d’autres termes, c'est une caractéristique dont les
changements résultent du niveau ou de la qualité de la
variable indépendante.
- la variable indépendante : celle dont l’étudiant
essaie de mesurer et de comprendre l’influence sur la
variable dépendante. En d’autres termes, c’est une
caractéristique qui, dans une étude, est manipulée ou
traitée afin de voir quel effet les différences dans cette
variable aura sur la variable proposée comme étant
dépendante de celle-ci.
- la variable intermédiaire, de « brouillement » ou
facteur circonstanciel : la variable de « brouillement »
vient influencer ou « brouiller » l’effet de la variable
indépendante sur la variable dépendante. Par exemple,
la nutrition de l’enfant est un facteur qui peut jouer un
rôle dans une étude de l’effet de la rougeole sur la
mortalité des enfants.
Rougeole Mortalité
(Variable indépendante) (Variable dépendante)
Nutrition
(Variable « de brouillement »)
Il existe plusieurs types de relations entre variable
dépendante et variable indépendante :
• il n'existe aucun lien ;
• il existe un lien significatif ; par exemple : un lien
entre sexe et abandon scolaire : les filles abandonnent
plus que les garçons ;
65
• il existe un lien conditionnel ; par exemple : les filles
abandonnent plus que les garçons seulement quand
elles proviennent de la campagne.
Les variables dépendantes peuvent être classées en
variables :
• relatives au milieu des enquêtes (milieu physique,
social, ..)
• individuelles ou personnelles (âge, sexe, ethnie,
religion, profession, instruction,..)
• relatives aux différents aspects abordés du
phénomène (cause, effets, impact, conséquences,
fonctions,..).
c) construction de variables
La construction de variables est la traduction de
concepts en éléments opératoires se prêtant au classement,
qu'il s'agisse d'une mise en ordre, d'une mise en catégories
ou d'une mise en chiffres : sexe, âge, niveau d'études,
profession des parents, classe sociale, type de personnalité,
degré d'intégration sociale, etc.
La construction d’un concept (variable) consiste :
- d'abord, à déterminer les dimensions qui le
constituent et par lesquelles il rend compte du réel.
- ensuite, à en préciser les indicateurs grâce auxquelles
les dimensions pourront être mesurées.
- enfin, à trouver les indices qui expriment la
combinaison de ces indicateurs.
L’étudiant doit traduire le concept en données
observables par une succession d'opérations dont
LAZARFELD décrit ainsi la procédure :
66
1. La représentation imagée du concept consiste à
définir le phénomène qu'il désigne : le concept n’est
jamais très précis. Il correspond à un ensemble
complexe de phénomènes plutôt qu’à un phénomène
simple et directement observable. Par exemple, le
concept de « gestion » en sociologie industrielle est
apparu le jour où on a remarqué que deux usines,
placées dans des conditions identiques, peuvent être
bien ou mal dirigées. Ce facteur complexe favorisant le
rendement des hommes et la productivité de
l’équipement fut alors identifié sous le nom de
« gestion ».
2. La spécification du concept consiste à découvrir
les aspects, les dimensions du concept : il s’agit de
préciser son contenu, l’ensemble des caractéristiques
permettant d’analyser le concept. Par exemple, le
concept de « réussite scolaire » comprend les
dimensions suivantes : facteurs sociaux, culturels,
psychologiques, liés à l’enseignement,..).
3. Le choix des indicateurs consiste à trouver « des
données observables qui permettent d'appréhender les
dimensions, la présence ou l’absence de tels attributs
dans la réalité étudiée » (GRAWITZ Madeleine, 1986).
Dans l’exemple de la « réussite scolaire », la dimension
liée à l’enseignement peut être traduite par les
indicateurs suivants : le classement de l’enfant, l’âge de
l’enfant par rapport à la classe, l’existence de
redoublement, le type de filière suivi, l’accès à
l’enseignement supérieur, les résultats à un examen), etc.
67
4. La formulation des indices consiste à former
une série d’unités qui expriment la combinaison de tous
les indicateurs. Par exemple, l’indice « coût de la vie »
est un indice synthétique qui combine les prix des
différents postes du budget familial, pondérés selon leur
importance.
En définitive, la construction des variables a une valeur
explicative dans toute recherche du fait que le concept, en
retenant les caractères distincts, organise la réalité
significative des phénomènes par là les formes concrètes
que ces phénomènes peuvent revêtir. Elle est une
démarche indispensable pour tout projet de recherche en
sciences sociales.
68
Étapes de la construction des variables
Chose Objet Propriétés Mesures
Idée Concept Dimension Indicateurs Indices (Unité de mesure)
{ Attribut
Source : enquête de terrain, 2007
III-1.6. Définition des concepts (clarification
conceptuelle)
Selon Janine LAGNEAU, l'obligation de rigueur de la
recherche a pour première exigence une claire formulation
des concepts et pour seconde exigence un choix
convenable des indicateurs avec lesquels l’étudiant
appréhende la réalité sociale qu'il étudie.
Pour Raymond QUIVY et Luc Van
CAMPENHOUDT, sans la conceptualisation, la recherche
se perd dans le flou, l'imprécision et l'arbitraire.
Aussi, est-il nécessaire, lorsque l’étudiant travaille sur
un phénomène donné, d'expliquer les notions prises en
compte dans le cadre de la recherche.
Tout raisonnement, toute hypothèse dans le cadre de la
recherche sociale nécessite l'utilisation des concepts qui
sont les représentations mentales générales et abstraites
des objets étudiés.
La définition des concepts a pour résultat d'expliciter le
caractère des données classées sur un concept donné. En
un mot, il s'agit de préciser les différents termes de la
recherche.
Ceci étant, le concept n'est pas la réalité elle-même,
mais une structure mentale réunissant certaines
caractéristiques constantes de cette réalité. La
connaissance de ces caractéristiques permet à la fois de
reconnaître l'objet ou le phénomène, et de le distinguer des
autres.
70
Que l’étudiant use d'une définition personnelle, celle
d'un autre auteur ou celle qui est propre à une théorie, il
doit élucider la définition des concepts qu'il étudie. Ceci
minimise les risques d'erreurs ou de confusions dans la
conception entre les étudiants.
En un mot, la définition des concepts revient à :
• identifier les concepts clés à définir en évitant de
vouloir définir tous les mots ;
• inventorier les définitions existantes (définition
usuelle, contextuelle donnée par les auteurs ayant
étudié la question ou celle des dictionnaires) ;
• préciser le sens dans lequel tel ou tel concept ou
terme est utilisé et qui correspond à l’entendement de
l’auteur du texte ;
• trouver les aspects facilement observables du
phénomène social étudié (indicateurs) qui permettent la
vérification des hypothèses.
Ainsi, la définition des concepts aide à reconnaître
les données en précisant ce qu'elles incluent et ce
qu'elles excluent.
III-2. Cadre méthodologique
Le succès d'une étude dépend en grande partie du
choix judicieux de la méthode et de la stratégie de
recherche qui permet à l’étudiant de collecter les données
nécessaires à l'étude du problème, de la question, des
objectifs et des hypothèses.
71
III-2-1- Champ d'étude ou d’analyse
L’étudiant doit circonscrire clairement le champ des
analyses empiriques dans l'espace géographique et social
et dans le temps. À cet égard deux situations peuvent se
présenter :
- dans la première situation, le travail porte sur un
phénomène ou un évènement singulier. Dans ce cas,
l’objet du travail définit lui-même de facto les limites de
l’analyse. Mais il lui faudra préciser explicitement les
limites du champ d’analyse : période de temps prise en
compte, zone géographique considérée, organisations et
acteurs sur lesquels l’accent sera mis ;
- dans la deuxième situation, l’étudiant ne met pas
l’accent sur des phénomènes singuliers, mais sur des
processus sociaux. Dans ce cas des choix s’imposent et
doivent être raisonnés en fonction des hypothèses de
travail, des délais et des ressources disponibles, des
contacts, des informations accessibles et ses propres
aptitudes.
L’étudiant doit faire ressortir les données qui éclairent
le problème étudié.
Une fois le champ d'étude circonscrit, il faut
déterminer la population de l’étude.
III-2-1-1- Détermination de l'échantillon
Elle passe par une étape préliminaire qui est la
détermination de l'univers de l'enquête, car avant de savoir
à qui l’étudiant demandera de répondre aux questions, il
faut préciser le groupe social concerné par l'enquête : c'est
72
la population-mère ou population-cible qui fournira les
éléments de l'échantillon interrogé.
« L’échantillon est une partie ou un sous-ensemble de
la population-mère » (DEPELTEAU, p.213)
Toutefois, il peut y avoir des personnes qui
n'appartiennent pas à la population-cible, mais sont à
même d'apporter des informations utiles : ce sont les
personnes ressources et le groupe témoin. Chacun sera
interrogé en fonction de ce que l’étudiant croit pouvoir
être sa contribution à la richesse des informations.
Très souvent, les personnes qui appartiennent à
l'univers d'enquête ne peuvent pas être contactées toutes. Il
faut donc s’intéresser à un échantillon et au groupe
contrôle. Le groupe contrôle agit en spectateur et peut
avoir des points de vue édifiants, car il observe ce qui se
passe dans le groupe-cible (souci d'objectivation).
Par exemple :
• comportement des femmes scolarisées = population
cible = femmes scolarisées ;
• groupe contrôle = les femmes du secteur informel.
Exemple: éducation scolaire = population cible = les
enfants scolarisés ;
• groupe contrôle = les enfants non scolarisés.
L’échantillonnage est l’ensemble des procédés visant à
la sélection d’une fraction de la population telle qu’elle
puisse être considérée comme représentative de la
population totale de référence. C’est donc une procédure
par laquelle un petit nombre d’unités d’analyse sont
73
sélectionnées pour étude dans le but de généraliser les
résultats à la population-mère, appelée l’univers.
Mais l’échantillonnage n’est pas un choix anarchique
des enquêtés. Il existe en effet des techniques rationnelles
permettant, à partir des caractéristiques observées sur
l’échantillon, de cerner avec plus ou moins de précision ou
de certitude, certaines caractéristiques réelles de la
population d’étude. Il s’agit de la technique permettant de
minimiser les erreurs dans l’échantillonnage et de
s’assurer la possibilité de généraliser les résultats. Il faut
utiliser une technique adéquate et interroger un nombre
suffisant de personnes.
III.2.1.2. Différents types d’échantillon et techniques
de construction
Une fois le champ d’étude ou d’analyse circonscrit, trois
possibilités s’offrent au chercheur. Il peut :
• recueillir des données et faire porter ses analyses sur
la totalité de la population couverte par ce champ ;
• se limiter à un échantillon représentatif de cette
population ;
• n’étudier que certaines composantes très typiques,
bien que non représentatives de cette population.
L’étude de la totalité de la population s’impose dans
l’analyse des phénomènes macro-sociaux ou lorsque la
population considérée est très réduite et peut être étudiée
entièrement en elle-même.
74
III.2.1.3. Taille de l’échantillon
La généralisation et la validité des résultats d’une
enquête dépendent de la taille de l’échantillon interrogé.
Le choix de la taille de l’échantillon est fonction de la non
grande homogénéité des valeurs des caractéristiques de la
population à étudier. L’étudiant ne peut dire combien il
faut interroger de personnes dans une population donnée
pour que l’échantillon représente exactement cette
population. Plus la population est hétérogène, plus l’étude
exigera un grand échantillon.
La taille de l’échantillon est donc étroitement liée à la
plus ou moins grande homogénéité de la population. Elle
dépend aussi de la précision de la mesure effectuée. En
général, pour les enquêtes commerciales, une taille de 300
à 500 est en général observée, car la précision obtenue est
suffisante pour tirer les conclusions.
III.2.1.4. Représentativité de l’échantillon
Un échantillon valide est celui qui, parce qu’il est
représentatif de la population étudiée, permettra
d’extrapoler les résultats trouvés par l’enquête. Le
problème de la représentativité de l’échantillon se pose
compte tenu des différentes possibilités de biais qui
peuvent s’introduire au moment de l’application des
différentes méthodes et techniques.
L’échantillon est dit représentatif ou significatif. Il est
représentatif lorsqu’il est un modèle réduit de la
population totale reproduisant le plus fidèlement possible
la structure de la population d’enquête. Il se doit donc de
présenter les mêmes caractéristiques que la population
75
totale. Ceci n’est que lorsque les unités qui le constituent
ont été choisies par un procédé technique tel que tous les
membres de la population ont la même possibilité de faire
partie de l’échantillon. L’échantillon est significatif
lorsqu’il est organisé de telle façon que les conclusions de
l’enquête par sondage puissent être extrapolées à
l’ensemble de la population étudiée, que les réponses des
individus enquêtés puissent être considérées comme
significatives par rapport à la population totale.
III.2.1.5. Types d’échantillonnage
Pour disposer d’un échantillon acceptable, il existe
deux techniques d’échantillonnage : les techniques
probabilistes et les techniques non probabilistes.
III.[Link]. Techniques probabilistes d’échantillonnage
(au hasard)
Les techniques probabilistes d’échantillonnage se
fondent sur le fait que toutes les unités de la population de
référence doivent avoir des chances égales de faire partie
de l’échantillon. C’est donc le hasard qui détermine le
choix des unités. Ces techniques probabilistes
d’échantillonnage sont les suivants :
a) échantillonnage aléatoire simple
Le principe de l’échantillonnage aléatoire simple
consiste à faire en sorte que chacune des unités composant
l’univers de l’enquête ait une chance calculable et non
nulle d’appartenir à l’échantillon. On utilise le tirage au
76
sort simple dans un souci de justice : chaque unité de la
population doit avoir la même possibilité de figurer dans
l’échantillon. Il faut alors disposer d’une liste exhaustive
de la population concernée et d’une base de sondage tel le
fichier de recensement. Lorsqu’on dispose de cette liste,
on peut user d’une table de nombre au hasard. Sur la table
de nombre, on prélève autant de nombres que d’unités
souhaitées et on va rechercher sur la liste les noms
occupant les rangs correspondants. Les limites de cette
technique viennent du fait que celle-ci ne tient pas compte
des caractéristiques des individus.
b) échantillonnage systématique
Il s’agit de prélever de façon systématique chaque n-ième
individu de la liste. L’intervalle dépend de la taille de la
population totale (N) et de la taille de la population désirée
(échantillon) :
N
n
Par exemple, si sur une population de 1000 individus, on
veut tirer 100 de façon systématique, il faut rapporter
1000
= 10
100
Le tirage sur la liste se fera de 10 en 10. Pour cela, il
faut choisir un individu entre 1 à 10 à partir duquel on
ajoutera systématiquement 10 = choisir 2 revient à prendre
77
l’individu 2, l’individu 12, l’individu 22, jusqu’à ce que
l’on ait les 100 individus de l’échantillon.
Cette technique, tout comme l’échantillonnage aléatoire,
ne tient pas compte des caractéristiques des individus.
c) échantillonnage stratifié
Il implique qu’une ou plusieurs caractéristiques de la
population que l’on suppose pertinentes pour l’objet
d’étude soient connues et privilégiées dans la détermination
du choix de l’échantillon.
Dans un premier temps, on construit les strates. La
population est divisée en strates et en catégories homogènes
par rapport à une caractéristique. Par exemple, sexe, âge,
revenu, origine sociale, etc.
Dans un second temps, à l’intérieur de chaque strate, on
effectue un tirage au sort d’un échantillon d’unités
suffisantes pour qu’il soit représentatif de la strate
considérée.
d) échantillonnage en faisceaux (en grappes)
Il s’agit d’une technique d’échantillonnage dans laquelle
le premier niveau d’unité à inclure dans l’échantillon est un
vaste regroupement (ou faisceau). Le faisceau peut être un
village, un secteur, un quartier, un foyer ou tout groupe de
personnes ou d’objets. On peut, si on le désire, choisir des
échantillons supplémentaires à l’intérieur de chaque
faisceau. Par exemple, pour une étude des connaissances,
attitudes et pratiques en matière de planning familial dans
les communautés rurales d’un département, on dresse une
liste de tous les villages, à partir de laquelle un échantillon
78
aléatoire de village sera tiré. Toutes les personnes adultes
de ces villages seront interviewées.
III.[Link]. Techniques non probabilistes
d’échantillonnage
Les techniques non probabilistes d’échantillonnage ne se
fondent pas sur la théorie mathématique des probabilités en
ce sens que ce n’est pas le hasard qui préside à la
constitution de l’échantillon. Ces techniques non
probabilistes d’échantillonnage sont les suivants.
e) échantillonnage par quota/par choix raisonné ou
intentionnel
Dans les études de marché et les sondages d’opinion, on
utilise très souvent la technique des quotas. Cette technique
consiste à construire un échantillon de telle sorte que soient
respectées, dans l’échantillon, les mêmes proportions
(quotas) que dans la population en ce qui concerne un
certain nombre de variables supposées fortement en relation
avec la variable d’intérêt. Il s’agit de :
• analyser soigneusement les caractéristiques de la
population d’enquête à l’aide de recensements, de
statistiques objectives déjà existantes ;
• repérer les caractéristiques de la population qui sont
en relation logique avec les objectifs de l’enquête (âge,
sexe, catégorie socio-professionnelle, lieu de
résidence...).
79
• transposer les pourcentages de ces caractéristiques
sur le chiffre total de l’échantillon. Par exemple, pour
une population totale de 1000 personnes comportant 200
cadres supérieurs, 350 cadres moyens et 450 personnes
de classe populaire, un échantillon de 100 personnes
(c’est-à-dire le 1/10 de la population réelle) devra
comporter 20 cadres supérieurs, 35 cadres moyens et 45
personnes de classe populaire. L’échantillon est contrôlé
suivant la catégorie sociale.
f) échantillonnage accidentel
Il s’agit d’une technique d’échantillonnage dans
laquelle, par commodité, on choisit l’échantillon qui se
présente au moment de la recherche. Par exemple, on peut
demander à tous les patients qui viennent dans une clinique
particulière un jour donné ou une semaine donnée à
participer à l’étude.
g)- échantillonnage « en boule de neige »
Selon BEAUD (1984 : 187), la technique
d’échantillonnage « en boule de neige » est une technique
qui consiste à ajouter à un noyau d’individus (…) tous ceux
qui sont en relation (…) avec eux et ainsi de suite jusqu’à
atteindre le nombre d’informateurs prévus.
En définitive, le choix d’une technique
d’échantillonnage est fonction de l’objectif de la recherche,
des ressources et du temps disponible. Les procédures
d’échantillonnage peuvent être mixtes en ce sens que l’on
peut opérer des combinaisons de différentes techniques.
80
III.2.2. Collecte des données
La collecte des données consiste à recueillir ou à
rassembler concrètement les informations prescrites
auprès des personnes ou unités d’observation retenues
dans l’échantillon.
Deux approches complémentaires sont utilisées pour
permettre la collecte optimale des informations :
a) les lectures préparatoires et la recherche
documentaire
Au niveau des lectures préparatoires et de la
recherche documentaire : elles servent d’abord à
s’informer des recherches déjà menées sur le thème ou le
sujet choisi et à situer la nouvelle contribution envisagée
par rapport à elles. Grâce à ses lectures, l’étudiant pourra
mettre en évidence la perspective qui lui paraît la plus
pertinente pour aborder son sujet d’étude.
Le choix des lectures demande à être fait en fonction
de critères précis :
- liens avec la question centrale de départ,
- dimension raisonnable du programme de lecture,
- éléments pertinents d’analyse et d’interprétation,
- approches diversifiées : ouvrages généraux,
spécialisés, revues ou actes de colloques scientifiques,
Site Internet,
- temps disponible pour la réflexion personnelle et aux
échanges de vues
81
De plus, la lecture proprement dite doit être effectuée à
l’aide d’une grille de lecture appropriée aux objectifs
poursuivis
Enfin, des résumés correctement structurés, sous forme
de fiches de lecture, permettront de dégager les idées
essentielles des textes étudiés et de les comparer entre eux
Au niveau des entretiens exploratoires : ils
complètent les lectures au cas où l’exploration
documentaire s’avérerait insuffisante. Ils permettent à
l’étudiant de prendre conscience d’aspects de la question,
absents de sa propre expérience et ses lectures.
Trois types d’interlocuteurs intéressent l’étudiant :
- les spécialistes scientifiques de l’objet étudié
(chercheurs expérimentés, enseignants);
- les témoins privilégiés (professionnels, associatifs,
ONG, structures, institutions..);
- les personnes directement concernées (public, usagers,
bénéficiaires).
Au terme de la phase exploratoire, le sujet de recherche
se précise et l’étudiant en vient à la reformulation de sa
question de départ d’une manière qui tienne compte des
enseignements de son travail exploratoire.
b) La recherche sur le terrain
La recherche sur le terrain comprend l’ensemble des
opérations par lesquelles le modèle théorique d’analyse,
constitué d’hypothèses et de concepts, est soumis à
l’épreuve des faits.
82
Au cours de cette phase, de nombreuses informations
sont rassemblées en vue d’être analysées
systématiquement dans une phase ultérieure.
Pour mener à bien ces opérations, le protocole de base
de la recherche doit permettre de :
• situer la zone de l’étude, en décrire la géographie,
les conditions climatiques ;
• fournir les caractéristiques sociologiques et culturelles
de la population en cause en veillant à ce que l’étudiant
soit apte à communiquer avec la population et à expliquer
la nature du projet d’étude ;
• circonscrire la population à étudier en tenant
notamment compte des variables (âge, sexe, situation de
famille, religion, éducation, résidence urbaine ou rurale..)
et en justifiant le choix de la population devant faire
l’objet de l’étude eu égard aux objectifs de la recherche ;
• décrire et justifier le type d’échantillonnage adopté
(par exemple, échantillonnage aléatoire simple,
échantillonnage stratifié, échantillonnage systématique,
échantillonnage par grappes...) ;
• spécifier la taille de l’échantillon, expliquer la
nécessité du nombre de sujets ; dire comment la taille de
l’échantillon a été déterminée et ce qui la justifie ;
• décrire les outils de collecte de données (par exemple :
organisation du travail sur le terrain, type d’interview,
unité d’enquête, questionnaire ;
• décrire les techniques d’enregistrement des données
(par exemple : registre utilisé sur le terrain, fiches) et les
méthodes d’analyse des données ;
• indiquer clairement la source (identification
taxinomique correcte) et le site, en précisant les
caractéristiques de l’environnement ;
83
• déterminer les personnels et les matériels
disponibles.
Le rôle de l’étudiant est de satisfaire au préalable
essentiel à la recherche sur le terrain : « gagner la
confiance des personnes à étudier, afin que sa présence ne
perturbe ou en tout cas n’influe sur le cours normal des
événements et afin que ces personnes lui fournissent des
réponses sincères aux questions et ne dissimulent pas des
activités importantes » (BLALOCK, Jr, 1970, P.41).
III.2.3. Techniques de collecte des données, des
« faits »
Pour la recherche, l’étudiant constitue généralement
plusieurs outils ou techniques de collecte des données, des
« faits ». Ces outils ou techniques sont des procédés qui
donnent accès à l’information. En d’autres termes, ce sont
des instruments capables de recueillir ou de produire
l’information.
Le choix de ces outils ou techniques doit satisfaire aux
critères suivants :
- être acceptables pour les sujets d’observation, en
l’occurrence, les interlocuteurs dans les organisations ;
- être appropriées aux buts de la recherche ;
- être discrètes.
Les données à collecter sont de deux types :
- des données primaires : recueil direct de données
empiriques avec des instruments de recherche ;
- des données secondaires : données disponibles,
internes et/ou externes existantes, disponibles, accessibles
et fiables.
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