Calcul des structures sous effets dynamiques et sismiques
[ULG 2000]
Analyse dynamique des structures du génie civil
V. Denoël
Derni_ere mise _a jour : 27 octobre 2010
Copyright c 2017 | Vincent Denoël
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Notes de cours du cours d'analyse des structures II.
First printing, January 2017
Deuxième partie:
Analyse dynamique linéaire
Chapitre 1
Introduction
[ULG 2000]
Objectifs du cours :
Présentation générale des méthodes d’analyse des structures soumises à des
chargements dynamiques;
Chargement dynamique :
= Actions qui évoluent au cours du temps (en direction, intensité et/ou
position)
[Rappel: chargement quasi-statique = forces d’inertie négligeables]
X La réponse de la structure évolue au cours du temps !!
X Déterminer les valeurs utiles pour la vérification ou le dimensionnement
Actions dynamiques dans le domaine du génie civil :
- Vibrations provoquées par le trafic (trains, camions) charges mobiles d’intensité
constante ou non (hypothèse àfaire);
- Vibrations provoquées par l’homme: marche, sauts, danse…
- Vibrations provoquées par les machines (machines tournantes…)
- Explosions et impacts
- Vent: composante moyenne statique + composante turbulente
dynamique
- Séismes: sollicitation par accélération imposée des fondations des
structures (composantes verticale et horizontale)
- Houle: cas des structures côtières et off-shore + navires
Critères pour le dimensionnement dynamique à respecter variables selon les cas :
- ELU traditionnels ( vent, houle)
- Fatigue (machines), ELS
- Accélérations maximales pour des raisons technologiques (TGV) ou de
confort (vibrations "humaines")
- Résistance résiduelle suffisante (séisme eexplosion)
1.1. Contexte
[Ulg 2017-2018]
Pour un ensemble de sollicitations données, l'analyse d'une structure consiste en la
détermination de sa déformée, des éléments de réduction ou contraintes dans cette
structure ainsi que les réactions d'appui (Rappel: analyse = détermination des
déplacements (et grandeurs dérivées) et des efforts, dans une perspective de
dimensionnement ou de verification). Lorsque ces sollicitations varient suffisamment
lentement dans le temps, l'analyse peut être réalisée sous l'hypothèse d'un
comportement (quasi-statique). On suppose que le lecteur est familier avec les
methodes d'analyse de structures sous chargements statiques. Notamment, le cas
des structures isostatiques est généralement considéré comme simple puisque les
distributions d'efforts internes ne dépendent pas des valeurs relatives des raideurs ;
par contre l'analyse statique de structures hyperstatiques requiert l'utilisation de
méthodes plus avancées généralement basées sur le théeorème des travaux virtuels,
ou sur le principe de conservation d'énergie. Parmi les méthodes les plus connues,
les méthodes des forces, des déplacements ou de Cross permettent de réealiser cette
analyse statique.
Dans le domaine du génie civil, la majorité des structures étudiées sont continues. Il
s'agit généralement de poutres et colonnes, de plaques, coques ou voiles. Cependant,
pour différentes raisons, mais surtout pour en simplifer la représentation
numérique, une structure physiquement continue est généralement modélisée à
l'aide d'un ensemble fini de degrés de liberté ou coordonnées généralisées. La
méthode la plus couramment utilisée pour remplacer un problème continu en un
problème discret est certainement celle de la méthode des éléments finis. Dans un
tel contexte, les forces appliquées peuvent etre exprimées à l'aide d'un vecteur de
charges p et l'analyse consiste en la détermination du vecteur x des déplacements
des degrés de liberté ou des coordonnées généralisées qui permettent d'assurer
l'équilibre entre les forces
appliquées et les efforts intérieurs à la structure, exprimée par
Kx = p (1.1)
où K est une matrice de raideur relative à la modélisation choisie. L'analyse
statique d'une structure se résume donc à la résolution d'un système d'équations
algébriques, éventuellement non linéaires (si K ou p dépendent de x).
Lorsque les efforts appliquées sur une structure la mettent en mouvement de façon
telle que les effets liés au mouvement de sa masse ne soient plus négligeables, la
relation (1.1) doit être complétée par un terme d'inertie. L'équation du mouvement
écrite sous sa forme la plus simple
M x (t) + Kx(t) = p (t) (1.2)
inclut ces effets et traduit, dans l'ordre, l'équilibre entre les efforts d'inertie, les
efforts interieurs et les forces appliquées. L'analyse dynamique consiste en la
determination du vecteur x des déplacements qui permet de satisfaire cet équilibre.
Il apparaît donc une différence fondamentale entre analyse statique et dynamique
puisque la première ne requiert que la solution d'un ensemble d'équations
algébriques alors que la seconde nécessite la résolution d'un ensemble d'équations
differentielles. Ceci vient en étroite relation avec la nature de la solution calculée : il
est évident que la solution x(t) d'une analyse dynamique représente l'évolution au
cours du temps du déplacement des noeuds du modèle, contrairement à la solution
statique x qui est constante.
Puisqu'il est donc évident qu'une analyse dynamique présente un degré de
complexité supérieur à l'analyse statique, il est attendu que les notions relatives à
l'analyse statique soient maîtrisées convenablement avant d'aborder l'étude du
comportement dynamique. Pour cette raison, nous ne reviendrons que brièvement
sur des outils de modélisation communs avec ceux de l'analyse statique, comme
notamment la méthode des éléments finis.
Dans certains cas traités en pratique, l'équation du mouvement (1.2) est
parfaitement déterminée. Cela signifie d'une part que les caractéristiques
géométriques et mécaniques de la structure (M, K) sont parfaitement connues et
d'autre part que les efforts p (t) appliqués en chaque point de la structure sont
parfaitement determinés (ce sont des fonctions du temps connues). On recourt donc
dans ce cas à une analyse dite déterministe dont nous présentons les principes
fondamentaux dans ce cours.
Dans le domaine du génie civil, un certain caractère aléatoire peut (et dans certains
cas doit) être attribué aux grandeurs mises en jeu :
les caractéristiques de la structure peuvent ne pas être connues avec
certitude. Prenons pour exemple une construction en béton armé dont on
sait que les caractéristiques de résistance et de déformabilité ne sont pas
connues avec exactitude. Dans ce cas, certaines composantes des matrices
structurelles M et K peuvent être caractérisées par des grandeurs
probabilistes plutôt qu'être parfaitement déterminées ;
les sollicitations extérieures peuvent également n'être déterminées qu'en
termes de probabilités. C'est généralement le cas lorsque les efforts
appliqués proviennent de phénomènes naturels (tremblements de terre,
vent, houle, traffic, etc.).
Il existe des techniques de résolution qui, partant de représentations probabilistes
de la structure et de son chargement, permettent de déterminer les structures
statistiques des déplacements des noeuds de la structure ou des éléments de
réduction. Il s'agit d'analyses stochastiques.
[Ulg 2000]
Dynamique déterministe >< dynamique stochastique :
- Déterministe: chargement parfaitement défini 1 réponse sous 1
charge donnée
- Stochastique (probabiliste): chargement connu via des grandeurs statistiques
(moyenne, écart-type…) et/ou énergétique estimation des caractéristiques
statistiques de la réponse (et en particulier les grandeurs extrêmes pour une
certaine période de retour)
2 familles de méthodes
1.2. Notions de base
1.2.1. Mouvements
[EPFL]
Un des mouvements les plus importants observés dans la nature est le
mouvement oscillatoire, en particulier le mouvement harmonique :
oscillations d’un pendule, d’une masse attachée à un ressort, d’un gratte-
ciel, etc.
Dans le cas des oscillations de systèmes mécaniques conservatifs isolés, on
parle d’oscillations libres; en présence de frottement, l’amplitude des
oscillations décroît et on observe des oscillations amorties. Si les oscillations
sont entretenues par une action extérieure, on parle d’oscillations forcées.
Dans ce dernier cas, on verra apparaître de nouveaux phénomènes tels que
la résonance, qui peut avoir des conséquences catastrophiques. Cependant,
la plupart des problèmes observés (mis à part les tremblements de terre)
sont liés à des critères d’aptitude au service. Ceuxci demandent une
connaissance précise du comportement linéaire des structures.
Une structure sollicitée par une charge subit un certain mouvement ; dans le
cas
d’une sollicitation uniquement en traction, le mouvement sera translationnel
et, dans le cas d’une flexion, celle-ci imprimera à la structure un mouvement
translationnel et rotationnel.
Le mouvement oscillatoire d’une structure, dont le lieu géométrique est
connu (dans un système de coordonnées déterminé) est caractérisé par un
régime oscillatoire dépendant de la rigidité, de la masse et de
l’amortissement de la structure. Les différents types de régime d’un
mouvement oscillatoire sont le régime harmonique, le régime périodique et
le régime transitoire.
1.1.2. Types de mouvements oscillatoires
Régime harmonique
Régime harmonique : décrit un mouvement oscillatoire au voisinage d’une
position d’équilibre stable (ex. machinerie).
Le régime harmonique est le mouvement oscillatoire de base. Il décrit des
mouvements oscillatoires (de type sinusoïdaux) au voisinage d’une position
d’équilibre stable, par exemple les vibrations induites par une machine.
DIAGRAMME A SCANER [2019]
Régime périodique
Régime périodique : décrit le même mouvement de manière périodique (ex.
un
piéton sur une passerelle).
Le régime périodique est un mouvement oscillatoire qui se répète à
intervalles réguliers. Il décrit des mouvements répétitifs, par exemple les
vibrations induites par un piéton sautant sur une passerelle
DIAGRAMME A SCANER [ 2019]
Régime transitoire
Transitoire : décrit un mouvement à caractère aléatoire (ex. trafic, séisme).
Le régime transitoire est un mouvement oscillatoire quelconque. Il décrit des
mouvements à caractère aléatoire, par exemple les vibrations induites par le
trafic, le vent ou un séisme.
DIAGRAMME A SCANER [ 2019]
1.2 Paramètres et hypotheses
1.2.1 Masse
Dynamiquement, les masses engendrent des forces d’inertie qui font osciller
la structure. Elles peuvent habituellement être considérées comme
concentrées en un certain nombre de points de la structure.
1.2.2 Rigidité
La rigidité est associée aux forces de rappel exercées sur les masses par les
éléments stabilisateurs d’une structure en fonction des déplacements de
celle-ci. Dans le cas linéaire, ces forces sont directement proportionnelles
aux déplacements. La constante de proportionnalité est la rigidité (k).
1.2.3 Amortissement
L’amortissement regroupe les phénomènes qui atténuent l’amplitude des
oscillations au cours du mouvement. L’amortissement est habituellement
grossièrement représenté par un amortissement de type visqueux.
L’intensité de la force correspondante est alors proportionnelle à la vitesse.
1.2.4 Unités
En dynamique, il faut faire très attention aux unités utilisées. En effet, la
fréquence dépend de la racine carrée du rapport de la rigidité par la masse.
Pour obtenir la bonne unité de la fréquence [s-1], il est recommandé
d’exprimer systématiquement la rigidité en [N/m] et la masse en [kg].
1.2.2 Evolution dans l’espace
Comme pour l’analyse statique, l’analyse dynamique des structures peut
être
effectuée dans le plan ou en trois dimensions. Ce cours se limitera à
l’analyse des mouvements dans le plan. (Exemples : flexion plane, traction
plane, etc.)
Mouvement dans le plan 3 degrés de liberté :
- translations selon x et y
- rotation autour de z (dans le plan xy)
Mouvement dans trois dimensions 6 degrés de liberté :
- translations selon x, y et z
- rotations autour de x, y et z
1.1.1. Degrés de liberté
[EPFL 2019]
Le nombre de degrés de liberté est le nombre minimum de coordonnées
permettant de décrire les oscillations de la structure. Les structures peuvent
être modélisées en considérant que les masses sont concentrées dans
quelques éléments particuliers, comme les dalles d’étage des bâtiments, par
exemple.
Dans ce cas, le nombre de degrés de liberté par direction principale est égal
au nombre d’étages.
SCAN
Figure 1.1: Deux exemples de structures à deux degrés de liberté. Les oscillations
sont décrites par le déplacement horizontal des masses. Les coordonnées
x1 et x2 sont repérées sur l’axe horizontal (positives de gauche à droite).
1.2.3 Définition de quelques grandeurs
dynamiques
KUBYANDIKA
Remarque : Ces trois grandeurs (pulsation, période et fréquence) portent la
dénomination « propre » car il s’agit de propriétés qui sont
propres
à l’oscillateur, dépendant uniquement de la masse et de la
rigidité
de celui-ci.
1.2.4. Rigidité de la structure
La rigidité d’une structure, k (en [N/m]), dépend des dimensions
géométriques de celle-ci et du module d’élasticité du matériau qui la
compose. La rigidité équivaut à la force qu’il faut exercer sur l’élément pour
induire un déplacement unitaire. Il est à noter que ce cours se limite à
l’utilisation de matériaux élastiques linéaires, la rigidité est donc constante
tout au long des analyses. La rigidité vaut :
ECRIRE LA FORMULE
Exemple 2.1- Rigidité d’un système à un degré de liberté
Voici l’exemple d’une colonne encastrée à la base dont
une Masse ponctuelle est fixée à son autre extrémité.
SCANER
La rigidité de cette structure pour un déplacement horizontal de la
masse prend la valeur suivante :
ECRIRE
La rigité d’un systeme s’obtient à partir du calcul de son déplacement ,
pour plus de detail voir CALCUL DES DEPLACEMENTS dans le cours d’ANALYSE et CALCUL DES
STRUCTURES I]
1.2.5 Rigidité équivalente d’un système
Dans le cas d’un système, une rigidité équivalente est définie. Pour plus
d’informations, se référer aux cours d’ANALYSE ET CALCUL DES
STRUCTURES I
SCANER
L’analogie avec l’électricité est un réseau avec des condensateurs à la place
des
ressorts.