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Cours Scanner

Le document présente l'évolution historique et le fonctionnement des scanners à rayons X, en détaillant les étapes clés de leur développement depuis 1971 jusqu'à l'acquisition multi-coupes. Il explique le processus de formation d'image à partir de l'atténuation des rayons X, les projections, les rétroprojections et la reconstruction d'image à partir de matrices de données. Enfin, il décrit la constitution technique d'un scanographe, y compris les types de détecteurs et les différences entre scanners mono et multi-coupes.

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Cours Scanner

Le document présente l'évolution historique et le fonctionnement des scanners à rayons X, en détaillant les étapes clés de leur développement depuis 1971 jusqu'à l'acquisition multi-coupes. Il explique le processus de formation d'image à partir de l'atténuation des rayons X, les projections, les rétroprojections et la reconstruction d'image à partir de matrices de données. Enfin, il décrit la constitution technique d'un scanographe, y compris les types de détecteurs et les différences entre scanners mono et multi-coupes.

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Technologie du scanner

SCANNER A RAYONS X
1. HISTORIQUE

1971 : premier examen tomodensitométrique cérébral


1974 : premier appareil corps entier
1979 : prix Nobel de médecine décerné à Allan MacLeod et Godfrey N. Hounsfield pour la
mise au point du premier scanner
1989 : acquisition hélicoïdale
1992 : acquisition de deux coupes simultanées par rotation
1998 : acquisition multi coupes.

2. FORMATION DE L'IMAGE
Le scanner est une chaîne radiologique avec un tube à rayons X et un ensemble de détecteurs
disposés à l’opposé. Le principe repose sur la mesure de l’atténuation d’un faisceau de rayons
X qui traverse un segment du corps. Le tube et les détecteurs tournent autour de l’objet à
examiner. De multiples profils d’atténuation sont obtenus à des angles de rotation différents.
Ils sont échantillonnés et numérisés. Les données sont rétro projetées sur une matrice de
reconstruction puis transformées en image analogique.

Figure n°1 : Le tube et les détecteurs tournent autour du patient. De multiples mesures
d’atténuations sont effectuées selon différents angles de rotation du tube.

YOODA W. Dieudonné, titulaire du master en génie biomédical, enseignant à l’IST Page 1


Technologie du scanner

2.1. Atténuations
Un faisceau de rayons X traversant un objet homogène d'épaisseur x subit une atténuation,
fonction de la densité électronique de l’objet. La valeur de l’atténuation est obtenue par
soustraction entre l’intensité du faisceau de rayons X avant et après traversée de l’objet. Elle
est définie par la relation :
Log (Io/I) = μx avec Io : intensité incidente du faisceau, I : intensité émergente
μ : coefficient d’atténuation de l’objet traversé, x : épaisseur de l’objet
Le faisceau rencontre des structures de densité et d'épaisseur différentes. L’atténuation dépend
donc de plusieurs inconnues μ1x1, μ2x2, …μnxn.

Figure n°2 : L’atténuation mesurée par un détecteur dépend de toutes les structures
traversées et la valeur de μ est une valeur moyenne.

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Technologie du scanner

2.2. Projections
Le détecteur transforme les photons X en signal électrique. Ce signal est directement
proportionnel à l’intensité du faisceau de rayons.
Le profil d’atténuation ou projection correspond à l’ensemble des signaux électriques fourni
par la totalité des détecteurs pour un angle de rotation donné. Un mouvement de rotation
autour du grand axe de l’objet à examiner permet d’enregistrer une série de profils
d’atténuation résultants de la traversée de la même coupe selon différents angles de rotation
(de l’ordre de 1000 mesures par rotation).

Figure n° 3 : Le détecteur transforme le faisceau de RX en signal électrique

2.3. Rétroprojections
Les projections sont échantillonnées et numérisées. Ces données converties ou données brutes
sont des valeurs numériques avec une adresse spatiale.
Avec n projections obtenues selon des angles différents, il est possible de reconstruire une
image du plan de coupe étudié. Ces projections sont rétro-projetées sur une matrice de
reconstruction. Chaque profil d’atténuation est projeté selon le même angle qu’à l’acquisition.
A partir des valeurs d’atténuation mesurées par chaque détecteur, l’ordinateur calcule la
densité de chaque pixel de la matrice.
Ces calculs complexes reposent sur un principe simple : connaissant la somme des chiffres
d’une matrice selon tous ses axes (rangées, colonnes et diagonales), on peut en déduire tous
les chiffres contenus dans la matrice.

YOODA W. Dieudonné, titulaire du master en génie biomédical, enseignant à l’IST Page 3


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Figure n°4 : Principe de mesure : A chaque rotation, de multiples profils d’atténuation


sont obtenus selon différents angles de rotation.

2.4. De la matrice à l’image


La matrice est un tableau composé de n lignes et n colonnes définissant un nombre de carrés
élémentaires ou pixels. Les matrices actuelles sont le plus souvent en 512 x 512. A chaque
pixel de la matrice de reconstruction correspond une valeur d’atténuation ou de densité. En
fonction de sa densité, chaque pixel est représenté sur l’image par une certaine valeur dans
l’échelle des gris.
Les coefficients de densité des différents tissus sont exprimés en unités Hounsfield UH.
L’éventail varie de –1000 à +4000, avec le choix d’une valeur de zéro pour l’eau, –1000 pour
l’air et +1000 pour le calcium. L’œil humain ne distinguant que 16 niveaux de gris, les 2000
paliers de densité ne peuvent être vus simultanément sur l’écran. La fenêtre correspond aux
densités qui seront effectivement traduites en niveaux de gris à l’écran. Deux paramètres
modulables définissent la fenêtre utile de densités.
- le niveau (level) : valeur centrale des densités visualisées,

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- la largeur de la fenêtre (window) détermine le nombre de niveaux de densité.


En augmentant la fenêtre l’image s’enrichit de niveaux de gris mais le contraste diminue entre
les structures de l’image. En diminuant la fenêtre, le contraste augmente.

Figure n°5 : Exemple de niveau et de largeur de fenêtre pour l’étude du parenchyme


cérébral

3. CONSTITUTION D'UN SCANOGRAPHE


3.1. Statif
Plusieurs générations de scanners se sont succédé (cf. PPT).

3.1.1. Troisième génération


La quasi-totalité des appareils en service sont du type 3 e génération. Le tube et les détecteurs
effectuent un mouvement de rotation autour du patient. Une série de détecteurs (de
500 à 1000) couvre la largeur du sujet (50 cm pour l’abdomen).

3.1.2. Quatrième génération


La tomodensitométrie à faisceau d’électrons est le seul appareil commercialisé de type 4 e
génération. Plusieurs milliers de détecteurs fixes forment une couronne complète autour de
l’anneau. Il n’existe plus d’installation en France de ce type.

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3.1.3. Rotation continue et acquisition hélicoïdale


Jusqu’en 1989 seul le mode d’acquisition séquentiel est utilisé. Une coupe est acquise à
chaque rotation de 360 °, dans un plan de coupe fixe, puis le lit avance pour réaliser la coupe
suivante. Cette procédure est répétée coupe après coupe.
En 1989 apparaît l’acquisition spiralée ou hélicoïdale. Le principe repose sur la rotation
continue du tube autour du lit en déplacement pendant l’acquisition des données brutes. Le
tube décrit autour du patient une figure géométrique à type d’hélice. Le terme hélicoïdal est
plus adéquat que celui de spiralé employé initialement, mais l’usage a consacré les deux
termes. Le développement de cette technologie a été rendu possible grâce à des progrès
techniques, notamment les contacteurs ou “ slip ring ” qui permettent sans câblage, le transfert
de l’énergie électrique nécessaire à l’alimentation du tube pendant sa rotation. Actuellement la
plupart des appareils actuels sont à rotation continue. La vitesse de rotation sur les scanners
les plus récents est de 0,5 seconde/360°. Cette vitesse soumet le tube à une force centrifuge
élevée de l’ordre de 12G.

Figure n°6 : Principe de l’acquisition hélicoïdale

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3.1.4. Géométrie
On distingue des scanners à géométrie courte et à géométrie longue selon la valeur, fixée par
le constructeur (110 cm en géométrie longue, 90 cm en géométrie courte), de la distance
foyer-détecteurs. Il faut plus de mA en géométrie longue qu’en géométrie courte et la dose est
inversement proportionnelle au carré de la distance tube-récepteur ; mais la dose délivrée ne
varie pas dans les mêmes proportions car d’autres facteurs interviennent. La tendance actuelle
avec les scanners multi coupes est de diminuer la distance foyer-détecteurs pour limiter les
contraintes mécaniques et préserver une réserve de puissance du tube. L’entraînement
s’effectue par moteur linéaire à champ magnétique ou par courroie.

Figure n°7 : Distance foyer-détecteurs courte ou longue

3.2. Chaîne radiologique


3.2.1. Générateur de rayons X
Le générateur alimente le tube à rayons X. Il délivre une haute tension continue (80 à 140 kV)
ainsi qu’un milli ampérage constant (de 10 à 500 mA). Il a une puissance totale disponible de
50 à 60 kW. Il est le plus souvent placé (« embarqué ») dans le statif.

3.2.2. Tube RX
Les tubes doivent être extrêmement performants. En effet ils doivent être capables :
- D’absorber de fortes contraintes thermiques d’où la nécessité d'une capacité calorique
élevée (exprimée en unités chaleur UC).

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- D’évacuer la chaleur grâce à une dissipation thermique importante (permettant de


réaliser une deuxième hélice si la première a porté le tube à sa charge thermique maximale).
Ils sont à anode tournante, à foyer fin de l’ordre du mm, avec émission continue. Ils doivent
en outre supporter les contraintes mécaniques de la force centrifuge des statifs de dernière
génération dont la vitesse de rotation est de 0,5 seconde pour 360°.

3.2.3. Filtrage et collimation


Le filtrage et la collimation permettent la mise en forme du faisceau de rayons X.

[Link]. Filtrage
Il est effectué par une lame métallique de faible épaisseur.
Il permet d’obtenir un spectre de rayonnement étroit, d’approcher le monochromatisme.

[Link]. Collimations primaires et secondaires


La collimation primaire est située en aval du filtrage. Elle calibre le faisceau de rayons X en
fonction de l’épaisseur de coupe désirée. Elle limite l’irradiation inutile. La collimation
secondaire est placée avant le détecteur. Elle doit être parfaitement alignée avec le foyer et la
collimation primaire. Elle limite le rayonnement diffusé par le patient.

Figure n°8 : Collimation primaire et secondaire

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3.2.4. Système de détection


[Link]. Détecteurs
Ils transforment les photons X en signal électrique et l’on distingue deux types de détecteurs :

[Link].1. Chambres d’ionisation au xénon


Les photons X sont directement transformés en signal électrique. Leur efficacité (rendement)
est faible (60 à 70% de l’énergie est absorbée).

[Link].2. Détecteurs solides


Ils sont utilisés par la plupart des scanners actuels et sont parfois nommés incorrectement
semi-conducteurs.
Les photons X sont absorbés par un scintillateur (céramique) et convertis en photons
lumineux, eux-mêmes convertis en signal électrique par une photodiode. Leur efficacité est
excellente. Ils offrent des temps de réponse rapides et une faible rémanence.

Figure n°9 : Principe du détecteur solide

[Link]. Scanner mono coupe et multi coupes


[Link].1. Scanner mono coupe
Le scanner mono coupe comporte dans l’axe Z une seule couronne de détecteurs. De 500 à
900 éléments sont disposés dans l’axe X sur environ 50° en éventail. Une seule coupe est
acquise par rotation.

[Link].2. Scanner multi coupes


- Principe
Le scanner multi coupes comporte de multiples couronnes de détecteurs (de 8 à 64 par
exemple). Le principe est la subdivision de la couronne de détecteurs dans l’axe Z.

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Ainsi si un scanner mono coupe possède par exemple une couronne avec 900 éléments
répartis dans l’axe X, le scanner multi coupes équivalent, dans le cas d’une subdivision en 16
dans l’axe Z possédera une matrice de 900x16 soit 14400 éléments. Une coupe peut être
obtenue par une couronne ou par la combinaison des signaux de plusieurs couronnes de
détecteurs adjacente. Les scanners actuels utilisent simultanément 4 couronnes réelles ou
combinées pour acquérir 4 coupes simultanées par rotation. Des scanners à 8, 16, 32 et 64
coupes par rotation sont déjà disponibles sur le marché.

Figure 10 : Exemple de combinaison de détecteurs en fonction de l’épaisseur de


coupe désirée

Figure 11 : Comparaison du système de détection en scanner mono coupe et multi


coupes. L’axe Oz est l’axe du patient.

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 Effet de cône : Le principal facteur limitant le nombre de coupes simultanées par


rotation est l’artefact de cône. Sur les scanners multi coupes, la projection du faisceau de
rayons X représente dans l’axe Z un cône.
Les rangées centrales de détecteurs sont atteintes perpendiculairement à l’axe de rotation,
tandis que les rangées les plus externes sont atteintes obliquement par les rayons X. Cette
obliquité dégrade la qualité de l’image en périphérie. Lorsqu’un détecteur périphérique est
activé isolément, la largeur du volume traversé par le faisceau de rayons X devient plus
importante que la largeur du détecteur. Par ailleurs, cette obliquité entraîne une réduction de
l’efficacité des détecteurs périphériques, surtout s’ils sont de petite taille et séparés par de
nombreux septa. Si plusieurs détecteurs sont associés ou que le détecteur périphérique est plus
large, la largeur du volume traversé est proche de l’épaisseur de coupe.

Figure 12 : Effet de cône : notez que pour la démonstration les proportions réelles ne
sont pas respectées.

 Détecteurs symétriques ou asymétriques : l’arrangement des détecteurs dans l’axe Z


varie selon les constructeurs.
On distingue ainsi des systèmes à détecteurs :
- symétriques : tous les détecteurs ont la même largeur ;

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- asymétriques : la largeur des détecteurs croît au fur et à mesure qu’ils s’écartent de la


perpendiculaire à l’axe de rotation.
L’utilisation de détecteurs périphériques plus larges permet de compenser les phénomènes liés
à l’effet de cône. Des algorithmes de reconstruction sont nécessaires en cas de système à
détecteurs symétriques. En fonction des options technologiques proposées par les
constructeurs, le nombre et la largeur des détecteurs gouvernent :
- l’épaisseur de coupe minimale disponible (jusqu’à 0,5 mm).
- le nombre de coupes réalisées avec l’épaisseur minimale (2 à 4).
- la gamme des épaisseurs de coupe disponibles (de 0,5 à 10 mm).
- l’épaisseur maximale du volume couvert par rotation (de 20 à 32 mm actuellement).

Figure 13 : Différents types de détecteurs des scanners multi coupes

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Figure 14 : Coupe de 5 mm par combinaison de détecteurs symétriques et asymétriques

4. PARAMETRES D'ACQUISITION ET DE RECONSTRUCTION


4.1. Paramètres d’acquisition
4.1.1. Collimation primaire
Elle est définie par la largeur de collimation du faisceau de rayons X à la sortie du tube. Elle
détermine l’épaisseur nominale de coupe en acquisition mono coupe. Elle peut varier de 1 à
10 mm.
En scanner multi coupes, la collimation varie en fonction du nombre et des épaisseurs de
coupe disponibles. Les valeurs actuelles de collimation primaire vont de 1 mm pour réaliser 2
coupes de 0,5 mm à 32 mm pour obtenir 4 coupes de 8 mm.

4.1.2. kV, mA et temps de rotation


Depuis plusieurs années les scanners hélicoïdaux mono coupe permettent d’atteindre des
temps d’acquisition sur 360° de 0,75 à 0,8 seconde. Le temps de rotation est de 0,5 seconde
pour 360° sur les appareils les plus récents multi coupes et tous les examens peuvent
bénéficier de cette vitesse de rotation. Ce temps de rotation conditionne la résolution
temporelle, c’est à dire le temps d’acquisition d’une séquence. Il permet d’obtenir un temps
d’acquisition par coupe plus court, de 250 msec par reconstruction partielle et proche de 100
msec par méthode multisectorielle. La résolution temporelle dans la coupe s’approche de celle

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de la tomodensitométrie par faisceau d'électron (TFE) qui est de 50 à 100 ms. Il devient
possible avec une synchronisation cardiaque d’accéder à l’imagerie cardiaque.
Il est parfois utile d’augmenter ce temps de rotation pour pouvoir bénéficier de plus de
mesures (projections) par rotation et améliorer la qualité de l’image (par exemple pour l’étude
de la ceinture scapulaire).

4.1.3. Pitch
Le pitch se définit comme le rapport entre le pas de l’hélice (distance parcourue par la table
pendant une rotation de 360° du tube) et la collimation du faisceau de RX.
En acquisition mono coupe, la collimation correspond à l’épaisseur nominale de coupe. Ce
n’est plus le cas en acquisition multi coupes, où la collimation correspond à 4 fois l’épaisseur
nominale de coupe ou plus exactement 4 fois la largeur d’un détecteur. La valeur du pitch
n’est donc plus la même d’un constructeur à l’autre selon que l’on considère pour calculer le
pitch la collimation (pitch de collimation) ou bien l’épaisseur nominale d’acquisition et donc
la largeur d’un détecteur (pitch de détection).
Prenons un exemple : si l’on choisit une acquisition de 2,5 mm d’épaisseur nominale soit une
largeur de détecteur de 2,5 mm et une collimation de 10 mm, un déplacement de table de 15
mm par tour correspondra à un pitch de collimation de 1,5 et à un pitch de détection de 6 et un
déplacement de 7,5 mm par tour correspondra à un pitch de collimation de 0,75 et à un pitch
de détection de 3 (chevauchement partiel du faisceau).
Le choix du pitch de collimation rend mieux compte de la géométrie du faisceau autour du
patient avec chevauchement d’une rotation à l’autre pour des pitch inférieurs à 1.

Figure 15 : Scanner multi coupe (4 coupes simultanées) pitch de collimation de 1,5 et


pitch de détection de 6

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Figure 16 : Scanner multi coupes (4 coupes simultanées) pitch de 0,75 (3).


Chevauchement des détecteurs
4.2. Paramètres de reconstruction
4.2.1. Matrice de reconstruction
La matrice de reconstruction est habituellement une matrice de 512x512. Elle détermine en
fonction du champ de reconstruction (FOV, Field Of View) la taille du pixel.
Taille du pixel (en mm) = champ de reconstruction (en mm) / nombre de lignes ou de
colonnes de la matrice.

4.2.2. Filtre de reconstruction


Les profils d’atténuation recueillis par les détecteurs sont convertis par une transformée de
Fourier en une gamme de fréquence avant l’étape de rétroprojection. Les spectres fréquentiels
subissent également une fonction de filtrage. La sélection des fréquences élevées par des
filtres « durs » ou spatiaux privilégie la représentation des limites anatomiques des structures
tout en rendant plus visible le bruit de l’image. A l’inverse, l’élimination des fréquences
élevées par des filtres « mous » ou de densité atténue le bruit et la visibilité des contours
permettant une meilleure discrimination des structures à faible écart de densité.
Ces filtres optimisent l’image reconstruite selon la structure étudiée. Les filtres « mous » sont
adaptés aux structures à faible contraste et les filtres « durs » aux structures à contraste naturel
élevé, telles que l’os, le poumon.

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4.2.3. Algorithmes d’interpolation


En scanner hélicoïdal, les données brutes (projections numérisées) ne peuvent pas être
utilisées directement (contrairement au mode séquentiel) en raison du déplacement continu du
patient durant l’acquisition. Si l’on reconstruit les images directement à partir des données
ainsi recueillies, la qualité des images sera altérée par des artefacts de mouvement. Il est donc
indispensable de calculer des données brutes planes à partir des données volumiques. Ce
calcul est réalisé grâce à des algorithmes d’interpolation.
La projection des données d’une hélice peut être représentée sous forme d’une ligne oblique.
Chaque point de la ligne représente une projection.
Chaque point est indexé à l’axe Oz en raison du déplacement du lit et correspond à un angle
de rotation précis. Si l’on considère un plan de reconstruction à une position précise dans
l’axe Oz, un seul point de l’hélice croise le plan de reconstruction : une seule projection est
réellement mesurée. Il faut calculer par interpolation toutes les autres projections du plan de
coupe d’angle 0° à 360°.

Figure 17 : Projection des données d’une hélice en scanner hélicoïdal mono coupe

En scanner mono coupe, les deux algorithmes d’interpolation les plus fréquemment utilisés
sont :
- l’algorithme 360° linéaire : il interpole les données mesurées à deux positions angulaires
identiques avant et après la position du plan de reconstruction. Il utilise donc les données de
deux rotations de 360°

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- l’algorithme 180° linéaire : il est similaire à celui utilisé en 360° linéaire mais n’emploie que
les données acquises durant une rotation de 360°. Les projections manquantes sont
considérées comme similaires à celles mesurées avec l’angle symétrique. Par exemple les
données obtenues à 270° (90° + 180°) sont similaires à celles recueillies à 90°.

Figure 18 : Algorithmes de reconstruction linéaires 180 et 360° en scanner mono coupe

En scanner multi coupes, 4 mesures peuvent être recueillies à chaque position angulaire par
rotation de 360°.
L’interpolation n’est plus limitée à deux mesures comme en mono coupe mais peut être
réalisée à partir de plusieurs points. Il existe certains pitch où une partie des données de deux
hélices successives se chevauchent et sont redondantes. Ces pitch sont peu favorables pour
l’interpolation optimale des données. Ceci explique que certaines machines ne proposent pas
toutes les valeurs de pitch.

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Figure 19 : Algorithme de reconstruction linéaire en scanner multi coupes

4.2.4. Incrément de reconstruction


En scanner spiralé il est possible de reconstruire les images avec une distance inter coupe
inférieure à l’épaisseur de coupe, sans augmenter l’irradiation.
Grâce à l’utilisation de coupes chevauchées, une petite structure de taille similaire ou
inférieure à l’épaisseur de coupe aura plus de chance d’être centrée au milieu de la coupe et
sera mieux étudiée.
Les coupes chevauchées permettent également de réduire les artefacts en marche d’escalier
observés lors des reconstructions multi planaires.

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Figure 20 : Intérêt des coupes chevauchées

4.2.5. Mode de reconstruction


Le mode de reconstruction peut être complet ou partiel. La reconstruction partielle n’utilise
qu’une partie des projections acquises lors d’une rotation de 360°. Cette technique est utilisée
en imagerie cardiaque pour diminuer la résolution temporelle dans la coupe.

5. QUALITE DE L'IMAGE ET IRRADIATION


Les principaux facteurs de qualité de l’image en scanner sont la résolution spatiale, la
résolution en contraste et la résolution temporelle. Certains artefacts peuvent dégrader la
qualité de l’image. La qualité de l’image est indissociable de la dose délivrée donc de
l’irradiation.

5.1. Résolution en contraste


La résolution en contraste ou en densité est la possibilité de différencier des structures à faible
contraste comme par exemple en scanner cérébral, la substance blanche et la substance grise.
Elle dépend comme le montre la figure ci-dessous non pas tant du rapport signal sur bruit que
du rapport contraste sur bruit.

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Figure 21 : Rapport contraste bruit

Les facteurs qui influencent le rapport signal sur bruit sont le filtre de reconstruction, le flux
photonique, l’algorithme d’interpolation et le pitch (en scanner multi coupes).

Figure 22 : Facteurs de qualité de l’image en scanner

5.1.1. Flux photonique


Le bruit est inversement proportionnel à la racine carrée du nombre de photons. Le flux
photonique est sous la dépendance de plusieurs facteurs : la tension appliquée au tube,
l’intensité du courant (mA), le temps d’acquisition et la collimation.
Les modifications de la tension appliquée au tube induisent des modifications de l’énergie des
photons. L’influence sur le rapport signal bruit est importante.

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Nombre relatif de Bruit


protons relatif
140
250 63
kV
120
100 100
kV
80 kV 40 142

Le nombre de photons X délivrés est directement dépendant de la collimation, de l’intensité


du courant (mA) et du temps d’acquisition. Le bruit est donc lié à ces paramètres par la même
relation que le flux photonique. Par exemple, la diminution de l’épaisseur de coupe ou des
mA ou du temps d’acquisition par 2 multiplie le bruit par racine de 2 soit environ 1,4.

Figure 23 : Facteurs de variation du nombre de photons

5.1.2. Algorithmes d’interpolation


Le choix de l’algorithme d’interpolation peut être accessible à l’opérateur en scanner mono
coupe et influence le rapport signal sur bruit. Le mode 360° linéaire utilise les projections
acquises durant deux spirales (720° de rotation) pour les moyenner sur 360°. Le mode 180°
linéaire n’utilise que les projections acquises durant une rotation de 360°. L’algorithme 360°
linéaire augmente le rapport signal sur bruit de √2 soit environ 1,4 par rapport à l’algorithme
180° linéaire.
En scanner multi coupes, les algorithmes sont complexes et non accessibles à l’opérateur.

5.1.3. Pitch et rapport signal sur bruit


YOODA W. Dieudonné, titulaire du master en génie biomédical, enseignant à l’IST Page 21
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[Link]. Scanner mono coupe


En acquisition mono coupe hélicoïdal, le rapport signal sur bruit reste constant quel que soit le
pitch car le nombre de données pour reconstruire une coupe est indépendant du pitch. Le pitch
n’intervient qu’indirectement par le choix de l’algorithme. Un pitch supérieur à 1 impose
l’utilisation d’un algorithme de 180° en raison de la trop grande dégradation du profil de
coupe avec l’algorithme 360°.

Figure 24 : Scanner mono coupe : le nombre de données pour reconstruire une coupe ne
dépend pas du pitch
[Link]. Scanner multi coupes
En acquisition multi coupes, si la distance d’interpolation reste inchangée quel que soit le
pitch, le nombre de données pour reconstruire la coupe diminue quand le pitch augmente.
A mA constants, l’augmentation du pitch diminue le rapport signal sur bruit, la diminution du
pitch l’améliore.

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Figure 25 : Algorithmes de reconstruction Pitch <1

5.2. Résolution spatiale


5.2.1. Résolution spatiale dans le plan de coupe
Elle dépend de la taille du pixel de la matrice de reconstruction, qui est fonction du champ de
vue et du nombre de lignes et de colonnes de la matrice (le plus souvent 512x512). Elle est
identique en scanner hélicoïdal à celle obtenue en scanner séquentiel.

5.2.2. Résolution spatiale longitudinale


Elle dépend de la taille du voxel dans l’axe longitudinal (Oz) et correspond à l’épaisseur
effective ou réelle de coupe.

[Link]. Définition de l’épaisseur effective


L’épaisseur réelle de la coupe est difficile à calculer. Elle peut être évaluée à partir du profil
de coupe qui représente la distribution sur l’axe Z du rayonnement reçu par les détecteurs.

[Link].1. Profil de coupe en scanner séquentiel


Le profil de coupe a une forme presque rectangulaire, c’est à dire que l’épaisseur réelle de
coupe est quasiment identique à l’épaisseur nominale choisie par l’opérateur.

[Link].2. Profil de coupe en scanner hélicoïdal


Le profil de coupe prend l’allure d’une courbe de Gauss. L’épaisseur effective augmente par
rapport à l’épaisseur nominale. La valeur exacte de l’épaisseur réelle de coupe ne peut être

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qu’approchée : on utilise le plus souvent sa largeur à mi-hauteur, FWHM (full width at half
maximum).

Figure 26 : séquentielle et hélicoïdale

[Link]. Facteurs modifiant l’épaisseur effective


L’épaisseur réelle dépend de la collimation mais également de deux autres facteurs, le pitch et
l’algorithme d’interpolation. L’effet de ces paramètres est différent en scanner mono coupe ou
multi coupes.

[Link].1. Scanner mono coupe


- Influence du pitch
Plus le déplacement de la table est important par rotation de 360° (plus le pitch augmente),
plus la distance d’interpolation des données augmente et plus l’épaisseur de coupe effective
augmente.
- Influence de l’algorithme d’interpolation
La distance d’interpolation est double en mode 360° linéaire par rapport au mode 180°
linéaire. L’épaisseur réelle de coupe est donc plus importante avec un algorithme 360° que
pour un algorithme de 180°.
L’algorithme 360° n’est donc pas utilisé au-delà d’une valeur de pitch de 1.
Si l’on considère l’augmentation en valeur absolue de l’épaisseur effective de coupe, on
constate que pour des épaisseurs de coupes élevées, la majoration est significative (et en

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conséquence la dégradation de la résolution spatiale) mais qu’elle devient tout à fait tolérable
si l’on choisit des coupes fines. L’utilisation de pitch élevés n’est licite qu’avec une faible
épaisseur nominale.

Figure 27 : Influence du pitch sur le profil de coupe

[Link].2. Scanner multi coupes


La distance d’interpolation n’excède jamais la collimation, ce qui représente une situation
favorable en termes de profil de coupe. Certains constructeurs choisissent l’option d’une
distance d’interpolation fixe pour une collimation donnée. Ainsi le profil de coupe reste
constant quel que soit le pitch choisi.

Influence du pitch et de l’algorithme d’interpolation sur l’épaisseur de coupe effective

[Link]. Avantages et inconvénients d’une résolution spatiale longitudinale


élevée
Le scanner multi coupes permet d’acquérir un volume important avec des coupes
millimétriques ou submillimétriques. Les reconstructions 2D planes ou curvilignes et 3D

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surfacique, MIP (projection d’intensité maximale), rendu de volume (VRT) sont d’excellentes
qualité.

Figure 29 : Voxel iso tropique, a=b=c

Il devient possible d’approcher l’isotropie, c’est à dire un voxel de taille identique dans ses
trois dimensions. L’inconvénient est une augmentation potentielle de l’irradiation. Chaque
fois que l’épaisseur de coupe est divisée par 2, le bruit est multiplié par 1,4.

Figure 30 : Relation entre épaisseur de coupe et bruit.

Pour compenser l’augmentation du bruit, il faut augmenter les mA et donc l’irradiation.


Il existe également en scanner multi coupes des causes technologiques à cette augmentation
de l’irradiation :
- il est nécessaire pour pouvoir irradier tous les détecteurs de façon égale, d’élargir la
collimation primaire au-delà de la collimation théorique.
- la dilatation et le déplacement du foyer nécessite également une ouverture de la collimation
primaire.

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Figure 31 : Dose relative en fonction de l’épaisseur de coupe (scanner multi coupes,


source constructeur)

5.3. Résolution temporelle


Le scanner multi coupes permet des temps d’acquisitions 4 à 8 fois plus courts que le scanner
mono coupe. L’apport essentiel du scanner multi coupes est l’amélioration de la résolution
temporelle. Il devient possible de réaliser des coupes fines avec un pitch faible, sur un volume
important, en un temps très court.
Ces gains de temps substantiels sont surtout utiles pour limiter les artefacts d’exploration des
organes mobiles, augmenter les possibilités d’exploration en apnée. Ils permettent une étude
multiphasique après injection d’iode par exemple pour l’exploration d’un hépatome.
L’augmentation de la vitesse de rotation du statif à 0,5 sec/360° permet d’obtenir une
résolution temporelle dans la coupe de 250 msec par reconstruction partielle et proche de 100
msec par l’utilisation d’algorithmes spécifiques (méthode multisectorielle).

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Figure 32 : Scanner cardiaque : reconstruction partielle des données acquise avec


synchronisation à l’ECG. Résolution temporelle de 250 msec.
Avec un scanner mono coupe, il faut trouver le bon compromis entre résolution temporelle,
résolution spatiale et résolution en densité. L’augmentation du pitch privilégie la résolution
temporelle. A condition d’utiliser des coupes fines, le compromis qualité / rapidité est
acceptable dans les explorations en apnée et avec injection de contraste.
5.4. Artefacts
Ils résultent d’une discordance entre les valeurs de densité de l’image reconstruite et les
valeurs réelle d’atténuation :
- les artefacts de volume partiel sont limités par le chevauchement des coupes.
-les artefacts de mouvement sont atténués avec les scanners qui offrent des temps
d’acquisition courts.
- les artefacts de sous-échantillonnage sont dus à une insuffisance de mesures. Ils se traduisent
par des lignes fines au sein de l’image. Pour les corriger, il faut augmenter le nombre de
mesures en diminuant la vitesse de rotation ou en scanner multi coupes en diminuant le pitch.
- les artefacts d’hélice sont propres au mode hélicoïdal. Ils résultent de la nécessité de réaliser
une interpolation des données. Ils se traduisent par une distorsion de l’image et des anomalies
de densité linéaires ou en bandes particulièrement visibles aux interfaces des structures à forte
différence de densité. Pour les réduire, il faut commencer par réduire la collimation et à défaut
réduire le pitch.

6. REDUCTION DE L’IRRADIATION
La part du scanner dans l’irradiation médicale est en augmentation constante atteignant 50%
de la dose collective d’origine diagnostique alors que les actes scanographiques ne
représentent que 4% de l’activité. Les scanners multi coupes exposent à une augmentation de
l’irradiation puisqu’ils permettent d’explorer des volumes encore plus grands dans des temps
plus courts et à l’aide de coupes plus fines.
L’application de la directive européenne 97/43 depuis mai 2000 impose des exigences lors de
la prescription et de la réalisation des examens TDM. Il est nécessaire de connaître les outils
de calcul de l’irradiation ainsi que les moyens de la réduire afin de réaliser un compromis
optimal entre dose délivrée et bénéfice attendu de l’examen.
6.1. Directive EURATOM
6.1.1. Notion de dose reçue
« Les doses d’irradiation doivent être à la disposition des médecins prescripteurs » (article 6)
Le radiologue doit donc être capable de préciser la dose délivrée par un examen
tomodensitométrique.

6.1.2. Dosimétrie en direct


« Le scanner doit être équipé d’un dispositif informant le praticien de la quantité de radiation
produite par l'équipement au cours de la procédure » (article 8). Les scanners du marché ne
fournissent pas encore, pour la plupart, les paramètres permettant à l’opérateur d’apprécier
l’irradiation délivrée.

6.1.3. Optimisation de dose


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« Des pratiques appropriées doivent être utilisées dans chaque cas d'exposition à des fins
médicales... impliquant des doses élevées pour le patient, comme la tomodensitométrie. »
(article 9). Le médecin doit optimiser ses protocoles afin de satisfaire au mieux au compromis
dose/qualité d’image.

6.2. Comment mesurer l’irradiation ?


On peut apprécier l’irradiation à l’aide :
- de la dose délivrée : kilovolts (kV), milliampères (mA) et milliampères-secondes (mAs),
- de la dose absorbée,
- de la dose efficace.

6.2.1. La dose délivrée


Elle est donnée par la formule : D = kV2 x I x t / d2.
Elle ne donne pas une bonne estimation de la dose reçue car elle ne prend pas en compte la
géométrie du faisceau et la collimation. Elle permet par contre de connaître les paramètres
permettant de diminuer l’irradiation : si la distance d n’est pas modifiable, l’intensité I et le
kilovoltage sont les facteurs prépondérants sur lesquels on peut agir.

6.2.2. La dose absorbée


La dose absorbée par l’organisme dépend de la dose délivrée et correspond à l’énergie reçue
par l’organisme qui s’exprime en mGy. Elle dépend non seulement de la dose délivrée mais
aussi de la région examinée ainsi que de l’épaisseur de coupe choisie. Pour connaître la dose
absorbée, on utilise un index de dose obtenu à partir de mesures sur fantômes (tête et corps)
effectuées à l’aide de dosimètres thermo luminescents ou de chambres à ionisation et
obéissant à des règles précises : cet index de dose, c’est la C.T.D.I. (Computed Tomography
Dose Index).

6.2.3. La C.T.D.I.
La C.T.D.I. se définit comme la dose délivrée par une coupe d’épaisseur donnée T, ou plus
précisément comme l’intégrale de la dose mesurée pour tenir compte de la dispersion de dose
liée au diffusé et à la pénombre. Elle est calculée par convention pour une valeur délivrée de
100 mA par coupe (CTDI normalisée). La C.T.D.I. s’affiche lors du choix des paramètres et
va varier en fonction :
- du kilovoltage choisi,
- du milli ampérage choisi,
- de l’épaisseur de coupe choisie.
On peut apprécier la dose au volume par le produit dose longueur (PDL) exprimé en [Link]
et obtenu en multipliant la CTDI affichée par la console par la longueur explorée. Dès le
volume d’exploration choisi, on peut ainsi connaître le niveau d’irradiation résultant du
protocole choisi par l’opérateur.

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Figure 33: Computed Tomography Dose Index

6.2.4. La dose efficace


Si la CTDI et le produit dose longueur rendent bien compte de la dose reçue, l’appréciation du
risque nécessite une prise en compte de la radiosensibilité des organes irradiés : c’est la
mesure de la dose efficace (exprimée en sieverts, unité de radioprotection) obtenue en
pondérant la dose absorbée par le facteur de pondération de chaque organe du volume
exploré. Cette dose efficace permet d’avoir un ordre de grandeur du risque de l’examen
réalisé.
En résumé, on dispose pour mesurer l’irradiation :
- d’un index, la CTDI qui apprécie la dose absorbée résultant d’une coupe,
- d’une dose « protocole » : le produit dose longueur,
- de la dose efficace qui exprime le risque en fonction de la région explorée.

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6.3. Comment diminuer l’irradiation ?


On dispose de moyens techniques (principalement l’adaptation manuelle ou automatique des
mA) et de moyens dits « comportementaux ».

6.3.1. Moyens techniques


[Link]. Le choix du pitch
L’influence du pitch sur l’irradiation diffère en acquisition mono coupe et multi coupes.

[Link].1. Acquisition mono coupe


En acquisition mono coupe classique, pour une valeur choisie de mA, il existe un gain de dose
proportionnel à l’augmentation du pitch (diminution du temps d’acquisition) alors que le
rapport signal sur bruit reste constant.
Pour un volume d’exploration identique, la dose délivrée sera 2 fois moindre pour un pitch de
2 que pour un pitch de 1.

[Link].2. Acquisition multi coupe


En acquisition multi coupes, à mA constants, l’augmentation du pitch diminue le rapport
signal sur bruit.
Pour conserver un rapport signal sur bruit constant par coupe, on ne va plus fixer une valeur
de mA lors de l’acquisition mais une valeur de mAs et le choix du pitch va moduler les mA
délivrés par le tube pour délivrer une dose au volume en mAs qui soit constante. On
conservera ainsi un rapport signal sur bruit constant quel que soit le pitch choisi mais il n’y
aura plus de relation entre dose délivrée au volume et valeur du pitch. En somme, le pitch
n’influence plus la dose délivrée au volume comme en acquisition mono coupe et
l’augmentation du pitch ne permet pas de diminuer l’irradiation.
A l’inverse, l’utilisation de pitch inférieurs à 1 qui n’était pas habituelle en mono coupe car le
chevauchement des hélices augmentait l’irradiation peut être préconisée en technique multi
coupes sans surcoût radique avec comme contrepartie une durée d’acquisition plus longue.

Influence de l’augmentation du pitch.


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Technologie du scanner

[Link]. Choix des kV


La dose délivrée étant proportionnelle au carré de la tension, la baisse du kilovoltage constitue
en théorie le moyen le plus efficace de réduire l’irradiation.

KV et dose délivrée

[Link]. Modulation des mA


[Link].1. Modulation manuelle
- Adaptation anatomique les paramètres peuvent être adaptés en fonction de la corpulence du
patient. On peut dans l’exploration de l’abdomen adapter les paramètres par évaluation du
diamètre abdominal transverse. Le choix des paramètres est déterminé après calcul du rapport
diamètre abdominal /CTDI. On définit ainsi des protocoles adaptés qui permettent un gain
pouvant aller jusqu’à 50%.
- Adaptation des mAs en fonction de la région explorée les mAs peuvent être réduits pour
l’exploration des régions à fort contraste naturel (sinus, poumons). Par contre les mAs doivent
être maintenus élevés dans les régions à faible contraste naturel (cerveau, foie) et vouloir les
diminuer constitue un mauvais compromis dose / qualité d’image.

[Link].2. Régulation automatique du milli ampérage


C’est une adaptation automatique des mA en fonction des conditions anatomiques évaluées à
partir des profils d’absorption des régions explorées.
- Avant l’acquisition les mA sont modulés selon l’angle d’exploration pour tenir compte des
différences de diamètre du thorax dans le plan frontal et sagittal. (Diminution des mA lorsque
le faisceau est vertical). La quantité de mA qui sera délivrée est calculée pour chaque coupe
en fonction du profil d’absorption déterminé à partir d’un mode radio de profil.
- Pendant l’acquisition les variations d’absorption reçues par les détecteurs pendant les 180
premiers degrés d’une rotation sont répercutées sur les 180 degrés suivants. Cette correction
est ensuite répétée tous les 180 degrés pendant l’ensemble de l’acquisition.

[Link]. Le choix de l’épaisseur de coupe


La diminution de l’épaisseur de coupe augmente l’irradiation par la nécessité d’augmenter les
mA pour préserver le rapport signal sur bruit, mais également par augmentation relative de la
pénombre. La pénombre, liée au caractère non ponctuel du foyer de RX et source d’irradiation

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inutile, est indépendante de l’épaisseur de coupe choisie et augmente donc relativement


lorsque l’épaisseur de coupe (ou la collimation en acquisition multi coupes) diminue.

Figure 34 : Epaisseur de coupes et pénombre

6.3.2. Moyens comportementaux


C’est sûrement le moyen le plus efficace de réduire l’irradiation.

[Link]. Limiter les acquisitions inutiles


La rapidité d’acquisition des scanners hélicoïdaux permet en un temps d’examen identique à
celui des appareils séquentiels d’effectuer plus d’acquisitions et ce gain de temps
d’exploration a des effets pervers et néfastes sur la dose délivrée aux patients. Le temps
d’exploration n’étant plus un frein, on est tenté d’augmenter le nombre de passages sur un
même volume pour un apport diagnostique souvent discutable.

[Link]. Eviter les organes sensibles.


L’exploration du rachis lombaire ne doit plus se faire avec inclinaison du statif car celle-ci
augmente le diamètre traversé et diminue le rapport signal sur bruit et de plus expose la
femme à l’irradiation des ovaires. L’acquisition horizontale des différents étages lombaires
permet un gain de temps et peut être complétée par des reconstructions dans le plan des
disques.
[Link]. Protéger les organes sensibles
La protection des organes superficiels comme le sein ou la thyroïde à l’aide de dispositifs en
bismuth permet de réduire la dose à ces organes de 50% environ sans perte de qualité d’image
des structures sous-jacentes.

[Link]. Techniques de substitution


L’échographie de l’appareil génital chez la femme ou l’IRM du foie en cas de suspicion de
tumeur bénigne constituent un meilleur compromis « bénéfice attendu / risque » que le
scanner, surtout devant la suspicion de lésions bénignes.

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Ce qu’il faut retenir de l’irradiation en TDM


Le passage des scanners séquentiels aux scanners hélicoïdaux mono coupe puis multi coupes
entraîne une majoration de l’irradiation. Celle-résulte de l’utilisation d’épaisseurs de coupes
de plus en plus fines mais surtout de l’augmentation des volumes explorés liés à la rapidité
des machines.
En acquisition mono coupe, l’augmentation du pitch entraîne une économie de dose
proportionnelle. Ce n’est pas le cas avec les scanners multi coupes : l’utilisation de pitch
inférieurs à 1 ne provoque pas d’irradiation inutile.
L’adaptation du milli ampérage en fonction de la morphologie du patient et surtout les
facteurs comportementaux restent prépondérants pour limiter l’irradiation.

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