Theorie + TP Math
Theorie + TP Math
Thomas Demuynck
2024—2025
Table des matières
1 Équations differentielles 4
2 Fonctions de Rn 11
2.2 Fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.4 La norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.5 Boules de Rn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3 Topologie de Rn 31
3.1 Suites de Rn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5 Points . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4 Continuité de fonctions de Rn → R 50
1
TABLE DES MATIÈRES 2
4.3 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
5 Dérivées partielles 59
5.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
5.2 C 1 , C 2 , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
5.4 La hessienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
6 Plan tangent 73
6.1 La différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
7 Fonctions de Rn → Rm 79
8 Fonctions Homogènes 89
Si F est une primitive de f alors f (x) dx = F (x) + C où C ∈ R est une constante réelle arbitraire.
R
t RAPPEL
xa+1
Z
xa dx = +C ∀a ∈ R \ {−1}, ∀x ∈ R, R0 , R+ ou R+
0 selon la valeur de a,
a+1
Z
x−1 dx = ln |x| + C ∀x ∈ R0 ,
Z
ex dx = ex + C ∀x ∈ R,
Z
sin x dx = − cos x + C ∀x ∈ R,
Z
cos x dx = sin x + C ∀x ∈ R,
1 nπ
Z o
dx = tan x + C ∀x ∈ R \ + kπ : k ∈ Z ,
cos2 x 2
1
Z
dx = cot x + C ∀x ∈ R \ {kπ : k ∈ Z}.
sin2 x
Propriété importante : linéarité
Z Z Z
∀α, β ∈ R, (αf (x) + βg(x)) dx = α f (x) dx + β g(x) dx.
EXEMPLE
(4ex + 5x7 ) dx = 4 ex dx + 5 x7 dx = 4ex + 85 x8 + C.
R R R
4
CHAPITRE 1. ÉQUATIONS DIFFERENTIELLES 5
EXEMPLE
R R
x sin x dx = −x cos x + cos x dx = −x cos x + sin x + C.
alors :
Z
f (u(x))u′ (x) dx = F (u(x)) + C.
EXEMPLE
2
Soit 2xex dx on pose t = x2 → dt = 2x dx. De là :
R
Z Z
2 2
2xex dx = et dt = et + C = ex + C.
On représente par y ou f (x) une fonction inconnue dérivable sur l’intervale ouverte ]a, b[.
ª REMARQUE
dy
La fonction inconnue est parfois dépendante de la variable t (le temps) auquel cas est souvent
dt
d2 y d3 y ...
notée ẏ, est notée ÿ, est noté y , etc.
dt2 dt3
Où y est la fonction inconnue et g une fonction donnée sur ]a, b[ : on recherche les fonctions dont la dérivée
est g c’est-à-dire les primitives de g(x).
Elles existent par exemple si g est continue sur ]a, b[.
Elles ne diffèrent que par une constante.
La solution générale (dans ce cas, l’ensemble de toutes les solutions) est y = g(x) dx, ou encore y = G(x)+C
R
ª REMARQUE
La solution générale d’une telle équation contient une constante arbitraire. Elle regroupe donc une
infinité de solutions. Dans beaucoup de problèmes, une condition initiale est donnée, classique-
ment sous la forme y(0) = y0 où y0 est un réel donné (“problème de Cauchy”). Cette condition
permet souvent de déterminer de manière unique la constante de la solution générale, conduisant
à une et une seule solution particulière.
EXEMPLE
La solution générale de l’équation y ′ = sin x est y = − cos x + c (∀c ∈ R). La solution particulière
de cette équation correspondant à y(0) = 2 est y = − cos x + 3.
y ′ + g(x)y = h(x),
↔y ′ M (x) + g(x)yM (x) = h(x)M (x).
d’où :
2
ex y = x + c
et enfin :
2 2
y = xe−x + ce−x ,
où h(x) est continue sur ]a, b[ et où, par convention y (k) représente la dérivée k ème de y, ∀k ∈ N (en
ce compris y (0) = y et y (1) = y ′ , y (2) = y ′′ ), est une équation différentielle linéaire à coefficients
constants d’ordre n.
ª REMARQUE
Le cas particulier où n = 1 est une équation linéaire du premier ordre.
Propriétés :
y (n) + a1 y (n−1) + . . . + an y (0) = 0 est par définition l’équation homogène.
Si y1 et y2 sont solution de l’équation, alors y1 − y2 est solution de l’équation homogène.
Donc SGENH = SGEH + SPENH
Les combinaisons linéaires de solutions d’une équation homogène en sont également solution.
D’où SGEH, décrivant l’ensemble de toutes les solutions de l’équation homogène est une espace vectoriel.
Sa dimension est n (pas trop facile . . .)
On cherche une base du vectoriel des solutions, c’est-à-dire n solutions L.I.
SGEH = y = ni=1 ci φi (x) où les φi (x) sont n solutions linéairement indépendantes de l’équation homogène
P
et les ci sont des constantes réelles arbitraires.
DéterminationPde φi (t) (i = 1, . . . , n), n solutions L.I. de l’équation différentielle homogène permettant d’écrire
SGEH = y = ni=1 φn (x).
λn + a1 λn−1 + . . . + an λ0 = 0.
(p)
puisque eλx = λp eλx et que eλx est non nul pour tout x est tout λ. Ce polynôme est appelé polynôme
caractéristique de l’équation homogène. Il s’agit d’un polynôme du degré n a coefficients réels (donc com-
plexes !), d’où, par le théorème de d’Alembert (voir cours BA), ce polynôme possède n racines dans C, multiples
ou non.
De chaque racine, simple ou multiple, complexe ou non, du polynôme caractéristique, on peut déduire une ou
plusieurs solutions (réelles) de l’équation différentielle homogène. On peut démontrer que la réunion de ces
solutions forme un ensemble de n solutions L.I. permettant d’écris la SGEH.
si λ est racine réelle simple du polynôme caractéristique, alors eλx est solution de l’équation homogène.
CHAPITRE 1. ÉQUATIONS DIFFERENTIELLES 8
si λ est racine réelle k-uple du polynôme caractéristique, alors eλx , xeλx , . . . , xk−1 eλx sont k solutions linéairement
indépendantes de l’équation homogène.
si λ = a + bi (et λ = a − bi) est racine complexe du polynôme caractéristique, alors eax cos bx et eax sin bx
sont deux solutions linéairement indépendantes de l’équation homogène.
si λ = a + bi (et λ = a − bi) est racine complexe k-uple du polynôme caractéristique, alors eax cos bx, eax sin bx,
. . ., xk−1 eax cos bx, xk−1 eax sin bx sont 2k solutions linéairement indépendantes de l’équation homogène.
Soit l’équation y (n) + a1 y (n−1) + a2 y (n−2) + . . . + an−1 y (1) + an y (0) = k(x)ebx où k(x) est un polynôme et b n’est
pas racine du polynôme caractéristique : essayer une solution particulière du type c(x)ebx où c(x) est un
polynôme (inconnu !) de même degré que k(x).
EXEMPLE
L’équation y ′′ − 2y ′ + y = x : le polynôme caractéristique est λ2 − 2λ + 1 = (λ − 1)2 a une racine
double, 1 et k(x)ebx = xe0x , soit un polynôme du 1ère degré multiplié par e0x , avec 0 ̸= 1, on essaie
donc une solution (αx + β)e0x = αx + β. Alors y = αx + β, y ′ = α et y ′′ = 0 et en remplaçant dans
l’équation 0 − 2α + αx + β = x d’où α = 1 et β = 2.
On a ainsi une SPEH y = x + 2.
Comme SGEH y = c1 ex + c2 xex , on a SGENH y = c1 ex + c2 xex + x + 2, ∀c1 , c2 ∈ R.
ª REMARQUE
Si b est une racine multiple d’ordre α du polynôme caractéristique, on essayera une
solution particulière du type xα c(x)ebx où c(x) est un polynôme (inconnu !) de même degré que
k(x).
EXEMPLE
L’équation y ′′ − 2y ′ + y = ex : le polynôme caractéristique est λ2 − 2λ + 1 = (λ − 1)2 a une racine
double 1 et k(x)ebx = 1e1x , soin un polynôme de degré 0 (une constante) multiplié par e1x , avec 1
racine double du polynôme caractéristique.
On essaie donc une solution y = Kx2 ex . Alors :
La solution générale d’une équation différentielle d’ordre n contient n constantes arbitraires. Elle regroupe donc
∞n solution différentes. Dans beaucoup de problèmes, des conditions initiales sont données, classiquement sous
(n−1) (n−1)
la forme y(0) = y0 , y ′ (0) = y0′ , . . . , y (n−1) (0) = y0 avec y0 , y0′ , . . . , y0 réels donnés (problème de Cauchy).
Ces conditions permettent de déterminer, dans tous les cas présentés ici, de manière unique, les constantes de
la solution générale, déterminant une et une seule solution particulière de l’équation différentielle donnée.
å EXERCICSES
1 Résoudre les équations différentielles linéaires d’ordre 1 suivantes (fonction inconnue y, fonc-
tion d’une variable x)
a y ′ + 5y = 15
c y ′ + x2 y = 3x2
d y ′ + 6y = e−x .
2 Résoudre les équation différentielles linéaires suivantes (fonction inconnue y, fonction d’une
variable x)
a y ′′ − 2y ′ + y = e3x et déterminer la solution particulière telle que y(0) = 3 et y ′ (0) = 2.
b y ′′ − y = 6ex
d y (3) − y ′′ + y ′ − y = x + 3
e y ′′ − 5y ′ + 6y = xe3x
´ RÉPONSES
1 a y = 3 + Ce−5x , ∀C ∈ R.
d y = 15 e−x + Ce−6x , ∀C ∈ R.
A X
ª REMARQUE
On peut aussi définir le produit cartésien de trois ensembles A, B et C :
A1 × A2 × . . . × An = {(a1 , . . . , an )|∀i = 1, . . . , n, ai ∈ Ai }
EXEMPLE
Le carré unité :
[0, 1] × [0, 1] ≡ [0, 1]2 = {(x, y)|x ∈ [0, 1] et y ∈ [0, 1]}
11
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 12
R × R ≡ R2 = {(x, y)|x, y ∈ R}
R × R × R ≡ R3 = {(x, y, z)|x, y, z ∈ R}
Attention ! si x ∈ Rn on a x = (x1 , . . . , xn )
L’ensemble de tous les n-uples de réels non-négatifs :
2.2 Fonctions
t RAPPEL
Une fonctions d’un variable sur un ensemble D ⊂ R est une application qui associe à chaque nombre
réel x ∈ D un autre (unique) nombre réel qu’on appele f (x). Nous écrivons aussi,
f : D ⊂ R → R : x 7→ y = f (x)
(x, f (x))
f (x)
x f y =f (x)
(0, 0) x X
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 13
f : D ⊂ Rn → R : x
|{z} 7→ y = f (x) .
|{z}
(x1 ,...,xn ) f (x1 ,...,xn )
f (x, y)
x1
.. f y =f (x)
. (x, y, f (x, y))
xn
y
x Y
(x, y)
X
Pour une fonction de deux variables f : D ⊂ R2 → R, nous pouvons illustrer cette fonction comme une surface.
√
Figure 2.4 montre la surface de la fonction f (x, y) = x · y.
√
Figure 2.4 – f : [0, 1]2 → R : (x, y) 7→ f (x, y) = x·y
Z
√
xy
1
0.8
0.6
0.4
Y
1
0.2 0.8
0.6
0.4
0.2
0.2 0.4
0.6 0.8 1
X
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 14
EXEMPLE
Une fonction de deux variables très fréquente dans les modèles économiques est :
f : R2+ → R : f (k, ℓ) = Ak α y β ,
où A, α, β sont des constantes. On suppose d’habitude que f n’est définie que pour k, ℓ ≥ 0. Une
fonction f de ce type est appelée fonction de Cobb-Douglas. Elle est souvent utilisée pour décrire
une fonction de production, k est la quantité de capital et ℓ est la quantité de travail. Alors f (k, ℓ)
donne le nombre d’unités produites.
Pour certaines fonctions il est habituel de restreindre, soit explicitement, soit implicitement le domaine D sur
lequel la fonction est définie. Par example, quand f (k, ℓ) est une fonction de production, il est naturel de
supposer que k et ℓ sont positives. En économie, il est souvent primordial d’être clair quant aux domaines de
définition des fonctions.
ª REMARQUE
Si D ⊂ Rn est le domaine de f on écrit f : D ⊂ Rn → R : x 7→ f (x).
Le domaine de définition d’une fonction f de Rn dans R est un sous-ensemble de Rn .
Règles d’existence :
g(x)
Si f (x) = la condition d’existence est que h(x) ̸= 0.
h(x)
Si f (x) = ln(g(x)) la condition d’existence est que g(x) > 0.
Si f (x) = (g(x))1/n avec n pair, la condition d’existence est que g(x) ≥ 0.
EXEMPLE
f (x, y) = x · y → pas de condition d’existence, donc dom f = R2
f (x, y) = x2 + y 2 → pas de condition d’existence donc dom f = R2 .
1
f (x, y) = . Condition d’existence : x − y ̸= 0, alors :
x−y
f : [0, 1] × [0, 1] → R : (x, y) → y = x · y. Domaine de définition est [0, 1] × [0, 1] ≡ [0, 1]2 .
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 15
EXEMPLE
Soit f : [0, 1]2 → R : (x, y) 7→ x.y. Nous obtenons im f = [0, 1] car 0 ≤ x, y ≤ 1, alors 0 ≤ x · y ≤ 1.
√
Pour tout z ∈ [0, 1] on peut trouver des valeurs x, y ∈ [0, 1] dont x·y = z (par exemple x = y = z).
Figure 2.5 donne une illustration d’une courbe de niveau pour une fonction de deux variables. La courbe de
niveau est donnée par l’intersection de la surface de la fonction et du plan parallèle au plan XY de valeur z = c.
Dans la figure, cette intersection est donné par la courbe AB. On peut aussi projeter cette courbe sur le plan
XY , ce qui donne la courbe CD.
c
B
A
D
C
Y
EXEMPLE
√
Soit f : [0, 1]2 : (x, y) 7→ z = x · y. La courbe de niveau c est :
√
{(x, y) ∈ [0, 1]2 : x · y = c} = {(x, y) ∈ [0, 1]2 : x · y = c2 }
Pour une fonction de deux variables on peut l’illustrer dans le plan XY :
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 16
√
Figure 2.6 – Courbes de niveau de f (x, y) = x·y
Z Y
1
1
0.8
0.8
0.6 0.6
0.4
0.4
0.2
1
Y 0.2
0.60.8
0.20.4
0.2 0.4
0.6 0.8 1
X 0.2 0.4 0.6 0.8 1 X
Dans l’espace euclidien tridimensionnel, il y a trois types d’objets fondamentaux : les points, les droites et les
plans.
Les points sont repérés par leur coordonnées, des triples de nombres réels (x, y, z) (il y a correspondance
“biunivoque” entre l’ensemble des points de l’espace R3 ).
Les plans sont les ensembles de points (x, y, z) vérifiant une équation du type :
ax + by + cz = d.
Nous nous intéressons ici à certains types particuliers de plans : les plans “verticaux” et “horizontaux”. Les
plans verticaux sont celui dont l’équation se caractérise par l’absence de terme en z (c = 0), donc ax + by = d.
Les plans horizontaux sont celui dont l’équation se caractérise par l’absence de terme en x et y, a = b = 0, donc
cz = d.
La Figure 2.7 donne une illustration d’un section vertical AB obtenue par l’intersection de la surface de la
fonction et un plan vertical parallèle au plan XZ (avec y = k). La courbe AB donne les combinaisons de (z, x)
pour qui z = f (x, k).
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 17
X A
L’observation des intersections entre de tels plans et la surface représentative d’une fonction de deux variables
z = f (x, y) (sections verticales), en même temps que ses courbes de niveau, permet parfois de décrire la surface
en question.
EXEMPLE
z = f (x, y) = x2 + y 2 .
Les intersections entre cette surface et les plans verticaux d’équation x = k sont des paraboles :
z = k2 + y2 .
par symétrie, les intersections entre la surface et les plans verticaux d’équation y = k le sont aussi.
Enfin, l’intersection entre la surface et les plans verticaux bissecteurs sont également des paraboles
(on obtient z = 2x2 . Attention aux unités ! !)
En combinant les résultats des sections verticaux avec y = k et x = k, on reconnait la surface de
la fonction,
X
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 18
t RAPPEL
L’ensemble Rn = R
| × .{z
. . × R} est une espace vectoriel.
n fois
Si x ∈ Rn on a x = (x1 , . . . , xn ) d’où xi ∈ R.
Deux opérations :
Addition : ∀x, y ∈ Rn :
Multiplication scalaire : ∀α ∈ R, ∀x ∈ Rn :
2.4 La norme
EXEMPLE
La norme de x = (1, 2, 3) est égal a :
√ √
∥x∥ = 1 + 4 + 9 = 14.
Proposition
n
X
∀x ∈ Rn : ∥x∥ ≤ |xi |.
i=1
W PREUVE
Hypothèse x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn
Pn
Thèse ∥x∥ ≤ i=1 |xi |
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 19
Soit x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn .
n
X
0 ≤ ∥x∥ ≤ |xi |,
i=1
n
!2
X
2
↔∥x∥ ≤ |xi | = (|x1 | + . . . + |xn |) · (|x1 | + . . . + |xn |), Carré des nombres non-négatifs
i=1
n
X n X
X n
2 2
↔∥x∥ ≤ |xi | + |xi ||xj |,
i=1 i=1 j=1
j̸=i
n
X n
X n X
X n n
(xi )2 ≤ (xi )2 +
X
↔ |xi ||xj |, ∥x∥2 = (xi )2
i=1 i=1 i=1 j=1 i=1
j̸=i
n X
X n
↔0 ≤ |xi ||xj |
j=1
| {z }
i=1
j̸=i ≥0
EXEMPLE
√ √
Si x = (1, 2, 3) on obtient ∥x∥ = 14 et |x1 | + |x2 | + |x3 | = 6(= 36).
EXEMPLE
La distance entre x = (1, 2, 3) et y = (3, 2, 1) est
p
∥x − y∥ = (1 − 3)2 + (2 − 2)2 + (3 − 1)2 ,
√ √ √
= 4 + 0 + 4 = 8 = 2 2.
EXEMPLE
√ √
2 2 2
Soit √ obtenons, ∥x + y∥ = 4 + 4 + 4 = 4 3 et ∥x∥ = ∥y∥ =
√ x = (1, 2, 3)√et y = (3, 2,√1). Nous
1 + 22 + 32 = 14. Alors 4 3 ≤ 2 14.
ª REMARQUE
La première condition implique que la distance entre a et b est zéro, ssi a = b :
∥a − b∥ = 0 ↔ a − }b = 0 ↔ a = b.
| {z
| {z }
∥x∥ x
La deuxième condition implique que la distance entre a et c est toujours inférieure (ou égal) à la
somme des distances entre a et b et b et c.
∥a − b∥ = ∥ a
| {z − }b ∥ ≤ ∥ |a {z
− }c + c| {z − }c ∥ + ∥ c| {z
− }b ∥.
x y x y
La dernière condition implique que ∥ − x∥ = | − 1|∥x∥ = ∥x∥. Alors, la distance entre a et b est
égal à la distance entre b et a.
Definition
Le produit scalaire euclidienne entre x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn et y = (y1 , . . . , yn ) ∈ Rn est,
n
X
⟨x, y⟩ = xi yi .
i=1
ª REMARQUE
Pn
On a que ∥x∥2 = 2
p
i=1 (xi ) = ⟨x, x⟩ alors ∥x∥ = ⟨x, x⟩.
∀x, y, z ∈ Rn , α, β ∈ R,
Si ⟨x, y⟩ = 0 les vecteurs x et y sont orthogonaux (l’angle entre les deux vecteurs est 90 dégrées).
Si ⟨x, y⟩ > 0 l’angle entre x et y est aigu (moins de 90 degrées). Si ⟨x, y⟩ < 0, l’angle entre les
vecteurs x et y est obtus (plus que 90 degrées).
EXEMPLE
Soit x = (1, 2, 3) et y = (−3, 4, 5) alors :
⟨x, y⟩ = −3 + 8 + 15 = 20.
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 21
2.5 Boules de Rn
B(c, r) = {x ∈ Rn | ∥x − c∥ < r} .
B(c, r) = {x ∈ Rn | ∥x − c∥ ≤ r}.
EXEMPLE
Les boules de R sont des intervalles ouverts ou fermés centrés en c.
B(c, r) = ]c − r, c + r[ et B(c, r) = [c − r, c + r] .
B(c, r)
c
r
B(c, r)
c
r
B(c, r) B(c, r)
c c
r r
B(c, r) B(c, r)
c r c r
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 22
å EXERCICSES
1 Déterminer et représenter graphiquement le domaine de définition des fonctions (de deux
variables) suivantes.
√
a f (x, y) = x − y + 1.
3xy
b f (x, y) = .
2 + x2 + y 4
p
c f (x, y) = e2x y 2 − 4.
d f (x, y) = 2 ln(x).
2 Pour chaque fonction donnée ci-dessous, déterminer et représenter sur un même graphique
les courbes de niveau pour les niveaux indiqués. Déterminer ensuite les sections par les plans
verticaux indiqués.
a z = f (x, y) = xy
courbes de niveau -2, -1, 0, 1 et 2 ; sections par x = y et x = −y.
b z = f (x, y) = |x| + |y|
courbes de niveau -1, 0, 1, 2 et 3 ; sections par x = 0 et y = 0.
c z = f (x, y) = min{x, y}
courbes de niveau 0, 1 et 2.
d z = f (x, y) = (x − 1)2 + (y + 2)2
courbes de niveau 0, 1 et 2 ; section par x = 1.
(x − 1)2 y 2
e z = f (x, y) = +
4 9
courbes de niveau 0, 1 et 4 ; sections par x = 1 et y = 0.
f y = f (k, ℓ) = k α ℓβ (α, β, k et ℓ > 0)
courbes de niveau 1 et 2 ; sections par k = ℓ (discuter selon α + β = 1)
g z = f (x, y) = 2 ln x.
courbes de niveau −2, 0 et 2 ; sections par y = 1, y = 2 et x = e.
´ RÉPONSES
1 a Condition d’existence : x − y + 1 ≥ 0. Donc dom f = {(x, y) ∈ R2 : x − y + 1 ≥ 0}
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 23
Y
4
-4 -3 -2 -1 1 2 3 4 X
-1
-2
-3
-4
b dom f = R2 .
-4 -3 -2 -1 1 2 3 4
X
-1
-2
-3
-4
-4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4
X
-1
-2
-3
-4
Y
5
1 2 3 4 5 X
a z = f (x, y) = xy.
-8 -6 -4 -2 2 4 6 8
X
-2
-4
-6
-8
-4 -3 -2 -1 1 2 3 4 Y
-1
-2
-3
-4
-4 -3 -2 -1 1 2 3 4 X
-1
-2
-3
-4
f (0, y)
-4 -3 -2 -1 1 2 3 4 Y
(
x si x ≤ y
c z = f (x, y) = min{x, y} =
y si x > y
C0 = {(x, y) ∈ R2 : min{x, y} = 0} = {(x, y) ∈ R2 : (x = 0 et y ≥ 0) ou (y = 0 et x ≥
0)} en rouge.
C1 = {(x, y) ∈ R2 : min{x, y} = 1} = {(x, y) ∈ R2 : (x = 1 et y ≥ 1) ou (y = 1 et x ≥
1)} en vert.
C2 = {(x, y) ∈ R2 : min{x, y} = 2} = {(x, y) ∈ R2 : (x = 2 et y ≥ 2) ou (y = 2 et x ≥
2)} en bleu.
Y
1 2 3 4 X
-1 1 2 3 4 X
-1
-2
-3
-4
6
f (1, y)
-4 -3 -2 -1 1 2 Y
(x − 1)2 y 2
e z = f (x, y) = + .
4 9
− 1)2 y 2
2 (x
C0 = (x, y) ∈ R : + = 0 = {(1, 0)}.
4 9
(x − 1)2 y 2
C1 = (x, y) ∈ R : 2 + = 1 (ellipse de centre (1, 0) longueur demi axe
4 9
horizontal 2, longeur demi-axe vertical : 3) en bleu.
(x − 1)2 y 2 (x − 1)2 y2
C4 = (x, y) ∈ R : 2 + = 4 = (x, y) ∈ R : 2 + = 1 (ellipse
4 9 16 36
de centre (1, 0) longueur demi axe horizontal 4, longueur demi-axe vertical : 6) en
rouge.
CHAPITRE 2. FONCTIONS DE Rn 28
Y
6
-5 -4 -3 -2 -1 2 3 4 5 X
-1
-2
-3
-4
-5
-6
y2
Section par x = 1 : z = (parabole)
9
(x − 1)2
Section par y = 0 : z = (parabole)
4
2
f (1, y)
-4 -3 -2 -1 1 2 3 4 Y
3 f (x, 1)
-3 -2 -1 1 2 3 4 X
−α
n o
C1 = (k, ℓ) ∈ R2 : ℓ = k β . (type : branche d’hyperbole) en rouge
1
−α
n o
C2 = (K, L) ∈ R2 : ℓ = 2 β k β . (type : branche d’hyperbole) en bleu
Section par k = ℓ :
si α + β < 1
type “racine carrée” (concave, en rouge)
α+β
y=ℓ si α + β = 1, droite (en noir)
si α + β > 1, type “parabole” (convexe, en bleu)
g z = f (x, y) = 2 ln x
e−1 1 e X
Section par y = 1 : z = 2 ln x
Section par y = 2 : z = 2 ln x
Section par x = e : z = 2.
3 Topologie de Rn
3.1 Suites de Rn
Definition: Suites de Rn
Une suite de Rn est une application (fonction) de N dans Rn et se note (a1 , a2 , . . . , at , . . .) ou (at )t∈N ou
simplement (at ).
ª REMARQUE
Chaque at est un élément de Rn et possède n composantes, qu’on repère également par un indice
(variant de 1 à n, celui-ci) :
et cette notation a la mérite de laisser leurs noms habituels aux coordonnées x, y, z des “points”
de R3 , et son rôle habituel à l’indice t.
La suite (a1 , . . . , at , . . .) d’élements de Rn est la suite :
(x1 , y1 , . . . , z1 ), (x2 , y2 , . . . , z2 ), . . . , (xt , yt , . . . , zt ), . . . .
| {z } | {z } | {z }
a1 a2 at
31
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 32
ª REMARQUE
En mots : pour tout ε > 0 il n’y a qu’un nombre fini de termes dans la suite qui sont à une
distance supérieure à ε de a.
Cette définition concerne également le cas n = 1 et ce cas est le cas habituel de la convergence
avec la distance usuelle de R :
On peut supprimer, ajouter ou modifier un nombre fini de termes d’une suite de Rn sans en
affecter la convergence.
La proposition suivante montre q’une suite (a1 , . . . , at , . . .) converge vers a dans Rn ssi la suite des réels (∥a1 −
a∥, . . . , ∥at − a∥, . . .) converge vers 0 dans R.
Proposition
Soit une suite (at ) de Rn . On a que,
lim at = a
t→∞
ssi (↕)
lim ∥at − a∥ = 0.
t→∞
W PREUVE
Soit xt ≡ ∥at − a∥ ∈ R (∀t ∈ N), la distance entre at et a.
lim at = a,
t→∞
↔ (∀ε > 0, ∃T ∈ N, ∀t > T : ∥at − a∥ < ε) , définition
↔ (∀ε > 0, ∃T ∈ N, ∀t > T : |xt − 0| < ε) , parce que 0 ≤ xt = ∥at − a∥ < ε
↔ lim xt = 0, définition
t→∞
↔ lim ∥at − a∥ = 0. xt = ∥at − a∥
t→∞
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 33
t RAPPEL
Proposition: Théorème des gendarmes (pincement, sandwich)
Soit (xt )t∈N , (yt )t∈N et (zt )t∈N suites de R. Soit a ∈ R.
Si lim xt = a = lim zt .
t→∞ t→∞
Si ∀t ∈ N : xt ≤ yt ≤ zt
alors (↓)
lim yt = a.
t→∞
Soit (at ) une suite dans R2 . On a ∀t ∈ N : at = (xt , yt ). Donc, on peut associer à chaque suite (at )t∈N =
(a1 , a2 , . . . , at , . . .) de R2 , deux suites de R, les suites de composantes (xt )t∈N = (x1 , x2 , . . . , xt , . . .) et (yt )t∈N =
(y1 , y2 , . . . , yt , . . .) et inversement.
Proposition
Soit une suite (at )t∈N = ((xt , yt ))t∈N de R2 et soit a = (x, y) ∈ R2 .
lim at = a
t→∞
ssi (↕)
lim xt = x et lim yt = y, c.a.d. les suites de composantes (xt )t∈N et (yt )t∈N convergent respectivement
t→∞ t→∞
vers x et y, les composantes de a.
ª REMARQUE
Autre formulation de la proposition : La convergence dans l’espace euclidien Rn est équivalente
à la convergence “composante par composante” dans R.
Cela se généralise aux suites dans Rn .
W PREUVE
(↓)
Notons :
p
0 ≤ |xt − x| = (xt − x)2
p
≤ (xt − x)2 + (yt − y)2 parce que (yt − y)2 ≥ 0
= ∥at − a∥ définition
Alors 0 ≤ |xt − x| ≤ ∥at − a∥ et lim ∥at − a∥ = 0 (par hypothèse). Utilisons le théorème des
t→∞
gendarmes, nous obtenons : lim |xt − x| = 0. La preuve que lim |yt − y| = 0 est très similaire.
t→∞ t→∞
(↑)
Notons :
n
X
0 ≤ ∥at − a∥ ≤ |xt − x| + |yt − y| parce que ∥v∥ ≤ |vi |
i=1
Utilisons le théorème des gendarmes, nous obtenons : lim ∥at − a∥ = 0 (parce que lim |xt − x| =
t→∞ t→∞
lim |yt − y| = 0 et lim 0 = 0)
t→∞ t→∞
EXEMPLE
1 t2 − 1
La suite de R2 : , converge vers (0, 1) ∈ R2 .
t t2 + 1 t∈N
!!
1 t
La suite de R2 : 2, 1 + converge vers (2, e) ∈ R2 .
t
t∈N
t 2 !!
t −1
1 1
La suite de R3 : 2+ , 1+ , 2 converge vers (2, e, 1) ∈ R3 .
t t t +1
t∈N
1
La suite de R2 : (−1)t , ne converge pas car la suite ((−1)t )t∈N ne converge pas dans
t t∈N
R.
Proposition
Si la suite (at )t∈N de Rn converge
alors (↓)
la limite est unique.
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 35
W PREUVE
Thèse a=b
Notons :
0 ≤ ∥a − b∥ = ∥a −at + at −b∥,
| {z }
=0
≤ ∥a − at ∥ + ∥at − b∥. inégalité triangulaire
Par le théorème des gendarmes nous obtenons ∥a − b∥ = 0 (parce que lim ∥at − a∥ = 0 et lim ∥at −
t→∞ t→∞
b∥ = 0 et lim 0 = 0).
t→∞
Proposition
Si
la suite (at )t∈N de Rn converge vers a ∈ Rn
la suite (bt )t∈N de Rn converge vers b ∈ Rn
alors (↓)
∀α, β ∈ R, la suite (αat + βbt )t∈N converge vers αa + βb.
W PREUVE
Nous avons,
par le théorème des gendarmes nous obtenons lim ∥αat + βt b − αa − βb∥ = 0 (parce que lim ∥at −
t→∞ t→∞
a∥ = 0 et lim ∥bt − b∥ = 0 et lim 0 = 0).
t→∞ t→∞
ª REMARQUE
Cas particulier : α = 1, β = 1 donne lim (an + bn ) = lim an + lim bn = a + b.
n→∞ n→∞ n→∞
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 36
ª REMARQUE
Autrement dit : La limite d’une suite convergente de points de A appartient à A.
EXEMPLE
∅, Rn et tout ensemble contenant un seul point de Rn sont fermés.
L’ensemble {(x, y) ∈ R2 : x + y ≤ 2} est fermé.
Proposition
Une boule fermée est un sous-ensemble fermé de Rn .
W PREUVE
Soit B(c, r) une boule fermée de Rn de centre c ∈ Rn et de rayon r > 0.
∥a − c∥ = ∥a −at + at −c∥,
| {z }
=0
≤ ∥a − at ∥ + ∥at − c∥ inégalité triangulaire
≤ ∥at − a∥ + r hypothèse
Proposition
Toute intersection de fermés est fermé
Toute réunion d’un nombre fini de fermés est fermé
EXEMPLE
{a} est fermé, donc tous ensembles finis sont fermés.
{a} est fermé mais a∈]0,1[ {a} =]0, 1[ n’est pas fermé.
S
ª REMARQUE
On écrit AC = Rn \ A, pour le complémentaire de A dans Rn .
EXEMPLE
Rn est ouvert parce que (Rn )C = ∅ est fermé.
∅ est ouvert parce que (∅)C = Rn est fermé.
Rn \ {a} est ouvert parce que {a} est fermé.
Proposition
Une boule ouverte de Rn est un ensemble ouvert.
W PREUVE
Soit B(c, r) une boule ouverte de Rn de centre c ∈ Rn et de rayon r > 0. Remarquons que :
Soit (at ) une suite dans B(c, r)C qui converge vers a
Hypothèse ↔ ( lim ∥at − a∥ = 0 et ∀t ∈ N : ∥at − c∥ ≥ r)
t→∞
r ≤ ∥at − c∥ = ∥at −a
| {z+ a} −c∥,
=0
≤ ∥at − a∥ + ∥a − c∥ inégalité triangulaire
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 38
Proposition
Toute réunion d’ouverts est un ouvert.
Toute intersection d’un nombre fini d’ouverts est un ouvert
ª REMARQUE
L’union (non fini) d’ensembles fermés peut potentiellement être non fermée, par exemple,
[
[−x, x] =] − 1, 1[.
x∈]0,1[
L’intersection (non fini) d’ensembles ouverts peut potentiellement être non ouvert, par exemple,
\
] − x, x[= [−1, 1].
x∈]1,∞[
ª REMARQUE
Un ensemble est borné ssi il est inclus à une boule ouverte (pas nécessairement centrée à l’origine).
Parce que chaque boule (pas nécessairement centrée à l’origine est inclus a une boule centrée à
l’origine)
B(c, r) ⊂ B(0, r + ∥c∥).
Un ensemble est borné ssi il est inclus à une boule (pas nécessairement ouverte).
B(c, r) ⊂ B(c, r + 1).
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 39
EXEMPLE
Une boule (fermé où ouvert) est borné.
[0, 1]2 est borné.
EXEMPLE
Une boule fermée est un ensemble compact.
{a} et compact
Chaque ensemble fini est compact.
Rn n’est pas compact.
ª REMARQUE
Un ensemble A ⊂ Rn est convexe ssi il contient entièrement les segments de droites délimités par
deux quelconques de ses points.
EXEMPLE
L’ensemble ∅ est convexe, l’ensemble Rn est convexe.
Les segments de droite, les droites, les plans, les hyperplans, les demi-droites, les points sont
convexes.
Proposition
Toute boule de Rn est un ensemble convexe.
W PREUVE
Donnons la preuve pour une boule ouverte. Soit B(c, r) une boule (ouverte) avec centre c ∈ Rn et
rayon r > 0
Proposition
Toute intersection d’ensembles convexes est convexe.
ª REMARQUE
Attention : La réunion des ensembles convexes n’est pas nécessairement convexe. (exemple ?)
3.5 Points
ª REMARQUE
Si a est un point intérieur de A, alors a ∈ A.
a est un point intérieur de B(a, r) (∀r > 0).
EXEMPLE
a = (0.5, 0.5) est un point intérieur de A = [0, 1]2 parce que B(a, r) ⊂ [0, 1]2 pour tout 0 < r < 0.5
Definition: voisinage
On appelle A voisinage de a ∈ Rn , si A contient une boule ouverte centrée en a.
∃ε > 0 : B(a, ε) ⊂ A.
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 41
ª REMARQUE
a est un point intérieur de A ssi A est un voisinage de a.
Si a est point d’intérieur de A, alors ∃ε > 0 : B(a, ε) ⊂ A, alors a ∈ A. Donc chaque point
intérieur de A est aussi dans A.
Une boule ouverte centrée en a est une voisinage de a.
Une boule fermé centrée en a est une voisinage de a. (a ∈ B(a, r/2) ⊆ B(a, r))
Proposition
Un ensemble est ouvert
ssi(↕)
tous ses points lui sont intérieurs.
ª REMARQUE
Si a ∈ A, alors a est adhérent à A parce que la suite (a, a, a, . . . , a, . . .) est dans A et converge
vers a.
EXEMPLE
Le 2
point a = (1,1) est un point adhérent de A =]0, 1[ parce que (par exemple), la suite
1 1
(1 − t+1 , 1 − t+1 ) est dans A et converge vers (1, 1).
t∈N
Proposition
Un ensemble est fermé
ssi (↕)
tous ses points lui sont adhérents.
ª REMARQUE
Si A est fermé, aucun point hors de A ne lui est adhérent.
Donc pour démontrer que A n’est pas fermé il est suffisant de trouver un point adhérent de A
qui n’est pas dans A.
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 42
ª REMARQUE
Si a est un point d’accumulation de A, alors a est adhérent à A.
EXEMPLE
Le 2
point a = (1, 1) est un point d’accumulation de A =]0, 1[ parce que (par exemple), la suite
1 1
(1 − t+1 , 1 − t+1 ) est dans A, converge vers (1, 1) et les points dans la suite sont distincts de
t∈N
a.
Proposition
Si a est un point intérieur de A,
alors (↓)
a est un point d’accumulation de A.
W PREUVE
b = a1
a
a3 a24
a ε
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 43
Voyons que :
1 1
0 ≤ ∥at − a∥ = b+ 1− a−a ,
t t
1
= (b − a) ,
t
1 1
= ∥b − a∥ ≤ ε parce que ∥αx∥ = |α|∥x∥
t t
Par le théorème des gendarmes on obtient lim ∥at − a∥ = 0 (parce que lim 1t ε = 0).
t→∞ t→∞
Ensuite, notons que ∀t ∈ N :
1
∥at − a∥ = ∥b − a∥ =
̸ 0, parce que b ̸= a ↔ ∥b − a∥ ̸= 0
t
alors ∀t ∈ N : at ̸= a (parce que at = a ssi ∥at − a∥ = 0) et ∀t ∈ N : at ∈ A. Nous concluons que a
est un point d’accumulation (la limite de la suite (at )t∈N dans A des éléments distincts de a).
ª REMARQUE
Un point d’accumulation de A n’est pas nécessairement un point intérieur de A.
Par exemple, si A =]0, 1[, le point 0 est un point d’accumulation de A mais 0 n’est pas point
intérieur de A parce que 0 ∈
/ A.
Un point adhérent à A n’est pas nécessairement un point d’accumulation de A.
Par exemple, si A = {p}, le point p est adhérent à A (car p ∈ A) mais p n’est pas point d’accu-
mulation de A car la seule suite de points de A (qui converge vers p) est la suite (p, p, . . . , p, . . .)
dont les termes ne sont pas distincts de p.
a est point de A
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 44
å EXERCICSES
1 Après avoir représenté graphiquement chacun des sous-ensembles de R2 suivants en
déterminer si pour chaque point donné
il appartient a l’ensemble, si il est un point intérieur, si c’est un point d’accumulation, si il
est un point adhérent
Pour chaque ensemble, déterminer aussi s’il est ouvert, fermé, borné et convexe. Justifier.
a A = R0 × R et le point (0, 0)
´ RÉPONSES
1 a
0 X
n’est pas un point intérieur de A parce que chaque point intérieur de A appartient à
A.
est un point d’accumulation de A, parce que, par exemple, ((0, 1/t))t∈T est une suite
de A de points distincts de (0, 0) qui converge vers (0, 0).
est un point adhérent de A parce que chaque point d’accumulation est aussi un point
adhérent.
A est ouvert parce que tous ces points sont des points intérieur. Si (x, y) ∈ A, on sait
que x ̸= 0 et B((x, y), |x|) ⊂ A.
A n’est pas fermé. Le point (0, 0) lui est adhérent mais (0, 0) n’est pas un point de A.
A n’est pas borné, par ce que ∀K > 0, K ̸⊂ B((0, 0), K) puisque A content des points
(x, y) avec ∥(x, y)∥ aussi grand que l’on veut.
A n’est pas convexe car, par exemple, (1, 0) ∈ A et (−1, 0) ∈ A mais 21 (1, 0) +
1
2 (−1, 0) = (0, 0) ∈
/ A.
b
Y
0 X
c
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 46
0 3 X
et
d
Y
3
2
0 3 X
n’est pas un point intérieur de D parce que toute boule ouverte B((3, 3), ε) contient
des points qui ne sont pas dans D.
n’est pas un point d’accumulation parce qu’il n’existe pas une suite de points de D
d’éléments distincts de (3, 3) qui converge vers (3, 3).
est un point adhérent de D parce que c’est un point de D.
D n’est pas ouvert. Par exemple, (3, 3) est dans D mais n’est pas un point intérieur
de D.
D est fermé parce que tous ces points adhérent sont dans D.
D est bordé. Par exemple, D ⊂ B((0, 0), 6)
D n’est pas convexe. Par exemple (3, 3) et (3, 2) ∈ D mais 0.5(3, 3) + 0.5(3, 2) =
(3, 2.5) ∈
/ D.
0 1 3 X
le point (0, 1)
n’est pas dans E parce que 02 + 12 = 1
n’est pas un point intérieur de E parce que (0, 1) n’est pas un élément de E.
est un point d’accumulation de E. Par exemple, la suite (0, 1 + 1/t))t∈T dans E
converge vers (0, 1) et contient que des points distincts de (0, 1).
est un point adhérent de E parce que c’est un point d’accumulation de E.
E n’est pas ouvert, parce que, par exemple, (0, 3) est un point de E qui n’est pas
point intérieur.
E n’est pas fermé, parce que, par exemple, (0, 1) est un point adhérent de E qui n’est
pas dans E.
E est borné. Par exemple, E ⊂ B((0, 0), 4)
E n’est pas convexe. Par exemple (2, 0) et (−2, 0) ∈ E, mais 0.5(2, 0) + 0.5(−2, 0) =
(0, 0) ∈
/ E.
f
CHAPITRE 3. TOPOLOGIE DE Rn 48
0 2 X
√
0 2 X
G est fermé parce que tous les points adhérent de G sont dans G.
G est borné. Par exemple, ∥(x, y)∥ ≤ 3 pour tous (x, y) ∈ G.
G est convexe parce que pour tous (x1 , y1 ), (x2 , y2 ) ∈ G et ∀α ∈ [0, 1], α(x1 , y1 ) + (1 −
α)(x2 , y2 ) ∈ G.
c Attention ! C est une surface (paraboloı̈de elliptique). Let point (x, y, z) = (1, 1, 2)
lim f (xt ) = b.
t→∞
ª REMARQUE
Limite suivant un “chemin”
lim f (xt ) = b ssi la suite (f (x1 ), f (x2 ), . . . , f (xt ), . . .) dans R converge vers b.
t→∞
EXEMPLE
xy
Soit f (x, y) = qui est une fonction de R2 → R.
x2
+ y2
Condition d’existence x2 + y 2 ̸= 0 ↔ (x, y) ̸= (0, 0), donc dom f = R2 \ {(0, 0)}. Remarque :
R2 \ {(0, 0)} =
̸ (R0 )2 .
Le point {(0, 0)} est point d’accumulation de domf . Sélectionnons, dans le plan XY , l’ensemble
des points tels que y = αx pour un certain α (le “chemin est un segment de droite passant par
l’origine).
50
CHAPITRE 4. CONTINUITÉ DE FONCTIONS DE Rn → R 51
y = αx
X
X
Considérons une suite ((xt , yt ))t∈N sur ce chemin (alors yt = αxt ) et qui converge vers (0, 0). La
suite (f (xt , yt ))t∈N = (f (xt , αxt ))t∈N est donné par les termes :
xt αxt α
f (xt , αxt ) = = .
)2
(xt + (αxt ) 2 1+α
xy
Figure 4.1 – La fonction x2 +y 2
0.6
Y
0.4
1
0.8 0.2
0.6
0.4
0.2 0.8 1 X
0.2 0.4 0.6
CHAPITRE 4. CONTINUITÉ DE FONCTIONS DE Rn → R 52
ª REMARQUE
Il est clair que, pour montrer l’existence d’une limite, il est quasiment toujours impossible d’utiliser
un argument similaire à celui utilisé ci-dessus (à moins que le calcul proposé ne débouche pas
sur une indétermination ou que l’on ne puisse envisager qu’un nombre fini (et raisonnable !) de
“chemins”).
Une technique souvent utile, pour calculer lim(x,y)→(a,b) f (x, y) dans R2 est le suivant,
( (
X =x−a x=X +a
d’abord ramener ce calcul à un calcul de limite (0, 0) en posant ↔ .
Y =y−b y =Y +b
En effet, le calcul lim f (x, y) devient alors lim f (X + a, Y + b).
(x,y)→(a,b) (X,Y )→(0,0)
(
X = ρ cos θ
utiliser ensuite les coordonnées polaires, c’est-à-dire poser . Le calcul
Y = ρ sin θ
lim f (X + a, Y + b)
(X,Y )→(0,0)
Celui, parfois, donne une idée d’un argument permettant de montrer la existence ou non-existence
de la limite.
y
ρ sin θ
θ
x
ρ cos θ
X
EXEMPLE
x2 x2
Soit à calculer lim p . Le domaine de f pour f (x, y) = p est R2 \ {(0, 0)}.
(x,y)→(0,0) x2 + y 2 x2 + y 2
Le point (0, 0) est un point d’accumulation de dom f . Le numérateur et le dénominateur de la
x2
fraction p tendent tous deux vers 0 lorsque (x, y) tend vers (0, 0). On est donc en présence
x2 + y 2
0
d’une indétermination du type .
0
CHAPITRE 4. CONTINUITÉ DE FONCTIONS DE Rn → R 53
Or, ∀θ : 0 ≤ ρ cos2 θ ≤ ρ, d’où par le théorème des gendarmes, on a lim ρ cos2 θ = 0, d’où
ρ→0
θ qcq
x2
lim p existe et vaut 0.
(x,y)→(0,0) x2 + y 2
xy
Revenons au calcul de lim . Le passage aux coordonnées polaires donne ici
(x,y)→(0,0) x + y 2
2
xy ρ2 cos θ sin θ
lim = lim ,
(x,y)→(0,0) x2 + y 2 ρ→0 ρ2 cos2 θ + ρ2 sin2 θ
θ qcq
sin 2θ
= cos θ sin θ =
2
x2
qui dépend clairement de θ. Dès lors, lim n’existe pas.
(x,y)→(0,0) x2 + y 2
Moyennant ce lien entre limites de suites et limites de fonctions, la démonstration des propriétés suivantes est
immédiate :
Proposition
La limite d’une fonction est unique.
W PREUVE
Thèse b=c
CHAPITRE 4. CONTINUITÉ DE FONCTIONS DE Rn → R 54
Par le théorème des gendarmes |b − c| = 0 (parce que lim |f (x) − b| = 0 et lim |f (x) − c| = 0 et
x→a x→b
lim 0 = 0).
x→a
Proposition
Soit u : A ⊆ Rn → R : x 7→ u(x).
Soit v : A ⊆ Rn → R : x 7→ v(x).
Soit a un point d’accumulation de A.
Si lim u(x) = u et lim v(x) = v,
x→a x→a
alors (↓)
∀λ, µ ∈ R on a :
lim (λu(x) + µv(x)) = λu + µv
x→a
lim (u(x) · v(x)) = u · v.
x→a
1 1
Si u ̸= 0 on a lim = .
x→a u(x) u
ª REMARQUE
Cas particuliers : λ = µ = 1 et λ = 1, µ = −1.
Limites à l’infini ? Il y a beaucoup de ‘infinis’ dans Rn . La notion ne fait pas beaucoup de sens
dans Rn .
Règle de l’Hôpital ?
EXEMPLE
−8
Limite infinies : lim = ...?
(x,y)→(0,0) x2 + 4y 2
−8
On a lim −8 = −8 et lim (x2 + 4y 2 ) = 0, donc lim n’existe pas.
(x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0) x2 + y 2
4.3 Continuité
ª REMARQUE
Pour être continue en un point a, la fonction doit être définie en a et ce point doit être
un point d’accumulation du “chemin” suivi (afin que la limite puisse exister), lequel doit “passer”
par a.
Enfin, a sera le plus souvent un point intérieur au D, domaine de définition de f . Chaque point
intérieur au domain de définition est aussi un point d’accumulation.
ª REMARQUE
Soit D ouvert, D ⊂ Rn . Une fonction f : D → R est continue (C 0 ) sur D ssi elle est continue en
tout point de D.
Si f : Rn → R est continue sur D ouvert, alors elle est continue sur tout sous-ensemble ouvert
de D.
Proposition
Soit f : D ⊂ Rn → R et g : D ⊂ Rn → R. Soit a un point d’accumulation de D.
Si f et g sont continues en a sur D
alors (↓)
∀λ, µ ∈ R, λf + µg est continue en a,
f g est continue en a.
1
Si en outre g(a) ̸= 0, alors est continue en a.
g
ª REMARQUE
Cas particuliers λ = µ = 1 et λ = 1, µ = −1.
EXEMPLE
2
p x
si (x, y) ̸= (0, 0)
Soit f (x) = x2 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0)
2
Ici, dom f = R et le point (0, 0) est un point intérieur de dom f . Nous savons déjà que
lim f (x, y) = 0, alors f est C 0 en (0, 0).
(x,y)→(0,0)
å EXERCICSES
1 Calculer, si elles existent dans R, les limites suivantes
CHAPITRE 4. CONTINUITÉ DE FONCTIONS DE Rn → R 56
x4
a lim .
(x,y)→(0,0) x2 + y 2
x3
b lim .
(x,y)→(2,0) y 2
x
c lim .
(x,y)→(0,0) y
sin(x2 + y 2 )
d lim
(x,y)→(0,0) x2 + y 2
x(x + 2) + y(y − 4) + 5
e lim .
(x,y)→(−1,2) (x + 1)3
3 3
(x − 1) + y
si (x, y) ̸= (1, 0)
2 Étudier la continuité de f (x, y) = (x − 1)2 + y 2 en le point (1, 0).
0 si (x, y) = (1, 0),
´ RÉPONSES
1 a
x4 ρ4 cos4 θ
lim = lim ,
(x,y)→0 x2 + y 2 ρ→0 ρ2
θ qcq
= lim ρ2 cos4 θ
ρ→0
θqcq
Nous avons 0 ≤ ρ2 cos4 θ ≤ ρ2 alors, utilisant la théorème des gendarmes, la limite vaut
0.
b
x3 8
lim 2
→
(x,y)→(2,0) y 0
x cos θ
lim = lim
(x,y)→(0,0) y ρ→0
θ qcq
sin θ
(x − 1)3 + y 3 X3 + Y 3
lim = lim ,
(x,y)→(1,0) (x − 1)2 + y 2 (X,Y )→(0,0) X 2 + Y 2
ρ3 (sin3 θ + cos3 θ)
= lim = lim ρ(sin3 θ + cos3 θ)
ρ→0
θ qcq
ρ2 ρ→0
θ qcq
Alors −2ρ ≤ ρ(sin3 θ + cos3 θ) ≤ 2ρ. Utilisant la théorème des gendarmes, on obtient que la
limite est égal à 0. Donc, f (x, y) est C ◦ en (1, 0).
3 a f (x, y) est C 0 dans R2 . En effet :
x3 + y 3
dans l’ouvert R2 \ {0}, f (x, y) = quotient de deux polynômes C 0 dans R2 .
x2 + y 2
Dont le dénominateur s’annule uniquement en (0, 0) d’où f (x, y) est C 0 dans cet
ouvert.
en (0, 0) on a lim(x,y)→(0,0) f (x, y) = 0 (voir exercice précedente) et f (0, 0) = 0, d’oú
f (x, y) est continue en (0, 0).
En rassemblant ces informations, f (x, y) est continue dans R2 .
b f (x, y, z) est continue dans {(x, y, z) ∈ R3 : z ̸= 0} ou R3 \ {(x, y, 0) : x, y ∈ R}.
c f (x, y) est continue dans {(x, y) ∈ R2 : xy > 0} = dom f .
d Dans l’ensemble R2+ \ {(0, 0)}, la fonction est C 0 . Regardons la continuité dans le point
(0, 0) :
lim x2 ln(x2 + y 2 ) = lim ρ2 sin2 θ ln(ρ2 ).
(x,y)→(0,0) ρ→0
θ qcq
CHAPITRE 4. CONTINUITÉ DE FONCTIONS DE Rn → R 58
Aussi −ρ2 ln(ρ2 ) ≤ ρ2 sin2 θ ln(ρ2 ) ≤ ρ2 ln(ρ2 ) et les deux termes (droite et gauche)
convergent vers 0 (par l’Hôpital).
e f (x, y) est C 0 dans {(x, y) ∈ R2 : y ̸= 0} ∪ {(1, 0)}. En effet :
ey − 1
Dans l’ouvert {(x, y) ∈ R2 : y ̸= 0} (ou R × R0 ), f (x, y) = , quotient de fonction
y
C 0 a dénominateur non nul, d’où f (x, y) est C 0 dans cet ouvert.
Pour les points (α, 0) avec (α ∈ R), le calcul de lim f (x, y) dépend du chemin
(x,y)→(α,0)
suivi puisque lim f (x, y) = lim x = α, alors que lim f (x, y) =
(x,y)→(α,0) (x,y)→(α,0) (x,y)→(0,0)
y=0 chemin avec y̸=0
ey −1
lim qui par Hospital, vaut 1.
y→0 y
De là, lim f (x, y) n’existe dans R que si α = 1, d’où, comme f (α, 0) = α, f est
(x,y)→(α,0)
C 0 en (1, 0) et discontinue en tous les points (α, 0) avec α ̸= 1.
5 Dérivées partielles
5.1 Définitions
t RAPPEL
Pour une fonction y = f (x) d’une variable, la dérivée f ′ (x) est un nombre qui mesure le taux de
variation de la fonction lorsque x change. La définition de la dérivée des fonctions d’une variable
f (x) − f (a)
réclame le calcul d’un taux d’accroissement dont on tente de calculer la limite quand
x−a
x tend vers a.
Pour les fonctions de plusieurs variables y = f (x1 , . . . , xn ) on souhaite aussi savoir comment la valeur varie
lorsque les variables indépendantes changent. Si f (k, ℓ) est par exemple une fonction de production, on aimerait
savoir si la production augmente lorsque soit k soit ℓ varie, et de combien.
Ceci peut se faire en laissant constantes toutes les variables de la fonction sauf une : on obtient ainsi, pour une
fonction f : D ⊂ Rn → R définie au voisinage d’un point (a1 , a2 , . . . , an ) (a est point d’intérieur de D) n taux
d’accroissement :
f (x1 , a2 , . . . , an ) − f (a1 , a2 , . . . , an )
,
x1 − a1
f (a1 , x2 , . . . , an ) − f (a1 , a2 , . . . , an )
,
x2 − a2
..
.
f (a1 , a2 , . . . , xn ) − f (a1 , a2 , . . . , an )
.
xn − an
qui peuvent chacun (ou non) avoir une limite quand x → a (c-à-d xi → ai ).
f (a1 , . . . , xi , . . . , an ) − f (a1 , . . . , ai , . . . , an ) ∂f ∂f
lim = (a1 , . . . , an ) = (a).
xi →ai xi − ai ∂xi ∂xi
(xi varie seul) et appelées dérivées partielles de f en a par rapport à xi .
59
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 60
f (a1 , . . . , xi , . . . , an ) − f (a1 , . . . , ai , . . . , an )
lim ,
xi →ai xi − ai
existe dans R.
∂f ∂f
Cette limite est notée (a1 , . . . , an ) ou (a).
∂xi ∂xi
Ces dérivées (partielles) peuvent souvent être calculées en plus d’un point, ou mieux en un point
(x1 , . . . , xn ) quelconque.
Cas n = 2 : Soit f : D ⊂ R2 : (x, y) → f (x, y) et a = (a1 , a2 ) point intérieur de D. La fonction f est dérivable
par rapport à x en a ssi
f (x, a2 ) − f (a1 , a2 )
lim ∈ R.
x→a1 x − a1
∂f
si oui, la valeur réelle obtenue est la dérivée de f par rapport de x en a, notée (a). La dérivée partielle
∂x
∂f
(a1 , a2 ) est a peu près égale à la variation de f (a1 , a2 ) par unité d’accroissement de a1 , a2 étant constante.
∂x
La fonction f est dérivable par rapport à y en a ssi
f (a1 , y) − f (a1 , a2 )
lim ∈ R.
y→a2 y − a2
∂f
si oui, la valeur réelle obtenue est la dérivée de f par rapport de y en a, notée (a). La dérivée partielle
∂y
∂f
(a1 , a2 ) est a peu prés égale à la variation de f (a1 , a2 ) par unité d’accroissement de a2 , a1 étant constante.
∂y
Pour l’intuition géométrique considérons une fonction de deux variables représentées par f (x, y) dans la Figure
5.1. Si nous prenons un plan passant par le point P sur la surface parallèle aux plan ZY , il coupe la surface
dans la courbe AP B (en rouge), le long de laquelle x reste constante. La pente de la droite tangente à la courbe
AP B dans P représente le taux à laquelle z change par rapport à y en P . Des déclarations similaires sont
valables pour un plan parallèle au plan XZ. Les dérivées partielles ont l’interprétation géométrique suivantes :
∂f
(P ) = tan β = peinte de CP D en P.
∂x
∂f
(P ) = tan α = peinte de AP B en P.
∂y
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 61
C
A
Y
B α
X D
β
EXEMPLE
Fonction de production y = f (k, ℓ).
∂f
(k, ℓ) indique une approximation de l’augmentation de la production y lorsque k augmente
∂k
de 1 (ℓ étant fixé).
∂f
Et (k, ℓ) indique une approximation de l’augmentation de y lorsque ℓ augmente de 1 (k étant
∂ℓ
fixé).
∂f ∂f
Si f (k, ℓ) = Ak α ℓβ on obtient (k, ℓ) = αAk α−1 ℓβ et (k, ℓ) = βAk α ℓβ−1 .
∂k ∂ℓ
ª REMARQUE
Le calcul de ces dérivées partielles est le calcul usuel des dérivées des fonctions d’une variable. En
particulier, les règles habituelles s’appliquent aux somme, différence, produit, quotient des fonctions.
ª REMARQUE
Pour n = 1, f est C 0 ̸→ f est dérivable.
Pour n > 1, f est C 0 ̸→ f dérivable.
Pour n = 1, si f est dérivable → f est C 0 .
Pour n > 1, f est dérivable ̸→ f est C 0 .
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 62
EXEMPLE
(
3 si xy = 0
Soit f (x, y) = .
0 si xy ̸= 0
Cette fonction n’est pas continue à (0, 0), mais elle est dérivable par rapport à x et y en (0, 0). On
a:
∂f f (x, 0) − 3 3−3
(0, 0) = lim = lim = 0.
∂x x→0 x−0 x→0 x − 0
et
∂f f (0, y) − 3 3−3
(0, 0) = lim = lim = 0.
∂y y→0 y−0 y→0 y − 0
EXEMPLE
Soit f (x, y) = xy 2 . Cette fonction est une fonction polynôme, donc elle est dérivable en tout point
(x, y) ∈ R2 .
∂f ∂f
∀(x, y) ∈ R2 , on a (x, y) = y 2 et (x, y) = 2xy, alors :
∂x ∂y
∂f ∂f
(x, y) = y 2 2xy .
∇f (x, y) = (x, y)
∂x ∂y
Par exemple ∇f (−2, 5) = 25 −20 .
ª REMARQUE
Les dérivées partielles d’une fonction f : Rn → R (quand elles existent) sont elles mêmes des
fonctions de Rn → R, qui peuvent donc avoir leurs propres dérivées partielles.
Quand i ̸= j, on notera
∂f not ∂ 2 f
∂
= .
∂xi ∂xj ∂xi ∂xj
∂f not ∂ 2 f
∂
= .
∂xi ∂xi ∂(xi )2
les dérivées secondes où la même variable xi est utilisée deux fois.
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 63
EXEMPLE
Si f : R2 → R : (x, y) 7→ f (x, y) = x · y 2 on a :
∂2f ∂2f
= 0, = 2y,
∂(x)2 ∂y∂x
∂2f ∂2f
= 2y, = 2x.
∂x∂y ∂(y)2
∂2f ∂2f
= α(α − 1)Ak α−2 ℓβ = αβAk α−1 ℓβ−1
∂(k)2 ∂k∂ℓ
∂2f ∂2f
= αβAk α−1 ℓβ−1 = β(β − 1)k α ℓβ−2 .
∂ℓ∂k ∂(ℓ)2
ª REMARQUE
Les dérivées secondes (quand elles existent) sont elles mêmes des fonctions de Rn → R (a priori,
même si “certains coefficients sont nuls”) donc ces dérivées secondes peuvent avoir des dérivées
partielles, etc.
∂2f ∂2f
Dans l’exemple précédente = .
∂x∂y ∂y∂x
La fonction f : Rn → R est dérivable au voisinage d’un point a si toutes les dérivées
partielles de f existent en tout point d’un voisinage de a.
La fonction f : Rn → R est k fois dérivable au voisinage de a si toutes les dérivées partielles de
f jusqu’à l’ordre k existent sur un voisinage de a.
∂f ai
E(f, xi )(a) = .
∂xi f (a)
ª REMARQUE
L’élasticité partielle E(f, xi ) donne le changement en f en % si xi augmente avec 1% (et toutes les
autres variables restent constantes).
EXEMPLE
Si f (k, ℓ) = Ak α ℓβ alors (pour k, ℓ ̸= 0) on a :
E(f, k) = α et E(f, ℓ) = β
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 64
Proposition
Soit D un sous ensemble ouvert de Rn++ et soit f : D → R++ , dérivable par rapport a xi (i = 1, . . . , n)
sur D,
alors ↓
∂ ln(f (x))
E(f, xi ) =
∂ ln(xi )
W PREUVE
Notons, que pour xi > 0, on peut écrire xi = eln(xi ) . Si nous introduisons les variables zi = ln(xi ),
alors xi = ezi et on peut définir la fonction :
ez1 , . . . , |{z}
g(z1 , z2 , . . . , zn ) = ln(f (|{z} ezn )).
x1 xn
Ou en termes de x1 , . . . , xn
Remarquons que :
∂g(z) 1 ∂f z1
= (e , . . . , ezn ) ezi
∂zi f (ez1 , . . . , ezn ) ∂xi
EXEMPLE
Si f (k, ℓ) = Ak α ℓβ alors (pour A, k, ℓ > 0) on a :
Alors :
∂ ln(f (k, ℓ)) ∂ ln(f (k, ℓ))
E(f, k) = = α et E(f, ℓ) = = β.
∂ ln(k) ∂ ln(ℓ)
5.2 C 1 , C 2 , . . .
Definition: C 1 en un point
La fonction f : D ⊂ Rn → R est C 1 en a point intérieur de D ssi
elle possède toutes ses dérivées partielles d’ordre 1 au voisinage de a,
ses dérivées partielles d’ordre 1 sont continues en a.
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 65
ª REMARQUE
En général, f est C ℓ en a ∈ Rn ssi elle possède toutes ses dérivées partielles d’ordre ℓ au voisinage
de a et ses dérivées d’ordre ℓ sont continues en a.
f est C ∞ en a ∈ Rn ssi f possède toutes ses dérivés de tout ordre au voisinage de a et ses toutes
ces dérivées sont continues en a.
Nous disons que f est C 0 en a ∈ Rn ssi f est continue en a.
Une fonction f : D ⊂ Rn → R est de classe C ℓ sur un ouvert A ⊂ D ssi elle est de classe C ℓ en
tout point de A.
Proposition
Soit k, ℓ ∈ N ∪ {0} et k < ℓ.
Si f : D ⊂ Rn → R est C ℓ en a, point intérieur de D,
alors (↓)
f est Ck en a ∈ Rn .
ª REMARQUE
f est C ∞
...
f est C 3
f est C 2
f est C 1
source : Wikipedia
∂2f ∂2f
Dans les exemples précédentes, nous avons découvert que (x, y) = (x, y). Cet équation est vraie en
∂x∂y ∂y∂x
général si f est C 2 en (x, y). Ce résultat s’appelle le théorem de Schwarz ou le théorème de Young.
Alors le dérivée partielle d’ordre 2 est comme une différence d’une différence :
∂f ∂f
(x + ∆x , y) − (x, y)
∂2f ∂y ∂y
(x, y) = lim ,
∂x∂y ∆x →0 ∆x
f (x + ∆x , y + ∆y ) − f (x + ∆x , y) f (x, y + ∆y ) − f (x, y)
−
∆y ∆y
= lim lim ,
∆x →0 ∆y →0 ∆x
f (x + ∆x , y + ∆y ) − f (x + ∆x , y) − f (x, y + ∆y ) + f (x, y)
= lim .
(∆x ,∆y )→(0,0) ∆x ∆y
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 67
Et
∂f ∂f
∂2f (x, y + ∆y ) − (x, y)
(x, y) = lim ∂x ∂x ,
∂y∂x ∆y →0 ∆y
f (x + ∆x , y + ∆y ) − f (x, y + ∆y ) f (x + ∆x , y) − f (x, y)
−
∆x ∆x
= lim lim ,
∆y →0 ∆x →0 ∆y
f (x + ∆x , y + ∆y ) − f (x + ∆x , y) − f (x, y + ∆y ) + f (x, y)
= lim .
(∆x ,∆y )→(0,0) ∆x ∆y
(la validité de l’échange des limites est garantie parce que f est C 2 )
ª REMARQUE
Pour des fonctions de deux variables f (x, y), C 2 dans a, nous obtenons,
∂2f ∂2f
(a) = (a).
∂x∂y ∂y∂x
EXEMPLE
f : R2++ → R : (x, y) 7→ f (x, y) = xy 3 + ln(y)y 4 ey . On a :
∂f ∂2f
(x, y) = 3xy 2 + y 3 ey + ln(y)3y 3 ey + ln(y)y 4 ey et = 3y 2 ,
∂y ∂x∂y
∂f ∂2f
= y 3 et = 3y 2 .
∂x ∂y∂x
5.4 La hessienne
Source : Wikipedia
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 68
Definition: Hessienne
Soit f : D ⊂ Rn → R, C 2 en a, point intérieur de D. La hessienne de f en a est la matrice symétrique :
∂2f ∂2f
∂(x )2 (a) . . . ∂x ∂x (a)
1 1 n
.. ..
Hf (a) =
..
. . .
2 2
∂ f ∂ f
(a) . . . 2
(a)
∂x ∂x ∂(xn )
| n 1 {z }
n×n
ª REMARQUE
Parfois on utilise aussi la notation
2
∂ f
Hf (a) = (a)
∂xi ∂xj
EXEMPLE
Soit f (x, y) = x ln(xy) qui est C ∞ sur (R++ )2 . Nous obtenons,
" #
1 1
x y
Hf (x, y) = 1
y − yx2
å EXERCICSES
1 Étudier la dérivabilité des fonctions suivantes en le point indiqué. Calculer s’il existe, le
gradient de la fonction en ce point.
xy
si (x, y) ̸= (0, 0)
a f (x, y) = x2 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0)
2 +y 2 )
b f (x, y) = e−(x en (0, 0) et en (1, 2).
3 + x2 y − z
c f (x, y, z) = en (0, 1, 2).
3x2 + 1
2 Étudier la dérivabilité des fonctions suivantes :
xy
si (x, y) = (0, 0)
a f (x, y) = x2 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0)
b f (x, y) = x + |y|.
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 69
3 3
y − 2x si (x, y) ̸= (0, 0)
c f (x, y) = x2 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0)
xy si x < y
d f (x, y) = y 2 si x = y .
2
x si x > y
3 Après avoir justifié son existence sure le domaine indiqué, donner la matrice hessienne des
fonctions suivantes
a f (x, y) = xey sur R2 .
´ RÉPONSES
1 a
0
2
−0
lim x = 0,
x→0 x − 0
0
−0
y2
lim =0
y→0 y − 0
Alors f est dérivable par rapport à x et à y en (0, 0) et ∇f (0, 0) = 0 0 .
b
∂f 2 2
(x, y) = −e−(x +y ) 2x,
∂x
∂f 2 2
(x, y) = −e−(x +y ) 2y.
∂y
Donc ∇f (0, 0) = 0 0 et ∇f (1, 2) = −2e−5 −4e−5 .
Alors ∇f (0, 1, 2) = 0 0 −1 .
xy
2 a Dans l’ouvert R2 \ {(0, 0)}, f (x, y) = qui est dérivable par rapport à x et y dans
x2 + y 2
cet ouvert comme quotient de polynômes à dénominateur non nul. Également, on a vue
(exercice 1. a) que la fonction f est dérivable par rapport à x et à y en (0, 0). De là, f
est dérivable dans R2 .
b Dans R × R−− , nous avons f (x, y) = x − y qui est dérivable. Dans R × R++ nous avons
f (x, y) = x + y qui est dérivable. Pour y = 0 nous avons :
Concluons que f est dérivable par rapport à x en (0, 0) mais n’est pas dérivable par
rapport à y en (0, 0).
c f (x, y) est dérivable dans R2 . Dans R2 \ {(0, 0)} la fonction est dérivable parce que
c’est un quotient de deux polynômes, dénominateur non-nul. Pour (x, y) = (0, 0) nous
obtenons :
−2x 3
∂f 2
(0, 0) = lim x = −2,
∂x x→0 x − 0
y3
∂f y2
(0, 0) = lim = 1.
∂y y→0 y − 0
x2 − y 2 2x
lim = lim = 2y,
x→y,x>y x−y x→y 1
xy − y 2 y
lim = lim = y.
x→y,x<y x−y x→y 1
∂f
Donc (y, y) existe ssi y = 0.
∂x
Aussi :
x2 − x2
lim = 0,
y→x,x>y y−x
xy − x2 x
lim = lim = x.
y→x,x<y y−x y→x 1
∂f
Donc (x, x) existe ssi x = 0. Concluons que f est dérivable sur R2 \{(x, y)|x = y ̸= 0}.
∂y
3 a La fonction f est de classe C 2 sur R2 comme produit de fonctions “indéfiniment”
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 71
dérivables sur R2 .
∂f
(x, y) = ey ,
∂x
∂f
(x, y) = xey
∂y
∂2f ∂2f
= = ey ,
∂x∂y ∂y∂x
∂2f
=0
∂(x)2
∂2f
= xey .
∂(y)2
0 ey
Donc Hf (x, y) = y .
e xey
b La fonction f est de classe C 2 sur (R+ 2
0 ) comme produit de fonctions “indéfiniment”
dérivables sur cet ensemble.
∂f
= αk α−1 ℓβ
∂k
∂f
= βk α ℓβ−1
∂ℓ
∂2f ∂2f
= = αβk α−1 ℓβ−1
∂k∂ℓ ∂ℓ∂k
∂2f
= α(α − 1)k α−2 ℓβ
∂(k)2
∂2f
= β(β − 1)k α ℓβ−2 .
∂(ℓ)2
α(α − 1)k α−2 ℓβ αβk α−1 ℓβ−1
Donc Hf (k, ℓ) = .
αβk α−1 ℓβ−1 β(β − 1)k α ℓβ−2
√
c La fonction f est de classe C 2 sur (R+ 3
0 ) comme quotient y x (produit de fonctions
indéfiniment dérivables pour x et y > 0) et de z, indéfiniment dérivables et non nul si
z > 0.
√
∂f y ∂f x
(x, y, z) = √ (x, y, z) =
∂x 2 xz ∂y z
√ 2
∂f y x ∂ f y
(x, y, z) = − 2 2
= − 3/2
∂z z ∂(x) 4x z
2 2 √
∂ f ∂ f y x
=0 = 2
∂(y)2 ∂(z)2 z3
∂2f 1 2
∂ f y
= √ =− √ 2
∂x∂y 2 xz ∂x∂z 2 xz
2 √
∂ f x
=− 2 .
∂y∂z z
y √1 − 2√yxz 2
− 4x3/2 2 xz
1 z √
− z 2x
Donc Hf (x, y, z) = √
2 xz 0
√ √
− 2√yxz 2 − z 2x 2 yz 3x
CHAPITRE 5. DÉRIVÉES PARTIELLES 72
4 a Nous obtenons :
∂f
(x, y, z) = yzexyz ,
∂x
∂f
(x, y, z) = xzexyz ,
∂y
∂f
(x, y, z) = xyexyz .
∂z
Donc
1
E(f, x)(1, 2, 3) = 6e6 = 6,
e6
2
E(f, y)(1, 2, 3) = 3e6 6 = 6,
e
3
E(f, z)(1, 2, 3) = 2e6 6 = 6.
e
∂f y 3 − x2 y
= 2
∂x (x + y 2 )2
∂f x3 − xy 2
= 2
∂y (x + y 2 )2
Alors,
β 3 − α2 β α2 + β 2
E(f, x)(α, β) = α,
(α2 + β 2 )2 αβ
β(β 2 − α2 ) 1
= ,
α2 + β 2 β
β 2 − α2
= 2 .
α + β2
Et
α3 − β 2 α α2 + β 2
E(f, y)(α, β) = β,
(α2 + β 2 )2 αβ
α(α2 − β 2 ) 1
= ,
α2 + β 2 α
α2 − β 2
= 2 .
α + β2
6 Plan tangent
t RAPPEL
Équation de tangente (pour n = 1).
Y f (x)
f (x0 )
T (x)
x0 X
Donc
Cas n = 2 :
73
CHAPITRE 6. PLAN TANGENT 74
Y
X
Ceci est l’équation d’un plan z = T (x, y) de R3 passant par le point (x̂, ŷ, f (x̂, ŷ)).
Considérons le plan vertical avec x = x̂ parallele au plan Y Z, le couple (z, y) suivant la droite
∂f
z = T (x̂, y) = f (x̂, ŷ) + (x̂, ŷ)(y − ŷ),
∂y
qui est l’équation de la tangente à la courbe d’intersection de la surface z = f (x, y) avec ce plan x = x̂.
Considérons le plan vertical y = y0 parallele au plan XZ, le couple (z, x) suivant la droite (y = ŷ) :
∂f
z = T (x, y) = f (x̂, ŷ) + (x̂, ŷ)(x − x̂),
∂x
CHAPITRE 6. PLAN TANGENT 75
qui est l’équation de la tangente à la courbe d’intersection de la surface z = f (x, y) avec ce plan y = ŷ.
Autrement dit, le plan T est l’unique “plan” contenant les deux tangentes aux courbes d’intersection de la
surface avec les plans verticaux parallèles aux axes et passant par le point choisi (x̂, ŷ, f (x̂, ŷ)).
ª REMARQUE
Pour le cas (n = 2) avec f : D ⊂ R2 → R, C 1 en (x̂, ŷ).
∂f ∂f
T (x) = f (x̂, ŷ) + (x̂, ŷ)(x − x̂) + (x0 , y0 )(y − ŷ).
∂x ∂y
6.1 La différentielle
t RAPPEL
Soit f : D ⊆ R → R : x 7→ y = f (x), C 1 en x̂. La différentielle de f en x̂ est
dy = f ′ (x̂) dx.
la tangente est :
n
X ∂f
df = (x̂) dxi = ⟨∇f (x̂), dx⟩.
∂xi
i=1
EXEMPLE
y = f (k, ℓ) = k α ℓβ on a la différentielle :
Donc :
y y
dy = α dk + β dℓ.
k l
Alors, si y ̸= 0 :
dy dk dℓ
=α +β .
y k ℓ
å EXERCICSES
1 Déterminer le plan tangent de
n
df X dxi
= E(f, xi ) .
f xi
i=1
CHAPITRE 6. PLAN TANGENT 77
5 Soit y = f (A, k, ℓ) = Ak 0.2 ℓ0.8 une fonction de production. Pour deux années, nous obtenons
les figures suivantes.
Période y k ℓ
1 100 10 5
2 200 15 10
dA
Déterminer (par approximation) la valeur de A .
´ RÉPONSES
1 a Le point (1, 1) est point intérieur de dom f = (R++ )2 et f est C ∞ dans (R++ )2 . Les
∂f ∂f
dérivées partielles sont (1, 1) = 1 et (1, 1) = 1 alors T (x, y) = ln(1) + 1(x − 1) +
∂x ∂y
1(y − 1) = −2 + x + y.
∂f
b dom f = R2 et f est C ∞ dans R2 . Les dérivées partielles sont (0, 0) = cos 0 cos 0 = 1
∂x
∂f
et (0, 0) = − sin 0 sin 0 = 0 Donc T (x, y) = sin 0 cos 0 + 1x + 0y = x.
∂y
∂f 3 ∂f
c La fonction est C ∞ sur R2 \ {0, 0}. Et (3, 4) = 2√32·3
2 +42
= 2·3 4
10 = 5 , ∂y (3, 4) = 5 .
∂x
Donc T (x, y) = 5 + 35 (x − 3) + 45 (y − 4) = 35 x + 45 y.
d La fonction f est C ∞ sur R3 et,
∂f
(1, 2, 3) = 6e6 ,
∂x
∂f
(1, 2, 3) = 3e6 ,
∂y
∂f
(1, 2, 3) = 2e6
∂z
Donc, T (x, y, z) = e6 + 6e6 (x − 1) + 3e6 (y − 2) + 2e6 (z − 3) = −17e6 + 6xe6 + 3ye6 + 2ze6 .
∂f 1
(x) = α1 ( i (xi )α ) α −1 αxα−1
P
2 Nous avons j . Donc :
∂xj
1
α α −1 xα−1 dx
Pn P
df j=1 ( i (xi ) ) j j
= 1 ,
f ( i (xi )α ) α
P
xα dx
P j α j.
X
=
i (xi ) xj
j
∂f ∂f
3 Nous avons = (1 + r)t et = At(1 + r)t−1 . Donc
∂A ∂r
df (1 + r)t At(1 + r)t−1
= dA + dr,
f A(1 + r)t A(1 + r)t
dA tr dr
= + .
A 1+r r
CHAPITRE 6. PLAN TANGENT 78
n
df 1 X ∂f
= (x) dxi ,
f f (x) ∂xi
i=1
n
X ∂f 1 dxi
= (x) xi ,
∂xi f (x) xi
i=1
n
X dxi
= E(f, xi ) .
xi
i=1
dy dA dk dℓ dy 200 − 100 dk 15 − 10
5 Notons que = + 0.2 + 0.8 . Aussi ≈ = 1, ≈ = 0.5 et
y A k ℓ y 100 k 10
dℓ 10 − 5
≈ = 1. Donc :
ℓ 5
dA
≈ 1 − 0.2 · 0.5 − 0.8 · 1 = 0.1.
A
7 Fonctions de Rn → Rm
f (x) = f (x1 , . . . , xn )
= (f1 (x), . . . , fm (x))
= (f1 (x1 , . . . , xn ), f2 (x1 , . . . , xn ), . . . , fm (x1 , . . . , xn ))
x1 y1 =f1 (x1 , . . . , xn )
.. f ..
. .
xn ym =fm (x1 , . . . , xn )
EXEMPLE
79
CHAPITRE 7. FONCTIONS DE Rn → Rm 80
ª REMARQUE
x̂ ∈ Rn et b ∈ Rm .
Proposition
Soit f : D ⊂ Rn → Rm et x̂ point d’accumulation de D.
lim f (x) = b
x→a
ssi (↕)
lim ∥f (x) − b∥ = 0
x→a
Proposition
Soit f : D ⊆ Rn → Rm et x̂ point d’accumulation de D.
lim f (x) = b
x→x̂
ssi (↕)
∀j = 1, . . . , m : lim fj (x) = bj ,
x→x̂
autrement dit, la convergence dans Rm est équivalente à la convergence composante par composante.
W PREUVE
(↓)
lim f (x) = b
x→x̂
Hypothèse
(↔ lim ∥f (x) − b∥ = 0)
x→x̂
∀j = 1, . . . , n : lim fj (x) = bj
x→x̂
Thèse (↔ ∀j = 1, . . . , m : lim |fj (x) − bj | = 0)
x→x̂
Alors, ∀j = 1, . . . , m
v
um
uX
0 ≤ |fj (x) − bj | ≤ t (fk (x) − bk )2 = ∥f (x) − b∥. addition de termes non-negatives
k=1
Utilisons la théorème des gendarmes, nous obtenons que lim |fj (x)−bj | = 0 (parce que lim ∥f (x)−
x→x̂ x→x̂
b∥ = 0 et lim 0 = 0)
x→x̂
(↑)
∀j = 1, . . . , n : lim fj (x) = bj
x→x̂
Hypothèse
(↔ ∀j = 1, . . . , m : lim |fj (x) − bj | = 0)
x→x̂
CHAPITRE 7. FONCTIONS DE Rn → Rm 81
lim f (x) = b
x→a
Thèse (↔ lim ∥f (x) − b∥ = 0)
x→x̂
Alors,
0 ≤ ∥f (x) − b∥,
Xm n
X
≤ |fj (x) − bj |. parce que ∥v∥ ≤ |vj |
j=1 i=j
Utilisons la théorème des gendarmes, on obtient que lim ∥f (x) − b∥ (parce que lim |fj (x) − bj | = 0
x→x̂ x→x̂
et lim 0 = 0).
x→x̂
EXEMPLE
Soit f : R2 → R4 : (x, y) 7→ f (x, y) = (x + y, xy, 1, x).
Definition: Continuité
Soit f : D ⊆ Rn → Rm : x → f (x). Soit x̂ ∈ D un point d’accumulation de D. On dit que f est continue
en x̂ ssi lim f (x) existe dans Rm et vaut f (x̂) (limx→x̂ f (x) = f (x̂)).
x→x̂
Proposition
Soit f : D ⊆ Rn → Rm et x̂ point d’accumulation de D.
f est continue en x̂
ssi (↕)
chaque fj (j = 1, . . . , m) est continue en x̂.
EXEMPLE
Soit f : R2 → R4 : (x, y) → (x + y, x · y, 1, x). Tous les fonctions
f1 (x, y) = x + y,
f2 (x, y) = x · y,
f3 (x, y) = 1,
f4 (x, y) = x,
Definition: C 1
n m
f : D ⊂ R → R : x 7→ f (x) = (f1 (x), . . . , fm (x)) et
Soit x̂, point intérieur de D. La fonction f est
dérivable
dérivable
C 1
C 1
.. en x̂ ssi chaque fonction fj (j = 1, . . . , m) est . en x̂.
.
..
∞ ∞
C C
Source : Wikipedia
∂f1 ∂f1
∇f1 (a)
(a) . . . , (a)
∂x1 ∂xn
Jf (a) = .. .. .. ..
= .
. . .
∇fm (a)
∂fm .
.. ∂fm
(a) (a)
∂x1 ∂xn
| {z }
m×n
ª REMARQUE
La Jacobienne est une matrice non carrée en général.
CHAPITRE 7. FONCTIONS DE Rn → Rm 83
EXEMPLE
Pour la fonction f : R2 → R4 : (x, y) 7→ f (x, y) = (x + y, x · y, 1, x). Comme chacune des quatre
fonctions est un polynôme, elles sont dérivables en tout point de R2 . La jacobienne de f est de
dimension 4 × 2
∇f1 (x, y) 1 1
∇f2 (x, y) y x
Jf (x, y) =
∇f3 (x, y) = 0 0
∇f4 (x, y) 1 0
EXEMPLE
(
k = k(r)
y = f (k, ℓ) et .
ℓ = ℓ(r)
Donc on peut écrit y = f (k(r), ℓ(r)). Notons que y dépend de r par l’intermédiaire de k et ℓ.
dy
Question : ?
dr
ª REMARQUE
Soient f : Rn → Rm et g : Rm → Rp , supposons x̄ ∈ Rn , ȳ ∈ Rm , ȳ = f (x̄), z̄ = g(ȳ).
Soit f définie sur une boule ouverte B centrée en x̄ et supposons g définie pour tout y tel que
y = f (x) avec x ∈ B.
On peut calculer z = g(y) où ∀x ∈ B : y = f (x) et, par conséquent, h = g ◦ f est définie sur B.
On a z̄ = (g ◦ f )(x̄) = g(f (x̄)) = h(x̄) ou encore z̄ = g(ȳ) avec ȳ = f (x̄).
h=g◦f
Proposition
Si f : Rn → Rm est définie au voisinage de x̄ et continue en x̄,
si ȳ = f (x̄) et si g est définie au voisinage de ȳ et continue en ȳ,
alors (↓)
h = g ◦ f est définie au voisinage de x̄ et continue en x̄.
CHAPITRE 7. FONCTIONS DE Rn → Rm 84
W PREUVE
h = g ◦ f est continue en x̄
Thèse (∀ suites (xt ) qui converge vers x̄, la suite (h(xt ))t∈N converge vers h(x̄))
Proposition
Si f : D ⊂ Rn → Rm est C 1 en x̄, point intérieur de D
Si g : E ⊂ Rm → Rp est C 1 en ȳ = f (x̄) qui est point intérieur de E
alors (↓)
g ◦ f est définie au voisinage de x̄ et
g ◦ f est dérivable en x̄
La Jacobienne de g ◦ f en x̄ est le produit matriciel de la jacobienne de g en ȳ = f (x̄) et de la
jacobienne de f en x̄.
ª REMARQUE
Si f et g sont C 1 au voisinage de x̄ et f (x̄) respectivement, on en déduit que g ◦ f est dérivable
au voisinage de x̄ et la formule ci-dessus montre alors la continuité des dérivées partielle sur un
voisinage de x̄.
ª REMARQUE
On obtient la formule :
Détaillons :
Aussi, h(x1 , . . . xn ) = (g1 (f1 (x1 , . . . , xn ), . . . , fm (x1 , . . . , xm )), . . . , gp (f1 (x1 , . . . , xn ), . . . , fm (x1 , . . . , xn ))).
Donc pour i = 1, . . . , p on a :
∂hi
Question : que vaut (x1 , . . . , xn ) ?
∂xj
Donc :
∂f1
... (x) . . .
∂xj
.. ..
.. .. ..
. . . . .
. . . ∂hi ∂gi ∂gi ∂gi ∂fk
(x) . . .
= (f (x)) . . . (f (x)) . . . (f (x)) . . .
(x) . . .
∂xj ∂u1 ∂uk ∂um ∂xj
.. .. .. .. ..
. . . .
.
∂fm
... (x) . . .
∂xj
Donc on obtient :
m
∂hi X ∂gi ∂fk
(x) = (f (x)) (x).
∂xj ∂uk ∂xj
k=1
Alors :
m
∂hi X ∂gi ∂fk
(x) = (f (x)) (x).
∂xj ∂uk ∂xj
k=1
CHAPITRE 7. FONCTIONS DE Rn → Rm 86
EXEMPLE
y(r) = f (k(r), ℓ(r)) on a :
dy ∂f ∂f
(r) = (k(r), ℓ(r)) k ′ (r) + (k(r), ℓ(r)) ℓ′ (r).
dr ∂k
∂ℓ ′
∂f ∂f k (r)
= (k(r), ℓ(r)) (k(r), ℓ(r)) .
∂k ∂ℓ ℓ′ (r)
EXEMPLE
h(w, t) = g(f (w, t), r(w, t)).
| {z } | {z }
x y
∂h ∂g ∂f ∂g ∂r
(w, t) = (x, y) (w, t) + (x, y) (w, t).
∂w ∂x ∂w ∂y ∂w
et
∂h ∂g ∂f ∂g ∂r
(w, t) = (x, y) (w, t) + (x, y) (w, t).
∂t ∂x ∂t ∂y ∂t
Alors,
∂f ∂f
∂w (w, t) (w, t)
∂h ∂h ∂g ∂g ∂t
(w, t) (w, t) = (x, y) (x, y) ∂r ∂r
∂w ∂t ∂x ∂y
(w, t) (w, t)
∂w ∂t
EXEMPLE
Former la composée f ◦g de f : R2 → R : (x, y) 7→ x2 y 3 et g : R → R2 : t 7→ (x, y) = (x0 +vt, y0 +vt)
on à :
Calculer h′ (t).
Donc :
∂(f ◦ g) ∂f ∂g1 ∂f ∂g
(ρ, θ) = (g(ρ, θ)) (ρ, θ) + (g2 (ρ, θ)) (ρ, θ),
∂θ ∂x ∂θ ∂y ∂θ
= −2(ρ cos θ)ρ sin θ + 2(ρ sin θ)ρ cos θ,
= 0.
CHAPITRE 7. FONCTIONS DE Rn → Rm 87
et
∂(f ◦ g) ∂f ∂g1 ∂f ∂g2
(ρ, θ) = (g(ρ, θ)) (ρ, θ) + (g(ρ, θ)) (ρ, θ)
∂ρ ∂x ∂ρ ∂y ∂ρ
= 2(ρ cos θ) cos θ + 2(ρ sin θ) sin θ = 2ρ.
å EXERCICSES
1 Soit F (x1 ) = f (x1 , h(x1 )) où h est C 1 sur R et f est C 1 sur R2 .
4 Soit F (x, y) = f (g(x, y), y) où f (x, y) et g sont de classe C 1 sur R2 . Sachant que :
∂g ∂g
g(0, 0) = 1 (0, 0) = −1 (0, 0) = 2
∂x ∂y
∂f ∂f
f (0, 0) = 4 (0, 0) = −2 (0, 0) = 1
∂x ∂y
∂f ∂f
f (1, 0) = 5 (1, 0) = −3 (1, 0) = 5
∂x ∂y
∂f ∂f
f (0, 1) = −1 (0, 1) = −1 (0, 1) = 10
∂x ∂y
∂F ∂F
Calculer (0, 0) et (0, 0).
∂x ∂y
5 Soit u(x, y, z) = x
y + yz , x(t) = 2t, y(t) = 1
t et z(t) = t2 . Soit f (t) = u(x(t), y(t), z(t)). Calculer
f ′ (t).
CHAPITRE 7. FONCTIONS DE Rn → Rm 88
´ RÉPONSES
∂f ∂f ∂f ∂f
1 a F ′ (x1 ) = (x1 , h(x1 )) · 1 + (x1 , h(x1 )) · h′ (x1 ) = (x1 , h(x1 )) + (x1 , h1 (x1 )) ·
∂X ∂Y ∂X ∂Y
h′ (x1 ).
∂f ∂f
b 1) Comme (X, Y ) = 2X, (X, Y ) = 3Y 2 et h′ (x1 ) = ex1 on a :
∂X ∂Y
F ′ (x1 ) = 2x1 + 3(ex1 )2 ex1 = 2x1 + 3(ex1 )3 = 2x1 + 3e3x1 .
2) F (x1 ) = f (x1 , ex1 ) = x21 + (ex1 )3 = x21 + e3x1 d’où F ′ (x1 ) = 2x1 + 3e3x1 .
2 a On a h(u, v) = f (g(u, v)) = f (g( u, v), g2 (u, v), g3 (u, v)). De là, par la règle de dérivation
des fonctions composées, on a :
∂h
(u, v),
∂u
∂f ∂g1 ∂f ∂g2 ∂f ∂g3
= (g(u, v)) (u, v) + (g(u, v)) (u, v) + (g(u, v))) (u, v).
∂x ∂u ∂y ∂u ∂z ∂u
∂f ∂f ∂f
b 1) Comme (x, y, z) = 2x, (x, y, z) = 1 et (x, y, z) = ez et que g1 (u, v) = u,
∂x ∂y ∂z
g2 (u, v) = (v)2 et g3 (u, v) = 4, par le résultat de a), on a
∂h
(u, v) = 2u · 1 + 1 · 0 + e4 · 0 = 2u.
∂u
2) idem !
3 On a w(t) = f (Ω(t), t, t2 ). Par la règle de dérivation des fonctions composées, on obtient :
∂f ∂f ∂f
w′ (t) = (Ω(t), t, t2 ) · Ω′ (t) + (Ω(t), t, t2 ) + 2t (Ω(t), t, t2 ).
∂x ∂y ∂z
∂F ∂f ∂g ∂F
4 F (x, y) = f (g(x, y), y). De là (x, y) = (g(x, y), y) · (x, y). (justifier !) et (x, y) =
∂x ∂x1 ∂x ∂y
∂f ∂g ∂f
(g(x, y), y) · (x, y) + (g(x, y), y) (justifier !). Donc :
∂x1 ∂y ∂x2
∂F ∂f ∂g
(0, 0) = (g(0, 0), 0) · (0, 0) = (−3) · (−1) = 3,
∂x ∂x1 ∂x
et
∂F ∂f ∂g ∂f
(0, 0) = (g(0, 0), 0) · (0, 0) + (g(0, 0), 0) = (−3) · (2) + 5 = −1.
∂y ∂x1 ∂y ∂x2
5 Nous avons :
∂u ′ ∂u ′ ∂u ′
f ′ (t) = x (t) + y (t) + z (t) ,
∂x ∂y ∂z
1 x 1 1 y
= 2+ − 2 + − 2 + − 2 2t,
y y z t z
1 1 1
= 2t + −2t · t2 + 2 − 2 + − 2t,
t t t · t4
1 2 3
= 2t + 2t − 4 − 4 = 4t − 4 .
t t t
Nous pouvons aussi calculer directement,
1
f (t) = 2t2 + 3
t
Alors f ′ (t) = 4t − t34 .
8 Fonctions Homogènes
Source : Wikipedia
Les projections d’un tel ensemble A sur chaque axe (la projection du point (a, b) sur l’axe des x est a) sont
R+ , R− , R++ , R−− , 0, R0 ≡ R \ {0} ou R ! En particulier, les ensembles A seront souvent du type (R++ )n ou Rn
ou (R+ )n .
tx ∈ A et f (tx) = tα f (x).
ª REMARQUE
Le degré α sera souvent un entier positif.
89
CHAPITRE 8. FONCTIONS HOMOGÈNES 90
3a
4α f (a)
2a
3α f (a)
a 2α f (a)
4b
f (a) 3b
2b
b
X
EXEMPLE
f : R2 → R : (x, y) 7→ f (x, y) = x · y 2 .
Si (x, y) ∈ R2 on a (tx, ty) ∈ R2 .
f (tx, ty) = (tx)(ty)2 = t3 xy 2 = t3 f (x, y). Donc f est homogène de degré 3 sur R2 .
f : R × R0 → R : (x, y) 7→ f (x, y) = xy .
Si (x, y) ∈ R × R0 on a ∀t > 0, (tx, ty) ∈ R × R0 .
f (tx, ty) = tx x
ty = y = f (x, y) donc f est homogène de degré 0 sur R × R0 .
f : R2 → R : (x, y) 7→ f (x, y) = x + y.
Si (x, y) ∈ R2 on a (tx, ty) ∈ R2 .
f (tx, ty) = tx + ty = t(x + y) = tf (x, y) donc f est homogène de degré 1 sur R2 .
f : R2+ → R : (k, ℓ) 7→ f (k, ℓ) = Ak α ℓβ .
Si (k, ℓ) ∈ R2+ on a ∀t > 0, (tk, tℓ) ∈ R2+ .
f (tk, tℓ) = A(tk)α (tℓ)β = tα+β f (k, ℓ). Donc f est homogène de degré α + β sur R2+ .
Proposition
Si f : A ⊂ Rn → R est homogène de degré α sur A et C 1 , ∀x ∈ A,
alors (↓)
ses dérivées partielles premières sont homogènes de degré α − 1 sur A.
W PREUVE
∂f
Thèse est homogène de degré α − 1.
∂xi
Le fonction f est C 1 en x, donc la règle de dérivation des fonctions composées est applicable à la
fonction f (tx) supposée fonction des variables x1 , . . . , xn seulement (et pas t) puisque la fonction
Rn → Rn : x → tx a toutes ses composantes différentiables.
La fonction f est homogène de dégré α, donc f (tx) = tα f (x) pour tout x ∈ A et tout t > 0
W PREUVE
Alors :
X ∂f ∂txi
g ′ (t) = (tx) = αtα−1 f (x),
∂xi ∂t
i
CHAPITRE 8. FONCTIONS HOMOGÈNES 92
Choisissons t = 1 :
n
X ∂f
(x) xi = αf (x).
∂xi
i=1
ª REMARQUE
1
Si f (x) ̸= 0 on peut multiplier les deux membres par f (x) .
n
1 X ∂f
(x) · xi = α,
f (x) ∂xi
i=1
∂f
n (x) xi
X ∂xi
↔ = α,
f (x)
i=1
n
X
↔ E(f, xi )(x) = α,
i=1
d’où E(f, xi ) est la élasticité partielle de f par rapport à xi . Donc la somme des élasticités partielles
de f est égal a son degré d’homogénéité.
EXEMPLE
Soit f (k, ℓ) = Ak α ℓβ est homogène de degré α + β. On a :
∂f ∂f
k (k, ℓ) + ℓ (k, ℓ) = kAαk α−1 ℓβ + ℓAβk α ℓβ−1
∂k ∂ℓ
= αf (k, ℓ) + βf (k, ℓ),
= (α + β)f (k, ℓ)
å EXERCICSES
1 Les fonctions suivantes sont-elles homogènes dans l’ensemble A indiqué ? Si oui, donner leur
degré d’homogénéité α et vérifier que leurs dérivées partielles sont homogènes de degré α − 1.
5 x
a f (x, y, z) = 2 ln dans A = (R+ 3
0) .
y z
b f (x, y) = ex+y dans A = R2 .
CHAPITRE 8. FONCTIONS HOMOGÈNES 93
yλ
2 Soit la fonction f (x, y) = x1−λ
− x2 y avec λ ∈ R. Déterminer si possible, une valeur du
paramètre λ pour la quelle la fonction f (x, y) est homogène dans (R++ )2 . Quel est le degré
d’homogénéité correspondant ?
3 Soit f : R2 → R homogène de degré 3, soit g : R → R homogène de degré 2 et soit h : R → R
homogène de degré 3.
Soit la fonction F (x) = f (g(x), h(x)
x ) définie sur R0 . Quel est son degré d’homogénéité ?
4 Soit f : (R+ 2 1 + 2
0 ) → R homogène de degré 2 et de classe C dans (R0 ) .
∂f ∂f 3
Sachant que f (3, 4) = 5 et (3, 4) = 4, calculer (en justifiant !) f (6, 8) et ,2 .
∂y ∂y 2
´ RÉPONSES
5 x
1 a f (x, y, z) = 2
ln dans A = (R+ 3
0 ) est homogène de degré (−2) dans A. Ses dérivées
y z
∂f 5 1 ∂f 10 x ∂f 5 1
partielles sont (x, y, z) = 2 , (x, y, z) = − 3 ln et (x, y, z) = − 2 , toutes
∂x y x ∂y y z ∂z y z
trois homogènes de degré (−3) dans A.
b f (x, y) = ex+y dans A = R2 n’est pas homogène.
c f (k, ℓ) = k α ℓβ dans A = (R0+ )2 avec 0 < α < 1 et 0 < β < 1. est homogène de degré
∂f ∂f
α + β dans A. Ses dérivées partielles sont (k, ℓ) = αk α−1 ℓβ et (k, ℓ) = βk α ℓβ−1 ,
∂k ∂ℓ
toutes deux homogènes de degré α + β − 1 dans A.
2 Nous avons,
(ty)λ 2 2λ−1 y
λ
− (tx) (ty) = t − t3 x2 y.
(tx)1−λ x1−λ
Donc, la fonction est homogène si 2λ − 1 = 3 ↔ λ = 2. Dans ce cas, f est homogène de degré
3.
3 Nous avons
h(tx)
F (tx) = f (g(tx), ),
tx
t3 h(x)
= f (t2 g(x), ),
t x
h(x)
= (t2 )3 f (g(x), ),
x
= t6 F (x).
Donc F est homogène de degré 6.
4 f homogène de degré 2 → ∀(x, y) ∈ (R+ 2 2
0 ) , ∀k > 0, f (k(x, y)) = k f (x, y). De là f (6, 8) =
f (2(3, 4)) = 22 f (3, 4) = 4f (3, 4) = 4 · 5 = 20.
∂f
D’autre part, f étant homogène de degré 2 et différentiable dans (R+ 2
0) , est homogène de
∂y
∂f ∂f
degré 2 − 1 = 1 dans (R+ 2
0) → (k(x, y)) = k (x, y).
∂y ∂y
CHAPITRE 8. FONCTIONS HOMOGÈNES 94
∂f 3 ∂f 1 1 ∂f 1
De là, ,2 = (3, 4) = (3, 4) = · 4 = 2.
∂y 2 ∂y 2 2 ∂y 2
9 Dérivée directionnelle/formule de Taylor
Soit x ∈ Rn . Une droite passant par x ∈ Rn peut être spécifiée par une direction v ∈ Rn (v ̸= 0) ou par un
autre point y dans Rn .
Definition
La droite passant par x ∈ Rn dans la direction v ∈ Rn \ {0} est l’ensemble :
{x + tv|t ∈ R}.
Definition
La droite passant par x ∈ Rn et y ∈ Rn (x ̸= y) est l’ensemble :
Y Y
x+v y
x x
x−v
v
X X
95
CHAPITRE 9. DÉRIVÉE DIRECTIONNELLE/FORMULE DE TAYLOR 96
ª REMARQUE
Soit y = x + v. Alors la droite {x + tv|t ∈ R} passant par x et de direction v est la même que la
droite {(1 − t)x + ty|t ∈ R} passant par x et y.
Soit v = y − x. Alors la droite {(1 − t)x + ty|t ∈ R} passant par x et y est la même que la droite
{x + tv|t ∈ R} passant par x à la direction de v.
Bien entendu, tous les multiples non nuls de v définissent la même direction.
Pour obtenir l’expression de F ′ (0), on applique à la fonction d’une variable F (t) = f (x+tv) = f (x1 +tv1 , . . . , xn +
tvn ) la règle de dérivation des fonctions composées :
ª REMARQUE
F (t) = f (x + tv) est la fonction f calculée sur la droite passant par x et de direction v.
Il est parfois !
utile de coder une direction par un vecteur normé, par exemple v = (1, 0) ou
√ √
2 2
v= , qui donne ∥v∥ = 1.
2 2
Dans R2 , les directions des axes de coordonnées sont (par exemple) v = (0, 1) (et (1, 0)).
f ((x, y) + tv) devient f (x + 0, y + t) = F (t) (axe y) et
∂f ∂f ∂f
F ′ (t) = (x, y + t) · 0 + (x, y + t) · 1 = (x, y + t).
∂x ∂y ∂y
∂f
F ′ (0) = (x, y).
∂y
CHAPITRE 9. DÉRIVÉE DIRECTIONNELLE/FORMULE DE TAYLOR 97
EXEMPLE
2 2
Soit fp p x +y −3xy. Déterminons la dérivée directionnelle en (x, y) = (3, 5) dans la direction
(x, y) =
v = ( 1/2, 1/2). La dérivée directionelle en (x, y) dans la direction v = (vx , vy ) est égal à :
∂f ∂f
(x, y)vx + (x, y)vy = (2x − 3y)vx + (2y − 3x)vy .
∂x ∂y
p p
Alors, la dérivée directionnelle en (x, y) = (3, 5) dans la direction v = ( 1/2, 1/2) est :
p p p
(6 − 15) 1/2 + (10 − 9) 1/2 = −8 1/2.
ª REMARQUE
Figure 9.2 montre l’intuition pour la dérivée directionnelle. Nous nous plaçons à x et choisissons
la direction v. Cela revient à choisir les points x + tv, ∀t. On se place donc dans le plan vertical
passant par x et x + v. On décrit ainsi une courbe coupant la surface z = f (x) avec ce plan vertical.
La pente de la tangente à cette courbe au point (x, f (x)) est la dérivée directionnelle.
x
Y
v
W PREUVE
Thèse ∃α ∈]0, 1[: f (y) − f (x) = ⟨∇f (c), (y − x)⟩ avec c = (1 − α)x + αy.
Source : Wikipedia
t RAPPEL
Soit f : D ⊂ R → R : x 7→ f (x), C 2 sur D et soit x0 point intérieur de D. L’approximation d’ordre
1 est la droite tangente a la courbe de f (la droite bleu en Figure 9.4),
Nous obtenons la courbe quadratique rouge en Figure 9.4. Au voisinage de x0 , c’est un meilleur
approximation de f que la droite T (x).
V (x)
x0
X
T (x)
CHAPITRE 9. DÉRIVÉE DIRECTIONNELLE/FORMULE DE TAYLOR 100
ª REMARQUE
Le terme f (x0 ) + f ′ (x0 )(x − x0 ) est l’approximation linéaire de f au voisinage de x0 .
1
Le terme f ′′ (c)(x − x0 )2 est la reste de l’ordre 1.
2
On obtient :
1 1
f (x) = f (x0 ) + f ′ (x0 )(x − x0 ) + f ′′ (x0 )(x − x0 )2 + [f ′′ (c) − f ′′ (x0 )](x − x0 )2
| {z 2 } |2 {z }
l’approximation d’ordre 2 de f au voisinage de x0 reste de l’ordre 2
W PREUVE
Donc,
et :
n X
n
′′
X ∂2f
F (α) = (yi − xi ) · ((1 − α)x + αy) · (yj − xj ),
∂xi ∂xj
i=1 j=1
ª REMARQUE
On a aussi que :
1
f (y) − f (x) = ⟨∇f (x), y − x⟩ + (y − x)t · Hf (x) · (y − x) + e(c)
2
1
En posant e(c) = (y − x)t · (Hf (c) − Hf (x)) · (y − x). On voit ainsi apparaı̂tre le “développement
2
limité” d’ordre 2 avec un terme d’erreur e(c) dans lequel (y − x)t , (y − x) et Hf (c) − Hf (x) tendent
tous trois vers 0 quand y → x par continuité des dérivées partielles secondes.
En particulier e(c) tend “triplement” vers 0 pour y → x
EXEMPLE
Soit f (x, y) = ln(xy) + xy (avec x, y > 0). Donner l’approximation de Taylor d’ordre 2 en (x0 , y0 ).
Nous avons :
h i
∇f (x0 , y0 ) = x10 + y0 y10 + x0 ,
" #
− (x10 )2 1
Hf (x0 , y0 ) =
1 − (y10 )2
CHAPITRE 9. DÉRIVÉE DIRECTIONNELLE/FORMULE DE TAYLOR 102
Alors,
1 1
f (x, y) ≈f (x0 , y0 ) + + y0 (x − x0 ) + + x0 (y − y0 ),
x0 y0
1 1
+ (x − x0 )(y − y0 ) − 2
(x − x0 )2 − (y − y02 ).
2(x0 ) 2(y0 )2
å EXERCICSES
1 Soit f (x, y) = 3x2 + 4y 2 .
´ RÉPONSES
1 f est de classe C ∞ sur R2 puisqu’il s’agit d’une fonction polynôme. On peut donc déterminer
les approximations demandées au voisinage de tout point de R2 .
∂f ∂f ∂f ∂f
a On a que (x, y) = 6x et = 8y alors (0, 1) = 0 et (0, 1) = 8. Le pan tangent
∂x ∂y ∂x ∂y
est T (x, y) = 4 + 0(x − 0) + 8(y − 1) = −4 + 8y.
∂2f ∂2f ∂2f
b nous obtenons = 6 et = 8 et = 0 Donc l’approximation d’ordre 2 est
∂(x)2 ∂(y)2 ∂x∂y
6 8
− 4 + 8y + x2 + (y − 1)2 + 0x(y − 1) = 3x2 + 4y 2
2 2
2 f est de classe C ∞ sur R2 puisqu’il s’agit du produit de deux fonctions de classe C ∞ dans
R2 . On peut donc déterminer les approximations demandées au voisinage de tout point de
R2 .
CHAPITRE 9. DÉRIVÉE DIRECTIONNELLE/FORMULE DE TAYLOR 103
∂f ∂f ∂f ∂f
Nous obtenons (x, y) = e2y et = 2xe2y donc (0, 0) = 1 et (0, 0) = 0. Nous
∂x ∂y ∂x ∂y
obtenons l’approximation d’ordre 1 z = 0 + x + 0y = x.
∂2f ∂2f ∂2f
Pour l’ordre 2 nous obtenons (0, 0) = 0, (0, 0) = 0 et = 2. L’approximation
∂(x)2 ∂(y)2 ∂x∂y
d’ordre 2 est donc :
2
z = x + 2 xy = x(1 + 2y).
2
3 a La condition d’existence est que 1+x1 > 0 ou x1 > −1. Donc dom f =]−1, ∞[×R×R. f
est de classe C ∞ sur dom f comme somme de fonctions de classe C ∞ sur leurs domaines
respectifs. on peut donc déterminer les approximations demandées au voisinage de tout
point de dom f .
∂f 1 ∂f ∂f
b Nous avons (x1 , x2 , x3 ) = 1+x , (0, 0, 0) = 1 + 2x3 et (0, 0, 0) = 2x2 . Donc
∂x1 1 ∂x2 ∂x3
∂f ∂f ∂f
(0, 0, 0) = 1, (0, 0, 0) = 1 et (0, 0, 0) = 0 donc l’approximation d’ordre 1 est
∂x1 ∂x2 ∂x3
y = 0 + 1x1 + 1x2 = x1 + x2 .
∂2f ∂2f ∂2f ∂2f
c Nous avons (0, 0, 0) = −1, (0, 0, 0) = 0, (0, 0, 0) = 0, = 0,
∂(x1 )2 ∂(x2 )2 ∂(x3 )2 ∂x1 ∂x2
∂2f ∂2f
= 0 et = 2. Nous obtenons l’approximation d’ordre 2 :
∂x1 ∂x3 ∂x2 ∂x3
1
f (x1 , x2 , x3 ) ≈ x1 + x2 − (x1 )2 + 2x2 x3 .
2
10 Fonctions convexes
ª REMARQUE
De manière équivalente, ∀α ∈]0, 1[.
L’ensemble D est convexe pour que αx + (1 − α)y ∈ D, ∀x, y ∈ D.
En mots : l’image par f d’une combinaison linéaire convexe de x et y est inférieure ou égale a la
même combinaison linéaire convexe de f (x) et f (y).
Dans la Figure 10.1, on a des point A = (x, f (x)), B = (y, f (y)), C = (αx + (1 − α)y, αf (x) + (1 − α)f (y)) et
D = (αx + (1 − α)y, f (αx + (1 − α)y)). La fonction est convexe si C est au-dessus de D pour tous x, y ∈ D et
α ∈ [0, 1].
A
C
B
x αx + (1 − α)y y
X
104
CHAPITRE 10. FONCTIONS CONVEXES 105
Dans Figure 10.2, la fonction est concave si C = (αx + (1 − α)y, f (αx + (1 − α)y) est au-dessus de D =
(αx + (1 − α)y, αf (x) + (1 − α)f (y)) pour tous x, y ∈ D et α ∈ [0, 1].
C
A
B
D
x αx + (1 − α)y y
X
Proposition
Soit D une sous-ensemble convexe de Rn . Soit f : D ⊂ Rn → R.
f est convexe (concave) sur D
ssi (↕)
∀x, y ∈ D, la fonction F : [0, 1] → R : α 7→ F (α) = f ((1 − α)x + αy) est convexe (concave)
W PREUVE
(↓)
f est convexe
Hypothèse
(↔ ∀x, y ∈ D, ∀α ∈ [0, 1] : f ((1 − α)x + αy) ≤ (1 − α)f (x) + αf (y))
F est convexe
Thèse (↔ ∀α, β ∈ [0, 1], ∀τ ∈ [0, 1] : F ((1 − τ )α + τ β) ≤ (1 − τ )F (α) + τ F (β))
Alors :
Notons que :
Alors
F est convexe
Hypothèse
(↔ ∀α, β ∈ [0, 1], ∀τ ∈ [0, 1] : F ((1 − τ )α + τ β) ≤ (1 − τ )F (α) + τ F (β))
f est convexe
Thèse (↔ ∀x, y ∈ D, ∀α ∈ [0, 1] : f ((1 − α)x + αy) ≤ (1 − α)f (x) + αf (y))
Notons que :
On a :
Cas n = 1 :
CHAPITRE 10. FONCTIONS CONVEXES 107
Figure 10.3 montre une fonction convexe et C 1 . Soit x un point à l’intérieur du domaine de f . La droite tangente
au point (x, f (x)) à la courbe de f est entièrement au dessous la courbe de f .
Autrement dit, si nous considérons les points A = (y, f (y)) et B = (y, f (x) + f ′ (x)(y − x)), nous voyons que A
est au-dessus de B, ou f (y) ≥ f (x) + f ′ (y)(x − y).
x y
X
Proposition
Soit f : D ⊆ R → R dérivable et C 1 sur l’ouvert convexe D.
f est convexe (concave) sur D.
ssi (↕)
pour tout x, y ∈ D :
Autrement dit le graphique de la fonction est situé au dessus de sa tangente en tout point.
W PREUVE
(↓)
Donc :
f (x + h) − f (x)
f (y) ≥ f (x) + (y − x).
h
Si nous prenons la limite pour h → 0, nous obtenons :
(↑)
Pour tout x, y, z ∈ D :
Cas n > 1 :
Proposition
Soit f : D ⊂ Rn → R, une fonction C 1 sur un ouvert convexe D.
f est convexe (concave) sur D,
ssi (↕)
∀x, y ∈ D :
ª REMARQUE
L’inégalité f (y) ≥ f (x) + ⟨(y − x), ∇f (y)⟩ écrit en formulation de deux variables devient :
∂f ∂f
f (y1 , y2 ) ≥ f (x1 , x2 ) + (y1 − x1 ) (x1 , x2 ) + (y2 − x2 ) (x1 , x2 ).
∂x1 ∂x2
CHAPITRE 10. FONCTIONS CONVEXES 109
W PREUVE
(↓)
Soit f convexe. Pour tout x, y ∈ D la fonction F : [0, 1] → R : α → F (α) = f ((1 − α)x + αy) est
convexe. Donc :
Aussi :
En particulier :
Notons que F (1) = f (y) et F (0) = f (x). Donc, pour α = 0, nous obtenons,
(↓)
Soit x, y, z ∈ D. On a :
cas n = 1 :
CHAPITRE 10. FONCTIONS CONVEXES 110
Proposition
Soit f : D ⊂ R → R où D est un ouvert convexe, et f est C 2 sur D.
f est convexe (concave) sur D
ssi (↕)
f ′′ (x) ≥ (≤)0, ∀x ∈ D.
W PREUVE
(↓)
Thèse f ′′ (x) ≥ 0.
(↑)
Hypothèse ∀x ∈ D : f ′′ (x) ≥ 0
Donc,
f (y) ≥ f (x) + f ′ (x)(y − x).
CHAPITRE 10. FONCTIONS CONVEXES 111
Cas n > 2 :
Av = λv.
Une matrice carrée A de dimension n à n valeurs propres (quelques peuvent avoir la même valeur).
On peut les trouver par considérer l’équation :
dét (A − λI) = 0,
Definition
Soit A une matrice symétrique de dimension n.
A est définie positive (d.p.) ssi x′ Ax > 0, ∀x ∈ Rn , x ̸= 0
A est définie négative (d.n) ssi x′ Ax < 0, ∀x ∈ Rn , x ̸= 0
A est semi-définie positive (s.d.p.) ssi x′ Ax ≥ 0, ∀x ∈ Rn
A est semi-définie négative (s.d.n.) ssi x′ Ax ≤ 0, ∀x ∈ Rn
Proposition
Soit A une matrice symétrique (n × n).
A est d.p. ssi les valeurs propres de A sont > 0.
A est d.n. ssi les valeurs propres de A sont < 0.
A est s.d.p. ssi les valeurs propres de A sont ≥ 0.
A est s.d.n. ssi les valeurs propres de A sont ≤ 0.
Proposition
Soit f : D ⊂ Rn → R de classe C 2 sur l’ouvert convexe D.
f est convexe (concave) sur D,
ssi (↕)
∀x ∈ D, la Hessienne Hf (x) est s.d.p. (s.d.n.).
CHAPITRE 10. FONCTIONS CONVEXES 112
W PREUVE
(↓)
Soit f convexe. On a que pour tout x, y ∈ D, la fonction F : [0, 1] → R : α → F (α) = f ((1 − α)x +
αy) est convexe. Alors, pour tout α ∈ (0, 1), F ′′ (α) ≥ 0.
On a :
et
Cette inégalité est vraie pour tout y dans un voisinage de x, alors Hf (x) est s.d.p.
(↑)
Donc, ∀y ∈ D,
Proposition
Soit f : D ⊂ Rn → R une fonction C 2 sur D un ensemble convexe ouvert. Soit x ∈ D.
Si la Hessienne Hf (x) est d.p. (d.n.)
alors (↓)
f est convexe (concave) dans un voisinage convexe de x.
CHAPITRE 10. FONCTIONS CONVEXES 113
ª REMARQUE
Comme voisinage convexe de x, nous pouvons considérer une boule ouverte centrée en x.
Si Hf (x) est d.p. (d.n.) pour tout x ∈ D, alors f est convexe (concave) sur D.
W PREUVE
Comme Hf (x) est d.p. ses valeurs propres sont strictement positives.
Les valeurs propres sont des fonctions continues d’éléments de Hf (x) et les éléments de Hf (x)
sont continues en x (parce que f est C 2 ).
Donc il existe une boule ouverte B centrée en x tel que pour tout y ∈ B, Hf (y) a des valeurs
propres strictement positifs.
Donc, ∀y ∈ B, Hf (y) est d.p.
Dans cette boule B (qui est convexe), f est C 2 et Hf est s.d.p. donc la fonction f y est convexe.
EXEMPLE
f : R2 → R : (x, y) → x2 + y 2 est C ∞ dans R2 qui est convexe et ouvert (polynôme).
Elle est convexe sur R2 puisque :
EXEMPLE
La fonction f : R2 → R : (x, y) → x2 est convexe sur R2 puisque :
Proposition
Critère de Sylvestre Soit A une matrice symétrique (n × n).
A est d.p. ssi tous n mineurs principaux dominant de A sont > 0.
A est d.n. ssi le mineur principal dominant de A d’ordre k est > 0 si k est pair et < 0 si k est impair
(la signe est (−1)k ).
A est s.d.p. ssi tous les mineurs principaux de A sont ≥ 0.
A est s.d.n. ssi les mineurs principaux de A d’ordre k sont ≥ 0 si k est pair et ≤ 0 si k est impair (la
signe est (−1)k ).
EXEMPLE
1 5 2
Soit A = 5 3 8. Nous avons :
2 8 4
ˆ 1 =dét 1 > 0
mineur principal dominant d’ordre 1 : ∆
ˆ 2 =dét 1 5
mineur principal dominant d’ordre 2 : ∆ = 3 − 25 = −22 < 0.
5 3
1 5 2
ˆ 3 =dét 5 3 8 = −64 < 0
mineur principal dominant d’ordre 3 : ∆
2 8 4
Donc A est ni d.p. ni d.n.
EXEMPLE
1 2
Soit A = . Nous obtenons :
2 4
les mineurs principals d’ordre 1 : ∆1 = 1, 4
1 2
les mineurs principales d’ordre 2 : ∆2 = dét = 0,
2 4
Alors A est s.d.p. Nous voyons aussi que les valeurs propres sont 5 et 0.
CHAPITRE 10. FONCTIONS CONVEXES 115
å EXERCICSES
1 Déterminer la signe (s.d.p., s.d.n., d.p., d.n., indéterminé) des matrices suivantes.
−2 −6 0
a A = −6 −1 −1
0 −1 4
2 −1 0
b B = −1 2 −1
0 −1 2
2 −1 −1
c C = −1 2 −1
−1 −1 2
1 2 3
d D = 2 5 4
3 4 9
−1 3 0
e E = 3 −9 0
0 0 −2
−2 2a
2 Pour quelle valeur de a est la matrice n.s.d.
2a −2
a f (x, y) = x2 + y 2 − 3xy
c f (x, y) = ex+y
5 Soit D ⊂ Rn un ensemble convexe. Démontrer que f : D → R est convexe ssi −f est concave.
´ RÉPONSES
1 Déterminer la signe des matrices suivantes.
b ˆ 1 = 2, ∆
∆ ˆ 2 = 3, ∆
ˆ 3 = 4 donc B est d.p.
c ˆ 1 = 2, ∆
∆ ˆ 2 = 3, ∆
ˆ 3 = 0 donc C n’est pas d.p. et C n’est pas d.n.
∆1 = 2, 2, 2, ∆2 = 3, 3, 3, ∆3 = 0 donc C est s.d.p
d ˆ 1 = 1, ∆
∆ ˆ 2 = 1, ∆
ˆ 3 = −4, donc D est indéterminée.
e ˆ 1 = −1, ∆
∆ ˆ 2 = 0, ∆
ˆ 3 = 0, donc E n’est pas d.n. et E n’est pas d.p.
∆1 = −1, −9, −2 < 0, ∆2 = 0, 2, 18 ≥ 0, ∆3 = 0 ≤ 0 donc E est s.d.n.
2 Nous voulons que ∆1 = −2, −2 ≤ 0 et ∆2 = 4 − 4a2 ≥ 0. Nous obtenons la condition
4(1 − a2 ) ≥ 0 qui est vraie pour toutes valeurs de a ∈ [−1, 1].
3 Déterminer la convexité, concavité des fonctions suivantes :
∂f ∂f ∂2f
a Déterminons le hessienne. Nous avons (x, y) = 2x−3y, = 2y −3x alors = 2,
∂x ∂y ∂(x)2
∂2f ∂2f
2 −3
= 2 et = −3 donc la hessien est égal a Hf = . Les valeurs propres
∂(y) 2 ∂x∂y −3 2
sont les racines de l’équation
(2 − λ)2 − 9 = λ2 − 4λ − 5
λ = 2e(x+y) > 0. Donc la hessienne est s.d.p. ce qui signifie que f est convexe.
α(α − 1)xα−2 y β αβxα−1 y β−1
d La hessienne est égal à Hf = .
αβxα−1 y β−1 β(β − 1)xα y β−2
Le déterminant est égal à
= x2α−2 y 2β−2 αβ [1 − β − α]
x2 x2 x2
4 − 4 = −2 = 0.
y4 y4 y4
Donc les mineurs principales d’ordre 1 sont non-négative et la mineure pricipale d’ordre
2 est null. Alors la fonction est s.d.p. et f est convexe.
4 Soit f, g : D ⊂ Rn → R deux fonctions convexes sur D, un ensemble convexe de Rn . Pour
x, y ∈ D et ∀α ∈ [0, 1] nous avons :
f (αx + (1 − α)y) + g(αx + (1 − α)y) ≤ α(f (x) + g(x)) + (1 − α)(f (y) + g(y))
f est homogène de degré 1 donc f (x) = ⟨∇f (x), x⟩ et f (y) = ⟨∇f (y), y⟩. Alors,
7 f est C ∞ dans R3 .
x+z
ex+z
e 0
La hessienne de f est Hf = 0 12y 2 0 . Les mineure principale d’ordre 1 sont
ex+z 0 e x+z
e x+z > 0 et 12y ≥ 0. Les mineures principalesd’ordre 2 sont 12y 2 ex+z ≥ 0 et 0. La mineure
2
EXEMPLE
Question : Quand on a une équation g(x, y) = c (c ∈ R). Sous quelles conditions est-ce équivalent
à y = f (x) où f est une fonction ?
y−5
L’équation 3x − y + 5 = 0 est équivalent a l’équation y = 3x + 5 ou l’équation x = . Donc
3
on a une explicitation de y en fonction de x ou de x en fonction de y.
√
L’equation x2 + y 2 = 1 peut le transformer en y 2 = 1 − x2 . Donc y = ± 1 − x2 . On a deux
explicitation de y en fonction de x.
L’équation exy + 7x + 9y − 10 = 0 est plus difficile. . .
ª REMARQUE
En travail “local”
Y
y
x X
La Figure 11.1 montre l’idée. Ici, au voisinage de (x, y), la valeur de y qui satisfait f (x, y) = 0 peut être exprimée
comme une fonction de x.
118
CHAPITRE 11. FONCTIONS IMPLICITES 119
La Figure 11.2 montre que dans les environs du point (1, 0) ça ne marche pas, car il y a plusieurs valeurs de y
pour une même valeur de x, alors y ne peut pas être exprimé comme une fonction de x.
Remarquer la tangente verticale en (1, 0) (dérivée infinie pour la fonction cherchée) ce qui veut dire que
∂g
(1, 0) = 0. En effet :
∂y
∂(x2 + y 2 )
(1, 0) = 0,
∂y
∂g
(b
x, yb)
x) = − ∂x
D’où sort f ′ (b ?
∂g
(b
x, yb)
∂y
CHAPITRE 11. FONCTIONS IMPLICITES 120
On a (sous les conditions du théorème), ∀x ∈ A, y ∈ B : g(x, y) = 0 ↔ y = f (x) où f est une fonction définie
au voisinage de x
b.
Dans ce voisinage, on a g(x, f (x)) = c. Dérivons les deux membres par rapport à x :
∂g ∂g
(x, f (x)) + (x, f (x))f ′ (x) = 0.
∂x ∂y
et alors, évaluons en x = x
b nous obtenons :
∂g
(b
x, yb)
′
x) = −
f (b ∂x .
∂g
(b
x, yb)
∂y
EXEMPLE
Soit exy + 7x + 9y − 10 = 0. Peut-on expliciter y en fonction de x au voisinage de (0, 1) ?
L’équation g(x, y) = exy + 7x + 9y − 10 est égal a 0 si (x, y) = (0, 1).
g(x, y) est C ∞ dans R2 car g est la somme d’une exponentielle et un polynôme de premier degré.
∂g
Aussi (x, y) = xexy + 9 qui vaut 9 ̸= 0 si (x, y) = (0, 1).
∂y
Par le théorème des fonctions implicites, g(x, f (x)) = 0 au voisinage de (0, 1) où f satisfait f (0) = 1.
En plus :
∂g
(0, 1) 8
f ′ (0) = − ∂x =−
∂g 9
(0, 1)
∂y
Nous ne connaissons pas f , mais, nous connaissons f (0) et f ′ (0). Par l’approximation de Taylor
d’ordre 1, on a f (x) ≈ f (0) + xf ′ (0) = 1 − 89 x.
EXEMPLE
y = k α ℓβ et f (b
k, ℓ)
b = ȳ. Soit l’équation f (b b = ȳ et g(k, ℓ) = f (k, ℓ). Si g est C 1 au voisinage
k, ℓ)
de (b b et ∂g (b
k, ℓ) b = ∂f (b
k, ℓ) b ̸= 0 on a un fonction k(ℓ) définie dans un voisinage de ℓb tel que
k, ℓ)
∂k ∂k
g(k(ℓ), ℓ) = ȳ et :
∂f b b
(k, ℓ)
b = − ∂ℓ
k ′ (ℓ)
∂f b b
(k, ℓ)
∂k
β k̄ α ℓbβ−1
=−
αbk α−1 ℓbβ
βbk
=−
αℓb
Considérons la Jacobienne de la fonction g = (g1 , . . . , gn ) par rapport aux variables (x1 , . . . , xp ) et (y1 , . . . , yn ) :
Proposition
Soient m > n, g : Rm → Rn notée g(x, y) avec p + n = m, x ∈ Rp , y ∈ Rn ,
Soit (b
x, yb) tel que g(b
x, yb) = c,
Si g est de classe C 1 sur une boule ouverte centrée en (b
x, yb)
Si det B(b
x, yb) ̸= 0.
alors
il existe un voisinage A ⊂ Rp de xb et un voisinage B de yb et il existe une fonction f = (f1 , . . . , fn ) :
A → B telle que
— yb = f (bx),
— ∀x ∈ A : g(x, f (x)) = c.
— En plus, f est dérivable en x
b et :
Jf (b x, yb)−1 A(b
x) = −B(b x, yb)
Pour comprendre l’équation Jf (b x) = −B(b x, yb)−1 A(b x, yb). Commençons avec le système d’équations g(x, f (x)) =
c:
g (x , . . . , xj , . . . , xp , f1 (x1 , . . . , xj , . . . , xp ), . . . , fn (x1 , . . . , xj , . . . , xp )) = c1
. 1 1
.
.
gi (x1 , . . . , xj , . . . , xp , f1 (x1 , . . . , xj , . . . , xp ), . . . fn (x1 , . . . , xj , . . . , xp )) = ci
..
.
gn (x1 , . . . , xj , . . . , xp , f1 (x1 , . . . , xj , . . . , xp ), . . . , fn (x1 , . . . , xj , . . . , xp )) = cn .
CHAPITRE 11. FONCTIONS IMPLICITES 122
Évaluons en x = x
b (avec yb = f (b
x) et réécrivons ce système d’équations nous obtenons :
Jf (b x, yb)−1 A(b
x) = −B(b x, yb).
EXEMPLE
Tenter d’extraire y de :
x2 + y 2 = 1,
√ √ !
2 2
au voisinage de a = , .
2 2
∂g √
Soit g(x, y) = x2 + y 2 . On a que g(a) = 1 et (a) = 2 ̸= 0.
∂y
Utilisons
√ la théorème de fonctions implicite, nous obtenons une fonction f définie au voisinage de
2
2 qui satisfait,
g(x, f (x)) = 1.
EXEMPLE
Tenter d’extraire, x, y ou z de :
x2 + y 2 + z 2 = 1
√
√ !
2 2
au voisinage de a = 0, , . Si nous définisons g(x, y, z) = x2 + y 2 + z 2 , nous obtenons
2 2
√ √
g(a) = 1 et Jg (a) = ∇g(a) = [0, 2, 2]. Donc on peut extraire y en fonction de x et z ou z en
fonction de x et y, mais pas x en fonction de y et z. √
Pour la première, nous obtenons une fonction f (x, z) définie au voisinage de (0, 2/2) qui satisfait :
∂g ∂g
√ (a) √ (a)
∂f ∂x ∂f ∂y
(0, 2/2) = − = 0 et (0, 2/2) = − = −1.
∂x ∂g ∂y ∂g
(a) (a)
∂z ∂z
å EXERCICSES
1 Pour les équations suivantes. Vérifier si on peut utiliser la théorème de la fonction implicite
dans le point indiqué. Si oui, donner la dérivée de ce fonction implicite.
a ln(xy) = 0 et (x, y) = (1, 1).
p
b x2 + y 2 = 5 et (x, y) = (3, 4).
´ RÉPONSES
1 (justifier !)
∂g
a Soit g = ln(x, y). Nous avons g(1, 1) = ln(1) = 0 et (1, 1) = 1 ̸= 0, donc il y a une
∂y
fonction f qui satisfait g(x, f (x)) = 0 au voisinage de 1. Nous avons :
∂g
(1, 1)
f ′ (1) = − ∂x = −1.
∂g
(1, 1)
∂y
p √ ∂g 8
b Soit g = x2 + y 2 − 5. Nous avons g(3, 4) = 25 − 5 = 0 et (3, 4) = − √ =
∂y 2 25
CHAPITRE 11. FONCTIONS IMPLICITES 124
8
− ̸= 0. Donc, il y a une fonction f qui satisfait g(x, f (x)) = 5 au voisinage de 3. Nous
10
avons :
∂g
(3, 4) 6 3
f ′ (3) = − ∂x =− =− .
∂g 8 4
(3, 4)
∂y
∂g
(0, 0) 1
f ′ (0) = − ∂x =− = 1.
∂g −1
(0, 0)
∂y
∂g ∂g
Pour le point (1, 1) nous avons (1, 1) = 3 − 2 − 1 = 0. A l’autre sens (1, 1) =
∂y ∂x
4 − 2 + 1 = 3 ̸= 0. Donc, on peut trouver un fonction f définie au voisinage de 1 pour
qui g(f (y), y) = 0 pour tout y au voisinage de 1.
Nous avons :
∂g
(1, 1)
′ ∂y
f (1) = − = 0.
∂g
(1, 1)
∂x
qui est de rang 2 (déterminant est 20). Donc il existe des fonctions dérivable f1 (x) et f2 (x)
au voisinage de 1 pour qui g1 (x, f1 (x), f2 (x)) = 0 et g2 (x, f1 (x), f2 (x)) = 0. Alors :
Notons que :
−1
2 −4 2
Jf (1) = −B · A = −
4 2 2
1 2 4 2
=−
20 −4 2 2
3
−5
= .
− 15
12 Extrema libres
v ∗ = max f (x),
x∈D
x̂ ∈ arg max f (x)
x∈D
ou
v ∗ = min f (x),
x∈D
x̂ ∈ arg min f (x)
x∈D
EXEMPLE
Soit une entreprise avec fonction de production y = k 1/5 ℓ3/5 . Soit :
prix y = 10
prix k = 1
prix ℓ = 2
Le profit de l’entreprise est π(k, ℓ) = 10(k 1/5 ℓ3/5 ) − k − 2ℓ. Nous avons la problème :
126
CHAPITRE 12. EXTREMA LIBRES 127
ª REMARQUE
x
b n’est pas nécessaire intérieur à D.
Si f est extremum local en x
b sur D, f l’est également sur tout sous-ensemble de D contenant x
b.
Proposition
Si f : D ⊂ Rn → R est extremum global en x
b,
alors (↓)
f est extremum local en x
b.
t RAPPEL
f : [a, b] → R : x 7→ f (x). Si f est C 0 sur [a, b], alors f atteint un maximum global et un
minimum global sur [a, b].
Un sous-ensemble de Rn est compact ssi il est fermé et borné.
EXEMPLE
f : [0, 1] × [0, 1] : (x, y) → f (x, y) = x · y a un maximum global quand x = y = 1 et un minimum
global quand x = y = 0.
f : R → R : x 7→ 1 + x/2 n’a pas un maximum (minimum) dans R.
f : [0, 3[→ R : x 7→ 1 + x/2 n’a pas un maximum dans [0, 3[
(
1 + x/2 si x ≤ 2
f : [0, 3] → R : x 7→ n’a pas un maximum dans [0, 3].
3−x si x > 2
ª REMARQUE
Cette théorème n’est pas très utile en pratique parce qu’elle ne donne pas les valeurs d’extrema.
CHAPITRE 12. EXTREMA LIBRES 128
t RAPPEL
(n = 1) : Condition nécessaire du premier ordre. soit f : D ⊂ R → R : x → f (x).
Si f est dérivable en x b un extremum local, alors f ′ (b
b, point intérieur de D, et si f atteint en x x) = 0.
Donc, les candidats extremum sont :
Les éventuels points qui ne sont pas intérieurs à D.
Les éventuels point intérieurs à D en lesquels f est non dérivable.
Les points intérieurs à D en lesquels f est dérivable et en lesquels f ′ (x) = 0 (points “critiques”
de f ).
Cas n > 1 :
W PREUVE
Thèse ∇f (b
x) = 0.
∂f
F ′ (b
xi ) = (b
x) = 0.
∂xi
Cette dérivation est vraie pour toutes i = 1, . . . , n alors ∇f (b
x) = 0.
ª REMARQUE
b d’où f : D ⊂ Rn → R peut être extremum sont donc :
Les points x
Les points critiques de f où ∇f (b
x) = 0.
Les points intérieurs à D où le gradient n’existe pas
Les points non intérieurs à D.
Bien entendu, quand la recherche des extrema concerne une fonction dérivable définie sur un ouvert,
les seuls candidats extrema sont les points critiques.
EXEMPLE
Soit f : R2 → R : (x, y) → x2 + y 2 . Elle est dérivable en tout point de l’ouvert 2
( R .
∂f ∂f 2b
x=0
Les dérivés partielles sont (x, y) = 2x et (x, y) = 2y et le système à une seule
∂x ∂y 2b
y=0
solution (bx, yb) = (0, 0) ; le point (0, 0) est le seul candidat extremum.
Est-ce un extremum ?
Ici, on peut utiliser le bon sens : f (0, 0) = 02 + 02 = 0 et f (x, y) ≥ 0 pour tout (x, y) ∈ R2 . Donc
(0, 0) est un minimum global.
EXEMPLE
EXEMPLE
Soit f (x, y) = x2 − y 2 . Les conditions du 1ère order donnent les conditions 2x̂ = 0 et 2ŷ = 0.
Donc, nous obtenons un candidat maximum (minimum) (x̂, ŷ) = (0, 0). Mais (0, 0) n’est pas un
maximum, ni un minimum. Par example f (0, 1) < f (0, 0) < f (1, 0).
t RAPPEL
(n = 1) Condition suffisante du second ordre. f : D ⊆ R → R : x 7→ f (x).
Si f est convexe (concave) sur D et tel que f ′ (b
x) = 0 on a un minimum (maximum) global en x
b.
b, point intérieur de D et tel que f ′ (b
Si f est deux fois dérivable en x x) = 0. Alors si f ′′ (b
x) > (<)0
on a un minimum (maximum) local.
CHAPITRE 12. EXTREMA LIBRES 130
Cas n > 2 :
W PREUVE
Thèse ∀x ∈ A : f (b
x) ≥ f (x).
f (y) ≤ f (b
x) + ⟨∇f (b
x), (y − x)⟩.
Par hypothèse, ∇f (b
x) = 0, alors :
f (y) ≤ f (b
x), ∀y ∈ D
W PREUVE
Thèse ∀x ∈ B : f (b
x) ≥ f (x)
ª REMARQUE
Il reste les cas ou Hf (b
x) est s.d.p ou s.d.n.
EXEMPLE
Nous avons 1 candidat maximum (k̂, ℓ̂) = (108, 162). La fonction π(k, ℓ) est C 2 . Nous avons.
−8 −9/5 3/5 6 −4/5 −2/5
k ℓ 5k ℓ
Hπ (k, ℓ) = 65 −4/5 −2/5 −12 1/5 ℓ−7/5 .
5 k ℓ 5 k
On peut vérifier que ce matrice est s.d.n. donc, π est concave. Le candidat maximum est un
maximum global.
å EXERCICSES
1 Déterminer tous les extrema des fonctions suivantes
a f (x, y) = x3 + y 3 − 3xy
b f (x, y) = x3 + (x − y)2
c f (x, y) = (x − y)4 + (x − 3)4
x4
d f (x, y) = x2 − + xy 2
2
e f (x, y) = xz + x2 − y + yz + y 2 + 3z 2
x
f f (x, y) =
1 + x2 + y 2
g f (x, y) = y 2 + xy ln x.
2 Après avoir étudié la convexité de la fonction f (x, y) = −(x − 1)2 − 3y 2 dans R2 , déterminer
ses extrema.
2 +y 2 )
3 soit f (x, y) = e−(x .
b Étudier la convexité de f (x, y) dans la boule ouverte centrée en (0, 0) et de rayon 1/2 ?
Donner la nature de cet extremum.
4 pour quelle(s) valeur(s) du paramètre réel non nul α la fonction f (x, y, z) = x2 ey +y 2 ez +αz 2 ex
admet-elle un extremum en (0, 0, 0) ? Donner la nature de cet extremum.
5 Déterminer le point P du plan R2 tel que la somme des carrées des distances de P aux K
points Pi = (xi , yi ), i = 1, . . . , K soit minimum.
´ RÉPONSES
1 a La fonction f est C ∞ sur R2 .
Conditions de 1ère ordre
∂f
(x̂, ŷ) = 3x̂2 − 3ŷ = 0,
∂x
∂f
(x̂, ŷ) = 3ŷ 2 − 3x̂ = 0
∂y
le voisinage de (0, 0), aussi près que l’on veut de (0, 0)). En regardant les points (α, β)
avec α = β, on a f (α, β) = α3 qui est > 0 si α > 0 et < 0 si α < 0. Aussi près que l’on
veut de (0, 0), il y a des points dont l’image est > 0 et des points dont l’image est < à
celle de (0, 0), d’où la conclusion.
c f est C ∞ sur R2 . Les conditions de première ordre sont :
∂f
(x̂, ŷ) = 4(x̂ − ŷ)3 + 4(x̂ − 3)3 = 0
∂x
∂f
(x̂, ŷ) = −4(x̂ − ŷ)3 = 0
∂y
La solution est (x̂, ŷ) = (3, 3).
Pour les conditions de second ordre, nous
2 2 2
allons calculer la hessienne de f , Hf (x, y) =
12(x − y) + 12(x − 3) −12(x − y)
.
−12(x − y)2 12(x − y)2
Les mineures principales d’ordre 1 sont non-négatives. La mineure d’ordre 2 est 144(x −
3)2 (x − y)2 ≥ 0. Alors la fonction f est convexe. Le point (3, 3) est un minimum global.
d La fonction f est C ∞ sur R2 . Les conditions de 1ère ordre sont :
∂f
(x̂, ŷ) = 2x̂ − 2x̂3 + ŷ 2 = 0,
∂x
∂f
= 2x̂ŷ = 0
∂y
Les solutions sont (0, 0), (1, 0) et (−1, 0).
Pour les conditions de second ordre, nous allons calculer la hessienne de f , Hf (x, y) =
2 − 6x2 2y
. Les mineures principales changent de signe, donc f est ni concave, ni
2y 2x
convexe.
Dans le point (0, 0), Les mineures principales d’orde 1 sont 2 et 0 et la mineure principale
d’ordre 2 est 0, donc pas de conclusion.
Dans le point (1, 0), la mineure principale dominant d’ordre 1 est −4 et la mineure
principale dominant d’ordre 2 est −8, donc pas de conclusion.
Dans le point (−1, 0), la mineure principale dominant d’ordre 1 est −4 et la mineure
principale dominant d’ordre 2 est 8, donc Hf (−1, 0) est d.n. et f est concave au voisinage
de (−1, 0). Donc ce point est un maximum local. Le maximum n’est pas global puisque
1 √ √ 1
f (−1, 0) = , mais par exemple f ( 2, 1) = 2 > .
2 2
e ∞ 3
La fonction f est C sur R . Les conditions de première ordre sont :
∂f
(x̂, ŷ, ẑ) = ẑ + 2x̂ = 0
∂x
∂f
(x̂, ŷ, ẑ) = −1 + ẑ + 2ŷ = 0,
∂y
∂f (x̂, ŷ, ẑ) = x̂ + ŷ + 6ẑ = 0
∂z
La seule solution est (1/20, 11/20, −1/10).
Pour les conditions
de second ordre, nous allons calculer la hessienne de f qui est
2 0 1
Hf (x, y) = 0 2 1. La mineure principale dominante d’ordre 1 est 2 > 0. La mineure
1 1 6
CHAPITRE 12. EXTREMA LIBRES 134
principale dominante d’ordre 2 est 4 > 0 et la mineure principale d’ordre 3 est 20 > 0,
donc Hf est d.p. et f est convexe. Le point (1/20, −1/10, 11/20) est un minimum global.
f f est C ∞ sur R2 . Les conditions de première ordre sont :
1 − x̂2 + ŷ 2
∂f
(x̂, ŷ) = = 0,
∂x (1 + x̂2 + ŷ 2 )2
∂f 2x̂ŷ
(x̂, ŷ) = − =0
∂y (1 + x̂2 + ŷ 2 )2
qui est aussi vrai. Donc (1, 0) est un maximum global et (−1, 0) est un minimum global.
g La fonction f est C ∞ sur R++ × R.
Les conditions de première ordre sont :
∂f
(x̂, ŷ) = ŷ ln(x̂) + ŷ = 0
∂x
∂f
(x, y) = 2ŷ + x̂ ln(x̂) = 0
∂y
Donc
y (0, 0,2 0)x est une ysolution pour xn’importe qu’elle α. La hessienne de f est H f (x, y, z)
=
2e + αz e 2xe 2αze 2 0 0
2xey x2 ey + 2ez 2ez . Dans le point (0, 0, 0) nous obtenons : 0 2 0 .
2αze x 2ye z 2 z
y e + 2αe x 0 0 2α
Tous les mineures principales dominante sont > 0 si α > 0. Si oui, le point (0, 0, 0) est
un minimum locale. En outre, ce minimum est global puisque, pour α > 0, f (x, y, z) ≥
f (0, 0, 0) = 0, ∀(x, y, z) ∈ R3 .
La hessienne est indéfinie si α < 0.
Nous essayons de minimiser le fonction K 2 2
P
5 i=1 (x − xi ) + (y − yi ) par rapport a x et y. Alors
les conditions de première ordre sont :
(P
K
2(x̂ − xi ) = 0,
Pi=1
K
i=1 2(ŷ − yi ) = 0.
Donc x̂ = K1 K 1 PK
P
i=1 xi et ŷ = K i=1 yi .
13 Extrema liés : contraintes d’égalité
13.1 Lagrange
Source : Wikipedia
EXEMPLE
Soit f (k, ℓ) = k 1/5 ℓ3/5 une fonction de production.
prix de k = 1
prix de ℓ = 2.
On veut maximiser le production étant donné un coût de 10 euros.
136
CHAPITRE 13. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’ÉGALITÉ 137
ª REMARQUE
L est la fonction lagrangienne ou le Lagrangien du problème.
∂L
On a ∀i ≤ n, (b b = 0 et ∀j ≤ m, gj (b
x, λ) x) = cj .
∂λj
x ∈ Rn et λ
Donc nous obtenons n + m conditions et n + m inconnues (b b ∈ Rm )
W PREUVE
Donnons la preuve pour n = 2 et m = 1, c-à-d on a deuxvariables x, y et une contrainte g(x, y) = c.
∂g ∂g ∂g ∂g
Ici, la Jacobienne de g est ∇g(bx) = (b
x, yb) (b
x, yb) qui est du rang 1 ssi (b
x, yb) ou (b
x, yb)
∂x ∂y ∂x ∂y
∂g
est non nulle. Supposons x, yb) ̸= 0.
(b
∂y
Démontrons qu’il existe λ∗ , solution du système :
∂L ∂f ∂g
x, yb, λ∗ ) =
(b x, yb) − λ∗ (b
(b x, yb) = 0
∂x ∂x ∂x
∂L ∂f ∂g
x, yb, λ∗ ) =
(b x, yb) − λ∗ (b
(b x, yb) = 0
∂y ∂y ∂y
∂g
Le point (b x, yb) − c) = 0. Étant donné que
x, yb) satisfait la condition (g(b x, yb) ̸= 0 et g est C 1 au
(b
∂y
voisinage de (b
x, yb), la théorème de fonction implicite nous donne l’existence d’une fonction y = h(x)
au voisinage de x b tel que :
g(x, h(x)) − c = 0 et yb = h(b
x).
CHAPITRE 13. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’ÉGALITÉ 138
On a aussi :
∂g
(b
x, yb)
x) = − ∂x
h′ (b (1)
∂g
(b
x, yb)
∂y
Substituons la fonction y = h(x) dans f qui nous donne une fonction d’une variable x satisfaisant
g(x, h(x)) = 0 au voisinage de x
b.
∂g
∂f ∂f (b
x, yb)
x, yb) −
(b (b
x, yb) ∂x = 0.
∂x ∂y ∂g
(b
x, yb)
∂y
∂f
(b
x, yb)
∂f ∂y ∂g (b
↔ (b x, yb) −
∂x x, yb) = 0
∂x ∂g
(bx, yb)
∂y
Définissons :
∂f
∂y (b
x, yb)
∂g
λ=
b ∈R parce que (b
x, yb) ̸= 0
∂g ∂y
(b
x, yb)
∂y
Ce λ
b vérifie bien les équations :
∂f b ∂g (b
x, yb) − λ
(b x, yb) = 0,
∂x ∂x
∂f b ∂g (b
x, yb) − λ
(b x, yb) = 0.
∂y ∂y
EXEMPLE
Soit f : R2 → R : (x, y) → f (x, y) = xy, soit g : R2 → R : (x, y) → g(x, y) = 2x + 4y. Considérons
la problème :
∂g ∂g
Les fonctions f et g sont C 1 sur R2 parce que ce sont des polynômes ; (x, y) = 2x et (x, y) = 8y
∂x ∂y
et la jacobienne de g est de rang 1 sauf à l’origine (qui ne satisfait pas la contrainte).
Le Lagrangien est ici L(x, y, λ) = xy − λ(2x + 4y − 10).
CHAPITRE 13. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’ÉGALITÉ 139
Discussion : λb = yb = xb → x
b = 2b
y . Alors yb = 5/4 et x
b = 5/2
2 4
On obtient ainsi un candidat extremum sous contrainte donnés par :
(b
x, yb, λ)
b = (5/2, 5/4, 5/8),
EXEMPLE
Le théorème de Lagrange est une condition nécessaire du 1ère ordre relative au problème d’optimisation d’une
fonction de plusieurs variables soumises à des contraintes de type égalité.
On a, comme pour le cas des extrema libres des “conditions suffisantes du second ordre” pour tenter de “classer”
les éventuels points satisfaisant le théorème de Lagrange.
CHAPITRE 13. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’ÉGALITÉ 140
W PREUVE
W PREUVE
Si f et gj (j = 1, . . . , m) sont C 2 au voisinage de x
b, elles y sont aussi C 1 . Si HL (b
x, λ)
b est d.n.
(resp. d.p.) alors la fonction L(x, λ)
b est concave (resp. convexe) dans un voisinage convexe de x b.
Alors la conclusion suive des conditions suffisantes si on restreint le domaine de f et g1 , . . . , gm à
ce voisinage.
ª REMARQUE
Cette condition suffisante relativement simple (similaire à la condition) suffisante pour les extrema
libres) est plutôt “forte” : Si la matrice HL (x, λ)
b n’est ni d.n., ni d.p., la proposition ne permet pas
de conclure.
EXEMPLE
Cette matrice est s.d.n. donc (k̂, ℓ̂) est un maximum global.
EXEMPLE
Dans l’exemple présenté avant (optimisation de f (x, y) = xy sous la contrainte g(x, y) = 2x + 4y =
10) on trouvait la solution potentielle :
(b
x, yb, λ)
b = (5/2, 5/4, 5/8).
Il existe une condition suffisante alternative moins forte : celle de la “hessienne bordée”. Nous l’énonçons ci-
dessous uniquement pour le cas particulier d’un problème d’optimisation d’une fonction de deux variables f (x, y)
soumise à une seule contrainte g(x, y) = c. On définit L(x, y, λ) = f (x, y) − λ(g(x, y) − c).
Soit f, g : D ⊂ R2 → R
Si :
f et g sont C 2 au voisinage d’un point (b
x, yb) intérieur à D.
(b
x, yb) satisfait la contrainte g(x, y) = c.
b ∈ R tel que ∂L (b
∃λ b = ∂L (b
x, yb, λ) x, yb, λ)
b =0
∂x ∂y
∂g ∂g
0
∂x ∂y
∂g ∂ 2 L ∂2L
det > (resp. <)0,
∂x ∂x2 ∂x∂y
∂g ∂ 2 L ∂2L
∂y ∂y∂x ∂y 2 (bx,by,λ) b
alors (↓)
f présente en (b
x, yb) un maximum (resp. minimum) local sous la contrainte gj (x) = cj , ∀j ∈ {1, . . . , m}.
ª REMARQUE
∂g ∂g
0
∂x ∂y
∂g ∂ 2 L ∂2L
La matrice est la “Hessienne bordée”.
∂x ∂x 2 ∂x∂y
∂g ∂ 2 L 2
∂ L
∂y ∂y∂x ∂y 2
Le déterminant de la hessienne bordée est :
2 2 2 2
∂g ∂g ∂ 2 L ∂g ∂ L ∂g ∂ L
2 − 2
− ,
∂x ∂y ∂x∂y ∂x ∂(y) ∂y ∂(x)2
∂g
∂g ∂g
=− − HL (bx, yb, λ∗ ) ∂y .
∂y ∂x ∂g
−
∂x
Si HL (b
x, yb, λ)
b est d.p. (resp. d.n.), la forme quadratique est > 0 (resp. < 0). Alors le déterminant
de la hessienne bordée est < 0 (resp. > 0).
Cette proposition est seulement applicable si on a deux variables et une seule contrainte !
CHAPITRE 13. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’ÉGALITÉ 143
EXEMPLE
Revenons au problème de l’optimisation de f (x, y) = xy sous la contrainte g(x, y) = 2x + 4y = 10.
En (b
x, yb, λ)
b = (5/2, 5/4, 5/8), la Hessienne bordée est :
0 2 4
2 0 1
4 1 0
La valeur de λ
bj est la variation marginal de la valeur optimale de la fonction correspondante à une augmentation
unitaire du niveau cj dans la contrainte gj (x) = cj . En économie on appelle cela “le prix fictif ” de la contrainte.
Proposition
Soient f, g : D ⊆ Rn → R (m ∈ N0 ), cj ∈ R, ∀j.
Si
le problème d’optimisation de f (x) sous les contraintes gj (x) = cj a une solution en x
b(c) =
(b
x1 (c), . . . , x
bn (c)) avec c = (c1 , . . . , cm ).
les multiplicateurs de Lagrange associés étant λ bj (c) (j = 1, . . . , m).
les x
bi (c) sont différentiables au voisinage de c,
f et gj sont C 1 au voisinage de x
b(c) intérieur à D.
la Jacobienne de g = (g1 , . . . , gm ) est de rang maximum (= m) en x
b(c),
alors
si V (c) = f (b
x(c)) on a ∀j = 1, . . . , m :
∂V
(c) = λ
bj (c).
∂cj
W PREUVE
(pour n = 2 et m = 1) Considérons la problème :
max(min)f (x, y) s.c. g(x, y) = c.
x,y
CHAPITRE 13. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’ÉGALITÉ 144
Avec solution (b
x(c), yb(c)). Les conditions de Lagrange donnent :
∂L ∂f b ∂g (b
(b
x(c), yb(c), λ(c))
b = x(c), yb(c)) − λ(c)
(b x(c), yb(c)) = 0,
∂x ∂x ∂x
∂L ∂f b ∂g (b
(b
x(c), yb(c), λ(c))
b = x(c), yb(c)) − λ(c)
(b x(c), yb(c)) = 0.
∂y ∂y ∂y
On a V (c) = f (b
x(c), yb(c)). Par la règle de dérivation des fonctions composées, on a :
∂f ∂f
V ′ (c) = (b x′ (c) +
x(c), yb(c))b (b y ′ (c),
x(c), yb(c))b
∂x ∂y
∂g ′ ∂g ′
= λ(c)
b (b
x(c), yb(c))b
x (c) + (bx(c), yb(c))b y (c) .
∂x ∂y
g(b
x(c), yb(c)) = c.
EXEMPLE
max xy s.c 2x + 4y = c.
Alors x y et yb = 8c , x
b = 2b b = 4c , λ
b= c
16 ,
qui est un maximum local.
cc c2
La valeur maximum est V (c) = f (b
x(c), yb(c)) = = .
48 32
Remarquons que :
c
V ′ (c) = = λ(c).
b
16
CHAPITRE 13. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’ÉGALITÉ 145
å EXERCICSES
1 Soient f (x, y) = x2 + (y − 1)2 et g(x, y) = x2 − 4y
4 Soit U (x, y) = x · y la fonction d’utilité d’un consommateur. Si les prix unitaires des deux
biens consommés sont respectivement p1 et p2 (avec p1 et p2 > 0) et que le consommateur
dispose d’un budget B > 0, déterminer les quantités qu’il doit consommer pour atteindre une
utilité maximum.
Calculer ensuite cette utilité maximum et vérifier l’interprétation du multiplicateur de La-
grange.
5 Déterminer, par la méthode de Lagrange, les extrema de la fonction f (x, y, z) = x2 + y 2 + z 2
souls les contraintes x + y + z = 3 et z = 1.
6 Déterminer, par la méthode de Lagrange, les extrema de la fonction f (x, y, z) = x2 + y 2 + z 2
(x + y − 2)2
sous les contraintes + z − 1 = 0 et z = 1. Comparer les résultats obtenus avec
2
ceux de l’exercise 5 ci-dessus.
7 Déterminer, par la méthode de Lagrange, les extrema de la fonction f (x, y, z) = (x − 1)2 +
y 2 + z 2 sous la contrainte x + y + z = 4.
8 Discuter, selon les valeurs du paramètre réel α, le nombre et la nature des extrema de f (x, y) =
x2 + 2αxy + y 2 souls la contrainte x + y = 1.
CHAPITRE 13. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’ÉGALITÉ 146
´ RÉPONSES
1 a Courbe de niveau de f avec valeur −1 n’existe pas. Courbe de niveau K = 0 en noir,
courbe de niveau K = 1 en rouge et courbe de niveau K = 4 en bleu. La courbe de
l’equation g(x, y) = 0 est en vert.
Y
K=0
e−1 1 e X
seuls candidats extremum sous contrainte sont les éventuelles solutions du système.
∂L 1
(x̂, ŷ, λ̂) = − 2λ̂x̂ = 0
∂x x̂
∂L
(x̂, ŷ, λ̂) = −2λ̂ŷ = 0
∂y
2
x + y2 = 1
1
qui sont dans dom f , c’est-à-dire le point a = (1, 0) avec λ̂ = .
−1 2
− 1 0
La CS demande d’examiner la matrice HL (x, y, λ̂) = x2 qui est d.n. dans le
0 −1
domaine de f . Alors la fonction f (x, y) possède donc un maximum global en (1, 0) sous
la contrainte g(x, y) = 0.
c Les points satisfaisant la contrainte g(x, y) = 0 sont ceux du cercle x2 +y 2 = 1, centré en
(0, 0) et de rayon 1. Les courbes de niveau K de f sont des droites parallèles à l’axe des
y, d’équation x = eK , donc plus le niveau est élevé, plus la courbe correspondante est “à
droite”. Le point (1, 0) correspond au point satisfaisant la contrainte qui se trouve sur
la courbe de niveau de f la plus élevée (K = 0). De là, f possède en effet un maximum
souls la contrainte g(x, y) = 0. et l’interprétation graphique permet en plus d’affirmer
que celui-ci est global.
4 U et p1 x + p2 y sont C ∞ dans R2 . . .On a L(x, y, λ) = xy − λ(p1 x + p2 y − B) . . .
B B B
Maximum local sous contrainte en (x̂(B), ŷ(B)) = , avec λ̂ = .
2p1 2p2 2p1 p2
B2
On a U (x̂(B), ŷ(B)) = donc :
4p1 p2
d B
[U (x̂(B), ŷ(B))] = = λ̂.
dB 2p1 p2
5 On a g(x, y, z) = x + y + z − 3 et g2 (x, y, z) = z − 1.
Problème : optimiser f (x, y, z) sous les contraintes g1 (x, y, z) = 0 et g2 (x, y, z) = 0.
∞ 3 1 1 1
Les fonctions f , g1 et g2 sont de classe C dans R (polynômes) et Jg (x, y, z) =
0 0 1
3
qui est de rang maximum ∀(x, y, z) ∈ R . De là, si L(x, y, z, λ) = f (x, y, z) − λ1 g1 (x, y, z) −
λ2 g2 (x, y, z), les seuls candidats extremum sous contrainte sont les éventuelles solutions du
système :
2x̂ − λ̂1 = 0
2ŷ − λ̂1 = 0
2ẑ − λ̂1 − λ̂2 = 0
x̂ + ŷ + ẑ = 3
ẑ = 1
6 Même fonction à optimiser que ci-dessus et contraintes équivalentes, donc même solution,
mais le système résultant de la CN de Lagrange est :
2x̂ − λ̂1 (x̂ + ŷ − 2) = 0
2x̂ − λ̂1 (x̂ + ŷ − 2) = 0
x̂ = 0
2ŷ − λ̂ (x̂ + ŷ − 2) = 0
1
2ŷ − λ̂1 (x̂ + ŷ − 2) = 0 ŷ = 0
2ẑ − 2λ̂1 z − λ̂2 = 0 ⇐⇒ 2ẑ − 2λ̂1 z − λ̂2 = 0 ⇐⇒ 2ẑ − 2λ̂1 z − λ̂2 = 0
(x̂ + ŷ − 2) 2
+ ẑ 2 − 1 = 0 x̂ + ŷ − 2 = 0 x̂ + ŷ − 2 = 0
2
ẑ = 1 ẑ = 1
z=1
14.1 Karush-Kuhn-Tucker
Source : Wikipedia
EXEMPLE
Soit une firme d’électricité (monopoliste) qui produit q1 on peak et q2 off peak et a un capacité de
k.
Prix on-peak : p1 = 400 − q1
Prix off-peak : p2 = 380 − q2 .
coût variable 20q1 + 20q2
coût capacité 10k
Problème de maximisation de profit :
(
q1 ≤ k,
max (400 − q1 )q1 + (380 − q2 )q2 − 20q1 − 20q2 − 10k s.c. .
q1 ,q2 ,k q2 ≤ k
150
CHAPITRE 14. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’INÉGALITÉ 151
ª REMARQUE
Si on a une contrainte h(x) ≥ c on peut le reformuler comme −h(x) ≤ −c.
Si on a une contrainte h(x) = c on peut le reformuler comme h(x) ≤ c et −h(x) ≤ c.
Si on a une contrainte xi ≥ 0 on peut le reformuler comme −xi ≤ 0.
Posons le Lagrangien :
m
X
L(x, λ) = f (x) − λj (gj (x) − cj ).
j=1
(λj ∈ R, ∀j = 1, . . . , m). On a la condition nécessaire du 1ère ordre (théorème de Karush, Kuhn et Tucker).
W PREUVE
(idée)
Hypothèse b est une solution de la problème maxx f (x) s.c .gj (x) ≤ cj , ∀j = 1, . . . , m
x
∂L
1. x, λ∗ ) = 0,
(b ∀i = 1, . . . , n
∂xi
Thèse 2. λ x) − cj ) = 0,
bj (gj (b ∀j = 1, . . . , m
bj ≥ 0 (resp. λ
3. λ bj ≤ 0) ∀j = 1, . . . , m.
CHAPITRE 14. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’INÉGALITÉ 152
On peut introduire les variables auxiliaires et modifier les inégalités : gj (x) + (zj )2 = 0. Note que
(zj )2 ≥ 0. La problème équivalente est donc :
2
g1 (x) + (z1 ) = c1
.
max(min)f (x) s.c. .. .
x,z
g (x) + (z )2 = c
m m m
Notons que
m
X
e z, λ) = L(x, λ) −
L(x, λj (zj )2 .
j=1
X ∂gj m
∂L
e
b = ∂L (b b = ∂f (b
(b
x, zb, λ) x, λ) x) − λ
bj (b
x) = 0 (1)
∂xi ∂xi ∂xi ∂xi
j=1
∂L
e
b = −2λ
(b
x, zb, λ) bj z̄j = 0. (2)
∂zj
bi ≥ 0.
λ
ª REMARQUE
∂L
On a (b b = cj − gj (b
x, λ) x) ≥ 0, ∀j = 1, . . . , m puisque les contraintes sont vérifiées en x
b.
∂λj
Si la contrainte gj (b
x) n’est pas saturée (gj (b
x) < cj ), nous devons avoir que λbj = 0.
Si la contrainte n’est pas saturée, le prix fictif de la contrainte est nul.
CHAPITRE 14. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’INÉGALITÉ 153
Si λ
bj > 0, nous avons que gj (b x) = cj ,
Si le prix fictif de la contrainte n’est pas nul, la contrainte doit être saturée.
EXEMPLE
Soit f : R2 → R : (x, y) → f (x, y) = y − 2x, soit g : R2 → R : (x, y) → g(x, y) = x2 − y. Considérons
la problème :
∂g ∂g
Les fonctions f et g sont C 1 sur R2 , = 2x et = −1 et la jacobienne de g est de rang 1 en
∂x ∂y
tout point. Le Lagrangien est ici L(x, y, λ) = y − 2x − λ(x2 − y + 3).
La condition nécessaire citée ci-dessus impose :
∂L
= −2 − 2λb
bx = −2(1 + λb
bx) = 0 (1)
∂x
∂L
=1+λ b=0 (2)
∂y
b 2
x − yb + 3) = 0
λ(b (3)
Discussion : Dans ce cas, les conditions imposent que la contrainte soit saturée puisque (2) →
b = −1 ̸= 0. En remplaçant cette valeur de λ
λ b dans (1), on obtient x
b = 1 et, par (3), yb = 4.
b = −1 < 0. Ce point est
On obtient ainsi un seul candidat extremum sous contrainte : (1, 4) avec λ
un candidat minimum sous contrainte.
EXEMPLE
(
q1 − k ≤ 0,
max (400 − q1 )q1 + (380 − q2 )q2 − 20q1 − 20q2 − 10k s.c. .
q1 ,q2 ,k q2 − k ≤ 0
La fonction f (q1 , q2 , k) est C 1 et les contraintes sont aussi C 1 sur R3 . Le Lagrangien est :
L(q1 , q2 , k, λ1 , λ2 ) = (400 − q1 )q1 + (380 − q2 )q2 − 20q1 − 20q2 − 10k − λ1 (q1 − k) − λ2 (q2 − k).
Les conditions de 1ère ordre sont :
∂L
(q̂1 , q̂2 , k̂, λ̂1 , λ̂2 ) = 380 − 2q̂1 − λ̂1 = 0
∂q1
∂L
(q̂1 , q̂2 , k̂, λ̂1 , λ̂2 ) = 360 − 2q̂2 − λ̂2 = 0
∂q2
∂L
(q̂1 , q̂2 , k̂, λ̂1 , λ̂2 ) = −10 + λ̂1 + λ̂2 = 0
∂k
λ̂1 (q̂1 − k) = 0
λ̂2 (q̂2 − k) = 0
λ̂1 ≥ 0, λ̂2 ≥ 0, q̂1 ≤ k, q̂2 ≤ k.
Il y a un seul candidat qui satisfait tous les conditions de K − T : (q̂1 , q̂2 , k̂, λ̂1 , λ̂2 ) =
(185, 180, 185, 10, 0).
CHAPITRE 14. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’INÉGALITÉ 154
W PREUVE
Soit x ∈ D et gj (x) ≤ cj , ∀j = 1, . . . , m. Montrons que f (b
x) ≥ f (x).
n
X
f (x) ≤ f (x) − bj (gj (x) − cj ),
λ
|{z} | {z }
j=1
≥0 ≤0
∗
= L(x, λ ),
n
X ∂L
x, λ∗ ) +
≤ L(b (b b (xi − x
x, λ) bi ), L est concave
∂xi
i=1 | {z }
=0
= L(bx, λ),
b
X m
x) −
= f (b λ x) − cj ),
bj (gj (b
| {z }
j=1
=0
= f (b
x).
ª REMARQUE
Si f est concave (convexe) et les fonctions gj sont convexe (concave) alors L(x, λ)
b est concave
(convexe), donc la condition de 2ème ordre est satisfait.
CHAPITRE 14. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’INÉGALITÉ 155
W PREUVE
Si f , gj (j = 1, . . . , m) sont C 2 au voisinage de x
b, elles y sont C 1 .
Si HL (bx, λ)
b est d.n. alors la fonction L(x, λ) b est concave au voisinage de x
b.
La conclusion suive des conditions suffisantes si on restreint le domaine de f et gj au voisinage
de x
b.
EXEMPLE
(suite) On a :
2 0
HL (x, y, λ) =
b ,
0 0
EXEMPLE
(
q1 − k ≤ 0,
max (400 − q1 )q1 + (380 − q2 )q2 − 20q1 − 20q2 − 10k s.c. .
q1 ,q2 ,k q2 − k ≤ 0
Nous avons un seul candidat (q̂1 , q̂2 , k̂, λ̂1 , λ̂2 ) = (185, 180, 185, 10, 0). La fonction f (q1 , q2 , k) est C 2
et les contraintes sont aussi C 2 .
La Hessienne de L(q1 , q2 , k, λ̂1 , λ̂2 ) est :
−2 0 0
HL (q1 , q2 , k, λ̂1 , λ̂2 ) = 0 −2 0 ,
0 0 0
qui est s.d.n. donc (q̂1 , q̂2 , k̂) est un maximum global.
CHAPITRE 14. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’INÉGALITÉ 156
å EXERCICSES
2 +y 2 ]
1 Déterminer les extrema de f (x, y) = e−[x sous la contrainte x + y ≥ 1 (conditions
nécessaires uniquement).
2 Optimiser f (x, y) = (x + 1)2 + (y + 2)2 sous contraintes x ≥ 0 et y ≥ 0.
´ RÉPONSES
2 +y 2 )
1 Tout d’abord, notons que (x̂, ŷ) est un maximum (minimum) de e−(x (sous contraintes) si
et seulement si (x̂, ŷ) est un maximum (minimum) de −(x2 +y 2 )
(sous les mêmes contraintes),
parce que ez est une fonction strictement monotone. Donc le problème et celui d’optimiser
f (x, y) = −(x2 + y 2 ) sous la contrainte g(x, y) = 1 − x − y ≤ 0
f et g sont C ∞ sur R2 et Jg (x, y) = (−1, −1) est de rang maximum ∀(x, y) ∈ R2 .
On a L(x, y, λ) = −(x2 + y 2 ) − λ(1 − x − y).
Les CN du théorème de Kuhn et Tucker donnent :
∂L
(x̂, ŷ, λ̂) = −2x̂ + λ̂ = 0
∂x
∂L
(x̂, ŷ) = −2ŷ + λ̂ = 0
∂y
λ(1 − x̂ − ŷ) = 0.
−2 0
HL (x, y, λ̂) =
0 −2
CHAPITRE 14. EXTREMA LIÉS : CONTRAINTES D’INÉGALITÉ 157
Celui est d.n. donc (x̂, ŷ) est un maximum global sous contraintes.
2 On a f (x, y) = (x + 2)2 + (y + 2)2 , g1 (x, y) = −x et g2 (x, y) = −y. Le problème est celui
d’optimiser f (x, y) sous les contraintes g1 (x, y) ≤ 0 et g2 (x, y) ≤ 0.
−1 0
f , g1 et g2 sont C ∞ sur R2 et Jg (x, y) = est de rang maximum ∀(x, y) ∈ R2 .
0 −1
On a L(x, y, λ, µ) = (x + 1)2 + (y + 2)2 − λ(−x) − µ(−y).
Les CN du théorème de Kuhn et Tucker donnent :
∂L
(x̂, ŷ, λ̂, µ̂) = 2(x̂ + 1) + λ̂ = 0
∂x
∂L
(x̂, ŷ, λ̂, µ̂) = 2(ŷ + 2) + µ̂ = 0
∂y
λ̂x̂ = 0
µ̂ŷ = 0.
Y
2
0
-3 -2 -1 0 1 2 3X
-1
-2
1) Si au moins une des deux contraintes n’est pas saturée, on a λ̂1 ou λ̂2 = 0, d’où x̂ = 0
ou ŷ = 0 ce qui ne satisfait pas les contraintes et doit donc être rejeté.
2) Si les deux contraintes sont saturées, on a x̂ = 2 et ŷ = 1 avec λ̂1 = −4 et λ̂2 = −8.
Le point (2, 1) est donc un candidat minimum local sous les contraintes. par la fonction
et la nature des contraintes, il est évident que ce minimum est global (d’ailleurs f (x, y)
est convexe sur R2 et 2 − x et 1 − y sont convexes (linéaires) dans R2 )
2 +(y+2)2 ]
4 Tout d’abord, notons que maximiser (minimiser) e−[(x−1) (sous les contraintes) est la
même chose que maximiser (minimiser) f (x, y) = −(x − 1)2
− (y + 2)2 (sous les contraintes),
car h(z) = ez est une fonction strictement monotone. Donc, nous cherchons les extrema de
f (x, y) = −(x − 1)2 − (y + 2)2 sous les contraintes x ≥ 0 et y ≥ 0.
Les CN de KT montrent que (x̂, ŷ) = (1, 0) est un candidat maximum. Les CS (global)
montrent que ce point est un maximum global sous contraintes.
5 L(x, y, λ1 , λ2 ) = y − ln x − λ1 (8 − xy) − λ2 (x + y − 6). Attention : dom f = (R+ 0 ) × R.
3 5
Candidat maximum sous contrainte en (2, 4) avec λ̂1 = et λ̂2 = et candidat minimum
4 2
5 3
sous contrainte en (4, 2) avec λ̂1 = − et λ̂2 = − .
8 2
1 3
∗ ∗
La hessien de L(x, y, λ1 , λ2 ) est HL (x, y, λ̂1 , λ̂2 ) = 3 x 2 4 . Le déterminant de ce matrice est
4 0
toujours négative, donc pas de conclusion.
6 Le Lagrangien s’écrit L(x, y, λ) = x2 + y 2 + y − 1 − λ(x2 + y 2 − 1). Les conditions du première
ordre sont :
∂L
(x̂, ŷ, λ̂) = 2x̂ − 2λ̂x̂ = 0,
∂x
∂L
(x̂, ŷ, λ̂) = 2ŷ + 1 − 2λ̂ŷ = 0,
∂y
λ̂(x̂2 + ŷ 2 − 1) = 0,
λ̂ ≥ 0.
équation d’une ellipse centrée en le point (a, b) et dont l’axe horizontal mesure 2α et l’axe vertical mesure 2β.
(x − a)2 (y − b)2
− = 1(α, β > 0)
α2 β2
équation d’une hyperbole centrée en le point (a, b) et dont les asymptotes sont parallèles aux droites d’équations
y = αβ x et y = − αβ x.
y = xα avec x > 0
160
ANNEXE B. QUELQUES COURBES PLANES IMPORTANTES 161