Gouvernance Rapport
Gouvernance Rapport
GOUVERNANCE
DU SPORT
Rapport
Mise en garde
Le présent rapport est issu de la concertation qui s’est déroulée entre janvier et
juin 2018.
Les préconisations présentées dans ce document n’engagent que leurs
co- auteurs. Elles ont vocation à sensibiliser le lecteur sur les questionnements
et les changements qui semblent nécessaires à la mutation de l’organisation du
sport en France.
Les préconisations ne sont pas classées par ordre de priorité. Elles viennent au
fur et à mesure du déroulement de l’argumentation.
Le rapport identifie les propositions qui font consensus, et celles qui font débat.
8 mois se sont écoulés entre le séminaire de lancement le 22 novembre 2017 et la date de remise de ce
rapport. 8 mois qui sont passés très rapidement, mais 8 mois qui ont été suffisants pour conduire cette
démarche de rénovation de la gouvernance du sport dont les fondations ont été construites au milieu du
XXème siècle.
8 mois au cours desquels la mobilisation collective a été au-dessus de nos espérances. Tous les acteurs
se sont mobilisés, ont produit des notes préparatoires pour chaque séminaire, chaque atelier. Nous les
remercions collectivement.
Nous remercions tout particulièrement la ministre des Sports, Laura Flessel, et Denis Masseglia, Président du
Comité National olympique et sportif français, pour leur confiance et pour nous avoir proposé de co- piloter
cette démarche.
Le Président de la République dans son programme a affirmé sa volonté de « construire une gouvernance
plus claire et efficace de nos fédérations sportives » et de « redéfinir l’organisation de la politique du sport
au niveau national ».
Révolution, c’est le mot choisi par Laura Flessel pour qualifier la nouvelle gouvernance du sport.
Nous l’appelons de nos vœux les plus forts. Le sport a besoin de cette révolution, pour réussir les Jeux
Olympiques et Paralympiques de 2024, mais au-delà des Jeux pour faire du sport un bien commun, un bien
d’utilité sociale partagé par tous.
Nous avons opté pour une définition large de la gouvernance : mieux se coordonner dans un environnement
normatif plus souple.
Au-delà de cette nouvelle organisation, nous formulons des propositions visant à faire évoluer le rôle et
les missions des acteurs en cohérence avec cette nouvelle organisation pour faciliter le cadre de leurs
interventions, et la réussite collective.
57 propositions au total pour renforcer l’autonomie et la responsabilité des fédérations et des clubs, mieux
reconnaître le rôle des collectivités territoriales et celui des entreprises, recentrer le rôle de l’État…
Certaines propositions relèvent de dispositions législatives, d’autres du niveau réglementaire, et enfin les
dernières proposent des évolutions d’organisation. Ces propositions sont issues soit des échanges lors des
ateliers validés lors des comités de pilotage, soit du comité de pilotage directement, ou enfin d’ateliers
d’approfondissement. Toutes ne font pas consensus, mais nous les avons retenues parce qu’il nous semble
qu’elles font sens pour refonder notre modèle sportif.
La question du financement relève d’une décision politique. Parce que le sport est un investissement social,
nous faisons confiance aux décisions à venir pour que ces financements soient raisonnables et ajustés
pour répondre à l’engagement de doubler le nombre de médailles tout en permettant à près 3 millions
d’habitants supplémentaires de pratiquer une activité physique et sportive de leur choix d’ici 2022.
1.2 La démarche 11
1.2.1 4 séminaires thématiques 11
1.2.2 Le choix d’un scénario parmi 4 14
[Link] Le scénario de la continuité 15
[Link] Le scénario du transfert de l’organisation du sport au mouvement sportif 15
[Link] Le scénario de la décentralisation 16
[Link] Le scénario de la gouvernance collégiale 16
2.1 Une vision sur la place du sport dans la société : un bien commun 27
6.3 Le mécénat 90
7 Conclusion 92
8 Remerciements 93
10 Annexes 99
Les travaux réalisés ont vocation à nourrir un projet de loi pour le développement du sport dans la société.
1. Cf. annexe 1 : Note de cadrage commune adoptée lors du premier comité de pilotage du 22 novembre 2017
1.2 La démarche
La démarche s’est fondée sur une vision large de la notion de gouvernance conçue comme le système
produit par les relations entre les acteurs de l’écosystème du sport, les règles internes propres à chacun
d’eux, ainsi que le dispositif réglementaire dans lequel ceux-ci évoluent.
Cette approche classique est celle proposée par le Petit Robert : « La gouvernance correspond à la mise
en œuvre d’un ensemble de dispositifs (règles, normes, protocoles, conventions, contrats...) pour assurer
une meilleure coordination des parties prenantes d’une organisation, chacune détenant une parcelle de
pouvoir, afin de prendre des décisions consensuelles et de lancer des actions concertées. »
La démarche a donc été conçue pour dégager des propositions d’évolution des acteurs, de leurs relations
et de leur environnement normatif pour atteindre le double objectif : développer les pratiques et augmenter
le nombre des médaillés français. Elle a donc visé à définir la forme la plus adaptée de coordination et de
coopération des parties prenantes et à préconiser les évolutions réglementaires de nature à optimiser cette
organisation.
Un premier séminaire de lancement réunissant plus de 80 personnes a dressé un bilan partagé du modèle
actuel et dégagé des objectifs d’amélioration pour chacun des acteurs2.
Chaque séminaire thématique a réuni entre 70 et 100 personnes. Un groupe permanent composé d’une
quarantaine de membres, issus des mêmes grandes catégories que le comité de pilotage, a participé
à l’ensemble des échanges. Un groupe de « spécialistes », également d’au moins une quarantaine de
personnes, était spécifiquement désigné en fonction du contenu de chaque journée.
Les séminaires ont combiné à la fois un travail en ateliers permettant de définir des scénarios d’évolution,
d’identifier les points de consensus et de débat, ainsi qu’un échange plus large en plénière autour de la
restitution des travaux des ateliers. Chaque sujet était préparé en amont par les équipes de la direction des
sports, par le mouvement sportif coordonné par le CNOSF et par les collectivités qui ont activé à cet effet
leurs commissions « Sport ».
Le 1er séminaire thématique, « Fédérations, Clubs 3.0, pratiques sportives et organisation sportive », a
regroupé les questionnements suivants :
-- Le principe de la délégation, de l’agrément et les conditions de contrôle de l’État
-- La gouvernance des fédérations et/ou des clubs, les modèles juridiques possibles, et l’impact de
l’élection par les clubs ou les licenciés, l’éthique et la transparence
-- La marchandisation : quelle place pour les clubs et les fédérations, pour les collectivités et pour le
secteur privé
-- Comment aborder le numérique dans le sport ? Numérique et développement du sport
-- La gouvernance du sport professionnel
-- Sport et handicap : faut-il une gouvernance spécifique ?
-- L’emploi
-- Positionnement et attentes à l’égard des entreprises
-- Le bénévolat
Le dernier séminaire thématique « Attentes sociales et autres sujets » aura permis d’évoquer les derniers
sujets d’importance ou d’approfondir certains points précédemment abordés :
-- Les Politiques éducatives
-- L’Economie sociale et solidaire
-- Le sport en QPV
-- Le mécénat sportif
-- Articulation et rôle respectif des acteurs au niveau régional
Des ateliers d’approfondissement ont été organisés sur les thèmes le nécessitant : l’organisation de la
délégation, le renforcement des garanties d’ordre éthique au sein du mouvement sportif, les relations entre
les fédérations sportives et les ligues professionnelles, les relations entre les collectivités locales et les clubs
professionnels, l’organisation du handisport et du sport adapté.
Les conclusions de l’ensemble de la concertation ont été retranscrites, séminaire par séminaire, au travers
de documents rendus publics sur le site du ministère des Sports. Le rapport annexe du présent rapport
reprend ces synthèses.
Dans le même temps, une consultation numérique a été ouverte dès le mois d’avril sur le site du ministère.
Une page dédiée à la concertation sur la Gouvernance du sport permettait à tous de retrouver l’ensemble
des contributions et des résultats des travaux et offrait également la possibilité à chaque citoyen, via une
plateforme, de déposer sa propre contribution.
Enfin, des jeunes en service civique ont également été sollicités pour deux demi-journées de travail. Ils ont
apporté un œil neuf sur le monde du sport3.
4. Il convient de rappeler qu’un scénario est la projection permettant de formaliser un futur possible.
Au niveau national
-- Transformation du Conseil National du Sport (CNS) en Haut Conseil au Sport avec l’État, le
mouvement sportif, les collectivités territoriales et les entreprises qui formulent des avis sur les
grandes orientations liées au développement du sport.
-- Maintien des missions du ministère des Sports sur le périmètre actuel. Le haut niveau reste géré par
une délégation ministérielle.
-- Maintien du Centre National de Développement du Sport (CNDS) sur le fonctionnement actuel.
Ce scénario n’a pas été retenu dans la mesure où il s’inscrit dans la continuité du modèle actuel sans
prise en compte de l’évolution du rôle et des missions des acteurs. Dans ce scénario, chacun continue à
poursuivre ses objectifs propres sans vision commune, ni coordination. Il ne répond pas à la finalité de la
démarche visant à construire une gouvernance partagée.
Dans cette vision, les collectivités territoriales développent leurs politiques sur les territoires en partenariat
avec le mouvement sportif. L’État est recentré sur des missions qui ne peuvent pas être déléguées
(certification, habilitation, réglementation, contrôle).
Ce scénario, qui rappelle le modèle italien, a été repoussé par tous les acteurs, y compris le mouvement
sportif.
Le ministère des Sports est maintenu sur les missions régaliennes de réglementation, de sécurité et de
pilotage du haut niveau. Le développement du sport est décentralisé aux collectivités territoriales avec les
régions comme chef de file.
Ce scénario peut être tentant dans un objectif de désengagement de l’État. Certains diront d’ailleurs que,
compte tenu du niveau d’implication des collectivités territoriales dans le sport (13 milliards d’Euros),
l’intervention de l’État à travers celle du ministère des Sports (moins de 800 millions d’Euros) n’est à pas
à la hauteur des enjeux.
Pour toutes ces raisons, une observation et une stratégie partagées sont nécessaires. Dans cet élan collectif
où chaque acteur souhaite que les Jeux soient partagés sur tout le territoire et laissent un héritage, un
scénario visant à supprimer l’intervention des collectivités territoriales en faveur de la haute performance
et du haut niveau n’aurait pas de sens, tout comme celui de supprimer celle de l’État en matière de
développement des pratiques.
Ainsi, le 15 mai 2018, le comité de pilotage a fait le choix du scénario 4 après les premiers travaux de
concertation avec les acteurs. « 3 scénarios ont été repoussés : le scénario de la continuité, le scénario
du transfert de l’organisation du sport au mouvement sportif et le scénario de la décentralisation du
développement du sport aux collectivités territoriales. Le comité de pilotage a retenu le scénario de la
gouvernance partagée à responsabilités réparties et a affirmé le souhait de créer au niveau national et au
niveau territorial des structures collégiales de concertation et de décision. »5
Avant la décentralisation, le sport en France s’est construit sur une organisation verticale basée sur la
tutelle de l’État sur les communes. L’organisation était simple. La pratique se limitait à la compétition
sportive dans les clubs et à l’éducation physique à l’école. Les financements étaient essentiellement publics.
Des années 80 jusqu’à la première décennie du 21ème siècle, l’organisation du sport s’est complexifiée
en raison notamment de la création de collectivités territoriales de plein exercice, du renforcement de
l’intercommunalité, de l’apparition d’opérateurs privés qui ont accompagné le phénomène de massification
et de diversification de la pratique sportive.
Durant ces trois décennies, les acteurs du sport sont entrés dans un processus de contractualisation tous
azimuts. Le club contractualise avec la commune, l’intercommunalité, le département, la région, l’État
et parfois plusieurs fois avec la même collectivité sur des politiques différentes. Quant aux collectivités
territoriales, la règle est devenue le co–financement des projets, ce qui a pour conséquence de ralentir les
initiatives et de compliquer des démarches déjà lourdes.
Le constat partagé a mis en exergue la complexité du modèle actuel, le manque de lisibilité des politiques
sportives et des missions respectives des différents acteurs, le manque de cohérence entre les décisions,
l’absence de concertation entre les acteurs pour gérer une compétence partagée, un saupoudrage de
moyens, une difficulté à s’adapter à l’évolution de la demande sociale. En conséquence, les clubs font face
à de multiples financeurs peu coordonnés entre eux, et les communes et structures intercommunales qui
mettent en place des projets sportifs locaux ont des difficultés à identifier et à coordonner les divers types
d’intervenants.
Les objectifs de maîtrise des dépenses publiques et la réforme territoriale signent la fin d’un modèle de
conduite de politiques publiques fondée sur la hiérarchie contractuelle et la dépendance publique.
Les réformes territoriales (loi MAPTAM - loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique
territoriale et d’affirmation des métropoles -, loi relative à la délimitation des régions et loi NOTRe - loi
du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la république -) ne sont pas qu’un simple
changement d’échelle, un territoire urbain « en plus grand », elles induisent véritablement un changement
de gouvernance, une nouvelle manière de conduire les politiques publiques.
La gouvernance du sport est au cœur de ce processus de transformation dans un secteur où les collectivités
territoriales sont les premiers financeurs du sport en France.
La France est avant-dernière selon l’OCDE pour le taux de pratique des 11-15 ans.
Ni les performances sportives, ni les performances sociales de notre modèle d’organisation ne sont à la
hauteur des ambitions fixées à notre pays.
6. Source étude Esteban sept 2017 (Etude de santé sur l’environnement, la bio surveillance, l’activité physique et la nutrition)
7. Source Eurobaromètre
Pour changer de modèle, chacun devra évoluer autour d’une vision commune.
L’évolution de la gouvernance suppose d’abord la définition d’un projet global à porter ensemble et
durablement.
Pour autant, que ce soit en termes de pratique sportive ou de résultats aux JOP, il est moins efficace et
efficient que d’autres modèles européens.
Source CNOSF
Les motivations sont très diverses, la réponse par une pratique licenciée n’est pas suffisante, d’autant plus
que le numérique encourage une autre forme de pratique.
Le modèle a été créé dans un contexte où la finalité du sport était la compétition et l’éducation.
La complexité de la réponse aux demandes sociales découle de la grande variété des motivations. Il est
toutefois possible d’en analyser les grandes tendances.
La première, et la plus connue, est une logique compétitive où le pratiquant recherche une pratique dite
« traditionnelle ». L’ambition est d’apprendre la logique interne d’une discipline. Le pratiquant est motivé
par une démarche de confrontation à lui-même et aux autres, dans un milieu normé. Cette pratique se
déroule essentiellement au sein du monde fédéral. On relève toutefois une tendance lourde à une forme
de pratiques sportives compétitives individuelles ou communautaires où les pratiquants cherchent la
performance, le dépassement à travers des épreuves comme la course sur route, les cyclo sportives, les
triathlons, le trail, les raids…
A l’inverse, d’autres pratiquants cherchent une pratique adaptée à leurs besoins : pratique de loisir ou
individuelle « à la demande ». Le temps, comme le lieu de pratique n’est pas normé. L’idée première ici n’est
pas le respect d’un code ou d’une règle ; la pratique est souhaitée libre et repose avant tout sur le plaisir.
Ces nouvelles formes de pratiques sportives s’organisent également grâce aux applications numériques.8
Dans d’autres logiques de pratiques, la place du corps est essentielle. L’activité physique devient le moyen
de (se) plaire, c’est un moyen de se transformer, de rechercher un positionnement social.
Le sport-santé ou la pratique d’activité physique et sportive pour les personnes âgées concernent et
concerneront de plus en plus de personnes, avec la « Silver génération » du babyboom.
Parfois, l’usage de matériaux spécifiques peut permettre d’améliorer la pratique. C’est le cas des
personnes en situation de handicap (prothèses) ou de pratiquants qui cherchent à réinventer les pratiques
traditionnelles, par l’utilisation d’outils technologiques visant à améliorer la performance, ou à l’aide d’objets
connectés.
Demain, ce sont d’autres logiques qui feront leur apparition et qui obligeront les acteurs du sport à s’adapter.
Pour ne citer que le « e-sport » et sa logique de spectacle via une confrontation planétaire sans déplacement,
comment notre organisation peut-elle prendre en compte l’émergence d’un tel phénomène de société ?
Force est de constater que des évolutions sociétales ont eu lieu sans que les institutions responsables
de l’organisation du sport en France ne les aient prises en compte, handicapées par une relation quasi-
exclusive avec le milieu fédéral dont elles n’ont pas stimulé l’évolution.
Toutefois la pratique sportive licenciée ne recouvre pas la totalité de la pratique sportive. Le mouvement
sportif en est totalement conscient et considère que « l’offre de pratique fédérale traditionnelle basée
sur la licence annuelle et orientée vers la compétition ne répond plus à l’ensemble des demandes des
pratiquants ».9
Face à ces évolutions, le mouvement sportif propose de positionner la fédération comme distributeur
d’offres de pratiques sportives en « valorisant et diversifiant ses offres fédérales autour de différentes
formes (e-sport, sport-santé, sport en entreprise, autres pratiques innovantes) et modalités de pratique
complémentaires de la pratique fédérale traditionnelle (titres de participation, prestations…) », en devenant
le relais et le référencement des offres de pratiques des opérateurs privés « partenaires ».10
En 1967 (Insee), 12,9 % des Français avaient une pratique sportive régulière, 15,1 % une pratique
irrégulière.
9. Note du mouvement sportif Groupe de travail interne composé de fédérations Sous-thématique n° 3 – marchandisation : quelle place pour les fédérations
et les clubs, pour les collectivités, pour le secteur privé ?
10. Idem note 8
En 2010, près de 65 % des personnes âgées de 15 ans et plus et résidant en France, ont pratiqué de
manière soutenue une activité physique ou sportive (hors éducation physique et scolaire) lors des douze
derniers mois (enquête pratique physique et sportive 2010, CNDS, direction des sports, INSEP, MEOS).
Fin 2016, cette tendance se confirme avec près de 6 Français sur 10 déclarant pratiquer une activité
sportive au moins une fois par semaine, 77 % une activité hebdomadaire ou moins fréquente (Octobre
2017, enquête Harris interactive Cetelem).
Cette évolution montre que 2/3 des Français ont une pratique régulière, et qu’un quart environ pratique en
club.
L’un des enjeux majeurs de la rénovation de la gouvernance sera de prendre en compte de nouveaux
acteurs, de nouvelles pratiques et de nouvelles organisations et technologies dans un écosystème complexe
plus ouvert que jamais où tout est connecté.
11. « Vers une ubérisation du modèle sportif ? » Acteurs du sport Novembre 2015 Patrick Bayeux, Alain Loret
12. « Vers une ubérisation du modèle sportif ? » Acteurs du sport Novembre 2015.
Cette évolution constitue également une opportunité pour repenser les politiques publiques sportives visant
à élever le nombre de pratiquants.
Pour répondre à ces attentes, il est nécessaire de modifier l’organisation actuelle pour que celle-ci soit plus
ouverte au monde présent, plus agile dans l’accompagnement des tendances et, enfin, plus perméable
dans la prise en compte de ce qui émerge.
Le sport, c’est aujourd’hui 38 millions de pratiquants dont la majorité n’est pas licenciée au sein d’un club.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le sport et l’activité sportive sont bénéfiques à tous les
âges de la vie. Le sport d’entreprise présente des bénéfices pour l’entreprise et pour ses salariés13 : moins
6 % de taux d’absence et une motivation renforcée… De plus, le sport contribue tout particulièrement à
l’émancipation des femmes. Par le respect des règles et par le goût de l’effort qu’il inculque, il constitue un
outil de remédiation, d’éducation et d’émancipation sociale de premier ordre.
La forte tutelle de l’État se justifiait à une époque où obtenir de meilleures performances constituait l’objectif
princeps de l’organisation sportive qui reposait principalement sur les fédérations encore faiblement
organisées. Or, aujourd’hui, la prépondérance de l’État n’est plus justifiée, et doit évoluer pour promouvoir,
avec l’ensemble des autres acteurs, un bien commun qui reste financé en majorité par les ménages et les
collectivités locales.
Au fil de la démarche, les acteurs ont pris conscience de leur responsabilité pour définir une vision fondatrice
d’une nouvelle gouvernance.
La relation originelle et très peu modifiée entre l’État et le mouvement sportif a troublé la perception des
évolutions sociales.
13. Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 10 au 12 octobre 2017 commanditée par le CNOSF et le Medef, avec le soutien financier d’AG2R
La Mondiale.
C’est l’évidence d’une nouvelle vision imposée par la transformation de la société et des exigences
renouvelées qui rend aujourd’hui indispensable l’évolution de notre modèle.
La pluralité des pratiques sportives, la place importante des bénévoles, son aptitude à « faire société », la part
importante de financement des ménages, imposent le sport comme un bien commun dans son acception
moderne : « Le bien commun vise l’épanouissement intégral des personnes et des groupes qui constituent
la société : si le politique en est le responsable ultime, chacun en est responsable à son niveau et on ne peut
espérer progresser vers lui que si les corps intermédiaires peuvent vraiment tenir leur place. »14
Un bien commun est un bien partagé, construit de générations en générations, transmissible et évolutif.
Tout comme la culture et la musique, habituellement considérées comme des biens communs, le sport
appartient au patrimoine immatériel d’un pays ou d’un territoire. Un bien commun est aussi un bien d’utilité
sociale ; les apports sociaux du sport sont à cet égard désormais reconnus. Enfin, un bien commun, c’est,
dans une société moderne, un bien qui doit pouvoir être disponible pour tous et partout. Pour reprendre
l’affirmation de Laura Flessel « chacun doit pouvoir accéder au sport tout au long de sa vie ».
L’enjeu d’une nouvelle organisation, consiste donc à trouver la juste place de chacun, y compris des
pratiquants pour contribuer à la prospérité de ce bien commun.
L’article L100-1 du code du sport pourrait être ainsi révisé pour correspondre à la vision du Conseil de l’Europe.
« On entend par « sport » toutes formes d’activités physiques qui, à travers une participation organisée ou
non, ont pour objectif l’expression ou l’amélioration de la condition physique et psychique, le développement
des relations sociales ou l’obtention de résultats en compétition de tous niveaux.15 L’égal accès des hommes
et des femmes aux activités sportives, sous toutes leurs formes, est d’intérêt général. »
14. Jean-Yves Naudet, professeur émérite d’économie à la Faculté de Droit et de Sciences politiques de l’Université d’Aix-Marseille
15. Charte européenne du sport [Link]
Les politiques publiques sportives sont multiples, impulsées par l’État et par les collectivités.
Les opérateurs se sont diversifiés et l’outil numérique accroît la liberté des pratiquants qui néanmoins, pour
s’autonomiser, ont besoin d’un encadrement, à certaines périodes de leur vie.
L’État, dans ce cadre, ne peut plus être seul « maître à bord » dans une relation tutélaire avec un
mouvement sportif qui n’est plus le seul opérateur des politiques sportives, et qui revendique sa part dans
la détermination des objectifs collectifs. L’enjeu d’une nouvelle gouvernance repose sur la capacité d’un
système à fédérer les divers acteurs de l’éco-système du sport pour construire ensemble l’intérêt général
plutôt que celui-ci soit décidé par un acteur prépondérant.
Cette approche constitue un enjeu important pour le mouvement sportif car elle renvoie à la nécessité, en
contrepartie de son autonomisation vis-à-vis de l’État, de développer une plus forte responsabilisation, en
particulier sur les questions de l’éthique sportive.
L’enjeu de la nouvelle gouvernance sera donc de stimuler le développement d’une offre de pratiques pour
répondre à ces aspirations diverses et toutes aussi légitimes. Dans cette perspective, un cadre réglementaire
assoupli devra donner sa chance à chaque « offreur » potentiel d’activités afin que les pratiquants aient le
maximum de chances de trouver une solution adaptée à leurs besoins.
Cette évolution, si elle advient, sera constitutive d’une belle part de l’héritage des Jeux. C’est à l’État d’en
être le garant, sans pour autant, en être l’unique organisateur ou l’unique prescripteur.
Son rôle sera en particulier d’offrir, avec le Parlement, un cadre législatif et réglementaire adéquat.
Le bloc communal a été le principal financeur du sport, facteur de développement local et de cohésion
sociale. Les départements et les régions sont intervenus en complément à des fins d’aménagement du
territoire ou de rayonnement local s’agissant des événements sportifs, du sport professionnel ou de haut
niveau par exemple.
Aujourd’hui, alors que les premières générations d’équipements sont vieillissantes et que de nouvelles
aspirations émergent, il est temps de mieux coordonner les interventions.
S’agissant de l’État, dans les années 60, celui-ci a financé un mouvement fédéral tourné vers la compétition.
Les années 80 ont été marquées par la reconnaissance et le financement du sport à l’école jusqu’à
l’université.
Aujourd’hui, le maintien de l’effort en faveur du sport de haut niveau et du sport scolaire n’est pas contesté,
et son accroissement, en matière de haute performance, apparaît indispensable pour doubler le nombre de
médailles, même s’il conviendra de rechercher une efficience accrue des moyens.
Ce qui pose question, dans cette vision d’un sport, comme bien commun, c’est la place du financement
de l’État. Au-delà du sport de haut niveau et du sport scolaire, y-a-t-il une légitimité pour des financements
d’État dans le cadre d’une consommation d’offre sportive « éclatée » ? L’État doit-il financer le bien
commun sportif comme il finance le bien culturel ? Nous faisons l’hypothèse qu’une réponse positive est à
calibrer autour d’un principe de subsidiarité selon lequel l’État des JOP 2024 devrait appuyer les pratiques
émergentes (sport-santé par exemple) ou s’attacher au redressement des inégalités d’accès à la pratique
sportive dans un nouveau contrat à trouver avec l’ensemble des acteurs de la nouvelle gouvernance, et avec
les ménages.
C’est donc un contrat politique qui se dessine autour de la question du financement du sport par l’État. Le
chantier de rénovation de la gouvernance du sport devra tracer une nouvelle forme de positionnement de la
puissance publique dans une société plus mature, plus autonome et plus responsable.
L’excellence olympique et paralympique de Paris 2024 repose sur notre capacité à s’organiser pour que nos
athlètes olympiques et paralympiques soient au rendez-vous de la performance sportive, et pour diffuser sur
tout le territoire un engouement pour la pratique du sport pour tous et partout.
Cette double performance sportive et sociale nécessiterait de créer les conditions d’une co-construction
avec les collectivités territoriales, principaux financeurs du sport, le mouvement sportif, les entreprises
impliquées en matière de haute performance et de développement des pratiques, ainsi que les usagers
eux-mêmes.
En matière de haute performance et de haut niveau, l’enjeu consisterait à mettre en œuvre les préconisations
du rapport de Claude Onesta16 pour renforcer le suivi et l’accompagnement des sportifs potentiellement
« médaillables ». Notre pays doit compenser son retard en matière de recherche et d’innovation dans la
haute performance sportive. Notre organisation doit aussi devenir plus performante pour attirer les meilleurs
entraîneurs, offrir à nos sportifs des conditions d’entraînement optimum et mieux détecter les potentiels
notamment dans la perspective des Jeux Paralympiques… Notre organisation devrait faire des choix
assumés quant au soutien financier aux disciplines olympiques et paralympiques. Elle devrait s’appuyer
à cet effet sur un centre de données à créer. Elle financerait à titre principal les fédérations, mais aussi
des services mutualisés utiles à la performance ou des organismes de recherche basés ou non à l’INSEP.
L’INSEP, ainsi challengé, resterait centré sur l’accompagnement opérationnel aux sportifs, le développement
du réseau grand INSEP pour animer et dynamiser les CREPS, la recherche appliquée et la formation. Les
CREPS, mieux inscrits dans leur éco-système régional, devraient développer des projets dynamiques
conformément à l’accord signé à Chambord « Protocole d’accord pour une gouvernance régionale du sport
de haut niveau »17. Les équipes des CREPS devraient être accompagnées à cet effet dans le cadre d’un
projet impulsé par l’INSEP.
En matière de développement de la pratique, le soutien à la structuration des fédérations, d’une part, et aux
réseaux socio-sportifs émergents, d’autre part, ne fait pas débat car ils sont indispensables pour impulser
des projets sportifs locaux. Dans une logique de subsidiarité territoriale, il serait nécessaire de mener
des actions de correction des inégalités. Il semble également indispensable de soutenir, dans un cadre
concerté, les nouvelles dynamiques liées au sport : le sport-santé, le sport d’entreprise, le sport comme
vecteur de remédiation sociale ou la lutte contre les discriminations dans le sport...
Une agence unique permettrait aux parties prenantes de construire un corpus commun de connaissances
afin que chacun se positionne là où il paraît le plus utile. Cette agence, qui pourrait afficher le principe de
subsidiarité territoriale et financière dans sa convention constitutive, viserait donc en premier lieu l’efficience
de l’action publique et privée en matière sportive. Elle devrait induire une répartition des financements.
Son cadre juridique serait plutôt celui d’un Groupement d’Intérêt Public (GIP) dans la mesure où la finalité
des GIP est de fédérer des énergies dans un but commun au service duquel chacun devra œuvrer.
Le cadre des établissements publics administratifs sous tutelle de l’État visant à associer divers avis à la
décision de la puissance publique ne se prête pas à l’ambition affirmée ici.
Le groupement comprendrait des collèges qui désigneraient en leur sein leurs représentants au Conseil
d’administration. La vitalité de chaque collège serait l’une des conditions de réussite de la démarche. Les
conditions de constitution des collèges seraient donc des défis importants qui restent à relever.
16. Claude ONESTA / Janvier 2018 / Rapport de la mission d’étude pour la haute performance sportive
17. Protocole signé le 27 septembre 2017
Enfin, l’agence unique devrait permettre la conciliation de deux temporalités : celle de la co-construction
nécessaire à la coordination des politiques et stratégies de développement, et celle de la réactivité et de
l’agilité nécessaires à la haute performance.
A cet égard, il faut rappeler que la haute performance s’apparente à de la « haute couture ». Les décisions
doivent non seulement être rapides et inventives, mais aussi indépendantes des intérêts et influences
externes divergentes afin de garantir leur cohérence stratégique et tactique dans la durée. Pour garantir cette
agilité et cette indépendance, il serait nécessaire de prévoir l’octroi par la convention constitutive du GIP, ou
le cas échéant par décret, des prérogatives propres à la personne en charge de la haute performance au
sein du GIP18. Celle-ci devrait « incarner » à proprement parler la haute performance par sa légitimité ainsi
que par son autorité sportive et morale. C’est à cette condition que l’agence unique pourrait se montrer à la
hauteur du double défi qui lui est assigné.
Tout comme l’affirmation d’une compétence forte en matière de haute performance sportive, l’agence
devrait afficher et bâtir un corpus de connaissance partagé en matière de développement des pratiques. A
cet effet, un comité d’orientation devrait permettre la représentation des usagers et des sportifs de façon à
ce que cette structure reste tournée vers l’efficacité de l’action publique et la satisfaction de l’intérêt général.
Des scientifiques et experts pourraient y être associés.
18. Par exemple, avis concernant les attributions de contrats de préparation olympique ou des bourses pour les athlètes
Cette conférence régionale serait le lieu privilégié de concertation et d’expression de l’ensemble des
acteurs du domaine du sport, y compris des représentants des usagers. Elle aurait pour mission de faire
des propositions et d’émettre des avis à l’attention des financeurs sur l’élaboration, la mise en œuvre et
l’évaluation du projet sportif territorial.
En outre, une « conférence des financeurs » pourrait être expérimentée, voire créée par la loi, pour réunir l’État,
le mouvement sportif, les collectivités (région, départements, intercommunalités, communes), le monde
économique, et définir sur la base du projet sportif territorial un programme coordonné de financement.
Ainsi, par territoires, la conférence des financeurs pourrait constituer « un guichet unique » pour les acteurs
du sport, chaque financeur intervenant sur sa priorité tout en construisant des réponses plus lisibles et plus
cohérentes pour les bénéficiaires.
Les collectivités n’ont pas souhaité répartir des compétences entre elles, ni désigner de chef de file, tant la
situation sur les territoires est hétérogène. Elles considèrent que les élus locaux et les acteurs du sport sont
suffisamment responsables pour définir à l’échelle de chaque territoire qui porte quelle politique, ce qui
revient à discuter, par territoire, de la spécialisation « à la carte » des différents acteurs (voir chapitre 5-2).
La contractualisation pourrait se faire sur la base du projet sportif territorial qui comprendrait a minima 4
grandes politiques publiques. Elle permettrait de garantir une pluriannualité des engagements et le respect
de la volonté de chaque partenaire.
Il va de soi que les acteurs pourraient aller plus loin avec des schémas plus spécifiques sur les événements
sportifs, l’emploi, les piscines, le nautisme, l’accès aux pratiques sportives dans les QPV, en milieu rural…
Le projet sportif territorial ainsi conçu serait présenté à l’agence nationale qui aurait vocation à le financer
au titre de la performance sportive et au titre du développement de la pratique sportive dans le cadre de
ses priorités.
Ce mécanisme mettrait fin au système des appels à projets, et instaurerait dans une logique « bottom-up »
par une coordination des financeurs, un guichet unique pour les opérateurs du sport.
4 Quatrième partie :
un cadre facilitateur
La question de la diversité des acteurs et des attentes sociales a curieusement été assez peu traitée au
cours des rapports précédents sur l’évolution de la gouvernance du sport.19 Le sport est pourtant l’une des
premières pratiques sociales concernée par « l’ubérisation » des pratiques.
Face à ce mouvement, les règles régissant le sport, par exemple en matière de formation, n’ont pas
nécessairement été adaptées limitant ainsi la possibilité que le mouvement sportif se diversifie face aux
attentes « d’une clientèle » en demande d’individualisation des pratiques20. Le mouvement sportif lui-
même ne s’est pas nécessairement emparé de ces évolutions, en positionnant par exemple le club comme
« prestataire » répondant à la demande sociale.
Dans le même temps, de nouveaux acteurs, socio-sportifs mais aussi commerciaux, n’étaient soit pas assez
reconnus au regard de leur plus-value sociale, ou bien trop peu encadrés au regard des risques liés aux pratiques.
La montée du numérique a conforté l’individualisme des pratiquants, ce qui n’est pas sans risque si l’on regarde
par exemple la prise de produits associée à certains sports, comme la musculation, premier sport chez les jeunes.
Devant ces évolutions, les collectivités sont en demande de visibilité pour proposer la meilleure offre à
leurs publics, d’autant qu’elles ont de moins en moins de capacité à financer l’emploi sportif direct. Elles
souhaitent pouvoir articuler dans des projets sportifs de territoires, formels ou informels, les diverses offres
sportives de types affinitaires ou fédérales, de nature socio-sportives, et mêmes commerciales.
Le club devrait pouvoir devenir « prestataire » pour développer et faire valoir sans entrave ses atouts d’utilité
sociale, les réseaux socio-sportifs seraient reconnus tout comme le secteur commercial. Le consommateur
et les collectivités enfin seraient mieux éclairés sur les plus-values respectives de chaque type de
pratique dans le cadre de gouvernances ad hoc. Enfin, les formations ouvrant droit à encadrement contre
rémunération seraient reformatées pour s’adapter à une demande dont il faut admettre qu’elle restera
durablement en constante évolution.
Après avoir fait des propositions visant à faciliter l’intervention des opérateurs que sont les clubs, les acteurs
socio-sportifs et le secteur commercial (1), des propositions de gouvernance spécifiques visant à rendre
plus efficace l’intervention des acteurs seront faites pour la conduite des politiques éducatives sportives,
le sport dans les QPV et les territoires ruraux ainsi que le sport santé (2). Enfin, sera traitée l’évolution du
dispositif de formation (3).
Les acteurs socio-sportifs seront reconnus, tout comme les compétences « socio-sportives » (2).
L’intervention du secteur commercial sera mieux considérée (3).
Des évolutions normatives qui ont fait consensus pendant la concertation sont proposées à cet effet sur
chacun des points précités.
4.1.1 Un club sportif mieux valorisé dans les territoires et incité à devenir
« prestataire »
Le club sportif est un partenaire historique des politiques publiques locales. Une relation étroite s’est
construite entre les clubs et les communes (aujourd’hui les intercommunalités) depuis une cinquantaine
d’années. En effet, la majorité des clubs sportifs est en relation contractuelle avec les communes pour
la mise à disposition d’équipements, pour le soutien financier à leur projet associatif, pour l’organisation
d’évènements…
L’action du club pourrait être mieux valorisée, tout comme celle des collectivités, en mettant systématiquement
en exergue, d’une part, le poids du bénévolat dans le modèle économique du club et, d’autre part, le coût
pour la collectivité des équipements mis à disposition. Ceci permettrait de mieux considérer les efforts
fournis de part et d’autre par les acteurs et de réellement mesurer l’impact du club sur les territoires tout
comme les moyens accordés au développement de la pratique.
En outre, le club sportif pour mieux répondre à l’évolution de la demande sociale pourrait se positionner
comme un « prestataire » attentif aux demandes des publics et des territoires. C’est déjà le cas pour
certaines fédérations très investies en matière de sport-santé, de tourisme sportif, ou de sport pour les
personnes âgées…
Un premier pas en faveur de l’émergence d’un club prestataire a été franchi avec l’adoption de l’article
L131-3 du code du sport21 qui permet aux fédérations d’accueillir des structures commerciales. Toutefois,
cette possibilité reste peu utilisée : l’affiliation d’une structure non associative ne vaut pas agrément pour
celle-ci, contrairement aux structures associatives. En tout état de cause, les structures commerciales ne
peuvent être aidées par l’État que dans le respect des règles de l’Union Européenne limitant et encadrant
les aides d’État afin de favoriser la libre concurrence.
Il semble donc en particulier indispensable de lever les obstacles législatifs pour autoriser un statut de
société coopérative d’intérêt collectif tant pour le statut des fédérations que pour leurs projets de prestations
ou celui des clubs afin que les fédérations et associations sportives qui le souhaitent accèdent à un
nouveau modèle économique leur permettant de développer des ressources nouvelles. Cette perspective22
a fait consensus pendant la démarche, tout comme le souhait d’un accompagnement par le CNOSF qui en
fait la proposition.
Les principales raisons pouvant pousser à une évolution en structure coopérative sont les suivantes : un
projet fédéral fort et un projet commercial affirmé au service d’une mission d’intérêt collectif, une volonté
d’impliquer les salariés et les usagers pour légitimer la direction et la capacité entrepreneuriale, une volonté
21. Evolution issue de la loi Lamour n° 2003-708 du 1er août 2003. La loi du 15 décembre 2004 permet d’intégrer les sociétés sportives (SASP, EUSRL,
SEMSL), puis celle de 2012 permet d’intégrer toutes les sociétés
22. Le rapport de Bernard Amsalem au Conseil national du sport en janvier 2017 a posé les bases de cette évolution
Cette forme d’organisation peut apporter une réponse au renouvellement du modèle économique des clubs
et des fédérations sportives en permettant le développement de nouvelles activités, quelquefois investies
par des acteurs privés à but lucratif, apportant des ressources commerciales qui peuvent être mises à profit
du développement de l’activité sportive au bénéfice de tous.
Une SCIC est une société coopérative constituée sous forme de SARL, SAS ou SA à capital variable régie
par le code de commerce. Elle a pour objet la production ou la fourniture de biens ou de services d’intérêt
collectif qui présentent un caractère d’utilité sociale. La SCIC peut concerner tous les secteurs d’activités, dès
lors que l’intérêt collectif se justifie par un projet de territoire ou de filière d’activité impliquant un sociétariat
hétérogène, le respect des règles coopératives (une personne = une voix), et la gestion désintéressée
prévoyant le réinvestissement des excédents dans l’activité.
Doivent être associés d’une SCIC : des producteurs de biens ou de services (salariés, cadres), des
bénéficiaires des biens et services proposés par la coopérative (clients, fournisseurs, habitants ...), et
d’autres types d’associés, personnes physiques ou morales de droit privé ou de droit public, contribuant à
l’activité de la coopérative (par exemple : des sociétés, des associations, des artisans, des bénévoles, des
agriculteurs, des collectivités territoriales,...).
La SCIC paraît par conséquent parfaitement adaptée à la conception et à la diffusion de produits sportifs
d’intérêt général. Pour que le concept progresse, il reste néanmoins à sécuriser, au regard du droit de
l’Union européenne, la possibilité d’octroi d’aides publiques. En s’appuyant sur la notion d’activité sportive
en tant que bien social, la notion de Service Economique d’Intérêt Général (SIEG) 23 pourrait être creusée.
La reconnaissance de ce statut, qui permet d’assurer la compatibilité des aides publiques avec le droit
de l’Union Européenne au-delà des seuils généraux de minimis, est offerte aux entreprises chargées de
la gestion d’un SIEG, en compensation stricte des obligations de service public mises à leur charge. Le
ministère des Sports devra approfondir ce schéma.
Ces obstacles levés, tous les acteurs de concertation ont jugé nécessaire d’inciter les clubs déployant des
« produits sportifs d’intérêt général » à adopter le statut de SCIC.
Le mouvement sportif devra être accompagné dans cette évolution vers l’entreprenariat social en mettant à
disposition les ressources et expertises nécessaires (CNOSF ou État).
Pour tous les bénévoles, la mobilisation du crédit formation dans le compte d’engagement citoyen devrait
être mieux promue.
Pour le bénévole dirigeant, en outre, il sera utile de pouvoir disposer d’un formulaire unique de demande
de subvention de façon à ce que les financeurs s’adaptent aux dynamiques en cours plutôt que l’inverse.
Enfin, pour le bénévole dirigeant, il devient nécessaire de pouvoir vérifier l’honorabilité des éducateurs
sportifs bénévoles. Pour mémoire, cette possibilité n’est pas offerte aujourd’hui en matière sportive alors
qu’elle l’est en matière d’accueil collectif de mineurs. Cette incapacité des dirigeants bénévoles les expose
à des risques pénaux dissuasifs qui doivent pouvoir être évités.
Pouvoir disposer d’un vivier de bénévoles ayant déjà connu des expériences dans le cadre des différents GESI
qui se dérouleront en France d’ici 2024 constituera assurément un atout indéniable dans la perspective du
recrutement de 70 000 volontaires par le COJO pour les Jeux olympiques et Paralympiques de Paris. Dans
cette logique, la création d’un Pass’sport numérisé à l’attention des bénévoles, dirigeants ou non pourrait
être envisagée. Ces mesures permettraient d’encourager l’engagement scolaire, fédéral en faveur des Jeux.
La création d’un certificat du volontariat GESI et son intégration dans le fonctionnement du compte
engagement citoyen (CEC) serait de nature à répondre au double objectif d’améliorer la capacité des
organisateurs à mobiliser des personnels formés (notamment en constituant, sur la base des octrois de
certificats, une base de données des bénévoles partagée entre fédérations) et d’accroître par la suite leur
employabilité dans les métiers de la filière sport.
Ces deux objectifs ont également été identifiés et travaillés dans le cadre de la mission commandée par la
ministre des Sports et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères visant
à déterminer les conditions d’une optimisation des retombées touristiques des GESI organisés en France.
Cette mission a ainsi creusé la piste d’un bénévolat en faveur des événements sportifs s’inscrivant dans le
cadre de la formation initiale et professionnelle continue.
Ces divers éléments pourraient compenser l’abandon de la revendication d’un statut du bénévole qui
semble hors d’atteinte, et qui, dès lors, serait moins justifiée.
Encore majoritairement inéligibles aux crédits de proximité du CNDS, les associations de ce champ sont
capables de véhiculer les valeurs du sport, d’être des passeurs vers le sport fédéral et de s’engager en
matière de remédiation sociale.
Dans le cadre de la nouvelle gouvernance, ces acteurs doivent pouvoir intervenir dans la conception et la
mise en œuvre des projets sportifs de territoire notamment en quartier prioritaire de la politique de la ville
(QPV). Ils peuvent y apporter une connaissance des publics tout en s’inscrivant en amont des clubs sportifs
conférant à la pratique sportive une puissance sociale plus affirmée. Il conviendra donc de rendre possible
leur agrément.
Au-delà, ces acteurs ont développé un corpus de compétences qui associe des compétences en matière
sociale et en matière d’éducation sportive. L’idéal serait qu’un certificat de qualification professionnelle
consacrant ces compétences socio-sportives soit créé. Ce diplôme socio-sportif, sous forme de CQP
vraisemblablement, serait de nature à conférer et à attester pour leur titulaire cette double culture
indispensable à la réussite de projets à forte charge sociale et sportive garantissant que les personnels,
qu’ils soient sociaux, ou sportifs, ne s’épuisent pas dans leur actions de remédiation par le sport ou de
développement des pratiques sportives en QPV.
Ainsi, les professionnels de la forme réclament des diplômes mieux adaptés à leurs spécificités que les
actuels diplômes d’État. Ceux-ci pourront se construire dans le cadre de la nouvelle architecture des
diplômes.
Les dirigeants des salles de remise en forme réclament une clarification concernant la fréquentation de
leurs établissements par des mineurs. Sur ce point, la réglementation actuelle est claire. Pour bénéficier
des prestations d’une salle de fitness privée, associative ou commerciale, une adhésion est nécessaire,
et l’adhésion des mineurs nécessite l’accord des parents. Cette obligation est identique à celle qui pèse
sur les clubs. Toutefois, la norme d’application volontaire pour les salles de remise en forme prévoit que
« le gestionnaire doit porter une vigilance particulière au regard des publics «à risque», notamment pour
les pratiquants reprenant une activité physique et/ou sportive et pour les enfants de moins de 16 ans. ».
C’est vraisemblablement ce qui les retient d’ouvrir leurs établissements à ce public. Par ailleurs, cette même
norme impose pour certains types de salles que « le gestionnaire doit exiger du pratiquant un certificat
médical de non contre-indication à la pratique de l’activité de remise en forme, datant de moins de trois
mois et à renouveler tous les deux ans. ».
Il n’en reste pas moins que la vente de produits devra être régulée. En relation avec la direction générale
de la santé, un colloque des gérants de salle sportive (fitness, remise en forme et musculation) sera
organisé pour prévenir la consommation de produits dopants dans les salles de remise en forme. A terme,
la labellisation des salles de remise en forme pourrait être mise en place.
Ce label récompense les établissements des premier et second degrés ainsi que de l’enseignement
supérieur qui déploient des continuités entre le sport scolaire et le sport fédéral. Ces continuités peuvent
être physiques (ouverture des équipements sportifs scolaires ou universitaires aux clubs), ou bien de l’ordre
du croisement des pratiques (accès des écoliers aux clubs dans le cadre des projets éducatifs territoriaux,
voire articulations sport scolaire - sport fédéral sur le temps de l’UNSS24, …), ou bien constitutives de
dispositifs pour les sportifs de haut niveau de manière à favoriser un projet de vie établi en fonction de leurs
besoins et non en adaptation aux besoins de l’institution scolaire ou universitaire.
Le suivi de ce label, qui sera prochainement étendu à l’enseignement supérieur, s’effectue dans le cadre
d’une gouvernance régionale ad hoc sous co-pilotage des rectorats et des DRJSCS.
Cette coordination locale est doublée d’une coordination nationale au sein du groupe « horizon 2024 »
pilotée par le délégué ministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques placé auprès du ministre de
l’Éducation nationale. Elle associe le CNOSF, le CPSF, l’USEP, l’UNSS, l’UGSEL, les administrations d’État et
le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques (COJO) et assure en outre le suivi d’un programme éducatif
24. Sur ce point, les débats ont mis en évidence la nécessité pour le CNOSF et l’UNSS à s’accorder pour définir une doctrine.
et sportif complet articulé autour de la diffusion des bonnes pratiques, le renforcement du sport scolaire,
l’augmentation du nombre de sections sportives et de classes à horaires aménagés sport, ainsi que de
l’installation de formations aux métiers du sport dans la voie professionnelle.
Ces avancées récentes sont précieuses et doivent être confortées en matière de haut niveau et de
développement pour réussir les ouvertures envisagées par le MEN de 1 000 sections sportives et classes à
horaires aménagés. Or, en pratique, trop souvent, la décision de mise en place d’une section sportive se fait
hors concertation avec les collectivités locales qui au final doivent trouver des solutions pour accueillir les
sections dans les équipements sportifs.
Le principe de ces créations pourrait être traité dans le cadre de la structure régionale de concertation de
façon à créer des synergies entre l’éducation nationale et les collectivités. Pour les collectivités, il est en
effet logique que « toute initiative prise ayant des conséquences sur les collectivités fasse l’objet d’une
concertation avec les collectivités locales ».
En outre, pour améliorer la prise en compte des besoins des sportifs de haut niveau dans le secondaire et
à l’université, une révision des textes successifs sera réalisée dans la perspective d’une mise en cohérence
autour d’un seul objectif : accompagner les jeunes où qu’ils soient et quel que soit leur projet. L’empilement
actuel des textes rend en effet difficilement lisible la volonté ministérielle d’adapter l’enseignement aux
contraintes des SHN.
Pour favoriser la découverte des pratiques, les acteurs de la concertation proposent la mise en place de la
licence passerelle (sur la base de la licence scolaire) permettant de s’initier temporairement à différentes
disciplines sportives. Un licencié scolaire pourra ainsi, sur une durée limitée, aller pratiquer en club sans
avoir besoin de s’acquitter d’une nouvelle licence. Il faut noter que certaines fédérations en accord avec leur
assureur acceptent déjà à titre d’essai des non licenciés pour des séances de découverte.
Cette possibilité pourrait être inscrite dans le cadre de la convention en cours de renouvellement entre
l’Éducation nationale, le ministère des Sports, et le CNOSF.
Les objectifs des propositions font consensus. Les modalités de mise en œuvre devront être affinées.
La nécessaire complémentarité des acteurs fait consensus. Il s’agit de coordonner des fédérations très
performantes (football, boxe, voile, basket…), et des acteurs socio-sportifs capables de véhiculer les valeurs
du sport, d’être passeurs vers le sport fédéral et engagés en matière de remédiation sociale, mais aussi
d’amener des fédérations supplémentaires à investir ces quartiers.
Or, il faut signaler la difficulté à obtenir des financements dans le cadre des contrats de politique de la ville,
le financement du sport étant souvent renvoyé au financement de droit commun notamment parce que les
acteurs du sport ne parviennent pas à mettre en évidence son effet «système» et sa plus-value en faveur du
lien social et de l’émancipation des individus.
Pour être en mesure de modéliser cet apport, les élus aux sports des communes et les acteurs souvent
bénévoles du mouvement sportif et des réseaux socio-sportifs ont besoin de se professionnaliser avec, le
cas échéant, l’appui par redéploiement des personnels des directions départementales de la jeunesse et
des sports.
Sous réserve qu’ils s’organisent à cet effet, il serait nécessaire d’intégrer le sport dans les contrats de ville
à titre obligatoire et non plus facultatif.
25. [Link]
Ce point fait consensus, tout comme la nécessité de mettre en place une gouvernance locale spécifique
pour développer le sport en territoire carencé dans le cadre de la structure régionale de concertation.
L’actuelle mandature entend stabiliser une gouvernance nationale solide du sport-santé, qui aura vocation
à être déclinée au plan régional. A cet effet, une stratégie nationale sport-santé (SNSS) est en cours
de rédaction en lien avec les acteurs divers du mouvement sportif, les mutuelles, les acteurs privés, les
collectivités, les sociétés savantes, les représentants des professionnels concernés, ainsi qu’avec le monde
de la santé.
Elle s’inscrit notamment dans les orientations de la stratégie nationale de santé (adoptée par décret en
décembre 2017) et du plan national de santé publique (adopté le 26 mars 2018). Dans ce cadre, les
ministères des Sports et de la Santé se sont associés pour élaborer une stratégie nationale sport santé.
Cette stratégie commune en cours de construction, devrait être validée à l’occasion du Comité interministériel
de la santé, présidé par le Premier Ministre, au début de l’année 2019.
Elle prévoira une gouvernance territoriale en capacité de promouvoir l’activité physique et sportive pour
toutes et tous, tout au long de la vie.
Signalons que la création d’un observatoire de la santé des pratiquants et la labellisation de 500 maisons
Sport Santé26 seront des marqueurs centraux de cette stratégie. La démarche pour la concrétisation de l’un
et de l’autre devra aboutir en 2019.
Les formations à l’encadrement sportif, même de niveau IV, et bien que souvent prises en charge (dispositifs
de la formation professionnelle, Pôle emploi, aides des Conseils régionaux), sont coûteuses (entre 5 et
7 000 euros), et le nombre très important d’activités dont l’encadrement est réglementé27, peut être cause
d’une fragmentation, voire un obstacle à l’emploi sportif et à la mobilité professionnelle. Ce frein persiste
malgré l’existence de « passerelles » notamment vers des diplômes délivrés par le ministère des Sports, et
la cessation, en 1992, du monopole de l’État en matière de qualification dans le champ des professions
« réglementées ». En outre, le dispositif global n’est plus suffisamment lisible.
27. Il s’agit de disciplines qui ne peuvent être enseignées contre rémunération qu’en possession d’un diplôme inscrit au code du sport qui comporte 1037
diplômes.
Pour favoriser l’emploi et construire des trajectoires ou parcours individuels, il sera donc nécessaire, d’une
part, de revoir l’architecture des formations et, d’autre part, de réviser la réglementation pour limiter le
nombre des professions réglementées28 en fonction des besoins objectivés liés à la sécurité des pratiquants.
Il s’agit de faire prévaloir un principe de proportionnalité réglementaire.
La réforme devra dissocier le cadre réglementaire relatif à l’encadrement des pratiques, du dispositif de
formation nécessaire pour le développement économique du secteur.
Les diplômes d’État devront également être mieux articulés avec ceux délivrés par les autres certificateurs
(branches professionnelles, fédérations) et les qualifications devront s’organiser dans une logique de
complémentarité.
Après validation par la Commission Professionnelle Consultative (CPC) des métiers du sport et de l’animation,
les qualifications qui se révéleraient utiles au développement du sport mais sans nécessité liée à la
réglementation relèveraient du droit commun et donc de la possibilité d’enregistrement au registre national
des certifications professionnelles (RNCP) par les porteurs, notamment les branches professionnelles (CQP)
et les fédérations (TFP).
Enfin, devraient être favorisés les parcours à l’intérieur d’une filière sport « élargie »29, dont les STAPS, en
engageant un travail approfondi sur la notion de bloc de compétences.
Cette évolution, associée à des avancées récentes, comme la création de dispositifs de sécurisation des
groupements d’employeurs ou la prochaine reconnaissance du statut de tuteur de l’apprentissage pour un
bénévole devrait être de nature à stimuler l’emploi sportif qui ne devrait plus se concevoir exclusivement
autour de l’encadrement des pratiques.
Afin de favoriser les mobilités des professionnels au sein de la filière sport, les formations reconnues par les
acteurs économiques que sont les fédérations ou les branches pourront offrir des qualifications comprenant,
outre des compétences d’encadrement, des compétences offrant des perspectives professionnelles élargies
à l’événementiel sportif, au management, et au développement,... Aujourd’hui, en effet, les associations, et
bien sûr les entreprises, ont besoin de compétences professionnelles larges.
Cette évolution de l’architecture des formations est centrale pour un développement sans entrave de
la filière du sport qui devra développer l’hybridation des métiers, et les coopérations entre les branches
professionnelles dans le cadre par exemple de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences
(GPEC) de territoire.
Il est marqué :
-- par la saisonnalité, le temps partiel, voire très partiel, les CDD, un taux de rotation élevé ;
-- une forte dépendance aux financements publics ;
-- une part importante des fonctions d’animation et d’encadrement (60 % des professionnels assurent
des missions d’animation ou d’encadrement sportif30) ;
-- des évolutions tendancielles : vieillissement des professionnels de l’encadrement, difficulté à
renouveler les dirigeants bénévoles employeurs ;
-- une hybridation des métiers et formes d’emplois et des compétences croisées nécessaires pour
répondre aux nouvelles formes de pratiques.
Les difficultés de pérennisation des emplois sont élevées, et la diminution du nombre des emplois aidés
pose avec acuité la question de la professionnalisation et du modèle économique des clubs sportifs.
La concertation a mis en évidence plusieurs pistes d’évolution et notamment la nécessité de s’appuyer sur
des structures de plus grande taille. Des groupements d’employeurs multi-disciplinaires comme « Profession
Sport » existent. Ils doivent être valorisés et mieux utilisés. L’évolution des modèles économiques vers la
prise en compte de nouvelles pratiques et en conséquence un recentrage des aides à l’emploi vers des
postes de développeurs et non d’emplois de face-à-face pédagogique en sont une autre.
La construction d’un projet global en réponse aux besoins des territoires avec l’évolution vers un modèle
intégrant une démarche d’accompagnement renforcé (agent de développement) s’avère nécessaire.
En outre un accompagnement de la fonction employeur ainsi qu’un parcours sécurisé du professionnel
(nouvelle loi sur la formation professionnelle) seront un gage de pérennisation des emplois.
La concertation a permis de dégager des lignes de force solides qu’il sera nécessaire d’affermir dans la loi
« Sport et Société », comme dans le cadre des travaux relatifs à la réorganisation de l’État.
Le mouvement sportif a montré une détermination à évoluer pour devenir plus autonome et responsable
(1). Les collectivités reconnues dans la gouvernance du sport comme un acteur essentiel souhaitent
mieux se coordonner et évoluer vers une spécialisation « à la carte » de leurs interventions (2). Le monde
économique, longtemps resté peu visible en matière sportive cantonné à des actions de mécénat ou de
sponsoring, souhaite être partie prenante de cette nouvelle gouvernance (3). Quant à l’État, son périmètre
d’intervention et son administration sont appelés à se transformer (4).
L’élection des présidents de fédérations par les clubs inscrite au programme du Président de la République,
mais également la fin de la tutelle de l’État compensée par un contrôle de l’éthique des fédérations par le
Comité national olympique et sportif français (CNOSF), ou encore leur notation externe par des agences
indépendantes ainsi que le préconise le Conseil de l’Europe, pourraient constituer les fondements d’un
nouvel équilibre constitutif d’une opportunité, autant que d’un défi.
S’agissant de la délégation, un consensus s’est manifesté en faveur de son maintien. Elle offre en effet
un actif immatériel incontestable aux fédérations, et constitue un facteur de sécurité des environnements
de pratique pour l’État. La délégation, délivrée pour une Olympiade, est attribuée aux fédérations agréées
pour exercer des prérogatives de puissance publique31 : pouvoir normatif, délivrance de titre pour les
championnats nationaux, pouvoir de subdélégation à une ligue professionnelle, sécurité des environnements
de pratiques…
Certaines fédérations affinitaires demandent que l’État les protège de la concurrence du secteur commercial
en leur conférant une « délégation de nature sociétale » en raison de leur apport au bien-être collectif.
Or, dans une économie ouverte et concurrentielle, ce n’est pas envisageable. En effet tous les acteurs
publics, privés, associatifs développant des pratiques physiques et sportives contribuent au bien-être
collectif. Il convient, a contrario, qu’un État moderne établisse des règles qui garantissent des pratiques
sécurisées en donnant sa chance à chaque secteur, tout en éclairant suffisamment un pratiquant devenu
« consommateur ». La demande de certaines fédérations affinitaires n’est donc pas en cohérence avec la
nouvelle gouvernance.
Certains participants de la concertation ont proposé que, pour des motifs d’efficience, soient définis des
critères permettant une diminution du nombre de fédérations agréées : nombre de licenciés, intérêt général
de la discipline… Toutefois, ce type de démarche n’a pas fait consensus. Déjà expérimenté, il a produit des
« rapprochements forcés » pas toujours heureux.
31. Ces prérogatives sont prévues aux articles L. 131-14 et suivants du Code du sport
32. La France compte 116 fédérations agréées, dont 38 fédérations olympiques et paralympiques présentes aux Jeux de Tokyo, contre un peu plus de 60 en
Allemagne et de 50 en Italie, mais pour près de 300 en Grande Bretagne.
Sans que ce point ait fait consensus, il semble que la durée illimitée de l’agrément puisse toutefois être
discutée. Rappelons que l’agrément délivré sans limitation de durée sous réserve du respect de dispositions
obligatoires devant figurer dans les statuts fédéraux permet de recevoir des moyens de l’État et emporte
reconnaissance d’utilité publique. Il n’empêche que certaines fédérations agréées sont en perte de vitesse. En
outre, l’État ne souhaitant pas accroître leur nombre, hésite à reconnaître certaines fédérations émergentes,
malgré l’intérêt du sport soutenu. On peut citer à cet égard l’exemple du Parkour, privé d’agrément et donc
de reconnaissance de la part d’autres acteurs que l’État, telles les collectivités territoriales, qui, à l’instar du
ministère des Sports, conditionnent leurs financements à la possession de l’agrément.
Dans le sillage de la concertation qui n’a pas pu dégager de consensus sur ce point, la question de la durée
illimitée de l’agrément pourrait être posée. Si l’agrément était revu sur projet dans un pas de temps à définir33,
le nombre de fédérations agréées pourrait être réexaminé et de nouvelles fédérations pourraient être agréées.
La question de la délégation a fait l’objet d’un approfondissement qui a permis de proposer une hypothèse
alternative. Elle consiste à définir la notion de discipline sportive d’une part. D’autre part, elle propose
d’instaurer un système de déclaration volontaire permettant d’identifier l’ensemble des fédérations sportives,
doublé d’un système d’habilitation soit pour le développement, soit pour le haut niveau, soit pour les deux
domaines34. L’habilitation « haut niveau » conférerait un monopole en matière de haut niveau, édiction des
règles techniques et organisation des compétitions. Cette habilitation ne confèrerait pas de mission de
service public. De ce fait, les litiges relatifs à l’exercice de la délégation seraient traités par le juge judiciaire.
Les impacts de cette proposition présentée au comité de pilotage, n’ont pas été suffisamment expertisés
pour faire l’objet d’une proposition « en dur ». Elle pourrait donc faire l’objet d’approfondissements ultérieurs.
L’évolution des règles de la délégation et de l’agrément devra également intégrer les possibilités évoquées
dans la seconde partie du présent rapport : possibilité d’inscrire un diplôme au Répertoire National des
Certifications Professionnelles (RNCP).
33. De l’ordre de deux à trois olympiades avec reconduction tacite possible dans un objectif de simplification
34. Cf rapport annexe « La délégation et l’agrément », Olivier Keraudren
Ces évolutions coïncident avec les recommandations faites par le Sénateur Guillaume35 en novembre 2015.
Signalons pour mémoire l’hypothèse qui a recueilli peu d’adhésion, du contrôle de légalité des actes des
fédérations dès transmission à l’État, sur le modèle du contrôle de légalité des actes des collectivités
locales. En revanche le contrôle du financement des fédérations qui sera assuré par la structure nationale
ne tiendra bien sûr plus lieu de tutelle.
35. [Link]
Dans le contexte de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, la France pourrait s’inspirer
des recommandations du Conseil de l’Europe en matière d’éthique et de transparence : autocontrôle,
normalisation et notation externe.
Une première option pourrait être de co-construire un référentiel AFNOR, débouchant sur une norme, voire
simplement d’utiliser la norme ISO 9001, permettant la labellisation des fédérations et la reconnaissance
de leur bon fonctionnement, qui serait également rendu publique. Une telle norme co-construite avec le
mouvement sportif participerait d’une régulation accrue par le mouvement sportif lui-même. Le mouvement
sportif pourrait aussi lui-même sous l’égide du CNOSF créer sa propre référence de labellisation.
Les fédérations pourraient être notées par des agences indépendantes à l’instar des collectivités sur la base
de critères élaborés en relation avec les fédérations.
Le cas échéant, un superviseur du sport pourrait être créé. Une étude est en cours sur ce point. Si
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe souligne l’importance de l’autonomie dans le sport, elle
relève aussi que toute autonomie entraîne une responsabilité. L’Assemblée préconise que l’autonomie soit
indissociable de critères de bonne gouvernance, en estimant que « l’on ne peut pas laisser le mouvement
du sport remédier seul à ses défaillances »37. Le monde du sport organisé doit accepter la participation
de nouveaux acteurs pour adopter les réformes nécessaires, ainsi que des règlements spécifiques qui
36. Résolution 2199 (2018) de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe « Vers un cadre pour une gouvernance sportive moderne»
37. Idem 35
protègent les sportifs, garantissent l’intégrité des manifestations sportives ainsi que la responsabilité sociale
et environnementale, et mettent en place des mécanismes de contrôle stricts concernant l’utilisation des
fonds de développement.
En matière d’éthique, la majorité des fédérations présentes à l’atelier ont jugé pertinente une montée en
puissance du CNOSF qui pourrait s’imposer comme leader en matière d’éthique. Cette éventualité a été
confirmée par le groupe ayant approfondi ce sujet. La qualité du système de conciliation mis en place par
le CNOSF montre qu’il a l’autorité morale nécessaire pour implémenter un ordre interne de bonne tenue.
Pour mémoire, la question de l’éthique se structure depuis la loi du 11 octobre 2013 relative à la transparence
de la vie publique. Ce texte a été complété à plusieurs reprises par la suite. En effet, désormais, le président
du CNOSF, le président du CPSF, les présidents des ligues professionnelles et les présidents de fédérations38,
ainsi que les organisateurs de grands événements sportifs internationaux39 sont soumis à une déclaration de
situation patrimoniale et d’intérêts auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique (HATVP).
Conformément à l’article L.131-15-1 du code du sport, les fédérations sportives délégataires ont l’obligation
depuis la loi du 1er mars 2017 d’adopter une Charte éthique et de déontologie déclinant la Charte du
CNOSF. Elles instituent en leur sein un comité doté d’un pouvoir d’appréciation indépendant, habilité à saisir
les organes disciplinaires compétents et chargé de veiller à l’application de cette charte et au respect des
règles d’éthique, de déontologie, de prévention et de traitement des conflits d’intérêts.
Or, à ce jour, seules près de 20 % des fédérations se sont acquittées de cette obligation. Celles-ci mettent
en avant des difficultés à définir son contenu et à mobiliser les bons acteurs.
Le CNOSF pourrait donc mettre en place une fonction d’appui auprès des fédérations. En outre, une
commission nationale indépendante d’éthique du sport, qu’il pourrait abriter, pourrait contrôler la qualité et
l’effectivité de ces chartes et comités.
La question du dispositif anti-corruption qui a été abordée lors du vote par le parlement de la loi relative à
l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques n’a pas été évoquée dans le cadre de la concertation
dans la mesure où le dispositif de droit commun déployé par l’Agence Française Anti-Corruption (AFA)
pourrait aussi concerner le mouvement sportif.
Le cadre fiscal actuel permet la rémunération des dirigeants d’association, sur décision de l’assemblée générale,
jusqu’à trois fois le plafond de la sécurité sociale, ce qui correspond à près de 10 000 euros. La contrepartie
appréciée par l’administration fiscale repose sur la transparence financière, le fonctionnement démocratique,
l’adéquation de la rémunération aux sujétions des dirigeants, et le respect du plafond de rémunération. Ces
conditions sont cohérentes par rapport aux attentes vis-à-vis du mouvement sportif. Il conviendrait que plus de
fédérations y fassent appel. Il faut noter que le statut de SCIC permet la rémunération du dirigeant exécutif dès
lors qu’il y a contrepartie. Plus rien ne devrait faire obstacle à la mobilisation de cette possibilité.
41. Les Think tank « Rénovons le Sport » et « Sport et Citoyenneté » proposent deux mandats
Dans le cadre du développement de la fonction de contrôle de l’éthique du CNOSF, un rôle d’avis pourrait
lui être attribué sur ce point afin de faciliter la présentation de ce type de demande devant l’assemblée
générale de la fédération.
Cette évolution est logique dans un contexte où le COJO sera dans les prochaines années, et encore
plus à partir des Jeux de Tokyo l’interlocuteur principal du Comité International Olympique et du Comité
Paralympique International.
Les évolutions du CNOSF seraient tournées vers l’éthique, l’arbitrage, les fonctions support en faveur des
fédérations, tout comme vers l’animation du réseau des CROS et des CDOS. Ce dernier est de qualité
inégale et reste à dynamiser. Ces évolutions, si elles aboutissent, sont de nature à constituer un bel héritage
des Jeux : l’autonomie et la responsabilisation du mouvement sportif.
Dans ce contexte, on peut même imaginer que le CNOSF financerait directement les CROS et CDOS qu’il
animerait. Cette option a été ouverte par la Cour des Comptes et l’IGJS dans sa revue des dépenses
d’avril 2016, évoquant le fait que « cette procédure permettrait au CNOSF de s’assurer de la cohérence
des actions menées localement avec les orientations et objectifs qu’il assigne et d’accompagner la
restructuration territoriale du mouvement olympique et sportif ».
L’encadrement juridique actuel du sport professionnel français, défini pour l’essentiel il y a plus de quinze ans
dans le cadre de la loi du 6 juillet 2000 et du décret n° 2002-762 du 2 mai 2002, apparaît aujourd’hui à
certains en décalage avec les évolutions et les enjeux présents du secteur et les besoins de développement,
notamment, des ligues et des sociétés sportives.
Si les ligues ne souhaitent pas remettre en cause le principe de la subdélégation qui les lie à leurs
fédérations, elles revendiquent néanmoins de disposer de la capacité d’offrir à leurs clubs adhérents les
conditions optimales pour s’inscrire durablement dans des calendriers d’investissement et d’exploitation
propres aux activités économiques qu’elles exercent, ainsi que des garanties de non remise en cause
discrétionnaire de leur existence. Les fédérations, quant à elles, veulent prioritairement sécuriser le principe
de solidarité entre composante amateur et professionnelle de leur discipline, leur modèle de formation des
joueurs, ainsi que la compétitivité des sélections nationales.
Les nécessaires arbitrages à mettre en œuvre entre ces aspirations qui peuvent parfois s’avérer difficilement
compatibles dans les faits supposent donc la recherche de points d’équilibre.
Ces éléments pourraient amorcer un nouvel équilibre de nature à mieux sécuriser les ligues dans le respect
des stratégies fédérales. L’idéal serait qu’ils soient approfondis sous l’égide du CNOSF dans la perspective
d’un accord global.
Il demeure ainsi particulièrement prématuré de parler d’un sport professionnel féminin qui serait organiquement
et économiquement comparable avec le sport professionnel masculin. Ainsi et de façon emblématique,
il apparaît imparfait de considérer le football féminin comme étant réellement doté d’un championnat
professionnel, puisque seules quelques équipes de première division peuvent réellement revendiquer ce statut.
C’est la raison pour laquelle dans le cadre des travaux du groupe de travail sur le développement du sport
professionnel féminin de la Grande Conférence sur le sport professionnel français, il avait été préconisé de
substituer aux termes de « sport professionnel féminin » les termes « sport féminin d’élite nationale ».
Pour autant, cette activité démontre des potentiels de développement extrêmement significatifs, comme
en témoignent notamment depuis la fin des années 2000 les résultats d’audience recueillis pour la
retransmission de compétitions féminines à des heures de forte écoute, qui démontrent les attentes du
plus large public pour l’exposition des performances des championnes.
La création, rendue possible par la loi du 1er mars 2017, d’une Conférence permanente du sport féminin
(placée sous la présidence de la ministre des Sports et rassemblant des représentants des acteurs du
mouvement sportif, de l’audiovisuel, des acteurs économiques du sport, de l’État et des élus locaux,
ainsi que de personnalités qualifiées) a permis de déterminer un cadre de réflexions et d’élaboration de
propositions visant notamment « à concourir à l’accompagnement des acteurs en vue de la structuration
et de la professionnalisation du sport féminin ».
L’État, les collectivités territoriales, les acteurs du handicap et le comité paralympique et sportif
français (CPSF) partagent la volonté d’amener plus de personnes handicapées à pratiquer une activité
physique. Guidé par un constat d’insuffisance de la pratique sportive par ces personnes, cet impératif
de développement nécessite d’être accompagné tant au niveau national dans le cadre d’une stratégie
commune aux différentes parties prenantes (les personnes handicapées elles-mêmes, les départements,
l’État et le CPSF), qu’à l’échelon territorial. L’essor du sport pour ce public repose en effet sur des solutions
élaborées et personnalisées et donc sur une mise en réseau des acteurs de terrain. Il apparait ainsi un
besoin de coordination élargie, simple et formalisée aux niveaux national et territorial.
Historiquement fortement structuré autour du sport paralympique, le CPSF se donne également pour
ambition « de contribuer, par le sport et l’excellence sportive, à inspirer une société où la diversité est
pensée comme un catalyseur de richesses et d’intégration ». Il regroupe désormais 29 membres qui tous,
à des niveaux variés, développent ou animent des para-sports. 13 de ses membres disposent désormais
de la délégation ministérielle haut niveau. Les deux fédérations historiques ont créé un maillage territorial
important bien que sa densité soit inégale. Ces comités et ligues régionaux ou départementaux sont des
acteurs forts du mouvement paralympique au niveau local et il convient de s’appuyer sur eux.
Le rôle des départements dans le développement des pratiques adaptées doit devenir plus important. Le
sport doit en effet pouvoir intégrer pleinement les projets de vie des personnes handicapées, ce qui suppose
qu’il existe d’un côté une offre adaptée sur le territoire et que les maisons départementales des personnes
handicapées (MDPH) soient en mesure d’informer et d’accompagner vers la pratique sportive. Les MDPH
pourraient ainsi devenir des acteurs du développement des para-sports. À ce titre, l’ADF a fait part de son
souhait que le sport handicap constitue une « brique » obligatoire du projet sportif de territoire élaboré
dans le cadre de la conférence régionale des financeurs, afin que leur participation à cette démarche soit
co-construite avec l’ensemble des parties prenantes, en particulier le mouvement sportif.
Afin d’assurer une représentation territoriale du mouvement paralympique, il est proposé que le CPSF se
dote d’un échelon régional. Il disposera ainsi d’un levier supplémentaire pour représenter le mouvement
sportif à cet échelon de co-construction des politiques sportives, dans lequel les conseils départementaux
seront également représentés.
Pour les collectivités, l’enjeu de la rénovation consiste à mieux se coordonner entre elles et avec les autres
acteurs pour co-décider des orientations qui se déclineront sur leurs territoires et dont chacun financera
la mise en œuvre. Les collectivités entendent ainsi demeurer dans un système de compétences partagées
reflétant les divers aspects du sport.
La concertation a permis d’esquisser les orientations suivantes jamais envisagées pour le sport.
Une coordination pourrait être rendue obligatoire sur les aspects structurants du sport (haut niveau, sport
professionnel, équipements structurants, réduction des inégalités) qui se traduirait par :
-- un projet sportif territorial élaboré en concertation…
-- au sein d’une Conférence régionale du sport, véritable « Parlement du sport »…
-- et financé au sein d’une conférence des financeurs associant les services déconcentrés de
l’État, les organes régionaux et départementaux représentant le mouvement sportif, les régions, les
départements, les intercommunalités, les communes et le monde économique.
Le mécanisme envisagé est le suivant : la Conférence régionale du sport (ou Parlement du sport) élabore
le projet sportif territorial. La conférence des financeurs se répartit les financements dans le cadre
d’engagements réciproques.
La concertation n’a pas été assez poussée pour déterminer comment cette Conférence régionale du sport
pourrait être animée.
La concertation a été plus fructueuse concernant la conférence des financeurs. Il s’agit d’une instance de
financement garantissant que chacun s’engage sur les compétences qu’il a décidées. Le vecteur contractuel
de la conférence des financeurs pourrait prendre la forme de contrats pluriannuels d’orientation et de
financement par grandes politiques retenues dont a minima le haut niveau, le sport professionnel, les
équipements structurants, les inégalités d’accès à la pratique sportive sur les territoires, et le cas échéant
les politiques émergentes comme le sport-santé. Ainsi, chaque acteur pourra prendre « à la carte » des
engagements dans les domaines qu’il choisira.
La structure nationale aurait vocation à financer, dans le cadre de ses priorités, certains domaines ou
actions du projet sportif territorial (à l’exception du sport professionnel) dans le cadre d’un contrat de
développement du sport territorial passé avec la conférence régionale des financeurs. Après une phase
expérimentale, la conférence des financeurs pourrait être prévue par la loi.
Cette organisation en conférence des financeurs permettrait de limiter largement le système des appels à
projets au profit d’un « guichet unique » pour les clubs et acteurs du sport. Si une telle organisation était
mise en place, il serait conseillé aux fédérations qui font des appels à projets de rejoindre cette conférence
des financeurs afin de simplifier la vie des clubs.
Ainsi, dans ce contexte de collégialité, les collectivités entendent mieux s’organiser sans toutefois désigner
au niveau législatif des chefs de filât : « des compétences partagées, mais une coordination obligatoire ».
Des spécialisations « à la carte » pourraient s’organiser, le cas échéant dans le cadre de conventions
territoriales d’exercice concerté des compétences (CTEC) prévues par la loi du 27 janvier 2014 de
Modernisation de l’Action Publique Territoriale et d’Affirmation des Métropoles (MAPTAM).
A titre d’exemple et selon les orientations définies collégialement et localement, les régions, pourraient se
centrer sur les formations, le sport de haut niveau et sur le sport comme levier d’aménagement du territoire,
les départements sur les usages socio-sportifs du sport, les financements structurants sur le handisport
(le sport facteur d’inclusion sociale), les sports de nature, le bloc communal (communes, communautés de
communes, communautés d’agglomération et métropole) sur les équipements sportifs structurants, le sport
professionnel, l’emploi sportif, le sport de haut niveau, le sport de proximité, le soutien aux clubs.
La concertation a également mis en évidence la volonté très majoritaire des collectivités de cesser de financer
les sports professionnels bénéficiant de droits TV importants de façon à réorienter leurs financements.
Enfin, certains territoires voudraient développer sur la base des Centres de ressources, d’expertise et de
performance sportive (CREPS) des pôles de compétitivité et d’excellence qui centralisent les moyens et les
décisions en matière de haut niveau.
Une attention particulière devra être portée aux territoires ruraux qui commencent à perdre des clubs sous
le double effet d’une carence en bénévoles du fait du vieillissement de la population et de la difficulté en
conséquence à s’adapter à de nouveaux publics ou de nouvelles pratiques.
part, l’exploitation par les clubs professionnels des enceintes sportives (1), mais aussi leur réalisation (2),
d’autre part, en supprimant les subventions aux sports bénéficiant de droits TV de manière importante (3) et
en contrepartie en déplafonnant les prestations de services que peuvent acheter les collectivités territoriales
aux clubs sportifs professionnels (4). Ces points ont fait l’objet d’un approfondissement essentiellement
juridique. Ils sont majoritairement partagés, mais pas parfaitement consensuels.
[Link] Favoriser l’exploitation des enceintes sportives par les clubs professionnels.
Les clubs professionnels souhaitent pouvoir disposer de « leurs outils de production » pour en maîtriser les
revenus. Aujourd’hui les clubs sportifs doivent être mis en concurrence sur le fondement de l’article L2122-
1-1 du code général de la propriété des personnes publiques.
Cet article est ainsi rédigé « Sauf dispositions législatives contraires, lorsque le titre mentionné à l’article
L2122-1 permet à son titulaire d’occuper ou d’utiliser le domaine public en vue d’une exploitation
économique, l’autorité compétente organise librement une procédure de sélection préalable présentant
toutes les garanties d’impartialité et de transparence, et comportant des mesures de publicité permettant
aux candidats potentiels de se manifester. Lorsque l’occupation ou l’utilisation autorisée est de courte durée
ou que le nombre d’autorisations disponibles pour l’exercice de l’activité économique projetée n’est pas
limité, l’autorité compétente n’est tenue que de procéder à une publicité préalable à la délivrance du titre,
de nature à permettre la manifestation d’un intérêt pertinent et à informer les candidats potentiels sur les
conditions générales d’attribution.»
Le 4ème alinéa de l’article L2122-1-3 prévoit des dispositions permettant de s’affranchir de cette mise en
concurrence « Lorsque les caractéristiques particulières de la dépendance, notamment géographiques,
physiques, techniques ou fonctionnelles, ses conditions particulières d’occupation ou d’utilisation, ou les
spécificités de son affectation le justifient au regard de l’exercice de l’activité économique projetée ».
Toutefois, cette disposition n’est pas suffisamment solide pour confier l’exploitation d’une enceinte sportive
sans mise en concurrence. La proposition est de faire une exception pour l’exploitation des enceintes
sportives par les clubs professionnels.
[Link] Étudier le subventionnement plafonné des enceintes sportives réalisées par les clubs
professionnels.
La loi du 1er mars 2017 permet aux collectivités d’accorder des garanties d’emprunts contractés en vue
de l’acquisition, de la réalisation ou de la rénovation d’équipements sportifs par des associations ou des
sociétés sportives.
Pour les collectivités, cette disposition reste insuffisante pour permettre aux clubs de réaliser leurs
équipements sportifs. En contrepartie de la suppression des subventions, la proposition est de mettre le code
du sport en cohérence avec les règles européennes, à savoir la possibilité d’accompagner l’investissement
au maximum à hauteur de 30 millions d’euros, toutes subventions confondues aux conditions suivantes42 :
-- maximum de 30 millions pour des investissements inférieurs à 100 millions ;
-- uniquement dans le cas d’un bail à construire avec retour à la collectivité à la fin de l’activité ;
-- diversification de l’utilisation sur des bases transparentes, publiques et non discriminatoires ;
-- toute forme de mandat confiant à un tiers la construction, la modernisation et/ou l’exploitation
de l’infrastructure est attribuée sur une base ouverte, transparente et non discriminatoire, dans le
respect des règles applicables en matière de passation des marchés publics.
[Link] Supprimer les subventions aux clubs sportifs bénéficiant des droits TV importants
Les subventions des collectivités territoriales allouées aux clubs sportifs sont plafonnées à 2,3 millions
d’euros pour chaque saison sportive (article R113-1 du code du sport) et ne peuvent être accordées que
pour des missions d’intérêt général.
1° La formation, le perfectionnement et l’insertion scolaire ou professionnelle des jeunes sportifs accueillis
dans les centres de formation agréés dans les conditions prévues à l’article L211-4 ;
Aujourd’hui, ce dispositif pose deux types de problèmes. En premier lieu, les élus locaux ont de plus en plus
de difficulté à faire voter des subventions pour les clubs professionnels dont les budgets sont importants et
qui bénéficient de droits TV de manière significative. Il s’agit plus particulièrement du football et du rugby.
En second lieu, pour les autres disciplines, le montant des subventions accordées dépasse parfois largement
ce que peut réellement justifier le club.
En effet, seul le centre de formation peut faire l’objet d’un montant de subvention de plusieurs centaines
de milliers d’euros. Mais pour des disciplines comme les sports de salle, le montant accordé est largement
supérieur au coût réel du centre de formation. Ceci est de nature à mettre en risque les clubs professionnels
subventionnés en cas de recours.
S’agissant d’un régime d’aide, il devra faire l’objet, le cas échéant, d’une procédure de notification à la
Commission européenne.
total des produits du compte de résultat de l’année précédente de la société dans la limite de 1,6 million
d’euros par saison sportive. La proposition est de déplafonner l’achat de prestations de services qui doit
répondre aux besoins de la collectivité et se négocier au prix du marché.
L’objectif est de ne pas limiter l’achat de visibilité que représente un club professionnel dès lors que les
prestations de qualité sont acquises au prix du marché.
La filière économique du sport, créée en mars 2016, a mis en exergue la capacité économique et sociale
du marché du sport qui représente au sens large environ 300 000 emplois, un chiffre d’affaires de près de
38 milliards d’euros par an, ainsi qu’un savoir-faire et une expertise reconnus, de la conception de matériel
sportif à la gestion des infrastructures, en passant par l’économie numérique. A cet égard, le marché
mondial des grands événements sportifs, qui représente près de 50 milliards d’euros par an, constitue une
opportunité majeure de développement. La croissance de la demande sportive mondiale ouvre en outre des
opportunités très significatives à l’export pour les entreprises françaises, appuyées par Business France, tant
en matière d’équipements que d’offre de services.
Or, au cours de la démarche de concertation, c’est l’ensemble du « monde économique », et pas uniquement
la filière sport qui a manifesté intérêt et soutien pour le sport.
Le monde économique a ainsi montré un intérêt pour le sport au regard non seulement du marché du sport,
mais également en tant qu’acteur du sport par le sport d’entreprise (2) et le sport-santé, par son implication
en matière de haute performance (partenariat technologique et en soutien aux athlètes), et en matière de
sponsoring.
En toute hypothèse, il est apparu que la représentation adéquate du monde économique devrait pouvoir
être en mesure de produire des apports à la réflexion collective, partager des expériences, apporter en
compétence, mobiliser un réseau le plus dense possible et présent dans les territoires.
A cet effet, a minima, la présence des deux principales organisations représentatives pour le patronat et les
salariés semble pertinente, tout comme la principale organisation sectorielle.
Or, aujourd’hui le positionnement du sport d’entreprise évolue avec la prise de conscience de l’intérêt
de l’activité physique pour la santé et le bien-être au travail. Des études récentes montrent que le sport
d’entreprise permet de réduire le taux d’absentéisme de 6 %, et d’accroître la motivation au travail. Le sport
d’entreprise ainsi objectivé et pratiqué de façon volontaire, constitue donc un avantage pour l’employeur
comme pour les salariés. La pratique sportive constitue un facteur de bien-être au travail, mais aussi un
facteur de productivité et de lutte contre l’absentéisme.
Lorsque l’activité sportive contribue à la qualité de vie au travail, une évolution législative pourrait, d’une
part, inscrire les Activités Physiques et Sportives (APS) parmi les sujets de la négociation collective sur
la qualité de vie au travail et, d’autre part, les assimiler expressément au sein des « activités sociales et
culturelles » menées par les comités d’entreprise.
Pour assurer cette évolution majeure, l’Observatoire de l’économie du sport serait transformé en un
observatoire de l’économie du sport et des pratiques sportives. Cette perspective est indispensable pour
élaborer un socle conceptuel convaincant sur l’impact social du sport.
Ces stratégies interministérielles qui auraient été naturellement co-construites avec les partenaires dans le
cadre de l’agence du sport seraient portées au sein de l’État par la direction des sports.
[Link] Une approche raisonnée et proportionnée de la sécurité des pratiques et des contenus
de formation des encadrants
L’édiction des normes devra répondre à un impératif de proportionnalité, tant en matière de protection des
pratiquants que de définition des diplômes d’État.
Le sport est porteur d’une forte puissance collective. Le site du ministère de l’Europe et des Affaires
étrangères rappelle que « le sport est un vecteur important d’attractivité et une vitrine pour le rayonnement
de la France». L’histoire des Jeux Olympiques et Paralympiques est jalonnée de son rôle en matière de
diplomatie informelle en tant que catalyseur ou de révélateur de rapprochement ou de différences de
vue. Les performances des athlètes, mais aussi la capacité à accueillir les événements sont les principaux
attributs du rayonnement sportif…
Aujourd’hui, plusieurs entités conduisent des politiques à l’international au-delà du seul accueil des Jeux
Olympiques et Paralympiques. D’une part, la direction des sports porte une politique sportive internationale
par le positionnement du ministère au sein de multiples instances multilatérales (AMA, UE, Conseil de
l’Europe, OCDE, UNESCO, CONFEJES, OIF….), par son soutien aux accords de coopération bilatérale, par sa
politique de soutien aux grands événements sportifs. D’autre part, le COJO portera une stratégie propre à la
valorisation des JOP à l’international.
Or, les Jeux de Paris 2024 constituent une occasion exceptionnelle de faire vivre une politique sportive à
l’international, en capitalisant sur le slogan « Made for Sharing ».
Dans ce contexte, il pourrait être utile de réactiver une structure telle que le Comité français du sport
international (CFSI) qui avait pour avantage de constituer une instance souple créée pour asseoir une
coordination internationale dans la phase de pré-candidature aux Jeux de 2024. Ce sujet a été effleuré
à plusieurs reprises pendant la concertation sans trouver d’issue claire, mais sans déclencher non plus
d’opposition majeure.
Une telle organisation collégiale qui pourrait réunir l’État et le mouvement sportif serait de nature à asseoir
le rôle de chacun et à réunir les principaux acteurs pour un positionnement renforcé à l’égard des pays et
continents voisins.
Une telle recommandation pourrait avoir un impact économique favorable dès lors qu’elle pourrait s’étendre
à certains secteurs économiques.
Un impact positif sur les finances publiques est possible si la coordination permet de se tourner vers de
nouveaux marchés ou de nouveaux modes d’économies des fédérations.
Il est enfin nécessaire que la Direction des sports, comme les fédérations sportives, soit organisée pour
répondre à cet enjeu d’un positionnement fort au niveau international.
Au niveau des territoires, les projets sportifs territoriaux s’élaboreront dans le cadre de la conférence
régionale du sport constituée notamment de l’État dont les CREPS, du mouvement sportif, des collectivités,
des entreprises, des CFA métiers du sport, des groupements d’employeurs...
L’agence nationale financerait en fonction de ses moyens et de ses priorités les projets sportifs territoriaux.
Les collectivités seraient amenées à prendre des engagements dans le cadre de politiques contractuelles
décidées en fonction des priorités locales. A minima, seraient coordonnées les approches en matière de
haut niveau, de sport professionnel, ainsi que les actions collectives en matière de développement (santé
et réduction des inégalités). Toutefois, d’autres priorités pourraient être retenues comme par exemple, un
schéma directeur des piscines, un plan emploi…
Il sera également nécessaire que les services déconcentrés en région portent le programme interministériel
des sports défini au niveau national en cours d’approfondissement : sport de haut niveau dont suivi socio-
professionnel, sport et santé, sport d’entreprise, prévention des discriminations…
La mission d’accompagnement opérationnel de l’INSEP serait sans changement mais son cadre stratégique
serait assuré par la structure nationale.
Quant aux CREPS, ils sont apparus comme des structures d’avenir inscrites dans le projet sportif
territorial.
Centrés sur leurs trois missions (haut niveau, formation, accueil des stagiaires), ils doivent s’affirmer comme
tête de réseau pour le haut niveau en offrant des services de qualité à l’ensemble des sportifs du territoire
répertoriés sur les listes, qu’ils soient inscrits ou non dans des structures d’accès au haut niveau (dans et
hors CREPS)
Compte tenu de leur statut d’opérateur de l’État et de la Région, ils doivent également devenir à terme
des acteurs locaux de la gouvernance élargie en qualité de conseils et experts de l’État, des collectivités
territoriales et du mouvement sportif sur le développement des pratiques sportives.
Intégrés dans un environnement concurrentiel, ces établissements doivent conforter leur positionnement
comme organismes de formation aux métiers du sport et de l’animation en prenant en compte le nouveau
cadre réglementaire du secteur et l’impératif de professionnalisation des différents acteurs.
L’ouverture des champs d’intervention à la recherche appliquée avec les universités et l’écosystème de
recherche/innovation (pôle de compétitivité…), sous la coordination de la structure en charge de la haute
performance, peut aussi être une opportunité.
Alors qu’il convient pour les fédérations de contribuer à l’effort de développement de 3 millions de
pratiquants supplémentaires, et de doubler le nombre de médailles, il importe donc de maintenir et de
conforter ce vivier des CTS.
Ainsi que l’ont relevé plusieurs rapports, la gestion des CTS devra toutefois être dynamisée : mutualisation à
trouver en matière de haut niveau avec la recherche de spécialisation dans les techniques d’entraînement, et
en matière de développement pour les fonctions de développement ou de formation. Cette mutualisation se
traduira par la transformation de postes de CTS en CTS interfédéraux. Enfin, l’amélioration de leur répartition
géographique devra être recherchée.
Ils sont aujourd’hui en double ou triple commande, sous l’autorité hiérarchique du DRJSCS, et fonctionnelle
du DTN, en lien avec le projet fédéral de la ligue régionale. Pour éviter les doublons dans un contexte où
l’efficience de la dépense publique est recherchée, il sera nécessaire de décider de leur rattachement
hiérarchique soit auprès des DR, soit auprès des DTN. Ce point fait débat.
Mais, le sport, c’est bien plus que cela. Pour preuve, quelques éléments attestés scientifiquement, ou
constatés durablement.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le sport et l’activité sportive sont bénéfiques pour les plus
âgés afin d’améliorer l’endurance cardio respiratoire, l’état musculaire et osseux, et de réduire le risque de
maladies non transmissibles, de dépression et de détérioration de la fonction cognitive.
Pour l’OMS encore, le sport est utile pour la santé non seulement à titre préventif mais aussi dès qu’un
problème de santé survient : diabète, asthme, hypertension... Pratiqué très jeune, ses effets sont d’autant
plus bénéfiques qu’ils s’enracinent dans des pratiques individuelles durables.
Pour l’entreprise et les salariés, une étude récente43 commanditée par le Comité National Olympique et
Sportif Français et le Medef, avec le soutien financier d’AG2R La Mondiale, démontre les bienfaits du sport
à la fois pour l’entreprise, l’individu et la société : moins 6 % de taux d’absentéisme, et une motivation
renforcée…
Le sport est un puissant vecteur d’émancipation, tant pour les femmes44 que pour des publics ou
acteurs spécifiques. L’Agence pour l’Éducation par le Sport, par exemple, par son programme d’insertion
professionnelle « Déclics Sportifs » détecte, forme et intègre en entreprise des jeunes issus de clubs sportifs.
43. Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 10 au 12 octobre 2017. Échantillon de 1 018 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans
et plus.
44. Cécile Ottogalli-Mazzacavallo
45. Une étude à l’initiative du CNOSF est en cours pour une estimation réactualisée du poids du bénévolat.
Les économies liées à la pratique sportive se précisent par ailleurs. Une récente étude réalisée par le
ministère des Sports montre qu’une augmentation de 10 % du taux de pratique « rapporte » près de
300 millions d’euros (en économie sur les dépenses de santé notamment). Une étude du ministère des
sports en collaboration avec l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques (OCDE)
est en cours pour affiner l’impact économique des politiques d’activation de la pratique d’activités sportives
sur les finances publiques. Ses premiers résultats devraient être connus fin 2018.
En 2008, un panel d’experts (économistes, médecins) du CNAPS (Conseil National des Activités Physique
et Sportives) avait estimé à 250 € par sportif et par an les économies pour la sécurité sociale. Cette étude
avait été réalisée en 2008 en se basant sur la littérature internationale. Le CNAPS a été supprimé en
2008 de sorte que le rapport final n’est pas disponible publiquement en ligne. Cependant, des documents
intermédiaires sont toujours consultables. Au moment de la rédaction du rapport précité, le groupe
d’experts avait conclu que la qualité des données ne permettrait pas de mettre en place une évaluation
directe suffisamment robuste. La méthodologie a donc consisté en une revue de la littérature internationale
sur le sujet. Les études qui ont servi à cette évaluation font référence et malgré quelques biais d’ordre
méthodologique, cette estimation de 250 € peut être considérée comme sérieuse, tout à fait en phase avec
les estimations plus récentes sur le coût de la sédentarité observée dans les pays de l’OCDE.
46. Le CNDS est financé par trois taxes affectées : taxe Buffet sur la cession de droits télévisés d’événements sportifs se déroulant en France, taxe sur les
paris sportifs et prélèvement sur la Française des Jeux. Leur rendement s’établit à un montant de l’ordre de 350 à 400 M €.
Or la légitimité de ces taxes fait débat. Une mission parlementaire en cours sur le financement du sport
devrait éclairer la question dans la perspective des discussions budgétaires.
Le mouvement sportif et les collectivités ont estimé nécessaire un financement public d’État de l’ordre
400 millions d’euros. Celui-ci correspond au montant des taxes existantes47 qui ne seraient plus
« plafonnées » lors de l’élaboration du budget de l’État. Le retour sur investissement de cette dépense
serait positif. D’une part, les budgets de l’État et du CNDS correspondant au périmètre de la structure
seraient supprimés. D’autre part, la dépense résiduelle pour l’État serait très largement compensée par
les gains financiers de l’activité sportive sur les dépenses sociales (dépenses de santé, arrêts de travail,
pertes de production, etc.). Certains pensent que cette piste permettrait de doter les politiques sportives
d’un financement durable, assis en toute équité sur le rendement financier généré par l’activité sportive
elle-même. Ainsi, le sport financerait le sport, dans un mouvement vertueux permettant d’accompagner
résolument le développement de la pratique sportive et la haute performance au côté de ressources privées,
notamment issues du mécénat.
Un tel montant permettrait de doubler l’engagement de l’État en matière de haut niveau pour le porter à
100 millions d’euros. En outre, il permettrait de poursuivre l’accompagnement financier de la majorité des
fédérations dont le taux de dépendance de financement public reste encore élevé et de dynamiser les
nouveaux réseaux socio-sportifs. Au niveau des territoires, les financements subsidiaires de l’État viendraient,
en plus des financements locaux et privés des entreprises et des ménages, donner des impulsions à des
dynamiques émergentes à fort retour sur investissement, comme le sport-santé par exemple, ou bien
viendrait compenser des inégalités manifestes. Les collectivités restent attachées dans ce contexte à ce
que les crédits de la structure nationale puissent intervenir en matière d’investissements notamment en
territoires carencés. L’intérêt d’un financement par le mécanisme de contractualisation par l’agence via le
projet sportif territorial consiste en la structuration de projets qui, à défaut, émergeraient peut-être, mais
dans les territoires les plus riches et sans coordination. Une coordination avec les crédits de l’agence de
47. Taxe Buffet sur la cession de droits télévisés d’événements sportifs se déroulant en France et taxe sur les paris sportifs
cohésion des territoires sera nécessaire à cet égard.48 Enfin, une attention particulière devra être portée au
développement du sport et de l’activité physique dans les territoires ultra-marins marqués par un retard
d’équipement et de pratiques. Tous ces éléments doivent bien sûr faire l’objet de précisions et d’arbitrages
politiques.
6.3 Le mécénat
Le baromètre Admical sur le mécénat d’entreprise montre que le sport occupe toujours une place
particulière : il est le domaine le plus prisé par les entreprises mécènes (48 % d’entre elles, notamment les
TPE) mais pour un budget plus modeste (12 % du budget total du mécénat). Il occupe la troisième position
des secteurs bénéficiaires en termes de dépenses, mais il est en première position en termes de nombre
de projets soutenus.
Le secteur du sport est en effet peu organisé en matière de mécénat. La concertation a identifié deux
raisons principales : le mouvement sportif et le ministère des Sports ne savent pas approcher correctement
les entreprises, le produit sportif n’est pas suffisamment « visible » pour les entreprises. Celles-ci sont en
outre peu sécurisées car le mécénat est régulièrement considéré comme une niche par les administrations
fiscales alors même que les entreprises déclarent ne pas pratiquer le mécénat principalement pour un
motif de déduction fiscale, mais plutôt par souhait de soutenir des projets locaux dotés d’une visibilité
satisfaisante. En outre, de façon globale, le mécénat est impacté par la crise économique et les baisses des
budgets des entreprises.
Plusieurs demandes sont portées auprès des parlementaires pour faire évoluer le cadre juridique en faveur
d’un développement du mécénat dans le champ sportif : augmenter le seuil de référence de 5 ‰ du chiffre
d’affaires pour la déduction de l’intervention financière en mécénat ou instaurer un forfait annuel ou établir
une franchise de 10 000 € au mécénat au-delà desquels s’appliquerait le plafond actuel de 0,5 % du
chiffre d’affaires.
Pour appuyer ces demandes, il sera nécessaire de développer un soutien au mécénat sportif comme par
exemple le ministère de la Culture qui a une mission « mécénat ».
L’enjeu de cet appui serait d’identifier et de sécuriser les domaines dans lequel le mécénat peut être
déployé, à l’instar de ce qui a été fait dans le cadre du Pacte de Performance impulsé par Thierry Braillard.
C’est pourquoi, parallèlement à la création d’une structure de gouvernance du sport pour la performance
et le développement des pratiques, pourrait être créée une gouvernance partagée de mobilisation de
financements privés. Les discussions se poursuivent sur ce sujet.
7 Conclusion
Bien que toutes les propositions ne fassent pas consensus, les acteurs de la démarche ont progressivement
dessiné pour le sport une organisation polycentrique et participative pour proposer une offre de pratiques
tout au long de la vie, et pour donner toutes les chances de succès aux meilleurs athlètes.
Attentive à apporter des réponses aux différentes demandes, cette organisation transgresse les habituels
clivages : public - privé, scolaire - fédéral, État - collectivités, loisir - compétition...
Les mots-clés de la « gouvernance » ici proposée sont subsidiarité, complémentarité, éthique, responsabilité,
contractualisation, interministérialité, proportionnalité...
Le système envisagé n’est pas un « compromis mou ». Il propose un nouveau mode de coopération entre
des acteurs publics et privés à la fois au niveau national et sur les territoires. C’est au contraire un véritable
défi parce que chaque acteur détiendrait une part de responsabilité pour l’avenir, et qu’aucun des acteurs
ne prendrait le pas sur les autres...
La réussite de la rénovation, si elle était décidée, dépendrait de la capacité du système à dégager des
objectifs clairs, ainsi que de la sincérité de chaque acteur à s’engager et à agir dans un cadre éthique et
partenarial.
Est-ce possible ? Gageons que la dynamique des Jeux sera de nature à insuffler un tel changement pour un
héritage large et durable.
8 Remerciements
C’était une gageure de réussir cette concertation avec des forces réduites. Nous l’avons fait avec les efforts
de tous.
Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), le Conseil départemental de la Vienne et la Mairie
de Caen ont accueilli quatre séminaires. Leurs présidents, Denis Masseglia et Bruno Belin, leur maire, Joël
Bruneau, ainsi que leurs équipes, en sont chaleureusement remerciés.
Avant chaque séminaire, les commissions « sport » des associations d’élus, le mouvement sportif, et les
équipes de la direction des sports se sont organisés pour produire une réflexion objective et constructive
au-delà des postures historiques de chacun. Nous les remercions chaleureusement pour la qualité de leur
production.
Nos remerciements particuliers vont à Ghani Yalouz et aux équipes de l’INSEP pour l’accueil des séminaires
de lancement et de fin, ainsi qu’à Nathalie Cuvillier, cheffe de service de la direction des sports, qui a animé
avec nous les ateliers des séminaires thématiques et à Michaël Pouillard, chargé de mission, qui a assuré
l’organisation d’ensemble de la démarche.
Franck le Morvan, administrateur général du secrétariat général des ministères chargés des affaires sociales,
a rédigé l’annexe juridique du rapport, et Xavier Giguet, inspecteur général de l’administration, la synthèse
de l’ensemble des rapports produits sur notre sujet.
Cet engagement collectif, sans lequel la production de ce rapport n’aurait pas été possible, associe enfin
nos deux relecteurs, Jaques Donzel, inspecteur général de la jeunesse et des sports honoraire et Colin
Miège, pour le Think Tank « sport et citoyenneté ».
Nos remerciements vont aussi à tous les collègues de la direction des sports qui ont synthétisé le travail des
ateliers, et contribué aux réflexions.
10 Annexes
Le Premier ministre a demandé à la ministre des Sports « d’engager une démarche de confiance envers
le mouvement sportif français en donnant davantage d’autonomie aux fédérations sportives et au Comité
National Olympique, ainsi qu’aux acteurs locaux et en recentrant l’action de l’État sur des missions
essentielles de coordination, de réglementation et de contrôle, notamment éthique ».
La ministre des Sports a donc décidé d’engager, avec l’ensemble des acteurs concernés, une démarche de
co-conception d’un nouveau modèle de gouvernance du sport en France
1/ Problématique
Le système actuel d’organisation du sport a été décidé en 1960 à un moment où le mouvement sportif
devait gagner en expertise sportive et en compétence de gestion. Les principes de la délégation, de la tutelle
de l’État sur les fédérations, et de la mise à disposition des fédérations de cadres sportifs formés par l’État
et indépendants des fédérations ont été ensuite mis en place progressivement. Le système « tutélaire », qui
de fait s’oppose pourtant juridiquement au principe de liberté associative, n’a jamais trouvé un équilibre
parfaitement satisfaisant pour les parties. Il s’est exprimé via le financement des fédérations, par l’obligation
de flécher leurs actions sur des axes décidés au préalable par le ministère, qu’il s’agisse de haut niveau
ou de développement des pratiques sportives. Il s’est aussi traduit par la position inédite des cadres
techniques sportifs placés auprès des fédérations et toujours tiraillés entre la volonté de l’État d’en faire le
bras armé de politiques ministérielles et celle des fédérations d’en faire leurs agents.
Si le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) a progressivement renforcé son leadership en
matière de déontologie sportive, aujourd’hui, le mouvement n’est pas achevé en faveur d’une démocratie
sportive pleine dont l’élection des présidents de fédérations par les clubs, inscrite au programme
présidentiel, sécuriserait l’édifice. Enfin, l’avènement continu des collectivités locales dans le domaine
du sport incite définitivement à mettre en place une gouvernance rénovée et partagée entre les acteurs
du sport. Cette évolution doit s’analyser dans un contexte où les collectivités se situent à la croisée des
chemins entre le soutien au sport fédéral, au sport professionnel, à l’organisation de services sportifs en
régie, à la réalisation d’aménagements pour des pratiques sportives libres dans l’espace public, tout en
tenant compte du développement du sport commercial.
Le CPSF fondé en 1992 s’est engagé dans le développement du sport de haut niveau et du sport pour tous,
pour les personnes en situation de handicap. C’est un domaine dans lequel notre pays doit continuer à
progresser.
A l’heure où les Jeux Olympiques et Paralympiques imposent le double objectif de briller par les performances
sportives et de réussite sociale, mais aussi d’être exemplaire en matière d’éthique sportive, l’enjeu d’une
réflexion sur la gouvernance du sport consiste à co-construire un modèle de gouvernance partagée à
responsabilités réparties entre l’État au niveau central et déconcentré, le mouvement sportif et ses athlètes,
les collectivités locales, ainsi que les entreprises. Le but est aussi d’encourager les initiatives et de libérer
des énergies par le biais d’une répartition cohérente des responsabilités entre les différents acteurs du
sport.
2/ Objectifs
La concertation vise à co-construire des scenarii d’évolution pour une nouvelle gouvernance
du sport fondée sur des principes de compétences claires et de responsabilités partagées.
Il s’agit notamment de
-- renforcer la responsabilité et l’autonomie du mouvement sportif
-- conforter le rôle des collectivités locales
-- redéfinir le rôle et l’organisation de l’État
3 / Pilotage de la démarche
La démarche sera placée sous la responsabilité d’un comité de pilotage stratégique présidé par la ministre
des sports et composé de 4 représentants de l’État, 4 représentants du mouvement sportif (dont le CPSF),
4 représentants de collectivités locales et de personnes qualifiées (dont entreprise).
La conduite et l’animation de la réflexion seront placées sous la co-direction de Laurence LEFEVRE, directrice
des sports et de Patrick BAYEUX, docteur en sciences de gestion et consultant spécialisé en politiques et
équipements sportifs.
Seront intégrés à la réflexion pour alimenter les propositions sur une nouvelle gouvernance du sport :
4/ Méthode
Une co-construction/concertation avec l’ensemble des parties prenantes sera mise en place sous la forme
de journées thématiques, en séminaires (ateliers et tables rondes).
Un premier séminaire de lancement fera un bilan partagé du modèle actuel et dégagera des pistes
d’amélioration.
Quatre séminaires thématiques reprenant l’ensemble des sujets du sport français définiront les organisations
cibles à mettre en place pour respecter les principes définis lors du premier séminaire. Les grandes
thématiques de ces séminaires seront arrêtées par le comité pilotage à l’issue du premier séminaire.
Les séminaires seront animés par Laurence LEFEVRE et Patrick BAYEUX avec le soutien d’un prestataire à
l’appui de la conception et de la conduite de la démarche. Pour préparer chaque séminaire, des entretiens
individuels et des auditions pourront être conduits.
Une consultation numérique (plateforme collaborative) viendra élargir les perspectives ouvertes par les
participants aux séminaires
Le dessin d’un nouveau modèle sportif français et un nouveau cadre institutionnel et organisationnel du
sport en France.
Le mercredi 22 novembre 2017, Laura FLESSEL, ministre des Sports, a installé un Comité de pilotage sur la
gouvernance du sport à l’occasion du 100e congrès des maires et présidents d’intercommunalités.
Développer largement les pratiques sportives, réussir les Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en
2024 sont deux engagements centraux du projet sportif pour notre pays. Pour répondre à ces ambitions,
la ministre s’est vue confier par le Président de la République et le Premier ministre la mission de repenser
l’organisation du sport français avec une autonomie accrue du mouvement sportif et en clarifiant le rôle
de l’État et des collectivités territoriales. La ministre a décidé de conduire cette transformation dans une
démarche de co-construction avec les acteurs.
A mi-chemin de la démarche qui sera finalisée en juillet prochain, les trois premiers séminaires ont permis
de partager un constat et de définir les premiers grands axes pour une nouvelle gouvernance du sport en
France.
Le constat partagé a mis en exergue la complexité du modèle actuel, le manque de lisibilité des politiques
sportives et des missions respectives des différents acteurs, les difficultés entre les acteurs pour gérer une
compétence partagée, un saupoudrage de moyens, une difficulté à s’adapter à l’évolution de la demande
sociale.
Face à ce constat, 3 scénarii ont été repoussés : le scénario de la continuité, le scénario du transfert de
l’organisation du sport au mouvement sportif et le scénario de la décentralisation du développement du
sport aux collectivités territoriales. Le comité de pilotage a retenu le scénario de la gouvernance partagée
à responsabilités réparties et a affirmé le souhait de créer au niveau national et au niveau territorial des
structures collégiales de concertation et de décision. Ces structures devront faire preuve d’agilité dans
une démarche d’intérêt général pour permettre l’adaptation aux contextes territorial, national, européen et
international.
Au niveau national, la structure à créer permettra de garantir la collégialité nécessaire à la co- construction
d’une dynamique commune respectueuse des politiques de chacun des acteurs du sport : l’État, le
mouvement sportif, les collectivités territoriales et le monde économique.
Le comité de pilotage propose que cette structure puisse être financée à partir de dispositifs similaires aux
dispositifs actuels, notamment ceux qui alimentent le CNDS. Cette structure ne constitue pas une couche
d’administration supplémentaire. Elle se substituerait au CNDS et à divers services et commissions de la
direction des sports et de l’INSEP.
Compte tenu de la nécessité de faciliter la mise en œuvre prochaine d’une organisation appropriée pour
la performance sportive 2024, la Ministre a proposé de confier dès maintenant à Claude ONESTA le soin
de procéder à une revue des différentes stratégies avec les fédérations et d’analyser avec elles les vecteurs
d’amélioration.
S’agissant du développement des pratiques sportives, la structure définira sur la base des orientations
politiques retenues collégialement les moyens affectés aux fédérations sportives en faveur du développement
du sport fédéral. Elle définira également sur cette même base les moyens dédiés aux réseaux nationaux non
fédéraux. Cette nouvelle organisation des politiques de développement fédéral devrait être mise en place
au début de l’année 2019.
La structure définira également des enveloppes par territoire (région) qui co-financeront les politiques
sportives territoriales coconstruites par les acteurs du sport au sein des structures collégiales de concertation
au niveau territorial.
Au niveau territorial, la co-construction sera également recherchée entre les collectivités territoriales, le
mouvement sportif, l’État et le monde économique pour porter une ambition partagée.
Trois autres séminaires sont programmés en juin-juillet. Ils permettront d’aborder les sujets de financement,
des ressources humaines, de mécénat, de bénévolat, de formation, d’emploi, la place des usagers, les
dimensions internationales…
Solennellement ce 15 mai 2018, le Comité de pilotage sur la gouvernance du sport affirme faire un choix
historique en proposant les bases d’un nouveau modèle de gouvernance à même de permettre à l’ensemble
des acteurs de relever collectivement les défis du sport français dans la perspective des jeux Olympiques et
Paralympiques 2024 et de leur héritage.
Niveau national
Collégialité : État, État Mouvement sportif Collectivités Monde économique
mouvement sportif, territoriales
coll loc
Structure nationale : GIP La direction des sports Le CNOSF Les associations d’élus Membre du GIP
d’orientation, d’appui et sont associées au GIP
Observe et anticipe des Représente l’olympisme en
de financement national d’orientation et de
pratiques France et à l’international
du sport financement S’organise pour assurer
Réglemente, régule, édicte les Organise le mouvement ses diverses missions de
règles de sécurité sportif à l’échelle du RSE dans une logique de
Contractualise avec les territoire réseau en mobilisant ses
Garantit la cohérence du
fédérations sur le HN et le réseaux respectifs.
système et finance CROS et CDOS Des spécialisations
développement
progressives de
Reconnaît les acteurs Rend un avis sur les
financement dans le
juridiquement après mesures réglementaires La filière sport fait partie
cadre de la conférence
Accompagne les territoires concertation sur la base de relatives au sport et aux du collège au sein du GIP
des financeurs
dans des domaines à critères transparents pratiques
définir
Contracte avec le CNOSF et Garant de la
les fédérations et CPSF sur démocratisation et
pluriannuel de la déontologie des
fédérations (s’assure
Développe une stratégie
CERFRES du respect de la Charte
internationale dont GESI
Olympique par les
Fonctionne sur principe de fédérations)
subsidiarité
Assure la conciliation pré-
juridictionnelle des conflits
Observatoire de Garant du respect de
l’économie du sport et l’éthique au sein des
L’ambassadeur du sport
des pratiques fédérations
coordonne la politique de
coopération en matière Fonction d’arbitrage
sportive
Les fédérations sportives
Mission de service public
Autorités administratives dans un cadre rénové
indépendantes (maintien de la notion
de délégation mais
Préviennent et régulent les
abandon de la tutelle à
dérives
remplacer par un contrat
de délégation)
Financement par le GIP de
conventions pluriannuelles
d’objectifs avec les CTS et
contrôle financier amélioré
Rémunération possible
des présidents et nombre
de mandats limité
Le CPSF
Représente le mvt
paralympique
Niveau local
Collégialité : État, État Mouvement sportif Collectivités territoriales Monde économique
mouvement sportif,
coll loc
Conférences régionales du Diminution du sport en Les CROS et CDOS, Dans le cadre des Partenariats avec les clubs
sport DD et recentrage des sous pilotage du CNOSF compétences partagées, sportifs professionnels ou
DR sur : définissent, animent une concertation amateurs.
et soutiennent des obligatoire est mise en
HN
stratégies locales de place avec la conférence
Correction des inégalités développement : appui des financeurs du sport
à l’ESS et au numérique
Agrément des Insertion socio-pro locale
Conférences des par exemple
organismes de formation,
financeurs (HN, sport pro, En plus, dans le cadre de
et certification allégée
équipements structurants, CTEC, des dominantes
Développement du sport
réduction des inégalités, et Impulsion / participation Les clubs : sont dessinées au niveau
d’entreprise dans le cadre
para-sport) aux accords locaux de de chaque région entre les
Elisent les présidents de d’accords d’entreprises
gouvernance niveaux de collectivité (à
fédérations concernant la négociation sur
titre indicatif)
Métiers recentrés sur la qualité de vie au travail
observation, analyse,
partenariats
1/ Les régions
Le CPSF
HN, suivi socio-pro,
S’organise dans les formations, planification
territoires des grands équipements
CREPS
régionaux, contribuent au
Parties prenantes de la financement des GESI,
gouvernance régionale financent le mouvement
(enclenché par les sportif régional, assurent
conventions tripartites le développement local
État-région, lien avec les de la filière économique
universités)… du sport
2/ Les départements
Reconnaissance des Insertion par le sport,
acteurs socio-sportifs médiation socio-sportive,
sports de nature,
handicap
3/ Les métropoles et
agglomérations
HN, sport pro, planification
des équipements, gestion
des équipements sportifs
spécifiques
4/ Les communes
Sport de proximité,
complémentarités sport
en club, sport municipal et
sport dans l’espace urbain
L’inscription à une compétition sportive autorisée L’inscription à une compétition sportive autorisée L’inscription à une compétition sportive autorisée
par une fédération délégataire ou organisée par une par une fédération délégataire ou organisée par une par une fédération délégataire ou organisée par une
fédération agréée est subordonnée à la présentation fédération agréée est subordonnée à un contrôle fédération agréée est subordonnée à un contrôle
d’une licence mentionnée au second alinéa du I de médical dans des conditions définies par décret médical dans des conditions définies par décret
l’article L. 231-2 dans la discipline concernée. A en raison d’enjeux de sécurité. Ce décret prévoit en raison d’enjeux de sécurité. Ce décret prévoit
défaut de présentation de cette licence, l’inscription notamment les cas où ces conditions sont notamment les cas où ces conditions sont précisées
est subordonnée à la présentation d’un certificat précisées par les fédérations sportives. par les fédérations sportives. »
médical datant de moins d’un an établissant
l’absence de contre-indication à la pratique du
sport ou de la discipline concernés en compétition.
#10 La mobilisation du crédit formation du
compte d’engagement citoyen
Article L5151-9 du code du travail Article L5151-9 du code du travail Le texte vise notamment à permettre la valorisation A l’article L5151-9 du code du travail, il est rétabli
de l’activité des bénévoles indispensables au bon un 7° ainsi rédigé :
Les activités bénévoles ou de volontariat permettant Les activités bénévoles ou de volontariat permettant déroulement des JO de 2024 « 7° La participation à l’organisation de
d’acquérir des heures inscrites sur le compte d’acquérir des heures inscrites sur le compte manifestations sportives, ainsi que l’enseignement,
personnel de formation sont : personnel de formation sont : l’animation et l’encadrement d’activités physiques
1° Le service civique mentionné à l’article L120-1 1° Le service civique mentionné à l’article L120-1 et sportives ou l’entraînement de leurs pratiquants,
du code du service national ; du code du service national ; lorsque ces manifestations et activités et
2° La réserve militaire opérationnelle mentionnée à 2° La réserve militaire opérationnelle mentionnée à l’engagement bénévole qui leur est consacré
l’article L4211-1 du code de la défense ; l’article L4211-1 du code de la défense ; répondent à des conditions précisées par décret ; ».
2° bis Le volontariat de la réserve civile de la police 2° bis Le volontariat de la réserve civile de la police
nationale mentionné aux 2° et 3° de l’article L411- nationale mentionné aux 2° et 3° de l’article L411-
7 du code de la sécurité intérieure ; 7 du code de la sécurité intérieure ;
3° La réserve civique mentionnée à l’article 1er 3° La réserve civique mentionnée à l’article 1er
de la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative de la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative
à l’égalité et à la citoyenneté, et les réserves à l’égalité et à la citoyenneté, et les réserves
thématiques qu’elle comporte ; thématiques qu’elle comporte ;
4° La réserve sanitaire mentionnée à l’article 4° La réserve sanitaire mentionnée à l’article L.
L3132-1 du code de la santé publique ; 3132-1 du code de la santé publique ;
5° L’activité de maître d’apprentissage mentionnée 5° L’activité de maître d’apprentissage mentionnée
à l’article L6223-5 du présent code ; à l’article L6223-5 du présent code ;
6° Les activités de bénévolat associatif, lorsque les 6° Les activités de bénévolat associatif, lorsque les
conditions suivantes sont remplies : conditions suivantes sont remplies :
a) L’association est régie par la loi du 1er juillet a) L’association est régie par la loi du 1er juillet
1901 relative au contrat d’association ou inscrite 1901 relative au contrat d’association ou inscrite
au registre des associations en application du code au registre des associations en application du code
civil local applicable dans les départements du Bas- civil local applicable dans les départements du Bas-
Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, est déclarée Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, est déclarée
depuis trois ans au moins et l’ensemble de ses depuis trois ans au moins et l’ensemble de ses
activités est mentionné au b du 1 de l’article 200 du activités est mentionné au b du 1 de l’article 200 du
code général des impôts ; code général des impôts ;
b) Le bénévole siège dans l’organe d’administration b) Le bénévole siège dans l’organe d’administration
ou de direction de l’association ou participe à ou de direction de l’association ou participe à
l’encadrement d’autres bénévoles, dans des l’encadrement d’autres bénévoles, dans des
conditions, notamment de durée, fixées par décret ; conditions, notamment de durée, fixées par décret ;
7° (abrogé) ; 7° La participation à l’organisation
de manifestations sportives, ainsi que
l’enseignement, l’animation et l’encadrement
d’activités physiques et sportives ou
l’entraînement de leurs pratiquants, lorsque
ces manifestations et activités et l’engagement
bénévole qui leur est consacré répondent à des
conditions précisées par décret ;
8° Le volontariat dans les corps de 8° Le volontariat dans les corps de
sapeurs-pompiers mentionné aux articles sapeurs-pompiers mentionné aux articles
L723-3 à L726-20 du code de la sécurité intérieure L723-3 à L726-20 du code de la sécurité intérieure
et dans la loi n° 96-370 du 3 mai 1996 relative et dans la loi n° 96-370 du 3 mai 1996 relative
au développement du volontariat dans les corps de au développement du volontariat dans les corps de
sapeurs-pompiers. sapeurs-pompiers.
Toutefois, les activités mentionnées au présent Toutefois, les activités mentionnées au présent
article ne permettent pas d’acquérir des heures article ne permettent pas d’acquérir des heures
inscrites sur le compte personnel de formation inscrites sur le compte personnel de formation
lorsqu’elles sont effectuées dans le cadre des lorsqu’elles sont effectuées dans le cadre des
formations secondaires mentionnées au code de formations secondaires mentionnées au code de
l’éducation. l’éducation.
Un décret en Conseil d’État définit les modalités Un décret en Conseil d’État définit les modalités
d’application du 6° du présent article. d’application du 6° du présent article.
#13 La reconnaissance des acteurs socio-sportifs
à part entière
Les associations sportives ne peuvent bénéficier de Les associations sportives et les autres organismes
l’aide de l’État qu’à la condition d’avoir été agréées. sans but lucratif ne peuvent bénéficier de l’aide de
l’État qu’à la condition d’avoir été agréées.
L’agrément est notamment fondé sur l’existence L’agrément est notamment fondé sur l’existence
de dispositions statutaires garantissant le de dispositions statutaires garantissant le
fonctionnement démocratique de l’association, fonctionnement démocratique de l’association ou
la transparence de sa gestion et l’égal accès des l’organisme, la transparence de sa gestion et l’égal
femmes et des hommes à ses instances dirigeantes. accès des femmes et des hommes à ses instances
L’affiliation d’une association sportive à une dirigeantes.
fédération sportive agréée par l’État en application L’affiliation d’une association sportive à une
de l’article L131-8 vaut agrément. fédération sportive agréée par l’État en application
L’autorité administrative peut prononcer le retrait de de l’article L131-8 vaut agrément.
l’agrément accordé à une association sportive ou L’autorité administrative peut prononcer le retrait de
résultant de l’affiliation prévue au troisième alinéa si l’agrément accordé à une association sportive ou
elle emploie des personnes ne satisfaisant pas aux à un autre organisme, ou résultant de l’affiliation
obligations des articles L212-1, L212-2 et L212- prévue au troisième alinéa s’il emploie des
9 ou si elle méconnaît les obligations des articles personnes ne satisfaisant pas aux obligations des
L322-1 et L322-2. articles L212-1, L212-2 et L212-9 ou s’il méconnaît
les obligations des articles L322-1 et L322-2.
Les conditions de l’agrément et du retrait de Les conditions de l’agrément et du retrait de
l’agrément accordé à une association ou résultant l’agrément accordé à une association ou à un autre
de l’affiliation prévue au troisième alinéa sont organisme ou résultant de l’affiliation prévue au
déterminées par décret en Conseil d’État. troisième alinéa sont déterminées par décret en
Conseil d’État.
#20 L’intégration obligatoire du sport dans les
contrats de ville
I. La politique de la ville est mise en œuvre par des I. La politique de la ville est mise en œuvre par des
contrats de ville conclus à l’échelle intercommunale contrats de ville conclus à l’échelle intercommunale
entre, d’une part, l’État et ses établissements publics entre, d’une part, l’État, ses établissements
et, d’autre part, les communes et établissements publics et les groupements d’intérêt public dont
publics de coopération intercommunale à fiscalité il est membre et, d’autre part, les communes
propre concernés. Ces contrats sont signés par les et établissements publics de coopération
départements et les régions. intercommunale à fiscalité propre concernés. Ces
contrats sont signés par les départements et les
régions.
Ces contrats peuvent également être signés par la Ces contrats peuvent également être signés par la
Caisse des dépôts et consignations, les organismes Caisse des dépôts et consignations, les organismes
d’habitations à loyer modéré mentionnés à l’article d’habitations à loyer modéré mentionnés à l’ article
L411-2 du code de la construction et de l’habitation, L411-2 du code de la construction et de l’habitation,
les sociétés d’économie mixte mentionnées à les sociétés d’économie mixte mentionnées à l’article
l’article L481-1 du même code, les organismes de L481-1 du même code, les organismes de
protection sociale, les chambres consulaires, les protection sociale, les chambres consulaires,
établissements d’enseignement supérieur et les les établissements d’enseignement supérieur, le
autorités organisatrices de la mobilité. comité national olympique et sportif français,
le comité paralympique et sportif français, les
fédérations sportives agréées et les autorités
organisatrices de la mobilité.
Ils sont signés dans l’année du renouvellement Ils sont signés dans l’année du renouvellement
général des conseils municipaux. Ils entrent en général des conseils municipaux. Ils entrent en
vigueur le 1er janvier de l’année suivante pour une vigueur le 1er janvier de l’année suivante pour une
durée de six ans. Les contrats qui ne peuvent être durée de six ans. Les contrats qui ne peuvent être
signés dans le délai prévu le sont, au plus tard, signés dans le délai prévu le sont, au plus tard,
l’année suivant celle du renouvellement général des l’année suivant celle du renouvellement général des
conseils municipaux. Dans ce cas, leur entrée en conseils municipaux. Dans ce cas, leur entrée en
vigueur est décalée d’une année et leur durée est vigueur est décalée d’une année et leur durée est
de cinq ans. Ils sont actualisés tous les trois ans si la de cinq ans. Ils sont actualisés tous les trois ans si la
rapidité des évolutions observées le justifie. rapidité des évolutions observées le justifie.
... ...
IV. Les contrats de ville élaborés sur les territoires IV. Les contrats de ville élaborés sur les territoires
comprenant un ou plusieurs quartiers prioritaires de comprenant un ou plusieurs quartiers prioritaires de
la politique de la ville fixent : la politique de la ville fixent :
1° Les objectifs, notamment chiffrés, que les 1° Les objectifs, notamment chiffrés, que les
signataires s’engagent à poursuivre dans le cadre signataires s’engagent à poursuivre dans le cadre
des domaines mentionnés à l’article 1er de la des domaines mentionnés à l’article 1er de la
présente loi ; présente loi ;
... ...
V.- Les contrats de ville conclus à partir du 1er janvier V.- Les contrats de ville conclus à partir du 1er
2017 définissent des actions stratégiques dans le janvier 2017 définissent des actions stratégiques
domaine de la jeunesse. dans le domaine de la jeunesse.
VI.- Les contrats de ville conclus à partir du 1er VI.- Les contrats de ville conclus à partir du 1er
janvier 2017 définissent obligatoirement des janvier 2017 définissent obligatoirement des
actions stratégiques dans le domaine de l’égalité actions stratégiques dans le domaine de l’égalité
entre les femmes et les hommes. entre les femmes et les hommes.
VII.- Les contrats de ville conclus à partir du
renouvellement général des conseils municipaux
prévu en 2020 définissent obligatoirement des
actions stratégiques dans le domaine du sport.
#22 La mise en place d’un principe de
proportionnalité des professions réglementées
avec des diplômes d’État circonscrits au besoin
de sécurité des pratiques
Les modalités d’application du présent chapitre Les modalités d’application du présent chapitre sont
sont déterminées par décret en Conseil d’État. déterminées par décret en Conseil d’État. »
#42 Le renforcement du rôle de la CERFRES
Contributions du CNOSF
Liste des personnes ayant participé aux Copil, aux séminaires, ayant été auditionnées ou
ayant envoyé des contributions
Nom Prénom Organisme
Acensi Jean-Philippe APELS
Achache Djamel INSEP
Aché Clarisse FF Basket Ball
Aïm-Tuil Aurélie Direction des sports Ministère des Sports
Amir-Tahmasseb Babak INSEP
Amsalem Bernard Fédérations Olympiques
André Bernard Ministère de l’Éducation nationale
Aniss Hicham ADGCF
Antoine Myriam CNOSF
Antz Emmanuel Unis Vers le Sport
Aouizerat Michaël FO
Appéré Patrick ANDES
Arassus Jean-Luc FF Surf
Assmann Emmanuelle CPSF
Audeguy Christian Ministère de l’Éducation nationale
Autrusseau Camille ANDES
Avril Jacky Ministère des Sports
Bahègne Patrick DRJSCS Nouvelle Aquitaine
Bana Philippe DTN
Barbusse Béatrice Université de Paris-Est Créteil
Barillet Yannick DRJSCS Bretagne
Barlois-Leroux Valérie Présidente CA CREPS Bordeaux
Barnay Mathieu CNOSF
Barrois Anne CREPS
Barry Wilfried Direction des sports Ministère des Sports
Barsacq Marie Paris 2024
Baslé Gérard Consultant
Baud Caroline Ministère des Sports
Baudry Pierre-Marie Ministère de l’Action & des Comptes Publics
Bayeux Patrick Consultant / Co-pilote de la démarche
Bazin Roland FSCF
Béhague Patrice CREPS de Poitiers
Belin Bruno ADF / Président du Département de la Vienne
Ben Korba Karim Région Ile-de-France
Berger-Aumont Valérie Direction des sports Ministère des Sports
Bernard Claire Régions de France
Besnier Frédéric ANLSP