Introduction
Dans un contexte mondial marqué par des mutations rapides et profondes – qu’elles soient sociales,
technologiques, culturelles ou environnementales – la question des finalités éducatives se pose avec
une acuité renouvelée. C’est dans cette perspective qu’inscrit le Deuxième Colloque International
Pluridisciplinaire Itinérant, organisé sous le thème : « "Éducations à" et socialisation continue dans un
monde en mutation : finalités éducatives, prescriptions curriculaires et pratiques pédagogiques ».
Cet événement scientifique, qui s’est déroulé le 17 avril 2026 à l’École Normale Supérieure (ENS), a
été coorganisé par plusieurs laboratoires et institutions marocaines de renom, notamment le
laboratoire SCALEC de l’ENS de Meknès (Université Moulay Ismail), l’ESEF d’El Jadida (Université
Chouaib Doukkali), ainsi que le laboratoire ELLSyS de l’ESEF de Béni Mellal (Université Sultan Moulay
Slimane).
La rencontre a réuni des chercheuses, chercheurs et praticiens autour de conférences plénières et de
communications variées, explorant des problématiques aussi diverses que l’éducation au
plurilinguisme, le développement des compétences scripturales, l’éducation au vivre-ensemble, l’éco-
citoyenneté, ou encore la pensée complexe selon Edgar Morin. À travers ces échanges, le colloque a
permis d’interroger les tensions entre instruction, éducation et socialisation, tout en mettant en
lumière les enjeux épistémologiques et empiriques liés aux « éducations à ».
Le présent rapport vise à restituer les temps forts de cette journée, à en synthétiser les principales
contributions et à dégager les perspectives qu’elles ouvrent pour la recherche et l’action éducative au
Maroc et ailleurs.
I. Conférence de M. Jean-François BRUNEAUD
Modératrice : Mme Fatima CHNANE-DAVIN
Horaire : 09h30 – 10h10
Thème : Entre éducation, instruction et socialisation : enjeux empiriques et épistémologiques des «
éducations à »
1. Introduction
Cette conférence a exploré les transformations majeures du système éducatif face à l’émergence des
« Éducations à... » (santé, développement durable, citoyenneté, médias). L’objectif était d’analyser
comment ces thématiques bousculent la « forme scolaire » traditionnelle pour passer d’une simple
transmission de savoirs à une mission de socialisation active.
2. La Forme Scolaire face à la Post-modernité
L’intervenant a souligné une tension entre deux conceptions :
La conception traditionnelle : Rigide, centrée sur des disciplines séparées et des savoirs académiques
stables (Modèle de Guy Vincent).
La conception contemporaine (Post-moderne) : Souple et ouverte, elle répond aux attentes sociales
en préparant l’élève à sa vie personnelle et citoyenne. Ici, l’école ne se contente plus d’instruire, elle
doit prévenir les maux sociaux.
3. Stratégies d’Intégration et Innovation
Le professeur a présenté des solutions concrètes pour intégrer ces thématiques transversales dans un
emploi du temps saturé :
L’infusion (Solution 1) : Intégrer les enjeux de santé ou de citoyenneté à l’intérieur des matières déjà
existantes (SVT, Histoire-Géo).
La transversalité (Solution 2) : Une approche interdisciplinaire où plusieurs enseignants collaborent
autour d’un projet commun (ex: le recyclage traité en Arts et en Sciences).
L’innovation pédagogique : Passer d’une logique de cours magistral à une « démarche de projet » et
au débat, favorisant l’esprit critique de l’élève.
4. Évaluation et Curriculum Caché
Un point essentiel a été abordé concernant l’évaluation. Les « Éducations à... » ne s’évaluent pas par
des notes classiques, mais par l’engagement de l’élève. Le concept de « Curriculum caché » a été mis
en avant, soulignant que les valeurs (solidarité, respect) se transmettent autant par l’organisation de
la vie scolaire que par les leçons elles-mêmes.
5. Conclusion
M. BRUNEAUD a affirmé que les « Éducations à... » ne sont pas des disciplines supplémentaires, mais
une nouvelle manière de concevoir l’école. Elles visent à transformer l’élève en un « acteur-citoyen »
capable de comprendre et d’agir sur les enjeux complexes du monde moderne.
II. Intervention du Pr. Abdelouahed MABROUR
Horaire : 10h10 – 10h50
Thème : Positionnement, enjeux et défis des politiques linguistiques (et) éducatives (récentes) au
Maroc / Les pratiques enseignantes à l’épreuve des réformes : entre héritages et innovations
Synthèse générale
Le Pr. MABROUR a analysé la complexité du paysage linguistique marocain. Il a exposé les défis
majeurs des réformes éducatives actuelles en lien avec le positionnement des langues (arabe,
amazighe, français) et l’impact de ces politiques sur l’équité et la transmission des savoirs.
Contenu détaillé de la présentation (analyse des slides)
Slide Titre Contenu
1 Les pratiques enseignantes à l’épreuve des réformes Page de couverture reliant l’histoire
professionnelle des enseignants aux changements imposés par les réformes.
2 Introduction Contexte général du système éducatif marocain : la réforme comme
processus continu face aux défis d’application.
3 Le cadre de référence Documents officiels : Vision stratégique 2015-2030, Loi-cadre 51.17.
4 Problématique Comment l’enseignant interagit-il avec les « directives officielles » ? Change-t-
il réellement ses pratiques ?
5 Entre héritage et innovation Tension entre l’héritage pédagogique (méthodes
traditionnelles) et l’innovation (méthodes modernes requises).
6 Méthodologie de la recherche Outils utilisés : observations en classe, entretiens avec les
enseignants.
7 Analyse des données Résultats préliminaires sur la mise en œuvre des cours et la présence
d’interaction et d’innovation.
8 Les obstacles au changement Causes freinant la réussite de la réforme : lourdeur des
programmes, effectifs nombreux, manque de formation continue.
9 Pistes de réflexion Propositions : formation centrée sur les « pratiques de terrain »
plutôt que sur les seules théories.
10 Conclusion L’enseignant est « l’acteur principal » de toute réforme ; sans son engagement
réel, les objectifs ne peuvent être atteints.
Transcription de l’intervention orale (Partie 1)
« C’est un grand plaisir pour moi de prendre part à ce colloque international. Je tiens à remercier
vivement le comité d’organisation pour cette invitation qui nous permet de débattre de questions
fondamentales liées à l’éducation dans notre pays.
Ma communication s’intitule : « Les pratiques enseignantes à l’épreuve des réformes : entre héritages
et innovations ». Nous allons tenter d’analyser comment les enseignants s’approprient les nouvelles
directives pédagogiques tout en restant parfois attachés à des méthodes plus traditionnelles.
Le cœur de mon analyse portera sur la dimension sociolinguistique et didactique. Nous verrons que la
réussite de toute réforme éducative dépend avant tout de l’adhésion des acteurs de terrain et de la
formation continue qui leur est proposée pour accompagner ces changements.
Je structurerai mon intervention en deux parties : d’abord un état des lieux des réformes récentes au
Maroc, puis une analyse des données recueillies lors de nos observations en classe. »
Transcription (Partie 2)
« Dans cette seconde partie, nous allons nous pencher sur les données empiriques. Nos observations
en classe montrent que si les enseignants affichent une volonté d’adhérer aux réformes, la mise en
œuvre se heurte souvent à des contraintes structurelles.
Il y a d’abord la question de la surcharge des programmes qui limite le temps consacré à l’innovation
pédagogique. Ensuite, nous avons constaté un besoin urgent de renforcer la formation continue, non
seulement sur le plan didactique, mais aussi sur l’utilisation des outils numériques comme leviers
d’apprentissage.
Pour conclure, la réussite du changement dans l’école marocaine ne peut se faire sans une
reconnaissance de l’expertise des enseignants et une meilleure adéquation entre les prescriptions
officielles et les réalités du terrain. C’est ainsi que nous pourrons réellement passer d’une logique de
transmission à une logique de construction des savoirs. Je vous remercie de votre attention. »
III. Intervention du Pr. Mohamed CHARIF (et Hassan CHBANI)
Horaire : 11h40 – 11h55
Titre : « L’interconnexion linguistique » / « Politiques linguistiques et pédagogiques au Maroc : quel
rôle pour l’enseignant dans la réussite du changement ? »
Synthèse générale
L’intervention a porté sur le concept de l’interconnexion linguistique dans le cadre de la formation
des enseignants. Les intervenants ont discuté de la manière dont les liens entre les différentes
langues et cultures peuvent favoriser un humanisme renouvelé à l’école. L’accent a été mis sur la
nécessité d’une approche intégrée pour améliorer les compétences linguistiques des apprenants.
Transcription de l’intervention orale (Partie 1)
« Merci au président de séance. En réalité, mon intervention aujourd’hui portera sur un sujet qui
recoupe largement ce que les collègues ont présenté, sous le titre : « Politiques linguistiques et
pédagogiques au Maroc : quel rôle pour l’enseignant dans la réussite du changement ? »
Le point de départ fondamental sur lequel nous devons nous concentrer est que l’enseignant n’est
pas simplement un exécutant des programmes et des rapports officiels qui lui parviennent du
ministère, mais il est un acteur sociopédagogique par excellence. De là vient l’importance de
s’interroger sur la mesure dans laquelle cet acteur assimile les nouvelles orientations, surtout dans un
contexte de transition vers le numérique et vers l’adoption d’approches pédagogiques modernes qui
placent l’apprenant au centre.
Je me concentrerai dans cette intervention sur trois points essentiels :
Premièrement : l’analyse des représentations des enseignants concernant les réformes successives et
comment ces représentations affectent leurs performances en classe.
Deuxièmement : les défis liés à la formation initiale et continue, où nous constatons un fossé entre les
théories reçues par l’enseignant et la réalité complexe de la classe.
Troisièmement : proposer des moyens de développer les compétences professionnelles à travers la «
pratique réflexive », c’est-à-dire que l’enseignant devienne capable d’analyser et de développer ses
pratiques de manière autonome.
En conclusion, j’affirme que toute réforme qui ne prend pas en compte la situation
socioprofessionnelle de l’enseignant, et ne l’associe pas effectivement à l’élaboration des solutions de
terrain, restera une réforme descendante difficile à mettre en œuvre sur le terrain. Merci. »
Transcription (Partie 2)
« En complément de ce que nous avons commencé dans la première partie de cette intervention, je
souhaite maintenant me concentrer sur l’aspect pratique lié à la « fracture numérique et
pédagogique ». Parler de l’utilisation des outils numériques comme levier d’apprentissage – comme
cela a été présenté dans les précédentes interventions – nous place face au défi de la « justice
pédagogique ». Nous ne pouvons pas parler d’innovation numérique sans garantir l’égalité des
chances dans l’accès à ces moyens, tant pour les apprenants que pour les enseignants des zones
reculées.
Le deuxième point que je souhaite approfondir est la « sociologie de la classe ». L’enseignant
d’aujourd’hui fait face à une nouvelle génération de « natifs numériques », ce qui nécessite un
changement radical du « contrat didactique ». L’enseignant n’est plus la seule source d’information ;
son rôle consiste désormais à apprendre à l’élève comment choisir l’information correcte au milieu de
cette masse énorme de données numériques – c’est ce que nous appelons « l’éducation au choix et à
l’esprit critique ».
Nous devons également aborder la question de « l’évaluation ». Les orientations officielles reposent
encore largement sur l’évaluation des connaissances et des résultats finaux, alors que l’innovation
pédagogique que nous appelons de nos vœux nous impose de passer à une « évaluation formative »
qui accompagne le processus d’apprentissage et se préoccupe des compétences douces et des
valeurs sociales.
En résumé, la « valorisation de la ressource humaine » est la clé. Nous devons passer d’une culture «
d’obéissance aux directives » à une culture « d’initiative pédagogique ». J’appelle depuis cette tribune
à l’ouverture d’ateliers de travail nationaux réunissant chercheurs académiques et praticiens de
terrain pour élaborer une charte éthique et professionnelle adaptée aux défis de l’ère numérique.
Je vous remercie encore une fois de votre aimable attention, et j’espère que ces points ouvriront la
voie à un débat fructueux. »
IV. Intervention du Pr. Jean-François BRUNO (transmission audio supplémentaire)
Thème : « Les mutations des dispositifs de formation à l’ère du numérique : entre innovation et
continuité »
Transcription
« Merci beaucoup. Alors, pour cette conférence, nous allons aborder une thématique qui est au cœur
des préoccupations actuelles de l’ingénierie pédagogique. Mon intervention s’intitule : « Les
mutations des dispositifs de formation à l’ère du numérique : entre innovation et continuité ».
L’idée centrale est de comprendre comment les outils technologiques redéfinissent la relation entre
l’enseignant et l’apprenant. Nous ne sommes plus dans un simple transfert de connaissances, mais
dans une co-construction du savoir. Il ne suffit pas d’introduire des tablettes ou des plateformes en
ligne pour dire qu’on innove ; l’innovation doit être avant tout pédagogique avant d’être
technologique.
Je vais articuler mon analyse autour de deux axes principaux : premièrement, l’évolution des postures
professionnelles des enseignants face à l’hybridation des cours. Et deuxièmement, l’impact de ces
nouveaux environnements sur l’autonomie et la motivation des étudiants. »
Résumé en arabe (fourni par l’intervenant)
Sujet de l’intervention : Les transformations des dispositifs de formation à l’ère numérique entre
innovation et continuité.
Idée centrale : Les outils technologiques redéfinissent la relation enseignant-apprenant, passant d’un
simple transfert de connaissances à une « co-construction » du savoir.
Innovation pédagogique : L’innovation doit être avant tout pédagogique avant d’être technologique.
Axes d’analyse : Évolution des postures professionnelles des enseignants dans l’enseignement hybride
; impact des environnements numériques sur l’autonomie et la motivation des étudiants.
V. Intervention du Pr. Mohsen TAJI
Thème : « La médiation numérique et l’enseignement des langues : vers une approche interactive à
l’université marocaine »
Transcription
« Merci au président de séance. Bonjour à l’assistance distinguée et aux honorables professeurs
participants à ce colloque international.
Mon intervention s’intitule : « La médiation numérique et l’enseignement des langues : vers une
approche interactive à l’université marocaine ».
La problématique fondamentale de cette recherche est que l’intégration de la technologie dans
l’enseignement des langues, en particulier le français à l’université, ne doit pas être perçue comme
une « mode technique », mais comme une nécessité pédagogique imposée par les transformations
profondes dans les modes de réception de la connaissance chez l’étudiant universitaire
contemporain.
Je me concentrerai sur trois points charnières :
Premièrement : le concept de « médiation numérique ». Nous tenterons de montrer comment le
dispositif numérique agit comme un médiateur facilitant l’interaction entre l’enseignant et l’étudiant,
et entre l’étudiant et la matière linguistique, brisant ainsi la monotonie de la réception traditionnelle.
Deuxièmement : les défis de « l’autonomie ». Les plateformes numériques offrent à l’étudiant la
possibilité d’apprentissage autodirigé, mais cela nécessite de notre part, en tant qu’enseignants, de
former les étudiants aux stratégies d’apprentissage, pour qu’ils ne se perdent pas dans les dédales du
contenu numérique sans objectif pédagogique précis.
Troisièmement : la question de « l’environnement éducatif hybride ». Je présenterai quelques
résultats préliminaires de notre expérience dans l’adoption de cours combinant présence physique et
activités interactives à distance, et comment cela a contribué à augmenter le taux de participation
des étudiants timides ou ceux qui ont des difficultés d’expression orale directe.
En conclusion, j’affirme que le véritable défi n’est pas de « fournir » l’ordinateur ou l’internet, mais de
« former » l’enseignant capable d’ingénierie de scénarios pédagogiques intelligents qui exploitent ces
outils pour développer les compétences communicatives et linguistiques.
Je renouvelle mes remerciements au comité d’organisation, et j’espère que cette intervention
contribuera à enrichir le débat sur l’amélioration des apprentissages à l’université marocaine. Merci. »
Idées clés résumées
Concept Explication
Médiation numérique La technologie comme pont interactif, pas comme simple outil de
présentation.
Autonomie de l’apprenant Nécessité de guider l’étudiant dans l’utilisation des ressources
numériques.
Enseignement hybride Avantages de combiner présentiel et distanciel pour briser la barrière de la
peur chez les étudiants.
Ingénierie de scénarios Importance de la planification pédagogique avant d’utiliser la technologie.
VI. Intervention du Pr. Hanane HAMDAN
Thème : « L’approche par compétences et l’enseignement des langues à l’université : des conceptions
théoriques aux pratiques de classe »
Transcription
« Merci au président de séance, et salutations à tous les collègues et professeurs présents à ce
colloque international distingué.
Mon intervention s’inscrit dans le prolongement de ce qui a été présenté, sous le titre : « L’approche
par compétences et l’enseignement des langues à l’université : des conceptions théoriques aux
pratiques de classe ».
Je tenterai à travers cette présentation de m’arrêter sur le défi auquel l’enseignant de langues est
confronté aujourd’hui dans un contexte de transformations du système éducatif, et spécifiquement la
transition vers l’approche par compétences. Nous avons observé à travers notre expérience de terrain
qu’il existe une sorte de « flou méthodologique » dans la mise en œuvre de cette approche. Alors que
les textes officiels appellent à placer l’étudiant au centre du processus éducatif, la pratique réelle
souffre encore de la domination de l’aspect cognitif théorique au détriment de l’aspect fonctionnel de
la langue.
J’ai divisé mon intervention en trois points essentiels :
Premièrement : redéfinir la compétence communicationnelle dans le contexte universitaire. L’objectif
n’est plus de permettre à l’étudiant de maîtriser les règles grammaticales de manière abstraite, mais
de lui permettre « d’agir par la langue » dans des contextes professionnels et académiques
spécifiques.
Deuxièmement : le rôle des scénarios pédagogiques. Je proposerai des modèles de scénarios basés
sur l’« apprentissage par projets », où l’étudiant est contraint de rechercher, analyser et présenter
dans une langue correcte, développant ainsi l’esprit d’initiative et le travail collectif.
Troisièmement : les obstacles à la mise en œuvre. Je présenterai quelques données sur les difficultés
rencontrées par les enseignants, notamment la surpopulation dans les amphithéâtres et l’insuffisance
de la formation continue dans le domaine didactique lié aux langues à des fins spécifiques.
En conclusion, j’affirme que le succès de l’approche par compétences ne peut être réalisé que par une
révision complète des méthodes d’évaluation. On ne peut pas enseigner par compétences et évaluer
les étudiants par des examens traditionnels basés sur la mémorisation.
Je vous remercie de votre aimable attention, et j’espère que cette présentation ouvrira des horizons
pour le débat sur l’amélioration de l’enseignement des langues dans notre université. »
Concepts centraux
Concept Explication
Agir par la langue L’accent mis sur l’utilisation fonctionnelle de la langue plutôt que sur les
règles théoriques.
Apprentissage par projets Adoption d’une méthodologie qui implique l’étudiant dans la
construction de son propre apprentissage.
Français sur objectifs spécifiques (FOS) Orientation de l’enseignement de la langue pour servir des
spécialités académiques ou professionnelles spécifiques.
Alignement de l’évaluation Nécessité de changer les modalités d’examen pour les adapter à
l’approche par compétences.
Synthèse thématique transversale
Trois grandes tensions structurent l’ensemble des débats de cette journée :
1. Héritage vs. Innovation
Tous les intervenants (Mabrour, Charif, Bruneaud) constatent un fossé entre les réformes prescrites et
les pratiques ancrées. L’innovation (numérique, pédagogique) échoue si elle ne prend pas en compte
les cultures professionnelles et les contraintes matérielles du terrain.
2. Transmission vs. Construction
On assiste à un basculement épistémologique. Il ne s’agit plus de transmettre des savoirs figés
(Bruneaud : « éduquer à »), mais de co-construire des compétences (Hamdan : « agir par la langue »,
Taji : « médiation »). Cela implique un nouveau « contrat didactique » où l’enseignant devient guide
et facilitateur.
3. Politiques linguistiques et équité
Mabrour et Charif soulignent que le positionnement des langues (arabe, amazighe, français) est un
enjeu de pouvoir et d’équité. L’introduction du numérique, sans filets, risque d’aggraver les inégalités
(« fracture numérique »).
Conclusion et perspectives
Cette journée met en lumière un consensus fort : l’enseignant est le pivot central de la réussite ou de
l’échec des réformes.
Trois défis majeurs pour l’avenir
Former autrement : Développer la pratique réflexive et l’ingénierie pédagogique (Taji, Charif).
Évaluer autrement : Passer d’une logique de contrôle des connaissances à une évaluation des
compétences et de l’engagement (Bruneaud, Hamdan).
Articuler le local et le global : Concilier les prescriptions nationales avec les réalités sociolinguistiques
et matérielles de chaque classe (Mabrour, Charif).
Recommandations principales issues de la journée
Recommandation Intervenant(s)
Reconnaissance de l’expertise des enseignants Mabrour, Charif
Formation centrée sur les pratiques de terrain et la pratique réflexive Mabrour, Charif
Développement d’une culture d’initiative pédagogique (vs. obéissance) Charif
Alignement des méthodes d’évaluation sur l’approche par compétences Hamdan
Formation des enseignants à l’ingénierie de scénarios numériques Taji
Garantie de la justice pédagogique et lutte contre la fracture numérique Charif, Taji