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SONELGAZ

Le document traite de la protection cathodique des réseaux de distribution de gaz en Algérie, en abordant la corrosion, ses mécanismes et les méthodes de protection passive et active. Il met en évidence l'importance de la protection cathodique pour prévenir les risques de fuites et d'explosions dues à la corrosion des canalisations. Enfin, il souligne le rôle de Sonelgaz dans la gestion et la sécurité de ces infrastructures essentielles.

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Idris Elakbar Morsli
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Le document traite de la protection cathodique des réseaux de distribution de gaz en Algérie, en abordant la corrosion, ses mécanismes et les méthodes de protection passive et active. Il met en évidence l'importance de la protection cathodique pour prévenir les risques de fuites et d'explosions dues à la corrosion des canalisations. Enfin, il souligne le rôle de Sonelgaz dans la gestion et la sécurité de ces infrastructures essentielles.

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université de Ghardaïa
Faculté des Sciences et Technologie
Département de Génie Procédée
Niveau : 3ème année

Thème :

Protection Cathodique de réseau de distribution GAZ

Préparé par : Encadré par :


- BEN HEDID Basmala Dr BOUHAMIDA Mohammed
- BEN CHACHA Bouchra

Année universitaire :
2025/2026
Plan de travail :
Introduction
1. Notion de Corrosion
1.1 Définition de la corrosion
1.2 La corrosion électrochimique
1.3 Facteurs influençant la corrosion
1.4 Phénomène de couplage galvanique
1.5 Corrosion par courants vagabonds
2. Protection Passive
2.1 Définition et principe de la protection passive
2.2 Types de revêtements utilisés
2.3 Avantages et limites de la protection passive
3. Protection Active : Protection Cathodique
3.1 Principe général de la protection cathodique
3.2 Protection par anode sacrificielle
3.3 Protection par courant imposé
3.4 Comparaison entre Protection Passive et Protection Active
4. Éléments du Système de Protection Cathodique
4.1 Les anodes
4.2 Les câbles de connexion
4.3 Le redresseur
4.4 Les bornes de mesure
4.5 L’électrode de référence
4.6 Les joints isolants (ou raccords isolants)
5. Contrôle et Maintenance
5.1 Mesure du potentiel de protection
5.2 Inspection périodique
5.3 Détection des défauts
5.4 La résistivité du sol (Méthode de Wenner)
6. Normes et Sécurité
6.1 Normes internationales
6.2 Sécurité du personnel
6.3 Protection de l’environnement
7. Conclusion

-1-
Introduction

Le réseau de distribution de gaz naturel constitue une infrastructure stratégique pour


l’alimentation énergétique nationale. En Algérie, cette mission est assurée principalement par
Sonelgaz, entreprise publique chargée de la production, du transport et de la distribution de
l’électricité et du gaz. Elle garantit la continuité du service public énergétique à travers un vaste
réseau de canalisations enterrées.
Au sein de cette organisation, la Division Technique Gaz joue un rôle fondamental dans
la gestion technique, la maintenance, le contrôle et la sécurisation des réseaux de distribution.
Elle veille à la conformité des installations et à la prévention des risques industriels.
Le réseau de distribution de gaz est essentiel pour l’alimentation des ménages, des
établissements publics et des unités industrielles. Toutefois, ces canalisations métalliques
enterrées sont exposées à un phénomène naturel et progressif : la corrosion.
La corrosion représente un danger majeur car elle peut provoquer :
• Des fuites de gaz dues à l’amincissement des parois métalliques ;
• Des explosions résultant d’une accumulation de gaz ;
• Des pertes économiques liées aux réparations et interruptions de service ;
• Des risques environnementaux affectant les sols et la sécurité publique.
Ainsi, la maîtrise de la corrosion constitue une exigence technique et sécuritaire
incontournable dans le domaine du Génie des Procédés.
La Société Algérienne de l'Électricité et du Gaz (Sonelgaz) est l'entreprise nationale
responsable de la production, du transport et de la distribution de l'électricité et du gaz en
Algérie. Fondée en 1969, Sonelgaz joue un rôle stratégique dans le développement économique
et social du pays en assurant l'accès à l'énergie à travers tout le territoire national.
Acteur clé dans le secteur énergétique algérien, Sonelgaz s'engage à répondre aux
besoins croissants en énergie tout en adoptant des technologies modernes et des solutions
durables pour une gestion efficace des ressources. Grâce à ses filiales spécialisées, elle
intervient dans plusieurs domaines, notamment la production d'électricité, la maintenance
des infrastructures, l'exportation de savoir-faire, et la recherche de solutions innovantes pour
un avenir énergétique durable.
Avec une mission axée sur la sécurité énergétique et le développement durable, Sonelgaz
continue de renforcer ses capacités, d'améliorer ses performances et de contribuer
activement à l'industrialisation et au bien-être de la population algérienne.

-2-
-3-
1. Notion de Corrosion
La compréhension du phénomène de corrosion constitue une étape fondamentale avant
d’aborder les techniques de protection. Elle permet d’identifier les mécanismes responsables de
la dégradation des canalisations enterrées.
1.1 Définition de la corrosion
La corrosion est un processus physico-chimique naturel entraînant la dégradation
progressive d’un métal sous l’effet de son interaction avec l’environnement. Dans le cas des
réseaux de gaz, il s’agit principalement de la corrosion des canalisations en acier enterrées dans
le sol.
Ce phénomène résulte d’une réaction entre le métal et les éléments présents dans le
milieu environnant, notamment l’eau et l’oxygène. Il conduit à la formation de produits de
corrosion, généralement sous forme d’oxydes ou d’hydroxydes métalliques. La corrosion se
manifeste par :
• L’apparition de piqûres localisées ;
• L’amincissement des parois ;
• La perforation des conduites ;
• La perte des propriétés mécaniques du matériau.
Dans un réseau de distribution de gaz, ces altérations compromettent l’étanchéité et
augmentent considérablement les risques d’incidents industriels. La maîtrise de ce phénomène
est donc une priorité technique majeure.
1.2 La corrosion électrochimique
La corrosion des canalisations enterrées est principalement de nature électrochimique.
Elle se produit lorsqu’un métal est en contact avec un milieu conducteur, tel qu’un sol humide.
Le mécanisme repose sur la formation de micro-piles électriques à la surface du métal.
Certaines zones deviennent anodiques et se dissolvent, tandis que d’autres deviennent
cathodiques. Cette différence de potentiel électrique provoque un transfert d’électrons,
entraînant la dégradation du métal dans les zones anodiques. Les conditions nécessaires à la
corrosion électrochimique sont :
• La présence d’un métal conducteur ;
• Un électrolyte, généralement l’humidité du sol ;
• Une différence de potentiel entre deux zones ;
• Un circuit électrique fermé.
Ce type de corrosion est particulièrement dangereux car il peut être localisé et
difficilement détectable à l’œil nu. Il justifie l’application de méthodes de protection
spécifiques, notamment la protection cathodique.

-4-
1.3 Facteurs influençant la corrosion
Plusieurs paramètres environnementaux influencent l’intensité de la corrosion des
canalisations enterrées :
• Humidité du sol : L’eau contenue dans le sol agit comme électrolyte et favorise le passage
du courant électrique responsable de la corrosion. Plus le sol est humide, plus le risque est élevé.
• Acidité ou alcalinité du sol : Un sol acide accélère généralement la corrosion des métaux.
Les variations chimiques du milieu modifient la vitesse des réactions électrochimiques.
• Résistivité du sol : La résistivité mesure la capacité du sol à conduire le courant électrique.
Une faible résistivité indique un sol très conducteur, donc plus corrosif.
• Présence de sels : Les sels dissous augmentent la conductivité électrique du sol et favorisent
les réactions corrosives. Les zones côtières ou industrielles sont particulièrement exposées.
La prise en compte de ces facteurs permet d’adapter les stratégies de protection aux conditions
spécifiques du terrain.
1.4 Phénomène de couplage galvanique
Le couplage galvanique se produit lorsque deux métaux de natures différentes sont mis
en contact électrique (direct ou via un câble) et sont plongés dans un électrolyte commun (le
sol humide).
• Le principe : Le métal le plus "noble" (potentiel plus élevé) devient la cathode, tandis
que le métal le moins noble (potentiel plus bas) devient l'anode et se corrode
rapidement.
• Dans le secteur du gaz : * Si une conduite en acier est reliée à une prise de terre en
cuivre, l'acier va se sacrifier pour protéger le cuivre.
o L'acier perd ses électrons, s'oxyde, et finit par se percer.
• La règle d'or : Il faut toujours isoler électriquement les métaux différents à l'aide de
raccords isolants pour rompre cette pile géante.
1.5 Corrosion par courants vagabonds
Les courants vagabonds (ou "courants erratiques") sont des courants électriques qui
circulent dans le sol au lieu de rester dans leur circuit d'origine. C'est l'une des causes les plus
rapides de perforation des canalisations de gaz. D'où viennent-ils ?
1. Traction électrique : Les trains, métros et tramways utilisent souvent les rails pour le
retour du courant. Si l'isolation des rails est imparfaite, une partie du courant passe dans
le sol.
2. Installations industrielles : Postes de soudure ou usines utilisant du courant continu.
3. Lignes Haute Tension (HT) : Par induction électromagnétique, une ligne électrique
parallèle à une conduite peut créer des courants induits dans l'acier.

-5-
Le danger pour la conduite :
La conduite de gaz, étant une excellente conductrice, "ramasse" ces courants. Le problème ne
se situe pas là où le courant entre dans le tube, mais là où il le quitte pour retourner à sa source.
• Point de sortie = Zone d'anode : À l'endroit où le courant sort de la conduite pour
retourner vers le rail, le métal est littéralement arraché. Quelques ampères de courant
vagabond peuvent dissoudre plusieurs kilos d'acier en un an seulement.

2. Protection Passive
La protection passive constitue la première barrière contre la corrosion des canalisations
enterrées. Elle vise à isoler physiquement le métal du milieu corrosif environnant.
2.1 Définition et principe de la protection passive
La protection passive repose sur l’application d’un revêtement protecteur autour de la
canalisation afin d’empêcher le contact direct entre le métal et le sol. Son objectif principal est
de réduire l’exposition du matériau aux éléments responsables de la corrosion, notamment
l’humidité, l’oxygène et les sels dissous.
Cette protection est généralement réalisée en usine avant la mise en place des conduites.
Elle peut également être appliquée lors des opérations de maintenance. Le principe consiste à
créer une barrière isolante continue et étanche autour du tube métallique.
Les matériaux utilisés doivent répondre à plusieurs exigences techniques :
• Bonne adhérence au métal ;
• Résistance mécanique aux chocs et aux contraintes du sol ;
• Résistance chimique aux agents corrosifs ;
• Durabilité dans le temps.

-6-
La protection passive est essentielle dans les réseaux de distribution de gaz car elle
limite fortement la surface exposée à la corrosion. Toutefois, elle ne garantit pas une protection
absolue, car tout défaut ou fissure dans le revêtement peut devenir un point de corrosion
localisée.

2.2 Types de revêtements utilisés


Les canalisations de gaz sont protégées par différents types de revêtements, adaptés aux
conditions d’exploitation et aux caractéristiques du sol.
• Peinture anticorrosion : Utilisée principalement pour les parties aériennes ou lors de
réparations locales, elle forme une couche protectrice contre l’humidité et l’oxydation.
• Revêtement bitumineux : Traditionnellement employé pour les conduites enterrées, il assure
une bonne étanchéité et une protection contre l’eau.
• Revêtement en polyéthylène : Très répandu dans les réseaux modernes, il offre une
excellente résistance mécanique et chimique. Il est souvent appliqué en plusieurs couches pour
garantir une meilleure isolation.
• Gaine isolante : Elle enveloppe totalement la canalisation et renforce la protection contre les
agressions extérieures, notamment les chocs et les frottements du sol.
Le choix du revêtement dépend de la nature du terrain, de la profondeur d’enfouissement et de
la durée de vie prévue du réseau.

2.3 Avantages et limites de la protection passive


La protection passive présente plusieurs avantages :
• Simplicité de mise en œuvre ;
• Coût relativement faible ;
• Réduction significative du risque de corrosion générale ;
• Longue durée de vie si le revêtement reste intact.
Cependant, elle comporte aussi des limites importantes. Si le revêtement est
endommagé lors du transport, de la pose ou à cause des mouvements du sol, une zone exposée
apparaît. Cette zone devient un point sensible où la corrosion peut se développer rapidement et
de manière localisée. Ainsi, la protection passive seule n’est pas suffisante pour garantir une
sécurité totale du réseau. Elle doit être complétée par une protection active, notamment la
protection cathodique.

-7-
3. Protection Active : Protection Cathodique
La protection active complète la protection passive afin d’assurer une sécurité durable
des canalisations enterrées. Elle repose sur un principe électrochimique permettant d’empêcher
la dissolution du métal.
3.1 Principe général de la protection cathodique
La protection cathodique consiste à transformer la canalisation métallique en cathode
d’un système électrochimique. Dans une réaction de corrosion classique, certaines zones du
métal jouent le rôle d’anode et se dissolvent progressivement. Le principe de la protection
cathodique est d’empêcher cette dissolution en imposant au métal un potentiel électrique qui
bloque la réaction anodique.
Pour atteindre cet objectif, on fournit des électrons supplémentaires à la canalisation.
Ainsi, elle ne perd plus d’électrons et ne se corrode plus. Le phénomène de corrosion est donc
déplacé vers un autre élément appelé anode.
Cette technique est particulièrement adaptée aux réseaux de distribution de gaz enterrés
car :
• Les canalisations sont longues et exposées à des milieux conducteurs ;
• La corrosion électrochimique y est dominante ;
• La sécurité exige une protection continue et contrôlée.
La protection cathodique ne remplace pas la protection passive, mais elle agit comme
un complément indispensable garantissant une protection globale du réseau.
3.2 Protection par anode sacrificielle
La protection par anode sacrificielle repose sur l’utilisation d’un métal plus réactif que
l’acier de la canalisation. Ce métal, appelé anode sacrificielle, est volontairement exposé à la
corrosion à la place du tube. Les matériaux les plus utilisés sont :
• Le magnésium ;
• Le zinc.
Ces métaux possèdent un potentiel électrochimique plus négatif que celui de l’acier.
Lorsqu’ils sont reliés électriquement à la canalisation enterrée, ils se corrodent
préférentiellement. La canalisation reçoit ainsi les électrons nécessaires pour rester protégée.
Les avantages de cette méthode sont :
• Simplicité d’installation ;
• Absence de source d’énergie extérieure ;
• Coût modéré pour les réseaux de petite ou moyenne taille.

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Cependant, cette méthode présente certaines limites. Les anodes se consument
progressivement et doivent être remplacées périodiquement. Elle est donc plus adaptée aux
réseaux de distribution de dimension limitée ou aux zones spécifiques.
3.3 Protection par courant imposé
La protection par courant imposé est utilisée pour les réseaux de grande étendue. Elle
repose sur l’utilisation d’une source d’alimentation électrique appelée redresseur.
Le système comprend :
• Une source d’énergie électrique ;
• Une anode inerte enterrée dans le sol ;
• Un circuit reliant l’anode à la canalisation.
Le redresseur fournit un courant continu qui circule dans le sol et protège la canalisation
en maintenant un potentiel électrique suffisant pour empêcher la corrosion.
Les avantages de cette méthode sont :
• Efficacité élevée pour les longues distances ;
• Possibilité de régler et contrôler le niveau de protection ;
• Adaptation aux sols fortement corrosifs.
Toutefois, elle nécessite une surveillance régulière et une alimentation électrique permanente.
Malgré cela, elle constitue la solution la plus performante pour les grands réseaux de
distribution de gaz.
3.4 Comparaison entre Protection Passive et Protection Active
Protection Passive
Caractéristique Protection Active (Cathodique)
(Revêtement)
Nature de Électrochimique : Transfert
Physique : Barrière isolante.
l'action d'électrons.
Objectif Isoler le métal du milieu corrosif Inverser la réaction chimique pour
principal (eau, sol, oxygène). empêcher la dissolution du métal.
Moment Généralement en usine avant la Installée sur site, après ou pendant
d'application pose (ou lors de réparations). l'enfouissement.
Matériaux Polyéthylène, bitume, peintures Anodes (Zinc, Magnésium) ou
utilisés époxy, gaines. Courant imposé (Redresseur).
Limitée par le vieillissement ou Permanente, tant que les anodes
Durabilité les dommages mécaniques sont actives ou le courant
(fissures). alimenté.
Sensible aux chocs lors du Nécessite une surveillance et un
Points faibles
transport et de la pose. entretien régulier.

-9-
Première barrière : Réduit la Sécurité finale : Protège là où le
Rôle stratégique
surface à protéger. revêtement est défaillant.

Pourquoi combiner les deux ? Il est rare d'utiliser l'une sans l'autre dans les réseaux de gaz
modernes.
1. La protection passive fait le "gros du travail" en isolant 99 % de la surface.
2. La protection active se concentre sur les 1 % restants (micro-fissures, rayures, défauts
de pose) pour éviter que la corrosion ne s'y engouffre.
Note importante : Sans protection passive, le coût électrique d'une protection active serait
astronomique. Sans protection active, la moindre rayure sur le revêtement pourrait mener à une
fuite de gaz en quelques années.

4. Éléments du Système de Protection Cathodique


Le système de protection cathodique repose sur un ensemble d’équipements techniques
interconnectés. Chaque composant joue un rôle essentiel dans l’efficacité et la stabilité de la
protection.
4.1 Les anodes
Les anodes constituent l’élément fondamental du système de protection cathodique.
Elles sont responsables de la fourniture des électrons nécessaires pour empêcher la corrosion
de la canalisation.
Dans le cas de la protection par anode sacrificielle, les anodes sont fabriquées en magnésium
ou en zinc. Ces matériaux possèdent un potentiel électrochimique plus négatif que celui de
l’acier, ce qui les rend plus aptes à se corroder. Elles se dissolvent progressivement en
protégeant la canalisation.
Dans le cas du courant imposé, les anodes sont généralement inertes et conçues pour résister à
la corrosion. Elles assurent la diffusion du courant dans le sol sans se dégrader rapidement.
Le positionnement des anodes dépend :
• De la résistivité du sol ;
• De la longueur de la canalisation ;
• Du niveau de protection requis.
Une installation correcte des anodes garantit une distribution homogène du courant protecteur
le long du réseau.

- 10 -
4.2 Les câbles de connexion
Les câbles assurent la liaison électrique entre les différents composants du système :
anodes, redresseur et canalisation. Ils doivent répondre à plusieurs critères techniques :
• Bonne conductivité électrique ;
• Isolation renforcée contre l’humidité ;
• Résistance mécanique aux contraintes du sol ;
• Protection contre les agressions chimiques.
Une mauvaise connexion ou une défaillance du câble peut interrompre la circulation du
courant protecteur, compromettant ainsi l’efficacité du système.
Les câbles sont généralement enterrés et protégés par des gaines isolantes afin d’éviter
toute détérioration prématurée. Leur inspection périodique est indispensable pour maintenir la
continuité électrique du dispositif.
4.3 Le redresseur
Le redresseur est un équipement utilisé dans le système à courant imposé. Il transforme
le courant alternatif du réseau électrique en courant continu adapté à la protection cathodique.
Il permet:
• De régler l’intensité du courant ;
• De contrôler la tension appliquée ;
• D’adapter la protection aux conditions du sol.
Grâce au redresseur, il est possible d’ajuster précisément le niveau de protection en
fonction des besoins du réseau. Cet appareil est généralement installé dans un poste sécurisé et
protégé contre les intempéries. Son bon fonctionnement est essentiel pour maintenir un
potentiel de protection suffisant sur l’ensemble de la canalisation.
4.4 Les bornes de mesure
Les bornes de mesure permettent de contrôler l’efficacité du système de protection
cathodique. Elles sont installées à intervalles réguliers le long du réseau. Elles servent à :
• Mesurer le potentiel électrique de la canalisation ;
• Vérifier la continuité électrique ;
• Détecter d’éventuelles anomalies.
Ces points de contrôle facilitent les opérations de maintenance et permettent d’intervenir
rapidement en cas de défaillance.
4.5 L’électrode de référence
L’électrode de référence est un instrument de mesure utilisé pour évaluer le potentiel de
la canalisation par rapport au sol.

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Elle permet de déterminer si la protection est suffisante. En général, un potentiel de
protection d’environ moins huit cent cinquante millivolts est considéré comme satisfaisant pour
les conduites en acier.
L’utilisation de cette électrode garantit un contrôle précis et fiable du système, assurant
ainsi la sécurité et la durabilité du réseau de distribution de gaz.
4.6 Les joints isolants (ou raccords isolants)
Dans un réseau de gaz, on ne veut pas protéger "la Terre entière", mais uniquement la
canalisation en acier enterrée. Le joint isolant est l'accessoire qui permet de délimiter
physiquement et électriquement les zones à protéger.
a. Rôle et Fonctionnement : Un joint isolant est un raccord mécanique inséré entre deux
sections de tube. Il comporte un matériau diélectrique (isolant électrique) qui interrompt la
continuité métallique.
• Séparation électrique : Il empêche le courant de protection cathodique de s'échapper
vers des structures non désirées (comme les tuyauteries intérieures des bâtiments ou les
usines).
• Blocage des courants vagabonds : Il "coupe" la route aux courants venant des
tramways ou des trains pour éviter qu'ils ne parcourent des kilomètres sur la conduite
de gaz.
b. Emplacements stratégiques : On installe généralement des joints isolants aux points
suivants :
• Aux points de livraison (postes de détente) : Pour séparer le réseau de transport (haute
pression) du réseau de distribution.
• À l'entrée des bâtiments : Pour isoler la conduite enterrée de l'installation intérieure
qui est reliée à la terre électrique du bâtiment.
• Aux jonctions de matériaux : Entre une conduite en acier (protégée) et une conduite
en fonte ou en cuivre.
c. Importance pour la mesure : Sans joint isolant, il est impossible de mesurer précisément le
potentiel de protection. Si la conduite est en contact avec la terre d'un immeuble, le redresseur
de protection cathodique va tenter de protéger tout l'immeuble, ce qui épuisera les anodes en un
temps record et laissera la conduite sans protection réelle.
Le saviez-vous ? Un joint isolant défectueux (pontage accidentel) est l'une des pannes les plus
fréquentes en protection cathodique. On utilise un testeur d'isolement pour vérifier que la
résistance électrique est bien infinie entre les deux côtés du joint.

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5. Contrôle et Maintenance
Le contrôle et la maintenance constituent des étapes essentielles pour garantir
l’efficacité continue de la protection cathodique. Sans surveillance régulière, le système peut
perdre progressivement son efficacité.

5.1 Mesure du potentiel de protection


La mesure du potentiel électrique de la canalisation est l’indicateur principal de
l’efficacité du système. Elle s’effectue à l’aide d’une électrode de référence placée au niveau
du sol, en contact avec le milieu environnant. Pour les canalisations en acier enterrées, un
potentiel de protection d’environ moins huit cent cinquante millivolts est généralement
considéré comme satisfaisant pour empêcher la corrosion. Ces mesures permettent :
• De vérifier que le courant protecteur est suffisant ;
• D’identifier les zones insuffisamment protégées ;
• D’ajuster les paramètres du redresseur si nécessaire.
Les relevés doivent être effectués périodiquement selon un programme de maintenance
préétabli.
5.2 Inspection périodique
L’inspection régulière du réseau est indispensable pour prévenir toute défaillance. Elle
comprend :
• Le contrôle visuel des installations électriques ;
• La vérification du fonctionnement du redresseur ;
• L’examen de l’état des câbles et connexions ;
• L’analyse des bornes de mesure.

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Ces inspections permettent de détecter rapidement toute anomalie, comme une rupture de câble
ou une défaillance d’alimentation électrique.
5.3 Détection des défauts
La détection précoce des défauts permet d’éviter les incidents graves. Les défauts peuvent être
liés :
• À une détérioration du revêtement ;
• À une consommation excessive des anodes sacrificielles ;
• À une variation des caractéristiques du sol ;
• À une interruption du courant protecteur.
Des techniques spécifiques sont utilisées pour localiser les défauts de revêtement et
mesurer la continuité électrique. Une intervention rapide garantit la sécurité du réseau et
prolonge sa durée de vie. Ainsi, le contrôle et la maintenance assurent la fiabilité et la
performance du système de protection cathodique sur le long terme.
5.4 La résistivité du sol (Méthode de Wenner)
La résistivité d'un sol (exprimée en Ohm-mètre : $\Omega \cdot m$) définit sa capacité
à conduire le courant électrique. Plus la résistivité est faible, plus le sol est conducteur et donc
potentiellement corrosif.
a. Pourquoi mesurer la résistivité ?
• Évaluer l'agressivité : Un sol marécageux (faible résistivité) est beaucoup plus
dangereux pour l'acier qu'un sol sablonneux très sec (haute résistivité).
• Dimensionner les anodes : Elle permet de calculer le nombre d'anodes nécessaires et
la tension que devra délivrer le redresseur.
• Choisir le système : Si la résistivité est très élevée, les anodes sacrificielles ne
fonctionneront pas bien ; il faudra passer au courant imposé.
b. La Méthode des quatre piquets (Méthode de Wenner) : C'est la technique la plus utilisée
sur le terrain pour mesurer la résistivité moyenne d'une couche de sol.
• Le principe : On plante quatre piquets alignés à une distance égale $a$ les uns des
autres.
• Le fonctionnement : On injecte un courant I entre les deux piquets extérieurs et on
mesure la différence de potentiel V entre les deux piquets intérieurs.
• Le calcul : La résistivité apparente p est calculée par la formule :

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c. Interprétation des résultats : Voici un ordre de grandeur pour un réseau de gaz :
Résistivité (Ω⋅m) Risque de corrosion
< 10 Très élevé (Milieu très agressif)
10 à 50 Élevé
50 à 100 Modéré
> 100 Faible (Milieu résistant)
6. Normes et Sécurité
La mise en œuvre de la protection cathodique doit respecter des normes techniques
strictes afin de garantir la sécurité des installations et du personnel.
6.1 Normes internationales
Les réseaux de distribution de gaz sont soumis à des normes techniques définissant :
• Les critères de protection électrique ;
• Les valeurs minimales de potentiel ;
• Les méthodes de contrôle ;
• Les exigences d’installation.
Ces normes assurent l’uniformité des pratiques et la fiabilité des systèmes de protection. Elles
contribuent également à la réduction des risques industriels.
6.2 Sécurité du personnel
Les interventions sur les systèmes de protection cathodique impliquent des équipements
électriques et des installations gazières sensibles.
Les mesures de sécurité comprennent :
• Le port d’équipements de protection individuelle ;
• La formation technique spécialisée ;
• La mise hors tension lors des opérations de maintenance ;
• Le respect des procédures réglementaires.
La prévention des accidents est une priorité dans les opérations de contrôle et de maintenance.
6.3 Protection de l’environnement
Une canalisation protégée efficacement réduit considérablement les risques de fuite de
gaz et de contamination du sol.
La protection cathodique contribue ainsi :
• À la préservation de l’environnement ;
• À la limitation des émissions accidentelles ;
• À la sécurité des populations riveraines.
Elle s’inscrit dans une démarche de développement durable et de gestion responsable des
infrastructures énergétiques.

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7. Conclusion
La protection cathodique représente une solution technique indispensable pour
préserver l’intégrité des réseaux de distribution de gaz naturel.
Face aux risques liés à la corrosion des canalisations enterrées, elle constitue un moyen efficace
de prévenir les fuites, les explosions et les pertes économiques. Associée à la protection passive,
elle garantit une sécurité renforcée et une durabilité accrue des infrastructures.
Le contrôle régulier, la maintenance rigoureuse et le respect des normes techniques assurent le
bon fonctionnement du système sur le long terme.
Dans le domaine du Génie des Procédés, la maîtrise de la protection cathodique est essentielle
pour assurer la fiabilité, la sécurité et la performance des installations industrielles et
énergétiques.
En conclusion, la Protection Cathodique d'un réseau de distribution de gaz ne doit pas être
perçue comme une option, mais comme une nécessité absolue pour la sécurité publique et la
pérennité des infrastructures. Voici les points clés à retenir pour conclure dans notre étude :
L'Indissociabilité des Protections
La stratégie de lutte contre la corrosion repose sur un système hybride. La protection passive
(revêtement) agit comme un bouclier global, tandis que la protection active (cathodique)
intervient comme une "assurance" électrochimique sur les points de faiblesse invisibles. L'une
réduit la charge de travail de l'autre.
Un Enjeu de Sécurité et d'Économie
• Sécurité : En empêchant la perforation des tubes, on prévient les fuites de gaz, les
risques d'explosion et les interruptions de service.
• Rentabilité : Bien qu'elle représente un investissement initial (anodes, redresseurs), la
protection cathodique multiplie par deux, voire par trois, la durée de vie des
canalisations, évitant ainsi des remplacements coûteux et prématurés.
Vers une Maintenance Connectée
Aujourd'hui, l'évolution de ces systèmes tend vers la télé-surveillance. Les postes de courant
imposé sont désormais équipés de modules de transmission de données permettant de surveiller
en temps réel le potentiel de protection et d'intervenir immédiatement en cas de dérive.
En résumé : La protection cathodique est le garant de l'intégrité structurelle du réseau. Elle
transforme une structure vulnérable en un système électriquement stable et durable face à
l'agressivité des sols.

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