Clans / gangs marseillais (2024–2025)
Quartiers / ancrages
Nom Activités principales Notes
souvent cités
Implantations signalées
Montée en puissance depuis 2023,
Stupéfiants (résine, dans plusieurs cités :
héritière du conflit avec Yoda à la
cocaïne), Castellane, Cayolle,
Paternelle. Communication violente sur
DZ Mafia extorsion/racket, Saint-Thys, influence
réseaux sociaux ; soupçons
enlèvements, armes, au-delà de Marseille
d’alliances/logistique avec réseaux
blanchiment (Aix, Nîmes, Hyères,
néerlandais (« Mocro »).
Toulouse, Dijon)
La Paternelle (nord),
Stupéfiants, Perte d’emprise depuis 2024–2025
Yoda (« Frappe à présence passée sur
assassinats après arrestations (Félix Bingui), au
Yoda ») divers points des
commandités, armes profit de la DZ.
quartiers nord
Historique : Les
Lauriers (13ᵉ), rivalité
Recomposition/résurgence observée et
Les Blacks (clan Stupéfiants, contrats avec groupes « Gitans »
affrontements avec DZ depuis 2021–
Ahamada) d’assassinats, armes des Cèdres ; tentatives
2024.
de reprise de points (ex.
Moulin de Mai)
Réseau de la Réseau frappé par des opérations en
Stupéfiants,
Castellane (autour La Castellane (quartiers 2025 ; CA estimé à ~40 M€/an sur la
blanchiment,
de Mohamed nord) cité. Sous-traitance possible de
extorsion
“Mimo” Djeha) violences à la DZ selon l’enquête.
Stupéfiants, Influence plus large Les notes SIRASCO 2025 évoquent une
Réseaux corses
blanchiment, racket (île/continent) ; recomposition du milieu corse ;
(Brise de mer /
(plutôt interactions ponctuelles historiquement en interface avec les
autres)
Corse/continent) avec Marseille flux méditerranéens.
Dossiers récents montrent connexions
Acteurs
Cocaïne Port/axes logistiques Marseille–Mocro Maffia (NL/BE) et
internationaux
transnationale (Marseille et Riviera) trafiquants opérant depuis l’étranger
connectés
(ex. Tarik “Bison” Kerbouci).
1. DZ Mafia
Présentation
Origine : Ce groupe criminel est basé à Marseille, et s’est structuré comme un réseau de type « cartel » de la drogue.
Statut : De plus en plus visible dans les médias comme l’un des réseaux les plus puissants de narcotrafic en France.
Sociologie : Le nom « DZ » fait référence à l’Algérie (DZ = code pays).
Activités principales
Trafic de stupéfiants : vente de cannabis, résine, cocaïne.
Meurtres et règlements de comptes : notamment des « équipes feu », des tueurs à gage.
Extorsion / racket / blanchiment / armes : Le modèle se rapproche d’une mafia organisée.
Zones de contrôle à Marseille & environs
Quartiers nord de Marseille : par exemple la cité de Cité du Castellas (15ᵉ arrondissement) évoquée comme zone
d’implantation.
Autres cités mentionnées : Cayolle (14ᵉ/15ᵉ) ; Saint‑Thys (10ᵉ) …
Au-delà de Marseille : le réseau aurait des ramifications dans d’autres villes françaises.
Historique / points importants
L’ascension : Le réseau se structure fortement à partir de 2022-2023, grâce notamment à la guerre contre le clan
Yoda.
Technique : Recrutement de mineurs ou de très jeunes pour « exécuter » ou « tenir » des points de deal.
Violence : Fusillades à l’arme lourde (Kalachnikov etc) dans des cités, pour prise de contrôle de territoires.
Structure & fonctionnement
Direction : Plusieurs chefs incarcérés mais le réseau continuerait à opérer depuis l’intérieur des prisons ou via
messageries sécurisées.
Mode opératoire : On retrouve un modèle de « sous-traitance » : le réseau commande, d’autres exécutent. Le
système fonctionne comme « franchise » du trafic de drogue.
Mariage entre trafic + violence + communication (réseaux sociaux) pour asseoir la peur et la domination.
Enjeux actuels
Consolidation : Le réseau étend son emprise hors de Marseille.
Répression : Plusieurs coups de filet ; baisse des « narcomicides » en partie liée à la lutte contre ce réseau.
Risques : Le modèle mafieux est redouté car il fragilise non seulement la sécurité locale mais aussi l’économie, le
tissu social.
2. Yoda (gang)
Présentation
Origine : Ce groupe est souvent désigné sous le nom de « La Frappe à Yoda ». Il est actif dans les quartiers nord de
Marseille.
Métier : Un des anciens acteurs principaux du trafic de drogue à Marseille avant que sa structure ne soit affaiblie.
Activités principales
Trafic de stupéfiants : Cannabis, résine, etc.
Meurtres et assassinats : Dans la guerre des clans contre DZ Mafia.
Enlèvements / armes / extorsion (moins documenté que pour DZ).
Zones de contrôle à Marseille
La cité de Cité de la Paternelle (14ᵉ arrondissement) : zone souvent citée comme fief ou ancien fief.
Quartiers nord en général.
Historique / points importants
Lutte : Le clan Yoda a perdu de son emprise à partir de 2023/2024 face à DZ Mafia.
Chef arrêté : Félix Bingui (« le Chat ») extradé en 2024/2025, ce qui a affaibli le réseau. (
Structure & fonctionnement
Moins documenté que DZ Mafia sur l’aspect « structure » actuelle, mais historiquement structuré autour d’un
noyau familial/ami avec fonctions définies (trafic / contrôle / exécution).
Le conflit Yoda vs DZ a eu pour effet de redessiner la carte du trafic dans la ville.
Enjeux actuels
Affaiblissement : Moins de contrôle visible depuis les coups de filet.
Possibilité de perte de territoire, mais risque de recomposition ou d’alliance.
Le « vide » laissé peut être récupéré par d’autres groupes (ex. DZ Mafia ou hybrides).
Voici deux fiches supplémentaires — sur le clan Les Blacks et sur les réseaux corses à Marseille — même format que
précédemment :
Les Blacks
Présentation
Origine : Le gang « Les Blacks » est né dans la cité des Lauriers (13ᵉ arrondissement de Marseille).
Fondateurs : Les frères Ahamada (dont « Sénateur » et « Beur »).
Contexte : Actif depuis les années 2000, avec des périodes de démantèlement puis de résurgence.
Activités principales
Trafic de stupéfiants (résine de cannabis, cocaïne).
Contrats d’assassinats / règlements de comptes / trafic d’armes.
Extorsion et blanchiment (moins documenté mais logique à ce type de groupe).
Zones de contrôle à Marseille
Cité des Lauriers (13ᵉ arrondissement).
Expansion/prise de contrôle de points de deal dans d’autres quartiers – par exemple mention de tentative sur le «
Moulin de Mai » (3ᵉ arrondissement).
Historique / points importants
De 2008 à 2015, guerre déclarée contre un autre gang (« Les Gitans ») dans la cité des Lauriers / Cèdres.
En 2015 un gros coup de filet (24 personnes) avait marqué un affaiblissement.
Recomposition récente : 2021-2024, confrontation accrue avec la DZ Mafia pour des points de deal.
Structure & fonctionnement
Direction : les frères Ahamada à la base.
Mode de fonctionnement : concentration forte sur un quartier (les Lauriers), puis exportation / tentative de conquête.
Le conflit avec la DZ Mafia montre un modèle de concurrence territoriale typique des narcobandes.
Enjeux actuels
Risque de reprise de territoire ou de coalition avec d’autres groupes si affaiblissement de la DZ Mafia.
Le phénomène de violence des très jeunes (14-15 ans) est illustré dans le cadre de cette guerre de gangs, ce qui rend
l’enjeu social majeur.
Effet « chasse à la place » quand un gang recule ou est affaibli — opportunité pour d’autres d’intervenir.
Réseaux corses (emprise & liens à Marseille)
Présentation
Il ne s’agit pas d’un simple « clan » unique mais d’un ensemble de réseaux corses ou de « mafia corse »
historiquement ancrés à Marseille et actifs dans les trafics.
Exemple récent : le procès du Clan du Petit Bar, dont les ramifications et blanchiments ont été jugés à Marseille.
Activités principales
Trafic de stupéfiants (héroïne, cocaïne) via la Méditerranée, contrebande.
Blanchiment d’argent, arrangements immobiliers, extorsion.
Racket, contrôle d’espaces portuaires ou de logistique maritime/fret dans certaines périodes.
Zones de contrôle / influence
À Marseille : la logique est plus d’interface que de quartiers définis comme pour les bandes locales. Le port de
Marseille, les axes logistiques, et certaines cités du nord sont concernées.
En Corse : les îles comme base arrière, mais en lien direct avec Marseille pour flux de drogue / blanchiment.
Historique / points importants
Marseille a été un bastion historique de la « French Connection » (héroïne) impliquant des corses dans les années 50-
70.
En 2025, la justice française examine de manière accrue la nature « mafieuse » de certains réseaux corses, ce qui
montre un tournant dans la reconnaissance juridique.
Structure & fonctionnement
Ces réseaux corses fonctionnent souvent par clans familiaux ou vieux réseaux « milieu », avec des ramifications à
l’étranger.
Moins de « points de deal visibles » comme pour les bandes de cités, plus de logistique, d’intermédiation, de
blanchiment.
Enjeux actuels
Les liens entre bandes locales (marseillaises) et réseaux corses accentuent la complexité de lutte pour les forces de
l’ordre (trafic/transversalité).
La lutte contre le blanchiment et la logistique est devenue centrale (et non plus seulement le trafic de rue).
Le fait que certains groupes locaux (ex. DZ Mafia) coopèrent ou s’allient ponctuellement avec des réseaux corses
change la nature de la menace.
3. Le réseau « Cité de la Castellane / « Mimo »
Présentation
La cité de la Castellane, dans les quartiers nord de Marseille, est identifiée comme un point névralgique du trafic.
Le réseau y est décrit comme une « coupole mafieuse », dirigée par un chef surnommé Mohamed “Mimo” Djeha,
mis en examen avec plusieurs complices.
Activités principales
Trafic massifs de stupéfiants (résine, cannabis, cocaïne) générant des millions : pour la seule cité, le CA était estimé à
~40 millions d’euros/an.
Contrôle des « fours » (points de deal) dans la cité, système organisé de revente.
Zone de contrôle
Cité de la Castellane (15ᵉ arrondissement) : zone principale.
Influence forte dans les quartiers nord alentours, et connectée aux réseaux plus larges à Marseille.
Historique / points importants
Jusqu’à avril 2025, avant démantèlement partiel, la structure fonctionnait de façon très visible comme un « empire ».
Le démantèlement a marqué une étape majeure de la lutte contre le narcotrafic dans la ville.
Structure & fonctionnement
Direction bien identifiée, points de deal multiples, flux d’argent et logistique interne.
Un modèle plus « quartier spécifique » que certaines bandes plus mobiles.
Enjeux actuels
Même démantelé, la vallée de trafic reste un risque de recomposition pour d’autres clans.
Le ciblage de ce type de réseau montre l’importance de la dimension financière et logistique (et non seulement la
revente de rue).
4. Réseau international de blanchiment lié à Marseille
Présentation
Selon une enquête de septembre 2025, un vaste réseau international de blanchiment a opéré entre Marseille, l’Italie
(Milan) et le Kosovo/Turquie, convertissant des sommes issues du trafic de drogue — notamment à Marseille.
Le réseau a collecté à lui seul plus de 30 millions d’euros entre octobre 2024 et août 2025.
Activités principales
Blanchiment d’argent issus du trafic de stupéfiants.
Conversion en or (lingots) et export vers l’Italie / Kosovo / Turquie.
Collecte de numéraires hebdomadaire à Marseille, Lyon, Paris, Italie.
Zone d’influence / logistique
Marseille (collecte, transit) — Italie (Milan, transport) — exportation vers Balkans/Turquie.
Lien explicite avec le réseau de la DZ Mafia à Marseille.
Historique / points importants
Opération de démantèlement : interpellations en septembre 2025, saisies importantes (lingots et espèces).
Montre que le problème dépasse le simple « point de deal » et touche la chaîne logistique internationale.
Structure & fonctionnement
Groupe composé de ressortissants kosovars, moyen-orientaux, avec équipes de transport “caches” sophistiquées
entre France/Italie.
Travail de l’ombre : blanchiment + logistique plutôt que trafic de rue.
Enjeux actuels
Trafic + blanchiment = menace double : ça rend les réseaux plus résilients.
Pour la lutte, ce réseau montre l’importance de coopérations internationales (France-Italie, Eurojust, Europol).
Risque de repli ou diversification vers d’autres formes d’actifs (cryptomonnaies, biens immobiliers).
5. Réseau “Sud Marseille / Livraison à domicile”
Présentation
Contexte : Selon les autorités, face à la pression policière sur les grands points de vente “au pied des tours”, les
trafiquants déplacent de plus en plus leurs activités vers le centre-ville et les quartiers sud de Marseille, et
recourent à la livraison à domicile (« Uber-shit »).
Ce réseau est plutôt informel, “flou”, mais son importance croît et il capte l’attention des services de police.
Activités principales
Vente de stupéfiants (cannabis, résine, le plus souvent) via livraison directe au domicile du consommateur. ([Le
[Link]][1])
Moins de visibilité “point fixe” mais “réseau mobile”, souvent via messageries/ appli/ téléphones.
Potentiellement, commissions pour les “livreurs”, peu de verticalisation mais fort volume.
Zones de contrôle / ancrage
Centre-ville de Marseille (1ᵉʳ, 2ᵉ, 6ᵉ arrondissements) ;
Quartiers sud (7ᵉ, 8ᵉ arrondissements) ;
Réduction progressive des opérations dans les grandes cités nord pour ce type de flux.
Historique / points importants
En 2024, l’opération « Place nette XXL » a permis de fermer plusieurs “fours” (points de deal) dans la cité de la
Castellane. Cette pression pousse la “marchandise” à être livrée ailleurs.
Le phénomène de la livraison rend plus difficile la cartographie classique des trafics.
Les enquêteurs soulignent la “jeunisation” des livreurs.
Structure & fonctionnement
Moins hiérarchisé que les “cartels” habituels, mais réseaux de livraison + “coursiers” + clients localisés plus
“VIP” ou diffus.
Moyens technologiques (smartphones, applis de messagerie cryptée) de plus en plus utilisés.
Enjeux actuels
Difficile à repérer et à démanteler : mobilité + vitesse.
Impact sur les quartiers “habitables” (centre, sud) davantage que seules « cités ».
Requiert des réponses différentes (livraisons, Internet, logistique) que les trafics classiques.
6. Réseau “Quartiers Est / zone portuaire” (émergent)
Image
Présentation
Contexte : Les enquêtes récentes montrent un déplacement des trafics vers des zones moins frappées
“traditionnellement nord”, notamment à l’est de Marseille et dans les quartiers proches du port/logistique.
On observe des “petits réseaux” qui utilisent les faiblesses locales (moins de visibilité, rues secondaires) pour
s’implanter.
Activités principales
Trafic de stupéfiants (résine, cannabis), parfois cocaïne en transit.
Armes légères et commerce de proximité.
Volume moindre que les grands clans mais forte “fragilité” et potentiel de montée.
Zones de contrôle / ancrage
Arrondissements 11ᵉ, 12ᵉ, 13ᵉ (est de Marseille) ;
Aux abords du port de Marseille / axes logistiques.
Petits immeubles, rues secondaires, zones d’entreposage.
Historique / points importants
Moins de “guerres de clans visibles” à ce stade, mais multiplication de saisies et de points de vente repérés.
Ces réseaux s’insèrent souvent comme “sous-traitants” ou “satellites” des grands réseaux.
Le passage vers la zone portuaire/logistique rend possible du transit international plus discret.
Structure & fonctionnement
Groupe plus “locale” : quelques dizaines de membres actifs, faible hiérarchie visible.
Fonctionnement souvent “poche” (point de deal + rapidité) plutôt que “empire”.
Utilisation d’anciens circuits de contrebande ou logistique simple.
Enjeux actuels
Ces “petits réseaux” peuvent devenir “moyens réseaux” s’ils prennent de l’ampleur.
Ils fonctionnent comme “tiers” entre les grandes structures et le client final, donc peuvent représenter un maillon
vulnérable et stratégique à cibler.
Leur invisibilité relative est un défi pour les services de police.