Article Roubache
Article Roubache
RESUME–Dans cet article, les auteurs présentent un modèle modélisé semi-analytiquement une machine synchrone à
semi-analytique d’une machine asynchrone à cage d’écureuil en concentration de flux avec les parties ferromagnétiques en
considérant la saturation magnétique locale et les courants de utilisant la technique en SDs ainsi que les polynômes de Taylor
Foucault induits dans les barres rotoriques. Les régions du rotor et pour connecter les régions sur les bords [16]-[17]. Dans [18], la
du stator sont divisées en sous-domaines élémentaires (SDs-E) méthode exacte de Dubas et al. [15] a été implémentée sur les
caractérisés par des solutions générales au premier harmonique des machines électriques à flux radial et à aimants permanents.
équations de Maxwell en magnéto-harmonique. Ces SDs-E sont Dans [19], Roubache et al. ont développé un modèle semi-
connectés dans les deux directions (i.e., selon les bords r et θ). Le
analytique avec la saturation magnétique locale en utilisant
calcul du champ magnétique a été validé pour plusieurs valeurs de la
l’algorithme itératif de Newton Raphson. L'idée principale de
perméabilité relative du fer et du glissement. Toutes les grandeurs
électromagnétiques ont été comparées à ceux obtenues par une
ce nouveau type de modèle est de mailler les régions du rotor et
méthode numérique en deux dimensions (2-D), viz., FEMM. Les du stator en SDs-E. La solution générale est identique à celle de
résultats semi-analytiques sont satisfaisants par rapport aux [15]. Néanmoins, les SDs-E sont supposés suffisamment petits
numériques, en considérant l'amplitude et la forme d'onde. de telle sorte que la variation du potentiel vecteur magnétique
Az peut être considérée comme non importante, conduisant
Mots-clés—Technique en sous-domaines élémentaires, ainsi de ne considérer que les premiers harmoniques selon la
Saturation magnétique locale, Courants de Foucault, Machine direction r et dans la solution générale.
asynchrone à cage d'écureuil, Performances électromagnétiques.
Dans ce papier, les auteurs se proposent de modéliser une
1. INTRODUCTION machine asynchrone à cage d'écureuil en utilisant la technique
Les modèles (semi-)analytiques sont rapides, précis et en SDs-E avec l’effet de saturation magnétique locale en
principalement adaptés aux premières étapes de conception prenant en compte les courants de Foucault induits dans les
optimale. La technique en sous-domaines (SDs) est l'une des barres rotoriques. Les simulations ont été effectuées pour
méthodes semi-analytiques les plus récentes pour prédire le plusieurs valeurs de la perméabilité relative du fer et du
champ électromagnétique et pour calculer les performances glissement. Les résultats semi-analytiques en 2-D ont été
électromagnétiques. Plusieurs états de l’art sur cette technique, comparés avec ceux obtenus par FEMM [20].
dans les machines électriques, peuvent être trouvés dans [1]-
[8]. L’application de cette modélisation aux machines 2. FORMULATION MATHÉMATIQUE EN SDS-E
asynchrones à cage d’écureuil peut être trouvée dans [9]-[12], Les Figs. 1 ~ 2 représentent respectivement une machine
mais malheureusement en négligeant la saturation magnétique asynchrone à cage d’écureuil avec l’identification des différentes
globale ou locale. Jusqu’en 2015, la prise en compte du fer régions et le maillage en SDs-E du rotor ainsi que du stator.
dans la technique en SDs était effectuée uniquement dans des
En magnéto-harmonique 2-D, le potentiel vecteur
régions : i) périodiques (e.g., dans les machines asynchrones à
magnétique s’exprime par :
rotor solide [13]), ou ii) avec des conditions aux limites (CLs)
dans le rotor
homogènes (e.g., dans les ponts magnétiques des machines
synchrones à concentration de flux [14]). En 2017, Dubas et al. Az r , , t e Az r , e jrm t (1)
ont proposé une nouvelle contribution scientifique dans la
A r , , t e A r , e dans le stator
technique en SDs en insérant des régions ferromagnétiques [5] jt
et [15]. Cette méthode dite exacte en 2-D a été appliquée à une z z (2)
bobine à noyau d’air ou de fer (en coordonnée cartésienne [5]
et polaire [15]) alimenté par un courant continu. La solution avec j 1 et rm s p r où rm représente la
générale des équations de Maxwell en magnétostatique 2-D est
décomposée en série de Fourier à partir deux solutions dans les pulsation électrique au rotor, s le glissement, la pulsation
deux directions et respecte les CLs sur les différents bords en électrique au stator (ou de synchronisme), p le nombre de paires de
appliquant le principe de superposition. Roubache et al. ont pôles, et r la pulsation mécanique au bout de l’arbre du rotor.
plus, on peut considérer que les courants de Foucault induits
III j
dans les barres rotoriques J rz sont constants. Par conséquent,
Az 0 (3) devient
B
I Si
Ri Se Sf Az 0 J rzj pour Rb
j
(6)
II
Domain( ) Rb C avec J rjz r , J rzj jrm A z où A z représente la valeur
moyenne de Az r , .
Rf
La formulation utilisée dans ce document nécessite la
Az 0 Rr Rs
définition des éléments de maillage représentés sur la Fig. 2 :
A
Rint r1 r2 r3 r4 Rext
Fig. 1. Machine asynchrone à cage d’écureuil. 1 l Lr Lr 1 (7)
Rs a a1 al aLr Lr 1 (8)
Region I al RrKr 1 Rr
Region II Ri
1 Ls Ls1
r2
kII,l
Rf l (9)
k=1⋯Kr
II Rrk 1
k ,l Rrk
II
k ,l
Rb
b b1 bl bLs Ls1 (10)
r1
Rr1 Rint
Lr l 1
Rr Rint Rrk RrKr 1 ( Kr 1)1 (11)
(a)
Rs Rs RsKs 1 ( Ks 1)1
RrKs1 Rext
Region III bl Rsk (12)
r4
Se Sf
II IIk ,l Kr Lr
Rsk 1
k=1⋯Ks
Rsk (13)
III
k ,l III
k ,l
Si
r3
Rs1 Rs
II IIk ,l Kr Lr (14)
Rr Region I
Ls l 1
(b)
III III
k ,l
Ks Ls (15)
Fig. 2. Maillage en SDs-E du : (a) rotor et (b) stator.
J z III J III
k ,l
Ks Ls (16)
L’équation aux dérivées partielles pour chaque domaine
est défini par : avec
1
Az j0 rm Az pour Rb
j
(3) if k ,l Rb Ri
IIk ,l 0 (17)
1 if Rf
k ,l
Az 0 J sz
i
pour iSe (4)
r 0
avec
où B1k ,l B6k ,l sont les constantes d’intégrations dans le rotor.
À partir des CLs entre les différents domaines et régions,
sk & sl (24) les constantes d'intégrations dans (22), (23) et (31) peuvent être
ln Rsk 1 Rsk bl déterminées en résolvant le système d’équations linéaires
suivant :
où C1k ,l
C6k ,l sont les constantes d’intégrations dans le stator.
M X Y (33)
dans le rotor (Région II) :
Selon (6), la solution générale dans le rotor peut être définie par : avec
avec
Y 1 2 3 4 5 6 (36)
rk & rl (26)
ln Rrk 1 Rrk al a air A10 A1N A20 A2 N A31 A3N A41 A4 N 4 N 21 (37)
k ,l
mais J zk I,lI j IkI,l rm A z II , ce qui donne : b rotor B11,1 B61,1 B11,2 B61,2 B1Kr , Lr B6Kr , Lr
6 K r Lr 1
(38)
J zkII,l j IIk ,l rm B1k ,l 2k ,l B2k ,l k ,l J zkI,lI 5k ,l B5k ,l B6k ,l (27) c stator C11,1 C61,1 C11,2 C61,2 C1K s , Ls C6K s , Ls
6 K s Ls 1
(39)
avec Il est à noter que 11
; 12 ; 13 ; 22 ; 33 , correspondant
k ,l 0 Rrk21 Rrk2 2 (28) aux CLs de Az , sont indépendantes de la réluctivité des
Tableau 1. Paramètres géométriques et physiques de la machine Pour l’alimentation en tension, le fondamental du courant
asynchrone à cage d’écureuil. statorique (i.e., l’amplitude et le déphasage) peut être calculé en
Symboles Paramètres Valeurs
utilisant un circuit électrique équivalent [10]-[11]. Fig. 10
représente les caractéristiques électromagnétiques de la machine
Conductivité électriques des barres rotoriques 35 MS/m en fonction de glissement. On remarque que pour des valeurs de
rm Perméabilité relative du fer 100-600 glissement inferieures à 0,1 les résultats sont en accord avec
Nc Nombre de conducteurs par encoche 60 ceux obtenus par FEMM. Néanmoins, pour des valeurs élevées
Im Courant RMS dans le bobinage statorique 18 A
de glissement le modèle donne une erreur de 5% entre les
courants obtenus analytiquement et numériquement. Bien
Qs Nombre d’encoche statorique 24 entendu, cette erreur est également obtenue pour les résultats du
C Ouverture angulaire de l’encoche statorique 7,5 deg. couple. Cette erreur est due à la prise en compte des courants de
cr Ouverture angulaire de cale d’encoche statorique 2,5 deg Foucault induits dans les barres du rotor en tant que constantes.
A Ouverture angulaire de l’encoche rotorique 5,45 deg.
ar Ouverture angulaire de cale d’encoche rotorique 1,9 deg
p Nombre de paires de pôles 2
Rext Rayon extérieur du stator 95 mm
r4 Rayon extérieur d’encoche statorique 83 mm
r3 Rayon intérieur d’encoche statorique 63 mm
Rs Rayon intérieur du stator 61 mm
Rr Rayon extérieur du rotor 60 mm
r2 Rayon extérieur d’encoche rotorique 58 mm
r1 Rayon intérieur d’encoche rotorique 48 mm
Rint t Rayon intérieur du rotor 20 mm
G Épaisseur de l’entrefer 1 mm
Lu Longueur axiale de la machine 63 mm Fig. 3. Composante r et θ de l’induction magnétique au milieu de l’entrefer
pour r 100 et s 0,1 .
matériaux. Les autres sous-matrices, correspondant aux CLs de
H / / , dépendent de la réluctivité des matériaux (hormis 41 ).
Le développement des CLs ainsi que les sous-matrices peuvent
être trouvés dans [19]. Dans cet article, le cas d'une
perméabilité constante a été traité. Néanmoins, il possible
d'introduire l’algorithme itératif de Newton Raphson pour
l’analyse non-linéaire du champ magnétique [19] en utilisant la
courbe B(H) effective [21].
3. RESULTATS ET VALIDATIONS
3.1. Performances électromagnétiques
La méthode semi-analytique développée est utilisée pour
déterminer le champ magnétique dans toutes les régions de la
machine, la densité surfacique de courant de Foucault induits
dans les barres rotoriques et le couple électromagnétique. Les Fig. 4. Composante r et θ de l’induction magnétique au milieu de l’entrefer
paramètres géométriques et physiques de la machine sont donnés pour r 600 et s 0,1 .
dans le Tableau 1.
Les Figs. 3 ~ 5 représentent les différentes composantes de
l’induction magnétique au milieu de l’entrefer pour différentes
valeurs de la perméabilité relative du fer et du glissement (i.e.,
r ; s 100; 0,1 , 600; 0,1 , 600; 1 ). Les résultats semi-
analytiques sont très satisfaisants par rapport aux résultats
numériques, en considérant l'amplitude et la forme d'onde. Le
dégradé d’amplitude de l’induction magnétique et du vecteur
potentiel magnétique à l'intérieur de la machine asynchrone à
cage d’écureuil pour r ; s 600; 0,1 sont respectivement
représentés dans les Figs. 6 ~ 7.
Les Figs. 8 ~ 9 représentent les courants de Foucault induits
dans les barres rotoriques obtenus analytiquement et
numériquement pour r ; s 600; 0.1 , 600; 1 . Les résultats
Fig. 5. Composante r et θ de l’induction magnétique au milieu de l’entrefer
semi-analytiques sont très satisfaisants par rapport aux résultats pour r 600 et s 1 .
numériques.
(a) (a)
(b) (b)
Fig. 6. Dégradé d’induction magnétique à l'intérieur de la machine pour Fig. 8. Densité surfacique de courant de Foucault induits dans les barres
r 600 et s 0,1 : (a) Analytique et (b) FEMM. rotoriques pour r 600 et s 0,1 : (a) Analytique et (b) FEMM.
(a) (a)
(b) (b)
Fig. 7. Dégradé du vecteur potentiel magnétique à l'intérieur de la machine Fig. 9. Densité surfacique de courant de Foucault induits dans les barres
pour r 600 et s 0,1 : (a) Analytique et (b) FEMM. rotoriques pour r 600 et s 1 : (a) Analytique et (b) FEMM.
l’erreur relative entre le modèle semi-analytique et numérique
en fonction de la taille de la matrice M et du temps de calcul.
L’erreur relative est représentée en termes de l’induction
magnétique au milieu de l’entrefer et du couple
électromagnétique. Ces erreurs sont calculées :