V.
LES HYPERFREQUENCES DANS LE DOMAINE AÉRIEN
Dans le domaine de l’avionique, les hyperfréquences ne sont pas de
simples vecteurs de communication. Elles constituent les véritables
« organes sensoriels » de l’appareil. Sans elles, un avion serait incapable
de se situer dans l’espace, de détecter les dangers météorologiques ou
d’atterrir par faible visibilité.
1. La Détection Active
Le terme RADAR (Radio Detection and Ranging) définit la fonction
première des hyperfréquences : voir l’invisible.
Fonctionnement
* Le Mécanisme de l’Écho : Le système émet des impulsions de forte
puissance via une antenne directive. Lorsqu’une onde rencontre une
structure conductrice (la carlingue d’un avion), une partie de l’énergie est
réfléchie. C’est ce qu’on appelle la Surface Équivalente Radar (SER).
* La Mesure du Temps de Vol : L’électronique de bord chronomètre le
délai entre l’émission et la réception. En utilisant la vitesse de la lumière
©, le calculateur détermine la distance de l’obstacle.
* Le Radar Météo : En utilisant des fréquences autour de 9,4 GHz, le
radar devient sensible à la densité de l’eau. Il permet de cartographier les
cellules orageuses et d’identifier les zones de fortes turbulences,
essentielles à la sécurité structurelle de l’avion.
2. La Précision Verticale
Alors que l’altimètre classique mesure la pression atmosphérique, le
radioaltimètre utilise les hyperfréquences pour mesurer la distance réelle
entre le ventre de l’avion et le sol.
Fonctionnement
* Le Principe FMCW : Contrairement au radar à impulsions, le
radioaltimètre émet une onde entretenue dont la fréquence varie
linéairement (Modulation de Fréquence).
* L’Analyse Spectrale : Le signal réfléchi par le sol arrive avec un retard
temporel Delta t. Pendant ce délai, la fréquence de l’émetteur a déjà
changé. Le mélangeur électronique compare la fréquence émise et reçue :
la différence de fréquence résultante est directement proportionnelle à
l’altitude. C’est cette précision chirurgicale qui permet les atterrissages
automatiques en « Catégorie III » (visibilité nulle).
3. La Navigation et l’identification
Dans un ciel saturé, la détection passive ne suffit plus. On utilise alors des
systèmes où le sol et l’avion « communiquent » entre eux via des
protocoles numériques.
* Le Radar Secondaire (SSR) : La station au sol envoie une
interrogation codée sur 1030 MHz. Le Transpondeur de l’avion décode ce
signal et répond activement sur 1090 MHz avec son code d’identification
et son altitude.
* L’ILS (Instrument Landing System) : Pour le guidage vertical (Glide
Path), des antennes au sol émettent deux lobes d’ondes hyperfréquences
superposés, modulés à 90 Hz et 150 Hz. En mesurant la différence de
modulation (DDM), l’avion sait s’il est au-dessus ou en dessous de la pente
idéale de 3°
* L’ADS-B : C’est l’évolution ultime. L’avion devient sa propre station
émettrice. Il diffuse en permanence sa position GPS précise via une liaison
hyperfréquence, permettant à tous les autres acteurs (sol et autres avions)
de visualiser le trafic en temps réel.