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Concurrence

L'UEMOA, créée par le Traité de Dakar en 1994, vise à renforcer la compétitivité économique des États membres et à établir un marché commun. La régulation de la concurrence est essentielle pour garantir un environnement économique sain, mais elle est confrontée à des défis d'indépendance et de transparence des organes régulateurs. L'analyse de la régulation dans l'UEMOA met en lumière la nécessité d'améliorer la culture de la concurrence et de renforcer les mécanismes de contrôle.

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Concurrence

L'UEMOA, créée par le Traité de Dakar en 1994, vise à renforcer la compétitivité économique des États membres et à établir un marché commun. La régulation de la concurrence est essentielle pour garantir un environnement économique sain, mais elle est confrontée à des défis d'indépendance et de transparence des organes régulateurs. L'analyse de la régulation dans l'UEMOA met en lumière la nécessité d'améliorer la culture de la concurrence et de renforcer les mécanismes de contrôle.

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Introduction

Institué par le Traité du 10 Janvier 1994 de Dakar, l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest
africaine) est une organisation sous-régionale composée de huit (8) pays 1. Elle s’est fixé entre autres
objectifs2 de « renforcer la compétitivité des activités économiques et financières des Etats membres
dans le cadre d’un marché ouvert et concurrentiel… ». En outre, cet objectif devrait à terme permettre
à l’aboutissement de la création « entre les Etats membres un marché commun…».

Par ailleurs, l’UEMOA a été institué pour poursuivre et compléter les œuvres de l’UMOA sur le plan
économique, en renforçant le principe de « l’économie de marché ouverte, concurrentielle et
favorisant l’allocation optimale des ressources3 ». Cette position est d’ailleurs confortée par une partie
de la doctrine, qui affirme que « la création d’un marché commun entre États membres de la CEMAC
et de l’UEMOA est l’un des objectifs de ces deux regroupements sous-régionaux4 ». Cette perspective
de regroupement a des implications sur la politique d’organisation des marchés nationaux qui
deviennent communautaire. Par voie de conséquence, « le marché commun (ouvrira) légitimement
aux entreprises la possibilité de développer des stratégies de conquête de nouveaux marchés,
d’amélioration de leur compétitivité par la réalisation des économies d’échelle 5». Aussi, convient-il
d’ajouter comme autres facteurs qui militeraient en faveur de la structuration du marché commun
UEMOA, les réformes économiques libéralistes entreprises par les Etats de l’UEMOA et un autre
argument tout aussi important, l’influence de la mondialisation, couplé de la pression des institutions
financières internationales.

En effet, les institutions de Bretton-woods au début des années 90 ont incité les Etats membres de
l’UEMOA à « créer un environnement propice à son (leurs) développement(s) économique(s) et à son
(leurs) insertion(s) dans l’économie mondiale. » Ce qui a conduit à une imposition de certaines
réformes parmi lesquelles, « figure aux premiers rangs, la réglementation de la concurrence
interne6. »

Un ensemble de facteur lié à l’environnement économique interne et externe de l’union convergeaient


et avaient pour objectif de rendre nécessaire 7 la règlementation du marché commun de la zone
1
Les Etats membres sont au nombre de huit (8). Sept (7) initialement dès la signature du Traité en 1994, elle
comptait la Côte d’ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, et le Togo. La Guinée-Bissau a intégré l’union que le 2
mai 1997.
2
L’art.4 du Traité révisé de l’UEMOA rappel qu’au-delà des objectifs du Traité de l’UMOA, l’UEMOA
poursuit des objectifs spécifiques.
3
Voir le point 6 du préambule du Traité UEMOA.
4
Flavien TCHAPGA, Concurrences N° 1-2013, Horizons, CEMAC et UEMOA : Entre urgences économiques et
contraintes budgétaire, p.238.
5
Ibid.
6
Mise en œuvre des règles de la concurrence au Burkina : concurrence législative ou situation de double voire de
triple emploi ? Article de l’équipe CUTS du Burkina Faso, N°8 de Juillet 2010, p.1.
7
Flavien TCHAPGA, Opt. Cit : « L’argument de la cohérence conceptuelle des politiques économiques suggère
que l’émergence des politiques de la concurrence dans les pays de la CEMAC et de l’UEMOA est un volet
complémentaire des réformes économiques d’orientation libérale : elle n’est donc pas une option, mais une

1
UEMOA. Il fallait donc l’institution d’un droit de la concurrence efficace. En tout état de cause, et en
regardant de plus près, il ne serait pas inintéressant d’affirmer que le droit de la concurrence reste la
priorité et le défi majeur que l’UEMOA s’était fixée. En effet, cette assertion se confirme quand on
observe l’arsenal législatif8 important que cette organisation ait consacré au droit de la concurrence
communautaire9.

Toutefois, la préoccupation majeure que pose le droit de la concurrence UEMOA reste avant tout celle
de la « connaissance de son contenu exact 10 ». Un essai de solution à cette problématique nous
conduira à faire une analyse du système général de la régulation dans l’espace UEMOA ; à travers un
questionnaire qui permettra de passer en revue les caractéristiques essentielles de ce droit. Ainsi, cette
contribution sera prioritairement axée sur l’étude des organes et sur l’organisation pratique de cette
régulation, mais portera également sur l’examen du mécanisme de contrôle de cette régulation et sur
sa qualité. Il est clair que cette analyse contribuera à soutenir ce système, et cela à un double point de
vue. D’une part, elle aidera à garantir sa saine utilisation car, nous pouvons l’affirmer, les populations
de l’espace UEMOA n’ont jusque-là pas encore véritablement intégrés « la culture de la
concurrence11 ». D’autre part, elle nous permettra, de faire des recommandations utiles dans l’optique
d’améliorer ce système de régulation.

nécessité. », p.239.
8
Voir le Règlement N°02/2002/CM/UEMOA relatif aux pratiques anticoncurrentielles à l’intérieur de
l’UEMOA ; le Règlement N° 03/2002/CM/UEMOA relatif aux procédures applicables aux ententes et aux abus
de position dominante à l’intérieur de l’UEMOA ; le Règlement N°04/2002/CM/UEMOA relatif aux aides
d’Etat à l’intérieur de l’UEMOA et aux modalités d’application de l’art.88(c) du Traité ; la Directive
N°01/2002/CM/UEMOA relative à la transparence des relations financières d’une part entre les Etats membres
et les entreprises publiques, et d’autre part entre les Etats membres et les organisations internationales ou
étrangères ; et la Directive N° 02/2002/CM/UEMOA relative à la coopération entre la Commission et les
structures nationales de concurrence des Etats membres pour l’application des art.88,89 et 90 du Traité de
l’UEMOA.
9
Selon Ramata FOFANA/OUEDRAOGO, au sens strict du terme « le droit de la concurrence désigne essentiellement le
droit des pratiques anticoncurrentielles (ententes et abus de domination), le contrôle des concentrations ainsi que le contrôle
des aides d'État » in rapport du Séminaire organisé par l’UIA en collaboration avec l’ordre des avocats du Benin,
Droit communautaire de la concurrence, un nouveau chantier d’exercice, le 23 mars 2013,p.1 . Le professeur Yves
SERRA « le droit de la concurrence comprend l’ensemble des dispositions qui régissent les rapports entre professionnels
dans leur activité concurrentielle pour réguler la concurrence. » in Le droit français de la concurrence, Dalloz, Collection
Connaissance du droit, 1993, p.1-2, cité par Coulibaly Abou Saïd, Droit de la concurrence de l’UEMOA, OHADATA-D-05-
27, p.1.
10
Coulibaly Abou Saïd, Droit de la concurrence de l’UEMOA, OHADATA-D-05-27, p.4.
11
Voir le Rapport de synthèse des Nations Unies sur l’examen collégial volontaire des politiques de concurrence
de l’UEMOA, du Benin et du Sénégal, réalisé Guy CHARRIER et par COULIBALY Abou Saïd, p.28.

2
La nécessité d’une régulation de l’économie apparait dès lors que le système économique est le
capitalisme. La régulation est d’autant plus utile dans la mesure où elle contribue efficacement à
canaliser les excès et les dérives que pourrait produire ce système qui est indissociable de la liberté de
commerce et d’entreprise. Dans le système économique capitaliste, l’excès de liberté conduit
généralement à des abus qui ont un impact considérable sur la vie quotidienne des populations. Les
Etats capitalistes, conscient des effets que pourraient engendrer ce système, sont dans l’obligation de
réguler leur marché. Cette stratégie n’a d’autres fins que de protéger l’intérêt des consommateurs mais
surtout de promouvoir, l’efficacité économique et le développement de la technologie.

Dans le cas des pays de la zone UEMOA, au-delà de ses objectifs, la régulation vise
fondamentalement la réduction de la pauvreté et la répartition équitable des richesses. Les politiques
de régulation dans les Etats de l’espace UEMOA ont vu le jour pour permettre à ces Etats ; en dehors
des objectifs classiques12 et spécifiques13 que peut viser une régulation ; de contenir les effets de la
mondialisation. Même si le besoin de régulation s’est fait sentir dans à un moment donné de la vie de
ces Etats, il convient de rappeler qu’un cadre à la fois historico-politique et socio-économique s’y
prêtait déjà.

Sur le plan historique, on peut compter deux aspects. D’une part, l’influence de la métropole, le
système juridique colonial hérité de la France, régulait son marché et donc ses colonies l’on suivi par
effet de mode, comme c’est le cas dans bon nombre de secteur. D’autre part, cela proviendrait du
système économique hérité de la France, le capitalisme qui nécessite la technique de régulation.

Sur le plan politique, la régulation est un outil efficace qui permet à l’Etat membre de l’UEMOA de
contrôler une grande partie de l’économie 14 et d’orienter par conséquent leurs plans de développement.
Enfin, le volet socio-économique de la régulation dans notre espace, reste intimement lié à la politique.
Il est un moyen qu’utilise les politiques pour espérer réaliser leurs objectifs de développement et de
lutter contre la pauvreté.

12
Initialement, la régulation permet de canaliser les excès et les dérives que pourrait produire les acteurs du
marché et de prévenir les dangers que cela pourraient entrainer.
13
La régulation permet à chaque Etats de solutionner des questions propres à son système économique. Dans la
situation des Etats de l’espace UEMOA, il permet de contrôler leurs marchés et donc de jouer leurs rôles de
protection de leurs citoyens mais aussi de leur permettre d’orienter et d’assoir leurs politiques économiques.
14
Le secteur formel, car le secteur informel est difficilement appréhendable par l’Etat.

3
I. Les organes régulateurs

[Link] la détection du pouvoir de régulation de l’économie

Pour qu’un organe puisse agir dans n’importe quel des domaines, il faille qu’il soit doté de pouvoir.
Dans notre espace UEMOA, les organes des régulations sont à la fois supranationaux et nationaux. Il
n’existe pas d’organe de régulation à part entière dans le système de régulation UEMOA. Au niveau
national, le pouvoir de légiférer est détenu exclusivement par le législateur. C’est le cas en Côte
d’ivoire15 à l’instar des autres pays de l’espace. Toutefois, nous devons rappeler qu’en ce qui concerne
le domaine de la concurrence, les Etats de l’espace UEMOA sont en concurrence avec un organe
communautaire qui lui détient également le pouvoir de légiférer en la matière, c’est la Commission de
l’UEMOA qui a reçu par délégation ce pouvoir des Etats.

[Link] l’indépendance des autorités de régulation

En ce qui concerne la question de l’indépendance des organes de régulation de la zone UEMOA,


notons que ces organes sont composés de la Commission et des Structures nationales de concurrence.
Dans un premier temps, le caractère indépendant de la Commission parait indiscutable. Ce constat se
base sur le fait que la Commission agit en toute en indépendante et ne doit recevoir d’ordre d’aucun
Etat. Les membres « ne sollicitent ni n’acceptent d’instructions de la part d’aucun gouvernement 16».
Mais, la nomination des membres de la Commission est l’œuvre de la Conférence des Chefs d’Etat et
de gouvernement17. Dans un second temps, les Structures nationales de concurrence peuvent être des
Autorité Administrative Indépendante18 (AAI). C’est le cas de la de Commission de la concurrence et
de la lutte contre la vie chère de la Côte d’ivoire en particulier. Pour la plupart, ces Structures
nationales de concurrence sont des organes administratifs. Ce qui pose inévitablement l’inquiétude du
degré d’indépendance de ces organes vis-à-vis du pouvoir exécutif.

Ce degré d’indépendance laisse à désirer. Il en est ainsi, dans la mesure où les membres de la
Commission, organe de régulation communautaire, sont désignés par la Conférence des Chefs d’Etat
et de Gouvernement, comme précédemment indiqué. A l’instar, de la Commission, les membres de la
Commission de la concurrence et de la lutte contre la vie chère de Côte d’ivoire, sont nommés par
décret, c’est-à-dire par l’exécutif. Pour résumer, nous pouvons affirmer que c’est la Conférence des

15
Voir l’art.71 de la Constitution de la Côte d’ivoire.
16
Voir art.28 du Traité instituant l’UEMOA.
17
Voir Art. 27 al.1 du Traité instituant l’UEMOA.
18
Voir l’art.7 de l’ordonnance N°2013-662 du 20 Septembre 2013 relative à la concurrence.

4
Chefs d’Etat et de Gouvernement19 qui désigne les membres du Commission et par endroit, en Côte

d’ivoire, notamment, c’est l’exécutif20 qui désigne les membres de l’organe de régulation. La durée du
mandat des membres de la Commission est de quatre (4) ans, renouvelable 21.

Pour ce qui est de la possibilité de l’exécutif d’amender les décisions de la Commission, il importe de
préciser que cela n’apparait pas possible. En d’autres termes, la Conférence des Chefs d’Etat n’a pas le
pouvoir de reformer les décisions de la Commission. Elle est autonome et indépendante. Ses décisions
peuvent être réformées que par la Cour de Justice.

[Link] le choix du niveau de pertinence géographique

La régulation est faite concurremment au niveau supranational et national dans l’espace UEMOA. La
sphère géographique ne dépend aucunement du secteur. Alors Comment s’articulent ces différents
niveaux géographiques ? Existe-t-il un principe de subsidiarité ? Existe-t-il un pouvoir d’évocation ?

Le droit de la concurrence UEMOA ne connait pas le principe de la subsidiarité comme c’est le cas
dans la zone CEMAC. Il est plutôt appliqué le principe de l’exclusivité 22 au profit des organes de la
communauté en matière de concurrence. Cette exclusivité appartient à la Commission et la Cour.

[Link] le degré de transparence du fonctionnement des autorités de régulation

Les procédures de saisine, d’instruction, et de conduite des procédures intègrent les importants
principes de confidentialité, de l’autosaisine des organes, du droit de la défense, des recours à la
disposition des justiciables. Il convient donc d’affirmer qu’il existe une transparence suffisante sur le
plan formel, dans les procédures des autorités de régulations. Il est bon d’ajouter que, la jurisprudence
de la Cour, confirme cet élan de transparence dans la tenue de ces procédures. En effet, elle n’hésite
pas à condamner23 la Commission quand celle-ci est en contravention avec les dispositions
communautaires.

Pour les instructions des dossiers, ils se déroulent principalement en deux phases. Elles débutent par
les phases écrites et se poursuivent par des phases orales. L’art.16 du Règlement N°
3/2002/CM/UEMOA est très éloquent à ce sujet. Traiter la question de la transparence implique aussi
de s’interroger sur la possibilité de dénoncer de façon anonyme les pratiques interdites. En effet, cette
possibilité est accordée aux justiciables. Il ressort de l’art.14 du Règlement N° 3/2002/CM/UEMOA,

19
L’art.27al.1 du Traité instituant l’UEMOA.
20
Voir Art.10 de l’ordonnance N°2013-662 du 20 Septembre 2013 relative à la concurrence.
21
Voir l’art.27 al.2 du traité instituant l’UEMOA à ce sujet.
22
Voir l’avis n°003/2000 de la cour de justice de l’UEMOA en date du 27 juin 2000 relatif à l’interprétation des
art.88,89 et 90 du Traité sur les règles de la concurrence de l’union.
23
Voir les décisions suivantes : Arrêt de la cour 29 mai 1998 ; arrêt de la cour 29 mai 1998 ; arrêt de la cour 29
mai 1998 ; arrêt de la cour 20 juin 2001 ; arrêt de la cour 20 juin 2001 et la décision 002/2011/COM/UEMOA.

5
que : « la commission doit respecter l’anonymat du plaignant si celui-ci en fait expressément la
demande ». De ce qui précède, il est clair que l’on peut dénoncer une pratique anticoncurrentielle de
façon anonyme. Mieux encore, les principes qui régissent les procédures juridictionnelles sont
démocratiques. Cette analyse provient du Règlement N°03/2002/CM/UEMOA en ses articles 16,17 et
suivants. Ces articles abordent les questions des procédures contradictoires, des auditions à huis-clos,
des obligations de communications des griefs. De ce qui précède, nous pouvons affirmer que les
procédures juridictionnelles sont démocratiques dans le système de régulation UEMOA.

[Link] l’expertise et la crédibilité des organes de régulation

Où se situerait le curseur entre l’expertise et le politique dans les autorités de régulation ? En notre
sens, le curseur tend plus vers le critère politique que celui de l’expertise. Nous le pensons car, comme
nous le disions tantôt, les membres de la Commission sur l’échelon communautaire sont désignés par
la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement. En tout état de cause, même si les textes
imposent que cette désignation soit fondée sur des critères de compétence. Le volet politique nous
semble avoir plus de pesanteur.

Sur l’échiquier national, les organes sont des administrations et en Côte d’ivoire par exemple, l’organe
de national de concurrence a le statut d’Autorité Administrative Indépendante (AAI). Les responsables
de cette AAI sont nommées par l’exécutif. Ici également, la pesanteur politique est incontestable. Quid
de l’expertise des membres de ces organes ? Au niveau supranational, il convient de se référer aux
termes des dispositions de l’art. 27 du Traité instituant l’UEMOA. En effet, les membres de la
Commission sont « désignés par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement sur la base de
critères de compétences et d’intégrité morale ». L’objectivité du critère d’expertise reste à prouver
dans la mesure où la désignation se fait par les chefs d’Etat. Au niveau national, les membres des
Structures nationales de concurrence sont des administrateurs et donc des fonctionnaires. Ici,
également, le volet expertise est à relativiser sérieusement.

6
II- Les règles matérielles de la régulation

II.1. Sur l’articulation entre régulation transversale et sectorielle

Existe-il des organes de régulation transversaux coexistent-ils avec des organes de régulation
sectoriels ? D’abord, au plan communautaire comme national, il existe des organes et des
règlementations qui se veulent transversaux et d’autres sectoriels. En effet, les organes dits
transversaux régulent toutes les activités des acteurs dans l’espace sans en exclure une catégorie. Mais
à côté, pour renforcer la protection des consommateurs, il existe des règlementations spécifiques de la
concurrence dans certains domaines. Ensuite, c’est également le cas sur l’échiquier national, les
législations internes peuvent avoir des Structures nationales de concurrences sectorielles ou générales.
Il peut donc exister par conséquent plusieurs règlementations 24. Quels types de rapport ces organes à
vocations générales et spéciales entretiennent-ils ?

Par ailleurs, il existe des rapports privilégiés entre ses Structures. Etant toutes des structures
administratives, il est normal qu’elles entretiennent les relations habituelles que deux ou plusieurs
administrations dans un Etat peuvent entretenir. Il existe des délimitations fonctionnelles organisées
par les règlementations qui les instituent. Situé sur le même palier hiérarchique dans l’administration,
il n’existe pas en principe de rapport de demande d’autorisation, d’avis, sauf si ces mécanismes sont
légalement prévus par des textes. Il peut avoir prééminence d’un organe de régulation sur un autre
dans la mesure où, dans le domaine concerné, la structure de concurrence communautaire ou nationale
sectorielle soit plus spécialisée que sa consœur dans le domaine clé en question, c’est l’application du
principe, de la loi spéciale déroge à la loi générale.

Enfin, les articulations des organes communautaires et des organes nationaux restent tout de même
régis par l’art.3 par.325 de la Directive N°02/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2002, et cela sans préjudice
du caractère spécial ou général de la Structure nationale de concurrence.

24
Ramata FOFANA/OUEDRAOGO, Op. Cit., p.8.
25
De mener sur mandat exprès de la commission, ou de leur propre initiative, des investigations afin de déceler
les dysfonctionnements du marché ; d’élaborer et de transmettre périodiquement à la commission des rapports ou
des notes d’informations sur la situation de la concurrence dans les secteurs ayant fait l’objet d’enquêtes ; de
recevoir et transmettre à la commission les demandes d’attestation négatives, les notifications pour exemptions,
et les plaintes des personnes physiques ou morales ; de suivre en collaboration avec toute autre administration
habilitée, l’exécution des décisions qui comportent qui comportent à la charge des personnes autres que l’Etat,
une obligation pécuniaire et en faire un rapport périodique à la commission ; de procéder au recensement des
Aides des Etat en faire trimestriellement rapport à la commission ; de faire un rapport annuel sur l’état de la
concurrence dans le pays.

7
Comment sont fixées les délimitations entre secteurs ? A ce niveau, il est important de rappeler qu’au
plan communautaire et national, il y a des délimitations entre les secteurs, c’est-à-dire il existe des
règlementations spécifiques. Aussi, existe-il des Règlements et Directives qui ont une portée générale,
et donc ont vocations à réguler tous les secteurs d’activités.

Au plan national, au-delà des Structures nationales de concurrence, il existe des organes administratifs
régulateurs de certains secteurs de la vie économique. En Côte d’ivoire par exemple, le secteur de la
communication est sous divisée en organe régulation de l’audiovisuel, de la télécommunication et de
la presse. En conclusion, la régulation par secteurs ou sous-secteurs dépend de l’organisation interne
de chaque Etat. C’est le cas pour certains Etats comme le Burkina Faso.

II.2. Sur le degré de libéralisme de l’économie

Premièrement, tous les secteurs sont régulés au niveau communautaire par la régulation UEMOA, et
bénéficient par conséquent du même degré de régulation. Toutefois, au sein des Etats membres, il faut
faire remarquer que les secteurs sont régulés minutieusement ou non, selon l’importance dudit secteur,
et surtout selon la capacité de celui-ci à mobiliser les fonds.

Deuxièmement, les défaillances du marché sont décelées par le mécanisme d’enquêtes. Il appartient
aux Structures Nationales de Concurrence, de faire impérativement des rapports trimestriels et annuels
pour présenter un état des lieux de la concurrence dans les Etats membres. Il peut se faire par
dénonciation anonyme, par plainte enregistrée à la Commission. Cela peut être le fait d’entreprises,
d’un Etat, ou de toute personne physique et morale.

Troisièmement, la régulation intègre le plafonnage des prix dans certaines conditions. Toutefois, il
faudrait à toute fin utile signifier que sur le plan communautaire, il n’existe pas de mécanisme de
plafonnage en matière de régulation de plafonnage de prix. Le champ des pratiques
anticoncurrentielles est composé des interdictions prévues aux art.88 a, b et c 26 du Traité instituant
l’UEMOA. La doctrine les résume 27 en trois (3) domaines principalement les ententes
anticoncurrentielles, les abus de positions dominantes et les interventions publiques, ou en deux (2),
les pratiques imputables aux entreprises et celles imputables aux Etats.

En conclusion, les contrôles des concentrations et de la législation anti-trust sont biens existants. Et, ce
contrôle s’effectue a priori car, dans des situations les concentrations et les prescriptions anti-trust
peuvent être levés exceptionnellement, par l’autorisation d’exemptions. Elles permettent à la
Commission de valider les accords malgré les restrictions qu’il entraine. Le contrôle a posteriori est
26
Il s’agit des : accords, associations et pratiques concertées entre entreprises, ayant pour objet ou pour effet de
restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence à l’intérieur de l’Union ; toutes pratiques d’une ou plusieurs
entreprises, assimilables à un abus de position dominante sur le marché commun ou dans une partie significative
de celui-ci ; les aides publiques susceptibles de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou
certaines productions.
27
Ramata FOFANA/OUEDRAOGO, Op. Cit., p.7.

8
caractérisé par les enquêtes et le contrôle des structures nationales de concurrence sur le marché des
Etats membres.

II.3. Sur la régulation de l’économie et l’intérêt général

Le mandat de l’autorité de régulation communautaire de l’UEMOA, c’est-à-dire la Commission est


définit par le Traité communautaire instituant l’UEMOA. Le mandat des Structures Nationales de
Concurrence de régulation est quant à eux, sont définis par la Directive N° 02/2002/CM/UEMOA. Les
membres de la Commission de l’UEMOA sont désignés pour une durée de (4) ans renouvelable 28, par
la Conférence des Chefs d’Etats sur des critères de compétence et d’intégrité morale. Il convient, à
toute fin utile de préciser que la Commission en elle-même a un mandat permanent en la matière. Pour
ce qui est des Etats membres, les lois et ordonnances les instituant prennent le temps de préciser le
mandat qui leur est dévolu en se référant aux dispositions de l’UEMOA en la matière.

Est-ce que le mandat d’une autorité de régulation intègre la prise en compte d’intérêt supérieur ? De
l’intérêt général ? De la sécurité juridique ? Des interactions avec d’autres secteurs ? La réponse à
cette question doit être relativisée. Dans la mesure où, d’une part, les activités de ses organes de
régulation sont contrôlées par d’autres organes communautaires. Cela dénote un des aspects de la
sécurité juridique. Un autre aspect serait la stabilité des normes en la matière. En effet, depuis 2002 où
les Règlements, Directives et Actes additionnels en la matière ont été prises, il n’y a pas eu de
reformes intempestives. Au niveau des lois internes en matière de concurrence, mise à part les
obligations de mise en conformité qui ont été initiées par les Etats membres, dans les huit (8) pays de
l’union, il n’y a pas eu d’instabilité majeure. Enfin, avec la règlementation communautaire, les acteurs
économiques ont plus de visibilités sur les lois qui leurs sont prescrites dans le domaine de la
concurrence. En tout état de cause, les normes communautaires sont prioritaires sur les normes
nationales.

Pour ce qui est de l’intérêt général, il est dit à l’art.28 du Traité que : « la commission exercent leurs
fonctions en toute indépendance dans l’intérêt de l’Union ». Les compétences conférées à la
Commission en ce qui concerne sa capacité à s’autosaisir, à prendre des mesures provisoires « si la
pratique dénoncée porte une atteinte grave, irréparable, et immédiate à l’économie générale ou à un
secteur intéressée, ou à l’intérêt des consommateurs, ou des concurrents », montre le niveau de la
protection des intérêts communs. Ainsi, il apparait net que la problématique de l’intérêt général est
prise en compte dans le mandat des organes de régulation dans l’espace UEMOA. Bien au-delà,
l’intérêt général est mis en exergue lors des procédures devant la Commission, avec le respect du
contradictoire, de la confidentialité etc…

La jurisprudence reste jusque-là stable et prévisible à l’instar de la règlementation elle-même. La


décision ASKY, N° 002/2011/COM/UEMOA en est une confirmation. La jurisprudence de la Cour est
28
Voir art.27 du traité instituant l’UEMOA.

9
d’une qualité exemplaire dans les autres domaines de sa compétence, elle condamne les débordements
injustifiés de la Commission constamment. Il est important de relever, qu’il existe un cadre de
dialogue entre les autorités de régulations et les autorités non économiques, mais celui-ci est non
formel. Ce cadre n’est pas à l’image du prototype du CNIL en France. En effet, la Commission est
permanemment en contact avec le Conseil et la Cour ou elle peut intenter une action en manquement
contre un Etat membre. Cela va sans dire, que même si formellement il n’est pas fait mention de ce
cadre d’échanges, il existe en pratique. Mais, sa formalisation permettrait de la rendre obligatoire et
contribuera à renforcer les acquis en la matière.

10
III-Le contrôle de la régulation

III-1. Sur la production de normes et de règlementation

Les normes de la régulation sont conjointement produites par la Commission de l’UEMOA en ce qui
concerne le volet communautaire, et par les parlements et gouvernements des Etats membres pour les
volets nationaux. La Commission élabore les projets de textes qu’elle soumet au Conseil des Ministres
pour adoption. Il n’y a pas de partage des pouvoirs de production avec quelques agences que ce soit.
Au niveau National, cette compétence était dévolue aux organes législatifs 29 (faire des lois) qui
peuvent exceptionnellement déléguer ce pouvoir à l’exécutif (faire des ordonnances) en respectant les
procédures constitutionnelles prévues à cet effet, pour établir la régulation nationale du domaine de la
concurrence.

Comment ce pouvoir est-il reparti ? Ce pouvoir est détenu exclusivement par les organes législatifs. Il
n’est insusceptible de répartition. Sur le plan communautaire, ce pouvoir appartient à la Commission
et sur le plan nation soit à l’Assemblée Nationale30 ou au gouvernement31.

III-2. Sur les outils à la disposition des autorités de régulation

Les organes de régulation disposent d’outils efficaces pour la réalisation de leurs missions. Le
caractère exécutoire des décisions de la Cour en est un exemple. Aussi, referons-nous aux dispositions
de l’art.20 du Protocole additionnel N°1 relatif aux organes de contrôle de l’UEMOA et de l’art.57 du
Règlement N°1 /96/CM portant règlement de procédure de la Cour de justice de l’UEMOA, qui
révèlent le caractère exécutoire des décisions d’interdictions de la Commission. En effet « La décision
d’interdiction est obligatoire pour les entreprises destinataires, sous réserve de leur recours devant la
Cour de Justice. Elle est immédiatement exécutoire32».

Les organes de régulations disposent-ils de pouvoir normatif et de sanction ?

D’abord, pour ce qui est du pouvoir normatif appartient au Conseil des Ministres. Toutefois, les actes
juridiques adoptés par le Conseil sont proposés par la Commission 33. Le Conseil peut amender ces
propositions qu’à l’unanimité de ses membres. En ce qui concerne les pouvoirs normatif au niveau
national, il appartient au pouvoir législatif qui, dans la majeure partie des cas, doit se référer aux
Structures nationales de concurrence.

29
Voir art. 71 de la constitution Ivoirienne par exemple.
30
Côte d’ivoire (Ordonnance N°2013-662 du 20 Septembre 2013 relative à la concurrence.) ; BURKINA FASO,
(loi N°15-94 ADP 1994) ; MALI, (loi N° 98-019, aout 1998) ; SENEGAL (loi N° 94-63du 22 aout 1994) ;
TOGO, (loi N° 99-011du 27 décembre 1999) ; le BENIN.
31
NIGER, (Ordonnance N° 92-025 du 7 juillet 1992) et la Côte d’ivoire (Ordonnance N°2013-662 du 20
Septembre 2013 relative à la concurrence).
32
Ramata FOFANA/OUEDRAOGO, Op. Cit., p.14
33
Voir les arts.21 et 22 du traité modifié de l’UEMOA.

11
Ensuite pour le pouvoir de sanction, il convient de réponse à une telle question par l’affirmative. Le
pouvoir de sanction appartient à la Commission. En effet, l’art.90 du Traité donne le pouvoir à ladite
Commission de prendre toutes les décisions pour assurer l’application des prescriptions des art.88 et
89 dudit traité et relativement à la Concurrence dans l’espace UEMOA. Toutefois, l’Avis n° 003/2000
du 27 juin 2000 de la Cour de Justice de l'UEMOA laisse la compétence exclusive aux Etats membres
de prendre les dispositions pénales réprimant les pratiques anticoncurrentielles, les infractions aux
règles de la transparence du marché et à l’organisation de la concurrence

Par ailleurs, la Commission dispose même d’un pouvoir d’enquête et d’instruction que lui confère le
droit de la concurrence communautaire 34. En effet, la Commission peut auditionner les intéresser,
prendre des renseignements les concernant et de procéder à leur vérifications. Il est également reconnu
un pouvoir d’instruction à la Commission, elle se déroule sous une phase orale et une phase écrite 35.

La Commission dispose également du pouvoir de faire des injonctions, et de prononcer même des
interdictions. En ce qui concerne les décisions d’interdiction prise par la Commission, elles sont
systématiquement exécutoires pour les entreprises ou Etats auxquelles elles sont destinées. Et cela,
sous réserve de leurs recours devant la Cour de Justice. Les injonctions peuvent intervenir pour
prononcer « la cessation » de la poursuite ou la continuation d’une infraction dénoncée et/ou constatée
qui porte une atteinte grave, intolérable et immédiate à l’économie générale, ou à celle du secteur
intéressé, ou à l’intérêt des consommateurs ou des concurrents36.

L’article 23 du Règlement n° 03/2002/CM/UEMOA indique que la Commission a d’autres pouvoirs,


notamment celui de prononcer des astreintes. En fait, par voie de décision, prononcer à l’encontre des
entreprises et associations d’entreprises des astreintes à raison de 50 000 F à 1 000 000 F par jour de
retard, pour les obliger à mettre fin à une infraction à la législation communautaire de la concurrence,
à toute action interdite, à fournir de manière complète et exacte un renseignement qu’elle a demandé,
et enfin à se soumettre à une vérification qu’elle a ordonnée.

En outre, la Commission peut d’office se saisir, et dans cette même dynamique, peut prendre des
mesures provisoires après audition des intéressés dans des délais prévus par l’art.5.1 du Règlement n°
03/2002/CM/UEMOA. Ces dispositions peuvent avoir évidemment des effets structurels, et aussi des
effets sur les habitudes comportementales des entreprises destinataires. Au titres de ses prescriptions,
nous pouvons avoir non exhaustivement l'injonction de revenir à l'état antérieur ; la suspension de la
pratique concernée ; l'imposition de conditions nécessaires à la prévention de tout effet

anticoncurrentiel potentiel. Il convient de rappeler que ces mesures sont exécutoire immédiatement.

34
Le Règlement n° 03/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2002, d’un double pouvoir d’enquête selon les termes du
Juge FOFANA Ramata, Op. Cit. , [Link] les art.17 et suivants dudit Règlement.
35
Ramata FOFANA/OUEDRAOGO, Op. Cit., p.13.
36
Ibid.

12
Les autorités de régulation ont-ils un pouvoir transactionnel ? La Commission n’a pas le pouvoir de
transiger avec les auteurs des infractions en matière de pratiques anticoncurrentielles. Toutefois, la
Cour de justice dispose de ce pouvoir. Au niveau national par contre, les Structures nationales de
concurrence du Mali37, du Sénégal38, du Burkina39, du Togo40 et de la Côte d’ivoire41 ont la capacité de
transiger.

Enfin, la Commission dispose du pouvoir de s’autosaisir42. En effet, les dispositions tirées du


Règlement n° 03/2002/CM/UEMOA l’illustrent fort bien, notamment : « La Commission peut
constater d'office43 », « Si la Commission constate, sur demande ou d'office 44 », « La Commission
peut, d'office ou sur demande45 ». Aussi, lorsqu’une infraction aux dispositions de l’article 88 para. (a)
ou (b), du Traité, la Commission peut obliger par voie de décision ou par voies de mesures provisoires
les entreprises intéressées à mettre fin à l’infraction constatée. C’est le cas pour certaines la structure
nationale de concurrence, dont celle de l’Etat de Côte d’Ivoire 46, du Burkina47, du Sénégal48 et du
Togo49.

37
Voir l’art.55 de la loi N° 98-019, aout 1998 (Mali)
38
Voir 61 et 66 de la loi N° 94-63du 22 aout 1994 (Sénégal)
39
Voir les art.49 et 51 de la loi N°15-94 ADP 1994 (Burkina Faso)
40

41
Ici, dans certains cas prévus par les dispositions nationales, l’administration peut transiger.
42
Voir l’art.3, 4 et 16 du Règlement n° 03/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2002.
43
Art.3.1 Règlement n° 03/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2002.
44
Art.4.1 Règlement n° 03/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2002.
45
Art.5.1 Règlement n° 03/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2002.
46
Art.9 de de l’ordonnance N°2013-662 du 20 Septembre 2013 relative à la concurrence (Côte d’ivoire).
47
Art.2 de la loi N°15-94 ADP 1994 (Burkina Faso)
48
Art.10 al.2 de la loi N° 94-63du 22 aout 1994 (Sénégal)
49
Art 10 de la loi N° 99-011du 27 décembre 1999 (Togo)

13
IV- La portée de la régulation

IV-1. Sur les voies de recours

Il y a la possibilité d’intenter un recours administratifs gracieux dans le système communautaire de


régulation UEMOA. Les recours gracieux sont admis que dans trois domaines. Lors de la procédure
d’adoption de l’attestation négative et de l’exemption individuelle ; lors d’adoption des règlements
d’exécution au fins d’exemption ; et à l’occasion d’une procédure de traitement des aides publiques.
Durant ces procédures, les entreprises ou les Etats demandent à l’avance des autorisations à la
Commission avant de mettre en œuvre certaines politiques. Un accord favorable de la Commission
vaut exemption et donc permission d’entreprendre certaines pratiques proscrites vue la nécessité. C’est
aux autorités de régulation que l’on s’adresse pour une telle procédure. C’est devant la Commission
qu’elles ont lieux.

Aussi, faut-il ajouter qu’il existe également la possibilité de contester la décision d’une autorité de
régulation devant un Juge. En effet, la Cour de Justice de l’UEMOA apprécie la légalité des décisions
prise par la Commission en matière d’ententes et d’abus de position dominante, sur recours d’un Etat
membre ou du conseil, ou de toute personne physique ou morale intéressée. Il faut toutefois noter
qu’il existe des restrictions à la possibilité d’user des recours. Les recours sont en effet autorisés que
lorsque « l’acte attaqué devant la Cour est susceptible de produire des effets juridiques et de modifier
la situation juridique ou matérielle du requérant »50. Il va sans dire que, si les actes ne modifient en
rien la situation juridique du requérant, ils sont susceptibles de recours devant le Juge de sa part.

Enfin, sur la question des voies de recours, il reste important de terminer en rappelant que dans le droit
des procédures de régulation UEMOA, « les actes mettant fin à une procédure et les actes pris en
cours d’instruction», prises par la Commission sont susceptibles d’être contestés. Cependant, certains
actes détachables, intervenant avant la fin d’une procédure peuvent faire l’objet de recours immédiat et
systématique, car ces derniers actes ne peuvent « pas être réparé par l’annulation de la décision
finale51 », comme notamment les actes qualifiés d’illégaux demandant la levée de la « protection des
secrets des affaires52 » à un requérant.

IV-2. Sur l’effectivité des recours

50
Ramata FOFANA/OUEDRAOGO, Op. Cit., p.12.
51
Ibid.
52
Ibid.

14
Au terme de l’art.9 du protocole additionnel N°1 relatif aux organes de contrôle de l’UEMOA,
« lorsqu’elle est saisie, d’un recours en appréciation de légalité, la Cour Justice prononce la nullité
totale ou partielle des actes entachés de vices de forme, d’incompétence, de détournement de pouvoir,
de violation du Traité ou acte pris en application de celui-ci ».

Il ressort de l’analyse du texte précité, que l’autorité de contrôle de la régulation dispose d’un pouvoir
étendu, qui comporte aussi bien le contrôle de la légalité interne qu’externe des décisions à elle
soumise. Il va sans dire que la Cour a une compétence, qui lui permet de contrôler la légalité interne
pour déclarer la nullité des décisions qui violent la loi communautaire, et par conséquent tout autre
mesure qui serait de nature à entacher, à détourner un ou l’ensemble des pouvoirs et des procédures,
comportant une erreur de droit, de fait et ou de qualification juridique. Le taux de litige résolu par
arbitrage ou transaction reste cependant très faible voire inexistant, même si le mécanisme de
régulation UEMOA admet53 ce type de règlement. Les règlementations internes des Etats admettent
également, en fait ce mécanisme de résolution des conflits est prévu au Burkina, au Sénégal au Togo
et en Côte d’ivoire.

Existe-t-il des mesures conservatoires, d’urgences à la disposition des organes de régulation ? Il existe
en effet des mesures conservatoires et d’urgences 54 dans le mécanisme de régulation de la concurrence
UEMOA. En effet, la Cour peut prescrire ce type de mesures en cas de nécessité. Elle peut même sur
la base de l’art.33 protocole additionnel N°1 relatif aux organes de contrôle de l’UEMOA, ordonner
des mesures d’instructions par un arrêt avant dire droit. Pour ce qui est des couts et la durée des
procédures, il faut dire que pour le coût des procédures devant la Cour, sous les éclairages de l’art.63
du Règlement 01/96/CM portant règlement de procédures de la Cour Justice de l’UEMOA qu’ils sont
gratuits, exception faite aux frais qui auraient pu être évités et ceux relatifs à tout travail de copies et
de traduction effectué à la demande d’une partie.

En ce qui concerne la durée des procédures, le protocole additionnel N°1 relatif aux organes de
contrôle de l’UEMOA ne prescrit pas de délai dans lesquels la Cour doit rendre ses arrêts. Toutefois,
sur 5 affaires que la Cour a eu à connaitre

1- 14 mois, l’affaire SERGE LAUBHOUET (Arrêt de la cour 29 mai 1998)


2- 14 mois, l’affaire SACKO ABDOURHAMANE (Arrêt de la cour 29 mai 1998)
3- 12 mois, l’affaire DIENG ABABACAR (Arrêt de la cour 29 mai 1998)
4- 9 mois, l’affaire AKAKPO TOBI EDOE (Arrêt de la cour 20 juin 2001)
5- 10 mois, l’affaire SOCIETE DES CIMENTS DU TOGO (Arrêt de la cour 20 juin 2001)

En moyenne donc, les affaires contentieuses font 11 mois 8 jours devant la Cour de justice. L’écarts-
types se situe entre 9 et 14 mois.

53
Voir Artt.66 du Règlement 01/96/CM portant règlement de procédures de la Cour Justice de l’UEMOA
54
Voir l’Art.19 protocole additionnel N°1 relatif aux organes de contrôle de l’UEMOA.

15
IV.3- Sur la protection des intérêts des entreprises et la « sécurité juridique »

La loi sur la régulation d’un secteur est-elle stable ? La réponse à une telle question semble
affirmative. La loi sur la régulation des différents secteurs sont stables. Cela dans la mesure où
l’ensemble des mesures en matière de concurrence doivent nécessairement se conformer aux textes
communautaires en vigueur sous peine de voie de recours en manquement de à la disposition de la
Commission devant la Cour contre l’Etat membre en cause. En plus, depuis l’adoption des normes
communautaires en 2002 et 2003, il n’est pas intervenu de modifications majeures.

La régulation UEMOA accorde une place au droit souple dans la règlementation de la concurrence. Le
dernier exemple en date fut celui du retrait d’agrément de maisons de téléphonie mobile en Côte
d’ivoire par l’ARTCI, autorité sectorielle de régulation, après avoir fait la recommandation à ces
dernières de procéder à une fusion afin de pouvoir respecter les obligations dans ledit domaine
d’activité. Les autorités ont l’obligation de motiver leurs décisions, sous peine de recours devant la
Cour de Justice ou les Juridictions Nationales. L’art.41 de l’acte additionnel N° 10/96 portant statut de
la Cour de l’UEMOA, lui fait obligation de motiver ses différentes décisions.

La protection du secret des affaires impose que les auditions ne se fassent pas publiquement au niveau
juridictionnel. Elles se font principalement à huis clos. Aux termes de l’art.17.6-c « L'audition n'est
pas publique. Chaque personne est entendue séparément ou en présence d'autres personnes invitées.
Dans ce cas, il est tenu compte de l'intérêt légitime des entreprises à ce que leurs secrets d'affaires et
autres informations confidentielles ne soient pas divulgués ». In fine, ces prescriptions permettent de
garantir le secret des affaires et les autres informations confidentielles.

La jurisprudence55 en la matière est lisible. En effet, il est fait obligation 56 à la Cour de clarifier le sens
et la portée de ses arrêts sur demande d’une partie au litige, d’un organe de l’UEMOA ou de toute
personne intéressée. Toutefois, il convient d’ajouter qu’il n’existe des recueils 57 qui bénéficient de
commentaire, bien qu’il existe des recueils en la matière. A l’exclusion de quelques rares
commentaires intervenus, comme celui des Professeurs SAWADOGO Filiga et Joseph ISSA-
SAYEGH sous l’avis Avis n° 003/2000 du 27 juin 2000 de la Cour justice de l'UEMOA laissant la
compétence exclusive des Etats membres pour prendre les dispositions pénales réprimant les pratiques
anticoncurrentielles, les infractions aux règles de la transparence du marché et à l’organisation de la
concurrence. Cela constitue une des faiblesses de ce système.

La jurisprudence est relativement stable. Non, les effets de la jurisprudence ne sont pas aménageable
dans le temps, ses effets ne sont pas rétroactifs mais disposent que pour l’avenir. Le juge National
et/ou Communautaire dans son contrôle de la légalité qu’il effectue, intègre nécessairement la notion
55
Voir la décision N° 002/2011/COM/UEMOA.
56
L’art.48 de l’acte additionnel N° 10/96 portant statut de la Cour de l’UEMOA.
57
[Link] visité le
05/04/2016 à 12 h 09 minutes.

16
d’intérêt général. Par ailleurs, les décisions rendues par ces Juges le sont au nom des différents peuples
de l’union, et leurs décisions doivent avoir pour effet de protéger les intérêts des consommateurs, de
contribuer au renforcement de l’efficacité économique et surtout à lutter contre la pauvreté dans notre
espace.

17
V- A qui incombe la charge de s’assurer la qualité de la régulation dans la
zone de l’UEMOA ?

Il existe un contrôle démocratique de la qualité de la régulation dans la zone UEMOA en matière de


droit de la concurrence. Le contrôle démocratique doit s’entendre comme le contrôle exercé par un
organe indépendant, libre conformément aux principes démocratiques de la séparation des pouvoirs.
Sur la question, le contrôle de la qualité de la régulation est opéré par des organes administratifs (la
Commission et les structures nationales) et judiciaires (Cour de justice de l’UEMOA et les Juridictions
nationales).

Au plan national

Le contrôle est exercé par plusieurs organes dont certains sont des organes Judiciaires et d’autres non-
judiciaires. Toutefois, ils convient de préciser qu’ils ont tous pour missions d’assurer le contrôle d’une
meilleure régulation de la concurrence dans les Etats membres UEMOA.

Au rang des organes non judiciaires, il y a :

 Les autorités administratives : Elles ont pour fonctions principales :


- de surveiller la réglementation des prix ;
- de contrôler les stocks ;
- de veiller à la régularité des instruments de mesures.

NB : Ce sont en général des agents du ministère du commerce qui se charge d’exécuter de telles
missions.

 Les commissions nationales de la concurrence : Elles ont pour fonction spécifique selon
l’article 3 paragraphe 3 de la Directive N° 02/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2003 relative aux
pratiques anticoncurrentielles à l’intérieur de l’union de :
- De mener sur mandat exprès de la commission, ou de leur propre initiative, des
investigations afin de déceler les dysfonctionnements du marché ;
- Elaborer et de transmettre périodiquement à la commission des rapports ou des notes
d’informations sur la situation de la concurrence dans les secteurs ayant fait l’objet
d’enquêtes ;
- Recevoir et transmettre à la commission les demandes d’attestation négatives, les
notifications pour exemptions, et les plaintes des personnes physiques ou morales ;
- Suivre en collaboration avec toute autre administration habilitée, l’exécution des décisions
qui comportent qui comportent à la charge des personnes autres que l’Etat, une obligation
pécuniaire et en faire un rapport périodique à la commission ;

18
- Procéder au recensement des Aides des Etat en faire trimestriellement rapport à la
commission ;
- Faire un rapport annuel sur l’état de la concurrence dans le pays.

 Les autorités sectorielles de régulation : En se référant à l’alinéa 1er in fine de la Directive


N° 02/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2003 relative aux pratiques anticoncurrentielles à
l’intérieur de l’union, il ressort que les structures nationales de la concurrence peuvent être à
vocation sectorielle. En effet, à partir de ce texte que nous devons entendre par structure
nationale de concurrence : « tout institution nationale, a compétence générale ou sectorielle,
intervenant dans le domaine du contrôle de la concurrence ». Par conséquent, la régulation
sectorielle dans le domaine de la concurrence est un principe reconnu par le droit
communautaire de l’UEMOA et donc faisant partie intégrante de son système de régulation.
Un auteur averti à même présenté les domaines de prédilection de la régulation sectorielle
dans l’espace UEMOA. Cette dernière énumère notamment les secteurs de la « la postes et
télécommunications, les médias et la communication, l’eau et l’électricité 58 ».

Pour ce qui est des organes judiciaires :

Nous avons des juridictions administratives, civiles et commerciales. En effet, il n’existe dans aucun
Etat membre de l’UEMOA des juridictions spécifiques chargées de s’occuper des affaires relatives à la
concurrence. Par ailleurs, même si « le choix du législateur UEMOA de confier la missions de
constatation et de sanction des pratiques anticoncurrentielles à la commission sous le contrôle de la
Cour de Justice (de l’UEMOA) n’a pas pour conséquence d’écarter totalement le juge national de la
mise en œuvre du droit de la concurrence communautaire ».59

Ainsi, il est juste de reconnaitre une compétence de contrôle au juge Etatique, d’ailleurs, les textes
communautaires l’expriment très clairement 60. En fait, le juge national exerce son contrôle à un double
niveau. D’une part au niveau de l’annulation des accords et contrats en contraventions avec la saine
concurrence61 et d’autre part au niveau des actions en réparations62 des victimes ayant subi des
dommages du fait des comportements prohibés par la législation UEMOA en matière de concurrence.

58
Ramata FOFANA/OUEDRAOGO, Op. Cit., p.11.
59
Ibid.
60
Art 88 du traité UEMOA et visées aux articles 3, 4,5 et 6 sont interdites sans qu’aucune décision préalable ne
soit nécessaire.
61
Art.2 Règlement N° 02/2002/CM/ UEMOA relatif aux pratiques anticoncurrentielles à l’intérieur de
l’UEMOA.
62
Art. 22 Règlement N° 03/2002/CM/UEMOA relatif aux procédures applicables aux ententes et aux abus de
position dominante à l’intérieur de l’UEMOA en son paragraphe 4 qui dispose que : « … les sanctions
prononcées par la Commission sont sans préjudices des recours devant les juridictions nationales à la réparation
des dommages subis… ».

19
Au plan supranational

Au niveau communautaire, le contrôle de la régulation de la concurrence est assuré par la Commission


de l’UEMOA et par sa Cour de Justice. Ici également, le contrôle est à la fois judiciaire (la Cour) et
non judiciaire (la Commission).

 La commission de l’UEMOA

La commission a en charge la politique générale en matière de droit de la concurrence de l’union. Elle


veille, en collaboration avec les structures nationales de la concurrence, qui lui doivent des rapports
fréquents sur l’état de la concurrence dans leurs Etats, au contrôle de la mise en œuvre effective des
règles relatives à la concurrence communautaire. A travers son Département du Marché Régionale du
Commerce (DMRC), la Commission se charge spécifiquement des questions relatives à la concurrence
et à la gestion du code antidumping.

 La Cour de Justice de l’UEMOA

Le traité63 confère le pouvoir de contrôle de l’application des règles de l’UEMOA à la Cour de Justice.
Elle contrôle la légalité des décisions prises par la Commission en matière de concurrence. Elle peut
être saisie par tout justiciables (personnes physiques ou morales, Etat membre, ou par le Conseil) pour
les recours sur toutes sanctions pécuniaires prononcées à leur encontre par la Commission.
Elle peut modifier les montants des amendes des astreintes (augmenter, réduire) fixés ou les annuler
purement et simplement selon les cas de la cause. La Commission peut saisir par ailleurs la Cour pour
intenter un recours en manquement contre un Etat membre, dans la mesure où celui-ci ne se
conformerait pas à un avis ou à une recommandation susceptible d’avoir des répercussions sur le droit
de la concurrence nationale.

Le contrôle de la qualité de la régulation est un exercice permanent et continu qui ne reste pas enfermé
dans une période limitée. Ainsi, les justiciables peuvent à tout moment dénoncer auprès des organes de
contrôle les comportements anticoncurrentielles observés sur le marché. Cependant, il convient de
rappeler qu’il incombe aux structures nationales de la concurrence de faire des rapports ponctuelles et
annuellement pour présenter l’état de la concurrence dans leurs différents Etats à la Commission.
D’autres mesures64 ont été imposées à ces Structures pour permettre à la Commission d’être

63
Art.90 du traité instituant l’UEMOA.
64
Aux termes de l’Art. 3 par 3 de la Directive N° 02/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2003 relative aux pratiques
anticoncurrentielles à l’intérieur de l’union. Les Structure Nationales de la Concurrence doivent : élaborer et de
transmettre périodiquement à la commission des rapports ou des notes d’informations sur la situation de la
concurrence dans les secteurs ayant fait l’objet d’enquêtes ; doivent recevoir et transmettre à la commission les
demandes d’attestation négatives, les notifications pour exemptions, et les plaintes des personnes physiques ou
morales ; doivent procéder au recensement des Aides des Etat en faire trimestriellement rapport à la
commission ; et faire un rapport annuel sur l’état de la concurrence dans le pays.

20
omniscient sur l’ensemble des territoires des huit (8) Etats de l’UEMOA afin d’exercer
convenablement son contrôle, notamment l’assistance dans les procédures et instructions.

Pour les réformes entreprises, la législation relative à la régulation et au fonctionnement du droit de la


concurrence dans l’espace UEMOA date dans sa globalité des années 2002 et 2003. Elle n’a connu
aucune réforme majeure ces dernières années. Toutefois, il convient de mettre en exergue l’apport de
l’Acte additionnel N° 01 /2007/CCGE/UEMOA du 20 janvier 2007 qui a instauré une nouvelle
organisation des services au sein de la Commission de l’UEMOA. Ainsi, un Département du Marché
Régional, du Commerce de la Concurrence et de la Coopération (DMRC) créé, s’est vu confié parmi
ses missions, la charge de la concurrence et la gestion du code antidumping. Ce département composé
d’expert va faciliter l’élaboration des règles communautaires en la matière.

21
VI- L’analyse critique de la régulation UEMOA

Quels sont les véritables particularités du système de régulation dans l’espace UEMOA ? Les
particularités du système de régulation en matière de concurrence de cet espace sont principalement
les suivantes :

1- La pluralité des ordres juridiques65 et subséquemment la pluralité des normes applicables aux
pratiques anticoncurrentielles.

2- La préférence du système d’exclusivité du droit communautaire 66 au détriment du système de


subsidiarité des droits nationaux.

3- La dualité67 voire plus, de l’articulation de la régulation, à la fois Sectorielle et Générale.

4 Le possibilité de faire un recours des décisions de la Commission devant la Cour de Justice pour
l’analyse de la légalité.

Quels sont, en outre les avantages et les inconvénients de votre système de régulation ? Les points
forts et à l’inverse les points à améliorer ?

1- Les avantages et inconvénients de la régulation UEMOA

Avantages Inconvénients

La pluralité d’ordres juridiques Les conflits de normes et de compétences


- National (loi des pays) - En cas de violation d’une norme relative à la
- Communautaire (uemoa/cedeao) concurrence, quel droit appliquer (UEMOA et
- International (OMC) CEDEAO) ?
- Et quels organes de régulation saisir ?

65
Les ordres sont : l’ordre national constitué par les lois nationales (COTE D’IVOIRE, Ordonnance N°2013-
662 du 20 Septembre 2013 relative à la concurrence.) ; BURKINA FASO, la loi N°15-94 ADP(1994) portant
organisation de la concurrence ; MALI, loi N° 98-019 ( aout 1998) ; NIGER, Ordonnance N° 92-025 du 7 juillet
1992 portant réglementation des prix et de la concurrence ; SENEGAL, loi N° 94-63du 22 aout 1994 sur les prix,
la concurrence et le contentieux économique ; TOGO, loi N° 99-011du 27 décembre 1999 ; le BENIN et la
GUINEE BISSAU reste jusque-là sans législation interne en la matière.), l’ordre communautaire constitué par
les 3 Règlements et 2 Directives UEMOA puis les 2 actes additionnels de la CEDEAO adoptés lors la 35 ème
session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etats et de gouvernements de décembre 2008 et l’ordre
international constitué par les règles de l’OMC dans le domaine de la concurrence.
66
Art.5-2 de la Directive N° 02/CM/UEMOA qui aborde « Du rôle de la Commission »
67
Art. 1er in fine de la Directive N° 02/CM/UEMOA qui définit les structure nationale de concurrence comme
toute institution nationale, à compétence générale ou sectorielle, intervenant dans le domaine du contrôle de la
concurrence.

22
Le choix du système de l’exclusivité du droit Ce dessaisissement des organes nationaux de la
communautaire prévu par l’art.5-2 de la Directive concurrence au nom du principe de l’exclusivité
N° 02/CM/UEMOA, attribuant la compétence est source de frustrations et de démotivation au
exclusive aux organes communautaires en sein de ces organes qui avaient cette
matière de concurrence. responsabilité de gestion des pratiques
anticoncurrentielles avant l’avènement de la
règlementation UEMOA.

L’existe d’une Commission et d‘une Cour de Le risque certain de lenteur des procédures
Justice communautaire pour les huit (8) Etats contentieuses du fait de l’engorgement que
dans un souci d’harmonisation des pratiques et de pourrait connaitre la Commission et la Cour car
la jurisprudence. officiant pour les huit (8) Etats de l’Union.
L’obligation de conformité imposée aux Le risque de la mauvaise qualité des décisions dû
législations nationales par les Règlements et au nombre pléthorique des saisines (venant des
Directives communautaires. huit (8) Etats membres).
L’existence d’un marché de la concurrence L’absence d’une règlementation communautaire
étendu, permettant de s’inspirer et de partager les imposant les modalités de désignation des
bonnes pratiques (best practices) dans les huit (8) membres des Structures Nationales de
Etats de l’union. Concurrence, (par conséquent, ces structures ne
Utilisation des normes communautaires pour la sont pas forcément composées d’experts).
régulation de la concurrence dans les Etats de Le processus de désignation des membres de la
l’union qui en était dépourvu en la matière (Benin Commission opaque.
et Guinée Bissau).

2- Les points forts et les points à améliorer

Points forts Points faibles

Effort d’harmonisation des pratiques - Absence de cadre de travail entre les Structures
anticoncurrentielles et la sécurisation des acteurs Nationales de Concurrences.
du marché communautaire. - Place marginale des structures nationales de
- Sur les règles de formes et procédures concurrence vis-à-vis de la Commission.
- Sur les règles de fond - Absence de la culture de concurrence dans
- Sur les organes de régulations l’espace UEMOA, (les acteurs du marché, les
Stabilisation de la règlementation relative à la inspecteurs, les consommateurs) n’ont pas
concurrence dans l’espace UEMOA. conscience de la portée des pratiques
Crédibilité des organes communautaires en dépit anticoncurrentielles.
de leur désignation aux allures politiques.

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Système permettant la protection des intérêts des - Absence d’unification des règles régulant la
consommateurs et renforce le niveau de l’efficacité concurrence dans l’espace UEMOA en dépit des
économique de l’espace UEMOA. efforts.
Système rendant l’espace UEMOA attractif pour - Difficile accès à la Jurisprudence de la Cour et la
les sociétés nationales et étrangères, par conséquent faible promotion des règles de concurrence et par
motivant les investissements. voie de conséquence, sa sous-utilisation.

Il y a des concepts qui ne trouvent difficilement des équivalents dans le système juridico-économique
de l’UEMOA. Il existe par contre un concept qui n’existe que dans le système, celle de Structure
nationale de concurrence.

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VII- Conclusion

Pour terminer cette analyse, il nous revient à la lumière des différents constats fait, de procéder par
une conclusion recommandation. Celle-ci sera fortement inspirée du rapport synthèse de l’Examen
collégial volontaire des politiques de concurrence de l’UEMOA, du Beni et du Sénégal. En effet, ce
rapport effectué par les Nations Unies en 2007, reste encore pertinent quant à ses recommandations
dans la mesure où depuis sa production, il n’y eu ni de changement législatif, ni de revirement de
jurisprudence importants.

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