I.
INTRODUCTION A LA CEPGL
A. Définition et objectifs
1. Définition
La communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) est une organisation
intergouvernementale créée en 1976, visant à promouvoir la coopération régionale et le
développement économique entre ses membres, à savoir le Burundi, la République
Démocratique du Congo et le Rwanda.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les pays de la région font face à des défis
communs, tels que la pauvreté, l’instabilité politique et les conflits armes.
2. Objectifs
La CEPGL s’est assigné depuis sa création les objectifs ci-après :
Assurer avant tout la sécurité des Etats membres et de leurs populations de façon
qu’aucun élément ne viennent troubler l’ordre et la tranquillité sur leurs frontières
respectives ;
Atteindre le plus rapidement possible l’intégration économique par la libre
circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux ;
Instaurer le droit d’établissement ;
Coopérer de façon étroite dans les domaines sociaux, économique, commercial,
scientifique, culturel, politique, militaire, financier, technique, touristique, douanière,
énergétique, de transport et de télécommunication.
Pour atteindre ces objectifs ; les états membres se sont solennellement à mettre en
œuvre des solutions appropriées aux problèmes notamment par la création des organismes
et services communs et la signature d’entente, d’accord ou des conventions. Chaque Etat
membre économique sans l’accord des autres membres, pour vu que ces mesures n’aillent
pas à l’encontre des objectifs de la communauté. L’Etat qui serait ou deviendrait membre
d’autres organisations de coopération économique informera la communauté et lui
communiquera les dispositions de leurs instruments constitutif qui peuvent avoir des
rapports avec les objectifs de la communauté.1
La communauté était ouverte aux de la région des Grands Lacs désireux d’y adhérer.
Son budget était alimenté par les contributions des Etats membres ; déterminées tous les
cinq ans, pour 50% la République Démocratique du Congo, 25% le Rwanda et 25% le Burundi
en fonction respectivement du budget de fonctionnement, du produit intérieur brut global
et du produit intérieur brut par habitant.2
B. PAYS MEMBRES
1
Article 2 de la convention portant la création de la CEPGL
2
CIZA NCIKO (F.), La CEPGL comme instrument d’intégration pour le rétablissement de la paix et de la sécurité
dans la région des Grands Lacs Africaine, Mémoire de droit U.O.B. 2005-2006, p.34
La CEPGL, fondée le 20 Septembre 1976, regroupe trois pays de la région des Grands
Lacs, à savoir, la République Démocratique du Congo, le Burundi et le Rwanda. 3 3
C. CONTEXTE HISTORIQUE DE SA CREATION EN 1976
1. Rencontres préparatoires (pré CEPGL)
La CEPGL est le résultat de différentes rencontres organisées périodiquement dans le
cadre de la conférence tripartite regroupant les traits anciens territoires sous la tutelle
coloniale Belge, à savoir le Burundi, la République Démocratique du Congo et le Rwanda. 4
L’idée de la tenue des rencontres périodiques fut lancée le 29 Aout 1966 quand les
Ministres des Affaires Etrangères et de la Coopération du Burundi, du Rwanda et de la RDC
(ex-Zaïre), réunis à Kinshasa (ex-Léopoldville), ont jeté les premiers jalons de la future
coopération régionale entre les trois Etats. A cette occasion, les trois délégations en matière
de sécurité en vue de garantir la paix dans la région.5
Le 20 Mars 1967, à Goma en RDC, les présidents de ces trois pays ont signes la
« Déclaration de Goma » en s’engageant dans le communiqué final de se consulter
régulièrement sur les problèmes d’intérêt commun et à se communiquer tous les
renseignements relatifs au maintien de la sécurité leurs pays.6
Par cette déclaration, les trois pays ont confirmé leur volonté commune de créer une
unité plus vaste transcendant les particularités nationales et renforçant la compréhension
entre les Etats afin de répondre aux profondes aspirations des populations à la consolidation
d’une fraternité et d’une solidarité intègre dans les domaines économiques , technique ,
financier et culturel.7
Depuis lors, la chronologie des rencontres réalisées se présente comme suit :
Du 13 au 15 janvier 1970, il s’est tenu à Bruxelles des réunions des techniciens dans le
domaine de l’énergie dont la signature du protocole d’accord porte sur la création d’une
société multinationale chargée de la production et du transport de l’énergie électrique dans
la région de grands lacs ;
Du 15 au 19 avril 1971, la réunion ministérielle à Bujumbura a proposé aux chefs d’Etat
la création d’un organisme « comite permanent de coopération » en septembre, les
ministres de l’éducation nationale, réunis à Bujumbura, ont élaboré un projet d’accord
ailleurs et technique.8
En 1973, la conférence au sommet à Goma a donné un nouvel élan a la tripartite avec
l’avènement de la deuxième République au Rwanda.
3
https:// Sine lac, org/La-cepgl
4
CEPGL, 10 ans après l’indépendance : 1976-1986, Edition Printed Kigali, 1986, p.16
5
Recueil des textes constitutifs, accords et conventions de la CEPGL, Edition Saint Paul, Kinshasa, 1979, p.7
6
Idem
7
KABAMBA WA KABAMBA, les organisations Internationales Africains, Notes de cours Première licence R.I,
FSSAP. UNIKIN, 2004-2005, p.87
8
Idem, p.87-89
En effet, en juin 1973, les réunions d’expert et des ministres des affaires étrangères
ont préparé la conférence au sommet, tenu à Bujumbura du 10 au 12 juin, qui a
institutionnalise la conférence tripartite a 3 minéraux.
Sommet des chefs d’états ;
Conférence des ministres des affaires étrangères et de la coopération
internationales ;
Conférence des techniques
Les ministres des affaires étrangères et de la coopération internationale étaient charges
d’étudier les modalités pratiques du fonctionnement de l’institution.
Du 29 avril au 3 mai 1975, la conférence d’experts et celle des ministres ont abouti à la
« déclaration solennelle de la tripartie de BUKAVU » qui a décidé la création du « comité
permanent de coordination de la tripartie » dont le siège est à Kigali. Ce comité devra
fonctionner jusqu’à l’avènement de l’organe définitif consacrant l’institutionnalisation de la
tripartie par décision des trois chefs d’états.
Du 10 au 13 mai 1975 la sécurité de la région a fait l’objet d’une réunion à Gisenyi ;
Du 16 au 21 juin 1975, la réunion d’experts à Kigali suivie de la conférence des
ministres des affaires étrangères et de la coopération Internationales ont adopté huit
accords et conventions ci-après :
1. La convention générale de coopération économique technique, scientifique et
culturelle ;
2. La convention judiciaire ;
3. La convention sanitaire ;
4. L’accord complémentaire en matière de sécurité ;
5. L’accord commercial ;
6. L’accord de coopération touristique ;
7. L’accord portant organisation du commerce et de coopération douanière ;
8. L’accord culturel, scientifique et technique.
Ces réunions ont également adopté deux projets de documents soumis à l’approbation des
3 chefs d’Etat ;
Convention portant création de la Communauté Economique des Pays de Grands
Lacs (CEPGL) ;
Traite d’amitié et de coopération entre la République du Burundi, la République
Rwandaise et la République Démocratique du Congo.
Du 28 au 29 Janvier 1976 à Kisangani, les chefs d’Etat ont chargé les Ministre des
Affaires Etrangères et de la coopération d’organiser les réunions tripartites à caractère
technique prévues au programme et de mettre sur pied un mécanisme permanent de
concertation ;
Du 12 au 13 Avril 1976 la réunion ministérielle à Kigali est sanctionnée par la signature
d’un protocole d’Accord relatif à la convention en matière de politique extérieure entre les
trois pays et la fixation de calendrier de rencontre tripartite des Ministres et d’Experts
comme suite ;
Du 3 au 5 Mai 1976 à Bujumbura : réunion ministérielle de l’information ;
Le 24 Mai 1976 à Lubumbashi : réunion en matière de sécurité ;
Du 3 au 5 Juin 1976 à Kigali : réunion des Experts en matière de sécurité sociale ;
Les participants ont émis le vœu de recouvrir à l’expérience des organisations
internationales spécialisées du travail et de la sécurité sociale auxquelles les Etats respectifs
ont adhéré.
A cet effet, la partie Rwandaise a soumis, pour avis, le projet de la convention au
Bureau International du Travail à Genèse.
Du 26 au 28 Juillet à Bukavu : réunion des experts en matière de Banque et échanges
frontalière ;
Du 1er au 5 Aout 1976 à Bujumbura : réunion des experts en matière Judiciaire
(conclusion d’un accord judiciaire en matière civile et commerciales).
2. Naissance de la CEPGL
Le 20 Septembre 1976 à Gisenyi (Rwanda), le président Burundais J.B BAGAZA,
Rwandais Juvénal HABYARIMANA et Congolais (ex-zaïre) Joseph Désiré MOBUTU SESE SEKO
ont signé la convention constitutive de la Communauté Economique des Pays des Grands
Lacs, en sigle CEPGL.
En vertu de la mise en œuvre de la convention constitutive de la CEPGL, 2 autres
rencontres ont été organisées : la conférence au sommet de Bukavu (fin Décembre 1976) et
la réunion ministérielle à Kigali (les 7 et 8 Janvier 1977).9
Il sied de signaler que les motivations de la naissance de la CEPGL sont d’ordre
historique géopolitique et économique, notamment le renforcement de la sécurité
commune des Etats membres, l’intégration économique et la facilitation des mouvements
des biens et des personnes.
En effet, sur le plan historique, à l’ère coloniale, le Burundi, le Rwanda et la RDC
formaient « Afrique Belge ». Bien que Juridiquement distincts par le fait que le « Congo
Belge » formait une colonie alors que les deux autres constituaient ensemble un territoire
sous mandat Belge, il n’en demeure pas moins que les trois pays étaient administrés par la
même puissance colonisatrice.
Ces trois territoires restent encore marques par des liens de similitude et d’apparence
à une même tradition, à une même communauté culturelle ayant des aspirations communes
à la paix, à la sécurité et au progrès. En outre, les populations riveraines des Grands Lacs se
sont tellement brassées les pouvoirs étatiques ne pouvaient que prendre fait et cause pour
ce phénomène.
9
Recueil des textes constitutifs, accords et conventions de la CEPGL, Edition Saint Paul, Kinshasa, 1979, p.7
Par ailleurs, la politique du bien voisinage, menée avec fruit par les dirigeants des Pays
des Grands Lacs, a été un leitmotiv décisif dans la création de la communauté économique
des Pays Grands Lacs. Cette considération incontestablement marqué la suite des
évènements, notamment la signature à Kinshasa le 29 Août 1966, de l’accord sur la sur la
sécurité qui est à juste titre considéré comme le point de lancement de l’édifice
communautaire.10
II. STRUCTURES ET ORGANISATION DELA CEPGL
A. Organe de la CEPGL
Aux termes de l’article 2 de la convention de Gisenyi et selon les attributions de se
organes, la CEPGL est une organisation sous régionale à vocation politique, économique et
d’intégration. Pour son bon fonctionnement, ses Etats membres ont mis en place 5 organes
ci-après : la conférence des chefs d’Etats ; le conseil des Ministres ; la commission technique
spécialisées ; secrétariat exécutif permanent ; la commission consultative ;
1. La conférence des chefs d’Etats
C’est l’instance suprême de la communauté et dispose du pouvoir de décision dans
tous les domaines elle renforce l’unité et la solidarité des Etats, harmonise la politique de la
communauté, contrôle les travaux du conseil des Ministres, adopte le budget annuel de la
communauté, nomme le secrétaire exécutif et son adjoint pour une période de 4 ans
renouvelable, fixe le siège de la communauté, décidé de la création des organes spécialisés
et services communs. Elle peut déléguer au conseil son pouvoir de décision dans la matière
qu’elle détermine.
La conférence se réunie en session ordinaire une fois l’an et en session extraordinaire
chaque fois que les besoins se présentent.
Sa présidence est assurée, chaque année et à tour de rôle, par un chef de l’Etat d’un
pays membre selon l’ordre alphabétique de désignation des pays membres de la
communauté. Ses décisions s’imposent à tous les pays membres. Elle prend ses décisions à
l’unanimité de ses membres et chaque Etat dispose d’une voix délibérante. Les décisions
adoptées par la conférence s’impose à tous les Etats membres qui s’engagent à en assurer
l’application.11
2. Le conseil des Ministres
Le conseil des ministres est l’institution chargée d’élaborer et de proposer à la
conférence des chefs d’Etats les mesures générales des politiques de développement et de
coopération entre les membres de la CEPGL.
Sa présidence est assurée chaque année, à tour de rôle, pour un ministre des affaires
étrangères d’un Etat membre autre que celui qui assume la présidence de la conférence des
10
Journal officiel sur la CEPGL, (publication annuelle 1984, Numéro VI). 5ème année, Amendement à la
convention du 20 Septembre 1976 portant création de la CEPGL, p.20
11
Article 6 à 10 de la convention de Gisenyi portant création de la CEPGL
chefs d’Etats. D’une manière brève, il se charge de promouvoir toutes les actions tendant à
la réalisation des objectifs définis.
3. Secrétaire exécutif permanent
Il est l’organe permanent d’exécution et d’étude au sein de la communauté. Il a pour
mission d’élaborer des projets d’intérêt commun, d’effectuer toutes les études nécessaires à
la programmation de la coopération de suivre la réalisation des projets en cours d’exécution
et de préparer les réunions communautaires ; notamment en établissement les rapports
annuels et en préparant le budget de fonctionnement et d’investissement.
Il est charge également de la coordination des activités des institutions spécialisées de
la communauté. Cette coordination vise à harmoniser, à conjuguer et à rationaliser les
activités de ces institutions.12
Le secrétaire exécutif soumet aux Etats membres des propositions concrètes ayant
trait notamment à l’implantation des industries, compte tenu des critères communs,
d’avantage mutuels et du volume des échanges commerciaux provenant de ces mêmes
industries ; il s’occupe de suivre la réalisation des projets en cours d’exécution, de formuler
des propositions et modification des réajustements éventuels, de signaler les solutions. 13
Il est dirigé par un secrétaire exécutif assisté de deux secrétaires exécutifs et d’un
personnel administratif et technique.
4. La commission technique spécialisée
Elle est chargée dans son domaine de compétences respectives d’évaluer
périodiquement l’état de la coopération, de veiller à l’exécution des décisions de la
conférence, notamment en assurant la mise en œuvre des accords et convention existants.
La communauté dispose de trois commissions techniques spécialisées des affaires
économiques, sociales, de transports et communication, la commission technique
spécialisée des affaires politiques, juridique, de la sécurité et de l’immigration ; la
commission technique spécialisée des affaires techniques, de la culture et de la sante.
Chaque commissions comprend les ministres de chacun des Etats membres chargés du
domaine concernes. Ils sont assistés par des conseillers.
Les commissions techniques spécialisées se réunissent une fois l’an et sont présidées à
tour de rôle par le ministre dont le pays assure la présidence du conseil.
5. La commission consultative
Auparavant appelée commission d’arbitrage, elle est devenue ensuite la commission
consultative. Elle est compétente pour connaitre des affaires que les Etats membres lui
soumettent, relatives à l’interprétation et à l’application de tous les textes fondamentaux de
la communauté et de ceux régissant les organisations spécialisées. Elle donne des avis sur
des questions relatives au respect du droit dans l’interprétation. Le président de la
commission consultative est nommé par le président en exercice de la conférence sur la
12
Protocole relatif à la coordination des activités spécialisé de la CEPGL. Article 1-19
13
Article 19 à 23 de la convention de Gisenyi
proposition des membres effectifs. Cette commission se réunie selon les besoins de son
fonctionnement sur convocation de son président. Ses décisions sont prise à la majorité
absolue et ont force exécutoire et obligatoire. Elle joue le rôle du pouvoir judiciaire de la
communauté.
B. SIEGE
La Communauté Economique des Pays des Grands Lacs joue un rôle crucial dans la
promotion de la coopération régionale et du développement économique entre le Burundi,
la RDC et le Rwanda. Pour atteindre ses objectifs, une structure administrative efficace et un
siège bien situé sont essentiels.
1. Localisation
Le siège de la CEPGL est situé à Gisenyi, une ville du Rwanda, qui se trouve à proximité
de la frontière avec la République Démocratique de Conge. Cette localisation géographique
est stratégique, car elle facilite la coopération entre les trois Etats membres et symbolise
l’engagement de la communauté à construire des relations pacifiques et durables.
2. Importance du siège
Le choix de Gisenyi comme siège de la CEPGL à plusieurs implications :
Accessibilité : la proximité des pays membres facilite les rencontres et les
représentants des Etats.
Symbolisme ; le choix d’une ville située à la frontière entre le Rwanda et la RDC
souligne l’importance de la réconciliation et de la coopération régionale.
Infrastructure : Gisenyi dispose d’infrastructures adéquates pour accueillir des
conférences, des réunions et des activités liées à la CEPGL.
III. FINANCEMENT ET RESSOURCES
Le financement des activités de la CEPGL repose sur plusieurs sources :
Contribution des Etats membres : chaque Etat est tenu de contribuer financièrement
au budget de la CEPGL, en fonction de sa capacité économique ;
Partenariats : la CEPGL collabore avec des organisations internationales, des ONG et
des bailleurs de fonds pour obtenir des financements pour des projets spécifiques ;
Projet de développement : la communauté peut également générer des ressources à
travers des projets de développement, ce qui lui permet d’élargir son champ
d’action.
IV. LES INSTITUTIONS SPECIALISEES DE LA CEPGL
Au cours de son existence, la CEPGL a également mis en place des organisations
spécialises et des entreprises communes :
1. La BDGEL.
La BDGEL a été créée le 09 Septembre 1976 et a son siège au Nord-Kivu précisément à
Goma. Elle a été fonctionnelle entre 1984 et 1994 mais ses activités ont cessé depuis 1995 à
cause de la faillite de la banque. Cette institution s’était assigne les objectifs suivants :
Promouvoir le développement économique et social des Etats membres ;
Renforcer la coopération entre les Etats membres en finançant les projets communs,
communautaires et nationaux visant l’intégration de leurs économiques ;
Mobiliser les ressources financières publique et privées, intérieures et extérieures à
des fins de développements des Etats membres ;
Fournir aux Etats membres et à leurs institutions nationales de développement
l’assistance technique et financière dans les études, la préparation et l’exécution des
projets.
La banque était gérée par l’assemblée générale des actionnaires, le conseil
d’administration et le Directeur général.
2. LA SINELAC
Créer le 20 Aout 1974 et intégrée à la CEPGL le 24 Mai 1989 la SINELAC est une
société de forme commerciale et de droit international public.
Elle a en charge la construction et l’exploitation de la centrale hydro-électrique de
RUZIZI II, ainsi que la commercialisation de l’énergie produite aux trois pays membres via
leurs société nationales d’électricité ; à savoir la SNEL pour la RDC, la REGIDESO pour le
Burundi et l’ELECTROGAZ pour le RWANDA. Elle a son siège à Bukavu au Sud-Kivu en
République Démocratique de Congo.
Elle a les organes suivant qui interviennent dans sa gestion :
L’Assemblée générale, composé de l’ensemble des associés représenté par les
ministres ayant l’énergie dans leurs attributions ; Le conseil d’administration
composée de six administrateurs désignés à raison de deux par associé ;
Un comité de Direction présidé par un DG et composé de 3 membres de nationalités
différentes ;
Un collège de trois commissaires aux comptes de nationalité différentes.
3. l’IRAZ
Créé en à l’issue de la conférence des chefs d’Etat du 8 au 9 Décembre 1979 jouit
d’une autonomie administrative, financière et technique. Elle a pour mission principale de
faire la recherche dans le domaine agronomique et zootechnique et de participer à
l’exécution des projets communautaires, dans le but de favoriser l’autosuffisance
alimentaire des pays membres. L’IRAZ a concentré ses programmes de recherche sur la
banane, les ressources phylogénétiques, les plantes à racines et tubercules, ruminant,
l’agro-climatologie, ainsi que sur la réalisation d’un centre de documentation, d’information
et de formation agricole. Son objectif est d’étudier et d’exécuter les projets communautaires
en matière agricole et zootechnique en fonction d’un programme élaboré par les organes
compétents de la CEPGL. Son siège est fixé à Gitega au Burundi.
4. L’EGL
Créer en 1974 comme une asbl, l’EGL a été intégrée au sein de la CEPGL en 1976 par
décision du sommet des chefs d’Etas en tant qu’organisme chargé de la coopération
énergétique entre les Etats membres. Il s’agit de toutes les formes d’énergie, son siège est à
Bujumbura, au Burundi. Sa mission principale est d’assurer la coopération entre les Etats
membres dans le secteur de l’énergie. Son rôle est de promouvoir les projets énergétiques
intéressant les 3 pays. Cet organe a activement participé au processus à la base de la
construction de la centrale communautaire de la Ruzizi II, dont la puissance actuelle est de
43,2 MW.
Notons cependant que la CEPGL se fonde sur des principes proches des expériences de
l’Union Européenne et du Benelux : le principe de libre circulation des personnes, des biens,
des capitaux et des services et un droit d’établissement au sein de trois pays ; l’ouverture
des frontières entre pays membres et une politique douanière comme vis-à-vis de l’extérieur
, le développement des infrastructures, de communications, des banques…, la convergence
et l’harmonisation des politique économiques, sociales et agricoles.
V. CONCLUSION
La Communauté Economique des Pays des Grands Lacs représente un cadre unique de
coopération régionale entre le Burundi, la RDC et le Rwanda. Depuis la création en 1976, la
CEPGL a été un vecteur important d’intégration économique et d’échange culturel, visant à
promouvoir le développement durable et à améliorer les conditions de vies des populations
de la région.
L’analyse des structures administratives des organes de décision et des projets initiés
par la CEPGL met en lumière les efforts déployés pour relever les défis communs, tels que la
pauvreté, l’instabilité politique et le manque d’infrastructures. Le siège de la CEPGL à Gisenyi
constitue un symbole d’engagement en faveur de la paix et de la coopération, tout en
offrant un espace propre au dialogue entre les Etats membres, la CEPGL fait face à des défis
majeurs qui entrainent son efficacité. Les tensions politique, les vises humanitaires et les
disparités économiques entre les pays membres compliquent la mise en œuvre des projets
et la consolidation des relations. De plus, la nécessité de renforcer les capacités
institutionnelles et de favoriser une gouvernance efficace est primordiale pour garantir
l’atteinte des objectifs de la communauté.
Pour aller de l’avant, la CEPGL doit renforcer ses partenariats avec d’autres
organisations régionales et internationales, tout en mobilisant des ressources financières et
techniques pour ses projets. L’engagement des Etats membres à coopérer sur des questions
clés, telles que la sécurité, le développement économique et la protection de
l’environnement, est essentiel pour créer un climat de confiance et de solidarité.
La CEPGL a le potentiel de jouer un rôle central dans le développement régional et la
promotion de la paix dans les Grands Lacs. En capitalisant sur ses forces, en surmontant ses
défis et en s’engageant dans une coopération véritablement intégrée, la CEPGL peut
contribuer à bâtir un avenir meilleur pour les populations de cette région riche en
ressources, mais également marquée par des enjeux complexes. La pérennité de cette
communauté repose sur la volonté collective de ses membres de travailler ensemble pour
un avenir harmonieux et prospère.