Situer le texte, en dégager l’enjeu
Cette scène est la première où Camille et Perdican sont réunis : le spectateur
brûle de les découvrir, à l’instar du Baron.
Voyez si les espoirs du Baron se confirment. Que dégagent les deux jeunes
gens dans leur attitude ? Comment peut-on l’expliquer ?
Soyez attentif aux éléments qui créent le comique.
2. La question de grammaire
Relevez les termes qui expriment la négation et identifiez leur nature.
Transformer cette phrase négative en phrase a"rmative pourra vous aider à
identifier les négations en jeu, et leur type.
1. L’explication de texte
Introduction
[Présenter
[Présenter le le contexte]
contexte] Le Baron entend marier son fils à sa nièce Camille ; il les
réunit donc après dix ans de séparation et se réjouit par avance de ces retrouvailles.
[Situer
[Situer le
le texte]
texte] Dans cette scène d’exposition, le spectateur assiste à la première
rencontre des deux cousins, qui ne se passe pas comme prévu. [En [En dégager
dégager
l’enjeu]
l’enjeu] En quoi cette scène de retrouvailles à la fois grinçante et décalée s’avère-t-
elle de mauvais augure pour l’avenir ? [Annoncer
[Annoncer le le plan]
plan] Nous examinerons
d’abord les premiers échanges du couple, dissonants, avant d’analyser la
conversation, en aparté, d’adultes décontenancés ; enfin, nous verrons que les
comportements comiquement opposés des deux jeunes gens s’avèrent significatifs.
Explication au fil du texte
Les retrouvailles froides des personnages (l. 1-22)
Perdican se répand d’emblée en salutations enjouées : il exprime avec force son
« bonheur » et qualifie affectueusement sa cousine de « sœur bien-aimée » (l. 1).
Les exclamations traduisent son enthousiasme.
Par contraste, Camille paraît d’emblée froide et mesurée : « Mon père et mon
cousin, je vous salue » (l. 3). Perdican souligne avec surprise, voire nostalgie, les
liens qui les unissent, mais aussi le temps qui a passé : « Comme te voilà grande,
Camille ! » (l. 4) ; « Comme te voilà métamorphosée en femme ! […] Il me semble que
c’est hier que je t’ai vue pas plus haute que cela. » (l. 7-9).
Le Baron risque quelques questions très conventionnelles, auxquelles Perdican
n’accorde comiquement que bien peu d’attention (l. 7, l. 12), tant il se focalise sur
l’essentiel : Camille. Il multiplie les termes flatteurs à son égard, quelque peu
convenus, mais qui ne peuvent que réjouir le Baron : elle est « belle comme le jour »
(l. 4-5), « Regardez […] comme Camille est jolie ! » (l. 12-13).
En retrait, Camille est rappelée à l’ordre par son oncle : « Allons, Camille,
embrasse ton cousin » (l. 14). La courte réplique de la jeune fille est cinglante :
« Excusez-moi » (l. 15) ; elle se dérobe, et c’est le Baron qui cherche maladroitement
à provoquer un rapprochement physique : « embrasse-la, Perdican ».
Perdican, galant et conciliant, s’y refuse, sentencieux : « l’amour peut voler un
baiser, mais non pas l’amitié » (l. 19-20). L’antithèse révèle un changement de
posture vis-à-vis de Camille, un glissement significatif sur la nature possible de leur
relation, de « l’amour » à « l’amitié ». C’est cependant déjà une reculade non
négligeable par rapport aux espoirs du Baron.
Sarcastique, Camille rétorque à la manière de Perdican, dressant une barrière
supplémentaire entre eux, refusant catégoriquement tout contact, même amical :
« L’amitié ni l’amour ne doivent recevoir que ce qu’ils peuvent rendre. » (l. 21-22).
Camille multiplie les fins de non-recevoir.
Les commentaires décontenancés des adultes (l. 23-33)
Déconcerté par la froideur de Camille, le Baron épanche son désarroi en aparté à
Bridaine. Les participes passés excessifs et redondants déclinent son dépit de
manière risible : « Je suis choqué, blessé. […] Je suis vexé, piqué » (l. 27-31). Une
antithèse souligne combien ces retrouvailles sont aux antipodes de ce qu’il avait
espéré : « Ce moment, qui devait m’être si doux, est complètement gâté » (l. 30).
Le comportement de Camille, jugé affecté et inapproprié, est blâmé : « trop de
pudeur » (l. 25) ; « elle a fait mine de se signer » (l. 28-29). Cette attitude reflète son
attachement à la religion.
La didascalie interne « Les voilà qui se tournent le dos » (l. 32-33) donne
l’impression cocasse de deux enfants fâchés, à réconcilier. C’est la tâche que vont
se fixer, non sans ridicule, les adultes.
MOT
MOT CLÉ
CLÉ
Les didascalies sont des indications
indications fournies par le dramaturge sur le jeu des
acteurs et la mise en scène. On parle de didascalie interne lorsque la réplique d’un
personnage précise la mise en scène.
Des attitudes opposées et significatives (l. 34-57)
Comiquement, le Baron questionne tour à tour Camille puis Perdican, chacun
campé devant un élément hautement révélateur.
Dans la contemplation admirative de Camille, se lit son attrait pour le spirituel :
« Oh ! oui, une sainte ! […] Comme ce costume religieux lui va bien ! » (l. 42-43).
Tandis que le Baron pointe non sans humour la stérilité de cette grand-tante,
Camille répète, en l’amplifiant, fascinée, le mot « sainte », comme en quête d’un
modèle familial inspirant.
Ce tableau aux connotations éthérées contraste de manière amusante avec le
« pot de fleurs » qui absorbe Perdican et dont il fait l’éloge face à un père peu
convaincu. Le jeune homme a"che une réelle sensibilité aux réalités terrestres, à la
beauté – qu’elle émane d’une femme, comme d’une fleur. En cela, il s’oppose à
Camille : « Cette petite fleur grosse comme une mouche a bien son prix. » (l. 49-50)
Bridaine tente alors, avec une maladresse risible , de brosser un portrait supposé
flatteur et séduisant du « docteur » : « Demandez-lui à quel sexe, à quelle classe elle
appartient » (l. 51-52). La réplique finale de Perdican coupe court à cette demande
d’étalage savant et revendique un simple plaisir sensoriel : « Je trouve qu’elle sent
bon, voilà tout. » (l. 56-57) Camille comme Perdican échappent ainsi très vite aux
rôles que les adultes semblent avoir fixés pour eux.
À
À NOTER
NOTER
La pièce mélange les registres
registres comique
comique etet tragique
tragique, se rapprochant en cela
de l’esthétique du drame romantique, théorisé en 1827 par Victor Hugo.
Conclusion
S'inscrire
S'inscrire S'abonner
S'abonner
[Faire
[Faire le
le bilan
bilan de
de l’explication]
l’explication] Ainsi, cette scène d’MENU
exposition présente des
protagonistes
Énoncé
dont le comportement
Clés du sujet Corrigé
décalé tranche avec les retrouvailles idéales
imaginées par le Baron. Déjà s’esquisse un portrait moral de Camille et de Perdican.
[Mettre
[Mettre lele texte
texte en
en perspective]
perspective] Si cette scène abonde en éléments comiques,
l’atmosphère s’assombrit progressivement par la suite, jusqu’à mettre les cousins
dos à dos, alors qu’ils auraient pu s’aimer.
2. La question de grammaire
« L’amitié ni l’amour ne doivent recevoir que ce qu’ils peuvent rendre. » (l. 21-22)
On relève dans cette phrase deux négations : la conjonction de coordination
« ni » ; la locution négative syntaxique « ne… que », composée de deux adverbes qui
encadrent le verbe principal.
Cette dernière est une négation exceptive (ou restrictive), qu’on peut remplacer
par « seulement » dans une phrase a"rmative : « L’amitié et l’amour doivent
seulement recevoir ce qu’ils peuvent rendre. »
DES QUESTIONS POUR L’ENTRETIEN
Lors de l’entretien, vous devrez présenter une autre œuvre lue au cours de
l’année. L’examinateur introduira l’échange et vous posera quelques questions.
Celles ci-dessous sont des exemples.
1 Merci
Merci pour
pour votre
votre présentation du Jeu
présentation du Jeu dede l’amour
l’amour etet du
du hasard
hasard (1730)
(1730)
de
de Marivaux.
Marivaux. Comment
Comment les
les sentiments
sentiments yy sont-ils
sont-ils mis
mis àà l’épreuve
l’épreuve ??
Inquiète du mariage que son père lui a ménagé avec Dorante, Silvia décide
d’éprouver ses sentiments en se travestissant en femme de chambre. Dorante a
cependant la même idée, et se déguise en valet : chacun, à l’abri de son
déguisement, cherche à sonder son prétendant.
2 ÀÀ lire
lire cette
cette pièce,
pièce, l’amour
l’amour vous
vous semble-t-il
semble-t-il le
le fruit
fruit du
du «« hasard
hasard »» ??
Le public mesure combien le rang social influe dans les choix amoureux et donne
le sentiment d’un fort conservatisme social, d’un mélange quasi impossible des
classes.
3 Pourriez-vous
Pourriez-vous expliquer
expliquer ce
ce qu’est
qu’est le
le «« marivaudage
marivaudage »» ??
Le marivaudage correspond à un style propre à cet auteur, qui joue des subtilités
du langage amoureux, entre jeux de séduction, propos galants et finesse d’esprit.
Qui sommes-nous ? Boutique
Contact Parents
Mon compte Enseignants & CDI