0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues9 pages

Introduction

Cette étude critique examine l'article 352 du Code de la famille en République Démocratique du Congo, qui traite de la filiation hors mariage. Elle interroge l'efficacité de cette norme face aux évolutions sociologiques et scientifiques, notamment l'impact des tests ADN sur la reconnaissance de la filiation. L'objectif est de déterminer si cet article protège réellement les droits de l'enfant ou s'il constitue un obstacle à leur pleine reconnaissance.

Transféré par

selectprint6
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues9 pages

Introduction

Cette étude critique examine l'article 352 du Code de la famille en République Démocratique du Congo, qui traite de la filiation hors mariage. Elle interroge l'efficacité de cette norme face aux évolutions sociologiques et scientifiques, notamment l'impact des tests ADN sur la reconnaissance de la filiation. L'objectif est de déterminer si cet article protège réellement les droits de l'enfant ou s'il constitue un obstacle à leur pleine reconnaissance.

Transféré par

selectprint6
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1

INTRODUCTION GÉNÉRALE

1. PRÉSENTATION DE L'OBJECTIF

Notre étude porte sur etude critique de l’article 352 du code civil de famille.
Le droit de la famille, considéré comme le socle de l'organisation sociale et le miroir des
valeurs d'une nation, a pour mission primordiale d'encadrer les relations biologiques et
affectives afin de leur conférer une existence juridique stable et protectrice.

Au cœur de cet édifice se trouve la filiation, ce lien de droit fondamental


qui définit l'identité de l'individu, lui attribue un nom, une nationalité et détermine
l'ensemble de ses droits successoraux et alimentaires.1

Historiquement, la filiation a longtemps été prisonnière de distinctions


rigides entre les enfants nés dans le mariage et ceux nés hors mariage, créant des
hiérarchies souvent préjudiciables à l'épanouissement de l'enfant.

Dans l'arsenal législatif de la République Démocratique du Congo, le Code


de la famille de 1987, révisé en 20162, a marqué une volonté de rupture avec ces
discriminations en consacrant l'unité de la filiation.

L'article 352 s'inscrit précisément dans cette ambition du législateur


d'organiser les modes d'établissement de la filiation paternelle ou maternelle pour
l'enfant né hors mariage.3

Ce texte n'est pas qu'une simple règle technique ; il est le point de


rencontre entre la volonté individuelle (la reconnaissance volontaire) et la vérité
biologique ou judiciaire.

1
G. CORNU, Vocabulaire juridique, 12ème éd., Paris, PUF, 2018, p. 442.

2
Loi n° 16/008 du 15 juillet 2016 modifiant et complétant la Loi n° 87-010 du 01 août 1987 portant Code de la
Famille, in Journal Officiel de la RDC, 57ème année, n° spécial, 15 juillet 2016.

3
Article 352 de la Loi n° 16/008 du 15 juillet 2016 modifiant et complétant le Code de la Famille.
2

Cependant, l'application de cet article se heurte aujourd'hui à une réalité


sociologique complexe. Entre l'évolution des mœurs, les mutations des structures
familiales traditionnelles et les progrès fulgurants de la science - notamment avec la
généralisation des tests ADN - l'article 352 se retrouve au centre de vifs débats
doctrinaux et jurisprudentiels.4

Étudier ce texte de manière critique revient donc à interroger l'efficacité


d'une norme juridique face à la nécessité de protéger l'intérêt supérieur de l'enfant, tout
en préservant la paix des familles. Il s'agit d'analyser si le cadre tracé par le législateur
permet encore, dans la pratique actuelle, de garantir une justice équitable et une identité
certaine à chaque citoyen.

[Link] VISES PAR LA RECHERCHE

L’ambition primordiale de cette étude consiste à entreprendre une


déconstruction analytique et une évaluation critique de l’article 352 du Code de la
famille, afin d'en mesurer l’efficience opérationnelle et la pertinence dogmatique au
regard des mutations profondes de la société contemporaine.

Loin d’une simple exégèse descriptive, cet objectif général vise à


confronter la rigueur formelle de la norme juridique aux impératifs de justice sociale et
de vérité biologique. Il s'agit, par une démarche réflexive, de déterminer si le dispositif
prévu par le législateur pour l'établissement ou la contestation de la filiation hors
mariage remplit encore sa fonction de régulateur social ou s'il est devenu, par l'usure du
temps, un carcan procédural inadapté.

Le cœur de cette recherche est de vérifier l’adéquation de l’article 352 avec


le principe constitutionnel et international de l’intérêt supérieur de l’enfant. L'objectif est
de démontrer comment, dans la pratique judiciaire, l'application stricte de cet article
peut parfois entrer en collision avec le droit fondamental de l'enfant de connaître ses

4
Lire à ce sujet : MUZAMA KALALA, Le droit de la famille en République Démocratique du Congo, Kinshasa, Éditions
On s'écoute, 2014.
3

origines et de voir sa filiation légalement établie de manière irrévocable.

En filigrane, cette étude cherche à identifier le point de rupture entre la


stabilité juridique (souvent recherchée par le législateur pour éviter les scandales
familiaux) et la vérité matérielle (exigée par l'évolution des techniques de preuve,
notamment l'expertise biologique par test ADN).

In fine, cette entreprise scientifique a pour finalité ultime de questionner la


légitimité actuelle de l'article 352 : est-il un garant de l'ordre public matrimonial ou un
obstacle à la pleine reconnaissance des droits de l'enfant né hors mariage ?

En mettant en relief les contradictions internes du texte et ses failles face


aux réalités sociologiques de la famille africaine moderne, cet objectif général tend vers
la formulation de perspectives de réforme législative.

Le but est de proposer un nouveau paradigme juridique qui harmonise la


sécurité des familles avec l'exigence de vérité, garantissant ainsi à chaque individu une
identité juridique conforme à sa réalité biologique, dans un cadre de droit moderne,
équitable et humanisé.

3. PROBLÉMATIQUE ET QUESTION DE RECHERCHE

3.1. Problématique

Professeur Dieudonné KALUBA DIBWA défini la problématique comme


l'approche théorique que le chercheur décide d'adopter pour traiter le problème posé
par le sujet5.

Et pour sa part le Professeur Bakari Kalony Raphaël défini la


problématique étant l'ensemble des préoccupations théoriques et pratiques que le
chercheur soulève par rapport à son sujet, en vue d'y apporter des réponses provisoires

5
KALUBA DIBWA (D.), Méthodologie juridique, Kinshasa, Éditions de l’Université de Kinshasa, 2011, p. 42.
4

(hypothèses).6

La problématique de cette étude réside dans le décalage croissant, voire


la rupture épistémologique, entre la rigidité des mécanismes de l'article 352 du Code de
la famille et l'exigence contemporaine de la vérité biologique.

Originellement, le législateur a conçu cet article dans un esprit de paix


sociale et de stabilité des familles, privilégiant souvent la forme juridique (la
reconnaissance volontaire ou les présomptions) sur la réalité des faits.

Cependant, cette architecture juridique semble aujourd'hui ébranlée par


deux phénomènes majeurs : l'évolution des mœurs et l'irruption de la science.

D'une part, l'article 352 impose des conditions et des délais qui peuvent
paraître anachroniques face au droit fondamental de l'enfant de connaître ses origines,
principe pourtant sacralisé par la Convention relative aux Droits de l'Enfant.

Il se pose alors un conflit de valeurs : faut-il protéger l'institution familiale


contre les scandales de filiation, ou faut-il garantir à l'individu une identité conforme à
sa réalité biologique ?

D'autre part, l'avènement des tests ADN a révolutionné la preuve en


matière de filiation. Là où l'article 352 se contente parfois de témoignages ou d'actes
authentiques susceptibles de fraude ou d'erreur, la science offre une certitude quasi
absolue.

La problématique centrale est donc celle de l'obsolescence ou de


l'inadaptation d'une norme qui, en voulant protéger l'ordre familial, risque de consacrer
des injustices biologiques. Le problème est donc de savoir si l'article 352 est encore un
outil de protection ou s'il est devenu un instrument d'exclusion juridique pour l'enfant né
hors mariage.

6
BAKARI KALONY (R.), Cours de Méthodes de recherche en sciences sociales, Kinshasa, UNIKIN, G2 Droit, 2019, p.
15 (Inédit).
5

3.2. Questions de recherche

Afin d'élucider cette problématique, notre réflexion s'articulera autour de deux questions
principales:

1. Dans quelle mesure l’article 352 du Code de la famille, dans sa configuration


actuelle, parvient-il à concilier l’exigence de stabilité juridique de la filiation avec
l’impératif de vérité biologique et l’intérêt supérieur de l’enfant ?

2. Sur le plan de la validité : Les conditions de fond et de forme prévues par l'article
352 pour la reconnaissance de l'enfant sont-elles suffisamment protectrices
contre les reconnaissances complaisantes ou frauduleuses

[Link]ÈSES

Professeur KHONDE WA BOMAL; 'hypothèse est une proposition de


réponse à la question posée dans la problématique. C'est une présomption de vérité qui
oriente la recherche et qui attend d'être confrontée à la rigueur de l'analyse juridique
7
(textes de lois et jurisprudence).

De sa part le Professeur MBAYA KABAMBA défini l'hypothèse comme une


tentative d'explication ou une réponse provisoire sollicitée par la problématique. Elle
consiste en une anticipation de la solution juridique que le chercheur s'efforce de
démontrer tout au long de son argumentation.8

L’hypothèse centrale de cette recherche repose sur l’idée que l’article 352
du Code de la famille, bien qu'il ait été conçu pour stabiliser l'état civil de l'enfant né hors
mariage, présente aujourd'hui une inadéquation manifeste face aux impératifs de la
vérité biologique et aux standards internationaux de protection de l'enfance.

7
KHONDE WA BOMAL (F.), Initiation à la recherche scientifique : Travail de Fin de Cycle et Mémoire, Kinshasa, 2015,
p. 28.

8
MBAYA KABAMBA (A.), Guide pratique de rédaction des travaux scientifiques, Lubumbashi, Éditions Africa, 2013, p.
34.
6

Nous soutenons que ce dispositif législatif demeure prisonnier d'un


formalisme juridique rigide qui privilégie la volonté individuelle ou la paix apparente des
familles au détriment de la réalité génétique, créant ainsi une insécurité identitaire pour
l'enfant.

Cette fragilité est accentuée par la lecture combinée de l'article 352 avec
l'article 593, qui consacre pourtant l'égalité de tous les enfants devant la loi, mais dont
l'application concrète reste entravée par les barrières procédurales de la
reconnaissance.

De plus, l'hypothèse suggère une contradiction entre l'article 352 et l'article


614, qui traite de l'action en recherche de paternité. Là où le premier semble privilégier
une démarche volontaire parfois arbitraire, le second impose des conditions de preuve
strictes qui ne tiennent pas suffisamment compte de l'article 630, lequel devrait
normalement permettre au juge d'ordonner d'office toute mesure d'instruction, y
compris les expertises biomédicales.

L'absence d'un cadre contraignant intégrant systématiquement les


progrès de la science, notamment l'expertise ADN, rend l'établissement de la filiation
aléatoire. En conséquence, l'application de l'article 352, lue à la lumière de l'article 647
relatif à l'irrévocabilité de la filiation, maintiendrait une forme de discrimination
structurelle : une fois la reconnaissance faite (même si elle est biologiquement fausse),
son annulation devient un parcours du combattant, lésant ainsi les droits alimentaires
et successoraux de l'enfant véritable.

In fine, nous postulons que l'obsolescence de ces mécanismes nécessite


une réforme profonde visant à harmoniser l'article 352 avec l'article 41 de la
Constitution et les traités internationaux, afin de garantir à chaque individu une filiation
incontestable, conforme à sa vérité biologique et libérée des pesanteurs d'un droit
encore trop attaché à la seule volonté des parents.
7

5.MÉTHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE

Toute démarche scientifique exige l’usage de voies rationnelles


permettant d’atteindre la vérité recherchée. Pour cette étude critique, nous avons opté
pour une approche pluridimensionnelle combinant plusieurs méthodes de recherche,
appuyées par des techniques de collecte de données appropriées.

5.1. Méthodes

La méthode juridique (ou dogmatique) : Elle est utilisée pour analyser


l'article 352 du Code de la famille ainsi que l'ensemble des textes légaux qui encadrent
l'établissement et la contestation de la filiation. Cette méthode permet d'interpréter la
règle de droit telle qu'elle est écrite par le législateur et d'en définir l'application
théorique ainsi que la portée juridique.

La méthode jurisprudentielle : Elle consiste en l'étude des décisions de


justice rendues par les cours et tribunaux en matière de reconnaissance de paternité ou
de maternité.

Elle permet de comprendre comment les juges interprètent l'article 352 en


pratique, comment ils gèrent les conflits de filiation et comment ils intègrent les
preuves biologiques lors des litiges.

La méthode comparative : Elle permet de confronter le régime de l'article


352 avec d'autres dispositions du droit de la famille, tant sur le plan national
qu'international, afin d'en dégager les points de convergence, les lacunes et les
spécificités propres à la protection de l'intérêt supérieur de l'enfant

5.2. Technique de recherche

La technique est l’ensemble des moyens et des outils mis à la disposition


du chercheur pour collecter les données nécessaires à la vérification de son hypothèse.
8

Elle est l’outil pratique au service de la méthode.9

Les techniques de recherche sont des procédés opératoires rigoureux,


bien définis, transmissibles et susceptibles d’être appliqués à nouveau dans les mêmes
conditions, adaptés au genre de phénomènes examinés.10

La technique documentaire : Elle repose sur la collecte et l'exploitation


d'ouvrages, de revues juridiques, de codes et de travaux de recherche spécialisés. C’est
l’outil principal pour constituer la base théorique du mémoire concernant les modalités
de la filiation et la portée de l'article 352.

La technique d'analyse de contenu : Elle est utilisée pour traiter les


décisions de justice (jurisprudence), les actes de reconnaissance de l'état civil ou les
rapports statistiques afin d'extraire des données concrètes sur l’application et
l’efficacité de l'article 352 face aux réalités de terrain.

6. APPORTS ET LIMITE DE L’ÉTUDE

6.1. Apports

Apport théorique : Cette recherche permet de clarifier et de synthétiser le régime


juridique de la filiation hors mariage, souvent complexe en raison des enjeux humains et
des preuves biologiques. Elle offre une analyse critique des critères de reconnaissance
prévus par l'article 352, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de la
protection de l'intérêt supérieur de l'enfant dans le droit positif congolais.

6.2. Limites de l’étude

Ayant l’obligation de nous conformer aux normes scientifiques, nous limiterons notre
travail dans une dimension spatio-temporelle :

9
A. MULUMBATI NGASHA, Manuel de sociologie générale, Lubumbashi, Éditions Africa, 1980, p. 21.

10
KAZADI MPINDA, Notes de cours de Méthodologie de la recherche scientifique, G2 Droit, Université de
Lubumbashi, 2019-2020, p. 34 (inédit).
9

 Sur le plan temporel : Notre étude est délimitée sur une période allant de 2016
jusqu’à 2026. Ce choix se justifie par l’entrée en vigueur de la Loi n° 16/008 du 15
juillet 2016 modifiant et complétant la Loi n° 87-010 du 1er août 1987 portant
Code de la famille en République Démocratique du Congo. Ce texte constitue le
cadre juridique moderne de référence pour les questions de filiation. Cette
période nous permet d’analyser l’effectivité de l’article 352 face à l’évolution
actuelle de la société et des progrès de la science biomédicale.

 Sur le plan spatial : Pour ce qui concerne l’espace de notre étude, elle repose sur
la législation en vigueur en République Démocratique du Congo. C’est ainsi que
ce travail va intéresser toute la République sans exception aucune, étant donné
que les dispositions relatives à l’état civil et à la filiation contenues dans le Code
de la famille sont d’application nationale sur l’ensemble du territoire.

Vous aimerez peut-être aussi