité.

Doivent être associés d’une SCIC : des producteurs de biens ou de services (salariés, cadres), des
bénéficiaires des biens et services proposés par la coopérative (clients, fournisseurs, habitants ...), et
d’autres types d’associés, personnes physiques ou morales de droit privé ou de droit public, contribuant à
l’activité de la coopérative (par exemple : des sociétés, des associations, des artisans, des bénévoles, des
agriculteurs, des collectivités territoriales,...).

La SCIC paraît par conséquent parfaitement adaptée à la conception et à la diffusion de produits sportifs
d’intérêt général. Pour que le concept progresse, il reste néanmoins à sécuriser, au regard du droit de
l’Union européenne, la possibilité d’octroi d’aides publiques. En s’appuyant sur la notion d’activité sportive

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NOUVELLE
42 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

en tant que bien social, la notion de Service Economique d’Intérêt Général (SIEG) 23 pourrait être creusée.
La reconnaissance de ce statut, qui permet d’assurer la compatibilité des aides publiques avec le droit
de l’Union Européenne au-delà des seuils généraux de minimis, est offerte aux entreprises chargées de
la gestion d’un SIEG, en compensation stricte des obligations de service public mises à leur charge. Le
ministère des Sports devra approfondir ce schéma.

Ces obstacles levés, tous les acteurs de concertation ont jugé nécessaire d’inciter les clubs déployant des
« produits sportifs d’intérêt général » à adopter le statut de SCIC.

Le mouvement sportif devra être accompagné dans cette évolution vers l’entreprenariat social en mettant à
disposition les ressources et expertises nécessaires (CNOSF ou État).

[Link] Les activités non compétitives


Pour donner toute sa puissance à la possibilité de commercialiser des produits sportifs à des fins autres que
compétitives, les représentants des fédérations demandent qu’elles puissent, après avis de leur commission
médicale, décider de l’opportunité et des conditions de production d’un certificat médical. Ce point devra
être approfondi.

[Link] Encourager le bénévolat


Avec près de 4 millions de bénévoles sur 13 millions en France, le sport est le deuxième secteur concerné.
Dans le sport, la crise que traverse le bénévolat concerne essentiellement le « bénévolat de dirigeant ».
Toutefois, le mouvement sportif pourrait mieux valoriser l’ensemble de ses bénévoles, que ceux-ci soient
dirigeants ou encadrants. C’est un impératif pour maintenir la dynamique du mouvement sportif.

Pour tous les bénévoles, la mobilisation du crédit formation dans le compte d’engagement citoyen devrait
être mieux promue.

23. Décision d’exemption du SIEG du 20 décembre 2011

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 43

Pour le bénévole dirigeant, en outre, il sera utile de pouvoir disposer d’un formulaire unique de demande
de subvention de façon à ce que les financeurs s’adaptent aux dynamiques en cours plutôt que l’inverse.

Enfin, pour le bénévole dirigeant, il devient nécessaire de pouvoir vérifier l’honorabilité des éducateurs
sportifs bénévoles. Pour mémoire, cette possibilité n’est pas offerte aujourd’hui en matière sportive alors
qu’elle l’est en matière d’accueil collectif de mineurs. Cette incapacité des dirigeants bénévoles les expose
à des risques pénaux dissuasifs qui doivent pouvoir être évités.

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NOUVELLE
44 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Pouvoir disposer d’un vivier de bénévoles ayant déjà connu des expériences dans le cadre des différents GESI
qui se dérouleront en France d’ici 2024 constituera assurément un atout indéniable dans la perspective du
recrutement de 70 000 volontaires par le COJO pour les Jeux olympiques et Paralympiques de Paris. Dans
cette logique, la création d’un Pass’sport numérisé à l’attention des bénévoles, dirigeants ou non pourrait
être envisagée. Ces mesures permettraient d’encourager l’engagement scolaire, fédéral en faveur des Jeux.

La création d’un certificat du volontariat GESI et son intégration dans le fonctionnement du compte
engagement citoyen (CEC) serait de nature à répondre au double objectif d’améliorer la capacité des
organisateurs à mobiliser des personnels formés (notamment en constituant, sur la base des octrois de
certificats, une base de données des bénévoles partagée entre fédérations) et d’accroître par la suite leur
employabilité dans les métiers de la filière sport.

Ces deux objectifs ont également été identifiés et travaillés dans le cadre de la mission commandée par la
ministre des Sports et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères visant
à déterminer les conditions d’une optimisation des retombées touristiques des GESI organisés en France.
Cette mission a ainsi creusé la piste d’un bénévolat en faveur des événements sportifs s’inscrivant dans le
cadre de la formation initiale et professionnelle continue.

Ces divers éléments pourraient compenser l’abandon de la revendication d’un statut du bénévole qui
semble hors d’atteinte, et qui, dès lors, serait moins justifiée.

On aurait pu aller plus loin ....


En proposant la création d’un pass sport numérique universel. Un pass sport dont le numéro serait donné à vie à
partir de l’entrée au CP. Ce pass sport permettrait de stocker toute la vie sportive de son titulaire, que ce soit en
tant que pratiquant, en tant qu’éducateur, en tant que bénévole. Figureraient également les résultats sportifs, le
suivi médical, les diplômes d’encadrement, …
Ce pass sport universel permettrait en outre de repérer les doubles licences. Associé à une responsabilité civile
individuelle, il réglerait par ailleurs la question de la responsabilité lors de la pratique sportive hors structure. Ce
pass sport serait la racine de la licence sportive qui continuerait à être délivrée par les fédérations. En outre, les
pratiquants hors structures seraient identifiés avec ce pass sport numérique universel.

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 45

4.1.2 Des acteurs socio-sportifs reconnus, tout comme les compétences


« socio- sportives »
Au cours des dernières années, des acteurs socio-sportifs se sont développés dans le champ du sport. Il
s’agit d’acteurs qui utilisent le sport à des fins de remédiation ou d’émancipation.

Encore majoritairement inéligibles aux crédits de proximité du CNDS, les associations de ce champ sont
capables de véhiculer les valeurs du sport, d’être des passeurs vers le sport fédéral et de s’engager en
matière de remédiation sociale.

Dans le cadre de la nouvelle gouvernance, ces acteurs doivent pouvoir intervenir dans la conception et la
mise en œuvre des projets sportifs de territoire notamment en quartier prioritaire de la politique de la ville
(QPV). Ils peuvent y apporter une connaissance des publics tout en s’inscrivant en amont des clubs sportifs
conférant à la pratique sportive une puissance sociale plus affirmée. Il conviendra donc de rendre possible
leur agrément.

Au-delà, ces acteurs ont développé un corpus de compétences qui associe des compétences en matière
sociale et en matière d’éducation sportive. L’idéal serait qu’un certificat de qualification professionnelle
consacrant ces compétences socio-sportives soit créé. Ce diplôme socio-sportif, sous forme de CQP
vraisemblablement, serait de nature à conférer et à attester pour leur titulaire cette double culture
indispensable à la réussite de projets à forte charge sociale et sportive garantissant que les personnels,
qu’ils soient sociaux, ou sportifs, ne s’épuisent pas dans leur actions de remédiation par le sport ou de
développement des pratiques sportives en QPV.

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NOUVELLE
46 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

4.1.3 Un secteur commercial à considérer


Les relations entre le ministère des Sports et le secteur commercial des pratiques sportives sont
traditionnellement ténues. Toutefois, la démarche « gouvernance » a permis d’établir un dialogue.

Ainsi, les professionnels de la forme réclament des diplômes mieux adaptés à leurs spécificités que les
actuels diplômes d’État. Ceux-ci pourront se construire dans le cadre de la nouvelle architecture des
diplômes.

Les dirigeants des salles de remise en forme réclament une clarification concernant la fréquentation de
leurs établissements par des mineurs. Sur ce point, la réglementation actuelle est claire. Pour bénéficier
des prestations d’une salle de fitness privée, associative ou commerciale, une adhésion est nécessaire,
et l’adhésion des mineurs nécessite l’accord des parents. Cette obligation est identique à celle qui pèse
sur les clubs. Toutefois, la norme d’application volontaire pour les salles de remise en forme prévoit que
« le gestionnaire doit porter une vigilance particulière au regard des publics «à risque», notamment pour
les pratiquants reprenant une activité physique et/ou sportive et pour les enfants de moins de 16 ans. ».
C’est vraisemblablement ce qui les retient d’ouvrir leurs établissements à ce public. Par ailleurs, cette même

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 47

norme impose pour certains types de salles que « le gestionnaire doit exiger du pratiquant un certificat
médical de non contre-indication à la pratique de l’activité de remise en forme, datant de moins de trois
mois et à renouveler tous les deux ans. ».

Il n’en reste pas moins que la vente de produits devra être régulée. En relation avec la direction générale
de la santé, un colloque des gérants de salle sportive (fitness, remise en forme et musculation) sera
organisé pour prévenir la consommation de produits dopants dans les salles de remise en forme. A terme,
la labellisation des salles de remise en forme pourrait être mise en place.

4.2 Des gouvernances spécifiques à affirmer


Certains domaines de politique sportive sont à forts enjeux de gouvernance partagée. Il s’agit notamment du
sport scolaire (1), du sport en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ou en territoire carencé
(2), du sport-santé (3). Ceux-ci justifient, au moins momentanément, une gouvernance collégiale propre.

4.2.1 L’articulation du sport en milieu scolaire et du sport en milieu civil


La diffusion du label « génération 2024 » constitue la première mesure du programme d’appui à la
candidature aux Jeux Olympiques et Paralympiques. L’objectif du ministère de l’Éducation nationale (MEN)
est que 20 % des écoles et établissements soient labellisés en 2024.

Ce label récompense les établissements des premier et second degrés ainsi que de l’enseignement
supérieur qui déploient des continuités entre le sport scolaire et le sport fédéral. Ces continuités peuvent
être physiques (ouverture des équipements sportifs scolaires ou universitaires aux clubs), ou bien de l’ordre
du croisement des pratiques (accès des écoliers aux clubs dans le cadre des projets éducatifs territoriaux,
voire articulations sport scolaire - sport fédéral sur le temps de l’UNSS24, …), ou bien constitutives de
dispositifs pour les sportifs de haut niveau de manière à favoriser un projet de vie établi en fonction de leurs
besoins et non en adaptation aux besoins de l’institution scolaire ou universitaire.

Le suivi de ce label, qui sera prochainement étendu à l’enseignement supérieur, s’effectue dans le cadre
d’une gouvernance régionale ad hoc sous co-pilotage des rectorats et des DRJSCS.

Cette coordination locale est doublée d’une coordination nationale au sein du groupe « horizon 2024 »
pilotée par le délégué ministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques placé auprès du ministre de
l’Éducation nationale. Elle associe le CNOSF, le CPSF, l’USEP, l’UNSS, l’UGSEL, les administrations d’État et
le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques (COJO) et assure en outre le suivi d’un programme éducatif

24. Sur ce point, les débats ont mis en évidence la nécessité pour le CNOSF et l’UNSS à s’accorder pour définir une doctrine.

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NOUVELLE
48 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

et sportif complet articulé autour de la diffusion des bonnes pratiques, le renforcement du sport scolaire,
l’augmentation du nombre de sections sportives et de classes à horaires aménagés sport, ainsi que de
l’installation de formations aux métiers du sport dans la voie professionnelle.

Ces avancées récentes sont précieuses et doivent être confortées en matière de haut niveau et de
développement pour réussir les ouvertures envisagées par le MEN de 1 000 sections sportives et classes à
horaires aménagés. Or, en pratique, trop souvent, la décision de mise en place d’une section sportive se fait
hors concertation avec les collectivités locales qui au final doivent trouver des solutions pour accueillir les
sections dans les équipements sportifs.

Le principe de ces créations pourrait être traité dans le cadre de la structure régionale de concertation de
façon à créer des synergies entre l’éducation nationale et les collectivités. Pour les collectivités, il est en
effet logique que « toute initiative prise ayant des conséquences sur les collectivités fasse l’objet d’une
concertation avec les collectivités locales ».

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 49

Le développement de la pratique sportive et la construction d’une politique éducative sportive relèvent


selon les cas du niveau communal, supra communal, inter communal. Les acteurs, lors de la concertation,
ont manifesté un intérêt pour la définition d’une politique éducative sportive au niveau des PEDT nouvelle
génération (intégrant le dispositif plan mercredi).

En outre, pour améliorer la prise en compte des besoins des sportifs de haut niveau dans le secondaire et
à l’université, une révision des textes successifs sera réalisée dans la perspective d’une mise en cohérence
autour d’un seul objectif : accompagner les jeunes où qu’ils soient et quel que soit leur projet. L’empilement
actuel des textes rend en effet difficilement lisible la volonté ministérielle d’adapter l’enseignement aux
contraintes des SHN.

Pour favoriser la découverte des pratiques, les acteurs de la concertation proposent la mise en place de la
licence passerelle (sur la base de la licence scolaire) permettant de s’initier temporairement à différentes
disciplines sportives. Un licencié scolaire pourra ainsi, sur une durée limitée, aller pratiquer en club sans
avoir besoin de s’acquitter d’une nouvelle licence. Il faut noter que certaines fédérations en accord avec leur
assureur acceptent déjà à titre d’essai des non licenciés pour des séances de découverte.

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NOUVELLE
50 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Cette possibilité pourrait être inscrite dans le cadre de la convention en cours de renouvellement entre
l’Éducation nationale, le ministère des Sports, et le CNOSF.

Les objectifs des propositions font consensus. Les modalités de mise en œuvre devront être affinées.

4.2.2 Vers une gouvernance pour un sport émancipateur en QPV ou en territoire


carencé
Le sport en QPV représente une réussite de notoriété internationale récemment signalée par le New-York
Times25. La fonction sociale du sport en France y est saluée : « Des 23 joueurs que le sélectionneur français
Didier Deschamps s’apprête à emmener en Russie, 8 ont commencé leur périple aux pieds des tours HLM
de la banlieue parisienne. »

La nécessaire complémentarité des acteurs fait consensus. Il s’agit de coordonner des fédérations très
performantes (football, boxe, voile, basket…), et des acteurs socio-sportifs capables de véhiculer les valeurs
du sport, d’être passeurs vers le sport fédéral et engagés en matière de remédiation sociale, mais aussi
d’amener des fédérations supplémentaires à investir ces quartiers.

Or, il faut signaler la difficulté à obtenir des financements dans le cadre des contrats de politique de la ville,
le financement du sport étant souvent renvoyé au financement de droit commun notamment parce que les
acteurs du sport ne parviennent pas à mettre en évidence son effet «système» et sa plus-value en faveur du
lien social et de l’émancipation des individus.

Pour être en mesure de modéliser cet apport, les élus aux sports des communes et les acteurs souvent
bénévoles du mouvement sportif et des réseaux socio-sportifs ont besoin de se professionnaliser avec, le
cas échéant, l’appui par redéploiement des personnels des directions départementales de la jeunesse et
des sports.

Sous réserve qu’ils s’organisent à cet effet, il serait nécessaire d’intégrer le sport dans les contrats de ville
à titre obligatoire et non plus facultatif.

25. [Link]

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 51

Ce point fait consensus, tout comme la nécessité de mettre en place une gouvernance locale spécifique
pour développer le sport en territoire carencé dans le cadre de la structure régionale de concertation.

4.2.3 L’enjeu majeur du sport - santé


Depuis la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016, le sport-santé se structure
essentiellement par l’action des acteurs des territoires, sous l’impulsion d’acteurs publics et privés, pour
définir des programmes, des offres de service pour que les APS répondent à des besoins de santé.

L’actuelle mandature entend stabiliser une gouvernance nationale solide du sport-santé, qui aura vocation
à être déclinée au plan régional. A cet effet, une stratégie nationale sport-santé (SNSS) est en cours
de rédaction en lien avec les acteurs divers du mouvement sportif, les mutuelles, les acteurs privés, les
collectivités, les sociétés savantes, les représentants des professionnels concernés, ainsi qu’avec le monde
de la santé.

Elle s’inscrit notamment dans les orientations de la stratégie nationale de santé (adoptée par décret en
décembre 2017) et du plan national de santé publique (adopté le 26 mars 2018). Dans ce cadre, les
ministères des Sports et de la Santé se sont associés pour élaborer une stratégie nationale sport santé.

Cette stratégie commune en cours de construction, devrait être validée à l’occasion du Comité interministériel
de la santé, présidé par le Premier Ministre, au début de l’année 2019.

Elle prévoira une gouvernance territoriale en capacité de promouvoir l’activité physique et sportive pour
toutes et tous, tout au long de la vie.

Signalons que la création d’un observatoire de la santé des pratiquants et la labellisation de 500 maisons
Sport Santé26 seront des marqueurs centraux de cette stratégie. La démarche pour la concrétisation de l’un
et de l’autre devra aboutir en 2019.

26. Lieux de diagnostic, d’orientation, et le cas échéant de pratique

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
52 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

On aurait pu aller plus loin ....


En proposant une gouvernance spécifique sur l’accompagnement des acteurs du sport sur le développement du
numérique.
Le développement du numérique est de nature à apporter une réponse pour les pratiquants hors club, une réponse
pour la mise en réseau des acteurs. … Le numérique est un enjeu majeur du développement économique des
fédérations.
En outre il convient également d’adopter une stratégie de gestion de la DATA sur le HN avec la mise en réseau
des facteurs de la performance des sportifs entre les acteurs de la performance. Paris 2024 pourrait à ce titre
constituer un formidable accélérateur du développement des outils numériques.

4.3 Des formations assouplies pour dynamiser l’emploi


Les acteurs de la concertation, qu’il s’agisse du mouvement sportif, des acteurs économiques ou des
représentants de l’université, ont demandé que le système des formations du sport soit assoupli et rendu
plus lisible pour dynamiser l’emploi sportif. C’est pourquoi, ils se sont accordés autour des principes
suivants : un principe de proportionnalité pour les professions réglementées (1), et un arsenal de formation
qui ne soit plus conçu exclusivement autour de l’encadrement des pratiques (2).

4.3.1 Un principe de proportionnalité des professions réglementées


Afin d’accompagner la demande, l’encadrement sportif porteur d’emploi, doit être encouragé. Toutefois, le
périmètre des métiers du sport dépasse aujourd’hui les métiers de face-à-face pédagogique. L’architecture
des formations doit donc permettre le déroulement de trajectoires individuelles autour des divers métiers
du sport.

Les formations à l’encadrement sportif, même de niveau IV, et bien que souvent prises en charge (dispositifs
de la formation professionnelle, Pôle emploi, aides des Conseils régionaux), sont coûteuses (entre 5 et
7 000 euros), et le nombre très important d’activités dont l’encadrement est réglementé27, peut être cause
d’une fragmentation, voire un obstacle à l’emploi sportif et à la mobilité professionnelle. Ce frein persiste
malgré l’existence de « passerelles » notamment vers des diplômes délivrés par le ministère des Sports, et
la cessation, en 1992, du monopole de l’État en matière de qualification dans le champ des professions
« réglementées ». En outre, le dispositif global n’est plus suffisamment lisible.

27. Il s’agit de disciplines qui ne peuvent être enseignées contre rémunération qu’en possession d’un diplôme inscrit au code du sport qui comporte 1037
diplômes.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 53

Pour favoriser l’emploi et construire des trajectoires ou parcours individuels, il sera donc nécessaire, d’une
part, de revoir l’architecture des formations et, d’autre part, de réviser la réglementation pour limiter le
nombre des professions réglementées28 en fonction des besoins objectivés liés à la sécurité des pratiquants.
Il s’agit de faire prévaloir un principe de proportionnalité réglementaire.

La réforme devra dissocier le cadre réglementaire relatif à l’encadrement des pratiques, du dispositif de
formation nécessaire pour le développement économique du secteur.

Les diplômes d’État devront également être mieux articulés avec ceux délivrés par les autres certificateurs
(branches professionnelles, fédérations) et les qualifications devront s’organiser dans une logique de
complémentarité.

Après validation par la Commission Professionnelle Consultative (CPC) des métiers du sport et de l’animation,
les qualifications qui se révéleraient utiles au développement du sport mais sans nécessité liée à la
réglementation relèveraient du droit commun et donc de la possibilité d’enregistrement au registre national
des certifications professionnelles (RNCP) par les porteurs, notamment les branches professionnelles (CQP)
et les fédérations (TFP).

Enfin, devraient être favorisés les parcours à l’intérieur d’une filière sport « élargie »29, dont les STAPS, en
engageant un travail approfondi sur la notion de bloc de compétences.

Cette évolution, associée à des avancées récentes, comme la création de dispositifs de sécurisation des
groupements d’employeurs ou la prochaine reconnaissance du statut de tuteur de l’apprentissage pour un
bénévole devrait être de nature à stimuler l’emploi sportif qui ne devrait plus se concevoir exclusivement
autour de l’encadrement des pratiques.

28. C’est-à-dire inscrites à l’annexe II-1 du code du sport


29. Fédérations, Etat (sport, EN et université), branche professionnelle

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NOUVELLE
54 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Afin de favoriser les mobilités des professionnels au sein de la filière sport, les formations reconnues par les
acteurs économiques que sont les fédérations ou les branches pourront offrir des qualifications comprenant,
outre des compétences d’encadrement, des compétences offrant des perspectives professionnelles élargies
à l’événementiel sportif, au management, et au développement,... Aujourd’hui, en effet, les associations, et
bien sûr les entreprises, ont besoin de compétences professionnelles larges.

Cette évolution de l’architecture des formations est centrale pour un développement sans entrave de
la filière du sport qui devra développer l’hybridation des métiers, et les coopérations entre les branches
professionnelles dans le cadre par exemple de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences
(GPEC) de territoire.

4.3.2 Un modèle économique renouvelé de l’emploi sportif


L’emploi sportif est aujourd’hui pluriel dans ses métiers (encadrement, management, commerce…), dans
ses champs conventionnels (CCN sport, CCN centres équestres, CCN Golf, CCN commerce des articles
du sport, …), dans ses statuts (associations, structures commerciales, collectivités publiques, travailleurs
indépendants...).

Il est marqué :
-- par la saisonnalité, le temps partiel, voire très partiel, les CDD, un taux de rotation élevé ;
-- une forte dépendance aux financements publics ;
-- une part importante des fonctions d’animation et d’encadrement (60 % des professionnels assurent
des missions d’animation ou d’encadrement sportif30) ;
-- des évolutions tendancielles : vieillissement des professionnels de l’encadrement, difficulté à
renouveler les dirigeants bénévoles employeurs ;
-- une hybridation des métiers et formes d’emplois et des compétences croisées nécessaires pour
répondre aux nouvelles formes de pratiques.

30. Selon l’association nationale Profession sport et loisirs

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 55

Les difficultés de pérennisation des emplois sont élevées, et la diminution du nombre des emplois aidés
pose avec acuité la question de la professionnalisation et du modèle économique des clubs sportifs.

La concertation a mis en évidence plusieurs pistes d’évolution et notamment la nécessité de s’appuyer sur
des structures de plus grande taille. Des groupements d’employeurs multi-disciplinaires comme « Profession
Sport » existent. Ils doivent être valorisés et mieux utilisés. L’évolution des modèles économiques vers la
prise en compte de nouvelles pratiques et en conséquence un recentrage des aides à l’emploi vers des
postes de développeurs et non d’emplois de face-à-face pédagogique en sont une autre.

La construction d’un projet global en réponse aux besoins des territoires avec l’évolution vers un modèle
intégrant une démarche d’accompagnement renforcé (agent de développement) s’avère nécessaire.
En outre un accompagnement de la fonction employeur ainsi qu’un parcours sécurisé du professionnel
(nouvelle loi sur la formation professionnelle) seront un gage de pérennisation des emplois.

On aurait pu aller plus loin ....


En systématisant les études sur l’emploi sportif au sein d’observatoires régionaux des emplois et des compétences
afin d’orienter efficacement les politiques de formations
En rendant obligatoire la mise en place d’un plan de gestion et de développement de l’emploi sportif au niveau du
projet sportif territorial et au niveau de la conférence des financeurs.
Ce plan emploi devant prendre en compte toutes les ressources humaines affectées au sport y compris le
redéploiement des agents du ministère des Sports.

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NOUVELLE
56 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

5 Cinquième partie : des parties


prenantes prêtes à évoluer
Pour réussir le pari de la dynamisation de toutes les pratiques, il conviendra que chacun évolue et s’adapte
à la nouvelle donne. Les évolutions pressenties ne pourront être réalisées qu’à la condition que tous les
acteurs évoluent dans le même temps et de façon complémentaire. Au cours de la démarche, chaque acteur
a pris conscience de sa responsabilité pour porter une part de la réussite collective.

La concertation a permis de dégager des lignes de force solides qu’il sera nécessaire d’affermir dans la loi
« Sport et Société », comme dans le cadre des travaux relatifs à la réorganisation de l’État.

Le mouvement sportif a montré une détermination à évoluer pour devenir plus autonome et responsable
(1). Les collectivités reconnues dans la gouvernance du sport comme un acteur essentiel souhaitent
mieux se coordonner et évoluer vers une spécialisation « à la carte » de leurs interventions (2). Le monde
économique, longtemps resté peu visible en matière sportive cantonné à des actions de mécénat ou de
sponsoring, souhaite être partie prenante de cette nouvelle gouvernance (3). Quant à l’État, son périmètre
d’intervention et son administration sont appelés à se transformer (4).

5.1 Vers un mouvement sportif plus autonome et responsable


L’enjeu du changement proposé consiste à concilier plus d’autonomie avec plus de responsabilité.

L’élection des présidents de fédérations par les clubs inscrite au programme du Président de la République,
mais également la fin de la tutelle de l’État compensée par un contrôle de l’éthique des fédérations par le
Comité national olympique et sportif français (CNOSF), ou encore leur notation externe par des agences
indépendantes ainsi que le préconise le Conseil de l’Europe, pourraient constituer les fondements d’un
nouvel équilibre constitutif d’une opportunité, autant que d’un défi.

5.1.1 La délégation et l’agrément


La concertation a abordé les questions relatives à l’agrément et à la délégation.

S’agissant de la délégation, un consensus s’est manifesté en faveur de son maintien. Elle offre en effet
un actif immatériel incontestable aux fédérations, et constitue un facteur de sécurité des environnements
de pratique pour l’État. La délégation, délivrée pour une Olympiade, est attribuée aux fédérations agréées

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 57

pour exercer des prérogatives de puissance publique31 : pouvoir normatif, délivrance de titre pour les
championnats nationaux, pouvoir de subdélégation à une ligue professionnelle, sécurité des environnements
de pratiques…

Certaines fédérations affinitaires demandent que l’État les protège de la concurrence du secteur commercial
en leur conférant une « délégation de nature sociétale » en raison de leur apport au bien-être collectif.
Or, dans une économie ouverte et concurrentielle, ce n’est pas envisageable. En effet tous les acteurs
publics, privés, associatifs développant des pratiques physiques et sportives contribuent au bien-être
collectif. Il convient, a contrario, qu’un État moderne établisse des règles qui garantissent des pratiques
sécurisées en donnant sa chance à chaque secteur, tout en éclairant suffisamment un pratiquant devenu
« consommateur ». La demande de certaines fédérations affinitaires n’est donc pas en cohérence avec la
nouvelle gouvernance.

Plusieurs éléments font débat :


-- d’une part, la question du nombre important de fédérations entraînant vraisemblablement une
dilution des moyens32 ;
-- et d’autre part, le caractère imparfait de l’agrément qui a une durée illimitée et ne permet pas de
considérer certaines disciplines émergentes.

Certains participants de la concertation ont proposé que, pour des motifs d’efficience, soient définis des
critères permettant une diminution du nombre de fédérations agréées : nombre de licenciés, intérêt général
de la discipline… Toutefois, ce type de démarche n’a pas fait consensus. Déjà expérimenté, il a produit des
« rapprochements forcés » pas toujours heureux.

31. Ces prérogatives sont prévues aux articles L. 131-14 et suivants du Code du sport
32. La France compte 116 fédérations agréées, dont 38 fédérations olympiques et paralympiques présentes aux Jeux de Tokyo, contre un peu plus de 60 en
Allemagne et de 50 en Italie, mais pour près de 300 en Grande Bretagne.

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NOUVELLE
58 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Sans que ce point ait fait consensus, il semble que la durée illimitée de l’agrément puisse toutefois être
discutée. Rappelons que l’agrément délivré sans limitation de durée sous réserve du respect de dispositions
obligatoires devant figurer dans les statuts fédéraux permet de recevoir des moyens de l’État et emporte
reconnaissance d’utilité publique. Il n’empêche que certaines fédérations agréées sont en perte de vitesse. En
outre, l’État ne souhaitant pas accroître leur nombre, hésite à reconnaître certaines fédérations émergentes,
malgré l’intérêt du sport soutenu. On peut citer à cet égard l’exemple du Parkour, privé d’agrément et donc
de reconnaissance de la part d’autres acteurs que l’État, telles les collectivités territoriales, qui, à l’instar du
ministère des Sports, conditionnent leurs financements à la possession de l’agrément.

Dans le sillage de la concertation qui n’a pas pu dégager de consensus sur ce point, la question de la durée
illimitée de l’agrément pourrait être posée. Si l’agrément était revu sur projet dans un pas de temps à définir33,
le nombre de fédérations agréées pourrait être réexaminé et de nouvelles fédérations pourraient être agréées.

La question de la délégation a fait l’objet d’un approfondissement qui a permis de proposer une hypothèse
alternative. Elle consiste à définir la notion de discipline sportive d’une part. D’autre part, elle propose
d’instaurer un système de déclaration volontaire permettant d’identifier l’ensemble des fédérations sportives,
doublé d’un système d’habilitation soit pour le développement, soit pour le haut niveau, soit pour les deux
domaines34. L’habilitation « haut niveau » conférerait un monopole en matière de haut niveau, édiction des
règles techniques et organisation des compétitions. Cette habilitation ne confèrerait pas de mission de
service public. De ce fait, les litiges relatifs à l’exercice de la délégation seraient traités par le juge judiciaire.
Les impacts de cette proposition présentée au comité de pilotage, n’ont pas été suffisamment expertisés
pour faire l’objet d’une proposition « en dur ». Elle pourrait donc faire l’objet d’approfondissements ultérieurs.

L’évolution des règles de la délégation et de l’agrément devra également intégrer les possibilités évoquées
dans la seconde partie du présent rapport : possibilité d’inscrire un diplôme au Répertoire National des
Certifications Professionnelles (RNCP).

33. De l’ordre de deux à trois olympiades avec reconduction tacite possible dans un objectif de simplification
34. Cf rapport annexe « La délégation et l’agrément », Olivier Keraudren

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Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 59

5.1.2 L’indispensable évolution de la tutelle de l’État sur les fédérations


Ainsi que le constatait la note de problématique à l’origine de la démarche, la tutelle de l’État s’est exprimée
« via le financement des fédérations, par l’obligation de flécher leurs actions sur des axes décidés au
préalable par le ministère, qu’il s’agisse de haut niveau ou de développement des pratiques». L’absence de
latitude laissée aux dirigeants des fédérations a donc engendré soit des conduites de contournement de
la part des fédérations, soit un manque de créativité. Dans la mesure où le principe de la délégation serait
maintenu, il conviendra donc de faire évoluer les conditions de tutelle de l’État.

Au cours de la démarche, un consensus s’est rapidement dessiné autour de la nécessité de remplacer la


tutelle par un contrôle qui s’organiserait autour des étapes suivantes :
-- en amont du renouvellement de la délégation, la définition claire et collégiale des besoins de la
société en prenant en compte les attentes sociales ;
-- l’État expliciterait en outre clairement le niveau d’exigence structurelle par rapport aux fédérations.
Ces exigences reposeraient notamment sur les principes de bonne gestion et de responsabilité
sociale et environnementale : transparence de gestion, contrôle interne performant, comité d’éthique,
féminisation des instances, plan de prévention du dopage… ;
-- sur ces bases, un contrat de délégation pourrait être passé avec la fédération qui serait contrôlée en
cours de délégation sur des données clairement établies quant aux objectifs de la délégation et au
fonctionnement structurel de la fédération.

Ces évolutions coïncident avec les recommandations faites par le Sénateur Guillaume35 en novembre 2015.

Signalons pour mémoire l’hypothèse qui a recueilli peu d’adhésion, du contrôle de légalité des actes des
fédérations dès transmission à l’État, sur le modèle du contrôle de légalité des actes des collectivités
locales. En revanche le contrôle du financement des fédérations qui sera assuré par la structure nationale
ne tiendra bien sûr plus lieu de tutelle.

35. [Link]

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NOUVELLE
60 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

5.1.3 Une responsabilisation du mouvement sportif en matière de transparence


et d’éthique
En matière de transparence, ainsi que le préconise le Conseil de l’Europe36, la mise en place d’un système
de contrôle de la délégation en substitution de la tutelle inciterait le mouvement sportif à s’adapter pour
être plus performant en s’inscrivant dans le cadre de standards internationaux de transparence et de bonne
gestion qui s’imposent à tous.

Dans le contexte de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, la France pourrait s’inspirer
des recommandations du Conseil de l’Europe en matière d’éthique et de transparence : autocontrôle,
normalisation et notation externe.

Une première option pourrait être de co-construire un référentiel AFNOR, débouchant sur une norme, voire
simplement d’utiliser la norme ISO 9001, permettant la labellisation des fédérations et la reconnaissance
de leur bon fonctionnement, qui serait également rendu publique. Une telle norme co-construite avec le
mouvement sportif participerait d’une régulation accrue par le mouvement sportif lui-même. Le mouvement
sportif pourrait aussi lui-même sous l’égide du CNOSF créer sa propre référence de labellisation.

Les fédérations pourraient être notées par des agences indépendantes à l’instar des collectivités sur la base
de critères élaborés en relation avec les fédérations.

Le cas échéant, un superviseur du sport pourrait être créé. Une étude est en cours sur ce point. Si
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe souligne l’importance de l’autonomie dans le sport, elle
relève aussi que toute autonomie entraîne une responsabilité. L’Assemblée préconise que l’autonomie soit
indissociable de critères de bonne gouvernance, en estimant que « l’on ne peut pas laisser le mouvement
du sport remédier seul à ses défaillances »37. Le monde du sport organisé doit accepter la participation
de nouveaux acteurs pour adopter les réformes nécessaires, ainsi que des règlements spécifiques qui

36. Résolution 2199 (2018) de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe « Vers un cadre pour une gouvernance sportive moderne»
37. Idem 35

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 61

protègent les sportifs, garantissent l’intégrité des manifestations sportives ainsi que la responsabilité sociale
et environnementale, et mettent en place des mécanismes de contrôle stricts concernant l’utilisation des
fonds de développement.

En matière d’éthique, la majorité des fédérations présentes à l’atelier ont jugé pertinente une montée en
puissance du CNOSF qui pourrait s’imposer comme leader en matière d’éthique. Cette éventualité a été
confirmée par le groupe ayant approfondi ce sujet. La qualité du système de conciliation mis en place par
le CNOSF montre qu’il a l’autorité morale nécessaire pour implémenter un ordre interne de bonne tenue.

Pour mémoire, la question de l’éthique se structure depuis la loi du 11 octobre 2013 relative à la transparence
de la vie publique. Ce texte a été complété à plusieurs reprises par la suite. En effet, désormais, le président
du CNOSF, le président du CPSF, les présidents des ligues professionnelles et les présidents de fédérations38,
ainsi que les organisateurs de grands événements sportifs internationaux39 sont soumis à une déclaration de
situation patrimoniale et d’intérêts auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique (HATVP).

Conformément à l’article L.131-15-1 du code du sport, les fédérations sportives délégataires ont l’obligation
depuis la loi du 1er mars 2017 d’adopter une Charte éthique et de déontologie déclinant la Charte du
CNOSF. Elles instituent en leur sein un comité doté d’un pouvoir d’appréciation indépendant, habilité à saisir
les organes disciplinaires compétents et chargé de veiller à l’application de cette charte et au respect des
règles d’éthique, de déontologie, de prévention et de traitement des conflits d’intérêts.

Or, à ce jour, seules près de 20 % des fédérations se sont acquittées de cette obligation. Celles-ci mettent
en avant des difficultés à définir son contenu et à mobiliser les bons acteurs.

Le CNOSF pourrait donc mettre en place une fonction d’appui auprès des fédérations. En outre, une
commission nationale indépendante d’éthique du sport, qu’il pourrait abriter, pourrait contrôler la qualité et
l’effectivité de ces chartes et comités.

38. Loi du 1er mars 2017 visant à préserver l’éthique du sport


39. Loi du 26 mars 2018 relative à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, complétée par le décret du 28 mai 2018

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62 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

La question du dispositif anti-corruption qui a été abordée lors du vote par le parlement de la loi relative à
l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques n’a pas été évoquée dans le cadre de la concertation
dans la mesure où le dispositif de droit commun déployé par l’Agence Française Anti-Corruption (AFA)
pourrait aussi concerner le mouvement sportif.

5.1.4 La question de l’élection, de l’éligibilité et du statut des dirigeants


Si les fédérations ne se sont pas adaptées suffisamment à la demande sociale, c’est en raison d’un double
mouvement :
-- le ministère des Sports n’a pas su déceler assez tôt les évolutions de la société car il a été conçu pour être,
par l’exercice de sa tutelle sur les fédérations, le gardien d’un modèle fédéral tourné vers la compétition ;
-- comme tout système électif, l’absence de limitation du nombre de mandats des dirigeants fédéraux
n’a pas été propice à la créativité. De ce point de vue, l’élection des présidents par les clubs inscrite
au programme du Président de la République constitue à cet égard un enjeu majeur qu’il conviendra
de coupler avec une limitation du nombre des mandats successifs.

[Link] L’élection du président par les clubs


Lors de la campagne présidentielle, le Président de la République, Emmanuel MACRON, s’est engagé à
« rendre le fonctionnement des fédérations plus efficace avec l’élection systématique des présidents de
fédérations par les clubs ». Dans le contexte de la présente réflexion, cette promesse prend tout son sens.
La dynamisation et la responsabilisation des fédérations sont en parfaite cohérence avec une élection
plus directe des présidents. Cette évolution, le vote direct des clubs, ne fait pas consensus. Le mouvement
sportif pourrait proposer « un panachage des collèges électoraux entre le vote direct des clubs d’une part
(démocratie directe), et le vote indirect des clubs d’autre part, (démocratie représentative) ».40

40. Contribution du CNOSF

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Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 63

[Link] Le nombre de mandats


La question du nombre de mandats de président aujourd’hui illimité devra logiquement être posée. A cet
égard, deux renouvellements successifs semblent constituer un compromis permettant à un projet fédéral
de se déployer dans le temps au niveau national et de développer une stratégie internationale.41

[Link] La rémunération des dirigeants


L’accroissement des exigences envers les fédérations impose naturellement que leurs dirigeants soient
disponibles et mieux formés. La question de la rémunération et de l’honorabilité des dirigeants a donc été posée.

Le cadre fiscal actuel permet la rémunération des dirigeants d’association, sur décision de l’assemblée générale,
jusqu’à trois fois le plafond de la sécurité sociale, ce qui correspond à près de 10 000 euros. La contrepartie
appréciée par l’administration fiscale repose sur la transparence financière, le fonctionnement démocratique,
l’adéquation de la rémunération aux sujétions des dirigeants, et le respect du plafond de rémunération. Ces
conditions sont cohérentes par rapport aux attentes vis-à-vis du mouvement sportif. Il conviendrait que plus de
fédérations y fassent appel. Il faut noter que le statut de SCIC permet la rémunération du dirigeant exécutif dès
lors qu’il y a contrepartie. Plus rien ne devrait faire obstacle à la mobilisation de cette possibilité.

41. Les Think tank « Rénovons le Sport » et « Sport et Citoyenneté » proposent deux mandats

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NOUVELLE
64 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Dans le cadre du développement de la fonction de contrôle de l’éthique du CNOSF, un rôle d’avis pourrait
lui être attribué sur ce point afin de faciliter la présentation de ce type de demande devant l’assemblée
générale de la fédération.

[Link] L’honorabilité des dirigeants


Il serait en outre utile de rationaliser les règles relatives à l’honorabilité des dirigeants pour qu’une règle
harmonisée s’applique indistinctement aux membres des instances dirigeantes des fédérations, des ligues
professionnelles, du CNOSF et du CPSF. En l’état actuel du droit, les dispositions obligatoires des statuts
des fédérations sportives agréées prévoient que la commission de surveillance des opérations électorales
se prononce sur la recevabilité des candidatures par une décision prise en premier et dernier ressort. Une
harmonisation pourrait consister à ce que soit demandé aux candidats qui souhaitent intégrer les instances
dirigeantes du mouvement sportif de présenter à cette commission le Bulletin n°3 de leur Casier judiciaire.
La présentation de cet extrait se retrouve dans diverses fonctions de nature éducative et serait cohérente
avec la fonction de dirigeant de fédération sportive.

5.1.5 Une évolution des missions du CNOSF


L’ensemble de ces évolutions pourrait compléter les missions du CNOSF en faveur de missions « ordinales »
et de fonctions d’animation et d’impulsion.

Cette évolution est logique dans un contexte où le COJO sera dans les prochaines années, et encore
plus à partir des Jeux de Tokyo l’interlocuteur principal du Comité International Olympique et du Comité
Paralympique International.

Les évolutions du CNOSF seraient tournées vers l’éthique, l’arbitrage, les fonctions support en faveur des
fédérations, tout comme vers l’animation du réseau des CROS et des CDOS. Ce dernier est de qualité
inégale et reste à dynamiser. Ces évolutions, si elles aboutissent, sont de nature à constituer un bel héritage
des Jeux : l’autonomie et la responsabilisation du mouvement sportif.

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 65

Dans ce contexte, on peut même imaginer que le CNOSF financerait directement les CROS et CDOS qu’il
animerait. Cette option a été ouverte par la Cour des Comptes et l’IGJS dans sa revue des dépenses
d’avril 2016, évoquant le fait que « cette procédure permettrait au CNOSF de s’assurer de la cohérence
des actions menées localement avec les orientations et objectifs qu’il assigne et d’accompagner la
restructuration territoriale du mouvement olympique et sportif ».

5.1.6 Les moyens de sécurisation et de responsabilisation du sport professionnel


masculin et féminin
En dépit de l’organisation d’une Grande Conférence sur le sport professionnel français en 2016-2017, qui
donna lieu à des travaux dans le cadre d’un groupe de travail sur les relations institutionnelles au sein du
sport professionnel, l’encadrement juridique du sport professionnel et l’articulation de sa gouvernance entre
fédérations et ligues a quasiment toujours été conçu en opportunité, à l’occasion de litiges ou de situations
de crises. Ces circonstances n’ont que rarement permis de prendre le recul nécessaire à la conception
d’une organisation à même de garantir tout à la fois les intérêts essentiels des institutions en charge des
composantes amateur et professionnelle des disciplines concernées, ainsi que des clubs associatifs et des
sociétés sportives.

L’encadrement juridique actuel du sport professionnel français, défini pour l’essentiel il y a plus de quinze ans
dans le cadre de la loi du 6 juillet 2000 et du décret n° 2002-762 du 2 mai 2002, apparaît aujourd’hui à
certains en décalage avec les évolutions et les enjeux présents du secteur et les besoins de développement,
notamment, des ligues et des sociétés sportives.

Si les ligues ne souhaitent pas remettre en cause le principe de la subdélégation qui les lie à leurs
fédérations, elles revendiquent néanmoins de disposer de la capacité d’offrir à leurs clubs adhérents les
conditions optimales pour s’inscrire durablement dans des calendriers d’investissement et d’exploitation
propres aux activités économiques qu’elles exercent, ainsi que des garanties de non remise en cause

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NOUVELLE
66 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

discrétionnaire de leur existence. Les fédérations, quant à elles, veulent prioritairement sécuriser le principe
de solidarité entre composante amateur et professionnelle de leur discipline, leur modèle de formation des
joueurs, ainsi que la compétitivité des sélections nationales.

Les nécessaires arbitrages à mettre en œuvre entre ces aspirations qui peuvent parfois s’avérer difficilement
compatibles dans les faits supposent donc la recherche de points d’équilibre.

[Link] Aménager les relations entre ligues professionnelles et les fédérations


Dans le cadre de l’atelier d’approfondissement consacré à ce sujet, il est apparu opportun d’envisager des
évolutions de l’encadrement juridique de la gouvernance du sport professionnel sur plusieurs points :
-- l’octroi de la subdélégation, qui nécessiterait désormais l’approbation de la ministre, en lieu et place
de l’approbation de la convention ;
-- la durée de la subdélégation par la fédération à la ligue, qui serait reconduite tacitement à chaque
renouvellement de la délégation de la fédération, sauf conditions de retrait explicite ;
-- à l’échéance de la convention, celle-ci serait maintenue pour une durée supplémentaire
éventuellement nécessaire à l’adoption de la nouvelle convention dans la limite d’un an ;
-- les conditions de retrait de la subdélégation seraient encadrées pour faute grave, en prévoyant une
compétence d’arbitrage du CNOSF ; la commission d’arbitrage du CNOSF serait l’instance compétente
en cas de litige (à prévoir dans le code du sport) ;
-- les modalités de retrait de la subdélégation nécessiteraient une approbation de la Ministre, comme
ce devrait être le cas pour l’octroi de la subdélégation ;
-- dans l’hypothèse où la fédération souhaiterait déléguer une nouvelle discipline professionnelle, la
ligue existante disposerait d’un droit de préemption. La ligue devrait alors faire, dans un délai de trois
mois, une proposition d’exploitation (dont le cadre reste à définir) ; en cas de refus par l’une des deux
parties, la fédération pourrait déléguer cette nouvelle discipline à un autre opérateur ;
-- la question de la commercialisation des droits d’exploitation des compétitions déléguées aux ligues
doit être abordée à l’occasion de la subdélégation. Dans l’hypothèse où cette compétence serait
transférée par la fédération à la ligue, ce transfert devra être organisé dans le cadre de la convention
; celle-ci devra intégrer les obligations suivantes : le respect du principe de solidarité entre les
composantes professionnelle et amateur, le respect des équipes nationales et un temps d’exposition
contractuel des compétitions féminines dans l’hypothèse où celles-ci leur auraient été déléguées ;
-- la durée de la convention fédération-ligue, laissée à la liberté des parties, avec un maximum de
8 ans ;
-- la convention fédération-ligue prévoirait les conditions de suivi de la délégation ainsi que de son
contrôle.

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 67

Ces éléments pourraient amorcer un nouvel équilibre de nature à mieux sécuriser les ligues dans le respect
des stratégies fédérales. L’idéal serait qu’ils soient approfondis sous l’égide du CNOSF dans la perspective
d’un accord global.

[Link] Le sport professionnel féminin


Le sport féminin relevant des disciplines encadrées par des ligues professionnelles est marqué par de fortes
disparités de niveaux de développement, de structuration et de budgets, d’un sport à l’autre, voire d’un club à l’autre.

Il demeure ainsi particulièrement prématuré de parler d’un sport professionnel féminin qui serait organiquement
et économiquement comparable avec le sport professionnel masculin. Ainsi et de façon emblématique,
il apparaît imparfait de considérer le football féminin comme étant réellement doté d’un championnat
professionnel, puisque seules quelques équipes de première division peuvent réellement revendiquer ce statut.
C’est la raison pour laquelle dans le cadre des travaux du groupe de travail sur le développement du sport
professionnel féminin de la Grande Conférence sur le sport professionnel français, il avait été préconisé de
substituer aux termes de « sport professionnel féminin » les termes « sport féminin d’élite nationale ».

Pour autant, cette activité démontre des potentiels de développement extrêmement significatifs, comme
en témoignent notamment depuis la fin des années 2000 les résultats d’audience recueillis pour la
retransmission de compétitions féminines à des heures de forte écoute, qui démontrent les attentes du
plus large public pour l’exposition des performances des championnes.

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NOUVELLE
68 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

La création, rendue possible par la loi du 1er mars 2017, d’une Conférence permanente du sport féminin
(placée sous la présidence de la ministre des Sports et rassemblant des représentants des acteurs du
mouvement sportif, de l’audiovisuel, des acteurs économiques du sport, de l’État et des élus locaux,
ainsi que de personnalités qualifiées) a permis de déterminer un cadre de réflexions et d’élaboration de
propositions visant notamment « à concourir à l’accompagnement des acteurs en vue de la structuration
et de la professionnalisation du sport féminin ».

Cette instance a logiquement intégré la problématique du développement de la professionnalisation du


sport féminin d’élite nationale dans ses priorités pour les mois à venir et devrait proposer des pistes de
travail à l’automne sur le sujet.

5.1.7 Le développement d’une société sportive inclusive pour les personnes


handicapées
L’enjeu réside dans la structuration à engager pour parvenir à une société inclusive, prenant mieux en
compte les aspirations des personnes handicapées en matière de sport.

L’État, les collectivités territoriales, les acteurs du handicap et le comité paralympique et sportif
français (CPSF) partagent la volonté d’amener plus de personnes handicapées à pratiquer une activité
physique. Guidé par un constat d’insuffisance de la pratique sportive par ces personnes, cet impératif
de développement nécessite d’être accompagné tant au niveau national dans le cadre d’une stratégie
commune aux différentes parties prenantes (les personnes handicapées elles-mêmes, les départements,
l’État et le CPSF), qu’à l’échelon territorial. L’essor du sport pour ce public repose en effet sur des solutions
élaborées et personnalisées et donc sur une mise en réseau des acteurs de terrain. Il apparait ainsi un
besoin de coordination élargie, simple et formalisée aux niveaux national et territorial.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 69

Historiquement fortement structuré autour du sport paralympique, le CPSF se donne également pour
ambition « de contribuer, par le sport et l’excellence sportive, à inspirer une société où la diversité est
pensée comme un catalyseur de richesses et d’intégration ». Il regroupe désormais 29 membres qui tous,
à des niveaux variés, développent ou animent des para-sports. 13 de ses membres disposent désormais
de la délégation ministérielle haut niveau. Les deux fédérations historiques ont créé un maillage territorial
important bien que sa densité soit inégale. Ces comités et ligues régionaux ou départementaux sont des
acteurs forts du mouvement paralympique au niveau local et il convient de s’appuyer sur eux.

Le rôle des départements dans le développement des pratiques adaptées doit devenir plus important. Le
sport doit en effet pouvoir intégrer pleinement les projets de vie des personnes handicapées, ce qui suppose
qu’il existe d’un côté une offre adaptée sur le territoire et que les maisons départementales des personnes
handicapées (MDPH) soient en mesure d’informer et d’accompagner vers la pratique sportive. Les MDPH
pourraient ainsi devenir des acteurs du développement des para-sports. À ce titre, l’ADF a fait part de son
souhait que le sport handicap constitue une « brique » obligatoire du projet sportif de territoire élaboré
dans le cadre de la conférence régionale des financeurs, afin que leur participation à cette démarche soit
co-construite avec l’ensemble des parties prenantes, en particulier le mouvement sportif.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
70 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Afin d’assurer une représentation territoriale du mouvement paralympique, il est proposé que le CPSF se
dote d’un échelon régional. Il disposera ainsi d’un levier supplémentaire pour représenter le mouvement
sportif à cet échelon de co-construction des politiques sportives, dans lequel les conseils départementaux
seront également représentés.

5.2 Des collectivités mieux coordonnées développant localement


des spécialisations « à la carte »
Associées au niveau national à la gouvernance du sport et au niveau territorial avec leur participation à la
conférence du sport et à la conférence des financeurs, les associations représentant les collectivités ont
affirmé l’ambition de mieux coordonner leurs actions et d’arriver progressivement à une spécialisation « à la
carte » qui tienne compte des particularités des territoires (1). Pour les collectivités la question des normes
est centrale. Une gouvernance spécifique existe avec la Commission d’examen des règlements fédéraux
relatifs aux équipements sportifs (CERFRES), les collectivités souhaitent en renforcer les prérogatives (2).

5.2.1 Une cohérence renforcée pouvant organiser des spécialisations « à la carte »


dans le cadre de la conférence des financeurs
Le sport est une compétence partagée. Néanmoins, la concertation a mis en évidence la nécessité
d’organiser une plus grande cohérence territoriale.

Pour les collectivités, l’enjeu de la rénovation consiste à mieux se coordonner entre elles et avec les autres
acteurs pour co-décider des orientations qui se déclineront sur leurs territoires et dont chacun financera
la mise en œuvre. Les collectivités entendent ainsi demeurer dans un système de compétences partagées
reflétant les divers aspects du sport.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 71

La concertation a permis d’esquisser les orientations suivantes jamais envisagées pour le sport.

Une coordination pourrait être rendue obligatoire sur les aspects structurants du sport (haut niveau, sport
professionnel, équipements structurants, réduction des inégalités) qui se traduirait par :
-- un projet sportif territorial élaboré en concertation…
-- au sein d’une Conférence régionale du sport, véritable « Parlement du sport »…
-- et financé au sein d’une conférence des financeurs associant les services déconcentrés de
l’État, les organes régionaux et départementaux représentant le mouvement sportif, les régions, les
départements, les intercommunalités, les communes et le monde économique.

Le mécanisme envisagé est le suivant : la Conférence régionale du sport (ou Parlement du sport) élabore
le projet sportif territorial. La conférence des financeurs se répartit les financements dans le cadre
d’engagements réciproques.

La concertation n’a pas été assez poussée pour déterminer comment cette Conférence régionale du sport
pourrait être animée.

La concertation a été plus fructueuse concernant la conférence des financeurs. Il s’agit d’une instance de
financement garantissant que chacun s’engage sur les compétences qu’il a décidées. Le vecteur contractuel
de la conférence des financeurs pourrait prendre la forme de contrats pluriannuels d’orientation et de
financement par grandes politiques retenues dont a minima le haut niveau, le sport professionnel, les
équipements structurants, les inégalités d’accès à la pratique sportive sur les territoires, et le cas échéant
les politiques émergentes comme le sport-santé. Ainsi, chaque acteur pourra prendre « à la carte » des
engagements dans les domaines qu’il choisira.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
72 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

La structure nationale aurait vocation à financer, dans le cadre de ses priorités, certains domaines ou
actions du projet sportif territorial (à l’exception du sport professionnel) dans le cadre d’un contrat de
développement du sport territorial passé avec la conférence régionale des financeurs. Après une phase
expérimentale, la conférence des financeurs pourrait être prévue par la loi.

Cette organisation en conférence des financeurs permettrait de limiter largement le système des appels à
projets au profit d’un « guichet unique » pour les clubs et acteurs du sport. Si une telle organisation était
mise en place, il serait conseillé aux fédérations qui font des appels à projets de rejoindre cette conférence
des financeurs afin de simplifier la vie des clubs.

Ainsi, dans ce contexte de collégialité, les collectivités entendent mieux s’organiser sans toutefois désigner
au niveau législatif des chefs de filât : « des compétences partagées, mais une coordination obligatoire ».

Des spécialisations « à la carte » pourraient s’organiser, le cas échéant dans le cadre de conventions
territoriales d’exercice concerté des compétences (CTEC) prévues par la loi du 27 janvier 2014 de
Modernisation de l’Action Publique Territoriale et d’Affirmation des Métropoles (MAPTAM).

A titre d’exemple et selon les orientations définies collégialement et localement, les régions, pourraient se
centrer sur les formations, le sport de haut niveau et sur le sport comme levier d’aménagement du territoire,
les départements sur les usages socio-sportifs du sport, les financements structurants sur le handisport
(le sport facteur d’inclusion sociale), les sports de nature, le bloc communal (communes, communautés de
communes, communautés d’agglomération et métropole) sur les équipements sportifs structurants, le sport
professionnel, l’emploi sportif, le sport de haut niveau, le sport de proximité, le soutien aux clubs.

La concertation a également mis en évidence la volonté très majoritaire des collectivités de cesser de financer
les sports professionnels bénéficiant de droits TV importants de façon à réorienter leurs financements.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 73

Enfin, certains territoires voudraient développer sur la base des Centres de ressources, d’expertise et de
performance sportive (CREPS) des pôles de compétitivité et d’excellence qui centralisent les moyens et les
décisions en matière de haut niveau.

Une attention particulière devra être portée aux territoires ruraux qui commencent à perdre des clubs sous
le double effet d’une carence en bénévoles du fait du vieillissement de la population et de la difficulté en
conséquence à s’adapter à de nouveaux publics ou de nouvelles pratiques.

5.2.2 Une gouvernance spécifique pour les normes sportives


En convergence avec la concertation, le Conseil National d’Evaluation des Normes (CNEN) réuni en séance
le 13 juin dernier, vient de se prononcer en faveur de la mise en œuvre de la résolution adoptée par le Sénat
en date du 28 mars 2018 pour accroître les prérogatives de la Commission d’Examen des Règlements
Fédéraux Relatifs aux Equipements Sportifs (CERFRES) et accroître la concertation avec les collectivités.

Il s’agit notamment pour la CERFRES de pouvoir :


-- contrôler les règles mises en place ;
-- auditionner une fédération autoritairement ;
-- donner des avis conditionnels ;
-- s’auto-saisir de sujets normatifs ;
-- se prononcer sur une norme passée.

5.2.3 Une relation revisitée avec les clubs sportifs professionnels


Depuis l’avènement du sport professionnel dans les années 70, les relations entre les collectivités
territoriales et les clubs sportifs sont étroites. En effet, le sport professionnel s’est largement développé
avec des contributions publiques, qu’il s’agisse du financement des enceintes sportives ou du soutien
sous la forme de subventions ou de prestations de services. Aujourd’hui, alors que le paysage du sport
professionnel est très différent d’une discipline à une autre et d’un territoire à un autre, un consensus déjà
amorcé dans le cadre de la grande conférence pour le sport professionnel se dessine en facilitant d’une

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
74 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

part, l’exploitation par les clubs professionnels des enceintes sportives (1), mais aussi leur réalisation (2),
d’autre part, en supprimant les subventions aux sports bénéficiant de droits TV de manière importante (3) et
en contrepartie en déplafonnant les prestations de services que peuvent acheter les collectivités territoriales
aux clubs sportifs professionnels (4). Ces points ont fait l’objet d’un approfondissement essentiellement
juridique. Ils sont majoritairement partagés, mais pas parfaitement consensuels.

[Link] Favoriser l’exploitation des enceintes sportives par les clubs professionnels.
Les clubs professionnels souhaitent pouvoir disposer de « leurs outils de production » pour en maîtriser les
revenus. Aujourd’hui les clubs sportifs doivent être mis en concurrence sur le fondement de l’article L2122-
1-1 du code général de la propriété des personnes publiques.

Cet article est ainsi rédigé « Sauf dispositions législatives contraires, lorsque le titre mentionné à l’article
L2122-1 permet à son titulaire d’occuper ou d’utiliser le domaine public en vue d’une exploitation
économique, l’autorité compétente organise librement une procédure de sélection préalable présentant
toutes les garanties d’impartialité et de transparence, et comportant des mesures de publicité permettant
aux candidats potentiels de se manifester. Lorsque l’occupation ou l’utilisation autorisée est de courte durée
ou que le nombre d’autorisations disponibles pour l’exercice de l’activité économique projetée n’est pas
limité, l’autorité compétente n’est tenue que de procéder à une publicité préalable à la délivrance du titre,
de nature à permettre la manifestation d’un intérêt pertinent et à informer les candidats potentiels sur les
conditions générales d’attribution.»

Le 4ème alinéa de l’article L2122-1-3 prévoit des dispositions permettant de s’affranchir de cette mise en
concurrence « Lorsque les caractéristiques particulières de la dépendance, notamment géographiques,
physiques, techniques ou fonctionnelles, ses conditions particulières d’occupation ou d’utilisation, ou les
spécificités de son affectation le justifient au regard de l’exercice de l’activité économique projetée ».

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 75

Toutefois, cette disposition n’est pas suffisamment solide pour confier l’exploitation d’une enceinte sportive
sans mise en concurrence. La proposition est de faire une exception pour l’exploitation des enceintes
sportives par les clubs professionnels.

[Link] Étudier le subventionnement plafonné des enceintes sportives réalisées par les clubs
professionnels.
La loi du 1er mars 2017 permet aux collectivités d’accorder des garanties d’emprunts contractés en vue
de l’acquisition, de la réalisation ou de la rénovation d’équipements sportifs par des associations ou des
sociétés sportives.

Ces garanties sont plafonnées à 50 % du coût de l’investissement.

Pour les collectivités, cette disposition reste insuffisante pour permettre aux clubs de réaliser leurs
équipements sportifs. En contrepartie de la suppression des subventions, la proposition est de mettre le code
du sport en cohérence avec les règles européennes, à savoir la possibilité d’accompagner l’investissement
au maximum à hauteur de 30 millions d’euros, toutes subventions confondues aux conditions suivantes42 :
-- maximum de 30 millions pour des investissements inférieurs à 100 millions ;
-- uniquement dans le cas d’un bail à construire avec retour à la collectivité à la fin de l’activité ;
-- diversification de l’utilisation sur des bases transparentes, publiques et non discriminatoires ;
-- toute forme de mandat confiant à un tiers la construction, la modernisation et/ou l’exploitation
de l’infrastructure est attribuée sur une base ouverte, transparente et non discriminatoire, dans le
respect des règles applicables en matière de passation des marchés publics.

42. Jean-Paul Omeyer ; Réflexions autour de la relation sport professionnel et collectivités

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
76 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

[Link] Supprimer les subventions aux clubs sportifs bénéficiant des droits TV importants
Les subventions des collectivités territoriales allouées aux clubs sportifs sont plafonnées à 2,3 millions
d’euros pour chaque saison sportive (article R113-1 du code du sport) et ne peuvent être accordées que
pour des missions d’intérêt général.

L’article R113-2 du code du sport définit 3 objets de subventionnement :

1° La formation, le perfectionnement et l’insertion scolaire ou professionnelle des jeunes sportifs accueillis
dans les centres de formation agréés dans les conditions prévues à l’article L211-4 ;

2° La participation de l’association ou de la société à des actions d’éducation, d’intégration ou de cohésion


sociale ;

3° La mise en œuvre d’actions visant à l’amélioration de la sécurité du public et à la prévention de la


violence dans les enceintes sportives.

Aujourd’hui, ce dispositif pose deux types de problèmes. En premier lieu, les élus locaux ont de plus en plus
de difficulté à faire voter des subventions pour les clubs professionnels dont les budgets sont importants et
qui bénéficient de droits TV de manière significative. Il s’agit plus particulièrement du football et du rugby.

En second lieu, pour les autres disciplines, le montant des subventions accordées dépasse parfois largement
ce que peut réellement justifier le club.

En effet, seul le centre de formation peut faire l’objet d’un montant de subvention de plusieurs centaines
de milliers d’euros. Mais pour des disciplines comme les sports de salle, le montant accordé est largement
supérieur au coût réel du centre de formation. Ceci est de nature à mettre en risque les clubs professionnels
subventionnés en cas de recours.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 77

Dans ce contexte, la proposition est :


• d’une part, de supprimer les subventions aux clubs professionnels dont les droits TV sont supérieurs à
15 % du budget. Une autre condition pourrait être étudiée par rapport au montant des droits TV ;
• d’autre part, redéfinir les subventions pour mission d’intérêt général. A ce titre, nous reprenons les
propositions formulées lors de la Grande Conférence sur le sport professionnel à savoir :
-- considérer le soutien aux centres de formation comme une mission d’intérêt général spécifique
qui relève, d’une part, de l’intercommunalité (communauté de communes, communautés
d’agglomération, communauté urbaine, métropole) et, d’autre part, de la région ;
-- faire évoluer les missions d’intérêt général autour du développement de la discipline sportive sur
le territoire intercommunal. La subvention qui relève du niveau intercommunal vise à soutenir le
développement de la pratique sur le territoire à travers différentes actions conduites auprès
des communes et des clubs du territoire : mise en réseau des clubs, organisation de séances
d’entrainement entre clubs avec les meilleurs jeunes sportifs de chaque club, organisations de
rencontres, information et formation des entraineurs / éducateurs, mutualisation du suivi médical,
formation des dirigeants, invitation aux matchs des jeunes des clubs du territoire…

S’agissant d’un régime d’aide, il devra faire l’objet, le cas échéant, d’une procédure de notification à la
Commission européenne.

[Link] Déplafonner les prestations de services


La contrepartie de la suppression des subventions aux clubs professionnels recevant des subventions
d’un montant supérieur à 15 % du budget est le déplafonnement de l’achat de prestations de services.
L’article D113-6 du Code du sport dispose que les sommes versées par les collectivités territoriales ou
leurs groupements aux sociétés sportives en exécution de contrats de prestation de services, ou de toute
convention dont l’objet n’entre pas dans le cadre des missions d’intérêt général sont plafonnées à 30 % du

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
78 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

total des produits du compte de résultat de l’année précédente de la société dans la limite de 1,6 million
d’euros par saison sportive. La proposition est de déplafonner l’achat de prestations de services qui doit
répondre aux besoins de la collectivité et se négocier au prix du marché.

L’objectif est de ne pas limiter l’achat de visibilité que représente un club professionnel dès lors que les
prestations de qualité sont acquises au prix du marché.

5.3 Une montée en puissance du monde économique


Le monde économique est longtemps resté peu visible en matière sportive, cantonné à des actions de
mécénat ou de sponsoring par le soutien de certains sportifs à fort potentiel médiatique ou aux clubs locaux.

La filière économique du sport, créée en mars 2016, a mis en exergue la capacité économique et sociale
du marché du sport qui représente au sens large environ 300 000 emplois, un chiffre d’affaires de près de
38 milliards d’euros par an, ainsi qu’un savoir-faire et une expertise reconnus, de la conception de matériel
sportif à la gestion des infrastructures, en passant par l’économie numérique. A cet égard, le marché
mondial des grands événements sportifs, qui représente près de 50 milliards d’euros par an, constitue une
opportunité majeure de développement. La croissance de la demande sportive mondiale ouvre en outre des
opportunités très significatives à l’export pour les entreprises françaises, appuyées par Business France, tant
en matière d’équipements que d’offre de services.

Or, au cours de la démarche de concertation, c’est l’ensemble du « monde économique », et pas uniquement
la filière sport qui a manifesté intérêt et soutien pour le sport.

C’est pourquoi, le MEDEF a été accueilli au comité de pilotage de la démarche (1).

Le monde économique a ainsi montré un intérêt pour le sport au regard non seulement du marché du sport,
mais également en tant qu’acteur du sport par le sport d’entreprise (2) et le sport-santé, par son implication
en matière de haute performance (partenariat technologique et en soutien aux athlètes), et en matière de
sponsoring.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 79

5.3.1 La représentation du monde économique dans la structure


Dans ce contexte, la représentation du monde économique dans la structure nationale est un enjeu encore
en cours de concertation. Le collège pourrait accueillir un nombre substantiel d’acteurs désignant au Conseil
d’administration le nombre de représentants défini dans les statuts. L’avantage d’un tel collège ouvert serait
de permettre une large adhésion à la structure nationale de gouvernance.

En toute hypothèse, il est apparu que la représentation adéquate du monde économique devrait pouvoir
être en mesure de produire des apports à la réflexion collective, partager des expériences, apporter en
compétence, mobiliser un réseau le plus dense possible et présent dans les territoires.

A cet effet, a minima, la présence des deux principales organisations représentatives pour le patronat et les
salariés semble pertinente, tout comme la principale organisation sectorielle.

5.3.2 Le sport d’entreprise


Le sport d’entreprise a été longtemps conçu comme un appui au management pour favoriser la cohésion au
sein des entreprises, ainsi que comme un avantage consenti par l’employeur au profit des salariés. Dans ce
contexte, plusieurs requalifications en avantage en nature ont été pratiquées par les URSSAF.

Or, aujourd’hui le positionnement du sport d’entreprise évolue avec la prise de conscience de l’intérêt
de l’activité physique pour la santé et le bien-être au travail. Des études récentes montrent que le sport
d’entreprise permet de réduire le taux d’absentéisme de 6 %, et d’accroître la motivation au travail. Le sport
d’entreprise ainsi objectivé et pratiqué de façon volontaire, constitue donc un avantage pour l’employeur
comme pour les salariés. La pratique sportive constitue un facteur de bien-être au travail, mais aussi un
facteur de productivité et de lutte contre l’absentéisme.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
80 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Lorsque l’activité sportive contribue à la qualité de vie au travail, une évolution législative pourrait, d’une
part, inscrire les Activités Physiques et Sportives (APS) parmi les sujets de la négociation collective sur
la qualité de vie au travail et, d’autre part, les assimiler expressément au sein des « activités sociales et
culturelles » menées par les comités d’entreprise.

5.4 Une administration de l’État transformée


L’État focalisé jusqu’à présent sur un sport presque exclusivement fédéral, devrait se repositionner sur
une compréhension globale du sport en prenant de la hauteur pour comprendre et anticiper toutes les
pratiques dans une perspective de régulation proportionnée, et de protection du consommateur (nudges,
campagnes…).

5.4.1 Une évolution du positionnement de la direction des sports


Si les évolutions décrites intervenaient, la direction des sports devrait passer d’un positionnement sur un «
marketing de l’offre fédérale » à « un marketing de la demande ou du service rendu à l’usager ». A cet effet,
elle devrait développer une expertise en matière d’observation, mais aussi de « financement du sport »,
d’économie du sport, d’interministérialité…

Dans ce contexte, la direction des sports serait réorganisée.

[Link] L’observation des pratiques sportives, de la sociologie et de l’économie du sport


La première mission serait articulée autour des domaines suivants :
-- l’observation et l’anticipation des pratiques et des modèles économiques. Dans ce contexte, le
maintien du service de statistique interministériel s’impose ;
-- le soutien à la filière de l’économie du sport en relation avec le ministère de l’économie ;
-- l’expertise en matière de financement.

Pour assurer cette évolution majeure, l’Observatoire de l’économie du sport serait transformé en un
observatoire de l’économie du sport et des pratiques sportives. Cette perspective est indispensable pour
élaborer un socle conceptuel convaincant sur l’impact social du sport.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 81

[Link] Des fonctions juridiques et de contrôle substantiellement rénovées


Plusieurs évolutions seraient entreprises à cet égard :
-- en matière de contrôle des fédérations en remplacement de la tutelle ;
-- évolution de la tutelle administrative et technique sur les établissements nationaux et régionaux ;
-- organisation de la tutelle de l’agence nationale de concertation et de financement du sport.

[Link] Une capacité à conduire des programmes interministériels


Tournée vers l’observation des pratiques et leur encouragement ou bien la régulation, la direction devrait
être en capacité de définir des stratégies interministérielles de développement des pratiques qui devraient
se décliner en région (sport d’entreprise, mobilités douces, soutien à la reconnaissance des compétences
des sportifs et des bénévoles, articulation sport scolaire-sport fédéral, usages du numérique dans le sport,
développement du sport-santé…)

Ces stratégies interministérielles qui auraient été naturellement co-construites avec les partenaires dans le
cadre de l’agence du sport seraient portées au sein de l’État par la direction des sports.

[Link] Une approche raisonnée et proportionnée de la sécurité des pratiques et des contenus
de formation des encadrants
L’édiction des normes devra répondre à un impératif de proportionnalité, tant en matière de protection des
pratiquants que de définition des diplômes d’État.

En matière de sécurité des pratiques, l’observation et la conduite de campagnes de prévention restent


fondatrices, toutefois, la définition des contenus des diplômes d’État répondra à une proportionnalité des
besoins, et au principe européen de libre circulation.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
82 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

5.4.2 La politique internationale et européenne de la France mieux articulée


La politique internationale et européenne de la France pourrait faire l’objet d’une concertation formalisée
autour du ministère des Sports, de l’ambassadeur du sport et du mouvement sportif, le sport étant un
facteur d’influence important pour la France.

Le sport est porteur d’une forte puissance collective. Le site du ministère de l’Europe et des Affaires
étrangères rappelle que « le sport est un vecteur important d’attractivité et une vitrine pour le rayonnement
de la France». L’histoire des Jeux Olympiques et Paralympiques est jalonnée de son rôle en matière de
diplomatie informelle en tant que catalyseur ou de révélateur de rapprochement ou de différences de
vue. Les performances des athlètes, mais aussi la capacité à accueillir les événements sont les principaux
attributs du rayonnement sportif…

Aujourd’hui, plusieurs entités conduisent des politiques à l’international au-delà du seul accueil des Jeux
Olympiques et Paralympiques. D’une part, la direction des sports porte une politique sportive internationale
par le positionnement du ministère au sein de multiples instances multilatérales (AMA, UE, Conseil de
l’Europe, OCDE, UNESCO, CONFEJES, OIF….), par son soutien aux accords de coopération bilatérale, par sa
politique de soutien aux grands événements sportifs. D’autre part, le COJO portera une stratégie propre à la
valorisation des JOP à l’international.

Or, les Jeux de Paris 2024 constituent une occasion exceptionnelle de faire vivre une politique sportive à
l’international, en capitalisant sur le slogan « Made for Sharing ».

Dans ce contexte, il pourrait être utile de réactiver une structure telle que le Comité français du sport
international (CFSI) qui avait pour avantage de constituer une instance souple créée pour asseoir une
coordination internationale dans la phase de pré-candidature aux Jeux de 2024. Ce sujet a été effleuré
à plusieurs reprises pendant la concertation sans trouver d’issue claire, mais sans déclencher non plus
d’opposition majeure.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 83

Une telle organisation collégiale qui pourrait réunir l’État et le mouvement sportif serait de nature à asseoir
le rôle de chacun et à réunir les principaux acteurs pour un positionnement renforcé à l’égard des pays et
continents voisins.

Une telle recommandation pourrait avoir un impact économique favorable dès lors qu’elle pourrait s’étendre
à certains secteurs économiques.

Un impact positif sur les finances publiques est possible si la coordination permet de se tourner vers de
nouveaux marchés ou de nouveaux modes d’économies des fédérations.

Il est enfin nécessaire que la Direction des sports, comme les fédérations sportives, soit organisée pour
répondre à cet enjeu d’un positionnement fort au niveau international.

5.4.3 L’évolution des autres services du ministère des Sports


Des services déconcentrés profondément revus pour projeter une approche interministérielle et
interinstitutionnelle

Au niveau des territoires, les projets sportifs territoriaux s’élaboreront dans le cadre de la conférence
régionale du sport constituée notamment de l’État dont les CREPS, du mouvement sportif, des collectivités,
des entreprises, des CFA métiers du sport, des groupements d’employeurs...

L’agence nationale financerait en fonction de ses moyens et de ses priorités les projets sportifs territoriaux.
Les collectivités seraient amenées à prendre des engagements dans le cadre de politiques contractuelles
décidées en fonction des priorités locales. A minima, seraient coordonnées les approches en matière de
haut niveau, de sport professionnel, ainsi que les actions collectives en matière de développement (santé
et réduction des inégalités). Toutefois, d’autres priorités pourraient être retenues comme par exemple, un
schéma directeur des piscines, un plan emploi…

Il sera également nécessaire que les services déconcentrés en région portent le programme interministériel
des sports défini au niveau national en cours d’approfondissement : sport de haut niveau dont suivi socio-
professionnel, sport et santé, sport d’entreprise, prévention des discriminations…

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
84 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

La mission d’accompagnement opérationnel de l’INSEP serait sans changement mais son cadre stratégique
serait assuré par la structure nationale.

Quant aux CREPS, ils sont apparus comme des structures d’avenir inscrites dans le projet sportif
territorial.

Centrés sur leurs trois missions (haut niveau, formation, accueil des stagiaires), ils doivent s’affirmer comme
tête de réseau pour le haut niveau en offrant des services de qualité à l’ensemble des sportifs du territoire
répertoriés sur les listes, qu’ils soient inscrits ou non dans des structures d’accès au haut niveau (dans et
hors CREPS)

Compte tenu de leur statut d’opérateur de l’État et de la Région, ils doivent également devenir à terme
des acteurs locaux de la gouvernance élargie en qualité de conseils et experts de l’État, des collectivités
territoriales et du mouvement sportif sur le développement des pratiques sportives.

Intégrés dans un environnement concurrentiel, ces établissements doivent conforter leur positionnement
comme organismes de formation aux métiers du sport et de l’animation en prenant en compte le nouveau
cadre réglementaire du secteur et l’impératif de professionnalisation des différents acteurs.

L’ouverture des champs d’intervention à la recherche appliquée avec les universités et l’écosystème de
recherche/innovation (pôle de compétitivité…), sous la coordination de la structure en charge de la haute
performance, peut aussi être une opportunité.

5.4.4 Les Conseillers Techniques Sportifs (CTS)


Le dispositif des CTS représente un vecteur déterminant de l’aide que l’État apporte aux fédérations. Ces
1 600 ETP, valorisés à hauteur de 104 M€, apportent en effet au sport expertise et technicité. Les CTS
possèdent une formation sportive et éducative de haut niveau doublée pour les directeurs techniques
nationaux (DTN) d’une forte expérience managériale qui ne se trouve pas sur le marché des formations
privées.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 85

Alors qu’il convient pour les fédérations de contribuer à l’effort de développement de 3 millions de
pratiquants supplémentaires, et de doubler le nombre de médailles, il importe donc de maintenir et de
conforter ce vivier des CTS.

Ainsi que l’ont relevé plusieurs rapports, la gestion des CTS devra toutefois être dynamisée : mutualisation à
trouver en matière de haut niveau avec la recherche de spécialisation dans les techniques d’entraînement, et
en matière de développement pour les fonctions de développement ou de formation. Cette mutualisation se
traduira par la transformation de postes de CTS en CTS interfédéraux. Enfin, l’amélioration de leur répartition
géographique devra être recherchée.

Ils sont aujourd’hui en double ou triple commande, sous l’autorité hiérarchique du DRJSCS, et fonctionnelle
du DTN, en lien avec le projet fédéral de la ligue régionale. Pour éviter les doublons dans un contexte où
l’efficience de la dépense publique est recherchée, il sera nécessaire de décider de leur rattachement
hiérarchique soit auprès des DR, soit auprès des DTN. Ce point fait débat.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
86 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

6 Le sport conçu comme


un investissement social
Le sport renvoie parfois l’image de cours obligatoires et pénibles au collège ou au lycée. Le sport évoque
aussi le spectacle sportif dont la puissance à fédérer la nation est atténuée par la courte durée du
phénomène d’union qu’il suscite. Les grands événements sportifs se déploient de surcroît au grand dam de
quelques récalcitrants non accessibles à leur valeur symbolique réelle, quoiqu’éphémère.

Mais, le sport, c’est bien plus que cela. Pour preuve, quelques éléments attestés scientifiquement, ou
constatés durablement.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le sport et l’activité sportive sont bénéfiques pour les plus
âgés afin d’améliorer l’endurance cardio respiratoire, l’état musculaire et osseux, et de réduire le risque de
maladies non transmissibles, de dépression et de détérioration de la fonction cognitive.

Pour l’OMS encore, le sport est utile pour la santé non seulement à titre préventif mais aussi dès qu’un
problème de santé survient : diabète, asthme, hypertension... Pratiqué très jeune, ses effets sont d’autant
plus bénéfiques qu’ils s’enracinent dans des pratiques individuelles durables.

Pour l’entreprise et les salariés, une étude récente43 commanditée par le Comité National Olympique et
Sportif Français et le Medef, avec le soutien financier d’AG2R La Mondiale, démontre les bienfaits du sport
à la fois pour l’entreprise, l’individu et la société : moins 6 % de taux d’absentéisme, et une motivation
renforcée…

Le sport est un puissant vecteur d’émancipation, tant pour les femmes44 que pour des publics ou
acteurs spécifiques. L’Agence pour l’Éducation par le Sport, par exemple, par son programme d’insertion
professionnelle « Déclics Sportifs » détecte, forme et intègre en entreprise des jeunes issus de clubs sportifs.

6.1 Quels apports sociaux du sport ?


Plusieurs éléments sont à considérer à ce titre, en plus des apports précités du sport : le poids de la filière
sport dans le PIB, soit environ 38 milliards d’euros de dépenses représentant 1,9 % du PIB, la valeur de
l’action des 3 à 4 millions de bénévoles estimée à près de 5 milliards d’euros.45

43. Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 10 au 12 octobre 2017. Échantillon de 1 018 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans
et plus.
44. Cécile Ottogalli-Mazzacavallo
45. Une étude à l’initiative du CNOSF est en cours pour une estimation réactualisée du poids du bénévolat.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 87

Les économies liées à la pratique sportive se précisent par ailleurs. Une récente étude réalisée par le
ministère des Sports montre qu’une augmentation de 10 % du taux de pratique « rapporte » près de
300 millions d’euros (en économie sur les dépenses de santé notamment). Une étude du ministère des
sports en collaboration avec l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques (OCDE)
est en cours pour affiner l’impact économique des politiques d’activation de la pratique d’activités sportives
sur les finances publiques. Ses premiers résultats devraient être connus fin 2018.

En 2008, un panel d’experts (économistes, médecins) du CNAPS (Conseil National des Activités Physique
et Sportives) avait estimé à 250 € par sportif et par an les économies pour la sécurité sociale. Cette étude
avait été réalisée en 2008 en se basant sur la littérature internationale. Le CNAPS a été supprimé en
2008 de sorte que le rapport final n’est pas disponible publiquement en ligne. Cependant, des documents
intermédiaires sont toujours consultables. Au moment de la rédaction du rapport précité, le groupe
d’experts avait conclu que la qualité des données ne permettrait pas de mettre en place une évaluation
directe suffisamment robuste. La méthodologie a donc consisté en une revue de la littérature internationale
sur le sujet. Les études qui ont servi à cette évaluation font référence et malgré quelques biais d’ordre
méthodologique, cette estimation de 250 € peut être considérée comme sérieuse, tout à fait en phase avec
les estimations plus récentes sur le coût de la sédentarité observée dans les pays de l’OCDE.

6.2 Les sources de financement public et privé


Pour les acteurs de la démarche, même si le financement de l’État est et restera marginal, il serait
souhaitable qu’il demeure pour financer le sport de haut niveau, et contribuer « à donner le cap » en matière
de développement des pratiques. Comme pour le financement du CNDS, « le sport pourrait financer le
sport ». Le mouvement sportif et les collectivités locales avancent que le financement de la structure pourrait
provenir de taxes affectées. 46

46. Le CNDS est financé par trois taxes affectées : taxe Buffet sur la cession de droits télévisés d’événements sportifs se déroulant en France, taxe sur les
paris sportifs et prélèvement sur la Française des Jeux. Leur rendement s’établit à un montant de l’ordre de 350 à 400 M €.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
88 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Or la légitimité de ces taxes fait débat. Une mission parlementaire en cours sur le financement du sport
devrait éclairer la question dans la perspective des discussions budgétaires.

Le mouvement sportif et les collectivités ont estimé nécessaire un financement public d’État de l’ordre
400 millions d’euros. Celui-ci correspond au montant des taxes existantes47 qui ne seraient plus
« plafonnées » lors de l’élaboration du budget de l’État. Le retour sur investissement de cette dépense
serait positif. D’une part, les budgets de l’État et du CNDS correspondant au périmètre de la structure
seraient supprimés. D’autre part, la dépense résiduelle pour l’État serait très largement compensée par
les gains financiers de l’activité sportive sur les dépenses sociales (dépenses de santé, arrêts de travail,
pertes de production, etc.). Certains pensent que cette piste permettrait de doter les politiques sportives
d’un financement durable, assis en toute équité sur le rendement financier généré par l’activité sportive
elle-même. Ainsi, le sport financerait le sport, dans un mouvement vertueux permettant d’accompagner
résolument le développement de la pratique sportive et la haute performance au côté de ressources privées,
notamment issues du mécénat.

Un tel montant permettrait de doubler l’engagement de l’État en matière de haut niveau pour le porter à
100 millions d’euros. En outre, il permettrait de poursuivre l’accompagnement financier de la majorité des
fédérations dont le taux de dépendance de financement public reste encore élevé et de dynamiser les
nouveaux réseaux socio-sportifs. Au niveau des territoires, les financements subsidiaires de l’État viendraient,
en plus des financements locaux et privés des entreprises et des ménages, donner des impulsions à des
dynamiques émergentes à fort retour sur investissement, comme le sport-santé par exemple, ou bien
viendrait compenser des inégalités manifestes. Les collectivités restent attachées dans ce contexte à ce
que les crédits de la structure nationale puissent intervenir en matière d’investissements notamment en
territoires carencés. L’intérêt d’un financement par le mécanisme de contractualisation par l’agence via le
projet sportif territorial consiste en la structuration de projets qui, à défaut, émergeraient peut-être, mais
dans les territoires les plus riches et sans coordination. Une coordination avec les crédits de l’agence de

47. Taxe Buffet sur la cession de droits télévisés d’événements sportifs se déroulant en France et taxe sur les paris sportifs

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 89

cohésion des territoires sera nécessaire à cet égard.48 Enfin, une attention particulière devra être portée au
développement du sport et de l’activité physique dans les territoires ultra-marins marqués par un retard
d’équipement et de pratiques. Tous ces éléments doivent bien sûr faire l’objet de précisions et d’arbitrages
politiques.

Diverses autres solutions sont à examiner :


-- Financement par un loto spécifique de la Française des Jeux comme en Grande-Bretagne ;
-- Partenariat privé pour faire avec le sport professionnel des enceintes sport et service. Ce type de
partenariat a été utilisé par quelques clubs professionnels pour permettre un financement différencié
des infrastructures. Il conviendra d’étudier les modalités de ce modèle pour éventuellement le
généraliser ;
-- Financement participatif, « crowdfunding » ;
-- Les obligations à impact social. Elles visent à faire financer par des investisseurs privés des
programmes sociaux en conditionnant leur remboursement et leur niveau de rémunération financière
à la réalisation d’objectifs de performance. Les principes de ces opérations ont été établis en juin
2017 par l’association internationale des capitaux de marché. Très récemment, Danone vient
d’annoncer le lancement d’une obligation à impact social de 300 millions d’euros. Le groupe est le
premier à réaliser une opération de ce genre dans le respect des principes établis ;
-- Commercialisation de marque. Ce dernier point constitue une suggestion du CNOSF ; si l’hypothèse
se précisait, il serait nécessaire de l’affiner en relation avec le COJO ;
-- Emission de titres associatifs à l’instar de l’initiative récente de l’Union Nationale des Centres Sportifs
de Plein Air (UCPA).

48. L’agence de cohésion des territoires est en cours de création

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
90 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

6.3 Le mécénat
Le baromètre Admical sur le mécénat d’entreprise montre que le sport occupe toujours une place
particulière : il est le domaine le plus prisé par les entreprises mécènes (48 % d’entre elles, notamment les
TPE) mais pour un budget plus modeste (12 % du budget total du mécénat). Il occupe la troisième position
des secteurs bénéficiaires en termes de dépenses, mais il est en première position en termes de nombre
de projets soutenus.

Le secteur du sport est en effet peu organisé en matière de mécénat. La concertation a identifié deux
raisons principales : le mouvement sportif et le ministère des Sports ne savent pas approcher correctement
les entreprises, le produit sportif n’est pas suffisamment « visible » pour les entreprises. Celles-ci sont en
outre peu sécurisées car le mécénat est régulièrement considéré comme une niche par les administrations
fiscales alors même que les entreprises déclarent ne pas pratiquer le mécénat principalement pour un
motif de déduction fiscale, mais plutôt par souhait de soutenir des projets locaux dotés d’une visibilité
satisfaisante. En outre, de façon globale, le mécénat est impacté par la crise économique et les baisses des
budgets des entreprises.

Plusieurs demandes sont portées auprès des parlementaires pour faire évoluer le cadre juridique en faveur
d’un développement du mécénat dans le champ sportif : augmenter le seuil de référence de 5 ‰ du chiffre
d’affaires pour la déduction de l’intervention financière en mécénat ou instaurer un forfait annuel ou établir
une franchise de 10 000 € au mécénat au-delà desquels s’appliquerait le plafond actuel de 0,5 % du
chiffre d’affaires.

Pour appuyer ces demandes, il sera nécessaire de développer un soutien au mécénat sportif comme par
exemple le ministère de la Culture qui a une mission « mécénat ».

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 91

L’enjeu de cet appui serait d’identifier et de sécuriser les domaines dans lequel le mécénat peut être
déployé, à l’instar de ce qui a été fait dans le cadre du Pacte de Performance impulsé par Thierry Braillard.
C’est pourquoi, parallèlement à la création d’une structure de gouvernance du sport pour la performance
et le développement des pratiques, pourrait être créée une gouvernance partagée de mobilisation de
financements privés. Les discussions se poursuivent sur ce sujet.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
92 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

7 Conclusion
Bien que toutes les propositions ne fassent pas consensus, les acteurs de la démarche ont progressivement
dessiné pour le sport une organisation polycentrique et participative pour proposer une offre de pratiques
tout au long de la vie, et pour donner toutes les chances de succès aux meilleurs athlètes.

Attentive à apporter des réponses aux différentes demandes, cette organisation transgresse les habituels
clivages : public - privé, scolaire - fédéral, État - collectivités, loisir - compétition...

Les mots-clés de la « gouvernance » ici proposée sont subsidiarité, complémentarité, éthique, responsabilité,
contractualisation, interministérialité, proportionnalité...

Le système envisagé n’est pas un « compromis mou ». Il propose un nouveau mode de coopération entre
des acteurs publics et privés à la fois au niveau national et sur les territoires. C’est au contraire un véritable
défi parce que chaque acteur détiendrait une part de responsabilité pour l’avenir, et qu’aucun des acteurs
ne prendrait le pas sur les autres...

La réussite de la rénovation, si elle était décidée, dépendrait de la capacité du système à dégager des
objectifs clairs, ainsi que de la sincérité de chaque acteur à s’engager et à agir dans un cadre éthique et
partenarial.

Est-ce possible ? Gageons que la dynamique des Jeux sera de nature à insuffler un tel changement pour un
héritage large et durable.

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 93

8 Remerciements
C’était une gageure de réussir cette concertation avec des forces réduites. Nous l’avons fait avec les efforts
de tous.

Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), le Conseil départemental de la Vienne et la Mairie
de Caen ont accueilli quatre séminaires. Leurs présidents, Denis Masseglia et Bruno Belin, leur maire, Joël
Bruneau, ainsi que leurs équipes, en sont chaleureusement remerciés.

Avant chaque séminaire, les commissions « sport » des associations d’élus, le mouvement sportif, et les
équipes de la direction des sports se sont organisés pour produire une réflexion objective et constructive
au-delà des postures historiques de chacun. Nous les remercions chaleureusement pour la qualité de leur
production.

Nos remerciements particuliers vont à Ghani Yalouz et aux équipes de l’INSEP pour l’accueil des séminaires
de lancement et de fin, ainsi qu’à Nathalie Cuvillier, cheffe de service de la direction des sports, qui a animé
avec nous les ateliers des séminaires thématiques et à Michaël Pouillard, chargé de mission, qui a assuré
l’organisation d’ensemble de la démarche.

Franck le Morvan, administrateur général du secrétariat général des ministères chargés des affaires sociales,
a rédigé l’annexe juridique du rapport, et Xavier Giguet, inspecteur général de l’administration, la synthèse
de l’ensemble des rapports produits sur notre sujet.

Cet engagement collectif, sans lequel la production de ce rapport n’aurait pas été possible, associe enfin
nos deux relecteurs, Jaques Donzel, inspecteur général de la jeunesse et des sports honoraire et Colin
Miège, pour le Think Tank « sport et citoyenneté ».

Nos remerciements vont aussi à tous les collègues de la direction des sports qui ont synthétisé le travail des
ateliers, et contribué aux réflexions.

Laurence Lefèvre, directrice des sports,


et Patrick Bayeux, docteur en sciences de gestion, consultant.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
94 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

9 Synthèse des propositions


Rappel de la proposition Loi Règlement Consensus
#1
Le sport défini comme un bien commun dans un article L 100-1 X X
du code du sport modifié
#2
La création d’une agence nationale du sport sous la forme d’un X X
GIP
#3
La désignation d’un « manager de la haute performance X X
olympique et paralympique »
#4
Au sein du GIP, création d’une entité chargée du développement
X
des pratiques sportives par le mouvement sportif fédéral et par
les autres acteurs
#5
X X
La systématisation des conférences régionales du sport
#6
La mise en place d’une conférence des financeurs avec l’État,
X X
le mouvement sportif, les collectivités territoriales et le monde
économique
#7
La quantification économique de l’action bénévole au sein des X X
politiques sportives
#8
La suppression des obstacles législatifs pour développer l’ESS X X
pour les fédérations et les clubs (adaptation au statut de SCIC)
#9
La possibilité donnée à la fédération de définir le besoin et
X
la récurrence d’un certificat médical en cas d’activité non
compétitive
#10
La mobilisation du Crédit formation du Compte d’Engagement X X
Citoyen (CEC)

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 95

Rappel de la proposition Loi Règlement Consensus


#11
La possibilité pour les bénévoles dirigeants de réclamer une X
vérification de l’honorabilité des bénévoles encadrants
#12
X X
La création d’un certificat GESI
#13
X X
La reconnaissance des acteurs socio-sportifs non fédérés
#14
L’inscription au Répertoire national des compétences X X
professionnelles (RNCP) d’une qualification «socio-sportive »
#15
X X
L’invitation des professions commerciales à créer des CQP
#16
La définition concertée de la politique du HN en faveur des X X
scolaires dans le projet sportif de territoire
#17
La définition concertée de la politique éducative sportive au X X
niveau PEDT nouvelle génération
#18
La modification des textes relatifs aux sections sportives et à
X X
la gestion des sportifs de haut niveau en milieu scolaire et
universitaire
#19
La création en milieu scolaire d’une licence passerelle
temporaire
#20
X X
L’intégration obligatoire du sport dans les contrats de ville
#21
X
La systématisation d’une gouvernance territoriale du sport-santé
#22
La mise en place d’un principe de proportionnalité des
X X
professions réglementées avec des diplômes d’État circonscrits
au besoin de sécurité des pratiques
#23
Le recentrage des aides à l’emploi sur le métier de développeur

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NOUVELLE
96 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Rappel de la proposition Loi Règlement Consensus


#24
La mise en place d’une durée de vie limitée de l’agrément avec X
un dispositif de reconduction tacite
#25
L’élargissement du contenu de la délégation a minima à la X X
création de diplômes
#26
L’abandon de la tutelle de l’État, remplacée par un contrôle des X X
conditions structurelles de la délégation
#27
L’adoption de pratiques de normalisation et de notation externe,
le cas échéant la création d’un superviseur du sport
#28
L’élargissement de la mission du CNOSF en particulier à l’appui
X X
et au contrôle de la mise en place des chartes et comités
d’éthique et déontologie des fédérations
#29
La mise en place de l’élection des présidents de fédération par X
les clubs
#30
X
La limitation du nombre de mandats dans le temps
#31
La création par le CNOSF d’un fonds de modernisation des
fédérations
#32
L’harmonisation des règles relatives à l’honorabilité des X
dirigeants candidats à une élection fédérale
#33
X X
Le financement direct des CROS et CDOS par le CNOSF
#34
L’aménagement des relations ligues professionnelles- X
fédérations
#35
Le soutien aux initiatives de la conférence permanente du sport X
féminin

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 97

Rappel de la proposition Loi Règlement Consensus


#36
La construction et la mise en œuvre d’une stratégie nationale X
pluriannuelle du sport handicap
#37
La représentation du CPSF au sein des conférences régionales X X
de financement du sport
#38
Le travail sur un axe sport handicap dans les projets sportifs X X
territoriaux
#39
Le développement du réseau paralympique sur les territoires de X
proximité
#40
La définition par la conférence régionale du sport d’un projet X
sportif territorial
#41
La signature entre la structure nationale et la conférence des
X X
financeurs d’un projet de contrat de développement du sport
territorial
#42
X X
Le renforcement du rôle de la CERFRES
#43
La suppression de la mise en concurrence des clubs pour X X
l’exploitation des enceintes sportives réalisées pour ces clubs
#44
L’autorisation de subventionner l’investissement pour des X
enceintes sportives dédiées aux clubs professionnels
#45
La suppression des subventions aux clubs professionnels dont X
le pourcentage des droits TV est supérieur à 15 %
#46
La redéfinition des missions d’intérêt général pour l’octroi de X X
subventions aux clubs professionnels
#47
X
Le déplafonnement du montant des prestations de service

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NOUVELLE
98 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Rappel de la proposition Loi Règlement Consensus


#48
L’intégration de l’organisation du sport d’entreprise dans le
cadre d’accords d’entreprises et la considération de celle-ci X X
comme une activité sociale et culturelle menée par le Comité
d’entreprise
#49
La réforme de la direction des sports dans le cadre d’une
X
restructuration accompagnée par la direction des ressources
humaines des ministères sociaux
#50
L’étude de la réactivation d’une instance de concertation en
matière de relations et de coopération internationale
#51
L’évolution des services déconcentrés en phase avec la nouvelle
gouvernance
#52
X
L’inscription des CREPS dans le projet sportif territorial
#53
Le rattachement des CTS aux DTN, et une évolution dans
X
le cadre des objectifs contractualisés dans le cadre de la
délégation en débat
#54
L’intégration des impacts sociaux du sport dans l’observatoire X
de l’économie du sport
#55 X (Loi de
Le déplafonnement des taxes affectées au financement du sport Finances)
#56
X X
L’expérimentation de nouvelles sources de financement
#57
La coordination par le GIP de la recherche de mécénat sportif
X
à travers une structure collégiale dédiée (fondation du sport
français ?)

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 99

10 Annexes

10.1 Annexe 1 : Note de cadrage commune adoptée


lors du premier comité de pilotage du 22 novembre
Des acteurs responsables, en confiance et un État transformé

Le Premier ministre a demandé à la ministre des Sports « d’engager une démarche de confiance envers
le mouvement sportif français en donnant davantage d’autonomie aux fédérations sportives et au Comité
National Olympique, ainsi qu’aux acteurs locaux et en recentrant l’action de l’État sur des missions
essentielles de coordination, de réglementation et de contrôle, notamment éthique ».

La ministre des Sports a donc décidé d’engager, avec l’ensemble des acteurs concernés, une démarche de
co-conception d’un nouveau modèle de gouvernance du sport en France

1/ Problématique
Le système actuel d’organisation du sport a été décidé en 1960 à un moment où le mouvement sportif
devait gagner en expertise sportive et en compétence de gestion. Les principes de la délégation, de la tutelle
de l’État sur les fédérations, et de la mise à disposition des fédérations de cadres sportifs formés par l’État
et indépendants des fédérations ont été ensuite mis en place progressivement. Le système « tutélaire », qui
de fait s’oppose pourtant juridiquement au principe de liberté associative, n’a jamais trouvé un équilibre
parfaitement satisfaisant pour les parties. Il s’est exprimé via le financement des fédérations, par l’obligation
de flécher leurs actions sur des axes décidés au préalable par le ministère, qu’il s’agisse de haut niveau
ou de développement des pratiques sportives. Il s’est aussi traduit par la position inédite des cadres
techniques sportifs placés auprès des fédérations et toujours tiraillés entre la volonté de l’État d’en faire le
bras armé de politiques ministérielles et celle des fédérations d’en faire leurs agents.

Si le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) a progressivement renforcé son leadership en
matière de déontologie sportive, aujourd’hui, le mouvement n’est pas achevé en faveur d’une démocratie
sportive pleine dont l’élection des présidents de fédérations par les clubs, inscrite au programme
présidentiel, sécuriserait l’édifice. Enfin, l’avènement continu des collectivités locales dans le domaine
du sport incite définitivement à mettre en place une gouvernance rénovée et partagée entre les acteurs
du sport. Cette évolution doit s’analyser dans un contexte où les collectivités se situent à la croisée des
chemins entre le soutien au sport fédéral, au sport professionnel, à l’organisation de services sportifs en
régie, à la réalisation d’aménagements pour des pratiques sportives libres dans l’espace public, tout en
tenant compte du développement du sport commercial.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
100 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Le CPSF fondé en 1992 s’est engagé dans le développement du sport de haut niveau et du sport pour tous,
pour les personnes en situation de handicap. C’est un domaine dans lequel notre pays doit continuer à
progresser.

A l’heure où les Jeux Olympiques et Paralympiques imposent le double objectif de briller par les performances
sportives et de réussite sociale, mais aussi d’être exemplaire en matière d’éthique sportive, l’enjeu d’une
réflexion sur la gouvernance du sport consiste à co-construire un modèle de gouvernance partagée à
responsabilités réparties entre l’État au niveau central et déconcentré, le mouvement sportif et ses athlètes,
les collectivités locales, ainsi que les entreprises. Le but est aussi d’encourager les initiatives et de libérer
des énergies par le biais d’une répartition cohérente des responsabilités entre les différents acteurs du
sport.

2/ Objectifs
La concertation vise à co-construire des scenarii d’évolution pour une nouvelle gouvernance
du sport fondée sur des principes de compétences claires et de responsabilités partagées.
Il s’agit notamment de
-- renforcer la responsabilité et l’autonomie du mouvement sportif
-- conforter le rôle des collectivités locales
-- redéfinir le rôle et l’organisation de l’État

3 / Pilotage de la démarche

La démarche sera placée sous la responsabilité d’un comité de pilotage stratégique présidé par la ministre
des sports et composé de 4 représentants de l’État, 4 représentants du mouvement sportif (dont le CPSF),
4 représentants de collectivités locales et de personnes qualifiées (dont entreprise).

La conduite et l’animation de la réflexion seront placées sous la co-direction de Laurence LEFEVRE, directrice
des sports et de Patrick BAYEUX, docteur en sciences de gestion et consultant spécialisé en politiques et
équipements sportifs.

Seront intégrés à la réflexion pour alimenter les propositions sur une nouvelle gouvernance du sport :

1- Action Publique 2022

2- Les travaux d’études et de recherche en cours (missions)

3- Tous documents élaborés sur le sujet.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 101

4/ Méthode
Une co-construction/concertation avec l’ensemble des parties prenantes sera mise en place sous la forme
de journées thématiques, en séminaires (ateliers et tables rondes).

Un premier séminaire de lancement fera un bilan partagé du modèle actuel et dégagera des pistes
d’amélioration.

Quatre séminaires thématiques reprenant l’ensemble des sujets du sport français définiront les organisations
cibles à mettre en place pour respecter les principes définis lors du premier séminaire. Les grandes
thématiques de ces séminaires seront arrêtées par le comité pilotage à l’issue du premier séminaire.

Un dernier séminaire de synthèse.

Les séminaires seront animés par Laurence LEFEVRE et Patrick BAYEUX avec le soutien d’un prestataire à
l’appui de la conception et de la conduite de la démarche. Pour préparer chaque séminaire, des entretiens
individuels et des auditions pourront être conduits.

Une consultation numérique (plateforme collaborative) viendra élargir les perspectives ouvertes par les
participants aux séminaires

5/ Les livrables attendus


Une synthèse de chacun des séminaires.

Le dessin d’un nouveau modèle sportif français et un nouveau cadre institutionnel et organisationnel du
sport en France.

Des scénarii de mise en œuvre du nouveau modèle sportif Français

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
102 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

10.2 Annexe 2 : Déclaration du Copil Gouvernance du sport


du 15 mai 2018
DECLARATION DU COPIL GOUVERNANCE DU SPORT DU 15 MAI 2018

Le mercredi 22 novembre 2017, Laura FLESSEL, ministre des Sports, a installé un Comité de pilotage sur la
gouvernance du sport à l’occasion du 100e congrès des maires et présidents d’intercommunalités.

Développer largement les pratiques sportives, réussir les Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en
2024 sont deux engagements centraux du projet sportif pour notre pays. Pour répondre à ces ambitions,
la ministre s’est vue confier par le Président de la République et le Premier ministre la mission de repenser
l’organisation du sport français avec une autonomie accrue du mouvement sportif et en clarifiant le rôle
de l’État et des collectivités territoriales. La ministre a décidé de conduire cette transformation dans une
démarche de co-construction avec les acteurs.

Le comité de pilotage qu’elle préside réunit :


-- l’État : ministère des Sports, ministère de l’Action et des Comptes publics, ministère de l’Éducation
nationale et Secrétariat général des ministères sociaux ;
-- les collectivités territoriales : Association des Régions de France, Assemblée des Départements de
France, Association des Maires de France et des Présidents d’intercommunalités et France urbaine ;
-- le mouvement sportif : le Comité national olympique et sportif français, le Comité paralympique et
sportif français, un représentant des fédérations olympiques et un représentant des fédérations non
olympiques ;
-- un représentant du monde économique.

A mi-chemin de la démarche qui sera finalisée en juillet prochain, les trois premiers séminaires ont permis
de partager un constat et de définir les premiers grands axes pour une nouvelle gouvernance du sport en
France.

Le constat partagé a mis en exergue la complexité du modèle actuel, le manque de lisibilité des politiques
sportives et des missions respectives des différents acteurs, les difficultés entre les acteurs pour gérer une
compétence partagée, un saupoudrage de moyens, une difficulté à s’adapter à l’évolution de la demande
sociale.

Face à ce constat, 3 scénarii ont été repoussés : le scénario de la continuité, le scénario du transfert de
l’organisation du sport au mouvement sportif et le scénario de la décentralisation du développement du
sport aux collectivités territoriales. Le comité de pilotage a retenu le scénario de la gouvernance partagée
à responsabilités réparties et a affirmé le souhait de créer au niveau national et au niveau territorial des

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 103

structures collégiales de concertation et de décision. Ces structures devront faire preuve d’agilité dans
une démarche d’intérêt général pour permettre l’adaptation aux contextes territorial, national, européen et
international.

Au niveau national, la structure à créer permettra de garantir la collégialité nécessaire à la co- construction
d’une dynamique commune respectueuse des politiques de chacun des acteurs du sport : l’État, le
mouvement sportif, les collectivités territoriales et le monde économique.

Le comité de pilotage propose que cette structure puisse être financée à partir de dispositifs similaires aux
dispositifs actuels, notamment ceux qui alimentent le CNDS. Cette structure ne constitue pas une couche
d’administration supplémentaire. Elle se substituerait au CNDS et à divers services et commissions de la
direction des sports et de l’INSEP.

La structure sera chargée d’affecter les crédits à deux grandes politiques :


-- la performance Olympique et Paralympique dans le cadre du programme « performance 2024 » ;
-- le développement des pratiques sportives à travers le soutien aux fédérations sportives, le soutien aux
réseaux nationaux non fédéraux et aux territoires qui auront élaboré des projets sportifs territoriaux.

S’agissant de la performance Olympique et Paralympique, « Performance 2024 » sera au sein de la structure


chargée d’animer et mettre en réseaux les experts de la haute performance, de constituer une cellule de
veille et d’analyse de la performance, de définir les orientations et recommandations relatives à l’affectation
d’entraîneurs sous contrat de préparation olympique et à l’accompagnement des athlètes à leur suivi
socio-professionnel. Elle sera également chargée d’évaluer les projets de performance de l’ensemble des
fédérations sportives.

Compte tenu de la nécessité de faciliter la mise en œuvre prochaine d’une organisation appropriée pour
la performance sportive 2024, la Ministre a proposé de confier dès maintenant à Claude ONESTA le soin
de procéder à une revue des différentes stratégies avec les fédérations et d’analyser avec elles les vecteurs
d’amélioration.

S’agissant du développement des pratiques sportives, la structure définira sur la base des orientations
politiques retenues collégialement les moyens affectés aux fédérations sportives en faveur du développement
du sport fédéral. Elle définira également sur cette même base les moyens dédiés aux réseaux nationaux non
fédéraux. Cette nouvelle organisation des politiques de développement fédéral devrait être mise en place
au début de l’année 2019.

La structure définira également des enveloppes par territoire (région) qui co-financeront les politiques
sportives territoriales coconstruites par les acteurs du sport au sein des structures collégiales de concertation
au niveau territorial.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
104 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Au niveau territorial, la co-construction sera également recherchée entre les collectivités territoriales, le
mouvement sportif, l’État et le monde économique pour porter une ambition partagée.

Au-delà de ces premières avancées, il reste à préciser et définir :


-- La relation entre l’État et les fédérations sportives ;
-- La relation entre les fédérations sportives et leur ligue professionnelle ;
-- La relation entre les collectivités et les clubs professionnels.

Trois autres séminaires sont programmés en juin-juillet. Ils permettront d’aborder les sujets de financement,
des ressources humaines, de mécénat, de bénévolat, de formation, d’emploi, la place des usagers, les
dimensions internationales…

Solennellement ce 15 mai 2018, le Comité de pilotage sur la gouvernance du sport affirme faire un choix
historique en proposant les bases d’un nouveau modèle de gouvernance à même de permettre à l’ensemble
des acteurs de relever collectivement les défis du sport français dans la perspective des jeux Olympiques et
Paralympiques 2024 et de leur héritage.

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 105

10.3 Annexe 3 : Les nouveaux rôles respectifs des acteurs

Niveau national
Collégialité : État, État Mouvement sportif Collectivités Monde économique
mouvement sportif, territoriales
coll loc
Structure nationale : GIP La direction des sports Le CNOSF Les associations d’élus Membre du GIP
d’orientation, d’appui et sont associées au GIP
Observe et anticipe des Représente l’olympisme en
de financement national d’orientation et de
pratiques France et à l’international
du sport financement S’organise pour assurer
Réglemente, régule, édicte les Organise le mouvement ses diverses missions de
règles de sécurité sportif à l’échelle du RSE dans une logique de
Contractualise avec les territoire réseau en mobilisant ses
Garantit la cohérence du
fédérations sur le HN et le réseaux respectifs.
système et finance CROS et CDOS Des spécialisations
développement
progressives de
Reconnaît les acteurs Rend un avis sur les
financement dans le
juridiquement après mesures réglementaires La filière sport fait partie
cadre de la conférence
Accompagne les territoires concertation sur la base de relatives au sport et aux du collège au sein du GIP
des financeurs
dans des domaines à critères transparents pratiques
définir
Contracte avec le CNOSF et Garant de la
les fédérations et CPSF sur démocratisation et
pluriannuel de la déontologie des
fédérations (s’assure
Développe une stratégie
CERFRES du respect de la Charte
internationale dont GESI
Olympique par les
Fonctionne sur principe de fédérations)
subsidiarité
Assure la conciliation pré-
juridictionnelle des conflits
Observatoire de Garant du respect de
l’économie du sport et l’éthique au sein des
L’ambassadeur du sport
des pratiques fédérations
coordonne la politique de
coopération en matière Fonction d’arbitrage
sportive
Les fédérations sportives
Mission de service public
Autorités administratives dans un cadre rénové
indépendantes (maintien de la notion
de délégation mais
Préviennent et régulent les
abandon de la tutelle à
dérives
remplacer par un contrat
de délégation)
Financement par le GIP de
conventions pluriannuelles
d’objectifs avec les CTS et
contrôle financier amélioré
Rémunération possible
des présidents et nombre
de mandats limité
Le CPSF
Représente le mvt
paralympique

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
106 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Niveau local
Collégialité : État, État Mouvement sportif Collectivités territoriales Monde économique
mouvement sportif,
coll loc
Conférences régionales du Diminution du sport en Les CROS et CDOS, Dans le cadre des Partenariats avec les clubs
sport DD et recentrage des sous pilotage du CNOSF compétences partagées, sportifs professionnels ou
DR sur : définissent, animent une concertation amateurs.
et soutiennent des obligatoire est mise en
HN
stratégies locales de place avec la conférence
Correction des inégalités développement : appui des financeurs du sport
à l’ESS et au numérique
Agrément des Insertion socio-pro locale
Conférences des par exemple
organismes de formation,
financeurs (HN, sport pro, En plus, dans le cadre de
et certification allégée
équipements structurants, CTEC, des dominantes
Développement du sport
réduction des inégalités, et Impulsion / participation Les clubs : sont dessinées au niveau
d’entreprise dans le cadre
para-sport) aux accords locaux de de chaque région entre les
Elisent les présidents de d’accords d’entreprises
gouvernance niveaux de collectivité (à
fédérations concernant la négociation sur
titre indicatif)
Métiers recentrés sur la qualité de vie au travail
observation, analyse,
partenariats
1/ Les régions
Le CPSF
HN, suivi socio-pro,
S’organise dans les formations, planification
territoires des grands équipements
CREPS
régionaux, contribuent au
Parties prenantes de la financement des GESI,
gouvernance régionale financent le mouvement
(enclenché par les sportif régional, assurent
conventions tripartites le développement local
État-région, lien avec les de la filière économique
universités)… du sport
2/ Les départements
Reconnaissance des Insertion par le sport,
acteurs socio-sportifs médiation socio-sportive,
sports de nature,
handicap
3/ Les métropoles et
agglomérations
HN, sport pro, planification
des équipements, gestion
des équipements sportifs
spécifiques
4/ Les communes
Sport de proximité,
complémentarités sport
en club, sport municipal et
sport dans l’espace urbain

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 107

10.4 Annexe 4 : Bilan des structures créées et supprimées

Établissements et instances supprimées


Le Centre national pour le développement du sport (CNDS)

Le Conseil national du sport (CNS)

La Commission du sport de haut niveau (aujourd’hui au sein du CNS)

La délégation ministérielle à la haute performance sportive de la direction des sports

La mission d’optimisation de la performance de l’INSEP

Établissements et instances potentiellement créés


Une agence unique du sport sous forme de GIP

Conférence régionale du sport, et/ou conférence des financeurs

« Superviseur du sport » le cas échéant

Coopérations souples ou coopérations transformées


Concertation permanente en matière de coopération internationale

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
108 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

10.5 Annexe 5 - Préconisations impliquant


des évolutions législatives

Texte actuel Nouvelle rédaction Commentaires Texte modificatif


(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
#1 Le sport défini comme bien commun nécessite un groupe de travail dédié
#5 et 6
voir infra avec 38 et 40
#8 La suppression des obstacles législatifs pour
développer l’ESS pour les fédérations et les clubs
Article L121-1 Article L121-1 Comme souhaité par l’ensemble des parties L’article L121-1 du code du sport est ainsi modifié :
prenantes, le texte permet aux clubs sportifs de se 1° Après le mot : « constituées » il est inséré le mot :
Les associations sportives sont constituées Les associations sportives sont constituées : constituer sous la forme de sociétés coopératives « : - soit » ;
conformément aux dispositions de la loi du 1er - soit conformément aux dispositions de la loi du d’intérêt collectif (SCIC), au lieu d’associations 2° A partir de ce mot, la fin de l’article constitue son
juillet 1901 relative au contrat d’association ou, 1er juillet 1901 relative au contrat d’association ou, régies par la loi de 1901 ou le droit local d’Alsace- deuxième alinéa ;
lorsqu’elles ont leur siège dans les départements lorsqu’elles ont leur siège dans les départements Moselle. Pour éviter toute confusion avec la notion 3° L’article est complété par un alinéa ainsi rédigé :
du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, de société sportive au sens de l’article L122-1 et « - soit sous forme de sociétés coopératives d’intérêt
conformément au code civil local. conformément au code civil local ; éviter la réécriture d’un grand nombre d’articles, collectif régies par le titre II ter de la loi n° 47-
- soit sous forme de sociétés coopératives il est prévu de conserver dans ce cas les termes 1775 du 10 septembre 1947 portant statut de la
d’intérêt collectif régies par le titre II ter de la génériques d’ « association sportive ». coopération ».
loi n° 47-1775 du 10 septembre 1947 portant
statut de la coopération.
Article L131-2 Article L131-2 Même faculté de constitution sous forme de SCIC L’article L131-2 du code du sport est ainsi modifié :
pour les fédérations 1° Au premier alinéa, après le mot : « constituées »
Les fédérations sportives sont constituées sous Les fédérations sportives sont constituées : il est inséré le mot : « : - soit » ;
forme d’associations, conformément à la loi du - soit sous forme d’associations, conformément 2° A partir de ce mot, la fin du premier alinéa
1er juillet 1901 relative au contrat d’association ou, à la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat constitue le deuxième alinéa de l’article ;
dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin d’association ou, dans les départements du Haut- 3° Après cet alinéa, il est inséré un alinéa ainsi
et de la Moselle, au code civil local. Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, au code civil rédigé :
local ; « - soit sous forme de sociétés coopératives d’intérêt
- soit sous forme de sociétés coopératives collectif régies par le titre II ter de la loi n° 47-
d’intérêt collectif régies par le titre II ter de la 1775 du 10 septembre 1947 portant statut de la
loi n° 47-1775 du 10 septembre 1947 portant coopération ».
statut de la coopération.
Les fédérations et unions scolaires et universitaires Les fédérations et unions scolaires et universitaires
sont soumises aux dispositions du présent code et sont soumises aux dispositions du présent code et
des livres V et VIII du code de l’éducation. des livres V et VIII du code de l’éducation.
Article L131-3 Article L131-3 Il convient d’articuler l’article L131-3 du code du L’article L131-3 du code du sport est complété par
sport avec les dispositions de l’article 19 septies les dispositions suivantes :
Les fédérations sportives regroupent des Les fédérations sportives regroupent des de la loi de 1947 qui régit de manière générale les « Lorsqu’une fédération est constituée sous forme
associations sportives. associations sportives. SCIC. Cet article prévoit cinq catégories d’associés, d’une société coopérative d›intérêt collectif, les
Elles peuvent regrouper en qualité de membres, Elles peuvent regrouper en qualité de membres, dont deux toujours présentes (1° les salariés de la dispositions de l’article 19 septies de la loi n°
dans des conditions prévues par leurs statuts : dans des conditions prévues par leurs statuts : coopérative – éventuellement à titre obligatoire ; 2° 47-1775 du 10 septembre 1947 portant statut
1° Les personnes physiques auxquelles elles 1° Les personnes physiques auxquelles elles les personnes qui bénéficient habituellement à titre de la coopération [ne sont pas applicables / sont
délivrent directement des licences ; délivrent directement des licences ; gratuit ou onéreux des activités de la coopérative) et applicables dans les conditions suivantes…]. »
2° Les organismes à but lucratif dont l’objet est la 2° Les organismes à but lucratif dont l’objet est la trois autres dont une au moins doit être représentée
pratique d’une ou de plusieurs de leurs disciplines et pratique d’une ou de plusieurs de leurs disciplines et (3° Toute personne physique souhaitant participer
qu’elles autorisent à délivrer des licences ; qu’elles autorisent à délivrer des licences ; bénévolement à son activité ; 4° Des collectivités
3° Les organismes qui, sans avoir pour objet la 3° Les organismes qui, sans avoir pour objet la publiques et leurs groupements ; 5° Toute personne
pratique d’une ou de plusieurs de leurs disciplines, pratique d’une ou de plusieurs de leurs disciplines, physique ou morale qui contribue par tout autre
contribuent au développement d’une ou de contribuent au développement d’une ou de moyen à l’activité de la coopérative).
plusieurs de celles-ci ; plusieurs de celles-ci ; Il n’y a pas d’équivalence terme à terme entre ces
4° Les sociétés sportives. 4° Les sociétés sportives. catégories et celles de l’article L131-3 actuel : on
Lorsqu’une fédération est constituée sous forme peut admettre que les associations sportives, les
d’une société coopérative d’intérêt collectif, les licenciés, les organismes autorisés à délivrer des
dispositions de l’article 19 septies de la loi n° licences et les sociétés sportives « bénéficient
47-1775 du 10 septembre 1947 portant statut habituellement » des activités de la fédération
de la coopération [ne sont pas applicables / sont (2° de l’article 19 septies). En revanche, l’article
applicables dans les conditions suivantes ….] L131-3 ne prévoit pas l’adhésion des salariés ou
des bénévoles, ni d’autres personnes physiques,
« contributrices » sous une autre forme, ce qui
pourrait a minima être prévu, y compris le cas
échéant dans les fédérations de forme associative.
#9 La création d’un titre de participation aux
activités non compétitives laissant la possibilité à
la fédération de définir le besoin et la récurrence
d’un certificat médical

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 109

Texte actuel Nouvelle rédaction Commentaires Texte modificatif


(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
Article L231-2 Article L231-2 La section 1 du chapitre Ier du titre III du livre II du
code des sports est ainsi modifiée :
I.- L’obtention d’une licence d’une fédération Les conditions dans lesquelles l’obtention d’une 1° L’intitulé de la section est ainsi libellé :
sportive est subordonnée à la présentation d’un licence et son renouvellement sont subordonnés « Section 1 – Contrôle médical » ;
certificat médical datant de moins d’un an et à un contrôle médical en raison d’enjeux de 2° Les articles L231-2 et L231-2-1 sont remplacés
permettant d’établir l’absence de contre-indication sécurité sont définies par décret. Ce décret par les dispositions suivantes :
à la pratique du sport ou, le cas échéant, de la prévoit notamment les cas où ces conditions sont « ArtL231-2 - Les conditions dans lesquelles
discipline concernée. précisées par les fédérations sportives. l’obtention d’une licence et son renouvellement
Lorsque la licence sollicitée permet la participation sont subordonnés à un contrôle médical en raison
aux compétitions organisées par une fédération d’enjeux de sécurité sont définies par décret. Ce
sportive, le certificat médical atteste l’absence de décret prévoit notamment les cas où ces conditions
contre-indication à la pratique du sport ou de la sont précisées par les fédérations sportives.
discipline concernés en compétition.
II.- Les modalités de renouvellement de la licence,
et notamment la fréquence à laquelle un nouveau
certificat est exigé, sont fixées par décret.
Article L231-2-1 Article L231-2-1 Art. L231-2-1

L’inscription à une compétition sportive autorisée L’inscription à une compétition sportive autorisée L’inscription à une compétition sportive autorisée
par une fédération délégataire ou organisée par une par une fédération délégataire ou organisée par une par une fédération délégataire ou organisée par une
fédération agréée est subordonnée à la présentation fédération agréée est subordonnée à un contrôle fédération agréée est subordonnée à un contrôle
d’une licence mentionnée au second alinéa du I de médical dans des conditions définies par décret médical dans des conditions définies par décret
l’article L. 231-2 dans la discipline concernée. A en raison d’enjeux de sécurité. Ce décret prévoit en raison d’enjeux de sécurité. Ce décret prévoit
défaut de présentation de cette licence, l’inscription notamment les cas où ces conditions sont notamment les cas où ces conditions sont précisées
est subordonnée à la présentation d’un certificat précisées par les fédérations sportives. par les fédérations sportives. »
médical datant de moins d’un an établissant
l’absence de contre-indication à la pratique du
sport ou de la discipline concernés en compétition.
#10 La mobilisation du crédit formation du
compte d’engagement citoyen
Article L5151-9 du code du travail Article L5151-9 du code du travail Le texte vise notamment à permettre la valorisation A l’article L5151-9 du code du travail, il est rétabli
de l’activité des bénévoles indispensables au bon un 7° ainsi rédigé :
Les activités bénévoles ou de volontariat permettant Les activités bénévoles ou de volontariat permettant déroulement des JO de 2024 « 7° La participation à l’organisation de
d’acquérir des heures inscrites sur le compte d’acquérir des heures inscrites sur le compte manifestations sportives, ainsi que l’enseignement,
personnel de formation sont : personnel de formation sont : l’animation et l’encadrement d’activités physiques
1° Le service civique mentionné à l’article L120-1 1° Le service civique mentionné à l’article L120-1 et sportives ou l’entraînement de leurs pratiquants,
du code du service national ; du code du service national ; lorsque ces manifestations et activités et
2° La réserve militaire opérationnelle mentionnée à 2° La réserve militaire opérationnelle mentionnée à l’engagement bénévole qui leur est consacré
l’article L4211-1 du code de la défense ; l’article L4211-1 du code de la défense ; répondent à des conditions précisées par décret ; ».
2° bis Le volontariat de la réserve civile de la police 2° bis Le volontariat de la réserve civile de la police
nationale mentionné aux 2° et 3° de l’article L411- nationale mentionné aux 2° et 3° de l’article L411-
7 du code de la sécurité intérieure ; 7 du code de la sécurité intérieure ;
3° La réserve civique mentionnée à l’article 1er 3° La réserve civique mentionnée à l’article 1er
de la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative de la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative
à l’égalité et à la citoyenneté, et les réserves à l’égalité et à la citoyenneté, et les réserves
thématiques qu’elle comporte ; thématiques qu’elle comporte ;
4° La réserve sanitaire mentionnée à l’article 4° La réserve sanitaire mentionnée à l’article L.
L3132-1 du code de la santé publique ; 3132-1 du code de la santé publique ;
5° L’activité de maître d’apprentissage mentionnée 5° L’activité de maître d’apprentissage mentionnée
à l’article L6223-5 du présent code ; à l’article L6223-5 du présent code ;
6° Les activités de bénévolat associatif, lorsque les 6° Les activités de bénévolat associatif, lorsque les
conditions suivantes sont remplies : conditions suivantes sont remplies :
a) L’association est régie par la loi du 1er juillet a) L’association est régie par la loi du 1er juillet
1901 relative au contrat d’association ou inscrite 1901 relative au contrat d’association ou inscrite
au registre des associations en application du code au registre des associations en application du code
civil local applicable dans les départements du Bas- civil local applicable dans les départements du Bas-
Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, est déclarée Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, est déclarée
depuis trois ans au moins et l’ensemble de ses depuis trois ans au moins et l’ensemble de ses
activités est mentionné au b du 1 de l’article 200 du activités est mentionné au b du 1 de l’article 200 du
code général des impôts ; code général des impôts ;
b) Le bénévole siège dans l’organe d’administration b) Le bénévole siège dans l’organe d’administration
ou de direction de l’association ou participe à ou de direction de l’association ou participe à
l’encadrement d’autres bénévoles, dans des l’encadrement d’autres bénévoles, dans des
conditions, notamment de durée, fixées par décret ; conditions, notamment de durée, fixées par décret ;
7° (abrogé) ; 7° La participation à l’organisation
de manifestations sportives, ainsi que
l’enseignement, l’animation et l’encadrement
d’activités physiques et sportives ou
l’entraînement de leurs pratiquants, lorsque
ces manifestations et activités et l’engagement
bénévole qui leur est consacré répondent à des
conditions précisées par décret ;
8° Le volontariat dans les corps de 8° Le volontariat dans les corps de
sapeurs-pompiers mentionné aux articles sapeurs-pompiers mentionné aux articles
L723-3 à L726-20 du code de la sécurité intérieure L723-3 à L726-20 du code de la sécurité intérieure
et dans la loi n° 96-370 du 3 mai 1996 relative et dans la loi n° 96-370 du 3 mai 1996 relative
au développement du volontariat dans les corps de au développement du volontariat dans les corps de
sapeurs-pompiers. sapeurs-pompiers.
Toutefois, les activités mentionnées au présent Toutefois, les activités mentionnées au présent
article ne permettent pas d’acquérir des heures article ne permettent pas d’acquérir des heures
inscrites sur le compte personnel de formation inscrites sur le compte personnel de formation
lorsqu’elles sont effectuées dans le cadre des lorsqu’elles sont effectuées dans le cadre des
formations secondaires mentionnées au code de formations secondaires mentionnées au code de
l’éducation. l’éducation.
Un décret en Conseil d’État définit les modalités Un décret en Conseil d’État définit les modalités
d’application du 6° du présent article. d’application du 6° du présent article.
#13 La reconnaissance des acteurs socio-sportifs
à part entière

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
110 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Texte actuel Nouvelle rédaction Commentaires Texte modificatif


(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
Article L121-3 Article L121-3 L’agrément – et les aides publiques dont il est I.- Au premier alinéa de l’article L121-3 du code
la condition nécessaire sinon suffisante - est du sport, les mots : « et les autres organismes sans
Les associations sportives qui promeuvent et Les associations sportives et les autres organismes aujourd’hui réservé aux associations sportives but lucratif » sont insérés après les mots : « Les
organisent des activités physiques et sportives àsans but lucratif qui promeuvent et organisent des affiliées aux fédérations elles-mêmes agréées et, associations sportives ».
l’intention des personnes handicapées peuvent activités physiques et sportives à l’intention des par une assimilation réglementaire (article R121-2
bénéficier, sous réserve de l’agrément mentionné personnes handicapées peuvent bénéficier, sous du code du sport) aux associations qui concourent II.- L’article L121-4 du même code est ainsi modifié :
à l’article L121-4, d’aides des pouvoirs publics,réserve de l’agrément mentionné à l’article L121-4, au développement ou à la promotion du sport sans 1° Au premier alinéa, les mots : « et les autres
notamment en matière de pratique sportive, d’accès
d’aides des pouvoirs publics, notamment en matière avoir pour objet statutaire la pratique sportive. Une organismes sans but lucratif » sont insérés après les
aux équipements sportifs, d’organisation des de pratique sportive, d’accès aux équipements association – ou tout autre organisme à but non mots : « Les associations sportives » ;
compétitions, de formation des éducateurs sportifs
sportifs, d’organisation des compétitions, de lucratif - qui conduit, en vertu de ses statuts, des 2° Au deuxième alinéa, les mots : « ou l’organisme
et d’adaptation des transports. formation des éducateurs sportifs et d’adaptation actions d’inclusion sociale utilisant la pratique » sont insérés après les mots : « de l’association » ;
des transports. sportive parmi d’autres moyens en est donc 3° Aux quatrième et cinquième alinéas, les mots :
Les associations sportives, notamment scolaires, Les associations sportives, notamment scolaires, paradoxalement écartée par principe. Le texte a « ou à un autre organisme » sont insérés après les
universitaires et d’entreprise sont ouvertes aux universitaires et d’entreprise sont ouvertes aux pour objet de remédier à cette situation. mots : « à une association sportive » ;
personnes handicapées. personnes handicapées. 4° Au quatrième alinéa, les mots : « si elle » sont
remplacés par les mots : « s’il ».
Article L121-4 Article L121-4

Les associations sportives ne peuvent bénéficier de Les associations sportives et les autres organismes
l’aide de l’État qu’à la condition d’avoir été agréées. sans but lucratif ne peuvent bénéficier de l’aide de
l’État qu’à la condition d’avoir été agréées.
L’agrément est notamment fondé sur l’existence L’agrément est notamment fondé sur l’existence
de dispositions statutaires garantissant le de dispositions statutaires garantissant le
fonctionnement démocratique de l’association, fonctionnement démocratique de l’association ou
la transparence de sa gestion et l’égal accès des l’organisme, la transparence de sa gestion et l’égal
femmes et des hommes à ses instances dirigeantes. accès des femmes et des hommes à ses instances
L’affiliation d’une association sportive à une dirigeantes.
fédération sportive agréée par l’État en application L’affiliation d’une association sportive à une
de l’article L131-8 vaut agrément. fédération sportive agréée par l’État en application
L’autorité administrative peut prononcer le retrait de de l’article L131-8 vaut agrément.
l’agrément accordé à une association sportive ou L’autorité administrative peut prononcer le retrait de
résultant de l’affiliation prévue au troisième alinéa si l’agrément accordé à une association sportive ou
elle emploie des personnes ne satisfaisant pas aux à un autre organisme, ou résultant de l’affiliation
obligations des articles L212-1, L212-2 et L212- prévue au troisième alinéa s’il emploie des
9 ou si elle méconnaît les obligations des articles personnes ne satisfaisant pas aux obligations des
L322-1 et L322-2. articles L212-1, L212-2 et L212-9 ou s’il méconnaît
les obligations des articles L322-1 et L322-2.
Les conditions de l’agrément et du retrait de Les conditions de l’agrément et du retrait de
l’agrément accordé à une association ou résultant l’agrément accordé à une association ou à un autre
de l’affiliation prévue au troisième alinéa sont organisme ou résultant de l’affiliation prévue au
déterminées par décret en Conseil d’État. troisième alinéa sont déterminées par décret en
Conseil d’État.
#20 L’intégration obligatoire du sport dans les
contrats de ville

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 111

Texte actuel Nouvelle rédaction Commentaires Texte modificatif


(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
LOI n° 2014-173 du 21 février 2014 de LOI n° 2014-173 du 21 février 2014 de Le texte permet d’inclure le sport dans les objets La loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de
programmation pour la ville et la cohésion urbaine programmation pour la ville et la cohésion urbaine qui doivent être traités par les contrats de ville et programmation pour la ville et la cohésion urbaine
d’y faire participer le GIP en cours de constitution est ainsi modifiée :
Article 1er Article 1er (le CNDS ayant déjà cette faculté), ainsi que les 1° Au 2° du I de l’article 1er, après le mot :
instances nationales sportives « culture » sont insérés les mots : « au sport » ;
I. La politique de la ville est une politique de I. La politique de la ville est une politique de 2° Au premier alinéa du I de l’article 6, les mots :
cohésion urbaine et de solidarité, nationale et locale, cohésion urbaine et de solidarité, nationale et locale, « l’État et ses établissements publics » sont
envers les quartiers défavorisés et leurs habitants. envers les quartiers défavorisés et leurs habitants. remplacés par les mots : « l’État, ses établissements
Elle est conduite par l’État, les collectivités Elle est conduite par l’État, les collectivités publics et les groupements d’intérêt public dont il
territoriales et leurs groupements dans l’objectif territoriales et leurs groupements dans l’objectif est membre » ;
commun d’assurer l’égalité entre les territoires, commun d’assurer l’égalité entre les territoires, 3° Au deuxième alinéa du même I, les mots : « ,
de réduire les écarts de développement entre les de réduire les écarts de développement entre les le comité national olympique et sportif français,
quartiers défavorisés et leurs unités urbaines et quartiers défavorisés et leurs unités urbaines et le comité paralympique et sportif français, les
d’améliorer les conditions de vie de leurs habitants. d’améliorer les conditions de vie de leurs habitants. fédérations sportives agréées, » sont insérés après
Elle est mise en œuvre au moyen des contrats de Elle est mise en œuvre au moyen des contrats de les mots : « les établissements d’enseignement
ville prévus à l’article 6, qui intègrent les actions ville prévus à l’article 6, qui intègrent les actions supérieur » ;
relevant des fonds européens structurels et relevant des fonds européens structurels et 4° L’article 6 est complété par un VII ainsi rédigé :
d’investissement et s’articulent avec les contrats de d’investissement et s’articulent avec les contrats de « VII.- Les contrats de ville conclus à partir du
plan conclus entre l’État et la région. plan conclus entre l’État et la région. renouvellement général des conseils municipaux
... ... prévu en 2020 définissent obligatoirement des
Elle vise, en tenant compte de la diversité des Elle vise, en tenant compte de la diversité des actions stratégiques dans le domaine du sport. »
territoires et de leurs ressources, à : territoires et de leurs ressources, à :
1° Lutter contre les inégalités de tous ordres, 1° Lutter contre les inégalités de tous ordres,
les concentrations de pauvreté et les fractures les concentrations de pauvreté et les fractures
économiques, sociales, numériques et territoriales ; économiques, sociales, numériques et territoriales ;
2° Garantir aux habitants des quartiers défavorisés 2° Garantir aux habitants des quartiers défavorisés
l’égalité réelle d’accès aux droits, à l’éducation, à la l’égalité réelle d’accès aux droits, à l’éducation, à la
culture, aux services et aux équipements publics ; culture, au sport, aux services et aux équipements
... publics ;
...
Article 6 Article 6

I. La politique de la ville est mise en œuvre par des I. La politique de la ville est mise en œuvre par des
contrats de ville conclus à l’échelle intercommunale contrats de ville conclus à l’échelle intercommunale
entre, d’une part, l’État et ses établissements publics entre, d’une part, l’État, ses établissements
et, d’autre part, les communes et établissements publics et les groupements d’intérêt public dont
publics de coopération intercommunale à fiscalité il est membre et, d’autre part, les communes
propre concernés. Ces contrats sont signés par les et établissements publics de coopération
départements et les régions. intercommunale à fiscalité propre concernés. Ces
contrats sont signés par les départements et les
régions.
Ces contrats peuvent également être signés par la Ces contrats peuvent également être signés par la
Caisse des dépôts et consignations, les organismes Caisse des dépôts et consignations, les organismes
d’habitations à loyer modéré mentionnés à l’article d’habitations à loyer modéré mentionnés à l’ article
L411-2 du code de la construction et de l’habitation, L411-2 du code de la construction et de l’habitation,
les sociétés d’économie mixte mentionnées à les sociétés d’économie mixte mentionnées à l’article
l’article L481-1 du même code, les organismes de L481-1 du même code, les organismes de
protection sociale, les chambres consulaires, les protection sociale, les chambres consulaires,
établissements d’enseignement supérieur et les les établissements d’enseignement supérieur, le
autorités organisatrices de la mobilité. comité national olympique et sportif français,
le comité paralympique et sportif français, les
fédérations sportives agréées et les autorités
organisatrices de la mobilité.
Ils sont signés dans l’année du renouvellement Ils sont signés dans l’année du renouvellement
général des conseils municipaux. Ils entrent en général des conseils municipaux. Ils entrent en
vigueur le 1er janvier de l’année suivante pour une vigueur le 1er janvier de l’année suivante pour une
durée de six ans. Les contrats qui ne peuvent être durée de six ans. Les contrats qui ne peuvent être
signés dans le délai prévu le sont, au plus tard, signés dans le délai prévu le sont, au plus tard,
l’année suivant celle du renouvellement général des l’année suivant celle du renouvellement général des
conseils municipaux. Dans ce cas, leur entrée en conseils municipaux. Dans ce cas, leur entrée en
vigueur est décalée d’une année et leur durée est vigueur est décalée d’une année et leur durée est
de cinq ans. Ils sont actualisés tous les trois ans si la de cinq ans. Ils sont actualisés tous les trois ans si la
rapidité des évolutions observées le justifie. rapidité des évolutions observées le justifie.
... ...
IV. Les contrats de ville élaborés sur les territoires IV. Les contrats de ville élaborés sur les territoires
comprenant un ou plusieurs quartiers prioritaires de comprenant un ou plusieurs quartiers prioritaires de
la politique de la ville fixent : la politique de la ville fixent :
1° Les objectifs, notamment chiffrés, que les 1° Les objectifs, notamment chiffrés, que les
signataires s’engagent à poursuivre dans le cadre signataires s’engagent à poursuivre dans le cadre
des domaines mentionnés à l’article 1er de la des domaines mentionnés à l’article 1er de la
présente loi ; présente loi ;
... ...
V.- Les contrats de ville conclus à partir du 1er janvier V.- Les contrats de ville conclus à partir du 1er
2017 définissent des actions stratégiques dans le janvier 2017 définissent des actions stratégiques
domaine de la jeunesse. dans le domaine de la jeunesse.
VI.- Les contrats de ville conclus à partir du 1er VI.- Les contrats de ville conclus à partir du 1er
janvier 2017 définissent obligatoirement des janvier 2017 définissent obligatoirement des
actions stratégiques dans le domaine de l’égalité actions stratégiques dans le domaine de l’égalité
entre les femmes et les hommes. entre les femmes et les hommes.
VII.- Les contrats de ville conclus à partir du
renouvellement général des conseils municipaux
prévu en 2020 définissent obligatoirement des
actions stratégiques dans le domaine du sport.
#22 La mise en place d’un principe de
proportionnalité des professions réglementées
avec des diplômes d’État circonscrits au besoin
de sécurité des pratiques

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NOUVELLE
112 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

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(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
Article L212-1 Article L212-1 Le texte pose un principe de proportionnalité des Le début du premier alinéa du I de l’article L212-1
formations des encadrants d’activités sportives au du code du sport est ainsi rédigé :
I.- Seuls peuvent, contre rémunération, enseigner, I.- Lorsqu’une activité physique ou sportive est regard des enjeux de sécurité ou de la vulnérabilité « I.- Lorsqu’une activité physique ou sportive
animer ou encadrer une activité physique ou sportive pratiquée par des personnes vulnérables ou des publics pratiquants, et applique ce principe aux est pratiquée par des personnes vulnérables
ou entraîner ses pratiquants, à titre d’occupation lorsqu’elle présente des enjeux de sécurité, seuls encadrants bénévoles. ou lorsqu’elle présente des enjeux de sécurité,
principale ou secondaire, de façon habituelle, peuvent, contre rémunération ou à titre bénévole, seuls peuvent, contre rémunération ou à titre
saisonnière ou occasionnelle, sous réserve des enseigner, animer ou encadrer cette activité ou bénévole, enseigner, animer ou encadrer cette
dispositions du quatrième alinéa du présent article entraîner ses pratiquants, à titre d’occupation activité ou entraîner ses pratiquants (le reste sans
et de l’article L212-2 du présent code, les titulaires principale ou secondaire, de façon habituelle, changement) »
d’un diplôme, titre à finalité professionnelle ou saisonnière ou occasionnelle, sous réserve des
certificat de qualification : dispositions du quatrième alinéa du présent article
et de l’article L212-2 du présent code, les titulaires
d’un diplôme, titre à finalité professionnelle ou
certificat de qualification :
1° Garantissant la compétence de son titulaire en 1° Garantissant la compétence de son titulaire en
matière de sécurité des pratiquants et des tiers dans matière de sécurité des pratiquants et des tiers dans
l’activité considérée ; l’activité considérée ;
2° Et enregistré au répertoire national des 2° Et enregistré au répertoire national des
certifications professionnelles dans les conditions certifications professionnelles dans les conditions
prévues au II de l’article L335-6 du code de prévues au II de l’article L335-6 du code de
l’éducation. l’éducation.
Peuvent également exercer contre rémunération Peuvent également exercer contre rémunération
les fonctions mentionnées au premier alinéa les fonctions mentionnées au premier alinéa
ci-dessus les personnes en cours de formation ci-dessus les personnes en cours de formation
pour la préparation à un diplôme, titre à finalité pour la préparation à un diplôme, titre à finalité
professionnelle ou certificat de qualification professionnelle ou certificat de qualification
conforme aux prescriptions des 1° et 2° ci-dessus, conforme aux prescriptions des 1° et 2° ci-dessus,
dans les conditions prévues par le règlement de ce dans les conditions prévues par le règlement de ce
diplôme, titre ou certificat. diplôme, titre ou certificat.
II.- Le diplôme mentionné au I peut être un diplôme II.- Le diplôme mentionné au I peut être un diplôme
étranger admis en équivalence. étranger admis en équivalence.
III.- Les dispositions du I s’appliquent à compter III.- Les dispositions du I s’appliquent à compter
de l’inscription des diplômes, titres à finalité de l’inscription des diplômes, titres à finalité
professionnelle ou certificats de qualification sur la professionnelle ou certificats de qualification sur la
liste des diplômes, titres à finalité professionnelle ou liste des diplômes, titres à finalité professionnelle ou
certificats de qualification répondant aux conditions certificats de qualification répondant aux conditions
prévues aux paragraphes I et II, au fur et à mesure prévues aux paragraphes I et II, au fur et à mesure
de cette inscription. de cette inscription.
IV.- Les personnes qui auront acquis, dans la IV.- Les personnes qui auront acquis, dans la
période précédant l’inscription mentionnée au III période précédant l’inscription mentionnée au III
et conformément aux dispositions législatives en et conformément aux dispositions législatives en
vigueur, le droit d’exercer contre rémunération une vigueur, le droit d’exercer contre rémunération une
des fonctions mentionnées au I conservent ce droit. des fonctions mentionnées au I conservent ce droit.
V.- Un décret en Conseil d’État détermine les V.- Un décret en Conseil d’État détermine les
conditions d’application du présent article. Il fixe conditions d’application du présent article. Il fixe
notamment les modalités selon lesquelles est notamment les modalités selon lesquelles est
établie la liste mentionnée au III. établie la liste mentionnée au III.
… …
#24 La mise en place d’une durée de vie limitée
de l’agrément avec un dispositif de reconduction
tacite
Article L131-8 Article L131-8 Le texte limite la durée de l’agrément et en lie Le I de l’article L131-8 du code du sport est ainsi
plus expressément l’attribution à l’engagement de modifié :
I.- Un agrément peut être délivré par le ministre I.- Un agrément peut être délivré, pour une durée participer à des missions de service public. 1° Au premier alinéa, les mots : « , pour une durée
chargé des sports aux fédérations qui, en vue déterminée, par le ministre chargé des sports aux [L’obligation d’adopter un règlement disciplinaire est déterminée » sont insérés après le mot : « délivré »
de participer à l’exécution d’une mission de fédérations qui, en vue de participer à l’exécution par ailleurs supprimée quand elle n’est pas justifiée [et les mots : « et, lorsque la fédération organise des
service public, ont adopté des statuts comportant d’une mission de service public, ont adopté par l’organisation de compétitions.] compétitions » sont insérés avant les mots : « un
certaines dispositions obligatoires et un règlement des statuts comportant certaines dispositions règlement disciplinaire »] ;
disciplinaire conforme à un règlement type. obligatoires et [, lorsque la fédération organise des 2° Le paragraphe est complété par un alinéa
compétitions,] un règlement disciplinaire conforme ainsi rédigé : « La décision d’agrément précise la
à un règlement type. nature des missions de service public auxquelles la
Les dispositions obligatoires des statuts et le Les dispositions obligatoires des statuts et le fédération s’engage à participer. »
règlement disciplinaire type sont définis par décret règlement disciplinaire type sont définis par décret
en Conseil d’État pris après avis du Comité national en Conseil d’État pris après avis du Comité national
olympique et sportif français. olympique et sportif français.
... La décision d’agrément précise la nature
des missions de service public auxquelles la
fédération s’engage à participer.
...
#25 L’élargissement du contenu de la délégation
a minima à la création de diplômes

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 113

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(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
Article L131-15 Article L131-15 Le texte donne compétence aux fédérations Après le 2° de l’article
délégataires pour créer des diplômes, compétence L131-15 du code du sport, il est inséré un alinéa
Les fédérations délégataires : Les fédérations délégataires : qu’elles doivent particulièrement exercer en matière ainsi rédigé :
1° Organisent les compétitions sportives à l’issue 1° Organisent les compétitions sportives à l’issue d’entraînement. « 2° bis Créent les diplômes et titres nécessaires
desquelles sont délivrés les titres internationaux, desquelles sont délivrés les titres internationaux, à l’entraînement en vue de participer aux
nationaux, régionaux ou départementaux ; nationaux, régionaux ou départementaux ; compétitions des disciplines pour lesquelles
2° Procèdent aux sélections correspondantes ; 2° Procèdent aux sélections correspondantes ; elles ont reçu délégation et qui entrent dans le
2° bis Créent des diplômes et titres nécessaires champ d’application du I de l’article L212-1, et
à l’entraînement dans les disciplines pour en demandent l’enregistrement au répertoire
lesquelles elles ont reçu délégation et qui entrent national des certifications professionnelles dans
dans le champ d’application du I de l’article les conditions prévues au II de l’article L335-6
L212-1, et en demandent l’enregistrement du code de l’éducation ; elles peuvent exercer les
au répertoire national des certifications mêmes compétences pour les autres diplômes et
professionnelles dans les conditions prévues au titres nécessaires à l’enseignement, l’animation ou
II de l’article L335-6 du code de l’éducation ; l’encadrement de ces disciplines ;»
elles peuvent exercer les mêmes compétences
pour les autres diplômes et titres nécessaires à
l’enseignement, l’animation ou l’encadrement de
ces disciplines ;
3° Proposent un projet de performance fédéral 3° Proposent un projet de performance fédéral
constitué d’un programme d’excellence sportive constitué d’un programme d’excellence sportive
et d’un programme d’accession au haut niveau et d’un programme d’accession au haut niveau
qui comprennent, notamment, des mesures visant qui comprennent, notamment, des mesures visant
à favoriser la détection, y compris en dehors du à favoriser la détection, y compris en dehors du
territoire national, des sportifs susceptibles d’être territoire national, des sportifs susceptibles d’être
inscrits sur les listes mentionnées au 4° ; inscrits sur les listes mentionnées au 4° ;
4° Proposent l’inscription sur la liste des sportifs, 4° Proposent l’inscription sur la liste des sportifs,
entraîneurs, arbitres et juges sportifs de haut niveau, entraîneurs, arbitres et juges sportifs de haut niveau,
sur la sur la
liste des sportifs Espoirs et sur la liste des sportifs liste des sportifs Espoirs et sur la liste des sportifs
des collectifs nationaux. des collectifs nationaux.
#26 L’abandon de la tutelle de l’État, remplacée
par un contrôle des conditions structurelles de la
délégation
Article L111-1 Article L111-1 Le texte supprime la notion de tutelle sur les Le II de l’article L111-1 du code du sport est ainsi
fédérations sportives. La disposition relative à la rédigé :
I.- L’État assure ou contrôle, en liaison avec toutes I.- L’État assure ou contrôle, en liaison avec toutes surveillance des fédérations, qu’elles soient ou « II.- L’État veille au respect des lois et règlements en
les parties intéressées, l’organisation des formations les parties intéressées, l’organisation des formations non agréées (par exemple en ce qui concerne vigueur par les fédérations sportives. »
conduisant aux différentes professions des activités conduisant aux différentes professions des activités l’attribution des licences), est en revanche
physiques et sportives et la délivrance des diplômes physiques et sportives et la délivrance des diplômes maintenue.
correspondants. correspondants.
Il concourt à la formation des cadres sportifs Il concourt à la formation des cadres sportifs
spécialisés dans l’encadrement des activités spécialisés dans l’encadrement des activités
physiques et sportives des personnes handicapées. physiques et sportives des personnes handicapées.
II.- L’État exerce la tutelle des fédérations sportives. II.- L’État veille au respect des lois et règlements en
Il veille au respect des lois et règlements en vigueur vigueur par les fédérations sportives.
par les fédérations sportives.
III.- Il peut conclure avec les collectivités territoriales III.- Il peut conclure avec les collectivités territoriales
des conventions portant sur des concours des conventions portant sur des concours
particuliers dans le domaine des activités physiques particuliers dans le domaine des activités physiques
et sportives, dans les conditions définies à l’article et sportives, dans les conditions définies à l’article
7 de la loi n°92-125 du 6 février 1992 relative à 7 de la loi n°92-125 du 6 février 1992 relative à
l’administration territoriale de la République. l’administration territoriale de la République.
#28 L’élargissement de la mission du CNOSF
au contrôle de la mise en place des chartes et
comités d’éthique et déontologie des fédérations
Article L141-3 Article L141-3 Le texte renforce la mission du CNOSF en matière L’article L141-3 du code du sport est ainsi rédigé :
d’éthique et déontologie, notamment en ce qui
Le Comité national olympique et sportif français Le Comité national olympique et sportif français concerne la mise en place des chartes et comités « Art. L141-3.- Le Comité national olympique et
veille au respect de la déontologie du sport définie veille au respect de l’éthique et de la déontologie prévues par l‘article L131-15-1 du code du sport sportif français veille au respect de l’éthique et de
dans une charte établie par lui. du sport définies dans une charte établie par lui. pour les fédérations délégataires. la déontologie du sport définies dans une charte
En cas de manquement par une fédération établie par lui.
délégataire aux obligations prévues par cet En cas de manquement par une fédération
article, le comité national olympique et sportif délégataire aux obligations prévues par cet article,
français prononce l’exclusion temporaire de le comité national olympique et sportif français
cette fédération jusqu’à ce qu’il soit mis fin au prononce l’exclusion temporaire de cette fédération
manquement en cause. jusqu’à ce qu’il soit mis fin au manquement en
cause. »
#29 La mise en place de l’élection des présidents
de fédération par les clubs
#30 La limitation du nombre de mandats dans
le temps
#32 L’harmonisation des règles relatives à
l’honorabilité des dirigeants à une élection
fédérale

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NOUVELLE
114 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

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(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
Article L131-8 Article L131-8 Le texte prévoit l’élection des présidents des L’article L131-8 du code du sport est ainsi modifié :
fédérations agréées par leurs membres (dans 1° Après le II, il est inséré un II bis ainsi rédigé :
... ... des conditions à préciser par voie réglementaire), « II bis.- Les statuts mentionnés au I du présent
II. - Les statuts mentionnés au I du présent article II. - Les statuts mentionnés au I du présent article limite à deux le nombre de renouvellements de article prévoient :
favorisent la parité dans les instances dirigeantes favorisent la parité dans les instances dirigeantes leurs mandats (sachant que la durée d’un mandat - que le président de la fédération est élu par les
de la fédération, dans les conditions prévues au de la fédération, dans les conditions prévues au est fixée réglementairement à quatre ans) et membres de celle-ci ;
présent II. présent II. applique aux instances dirigeantes les conditions - que son mandat ne peut être renouvelé plus de
1. Lorsque la proportion de licenciés de chacun 1. Lorsque la proportion de licenciés de chacun d’honorabilité prévues pour les éducateurs. deux fois. » ;
des deux sexes est supérieure ou égale à 25 %, des deux sexes est supérieure ou égale à 25 %, 2° L’article est complété par un alinéa ainsi rédigé :
les statuts prévoient les conditions dans lesquelles les statuts prévoient les conditions dans lesquelles « IV.- Les conditions d’honorabilité prévues à
est garantie dans les instances dirigeantes une est garantie dans les instances dirigeantes une l’article L212-9 sont applicables aux membres des
proportion minimale de 40 % des sièges pour les proportion minimale de 40 % des sièges pour les instances dirigeantes des fédérations agréées ».
personnes de chaque sexe. personnes de chaque sexe.
Par dérogation au premier alinéa du présent Par dérogation au premier alinéa du présent
1, les statuts peuvent prévoir, pour le premier 1, les statuts peuvent prévoir, pour le premier
renouvellement des instances dirigeantes suivant renouvellement des instances dirigeantes suivant
la promulgation de la loi n° 2014-873 du 4 août la promulgation de la loi n° 2014-873 du 4 août
2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et
les hommes, que la proportion de membres au les hommes, que la proportion de membres au
sein des instances dirigeantes du sexe le moins sein des instances dirigeantes du sexe le moins
représenté parmi les licenciés est au moins égale à représenté parmi les licenciés est au moins égale à
sa proportion parmi les licenciés. sa proportion parmi les licenciés.
2. Lorsque la proportion de licenciés d’un des deux 2. Lorsque la proportion de licenciés d’un des deux
sexes est inférieure à 25 %, les statuts prévoient les sexes est inférieure à 25 %, les statuts prévoient les
conditions dans lesquelles est garantie dans les conditions dans lesquelles est garantie dans les
instances dirigeantes de la fédération une proportion instances dirigeantes de la fédération une proportion
minimale de sièges pour les personnes de chaque minimale de sièges pour les personnes de chaque
sexe pouvant prendre en compte la répartition par sexe pouvant prendre en compte la répartition par
sexe des licenciés, sans pouvoir être inférieure à sexe des licenciés, sans pouvoir être inférieure à
25 %. 25 %.
3. La proportion de licenciés de chacun des deux 3. La proportion de licenciés de chacun des deux
sexes est appréciée sans considération d’âge ni sexes est appréciée sans considération d’âge ni
de toute autre condition d’éligibilité aux instances de toute autre condition d’éligibilité aux instances
dirigeantes. dirigeantes.
II bis.- Les statuts mentionnés au I du présent
article prévoient :
- que le président de la fédération est élu par les
membres de celle-ci ;
- que son mandat ne peut être renouvelé plus de
deux fois.
III.- Les fédérations sportives sont reconnues comme III.- Les fédérations sportives sont reconnues comme
établissements d’utilité publique lorsqu’elles établissements d’utilité publique lorsqu’elles
ont obtenu l’agrément mentionné au premier ont obtenu l’agrément mentionné au premier
alinéa et bénéficient des avantages associés à la alinéa et bénéficient des avantages associés à la
reconnaissance d’utilité publique. reconnaissance d’utilité publique.
IV.- Les conditions d’honorabilité prévues à l’article
L212-9 sont applicables aux membres des
instances dirigeantes des fédérations agréées.
#5 La systématisation des conférences
régionales du sport
#6 La mise en place d’une conférence des
financeurs avec l’État, le mouvement sportif, les
collectivités territoriales et le monde économique
#38 Le travail sur un axe sport handicap dans
les projets sportifs territoriaux #40 La définition
par la conférence régionale du sport d’un projet
sportif territorial

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 115

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(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
Dispositions nouvelles Article L116-1 Le texte créée une conférence régionale du sport Le titre Ier du livre Ier du code du sport est complété
chargée d’élaborer le projet sportif territorial. Il par un chapitre VI ainsi rédigé :
Dans chaque région et dans la collectivité de crée également une conférence des financeurs,
Corse, il est institué une conférence régionale plus restreinte ; les collectivités territoriales qui « Chapitre VI - Conférence régionale du sport et
du sport comprenant des représentants de l’État, sont membres sont chargées d’élaborer un projet conférence des financeurs
des collectivités territoriales, du mouvement de convention territoriale d’exercice concerté des
sportif et des autres personnes physiques et compétences en matière sportive. Art. L116-1.- Dans chaque région et dans la
morales intéressées par le développement du collectivité de Corse, il est institué une conférence
sport. Sa composition est précisée par décret. (pour mémoire : régionale du sport comprenant des représentants de
La conférence régionale du sport est chargée Art. L1111-9-1 du code général des collectivités l’État, des collectivités territoriales, du mouvement
d’établir [tous les quatre ans] un projet sportif territoriales sportif et des autres personnes physiques et
territorial, qui a notamment pour objet : ... morales intéressées par le développement du sport.
1° Le développement du sport de haut niveau ; V. – Les conventions territoriales d’exercice Sa composition est précisée par décret.
2° Le développement du sport professionnel ; concerté d’une compétence fixent les objectifs de La conférence régionale du sport est chargée
3° La construction et l’entretien d’équipements rationalisation et les modalités de l’action commune d’établir [tous les quatre ans] un projet sportif
sportifs structurants ; pour chacune des compétences concernées, dans territorial, qui a notamment pour objet :
4° La réduction des inégalités d’accès aux les conditions suivantes : ... 1° Le développement du sport de haut niveau ;
activités physiques et sportives ; c) La collectivité territoriale ou le groupement de 2° Le développement du sport professionnel ;
5° Le développement des activités physiques et collectivités, chargé par la loi de l’élaboration d’un 3° La construction et l’entretien d’équipements
sportives ouvertes aux personnes en situation de plan ou d’un schéma relatif à l’exercice d’une sportifs structurants ;
handicap. compétence des collectivités territoriales au niveau 4° La réduction des inégalités d’accès aux activités
régional ou départemental, peut élaborer un projet physiques et sportives ;
Article L116-2 de convention organisant les modalités de leur 5° Le développement des activités physiques et
action commune pour cette compétence ; ... sportives ouvertes aux personnes en situation de
Parmi les membres de la conférence régionale Chaque projet de convention comprend notamment handicap.
du sport, il est constitué une conférence :
des financeurs du sport comprenant des 1° Les niveaux de collectivités territoriales Article L116-2
représentants : concernés ou les collectivités compétentes définies
1° De l’État ; par des critères objectifs sur l’ensemble du territoire Parmi les membres de la conférence régionale du
2° De la région et des départements, de la de la région ; sport, il est constitué une conférence des financeurs
collectivité territoriale régie par l’article 73 de la 2° Les délégations de compétences entre du sport comprenant des représentants :
Constitution ou de la collectivité de Corse ; collectivités territoriales, ainsi que les délégations 1° De l’État ;
3° Des établissements publics de coopération de la région ou du département à un établissement 2° De la région et des départements, de la
intercommunale compétents en matière de sport public de coopération intercommunale à fiscalité collectivité territoriale régie par l’article 73 de la
; propre, dans les conditions prévues à l’article Constitution ou de la collectivité de Corse ;
4° Sur décision de leur assemblée délibérante, L1111-8 ; 3° Des établissements publics de coopération
des métropoles et des communes ; 3° Les créations de services unifiés, en application intercommunale compétents en matière de sport ;
5° Du ou des centres de ressources, d’expertise de l’article L5111-1-1 ; 4° Sur décision de leur assemblée délibérante, des
et de performance sportive ; 4° Les modalités de la coordination, de la métropoles et des communes ;
6° Des instances locales, ou à défaut nationales, simplification et de la clarification des interventions 5° Du ou des centres de ressources, d’expertise et
du Comité national olympique et sportif français, financières des collectivités territoriales pouvant de performance sportive ;
du Comité national paralympique et sportif déroger aux 2° et 3° du I de l’article L1111-9 ; 6° Des instances locales, ou à défaut nationales,
français, des fédérations sportives agréées et des 5° La durée de la convention, qui ne peut excéder du Comité national olympique et sportif français, du
ligues professionnelles. six ans. Comité national paralympique et sportif français,
Toute autre personne physique ou morale VI. – Le projet de convention territoriale d’exercice des fédérations sportives agréées et des ligues
susceptible de contribuer à la mise en œuvre concerté de la compétence est examiné par la professionnelles.
du projet sportif territorial peut participer à conférence territoriale de l’action publique, dans Toute autre personne physique ou morale
la conférence sous réserve de l’accord de la les conditions prévues par son règlement intérieur. susceptible de contribuer à la mise en œuvre
majorité des membres de droit. La collectivité territoriale ou l’établissement public du projet sportif territorial peut participer à la
La conférence élit son président en son sein. auteur du projet de convention territoriale d’exercice conférence sous réserve de l’accord de la majorité
Le représentant de l’État dans la région ou la concerté de la compétence peut prendre en des membres de droit.
collectivité en assure la vice-présidence. En compte les observations formulées lors des débats La conférence élit son président en son sein. Le
cas de partage égal des voix, le président a voix de la conférence territoriale de l’action publique représentant de l’État dans la région ou la collectivité
prépondérante. pour modifier le projet présenté. en assure la vice-présidence. En cas de partage égal
Le projet sportif territorial donne lieu à la A l’issue de cet examen, le projet de convention des voix, le président a voix prépondérante.
conclusion de contrats pluriannuels d’orientation est transmis au représentant de l’État dans la Le projet sportif territorial donne lieu à la
et de financement qui précisent les actions que région, ainsi qu’aux collectivités territoriales et conclusion de contrats pluriannuels d’orientation
les membres de la conférence des financeurs établissements publics appelés à prendre les et de financement qui précisent les actions que les
s’engagent à conduire ainsi que les ressources mesures nécessaires à sa mise en œuvre. membres de la conférence des financeurs s’engagent
humaines et les moyens matériels qui y seront Les organes délibérants des collectivités territoriales à conduire ainsi que les ressources humaines et les
dédiés. et des établissements publics concernés disposent moyens matériels qui y seront dédiés.
d’un délai de trois mois pour approuver la
Article L116-3 convention, qui est signée par le maire ou par le Article L116-3
président.
Les membres de la conférence des financeurs Les stipulations de la convention sont Les membres de la conférence des financeurs
représentant les collectivités territoriales sont opposables aux seules collectivités territoriales et représentant les collectivités territoriales sont
chargés d’élaborer un projet de convention établissements publics qui l’ont signée. Elles les chargés d’élaborer un projet de convention
territoriale d’exercice concerté des compétences engagent à prendre les mesures et à conclure les territoriale d’exercice concerté des compétences
en matière de sport conformément au V conventions nécessaires à sa mise en œuvre. en matière de sport conformément au V de l’article
de l’article L1111-9-1 du code général des L1111-9-1 du code général des collectivités
collectivités territoriales. Ils décident des territoriales. Ils décident des modifications à
modifications à apporter au projet après apporter au projet après son examen par la
son examen par la conférence territoriale de conférence territoriale de l’action publique et avant
l’action publique et avant sa transmission au sa transmission au représentant de l’État dans la
représentant de l’État dans la région ou la région ou la collectivité, conformément au VI du
collectivité, conformément au VI du même article. même article.

Article L116-4 Article L116-4

Les modalités d’application du présent chapitre Les modalités d’application du présent chapitre sont
sont déterminées par décret en Conseil d’État. déterminées par décret en Conseil d’État. »
#42 Le renforcement du rôle de la CERFRES

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
116 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Texte actuel Nouvelle rédaction Commentaires Texte modificatif


(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
Article L131-16 Article L131-16 Le complément ajouté à l’actuelle dernière phrase L’article L131-16 du code du sport est complété par
de l’article L131-16 permet d’élargir la consultation les dispositions suivantes : « ainsi que des autres
Les fédérations délégataires édictent : Les fédérations délégataires édictent : obligatoire de la CERFRES aux règlements qui règlements fédéraux qui impliquent la modification
1° Les règles techniques propres à leur discipline 1° Les règles techniques propres à leur discipline sans avoir pour objet les normes des équipements de tels équipements.
ainsi que les règles ayant pour objet de contrôler leur ainsi que les règles ayant pour objet de contrôler leur sportifs, ont néanmoins pour effet d’induire la Ce décret fixe également les conditions dans
application et de sanctionner leur non-respect par application et de sanctionner leur non-respect par modification de tels équipements. lesquelles le maintien en vigueur des règlements
les acteurs des compétitions sportives ; les acteurs des compétitions sportives ; La phrase nouvelle qui complète l’article permet en mentionnés à l’alinéa précédent, au-delà
2° Les règlements relatifs à l’organisation de toute 2° Les règlements relatifs à l’organisation de toute outre à la CERFRES de demander un examen de d’une première période d’application, peut être
manifestation ouverte à leurs licenciés ; manifestation ouverte à leurs licenciés ; l’impact effectif du projet de norme après un premier subordonné à l’évaluation de leur impact effectif. »
3° Les règlements relatifs aux conditions juridiques, 3° Les règlements relatifs aux conditions juridiques, temps de mise en œuvre.
administratives et financières auxquelles doivent administratives et financières auxquelles doivent Le texte doit être complété par d’autres dispositions,
répondre les associations et sociétés sportives pour répondre les associations et sociétés sportives pour de nature réglementaire, relatives à la composition
être admises à participer aux compétitions qu’elles être admises à participer aux compétitions qu’elles de la compétence et à sa faculté d’auto-saisine en
organisent. Ils peuvent contenir des dispositions organisent. Ils peuvent contenir des dispositions matière de recommandations et d’évaluation
relatives au nombre minimal de sportifs formés relatives au nombre minimal de sportifs formés
localement dans les équipes participant à ces localement dans les équipes participant à ces
compétitions et au montant maximal, relatif ou compétitions et au montant maximal, relatif ou
absolu, de la somme des rémunérations versées aux absolu, de la somme des rémunérations versées aux
sportifs par chaque société ou association sportive. sportifs par chaque société ou association sportive.
... ...
Un décret en Conseil d’État fixe les conditions Un décret en Conseil d’État fixe les conditions
d’entrée en vigueur des règlements fédéraux relatifs d’entrée en vigueur des règlements fédéraux relatifs
aux normes des équipements sportifs requises aux normes des équipements sportifs requises
pour la participation aux compétitions sportives pour la participation aux compétitions sportives
organisées par les fédérations délégataires. organisées par les fédérations délégataires,
ainsi que des autres règlements fédéraux qui
impliquent la modification de tels équipements.
Ce décret fixe également les conditions dans
lesquelles le maintien en vigueur des règlements
mentionnés à l’alinéa précédent, au-delà d’une
première période d’application, peut être
subordonné à l’évaluation de leur impact effectif.
#43 La suppression de la mise en concurrence
des clubs pour l’exploitation des enceintes
sportives réalisées pour ces clubs
Dispositions nouvelles Article L312-3-1 Disposition visant notamment à permettre à une Au chapitre II du titre Ier du livre III du code du
commune ou une intercommunalité d’affecter sports, il est inséré après l’article L. 312-3 un article
Les dispositions de l’article L2122-1-1 du code à un club représentant son territoire dans un L. 312-3-1 ainsi rédigé :
général de la propriété des personnes publiques championnat professionnel un équipement sportif
ne sont pas applicables aux équipements sportifs public construit ou aménagé spécifiquement à cette « Art. L312-3-1.- Les dispositions de l’article L2122-
publics construits ou aménagés en vue de leur fin, situation dans laquelle la mise en concurrence 1-1 du code général de la propriété des personnes
utilisation par une association ou société sportive prévue par le CGPPP n’est pas pertinente publiques ne sont pas applicables aux équipements
préexistante, dans le cadre de compétitions sportifs publics construits ou aménagés en vue de
organisées par une fédération délégataire. cf. l’article L2122-1-1 dudit code : « Sauf leur utilisation par une société sportive déterminée,
dispositions législatives contraires, lorsque le dans le cadre de compétitions organisées par une
titre mentionné à l’article L2122-1 permet à son fédération délégataire. »
titulaire d’occuper ou d’utiliser le domaine public
en vue d’une exploitation économique, l’autorité
compétente organise librement une procédure de
sélection préalable présentant toutes les garanties
d’impartialité et de transparence, et comportant
des mesures de publicité permettant aux candidats
potentiels de se manifester. ... »
#44 L’autorisation de subventionner
l’investissement pour des enceintes sportives
dédiées aux clubs professionnels
Article L113-1 Article L113-1 La présente disposition permet de ne pas Le dernier alinéa de l’article L113-1 du code du
appliquer aux garanties d’emprunt contractés sport est complété par une phrase ainsi rédigée :
Les collectivités territoriales ou leurs groupements Les collectivités territoriales ou leurs groupements par une association ou société sportive en « Toutefois, les dispositions du quatrième alinéa
ne peuvent accorder de garanties d’emprunt ni leur ne peuvent accorder de garanties d’emprunt ni leur vue de l’investissement dans un équipement de ces trois articles [qui prévoient une quotité
cautionnement aux associations sportives et aux cautionnement aux associations sportives et aux sportif la quotité maximale prévue de manière maximale garantie sur un même emprunt] ne sont
sociétés sportives mentionnées aux articles L.121- sociétés sportives mentionnées aux articles L121-1 générale en application du quatrième alinéa des pas applicables aux garanties prévues à l’alinéa
1 et L122-2. et L122-2. trois articles L2252-1, L3231-4 et L4253-1 du précédent du présent article. »
Toutefois, les collectivités territoriales ou leurs Toutefois, les collectivités territoriales ou leurs CGCT respectivement pour les communes, les
groupements peuvent accorder leur garantie aux groupements peuvent accorder leur garantie aux départements et les régions
emprunts contractés en vue de l’acquisition de emprunts contractés en vue de l’acquisition de (ces alinéas étant ainsi rédigés : « La quotité garantie
matériels par des associations sportives dont le matériels par des associations sportives dont le par une ou plusieurs collectivités territoriales sur un
montant annuel des recettes n’excède pas 75 000 montant annuel des recettes n’excède pas 75 000 même emprunt ne peut excéder un pourcentage fixé
euros. euros. par décret »)
Ils peuvent également accorder leur garantie aux Ils peuvent également accorder leur garantie aux
emprunts contractés en vue de l’acquisition, de emprunts contractés en vue de l’acquisition, de
la réalisation ou de la rénovation d’équipements la réalisation ou de la rénovation d’équipements
sportifs par des associations ou des sociétés sportifs par des associations ou des sociétés
sportives. L’association ou la société sportive produit sportives. L’association ou la société sportive produit
à l’appui de sa demande ses comptes certifiés sur à l’appui de sa demande ses comptes certifiés sur
trois exercices tels que transmis à l’organisme prévu trois exercices tels que transmis à l’organisme prévu
à l’article L132-2. à l’article L132-2.
Les garanties d’emprunts prévues au présent article Les garanties d’emprunts prévues au présent article
ne peuvent être accordées que dans le respect des ne peuvent être accordées que dans le respect des
articles L2252-1, L3231-4 et L4253-1 du code articles L2252-1, L3231-4 et L4253-1 du code
général des collectivités territoriales. général des collectivités territoriales. Toutefois, les
dispositions du quatrième alinéa de ces trois
articles [qui prévoient une quotité maximale
garantie sur un même emprunt] ne sont pas
applicables aux garanties prévues à l’alinéa
précédent du présent article.
#48 Le développement du sport d’entreprise

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 117

Texte actuel Nouvelle rédaction Commentaires Texte modificatif


(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
Article L2242-17 du code du travail Article L2242-17 du code du travail Identification des activités physiques et sportives Après le 5° de l’article L2242-17 du code du travail,
parmi les matières faisant l’objet de la négociation il est inséré un 5° bis ainsi rédigé :
La négociation annuelle sur l’égalité professionnelle La négociation annuelle sur l’égalité professionnelle annuelle sur la qualité de vie au travail « 5° bis Les mesures permettant de favoriser les
entre les femmes et les hommes et la qualité de vie entre les femmes et les hommes et la qualité de vie activités physiques et sportives des salariés en vue
au travail porte sur : au travail porte sur : de promouvoir la santé et le bien-être au travail ; »
1° L’articulation entre la vie personnelle et la vie 1° L’articulation entre la vie personnelle et la vie
professionnelle pour les salariés ; professionnelle pour les salariés ;
2° Les objectifs et les mesures permettant 2° Les objectifs et les mesures permettant
d’atteindre l’égalité professionnelle entre les d’atteindre l’égalité professionnelle entre les
femmes et les hommes, notamment en matière femmes et les hommes, notamment en matière
de suppression des écarts de rémunération, de suppression des écarts de rémunération,
d’accès à l’emploi, de formation professionnelle, d’accès à l’emploi, de formation professionnelle,
de déroulement de carrière et de promotion de déroulement de carrière et de promotion
professionnelle, de conditions de travail et d’emploi, professionnelle, de conditions de travail et d’emploi,
en particulier pour les salariés à temps partiel, et en particulier pour les salariés à temps partiel, et
de mixité des emplois. Cette négociation s’appuie de mixité des emplois. Cette négociation s’appuie
sur les données mentionnées au 2° de l’article sur les données mentionnées au 2° de l’article
L2312-36. L2312-36.
Cette négociation porte également sur l’application Cette négociation porte également sur l’application
de l’article L241-3-1 du code de la sécurité de l’article L241-3-1 du code de la sécurité
sociale et sur les conditions dans lesquelles sociale et sur les conditions dans lesquelles
l’employeur peut prendre en charge tout ou partie l’employeur peut prendre en charge tout ou partie
du supplément de cotisations ; du supplément de cotisations ;
3° Les mesures permettant de lutter contre toute 3° Les mesures permettant de lutter contre toute
discrimination en matière de recrutement, d’emploi discrimination en matière de recrutement, d’emploi
et d’accès à la formation professionnelle ; et d’accès à la formation professionnelle ;
4° Les mesures relatives à l’insertion 4° Les mesures relatives à l’insertion
professionnelle et au maintien dans l’emploi des professionnelle et au maintien dans l’emploi des
travailleurs handicapés, notamment les conditions travailleurs handicapés, notamment les conditions
d’accès à l’emploi, à la formation et à la promotion d’accès à l’emploi, à la formation et à la promotion
professionnelles, les conditions de travail et d’emploi professionnelles, les conditions de travail et d’emploi
et les actions de sensibilisation de l’ensemble du et les actions de sensibilisation de l’ensemble du
personnel au handicap ; personnel au handicap ;
5° Les modalités de définition d’un régime de 5° Les modalités de définition d’un régime de
prévoyance et, dans des conditions au moins prévoyance et, dans des conditions au moins
aussi favorables que celles prévues à l’article aussi favorables que celles prévues à l’article
L911-7 du code de la sécurité sociale, d’un régime L911-7 du code de la sécurité sociale, d’un régime
de remboursements complémentaires de frais de remboursements complémentaires de frais
occasionnés par une maladie, une maternité ou un occasionnés par une maladie, une maternité ou un
accident, à défaut de couverture par un accord de accident, à défaut de couverture par un accord de
branche ou un accord d’entreprise. branche ou un accord d’entreprise.
Dans les entreprises de travaux forestiers Dans les entreprises de travaux forestiers
mentionnées au 3° de l’article L722-1 du code rural mentionnées au 3° de l’article L722-1 du code rural
et de la pêche maritime, la négociation définie au et de la pêche maritime, la négociation définie au
premier alinéa du présent 5° porte sur l’accès aux premier alinéa du présent 5° porte sur l’accès aux
garanties collectives mentionnées à l’article L911-2 garanties collectives mentionnées à l’article L911-2
du code de la sécurité sociale ; du code de la sécurité sociale ;
5° bis Les mesures permettant de favoriser les
activités physiques et sportives des salariés en
vue de promouvoir la santé et le bien-être au
travail ;
6° L’exercice du droit d’expression directe et 6° L’exercice du droit d’expression directe et
collective des salariés prévu au chapitre Ier du titre collective des salariés prévu au chapitre Ier du titre
VIII du présent livre, notamment au moyen des outils VIII du présent livre, notamment au moyen des outils
numériques disponibles dans l’entreprise ; numériques disponibles dans l’entreprise ;
7° Les modalités du plein exercice par le salarié 7° Les modalités du plein exercice par le salarié
de son droit à la déconnexion et la mise en place de son droit à la déconnexion et la mise en place
par l’entreprise de dispositifs de régulation de par l’entreprise de dispositifs de régulation de
l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer
le respect des temps de repos et de congé ainsi que le respect des temps de repos et de congé ainsi que
de la vie personnelle et familiale. A défaut d’accord, de la vie personnelle et familiale. A défaut d’accord,
l’employeur élabore une charte, après avis du comité l’employeur élabore une charte, après avis du comité
social et économique. Cette charte définit ces social et économique. Cette charte définit ces
modalités de l’exercice du droit à la déconnexion modalités de l’exercice du droit à la déconnexion
et prévoit en outre la mise en œuvre, à destination et prévoit en outre la mise en œuvre, à destination
des salariés et du personnel d’encadrement et de des salariés et du personnel d’encadrement et de
direction, d’actions de formation et de sensibilisation direction, d’actions de formation et de sensibilisation
à un usage raisonnable des outils numériques. à un usage raisonnable des outils numériques.
Disposition nouvelle Article L121-10 Disposition interprétative permettant de garantir La section 2 du chapitre Ier du titre II du livre Ier du
l’identité de traitement entre les activités physiques code du sport est complétée par un article L121-10
Lorsqu’une convention ou un accord collectif prévoit et sportives et celles décidées par les comités ainsi rédigé :
des mesures telles que mentionnées au 5° bis de d’entreprise et celles mises en place par suite d’une « Art. L121-10.-Lorsqu’une convention ou un accord
l’article L2242-17 du code du travail, les prestations convention ou d’un accord collectif collectif prévoit des mesures telles que mentionnées
correspondantes sont considérées comme des au 5° bis de l’article L2242-17 du code du travail,
activités sociales et culturelles des comités sociaux les prestations correspondantes sont considérées
et économiques. comme des activités sociales et culturelles des
comités sociaux et économiques. »
#53 Le rattachement des CTS aux DTN, et
une évolution dans le cadre des objectifs
contractualisés dans le cadre de la délégation
en débat

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
118 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Texte actuel Nouvelle rédaction Commentaires Texte modificatif


(articles du code du sport sauf mention contraire) (articles du code du sport sauf mention contraire)
Article L131-12 Article L131-12 Le texte clarifie le cadre d’intervention des CTS en I.- L’article L131-12 du code du sport devient l’article
les plaçant sous une autorité hiérarchique unique, le L131-23 et est inséré à la section 3 du chapitre Ier
Des personnels de l’État ou des agents publics Des personnels de l’État ou des agents publics ministre pour le directeur technique national (DTN) du titre III du livre Ier dudit code.
rémunérés par lui peuvent exercer auprès des rémunérés par lui peuvent exercer auprès des et le DTN pour les autres, ce qui rend indispensable Cet article est ainsi modifié :
fédérations agréées des missions de conseillers fédérations agréées des missions de conseillers de préciser les règles de gestion des emplois sur 1° Au deuxième alinéa, les mots : « ou du chef
techniques sportifs, selon des modalités définies par techniques sportifs, selon des modalités définies par lesquels des fonctionnaires peuvent être détachés de service déconcentré dont ils relèvent » sont
décret en Conseil d’État. Les fédérations peuvent, au décret en Conseil d’État. Les fédérations peuvent, au en situation de détachement. remplacés par les mots : « ou du directeur technique
titre de ces missions, leur verser des indemnités, titre de ces missions, leur verser des indemnités, national nommé par lui » ;
dans des limites et conditions fixées par décret. dans des limites et conditions fixées par décret. 2° Le troisième alinéa est complété par les mots :
Pendant la durée de leurs missions, les conseillers Pendant la durée de leurs missions, les conseillers « , qui précise notamment les règles de gestion de
techniques sportifs restent placés, selon les cas, techniques sportifs restent placés, selon les cas, ces emplois ».
sous l’autorité hiérarchique exclusive du ministre sous l’autorité hiérarchique exclusive du ministre
chargé des sports ou du chef de service déconcentré chargé des sports ou du directeur technique
dont ils relèvent. Ils ne peuvent être regardés, dans national nommé par lui. Ils ne peuvent être
l’accomplissement de leurs missions, comme regardés, dans l’accomplissement de leurs
liés à la fédération par un lien de subordination missions, comme liés à la fédération par un lien de
caractéristique du contrat de travail au sens du livre subordination caractéristique du contrat de travail
II de la première partie du code du travail. au sens du livre II de la première partie du code du
travail.
Pour l’exercice de leurs missions et par dérogation Pour l’exercice de leurs missions et par dérogation
à l’article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 à l’article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983
portant droits et obligations des fonctionnaires, portant droits et obligations des fonctionnaires,
lorsqu’ils ont la qualité de fonctionnaires, ces lorsqu’ils ont la qualité de fonctionnaires, ces
agents, lorsqu’ils exercent les missions de directeur agents, lorsqu’ils exercent les missions de directeur
technique national, de directeur technique national technique national, de directeur technique national
adjoint ou d’entraîneur national, peuvent être adjoint ou d’entraîneur national, peuvent être
détachés sur contrat de droit public, dans les détachés sur contrat de droit public, dans les
emplois correspondants, dans les conditions et emplois correspondants, dans les conditions et
selon les modalités fixées par le décret prévu au selon les modalités fixées par le décret prévu au
premier alinéa du présent article. premier alinéa du présent article, qui précise
notamment les règles de gestion de ces emplois.
#55 Le déplafonnement des taxes affectées au mission parlementaire en cours - disposition
financement du sport relevant de la loi de finances

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 119

10.6 Annexe 6 : Sommaire du rapport annexe

Présentations du séminaire de lancement :


-- Contexte, et état des lieux (Patrick Bayeux, Xavier Giguet, Laurence Lefèvre)
-- Synthèse des rapports (Xavier Giguet)

Synthèse des ateliers

Consultation des jeunes

Contributions du CNOSF

Contribution commune des collectivités

Contribution des Inspecteurs Généraux Jeunesse et Sport en mission d’appui

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
120 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

10.7 Annexe 7 : Liste des personnes ayant contribué à la démarche

Liste des personnes ayant participé aux Copil, aux séminaires, ayant été auditionnées ou
ayant envoyé des contributions
Nom Prénom Organisme
Acensi Jean-Philippe APELS
Achache Djamel INSEP
Aché Clarisse FF Basket Ball
Aïm-Tuil Aurélie Direction des sports Ministère des Sports
Amir-Tahmasseb Babak INSEP
Amsalem Bernard Fédérations Olympiques
André Bernard Ministère de l’Éducation nationale
Aniss Hicham ADGCF
Antoine Myriam CNOSF
Antz Emmanuel Unis Vers le Sport
Aouizerat Michaël FO
Appéré Patrick ANDES
Arassus Jean-Luc FF Surf
Assmann Emmanuelle CPSF
Audeguy Christian Ministère de l’Éducation nationale
Autrusseau Camille ANDES
Avril Jacky Ministère des Sports
Bahègne Patrick DRJSCS Nouvelle Aquitaine
Bana Philippe DTN
Barbusse Béatrice Université de Paris-Est Créteil
Barillet Yannick DRJSCS Bretagne
Barlois-Leroux Valérie Présidente CA CREPS Bordeaux
Barnay Mathieu CNOSF
Barrois Anne CREPS
Barry Wilfried Direction des sports Ministère des Sports
Barsacq Marie Paris 2024
Baslé Gérard Consultant
Baud Caroline Ministère des Sports
Baudry Pierre-Marie Ministère de l’Action & des Comptes Publics
Bayeux Patrick Consultant / Co-pilote de la démarche
Bazin Roland FSCF
Béhague Patrice CREPS de Poitiers
Belin Bruno ADF / Président du Département de la Vienne
Ben Korba Karim Région Ile-de-France
Berger-Aumont Valérie Direction des sports Ministère des Sports
Bernard Claire Régions de France
Besnier Frédéric ANLSP

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NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 121

Nom Prénom Organisme


Besombes Nicolas France esports
Béthune Bruno Ministère des Sports
Bézier Gladys COSMOS
Bienvenu Roselyne France Urbaine / ARF
Blindermann Ilan Unis vers le Sport
Bodin Alexia CFASAT Poitou Charente
Bonnet-Oulaldj Emmanuelle FF FSGT
Bouilhaguet Gilles APELS
Boulerand Guillaume CNOSF
Bourgouin Mathieu Montreuil / Sports et Territoires
Bourhis Marc ADGCF
Bouzoura Amel La Française des Jeux
Brassart Valérie AMF
Breillat Jean-Christophe CDES
Breton Yvon AG2R La Mondiale
Briel Solène CNOSF
Brun Jean-Michel CNOSF
Bruneau Joël France Urbaine / Maire de Caen
Byhet Eric SGEN-CFDT
Caffin Charles-Aymeric DJEPVA
Caillet Virgile Union Sport et Cycle
Callon Corinne Ministère des Sports
Cally Frédéric Le Tremplin
Cammal Francis AMF / 1er adjoint au Maire - Ville de Giens
Canu Fabien IGJS
Capon Etienne LNH
Carlac’h Dominique MEDEF
Caron Stéphane ANDIISS
Cellier Laurent Direction des sports Ministère des Sports
Chapitaux Médéric Waterform Holding
Charlemandrier Gaëlle ADF
Charré Dominique DTN
Chines Antoine Mairie de Paris
Chusseau Isabelle UFOLEP
Cléroy Jean-Michel FF Tir à l’Arc
Cloup Cyril ANDES
Contreras Mickaël LNB
Cordier Anne CNOSF / FSCF
Coudert Clémence CNOSF
Courtesseyre Philippe CD Landes
Courtet Marie-Céline CNOSF
Couturier Malik UNFP

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NOUVELLE
122 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Nom Prénom Organisme


Cranga Jean Claude Sports et Territoires
Cuvillier Nathalie Direction des sports Ministère des Sports
Daam Armelle DG CNDS
David Estelle CREPS Poitiers
De Lamare Laurent DRJSCS
De Roffignac Alice CosMos
De Singly Chantal Ministère des Sports
Delacroix-Morvan Sandrine FUN MOOC
Delaperriere Madeleine Direction des sports Ministère des Sports
Delpech Anaïs ANDES
Denaes Aurélien CGSCOP
Derrigner Arnaud FF Voile
Deshayes Gérard Président FF retraite sportive
Diallo Philippe CosMos
Donzel Jacques OIPS
Duclos Martine CHU Clermont
Dudognon Charles Université de Limoges
Duroy Véronique CNOSF
Ekambi Poaline Sportail Comunity
Eschalier Emmanuel LNR
Estienne Dominique Mairie de Paris
Flessel Laura Ministre des Sports
Fluklinger Philippe UNFP
Fraboni Marie-Thérèse CGT
Frémont Charles Le Tremplin
Gandrille Sean Direction des sports Ministère des Sports
Gatien Jean-Philippe Président CA INSEP
Gautier Christèle Direction des sports Ministère des Sports
Genuini Laurent Direction des sports Ministère des Sports
Germain Claire Le Mans FC
Giguet Xavier Inspection Générale de l’Administration
Giraud André FF Athlétisme
Goasmat Mathias ANESTAPS
Goudeau Stéphane CNOSF
Gouget Mathilde CNDS
Gouze Guillaume LNR
Graille Philippe Direction des sports Ministère des Sports
Grégoire Pierre ANDES
Grignard Bruno CD 86
Grimont Jean-Marc SGEN-CFDT
Grygowski Dimitri Ministère des Sports
Guillain Sophie Res Publica

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 123

Nom Prénom Organisme


Guillouf David FNOMS
Guittet Pascale Vice-Présidente Sport / Département de la Vienne
Hamel Xavier Fête le Mur
Helleu Boris Université de Caen
Henriques Brigitte CNOSF/FF Football
Hess Béatrice
Heugas Anne-Marie ANDES
Hilal Salam Ministère de l’Action et des Comptes Publics
Hubert Benoît SNEP-FSU
Husson Emmanuel Attaché Parlementaire Sarah Houlié
Ingargiola Eric MEDEF
Jacquot Bernard DDCSPP Savoie
Janelli Raphaël Direction des sports Ministère des Sports
Jean Caroline SNAPS-UNSA
Journaux Eric CREPS
Junqua Alain CRITT
Karaa Skander CNOSF
Keraudren Olivier IGJS
Khellaf Hakim Cour des comptes
Kroemer Stéphane ANDES
Krumbholz Jean-Paul Représentant SNAPS-UNSA / Ministère des Sports
Labrousse Yves FF Volley
Lafontan Jean SNEP
Lafoux Denis FF Clubs Omnisports
Larmonier Michel CNEA
Lartigue Bruno GL Events
Laudillay Franck Ministère des Solidarités et de la Santé
Laurent Dominique Agence française de lutte contre le dopage
Lazarus David AMF
Le Mercier Marc Direction des sports Ministère des Sports
Le Morvan Franck Direction des sports Ministère des Sports
Lebeau Alice CNOSF
Lecanu Loïc Délégué au Préfet du Calvados
Leclerc Franck FNASS
Lecomte Patrick Territoria Mutuelle
Lefèvre Laurence Ministère des Sports / Co-pilote de la démarche
Legendre Rodolphe UCPA
Lembre Stéphanie Régions de France
Lesage Guitet Pascale VP CD Vienne
Letailleur Laurent Direction des sports Ministère des Sports
Lourdelle Rémi CFDT
Loubignac Philippe ARF

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NOUVELLE
124 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Nom Prénom Organisme


Luyce Francis Mutuelles des Sportifs
Machu Philippe UFOLEP
Martin Patrice FF Ski Nautique
Martin Emmanuel France e-sports
Martin Tony SNAPS-UNSA
Martin Jean Michel Union Nationale des Clubs Universitaires
Martinez Laetitia ARF
Martinez Stéphane Marty Sports
Martini Laurent CNOSF
Marzouki Kaïs CGET
Massegllia Denis CNOSF
Mathé Philippe Conférence 3D STAPS
Mestre Laure MAIF
Meziane Djilali LNB
Micouin Céline MEDEF
Miège Colin Sport et Citoyenneté
Minier Jean CPSF
Monshipour Mayarh DRJSCS Nouvelle aquitaine
Moreira Véronique Fédérations non olympiques
Morel Delphine Direction des sports Ministère des Sports
Morot Frédérique DJEPVA
Mougin Jean-Pierre CNOSF
Conseiller Sport, JO 2024 - Présidence de la
Mourin Cyril
République
Mourot Pierre SNPJS CGT
Mouyon-Porte Sylvie DRJSCS Normandie
Mulot Jean-Jacques FF Aviron
Munoz Laurence FSCF
Natter Gwénaëlle SNEP-FSU
Ndongue Emmeline COJO
Névo Julian Transparency international France
Nicolaïdis Bernard Consultant SCIC
Nolot David Direction des sports Ministère des Sports
Omeyer Jean-Paul ARF / Président de la Région Grand Est
Onesta Claude Manager Général Equipe de France de Handball
Oudéa-Castéra Amélie Rénovons le Sport
Ourahmoune Sarah Déléguée du gouvernement en Seine-Saint-Denis
Palisser Serge Waterform Holding
Panier Pierre-Emmanuel Ministère des Sports
Patrigeon Elie CPSF
Péridy Thierry DRJSCS Pays de Loire
Peyrat Philippe ENGIE

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
Rapport GOUVERNANCE DU SPORT 125

Nom Prénom Organisme


Piat Philippe UNFP
Piazza Arielle CNDS
Pichon Aurélien Conférence 3D STAPS
Pillette Elsa FF Athlétisme
Pinel Jacques Institut français du cheval
Pintureau René ANDIISS
Postollec Sophie Comité Interministériel au Handicap
Pouillard Michaël Direction des sports Ministère des Sports
Poulmaire Didier Sporsora
Praznocszy Corinne ONAPS
Quentin Frédérique La Française des Jeux
Quetin Paul FFT
Quiot Anne-Lise ANDIISS
Rabès Claire Union Sport et Cycle
Ramonell Sébastien Direction des sports Ministère des Sports
Ranvier Patrick DTN Aviron
Ravier Brice ANDES
Retailleau Soisik Uniformation
Richard Nadine Direction des sports Ministère des Sports
Rotenberg Michel SNEP-FSU
Rougé Jean–Luc FF Judo
Rouillaux Jérôme Directeur du CREPS Bordeaux
Roullé Sophie Rectorat Académie de Caen
Saïd Jamal ALISCIA
Saillard Ludivine ANDES
Sallem Ryadh CAPSAAA / Athlète paralympique
Salomon Jean François Ville de Caen
Sancez Marc ANDES
Saurois Arnaud Université de Poitiers
Sautereau Jean-François CNOSF / FF Sport Universitaire
Sauvez Laurence DTN FSCF
Sene Malik ANDES
Sentein Jean-Marc ANDISS
Sissoko Karamoko FU
Siutat Jean-Pierre FF Basket
Sobczak Sébastien Ministère des Sports
Spahic Mili Santé Publique France
Spitzbarth Isabelle Mutuelles des Sportifs
Steinberg Frédéric Direction des sports Ministère des Sports
Taïana Bruno CFASAT
Tancer Pierre-Louis Attaché de Presse Sarah Houlié
Tanguy Eric FF Volley

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018


NOUVELLE
126 Rapport GOUVERNANCE DU SPORT

Nom Prénom Organisme


Ministère de l’Éducation nationale & de
Terret Thierry
l’Enseignement supérieur-Recherche
Tezenas du Moncel Magali Sporsora
Thèves Catherine Ministère des Sports
Thiébault Philippe DTN Moto
Thiébaut-Rousson Marie-Dominique DDCS Calvados
Thiriez Frédéric Avocat
Thomas Eric Association Française de Football Amateur
Tison Sébastien France Urbaine
Tisserand Stéphane MAIF
Tramier Paul-André CNOSF / Badminton
Troch Denis Human Progress Center
Trosseille Violaine CNEA
Truffaut Marc CSPF / FF Sport Adapté
Tuillier Hubert Direction des sports Ministère des Sports
Van Acker Yannick Uniformation
Vansteene Anne-Marie Cheffe de mission Grand INSEP
Venayre Pierre Stade Rochelais
Verdon Nicolas Profession Sport Loisirs
Vergnes-Carles Jacques Sports et Territoires
Veynare Pierre DG Stade Rochelais
Viard Benjamin LFP
Vieville Romain COSMOS
Villebrun Laurent Direction des sports Ministère des Sports
Vuillermoz Jean Administrateur de l’APELS
Wolff Patrick ANSLP
Yalouz Ghani DG INSEP
Zedet Benoît FF Randonnée Pédestre
Zimmer Stéphane Direction des sports Ministère des Sports

Laurence Lefèvre - Patrick Bayeux - Rapport Gouvernance du sport 2018

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