Exploitation Forestieres
Exploitation Forestieres
t technologie du bois
Objectif du cours :
L’objectif principale du cours vise à fournir aux apprenants les notions relatives aux problèmes
environnementaux liés aux forêts.
De manière spécifique le cours a pour objectif de :
• Comprendre les principaux problèmes environnementaux liés aux forêts ;
• Analyser les causes et les conséquences de ces problèmes
• Évaluer les solutions et les stratégies pour résoudre ces problèmes
Plan du cours :
Chapitre 1 : Introduction à la forêt et à leurs fonctions
Chapitre 2 : Déforestation et dégradation des forêts
Chapitre 3 : Changement climatique et forêts
Chapitre 4 : Perte de biodiversité et forêts
Chapitre 5 : Solutions et stratégies pour résoudre les problèmes environnementaux liés aux forêts
FICHE DE PROGRESSION
SEQUENCE 2 : 1. CM : 5 h
DÉFORESTATION ET
DÉGRADATION DES
FORÊTS TD : 4 h
1- CM : 5 h
SÉQUENCE 3 :
CHANGEMENT
TD : 4 h
CLIMATIQUE ET FORÊTS
SÉQUENCE 4 : 1- CM : 5 h
CHAPITRE 4 : PERTE DE
BIODIVERSITÉ ET FORÊTS TD : 4 h
SÉQUENCE 5 : 2- CM : 5 h
SOLUTIONS ET
STRATÉGIES POUR
TD : 4 h
RÉSOUDRE LES
PROBLÈMES
ENVIRONNEMENTAUX LIÉS
AUX FORÊTS
Chapitre 1 : Introduction aux forêts et à leurs fonctions
1. Objectifs Pédagogiques
Lorsque vous aurez terminé ce chapitre vous devrez être capable de montrer que vous avez compris son
contenu en appliquant vos connaissances à des situations habituelles et inhabituelles et vous autoévaluer.
Vous devrez en particulier être capable de :
✓ De définir les notions liées aux forêts et à leurs dégradations ;
✓ Donner les principales fonctions de la forêt
✓ Donner l’importance des forêts pour l’environnement
✓ Connaitre l’état des forêts de la sous-région
2. Introduction
Les forêts englobent certains des écosystèmes les plus vibrants de notre planète, abritant une variété
étonnante d’oiseaux, d’animaux et de plantes. Les forêts sont à la base de plus de 5 000 produits, allant de
l’huile distillée provenant de feuilles, aux médicaments à base de plantes ou aux carburants, aliments,
matériaux de construction et vêtements. Elles Préviennent l’érosion des sols et aident à régulariser le climat
; fournissent de l’eau propre ; sont une source d’inspiration pour l’art, la recherche et la religion et sont
essentielles à la survie et au bien-être des individus du monde entier, soit les 7 Milliards d’entre nous. On
peut définir la forêt comme étant un terrain comportant une couverture végétale dans laquelle prédominent
les arbres, les arbustes et autres espèces susceptibles de fournir des produits et services sociaux et
environnementaux autres qu’agricoles. Pourtant, les forêts du monde sont confrontées à d’énormes pressions
et défis. Les principaux résultats de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2010 montrent que, si
la déforestation a quelque peu ralenti ces dernières années par rapport aux années 1990, son rythme actuel
reste très élevé et s’avère alarmant.
Fonctions économiques :
1. Production de bois et de produits forestiers : Les forêts fournissent du bois et d'autres produits
forestiers, tels que la pâte à papier, les résines et les huiles essentielles.
2. Tourisme et loisirs : Les forêts offrent des opportunités de tourisme et de loisirs, telles que la
randonnée, le camping et l'observation de la faune.
3. Emplois et revenus : Les forêts fournissent des emplois et des revenus pour les communautés locales.
Fonctions sociales :
1. Support à la santé humaine : Les forêts fournissent des médicaments et des produits naturels qui sont
utilisés pour traiter diverses maladies.
2. Réduction de la pollution : Les forêts aident à réduire la pollution de l'air et de l'eau en absorbant les
polluants et en les transformant en substances inoffensives.
3. Préservation de la culture et de l'histoire : Les forêts peuvent abriter des sites culturels et historiques
importants.
Fonctions environnementales :
1. Régulation de la qualité de l'air : Les forêts aident à réguler la qualité de l'air en absorbant les polluants
et en produisant de l'oxygène.
2. Régulation de la qualité de l'eau : Les forêts aident à réguler la qualité de l'eau en absorbant les
polluants et en les transformant en substances inoffensives.
3. Prévention des catastrophes naturelles : Les forêts peuvent aider à prévenir les catastrophes
naturelles, telles que les inondations et les glissements de terrain.
Près de 9 % de la superficie des forêts tropicales humides d’Afrique centrale ont disparu depuis l’an 2000,
c’est-à-dire 18 millions d’hectares, selon le septième rapport de l’État des Forêts (EDF) du bassin du Congo.
Cette dramatique constatation issue des recherches scientifiques sur ses vastes étendues de forêts denses
peu perturbées souligne l’importance du processus de dégradation et de déforestation de ses écosystèmes.
Les forêts du bassin du Congo contribuent de manière diversifiée aux économies des pays d’Afrique centrale.
Une partie importante de l’apport de ces forêts au développement socio-économique de ces pays africains
se fait à travers les chaînes de valeur des produits forestiers non ligneux, du bois-énergie et de l’exploitation
de la faune sauvage pour des fins alimentaires, le secteur informel étant encore prépondérant dans ces
filières. Il est actuellement reconnu que ces forêts situées dans le bassin du Congo jouent un rôle mondial de
tout premier ordre dans la séquestration du carbone grâce à leurs écosystèmes et leurs tourbières.
Dans ce contexte actuel, l’atteinte du but de gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale
fait face à de nombreux défis. L’EDF 2021 met l’accent sur trois d’entre eux : l’aménagement du territoire, la
restauration des paysages forestiers dégradés et la prise en compte des droits des populations. Parmi les
options proposées pour surmonter ces défis figurent l’élaboration de politiques publiques permettant une
planification de l’aménagement du territoire, de façon à créer les conditions d’un développement compatible
avec une meilleure gestion des ressources tout en assurant le développement économique afin de lutter
contre la pauvreté, la prise en compte de la diversité des droits coutumiers dans la gestion de l’espace
forestier et la recommandation de remettre l’État plus au centre de la gestion de ces espaces, avec une
réglementation adaptée aux réalités de terrain.
Ainsi, les principales pressions et menaces auxquelles sont confrontées les forêts d’Afrique centrale sont
Déforestation et dégradation : causées par l’agriculture itinérante, l’exploitation forestière illégale et les
plantations industrielles (huile de palme, cacao).
Exploitation minière : la recherche de minerais (fer, or, diamants) entraîne la destruction des habitats.
Création d’aires protégées et parcs nationaux (ex. Parc national de la Salonga, Parc de la Lopé).
1. Objectifs Pédagogiques
Lorsque vous aurez terminé ce chapitre vous devrez être capable de montrer que vous avez compris son
contenu en appliquant vos connaissances à des situations habituelles et inhabituelles et vous autoévaluer.
Vous devrez en particulier être capable de :
✓ De définir les notions liées aux forêts et à leurs dégradations ;
✓ Donner les facteurs de la dégradation et du déboisement
✓ Connaitre les principales mesures à prendre pour faire face aux dégradations et de déboisement
2. Introduction
La déforestation et la dégradation des forêts sont deux phénomènes étroitement liés qui ont des impacts
significatifs sur l'environnement, la biodiversité et les communautés locales.
La déforestation est le processus de destruction ou de suppression des forêts, souvent pour faire place à
d'autres utilisations des terres, telles que l'agriculture, l'urbanisation ou l'exploitation minière. La déforestation
peut être causée par des facteurs tels que :
- L'expansion agricole
- L'urbanisation
- L'exploitation minière
La dégradation des forêts est le processus de détérioration de la qualité et de la quantité des forêts, souvent
en raison de l'exploitation excessive ou de la mauvaise gestion. La dégradation des forêts peut être causée
par des facteurs tels que :
Les impacts de la déforestation et de la dégradation des forêts sont nombreux et variés, notamment :
- Perte de biodiversité
- Changement climatique
Historiquement, l’agriculture concernait de grandes surfaces dans le Bassin du Congo. Les recherches
actuelles, basées sur des phytolithes et des fragments de charbon ou d’outils utilisés par l’homme,
démontrent qu’avant le commerce triangulaire et plus récemment l’exode rural massif vers les centres
urbains, la très grande majorité des forêts d’Afrique centrale était parcourue de surfaces agricoles (Morin-
Rivat, 2014). L’agriculture communément pratiquée et répandue aujourd’hui dans la sous-région est de type
familiale, ou paysanne. Cette agriculture vivrière repose sur des champs associant diverses plantes
comestibles annuelles et pluriannuelles (principalement : manioc, maïs, arachide, bananier plantain, légumes
et tubercules) en rotation avec des jachères plus ou moins longues selon la disponibilité en terre (Meunier
et al.,2014 ; Feintrenie et al., 2015). Les jachères peuvent ainsi durer plus de 20 ans dans les régions
forestières les moins peuplées, ou être réduites à moins de 3 ans dans les régions où l’accès à la terre est
devenu compétitif (Feintrenie et al., 2015). Aux marges forestières certaines terres arables sont maintenant
cultivées en continu. L’agriculture vivrière itinérante sur brûlis est une cause de dégradation des forêts, mais
ne peut conduire à une déforestation qu’au-delà d’une pression démographique estimée dans le Bassin Du
Congo à 8 hab/km² (Desclée et al., in de Wasseige et al.,2014). À partir de cette densité de population les
agriculteurs se voient obligés de réduire les durées de jachère pour augmenter leur production et a minima
répondre au besoin alimentaire des habitants.
À l’instar d’autres ressources naturelles, l’exploitation industrielle minière s’opère par l’octroi de permis. Les
impacts directs de l’exploitation industrielle peuvent être relativement réduits alors que les impacts indirects
sur la forêt et les sociétés qui en vivent peuvent être considérables. Les impacts directs concernent le
déboisement et les diverses pollutions touchant essentiellement le système hydrique, l’air et les terres. Les
impacts indirects résultent de la construction des infrastructures de transport des minerais et de l’énergie
et de l’implantation des bases vie nécessaires au fonctionnement de la mine. Ainsi, l’activité minière rend
accessible des zones de forêts relativement intacte à des populations qui, non seulement peuvent espérer
trouver un emploi au sein de l’entreprise minière, mais aussi développer des activités agricoles sur de
nouvelles terres et exercer une plus grande pression sur les ressources bois énergie et faune sauvage.
En résumé, si le déboisement est relativement faible pour accéder au gisement, les effets de la dégradation
et de la déforestation induits par l’exploitation peuvent être importants, et ce d’autant plus que les zones sont
administrativement désertées. De nombreux services écosystémiques délivrés par la forêt seront ainsi
dégradés par l’exploitation minière et de ce fait, il se pose une question loin d’être résolue par la communauté
scientifique : Comment mesurer en termes monétaires la dégradation des services dans le pas de temps de
l’exploitation d’une mine par rapport aux profits financiers espérés de celle-ci ? Quelle analyse comparée
coûts/bénéfices de l’exploitation minière et des autres services écosystémiques peut permettre d’intégrer ces
échelles de temps et dégradations possibles ?
En réalité peu de projets miniers industriels ont pu débuter en 2015 dans les forêts du Bassin du Congo
et cela pour des raisons financières, administratives et de volatilité des cours des minerais qui découragent
l’investissement. Dans la dynamique actuelle, ce constat pourrait être à pondérer d’ici quelques années dans
certains massifs forestiers. Même très dispersée et localisée, elle les dégrade de façon importante, peut-être
davantage que l’exploitation industrielle selon les observateurs de terrain. Dans le secteur minier, l’attrait de
profits rapides est à l’origine des activités artisanales généralement illégales pratiquées par les populations
les plus pauvres (Hammond et al., 2007). Ces activités minières artisanales sont réalisées dans de très
mauvaises conditions de travail et laissent les portes ouvertes aux dégradations sociales et sanitaires.
En extrapolant les résultats d’études dans la sous-région sur les concessions forestières (FORAFAMA et
Carbon Map and Model), on estime à 7 % la surface d’une concession dégradée par les routes nécessaires
à évacuer les bois en forêt et à 0,5 % par l’abattage des arbres l’année d’exploitation (une année sur 30 si la
rotation est fixée à 30 ans). Par ailleurs, la régénération du couvert suivant l’exploitation, la vulgarisation des
méthodes d’exploitation forestière à impact réduit et le développement de certifications légales ou durables
des concessions limitent cet impact de dégradation sur les surfaces exploitées pour la production de bois
d’œuvre.
En résumé, 49 millions d’hectares de forêt sont attribués en concessions forestières dans le Bassin du Congo.
Si ces concessions sont gérées durablement sur la base des plans d’aménagement, ils seront à l’abri de la
déforestation mais resteront sous la menace de la dégradation forestière qui peut en partie se résorber à
l’échelle de la rotation de 25 à 30 ans. Néanmoins, force est de constater que l’ensemble de l’exploitation
forestière dans les pays du Bassin du Congo ne se fait pas à ce jour sous plan d’aménagement. Dans la
région, 40 % des concessions sont déjà aménagés, mais il faudra atteindre 100 % à moyen terme.
À l’encontre de la dynamique d’aménagement, l’ensemble du massif forestier est à divers niveaux en proie
à l’exploitation illégale qui, selon les pays, provoque une plus grande dégradation voire déforestation que
l’exploitation légale.
La figure suivante donne le mécanisme général de dégradation des forêts au sein de la sous-région
Figure 1: Mécanisme général de la dégradation des forêts au sein de la sous-région
Le tableau ci-dessous donne les principales causes des dégradations des forêts identifiés dans le monde :
Pays Pauvreté Cultures Pâturages Collecte bois Coupe Coupe Exploitati Colonis Routes Insécuri Occupa Manque Feux Sécheres Ravageurs Eros Vent Autres
itinérantes de feu / excessive illégale on ation té en tion des de se ion et
charbon de minière illégale forêt terres régime , insectes, neige
bois foncier maladies
Congo, 3. 1. 2.
Républiqu
e du
Ghana 40% 2% 2-3% 10% 5% 40%
Kenya 3. 1. 2. 4.
Lesotho 30% 10% 25% 25% 10%
Liberia 6. 5. 4. 7. 8. 9. 2. 3. 1.
Mali 4. 2. 1. 3. 5.
Niger 2. 3. 1.
Somalie 3. 1. 2.
Tanzanie 25% 25% 20% 5% 25%
Costa 3. 1. 2.
Rica
Mexique 82% 14% 1%
Argentine 1. 4. 2. 3.
Chili 2. 1. 3.
Equateur 70%
Paraguay 1. 2. 3.
Pérou 1. 2. 3. 4.
Brunei 1.
Chine 1. 2. 3.
Chypre 1. 3. 2.
Iran 2. 4. 1. 3. 6. 5.
Mongolie 18% 12% 20% 28% 22%
Turquie 1. 4. 2. 6. 5. 3.
Bulgarie 60-70% 2.
Croatie 95%
Islande 1. 2. 3.
Lettonie 7% 10% 16% 57% 10%
Lituanie 1. 2.
Roumanie 1. 2.
Russie 1. 2.
Slovaquie 1. 2.
Slovénie 1. 2.
Ukraine 3% 32% 38% 11% 17%
Iles Cook 2. 3. 4. 1.
Kiribati 1.
Le tableau suivant donne les principaux indicateurs nécessaires pour le suivi de la dégradation des forêts et de
la déforestation :
Etendue des Diversité Santé et Fonctions Fonctions Fonctions Contribution
ressources biologique vitalité des productives de protectives socio- du cycle du
forestières forêts la forêt de la forêt économiques carbone
Densité de nombre zone volume sur zone loisirs (10) piégeage du
peuplement (13) d’espèces affectée pied (15) affectée carbone (13)
de faune et par les par
de flore (13) ravageurs, l’érosion
maladies et (15)
insectes
(15)
zone
composition affectée capacité de
Composition des des par le feu composition régulation biomasse (8)
essences (13) (8) des espèces (4) de l’eau emploi (9)
essences
/zones de
(11)
drainage
(6)
zone qualité et
affectée quantité
diversité des par les d’eau (4)
écosystèmes
Superficie/couvert (6) inondations PFNL (4)
matériel sur
forestier (10) valeur
(2) pied (4)
commerciale
diversité et brise-vent des produits
qualité forestiers (8)
(2)
génétique
(6)
Structure d’âge essences tourisme (6)
introduites taille et
(9) (3) répartition du
matériel sur
pied (3)
production de
Structure de taille bois d’œuvre valeurs
Note: Seuls
des arbres (5) les indicateurs cités plus d’une fois figurent
(3) dans ce tableau. Les chiffresculturelles
correspondent
et au nombre de
répondants (N=45).
spirituelles
Source: Réponses à l’enquête par pays (5)
production accessibilité
Solutions pour lutter contre la déforestation etfourragère la dégradation
(2) des forêts par les
Type de forêt (2)
communautés
1. Renforcement de la protection des forêts locales (4)
valeurs non
Création et extension des aires protégées : Développer des réserves naturelles et des parcs nationaux.
superficies sous commerciales
Application stricte des lois : Lutter contre l'exploitation
Plans illégale du bois et la déforestation illégale.
d’aménagement (3)
Superficies sous
Plans forestier (2)
d’aménagement
produits de la
forestier (2)
forêt (2)
Surveillance par satellites et drones : Suivre l’évolution des forêts et détecter les activités illégales.
2. Reforestation et restauration des écosystèmes
Plantation d’arbres indigènes : Restaurer les forêts avec des espèces adaptées.
Agroforesterie : Associer cultures et arbres pour protéger le sol et maintenir la biodiversité.
Régénération naturelle assistée : Laisser la nature reprendre ses droits tout en contrôlant les facteurs de
dégradation.
3. Promotion d’une gestion forestière durable
Certification FSC ou PEFC : Encourager l’exploitation du bois selon des normes durables.
Exploitation sélective et rotation des cultures : Éviter la coupe rase et favoriser une exploitation raisonnée.
Encourager l’utilisation de matériaux alternatifs : Réduire la demande en bois en favorisant d’autres matériaux.
4. Sensibilisation et engagement des populations locales
Programmes d’éducation environnementale : Informer les communautés sur l’importance des forêts.
Développement de moyens de subsistance durables : Offrir des alternatives économiques comme l’écotourisme
ou la culture durable.
Implication des peuples autochtones : Valoriser leurs connaissances et les intégrer dans la gestion des forêts.
5. Réduction de la demande en produits forestiers destructeurs
Consommation responsable : Privilégier le papier recyclé et le bois certifié durable.
Lutte contre la déforestation importée : Réduire la consommation de produits issus de la déforestation (soja,
huile de palme non durable).
Encouragement des entreprises à adopter des politiques durables : Exiger des chaînes d’approvisionnement
respectueuses de l’environnement.
6. Lutte contre les causes indirectes de la déforestation
Réduction des émissions de CO₂ : Lutter contre le changement climatique qui fragilise les forêts.
Amélioration des techniques agricoles : Éviter l’agriculture sur brûlis et promouvoir des pratiques agricoles
durables.
Urbanisation contrôlée : Limiter l’expansion des villes au détriment des forêts.
Chapitre 3 : Changement climatique et forêts
1. Objectifs Pédagogiques
Lorsque vous aurez terminé ce chapitre vous devrez être capable de montrer que vous avez compris son contenu
en appliquant vos connaissances à des situations habituelles et inhabituelles et vous autoévaluer.
Vous devrez en particulier être capable de :
✓ Définir les notions liées aux changements climatiques ;
✓ Analyser les impacts du changement climatique sur les forêts et les écosystèmes forestiers
✓ Explorer les stratégies d’atténuation et d’adaptation
2. Introduction
Le climat de la Terre évolue continuellement sous l’influence de diverses forces naturelles. Mais actuellement, des
changements importants et rapides ont été observés dans le climat à l’échelle mondiale, conséquence d’un
réchauffement mondial causé par les activités humaines qui émettent des gaz à effet de serre piégeant la chaleur.
Le réchauffement mondial est associé à une variabilité climatique accrue et par conséquent à une fréquence
accrue d’événements extrêmes tels que les canicules, les sécheresses graves, les gros orages et aussi la montée
du niveau de la mer. Le changement climatique et la variabilité climatique accrue (phénomènes désignés
collectivement sous le nom de changement climatique) auront sans doute des répercussions économiques,
sociales et environnementales étendues. Pour les gestionnaires forestiers, le changement climatique nécessitera
sans doute une modification majeure de leur pratique de gestion pour s’adapter à ce changement ou en atténuer
les effets.
Le dioxyde de carbone (CO2) est l’un des principaux gaz à effet de serre, et les modifications du cycle mondial du
carbone qui affectent la concentration de CO2 dans l’atmosphère sont d’importance critique pour le climat mondial.
Or, les forêts jouent un rôle important à la fois comme puits et comme source de CO2. La végétation forestière et
le sol des forêts contiennent environ la moitié du carbone terrestre de la planète et les écosystèmes terrestres
peuvent séquestrer une plus grande quantité de CO qu’à présent.
Les forêts absorbent du CO par la photosynthèse, stockent ce gaz sous forme de carbone et le rejettent par la
respiration, la décomposition et la combustion des plantes. La fonction des puits de carbone d’une forêt augmente
avec le taux de croissance de la forêt et avec la durée pendant laquelle elle conserve le carbone. De jeunes forêts
vigoureuses peuvent ainsi piéger une grande quantité de carbone pendant la croissance des arbres. Par contraste,
la végétation et les sols des vieilles forêts stockent ordinairement de vastes quantités de carbone, mais ces
quantités augmentent lentement ou même pas du tout. Les forêts sont également des sources d’émission de gaz
à effet de serre, principalement du CO. Le déboisement et la dégradation des forêts représentent, selon les
estimations, 17 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Le changement climatique et la variabilité accrue du climat ont à la fois des effets directs et indirects sur les forêts
et sur les populations qui en dépendent. Par exemple, l’effet conjugué de l’augmentation des températures
observée en hiver et de la suppression des feux de forêt a entraîné une augmentation massive des populations
de dendroctones du pin lodgepole au Canada, ce qui a précipité la mort de millions d’arbres. De même, une
synergie troublante entre la dégradation des forêts, causée par de mauvaises pratiques d’exploitation du bois
d’œuvre, la fragmentation des forêts et la gravité grandissante des sécheresses a rendu de nombreuses forêts de
l’Amazonie et de l’Asie du Sud-Est plus vulnérables aux risques d’incendie. Dans les régions boréales comme les
régions tropicales, le changement climatique accroît la susceptibilité des forêts aux divers facteurs de stress qui
sont présents depuis longtemps mais qui ne posaient jusqu’à présent qu’une moindre menace. Quand les forêts
et les systèmes sociaux associés aux forêts ne peuvent faire face aux facteurs de stress directs et indirects
associés au changement climatique, on dit qu’ils sont vulnérables à celui-ci. Le rythme du changement climatique
varie à petite échelle et à grande échelle géographique et de façon générale augmente avec l’éloignement de
l’équateur. Localement, le rythme et la direction du changement climatique varient avec la topographie et avec la
proximité de vastes masses d’eau. Les espèces forestières et les communautés forestières sont d’une résistance
et d’une résilience variables au changement climatique et diffèrent également par leur capacité d’adaptation. Pour
faire face au changement climatique, les espèces devront s’adapter à des conditions nouvelles ou migrer vers des
zones où les conditions conviennent mieux. La capacité d’une espèce de migrer dépendra de sa capacité de se
disperser et de la connectivité à un habitat adapté. Les risques de perte d’espèces et de perturbations de
l’écosystème varient selon les lieux et le temps. Il est préoccupant que ni le climat ni les espèces ne répondent de
façon linéaire à un changement des conditions, mais au contraire tendent à réagir de façon brutale au passage
de certains seuils ou de certains points de basculement. Les gestionnaires forestiers doivent garder ceci à l’esprit
tout en sachant que ces seuils sont difficiles à prédire. Les sociétés et les populations qui y vivent diffèrent par
leur vulnérabilité au changement climatique. Les sociétés les plus vulnérables sont celles qui sont déjà affectées
par la pauvreté, n’ont que des possibilités limitées d’emploi ou de génération de revenu et dont les moyens
d’existence dépendent directement de l’agriculture pluviale ou des forêts.
Le changement climatique empêche les gestionnaires forestiers d’atteindre les objectifs de leur action et d’aider à
satisfaire les besoins relatifs aux forêts de la société dans son ensemble. Les gestionnaires forestiers devront
adapter leurs objectifs et leurs pratiques de gestion pour réduire la vulnérabilité et faciliter l’adaptation au
changement climatique tant des forêts que des personnes dont l’existence dépend de la production des biens que
fournit la forêt et des services que rend l’écosystème forestier. Les gestionnaires forestiers doivent chercher à
utiliser les avantages potentiels du changement climatique en tirant parti des incitations politiques et des
mécanismes de soutien financier qui cherchent à faciliter l’adaptation au changement climatique et l’atténuation
de ses effets.
Les gestionnaires forestiers qui cherchent à réduire au minimum les effets du changement climatique se trouvent
aux prises avec des incertitudes quant à l’étendue et à la nature de ce changement et de la variabilité du climat,
quant aux différences de l’échelle de temps de manifestation de ces impacts, et aux coûts associés à la
modification des pratiques de gestion. Alors que les modèles climatiques mondiaux peuvent projeter les formes
générales du changement climatique aux niveaux mondial et régional avec une relative certitude, les projections
du changement climatique à l’échelle sous-nationale et surtout à l’échelle locale seront sans doute moins précises.
La variabilité du climat et les événements météorologiques extrêmes sont très difficiles à prédire. Cette incertitude
complique la tâche des gestionnaires forestiers qui cherchent à prendre des mesures d’adaptation et d’atténuation.
Ils seront peut-être obligés d’arbitrer entre les risques en prévoyant des méthodes de gestion adaptées à un
ensemble très large de changements et adopter des options “sans regrets” qui soient compatibles avec une bonne
pratique et qui procurent des avantages sur le plan de l’adaptation au changement climatique et de l’atténuation
de ses effets.
De plus en plus, les gestionnaires forestiers doivent bien comprendre les impacts actuels et potentiels du
changement climatique. Certains effets seront directs, par exemple sur la quantité d’eau disponible ou la vitesse
de croissance des arbres. D’autres effets seront le résultat d’une modification des régimes qui perturbent la
croissance des arbres, par exemple le feu, les parasites et les gros orages, ou seront le résultat de changements
économiques et sociaux causés par le changement climatique lui-même, par exemple les mouvements de
population et les fluctuations des marchés (par exemple une demande accrue de biocarburant pour remplacer les
combustibles fossiles).
Les gestionnaires forestiers doivent également bien connaître les incitations disponibles qui pourraient les pousser
à entreprendre des mesures d’adaptation au changement climatique ou d’atténuation des effets de celui-ci – des
incitations résultant de politiques suivies par le gouvernement ou des incitations marchandes, par exemple des
crédits carbones ou encore la demande de bioénergie. Les gestionnaires forestiers devront comprendre l’évolution
de la politique suivie face au changement climatique, bien connaître l’environnement juridique et réglementaire,
qui est susceptible de changer, pour se conformer à de nouvelles législations ou de nouvelles réglementations et
tirer parti au mieux des possibilités financières qui peuvent s’offrir. À mesure que les conditions climatiques sortent
des éventails historiquement observés, l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets
conduiront à modifier les objectifs, les méthodes et le suivi des systèmes de gestion. Heureusement, la gestion
durable des forêts (notion examinée en détail au chapitre 3) est compatible avec l’adaptation au changement
climatique et l’atténuation de ses effets et offre un cadre conceptuel complet qui peut être adapté à des
circonstances changeantes. Les gestionnaires forestiers devront intégrer le changement climatique dans leur
planification et adapter en conséquence leurs pratiques de gestion. Ils devront aussi attacher une plus grande
importance à la gestion des risques et comparer les coûts du changement de la méthode de gestion forestière au
regard des avantages probables, en gardant à l’esprit que les coûts des mesures d’adaptation au changement
climatique augmenteront probablement si l’adoption de ces mesures est différée.
Chapitre 4 : Pertes de biodiversité et forêts
1. Objectifs Pédagogiques
Lorsque vous aurez terminé ce chapitre vous devrez être capable de montrer que vous avez compris son contenu
en appliquant vos connaissances à des situations habituelles et inhabituelles et vous autoévaluer.
Vous devrez en particulier être capable de :
✓ Expliquer pourquoi les forêts sont des réservoirs majeurs de biodiversité ;
✓ Identifier les espèces clés et leur rôle dans les écosystèmes forestiers
✓ Explorer les stratégies d’atténuation et d’adaptation
2. Introduction
Le terme biodiversité est équivalent à celui de « diversité biologique », intégrant simultanément la richesse et
l’abondance des ressources vivantes. Il désigne communément la diversité du monde vivant au sein de la nature.
Le mot a été employé pour la première fois, sous sa forme anglaise, en 1986 et il a été préféré à celui de diversité
biologique. Pour le public, la biodiversité est synonyme de vie sur terre. Le terme se réfère en effet à la vie, en
prenant en compte la variété et l’abondance des différentes espèces. Pour Blondel (2003), le terme est tout autant
ce en quoi ces entités concernent les sociétés humaines. Pour cet auteur, la biodiversité doit concerner
l’environnement immédiat de l’homme et ne pas être confiné à des aires protégées.
La biodiversité couvre trois aspects de la vie sur terre :
✓ la diversité génétique : les individus, au sein d'une même population, différent les uns des autres de par
leur composition génétique,
✓ la diversité des espèces ; elle reste très méconnue car un grand nombre d’espèces n’est pas encore décrit
et sur un site déterminé, il est bien rare de connaître toutes les espèces,
✓ la diversité des écosystèmes : elle inclut les communautés végétales, animales, microbiennes ainsi que
les éléments physiques et chimiques de leur milieu de vie (eau, sol, air, température,…). Cette diversité
concerne à la fois les milieux naturels et les paysages façonnés par l'homme.
La figure ci-dessous présente un écosystème forestier :
Figure 2: Présentation d'un écosystème forestier
La convention sur la biodiversité fait référence à la diversité biologique qui est la variabilité existant parmi les
organismes vivants de toutes les origines. La convention est présentée dans le chapitre spécifique aux
conventions.
Au niveau planétaire, on ne connaît que 1,75 millions d’espèces, alors qu’on estime que le nombre d’espèces
encore vivantes est compris entre 3,6 et 100 millions. La figure 2 représente le décalage entre les groupes
d’espèces connues et les estimations. De nombreuses connaissances sont encore à acquérir sur les virus, les
bactéries, mais également les insectes. La mesure de la biodiversité peut également se faire en dénombrant les
espèces et en interprétant les variations d’abondance des espèces en intégrant les différents mécanismes
régissant leur présence et leur devenir. Différentes méthodes de dénombrements sont à la disposition du
personnel des aires protégées. Ce manuel fournit quelques protocoles simplifiés. Une autre façon de procéder
consiste à rechercher les espèces menacées. Les ouvrages documentant de tels indicateurs existent à profusion,
mais on s’appuiera essentiellement sur les listes rouges de l’UICN, qui constituent des références mondiales
incontestées. Il sera toujours difficile de caractériser numériquement la biodiversité. S’appuyer sur la richesse (la
liste des espèces) n’est pas suffisant et sur aucun site la liste de toutes les espèces vivantes n’a pu être établie. Il
faut également intégrer l’abondance qui permet de déterminer le rôle d’un site pour une espèce, ce qui est
relativement facile pour des espèces bien visibles en raison de leur taille ou des habitats fréquentés, mais qui
devient du domaine de l’impossible pour les plus petites espèces.
3. La biodiversité en péril
Face aux menaces que constituent les activités de l'espèce humaine sur les autres formes de vie, la préservation
de la biodiversité constitue aujourd'hui un enjeu majeur. C'est pourquoi, après les conférences de Stockholm et
de Rio, ont été définis des objectifs de protection des milieux naturels et des espèces qu'ils abritent tout en prenant
en compte l'intérêt des populations locales. Pour cela, il est nécessaire de respecter les trois objectifs de la
stratégie mondiale de la conservation :
Figure 3 : Taux d’extinction des espèces par groupes animaux et par période de temps
Les causes à l’origine de la perte de la biodiversité sont nombreuses mais peuvent être ramenés à trois principales
:
- les causes naturelles sont dominées par la sécheresse (cause également renforcée par les
activités humaines) et ses corollaires ainsi que par l’érosion éolienne et hydrique,
- les causes anthropiques sont plus nombreuses et plus variées. Elles intègrent les éléments
suivants:
➢ les défrichements excessifs et incontrôlés pour les terres de culture,
➢ l’exploitation forestière excessive et incontrôlée,
➢ le braconnage,
➢ la surexploitation et la mauvaise exploitation des ressources halieutiques,
- les causes liées au cadre juridique et institutionnel sont dues à plusieurs facteurs isolés ou
associés, tels que :
➢ une réglementation inexistante ou inadaptée,
➢ ou une réglementation non appliquée ou mal appliquée,
➢ ou encore une réglementation.