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Dpi

Le document analyse la qualification juridique des crimes commis à l'Est de la RDC, notamment les massacres, les violations sexuelles, l'enrôlement d'enfants et le pillage, en les classifiant comme crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Il souligne que l'impunité résulte davantage d'obstacles politiques que de limites juridiques, avec une justice souvent paralysée par des choix politiques et des faiblesses structurelles. Enfin, il propose des mécanismes concrets pour améliorer la répression des crimes internationaux, incluant la création d'un tribunal spécialisé et la protection des victimes et témoins.

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Le document analyse la qualification juridique des crimes commis à l'Est de la RDC, notamment les massacres, les violations sexuelles, l'enrôlement d'enfants et le pillage, en les classifiant comme crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Il souligne que l'impunité résulte davantage d'obstacles politiques que de limites juridiques, avec une justice souvent paralysée par des choix politiques et des faiblesses structurelles. Enfin, il propose des mécanismes concrets pour améliorer la répression des crimes internationaux, incluant la création d'un tribunal spécialisé et la protection des victimes et témoins.

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1. Qualification juridique des faits

Au regard du Statut de Rome et du Code pénal congolais (tel que modifié par la loi de 2015),
les faits peuvent être qualifiés comme suit :

- Massacre des civils et Violations sexuelles systématiques : Ces actes, s'ils sont commis
dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique lancée contre une population
civile, constituent des crimes contre l'humanité [1]. S'ils s'inscrivent dans le cadre du
conflit armé, ils sont qualifiés de crimes de guerre.
- Enrôlement d'enfants de moins de 15 ans : C'est un crime de guerre par excellence,
violant les conventions relatives aux droits de l'enfant et le Statut de Rome [2].
- Pillage des ressources : Qualifié de crime de guerre (atteinte à la propriété) [3].

2. Responsabilité du commandant

Oui , le commandant peut être tenu responsable, même sans participation physique, du fait qu’il
avait un contrôle effectif sur ses subalternes , partant du principe de la responsabilité pénale
des chefs militaires et autre supérieurs hiérarchiques [4].

Condition juridique : Selon l'article 28 du Statut de Rome, un chef est responsable s'il :

- Savait (ou aurait dû savoir) que ses subordonnés commettaient ces crimes. D’où le
principe :<< Qui peut empêcher mais n’empêche, pèche .>>
- N'a pas pris toutes les mesures nécessaires pour prévenir ou réprimer l'exécution de
ces crimes.

Le déni de participation personnelle est donc inopérant si le contrôle effectif sur les troupes est
démontré.

3. Juridictions compétentes

Plusieurs juridictions peuvent entrer en ligne de compte selon le principe de complémentarité :

- Les juridictions militaires de la RDC :


Prioritaires en vertu de la souveraineté nationale. Les cours militaires opérationnelles sont
souvent saisies pour les crimes commis dans l'Est.

- La Cour Pénale Internationale (CPI) : Compétente si l'État congolais n'a pas la volonté
ou la capacité de mener véritablement à bien l'enquête ou les poursuites (Principe de
complémentarité)
[5].
[1] Statut de Rome de la Cour pénale internationale, article 7, paragraphe 1, alinéas (a) et (g).
[2] Cour Pénale Internationale, Le Procureur c. Thomas Lubanga Dyilo, Affaire n° ICC-01/04-
01/06, Jugement du 14 mars 2012.
[3] Éléments des crimes de la CPI, article 8 (2) (e) (v) concernant le pillage dans un conflit armé
non international.
[4] Statut de Rome, article 28 (Responsabilité des chefs militaires et autres supérieurs).
[5] NYABIRUNGU mwene SONGA, Droit pénal général congolais, Éditions DES, Kinshasa,
2010, p. 142

<< L’IMPUNITÉ DES CRIMES INTERNATIONAUX A L’EST DE LA RDC EST DAVANTAGE


LIEE A DES OBSTACLES POLITIQUES QU’A DES LIMITES JURIDIQUES .>> À discuter

[Link]

Depuis plus de trois décennies, l'Est de la République démocratique du Congo


est le théâtre de cycles de violences d'une gravité [Link]é la ratification du Statut
de Rome et l'existence d'un arsenal juridique interne, le sentiment d'impunité prédomine. Si
certains observateurs affirment que cette impunité est avant tout le fruit d'obstacles politiques,
d'autres soulignent que le droit lui-même rencontre des limites structurelles. Dès lors,
l'inefficacité de la répression des crimes internationaux est-elle une fatalité politique ou une
insuffisance de la règle de droit ?

II. L'HYPOTHÈQUE POLITIQUE : LA JUSTICE SACRIFIÉE AU NOM DE LA


STABILITÉ SÉCURITAIRE

Cette première partie démontre que l'impunité n'est pas une absence de loi,
mais un choix de gestion de crise. Ici, la synthèse intervient pour montrer que le politique
paralyse le juridique.

- La culture de l'amnistie de fait : Les processus de paix en RDC (brassage, mixage) ont
institutionnalisé une "prime à la guerre". En intégrant des chefs rebelles dans la
hiérarchie militaire (FARDC), le pouvoir politique crée un bouclier qui rend toute
poursuite judiciaire suicidaire pour la stabilité du front.
- La géopolitique et le déficit de coopération : Les crimes internationaux à l'Est impliquent
souvent des acteurs transfrontaliers. L'absence de volonté politique régionale bloque
l'exécution des mandats d'arrêt internationaux.
Synthèse partielle : L'impunité n'est donc pas une lacune législative, mais une
instrumentalisation du temps judiciaire. Le droit devient une variable d'ajustement : on l'invoque
pour écarter un adversaire gênant, mais on le suspend lorsqu'il menace un allié de circonstance
[1].

III. L'ÉPREUVE DES FAITS : L'IMPUISSANCE D'UN ARSENAL JURIDIQUE


FACE A LA RÉALITÉ DU TERRAIN

Dans cette deuxième partie, nous analysons pourquoi, même avec la


meilleure volonté, le droit bute sur des obstacles techniques. La synthèse montre ici que les
limites juridiques renforcent le découragement politique.
- L'aporie de la preuve en zone rouge : Le droit pénal international repose sur une rigueur
scientifique. Or, l'insécurité chronique empêche les magistrats et les enquêteurs
d'accéder aux fosses communes ou d'auditionner les victimes à chaud. Cette défaillance
technique conduit souvent à des acquittements pour "doute raisonnable", ce qui renforce
le sentiment d'injustice [2].
- Le paradoxe de la protection : Bien que la loi de 2015 existe, l'absence de mécanismes
concrets de protection des témoins rend le droit inopérant. Une victime qui ne peut être
protégée est une victime qui se tait.
Synthèse partielle : On observe ici un cercle vicieux : la faiblesse structurelle de l'appareil
judiciaire (manque de moyens, corruption, insécurité) justifie, aux yeux des politiques, le recours
à des solutions non judiciaires. Le droit finit par s'effacer devant la "raison d'État" ou l'urgence
humanitaire [3].

[Link]

En définitive, l'impunité à l'Est de la RDC résulte d'une symbiose délétère


entre une volonté politique vacillante et un appareil judiciaire structurellement affaibli. Si les lois
de 2015 ont marqué une avancée majeure vers l'internalisation du Statut de Rome, elles restent
lettre morte tant qu'une véritable justice transitionnelle, incluant des chambres spécialisées
mixtes et une protection réelle des témoins, ne sera pas érigée en priorité nationale[4]. La fin de
l'impunité nécessite donc que le droit ne soit plus perçu comme un obstacle à la paix, mais
comme sa condition sine qua non.

[1] LUZOLO BAMBI LESSA, Traité de droit judiciaire congolais, Éditions Universitaires
Africaines, Kinshasa, 2021, p. 112 (sur l'arbitrage entre paix et justice).
[2] Cour Pénale Internationale, Le Procureur c. Mathieu Ngudjolo Chui, Affaire n° ICC-01/04-
02/12, Acquittement du 18 décembre 2012 (Illustration des défis liés à la collecte des preuves
en zone de conflit).
[3] NYABIRUNGU mwene SONGA, La criminalité internationale : Le défi de l'impunité, Éditions
DES, Kinshasa, 2012, p. 240.
[4] Rapport Mapping des Nations Unies (1993-2003), Recommandations sur la création d'un
mécanisme judiciaire mixte, paragraphe 1028.

Voici les mécanismes concrets que nous proposons pour améliorer la répression des crimes
internationaux dans l’est de la RDC :

- Création d'un Tribunal Spécialisé Mixte (Chambres Spécialisées) : Au sein du système


judiciaire congolais, avec l'appui d'experts internationaux, pour juger les crimes graves
commis depuis les années 90 (recommandation du Rapport Mapping).
- Protection effective des victimes et témoins : Créer une agence autonome de protection
pour encourager les dénonciations sans crainte de représailles.
- Spécialisation des magistrats : Renforcer les pôles d'enquête spécialisés sur les crimes
de guerre et les crimes contre l'humanité dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.
- Coopération régionale accrue : Activer réellement les mécanismes de coopération
judiciaire de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs) pour
l'extradition des suspects.

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