Progrès en urologie (2018) 28, 790—796
Disponible en ligne sur
ScienceDirect
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Prise en charge des infections
postopératoires en urologie
Management of postoperative infections in urologic surgery
M. Vallée a,∗, F. Bruyère b,c
a
Service d’urologie et de transplantations rénales, Hôtel-Dieu, CHRU de Nantes, 1, place
Alexis-Ricordeau, 44093 Nantes cedex 1, France
b
Service d’urologie, CHRU de Bretonneau, 2, boulevard Tonnellé, 37044 Tours cedex, France
c
Université François Rabelais-de-Tours, PRES centre Val-de-Loire université, 37000 Tours,
France
Disponible sur Internet le 3 août 2018
Résumé
Introduction. — L’incidence des infections du site opératoire (ISO) en chirurgie urologique est
très variable. Le dernier rapport de l’Institut de veille sanitaire (InVS) retrouvait une incidence
des ISO de 3 % mais dans certaines situations cliniques particulières, des taux proches de 20 %
sont parfois observés. L’objectif de cet article est de fournir aux IDE d’urologie un résumé
de la prise en charge des principales complications infectieuses postopératoires que l’on peut
rencontrer en chirurgie urologique.
Matériel et méthode. — Les principales pathologies infectieuses susceptibles d’être rencon-
trées en urologie ont été classées en 4 chapitres en reprenant les formulations utilisées par
l’InVS et en y ajoutant les spécificités liées à la chirurgie urologique. La prise en charge des
pathologies décrites se basent sur les recommandations actuelles françaises et européennes
afin d’être en accord avec les bonnes pratiques.
Résultats. — L’importance pour les IDE de savoir reconnaître une ISO potentiellement mortelle
est ici rappelée avec notamment la nécessité de maîtriser l’utilisation du score « quick SOFA ».
Les ISO en urologie ont ensuite été regroupées de la manière suivante : infection urinaire
postopératoire, infection de la partie superficielle de l’incision, infection de la partie profonde
de l’incision, infection de l’organe/espace concerné par l’intervention et infection de matériel.
∗ Auteur correspondant.
Adresse e-mail : maxime.vallee1786@[Link] (M. Vallée).
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1166-7087/© 2018 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Prise en charge des infections postopératoires en urologie 791
Conclusion. — Si les infections urinaires sont potentiellement les plus graves et parfois mor-
telles, les infections superficielles ou profondes peuvent être sources d’hospitalisations
prolongées avec un retentissement certain sur la réhabilitation postopératoire des patients.
Les IDE doivent donc être parfaitement formés à les reconnaître car ils sont bien souvent en
première ligne en cas de survenue d’une ISO.
© 2018 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Summary
Introduction. — The incidence of surgical site infections (SSI) in urological surgery is highly
variable. The latest report of the ‘‘Institut de veille sanitaire’’ (InVS) found an incidence of SSI
of 3% but in some specific clinical situations, rates close to 20% are sometimes observed. The
aim of this publication is to provide urology nurses with a summary of the management of the
main postoperative infections that can be encountered in urological surgery.
Material and method. — The main infectious pathologies likely to be encountered after urology
have been classified in 4 chapters by repeating the formulations used by InVS by adding the
specificities related to urological surgery. The management of the pathologies described is
based on current French and European guidelines.
Results. — The importance for urology nurses to know how to recognize a potentially lethal SSI
is here to remind, especially with the need to master the use of the ‘‘quick SOFA’’ score. The
SSI in urology were then grouped as follows: postoperative urinary tract infection, superficial
wound infection, deep wound infection, organ infection and material’s infection.
Conclusion. — While urinary tract infections are potentially the most serious and sometimes
fatal, superficial or deep infections can be a source of prolonged hospitalization with reper-
cussions on postoperative rehabilitation of patients. Nurses must therefore be fully trained to
recognize them because they are often in the front line in case of occurrence of a SSI.
© 2018 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Introduction Matériel et méthode
Depuis la première utilisation du phénol pour la réalisation Les principales pathologies infectieuses susceptibles d’être
de l’asepsie en chirurgie par Joseph Lister en 1867 [1], les rencontrées après chirurgie urologique ont été classées en
techniques pour limiter les infections du site opératoires 4 chapitres en reprenant les formulations utilisées par l’InVS
(ISO) n’ont cessé d’évoluer permettant à l’acte chirurgical en y ajoutant les spécificités liées à la chirurgie urolo-
d’être aujourd’hui un traitement sécurisé de nombreuses gique [2] : infection urinaire postopératoire, infection de
pathologies. L’incidence des infections du site opératoires la partie superficielle de l’incision, infection de la par-
(ISO) en chirurgie urologique est très variable. Le dernier tie profonde de l’incision, infection de l’organe/espace
rapport de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) retrouvait une concerné par l’intervention et infection de matériel. Ceci
incidence des ISO de 3 % (surveillance des ISO des RTUP et avait pour but d’être le plus exhaustif possible permettant
des prostatectomies uniquement) mais dans certaines situa- à ce document d’être utilisé en pratique courante par les
tions cliniques particulières, des taux proches de 20 % sont IDE de chirurgie urologique. La prise en charge des patho-
parfois observés [2,3]. logies décrites se base sur les recommandations actuelles
La chirurgie urologique présente la particularité de françaises et européennes afin d’être en accord avec les
se dérouler fréquemment en milieu propre-contaminé ou bonnes pratiques. Une analyse de la littérature et des
contaminé (Classe II et III d’Altemeier) et de ce fait pré- recommandations publiées sur le sujet a permis d’apporter
sente un taux d’ISO plus élevé que dans certaines autres des éléments indispensables à la prise en charge des ISO.
spécialités chirurgicales. Les chirurgiens urologues et les IDE
spécialisés en urologie se doivent donc de savoir reconnaître
rapidement la survenue d’une infection postopératoires afin Résultats
de limiter au maximum la morbi-mortalité liée à celles-ci.
L’objectif de cet article est de fournir aux IDE Il apparaît tout d’abord important de rappeler la définition
d’urologie un résumé de la prise en charge des principales d’une ISO. Elle doit avant tout concerné le site opéra-
complications infectieuses postopératoires que l’on peut toire, ce qui exclut les complications infectieuses liées à
rencontrer en chirurgie urologique. l’anesthésie ou aux comorbidités du patient. L’infection doit
792 M. Vallée, F. Bruyère
survenir dans les 30 jours postopératoires mais ce délai est
étendu à 90 jours en cas d’implantation de matériel pro-
thétique comme un sphincter artificiel ou une sonde JJ [2].
Le délai légal en cas d’implantation de matériel peut éga-
lement, dans certaines situations, être porté jusqu’à 1 an
[4].
Lors de la survenue d’une ISO, l’attitude consiste en
premier lieu à évaluer le retentissement systémique de
l’infection, c’est-à-dire sa gravité. Pour ce faire, les IDE
doivent savoir reconnaître les signes d’alertes imposant
une prise en charge en urgence. Les dernières recomman-
dations mettent l’accent sur l’utilisation du score quick
SOFA : pression artérielle systolique ≤ 100 mm Hg, fréquence
respiratoire ≥ 22, confusion [5]. Lors de la survenue d’un
sepsis, un score quick SOFA ≥ 2 (remplaçant donc le « sepsis
sévère ») correspond à un patient nécessitant une sur- Figure 1. Exemple typique de l’ensemble des signes inflamma-
veillance accrue immédiate avec nécessité éventuelle d’un toires rencontrés lors d’une ISO. Le retentissement systémique
transfert en réanimation [5]. Ces critères simples sont faci- permet de faire la différence entre une infection superficielle ou
lement utilisables en pratique clinique et devraient être profonde.
utilisés par tous les IDE afin de pouvoir identifier rapide-
ment les patients à risque de choc septique. En cas de sepsis
avec quick SOFA ≥ 2 voire de choc septique, l’urologue, Attitude pratique à adopter
l’anesthésiste ou le réanimateur doivent être informés en
urgence afin que l’antibiothérapie et les mesures de réani- Dans un contexte d’infection urinaire associée aux soins,
mation puissent être débutées immédiatement, tout retard l’utilisation de la bandelette urinaire est inutile est doit être
thérapeutique entraînant un risque majeur de décès [6]. formellement proscrite [4].
En cas de forte suspicion d’infection urinaire, il est
recommandé d’effectuer un ECBU sur urines de milieu de
Infection urinaire postopératoire jet. En cas de sonde vésicale, il est recommandé de réali-
ser le prélèvement par ponction directe de l’opercule de la
Comment la reconnaître poche après désinfection de celle-ci [5].
En cas de fièvre 38,5 ◦ C ou de frissons, il est également
Nous pouvons être confrontés dans ces situations à deux cas : recommandé de réaliser au moins une série d’hémocultures.
• l’infection urinaire sur sonde vésicale posée au décours de Le bilan biologique à réaliser sera ensuite en fonction du
la chirurgie mais qui est sans lien avec le site opératoire terrain et des comorbidités du patient.
et qui ne fait donc pas partie des ISO (exemple : sonde
vésicale pendant une néphrectomie totale) ;
• l’infection urinaire liée à une ISO comme on peut fré-
Infection de la partie superficielle de
quemment rencontrer après chirurgie endo-urologique.
l’incision
Dans la première situation, les dernières recomman-
dations rappellent qu’il est « fortement recommandé Comment la reconnaître
d’évoquer une infection urinaire et seulement si le patient
présente une fièvre, une hypothermie, une hypotension, Le diagnostic est relativement facile devant une peau
une altération de l’état général, une aggravation de inflammatoire : rougeur, douleur, chaleur (voir Fig. 1 et 2).
troubles cognitifs, un malaise général ou une léthargie Un élément indirect est la cicatrisation défavorable d’une
sans autre cause identifiée » [4]. Ceci exclu donc tous les plaie avec notamment un retard, une non-cicatrisation voire
patients pouvant présenter les signes fonctionnels urinaires une ouverture immédiate de la plaie lors de l’ablation des
que l’on rencontre habituellement (urgenturie, pollakiurie, agrafes ou des fils. L’émission de quelques millilitres de
brûlure. . .) qui sont dans ce cas lié au ballonnet de la sonde liquide trouble ou purulent est possible bien que moins fré-
vésicale qui irrite la muqueuse urothéliale et favorise les quente qu’en cas d’infection profonde. Ces infections ne
contractions du détrusor. présentent en général aucun critère de gravité et n’ont
Dans la deuxième situation, il faut également être pru- aucun retentissement systémique.
dent avec les signes fonctionnels urinaires habituellement
rencontrés. Toute chirurgie endo-urologique est suscep- Attitude pratique à adopter
tible d’entraîner ce type de symptômes et s’y fier peut
donc être source de nombreuses erreurs [4]. Là encore, Si l’ouverture de la cicatrice ne s’est pas faite spontané-
les signes généraux sont utiles pour différencier une véri- ment à l’ablation des fils ou des agrafes ou si l’infection est
table infection postopératoire d’une hyperactivité vésicale précoce, le premier geste est d’ouvrir la partie de la cica-
secondaire à la chirurgie. La fièvre est donc le signe prin- trice infectée afin de permettre un drainage. Ce geste sera
cipal faisant évoquer une infection urinaire post chirurgie bien souvent suffisant pour soulager le patient notamment
endoscopique. lorsque la plaie est purulente.
Prise en charge des infections postopératoires en urologie 793
Figure 2. Exemple d’infection de la partie superficielle de
l’incision après cure d’hypospadias chez un enfant.
Il n’y a aucun prélèvement bactérien systématique à
réaliser sauf cas particulier puisque ces infections ne néces-
sitent aucun autre traitement que des soins locaux avec
une cicatrisation dirigée sous surveillance infirmière (Fig. 3).
Néanmoins, l’incidence accrue des résistances bactériennes
en contexte nosocomial va peut-être faire évoluer cette Figure 3. Exemple de cicatrisation dirigée après infection de la
pratique. partie superficielle de l’incision (cystectomie) ayant nécessité une
En cas de nécessité de prélèvement, celui-ci doit être ouverture partielle de la plaie.
réalisé de manière aseptique, en profondeur et en prélevant
directement le liquide s’échappant de la plaie en évitant • soit la cicatrice s’est spontanément ouverte ou a été
tout contact des berges de la plaie pour éviter une éven- ouverte et a permis à la fois d’évacuer l’ensemble
tuelle contamination [7]. de la collection, tout en permettant de vérifier
En cas de doute sur la profondeur de l’infection notam- l’intégrité du plan aponévrotique sous-jacent et l’absence
ment chez les patients obèses, celle-ci doit être explorée d’éviscération en cas de site opératoire concernant la
par l’IDE ou le chirurgien afin de s’assurer de l’intégrité des cavité abdominale. Dans ce cas, il est recommandé de
plans profonds. réaliser un prélèvement du pus à visée microbiologique ;
• soit il y a nécessité d’une reprise chirurgicale pour :
◦ évacuer complètement la/les collection(s),
Infection de la partie profonde de ◦ vérifier l’intégrité du plan aponévrotique (patient
l’incision obèse),
◦ mise en place d’éventuel matériel de drainage,
Comment la reconnaître ◦ réaliser un prélèvement bactérien en condition
d’asepsie.
Les symptômes sont les mêmes que précédemment mais Dans tous les cas, ces patients nécessiteront par la suite
peuvent plus volontiers s’accompagner d’un retentissement à la fois une cicatrisation dirigée et souvent une antibiothé-
systémique ou biologique. Les signes inflammatoires et rapie de courte durée.
notamment la douleur sont en général plus intenses (Fig. 4).
Là encore, la cicatrice peut parfois spontanément se désunir
et l’émission de pus est dans ce cas quasi constante. En cas Infection de l’organe/espace concerné par
de doute diagnostique, le diagnostic sera fait à l’imagerie,
le plus souvent par scanner. l’intervention
Comment la reconnaître
Attitude pratique à adopter
Le sepsis est bien plus fréquent mais souvent tardif. La pré-
Deux situations se présentent : sentation clinique peut ici être très variable selon le site
794 M. Vallée, F. Bruyère
Par la suite, la surveillance et l’entretien par l’IDE d’un
éventuel système de drainage est ici primordial afin de
s’assurer de la bonne évolution : lavage, volume des sécré-
tions, couleur, évolution cicatricielle. . .
Infection de matériel
Comment la reconnaître
Cette situation concerne avant tout les sphincters urinaires
artificiels (SUA) et les implants péniens (IP). En effet, les
infections sur matériel comme les sondes vésicales ou les
sondes JJ se présentent comme des infections urinaires.
Nous décrirons donc surtout les infections sur SUA et IP.
L’infection de matériel, que cela soit pour le SUA ou
l’IP est une complication évaluée entre 3 et 10 % selon les
séries et l’expérience des centres implanteurs [8—13]. Sauf
situation exceptionnelle, le matériel doit dans ce cas être
retiré car l’hypothèse d’une stérilisation de celui-ci pas une
antibiothérapie prolongée est le plus souvent illusoire [8].
Deux situations cliniques peuvent se présenter :
• ISO survenant dans les 30 jours : le diagnostic est simple
et la présentation clinique et la même que les infec-
tions décrites au préalable. À cela peut parfois s’ajouter
l’extériorisation du matériel ;
• infection survenant à distance de l’implantation et se
présentant plus rarement sous la forme d’un sepsis aigu.
Les signes d’alertes sont la survenue d’un dysfonctionne-
ment du matériel : récidive de l’incontinence, apparition
de troubles du bas appareil urinaire, infections uri-
naires. Parfois fistulisation spontanée à la peau d’où peut
s’échapper du pus ou un liquide citrin.
Figure 4. Exemple d’infection de la partie profonde de l’incision Attitude pratique à adopter
en cours de cicatrisation dirigée.
Toute anomalie de cicatrisation au décours d’une implanta-
opératoire, les symptômes suivants doivent alerter le per- tion de matériel doit alerter rapidement le personnel IDE
sonnel : vomissements, retard de reprise de transit ou au et notamment lorsqu’il y a nécessité de prolonger les soins
contraire diarrhée, troubles mictionnels (abcès au contact infirmiers pour une mauvaise évolution cicatricielle. En cas
de la vessie), consommation inhabituelle d’antalgiques. d’infection à distance, la rupture avec un état antérieur de
L’expérience du personnel para-médical est importante confort pour le patient doit savoir alerter le personnel pre-
puisqu’ils seront en première ligne pour constater ces symp- nant en charge ces patients. Dans tous les cas, le chirurgien
tômes inhabituels qui sont bien souvent les prémisses du implanteur du matériel doit rapidement être informé afin
sepsis à venir. de prendre en charge le patient dans les plus brefs délais et
Le diagnostic, en dehors de la clinique et de la biologie réaliser une explantation de l’ensemble du matériel en cas
qui peuvent orienter sans l’affirmer, se fera par imagerie d’infection [8].
(échographie ou plus souvent scanner). Dans le cas d’une infection urinaire sur matériel (sonde
vésicale ou sonde JJ), les dernières recommandations rap-
pellent la nécessité de changer la sonde vésicale après 24 h
Attitude pratique à adopter d’antibiothérapie et en cas de sepsis contrôlé [6]. Concer-
nant les infections urinaires sur sonde endo-urétérale, les
Ce type d’infection peut conduire à 3 prises en charge qui recommandations sont les mêmes et la sonde doit être chan-
ne relèvent pas en premier lieu d’une prise en charge infir- gée dans les 24 à 48 h sous réserve d’un sepsis contrôlé et
mière : d’une antibiothérapie adaptée [6]. Néanmoins, cette atti-
• reprise chirurgicale pour évacuation et drainage d’un tude doit être pondérée et la décision de changer le matériel
abcès profond avec réalisation de prélèvements ; doit bien être évaluée en présence d’un patient avec de
• drainage percutanée par voie radiologique ; lourdes comorbidités ou en cas de changement présumé dif-
• antibiothérapie seule dans le cas d’un petit abcès ou ficile du matériel avec risque de ne pas pouvoir remettre en
d’une infection d’organe. place un matériel de drainage.
Prise en charge des infections postopératoires en urologie 795
Discussion urinaires sont potentiellement les plus graves et parfois mor-
telles, les infections superficielles ou profondes peuvent
Les IDE se trouvent bien souvent en première ligne que cela être sources d’hospitalisations prolongées avec un reten-
soit en structure hospitalière ou en ambulatoire face à la tissement certain sur la réhabilitation postopératoire des
survenue des ISO. La connaissance des symptômes devant patients. Les IDE doivent donc être parfaitement formés à
les alerter est donc primordiale dans le suivi du patient les reconnaître car ils sont bien souvent en première ligne en
en postopératoire. Il appartient également aux urologues cas de survenue d’une ISO. Enfin, les infections sur matériels
de former leur personnel aux complications postopératoires représentent certainement les infections les plus redoutées
rencontrées et notamment lorsque des chirurgies spécifiques des chirurgiens urologues notamment parce qu’elles com-
à certaines structures s’y pratiquent. promettent de manière évidente le résultat fonctionnel de
Les IDE exerçant en ambulatoire ont souvent moins la chirurgie qui devient nul à l’ablation du matériel qui est,
d’expérience dans la gestion de ces complications postopé- malheureusement, systématiquement nécessaire.
ratoires du fait d’une activité plus généraliste. Ils ne doivent
pas hésiter à se tourner vers le chirurgien référent en cas de
doute sur des suites postopératoires inhabituelles. Remerciements
Les infections urinaires postopératoires, lorsqu’elles sur-
viennent relèvent d’une prise en charge médicale. Maxime Vallée effectue actuellement une année recherche
Concernant les infections superficielles ou profondes, avec le soutien financier de l’Association française
une fois la prise en charge initiale faite, le suivi est essen- d’urologie (via les laboratoires GSK) et l’Association euro-
tiellement dévolu aux IDE avec l’application d’un protocole péenne d’urologie (EAU).
de cicatrisation dirigée qui sera réalisé en ambulatoire ou
en hospitalier selon la gravité de l’infection initiale et le
patient. Les protocoles/habitudes de services sont nom-
breux et il paraît difficile de proposer un seul et unique Déclaration de liens d’intérêts
protocole de cicatrisation dirigée. Les niveaux de preuves
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
et les études scientifiques, en chirurgie, sont assez faibles
et ne permettent pas de recommander de manière formelle
une attitude plutôt qu’une autre. Cependant il semble que
quelques attitudes soient meilleures pour accélérer la cica- Références
trisation :
• en cas de plaie de petite ou moyenne taille, l’utilisation [1] Lister J. On the antiseptic principle in the practice of surgery.
®
de pansements alginates (Algostéril ) semblent avoir Br Med J 1867;2(351):246—8.
démontré une supériorité dans les plaies infectées notam- [2] Surveillance des infections du site opératoire.: 224.
[3] Peyronnet B, Pradere B, Brichart N, Bodin T, Bertrand P, Bruyère
ment pour accélérer la cicatrisation lors des 7 premiers
F, et al. Complications associated with photoselective vapori-
jours [14,15] ;
zation of the prostate: categorization by a panel of greenlight
• certaines équipes, en cas de plaies petites ou moyennes,
users according to clavien score and report of a single-center
utilisent des protocoles de cicatrisations dirigées à base experience. Urology 2014;84(3):657—64.
de miel. Les résultats semblent favorables [16], néan- [4] SPILF-AFU. Révision des recommandations de bonne pratique
moins, une revue Cochrane de 2015 ne permet pas de pour la prise en charge et la prévention des infections
conclure sur son efficacité réelle [17] ; urinaires associées aux soins (IUAS) de l’adulte; 2015 http://
• en cas de plaie importante, ou en présence de patients [Link]/UserFiles/File/medias/Recos/2015-
présentant de nombreuses comorbidités, la thérapie par RPC-infections urinaires associees aux [Link].
pression négative permet d’accélérer considérablement [5] Caron F, Galperine T, Flateau C, Azria R, Bonacorsi S,
Bruyère F, et al. Practice guidelines for the manage-
la cicatrisation notamment lors de plaie infectée [18,19].
ment of adult community-acquired urinary tract infections.
L’inconvénient est que ce type de thérapie nécessite du
Med Mal Infect 2018 [Internet ; cité 6 juin 2018]
matériel qui n’est pas encore disponible dans tous les [Link]
centres et a fortiori en ambulatoire ; [6] Kumar A, Roberts D, Wood KE, Light B, Parrillo JE, Sharma S,
• une étude récente retrouve un intérêt majeur des pan- et al. Duration of hypotension before initiation of effective
sements à base d’octasulfate de sucrose (UrgoStart antimicrobial therapy is the critical determinant of survival in
®
Contact ) dans le traitement des plaies du pied diabé- human septic shock. Crit Care Med 2006;34(6):1589—96.
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®
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