Personnages :
- Narrateur
- Casbah
- Vieillard
- Touriste
Scène 1 (touriste, casbah, narrateur) :
Narrateur – Un touriste français s’intéresse à l’histoire de l’Algérie…il
arpente les ruelles de la casbah, lors d’une journée ensoleillée ou il la
trouve entièrement vide L’étranger s’avance lentement sans savoir que
ce qu’il cherche se trouve en réalité dans les murs…les pierres…dans
l’air et les silences de cet espace
Touriste – Je m’attentais a quelque chose de vivant en venant ici…à du
bruit…un parfum d’épices…mais tout est vide…tout est silencieux…trop
silencieux
Narrateur – le touriste ferme les yeux sans trop savoir où il va ni
pourquoi…il avance et effleure un mur
Touriste – oh ! Ces murs sont froids…ils sont aussi rugueux…ils sont
vieux ça se voit…mais ça se ressent aussi…hein ? Étrange…c’est le
bruit d’une calèche que j’entends ? Le son des sabots ? Oui ! Les sabots
d’un âne…je dois rever il n’y a rien ici…mais pourtant je continue de
l’entendre… ! Que c’est bizarre…et puis il y a cette odeur aussi…l’odeur
d’ne galette ? Oui ! De galette chaude comme celles qu’on fait le
matin…mais pourtant il n’y a rien…Mais comment je sais comment ça
sent une galette déjà ? je n’en ai jamais mangé avant…
Narrateur – l’homme réouvre les yeux paniqués
Touriste – je deviens fou !? Il n’y a rien j’imagine des choses…où est ce
l’endroit qui tente de me parler ?
Voix de la casbah – (murmures) Oui…tu commence a comprendre…
Narrateur- le touriste sursaute…fin de la première scène
Scène 2 – l’entrée en scène du vieillard, le touriste, le narrateur
Narrateur- alors que l’étranger marche…confus et déboussolé…il croise
le chemin d’un vieillard…un habitant de la casbah. Alors que le jeune
homme cherche des explications et une rassurance…quelle
coïncidence…on dit qu’il arrive parfois qu’un guide se présente quand
l’âme est perdue…le touriste aperçoit enfin le vieil homme…soulagé de
croiser une âme humaine il va pour le saluer…toujours hésitant
Touriste- euhm…Alsalamu alaykom
Vieillard- (ri légèrement) was 3alaykom elsalam mon enfant…tu n’es
pas d’ici toi
Narrateur- le touriste semble soulagé qu’il parle français
Touriste- non monsieur…en fait je cherche-
Vieillard – a connaître l’histoire de mon pays ?
Touriste- oui ! Et je ne sais pas pourquoi…j’ai senti que je pouvais en
savoir plus ici…
Vieillard- l’histoire ne s’apprend pas seulement dans les livres tu sais…il
y a des choses que les livres ne te diront jamais mon enfant…l’histoire
ne s’apprend pas non plus avec les yeux…l’histoire ne se montre pas,
elle se frôlent et se devine…elle respire…tout ce qu’on te raconte c’est
plutôt des versions…
Touriste- je ne comprends pas…
Narrateur- le vieillard face a la confusion du jeune homme prend une
inspiration…se redresse et prononce son poème
Vieillard –
Dans ses ruelles un écho du passé
Des cris, des rires et des personnes ou liées
Dans la casbah, la mémoire n’a pas de forme
Elle a des odeurs des souffles et des normes
Le froid des murs caressé révèle l’histoire
Chaque pierre ici possède une mémoire
Le vent que l’o sent et les bruit qu’on saisit
Font des choses que l’œil ne perçoit jamais ici
Le toucher, l’oreille et même l’odeur subtile
Transforment l’espace en un récit tactile
Ainsi chaque sens ouvre un monde insoupçonné
Ou l’architecture devient un rêve éveillé
Narrateur- lorsqu’il termine son poème le vieillard réouvre les yeux
Vieillard – tu n’as ni rêvé ni halluciné…tu as ressenti rien qu’au
toucher ce que la pierre garde en elle :le passage des bêtes, la
fumée de la galette, la fatigue des hommes et les prières des
femmes…ici tout s’est imprégnés dans les murs…dans l’air…ici…
l’atmosphère à elle seule est différente
Touriste- mais- mais comment j’ai fais ? Pourquoi j’ai réussi a faire ça
Vieillard- Car tu as fermé les yeux mon enfant…et lorsque les yeux
se ferment…les autres sens prennent la parole
Narrateur- fin de la deuxième scène
Scène 3 : narrateur, touriste, casbah
Narrateur- les ruelles de la casbah s’emplissent soudainement de
gens…hommes femmes enfants et touristes…l’étranger les observe
et…alors qu’il se retourne pour remercier le vieillard il a déjà disparu
Touriste- oh- je n’ai même pas pu le remercier…c’est étrange… ? La
lumière semble avoir changer…j’a l’impression d’entendre dans ce
brouhaha des voix imaginaires aussi…tient ?Encore cette voix ?c’est
comme ci l’espace me parlait
Narrateur- la casbah prononce sa réplique
Casbah-
Tu veux comprendre et savoir mon enfant ? Alors écoute moi…ne te
contente pas seulement de me regarder…écoute mes silences
caresse mes murs…je ne suis pas une simple construction…j’ai
toujours été vivante…j’au pris vue de. Vous gestes vous les Hommes
Touriste- je ne suis donc pas fou…de ce que j’ai compris…ce n’est
pas par magie que tu me parle o casbah ? Mais parce que ton
architecture a été conçue pour dialoguer avec mes sens pas vrai ?
C’est donc ça le secret ? Utiliser mes cinq sens ? Percevoir la casbah
ce n’est donc pas seulement la regarder…
Casbah – non en effet…c’est sentir chacun de mes recoins…chacune
de mes parois…chaque chose en moi…mes vieux murs…mes
escaliers ..le bruits des familles qui s’musent…l’odeur de la
nourriture qui se vent…tout en moi, t’aide a comprendre…et t’aide a
savoir ce que tu cherches
Touriste – je comprends mieux…alors l’architecture en générale n’est
pas seulement une forme destiné a être vue ? C’est un monde
multisensoriel ?
Narrateur – et dans ce monde même ce qui a disparu continue
d’exister pour ceux qui sentent…qui ressentent…plus qu’ils ne
voient.