TD 3 Risques
TD 3 Risques
DROIT DU NUMÉRIQUE
Cours de Mme la Professeur Camille Broyelle
Travaux dirigés
Séance n° 3
LES TRES GRANDES PLATEFORMES ET TRES GRANDS MOTEURS
DE RECHERCHE DANS LE DSA
DOCUMENTS :
I. La genèse et le principe du Digital Services Act
Doc. 1 : Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à un marché
intérieur des services numériques (Législation sur les services numériques) et modifiant la
directive 2000/31/CE, exposé des motifs (extrait)
Doc. 2 : A. ILIOPOULOU-PENOT, « La constitution numérique européenne », RFDA, 2023
(extrait).
Doc. 3 : Article 33.1 du Digital Services Act
Doc. 4 : Trib. UE, 19 nov. 2025, aff. n° T-367/23, Amazon EU Sarl c. Commission européenne
(résumé/extraits)
II. Les obligations prévues par le Digital Services Act
Doc. 5 : Article 34 du Digital Services Act
Doc. 6 : Article 35 du Digital Services Act
Doc. 7 : Article 36 du Digital Services Act
III. La procédure d’enquête et de sanction dans le Digital Services Act
Doc. 8 : Article 56 du Digital Services Act
Doc. 9 : Article 74 du Digital Services Act
Doc. 10 : Amende de la Commission européenne contre X, Communiqué de presse, 5 déc. 2025.
DOC. 11 : Constatations préliminaires de la Commission européenne contre TikTok,
Communiqué de presse, 6 févr. 2026.
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DOC. 1 : PROPOSITION DE REGLEMENT DU PARLEMENT EUROPEEN ET DU CONSEIL RELATIF A UN
MARCHE INTERIEUR DES SERVICES NUMERIQUES (LEGISLATION SUR LES SERVICES NUMERIQUES )
ET MODIFIANT LA DIRECTIVE 2000/31/CE, EXPOSE DES MOTIFS (EXTRAIT)
« Pour ce qui est de l’efficacité de la directive sur le commerce électronique, l’évaluation montre
que, même si la directive sur le commerce électronique a contribué de manière importante à la
croissance du marché intérieur des services numériques et a permis l’entrée et le développement
de nouveaux fournisseurs desdits services, ses objectifs initiaux n’ont pas été pleinement atteints.
En particulier, la croissance dynamique de l’économie numérique et l’apparition de nouveaux
types de fournisseurs de services posent des défis nouveaux, que les États membres appréhendent
de manières diverses, et au regard desquels la liste initiale des objectifs doit être clarifiée. En outre,
ces évolutions font peser une pression supplémentaire sur la réalisation des objectifs existants,
comme en témoigne une fragmentation juridique accrue.
L’évaluation a également montré que si plusieurs nouveaux instruments réglementaires apportent
une contribution précieuse à la réalisation de certains des objectifs définis dans la directive sur le
commerce électronique, ils n’apportent que des solutions sectorielles à certains des problèmes
sous-jacents (par exemple, en luttant contre la prolifération de certains types spécifiques
d’activités illégales). Ils ne traitent donc pas ces questions de manière cohérente pour l’ensemble
de l’écosystème numérique, car ils sont limités à certains types de services ou à certains types de
contenus illicites. En outre, si les initiatives d’autorégulation ont généralement donné des
résultats positifs, elles ne peuvent pas être imposées légalement et ne couvrent pas tous les acteurs
de l’économie numérique. En ce qui concerne l’efficience de la directive sur le commerce
électronique, celle-ci n’a imposé que des coûts supplémentaires limités aux administrations des
États membres et aux fournisseurs de services de la société de l’information. L’évaluation n’a pas
révélé de coûts particulièrement élevés ou disproportionnés et aucune préoccupation importante
n’a été soulevée concernant les incidences sur les petites et moyennes entreprises. La principale
préoccupation à ce sujet est liée au manque de clarté du mécanisme de coopération entre les États
membres, qui occasionne des charges et une multiplication des coûts, malgré l’objectif inverse de
la directive, en particulier en ce qui concerne la surveillance des plateformes en ligne. La directive
a donc été considérablement moins efficiente pour préserver le bon fonctionnement du marché
intérieur ».
DOC. 4 : TRIB. UE, 19 NOV. 2025, AFF. N° T-367/23, AMAZON EU SARL C. COMMISSION
EUROPEENNE (RESUME/EXTRAITS)
La requérante est une société de droit luxembourgeois exploitant une boutique en ligne, à savoir
la plateforme Amazon Store, accessible à partir de différents sites Internet, dont « [Link]
», « [Link] », « [Link] », « [Link] », « [Link] », «
[Link] », « [Link] » et « [Link] ». Les clients de cette boutique
peuvent acheter des produits de consommation commercialisés par la requérante ou par des
vendeurs tiers.
Le 17 février 2023, Amazon EU a indiqué, sur ses sites Internet, que le nombre mensuel moyen
de destinataires actifs de sa plateforme Amazon Store dans l’Union européenne (ci-après le «
NMM ») était supérieur à 45 millions d’utilisateurs.
Ainsi, par la décision attaquée, la Commission a désigné cette plateforme comme une très grande
plateforme en ligne au titre de l’article 33, paragraphe 4, du règlement 2022/2065, dès lors que
son NMM dépassait le seuil de 45 millions prévu à l’article 33, paragraphe 1, de ce règlement.
Amazon EU a saisi le Tribunal d’un recours en annulation contre cette décision.
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Appréciation du Tribunal
[…]
En deuxième lieu, le Tribunal estime que l’article 33, paragraphe 1, du règlement 2022/2065
constitue une ingérence dans la liberté d’entreprise consacrée à l’article 16 de la Charte dès lors
qu’il impose aux fournisseurs de très grandes plateformes en ligne de se soumettre aux obligations
prévues aux articles 34 à 43 de ce règlement qui sont susceptibles de représenter, pour eux, un
coût important, d’avoir un impact considérable sur l’organisation de leurs activités ou de requérir
des solutions techniques difficiles et complexes.
Toutefois, dans le cadre de la justification de cette ingérence, premièrement, le Tribunal rejette
l’argumentation de la requérante, selon laquelle les places de marché dont le NMM a atteint 45
millions ne sont pas susceptibles d’engendrer divers risques systémiques au sens du règlement
2022/20653 (3).
À cet égard, il observe notamment que la requérante ne conteste pas que des destinataires du
service peuvent utiliser des publicités ou des commentaires pour véhiculer des contenus illicites
ou de nature politique ou religieuse. Il considère que, dès lors que la requérante reconnaît que
des produits illégaux sont susceptibles d’être commercialisés sur des places de marché, ces
dernières peuvent être utilisées pour diffuser des contenus illicites, notamment en rapport avec
la vente de produits dangereux ou non conformes, et qu’elles peuvent, en conséquence, avoir un
effet négatif sur la protection des consommateurs.
Deuxièmement, le Tribunal rejette l’argumentation de la requérante, selon laquelle le législateur
aurait pu adopter des mesures alternatives moins contraignantes pour atteindre les objectifs du
règlement 2022/2065.
Dans ce cadre, il rejette notamment la critique soulevée par la requérante à l’égard de l’article 39
du règlement 2022/2065 qui dispose que les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne
tiennent et mettent à la disposition du public, dans une section spécifique de leur interface en
ligne, à l’aide d’un outil de recherche fiable permettant d’effectuer des recherches multicritères
et par l’intermédiaire d’interfaces de programme d’application, un registre contenant plusieurs
informations sur la publicité. Après avoir rappelé les risques liés aux systèmes publicitaires utilisés
par les très grandes plateformes en ligne (4), le Tribunal constate que cet article permet de limiter
la diffusion de contenus illicites, de contribuer à un niveau élevé de protection des
consommateurs et de prévenir des effets négatifs liés à la protection des mineurs. Il en conclut
que cette disposition est susceptible de prévenir différents risques systémiques au titre de l’article
34, paragraphe 1, de ce règlement et qu’un tel objectif serait plus difficilement atteint si seuls les
chercheurs et les autorités, et non le public dans son ensemble, avaient accès aux informations
concernées.
Troisièmement, le Tribunal rejette l’argumentation de la requérante, selon laquelle l’obligation
visée à l’article 38 du règlement 2022/2065, en vertu de laquelle les fournisseurs de très grandes
plateformes en ligne utilisant des systèmes de recommandation proposent au moins une option
pour chacun de ces systèmes qui ne repose pas sur du profilage, limite sa capacité à informer ses
clients des offres proposées sur sa plateforme.
À cet égard, le Tribunal relève que cette disposition tend à permettre aux destinataires des très
grandes plateformes en ligne de choisir, dans une certaine mesure, les informations auxquelles
ils sont exposés (5). Ainsi, d’une part, elle ne les empêche pas d’utiliser un système de
recommandation reposant sur du profilage. D’autre part, elle renforce les droits des
consommateurs en leur offrant la possibilité d’exprimer un choix quant aux produits qui leur
sont proposés. Ladite disposition est donc à tout le moins susceptible de contribuer à un niveau
élevé de protection des consommateurs et, par voie de conséquence, de prévenir un risque
systémique au titre de l’article 34, paragraphe 1, sous b), du règlement 2022/2065.
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Dans ces conditions, le Tribunal estime qu’en imposant aux fournisseurs de très grandes
plateformes en ligne les obligations prévues aux articles 34 à 43 du règlement 2022/2065, l’article
33, paragraphe 1, de ce règlement n’est pas manifestement inapproprié pour atteindre les
objectifs de celui-ci et que, en conséquence, il ne viole pas la liberté d’entreprise consacrée à
l’article 16 de la Charte.
En troisième lieu, le Tribunal rejette l’argumentation de la requérante, selon laquelle l’article 33,
paragraphe 1, du règlement 2022/2065, en tant qu’il soumet certaines places de marché aux
obligations prévues aux articles 34 à 43 dudit règlement, viole le principe d’égalité de traitement
consacré à l’article 20 de la Charte.
Dans ce cadre, premièrement, en ce qui concerne l’allégation de la requérante que ces obligations
ne devraient s’appliquer qu’aux plateformes en ligne qui engendrent des risques systémiques,
telles que les réseaux sociaux, les services de partage de contenus et les moteurs de recherche en
ligne, et non aux places de marché, le Tribunal réitère que les places de marché dont le NMM
atteint 45 millions sont également susceptibles d’engendrer de nombreux risques systémiques au
sens du règlement 2022/2065.
En outre, le Tribunal rejette l’argument de la requérante tiré de ce que, s’agissant de « la diffusion
de discours, de contenus et d’informations », les places de marché devraient être traitées de la
même manière que les services d’informatique en nuage (cloud computing) et les services
d’hébergement de sites Internet, qui ne constituent pas des plateformes en ligne au sens du
règlement 2022/2065. À cet égard, il fait observer que l’article 33, paragraphe 1, de ce règlement,
en tant qu’il vise les places de marché et non certains services d’informatique en nuage et
d’hébergement de sites Internet, lesquels se distinguent des places de marché en ce que la
diffusion d’informations spécifiques au public constitue une caractéristique mineure et accessoire
ou une fonctionnalité mineure de ces services, ne procède pas à une différenciation arbitraire ou
manifestement inadéquate aux fins de la prévention des risques systémiques mentionnés à
l’article 34, paragraphe 1, dudit règlement.
Ainsi, le Tribunal considère que l’article 33, paragraphe 1, du règlement 2022/2065, en tant qu’il
s’applique à la fois aux places de marché, aux réseaux sociaux, aux services de partage de contenus
et aux moteurs de recherche en ligne, n’apparaît pas manifestement inadéquat pour prévenir les
risques systémiques mentionnés à l’article 34, paragraphe 1, de ce règlement.
Deuxièmement, en ce qui concerne l’allégation de la requérante selon laquelle l’ensemble des
fournisseurs de places de marché, indépendamment de leur NMM, devraient être traités de la
même manière aux fins de l’application des obligations prévues par les articles 34 à 43 du
règlement 2022/2065, le Tribunal considère qu’une place de marché dont le NMM atteint 45
millions est susceptible d’exposer une partie significative de l’Union à des contenus illicites et,
par suite, de causer un risque systémique relatif à la diffusion de tels contenus (6). Ainsi, il estime
que de telles places de marché peuvent engendrer des risques pour la société qui diffèrent, par
leur ampleur et leur incidence, de ceux qui sont imputables aux plateformes de plus petite taille.
En outre, le Tribunal rejette l’argument de la requérante tiré de ce que, pour atteindre un NMM
s’élevant à 45 millions, les très grandes plateformes en ligne doivent, en pratique, nécessairement
opérer dans plusieurs États membres et que, par conséquent, les obligations qui leur incombent
en vertu des articles 34 à 43 du règlement 2022/2065 ne s’appliquent pas aux fournisseurs en
ligne opérant dans un seul État membre.
À cet égard, d’une part, le Tribunal constate que la requérante n’explique pas la raison pour
laquelle certains risques, dont ceux relatifs au processus démocratique, ne présenteraient qu’un
caractère national, et ce alors même qu’existe, au niveau de l’Union, un processus démocratique
(7). D’autre part, il observe que le législateur a considéré qu’une plateforme en ligne était
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susceptible d’engendrer des risques systémiques à l’échelle de l’Union lorsque son NMM
atteignait ou dépassait 10 % de la population de l’Union (8). Or, les plateformes en ligne qui ne
seraient présentes que dans un seul État membre et dont le NMM serait inférieur à 45 millions,
même si une partie importante de la population de cet État membre était exposée à leurs
contenus, seraient moins susceptibles d’engendrer des risques systémiques à l’échelle de l’Union
que les plateformes en ligne dont le NMM dépasserait 45 millions.
Par conséquent, le Tribunal considère que l’article 33, paragraphe 1, du règlement 2022/2065,
pour autant qu’il ne s’applique qu’aux fournisseurs des places de marché dont le NMM atteint
45 millions, ne procède pas à une différenciation arbitraire ou manifestement inadéquate aux
fins de la prévention des risques systémiques mentionnés à l’article 34, paragraphe 1, de ce
règlement.
En quatrième lieu, le Tribunal écarte l’argumentation de la requérante tendant à démontrer que
l’article 33, paragraphe 1, du règlement 2022/2065 viole la liberté d’expression et d’information
consacrée à l’article 11 de la Charte.
À cet égard, il relève notamment que l’obligation de proposer au moins une option pour chaque
système de recommandation qui ne repose pas sur du profilage (10), procède d’une mise en
balance entre la liberté d’expression à caractère commercial des fournisseurs de très grandes
plateformes en ligne et la protection des consommateurs. Ainsi, le législateur a pu considérer,
sans dépasser son importante marge d’appréciation, que la protection des consommateurs
nécessitait que ces derniers puissent avoir accès, s’ils le souhaitaient, à une option qui ne reposait
pas sur du profilage pour chacun des systèmes de recommandation utilisés sur les très grandes
plateformes en ligne.
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c)tout effet négatif réel ou prévisible sur le discours civique, les processus électoraux et la sécurité
publique;
d)tout effet négatif réel ou prévisible lié aux violences sexistes et à la protection de la santé
publique et des mineurs et les conséquences négatives graves sur le bien-être physique et mental
des personnes.
2. Lorsqu’ils procèdent à des évaluations des risques, les fournisseurs de très grandes plateformes
en ligne et de très grands moteurs de recherche en ligne examinent notamment si et comment
les facteurs suivants influencent les risques systémiques visés au paragraphe 1 et en tiennent
compte:
a)la conception de leurs systèmes de recommandation et de tout autre système algorithmique
pertinent;
b) leurs systèmes de modération des contenus;
c) les conditions générales applicables et leur mise en application;
d) les systèmes de sélection et de présentation de la publicité;
e) les pratiques du fournisseur en matière de données.
Les évaluations examinent également si et comment les risques visés au paragraphe 1 sont
influencés par la manipulation intentionnelle du service desdits fournisseurs, y compris par
l’utilisation non authentique ou l’exploitation automatisée du service, ainsi que par
l’amplification et la diffusion potentiellement rapide et à grande échelle de contenus illicites et
d’informations incompatibles avec leurs conditions générales.
L’évaluation tient compte des aspects régionaux ou linguistiques spécifiques, y compris lorsqu’ils
sont propres à un État membre.
3. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne et de très grands moteurs de recherche
en ligne conservent les documents justificatifs des évaluations des risques pendant au moins trois
ans après la réalisation de ces évaluations, et les communiquent à la Commission et au
coordinateur pour les services numériques de l’État membre d’établissement, à leur demande.
7
cyberviolence, ainsi que l’adaptation des processus décisionnels pertinents et des ressources
dédiées à la modération des contenus;
d)le test et l’adaptation de leurs systèmes algorithmiques, y compris leurs systèmes de
recommandation;
e)l’adaptation de leurs systèmes de publicité et l’adoption de mesures ciblées destinées à limiter
la présentation de publicités, ou à en adapter la présentation, en association avec le service
fourni;
f)le renforcement des processus internes, des ressources, des tests, de la documentation ou de la
surveillance d’une quelconque de leurs activités, notamment en ce qui concerne la détection
des risques systémiques;
g)la mise en place d’une coopération avec les signaleurs de confiance, ou l’ajustement de cette
coopération, conformément à l’article 22, ainsi que la mise en œuvre des décisions prises par
les organes de règlement extrajudiciaire des litiges en vertu de l’article 21;
h)la mise en place d’une coopération avec d’autres fournisseurs de plateformes en ligne ou de
moteurs de recherche en ligne, ou l’ajustement de cette coopération, sur la base des codes de
conduite et des protocoles de crise visés aux articles 45 et 48, respectivement;
i)l’adoption de mesures de sensibilisation et l’adaptation de leur interface en ligne, afin de donner
plus d’informations aux destinataires du service;
j)l’adoption de mesures ciblées visant à protéger les droits de l’enfant, y compris la vérification de
l’âge et des outils de contrôle parental, ou des outils permettant d’aider les mineurs à signaler
les abus ou à obtenir un soutien, s’il y a lieu;
k)le recours à un marquage bien visible pour garantir qu’un élément d’information, qu’il s’agisse
d’une image, d’un contenu audio ou vidéo généré ou manipulé, qui ressemble nettement à des
personnes, à des objets, à des lieux ou à d’autres entités ou événements réels, et apparaît à tort
aux yeux d’une personne comme authentique ou digne de foi, est reconnaissable lorsqu’il est
présenté sur leurs interfaces en ligne, et, en complément, la mise à disposition d’une
fonctionnalité facile d’utilisation permettant aux destinataires du service de signaler ce type
d’information.
2. Le comité, en coopération avec la Commission, publie des rapports exhaustifs une fois par
an. Ces rapports comprennent les éléments suivants:
a)le recensement et l’évaluation des risques systémiques les plus importants et récurrents signalés
par les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne et de très grands moteurs de recherche
en ligne ou recensés via d’autres sources d’informations, notamment celles fournies
conformément aux articles 39, 40 et 42;
b)la définition de bonnes pratiques pour les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne et
de très grands moteurs de recherche en ligne en vue de l’atténuation des risques systémiques
recensés.
Ces rapports présentent les risques systémiques ventilés par État membre dans lequel ils sont
survenus et pour l’ensemble de l’Union, s’il y a lieu.
3. La Commission, en coopération avec les coordinateurs pour les services numériques, peut
publier des lignes directrices sur l’application du paragraphe 1 par rapport à des risques
spécifiques, notamment en vue de présenter les bonnes pratiques et de recommander des mesures
possibles, en tenant dûment compte des conséquences possibles des mesures sur les droits
fondamentaux de toutes les parties concernées consacrés dans la Charte. Dans le cadre de
l’élaboration de ces lignes directrices, la Commission organise des consultations publiques.
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DOC. 7 : ARTICLE 36 DU DIGITAL SERVICES ACT
Article 36
Mécanisme de réaction aux crises
1. En cas de crise, la Commission, sur recommandation du comité, peut adopter une décision
exigeant qu’un ou plusieurs fournisseurs de très grandes plateformes en ligne ou de très grands
moteurs de recherche entreprennent une ou plusieurs des actions suivantes:
a)évaluer si et, le cas échéant, comment et dans quelle mesure le fonctionnement et l’utilisation
de leurs services contribuent de manière significative à une menace grave, telle qu’elle est visée
au paragraphe 2, ou sont susceptibles de le faire;
b)déterminer et appliquer des mesures spécifiques, efficaces et proportionnées, telles que celles
prévues à l’article 35, paragraphe 1, ou à l’article 48, paragraphe 2, pour prévenir, éliminer ou
limiter toute contribution à la menace grave identifiée en vertu du point a) du présent
paragraphe;
c)faire rapport à la Commission, à une date donnée ou à intervalles réguliers précisés dans la
décision, sur les évaluations visées au point a), le contenu précis, la mise en œuvre et l’impact
qualitatif et quantitatif des mesures spécifiques prises en application du point b), ainsi que sur
tout autre aspect lié à ces évaluations ou mesures, précisé dans la décision.
Lorsqu’ils déterminent et appliquent des mesures conformément au point b) du présent
paragraphe, le ou les fournisseurs de services tiennent dûment compte du caractère sérieux de la
menace grave visée au paragraphe 2, de l’urgence des mesures ainsi que des répercussions réelles
ou potentielles pour les droits et les intérêts légitimes de toutes les parties concernées, y compris
de l’éventualité que les mesures ne respectent pas les droits fondamentaux consacrés dans la
Charte.
2. Aux fins du présent article, il y a lieu de conclure à une crise lorsque des circonstances
extraordinaires entraînent une menace grave pour la sécurité publique ou la santé publique dans
l’Union ou dans des parties importantes de l’Union.
3. Lorsqu’elle adopte la décision visée au paragraphe 1, la Commission veille à respecter
l’ensemble des exigences suivantes:
a)les actions requises par la décision sont strictement nécessaires, justifiées et proportionnées,
compte tenu notamment du caractère sérieux de la menace grave visée au paragraphe 2, de
l’urgence des mesures ainsi que des répercussions réelles ou potentielles pour les droits et les
intérêts légitimes de toutes les parties concernées, y compris de l’éventualité que les mesures ne
respectent pas les droits fondamentaux consacrés dans la Charte;
b)la décision définit une période raisonnable durant laquelle les mesures spécifiques visées au
paragraphe 1, point b), doivent être prises, compte tenu notamment de l’urgence de ces mesures
et du temps nécessaire pour leur élaboration et leur mise en œuvre;
c) les actions requises par la décision sont limitées à une durée n’excédant pas trois mois.
4. Après l’adoption de la décision visée au paragraphe 1, la Commission entreprend sans retard
injustifié les actions suivantes:
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a) notifier la décision aux fournisseurs qui en sont les destinataires;
b) rendre la décision publique; et
c)informer le comité de la décision, l’inviter à faire part de son point de vue sur celle-ci et le tenir
informé de toute évolution ultérieure relative à la décision.
5. Le choix des mesures spécifiques à prendre en vertu du paragraphe 1, point b), et du
paragraphe 7, deuxième alinéa, relève de la responsabilité du ou des fournisseurs visés par la
décision de la Commission.
6. La Commission peut, de sa propre initiative ou à la demande du fournisseur, engager un
dialogue avec ce dernier afin de déterminer si, à la lumière de la situation particulière du
fournisseur, les mesures prévues ou appliquées, visées au paragraphe 1, point b), sont efficaces et
proportionnées pour atteindre les objectifs poursuivis. En particulier, la Commission veille à ce
que les mesures prises par le fournisseur de services au titre du paragraphe 1, point b), respectent
les exigences visées au paragraphe 3, points a) et c).
7. La Commission contrôle l’application des mesures spécifiques prises en vertu de la décision
visée au paragraphe 1 du présent article en s’appuyant sur les rapports visés au point c) dudit
paragraphe et sur toute autre information pertinente, y compris les informations qu’elle peut
demander en vertu de l’article 40 ou 67, en tenant compte de l’évolution de la crise. La
Commission fait régulièrement rapport au comité sur ce contrôle, au moins une fois par mois.
Lorsque la Commission estime que les mesures spécifiques prévues ou appliquées en vertu du
paragraphe 1, point b), ne sont pas efficaces ou proportionnées, elle peut, après consultation du
comité, adopter une décision obligeant le fournisseur à réexaminer les mesures spécifiques qui
ont été déterminées ou leur application.
8. S’il y a lieu, au regard de l’évolution de la crise, la Commission peut, sur recommandation
du comité, modifier la décision visée au paragraphe 1 ou au paragraphe 7, deuxième alinéa, en:
a)révoquant la décision et, s’il y a lieu, en demandant à la très grande plateforme en ligne ou au
très grand moteur de recherche en ligne de cesser d’appliquer les mesures déterminées et mises
en œuvre en vertu du paragraphe 1, point b), ou du paragraphe 7, deuxième alinéa, en
particulier lorsque les motifs justifiant de telles mesures n’existent plus;
b)prolongeant la période visée au paragraphe 3, point c), pour une durée n’excédant pas trois
mois;
c)prenant en compte l’expérience acquise dans l’application des mesures, notamment
l’éventualité que les mesures ne respectent pas les droits fondamentaux consacrés par la Charte.
9. Les exigences des paragraphes 1 à 6 s’appliquent à la décision et à la modification de celle-ci
visées au présent article.
10. La Commission tient le plus grand compte de la recommandation formulée par le comité
en vertu du présent article.
11. Tous les ans après l’adoption de décisions conformément au présent article et, en tout état
de cause, trois mois après la fin de la crise, la Commission fait rapport au Parlement européen et
au Conseil sur l’application des mesures spécifiques prises en vertu desdites décisions.
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1. L’État membre dans lequel se situe l’établissement principal du fournisseur de services
intermédiaires dispose de pouvoirs exclusifs pour surveiller et faire respecter le présent règlement,
à l’exception des pouvoirs prévus aux paragraphes 2, 3 et 4.
2. La Commission dispose de pouvoirs exclusifs pour surveiller et faire respecter le chapitre III,
section 5.
3. La Commission dispose de pouvoirs pour surveiller et faire respecter le présent règlement,
autres que ceux fixés au chapitre III, section 5, à l’encontre des fournisseurs de très grandes
plateformes en ligne et de très grands moteurs de recherche en ligne.
4. Lorsque la Commission n’a pas engagé de procédure pour la même infraction, l’État membre
dans lequel se situe l’établissement principal du fournisseur de très grandes plateformes en ligne
ou de très grands moteurs de recherche en ligne dispose, à l’encontre desdits fournisseurs, de
pouvoirs pour surveiller et faire respecter les obligations fixées dans le présent règlement, autres
que ceux fixés au chapitre III, section 5.
5. Les États membres et la Commission surveillent et assurent le respect des dispositions du
présent règlement en étroite coopération.
6. Lorsqu’un fournisseur de services intermédiaires ne dispose pas d’un établissement dans
l’Union, l’État membre dans lequel son représentant légal réside ou est établi ou la Commission,
selon le cas, dispose, conformément aux paragraphes 1 et 4 du présent article, de pouvoirs pour
surveiller et faire respecter les obligations pertinentes fixées dans le présent règlement.
7. Lorsqu’un fournisseur de services intermédiaires ne désigne pas de représentant légal
conformément à l’article 13, tous les États membres et, pour ce qui concerne les fournisseurs de
très grandes plateformes en ligne ou de très grands moteurs de recherche en ligne, la Commission
disposent de pouvoirs de surveillance et d’exécution conformément au présent article.
Lorsqu’un coordinateur des services numériques a l’intention d’exercer ses pouvoirs en vertu du
présent paragraphe, il notifie son intention à tous les autres coordinateurs pour les services
numériques ainsi qu’à la Commission et veille à ce que les garanties applicables prévues par la
Charte soient respectées, notamment pour éviter que le même comportement ne soit sanctionné
plus d’une fois pour une infraction aux obligations fixées par le présent règlement. Lorsque la
Commission a l’intention d’exercer ses pouvoirs en vertu du présent paragraphe, elle notifie son
intention à tous les autres coordinateurs pour les services numériques. À la suite de la notification
visée au présent paragraphe, les autres États membres n’engagent pas de procédure pour la même
infraction que celle dont il est question dans la notification.
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DOC. 9 : ARTICLE 74 DU DIGITAL SERVICES ACT
Article 74
Amendes
1. Dans la décision visée à l’article 73, la Commission peut infliger au fournisseur de la très
grande plateforme en ligne ou du très grand moteur de recherche en ligne concerné des amendes
jusqu’à concurrence de 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel réalisé au cours de l’exercice
précédent lorsqu’elle constate que ledit fournisseur, de propos délibéré ou par négligence:
a) enfreint les dispositions pertinentes du présent règlement;
b)ne respecte pas une décision ordonnant des mesures provisoires en application de l’article 70;
ou
c)ne respecte pas un engagement rendu contraignant par voie de décision en vertu de l’article 71.
2. La Commission peut adopter une décision visant à infliger au fournisseur de la très grande
plateforme en ligne ou du très grand moteur de recherche concerné, ou à une autre personne
physique ou morale visée à l’article 67, paragraphe 1, des amendes jusqu’à concurrence de 1 %
des revenus ou du chiffre d’affaires mondial annuels de l’exercice précédent lorsque, de propos
délibéré ou par négligence, ils:
a)fournissent des informations inexactes, incomplètes ou trompeuses en réponse à une simple
demande ou à une demande par voie de décision, conformément à l’article 67;
b) omettent de répondre à la demande d’informations par voie de décision dans le délai fixé;
c)omettent de rectifier, dans le délai fixé par la Commission, les informations inexactes,
incomplètes ou trompeuses fournies par un membre du personnel, ou omettent ou refusent de
fournir des informations complètes;
d) refusent de se soumettre à une inspection décidée en vertu de l’article 69;
e) ne respectent pas les mesures adoptées par la Commission en vertu de l’article 72; ou
f)ne respectent pas les conditions d’accès au dossier de la Commission prévues à l’article 79,
paragraphe 4.
3. Avant d’adopter la décision au titre du paragraphe 2 du présent article, la Commission fait
part de ses constatations préliminaires au fournisseur de la très grande plateforme en ligne ou du
très grand moteur de recherche en ligne concerné, ou à une autre personne visée à l’article 67,
paragraphe 1.
4. Pour déterminer le montant de l’amende, la Commission prend en considération la nature,
la gravité, la durée et la répétition de l’infraction ainsi que, pour les amendes infligées au titre du
paragraphe 2, le retard causé à la procédure.
La Commission a infligé aujourd'hui une amende de 120 millions d'euros à X pour violation de
ses obligations de transparence au titre du règlement sur les services numériques (DSA). Parmi
ces violations figurent la conception trompeuse de sa «coche bleue», le manque de transparence
de son registre des annonces publicitaires et l'absence d'accès aux données publiques pour les
chercheurs.
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Conception trompeuse de la «coche bleue» de X
L'utilisation par X de la «coche bleue» identifiant les «comptes vérifiés» induit les utilisateurs en
erreur. Il s'agit d'une violation de l'obligation imposée par le DSA aux plateformes en ligne
d'interdire les pratiques trompeuses en matière de conception sur leurs services. Sur X, n'importe
qui peut payer pour obtenir le statut «vérifié», sans que l'entreprise ne vérifie sérieusement qui est
à l'origine du compte, ce qui rend difficile pour les utilisateurs de juger de l'authenticité des
comptes qu'ils suivent et de leur contenu. Cette tromperie expose les utilisateurs à des
escroqueries, y compris des fraudes à l'usurpation d'identité, ainsi qu'à d'autres formes de
manipulation par des acteurs malveillants. Bien que le DSA n'impose pas de vérification relative
aux utilisateurs, il interdit clairement aux plateformes en ligne de prétendre à tort que certains
utilisateurs ont été vérifiés, alors qu'aucune vérification pertinente n'a eu lieu.
Manque de transparence du registre des publicités de X
Le registre des publicités de X ne satisfait pas aux exigences du DSA en matière de transparence
et d'accessibilité. La disponibilité de registres des publicités accessibles et consultables est
essentielle pour permettre aux chercheurs et à la société civile de détecter les escroqueries, les
campagnes de menaces hybrides, les opérations de diffusion coordonnée d'informations et les
fausses publicités.
X intègre des caractéristiques de conception et des obstacles à l'accès, tels que des retards excessifs
dans le traitement, qui compromettent la finalité des registres des publicités. Certaines
informations essentielles font également défaut dans le registre des publicités de X, telles que le
contenu et le thème des annonces, ainsi que l'entité juridique qui paie pour leur diffusion. Ces
lacunes empêchent les chercheurs et le public d'examiner de manière indépendante tout risque
potentiel lié à la publicité en ligne.
Manquement à l'obligation de fournir aux chercheurs un accès aux données publiques
X ne respecte pas l'obligation imposée par le DSA de permettre aux chercheurs d'avoir accès aux
données publiques de la plateforme. Par exemple, les conditions de service de X interdisent aux
chercheurs éligibles d'accéder de manière indépendante à ses données publiques, y compris par
moissonnage. En outre, les procédures prévues par X pour octroyer aux chercheurs l'accès aux
données publiques imposent des obstacles inutiles, ce qui entrave en pratique la recherche sur
plusieurs risques systémiques dans l'Union européenne.
L'amende infligée aujourd'hui a été calculée en tenant compte de la nature de ces infractions, de
leur gravité en termes de nombre d'utilisateurs de l'UE affectés et de leur durée.
Il s'agit de la première décision constatant un manquement adoptée au titre du DSA.
Prochaines étapes
X dispose à présent de 60 jours ouvrables pour informer la Commission des mesures spécifiques
qu'elle a l'intention de prendre pour mettre fin à l'infraction à l'article 25, paragraphe 1, du DSA
liée à l'utilisation trompeuse des «coches bleues».
X dispose de 90 jours ouvrables pour soumettre à la Commission un plan d'action exposant les
mesures requises pour remédier aux infractions à l'article 39 et à l'article 40, paragraphe 12, du
DSA, relatives au registre des publicités et à l'accès des chercheurs aux données publiques. Le
comité pour les services numériques disposera d'un mois à compter de la réception du plan
d'action de X pour rendre son avis. La Commission disposera d'un mois supplémentaire pour
rendre sa décision finale et fixer un délai de mise en œuvre raisonnable.
Le non-respect de la décision constatant un manquement peut donner lieu à des astreintes. La
Commission continue de dialoguer avec X afin d'assurer le respect de la décision et plus
généralement du DSA.
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DOC. 11 : CONSTATATIONS PRELIMINAIRES DE LA COMMISSION EUROPEENNE CONTRE TIKTOK,
COMMUNIQUE DE PRESSE, 6 FEVR. 2026.
La Commission européenne a conclu aujourd'hui à titre préliminaire que TikTok ne respecte pas
le règlement sur les services numériques en raison de sa conception addictive. Sont notamment
visées des fonctionnalités telles que le défilement infini, la lecture automatique, les notifications
«push», ainsi que son système de recommandations fortement personnalisées.
Évaluation des risques
L'enquête de la Commission indique à titre préliminaire que TikTok n'a pas correctement évalué
la manière dont ces fonctionnalités addictives pouvaient nuire au bien-être physique et mental
de ses utilisateurs, dont les mineurs et les adultes vulnérables.
Par exemple, en «récompensant» constamment les utilisateurs par de nouveaux contenus,
certaines caractéristiques de conception de TikTok alimentent l'envie irrépressible de défilement
et placent le cerveau des utilisateurs en mode «pilote automatique». Des recherches scientifiques
montrent que cela peut conduire à des comportements compulsifs et réduire la maîtrise de soi
des utilisateurs.
En outre, dans son évaluation, TikTok a négligé d'importants indicateurs d'utilisation compulsive
de l'application, tels que le temps que les mineurs consacrent à TikTok durant la nuit ou la
fréquence à laquelle les utilisateurs ouvrent l'application, ainsi que d'autres indicateurs potentiels.
Mesures d'atténuation des risques
TikTok semble ne pas mettre en œuvre de mesures raisonnables, proportionnées et efficaces pour
atténuer les risques découlant de sa conception addictive.
Par exemple, les mesures actuelles prévues sur TikTok, telles que les outils de gestion du temps
d'écran et les outils de contrôle parental, ne semblent pas réduire efficacement les risques
résultant de sa conception addictive. Les outils de gestion du temps ne paraissent pas efficaces
pour permettre aux utilisateurs de réduire et de limiter leur utilisation de TikTok, car ils sont
faciles à contourner et créent peu de freins. De même, l'efficacité des dispositifs de contrôle
parental est sujette à caution parce que leur installation demande du temps et des compétences
supplémentaires de la part des parents.
À ce stade, la Commission considère que TikTok doit modifier la conception de base de son
service. Parmi les pistes retenues figurent la désactivation progressive des fonctionnalités les plus
addictives, comme le défilement infini, la mise en œuvre d'interruptions de temps d'écran
efficaces, y compris pendant la nuit, et l'adaptation du système de recommandations.
Ces conclusions préliminaires ne préjugent pas de l'issue de l'enquête.
L'avis préliminaire de la Commission s'appuie sur une enquête approfondie comprenant une
analyse des rapports d'évaluation des risques établis par TikTok, l'examen de données et
documents internes, les réponses apportées par TikTok à diverses demandes de renseignements,
une revue des vastes travaux scientifiques menés sur ce thème, ainsi que des entretiens avec des
spécialistes dans divers domaines, dont la dépendance comportementale.
Prochaines étapes
TikTok a maintenant la possibilité d'exercer ses droits de la défense. La plateforme peut examiner
les documents figurant dans les dossiers d'enquête de la Commission et répondre par écrit à ses
conclusions préliminaires. Le Comité européen des services numériques sera consulté dans le
même temps.
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Si le point de vue de la Commission est confirmé en définitive, celle-ci pourra adopter une
décision constatant un manquement, susceptible d'entraîner une amende proportionnée à la
nature, à la gravité, à la récurrence et à la durée de l'infraction, d'un montant pouvant atteindre
jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires annuel mondial total réalisé par le fournisseur.
Contexte
Les conclusions préliminaires présentées aujourd'hui par la Commission s'inscrivent dans le cadre
de sa procédure formelle d'examen du respect par TikTok du règlement sur les services
numériques, lancée le 19 février 2024. Outre la conception addictive, cette enquête porte sur
l'effet «terrier de lapin» des systèmes de recommandations de TikTok, le risque d'exposition des
mineurs à des contenus inappropriés en cas de fausse déclaration concernant leur âge et les
obligations des plateformes de garantir un niveau élevé de protection de la vie privée, de sûreté
et de sécurité pour les mineurs.
L'enquête concernait également l'accès des chercheurs aux données publiques, donnant lieu à
des conclusions préliminaires en octobre 2025, et la transparence publicitaire, se concluant sur
ce point par des engagements contraignants en décembre 2025.
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